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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Pourquoi tremblons-nous?

18 Juillet 2012, 07:51am

Publié par Fr Greg.

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Il est donc bon pour moi, Seigneur, d'être dans la détresse, pourvu que tu y sois avec moi ; cela me vaut mieux que de régner sans toi, de me réjouir sans toi, d'être sans toi dans la gloire. Mieux vaut pour moi de me serrer contre toi dans la détresse, de t'avoir avec moi dans le creuset, que d'être sans toi, même dans le ciel.

En effet, « qu'est-ce que je souhaite dans le ciel et qu'est-ce que je désire sur la terre sinon toi ? » (Ps 72,25) « L'or est éprouvé dans la fournaise, et les justes dans l'épreuve de la détresse » (Si 2,5). C'est là que tu te tiens, au milieu de ceux qui se rassemblent en ton nom, comme autrefois les trois jeunes gens dans la fournaise de Babylone (Dn 3,92)

Pourquoi donc tremblons-nous ? « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm 8,31) Si Dieu nous arrache des mains de nos ennemis, qui pourra nous arracher de ses mains ?

St Bernard, Sermon 17.

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L'orgueil chrétien !

16 Juillet 2012, 01:22am

Publié par Fr Greg.

 

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Et les révélations que j'ai reçues sont tellement exceptionnelles que, pour m'empêcher de me surestimer, j'ai dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour m'empêcher de me surestimer.  Par trois fois, j'ai prié le Seigneur de l'écarter de moi. 


Mais il m'a déclaré : « Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » Je n'hésiterai donc pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi. 


C'est pourquoi j'accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort.

St Paul, Cor 12,7 - 10

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Combien il t'aime...

14 Juillet 2012, 01:05am

Publié par Fr Greg.

 

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Une personne qui en aime une autre et qui lui fait du bien, l'aime et lui fait du bien selon ses qualités, selon ses propriétés personnelles. Ainsi agit ton Époux résidant en toi en tant que tout-puissant : il t'aime et te fait du bien selon sa toute-puissance.


      Infiniment sage, il t'aime et te fait du bien selon l'étendue de sa sagesse. Infiniment bon, il t'aime et te fait du bien selon l'étendue de sa bonté. Infiniment saint, il t'aime et te fait du bien selon l'étendue de sa sainteté. Infiniment juste, il t'aime et t'accorde ses grâces selon l'étendue de sa justice. Infiniment miséricordieux, clément et compatissant, il te fait éprouver sa clémence et sa compassion. Fort, délicat, sublime en son être, il t'aime d'une manière forte, délicate et sublime. Infiniment pur, il t'aime selon l'étendue de sa pureté. Souverainement vrai, il t'aime selon l'étendue de sa vérité. Infiniment généreux, il t'aime et te comble de grâces selon l'étendue de sa générosité, sans aucun intérêt propre et dans la seule vue de te faire du bien. Souverainement humble, il t'aime avec une souveraine humilité et avec une souveraine estime.



      Il t'élève jusqu'à lui, il se découvre à toi joyeusement et avec un visage plein de grâce dans cette voie des connaissances qu'il te donne.  Et tu l'entends te dire : « Je suis à toi et pour toi ; je me réjouis d'être ce que je suis, afin de me donner à toi et d'être à toi à jamais ». Qui pourra exprimer ce que tu éprouves, ô âme bienheureuse, en te voyant aimée à ce point, en te voyant tenue par ton Dieu en une estime pareille ?

 

St Jean de la Croix, Vive Flamme d’Amour.

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Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs

12 Juillet 2012, 03:56am

Publié par Fr Greg.

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      Voici à quoi je reconnaîtrai que tu aimes le Seigneur, et que tu m'aimes, moi, son serviteur et le tien : si n'importe quel frère au monde, après avoir péché autant qu'il est possible de pécher, peut rencontrer ton regard, demander ton pardon, et te quitter pardonné. S'il ne demande pas pardon, demande-lui, toi, s'il veut être pardonné. Et même si après cela il péchait encore mille fois contre toi, aime-le plus encore que tu m'aimes, et cela pour l'amener au Seigneur. Aie toujours pitié de ces malheureux...


      Si un frère, à l'instigation de l'ennemi, commet un péché grave, il sera tenu par obéissance de recourir à son responsable. Les frères qui connaîtraient sa faute ne lui feront ni affront ni reproche ; ils lui témoigneront au contraire beaucoup de bonté et tiendront soigneusement caché le péché de leur frère, car « ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades » (Mt 9,12)...  Et son supérieur agira envers lui avec autant de bonté qu'il en souhaiterait pour lui s'il était en un cas semblable.


      Si un frère tombe en quelque péché véniel, il se confessera à l'un de ses frères prêtres. S'il n'y a pas de prêtre, il se confessera à son frère, en attendant qu'il trouve un prêtre pour l'absoudre canoniquement. Les frères ne pourront enjoindre d'autre pénitence que ceci : « Va, et ne pèche plus ! » (Jn 8,11)

St François d’Assise, Lettre à un supérieur.

 

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Il parle de son propre fonds...

11 Juillet 2012, 08:37am

Publié par Fr Greg.

 

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« Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était homicide dès le commencement et n'était pas établi dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui : quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu'il est menteur et père du mensonge. "  JN 8, 44.

"C'est pour un discernement que je suis venu en ce monde, pour que ceux qui ne voient pas, voient, et que ceux qui croient voir deviennent aveugles"

"Vous dites: 'nous voyons' -nous savons- , c'est pourquoi votre péché demeure". Jn 9, 41. 

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Le courage de la vulnérabilité... (II)

10 Juillet 2012, 01:16am

Publié par Fr Greg.

 

Quand je suis devenue la « TED Vulnérabilité », comme une de ces figurine -- comme la « Barbie Ninja », mais je suis la « TED Vulnérabilité » -- j'ai pensé, je vais laisser toutes ces trucs de honte derrière moi, parce que j'ai passé les six dernières années à étudier la honte avant de vraiment commencer à écrire et parler de vulnérabilité. Et j'ai pensé. Dieu merci, parce que la honte est un sujet horrible, dont personne ne veut parler. C'est le meilleur moyen de faire taire les gens dans un avion. « Qu'est-ce que vous faites ? » « J'étudie la honte. » « Oh. » (Rires) Et droit dans les yeux… (Rires)

Mais en ayant survécu cette année, je me suis souvenue d'une règle très importante --non pas une règle de la recherche, mais un impératif moral qui remonte à mon enfance -- mets-toi du côté de ceux qui te soutiennent. Je n'ai rien appris sur la vulnérabilité sur le courage et sur la créativité et l'innovation en étudiant la vulnérabilité. J'ai appris tout ça en étudiant la honte. Je veux donc vous expliquer la honte. Les jungiens appellent la honteles marécages de l'âme. Et nous allons nous y aventurer. Et le but n'est pas d'y rentrer et y construire une maison pour y vivre. C'est de mettre des bottes de caoutchouc et de les traverser, d’y tracer notre chemin. Voilà pourquoi :

Nous avons impérativement été appelé à débattre dans ce pays et je crois même globalement, du problème racial, pas vrai ? Oui ? Nous avons entendu ça. Oui ? Nous ne pouvons pas débattre de ça sans avoir honte, parce que nous ne pouvons pas parler de race sans parler de privilèges. Et quand on commence à parler de privilèges, on est paralysé par la honte. Nous avons entendu une solution simple et astucieuse pour ne pas tuer les patients en chirurgie, en tenant une liste de contrôle. Vous ne pouvez pas résoudre ce problème sans parler de honte, parce que quand ils enseignent à ces gens à faire des points de suture, ils leurs apprennent aussi à recoudre leur estime de soi et devenir tout-puissants. Et les tout-puissants n'ont pas besoin de listes de contrôle.

Et j'ai dû écrire le nom de ce TED Fellow pour ne pas me rater. Myshkin Ingawale,J'espère que c'est correct. (Applaudissements) J'ai vu les conférences TED Fellows le premier jour, ici. Et il s'est levé et a expliqué ce qui l'a amené à créer cette technologie pour améliorer le test pour l'anémie parce que les gens mouraient inutilement. Et il disait, « J'ai vu le besoin. Vous savez ce que j'ai fait ? Je l'ai fabriqué. » Et tout le monde a commencé à applaudir, avec enthousiasme » Et il a dit, « Et ça n'a pas marché. Et je l'ai refait 32 fois, et ensuite ça a marché. »

Vous savez quel est le grand secret de TED ? Je meurs d'envie de vous le dire. Je crois que je vais le faire. (Rires) C'est comme la conférence de l'échec. C'est vrai.(Applaudissements) Vous savez pourquoi cet endroit est extraordinaire ? Parce que peu de gens ici ont peur de l'échec. Et aucun de ceux qui montent sur scène, à ce que j'ai vu, n’a jamais échoué. J'ai échoué misérablement, plusieurs fois. Je ne crois pas que le monde comprenne que c'est à cause de la honte.

Il y a une merveilleuse citation qui m'a sauvé l'année dernière de Theodore Roosevelt.Beaucoup de gens en parle comme la citation de « L'homme dans l’arène ». Et elle dit : « Le critique ne compte pas. Tout ce qu’il fait c’est pointer du doigt ce qui aurait pu être mieux fait et l’homme quand il chute ou quand il se trompe Le vrai crédit va à celui qui se trouve dans l’arène avec le visage sali de poussière, de sueur et de sang. Car quand il est dans l’arène, au mieux il gagne, au pire il perd, mais même quand il échoue, même quand il perd, il le fait avec audace ».

Et voilà donc ce qu'est pour moi cette conférence. Voilà ce qu'est la vie, « Oser avec audace », être dans l’arène. Quand vous rentrer dans l’arène et vous ouvrez la porte, et vous pensez, « J'y entre et j'essaye, » La honte est cette petite voix qui dit, "Uh, uh. Tu n'es pas assez bonne. Tu n'as jamais fini ton MBA. Ta femme t'a quitté. Tu sais que ton père n'était pas vraiment dans le Luxembourg, il était à Sing Sing. Je sais ce qui s’est passé dans ton enfance. Je sais que tu crois ne pas être assez mignonne ou assez intelligente ou talentueuse ou puissante. Je sais que ton père ne faisait jamais attention, même quand tu es devenue directeur financier. » C’est la honte qui parle.

Et si vous arrivez à la faire taire et dire, « Je vais le faire, » nous regardons autour et les critiques que nous voyons qui pointent du doigt et se moquent, qui sont-ils 99% du temps ? Nous-même. La honte à deux grandes méthodes -- « pas assez bon » et, si vous arrivez à éviter celle-là, « pour qui te prends-tu ? » Ce qu'il faut comprendre c’est que la honte n'est pas de la culpabilité. La honte se concentre sur le soi, la culpabilité sur le comportement. La honte c'est « Je suis mauvais. » La culpabilité c'est « J'ai fait quelque chose de mal » Combien d'entre vous, si vous faisiez quelque chose qui me blesse,serait prêts à dire, « Je suis désolé. J'ai fait une erreur ? » Combien d'entre vous seraient prêts à dire ça ? Culpabilité : Je suis désolé. J'ai fait une erreur. Honte : Je suis désolé. Je suis une erreur.

