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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Sortir des idées préconcues ! (II)

25 Mai 2012, 02:09am

Publié par Father Greg

 

Et j'étais à San Francisco il y a un certain temps à une séance de dédicaces. Il y avait ce type qui achetait un livre, la trentaine. Et je lui ai dit, "Vous faites quoi?" Et il a répondu, "Je suis pompier." Et j'ai dit, "Depuis combien de temps êtes-vous pompier?" Il dit, "Toujours, j'ai toujours été pompier." Et j'ai dit, "Eh bien, quand avez-vous choisi?" Il a dit, "Tout gamin", et ajouta, "En fait, c'était un problème pour moi à l'école, parce qu'à l'école, tout le monde voulait être pompier." Il a dit, "Mais je voulais être pompier." Et il a dit, "Quand je suis arrivé en Terminale, mes profs ne m'ont pas pris au sérieux. Un prof en particulier ne m'a pas pris sérieusement. Il a dit que je gâchais ma vie si c'était tout ce que je voulais en faire, que je devrais aller à l'université, viser une profession de haut niveau, que j'avais beaucoup de potentiel, et que je gaspillais mon talent avec ça." Et il a dit, "C'était humiliant parce qu'il a dit ça devant toute la classe, et je ne savais plus où me mettre. Mais c'est ce que je voulais, et dès que j'ai quitté l'école, j'ai postulé chez les pompiers et j'ai été accepté." Et il a dit, "Vous savez, je pensais à ce type tout à l'heure, il y a quelques minutes pendant que vous parliez. Il a dit, "parce qu'il y a six mois, je lui ai sauvé la vie." (Rires) Il a dit, "Il a eu un grave accident de voiture, je l'ai sorti de là, je lui ai donné un massage cardiaque, et j'ai aussi sauvé la vie de sa femme." Il a dit, "Je pense que maintenant il a une meilleure opinion de moi."

(Rires)

(Applaudissements)

Vous savez, pour moi, les communautés humaines s'appuient sur une diversité de talents, et non pas sur une conception unique de compétence. Et au cœur de nos défis --(Applaudissements) Au cœur du défi se trouve la reconstruction de notre sens de la compétence et de l'intelligence. Cette linéarité est un problème.

Quand je suis arrivé à Los Angeles il y a environ neuf ans, je suis tombé sur une déclaration, très bien intentionnée, qui disait, "L'université commence à la maternelle. "Non, pas du tout. (Rires) Pas du tout. Si nous avions le temps, vous m'entendriez là-dessus. (Rires) La maternelle commence à la maternelle. (Rires) Un de mes amis a dit une fois, "Vous savez, à trois ans on n'est pas la moitié d'un enfant de six ans." (Rires)(Applaudissements) Ils ont trois ans.

Mais comme la session précédente disait, il y a une telle concurrence maintenant pour entrer à la maternelle, pour entrer dans la bonne maternelle, qu'à trois ans on doit passer des entretiens. Des enfants assis devant des jurys blasés, vous savez, inspectant leurs CV, (Rires) feuilletant et disant, "Eh bien, c'est tout?" (Rires) (Applaudissements) "Cela fait 36 mois que vous êtes là, et c'est tout?" (Rires) "Vous n'avez rien fait, rien. Passé les six premiers mois à téter, à ce que je vois." (Rires) Vous voyez, comme idée c'est choquant, mais ça attire les gens.

L'autre gros problème est la conformité. Nous avons construit nos systèmes éducatifs sur le modèle du fast-food. C'est quelque chose dont Jamie Oliver parlait l'autre jour. Vous savez qu'il y a deux modes de mesure de la qualité dans la restauration. L'un est le fast food, où tout est standardisé. L'autre, ce sont les restaurants comme Zagat ou les étoiles Michelin, où rien n'est standardisé, ils s'adaptent aux circonstances locales. Et nous nous sommes précipités dans un modèle éducatif "fast food". Et cela appauvrit notre pensée et nos énergies autant que les fast foods détériorent nos corps.

(Applaudissements)

Je crois qu'il nous faut reconnaître deux choses ici. L'une est que les talents humains sont terriblement variés. Les gens ont des aptitudes très différentes. J'ai découvert récemment qu'on m'a donné enfant une guitare vers l'époque où Eric Clapton a eu sa première guitare. Vous savez, ça a marché pour Eric, c'est ce que je peux dire. (Rires)D'un certain point de vue, pas pour moi. Je n'arrivais pas à faire marcher ce machin peu importe comment je soufflais dedans. Cela ne voulait pas marcher pas.

