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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Présence dans la maladie...

18 Mars 2014, 08:05am

Publié par Fr Greg.

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l’Onction des malades, qui nous permet de toucher du doigt la compassion de Dieu pour l’homme. Autrefois on l’appelait « extrême onction », car il était perçu comme un réconfort spirituel au moment de la mort. Or parler d’ « Onction des malades » nous aide à voir plus loin, à inscrire l’expérience de la maladie et de la souffrance sur l’horizon de la miséricorde de Dieu.

1. Il y a une icône biblique qui exprime dans toute sa profondeur le mystère qui transparaît dans l’Onction des malades : c’est la parabole du « Bon Samaritain » dans l’Evangile de Luc (10,30-35). A chaque fois que nous célébrons ce sacrement, le Seigneur Jésus, dans la personne du prêtre, se fait proche de celui qui souffre, est gravement malade ou âgé. La parole dut que le Bon Samaritain prend soin de l’homme souffrant en versant sur ses blessures de l’huile et du vin. L’huile nous fait penser à ce qui est béni par l’évêque chaque année, à la Messe chrismale du Jeudi Saint, en vue précisément de l’Onction des malades. Le vin, lui, est signe de l’amour et de la grâce du Christ qui jaillissent du don de sa vie pour nous et s’expriment dans toute leur richesse dans la vie sacramentelle de l’Eglise. Enfin, la personne souffrante est confiée à un aubergiste, afin qu’il puisse continuer à prendre soin d’elle, quoi qu’il lui en coûte. Maintenant, qui est cet aubergiste? C’est l’Eglise, la communauté chrétienne, c’est nous, à qui chaque jour le Seigneur Jésus confie ceux qui sont affligés, dans leur corps ou leur esprit, pour que nous continuions à reverser sur lui, sans compter, toute sa miséricorde et son salut.

2. Cette mission est réaffirmée de manière explicite et précise dans la lettre de Jacques, dans laquelle celui-ci recommande: « L’un de vous est malade ? Qu’il appelle les Anciens en fonction dans l’Église : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon. » (5,14-15). C’est donc une pratique qui existait déjà au temps des apôtres. Jésus a en effet enseigné à ses disciples à avoir la même prédilection pour les malades et pour les souffrants et il leur a transmis la capacité et le devoir de continuer à étendre, en son nom et selon son cœur, ce réconfort et cette paix, à travers la grâce spéciale d’un tel sacrement. Mais ceci ne saurait nous faire tomber dans la recherche obsessionnelle du miracle ou dans la présomption de pouvoir obtenir toujours et de toute façon la guérison. Ce sacrement est une garantie que Jésus est proche du malade mais aussi de la personne âgée, car chaque personne âgée, chaque personne de plus de 65 ans, peut recevoir ce sacrement, grâce auquel Jésus lui-même s’approche de nous.

3. Quand quelqu’un est malade, on se dit parfois : « appelons le prêtre pour qu’il vienne ». « Non, cela va porter malheur, ne l’appelons pas », ou alors : « le malade va prendre peur ». Pourquoi pensons-nous cela? Parce qu’il y a un peu cette idée qu’après le prêtre les pompes funèbres arrivent. Et cela n’est pas vrai. Le prêtre vient pour aider le malade ou la personne âgée, c’est pourquoi la visite des prêtres aux malades est si importante. Il faut appeler le prêtre, le faire venir près du malade et lui dire: « venez, donnez-lui l’onction, bénissez-le ». C’est Jésus en personne qui arrive pour soulager le malade, pour lui donner des forces, pour lui donner l’espérance, pour l’aider; et pour lui pardonner aussi ses péchés. Et c’est très beau! Et il ne faut pas penser que c’est un tabou, car il est toujours beau de savoir qu’au moment de la douleur et de la maladie nous ne sommes pas seuls: le prêtre et ceux qui sont présents lors de l’Onction des malades représentent en effet toute la communauté chrétienne qui, comme un seul corps, se rassemble autour de celui qui souffre et autour de ses proches, alimentant en eux la foi et l’espérance, et les soutenant par la prière et la chaleur fraternelle. Mais le réconfort le plus grand vient du fait que c’est le Seigneur Jésus lui-même qui se rend visible dans le sacrement, qui nous prend par la main, nous caresse comme il le faisait avec les malades et nous rappelle que désormais nous lui appartenons et que rien – ni même le mal et la mort – ne pourra jamais nous séparer de Lui. Avons-nous cette habitude d’appeler le prêtre, de le faire venir pour qu’il donne à nos malades – je ne dis pas aux malades qui ont la grippe, pendant trois ou quatre jours, mais quand il y a une maladie sérieuse – mais aussi à nos personnes âgées, ce sacrement, ce réconfort cette force de Jésus pour continuer à avancer ? Faisons-le !

 

 François, Pape.

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Gout du théâtre !

17 Mars 2014, 08:07am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

 

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Le carême: 40 jours pour crier: "rends-moi la joie de ton salut!" Ps 50.

16 Mars 2014, 09:31am

Publié par Fr Greg.

 

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Le Carême : un temps unique pour être entièrement renouvelé, libéré de nos esclavages et guéris de nos blessures ! C’est revenir auprès de Jésus pour renaitre à cet amour inconditionnel qui ne peut être repris !

 

 Et pour cela Jésus nous demande d’aller au désert : Dieu veut creuser en nous l’espace qui accueillera son don et nous demande d’offrir quelque chose de substantiel, qui nous coute.

 

Pourquoi jeûner? Parce que Jésus nous veut mendiant dans notre corps, de choisir de se faire vulnérable, d’être dans un état de fragilité et de faiblesse physique. Pas mendier en pensant notre demande, ou en analysant notre attente.

 

Nous, nous sommes tellement des propriétaires acharnés de notre autonomie, nous jouissons tellement de notre liberté, nous sommes tellement dans nos pensées que nous voudrions penser notre désir, le caresser intellectuellement, mais pas que ça nous prenne au ventre ! Nous n’aimons pas sentir un manque substantiel dans notre corps : on ne veut pas être éduqué par notre corps !

 

On veut gérer intellectuellement notre relation à Dieu, notre relation à nous-même et aux autres. On veut tout penser, raisonner mais pas que ça nous engage corporellement !

 

Et c’est notre grand problème : on est incapable d’attendre notre salut jusqu’au bout parce qu’on veut tout résoudre rationnellement! On ne veut pas que notre corps soit le lieu du salut!

 

Or, si le carême n’est pas d’abord une accumulation d’efforts à la conquête d’une perfection morale, Dieu veut pourtant ces petites offrandes substantielles, pour que nos carapaces et nos défenses tombent, et qu’on accepte d’être rejoint partout où l’on s’est blindé ! Connaitre un état de fragilité pour ne plus avoir la force de se défendre et être –enfin- rejoint par Jésus!

 

Le salut que Jésus nous apporte, c’est Lui. Le salut c’est choisir d’être aimé, ce qui réclame de choisir d’être tout attente, dans tout ce qu’on est et d’abord dans notre corps ! Et le carême c’est choisir ces états de fragilité qui nous rendent mendiant, où l’on a plus de béquilles, de fausses réponses pour devenir un cri vers Jésus !

                                                                                               

                 Fr Grégoire.

 

 

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Est-ce que l'Eucharistie m’aide à reconnaître Jésus dans les pauvres ?

15 Mars 2014, 08:23am

Publié par Fr Greg.

 

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l’Eucharistie nous introduit dans la communion réelle avec Jésus et son mystère. Maintenant, nous pouvons nous poser quelques questions sur le rapport entre l’Eucharistie que nous célébrons et notre vie, en tant qu’Église et personnellement, en tant que chrétiens. Demandons-nous : comment vivons-nous l’Eucharistie ? Lorsque nous allons à la messe le dimanche, comment la vivons-nous ? Est-ce seulement un moment de fête, est-ce une tradition bien établie, est-ce une occasion de nous retrouver ou de nous sentir en règle, ou bien est-ce davantage ?

Il y a des signaux très concrets qui nous permettent de comprendre comment nous vivons cela, comment nous vivons l’Eucharistie ; des signaux qui nous disent si nous vivons bien l’Eucharistie, ou si nous ne la vivons pas très bien.

Le premier indice est notre façon de regarder et de considérer les autres. Dans l’Eucharistie, le Christ réalise, d’une manière toujours nouvelle, le don qu’il a fait de lui-même sur la Croix. Toute sa vie est un acte de partage total de lui-même par amour ; c’est pour cela qu’il aimait être avec ses disciples et avec les personnes qu’il avait la possibilité de connaître. Cela signifiait pour lui partager leurs désirs, leurs problèmes, ce qui agitait leur âme et leur vie. Et nous, lorsque nous participons à la messe, nous nous retrouvons avec des hommes et des femmes de toutes sortes : des jeunes, des personnes âgées, des enfants, des pauvres et des personnes aisées, des gens du coin ou des étrangers, en famille ou seuls… Mais l’Eucharistie que je célèbre me porte-t-elle à les voir tous vraiment comme des frères et sœurs ? Est-ce qu’elle fait grandir en moi la capacité de me réjouir avec celui qui est dans la joie et de pleurer avec celui qui pleure ? Est-ce qu’elle me pousse à aller vers les pauvres, les malades, les personnes marginales ? Est-ce qu’elle m’aide à reconnaître en eux le visage de Jésus ?

