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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

L'espérance en Marie... (XI)

24 Août 2011, 05:34am

Publié par Father Greg

 

 

5589767581_74b5c6298e.jpgMarie est entrée dans cette éducation nouvelle de l’Esprit Saint, qui est vraiment une pédagogie nouvelle, et qui est en même temps la pédagogie dernière de l’Esprit saint ; c’est la loi inverse de la pédagogie humaine. Dans la pédagogie humaine, on commence par éduquer par la nourriture, et ensuite on éduque par la parole. Et la première éducation que nous avons reçue de notre mère, c’est la nourriture. Et la dernière éducation que l’Esprit Saint donne, c’est la nourriture : il nous demande d’être comme des tout-petits, et c’est pour cela qu’il nous éduque par l’Eucharistie.

 

Il a éduqué Marie par l’Eucharistie, il lui a demandé d’être toute petite ; celle qui était la Mère est devenue le tout petit enfant recevant ce pain divin, et se laissant éduquer par lui. A partir de là elle a vécu la pauvreté de la mendiante, la pauvreté de celle qui n’a plus rien du tout et qui accepte le silence absolu, le dépouillement total. C’est difficile, d’entrer dans la pauvreté de l’Eucharistie et de comprendre comment l’Esprit Saint, le Père des pauvres, est celui qui se sert de l’Eucharistie pour nous faire entrer dans la pauvreté royale du cœur du Christ.

 

Pour vivre cette pauvreté royale du cœur de Jésus nous devons vivre la pauvreté de celui qui vit chaque instant du viatique, sans aucune réserve – car c’est cela le propre du mendiant : il n’a pas la possibilité d’ordonner un peu son temps, il ne peut pas avoir de recul, il vit chaque instant comme le dernier. C’est cela, le mystère du viatique, c’est cela la pauvreté à l’égard du temps, à l’égard de la possibilité que nous avons de durer ; le vivant, c’est celui qui dure et qui, par le fait même, peut se reposer, et travailler, et organiser son temps parce qu’il a en lui cette durée.

 

L’Eucharistie nous demande cette pauvreté à l’égard du temps, qui est peut-être la plus rude des pauvretés ; mais c’est comme si on vivant à chaque instant de l’éternité, en acceptant d’être encore dans le temps sans y être, et donc d’être dans une disponibilité absolue à l’égard du bon plaisir du Père, et cela tout en travaillant, en faisant ce qu’on doit faire. Si on se tournait les pouces en disant : « Je vis cette dernière pauvreté », ce serait facile, mais on  l’incarnerait d’une façon psychologique et cela n’irait pas du tout ! Il faut continuer…

 

Marie a continué à faire ce qu’elle devait faire jusqu’à la fin de sa vie ; elle n’a pas été malade et a donc continué à faire la cuisine pour Jean et à être là, auprès de  lui, pour l’aider, pour le soutenir… et cela non seulement pour Jean mais pour les autres Apôtres et tous ceux qui étaient autour. Mais intérieurement Marie vivait ce mystère du viatique, et donc elle vivait ce dépouillement total à l’égard de la durée normale du vivant, et du grand vivant ; n’ayant plus aucune réserve et étant totalement dépendante du bon plaisir du Père, elle vivait suspendue à son bon plaisir en étant toujours prête à passer de ce monde à l’autre, sans avoir aucun projet ni désir de prolonger le temps sur la terre. Un dépouillement total ! C’est cela, la pauvreté de l’Eucharistie.

 

  On comprend alors qu’on puisse parler du « pain des pauvres » : le pain de celui qui vraiment vit du viatique, et est par lui introduit dans le mystère même de Dieu. Le mystère du viatique nous fait entrer dans le Ciel, il nous fait vivre directement du Ciel tout en acceptant de rester sur la terre, mais tout entiers tournés vers le Ciel.


 

MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance


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Prochaine JMJ à Rio: "Même pas peur !"

23 Août 2011, 10:13am

Publié par Father Greg

 


"N’ayez pas peur d’être catholiques, d’en témoigner toujours autour de vous avec simplicité et sincérité !"

BENOIT XVI, JMJ 2011

 

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L'espérance en Marie... (X)

23 Août 2011, 05:18am

Publié par Father Greg

 

 

Sunrise-castle-on-a-bay-by-Joseph-Mallord-Turner.jpgLà nous voyons de nouveau la très grande passivité que l’Esprit Saint réclame. Il a réalisé le corps de Jésus en Marie dans le mystère du premier Avent, et c’est sous cette action de l’Esprit Saint que Marie a été « le moule de Dieu ». A partir de la Résurrection et à travers le mystère de l’Eucharistie, l’Esprit Saint réalise, si j’ose dire, une œuvre inverse, mais qui en réalité n’est pas inverse, qui est comme la réplique merveilleuse de Dieu : il faut que tout en Marie soit transformé pour être dans l’unité avec Jésus, et que cette unité substantielle aille toujours plus loin, ceci se réalisant dans la pauvreté. Il s’agit pour Marie d’être transformée totalement dans le Christ, en laissant l’Esprit Saint se servir de l’Eucharistie comme d’un instrument divin ; l’Esprit Saint se sert de l’Eucharistie pour transformer tout en Marie, faire que tout en elle soit pris, saisi, par Jésus glorifié, que le cœur de Jésus donné dans l’Eucharistie agisse sur le cœur de Marie d’une manière telle que le cœur de Marie ne soit plus qu’un avec Jésus, c'est-à-dire qu’il disparaisse pour qu’il n’y ait plus que Jésus ; qu’il soit toujours le cœur de Marie, mais qu’il soit tellement saisi par le cœur du Christ que ce ne soit plus elle mais Jésus – « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ». Cela, Marie l’a vécu, par l’Eucharistie, d’une manière encore bien plus forte que saint Paul, pour être tout entière tournée vers Jésus. Cela exige d’elle une pauvreté divine nouvelle, celle que réclame l’Eucharistie. Nous disons souvent que l’Eucharistie est le sacrement des pauvres, et c’est vrai, l’Eglise des pauvres, si on comprend bien cette expression, c’est l’Eglise de l’Eucharistie, et donc quand on parle de l’Eglise des pauvres cela veut dire que le Saint-Esprit veut que le mystère de l’Eucharistie soit plus vécu que jamais et que nous comprenions que, comme des pauvres, nous devons dépendre totalement de ce pain qui nous est donné. Le propre des pauvres, c’est d’accepter le pain ; celui qui n’est pas vraiment pauvre n’accepte pas le pain, il veut autre chose, tandis que les vrais pauvres acceptent le pain ; et quand Dieu se donne comme pain, quand Jésus se donne comme pain, c’est pour nous demander cette pauvreté radicale du mendiant : celui qui sait qu’il n’a rien à lui et ne gardera rien pour lui, qui sera uniquement celui qui vivra selon le rythme même du cœur de Jésus. Voilà la signification de la pauvreté du symbolisme de l’Eucharistie ; ce symbolisme est là pour nous faire comprendre la caractère propre de la pauvreté des mendiants, de ceux qui sont tout entiers relatifs à ce pain donné gratuitement et en surabondance, à ce pain divin qui doit être tout pour nous et dont nous devons vivre dans le silence de Dieu.

