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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Trouver le divin dans le presque rien

22 Février 2014, 10:21am

Publié par Fr Greg.

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Comment trouver le divin dans la faiblesse et le presque rien... ? Pour Christian Bobin, tout est ici, maintenant. Nul besoin d'aller voir ailleurs. Le tissu de la vie est profondément concret. Ce qu'on peut appeler “l'autre monde” est mêlé au nôtre comme la paille est tressée sur la chaise.

 

 « un surcroît de vie dans le manque ».

Tout est une question d'air et de respiration. C'est l'encombrement qui nous rend malhabile, et qui nous fait parfois, suffoquer. On a besoin de connaître des choses telles que l'ennui, le manque, l'absence, pour connaître la présence, la joie et l'attention pure. On a besoin d'une chose pour aller vers une autre. Par exemple, j'aime beaucoup les livres, mais j'ai remarqué que je trouvais les plus intéressants dans les toutes petites librairies perdues, qui n'en vendent que très peu ; comme si c'était là que certains livres m'attendaient depuis très longtemps. Alors que je ne les aurais pas vu dans un grand étalage, parmi mille autres choses. Cette pensée va dans le sens exactement inverse de celui qui a créé Internet. À la racine d'Internet, il y a le désir qu'on ait tout, tout de suite. Que surtout nul ne souffre plus d'un manque. Or, je pense que c'est une souffrance que d'avoir tout à sa disposition, sans intervalles. On devient soi-même comme une chose au milieu des choses. Alors qu'on a besoin que certaines vitres de la maison soient cassées. Et que le vent entre ! Besoin de certains défauts, de certains manques, de certaines brisures, pour pouvoir respirer.

 

Comment préciser sans trahir ? Vous avez plusieurs façons de voir le soleil. La voie scientifique vous met entre les mains des documents extrêmement nombreux, de plus en plus précis, qu'il vous faudra plus qu'une vie pour lire. Et puis, vous avez l'autre voie. Vous regardez autour de vous, vous voyez un pissenlit, et là, vous savez ce qu'il en est du soleil. Parce que la structure est la même. Le pissenlit, à mon sens, est comme un petit frère égaré du soleil. Il aime tellement son grand frère, qu'il s'est mis à lui ressembler. Dans l'infime, vous avez l'immense. La contemplation vous donne ce que l'information ne vous donnera jamais. La contemplation a besoin de s'appuyer sur du très peu, du très simple. Elle est semblable à ce royaume dont parle le Christ, qui est tout entier contenu dans un grain de sénevé.

« écrire, pour réparer l'irréparable »...

D'abord l'accepter l'irréparable. Le regarder. Le contempler en tant que tel. Ne pas chercher de consolations illusoires. Ne pas se précipiter pour venir en aide. Mais, d'abord, regarder, et si l'on est devant un mur, le voir. S'il est aussi haut que le ciel, le reconnaître. C'est quelque chose qui amène un profond changement intérieur. Cette « acceptation » n'est pas une résignation, mais une vue. C'est la vue qui guérit, la vision vraie. Pas l'illusion, même si parfois la vérité est que nous n'avons pas de solution. Mais le reconnaître, le formuler, change tout. Comme si savoir que la porte est fermée, et l'accepter, vous la faisait traverser ! Or, la racine de la vue, c'est la contemplation. Et la racine de la contemplation, c'est l'attention.

 

L'écriture évidemment a à voir avec ça. Les livres, je les aime depuis toujours. Ce qui est beau, c'est que les livres sont bâtis à la hauteur des mains. Un livre, c'est comme une porte qui ne serait pas plus grande qu'une main. Et, de l'autre côté de cette porte, il y a les anges. Voilà ce que sont les livres, en gros, je m'en suis aperçu très tôt. Mais ce n'est pas le cas de tous les livres, loin de là ! Certains livres, qualifions-les de « vrais », viennent en secours au lecteur. Ils viennent vers lui et ont la vertu de l'écouter. Pourquoi ? Il y a quelque chose dans une page qui est en train de me déchiffrer. Je crois la lire, et c'est elle qui me lit ! Les « vrais » livres sont toujours des livres de médecine, au fond. Ils sont guérisseurs. Parce que ce qui nous rend malade, ce sont souvent les mots. Soit que ces mots qui nous aient manqué. Soit qu'ils aient été d'une dureté insupportable. Mais ce que des mots ont fait, d'autres mots peuvent le défaire. C'est le langage qui souffre en nous, et qui nous fait souffrir. Et la matière des livres est un langage qui est, ou devrait toujours être profondément réparateur.

Christian Bobin

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La fragilité de la personne, clé pour la croissance de l'humanité!

21 Février 2014, 10:14am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

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L'éclipse de l'âme ou l'oubli de la personne.

20 Février 2014, 08:41am

Publié par Fr Greg.

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Laura Bossi, neurologue italienne, spécialiste de l'épilepsie, s'étonne de ce qu'elle appelle poliment « l'éclipse de l'âme ». En effet, aujourd'hui, l'âme n'a plus sa place dans nos sociétés. Ce qui explique, selon elle, notamment, notre incapacité à « penser » l'animal. Pourquoi cette incompréhension du vivant ?  « On a coupé l'homme de la nature, on l'a constitué en règne autonome. Et l'on a oublié ainsi qu'il est aussi un être vivant parmi des êtres vivants.

 C'est un fait, dans nos sociétés dites développées, l'homme est le maître d'un monde qui, par la technique, ressemble de plus en plus à une machine homéostatique, et le vivant est devenu une chose, un "gisement économique", livré à l'agriculture ou à l'abattage industriel. »

En décidant que l'homme n'a pas d'âme et que Dieu est mort, tout en croyant encore à son immortalité ce qu'il n'accepte pas, l'être humain aurait construit aussi sa propre tragédie. C'est pourquoi, toujours selon Laura Bossi, notre monde a tant besoin de médecins. De médecins de l'âme.

Le constat de départ de l’auteur, neurologue, est sans appel : « A l’aube du troisième millénaire, l’âme est oubliée. Les poètes et les artistes, par une curieuse substitution, n’accordent plus de l’importance qu’à son double, le corps, soma, qui autrefois signifiait le corps inanimé, sans vie, le cadavre. Les philosophes semblent croire qu’il s’agit là d’un sujet passé à l’histoire, juste bon pour les anthologies. Les psychanalystes, quant à eux, n’osent même plus nommer le sujet de leurs études. Dans le Dictionnaire de la psychanalyse de Roudinesco et Plon (1997), pas d’ « âme » entre « ambulatorium » et « american psychiatric association », pas de psyché entre « psychasthénie » et «psychiatrie ». Les théologiens, enfin, peut être soucieux de ne pas passer pour des dualistes démodés, ou las simplement de controverses centenaires, paraissent désormais gênés par ce mot : ils lui préfèrent celui de personne(…) L’âme s’est ainsi absentée des modernes ouvrages et des dictionnaire de théologie chrétienne (note : Dictionnaire de la théologie, Eicher 1998 ;Dictionnaire critique de théologie, Lacoste 1998 qui réunit en une seule entrée âme, coeur, corps) et même de liturgie catholique des morts ».

C’est « l’éclipse de l’âme ».

Et dans le même temps, « les biologistes travaillent sur le vivant, les adeptes des neurosciences étudient la conscience et ses relations avec le corps (mind-body problem). Les médecins « réanimateurs » essayent de définir le moment précis du passage entre la vie et la mort. Les accoucheurs s’interrogent sur l’âme de l’embryon. Les savants s’appliquent à construire des créatures douées de vie ou d’intelligence artificielle. Les juristes et les experts de bioéthique statuent sur la personne humaine et sur les difficiles questions soulevées par les avancées de la science : manipulations génétiques, clonage et techniques de procréation, greffes d’organes. »

Une fois ce paradoxe constaté, Laura bossi dresse un recueil des théories et modèles sur l’âme, du point de vue des philosophes de l’antiquité à nos jours, des théologiens, des anthropologues, des psychanalystes, médecins et scientifiques. Sont aussi abordés par la suite de grands thèmes humanistes tels que l’individuation de l’homme et son rapport à l’animal, la question de la mort, notamment des états de mort clinique ou états végétatifs, de l’euthanasie, de la bioéthique, toujours mis en lumière par de nombreuses références historiques.

Ouvrage très bien pensé et écrit, facile d’abord et richement illustré de surcroit, à recommander pour qui veut faire un tour d’horizon exhaustif de l’histoire de l’âme. Remarquons enfin que la dernière phrase du livre se situe bien dans notre problématique : « (…) Il semble décidément que la maladie ait dépassé le cas singulier et qu’elle s’étende, telle une épidémie, au genre humain tout entier. Quel médecin de l’âme aujourd’hui nous en guérira-t-il ? ».