Nous allons tous à la messe parce que nous aimons Jésus et que nous voulons partager, dans l’Eucharistie, sa passion et sa résurrection. Mais est-ce que nous aimons, comme le veut Jésus, ces frères et ces sœurs plus démunis ? Par exemple, à Rome, ces derniers jours, nous avons vu beaucoup de malaises sociaux, à cause de la pluie, qui a provoqué beaucoup de dégâts dans des quartiers entiers, ou en raison du manque de travail qui est la conséquence de la crise économique dans le monde entier. Je me pose la question, et chacun de nous peut se la poser : moi, qui vais à la messe, comment est-ce que je vis tout cela ? Est-ce que je me préoccupe d’aider ceux qui sont touchés par ces problèmes, de m’approcher d’eux, de prier pour eux ? Ou bien est-ce que je suis un peu indifférent ? Ou alors, peut-être que je préfère les cancans : tu as vu comment elle est habillée, celle-là, ou tu as vu celui-là, comment il est habillé ? C’est parfois ce qui se passe après la messe, et il ne devrait pas en être ainsi ! Nous devons nous préoccuper de nos frères et sœurs qui sont dans le besoin à cause de la maladie ou d’un problème. Cela nous fera du bien, aujourd’hui, de penser à nos frères et sœurs qui ont ces problèmes, ici, à Rome : à cause de la tragédie provoquée par la pluie, ou des problèmes sociaux et de travail. Demandons à Jésus, que nous recevons dans l’Eucharistie, de nous aider à les aider.

Un second indice, très important, est la grâce de se sentir pardonné et prêt à pardonner. Parfois, on entend cette question : « Pourquoi faudrait-il aller à l’église, puisque ceux qui participent habituellement à la messe sont pécheurs comme les autres ? » Combien de fois avons-nous entendu cela ! En réalité, celui qui célèbre l’Eucharistie ne le fait pas parce qu’il se considère ou qu’il veut apparaître meilleur que les autres, mais précisément parce qu’il reconnaît qu’il a toujours besoin d’être accueilli et régénéré par la miséricorde de Dieu faite chair en Jésus-Christ. Si l’un de nous ne sent pas qu’il a besoin de la miséricorde de Dieu, ne sent pas qu’il est pécheur, il vaut mieux qu’il n’aille pas à la messe ! Nous allons à la messe parce que nous sommes pécheurs et que nous voulons recevoir le pardon de Dieu, prendre part à la rédemption de Jésus, à son pardon.

Ce « je confesse » que nous disons au début n’est pas « pour la forme », c’est un véritable acte de pénitence ! Je suis pécheur et je le confesse, c’est ainsi que commence la messe ! Nous ne devons jamais oublier que le Dernier repas de Jésus a eu lieu « la nuit où il était livré » (1 Co 11,23). Dans ce pain et ce vin que nous offrons et autour desquels nous sommes rassemblés, se renouvelle chaque fois le don du corps et du sang du Christ pour la rémission de nos péchés. Nous devons aller à la messe humblement, comme des pécheurs, et le Seigneur nous réconcilie. Cela exprime au mieux le sens le plus profond du sacrifice du Seigneur Jésus, et élargit à son tour notre cœur au pardon des frères et à la réconciliation.

Un dernier et précieux indice nous est offert par la relation qui existe entre la célébration eucharistique et la vie de nos communautés chrétiennes. Il faut toujours garder présent à l’esprit que l’Eucharistie n’est pas quelque chose que nous faisons nous-mêmes ; nous ne faisons pas une commémoration de ce que Jésus a dit et fait. C’est véritablement une action du Christ ! C’est le Christ qui agit ici, qui est sur l’autel. C’est un don du Christ, qui se rend présent et nous réunit autour de lui, pour nous nourrir de sa Parole et de sa vie même. Cela signifie que la mission et l’identité même de l’Église jaillissent de là, de l’Eucharistie, et c’est là qu’elles prennent forme. Une célébration peut être impeccable du point de vue extérieur, très belle, mais si elle ne nous conduit pas à la rencontre avec Jésus, elle risque de n’apporter aucune nourriture à notre cœur et à notre vie. À travers l’Eucharistie, au contraire, le Christ veut entrer dans notre existence et l’imprégner de sa grâce de sorte que, dans toute communauté chrétienne, il y ait une cohérence entre la liturgie et la vie.

Notre cœur est plein de confiance et d’espérance en pensant aux paroles de Jésus qui nous sont rapportées dans l’Évangile : « Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour » (6,54). Vivons l’Eucharistie dans un esprit de foi et de prière, de pardon, de pénitence, de joie communautaire, de préoccupation à l’égard des personnes démunies et des besoins de tous nos frères et sœurs, avec la certitude que le Seigneur accomplira ce qu’il nous a promis : la vie éternelle. Ainsi soit-il !

 

François, Pape.

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Le ventre, 2e cerveau !

14 Mars 2014, 08:27am

Publié par Fr Greg.

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Il y a quelques années, les scientifiques ont découvert en nous l’existence d’un deuxième cerveau. Notre ventre contient en effet deux cents millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des informations avec notre "tête". Les chercheurs commencent à peine à décrypter cette conversation secrète. Ils se sont aperçus par exemple que notre cerveau entérique, celui du ventre, produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions. On savait que ce que l'on ressentait pouvait agir sur notre système digestif. On découvre que l'inverse est vrai aussi : notre deuxième cerveau joue avec nos émotions.

 

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Portrait de Christian Bobin

13 Mars 2014, 08:18am

Publié par Fr Greg.

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Que signifie la souffrance des innocents ?

12 Mars 2014, 08:15am

Publié par Fr Greg.

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« Que signifie cette souffrance des innocents ? Ne témoigne-t-elle pas d’un monde sans Dieu, d’une terre où l’homme seul mesure le Bien et le Mal ?

La réaction la plus simple, la plus commune consisterait à conclure à l’athéisme.

Réaction la plus saine aussi pour tous ceux à qui jusqu’alors un Dieu, un peu primaire, distribuait des prix, infligeait des sanctions ou pardonnait des fautes et, dans sa bonté, traitait les hommes en éternels enfants. Mais de quel démon borné, de quel magicien étrange avez-vous donc peuplé votre ciel, vous qui, aujourd’hui le déclarez désert ? Et pourquoi sous un ciel vide cherchez-vous encore un monde sensé et bon ?

[…] Un Dieu d’adulte se manifeste précisément par le vide du ciel enfantin. Moment où Dieu se retire du monde et se voile la face. 

Emmanuel Lévinas.

 

 

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La mante religieuse

11 Mars 2014, 10:13am

Publié par Fr Greg.

 

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Jézabel, jeune femme séductrice, libre et rebelle a soif de tout vivre à l'extrême, jusqu'à toucher le fond. Elle refuse de croire en l’homme et surtout en elle-même.

Véritable Marie-Madeleine des temps modernes, elle cache sa fragilité et sa peur d’aimer en repoussant  toujours plus loin les limites de la transgression. Jusqu’au jour où son chemin va croiser celui de David, un jeune prêtre ...

 

Sortie : 23 avril 2014.

 

 

 

 

Interview de Natalie Saracco, convertie après une expérience de mort imminente.

 

 

 

 

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L’Église ne condamne plus parce qu’elle se met sur la Croix

10 Mars 2014, 09:35am

Publié par Fr Greg.

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« le pape Jean XXIII, en déclarant, au début du Concile Vatican II, que ce Concile ne condamnerait personne ["Au moment où s'ouvre ce IIe Concile œcuménique du Vatican, il n'a jamais été aussi manifeste que la vérité du Seigneur demeure éternellement. En effet, dans la succession des temps, nous voyons les opinions incertaines des hommes s'exclure les unes les autres, et bien souvent à peine les erreurs sont-elles nées qu'elles s'évanouissent comme brume au soleil.

L'Église n'a jamais cessé de s'opposer à ces erreurs. Elle les a même souvent condamnées, et très sévèrement. Mais aujourd'hui, l'Épouse du Christ préfère recourir au remède de la miséricorde, plutôt que de brandir les armes de la sévérité. Elle estime que, plutôt que de condamner, elle répond mieux aux besoins de notre époque en mettant davantage en valeur les richesses de sa doctrine."], qu’à la différence des Conciles précédents il ne proclamerait plus d’anathèmes, a pu étonner, pour ne pas dire scandaliser certains chrétiens, certains théologiens, et même certains Pères du Concile. On a interprété cette déclaration de diverses façons et, entre autres, on a voulu l’expliquer en fonction du tempérament de Jean XXIII. Mais n’a-t-elle pas, en réalité, une signification beaucoup plus profonde ? Ne représenterait-elle pas, précisément, pour l’Église, l’entrée dans la grande semaine de la Passion ? L’Église, en faisant ce geste, n’accepte-t-elle pas, à la suite de Jésus, de ne plus avoir d’initiatives et de laisser les événements passer devant ? Par le fait même, elle accepte d’être le grain de blé qui, déposé en terre, meurt pour porter beaucoup de fruit ; elle accepte d’être crucifiée et de vivre le mystère du Sépulcre…

« Et Vatican II peut se traduire de cette manière : nous allons vivre quelque chose de très rude. L’Église ne condamne plus parce qu’elle se met sur la Croix. Le Christ, à un moment donné de sa vie, n’a plus rien condamné. Il a accepté d’être le grain de blé qui tombe en terre et qui meurt »

 

+ MD Philippe. Retraite 1974

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Vivre plus longtemps, est-ce vivre mieux?

9 Mars 2014, 08:44am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

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4 minutes

8 Mars 2014, 09:04am

Publié par Fr Greg.

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Depuis soixante ans, Traude Krüger enseigne le piano à des détenues. Quand elle rencontre Jenny, jeune femme incarcérée pour meurtre, elle comprend immédiatement qu'elle a affaire à une musicienne prodige. Passionnée par le talent de la jeune fille, Traube veut la préparer pour le concours d'entrée du Conservatoire. Mais la jeune femme, violente et suicidaire, est réfractaire à la moindre discipline. Obstinée, la vieille Traude Krüger ne désarme pourtant pas.

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Quelques notes de piano dans un monde de violence. Après un premier film secouant sur les liens entre un fils cancéreux et sa mère schizophrène (Famille brisée, 2002), le réalisateur allemand Chris Kraus opte à nouveau pour un sujet âpre. Quatre Minutes est construit autour de la relation de deux femmes abîmées par la vie, Traude, une prof de musique octogénaire qui enseigne en prison, et sa jeune élève Jenny, une meurtrière écorchée ­vive, ex-enfant prodige du clavier qu'elle ­pousse à entrer au conservatoire.