Mais ce n'est pas que cela. C'est une question de passion. Souvent, les gens sont bons à des choses qui ne les branchent pas. C'est une question de passion, et ce qui excite notre âme et notre énergie. Et si vous faites ce que vous aimez faire, pour laquelle vous êtes doué, le temps s'écoule différemment. Ma femme vient de finir d'écrire un roman, et je pense que c'est un grand livre, mais elle disparaît pendant des heures. Vous le savez, si vous faites quelque chose que vous aimez, une heure paraît cinq minutes. Si vous faites quelque chose qui ne résonne pas en vous cinq minutes paraissent une heure. La raison pour laquelle tant de gens abandonnent les études c'est parce qu'elles ne nourrissent pas leur esprit, elles ne nourrissent pas leur énergie ou leur passion.

Et je pense que nous devons changer de métaphores. Nous devons aller de ce qui est essentiellement un modèle éducatif industriel, un modèle manufacturier, qui est basé sur la linéarité et la conformité et des fournées de gens. Nous devons aller vers un modèle qui est davantage basé sur les principes de l'agriculture. Nous devons reconnaître que l'épanouissement humain n'est pas un processus mécanique, c'est un processus organique. Et vous ne pouvez pas prédire le résultat du développement humain; tout ce que vous pouvez, comme un fermier, c'est créer les conditions dans lesquelles ils vont commencer à s'épanouir.

Et quand nous considérons la réforme de l'éducation et sa transformation, ce n'est pas comme cloner un système. Il y a de grands systèmes comme KIPP. Il y a plusieurs excellents modèles. Il s'agit de les adapter aux circonstances, et de personnaliser l'éducation des personnes à qui vous enseignez vos matières Et faire cela, je pense est la réponse au futur parce que ce n'est pas monter en puissance une nouvelle solution; il s'agit de créer un mouvement dans l'éducation dans lequel les gens développent leurs propres solutions, mais avec un support externe basé sur un cursus personnalisé.

Maintenant, dans cette salle, il y a des gens qui représentent des ressources extraordinaires dans les affaires, en multimédia, dans l'internet. Ces technologies, combinées aux talents extraordinaires d'enseignants, fournissent une occasion de révolutionner l'éducation. Et je vous exhorte à y participer parce que c'est vital, pas seulement pour nous, mais pour le futur de nos enfants. Mais nous devons passer du modèle industriel à un modèle agricole, où chaque école peut fleurir demain. C'est là que les enfants expérimentent la vie. Ou à la maison, si c'est là qu'ils choisissent d'être éduqués avec leur famille ou leurs amis.

On a beaucoup parlé de rêves pendant ces quelques jours. Et je voulais, très vite -- J'ai été frappé par les chansons de Natalie Merchant la nuit dernière, qui ressuscite de vieux poèmes. J'ai voulu vous lire rapidement un très court poème de W.B. Yeats, quelqu'un que vous connaissez peut-être. Il a écrit ceci à celle qu'il aimait, Maud Gonne, et il se lamentait de ne pas pouvoir lui donner ce qu'il pensait qu'elle attendait de lui Et il a dit, "J'ai autre chose, mais ce n'est peut-être pas pour toi."

Il dit ceci: "Si j'avais les vêtements brodés des cieux Tout ornés d'or et de lumière d'argent, Les vêtements bleus et obscurs et sombres de la nuit et du jour et du demi-jour, j Mais, étant pauvre, je n'ai que mes rêves; J'ai étalé mes rêves sous tes pieds; Marche doucement parce que tu marches sur mes rêves."  

"Had I the heavens' embroidered cloths, Unwrought with gold and silver light, The blue and the dim and the dark cloths Of night and light and the half-light, I would spread the cloths under your feet: But I, being poor, have only my dreams; I have spread my dreams under your feet; Tread softly because you tread on my dreams."

Et chaque jour, partout, nos enfants étalent leurs rêves sous nos pieds. Et nous devrions marcher doucement. Merci. (Applaudissements) Merci beaucoup.

Sir Ken Robinson, www.TED.com