 

MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance


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L'espérance en Marie... (IX)

22 Août 2011, 05:16am

Publié par Father Greg

 

 

 

camille-pissaro-le-vieux-marche-de-rouen.jpgQuand Jésus vivait sur la terre, avant le mystère de sa Résurrection, son humanité sainte demeurait relative à Marie ; Marie est « le moule de Dieu » - expression de saint Louis-Marie Grignon de Montfort qui nous fait comprendre comment Jésus, dans sa sensibilité, dans son corps, était relatif à Marie. Mais dans son âme et dans la plénitude de sa grâce Jésus est celui qui attire Marie, et elle est toute relative à lui ; et par le mystère de la Résurrection il attire Marie dans toute sa sensibilité, dans tout son être, de sorte qu’elle est plus que jamais relative à lui dans tout ce qu’elle est, et cela, c’est la plus grande joie du cœur de Marie dans le mystère de la Résurrection. Or, tant que Marie est sur la terre, cette attraction et cette unité peuvent grandir et aller toujours plus loin, et le mystère de l’Eucharistie est là pour réaliser cela : c’est Jésus qui transforme Marie en la prenant dans une unité substantielle avec lui : il se donne à elle en nourriture pour qu’elle soit transformée par Jésus dans l’unité substantielle qu’exprime le symbolisme de l’aliment. Comme c’est un aliment divin, c’est bien Jésus qui transforme Marie en lui, sous l’action de l’Esprit Saint – c’est l’œuvre de l’Esprit saint.

 

MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance

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L'espérance en Marie... (VIII)

21 Août 2011, 05:14am

Publié par Father Greg

 

 

image-saintsacrement.jpgNous devons demander que le don de l’Esprit Saint, qui nous est fait personnellement comme il a été fait à Marie, nous permette, avec elle et grâce à elle, de mieux vivre de l’Eucharistie, d’en vivre vraiment divinement dans la lumière de l’Esprit Saint. Il y a entre l’Eucharistie et l’Esprit  Saint un lien très étonnant qui est difficile à bien saisir et qui pourtant est très fort : l’Eucharistie, étant le sacrement de l’amour, ne peut être vécu comme tel que sous le souffle de l’Esprit Saint, que dans la lumière de l’Esprit Saint, que dans ce feu qu’est l’Esprit Saint. Autrement on ne peut pas vivre divinement de l’Eucharistie ; c’est à travers le don de l’Esprit Saint que l’Eucharistie prend toute sa valeur, puisque l’Esprit Saint nous est donné pour que nous découvrions le cœur de Jésus. Et Marie, parce qu’elle demeure dans la foi, reste donc capable de croître ; elle a donc besoin de l’Eucharistie comme pain divin, comme nourriture ; mais il faut qu’elle vive de cette nourriture directement dans la lumière et l’amour de l’Esprit saint, pour pouvoir en user comme le Père le veut. En se nourrissant de l’Eucharistie divinement, sous la conduite de l’Esprit Saint et à travers le don de l’Esprit Saint, elle peut vivre pleinement de ce don actuel du cœur de Jésus ; ce don est pour elle le viatique de chaque jour et il la fait toute proche de la vision béatifique, il lui permet d’être vraiment une avec le cœur blessé de l’Agneau, plus transformée encore en son Fils bien-aimé.

            Vivre divinement de l’Eucharistie, c’est réaliser ce que Notre-Seigneur lui-même nous dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et en moi en lui. De même qu’envoyé par le Père, qui est vivant, je vis pour le Père, de même celui qui se nourrit de moi vivra pour moi ». Cela s’est réalisé pleinement pour Marie : c’est cela que l’Esprit Saint lui fait vivre à travers le mystère de l’Eucharistie ; il lui fait vivre cette soif du cœur du Christ, ce désir du cœur de Jésus, de demeurer en elle et elle en lui.

 

MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance

 


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L'espérance en Marie... (VII)

20 Août 2011, 05:11am

Publié par Father Greg


bodies1.jpegOn peut avoir parfois cette tentation, de ne pas comprendre que l’Eucharistie ajoute quelque chose à la présence mystique telle qu’elle est vécue sur la terre. C’est pour cela que faire oraison auprès du Saint-Sacrement nous aide, et que pouvoir prier l’office en face du Saint-Sacrement nous aide ; c’est tout à fait normal. Et à Marie elle-même, l’Eucharistie a apporté quelque chose de plus que la seule présence mystique. Pourtant cette présence mystique, en elle, est d’une pureté, d’une limpidité unique ; étant immaculée et vivant dans une telle pauvreté, un tel dépouillement, elle reçoit en plénitude ce don d’amour qui est l’Esprit Saint, et l’Esprit Saint est plus que tout, parce qu’il est Dieu ; il est plus que la présence eucharistique de Jésus, il est plus que la présence sacramentelle du sacerdoce du Christ en Jean. Or, quand il y a le plus, on n’a pas besoin du moins ? Le moins ne doit-il pas disparaître devant le plus pour laisser le plus tout prendre ?  Voilà ce qu’on peut être tenté de penser.

