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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Comment pardonner l’impardonnable ?

3 Mai 2013, 01:32am

Publié par Fr Greg.

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Exprimer sa colère

" Mes parents avaient pourri ma vie, reprend Matt. Leur alcool de merde avait plus d’importance que nous. Ils avaient détruit mon enfance. Je leur en voulais tellement que je ne les ai pas vus pendant trois mois. Je m’imaginais leur mettre des coups de poing et des claques si je les croisais. "

Cette phase est le pivot de la guérison car elle permet d’exprimer la colère et de transformer, avec l’aide du thérapeute, cette énergie en motivation. "Quand l’assassin de mon fils a reçu sa sentence de mort, j’étais décontenancé, raconte Ed, 57 ans pharmacien, dont le fils Julian, 19 ans, a été tué par une balle perdue lors du braquage d’une banque. Pendant les quatre années de son procès, j’avais tellement attendu ce moment… Quatre ans de désespoir, de colère, d’envie de vomir tous les matins. Je m’étais dit que s’il n’était pas condamné à mort, je le tuerais de mes propres mains. "

" C’est la phase qui a été la plus difficile pour moi, avoue Judy. Ma mère étant quelqu’un de très colérique, je ne pouvais trouver en moi les ressources pour me mettre en colère de façon constructive. Et puis, comme je n’avais aucun souvenir de ce qui s’était passé, j’ai essayé d’esquiver cette phase. "

" La colère nous met en contact avec notre souffrance, commente Suzanne. Et reconnaître celle-ci nous permet de mesurer combien nous aimons ces gens qui nous blessent, même si ce sont des étrangers. Il n’est pas rare qu’à ce stade des patients aient alors une expérience spirituelle et vivent un amour universel insoupçonné. "

 Se confronter à l’autre

"Etrangement, cette phase est optionnelle, prévient Sydney. Dans certains cas, elle est essentielle. Dans d’autres, pas nécessaire. Puisque le pardon est un processus que l’on fait pour soi, la confrontation avec les personnes concernées n’est pas une obligation. Je la recommande quand toute communication a cessé. "q

" Mon père n’allait pas tarder à mourir et je voulais lui parler avant sa mort, poursuit Elizabeth. Quand je me suis rendue à son chevet, il avait l’air d’un vieil homme. J’ai demandé à ma mère de nous laisser seuls. Je lui ai dit que je me souvenais de ce qu’il m’avait fait et que j’étais sur le chemin du pardon. Je voulais lui donner une chance de s’expliquer. Il m’a répondu que lui-même avait passé sa vie a essayé de trouver une explication et qu’il n’était jamais parvenu à se pardonner. Il a demandé à ma mère de nous rejoindre et lui a dit la vérité. Il nous a aussi avoué qu’il avait molesté mon jeune frère mort du sida trois ans auparavant. Qu’il mourait rongé par son passé et qu’il nous souhaitait de trouver en nous le pardon pour ne pas mourir rongés, comme lui. "

Sophie Chiche

 

http://www.psychologies.com