Il y a une énorme différence entre honte et culpabilité. Et voilà ce qu'il faut que vous sachiez. La honte est hautement corrélée avec la dépendance, la dépression, la violence, l'agression, l'intimidation, le suicide, les désordres de l'alimentation. Et voici ce qu'il faut que vous sachiez. La culpabilité est inversement corrélée avec ces choses-là. La capacité d'utiliser ce que nous avons fait ou échouer à faire pour nous construire tel que nous nous voulons est incroyablement adaptative. C'est pénible, mais adaptatif.

L'autre chose qu'il faut que vous sachiez sur la honte c'est que c'est totalement organisé par genre. Si la honte m'envahi ou envahi Chris, nous nous sentirons de la même façon.Tous ceux qui sont assis ici connaissent les sensations de la honte. Nous sommes assez surs que les seules personnes qui n'éprouvent pas de honte sont celles qui n'ont aucune capacité de connexion ou empathie. Ce qui signifie que, oui, j'éprouve un peu de honte; non, je suis sociopathe. Je choisirais donc : oui, j'éprouve un peu de honte. Le sentiment de la honte est pareil pour hommes et femmes, mais il est organisé par genre.

Pour les femmes, le meilleur exemple que je puisse vous donner c'est la pub de Enjoli: « Je peux étendre le linge, préparer le gouter, distribuer des bises et être au boulot à neuf heure moins cinq. Je peux ramener du bacon, le cuisiner et ne jamais te faire oublier que tu es un homme. » Pour les femmes, la honte c'est tout faire, le faire parfaitement et ne jamais montrer que vous êtes fatigué. Je ne sais combien de parfum cette pub a fait vendre, mais je vous assure, ça a fait vendre pas mal d'antidépresseurs et d'anxiolytiques. (Rires) La honte, pour les femmes, c'est cette toile d'attentes inaccessibles et conflictuelles, en concurrence au sujet de ce que nous sommes supposées être. C'est comme une camisole de force.

Pour les hommes, la honte n'est pas tout un tas d'attentes conflictuelles et en concurrence. La honte est une seule chose « Ne surtout pas être perçu comment ? »Faible. Je n'ai pas interviewé d'homme les quatre premières années de mon étude. Et ce n'est qu'après qu'un homme m'a regardé pendant une session de dédicace. en disant, « J'aime ce que vous dite sur la honte, Je suis curieux, pourquoi vous ne parlez pas des hommes ? » Et j'ai dit, « Je n'étudie pas les hommes. » Et il me dit, « C'est trop facile. »(Rires) Et j'ai dit, « Pourquoi ? » Et il me dit, « Parce que vous dite de nous exposer, de raconter notre histoire, d'être vulnérable. Mais vous voyez ces livres que vous venez de signer pour ma femme e mes trois filles ? » Je dis, « Oui. » « Elles préfèreraient me voir mourir sur mon cheval blanc plutôt que de me voir m'écrouler. Quand nous essayons de nous exposer et être vulnérables nous nous faisons massacrer. Et ne me dites pas que c'est la faute des copains et des entraineurs et des pères, parce que les femmes de ma vie sont plus dures avec moi que n'importe qui d'autre. »

J'ai donc commencé à interviewer des hommes et à leur poser des questions. Et voici ce que j'ai appris: Montrez-moi une femme qui peut se tenir devant un homme en état de vulnérabilité et de crainte, je vous montrerai une femme qui a fait un travail incroyable.Montrez-moi un homme qui peut se tenir près d'une femme qui n'en peut plus, qui n'arrive plus à tout faire, et sa première réponse n'est pas, « J'ai vidé le lave-vaisselle, » mais qui écoute vraiment -- parce que c'est tout ce qu'il nous faut -- Je vous montrerai un homme qui a fait un grand travail.

La honte est une épidémie dans notre culture. Et pour en sortir, pour retrouver la voie qui nous unira, il nous faut comprendre ses conséquences et comment elle affecte la manière dont nous élevons nos enfants, notre manière de travailler, la manière dont nous voyons les autres. Très rapidement, une recherche de Mahalik au Boston College. Il a demandé, de quoi les femmes ont-elles besoin pour s’adapter aux règles féminines ?Les réponses plus fréquentes dans ce pays: être belle, mince, modeste et faire de son mieux pour bien paraître. A la même question pour les hommes, de quoi les hommes ont-ils besoin pour s’adapter aux règles masculines, les réponses ont été: contrôle des émotions, le travail en premier, statut social et violence.

Si nous voulons retrouver la voie qui nous ramènera les uns vers les autres, il nous faut comprendre l’empathie, parce que l’empathie est l’antidote contre la honte. Si vous mettez en culture la honte, elle a besoin de trois choses pour grandir exponentiellement:secret, silence et jugement. Si vous mettez en culture la même quantité de honte en la mélangeant avec de l’empathie, Elle ne peut survivre. Les deux mots les plus puissants quand nous sommes en difficulté: « moi aussi ».

Je vais donc vous quitter sur une pensée : Si nous devons trouvons un moyen de nous rapprocher les uns des autres, la vulnérabilité en est le chemin. Et je sais que c’est alléchant de rester en dehors de l’arène, parce que je l’ai fait toute ma vie, en pensant, Je vais botter le cul à tout le monde quand je serai blindée et parfaite. Et c’est alléchant.Mais la vérité est que ça n’arrive jamais. Et même si vous arrivez à être aussi parfait que possible et aussi blindés que possible en rentrant dans l’arène, ce n’est pas ce que vous voulez voir. Nous voulons que vous y rentriez. Nous voulons être avec vous et en face de vous. Et nous voulons, pour nous-mêmes et pour les personnes auxquelles nous tenons et pour ceux avec qui nous travaillons, « Oser avec audace ».

Merci beaucoup. Je vous suis très reconnaissante.

Brené Brown

http://www.ted.com/talks/lang/fr/brene_brown_listening_to_shame.html

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Le courage de la vulnérabilité...

9 Juillet 2012, 01:13am

Publié par Fr Greg.

 

Je vais un peu vous parler de ma conférence à TED x Houston. Je me suis levée le matin suivant la conférence avec la pire crise de vulnérabilité de ma vie. En fait je suis restée chez moi pendant trois jours.

La première fois que je suis sortie c’était pour rencontrer une amie pour déjeuner. Et en entrant, elle était déjà à table. Je me suis assise et elle a dit, « Mon Dieu, quelle tête tu as. » J'ai dit, « Merci, Je me sens vraiment -- Comme si je ne marchais pas. » Et elle m'a dit, « Qu'est ce qui se passe ? » Et j'ai dit, « Je viens de dire à 500 personnes que je suis devenu chercheuse pour éviter la vulnérabilité. Et que quand la vulnérabilité ressortait de mes données, comme étant absolument essentielle pour une vie bien vécue, j'ai dit à ces 500 personnes que j’ai fait une dépression. J'avais une diapo qui mentionnait « dépression ». A quel moment ai-je pensé que c'était une bonne idée? » (Rires)

Et elle m'a dit : « J'ai vu ta conférence en live sur internet. Ce n'était pas vraiment toi.C'était un peu diffèrent de ce que tu fais normalement. Mais c'était génial. » Et j'ai dit, « ça ne peut pas arriver. YouTube, ils vont mettre tout ça sur YouTube. Et je parlerai à 600, 700 personnes. » (Rires) Et elle m'a dit, « Je crois que c'est trop tard. »

Et j'ai dit, « Je vais te poser une question. » Et elle m'a dit, « Oui. » Et j'ai dit, « Tu te souviens quand nous étions à la fac et nous étions libres et bêtes ? » Et elle me dit, « Oui. » Et j'ai dit, « Tu te rappelles avoir laissé des messages idiots sur le répondeur de nos petits amis ? Et ensuite nous devions nous introduire dans leur foyer pour effacer l'enregistrement ? » (Rires) Et elle : « Euh… non. » (Rires) Donc bien sûr, la seule chose que je pouvais dire à ce point-là, « Oui, moi non plus. Que … moi non plus. »

Et je me dis, « Brené, que fais-tu ? Qu'est que tu fais ? Pourquoi tu ressors ça ? Tu as perdu la raison ? Tes sœurs seraient parfaites pour ça." Donc je relève la tête et elle dit,« Tu veux vraiment t’introduire et voler la vidéo avant qu'ils ne la mettent sur YouTube ? »Et j'ai dit, « Je suis juste en train d'y reflechir. » (Rires) Elle dit, « Tu es le pire exemple de vulnérabilité qu'il existe. » (Rires) Je l'ai donc regardé et j'ai dit une chose qui à l'époque paraissait un peu dramatique, mais qui a fini par être plus prophétique que dramatique.J'ai dit, « Si 500 se transforment en 1000 ou 2000, ma vie est terminée. » (Rires) Je n'avais pas de plan de réserve pour 4 millions.

(Rires)

Et ma vie s’est terminée quand c’est arrivé. Et le plus dur de la fin de ma vie est probablement que j'ai appris une chose pénible sur moi-même, qui est que, même si j'étais frustrée de ne pas pouvoir présenter mon travail au monde Une partie de moi-même travaillait très dur pour essayer de rester petite, de rester en dessous des radars.Mais je voulais parler de ce que j'avais appris.

J'ai appris deux choses l'année dernière. La première est que la vulnérabilité n'est pas faiblesse. Et ce mythe est terriblement dangereux. Laissez-moi vous demander honnêtement -- et je vous préviens, je suis un psy, je sais comment vous gêner -- si vous pouviez donc lever la main combien d'entre vous, honnêtement, en pensant à une action qui vous rendrait vulnérable ou à dire quelque chose qui vous rendrait vulnérable, se disent, « Mon Dieu, la vulnérabilité est une faiblesse. Ceci est une faiblesse » Combien d'entre vous pensent que la vulnérabilité est un synonyme de faiblesse ? La grande majorité. Je vais vous poser une question: Cette semaine à TED, combien d’entre vous, en voyant la vulnérabilité ici sur scène, ont pensé que c'était du pur courage ? La vulnérabilité n'est pas une faiblesse. Je défini la vulnérabilité comme un risque émotionnel une mise à nu, une incertitude. Elle alimente nos vies quotidiennes. Et j'en suis arrivée à la conviction -- c'est ma 12ème année de recherche -- que la vulnérabilitéest la mesure la plus précise que nous ayons du courage -- être vulnérable, se mettre à nu, être honnête.

Une des choses le plus bizarres qui soit arrivée. est que, après l'explosion que fut ce TEDTalk, j'ai reçu plein d'offres pour parler dans tout le pays -- des écoles aux réunions de parents jusqu'aux entreprises de Fortune 500. Et beaucoup des appels que j'ai reçu étaient du genre, « Dr. Brown. Nous avons adoré votre TEDTalk. On aimerait que vous veniez parler. Nous vous serions reconnaissants si vous n'évoquiez pas la vulnérabilité ou la honte. » (Rires) De quoi voulez-vous que je parle ? Il y a trois grandes réponses.Pour être honnête, ça vient surtout des secteurs: innovation, créativité et changement.Alors laissez-moi vous dire officiellement, que la vulnérabilité est le berceau de l'innovation, de la créativité et du changement. (Applaudissements) Créer signifie faire quelque chose qui n'existait pas auparavant. Il n'y a rien de plus vulnérable que ça.L'adaptabilité au changement est uniquement une question de vulnérabilité.

La deuxième chose, que j'ajoute pour comprendre vraiment la relation entre la vulnérabilité et le courage, la deuxième chose que j'ai apprise est: Nous devons parler de la honte. Et je veux être vraiment honnête avec vous. Quand je suis devenue « Chercheuse en vulnérabilité » et que c'est devenu central à cause du TEDTalk -- et je ne plaisante pas.