Rédemption par la musique, refoulé du passé nazi, désirs lesbiens, le scénario ambitieux de Chris Kraus brasse large, peut-être trop. Mais la tension constante de la mise en scène, la force émotionnelle des scènes entre les deux héroïnes, la puissance de conviction des deux actrices (la subtile Monica Bleitbreu et l'explosive Hannah Herzsprung) font oublier quelques fausses notes...

 

 

 

 

 

 

 

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Sacrement de la guérison

7 Mars 2014, 09:37am

Publié par Fr Greg.

 

 

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À travers les sacrements de l’initiation chrétienne, le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie, l’homme reçoit la vie nouvelle dans le Christ. Maintenant, nous le savons tous, nous portons cette vie « dans des vases d’argile » (2 Co 4,7), nous sommes encore soumis à la tentation, à la souffrance, à la mort et, à cause du péché, nous pouvons même perdre cette vie nouvelle. C’est pourquoi le Seigneur Jésus a voulu que l’Église continue son œuvre de salut pour ses propres membres, en particulier grâce au sacrement de la Réconciliation et à celui de l’Onction des malades, qui peuvent être réunis sous le nom de « sacrements de guérison ». Le sacrement de la réconciliation est un sacrement de guérison. Lorsque je vais me confesser, c’est pour être guéri, pour guérir mon âme, guérir mon cœur et ce que j’ai fait et qui ne va pas. L’image biblique qui les exprime le mieux, dans leur lien profond, est l’épisode du pardon et de la guérison du paralytique, lorsque le Seigneur se révèle à la fois comme médecin des âmes et des corps (cf. Mc 2,1-12 ; Mt 9,1-8 ; Lc 5,17-26).

1. Le sacrement de la pénitence et de la réconciliation jaillit directement du mystère pascal. En effet, le soir même de Pâque, le Seigneur est apparu à ses disciples, enfermés au cénacle, et, après leur avoir adressé sa salutation « Paix à vous ! », il souffla sur eux et dit : « Recevez l’Esprit-Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis » (Jn 20,21-23). Ce passage nous dévoile la dynamique plus profonde qui est contenue dans ce sacrement. Avant tout, le fait que le pardon de nos péchés n’est pas quelque chose que nous pouvons nous donner à nous-mêmes. Je ne peux pas dire : je me pardonne mes péchés. Le pardon se demande, il se demande à quelqu’un d’autre et dans la Confession, nous demandons à Jésus son pardon. Le pardon n’est pas le fruit de nos efforts, mais c’est un cadeau, un don de l’Esprit-Saint, qui nous comble dans le bain régénérant de miséricorde et de grâce qui coule sans cesse du cœur grand-ouvert du Christ crucifié et ressuscité.

En second lieu, il nous rappelle que c’est seulement si nous nous laissons réconcilier dans le Seigneur Jésus avec le Père et avec nos frères que nous pouvons être vraiment dans la paix. Et cela, nous l’avons tous ressenti dans notre cœur lorsque nous allons nous confesser, avec un poids sur l’âme, un peu de tristesse ; et quand nous recevons le pardon de Jésus, nous sommes en paix, avec cette paix de l’âme qui est si belle et que seul Jésus peut donner, lui seul.

2. Avec le temps, la célébration de ce sacrement est passée d’une forme publique – parce que, au début, cela se faisait publiquement – à celle, personnelle et privée, de la confession. Cela ne doit pas faire perdre la matrice ecclésiale, qui en constitue le contexte vital. En effet, c’est la communauté chrétienne qui est le lieu où se rend présent l’Esprit qui renouvelle les cœurs dans l’amour de Dieu et qui fait de tous nos frères une seule chose dans le Christ Jésus. Voilà pourquoi il ne suffit pas de demander pardon au Seigneur dans son esprit et dans son cœur, mais il est nécessaire de confesser ses péchés humblement et avec confiance au ministre de l’Église.

Dans la célébration de ce sacrement, le prêtre ne représente pas seulement Dieu mais toute la communauté, qui se reconnaît dans la fragilité de chacun de ses membres, qui est émue en entendant son repentir, qui se réconcilie avec lui, lui redonne courage et l’accompagne sur son chemin de conversion et de maturation humaine et chrétienne. On peut dire : je ne me confesse qu’à Dieu. Oui, tu peux dire à Dieu « pardonne-moi » et lui dire tes péchés, mais nos péchés sont aussi contre nos frères, contre l’Église. C’est pour cela qu’il est nécessaire de demander pardon à l’Église, à nos frères, dans la personne du prêtre. « Mais, Père, j’ai honte… ». La honte aussi est bonne, c’est sain d’avoir un peu honte, parce qu’avoir honte est salutaire. Dans mon pays, quand quelqu’un n’a pas honte, on dit qu’il est « sans vergogne », un « sin verguenza ». Mais la honte aussi nous fait du bien, parce qu’elle nous rend plus humbles et le prêtre reçoit cette confession avec amour et tendresse et il pardonne au nom de Dieu.

D’un point de vue humain aussi, pour se soulager, il est bon de parler avec son frère et de dire au prêtre ces choses qui pèsent tellement sur mon cœur. Et on sent qu’on s’épanche auprès de Dieu, auprès de l’Église, auprès de notre frère. N’ayez pas peur de la confession ! Quand on fait la queue pour se confesser, on sent tout cela, et la honte aussi, mais après quand la confession est terminée, on sort libre, grand, beau, pardonné, blanc, heureux. C’est cela qui est beau dans la confession ! Je voudrais vous demander  - mais ne le dites pas à voix haute, que chacun réponde dans son cœur – quand est ce que tu t’es confessé, quand est-ce que tu t’es confessée pour la dernière fois ? Que chacun réfléchisse… Il y a deux jours, deux semaines, deux ans, vingt ans, quarante ans ? Que chacun fasse le compte, mais que chacun se dise : quand est-ce que je me suis confessé pour la dernière fois ? Et s’il y a longtemps, ne perd pas une journée de plus, vas-y, et le prêtre sera bon. C’est Jésus qui est là, et Jésus est meilleur que les prêtres, Jésus te reçoit, te reçoit avec beaucoup d’amour. Sois courageux et va te confesser !

Chers amis, célébrer le sacrement de la réconciliation signifie être enveloppé dans une étreinte chaleureuse : c’est l’étreinte de l’infinie miséricorde du Père. Souvenons-nous de cette belle, belle parabole du fils qui est parti de chez lui avec l’argent de l’héritage ; il a dépensé tout l’argent et, lorsqu’il n’avait plus rien, il a décidé de rentrer chez lui, non pas comme un fils mais comme un serviteur. Il avait une telle faute sur le cœur et il avait tellement honte. La surprise a été que, lorsqu’il a commencé à parler, à demander pardon, son père ne l’a pas laissé parler, il l’a serré dans ses bras, l’a embrassé et a fait la fête. Mais moi, je vous dis : chaque fois que nous nous confessons, Dieu nous serre dans ses bras, Dieu fait la fête ! Avançons sur ce chemin ! Que le Seigneur vous bénisse !

 

 François, Pape.

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Temps de cure !

6 Mars 2014, 09:37am

Publié par Fr Greg.

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Le Carême, c’est un temps de grâce unique : un bain de jouvence, un temps de cure pour se rajeunir, une retraite intensive de laquelle on doit sortir renouvelé !


Ce temps c’est donc pour intensifier le chemin, nous purifier de tout ce qui nous alourdit et nous empêche de se voir tel qu’on est aux yeux de Jésus. C’est chercher à laisser la vie nouvelle –celle de Dieu lui-même- jaillir en nous, déborder, nous faire renaitre.

 

Or, cette vie nous est communiquée gratuitement : c’est donc la gratuité qui doit être la grande lumière pour tout vivre ! Il y a là un choix qui nous est remis : je peux décider de tout vivre selon cette nouvelle intention : sans aucun droit, et avec le désir réel que Jésus qui veut tout prendre, et bien prenne tout, soit tout.

 

Mais alors comment ? Faut-il reprendre ces vieilles méthodes d’aumône (quand on sait ce que les pauvres en font.. ?)  de prières (les dévotions à n’en plus finir c’est proche de la pensée magique et ça ne rend pas toujours très intelligent ??) enfin le jeûne (pas renversant comme moyen pour vivre du salut) ? Pourquoi toutes ces vieilles méthodes qui ne servent souvent qu’à nous faire faire des têtes d’enterrement… ? Sans parler des cendres sur le front... c’est pas un peu de la pathologie grave cela.. ??

           Face à cela on a comme 2 attitudes : soit l’attitude passivo-fataliste : genre : ‘de toute façon, on doit se purifier, il faut en baver un peu, donc on s’en remet une couche pendant 40 jours et on compte les jours...’  soit le style 'intellectuel libérés du 21e siècle à qui on ne la fait pas' : ‘ces trucs du moyen-âge, oui c’est bon pour les grands-mères et les curés, mais pas pour ceux qui écoutent les infos et qui lisent les journaux... rien à faire dans ma vie.. on est des gens sérieux maintenant…donc, ça, ce n’est pas pour moi…'

 Or Dieu, déjà dans la genèse, impose comme un jeûne apparemment inutile à Adam et Eve : ‘vous pouvez tout manger, mais de ce fruit, non…!’ ...ah..? Et pourquoi ?? et ensuite, à chaque reprise de son alliance, il ne réclame pas d’abord que l'on raisonne, mais toujours un sacrifice, un don gratuit un peu excessif : " prend ton fils Isaac et va le sacrifier","tuez l'agneau, mettez-en sur les portes, mangez en hâte" ou une attitude de dépouillement: le peuple d'Israël au désert,  Jonas et ses cendres à Ninive, Isaïe marchant dans le désert, David jeunant devant son fils mourant, … etc.