      

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L'école en crise !

19 Février 2014, 08:32am

Publié par Fr Greg.

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Théorie du genre, Vincent Peillon, feuille de route sur l'intégration, Natacha Polony revient sans langue de bois sur les polémiques autour de l'école qui ont émaillé cette semaine.

Polémique autour de la théorie du genre, dérives communautaires, résultat catastrophique au classement Pisa, l'école Française est en crise. Dans votre dernière chronique pour le Figaro, vous écrivez, «l'école n'instruit plus, n'éduque plus, elle rééduque». Qu'entendez-vous par là?

 

Natacha Polony - Le vieux débat entre instruction et éducation est complexe. Pour les tenants de l'instruction, dont je fais partie, l'école doit transmettre des savoirs universels. C'était le projet de Condorcet qui est le premier à avoir pensé l'école de la République à travers ses cinq mémoires sur l'instruction publique. A l'époque, on parlait bien d'instruction et non d'éducation, cette dernière revenant aux familles. Certes, l'école transmettait aussi des valeurs, mais celles-ci passaient par l'histoire, la littérature, les textes. Et c'est en cela qu'elles étaient émancipatrices puisqu'elles étaient le fruit d'un savoir. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle cet équilibre a été bouleversé. Les savoirs ont peu à peu été abandonnés au profit de ce que les «pédagogistes» appellent le «savoir être». Dans le socle commun de connaissances et de compétences définit par l'Education nationale, les grands textes officiels du savoir sont mis sur le même plan que certaines «compétences» qui relèvent de l'éducation des familles tel que «le savoir vivre ensemble» ou «le savoir respecter autrui». La polémique autour de la théorie du genre, bien qu'elle ait été instrumentalisée par certains extrémistes, illustre la propension de l'école à vouloir concurrencer la vision du monde transmise aux enfants par leurs parents. Il me paraît plus urgent d'apprendre aux élèves à lire, écrire et compter. En tant qu'héritier des Lumières, Condorcet misait sur l'intelligence pour élever les esprits. C'est par là que passe le combat pour l'émancipation et non par un vague catéchisme moralisateur.

 

La focalisation de l'école sur les questions de société n'est-elle pas justement un moyen de masquer son échec sur l'apprentissage des savoirs fondamentaux?

Certainement, mais à l'inverse la focalisation sur les questions de société est aussi l'une des causes de la crise actuelle de l'école. En effet, un collégien de troisième d'aujourd'hui cumule deux ans de retard de cours de Français par rapport à un élève des années 1970. La volonté de l'école de tout faire, l'hygiène, l'antiracisme, la sécurité routière, l'éloigne de ses missions originelles. J'ai noté le cas concret d'une classe qui a fait appel à 11 intervenants extérieurs en une semaine. Dans ces conditions, comment dégager du temps pour apprendre aux élèves à lire? Il faut effectuer des choix. Cette focalisation sur les questions de société est aussi une manière de tromper les élèves sur leur niveau réel. Pour ne pas faire de sélection, l'école nivelle par le bas en sacrifiant les savoirs fondamentaux au profit de choix pédagogiques démagogiques et accessoires.

 

Hormis cette dérive sociétale, quelles sont les causes profondes de cette faillite de l'école de la République?

Il y a deux problèmes qui se conjuguent. Le premier dépend de l'école elle-même. Depuis les années 70, les pédagogies constructivistes, d'après lesquelles c'est l'enfant qui construit lui-même son savoir, ont pris le pouvoir dans l'enseignement. Par exemple en ce qui concerne l'apprentissage de la lecture, les neurosciences prouvent que la méthode syllabique est plus efficace que les méthodes mixtes ou globales. C'est pourtant ces dernières qui sont privilégiées par la majorité des enseignants. Pour lutter contre l'illettrisme, il faut revenir d'urgence aux méthodes classiques et arrêter de caresser les élèves dans le sens du poil.

Le second problème est le fruit de la société. Les parents qui ont une vision consumériste de l'école se déchargent de leurs responsabilités. Gavés de télévision, les enfants ne sont plus habitués à contrôler leurs pulsions et à obéir. Ils sont donc plus difficiles à gérer pour les professeurs. Comme l'explique Marcel Gauchet, l'évolution de l'individualisme contemporain rend très difficile la transmission. L'école est confrontée à ce délitement du lien républicain.

 

Avec le rapport puis la feuille de route sur l'intégration, la gauche a relancé le débat sur l'interdiction du voile et plus largement sur le multiculturalisme à l'école. Le risque n'est-il pas de faire de cette dernière l'otage de tous les communautarismes?

La problématique du voile à l'école remonte à 1989 lorsque Lionel Jospin, alors ministre de l'éducation nationale, saisit le Conseil d'Etat après l'exclusion à Creil de deux collégiennes portant le tchador, puis publie une circulaire statuant que les enseignants ont la responsabilité d'accepter ou de refuser le voile en classe, au cas par cas. Or il existait déjà une circulaire, la circulaire Jean Zay du 15 mai 1937 qui rappelait la laïcité de l'enseignement public et demandait aux chefs d'établissements de n'admettre aucune forme de prosélytisme dans les écoles. Il y a donc eu carence de l'État. Le rôle des pouvoirs publics était d'affirmer la validité de cette circulaire et de faire respecter l'esprit et la lettre de la loi de 1905. Cela nous aurait évité de perdre un temps considérable et d'en passer par une nouvelle loi sur la laïcité en 2004. Venir réveiller cette question aujourd'hui est une bêtise effarante qui montre qu'une partie de la gauche a encore la tête farcie d'idées délirantes! Cette gauche-là a renoncé au projet d'intégration allant jusqu'à nier la préexistence du pays d'accueil, à nier son identité. Il n'y a plus d'hôte, plus d'accueilli. Or, une nation ne peut se perpétuer que lorsqu'elle transmet son héritage. Nous avons cessé de transmettre, pas seulement aux étrangers, à tous nos enfants.

 

Dans une interview accordé à Libération, Vincent Peillon en appelle pourtant à la défense de l'école républicaine… Qu'en dites-vous? Cela va-t-il dans le bon sens?

Vincent Peillon se veut un ministre philosophe et connaisseur de l'histoire de l'école. Mais il se paie de mots et se réfugie derrière les valeurs et les principes pour mieux pratiquer l'ambiguïté. Les grandes déclarations sont pour lui un moyen d'éluder les vraies questions qui sont la refonte du système des mutations, pour que les jeunes professeurs ne soient plus parachutés dans les classes les plus difficiles, et celle des méthodes d'apprentissage. Comme ses prédécesseurs, il préfère se concentrer sur des questions annexes et dérisoires: les rythmes scolaires, les 60 000 postes supplémentaires ou encore la théorie du genre. Pendant ce temps-là, l'école est incapable d'apprendre aux élèves à lire et à écrire. Elle ne fabrique plus des citoyens, plus des hommes libres, mais des incultes qui seront dépendants des discours les plus idiots! Si 80 % d'une classe d'âge va jusqu'au baccalauréat aujourd'hui, l'école est pourtant plus inégalitaire que jamais. Les statistiques sont terribles. Dans les années 60, 14 % des élèves des milieux défavorisés accédaient aux grandes écoles. Ils ne sont plus que 6 % aujourd'hui.

Le figaro.fr

 

 

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Elegie

18 Février 2014, 10:35am

Publié par Fr Greg.

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J’étais à toi peut-être avant de t’avoir vu.
Ma vie, en se formant, fut promise à la tienne ;
Ton nom m’en avertit par un trouble imprévu,
Ton âme s’y cachait pour éveiller la mienne.
Je l’entendis un jour, et je perdis la voix ;
Je l’écoutai longtemps, j’oubliai de répondre.
Mon être avec le tien venait de se confondre,
Je crus qu’on m’appelait pour la première fois.

Savais-tu ce prodige ? Eh bien, sans te connaître,
J’ai deviné par lui mon amant et mon maître ;
Et je le reconnus dans tes premiers accents,
Quand tu vins éclairer mes beaux jours languissants.
Ta voix me fit pâlir, et mes yeux se baissèrent ;
Dans un regard muet nos âmes s’embrassèrent ;
Au fond de ce regard ton nom se révéla,
Et sans le demander j’avais dit : Le voilà !

Dès lors il ressaisit mon oreille étonnée ;
Elle y devint soumise, elle y fut enchaînée.
J’exprimais par lui seul mes plus doux sentiments ;
Je l’unissais au mien pour signer mes serments.
Je le lisais partout, ce nom rempli de charmes,
                Et je versais des larmes.