Je vais vous donner un exemple. Il y a à peu près trois mois, j'étais dans un magasin de sport pour acheter des lunettes et des protège-tibias et toutes sortes de choses que les parents achètent dans les magasins de sport. A une trentaine de mètres, voilà ce que j'entends: « TED Vulnérabilité ! TED Vulnérabilité ! » (Rires) Je suis une Texane de cinquième génération. Notre devise de famille est « Prêts à l'attaque ! » Je ne suis pas née chercheuse en vulnérabilité. Donc ce que je fais, c'est continuer à marcher, elle est derrière mon dos. (Rires) Ensuite j'entends, « TED Vulnérabilité ! » Je me tourne, et je dis, « Salut » Et elle est là et elle me dit, « Vous êtes la chercheuse sur la honte qui a eu une dépression. » (Rires) A ce moment-là les parents font mine d’écarter leurs enfants. « Regarde ailleurs. » Et je suis tellement usée à ce moment de ma vie, que je la regarde et je dis, « C'était un maudit éveil spirituel. »

(Rires)

(Applaudissements)

Et elle me regarde elle et dit, « Je sais. » Et elle dit, « Nous avons regardé votre TEDTalk avec notre club de lecture. Ensuite nous avons lu votre livre et nous nous sommes rebaptisées « Les nanas déprimées » Et elle me dit, « Notre slogan est : « On s'effondre, mais c'est une sensation fantastique. » (Rires) Vous pouvez imaginer ce que ça veut dire pour moi en réunion de faculté. 

Brené Brown

http://www.ted.com/talks/brene_brown_listening_to_shame.html

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Le travail le plus difficile, mais aussi le meilleur: être mère!

8 Juillet 2012, 02:21am

Publié par Fr Greg.

 

 

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Le courage d'être imparfait... (II)

7 Juillet 2012, 02:28am

Publié par Fr Greg.

       

L'autre chose qu'ils avaient en commun était ceci. Ils adoptaient complètement la vulnérabilité. Ils pensaient que ce qui les rendait vulnérable les rendait également beaux.Ils ne prétendaient pas que la vulnérabilité était confortable, ni qu'elle était atroce --comme je l'avais entendu auparavant dans les entretiens sur la honte. Ils disaient juste qu'elle était nécessaire. Ils parlaient de la volonté de dire "Je t'aime" le premier, la volontéde faire quelque chose quand il n'y a aucune garantie de réussite, la volonté de ne pas retenir son souffle en attendant le coup de fil du médecin après une mammographie. Ils étaient prêts à s'investir dans une relation qui pourrait marcher, ou pas. Ils pensaient que c'était essentiel.

Pour ma part, je l'ai ressenti comme une trahison. Je ne pouvais pas croire que j'avais prêté serment d'allégeance à la recherche -- le principe même de la recherche est de contrôler et de prévoir, d'étudier un phénomène dans le but explicite de le contrôler et de le prévoir. Et là, ma mission de contrôler et de prévoir aboutissait au résultat que la meilleure façon de vivre est d'accepter sa vulnérabilité, et d'arrêter de contrôler et de prévoir. Ca m'a conduit à une petite dépression -- (Rires) -- qui en fait ressemblait plutôt à ça. (Rires) Vraiment ! J'ai appelé ça une dépression, ma psychothérapeute appelle ça un éveil spirituel. Un éveil spirituel, ça sonne mieux qu'une dépression, mais je vous assure que c'était bien une dépression. Et j'ai dû ranger mes données et chercher un psychothérapeute. Laissez-moi vous dire quelque chose : vous découvrez vraiment qui vous êtes quand vous appelez vos amis pour leur dire :" Je crois que j'ai besoin de voir un psy. Tu aurais quelqu'un à me recommander ? " Parce que à peu près cinq de mes amis ont fait : " Wow. Je n'aimerais pas être ton psychothérapeute." (Rires) Et moi : " Comment ça ? " Et eux : " Moi ce que j'en dis, tu sais. N'apporte pas ta règle." Et moi : "Ok..."

J'ai donc trouvé une psychothérapeute. Mon premier rendez-vous avec elle, Diana -- j'ai apporté ma liste sur la façon dont les "sans réserve" vivent, et je me suis assise. Et elle m'a dit : " Comment allez-vous ?" Et j'ai dit :" Je suis en pleine forme. Ça va bien." Elle a dit : " Qu'est-ce qui se passe ? " C'était une psychothérapeute qui consultait elle-même des psychothérapeutes ; on devrait aller chez ce genre là de psychothérapeute, parce que leur détecteur de conneries est très au point. (Rires) Alors j'ai dit : " Voilà, j'ai un problème." Et elle a dit : " Quel est le problème ? " Et j'ai dit : " Et bien, j'ai un problème de vulnérabilité. Et je sais que la vulnérabilité est au cœur de la honte et de la peur et de notre problème d'estime de soi, mais il semble que ce soit aussi la source de la joie, de la créativité, du sentiment d'appartenance, de l'amour. Et je pense que j'ai un problème,et j'ai besoin d'aide." Et j'ai dit : " Mais voilà, pas d'histoires de famille, pas de ces conneries sur l'enfance." (Rires) " J'ai seulement besoin d'une stratégie." (Rires)(Applaudissements) Merci. Alors elle a fait comme ça. (Rires) Et moi j'ai dit : " C'est mauvais, n'est-ce pas ? " Et elle a dit : " Ce n'est ni mauvais ni bon. " (Rires) " C'est juste ce que c'est. " Et je me suis dit : " Oh mon Dieu, on va se faire chier."

(Rires)

Et ça a été le cas, et en même temps non. Et ça m'a pris près d'un an. Vous savez comment certaines personnes, quand elles réalisent que la vulnérabilité et la tendresse sont importantes, lâchent prise et y vont à fond. Premièrement, ça n'est pas mon style, et deuxièmement, je ne fréquente même pas ce genre de personnes. (Rires) Pour moi, ça a été une lutte d'une année. Ça a été une tuerie. La vulnérabilité gagnait du terrain, je le regagnais à nouveau. J'ai perdu la bataille, mais j'y ai sans doute récupéré ma vie.

Et je suis donc retourné à mes recherches et j'ai passé les deux années suivantes à essayer de vraiment comprendre ce que eux, les sans réserve, faisaient comme choix, et ce que nous, nous faisons de la vulnérabilité. Pourquoi est-ce un tel problème ? Est-ce que je suis la seule pour qui c'est un problème ? Non. Voici donc ce que j'ai appris. Nous anesthésions la vulnérabilité -- quand nous attendons le coup de fil. C'est drôle, j'ai envoyé quelque chose sur Twitter et Facebook qui demandait : "Comment définiriez-vous la vulnérabilité ? Qu'est-ce qui vous rend vulnérable ? " Et en une heure et demie, j'avais 150 réponses. Parce que je voulais savoir ce qui se cache derrière tout ça. Devoir demander de l'aide à mon mari, parce que je suis malade, et on vient juste de se marier ;prendre l'initiative sur le plan sexuel avec mon mari ; prendre l'initiative avec ma femme ;être rejetée ; inviter quelqu'un à sortir ; attendre que le docteur rappelle ; être virée ; virer des gens -- voici le monde dans lequel nous vivons. Nous vivons dans un monde vulnérable. Et l'une des façons dont nous traitons ce problème, c'est d'anesthésier la vulnérabilité.

Et je pense qu'il y a des preuves de cela -- ça n'en est pas la seule raison, mais je pense que c'en est une grande -- nous sommes la plus endettée, obèse, accro aux drogues et aux médicaments, de toutes les assemblées d'adultes de l'histoire des États-Unis. Le problème -- et c'est ce que j'ai appris de mes recherches -- c'est qu'on ne peut pas anesthésier ses émotions de façon sélective. On ne peut pas dire : " Là, c'est ce qui est mauvais. Voilà la vulnérabilité, voilà le chagrin, voilà la honte, voilà la peur, voilà la déception, je ne veux pas ressentir ces émotions. Je vais plutôt prendre quelques bières et un muffin à la banane. (Rires) Je ne veux pas ressentir ces émotions. Et je sais que ça, c'est un rire entendu. Je gagne ma vie en infiltrant les vôtres. Seigneur. (Rires) Vous ne pouvez pas anesthésier ces sentiments pénibles sans anesthésier en même temps les affects, nos émotions. Vous ne pouvez pas anesthésier de façon sélective. Alors quand nous les anesthésions, nous anesthésions aussi la joie, nous anesthésions la gratitude, nous anesthésions le bonheur. Et nous nous retrouvons malheureux, et nous cherchons un but et un sens à nos vies, et nous nous sentons vulnérables, alors nous prenons quelques bières et un muffin à la banane. Et ça devient un cercle vicieux.

Une des choses auxquelles je pense que nous devrions réfléchir, est le pourquoi et le comment de cette anesthésie. Ça ne peut pas être que de l'accoutumance. L'autre chose que nous faisons est de rendre certain tout ce qui est incertain. La religion est passée d'une croyance en la foi et les mystères, à une certitude. J'ai raison, tu as tort. Ferme-la. Point final. C'est certain. Plus nous sommes effrayés, plus nous sommes vulnérables, et plus nous sommes effrayés encore. Voilà à quoi ressemble la politique de nos jours. Il n'y a plus de discours désormais. Il n'y a plus de débat. Il n'y a que la recherche d'un coupable à blâmer. Vous savez comment je décris cela dans mes recherches ? Une façon de se décharger de la douleur et de l'inconfort. Nous perfectionnons tout. Si il y a quelqu'un qui voudrait que sa vie soit parfaite, c'est bien moi, mais ça ne marche pas.Parce que ce que nous faisons, c'est de prendre la graisse de nos derrières et de la mettre dans nos joues. (Rires) Ce qui, je l'espère, dans une centaine d'années, fera dire aux gens qui nous étudierons : "Wow..."

(Rires)

Et le plus dangereux, c'est que nous perfectionnons nos enfants. Laissez moi vous expliquer comment nous pensons de nos enfants. Ils sont conçus dès le départ pour avoir des problèmes. Et quand vous tenez ces petits êtres parfaits dans vos mains, votre devoir n'est pas de dire : "Regardez-le, il est parfait. Ma tâche est de le garder parfait --m'assurer qu'il intègre l'équipe de tennis dès le CM2, et l'Université de Yale avant la 5ème. " Ça n'est pas ça, notre devoir. Notre devoir, c'est de le regarder, et de lui dire : " Tu sais quoi ? Tu n'es pas parfait, et tu es conçu pour avoir des problèmes, mais tu mérites de recevoir de l'amour et d'être parmi nous. Ça, c'est notre devoir. Donnez-moi une génération de gosses élevés comme ça, et on réglera les problèmes que nous connaissons aujourd'hui, je pense. Nous aimons croire que nos actions n'ont pas de conséquences sur les autres. Nous faisons cela dans nos vies personnelles. Nous faisons cela dans les entreprises -- que ce soit lors d'un renflouement, une fuite de pétrole, une convocation -- nous nous comportons comme si nos actions n'avaient pas un énorme impact sur les autres. J'ai envie de dire aux entreprises : " Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, les gars. On a seulement besoin que vous soyez authentiques et vrais, et que vous nous disiez : ' Nous sommes désolés. On va régler ça.' "

Mais il y a une autre voie, et je vais finir là-dessus. Voici ce que j'ai découvert : c'est d'accepter de se montrer, de se montrer vraiment, de se montrer vulnérable ; d'aimer de tout notre cœur, même si il n'y a aucune certitude -- et ça, c'est vraiment dur, et je peux vous le dire en tant que parent, c'est atrocement difficile -- de s'exercer à la gratitude et à la joie dans ces moments de terreur, où nous nous demandons : " Suis-je capable de t'aimer à ce point ? Suis-je capable de croire en cela avec autant de passion ? Suis-je capable d'être aussi fervent ? " Juste pouvoir s'arrêter et, au lieu de s'imaginer les catastrophes qui risquent d'arriver, de dire : " Je suis simplement reconnaissant, parce que me sentir si vulnérable signifie que je suis vivant. " Et pour finir, ce qui je pense est le plus important, c'est de croire que nous sommes bien comme nous sommes. Parce je pense que que quand on écoute la petite voix qui nous dit : " Je suis bien comme je suis ", alors nous arrêtons de hurler, et nous commençons à écouter, nous devenons plus gentils et plus doux avec notre entourage, et nous sommes plus gentils et plus doux avec nous-mêmes.