            Devant cela il faut bien saisir comment le mystère de l’Eucharistie et le mystère du sacerdoce de Jésus, à travers le sacerdoce ministériel de Jean, ont été pour Marie sources d’une croissance d’amour après le mystère de la Pentecôte, et en même temps sources pour elle d’une nouvelle pauvreté. Plus l’amour grandit, plus la pauvreté augmente ; et plus la pauvreté augmente, plus l’amour doit normalement grandir – « l’abîme appelle l’abîme » (Ps 41, 8), l’abîme de la pauvreté et l’abîme de l’amour s’appellent mutuellement. C’est du reste ce que saint Thomas souligne : chaque fois que la charité grandit en nous, elle creuse en nous une nouvelle capacité, et donc une nouvelle pauvreté, pour s’enraciner davantage, et d’une certaine manière il n’y a pas de limite, c’est infini : la charité peut grandir tout le temps, et en Marie elle grandit jusqu’au moment où Marie atteindra la plénitude de la charité du Christ. Là on ne voit pas de limite, puisque tout ce que le Père a, il le donne à son Fils, il le lui donne, et que tout ce que le Fils peut donner à sa Mère, il le lui donne. Mais il faut que cette plénitude se réalise progressivement, selon une croissance ; si Marie n’est pas dans la vision béatifique, c’est pour pouvoir croître dans l’amour. Nous ne pouvons pas dire qu’à partir de la Pentecôte Marie est entrée dans la vision béatifique ; elle est restée dans la foi, elle est restée dans l’espérance, pour pouvoir croître. L’Esprit Saint lui a été donné personnellement, en plénitude, mais il fallait que Marie aille encore plus loin ; ce don qui lui était fait en plénitude était un appel encore plus impératif. La hâte a grandi dans le cœur de Marie à partir de la Pentecôte ; ce n’était pas une hâte comme celle de la Visitation (Marie n’a pas parcouru des kilomètres à partir de la Pentecôte), c’était une hâte tout intérieure, et une hâte intérieure encore plus profonde que celle de la Visitation, parce que c’était pour Jean ; à la Visitation, c’était pour Elisabeth et Jean-Baptiste ; là on peut dire que c’est pour Jean. Cette hâte intérieure que l’Esprit Saint creuse en son cœur, c’est pour être encore plus profondément la Mère de Jean, en étant plus unie à Jésus, plus donnée à Jésus. Et l’Esprit Saint va creuse dans le cœur de Marie un amour toujours plus grand pour l’Eucharistie.

MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance

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L'espérance en Marie... (VI)

19 Août 2011, 05:09am

Publié par Father Greg

 

 

bodies2-550x557.jpgL’Esprit Saint est donné personnellement, sans aucune adaptation. Le mystère de la Lumière s’adapte, mais le mystère de l’Amour ne s’adapte pas ; c’est une chose très étonnante qu’il ne faut jamais oublier. Le Verbe est devenu chair, la Lumière s’est adaptée ; pour que nous puissions la recevoir elle s’est comme « tamisée » à travers la chair de l’homme, à travers le cœur de l’homme. Mais l’Esprit Saint, lui, ne s’adapte pas, parce qu’il est l’Amour, et que l’amour n’a pas besoin de s’adapter. Quand on croit qu’il faut adapter l’amour, cela prouve qu’on ne comprend pas ce qu’il est. L’amour ne s’adapte pas parce qu’il est don, et qu’un don, un don personnel, ne peut pas s’adapter ; il se communique, et il se communique sans mesure,  puisque la mesure de l’amour n’est pas autre chose que l’amour lui-même, ce qui montre bien que l’amour ne peut pas s’adapter et qu’il se communique en plénitude.

            Cet amour qui se communique au cœur de Marie tel qu’il est dans la Très Sainte Trinité va lui permettre de vivre de l’Eucharistie et du sacerdoce de Jean, les deux moyens divins qui permettent à Marie d’attendre le passage de ce monde  à la gloire et de vivre encore au milieu de l’Eglise naissante – les premiers pas de l’Eglise L’Esprit Saint, qui se communique personnellement dans toute sa force et sa véhémence d’amour, se sert de ces deux moyens voulus par Jésus comme Législateur d’amour : l’Eucharistie et le sacerdoce de Jean ; certes il se sert aussi de la parole de Jésus – Marie garde la parole de Jésus comme une parole vivante -, mais c’est très spécialement l’Eucharistie et le sacerdoce de Jean qui permettent à Marie de recevoir en  plénitude l’Esprit Saint. On peut dire que ces deux moyens n’empêchent pas la communication substantielle, personnelle, de l’amour. On dirait facilement que, puisque l’Esprit Saint est donné personnellement, Marie n’a plus besoin de l’Eucharistie ni de la présence sacramentelle du sacerdoce du Christ. Aujourd’hui on dirait assez facilement : « Marie est arrivée à un tel degré d’unité avec l’Esprit Saint, à un tel degré d’amour ! Puisque l’Esprit Saint lui est communiqué tel qu’il est dans la Très Sainte Trinité, elle n’a plus besoin de ces moyens qui sont donnés à tous les fidèles, au « bon peuple de Dieu ». Etant arrivée à une telle intimité, une telle pauvreté, un tel dépouillement, Marie n’a plus qu’à vivre sous la conduite de l’Esprit Saint qui lui est donné en plénitude ». Devant la présence mystique de l’Esprit Saint qui est d’une force extraordinaire, on serait tenté de dire : « Elle n’a plus besoin de l’Eucharistie  ni du sacerdoce de Jean ; elle vit mystiquement de la charité fraternelle, et cela suffit : pas besoin d’autre chose ».

 MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance


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L'espérance en Marie... (V)

18 Août 2011, 05:06am

Publié par Father Greg

 

 

