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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Passons sur l’autre rive

19 Juin 2021, 19:23pm

Publié par Grégoire.

Passons sur l’autre rive

« Passons sur l’autre rive. »

Notre vie chrétienne c’est d’abord une initiative de Jésus. C’est Jésus qui nous est présent actuellement et qui veut nous faire passer sur l’autre rive. C’est son oeuvre ! Ce n’est pas d’abord notre responsabilité, nos efforts. Il s’agit de Dieu qui vient nous chercher ! Pour nous faire entrer dans la vraie vie, la sienne.

Entendre cette parole, c’est accepter son initiative. Jésus vient me conduire au Père. L’autre rive, c’est le Père. Et Jésus désire le Père pour nous et vient nous y conduire.

Un jour, nous vivrons pleinement cette vie. Le jour de notre mort nous entrerons pleinement dans cette vie qui est Dieu. En attendant, nous la vivons déjà par Lui. La foi c’est, sur terre, vivre déjà de l’autre rive.

Cette initiative de Dieu, c’est comme la traversée d’une mer. Qui a déjà pris le bateau ? Parce que sur une barque on voyage léger, on n’emporte pas grand chose. Impossible d’emporter une maison, quinze valises, ses lingots…

C’est bien le dépouillement, la pauvreté de tout nos projets qui permet à Jésus de nous faire traverser. Si nous sommes trop chargés, nous coulons.

Alors Jésus nous dit chaque jour « Veux-tu déjà vivre de l’autre coté ? Lâche tout et passons sur l’autre rive »

 

« Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »

Cette traversée, c’est notre vie terrestre. Et c’est expérimenter que non seulement nous ne maitrisons pas grand chose, mais que nous sommes lézardés, secoués, fragilisés : ça tangue de partout. Notre vie ne tient pas à grand chose. Et, devant nos luttes, Jésus semble dormir.

Notre vie sur terre, c’est laisser Jésus nous dépouiller de toutes nos assurances, nos sécurités, pour retrouver cette confiance, cet abandon, cette naïveté des touts-petits ! L’enfant c’est celui qui attend tout de son père. Tout ! Celui qui compte sur lui-même, qui a ses idées sur ce qu’il doit être, qui pense pouvoir se convertir, va s’accrocher au bateau, au temps qu’il fait, accumuler les bouées, redouter les tempêtes, chercher des moyens pour s’en sortir…

« Nous sommes perdus, cela ne te fais rien ? » c’est la phrase de ceux qui veulent que Dieu soit à leur service. Que Dieu soit une aide, un secours, une assurance tout risques ! Mais Jésus n’est pas utilisable. Il n’est pas au service de notre vie humaine ! Il est La Vie. Et Jésus permet qu’on soit perdu. Il veut qu’on expérimente notre rien, notre néant. C’est la vérité de ce qu’on est. Plus on connait son néant, plus on connait la gratuité inouïe du Père pour nous, la bonté de Jésus, plus l’abandon envers lui grandit.

 

« Silence, tais-toi ! »

C’est la prière a dire dans toute nos luttes ou tentations de désespoirs; Toutes nos tentations sont du désespoirs. On est désespéré quand on pensait savoir comment s’en sortir, quand on s’est fait mesure de notre vie. Le désespoir est un orgueil blessé, replié sur lui-même. A cela, il faut dire avec Jésus « Silence, tais-toi ! » Il n’y a pas de discussion avec ce qui en nous est triste, de mauvaise humeur ou désespéré.

Et ce silence que Jésus veut installer, c’est le fruit de présence aimante. Le silence est toujours un signe de l’amour. L’amour creuse en nous un silence, où l’autre devient tout pour nous.

 

« Qui est-il donc, celui-ci ? »

Cela c’est la vraie question, c’est le passage sur l’autre rive : sortir d’un regard auto-centré, ou on est inquiet de soi, et on ne demande que « suis je reconnu ? Suis je quelqu’un ? » On s’en fout ! On n’est pas ce qu’on fait !

La question véritable est : « qui est donc celui qui est ma source ? Pourquoi aie-je le sentiment qu’il dort ? que fait-il ? Quel abandon réclame-t-il ? »

Jésus attend qu’on cherche à le connaitre pour lui-même. La plus part des orphelins un jour recherche leur parents biologiques.

Et nous, lorsqu’on décide de chercher qui il est, de le connaitre pour lui-même « mais qui est-il donc, celui-ci ? Qui est ce Dieu ? » Alors on découvre Celui qui a tout dans sa main, Celui qui de toutes éternités m’attend, me porte, me conduit, Celui pour qui on est unique, le seul qui puisse combler nos désirs de connaitre, d’aimer, de créer.

Alors on est sur l’autre rive. La vraie. Jésus est l’autre rive.

« Passons sur l’autre rive : oublie toi, laisse moi te prendre en moi, vivre en moi »

 

Grégoire +

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