C'est tout ce que j'ai. Merci.

Brené Brown

http://www.ted.com/talks/brene_brown_on_vulnerability.html

 

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Le courage d'être imparfait...

6 Juillet 2012, 02:26am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

 

Alors, je vais commencer par ceci : il y a deux ans, l'organisatrice de l’événement m'a téléphoné parce que je devais donner une conférence. Elle m'a appelé et m'a dit : "J'ai vraiment du mal à trouver comment vous décrire sur notre petit prospectus." Et je me suis dit : " Et bien, où est le problème ?" Et elle m'a dit : " Et bien, je vous ai déjà vu parler, et je vais vous désigner comme une chercheuse, je crois, mais j'ai peur que si je vous désigne comme chercheuse, personne ne vienne, parce que tout le monde pensera que vous êtes ennuyeuse et hors sujet." (Rires) Ok. Et elle a dit : " Mais ce que j'ai aimé dans votre conférence, c'est que vous êtes une conteuse d'histoires. Alors je pense que ce que je vais faire, c'est juste dire que vous êtes une conteuse." Et bien sûr, mon côté universitaire, qui manque d'assurance, a dit : " Vous allez dire que je suis quoi ?! " Et elle a dit : " Je vais dire que vous êtes une conteuse." Et moi : " Et pourquoi pas fée Carabosse ? " (Rires) J'ai fait : " Laissez-moi réfléchir une seconde." J'ai essayé de rassembler tout mon courage. Et j'ai pensé, je suis une conteuse d'histoires. Je suis une chercheuse en sciences humaines. Je recueille des histoires ; c'est ce que je fais. Et peut-être que les histoires ne sont rien d'autre que des données scientifiques avec une âme. Et peut être que je ne suis rien d'autre qu'une conteuse. Alors j'ai dit : " Vous savez quoi ? Pourquoi ne pas simplement dire que je suis une chercheuse-conteuse ?" Et elle a fait : " Ha ha. Ça n'existe pas." (Rires) Ainsi, je suis une chercheuse-conteuse, et je vais vous parler aujourd'hui -- nous discutons de l'élargissement de nos conceptions -- alors je veux vous parler et vous raconter quelques histoires sur une partie de mes recherches qui a fondamentalement élargi ma perception et a réellement, concrètement, changé ma façon de vivre, d'aimer, de travailler, et d'élever mes enfants.

 

(...) Voilà où mon histoire commence. Quand j'étais jeune chercheuse, étudiante en doctorat, pendant ma première année j'ai eu un directeur de recherche qui nous a dit : "ce qu'on ne peut pas mesurer n'existe pas." Et j'ai pensé qu'il essayait de m'embobiner. Et j'ai fait : " Vraiment ?", et lui : "Absolument." Il faut que vous sachiez que j'ai une licence d'assistance sociale, un master d'assistance sociale, et que je préparais une thèse d'assistance sociale, alors j'avais passé toute ma carrière universitaire entourée de gens qui croyaient en quelque sorte que la vie c'est le désordre, et qu'il faut l'aimer ainsi. Alors que moi ça serait plutôt : la vie c'est le désordre, il faut la nettoyer, l'organiser, et bien la ranger dans des petites cases. (Rires) Alors quand je pense que j'ai trouvé ma voie, que j'ai engagé ma carrière sur un chemin qui m'amène -- vraiment, dans l'aide sociale, on dit beaucoup qu'il faut plonger dans l'inconfort du travail. Et moi je suis plutôt : évacuer l'inconfort une bonne fois pour toutes, le dégager et n'obtenir que des 20 sur 20. C'était ma devise. C'est pourquoi j'étais très enthousiasmée par cette idée. Et que je me suis dit, tu sais quoi, c'est la carrière qu'il te faut, parce que je m'intéresse à des sujets compliqués, mais je veux pouvoir les rendre moins compliqués. Je veux les comprendre. Je veux m'infiltrer dans ces questions, que je sais importantes, et les décoder pour tout le monde.

 

J'ai donc commencé avec les relations humaines. Parce que, quand vous avez travaillé dans le social pendant 10 ans, vous réalisez que les relations humaines sont la raison de notre présence sur terre. C'est ce qui donne un but et du sens à nos vies. Tout tourne autour de cela. Peu importe que vous en discutiez avec des gens qui travaillent dans le secteur de la justice sociale, ou bien de la santé mentale, ou de la maltraitance, ou de la négligence parentale, ils vous diront tous que les relations, la capacité d'entrer en relation, c'est -- sur le plan neurobiologique, nous sommes conçus ainsi -- c'est la raison de notre présence sur terre. J'ai donc pensé: je vais commencer par les relations humaines. Vous connaissez cette situation où vous avez un entretien d'évaluation avec votre patron, et elle vous parle de 37 choses que vous faites incroyablement bien, et puis d'une chose -- " Une occasion de vous améliorer." (Rires) Et tout ce que vous retenez, c'est cette "occasion de vous améliorer", pas vrai ? Eh bien, à première vue, c'est également la direction que mon travail a prise, parce que, quand j'ai interrogé les gens sur l'amour, ils m'ont parlé de chagrin. Quand j'ai interrogé les gens sur le sentiment d'appartenance, ils m'ont raconté leurs plus atroces expériences où ils étaient exclus. Et quand j'ai interrogé les gens sur les relations humaines, les histoires qu'ils m'ont racontées parlaient d'isolement.

Aussi très rapidement -- en fait après seulement six semaines de recherches -- j'ai buté sur cette chose sans nom qui détruisait totalement les relations d'une façon que je ne comprenais pas, et que je n'avais jamais vu. J'ai donc pris un peu de recul sur ma recherche et je me suis dit, il faut que je comprenne ce dont il s'agit. Et j'ai découvert qu'il s'agissait de la honte. On peut vraiment comprendre la honte facilement si on la considère comme la peur de l'isolement. Il y a-t-il quelque chose chez moi qui ferait que, si d'autres le savaient ou le voyaient, je ne mériterais pas d'être en relation avec eux ? Il y a une chose que je peux vous en dire : c'est universel ; on a tous ça. Les seules personnes qui n'éprouvent pas la honte sont celles qui sont incapables d'empathie ou de relations humaines. Personne ne veut en parler, et moins on en parle, plus on la ressent. Ce qui est à la base de cette honte, ce "Je ne suis pas assez bien ", -- qui est un sentiment que nous connaissons tous : " Je ne suis pas assez neutre. Je ne suis pas assez mince, pas assez riche, pas assez beau, pas assez malin, pas assez reconnu dans mon travail." Ce qui est à la base de tout ça, c'est une atroce vulnérabilité, cette idée que, pour pouvoir entrer en relation avec les autres, nous devons nous montrer tels que nous sommes, vraiment tels que nous sommes.

Et vous savez ce que je pense de la vulnérabilité. Je hais la vulnérabilité. J'ai donc pensé, voilà l'occasion que j'attendais de la faire battre en retraite avec ma règle. Je vais m'y plonger, je vais démêler toute cette histoire, je vais y consacrer une année, je vais complètement déboulonner la honte, je vais comprendre comment fonctionne la vulnérabilité, et je vais être la plus forte. J'étais donc prête, et j'étais vraiment enthousiaste. Comme vous vous en doutez, ça ne s'est pas bien passé. (Rires) Vous vous en doutez. Alors, je pourrais vous en dire long sur la honte, mais il me faudrait prendre le temps de parole de tous les autres. Mais voilà ce que je peux vous dire, ce à quoi ça se résume -- et c'est peut-être la chose la plus importante que j'ai jamais apprise pendant les dix années passées sur cette recherche. Mon année s'est transformée en six années, des milliers de récits, des centaines de longs entretiens, de groupes de discussion. À un moment, les gens m'envoyaient des pages de journaux, ils m'envoyaient leurs histoires -- des milliers d'éléments d'information en six ans. Et j'ai commencé à comprendre.

J'ai commencé à comprendre : voilà ce qu'est la honte, voilà comment ça marche. J'ai écrit un livre, j'ai publié une théorie, mais quelque chose n'allait pas -- et ce que c'était, c'est que, si je prenais les gens que j'avais interviewés, et que je les divisais grossièrement en deux catégories: ceux qui croyaient vraiment en leur propre valeur --c'est à cela que ça se résume, croire en sa propre valeur -- ils ont un fort sentiment d'amour et d'appartenance -- et ceux qui ont du mal avec ça, ceux qui se demandent tout le temps si ils sont assez bien. Il n'y avait qu'une variable qui différenciait ceux qui ont un fort sentiment d'amour et d'appartenance de ceux qui ont vraiment du mal avec ça. Et c'était que ceux qui ont un fort sentiment d'amour et d'appartenance pensent qu'ils méritent l'amour et l'appartenance. C'est tout. Ils pensent qu'ils le méritent. Et pour moi la chose qui nous prive de relations humaines est notre peur de ne pas mériter ces relations, c'était quelque chose que, sur le plan personnel comme professionnel, j'ai eu l'impression que j'avais besoin de mieux comprendre. Alors ce que j'ai fait, c'est que j'ai pris tous les interviews dans lesquels je pouvais voir des gens qui croyaient mériter, qui vivaient ainsi, et je les ai simplement examinés attentivement.