Regatta-at-Cowes-Castle-by-Joseph-Mallord-Turner.jpgQuand elle vit la mission du Verbe devenu chair, Dieu lui demande de réaliser quelque chose : elle est mère selon la chair et le sang, et donc elle réalise quelque chose : elle est petite servante de Dieu mais elle réalise quelque chose. Et cela, c’est un support pour notre nature humaine, car nous avons besoin – c’est humain – de réaliser quelque chose ; quand on a l’impression qu’on « fait » quelque chose, cela nous aide. Ce qui est demandé à Marie à la Croix et dans la pauvreté si radicale du Sépulcre, ce qui lui est demandé durant cet avent du Sépulcre, est beaucoup plus difficile que ce qui lui était demandé dans sa première maternité : elle ne fait rien, elle est dans une attitude de pure réceptivité au niveau contemplatif. Elle adore l’Esprit Saint parce que cette adoration d’amour est la meilleure manière de disparaître ; elle adore l’Esprit Saint pour avoir soif de lui, pour l’attirer davantage vers elle ; elle entre dans cette pauvreté radicale de la créature à l’égard de Dieu, dans cette adoration en esprit et en vérité, pour que l’Esprit Saint prenne possession de tout en elle. Elle est le cri de l’enfant dans le désert ; Jésus n’est plus là, et il la met dans ce désert ; alors elle n’est plus que ce cri d’appel vers le Paraclet, celui qui seul peut la faire vivre en faisant que tout ce que Jésus lui a donné, mais qui lui est comme retiré, lui soit de nouveau donné, mais donné d’une manière plus intérieure. Car c’est l’Esprit Saint qui doit nous faire vivre de nouveau tout ce que Jésus nous a donné, nous le faire vivre d’une manière plus intérieure, plus profonde, et aussi plus pauvre, sans aucun  soutien psychologique, sans aucun soutien humain. C’est cela, croire en l’Amour et espérer en l’Amour ; Marie croit en ce don d’amour et est toute suspendue à ce don, toute dépendante de ce don, toute relative à cette mission de l’Esprit Saint, à cette mission d’amour. Et après l’Ascension, durant les quelques jours d’attente qui précèdent la Pentecôte, Marie est de plus en plus assoiffée de cet Esprit de vérité, cet Esprit d’amour, de ce mystère du Paraclet. Si Jésus a voulu inventer ce nouveau mot, c’est avant tout pour Marie, c’est pour qu’elle comprenne mieux cette mission nouvelle d’amour, cette mission de surabondance d’amour et de plénitude de don.

            C’est sous la forme de ce souffle et de langues de feu que l’Esprit Saint est donné à Marie comme aux Apôtres, pour bien faire comprendre que c’est vraiment l’Amour, et uniquement l’Amour, qui brûle le cœur de Marie et le met dans l’unité avec Jésus, dans l’unité avec le Père. Le mystère de l’Esprit Saint lui est donné pour qu’elle vive de cette attraction du Père et du cœur blessé de son Fils, et pour qu’elle puisse vivre cette dernière étape de sa vie auprès de Jean, auprès de l’Eucharistie, dernière étape qui est une étape d’extraordinaire pauvreté (n’est-ce pas ce qui est exprimé par ce grand silence de Marie, où on ne nous dit plus rien d’elle ?).

 

MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance

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L'espérance en Marie... (IV)

17 Août 2011, 05:04am

Publié par Father Greg

 

 

Calais---Collecting-bait-by-Joseph-Mallord-Turner.jpgAu Cénacle, Marie, dans sa prière, demande à Jésus de réaliser sa promesse pour les Apôtres, pour toute l’Eglise et pour nous. Car Marie a prié pour nous ; elle prie pour nous à chaque instant de notre vie, et au Cénacle elle a prié pour nous, et elle veut que notre prière rejoigne la sienne ; elle veut que nous entrions dans cette prière si contemplative qui prépare à recevoir la réalisation de la promesse de Jésus, à recevoir l’Esprit Saint comme le don personnel, le fruit de l’amour du Père et du Fils, le fruit de cet amour un, et à le recevoir pour lui, pour être enveloppé et imprégné de son amour, pour être avec lui et en lui un feu d’amour. Et recevoir l’Esprit Saint personnellement c’est en même temps être totalement donné à Jésus et au Père, puisque l’Esprit Saint est le don, le don du Père au Fils et du Fils au Père ; il est le fruit du don et il est le don lui-même. Et par lui nous sommes liés à Jésus et au Père.


            Nous devons demander à la Très Sainte Vierge de nous apprendre, dans la foi et dans l’espérance, à vivre de l’Esprit Saint, à la recevoir tel qu’il veut se donner, tel que l’Aigle désire se donner, tel que la Colombe désire se donner. Et pour que l’Esprit Saint puisse nous être donné ainsi personnellement il doit creuse en nous une nouvelle pauvreté, comme il l’a fait en Marie. Une nouvelle pauvreté pour que Marie soit capable d’être tout entière tournée vers lui, pour qu’elle soit dans cet état de réceptivité substantielle, personnelle, à l’égard de ce don, en étant complètement dépouillée pour qu’il n’y ait plus que l’Esprit Saint. Dieu, quand il se donne personnellement, ne peut pas « composer », s’ajouter : il est Dieu. En tant que Dieu il agit toujours de cette manière unique : il n’y a que lui. C’est l’Aigle divin qui prend possession de sa proie, c'est-à-dire qu’il prend tout en nous pour agir comme lui-même le veut, agir en Dieu. Or Dieu est l’Amour ; il ne peut donc agir en Dieu qu’en prenant tout, radicalement. Marie, en suppliant Jésus de réaliser sa promesse, entre donc dans une nouvelle pauvreté, un abîme plus grand.


 

MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance

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L'espérance en Marie... (III)

16 Août 2011, 05:56am

Publié par Father Greg

 

 

Landscape-with-a-woman-with-a-tambourine-by-Joseph-Mallord-.jpgIl faudrait pénétrer dans cette prière de Marie, et il faut lui demander de nous aider à en vivre en nous faisant comprendre ce que représentent pour elle, durant cette retraite silencieuse, les promesses de Jésus, et combien ces promesses sont vie pour elle. La promesse du don du Paraclet n’est pas encore la réalisation mais c’est une promesse vécue dans une telle confiance ! Elle sait que Jésus a promis de prier le Père pour qu’il envoie le Paraclet, et de l’envoyer lui-même « d’auprès du Père », et elle sait que Jésus est auprès du Père pour réaliser cela : « Si je pars, je vous l’enverrai ». Le Paraclet, Marie le connaît déjà, elle sait qui est l’Esprit de vérité ; depuis le mystère de l’Annonciation, et déjà avant, mais surtout depuis le mystère de l’Annonciation, il y a un tel lien entre Marie et l’Esprit Saint, un lien vécu d’une manière si profonde, si réaliste ! Cependant, lors de l’Annonciation, l’Esprit Saint œuvre en elle pour lui donner cette fécondité de sa maternité divine, mais il ne lui est pas encore donné d’une manière personnelle ; il lui est donné pour que se réalise le mystère du Verbe devenu chair, que Jésus soit présent en elle. A la Croix l’Esprit Saint est aussi très présent et lui est donné pour qu’elle puisse vivre le mystère de la Compassion, pour être encore plus intimement unie à Jésus. Dans l’attente de la Pentecôte il y a quelque chose de particulier, et c’est cela que nous devons demander  à Marie de nous apprendre à vivre, parce que très facilement nous regardons l’Esprit Saint comme celui qui œuvre avec nous, qui nous aide à accomplir la volonté du Père, qui nous aide à réaliser telle ou telle tâche plus difficile, plus pénible…. Or il faut que l’Esprit Saint soit plus pour nous, il faut que se soit lui, personnellement,  que nous recevions ; c’est cela, le propre de la mission de l’Esprit Saint. L’Esprit Saint nous est envoyé pour que nous vivions de lui et pour lui. Il s’agit de recevoir l’Esprit Saint en personne, car l’amour doit être reçu comme l’amour, sans être ordonné à autre chose – autrement ce n’est pas l’amour, l’amour personnel, que nous recevons.