            Et précisément, Dieu ne réclame pas ces gestes pour d’abord nous purifier, ou nous faire grandir ou nous faire nous reconnaitre ‘comme de sales pêcheurs’, non !  Mais, c’est pour que son don s’inscrive, soit manifesté dans notre vie ! C’est pour qu’on arrête de vivre enfermé dans notre idée du réel, de ce qu’on croit en avoir compris, et qu’on arrête de diminuer la grandeur de notre vie : c'est pour que s’inscrive en nous la marque de Dieu ! Ces gestes sont de petits moyens pour nous faire sortir de nous-même et nous mettre en attente de son passage : La Pâque, passage de Dieu ! 

Nous qui recevons l’Eucharistie, nous ‘avons’ Dieu à disposition! On en use et malgré cela on demeure toujours inquiets de nous-même, repliés sur nous, et ainsi, ce don incroyable n’est pas très réel pour nous; et bien le carême c’est inscrire et rendre manifeste ce don qui nous est fait, un don qui est de trop, qui nous dépasse et qui est tellement fort qu’il nous brûle et nous blesse ; c’est comme le signe de la radicalité dans laquelle Dieu déjà nous entraine !

 Et la souffrance, ces sacrifices gratuits, un peu inutiles, qui nous coûtent, c’est pour qu’on inscrive, qu’on s’approprie dans tout ce que l’on est, la vie de Fils qui nous est donnée ; c’est pour que toute notre personne soit prise par ce don divin qui dépasse tout ce qu’on peut penser ; ces moyens sont donc pour nous la manière de vivre de ce don qui réclame qu’on se quitte, et d’ouvrir les yeux pour voir avec qui on vit: le Verbe donné dans chaque prochain qui est son corps! On ouvre les yeux sur ce qu’est le prochain : par l’aumône, sur la présence maternelle de Dieu : par la prière, sur ce que nous sommes: par le jeûne.  

 Et c’est ce que dit Jésus : ton aumône, ta prière, ton jeûne, c’est pour être mobilisé d’une façon unique et personnelle; c'est pour ‘voir' et ‘toucher’ celui qui t’est toujours présent : ton Père qui est là dans le secret… Le carême c’est pour vivre de Celui qui est toujours là et nous attend…C’est pour ouvrir les yeux sur la profondeur de notre vie, sur sa vraie réalité… c’est de quitter les apparences, ce qu’on a compris du réel -qui nous emprisonne par ce que c’est encore nous- et de tout vivre avec lui, de l’intérieur ; c’est pour être possédé par Celui qui veut être notre secret, et connu comme tel...

 

Le carême c’est donc ce don qui veut tout prendre en nous, et qui veut nous faire vivre à sa taille, à la hauteur de ce qu’est notre Père ; Et ces ‘sacrifices’, ces ‘rites’, c’est pour toucher cela avec notre corps, avec notre sensibilité, avec toute notre personne. L’amour réclame de s’éprouver, or, Celui qui est là, c’est Celui qui est pur don, un don qui ne peut pas se dire. Il est un silence substantiel, une présence totale. On ne peut donc vivre de lui en restant dans ce que nous possédons par nos raisonnements, mais en sortant de nous-même, en étant 'arrachés à nous-mêmes’.

 

Le carême c’est donc nous libérer de nous-même –non d’abord par une purification morale ou culpabilisante- mais en nous faisant voir qui on est vraiment, qui on est pour le Père. C’est ultimement, pour pouvoir dire ‘Père’, et vivre de cette présence secrète de Celui qui ne me quitte jamais, de celui qui n’est que pour moi. 

Fr Grégoire.

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Le carême: pour savoir qu'en fait on est riche, très riche !

5 Mars 2014, 10:39am

Publié par Fr Greg.

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« Lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous … ».

 

Le Christ, le Fils éternel de Dieu, qui est l’égal du Père en puissance et en gloire, s’est fait pauvre ; il est descendu parmi nous, il s’est fait proche de chacun de nous, il s’est dépouillé, « vidé », pour nous devenir semblable en tout (cf. Ph 2, 7 ; He 4, 15). Quel grand mystère que celui de l’Incarnation de Dieu ! C’est l’amour divin qui en est la cause, un amour qui est grâce, générosité, désir d’être proche et qui n’hésite pas à se donner, à se sacrifier pour ses créatures bien-aimées. La charité, l’amour, signifient partager en tout le sort du bien-aimé. L’amour rend semblable, il crée une égalité, il abat les murs et les distances. C’est ce qu’a fait Dieu pour nous. Jésus en effet, « a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché » (Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et Spes, n. 22 § 2).

La raison qui a poussé Jésus à se faire pauvre n’est pas la pauvreté en soi, mais, – dit saint Paul – [pour que] « …vous deveniez riches par sa pauvreté ». Il ne s’agit pas d’un jeu de mots, ni d’une figure de style ! Il s’agit au contraire d’une synthèse de la logique de Dieu, de la logique de l’amour, de la logique de l’Incarnation et de la Croix. Dieu n’a pas fait tomber sur nous le salut depuis le haut, comme le ferait celui qui donne en aumône de son superflu avec un piétisme philanthropique. Ce n’est pas cela l’amour du Christ ! Lorsque Jésus descend dans les eaux du Jourdain et se fait baptiser par Jean Baptiste, il ne le fait pas par pénitence, ou parce qu’il a besoin de conversion ; il le fait pour être au milieu des gens, de ceux qui ont besoin du pardon, pour être au milieu de nous, qui sommes pécheurs, et pour se charger du poids de nos péchés. Voilà la voie qu’il a choisie pour nous consoler, pour nous sauver, pour nous libérer de notre misère. Nous sommes frappés par le fait que l’Apôtre nous dise que nous avons été libérés, non pas grâce à la richesse du Christ, mais par sa pauvreté. Pourtant saint Paul connaît bien « la richesse insondable du Christ » (Ep 3, 8) « établi héritier de toutes choses » (He 1, 2).

Alors quelle est-elle cette pauvreté, grâce à laquelle Jésus nous délivre et nous rend riches ? C’est justement sa manière de nous aimer, de se faire proche de nous, tel le Bon Samaritain qui s’approche de l’homme laissé à moitié mort sur le bord de la route (cf. Lc 10, 25ss). Ce qui nous donne la vraie liberté, le vrai salut, le vrai bonheur, c’est son amour de compassion, de tendresse et de partage. La pauvreté du Christ qui nous enrichit, c’est le fait qu’il ait pris chair, qu’il ait assumé nos faiblesses, nos péchés, en nous communiquant la miséricorde infinie de Dieu. La pauvreté du Christ est la plus grande richesse : Jésus est riche de sa confiance sans limite envers le Père, de pouvoir compter sur Lui à tout moment, en cherchant toujours et seulement la volonté et la gloire du Père. Il est riche comme est riche un enfant qui se sent aimé et qui aime ses parents et ne doute pas un seul instant de leur amour et de leur tendresse. La richesse de Jésus, c’est d’être le Fils ; sa relation unique avec le Père est la prérogative souveraine de ce Messie pauvre. Lorsque Jésus nous invite à porter son « joug qui est doux », il nous invite à nous enrichir de cette « riche pauvreté » et de cette « pauvre richesse » qui sont les siennes, à partager avec lui son Esprit filial et fraternel, à devenir des fils dans le Fils, des frères dans le Frère Premier-né (cf. Rm 8, 29).

On a dit qu’il n’y a qu’une seule tristesse, c’est celle de ne pas être des saints (L. Bloy) ; nous pourrions également dire qu’il n’y a qu’une seule vraie misère, c’est celle de ne pas vivre en enfants de Dieu et en frères du Christ.

Notre témoignage

Nous pourrions penser que cette « voie » de la pauvreté s’est limitée à Jésus, et que nous, qui venons après Lui, pouvons sauver le monde avec des moyens humains plus adéquats. Il n’en est rien. À chaque époque et dans chaque lieu, Dieu continue à sauver les hommes et le monde grâce à la pauvreté du Christ, qui s’est fait pauvre dans les sacrements, dans la Parole, et dans son Église, qui est un peuple de pauvres. La richesse de Dieu ne peut nous rejoindre à travers notre richesse, mais toujours et seulement à travers notre pauvreté personnelle et communautaire, vivifiée par l’Esprit du Christ.

À l’exemple de notre Maître, nous les chrétiens, nous sommes appelés à regarder la misère de nos frères, à la toucher, à la prendre sur nous et à œuvrer concrètement pour la soulager. La misère ne coïncide pas avec la pauvreté ; la misère est la pauvreté sans confiance, sans solidarité, sans espérance. Nous pouvons distinguer trois types de misère : la misère matérielle, la misère morale et la misère spirituelle. La misère matérielle est celle qui est appelée communément pauvreté et qui frappe tous ceux qui vivent dans une situation contraire à la dignité de la personne humaine : ceux qui sont privés des droits fondamentaux et des biens de première nécessité comme la nourriture, l’eau et les conditions d’hygiène, le travail, la possibilité de se développer et de croître culturellement. Face à cette misère, l’Église offre son service, sa diakonia, pour répondre aux besoins et soigner ces plaies qui enlaidissent le visage de l’humanité. Nous voyons dans les pauvres et les laissés-pour-compte le visage du Christ ; en aimant et en aidant les pauvres nous aimons et nous servons le Christ. Notre engagement nous pousse aussi à faire en sorte que, dans le monde, cessent les atteintes à la dignité humaine, les discriminations et les abus qui sont si souvent à l’origine de la misère. Lorsque le pouvoir, le luxe et l’argent deviennent des idoles, ils prennent le pas sur l’exigence d’une distribution équitable des richesses. C’est pourquoi il est nécessaire que les consciences se convertissent à la justice, à l’égalité, à la sobriété et au partage.