 

Qu'ont en commun tous ces gens ? Je suis un peu accro aux fournitures de bureau, mais c'est une autre histoire. J'avais une chemise cartonnée, et j'avais un marqueur, et j'ai fait, comment vais-je intituler cette recherche ? Et les premiers mots qui me sont venus à l'esprit ont été "sans réserve". Ce sont des gens sans réserves, qui vivent avec ce sentiment profond de leur valeur. Alors je l'ai inscrit sur la couverture de la chemise, et j'ai commencé à examiner les données. En réalité, j'ai commencé par le faire pendant quatre jours par une analyse des données extrêmement intensive, où je suis revenue en arrière, j'ai ressorti ces interviews, ressorti les récits, ressorti les incidents. Quel est le thème ? Quel est le motif ? Mon mari a quitté la ville avec les enfants parce que je rentre à chaque fois dans ce délire à la Jackson Pollock, où je ne fais qu'écrire, et où je suis en mode chercheuse. Et voici ce que j'ai trouvé. Ce qu'ils avaient en commun, c'était un sens du courage. Là je veux prendre une minute pour vous expliquer la distinction entre le courage et la bravoure. Le courage, la définition originelle du courage, lorsque ce mot est apparu dans la langue anglaise -- il vient du latin "cor", qui signifie "cœur" -- et sa définition originelle était : raconter qui nous sommes de tout notre cœur. Ainsi, ces gens avaient, très simplement, le courage d'être imparfaits. Ils avaient la compassion nécessaire pour être gentils, tout d'abord avec eux-mêmes, puis avec les autres, car, à ce qu'il semble, nous ne pouvons faire preuve de compassion envers les autres si nous sommes incapables d'être gentils envers nous-même. Et pour finir, ils étaient en relation avec les autres, et -- c'était ça le noyau dur -- de par leur authenticité, ils étaient disposés à abandonner l'idée qu'ils se faisaient de ce qu'ils auraient dû être, de façon à être qui ils étaient, ce qui est un impératif absolu pour entrer en relation avec les autres.

 

 Brené Brown

www.ted.com

 

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Qui sait jusqu'où va la profondeur de cette blessure ? (II)

5 Juillet 2012, 01:13am

Publié par Father Greg

 

 

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Le pas du lion

On rapporte que saint Jérôme vécut durant trente-cinq ans dans une grotte avec un lion pour compagnie. Le fauve était venu trouver l'ermite qui lui avait retiré une épine profondément enfoncée dans la patte. Reconnaissant, l'ani­mal avait élu domicile auprès de l'homme charitable, visité des lumières d'en haut. On raconte des faits similaires à propos d'autres saints hommes qui, partis au désert ou dans la forêt, firent amitié avec un ours, un loup ou un autre animal féroce qu'ils avaient soigné.

L'apologue peut s'entendre ainsi : le lion (ou l'ours) représente notre nature sauvage, violente, orgueilleuse, les instincts et passions qu'il s'agit de maîtriser, autant dire l'homme charnel. Or, le lion est blessé et l'épine fichée dans sa patte est un aiguillon qui à la fois l'empêche d'être pleinement heureux de son sort et le pousse à chercher un remède. L'animal vient demander de l'aide à un homme reclus en Dieu, non pas à un médecin ordinaire. En ôtant l'épine de la patte du fauve, Jérôme délivre et apaise l'ani­mal, à la façon dont les puissances spirituelles libèrent l'homme charnel : l'Esprit guérit parce qu'il éveille la créature à sa nature immortelle. Désormais, le lion vit en bonne intelligence avec l'ascète, certains disent même qu'il se nourrit d'herbe : réconciliation des aspects terrestre et céleste de l'être humain, passage de la dévoration à la contemplation. Tout un chemin spirituel pour qu'éclose l'homme intérieur, l'être nouveau. Encore fallait-il que le lion ou l'ours fussent blessés, et à la patte, afin d'orienter différemment leur marche. La blessure s'avère le contraire de l'entrave, elle invite à la quête, elle appelle à une infinie liberté.

Divine Blessure, Jacqueline Kelen

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Qui sait jusqu'où va la profondeur de cette blessure ?

4 Juillet 2012, 00:04am

Publié par Father Greg

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Aucune vie intense n'est exempte d'épreuves. Aucun cœur aimant n'échappe à la brisure. Plus haut vole le désir, plus il est menacé. Et toute âme noble se voit en ce monde meurtrie et injuriée.

L'honneur de l'être humain est de se relever, non de se plaindre, non de se résigner. La grandeur d'un héros se reconnaît à ce qu'il subit des coups mais refuse la défaite : aucune plaie ne le fait renoncer à sa liberté.

Qu'elle apparaisse sous forme de déchirure d'amour, de beauté ou de douleur, la blessure a pour sens d'ouvrir l'homme à l'inconnu, voire à l'illimité. Et d'abord elle rappelle que toute grande rencontre laisse une trace inef­façable et que la grâce d'être touché au cœur désigne, élit même l'être véritablement vivant.

Tous les humains ne sont peut-être pas appelés à une quête héroïque, à une élévation mystique ; du moins doivent-ils mériter ce qualificatif d'humanité qui est bienveillance, bonté, accueil. Or, en allant vers l'autre, en l'écoutant, on court le risque d'être ému, bouleversé. C'est pourquoi beaucoup préféreront revêtir une carapace d'indifférence ou de froideur qui, croient-ils, les proté­gera, en fait qui montrera leur peur et leur carence d'hu­manité.

Il y a une folle illusion à se vouloir à l'abri de tout, illusion soigneusement entretenue par la société moderne. De qui, de quoi peut-on se garder ? De la malice du monde, de la trahison et des peines amoureuses ? De la charge des ans, de la mort ignominieuse ? Qui se pense assez puissant ou assez riche pour écarter le malheur ? Le monde contem­porain, qui ne parle que de bien-être, de bonheur, de santé et de sécurité, se trouve accablé d'une terrible maladie, la maladie d'infantilisme. Aussi n'invoque-t-il que ce mot magique qui trahit son effroi devant la fragilité et le trépas : « guérir ». Grâce à la recherche scientifique, grâce à telle plante, telle gymnastique, tel régime alimentaire, en recou­rant au besoin à la méditation, à la récitation de man­tras et autres recettes zen ou chamaniques, la créature humaine peut se protéger de tout, et surtout oublier qu'elle est mortelle. L'obsession de guérir anesthésie la conscience et étouffe le questionnement métaphysique.

Or, il n'est que deux façons d'être indestructible : soit à la façon d'une machine imperturbable que l'on entretient en changeant les pièces, en veillant sur le mécanisme ; soit en découvrant son essence immortelle. La seconde voie est celle qu'indiquent et que nourrissent la philosophie véri­table, les spiritualités des diverses traditions ainsi que les mythes qui sont des éveilleurs de conscience et des passeurs de sagesse.

Pour la plupart des gens, guérir équivaut à ne plus jamais avoir mal. Supprimer la souffrance, l'inquiétude, au béné­fice du seul épanouissement de soi qui est bonheur, bien‑ être. C'est un enfermement redoutable et un rêve chimé­rique. Mais dans les récits initiatiques et les textes sacrés, guérir signifie réparer la blessure de l'homme mortel, c'est-à-dire restaurer celui-ci dans sa nature édénique, dans son être seigneurial.

Ainsi, la blessure n'est ni la souffrance ni le mal, elle est au contraire le rappel que notre nature véritable n'est ni limitée ni souffrante. Elle donne accès à une autre percep­tion, elle est une aspiration à un infini que ne peut combler aucun bien de ce monde.

 

Divine Blessure, Jacqueline Kelen


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L'absolu de la miséricorde !

3 Juillet 2012, 03:46am

Publié par Father Greg

 

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La miséricorde? Il ne s’agit pas d’une simple pitié ou même d’une souffrance ressentie à la rencontre d’un homme malheureux. La miséricorde, c’est la prise de la misère de l’autre dans son cœur, c’est la misère de l’autre qui se loge en nous, qui devient nôtre, d’abord comme une brûlure profonde, mais tout de suite comme une exigence d’action. Le miséricordieux n’entasse pas en lui les misères qu’il rencontre, par une variété de «masochisme ». Non. La misère de l’autre le brûle, mais pour le mouvoir.

La misère de l’autre. Il s’agit de l’afflige par toute misère. Celui qui a faim, celui qui n’est pas vêtu, celui qui n’est pas logé, celui qui est infirme, celui qui est malade, celui qui est chômeur. Le pauvre d’esprit, le mal doué, l’irrésolu. L’ignorant. Le méprisé, le délaissé, le trahi. Celui qui est sans amis, sans au moins un ami. Le clochard, l’ivrogne. Le désespéré. Mais aussi bien, le riche égoïste, le savant si spécialisé qu’il oublie l’essentiel, le vaniteux plein de soi, l’orgueilleux qui cherche la gloire, le dominateur qui opprime.

Chaque homme, par quelque point, est un miséreux. Et c’est pour cela qu’il faut tous les loger dans son cœur, dilater toujours plus son cœur et par là ressembler chaque jour plus au Christ qui logea dans son cœur toutes les misères de tous les hommes. La miséricorde devient ainsi l’une des formes suprêmes de l’épanouissement. L’homme broyé par la misère des autres, et progressivement de tous les autres, est un homme qui élargit toujours plus sa puissance d’aimer.

La prière du miséricordieux est immense comme l’immensité de la misère. Et déjà, par la prière, l’homme brûlé par la misère de l’autre, des autres, est en mouvement dans la lutte contre les misères. Cependant, pour la plupart des hommes, la justification par la prière ne suffirait pas. Elle serait une tricherie pour ne pas s’engager, ne pas agir. Nous ne pouvons rien ajouter à Dieu. Dieu se suffit et sa miséricorde est de nous avoir appelés à être, à être à son image, dotés d’intelligence et de liberté. La miséricorde de Dieu nous a donné le monde. La miséricorde de Dieu nous a envoyé le Verbe, Fils unique, Homme-Dieu, pour nous sauver. La miséricorde de Dieu nous a, dans le Christ, glorifiés et rendus capables d’aimer jusqu’au don complet de nous-mêmes.

Louis-Joseph Lebret, L’évangile de la miséricorde, Collectif Cerf 1965 p.165-166.

 

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Vécu du toucher...

2 Juillet 2012, 01:56am

Publié par Father Greg

 

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La méthode de "'parole"' du toucher. 

Cette méthode 'la Connexion Individuelle de la sensibilité' fait l'analyse de la structure de sensibilité qui nous est propre, c'est-à-dire de notre fonctionnement de toucher, et elle révèle le contenu de notre vibratoire. Ce n'est pas l'évènement en lui-même qui touche l'individu : il est touché, dans la relation à l'évènement, fonction de ce qu'il contient. Cela explique que des enfants d'une même famille évoluent totalement différemment; que des personnes ayant subies des traumatismes s'en relèvent et d'autres non; qu'un individu ayant vécu une enfance heureuse, 'sans histoire', a du mal à vivre parce qu'il n'a pas pu s'exprimer dans ce qui le motive vraiment. 

Dans ce qui me touche, il y a autant le contenu de mon histoire, que le contenu de ma motivation à vivre, de ce qui me passionne et de ce pour quoi je suis fait. Ex :'j'ai des difficultés à m'exprimer dans ma parole, parce que je n'ai pas pu parler; mais surtout parce que ma raison de vivre est de dire quelque chose'. 

L'intérêt essentiel d'une personne est d'exprimer sa vérité propre. Personne n'a le même corps, parce que chacun est destiné à exprimer quelque chose de particulier. Le corps fonctionne parce qu'il exprime le contenu de la personne; et là où elle ne s'exprime pas dans son intention, elle ne s'exprime pas dans son corps : 'j'ai à donner ma version de l'amour en relation'. Aussi, les blessures de toucher sont le résultat de la rencontre des événements avec ma sensibilité; mais elles ne s'intègrent vraiment que lorsqu'elles sont reliées à mon contenu vibratoire : 'j'intègre le sens de ce que j'ai vécu lorsque je comprends comment je fonctionne dans le toucher et que je fais monter à ma conscience le contenu de mon individualité. Je fais le lien entre ce que j'ai vécu et le comment je sais vivre'. 