 

 

MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance

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L’espérance en Marie... (II)

15 Août 2011, 05:50am

Publié par Father Greg

 

 

Red-sky-over-a-beach-by-Joseph-Mallord-Turner.jpgComment Marie vit-elle cet avent qui est l’attente de l’Eprit Saint ? Il faut découvrir la pauvreté de Marie durant cet avent particulier, cette « neuvaine » de l’Ascension à la Pentecôte. Avec le mystère de l’Ascension, l’Esprit Saint a creusé en elle un abîme de pauvreté puisque Jésus n’est plus de ce monde mais laisse Marie dans ce monde. Et Marie a ressenti bien plus profondément que les Apôtres ce que représentait ce départ de Jésus ; mais aussi elle l’a vécu d’une manière toute différente parce qu’elle a vécu ce mystère de séparation dans une pauvreté divine, sans aucun retour sur elle-même, sans aucun repli. « Il est bon pour vous que je m’en aille … » Il faut essayer de saisir ce que représente cette pauvreté spéciale du cœur de Marie à travers ce départ de Jésus. En quittant les siens pour aller vers le Père, Jésus quitte ce monde pour leur être encore plus présent, mais d’une manière invisible. La pauvreté divine est toujours comme cela : elle est vécue dans l’amour, et donc elle implique une séparation sensible, mais profondément, dans l’amour, une unité plus grande se réalise. C’est toujours au service d’une unité d’amour plus grande que Jésus réclame des séparations, qu’il nous demande d’accepter des choses qui meurtrissent notre sensibilité. Dans sa sensibilité Marie a ressenti cette  séparation parce que, même si Jésus ne lui apparaissait pas, c’était une très grande joie pour elle de voir la joie des Apôtres après les apparitions ; il est fort probable que Jean les lui racontait. Même si Marie n’y était pas immédiatement présente – on n’en sait rien, cela ne nous est pas dit – elle voyait la joie du cœur de Jean, qui devait être très grande, et non seulement de Jean mais de Pierre et de tous les autres ; c’était pour elle une très grande joie de voir comment les Apôtres « profitaient » divinement de ces apparitions. Quand le Christ les quitte elle les sent un peu orphelins et il faut qu’elle porte cela, il faut qu’elle offre leur souffrance, et elle-même ressent cette séparation, mais, redisons-le, dans un très grand amour : c’est entièrement offert.

 

            Là nous voyons comment la pauvreté divine permet un éclatement nouveau de la charité. La pauvreté c’est l’amour « en creux », c’est Dieu qui creuse un abîme, pour que l’amour – l’amour à l’égard du Père, l’amour à l’égard de Jésus, l’amour à l’égard de Jean et de toute l’Eglise – jaillisse plus profondément et aille plus loin. Marie a vécu l’Ascension dans cette divine pauvreté, en comprenant combien Jésus était heureux d’aller auprès du Père ; c’est le fruit du grand labeur de la Croix, et ce fruit annonce – c’est une promesse – ce que Marie vivra, et ce que toute l’Eglise vivra un jour ; ce sont les prémices de toute l’Eglise qui montent auprès du Père. Et pour Marie, c’est une immense joie de savoir que Jésus, auprès du Père,  va l’attirer à lui ; car à partir de l’Ascension Jésus exerce sur Marie une nouvelle attraction, l’attraction même que le Père exerce sur elle, que Jésus jusque là ne pouvait pas exercer en plénitude. Pour l’âme de Marie il y a alors cette joie profonde, de savoir que le Père et le cœur blessé de l’Agneau l’attirent d’une même attraction d’amour ; mais cela exige une nouvelle séparation, un nouveau dépouillement. Et c’est dans cette attitude de grande pauvreté, de grand dépouillement, que Marie vit ce mystère de l’attente de l’Esprit Saint.


MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance


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L’espérance en Marie...

14 Août 2011, 05:44am

Publié par Father Greg

 

polyptique.jpgLors de la Pentecôte les Actes des Apôtres nous montrent la place de la Sainte Vierge auprès des Apôtres : elle est là avec eux pour les garder dans la ferveur de la prière, pour leur donner la soif qu’elle-même a au plus intime de son cœur, sa soif de la venue de l’Esprit Saint. Et il faut bien comprendre que le mystère de Marie implique divers avents qui ponctuent sa vie. Elle est vraiment la Mère de l’espérance, et c’est pour cela que l’Esprit Saint a creusé en elle une si grande pauvreté. A la suite de saint Augustin, saint Thomas souligne le lien qui existe entre le mystère de l’espérance et la pauvreté, par le don de crainte. Pour que l’espérance soit toute divine, il faut que le don de crainte lui permette de s’exercer « divinement », c’est-à-dire selon un mode qui n’est plus le mode humain de l’espoir, mais le mode divin de l’espérance chrétienne.

 

            Marie est d’abord liée au mystère de l’Avent, ce premier avent qui se passe dans la joie, puis elle est liée à cet autre avent qui est l’attente de la Résurrection, et ensuite à cet autre avent : celui de la descente de l’Esprit Saint sur les Apôtres. Ces trois avents sont particulièrement nets ; il y en aurait d’autres à regarder car, pour prendre un exemple, Marie a sûrement vécu comme un avent les quarante jours de Jésus au désert, un avent qui annonçait la vie apostolique de Jésus. Mais ces trois avents que nous avons notés ont un caractère très particulier et nous font comprendre combien le mystère de l’espérance est lié à Marie, à la Femme. Marie est « la bonne terre » qui garde la parole de Dieu et la parole de Dieu, la parole de Jésus, est toujours une promesse, puisque cette parole conduit à la vision béatifique. Verbum spirans amorem : la parole de Dieu spire l’amour, elle nous ouvre à l’amour et elle met en nous une force divine qui nous permet de dépasser tous les obstacles, toutes les difficultés. Et la Femme, la Femme par excellence, Marie, garde cette parole comme une promesse divine, une semence divine.