D’un éloge enchanteur toujours environné,
À mes yeux éblouis il s’offrait couronné.
Je l’écrivais… bientôt je n’osai plus l’écrire,
Et mon timide amour le changeait en sourire.
Il me cherchait la nuit, il berçait mon sommeil ;
Il résonnait encore autour de mon réveil ;
Il errait dans mon souffle, et lorsque je soupire
C’est lui qui me caresse et que mon cœur respire.

Nom chéri ! nom charmant ! oracle de mon sort !
Hélas ! que tu me plais, que ta grâce me touche !
Tu m’annonças la vie, et, mêlé dans la mort,
Comme un dernier baiser tu fermeras ma bouche.

 

 

 

Elegie , Marcelline Desbordes Valmore

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Et bien moi je vous dis !

17 Février 2014, 08:00am

Publié par Fr Greg.

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 «  Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux ».

Jésus est-il venu instaurer une super loi ? Un truc bien exigeant plus dur que la loi de Moïse ? Maudire son prochain conduit maintenant en enfer, alors que pour Moïse, commettre un meurtre conduisait seulement au tribunal !? Si désirer une femme c’est déjà commettre un adultère… alors  l’évangile n’est plus accessible qu’à une toute petite élite et réclame qu’on se transforme en machines à se surveiller constamment ?! Bref, du désespoir organisé !! Et si toute mauvaise action ou jugement réclame de se couper la main ou de s’arracher les yeux, alors on va tous finir aveugles et manchots !!

Or, ce que proclame Jésus n’est pas une figure de style : il nous dit en vérité les exigences qu’il a pour nous. Et son désir n’est certainement pas un truc pieux pour gens amorphes dégoulinant de gentillesse !  Justement, la radicalité de son propos indique qu’il y a là quelque chose d’extrêmement important. Et ces nouvelles exigences, c’est le désir que Dieu a sur nous, que Jésus a réalisé. "Et bien moi je vous dis!"

Jésus vient non seulement vivre la loi jusqu’au bout mais même en dépasser les exigences. A la croix, il vient plus que se servir de toutes les trahisons, de toutes les injustices, mais y descendre en se donnant LA, d’une manière encore plus intime, encore plus personnelle. 


Ces nouvelles exigences de Jésus, c’est en réalité ce qu’il vit à la croix et qu’il veut nous donner à vivre ! Spécialement nos liens personnels, d’amitiés. Dans tous ces lieux qui font notre vie commune quotidienne. Les commandements de Dieu ne sont pas un minimum à vivre pour être en règle, mais ce sont le désir qu'il a sur nous de nous entrainer vers des liens hyperpersonnels, hyperengageant, hyper de trop! Son exigence est celle là même qu'il vit! Et pour cela il veut venir se dire à nous dans ces lieux de chutes, ces lieux ouverts malgré nous: ces trahisons et ces blessures que l’on fait ou que l’on nous fait, c'est le lieu ou l'on doit l'entendre nous dire avec force: "Et bien moi je vous dis...".

« Vous avez appris qu'il a été dit… Eh bien, moi je vous dis »

Et la clé, c’est cela: « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir ! » C'est SON oeuvre à lui, c'est Lui qui le fait en nous le disant! Et Il est déjà victorieux, il l’a déjà réalisé, accompli, et il veut que cette victoire prenne tout en nous ! Il veut que sa victoire s’empare de toutes nos luttes. Que l’on vive toutes nos souffrances, tous nos lieux de désespoir comme habités par Jésus ! C’est le divin qui descend dans notre rien ! Dans notre néant ! Mais nous, on le laisse pas nous le dire! On croit le savoir! Or on a besoin qu'il vienne tout les jours nous le redire!

Et pour cela, Jésus parle avec autorité: "Et bien moi je vous dis! on vous a dit que vous deviez faire ci et ça.. ?? Et bien moi je vous dis...  que Je suis venu accomplir ma victoire dans tous ces lieux où vous désespériez !»

 

C’est ça ce que Jésus veut nous donner à vivre : Lui-même ! En descendant dans tous ces lieux pourris, tordus, pétés, moisis, pour que ces lieux deviennent des lieux d’offrandes. C’est notre manière à nous d’être offert, d’aimer et d’adorer : en acceptant d’être blessé et de pâtir de nos propres misères -et de celle de nos frères- Tant qu'on croit qu'on peut se déresponsabiliser des misères de nos frères, on croit toujours qu'au fond on est pas si mal... et qu'on peut le faire! Bah, non! Et il faut lui laisser nous le dire!

"Et bien moi je vous dis!"  Mais, est-on vraiment on le laisse nous le dire? On lui crie de nous le dire? Est-on mendiant qu’il vienne nous redire tous les jours sa manière d’être victorieux en nous, comme lui le veut pour nous?? Accepte-t-on que notre inefficacité et son apparente abscence soit le lieu par lequel il vient nous redire qu'il nous met à sa taille?

 

Fr Grégoire.

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Qui est vraiment le Pape François...??

16 Février 2014, 08:50am

Publié par Fr Greg.

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« Je ne sais pas quelle est la définition la plus juste… Je suis un pécheur. C’est la définition la plus juste… Ce n’est pas une manière de parler, un genre littéraire. Je suis un pécheur. Si, je peux peut-être dire que je suis un peu rusé, que je sais manœuvrer, mais il est vrai que je suis aussi un peu ingénu. Oui, mais la meilleure synthèse, celle qui est la plus intérieure et que je ressens comme étant la plus vraie est bien celle-ci: je suis un pécheur sur lequel le Seigneur a posé son regard. ()

 

Venant à Rome j’ai toujours habité rue de la Scrofa. De là, je visitais souvent l’église Saint-Louis des Français, et j’allais contempler le tableau de La Vocation de saint Matthieu du Caravage. Ce doigt de Jésus… vers Matthieu. C’est comme cela que je suis, moi. C’est ainsi que je me sens, comme Matthieu. C’est le geste de Matthieu qui me frappe: il attrape son argent comme pour dire: “Non, pas moi! Non, ces sous mappartiennent!” Voilà, cest cela que je suis: un pécheur sur lequel le Seigneur a posé les yeux. »

 

François, Pape.

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NOUVEAU...

15 Février 2014, 09:49am

Publié par Fr Greg.

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C’est le mot magique qui attire le regard, l’ouïe, l’intelligence. On attend la surprise, l’événement qui va susciter la stupéfaction, l’admiration et la satisfaction d’en avoir » eu pour son argent ». Tout est nouveau : la formule (de la lessive), l’emballage ou la version aussi bien que le produit ou son usage. Ça «vient de sortir», c’est «inédit», le scoop est planétaire : nous sommes sans cesse les privilégiés de la nouveauté. La nouveauté devient d’autant plus obsessive qu’une civilisation se ressent et se voit vieillie, ancienne et impuissante à se renouveler de l’intérieur. A l’opposé, aucune nouveauté n’est aussi profonde dans le cœur humain que lorsqu’elle est celle d’un regard posé à neuf sur le monde et les êtres, comme celui d’un nouveau né qui répond par le sourire à la fraîcheur lumineuse du réel qu’il découvre. Des nouveautés Nouveau, c’est ce qui est censé approfondir une compréhension (une nouvelle théorie, une philosophie nouvelle, la nouvelle vague ou le nouveau roman), apporter des moyens (nouvelle version de Windows ou nouvelle technologie chirurgicale), voire une vie (une nouvelle assurance pour votre santé, une nouvelle crème pour votre peau ou une nouvelle rencontre pour votre cœur amoureux), voire une ère nouvelle (celle des lumières, de l’industrie ou de l’ordinateur). Nouveau, c’est un référent temporel qui marque l’apparition d’une réalité jusque-là inexistante, ou l’apparition alors inexistante pour le sujet, la communauté ou l’humanité d’une réalité existante. Un nouveau-né diffère ainsi d’un nouveau coucher du soleil en ce qu’il est en lui-même (dans son âme plus encore que dans son corps) une nouveauté radicale. Les autres nouveautés métaphysiques – apparition d’une espèce, d’un phénomène, voire d’une maladie – ne sont que des recombinaisons comme le sont toutes les œuvres humaines. La nouveauté subjective (découverte, compréhension, prise de conscience, rencontre) tout en étant courante, n’en marque pas moins les moments forts d’une existence. Fuite ou rencontre La recherche de nouveauté pour la nouveauté se situe entre fuite dans le renouvellement émotif superficiel et nostalgie du face à face avec la création du monde, de notre être ou de la rencontre avec l’Éternel. Source de toute chose, sans devenir, Dieu est absolument nouveau. C’est dire qu’on ne saurait s’ennuyer à le contempler sans cesse. La nativité du Christ du sein de sa mère constitue dans la nouveauté d’un être humain advenant au jour, la révélation de, et l’accession à, l’éternelle nouveauté de Dieu en son plus secret et en son plus intime. Et cette « nouveauté divine » devient nôtre quand elle vient nous visiter et réinsuffler en nous la vie jusque dans notre vétusté morale (le péché) et notre disparition programmée (la corruptibilité corporelle). L’inouï de Dieu dans l’avènement de notre renouvellement intégral se dit et se donne dans l’enfant de la crèche, à travers le coté ouvert du Crucifié et la rencontre du Ressuscité. Notre nouveau siècle n’est-il pas hanté, consumé de l’intérieur par cette nouveauté divine si lointaine, si proche, passée et à venir ?