La conscience du toucher vibratoire passe par la parole du corps. Elle suppose de nommer les ressentis et de rejoindre, au plus profond, le sentiment de soi, la vibration du toucher. La Connexion met le corps en lien avec son mouvement d'origine, adapté à son contenu intérieur, pour guider la personne dans l'exactitude de sa communication avec l'extérieur. Grâce à ce travail, chaque individu peut progresser dans la conscience de lui-même et rejoindre le sens profond de toutes les informations de son corps. Les tensions et les blocages corporelles sont, par exemple, la manifestation d'une parole qui n'a pas pu s'exprimer dans ce qui m'a touché, en lien avec ce qui me touche. 

La Connexion donne les réponses intérieures de la personne à toutes sortes de situations et entraîne des changements de tous types, physiques, relationnels, comportementaux… Elle nourrit l'intelligence parce qu'elle fait surgir la cohérence de l'individu en reliant des données apparemment opposées ou différentes. Elle permet d'intégrer les contradictions du corps en accédant à une conscience supérieure des situations. 

En faisant se rejoindre les opposés en soi, elle apporte une cohérence relationnelle intérieure qui produit une ouverture aux autres. Elle relie à la profondeur du Soi et procure un état de satisfaction durable, la sensation de se retrouver unité corps/esprit. 


Cette approche du toucher vibratoire donne une autre dimension sur le rôle du toucher tactile. Si le tactile amorce le développement du corps et manifeste la relation, le vibratoire amène à la conscience du Soi en relation, c'est-à-dire à la conscience de moi en relation avec mon corps et dans le monde. Le vibratoire est la perception de l'invisible de la relation, sa conscience dans le corps. Il ne suffit donc pas de toucher tactilement pour être en relation. Malgré tout, bien des êtres ont été touchés tactilement mais ne se sont pas senti accueilli dans leur vibratoire. En fait, c'est l'ajustement au vibratoire du toucher qui donne la justesse du toucher tactile : 'je touche véritablement en conscience de la relation lorsque je suis conscient de mon contenu vibratoire. Et là, je ne suis plus dupe des manques, des transferts ou des projections et je peux aider véritablement l'autre dans son évolution'.

Hervé PÉCHOT

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Ressenti du toucher...

1 Juillet 2012, 02:55am

Publié par Father Greg

 

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Du toucher tactile au toucher vibratoire, pour une nouvelle approche du toucher. 
Le toucher se définit, de manière commune, comme le contact de la peau par des stimuli mécaniques, thermiques, chimiques, électriques provoquant les sensations, de pressions, de température… 

Il s'agit là de la conception classique, celle du toucher tactile. Mais le toucher ne se limite pas à l'approche matérielle de la sensation. Dans le langage courant, le mot toucher révèle d'autres dimensions et donc un contenu bien différent, beaucoup plus attractif. Ne dit-on pas, cette musique, ce livre, ce film ou votre attention m'ont touché. Dans ce cas, de quel toucher s'agit-il ? Quelle est cette dimension du toucher qui ne concerne pas la surface du corps mais qui implique tous les sens. C'est le toucher intérieur; celui du toucher du cœur de l'être, relié à tout dans la profondeur de ses sens et de ses sensations. Paradoxalement, ce toucher n'est pas tactile; mais il est palpable vibratoirement. 


Ce "vibratoire", tout le monde en fait l'expérience, avec plus ou moins conscience. Il s'exprime par le fait que personne n'est attiré par la même chose, ni ne réagit de la même façon. Pour les vacances, chacun choisit sa destination et ses contenues. Certains privilégient la famille, les hobbies, la pêche, le sport, d'autres les visites culturelles, l'isolement, le travail, la fête ou bien la lecture. Personne n'est touché par la même chose et de la même façon. La vibration est le produit du toucher; le corps vibre au toucher. 


C'est une sensation physique, émotionnelle, personnelle. Le toucher se définit alors comme la rencontre de deux informations, celle de l'impulsion intérieure de l'individu en contact avec tout autre donnée le concernant. Le vibratoire, c'est le lieu de la rencontre entre la référence du Soi et les informations du corps. Cette rencontre produit un mouvement vibratoire qui révèle l'individualité. Cette définition du toucher englobe à la fois les informations de l'intérieur et de l'extérieur du corps je peux être touché par la joie, la grâce ou une vérité intérieure. Par ce concept du vibratoire, nous pouvons aborder l'être humain dans sa globalité et dans sa spécificité de toucher; et comprendre, par exemple, pourquoi les praticiens d'une technique de toucher identique obtiennent des résultats différents. Cette conception du corps a des répercutions et un intérêt considérable. Elle fait du toucher le centre de l'activité humaine. Elle prend en compte la réalité matérielle et immatérielle de la personne. La vibration est d'ailleurs bien scientifiquement onde et particule, espace de rencontre de la matière et de la non-matière. Le 'vibratoire', est alors le domaine scientifique de la résonance corps-esprit. 

Le vibratoire, c'est tout ce qui n'est pas tactile et qui produit une vibration. 


C'est le contact corporel invisible. Tout le monde le pratique, le parle et y fait référence sans le savoir. L'intérêt c'est qu'il y a un contenu du vibratoire qui est propre à chacun et qui recèle le cœur de l'individu, sa spécificité la plus secrète et la plus profonde, son unicité, ce pour quoi il est le plus naturellement doué, son sens. Ce vibratoire, est une réalité physique, 'sensationelle', qui comporte la structure de fonctionnement de chacun. Il s'apprend. Il est possible d'entrer dans la connaissance de son propre toucher vibratoire et cette démarche provoque l'évolution de la conscience de soi et de la relation à son corps.

Hervé Péchot.

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Dis-moi comment tu touches....

30 Juin 2012, 02:49am

Publié par Father Greg

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Le rôle du toucher

Le toucher est la première nourriture du corps. Il est essentiel à la construction de la personne parce qu'il nous révèle à notre humanité ; c'est-à-dire à la réalité de notre conscience physique. Un enfant non touché n'a pas conscience de son incarnation. Sans toucher, il ne peut y avoir de présence à la matérialité du corps. Il en est le déclencheur. Il révèle à la conscience de la matière. Le corps est conçu pour le toucher. Le corps est toucher (puisque s'il n'est pas touché, il n'est pas). En ce sens, le toucher donne la vie, puisque le corps ne vient à s'épanouir que grâce à lui.

La conscience du toucher 

Le rôle du toucher est d'éveiller le corps pour informer la conscience. 
En étant touché, l'être prend conscience de lui-même au travers de ses sensations. Par le toucher, il se relie à son corps, le reconnaît et peut dire 'je suis mon corps, mes sensations, mes émotions, mes sentiments, mes pensées'. 

Le corps développe alors son rôle de transmission de données nouvelles, intérieures et extérieures :'Je peux sentir mes états d'âme, comme je peux percevoir la température qu'il fait'. Le corps touché est la caisse de résonance, le réceptacle qui produit les informations de la conscience. Il n'y a pas de corps sans informations ni de transmission sans corps. C'est le lieu d'échanges entre moi et le monde, visible et invisible. Par les sensations, le corps guide le soi dans le monde. Par la sensibilité : le corps permet l'expérience du moi en lien avec le tout. 

Le corps ne peut développer ces qualités que s'il est exercé au toucher. Le toucher engendre la sensibilité du corps et de la conscience parce qu'il les joint et qu'il développe les perceptions, c'est-à-dire la capacité de voir au travers. Il conduit à faire les liens entre moi et mon corps, moi et l'autre, l'intérieur et l'extérieur de moi…

Hervé Péchot.

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Ce que nos mains ont touché... (II)

29 Juin 2012, 02:48am

Publié par Father Greg

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Des études montrent les effets positifs du toucher 

Le toucher ne profite pas seulement aux enfants. C'est un facteur réel et vérifié de diminution de l'angoisse et d'amélioration du système immunitaire. Ainsi, à l'heure où 75% des salariés se considèrent stressés, le toucher est une solution efficace et concrète contre ce fléau. Si bien souvent on ne peut réduire les causes extérieures de tensions, le toucher est un moyen sûr d'améliorer la capacité d'adaptation des individus : automatiquement, à la suite d'une séance, les hormones anti-stress diminuent et une catégorie de lymphocyte T augmente. 

Les services de relaxation par le toucher qui se répandent dans les entreprises répondent donc parfaitement à ce besoin. 

Les études ont montré également une amélioration de la vigilance et de l'attention et de nombreux métiers bénéficieraient des soins du toucher : que ce soient les métiers qui demandent une attention soutenue, les métiers physiques, tels que bouchers, boulangers; les métiers à risques ou ceux ou le don de soi est important tels que pompiers, infirmières, enseignants, éducateurs… 

Le toucher est un véritable acte de prévention de santé parce qu'il augmente les capacités de défenses de l'organisme et qu'il relance globalement l'ensemble des fonctions du corps; mais plus profondément encore, il reconnecte au sentiment de bien-être parce qu'il relie l'individu à lui-même, aux autres et à la réalité de son environnement. 

Des chercheurs ont apporté la preuve du lien entre le toucher et le cerveau affectif. Ils ont découvert un nouveau réseau de fibres nerveuses appelées C, plus fin et indépendant du système majeur, qui active directement le cerveau le plus profond, le cerveau émotionnel. 
Ils l'ont étudié sur une personne dont les nerfs du bras étaient sectionnés et qui pourtant ressentait les sensations d'une plume à la surface de sa peau. Cette découverte est extraordinaire car elle apporte l'explication scientifique du sentiment de bien-être éprouvé avec le toucher et elle justifie l'importance et le rôle du toucher relationnel pour l'être humain. 

Le plus étonnant est que la médecine chinoise, vieille de 5000 ans possédait déjà cette connaissance. Dans le système analogique d'explication du fonctionnement de l'univers, le système des '5 éléments', elle associe déjà le sens du toucher à l'organe du cœur. Comme le dit l'expression, on a tous 'le cœur sur la main'. Mais encore faut-il que la main soit ouverte ! 

Le toucher ne profite pas seulement à celui qui le reçoit ; il bénéficie aussi à celui qui le donne. Ainsi, les femmes dépressives qui donnent du toucher à leur enfant voient leur état s'améliorer et tissent une meilleure relation avec lui. Des personnes âgées qui massent régulièrement des bébés y trouvent un bénéfice plus grand que si elles étaient massées elles-mêmes. Le toucher est donc un domaine de gagnant-gagnant. Tout le monde y trouve son compte et le masseur reçoit autant que le massé. On peut donc penser que le toucher affecte aussi le cerveau émotionnel de celui qui touche. 

Hervé Péchot.

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Ce que nos mains ont touché du Verbe de Vie...

28 Juin 2012, 03:23am

Publié par Father Greg

 

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Introduction 
Le toucher est l'acte le plus essentiel de l'être humain; mais il a été jusqu'ici fort peu étudié, compris et utilisé. Le toucher est partout : dès le matin, je touche mon corps en me lavant, je prends les aliments de mon petit-déjeuner, et je serre la main de mes collègues de travail…Chacun de nous est positionné vis-à-vis de lui, consciemment ou non : j'accepte la bise de mes proches, je me détourne de quelqu'un d'antipathique, et je tape dans le dos de mes amis. Certains aiment le toucher et d'autres le rejettent, mais il concerne tout le monde. Il est présent dans toutes les activités humaines, de la naissance à la mort, dans tous les milieux, et dans tous les domaines de la vie, familial, professionnel, social, intime. Le toucher a un poids affectif inestimé et inestimable.