La misère morale n’est pas moins préoccupante. Elle consiste à se rendre esclave du vice et du péché. Combien de familles sont dans l’angoisse parce que quelques-uns de leurs membres – souvent des jeunes – sont dépendants de l’alcool, de la drogue, du jeu, de la pornographie ! Combien de personnes ont perdu le sens de la vie, sont sans perspectives pour l’avenir et ont perdu toute espérance ! Et combien de personnes sont obligées de vivre dans cette misère à cause de conditions sociales injustes, du manque de travail qui les prive de la dignité de ramener le pain à la maison, de l’absence d’égalité dans les droits à l’éducation et à la santé. Dans ces cas, la misère morale peut bien s’appeler début de suicide. Cette forme de misère qui est aussi cause de ruine économique, se rattache toujours à la misère spirituelle qui nous frappe, lorsque nous nous éloignons de Dieu et refusons son amour. Si nous estimons ne pas avoir besoin de Dieu, qui nous tend la main à travers le Christ, car nous pensons nous suffire à nous-mêmes, nous nous engageons sur la voie de l’échec. Seul Dieu nous sauve et nous libère vraiment.

L’Évangile est l’antidote véritable contre la misère spirituelle : le chrétien est appelé à porter en tout lieu cette annonce libératrice selon laquelle le pardon pour le mal commis existe, selon laquelle Dieu est plus grand que notre péché et qu’il nous aime gratuitement, toujours, et selon laquelle nous sommes faits pour la communion et pour la vie éternelle. Le Seigneur nous invite à être des hérauts joyeux de ce message de miséricorde et d’espérance ! Il est beau d’expérimenter la joie de répandre cette bonne nouvelle, de partager ce trésor qui nous a été confié pour consoler les cœurs brisés et donner l’espérance à tant de frères et de sœurs qui sont entourés de ténèbres. Il s’agit de suivre et d’imiter Jésus qui est allé vers les pauvres et les pécheurs comme le berger est allé à la recherche de la brebis perdue, et il y est allé avec tout son amour. Unis à Lui, nous pouvons ouvrir courageusement de nouveaux chemins d’évangélisation et de promotion humaine.

Chers frères et sœurs, que ce temps de Carême trouve toute l’Église disposée et prête à témoigner du message évangélique à tous ceux qui sont dans la misère matérielle, morale et spirituelle ; message qui se résume dans l’annonce de l’amour du Père miséricordieux, prêt à embrasser toute personne, dans le Christ. Nous ne pourrons le faire que dans la mesure où nous serons conformés au Christ, Lui qui s’est fait pauvre et qui nous a enrichi par sa pauvreté. Le Carême est un temps propice pour se dépouiller ; et il serait bon de nous demander de quoi nous pouvons nous priver, afin d’aider et d’enrichir les autres avec notre pauvreté. N’oublions pas que la vraie pauvreté fait mal : un dépouillement sans cette dimension pénitentielle ne vaudrait pas grand chose. Je me méfie de l’aumône qui ne coûte rien et qui ne fait pas mal.

Que l’Esprit Saint, grâce auquel nous « [sommes] pauvres, et nous faisons tant de riches ; démunis de tout, et nous possédons tout » (2 Co 6, 10), nous soutienne dans nos bonnes intentions et renforce en nous l’attention et la responsabilité vis-à-vis de la misère humaine, pour que nous devenions miséricordieux et artisans de miséricorde. Avec ce souhait je vous assure de ma prière, afin que tout croyant et toute communauté ecclésiale puisse parcourir avec profit ce chemin de Carême. Je vous demande également de prier pour moi. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous garde.

 

Pape François.

 

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Dieu de pierre. Cœur des hommes

5 Mars 2014, 08:02am

Publié par Fr Greg.

 

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Les mains de Dieu sont froides. Les vitraux de la cathédrale d’Autun posent sur elles de lumineuses taches de vieillesse. Un saint Joseph assis à l’écart, jambes croisées sous sa tunique de calcaire, attend un miracle. Une Vierge aux bonnes joues rebondies de fille de ferme, et des diables, gueules ouvertes, lui tiennent compagnie.

 Ces statues se rapprochent de moi. Je les aime. Tout ce qu’on aime fait dans l’invisible un pas dans notre direction, pour se réchauffer à l’incendie de nos yeux. Les mains de Joseph sont aristocrates, ses doigts minces et réguliers sont hypnotiques comme les sillons d’un jardin zen. Chacun connaît l’insistant tambourinement des doigts d’un petit enfant contre notre visage, pour nous sortir d’une pensée et réorienter notre attention vers lui.

La vue de ces mains fines me sort de moi avec autant de charme. Tous ont dans cette tribu, même les pauvres diables, droit à des mains délicates. Leurs songes de calcaire, leurs yeux troués par une épingle de sidération, la couverture en laine de pierre des rois mages : je suis devant les poupées de Dieu. Elles font de moi leur enfant. Il suffit de si peu pour sauver une journée. Un homme qui rêve est tout près de sentir un ange lui taper sur l’épaule. Nous sommes aveuglés par les milliards d’images qui s’abattent sur nous. Pour retrouver la vue, il nous faudrait demander conseil aux nouveau-nés et aux mourants, réapprendre la splendeur d’un verre d’eau que le soleil enflamme, redécouvrir un visage qui souffre et monte au ciel comme un ballon d’enfant. Je passe mes jours dans une chambre à écrire la vie passante. Je suis son scribe, son attentif et son mendiant. Secrétaire de la neige, jardinier des nuages, homme de main d’un tremble – je fais tout. Il faut que ma phrase avance comme un maçon siffloteur, sinon ce n’est pas la peine. Mes plaisirs sont ceux des prisonniers et des anges. Une belle journée, c’est une journée où j’ai marié deux mots qui vivront longtemps ensemble. La tête en calcaire de Joseph, c’est la tête de celui qui écrit, et sa stupeur devant cette vie parfaite qui se passe si bien de lui. La beauté nous ignore. Elle est une conversation entre deux anges dont nous surprenons les rires. Le cerisier en fleurs nous quitte à l’instant où nous le découvrons, et ses bras grands ouverts nous traversent comme s’il embrassait quelqu’un d’autre derrière nous. Mon Dieu la poésie – une crise cardiaque du soleil ! La poésie perce quelques trous dans l’os du langage pour en faire une flûte. Ce n’est rien mais ce rien nous parle de l’éternel. Continuons à jouer. Nous perdrons toujours et de perdre notre cœur s’enflamme mieux qu’un rosier. Continuons à jouer, à aimer et à saluer cette vie fragile que les poupées de Dieu, depuis des siècles, applaudissent de leurs toutes petites mains de pierre.

 

Christian Bobin. Le monde des religions.

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Les bien-pensants et le très méchant monsieur !

4 Mars 2014, 13:59pm

Publié par Fr Greg.

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Vladimir Poutine, l'abominable homme des glaces?

On le croit de glace. Il est de feu. Vladimir Poutine n'aime rien tant que tromper son monde, le dérouter et à l'occasion le provoquer. Pétri de cet orgueil ombrageux propre aux timides, il est parvenu à une maitrise de lui-même qui lui va bien au visage mais feint, parfois, de perdre son calme, pour mieux duper les bien-pensants. Les rendre chèvres ou boucs l'amuse puisqu'ils sont si enclins à mélanger les genres. C'est une étrange lubie qui s'est emparée d'eux. Elle ne dérangerait pas outre mesure Vladimir Vladimirovitch si les Occidentaux ne voulaient pas, à toute force, imposer leur marotte à la terre entière. Ils ont toujours eu l'outrecuidance de < civiliser> les peuples qui selon eux ne le sont pas. La Russie a payé un lourd tribut aux idées occidentales. Des millions d'hommes y ont perdu la vie. Ou leur âme. Volodia n'a-t-il pas lui-même sacrifié aux lendemains qui chantent? Les Russes sont ainsi faits qu'ils désirent atteindre à une humanité idéale. On leur montre le chemin. Ils s'y engouffrent et font naufrage, tandis que l'Europe hausse les épaules: Ces tatars, décidément, comprennent tout à l'envers. Le communisme n'avait pas pour but le Goulag. Lorsque l'URSS s'est effondrée sous sa propre rouille, les bien-pensants sont revenus prêcher le libéralisme. Ils étaient tout sucre, tout miel, plein de sollicitude pour les pauvres naufragés et se sont proposés pour leur apprendre à nager vers de nouvelles Désirades pleines de supermarchés. A qui la faute, si le capitalisme est devenu, du jour au lendemain, une jungle? Si la démocratie a été confisquée par des meutes de loups en lutte les uns contre les autres?

Les Russes sont seuls coupables. De Washington à Paris en passant par Londres et Bruxelles ou Berlin, ce ne sont que mines navrées, moues dépitées, aveux d'impuissance. Non seulement les Russes ont le don de tout pervertir mais ils ont encore le culot de vouloir empêcher leurs anciennes vassaux de réussir là où eux-mêmes échouent.

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Parfois, Vladimir Poutine a envie de rugir. Alors, il sourit et invente une nouvelle caricature de lui-même. Il se déguise en pécheur de saumon, plongeur des hauts fonds, pilote de chasse ou Batman. A chaque travestissement, les Occidentaux mordent à l'hameçon et la presse y va de son ironie fielleuse dans l'espoir de blesser < l'autocrate>. Elle le laisse de plomb. Mais les attaques frontales rallient autour de sa figure les Russes qui sans ces piqûres de rappel, se seraient peut-être déjà lassés. Car ils se fatiguent vite de leurs dirigeants. Quels qu'ils soient. Le cynisme que les Russes pratiquent tout naturellement est une force. Ils savaient de tout temps que le tsar, sans eux, était nu, que les secrétaires généraux, sans leur soutien, se seraient effondrés et que Vladimir Vladimirovitch est comme eux, trop humain. Donc faillible.