Samuel Rouvillois. 

culture-foi.blogs.la-croix.com

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Obéissance = coucouche panier ??

14 Février 2014, 09:30am

Publié par Fr Greg.

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On affirme souvent que l’obéissance est une vertu d’exécution… Certes ! Mais qu’est-ce que l’exécution ? Le peloton d’exécution ? Certaines manières d’exercer ce qui n’est plus l’autorité mais un pouvoir, font qu’il s’agit parfois de cette forme d'extrémité pour la personne qui subit cette tyrannie.

Il est capital, pour comprendre cela, de nous rappeler ce qu’est le commandement, dont l’obéissance dépend.

Saint Thomas d’Aquin souligne, en étudiant la vertu d’obéissance, qu’elle a pour objet « un précepte tacite ou exprimé » (Somme théologique, II-II, q. 104, a. 2). De la sorte, « celui qui obéit est mû par le commandement (per imperium) de celui à qui il obéit » (ibid., a. 4), ce qui engage entre eux une relation de justice : « L’obéissant est mû au commandement (ad imperium) de celui qui prescrit, par une certaine nécessité de justice » (ibid., a. 5). À la différence des réalités naturelles qui sont mues selon une nécessité de la nature, déterminées ad unumdans leur mouvement, la relation d’obéissance et d’autorité est une relation humaine : elle engage une coopération entre deux personnes, l’une ayant l’autorité, l’autre lui obéissant, qui s’exerce au sein d’un acte humain, intelligent et volontaire, en vue de la fin pour laquelle elles sont engagées dans cette relation de coopération : le maître et le disciple dans la recherche de la vérité, les parents et les enfants dans l’éducation, etc.

À Dieu seul est due une obéissance radicale et en toutes choses. Aux hommes, l’obéissance est due seulement selon la juste relation d’autorité et de subordination qui les unit, dans tel domaine et sous tel aspect : le soldat obéit à l’officier en tant que celui-ci lui donne un juste commandement dans le combat, en vue de la victoire. C’est en effet sous ce rapport que l’officier a autorité sur lui, mais non pas en ce qui regarde, par exemple, sa vie de famille ou ses convictions religieuses. Il est juste pour le soldat de respecter son chef et de lui obéir, en tant qu’il exerce sur lui une juste autorité, c’est-à-dire dans le domaine qui est le sien. Par le fait même, un inférieur, affirme saint Thomas, « n’est pas tenu d’obéir à son supérieur s’il lui prescrit quelque chose en quoi il ne lui est pas soumis » (ibid., a. 5).

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Puisque l’acte d’obéissance (et donc la vertu qui en dépend), porte précisément sur l’exécution d’un commandement (imperium), il est évidemment essentiel de se demander ce qu’est l’imperium. Saint Thomas précise qu’il est un acte d’intelligence et non pas de volonté : « Commander (imperare) est essentiellement un acte de la raison : celui qui commande (imperans), en effet, ordonne celui à qui il commande pour qu’il accomplisse quelque chose » (Somme théol., I-II, q. 17, a. 1). Ordonner relève de l’intelligence : c’est mettre un ordre dans l’exécution et déterminer ce qui, hic et nunc, demande d’être accompli. Telle chose est première dans l’exécution : le reste « disparaît » pour ainsi dire : il est relativisé, et l’usage volontaire s’applique à ce qui est déterminé comme premier dans l’exécution, puis à ce qui est second.

Dans ce moment de l’acte humain qu’est l’imperium, la fin (et donc l’intention volontaire qui porte sur celle-ci), est présente en acte comme la lumière à partir de laquelle nous déterminons l’ordre dans l’exécution. Par exemple, pour le soldat, c’est en vue de la victoire dans le combat, toujours poursuivie, qu’ici et maintenant, tel acte est à poser comme premier dans l’exécution.

Le p. M.-D. Philippe précise ainsi que :

« ce qui spécifie l’imperium, c’est de se donner un ordre à soi-même : “Fais ceci”. L’imperium ne porte donc pas sur le bien, mais sur l’exécution actuelle : “Fais ceci maintenant”. Il est dans l’instant présent. L’imperium relève donc proprement de l’intelligence. Il présuppose la volonté mais il est un acte d’intelligence. L’exécution, l’ordre, l’imperium, impliquent une adhésion volontaire, un amour : les hommes de commandement aiment car, sans amour, il y a du laisser-aller et ce n’est plus efficace. Mais la spécificité de l’acte de commandement relève de l’intelligence. L’autorité repose donc sur l’intelligence : il faut être intelligent pour arriver à commander dans l’ordre de l’exécution. Ordonner l’exécution, c’est voir ce que l’on doit faire en premier, en second, en troisième lieu. La volonté aimante est présupposée mais un nouvel acte d’intelligence pratique est nécessaire. L’imperium est immédiatement pratique : cela demande de se réaliser maintenant. Il n’y a rien de spéculatif dans le commandement comme tel, c’est ce qui réclame l’application immédiate » (Retour à la source, t. I, p. 219).

Dans l’acte humain, l’imperium unit donc la lumière actuelle de la fin et notre orientation volontaire vers elle dans l’intention, la connaissance aussi précise que possible de nos capacités actuelles d’agir, et les circonstances dans lesquelles nous agissons ici et maintenant.

Quand il s’exerce sur autrui, l’imperium ne peut se déterminer sans que l’intention profonde de la personne sur qui s’exerce l’autorité soit respectée, ni sans que nous la connaissions dans ses capacités, ni sans que nous nous demandions si, dans les circonstances de temps et de lieu, c’est bien cela qui est à faire. Cela réclame une juste coopération et un exercice éminent de la prudence… Il ne suffit pas de commander pour commander, ni pour être obéi!

Cela nous semble capital, pour ne pas affirmer à tort et à travers que l’autorité consiste dans le pouvoir de commander et que l’obéissance consiste simplement à exécuter la volonté du supérieur… Toutes les tyrannies du pouvoir viennent de ce que l’on oublie que Dieu seul attire à lui la personne humaine tout entière : lui seul a donc autorité plénière sur elle ; l’exercice de l’autorité, même instrumentale, par un homme, exige l’intelligence pratique et la prudence : elle s’exerce en vue de la fin qui, seule, agit de l'intérieur sur la volonté de quelqu'un en l'attirant.

Quant aux formes d’illuminisme dans l’obéissance, elles viennent de ce que l’on ne cherche pas assez la vérité qui rend libre : une âme d’esclave est toujours satisfaite de rencontrer le maître qui la mate. Elle suit son maître ; mais son horizon demeure celui du chien docile.

Il est facile de voir combien, une fois encore, la disparition de la cause finale, considérée comme métaphorique, et le primat de la cause efficiente et de la puissance (ce qui mène à la confusion de l’autorité et du pouvoir dès le XIVème siècle avec Duns Scot et Occam), sont lourds de conséquences pour la conception que l’on a de l’obéissance...

 

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org

 

 

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Consommateur de virtuel...?

13 Février 2014, 10:19am

Publié par Fr Greg.

 

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Chaque minute passée à traîner sur Internet est une perte de temps. Ce n'est pas un membre de votre famille, agacé par votre (in)activité qui vous le dit, mais le Bureau National américain de Recherche Économique (NBER). Selon son étude, une minute passée sur Internet à ne rien faire d'important représente une perte de 0,05 minutes de socialisation, de 0,27 minutes de travail, de 0,04 minutes de détente (hors ordinateur) et de réflexion ainsi que de 0,12 minutes de sommeil.

Cette étude se base sur l'enquête américaine sur l'utilisation du temps, qui suit 13 000 Américains durant 24 heures et détaille la manière dont ils passent leur journée. Elle a permis à Scott Wallsten, son auteur, de déterminer comment le temps passé à traîner sur Internet "prend le pas sur les autres formes de loisirs, telles que regarder la télévision, la socialisation, assister à des fêtes ou à des manifestations culturelles".