Le toucher est un besoin. 

Bien qu'il imprègne notre vie de tous les jours, et malgré les recherches, le toucher reste mystérieux. Les études sont relativement récentes et le champ d'investigation est encore grand ouvert. Aux États-Unis, les premiers instituts de recherche pluridisciplinaires sur le sujet ont apporté des preuves scientifiques, mesurées, des effets du toucher, et ont démontré sa valeur dans de nombreux domaines, qu'il s'agisse de l'enfance prématurée, des personnes âgées ou de certaines maladies. 

Il ne fait plus de doute que l'enfant a besoin du toucher pour se développer. On sait aujourd'hui qu'un enfant qui n'est pas touché ne se développe pas normalement. L'expérience encore proche des orphelinats roumains a démontré que l'absence complète de toucher entraînait des retards de croissance importants et des altérations des facultés mentales. Plusieurs études dans le monde ont prouvé que les prématurés prennent environ 50% de poids supplémentaire lorsqu'ils sont touchés. On a par ailleurs récemment découvert un gène assurant le lien entre la croissance et le toucher ! (données tirées du livre 'les bienfaits du toucher' de Tiffany Field - Payot)

Le toucher de la peau donne la conscience de la matière du corps et le corps ne peut se développer sans le toucher. Un enfant non touché ne peut entrer dans la conscience de son incarnation et développer ses ressources pour grandir. L'être humain a donc besoin de l'autre pour prendre conscience de lui-même ; et par là, il gagne la conscience de la relation. 


Le toucher est le sens premier. Je peux évoluer sans voir ni entendre mais je ne peux vivre sans être touché. Le toucher conduit l'être vers la communication avec l'extérieur, et vers la relation aux autres. Par le toucher tactile, le corps s'éveille. Il apporte à l'enfant la sécurité affective ; il réduit ses pleurs, améliore son sommeil et le rend calme, actif, et sociable. Il l'apaise parce qu'il lui rappelle la sécurité du lien à la mère et le relie à la relation d'origine. A l'extrême, on peut affirmer selon l'expression consacrée que 'l'absence de toucher tue ou affecte gravement la santé physique, mentale et relationnelle'.

Hervé Péchot.

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La foi est la pire des tyrannies, sans cette mendicité constante de l'intelligence !

27 Juin 2012, 02:12am

Publié par Father Greg

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Paul IV n’hésitait pas à dire que le fidéisme était le plus grand danger actuel de la théologie catholique. Je l’ai entendu de mes propres oreilles cela, dans une petite audience à des théologiens : il avait parfaitement raison. Nous sommes tous un peu fidéistes; et peu à peu j’espère que le fidéisme diminue et que l’homme religieux contemplatif augmente, et qu’on acquiert progressivement une certaine contemplation naturelle, humaine. Ne disons pas que c’est facultatif : non, pas du tout. Ce n’est pas facultatif, c’est nécessaire au chrétien, si vous êtes chrétien jusqu’au bout, puisqu’on sait que le fidéisme est condamné par l’Eglise. Alors, on n’a pas le droit de dire : « Oh, cela n’a pas d’importance, c’est secondaire ». Tout dépend. Quelqu’un, qui ne peut pas du tout faire de philosophie, qui ne peut pas du tout comprendre ce que c’est que cette contemplation naturelle, c’est sûr, Dieu suppléera. Mais, quelqu’un qui le peut… C’est pour cela que quelqu’un comme Marthe Robin, qui avait un sens très étonnant du réalisme, comprenait cela très bien. Et elle comprenait la nécessité d’une métaphysique, d’une philosophie première, qui conduit à la contemplation. Elle le comprenait très bien, à un point invraisemblable : cela m’a toujours renversé de voir comment elle comprenait cela, alors que des quantités de théologiens ne comprennent plus. A cause de son réalisme divin, elle comprenait cela. Vous voyez, quelqu’un qui ne comprend pas cela, je dirai : il y a un réalisme divin qu’il n’a pas atteint. Et donc, je mets très en doute le caractère véridique de sa théologie, puisqu’il y a une erreur radicale, le fidéisme, au point de départ. Quand il y a une erreur fondamentale, cela se répercute sur tout le reste…

MDP, 01.07.92

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Il ne suffit pas d'aimer!

26 Juin 2012, 03:06am

Publié par Father Greg

 

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Il y a un problème très grave pour le chrétien d’aujourd’hui, et on en est tous un peu atteints ; vous ne pouvez pas dire que vous n’êtes pas atteints de cela, car vous avez respiré cet air-là. Et cet air-là, c’est de dire : « La philosophie, ce n’est pas nécessaire ! ». Attention ! C’est une nécessité pour le croyant, et c’est pour cela que l’Eglise maintient à tout prix la philosophie réaliste et la métaphysique. Ce n’est pas du luxe, ce n’est pas une chose ancienne propre au Moyen-Age comme la construction des cathédrales — c’est difficile de construire une cathédrale aujourd’hui ! La métaphysique n’est pas une cathédrale, c’est une nécessité pour le croyant. Alors si on est incapable soi-même d’étudier la métaphysique, qu’on le reconnaisse : « Je n’ai pas les capacités, je ne suis pas formé pour cela, je n’ai pas la forme d’intelligence pour cela ». Mais on n’a pas le droit de dire : « Ce n’est pas nécessaire ». Et quand vous dites que ce n’est pas nécessaire, c’est terrible, vous commettez une faute contre la foi. (…)

 

La métaphysique est nécessaire au croyant pour découvrir les preambula fidei ; elle est nécessaire pour que le croyant soit conscient de ce que la foi chrétienne lui apporte. Donc elle permet de déterminer avec exactitude l’acte propre de foi, et par le fait même, elle permet de préciser avec exactitude ce qu’est la théologie, puisque la théologie part de la foi. (…)

 

Au dire de Paul VI — je l’ai entendu de mes propres oreilles, dans une audience privée avec des théologiens, sitôt après le Concile —, le fidéisme est actuellement le mal le plus profond de l’Eglise catholique. Et un théologien de Rome, qui connaissait très bien ce que représentait l’état de la théologie d’aujourd’hui, m’a dit que quatre-vingt dix pour cent des théologiens d’aujourd’hui sont fidéistes  — et il allait même jusqu’à dire quatre-vingt quinze pour cent —, c’est-à-dire ne reconnaissent plus les preambula fidei. Du point de vue de la foi chrétienne, c’est sérieux : celui qui ne va pas jusqu’au bout de sa foi risque toujours de la perdre, parce qu’il ne l’exerce plus.

Si vous confondez la foi et les traditions et si vous confondez les opinions des hommes et ce que l’intelligence humaine peut par elle-même dire, votre foi s’humanise. Et une foi qui s’humanise est une foi qui perd son caractère propre. Et le caractère propre de la foi, c’est d’être ordonnée à la contemplation chrétienne — et non pas philosophique —, c’est de me rappeler que je suis héritier, avec Jésus, de la vision béatifique et que je suis fait pour cela.

Donc vous voyez l’importance de ce que nous essayerons de comprendre ensemble, de cette ultime partie de la philosophie qu’on appelle théologie naturelle, et qui reste quelque chose de nécessaire à voir aujourd’hui. Le Saint-Père m’a posé la question : « Où enseigne-t-on encore la métaphysique dans son ultime exigence, la théologie naturelle ? ». Quand j’enseignais la théologie naturelle à Fribourg, j’entendais mes chers confrères dire avec un air satisfait d’eux-mêmes : « La théologie naturelle, c’est une question de sentiment ! ». Qui est-ce qui disait cela avant eux ? Auguste Comte. Et donc sans le savoir, ils étaient positivistes.

MD Philippe, 9.10.1992. Aletheia n° 16 sur Fides et ratio

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Notre impuissance, lieu de la rencontre de Dieu

25 Juin 2012, 03:37am

Publié par Father Greg

 

« Dans le cœur de l’Eglise, ma Mère, je serai l’Amour...ainsi, je serai tout….ainsi  mon rêve sera réalisé ! »

 

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Quand Thérèse dit qu’elle « sera tout », ce n’est pas le tout de la philosophie hégélienne ; il s’agit au contraire du réalisme de l’amour, l’amour de charité qui « est tout » puisque, étant ce qui ordonne notre volonté vers sa fin ultime et,  par notre volonté, les actes de toutes nos vertus, il peut et il doit être présent partout. Quand les théologiens disent que la charité est la « la forme de toutes les vertus, » c’est cela qu’ils veulent exprimer, dans leur langage de théologiens que souvent nous comprenons mal. Thérèse prend un langage très simple : l’amour est présent à tout et c’est par là que Jésus prend possession de toute notre vie, de tout nous-mêmes. L’amour est victorieux de tout. Quand la lutte est très forte, quand la souffrance et la tristesse sont très fortes, il faut que l’amour soit victorieux, parce que le démon se sert de la tristesse et de la souffrance, telles quelles sont présentes dans notre psychisme humain ( c'est-à-dire dans notre sensibilité humaine et notre imagination, où elles se transforment en angoisse) ; il voudrait que cette souffrance et cette tristesse arrêtent l’amour, qu’elles soient comme un mur qui nous empêche d’aller plus loin et nous fasse nous replier sur nous-mêmes. En effet, la souffrance et la tristesse risquent toujours de nous replier sur nous-mêmes en arrêtant l’élan de notre cœur. C’est là qu’il faut comprendre que la victoire du Christ, la victoire de l’Esprit Saint, se réalise au plus intime de notre cœur. Même les souffrances les plus aiguës, même les tristesses les plus profondes de l’agonie, tout peut être transformé par l’amour ; c’est bien ce que Thérèse nous montre, elle a pu dire à la fin de sa vie : « la souffrance est devenue mon Ciel ici-bas ».Elle peut donc dire que l’amour est la voie, puisque c’est par l’amour- l’amour qui nous vient de Dieu, l’amour du cœur du Christ- que tout se transforme et prend un sens divin ; L’amour humain ne peut pas être victorieux de cela ; c’est toute la différence entre l’amour divin et l’amour humain. L’amour humain a un mode intentionnel ; il peut lutter contre la tristesse et la souffrance, et quand c’est un véritable amour d’amitié il est beaucoup plus fort parce qu’on est deux à lutter, mais il reste que l’amour humain n’est pas substantiel. Tandis que l’amour divin, étant substantiel, peut être victorieux de tout ; c’est cela que Thérèse a saisi avec une extrême vacuité.


Thérèse a trouvé le secret de « s’approprier » la flamme de l’amour divin, elle reconnait qu’elle n’est « qu’une enfant, impuissante et faible », mais c’est sa faiblesse même, nous l’avons vu, qui lui donne l’audace de s’offrir en victime à l’amour de Jésus. Tout est là et c’est dit avec une très grande netteté. C’est un abandon total dans l’amour, et c’est une audace, donc un désir, car il n’y a pas d’audace sans désir (c’est le désir qui rend audacieux). C’est même une audace prodigieuse, celle de l’enfant ; « si vous ne devenez pas comme des tout-petits, vous n’entrerez pas  dans le royaume des  Cieux ».Thérèse veut entrer tout de suite dans le Royaume des Cieux, le Royaume de Dieu, et c’est pour cela qu’elle a cette audace. Elle y entre sans y être encore tout à fait, sans être « au port », mais il y a chez elle cette audace divine de l’espérance propre à l’enfant. Car ce qui caractérise l’enfant, c’est que ses désirs sont toujours plus grands que l’expérience qu’il a déjà faite, qu’il a déjà vécue. Si l’homme adulte a tendance à en rester toujours à sa prudence, c’est que ses audaces sont mesurées par son « vécu » ; quant au vieillard, il juge tout en fonction de son passé, il se réfère toujours au passé. Ce qui fait l’audace du tout-petit, c’est qu’il dépasse ce qu’il a vécu, il est toujours au-delà, et il attend plus-« demain, demain » dit l’enfant. Pour Thérèse, le « demain » c’est la venue du Christ, c’est Jésus qui vient. « Voilà son demain ».  