Un rire intérieur soulève soudain le maître du Kremlin. Il fera bonne mine aux militants de toutes les causes farfelues qui vont se croire obligés de manifester à Sotchi. Il les laissera dévider leur pelote devant les caméras de la presse internationale. Les cosaques, en grande tenue, se laisseront même photographier avec les délégués des associations qui protesteront contre l'intolérance, la discrimination, l'obscurantisme des steppes. Ils en riront entre eux. Sans méchanceté particulière. Comme au spectacle. Ou a Guignol.

Vladimir Poutine, pour ne pas décevoir ses hôtes, froncera de temps à autre les sourcils, ou bien jouera d'un tic qui fera croire à son exaspération. Les invités seront contents. Ils ont tellement à cœur de défier un ancien officier du KGB qu'ils considèrent comme un tyran. Pourquoi les décevoir?

Volodia n'est pas un méchant homme. Du moins pas plus qu'un autre. S'il vivait à Rome, à l'ile Maurice ou dans un canton suisse, il pourrait même devenir bon. Mais Dieu a voulu qu'il naisse dans un pays de glace où les hivers n'en finissent pas, où les étés vous calcinent et où les cœurs s'arrêtent très vite de battre quand un feu ne les attise pas. Sur cette terre improbable, il est devenu ce qu'il est. Un volcan de givre.

www.figarovox.fr

Cf. Poutine, Ukraine, Crimée : la désinformation continue ?

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/03/04/31002-20140304ARTFIG00057-poutineukraine-crimee-la-desinformation-continue.php

 

 

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L'Eucharistie sacrement de l’amour.

4 Mars 2014, 08:15am

Publié par Fr Greg.

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L’Eucharistie se situe au cœur de l’« initiation chrétienne », avec le baptême et la confirmation, et elle constitue la source de la vie même de l’Église. En effet, de ce sacrement de l’amour naît tout authentique chemin de foi, de communion et de témoignage.

Ce que nous voyons quand nous nous rassemblons pour célébrer l’Eucharistie, la Messe, nous laisse déjà imaginer ce que nous allons vivre. Au centre de l’espace destiné à la célébration se trouve l’autel, qui est une table, recouverte d’une nappe, et cela nous fait penser à un banquet. Sur la table se trouve une croix, qui indique que sur cet autel on offre le sacrifice du Christ : c’est Lui la nourriture spirituelle que l’on reçoit là, sous les signes du pain et du vin. À côté de la table se trouve l’ambon, c’est-à-dire le lieu d’où l’on proclame la Parole de Dieu : et cela indique que l’on se rassemble en ce lieu pour écouter le Seigneur qui parle à travers les Saintes Écritures, et la nourriture que l’on reçoit est donc également sa Parole.

Parole et Pain pendant la Messe deviennent tout un, comme pendant la dernière Cène, quand toutes les paroles de Jésus, tous les signes qu’il avait accomplis, se condensèrent dans le geste de rompre le pain et d’offrir la coupe, anticipation du sacrifice de la croix, et dans ces mots : « Prenez et mangez, ceci est mon corps... Prenez et buvez, ceci est mon sang ».

Le geste de Jésus accompli lors de la Dernière Cène est l’action de grâce ultime au Père pour son amour, pour sa miséricorde. En grec « action de grâce » se dit Eucharistie. C’est pourquoi le sacrement s’appelle Eucharistie : c’est l’action de grâce suprême au Père, qui nous a aimés au point de nous donner son Fils par amour. Voilà pourquoi le terme Eucharistie résume tout ce geste, qui est un geste de Dieu et de l’homme ensemble, un geste de Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme.

La célébration eucharistique est donc bien plus qu’un simple banquet : c’est précisément le mémorial de la Pâque de Jésus, le mystère central du salut. « Mémorial » ne signifie pas seulement un souvenir, un simple souvenir, mais veut dire qu’à chaque fois que nous célébrons ce sacrement nous participons au mystère de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ. L’Eucharistie constitue le sommet de l’action de salut de Dieu : le Seigneur Jésus, se faisant pain rompu pour nous, déverse en effet sur nous toute sa miséricorde et son amour, de manière à renouveler notre cœur, notre existence et notre façon de nous mettre en relation avec Lui et avec nos frères. C’est pourquoi communément, quand on s’approche de ce sacrement, on dit « recevoir la communion », « faire la communion » : cela signifie que dans la puissance du Saint-Esprit, la participation à la table eucharistique nous configure de manière unique et profonde au Christ, en nous faisant goûter dès à présent la pleine communion avec le Père qui caractérisera le banquet céleste, où avec tous les saints nous aurons la joie de contempler Dieu face à face.

Chers amis, nous ne remercierons jamais assez le Seigneur pour le don qu’il nous a fait avec l’Eucharistie ! C’est un don si grand et c’est pour cela qu’il est si important d’aller à la Messe le dimanche. Aller à la Messe non seulement pour prier, mais pour recevoir la communion, ce pain qui est le corps de Jésus Christ qui nous sauve, nous pardonne, nous unit au Père. Il est beau de faire tout cela ! Et tous les dimanches allons à la Messe, car c’est précisément le jour de la résurrection du Seigneur. C’est pourquoi le dimanche est si important pour nous. Et avec l’Eucharistie nous ressentons précisément cette appartenance à l’Église, au Peuple de Dieu, au Corps de Dieu, à Jésus Christ. Nous ne finirons jamais d’en saisir toute la valeur et la richesse. Demandons-lui alors que ce sacrement puisse continuer à maintenir vivante dans l’Église sa présence et à façonner nos communautés dans la charité et dans la communion, selon le cœur du Père. C’est ce que l’on fait au cours de toute sa vie, mais on commence à le faire le jour de la première communion. Il est important que les enfants se préparent bien à la première communion et que chaque enfant la fasse, car c’est le premier pas de cette puissante appartenance à Jésus Christ, après le baptême et la confirmation.

 

Pape François. 

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le désir...

3 Mars 2014, 09:00am

Publié par Fr Greg.

 

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« C'est bizarre, mais je pense que les livres ne sont pas, contrairement à ce qu'on dit, de l'ordre de la littérature, qui est finalement un petit canton, mais de l'ordre de la vie, c'est-à-dire du désir. Or, on ne peut pas susciter artificiellement un désir. Les besoins, oui, on peut les créer et les satisfaire, ou pas. J'ai besoin d'une pomme, je l'achète, je la mange, le besoin est momentanément éteint. Le désir, c'est autre chose, c'est une histoire d'amour, une histoire passionnelle qui va entrer loin dans la vie de l'autre. Le désir ébranle la chair, l'esprit, tout. »

Christian BOBIN

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Pourvu que ça glisse...

3 Mars 2014, 08:47am

Publié par Fr Greg.

 

 

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Est-il possible de s'aimer 'pour toujours'?

2 Mars 2014, 08:32am

Publié par Fr Greg.

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Dialogue entre le pape et des fiancés

Première question : La peur de ce « pour toujours »

[Q. Sainteté, nombreux sont ceux qui pensent, aujourd’hui, que se promettre fidélité pour toute la vie est une entreprise trop difficile ; beaucoup pensent que vivre ensemble est un beau défi, fascinant, mais trop exigeant, presque impossible. Nous vous demandons une parole pour nous éclairer sur ce point.]

Pape François - Je vous remercie pour votre témoignage et pour cette question. Je vais vous expliquer : ils m’ont envoyé leurs questions à l’avance… C’est compréhensible… Et comme cela, j’ai pu réfléchir et penser à une réponse un peu plus solide.

C’est important de se demander s’il est possible de s’aimer « pour toujours ». C’est une question qu’il faut se poser : est-il possible de s’aimer « pour toujours » ? Aujourd’hui, beaucoup de personnes ont peur de faire des choix définitifs. Un garçon disait à son évêque : « Je veux être prêtre, mais seulement pour dix ans ». Il avait peur de faire un choix définitif. Mais c’est une peur généralisée, propre à notre culture. Faire des choix pour toute la vie semble impossible. Aujourd’hui, tout change rapidement, rien ne dure longtemps… Et cette mentalité pousse beaucoup de ceux qui se préparent au mariage à dire : « On reste ensemble tant que dure l’amour », et ensuite ? Salut et à bientôt… Et le mariage se termine comme cela. Mais qu’est-ce que nous entendons par « amour » ? Seulement un sentiment, un état psycho-physique ? Bien sûr, si c’est cela, on ne peut pas se construire sur quelque chose de solide. Mais si, en fait, l’amour est une relation, alors c’est une réalité qui grandit, et nous pouvons dire, par analogie, qu’elle se construit comme une maison. Et on construit la maison ensemble, pas tout seul ! Construire, ici, signifie favoriser et aider la croissance.

Chers fiancés, vous êtes en train de vous préparer à grandir ensemble, à construire cette maison, pour vivre ensemble pour toujours. Vous ne voulez pas la fonder sur le sable des sentiments qui vont et viennent, mais sur le roc de l’amour vrai, l’amour qui vient de Dieu. La famille naît de ce projet d’amour qui veut grandir comme on construit une maison pour qu’elle soit un lieu d’affection, d’aide, d’espérance, de soutien. De même que l’amour de Dieu est stable et pour toujours, ainsi nous voulons aussi que l’amour qui fonde la famille soit stable et pour toujours. S’il vous plaît, nous ne devons pas nous laisser vaincre par « la culture du provisoire » ! Cette culture qui, aujourd’hui, nous envahit tous, cette culture du provisoire. Ce n’est pas possible !