Si cette perte de temps est de plus en plus importante, elle n'est pas forcément le signe d'une addiction à proprement parler. Selon Elisabeth Rosset, psychologue à l'hôpital Marmottan de Paris que nous avons contactée, "nous sommes dépendants d'Internet, comme nous le sommes de nos portables. L'addiction induit une notion de souffrance et de comportement que l'on ne peut pas arrêter de reproduire alors qu'Internet fait tout simplement partie d'un certain nombre d'éléments que nous avons intégrés à nos vies et dont nous ne pouvons-nous passer parce que beaucoup de nos actions en dépendent". 


Les activités qui pâtissent du temps perdu à ne rien faire sur Internet.

Pourquoi, dans ce cas, préférer ce média à des loisirs pratiqués dans la vie réelle ? "Parce que l'ordinateur est à portée de main, explique-t-elle simplement. L'accès à un produit est la première cause de sa consommation. De plus, Internet ne requiert aucun effort physique". S'il est mauvais de s'enfermer, "gaspiller" du temps sur le Net ne serait, en revanche, pas forcément mauvais : "On a besoin de temps pour couper de sa famille ou de son travail".

L'étude a également démontré qu'Internet était principalement utilisé de 9h à 17h, avant de culminer autour de 22h. Mais, plus étonnant, les travaux de Wallsten révèlent que le temps passé à s'amuser sur Internet varierait en fonction de la catégorie sociale, du niveau d'études et de l'ethnie. Ainsi, plus les revenus d'une personne sont élevés, plus elle va passer de temps à se détendre sur Internet. A contrario, ceux qui disposent de revenus compris entre 5 000 dollars et 15 000 dollars par an n'usent pas vraiment de ce média. L'étude suggère que ce constat s'explique tout simplement par l'absence d'accès à Internet chez les membres de ce groupe.


Le temps passé à socialiser "hors-ligne" a fortement diminué ces dernières années.

Le temps gâché sur Internet diminue en revanche en fonction des diplômes. Les titulaires d'un doctorat ne perdent par exemple que très peu de temps sur le Web, au contraire des sans diplôme et des diplômés du secondaire. "On peut penser que les plus diplômés utilisent Internet dans un but précis, suggère le Dr Rosset. Ils viennent chercher une information, la trouvent et s'en vont".

La répartition ethnique de cette consommation d'Internet - un classement qui serait impossible en France - montre, enfin, que les blancs-asiatiques-hawaïens passent près de 50% de leur temps libre sur Internet. Un taux supérieur à celui des blancs-asiatiques, des noirs et des blancs caucasiens.

Selon le Dr Rosset, "cette étude prouve surtout que nous sommes tous un peu dépendants à Internet sans que cela soit forcément un problème et que son usage n'est pas aussi défini qu'on ne le pense. La majorité d'entre nous va sur Internet sans savoir à l'avance ce qu'il va y faire. C'est un univers accessible dans lequel il est finalement très facile de traîner et, donc, de 'perdre du temps'".

 

www.atlantico.fr

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Hang

12 Février 2014, 10:00am

Publié par Fr Greg.

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De la calomnie...

11 Février 2014, 09:00am

Publié par Fr Greg.

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C´est d´abord rumeur légère, Un petit vent rasant la Terre
Puis doucement, vous voyez calomnie
Se dresser, s´enfler, s´enfler en grandissant

Fiez-vous à la maligne envie
Ses traits lancés adroitement
Piano, piano, piano, piano
Piano par un léger murmure
D´absurdes fictions
Font plus d´une blessure

Et portent dans les cœurs
Le feu, le feu de leurs poisons

Le mal est fait, il chemine, il s´avance
De bouche en bouche il est porté
Puis riforzando, il s´élance
C´est un prodige en vérité

Mais enfin rien ne l´arrête
C´est la foudre, la tempête

Un crescendo public
Un vacarme infernal 
Elle s´élance, tourbillonne
Étend son vol, éclate et tonne
Et de haine aussitôt un chorus général
De la proscription a donné le signal

Et l´on voit le pauvre diable
Menacé comme un coupable
Sous cette arme redoutable
Tomber, tomber terrassé

 

d'après Beaumarchais.


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JE ME SUIS SENTI EN VIE...

10 Février 2014, 10:12am

Publié par Fr Greg.

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Je me suis senti en vie

Sur la route de Mandalay à Dumaguete
Quand la nuit est tombée
Aux parfums de cannelle
De coriandre
De feuilles de palmes brûlées
Et de noix de coco calcinées

Je me suis senti en vie
sur la moto
tu te serrais contre moi

Des moustiques au corps d’acier de grands papillons nous sautaient au visage
Et Avec l’accident là près de ce bidonville
Lorsque le ballon de basket a glissé des mains de l’enfant
     
Je me suis senti en vie

La mort aurait pu trouver nos corps repus  
Et qui sait :
Nos deux âmes salées se seraient peut-être unies  
Au pied d’un manguier ?


Michel Sigalla

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Quel lien entre philosophie réaliste et philosophie idéaliste ?

9 Février 2014, 10:56am

Publié par Fr Greg.

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Il est important de savoir quel est le lieu où se fait le déraillement entre une philosophie réaliste et une philosophie idéaliste, étant donné que notre philosophie européenne a les deux. Si je suis dans une philosophie du progrès, l’idole moderne, on a l’électricité. C’est mieux que la bougie. On a l’automobile, l’avion. La conquête de l’espace comme dépassement du conditionnement humain, c’est énorme. Si on était réduit à revenir au Moyen Âge, je ne sais pas combien parmi nous pourraient vivre, parce qu’il y a quelque chose de la modernité qu’il y a en nous et parce qu’on a besoin d’expansion.

La modernité a commencé quand l’Europe a éclaté vers l’Amérique. Historiquement, du point de vue temporaire, c’est cela. Cela a éclaté en théologie au 14e, 15e et 16e siècles, mais pendant mille ans la chrétienté est restée dans la substance. Il est important de comprendre le ad et le in, l’enracinement dans la substance. Le ad est « tourné vers » et le in est dans la substance. Le ad, c’est l’idéalisme d’une certaine manière, une respiration qui nous fait sortir et nous donne ce « fous le camp », ce dépassement sans frontière. C’est l’intelligence qui donnera la signification à ce ad. Le réalisme, c’est le ad qui s’enracine dans la substance et c'est le in qui fondera ce ad. Il y aura une signification réaliste. Le ad peut donc assumer les deux, l’aspect idéaliste et l’aspect réaliste. Vous avez le pendant avec le temps.

Le temps fait aussi d’une certaine manière le lien entre une philosophie réaliste et une philosophie idéaliste, parce que la signification parfaite du temps c’est l’intelligence qui la donne. Sans intelligence humaine, il n’y a pas de temps au sens propre. Il n’y a qu’un temps matériel. Le fondement du temps, c’est l’intelligence qui en donne la signification. Donc je suis idéaliste. Il est important de voir ces deux catégories, le ad, la relation et le temps, parce que tous les deux sont des frontières : le temps au niveau du devenir et le ad au niveau de l’être. Vous avez une frontière entre une position subjective idéaliste et une position objective réaliste. Ce sont les deux frontières.

 

C’est dans les gares de triage qu’on peut comprendre que l’intelligence peut si facilement dévier. On peut commencer avec le réalisme, puis à 45 ans, à l’âge politique, on devient idéaliste, parce que c’est si fatigant d’être réaliste et si reposant d’être idéaliste. Au moins, on est au-dessus, tandis qu’avec le réalisme, on est obligé de tenir compte de toutes les circonstances dans lesquelles on est. C’est très fatigant. Il faut beaucoup de force pour rester réaliste toute sa vie, alors qu’il faut beaucoup d’imagination pour devenir idéaliste.

+ MD Philippe.

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Les hommes fermés.

8 Février 2014, 08:43am

Publié par Fr Greg.

 

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Un médecin s’était fait un bureau portatif dans le couloir de l’hôpital. Plusieurs fois par jour, assis sur un tabouret devant une table roulante, il scrutait des chiffres sur un écran dont le sang bleu semblait celui d’un fantôme. On ne pouvait alors rien lui demander. Les ordinateurs doivent être très malades pour qu’on s’occupe autant d’eux. Les chiffres grignotent les poutres du monde. Ils avancent, ils avancent. Un jour il ne restera plus que la poésie pour nous sauver. Je ne parle pas ici d’un genre littéraire ni d’un bricolage sentimental. Je parle de la déflagration d’une parole incarnée. Seuls rendent habitable le monde les bégaiements d’une parole qui ne doit rien à la triste perfection d’un savoir-faire. La pianiste Zhu Xiao-Mei a été déportée cinq ans en Mongolie. Jean-Sébastien Bach est venu en personne la délivrer : elle s’est dans son exil souvenue des partitions apprises par cœur. Elle les jouait en appuyant ses doigts sur le clavier de l’air. Il y a un flux dans la vie qui est toute la vie. Une onde lumineuse. Quelque chose d’invincible qui tremble. Il faut, dit-elle, quand on joue Bach, porter « chaque phrase comme on le ferait d’une bougie qu’on ne veut pas voir s’éteindre un soir de vent ». C’est une jolie façon de parler de la musique. Jolie et juste. Parler par images c’est s’adosser à l’arbre de Vie. La poésie capture les choses telles que Dieu les voit à l’instant où il les crée et où elles lui glissent des mains. Cette pointe de feu dans le langage – les chiffres s’en écartent. La pianiste, sortie du camp de rééducation, vit dans l’Occident riche où, dit-elle, tout est beaucoup plus dur que dans un camp. Personne ne veut entendre cette parole-là. Les hommes fermés ont fait main basse sur le langage. Les chiffres avancent, avancent. Un jour nous lèverons la tête sur le ciel et nous ne verrons plus qu’un panneau d’affichage avec les prix d’entrée pour le paradis. La pianiste est parfois atteinte dans ses concerts d’une discrète fatigue. Se hausser sur le bout des pieds pour toucher le ciel étoilé, c’est fatigant. Elle oublie une note ou deux. La grâce la récompense.