MD Philippe, Marie et le mystère de l’espérance


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Les vacances..? Que du bonheur..!!!

13 Août 2011, 00:45am

Publié par Father Greg

 

 

Les vacances???

 

 

c'est: le silence, le calme, la solitude, méditer, prier, prendre du recul... 

 

 

 

vacances.jpg

 

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Conflits matrimoniaux...

12 Août 2011, 05:21am

Publié par Father Greg

images (17)« Le Père Karol Wojtyla a tout de suite soutenu mon initiative de créer un refuge pour jeunes filles mères qui avaient besoin d’aide pour mettre au monde leur enfant.

 

Nous prîmes l’habitude, et cela dura pendant des années, de travailler ensemble sur la même idée. Comme le destin de l’enfant dépend de ses parents, ce souci de l’enfant m’avait conduite à travailler sur la famille. Jeune médecin, j’ai commencé très vite à exercer en consultation conjugale. Ces tentatives pour sauver les mariages à risque et résoudre les conflits matrimoniaux me révélèrent toute l’impuissance de la médecine. Ce fut la base d’une collaboration toujours plus étroite avec le Père Wojtyla.

 

Je me souviens de sa première recommandation : « Essayez d’abord de réaliser un programme minimum, ne détruisez rien l’un dans l’autre ; plus tard, vous allez construire, mais pour cela, essayez de prier ensemble. Il n’y a qu’une seule manière de sortir de cette situation, qui passe par la porte de l’humilité. Que chacun de vous s’agenouille et dise : « C’est de ma faute ». Tant que vous direz : « C’est de ta faute », il n’y aura pas d’issue possible. » »

 

                        Journal d’une amitié

                        Wanda Poltawska

 

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« Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu’on ne peut plus ajouter de jours à la vie »

11 Août 2011, 05:34am

Publié par Father Greg

4569306378_c9d7270126.jpg« Un jour, dans la salle de consultation d’un hôpital, j’avais promis à ma petite fille malade de lui transmettre tout ce que je savais de ce sentiment qui fait tourner le monde. Je m’y suis appliquée pendant un an et demi. Et durant tout ce temps, trop aspirée par l’ampleur de ma tâche, je n’ai pas vu. Je n’ai pas compris que c’était elle mon professeur d’amour. Pendant ces mois passés auprès d’elle, je n’ai pas compris parce que, en fait, à bien y réfléchir, je ne connais pas grand-chose à l’amour, le vrai.

 

Comment sait-elle ? Comment est-ce possible ? Thaïs est privée de tout. Elle ne bouge pas, elle ne parle pas, elle n’entend pas, elle ne chante pas, elle ne rit pas, elle ne voit pas. Elle ne pleure même pas. Mais elle aime. Elle ne fait que cela, de toutes ces forces. A travers ses blessures, ses infirmités, ses défaillances.

L’amour de Thaïs ne s’impose pas, il s’expose. Elle se présente à nous comme elle est, vulnérable et fragile. Sans carapace, sans armure, sans rempart. Sans peur. Bien sûr, ceux qui regardent ça de loin peuvent railler, mépriser, repousser cette fragilité. Mais ceux qui s’approchent, qui se penchent, qui cherchent à l’accompagner, ceux-là perçoivent comme moi que cette vulnérabilité n’appelle qu’une réponse : l’amour.

Près de deux ans auparavant, en apprenant l’étendue des dégâts que provoquerait sa maladie, je m’étais posé une question : « Que lui restera-t-il ? » L’amour. Il lui restera l’amour. Celui que l’on reçoit. Et celui que l’on donne aussi.

Oui, l’amour a cette faculté unique d’inverser les courants, de transformer la faiblesse en force. Privée de ses sens et dépendante physiquement, Thaïs ne peut pas grand-chose sans une aide extérieure. Elle pourrait exiger beaucoup. Pourtant, elle n’attend de nous que ce que nous voulons bien lui offrir. Rien de plus.

On pense communément qu’une existence diminuée et meurtrie est difficilement acceptable. C’est sans doute vrai. Quand on n’a pas l’amour. Ce qui est insoutenable, c’est le vide d’amour. Quand on aime et que l’on est aimé en retour, on supporte tout. Même la douleur…..

…. Ce soir, j’ose le dire : la vie de Thaïs est un trésor. Un concentré d’amour qu’elle insuffle autour d’elle avec générosité. »

 

 

                       Anne-Dauphine Julliand Deux petits pas sur le sable mouillé

                       

 

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Un trésor caché et inexploité (IV) L’Esprit Saint se tient tout près des âmes

10 Août 2011, 05:23am

Publié par Father Greg

vincent-van-gogh-amandier-en-fleursLe Saint Esprit habite au plus profond des âmes. «Il sera avec vous et Il sera en vous » (Jn 14) C’est toute la Trinité qui habite en nous : « Si quelqu’un m’aime, mon Père et Moi Nous viendrons en lui et nous établirons chez lui notre demeure » (Jn 14,23)


Tous les baptisés, tous ceux qui possèdent la grâce, sont les « temples de l’Esprit Saint » (1CO 6,19)

 

« Les âmes s’imaginent que l’Esprit Saint est très loin, se tenant sur des hauteurs très élevées. En réalité, Il est pour ainsi dire la Personne divine qui assiste de plus près la créature. Il l’accompagne partout, Il la pénètre de Lui-même, Il l’appelle. Il veille sur elle. Il la couvre de sa protection. Il en fait son temple vivant, Il la défend, Il l’aide, Il la garde contre tous ses ennemis. Il est plus près de l’âme qu’elle même. Tout le bien qu’une âme accomplit, elle le réalise sous son inspiration, dans la lumière, par sa grâce et son secours. Et pourtant on ne L’invoque pas, on ne Le remercie pas de son action immédiate et si intime en chaque âme. Si tu invoques le Père, si tu L’aimes, c’est par l’Esprit Saint. Si tu M’aimes avec ardeur, si tu Me connais, si tu Me sers, si tu M’imites, si tu ne fais qu’un avec mes volontés et avec mon coeur, c’est par l’Esprit Saint.