Alors, comment peut-on soigner cette peur du « pour toujours » ? On la soigne jour après jour, en se confiant au Seigneur Jésus dans une vie qui devient un chemin spirituel quotidien, fait de pas – des petits pas, des pas de croissance commune –, fait d’engagement à devenir des femmes et des hommes murs dans la foi. Parce que, chers fiancés, ce « pour toujours » n’est pas simplement une question de durée ! Un mariage n’est pas réussi seulement s’il dure, mais c’est sa qualité qui est importante. Le défi des époux chrétiens est d’être ensemble et de savoir s’aimer pour toujours. Il me vient à l’esprit le miracle de la multiplication des pains ; pour vous aussi, le Seigneur peut multiplier votre amour et vous le rendre frais et bon chaque jour. Il en a une réserve infinie ! C’est lui qui vous donne l’amour qui est le fondement de votre union et il le renouvelle, il le fortifie chaque jour. Et il le rend encore plus grand lorsque la famille s’agrandit avec les enfants. Sur ce chemin, la prière est importante, elle est nécessaire, toujours. Lui pour elle, elle pour lui et tous les deux ensemble. Demandez à Jésus de multiplier votre amour. Dans la prière du Notre Père, nous disons : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ». Les époux peuvent apprendre aussi à prier ainsi : « Seigneur, donne-nous aujourd’hui notre amour de ce jour », parce que l’amour quotidien des époux est le pain, le vrai pain de l’âme, celui qui les soutient pour qu’ils puissent avancer. Et la prière : pouvons-nous faire un essai pour voir si nous la savons ? « Seigneur, donne-nous aujourd’hui notre amour de ce jour ». Tous ensemble ! [les fiancés : Seigneur, donne-nous aujourd’hui notre amour de ce jour]. Encore une fois ! [les fiancés : Seigneur, donne-nous aujourd’hui notre amour de ce jour]. Voilà la prière des fiancés et des époux. Apprends-nous à nous aimer, à nous aimer vraiment ! Plus vous vous confierez en Lui, plus votre amour sera « pour toujours », capable de se renouveler, et il vaincra toute difficulté. Voilà ce que je voulais vous dire, en réponse à votre question. Merci !

Deuxième question : Vivre ensemble : le mariage, un « style de vie »

[Q – Sainteté, c’est beau de vivre ensemble tous les jours, cela donne de la joie, c’est un soutien. Mais c’est un défi à relever. Nous croyons qu’aimer s’apprend. Il y a un « style de vie » du couple, une spiritualité du quotidien, que nous voulons apprendre. Saint-Père, pouvez-vous nous y aider ?]

Pape François - Vivre ensemble est un art, un cheminement patient, beau et fascinant. Cela ne se termine pas une fois que vous vous êtes conquis l’un l’autre… Au contraire, c’est justement à ce moment que ça commence ! Ce cheminement de chaque jour a des règles que l’on peut résumer dans ces trois mots que tu as dits, des mots que j’ai répétés souvent aux familles : « S'il ta plaît / tu permets ? » - ou « je peux ? », comme tu as dit, « merci », et « pardon ».

« Je peux ? – Tu permets ? ». C’est une façon gentille de demander d’entrer dans la vie de quelqu’un d’autre, avec respect et attention. Il faut apprendre à demander : je peux faire cela ? Tu aimes bien que nous fassions cela ? que nous prenions cette initiative, que nous éduquions nos enfants comme cela ? Tu veux que nous sortions ce soir ?... En somme, demander la permission signifie savoir entrer avec courtoisie dans la vie des autres. Mais écoutez bien : savoir entrer avec courtoisie dans la vie des autres. Et ce n’est pas facile, ce n’est pas facile. Parfois, au contraire, on a des manières un peu lourdes, comme avec des chaussures de montagne ! L’amour vrai ne s’impose pas par la dureté et l’agressivité. Dans les Fioretti de saint François, on trouve cette expression : « Sache que la courtoisie est une des propriétés de Dieu… et la courtoisie est la sœur de la charité, qui éteint la haine et conserve l’amour » (Chap. 37). Oui, la courtoisie conserve l’amour. Et aujourd’hui, dans nos familles, dans notre monde, souvent violent et arrogant, il faut beaucoup plus de courtoisie. Et cela peut commencer à la maison.

« Merci ». Il semble que ce soit facile de prononcer ce mot, mais nous savons que ce n’est pas le cas… Pourtant, c’est important ! Nous l’enseignons aux enfants, mais ensuite, nous l’oublions ! La gratitude est un sentiment important ! Une fois, à Buenos Aires, une personne âgée m’a dit : « La gratitude est une fleur qui pousse sur une terre noble ». La noblesse d’âme est nécessaire pour que pousse cette fleur. Vous vous souvenez de l’Évangile de Luc ? Jésus guérit dix malades de la lèpre, et ensuite un seul revient dire merci à Jésus. Et le Seigneur dit : « et les neuf autres, où sont-ils ? Cela vaut pour nous aussi : savons-nous remercier ? Dans votre relation, et demain dans la vie de mariage, il est important de garder une conscience vive que l’autre personne est un don de Dieu et on dit merci pour les cadeaux de Dieu ! Se dire merci, réciproquement, pour tout, dans cette attitude intérieure. Ce n’est pas un mot gentil qu’on utilise avec les étrangers, pour être bien-élevé. Il faut savoir se dire merci, pour avancer ensemble dans la vie matrimoniale.

Le troisième : « Pardon ». Dans la vie, nous nous trompons souvent, nous faisons tant d’erreurs. Nous en faisons tous. Mais peut-être qu’ici, il y a des personnes qui n’ont jamais fait d’erreur ? S’il y a quelqu’un, ici, qu’il lève la main ! Il y a quelqu’un qui n’a jamais fait d’erreur ? Nous en faisons tous, tous. Il n’y a peut-être pas une journée sans que nous ne fassions des erreurs. La Bible dit que le plus juste pèche sept fois par jour. Et donc nous faisons des erreurs… D’où la nécessité d’utiliser ce mot simple : « pardon ». En général, chacun de nous est prêt à accuser l’autre et à se justifier. Cela a commencé avec notre père Adam, quand Dieu lui a demandé : « Adam, tu as mangé de ce fruit ? ». « Moi ? non ! C’est celle que tu m’as donnée ! ». Accuser l’autre pour ne pas dire « pardon », « excuse-moi ». C’est une vieille histoire ! C’est un instinct qui est à la source de tant de désastres. Apprenons à reconnaître nos erreurs et à demander pardon. « Pardon si, aujourd’hui, j’ai haussé le ton », « pardon si je suis passé sans te saluer », « pardon si je suis rentré tard », « si cette semaine, j’ai été si silencieux », « si j’ai trop parlé sans jamais écouter », « pardon, j’ai oublié », « pardon, j’étais en colère et je m’en suis pris à toi »… Tous ces « pardons », nous pouvons les dire tous les jours. C’est aussi de cette façon que grandit une famille chrétienne. Nous savons tous que la famille parfaite n’existe pas, ni le mari parfait, ni la femme parfaite. Sans parler de la belle-mère parfaite ! Nous existons et nous sommes pécheurs. Jésus, qui nous connaît bien, nous enseigne un secret : ne jamais terminer la journée sans se demander pardon, sans que la paix ne soit revenue dans votre maison, dans votre famille. C’est normal de se disputer entre époux, il y a toujours quelque chose, on s’est disputé… Peut-être que vous vous êtes mis en colère, peut-être qu’une assiette a volé, mais s’il vous plaît, rappelez-vous ceci : ne jamais finir la journée sans faire la paix ! Jamais, jamais, jamais ! C’est un secret, un secret pour conserver l’amour et pour faire la paix. Ce n’est pas nécessaire de faire de grands discours… Parfois, un simple geste et… la paix est faite. Ne jamais terminer… parce que si tu termines la journée sans faire la paix, ce que tu as au fond de toi, le lendemain, c’est froid et dur et c’est plus difficile de faire la paix. Souvenez-vous bien de cela : ne jamais finir la journée sans faire la paix ! Si nous apprenons à nous demander pardon et à nous pardonner mutuellement, le mariage durera, il avancera. Lorsque des couples mariés depuis longtemps viennent aux audiences, ou à la messe ici à Sainte-Marthe, des couples qui fêtent leur cinquantième anniversaire, je leur demande : « Qui a supporté qui ? ». C’est beau ! Ils se regardent tous, ils me regardent et ils me disent « Tous les deux ! ». Et ça, c’est beau ! C’est un beau témoignage.

Question 3 : Le style de la célébration du mariage

[Q – Sainteté, ces mois-ci, nous sommes dans tous les préparatifs de notre mariage. Pouvez-vous nous donner quelques conseils pour bien célébrer notre mariage ?]

Faites en sorte que ce soit une véritable fête – parce que le mariage est une fête – une fête chrétienne, pas une fête mondaine ! La raison la plus profonde de la joie de ce jour nous est donnée par l’Évangile de Jean : vous vous souvenez du miracle des noces de Cana ? À un moment, le vin vient à manquer et la fête semble gâchée. Vous imaginez de finir la fête en buvant du thé ? Non, ce n’est pas possible ! Sans vin, ce n’est pas une fête ! Sur la suggestion de Marie, à ce moment-là, Jésus se révèle pour la première fois et il donne un signe : il transforme l’eau en vin et, en faisant cela, il sauve la fête des noces. Ce qui s’est passé à Cana il y a deux mille ans se reproduit en réalité à chaque mariage : ce qui rendra votre mariage plein et profondément vrai sera la présence du Seigneur qui se révèle et qui donne sa grâce. C’est sa présence qui offre le « bon vin », c’est lui le secret de la joie pleine, celle qui réchauffe vraiment le cœur. C’est la présence de Jésus à cette fête. Que ce soit une belle fête, mais avec Jésus ! Pas dans l’esprit du monde, non ! On le sent, quand le Seigneur est là.

Mais en même temps, c’est bien que votre mariage soit sobre et mette en relief ce qui est vraiment important. Certaines personnes se préoccupent davantage des signes extérieurs, du banquet, des photos, des vêtements et des fleurs… Ce sont des choses importantes dans une fête, mais seulement si elles sont capables d’indiquer le véritable motif de votre joie : la bénédiction de votre amour par le Seigneur. Faites en sorte que, comme le vin de Cana, les signes extérieurs de votre fête révèlent la présence du Seigneur et rappellent à vous-mêmes et à tous la source et le motif de votre joie.