C’est une maladie mortelle que d’être professionnel jusqu’au bout des ongles. Qu’est-ce que l’humain, sinon ce qui ne supporte pas les chiffres, le terrible savoir-faire ? Dans les tableaux du peintre De La Tour, la flamme d’une bougie représente l’âme. Elle éclaire des mains qui ont l’intelligence de ne rien faire. Des mains qui réfléchissent, on les dirait en cire. Le monde moderne n’est qu’une tentative de moucher la chandelle de l’âme, afin que brille dans le noir la seule brillance hypnotisante des chiffres. L’âme, vous savez, cette pianiste qui joue toujours la note d’à côté, que le monde ne veut pas engager parce qu’elle manque d’habileté et dont il dit : « enlevez moi ça, tout ira mieux sans elle »

Christian Bobin.

www.lemondedesreligions.fr

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MUD

7 Février 2014, 09:02am

Publié par Fr Greg.

 

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. Si le personnage qui donne au film son titre, est un adulte et l'occasion de voir un Matthew McConaughey formidable (comme dans le Killer Joe de Friedkin) interpréter un fugitif fou amoureux se cachant sur une île, le héros de l'histoire est un jeune adolescent, Ellis (incroyable Tye Sheridan déjà  vu dans Tree of life en fils de Brad Pitt). A travers lui, Nichols va aborder avec pudeur et sobriété les premiers traumas d'une vie : la douleur et l'incompréhension face à la cellule familiale qui se disloque, la frustration et la souffrance face à un amour non partagé, la trahison de la confiance donnée,...

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Non content de jouer cette carte exaltante de l'aventure humaine qui transforme une existence, le réalisateur n'a pas peur de mélanger les genres, Mud jouant aussi la carte du polar et de la romance. La rencontre entre Ellis (et son meilleur ami) et Mud et l'aide qu'ils vont lui apporter pour qu'il puisse quitter son île et retrouver sa belle (Reese Whiterspoon à qui le drame va si bien) ouvre les portes du suspense (Mud va-t-il être arrêté par la police ou être tué par les hommes engagés par un père vengeur ?) et de l'amour tragique (les deux amants arriveront-ils à être à nouveau réunis ?). La maîtrise formelle et narrative avec laquelle le jeune cinéaste parvient à constamment rebondir sur tous ces arcs narratifs, impressionne. Il se permet même le luxe de créer quelques seconds rôles annexes qui auront leur petit mot à dire dans un climax redoutable d'efficacité et d'émotion (Sam Shepard et le fidèle Michael Shannon).

Il y a une telle richesse dans ce Mud là que le temps n'a pas d'emprise sur notre attention (ça dure plus de deux heure, vraiment, vous êtes sûrs ?) et nous d'admirer une Amérique profonde si cinégénique tout en étant le meilleur film à hauteur d'enfants vu depuis longtemps.  La palme du cœur !

 

 

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Ne peignons que ce que nous avons vu, ou ce que nous pourrions voir...

6 Février 2014, 10:45am

Publié par Fr Greg.

 

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"Je n’aime pas les primitifs. Je connais mal Giotto. Il faudrait que je le voie. Je n’aime que Rubens, Poussin et les Vénitiens... Il est plus facile, écoutez-moi bien, de signifier Dieu par une croix que par l’expression d’un visage.

 

Les auréoles, les nimbes, autour du Christ, des Vierges et des saints, on n’aperçoit qu’elles. Elles s’imposent, elles me gênent. Que voulez-vous ? On ne peint pas des âmes. On peint des corps, et quand les corps sont bien peints, foutre ! L’âme, s’ils en avaient une, l’âme de toutes parts rayonne et transparaît".


À propos de Clemenceau :

"Cet homme ne croyait pas en Dieu. Comprenez-vous, j’en avais le cœur net. Allez faire un portrait, avec ça..."

 Paul CÉZANNE.

Propos rapportés par Joachim GASQUET
dans Cézanne, Paris, Bernheim jeune, 1921.

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Croire réclame de constamment dépasser ce qui vient de nous !

4 Février 2014, 09:26am

Publié par Fr Greg.

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La foi est contemplative: elle nous met face à Celui qui nous devance, qui s'impose à nous et qui n'est pas dans notre prolongement! (Contempler, c'est être pris par -un paysage, un regard, un sourire...- qui s'impose à nous. C'est donc dépasser tout ce qui vient de nous et être 'pris' par ce qui s'impose à nous, se laisser déborder par ce qui est et qui s'impose ! ) Croire réclame donc cette recherche naturelle de ce qui est avant nous et nous dépasse, donc de dépasser ce qu'on fait, nos choix, tout ce qui vient de nous ou dépend de nous, pour se remettre face à ce qui nous devance et que l'on n'a pas fait ! Et cela dans nos plus simples expériences. (En cela tout ce qui existe et qui s'impose à nous: la nature, les éléments naturels, le temps, un enfant,toute personne... éduquent notre esprit à sortir de notre idéalisme! ) Sinon, notre regard sur Dieu sera anthropomorphique, nos luttes seulement politiques, nos désirs: une volonté de  perfection bien idéale et souvent très tyrannique et notre salut: un messianisme temporel ! La foi réclame donc de cultiver cette pauvreté radicale de l'intelligence face au réel, pour ne pas être pris par la séduction de nos propres idées que l'on idolâtre vite ! fr Grégoire.

  

La laïcité d'aujourd'hui est imprégnée des idéologies athées. Donc on a affaire à une culture qui explicitement a refusé l'existence de Dieu, qui refuse l'existence de Dieu. Il faut être doublement armé, pas simplement dire que dans l'homme il y a une attitude religieuse, un appel vers le point de vue religieux. Ce n'est plus suffisant. Il faut qu'on puisse montrer les erreurs, les contradictions qui existent dans ces idéologies athées. Pour pouvoir faire cela, il n'y a qu'une seule manière. C'est la métaphysique. Parce qu'il faut répondre positivement. Il faut découvrir la vérité et pouvoir montrer la grandeur de cette vérité.

Dans le monde d'aujourd'hui, il y a une urgence très particulière à reprendre sérieusement le problème métaphysique. Aujourd'hui on en a besoin, parce que partout il y a un appel. La philosophie européenne, la philosophie américaine touche un fond de fragilité. Ce n'est plus sérieux au sens profond. Cela reste logique. Il y a les apparences d'une argumentation. Il y a des apparences, mais il n'y a pas une pensée profonde qui déblaie le terrain, montre la voie et montre que l'intelligence humaine est faite pour découvrir une vérité première, une vérité qui est la Vérité, qui est une Personne.

Chacun d'entre nous avec les expériences que nous avons, du contexte historique et du contexte humain que nous avons connu et que nous connaissons, on doit comprendre qu'il y a un appel et que nous n'avons pas le droit de tourner le dos en disant : tant pis.