                                                             L’acte d’offrande,  Marie Dominique Philippe.

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La pensée de Dieu (IV)

24 Juin 2012, 01:25am

Publié par Fr Moore G

 

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La véritable origine de l'Univers

A partir de maintenant, bien sûr, nous quittons la réalité explorée par la science pour entrer dans le domaine de la spéculation. Mais comme nous allons le voir, il nous restera en main un jeu d'hypothèses suffisamment solides pour en extraire quelques réponses nouvelles. La clef réside donc dans les deux formes du temps qui pourraient exister au moment du big bang.

Il y a d'abord le temps de chez nous. Il s'écoule à chaque instant. C'est ce qui fait qu'une rivière coule, qu'un feu brûle dans la cheminée et que le soleil se lève le matin. Il est bien sûr étroitement lié à ce qu'on appelle l'énergie. A présent, voyons le temps imaginaire. Avec lui, plus de mouvement - le temps imaginaire ne s'écoule pas. Un peu comme un disque DVD hors du lecteur, dont l'histoire est comme gelée. Dans le temps imaginaire, il n'y a donc pas de place pour l'énergie. Qu'allons- nous trouver à la place? Ce que les experts, depuis quelques années, appellent l'information. En fait, c'est un peu la même chose que l'énergie, mais dans le temps imaginaire. C'est pourquoi nous allons alors remplacer toutes les unités physiques, sans exception, par ces unités qu'on appelle des «bits d'information» (un mot que, bien sûr, vous connaissez bien). Ainsi, le fauteuil sur lequel vous êtes assis peut être entièrement décrit (du moins en théorie) par les bits d'information qu'il contient. A présent, revenons à l'Univers primordial. Où allons-nous trouver ce fameux temps imaginaire? En fait, là où le temps réel cesse totalement d'exister: à l'instant zéro. Cet instant correspond bien sûr dans le modèle standard à ce qu'on appelle la «singularité initiale» marquant le «zéro absolu» de l'espace et du temps. C'est-à-dire, la véritable origine de l'Univers. De quoi s'agit- il? D'un point mathématique, inaccessible au calcul physique. A la différence de tout ce qui existe dans l'Univers, son essence profonde est totalement abstraite. A ce stade, il n'y a plus de matière, plus d'énergie et plus de temps. A quoi il faut ajouter - en y insistant bien - que sur ce point zéro, ce qu'on appelle l'entropie de l'Univers (c'est-à-dire, en gros, son désordre) est nulle. Cela est une conséquence naturelle du fameux principe de la thermodynamique si bien explicité au début des années 1900 par ce génie visionnaire qu'était Ludwig Boltzmann. Or, comme l'information est tout simplement «l'inverse» de l'entropie, cela signifie qu'à l'instant zéro, l'information caractérisant le pré-Univers doit être considérée comme maximale. Que pouvons-nous en déduire? Qu'à l'instant zéro, il n'existe rien d'autre que de l'information. Une réalité numérique, qui pourrait «encoder» sous une forme mathématique l'ensemble des propriétés qui, après le big bang, concourent à l'existence et à l'évolution de l'Univers physique. Comme le pensait Leibniz - et après lui tous ceux de l'école de Göttingen -, il peut exister un nombre plus vaste que l'Univers. Dans ce temps imaginaire où l'harmonie préétablie prend sa source, un nombre-Univers d'une grande pureté, hors de l'espace-temps, pourrait bien contenir la complexité la plus haute que l'esprit humain puisse imaginer. Et que la pensée de Dieu puisse concevoir.

La Pensée de Dieu, Igor et Grichka Bogdanov, Grasset, 280 p., 

 www.lefigaro.fr

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La pensée de Dieu (III)

23 Juin 2012, 01:25am

Publié par Father Greg

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Dieu avait-il le choix?

Nous voici en 1951, dans le tranquille bureau qu'Einstein occupe à l'Institut des études avancées. C'est l'été. Les fenêtres sont ouvertes en grand sur le ciel et les magnifiques arbres du parc. Le maître est devant son tableau noir et trace de sa belle écriture ces équations de la relativité générale qu'il a écrites tant de fois. Soudain, il se tourne vers son assistant, le jeune physicien Ernst Straus. Son regard s'envole au-delà, vers l'invisible, lorsqu'il se demande à voix basse: «Est-ce que Dieu avait le choix lorsqu'il a créé l'Univers?»

La question est incroyablement profonde. En un seul trait, elle nous renvoie un quart de siècle plus tôt, lorsqu'il écrivait: «En tout cas, moi, je suis convaincu que Dieu ne joue pas aux dés.»

Einstein n'a donc pas le moindre doute: l'Univers n'est pas né par hasard! Toutefois, même si l'Univers échappe au hasard, aurait-il pu être différent? C'est-à-dire gouverné par des lois différentes? Pour Einstein, les lois dans l'Univers ne pouvaient pas être différentes au moment de sa naissance. En d'autres termes, Dieu n'avait pas le choix! Quarante ans après Einstein, un savant anglais, sir Roger Penrose, de l'université d'Oxford, s'est posé la même question. En imaginant un immense tableau couvert de milliards de points désignant des Univers possibles, Penrose s'est demandé si le Créateur avait la liberté de poser son stylet sur n'importe quel point au moment du big bang pour engendrer un Univers plus ou moins comme le nôtre. Et là encore, sa réponse, très argumentée par des calculs, est la même que celle d'Einstein: le Créateur n'a aucune liberté de choix. Il n'existe qu'un seul point, parmi les milliards de milliards de milliards d'autres possibilités, sur lequel le Créateur puisse poser son stylet. Pour donner une idée de l'immensité de cette contrainte à l'origine, Penrose montre que la «chance» pour que le Créateur tombe par hasard sur le bon point est de une sur 10 puissance 10 puissance 123! C'est peut-être pour cela qu'un beau jour, Einstein a lancé en souriant: «Le hasard, c'est Dieu lorsqu'il se promène incognito!»

 

La Pensée de Dieu, Igor et Grichka Bogdanov, Grasset, 280 p.

 www.lefigaro.fr

 

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la pensée de Dieu (II)

22 Juin 2012, 01:18am

Publié par Father Greg

 

 

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Deuxième hypothèse: celle des univers «parallèles». Selon les défenseurs de cette idée, l'univers dans lequel nous vivons ne serait que la version «gagnante» d'une infinité d'univers stériles: l'existence de l'univers «ordonné» dans lequel nous vivons n'aurait rien de remarquable puisqu'il serait perdu dans une multitude d'univers chaotiques. Disons-le sans détour: bien qu'à la mode, cette hypothèse n'est pas plus scientifique que la précédente. D'abord parce qu'elle n'est pas vérifiable expérimentalement. Mais surtout parce que dans tous les Univers possibles, les mathématiques resteraient forcément les mêmes que «chez nous». Et comme la réalité physique est entièrement déterminée par les mathématiques qui la sous-tendent, il est vraisemblable que l'on retomberait sur le même Univers que le nôtre.

D'où la troisième hypothèse, qui nous semble le plus en lien avec la science, celle d'un Univers unique et structuré par des lois physiques: dans ce cas, l'évolution cosmologique ne laisse rien au hasard et la vie apparaît comme la conséquence inévitable d'un scénario dicté, avec la plus haute précision, par les lois de la physique. Un Univers unique. Dans cette perspective, un code sous-jacent, d'essence mathématique, un peu comparable au code génétique pour un être vivant, explique toutes les lois physiques et organise, avec une précision vertigineuse, les valeurs de toutes les constantes fondamentales entre elles, jusqu'à engendrer un univers ordonné et susceptible d'évoluer vers la vie et la conscience. En fait, de plus en plus de physiciens observent que les lois fondamentales de la nature doivent être calibrées avec la plus haute précision afin que des étoiles et des planètes puissent se former pour permettre à la vie d'émerger de la matière. Jusqu'à une date récente, le travail des scientifiques consistait, pour l'essentiel, à découvrir la nature des lois physiques et les conséquences de leurs applications. Mais ils s'interdisaient de se poser des questions sur la raison d'être de ces lois. Or avec les progrès de la science, il devient de plus en plus difficile de considérer qu'au moment du big bang, ces lois ont fait leur travail de structuration de la matière sans aucune raison particulière: les scientifiques ont désormais le droit de s'interroger sur le «pourquoi» de ces lois et de se demander si elles ont une raison d'être.

 

La Pensée de Dieu, Igor et Grichka Bogdanov, Grasset, 280 p.,

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La pensée de Dieu

21 Juin 2012, 03:07am

Publié par Father Greg

Avec La Pensée de Dieu, leur nouveau livre, Igor et Grichka Bogdanov poursuivent leur exploration de l'Univers et leur quête d'un sens : par quel miracle tout a été si bien réglé pour que notre Univers voie le jour ?

 

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Maître, qu'est-ce que vous cherchez dans vos équations? Einstein ne répond pas tout de suite. Lentement, il regagne son bureau et s'assied juste en face de la jeune fille. Peut-être troublé par la beauté ambiguë de son étudiante, il soupire puis lui prend la main et murmure, à mots à peine soufflés: «Je veux savoir comment Dieu a créé l'Univers. Je ne suis pas intéressé par tel ou tel phénomène, tel ou tel élément. Je veux connaître la pensée de Dieu.» La pensée de Dieu! Le mot était lâché. Il allait faire le tour du monde. Provoquer des révoltes dans les laboratoires, engendrer des polémiques et susciter d'interminables discussions: aujourd'hui encore, cette petite phrase continue à entretenir le débat. Jusqu'au physicien Stephen Hawking qui se demande dans son célèbre ouvrage Une brève histoire du temps pourquoi l'Univers existe et lance dans la toute dernière ligne: «Si nous trouvons la réponse à cette question, ce sera le triomphe ultime de la raison humaine - à ce moment, nous connaîtrons la pensée de Dieu.»Pour certains, cette phrase étonnante pourrait bien devenir l'horizon de la science du XXIe siècle, comme l'affirme le légendaire théoricien américain Freeman Dyson: «Le défi est de lire la pensée de Dieu.» Afin de découvrir pourquoi l'Univers existe. Par quel «miracle» il a surgi tout à coup du néant, il y a treize milliards d'années. Pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien. Et pourquoi ce «quelque chose» a engendré de la vie et de la conscience. Les réponses à ces questions admettent seulement trois hypothèses. La plus simple - mais aussi la moins scientifique - consiste à défendre l'idée selon laquelle l'Univers, la conscience et la vie sont le résultat d'un formidable «hasard cosmique» et de rien d'autre. Dans ce cas, la vie est apparue «par hasard» et notre existence est parfaitement arbitraire: comme l'affirmait en son temps Jean-Paul Sartre, «le monde est absurde».



La Pensée de Dieu, Igor et Grichka Bogdanov, Grasset, 280 p.

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