Mais tu as dit quelque chose que je veux saisir au vol, parce que je ne veux pas le laisser passer. Le mariage est aussi un travail de tous les jours, je pourrais dire un travail artisanal, un travail de joaillerie, parce le mari a la tâche de rendre son épouse plus femme et la femme a celle de rendre son mari plus homme. Grandir aussi en humanité, comme homme et comme femme. Et c’est entre vous que cela se fait. C’est ce qui s’appelle grandir ensemble. Cela ne tombe pas du ciel ! Le Seigneur le bénit, mais cela vient de nos mains, de vos comportements, de votre mode de vie, de votre manière de vous aimer. Nous faire grandir ! Faire toujours en sorte que l’autre grandisse. Travailler à cela. Et comme cela, je ne sais pas, je pense à toi : un jour tu seras dans ton pays, dans la rue et les gens diront : « Regarde, quelle belle femme, comme elle est forte !... Avec le mari qu’elle a, c’est compréhensible ! » Et aussi, à toi : « Regarde celui-là, comment il est !... Avec la femme qu’il a, c’est compréhensible ! ». C’est cela, parvenir à cela : nous faire grandir ensemble, l’un l’autre. Et vos enfants hériteront de cela, d’avoir eu un papa et une maman qui ont grandi ensemble, se rendant mutuellement davantage homme et femme !

 

 François, Pape.

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Beautiful !

1 Mars 2014, 08:23am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

 

 

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Rabbi Jacob y va danser... version 2014!

1 Mars 2014, 07:34am

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La Grande Vie

28 Février 2014, 09:00am

Publié par Fr Greg.

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'Les palais de la grande vie se dressent près de nous. Ils sont habités par des rois, là par des mendiants. Thérèse de Lisieux et Maryline Monroe. Marcelinne Desborde-Valmore et Kierkegaard. Un merle, un geai et quelques accidents lumineux. La grande vie prend soin de nous quand nous ne savons plus rien. Elle nous écrit des lettres.

Christian Bobin

 

 

 

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Paco de Lucía

27 Février 2014, 08:49am

Publié par Fr Greg.

Le Jimi Hendrix du flamenco est décédé au Mexique, à l'âge de 66 ans, selon une annonce de la mairie d'Algésiras, en Andalousie.

 

 

On disait de lui qu'il était le Jimi Hendrix du flamenco. Paco de Lucía est décédé au Mexique, à l'âge de 66 ans, selon une annonce de la mairie d'Algésiras, en Andalousie. C'est là que «la plus grande figure qu'ait connue le monde de la guitare», selon José Ignacio Landaluce, était né le 21 décembre 1947, sous le nom de Francisco Sánchez Gómez.

La ville du sud de l'Espagne a décrété un deuil de trois jours. Le guitariste avait choisi son pseudonyme en hommage à sa mère, Lucía, mais c'est à son père qu'il devait sa carrière de musicien. Né dans un foyer pauvre, le jeune garçon avait pris goût à la musique lors des longues jam-sessions pendant lesquelles ce dernier, guitariste lui-même, jouait avec les musiciens du quartier. Bientôt, il fut encouragé à passer, lui-même, douze heures par jour sur son instrument, développant un talent qui allait bientôt faire de lui le plus grand ambassadeur mondial de la guitare flamenco. Ce payo (non-Gitan) définissait le genre comme un mélange de cultures arabe, juive et gitane mûri dans les rues d'Andalousie. Et même si Algésiras n'était pas une ville aussi importante que Jerez ou Séville en termes de rayonnement musical, il y avait bénéficié d'un environnement propice à son éclosion.

Abandonnant l'école très tôt pour contribuer aux frais du foyer, il fit sa première tournée internationale à l'âge de 12 ans. Avec son frère aîné, Pepe, chanteur, il accompagnait alors la troupe du danseur José Groco. Un rôle qui lui aurait convenu à merveille si son père n'avait pas insisté pour faire de lui un guitariste soliste. Chanteur contrarié, il avait adopté la six cordes par timidité. Il la fit chanter pendant plus de cinquante ans sur les scènes du monde entier. Ses lignes mélodiques stupéfiantes de vélocité alternaient avec des phases de jeu plus introverti.

Une passion intacte

Après dix premières années placées sous le signe exclusif du flamenco, le musicien s'était ouvert à d'autres musiques. Son jeu avait alors incorporé des éléments de jazz et de musique brésilienne. De musique classique espagnole aussi, notamment les répertoires des compositeurs Isaac Albéniz et Manuel de Falla. Sa collaboration avec le chanteur el Camarón de la Isla, de trois ans son cadet, a fourni neuf albums clés du renouveau du flamenco dans les années 1970. À l'aube de la décennie suivante, il assemblait le Guitar Trio avec deux autres virtuoses: l'Anglais John McLaughlin et l'Américain Al Di Meola.

Enregistré en concert, leur album Friday Night in San Francisco est devenu un des disques les plus influents de son époque. S'il avait soif de collaborations avec des musiciens issus d'horizons très variés, il n'avait jamais perdu sa profonde identité de guitariste flamenco. Après quelques années d'exil au Yucatán (Mexique), où il pratiquait la pêche sous-marine, de Lucía s'était tenu éloigné des scènes pendant trois ans. Cet homme à la forte personnalité enregistrait des disques lorsqu'il avait quelque chose à exprimer uniquement. Il se produisait encore en Europe l'été dernier, éblouissant le public de sa passion intacte.

 

Très reconnu, il avait été fait docteur honoris causa de la Berklee College of Music de Boston et avait reçu le prix prince des Asturies pour les arts, la plus haute récompense espagnole.

le Figaro.fr

 

 

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Trouver le divin dans le presque rien (V)

26 Février 2014, 10:05am

Publié par Fr Greg.

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Personne ne peut tout lire, de toute façon. Je lis le Coran, aussi. J'aime beaucoup. J'aime aussi certaines parties du Talmud. Je ne suis pas enfermé. Mais au fond, à nouveau je vais faire un retour à une scène des Évangiles, qui se trouve dans Jean : le Christ, assez jeune, est assis au Temple, avec les autres, et c'est son tour de lire un texte sacré. Qui lit ce texte doit ensuite le commenter. Jésus lit un psaume qui parle du Messie, de la fin des temps. Et il a un seul commentaire : « Ce que je viens de lire, vous l'avez sous les yeux, maintenant. C'est moi. » La dernière lecture qui contient toutes les autres, c'est simplement la présence humaine. La présence d'un homme ou d'une femme est beaucoup plus éclairante que toutes les bibliothèques du monde. Et en même temps, la Bible, les Évangiles, le Coran sont des centrales atomiques de poésie...

Ce qui est frappant, c'est que ni Bouddha, ni Mohammed, ni le Christ n'ont écrit quoi que ce soit. Socrate non plus... Sans doute sont-ils dans une fonction supérieure à l'écriture. Peut-être ces gens très rares sont-ils allés dans le noyau du feu, l'ont traversé. Alors qu'écrire est déjà un état second. Vous prélevez les braises, en y cherchant l'empreinte des pieds de ceux qui les ont traversées, mais ceux-là l'ont fait en silence. Comme peut-être on traverse la mort. Il y a un moment fondateur du silence. Et ces gens-là sont donc plus hauts que l'écriture. La beauté de l'écriture, c'est de les reconnaître, de les révérer, de les éclairer. D'essayer de nous les donner à voir.

Une légende dit que la plume qui sert aux écrivains a été empruntée au coq du reniement de Saint Pierre. Peut-être l'écriture trahit-elle toujours un peu. Et en même temps, avez-vous remarqué comme ce qui n'est pas écrit se délite, se perd, s'efface. Donc l'écriture nous sauve aussi, nous préserve, nous redonne une fluidité....

Cela dit, il y a une belle réflexion de Grojean sur la supériorité du lecteur par rapport à l'auteur. L'auteur prend un morceau de vie et en fait un livre. Le lecteur prend un livre et en fait un morceau de vie. Il ressuscite ! Il a donc un travail encore plus puissant - qui n'aurait certes pas pu être accompli s'il n'y avait pas eu le labeur de l'auteur avant. Il n'empêche : le travail du lecteur remet en vie quelque chose qui avait été enfermé dans le livre.

Ou alors la lecture ne s'est pas faite, ou le livre était mauvais. Idéalement, l'écriture, comme la lecture, devraient être deux instants de récréation dans la clarté d'un ciel étoilé. Ils devraient être d'une gaieté et d'une inventivité totales. Il devrait y avoir une grande fantaisie dans les livres, qui réveillerait une grande liberté chez le lecteur. Tous les trois - l'auteur, le livre et le lecteur - se trouveraient, du coup, dans une sorte de cour de récréation angélique. Avec une grande liberté. La vraie justification de l'écriture, à mon avis, c'est qu'elle est comme la vie : elle ne se fige pas. C'est sans doute ce que les Juifs de la tradition talmudique ont perçu très fort. Il y a quelque chose de beau comme l'enfance dans leurs commentaires de commentaires de commentaires des écritures, cette lecture sans fin, sans cesse revivifiante, irriguée, surprenante.

" votre vie, 'un ciel clair où se détachent les étoiles'" 

 

Ma vie ? C'est comme si depuis toujours, j'avançais dans la brume ! Et tout ce que je vois me semble déchirer un voile de néant posé sur le monde. Soudain ça m'apparaît, dans une splendeur ! Je suis sujet à des éblouissements. Ça peut être un visage, un objet. C'est comme si la création du monde était continue, que nous étions contemporains de la création du monde. C'est comme si la création n'était pas une chose à l'arrière de nous, mais exactement en train de se faire.

Christian Bobin

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