C'est le cri du petit Agar dans le désert. Il a soif. Sa mère, fatiguée d'entendre le cri, s'éloigne. C'est Dieu qui les regarde d'une source cachée. Cette source cachée est premièrement pour nous cette philosophie qui aboutit à la métaphysique. Les jeunes crient cela. Ils ont soif de trouver une vraie philosophie. Donc je dirai la nécessité pour nous de la philosophie première aujourd'hui. Donc la première exigence en tant que chrétien : répondre aux hommes d'aujourd'hui. Pourquoi la métaphysique ? Parce que l'Église l'affirme (Vatican I) que l'intelligence humaine doit pouvoir par elle-même découvrir l'existence de Dieu. Le point le plus délicat est cette affirmation : l'intelligence humaine est capable par elle-même de découvrir l'existence de Dieu. Or, aujourd'hui, cela a pénétré dans l'Église catholique. Dans l'Église catholique, des quantités refusent cela et affirment que seule la foi peut

affirmer l'existence d'un Être premier. Il faut pouvoir du point de vue de l'intelligence découvrir la nécessité de poser un Être premier, la nécessité de découvrir l'unité première, la nécessité de découvrir que l'intelligence est faite pour l'absolu. La parole d'Aristote est très forte : « on fait de la philosophie première pour découvrir ce qu'est l'intelligence et Dieu ». Ce n'est pas pour autre chose. Si on est catholique, c'est une nécessité. Or la seule voie d'accès par laquelle nous pouvons rejoindre l'Être premier, c'est celle de l'être. Il y en a plein d'autres qui n'aboutissent pas. Si on ne la découvre pas, notre intelligence sera errante. Il ne faut pas dire : moi, je ne suis pas spéculatif !

Vatican I parle à l'homme chrétien. Il parle à l'homme croyant. C'est trop facile de dire : moi, je n'ai pas la tête philosophique. Cela veut dire qu'il y a beaucoup de paresse derrière tout cela. On a son rythme et on est tous des hommes.

On a tous une intelligence et la métaphysique est chose naturelle. Il est très difficile de faire des mathématiques quand on n'a pas du tout la bosse et qu'on est plutôt littéraire, tandis que la philosophie, c'est l'intelligence comme telle. C'est l'intelligence comme telle qui cherche la vérité. Quand c'est l'intelligence comme telle qui cherche la vérité, c'est pour tout homme. C'est une recherche à l'égard d'une Personne qui nous aime, à l'égard d'une Personne qui est notre Créateur, à l'égard de la Source cachée dont nous dépendons tous. Nous avons tous été créés par Dieu et notre âme a été créée par Dieu. Donc, si notre âme a été créée par Dieu, il y a une connaturalité souterraine, mais radicale, entre notre Créateur et notre intelligence. Cette connaturalité, nous devons la découvrir. Toute œuvre philosophique est faite pour cela.

 

La nécessité de la métaphysique, pourquoi ? M'éveiller à cette recherche de l'Être premier. L'Être premier, source de tous les autres, dont tous les autres dépendent. C'est cela qui est capital à découvrir. Ce n'est pas commode de suivre un cours de métaphysique, mais c'est le souci que votre intelligence s'éveille à quelque chose dont elle n'est pas éveillée. Elle doit être éveillée à cette recherche du réel profond pour aboutir à ce qu'il y a de fondamental et de premier dans la réalité. C'est pour cela qu'il est très difficile de s'éveiller à la métaphysique dans un cours qui est uniquement un cours universitaire, parce que le climat n'y est pas. L'éveil de l'intelligence est quand même quelque chose de sacré. Ce n'est pas profane, puisque c'est le point de contact de mon intelligence avec Celui qui est la Source de mon intelligence, qui est Dieu. Je crois qu'il faut une motion spéciale de Dieu pour entrer en métaphysique, une motion naturelle du gouvernement de Dieu. Dieu a créé notre intelligence, notre âme spirituelle. Si Dieu a créé mon âme spirituelle, Dieu veut que mon intelligence puisse s'éveiller comme intelligence et puisse redécouvrir par elle-même sa source, son Père. Il y a donc là quelque chose qui est assez unique dans le sens profond. Tant qu'on n'a pas découvert cela, on est complètement à côté de la plaque. En découvrant ce qui est comme être, vous découvrez que votre intelligence est faite pour Dieu. Réellement, vous découvrez qu'il y a un appel, la découverte de la source cachée. Vous ne faites pas de la métaphysique pour quelque chose d'utile. La métaphysique n'est pas de l'ordre utile. Elle est de l'ordre contemplatif. C'est Dieu qui nous y introduit, mais il y a aussi un éveil de l'intelligence. Cet éveil de l'intelligence se fera par la philosophie première. C'est par là qu'il y aura un éveil vers quelque chose qui me dépasse. La philosophie première est ordonnée à la contemplation.

+ MD Philippe.

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Éternelles disgrâces

4 Février 2014, 08:42am

Publié par Fr Greg.

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Je me trompe si souvent que, lorsque je lis un livre de sagesse, je me sens comme une fourmi devant sa perfection de montagne blanche. Ouvrant L’Imitation de Jésus Christ traduite du latin par Corneille, je réveillai cette phrase: « La vie est un torrent d’éternelles disgrâces. » Sa puissance et lallégresse paradoxale de son ton éclaboussèrent de bonne humeur ma journée à venir. La traduction de Corneille faisait de mes yeux deux nouveau-nés éblouis. Les poètes sont les rebouteux de l’invisible. La simple autorité des mots remet l’âme d’équerre. Il était neuf heures du matin et j’entrais ravi dans le torrent d’éternelles disgrâces. Le chant du coucou avait retenti dès que j’avais poussé les volets. Il me donnait de bonnes nouvelles de cet autre monde qui n’est séparé du nôtre que par notre distraction. Un ange jouait au ping-pong par-dessus le filet des apparences. Sa petite balle de soleil tapait en plein cœur. Il y a quelque chose de talmudique dans l’appel du coucou, comme une question plus précieuse que toutes les réponses qu’on pourrait lui apporter. Dans le jardin, les fleurs jaunes et vert amande portant le nom de l’oiseau affichaient la même confiance enjouée. J’entendais aussi un pivert délivrant de la corne de son bec les ondes endormies dans l’écorce d’un bouleau. De voir le chat bondir sur un papillon avec la grâce aristocratique d’un Noureev me révéla les origines félines de la danse. Les bêtes et les saints ont toujours le mouvement juste.

Tous nos arts ont une racine primitive. L’écriture a la dureté d’une flèche vibrant dans le flanc d’un cerf en fuite. L’élégance serait d’écrire sans que personne s’en aperçoive. Emily Dickinson y est presque parvenue. Nous vivons tous dans le « presque » - c’est l’arbre depuis lequel nous lançons nos chants. Dans le chant indéfiniment relancé du coucou, sous sa lumière, un grain de désespoir, un grain seulement. Quand une montagne de découragement s’élève en une seconde devant moi, je cherche le chemin de contrebandier qui permettra de la franchir. Il y en a toujours un. Un bourdon au col d’Astrakan fourrageait dans l’or d’un pissenlit. Parfois, il glissait et tombait du soleil sur lequel il remontait aussitôt en grommelant. Je n’avais jamais vu quelqu’un travailler avec autant de courage - Bach peut-être. Les grâces de la nature nous sont données par les morts pour nous aider à vivre encore. « La vie est extraordinairement simple », dit le coucou sans souci d’être cru. Lorsque je me tourne vers le passé, je reçois en plein visage les rayons du visage de mon père. La grande lumière passe par de minuscules brèches. Une semaine avant sa propre disparition, mon père avait tenu entre ses mains un pivert qui venait de mourir dans le jardin de la maison de cure: une tiède Bible de plumes turquoise, dont une brise soulevait les pages obscures, toutes consacrées à une ardente méditation sur « l’éternel torrent de disgrâce » qu’est la vie irrésistible

Christian Bobin.

 

 

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« Il nous a faits et nous sommes à lui, nous son peuple, son troupeau » (Ps 100, 3)

2 Février 2014, 10:00am

Publié par Fr Greg.

 

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« C'est Jacob que le Seigneur a choisi, Israël dont il a fait son bien » (Ps 135, 4). Eh bien, nous sommes la "propriété" de Dieu non pas au sens de la possession qui rend esclaves, mais d’un lien fort qui nous unit à Dieu et entre nous, selon un pacte d’alliance qui demeure pour l’éternité «car éternel est son amour» (Ps 136). Dans la vocation du prophète Jérémie, Dieu rappelle qu’il veille continuellement sur chacun, afin que sa Parole se réalise en nous. L’image est celle de la branche d’amandier qui fleurit avant tous les autres, annonçant la renaissance de la vie au printemps (cf. Jr 1, 11-12). Tout provient de lui et est don de lui ; le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir, mais — rassure l’apôtre — « vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu » (1 Co 3, 23). Voilà expliquée la modalité d’appartenance à Dieu: à travers le rapport unique et personnel avec Jésus, que le Baptême nous a conféré dès le début de notre renaissance à une vie nouvelle. C’est donc le Christ qui nous interpelle sans cesse par sa Parole afin que nous mettions notre confiance en lui, en l’aimant «de tout notre cœur, de toute notre intelligence et de toute notre force» (cf. Mc 12, 33). C’est pourquoi chaque vocation, malgré la pluralité des voies, demande toujours un exode de soi-même. C’est un exode « qui nous conduit à un chemin d’adoration du Seigneur et de service à lui dans nos frères et sœurs». C’est pourquoi nous sommes tous appelés à adorer le Christ dans nos cœurs (cf. 1 P 3, 15), pour nous laisser rejoindre par l’impulsion de la grâce contenue dans la semence de la Parole, qui doit croître en nous et se transformer en service concret de notre prochain. Nous ne devons pas avoir peur : Dieu suit avec passion et habileté l’œuvre sortie de ses mains, à chaque saison de la vie. Il ne nous abandonne jamais! Il a à cœur la réalisation de son projet sur nous, mais il entend cependant l’obtenir avec notre assentiment et notre collaboration.