 

« On Le considère comme inaccessible et Il l’est en réalité mais il n’existe rien de plus proche, de plus secourable à la créature dans sa misère que cet Être d’une transcendance suprême, cet Esprit très saint qui reflète et qui constitue une même sainteté avec le Père et le Fils »

 

 

                                    Conchita Journal spirituel d’une mère de famille

                                     Michel-Marie Philipon, o.p.

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Un trésor caché et inexploité (III) Action de l’Esprit Saint dans les âmes et dans l’Eglise

9 Août 2011, 05:45am

Publié par Father Greg

emil-nolde-soleil-couchantL’action de l’Esprit Saint se fait sentir d’abord dans les âmes mais elle s’étend aussi à toute l’Eglise.

 

« Il est la source de la grâce divine et Il ne demeure jamais inactif. De jour et de nuit, Il travaille dans les âmes qui se livrent à Moi, et ces âmes progressent constamment dans les vertus. Mais quand les âmes résistent et ne se laissent pas faire, alors Je me retire parce que mes grâces sont d’une trop grand richesse pour les gaspiller.


Le travail de l’Esprit Saint dans les âmes est très délicat, et bien coupable l’âme qui le dédaigne… Sil elle ne répond pas à mes inspirations, à ce qui J’exige d’elle, Je me retire. Il y a des âmes qu’il faut pousser à chaque pas, d’autres courent et volent. Selon la mesure de leur correspondance à la grâce, elles avancent, montant continuellement jusqu’au degré que Je leur ai destiné. Sois vigilant, écoute ma voix. Tu sais bien que pour M’entendre il est nécessaire de garder ses oreilles attentives… »

 

                                        Conchita Journal spirituel d’une mère de famille

                                        Michel-Marie Philipon, o.p.

 

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Un trésor caché et inexploité (II)

8 Août 2011, 05:52am

Publié par Father Greg

01« Il est temps que l’Esprit Saint règne, me disait le Seigneur très ému, et non pas d’un règne lointain comme une chose très élevée, bien qu’il en soit ainsi et que rien ne soit plus grand que Lui puisqu’il est Dieu, uni et consubstantiel avec le Père et le Verbe. Mais il faut qu’Il règne, là, tout près, en chaque âme et en chaque cœur, dans toutes les structures de mon Eglise. Le jour où circulera en chaque pasteur, en chaque prêtre, comme un sang intérieur, l’Esprit Saint, alors seront rénovées les vertus théologales, maintenant languissantes, même dans les ministres de mon Eglise, par absence de l’Esprit Saint. Alors le monde changera, car tous les maux dont on se lamente aujourd’hui ont pour cause l’éloignement de l’Esprit Saint, son seul remède. Que les ministres de mon Eglise réagissent, par l’intermédiaire de l’Esprit Saint, et tout le monde des âmes sera divinisé. Il est l’axe autour de qui tournent les vertus. Pas de vraie vertu sans l’Esprit Saint. L’impulsion décisive pour soulever mon Eglise de l’état de prostration dans lequel elle gît, consisterait à aviver le culte de l’Esprit Saint. Qu’on Lui donne sa place, c’est-à-dire la première dans les intelligences et les volontés ! Nul ne manquera de rien avec cette richesse céleste. Le Père et Moi, le Verbe, Nous désirons une rénovation ardente et vivificatrice de son règne dans l’Eglise. »

 

                                        Conchita Journal spirituel d’une mère de famille

                                         Michel-Marie Philipon, o.p.

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Un trésor caché et inexploité (I)

7 Août 2011, 05:26am

Publié par Father Greg

PHOTOLISTE 20090420172807 rogier van der weyden sa 500« Il existe un trésor caché, une richesse demeurée inexploitée et nullement appréciée à sa vraie valeur, qui est cependant ce qu’il y a de plus grand dans le ciel et sur la terre : l’Esprit Saint. Le monde des âmes lui-même ne Le connaît pas comme il convient. Il est la Lumière des intelligences et le Feu qui embrase les cœurs. S’il y a de la tiédeur, du refroidissement, de la fragilité, et tant d’autres maux qui affligent le monde spirituel et même mon Eglise, c’est parce que l’on ne recourt pas à l’Esprit Saint.

 

«Sa mission dans le ciel, sa Vie, son Être, c’est l’Amour.

« Sur la terre, sa mission consiste à acheminer les âmes vers ce foyer de l’Amour qui est Dieu. Avec Lui, on possède tout ce que l’on peut désirer.

« S’il y a de la tristesse, c’est parce que l’on ne recourt pas à ce divin Consolateur, Lui qui est la joie spirituelle parfaite. S’il y a de la fragilité, c’est parce que l’on ne s’appuie pas sur Celui qui est la Force invincible. S’il y a des erreurs, c’est parce que l’on méprise Celui qui est la Lumière. La foi s’éteint par absence du Saint Esprit. En chaque cœur et dans l’Eglise entière, on ne rend pas à l’Esprit Saint le culte qui Lui est dû. La plupart des maux que l’on déplore dans l’Eglise et dans le champ des âmes viennent de ce que l’on n’accorde pas à l’Eprit Saint la primauté que Moi J’ai donnée à cette Troisième Personne de la Trinité qui a pris une part si active à l’incarnation du Verbe et à la fondation de l’Eglise. On L’aime avec tiédeur, on L’invoque sans ferveur, et en beaucoup de cœurs, même parmi les miens, on ne se souvient même pas de Lui. Tout cela afflige profondément mon Cœur. »

 

                          Conchita Journal spirituel d’une mère de famille

                           Michel-Marie Philipon, o.p.

 

 

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Qui imitons-nous?

6 Août 2011, 05:35am

Publié par Father Greg

 

moines.jpgSouvent nous croyons imiter le vrai Dieu et n’imitons en réalité que de faux modèles d’autonomie et d’invulnérabilité. Loin de nous rendre autonomes et invulnérables, nous nous vouons alors aux rivalités inexpiables. Ce qui divinise ces modèles à nos yeux, c’est leur triomphe dans des rivalités mimétiques dont la violence nous dissimule l’insignifiance.