 

 Aujourd’hui aussi, Jésus vit et chemine dans les réalités de la vie ordinaire pour s’approcher de tous, à commencer par les derniers, et nous guérir de nos infirmités et de nos maladies. Je m’adresse à présent à ceux qui sont bien disposés à se mettre à l’écoute de la voix du Christ qui retentit dans l’Église, pour comprendre quelle est leur vocation propre. Je vous invite à écouter et à suivre Jésus, à vous laisser transformer intérieurement par ses paroles qui « sont esprit et sont vie » (Jn 6, 63). Marie, la Mère de Jésus et la nôtre, nous répète à nous aussi: « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5). Cela vous fera du bien de participer avec confiance à un chemin communautaire qui sache libérer en vous et autour de vous les meilleures énergies. La vocation est un fruit qui mûrit dans le champ bien cultivé de l’amour réciproque qui se fait service mutuel, dans le contexte d’une authentique vie ecclésiale. Aucune vocation ne naît toute seule ou ne vit pour elle-même. La vocation jaillit du cœur de Dieu et germe dans la bonne terre du peuple fidèle, dans l’expérience de l’amour fraternel. Jésus n’a-t-il peut-être pas dit: « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35)?

 

FRANÇOIS, pape.

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Après un grand amour

1 Février 2014, 10:45am

Publié par Fr Greg.

 

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Après un grand amour c’est comme après la mort pour ceux qui en réchappent : on s’étonne du temps qui reste. On ne veut plus l’occuper, ce temps. Comme tous ceux qui reviennent  des blanches autoroutes d’un coma, on garde au fond de l’âme la douceur irradiée du grand amour. Elle tient lieu désormais de volonté et de désir. Elle tient lieu d’avenir.

Toi que j’ai si longtemps aimée, je t’aime encore et c’est comme l’eau claire de la chanson, jamais je ne t’oublierai.

Avant de te connaître, j’entrevoyais quelque chose de toi dans les visages passés à l’encre sentimentale des livres. Et puis j’ai quitté cet imaginaire- là ; Le grand amour nous engloutit si fort dans un seul attachement que la lassitude vient un jour de tous les attachements, que s’en est fini de tout mensonge sentimental et qu’il ne reste rien que l’amour nu. L’amour n’est pas un sentiment. Tous nos sentiments sont imaginaires et,  si profonds soient-ils, nous n’y rencontrons que nous-mêmes c’est-à-dire personne. L’amour n’est rien de sentimental. L’amour est la substance épurée du réel, son atome le plus dur. L’amour est le réel désencombré de nos amours imaginaires.

 Christian Bobin, L’épuisement.

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les chrétiens sont souvent paresseux !

31 Janvier 2014, 10:06am

Publié par Fr Greg.

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Il est important aujourd’hui que des chrétiens fassent de la philosophie, parce qu’avec la philosophie ils parlent à tous les hommes avec un langage humain. Si je suis chrétien, j’ai un privilège de parler la langue de Dieu en tant que croyant. Mais la langue de Dieu, extérieurement, est comme la langue de tous les hommes. Dieu a voulu l’incarnation. Il a voulu prendre le langage de tout le monde et, dans la signification de la Parole de Dieu, il y a une signification que seul le croyant atteint. Le philosophe parle un langage humain qui doit être compréhensif pour tous les hommes.

La philosophie regarde le « pourquoi », alors que la foi donne d’une certaine façon une connaissance qui va beaucoup plus loin. Il faut citer une remarque de Merleau-Ponty : « Je n’aime pas parler à des catholiques, parce qu’ils savent ». Sa réaction est une critique, car la philosophie est une recherche constante. Dans ce sens, il avait raison. Le philosophe cherche toujours, parce qu’il sait que plus il avance, plus il a des contacts avec des hommes différents et plus il peut creuser certaines choses qu’il n’avait pas vues avec assez de netteté. Enseigner, c’est être avec des jeunes. Quand on enseigne, on aime avoir les réactions de ceux qui vous ont écouté.

 

Le philosophe parle à l’homme et non au croyant. Le croyant, qui parle au croyant, sait ce qu’il dit. Le philosophe, qui parle au croyant, parle en philosophe. On peut réfléchir ensemble sur la dignité et sur la valeur de l’homme. La grâce ne supprime pas la personne humaine, la nature humaine. Elle la présuppose. Mais les chrétiens sont souvent paresseux. J’ai la foi, donc je sais. Non. On sait que Dieu sait tout et on reçoit des lumières. Mais Dieu n’aime pas les paresseux et la foi ne supprime en rien la recherche philosophique, bien au contraire. Si je suis un croyant, je dois aimer la recherche de la vérité. Cette recherche de la vérité au niveau proprement humain, au niveau de la connaissance scientifique, philosophique, mathématique demeure, pour que je puisse parler à tous les hommes. Le monde actuel est dominé par les mathématiques et par la science qui sont mesurées par l’efficacité.

 + MD Philippe.

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Voir ce qui est, tel qu'il est...

30 Janvier 2014, 10:00am

Publié par Fr Greg.

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«En tout, j'obéis à la Nature et jamais je ne prétends lui commander. Ma seule ambition est de lui être servilement fidèle.» Mais sa sculpture n'est pas pour autant un moulage: Le moulage ne reproduit que l'extérieur; moi je reproduis en outre l'esprit, qui certes fait bien aussi partie de la Nature. Je vois toute la vérité et non pas seulement celle de la surface. J'accentue les lignes qui expriment le mieux l'état spirituel que j'interprète (...) Le sentiment, qui influençait ma vision, m'a montré la Nature telle que je l'ai copiée (...) Si j'avais voulu modifier ce que je voyais, et faire plus beau, je n'aurais rien produit de bon. Le seul principe en art est de copier ce que l'on voit»

A Rodin. L'Art, pp. 49-52.

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L'artiste, l'écoute de ce qui est plus grand que lui...

29 Janvier 2014, 10:00am

Publié par Fr Greg.

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Un artiste, voyez-vous, il n’y a ni gloire ni ambition qui compte pour lui. Il doit faire son œuvre parce que le bon Dieu le veut, comme un amandier fait sa fleur... comme l’escargot fait sa bave.

 

La nature vue, la nature sentie, celle qui est là (il montrait la plaine verte et bleue), celle qui est ici (il se frappait le front) qui toutes deux doivent s’amalgamer pour durer, pour vivre d’une vie moitié humaine, moitié divine, la vie de l’art, écoutez un peu... la vie de Dieu.

 

Je veux, moi, me perdre en la nature, repousser avec elle, comme elle, avoir les tons têtus des rocs, l’obstination rationnelle du mont, la fluidité de l’air, la chaleur du soleil. Dans un vert, mon cerveau tout entier coulera avec le flot séveux de l’arbre. Il y a devant nous un grand être de lumière et d’amour, l’univers vacillant, l’hésitation des choses. Je serai leur olympe, je serai leur dieu. L’idéal au ciel s’épousera en moi. Les couleurs, écoutez un peu, sont la chair éclatante des idées de Dieu. La transparence du mystère, l’irisation des lois.

 

Les artistes, aux vieux temps, étaient les maîtres d’enseignement de la foule. Tenez, vous voyez Notre-Dame là-bas. La création et l’histoire du monde, les dogmes, les vertus, la vie des saints, les arts et les métiers, tout ce qu’on savait alors était enseigné par son porche et ses vitraux. Comme dans toutes les cathédrales de France, d’ailleurs. Le moyen âge apprenait sa foi par les yeux, comme la mère de Villon... le paradis où sont harpes et luths.

 

C’était la vraie science, et c’est tout l’art religieux. Ce que l’abbé Tardif, votre ami, dit qu’on trouve dans saint Thomas, le peuple le cherchait dans les statues du portail, à son église. Cet ordre, cette hiérarchie, cette philosophie, allez, ça valait la Somme et pour nous c’est plus vrai, puisque c’est plus beau et que nous le comprenons encore sans efforts.

 

Paul CÉZANNE.

Propos rapportés par Joachim GASQUET dans Cézanne.

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Rodrigo y Gabriela !

28 Janvier 2014, 10:00am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

 

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