 

Loin de surgir dans un univers exempt d’imitation, le commandement d’imiter Jésus s’adresse à des êtres pénétrés de mimétisme. Les non-chrétiens s’imaginent que, pour se convertir, il leur faudrait renoncer à une autonomie que tous les hommes possèdent naturellement, une autonomie dont Jésus voudrait les priver. En réalité, dès que nous imitons  Jésus, nous nous découvrons imitateurs depuis toujours. Notre aspiration à l’autonomie nous agenouillait devant des êtres qui, même s’ils ne sont pas pires que nous, n’en sont pas moins de mauvais modèles en ceci que nous ne pouvons pas les imiter sans tomber avec eux dans le piège des rivalités inextricables.

 

L’autonomie que nous nous croyons toujours sur le point de conquérir, en imitant nos modèles de puissance et de prestige, n’est qu’un reflet des illusions projetées par notre admiration pour eux, d’autant moins consciente de son mimétisme qu’elle est plus mimétique. Plus nous sommes « orgueilleux » et « égoistes », plus nous nous asservissons aux modèles qui nous écrasent.

                                                René Girard, Je vois Satan tomber comme l’éclair

 

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Retour à l'emerveillement...

5 Août 2011, 05:00am

Publié par Father Greg

 

 

 


 

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L'idéologie pieusarde des dévots...

4 Août 2011, 05:11am

Publié par Father Greg


assiette-murale-christ-couronne-depine 1522 1Le XVIe siècle fut un équinoxe historique, où l'idéal bafoué par les giboulées du sensualisme s'abattit enfin, racines en l'air. Le spirituel christianisme, sabordé dans ses méninges, saigné au tronc des carotides, vidé de sa plus intime substance, ne mourut pas, hélas ! Il devint idiot et déliquescent dans sa gloire percée.

 

Le christianisme, qui n'avait su ni vaincre ni mourir, fit alors comme tous les conquis. Il reçut la loi et paya l'impôt. Pour subsister, il se fit agréable, huileux et tiède. Silencieusement, il se coula par le trou des serrures, s'infiltra dans les boiseries, obtint d'être utilisé comme essence onctueuse pour donner du jeu aux institutions et devint ainsi un condiment subalterne, que tout cuisinier politique put employer ou rejeter à sa convenance. On eut le spectacle, inattendu et délicieux, d'un christianisme converti à l'idolâtrie païenne, esclave respectueux des conculcateurs du Pauvre, et souriant acolyte des phallophores.

 

Miraculeusement édulcoré, l'ascétisme ancien s'assimila tous les sucres et tous les onguents pour se faire pardonner de ne pas être précisément la volupté, et devint, dans une religion de tolérance, cette chose plausible qu'on pourrait nommer le catinisme de la piété. Saint François de Sales apparut, en ces temps-là, juste au bon moment, pour tout enduire. De la tête aux pieds, l'Église fut collée de son miel, aromatisée de ses séraphiques pommades. La Société de Jésus, épuisée de ses trois ou quatre premiers grands hommes et ne donnant déjà plus qu'une vomitive resucée de ses apostoliques débuts, accueillit avec joie cette parfumerie théologique, où la gloire de Dieu, définitivement, s'achalanda. Les bouquets spirituels du prince de Genève furent offerts par de caressantes mains sacerdotales aux explorateurs du Tendre, qui dilatèrent aussitôt leur géographie pour y faire entrer un aussi charmant catholicisme...

 

L’Art perdit ses propres ailes et devint le compagnon des reptiles et des quadrupèdes. Les extra-corporelles Transfixions des Primitifs dévalèrent dans l'ivresse charnelle de la forme et de la couleur, jusqu'aux vierges de pétrin de Raphaël.

 

Aujourd'hui, le Sauveur du monde crucifié appelle à lui tous les peuples à l'étalage des vitriers de la dévotion, entre un Évangéliste coquebin et une Mère douloureuse trop avancée. Il se tord correctement sur de délicates croix, dans une nudité d'hortensia pâle ou de lilas crémeux, décortiqué, aux genoux et aux épaules, d'identiques plaies vineuses exécutées sur le type uniforme d'un panneau crevé. -- Genre italien, affirment les marchands de mastic.


Le genre français, c'est un Jésus glorieux, en robe de brocart pourpré, entr'ouvrant, avec une céleste modestie, son sein, et dévoilant, du bout des doigts, à une visitandine enfarinée d'extase un énorme cœur d'or couronné d'épines et rutilant comme une cuirasse.

 

C'est encore le même Jésus plastronné, déployant ses bras pour l'hypothétique embrassement de la multitude inattentive, c'est l'éternelle Vierge sébacée en proie à la même recette de désolation millénaire, tenant sur ses genoux, non seulement la tête, mais le corps entier d'un minable Fils, décloué suivant de cagneuses formules. Puis, les innumérables Immaculées Conceptions de Lourdes, en premières communiantes azurées d'un large ruban, offrant au ciel, à mains jointes, l'indubitable innocence de leur émail et de leur carmin.

 

Enfin, la tourbe polychrome des élus : les saints Joseph, nourriciers et frisés, généralement vêtus d'un tartan rayé de bavures de limaces, offrant une fleur de pomme de terre à un poupon bénisseur ; les saints Vincent de Paul en réglisse ramassant, avec une allégresse refrénée, de petits monstres en stéarine, pleins de gratitude ; les saints Louis de France ingénus, porteurs de couronnes d'épines sur de petits coussins en peluche ; les saints Louis de Gonzague, chérubinement agenouillés et cirés avec le plus grand soin, les mains croisées sur le virginal surplis, la bouche en cul de poule et les yeux noyés ; les saints François d'Assise, glauques ou céruléens, à force d'amour et de continence, dans le pain d'épice de leur pauvreté ; saint Pierre avec ses clefs, saint Paul avec son glaive, sainte Marie-Madeleine avec sa tête de mort, saint Jean-Baptiste avec son petit mouton, les martyrs palmés, les confesseurs mitrés, les vierges fleuries, les papes aux doigts spatulés d'infaillibles bénédictions, et l'infinie cohue des pompiers de chemins de croix.

 

Tout cela conditionné et tarifé sagement, confortablement, commercialement, économiquement. Riches ou pauvres, toutes les paroisses peuvent s'approvisionner de pieux simulacres en ces bazars où se perpétue, pour le chaste assouvissement de l'œil des fidèles, l'indéracinable tradition raphaélique. Ces purgatives images dérivent, en effet, de la grande infusion détersive des madonistes ultramontains. Les avilisseurs italiens du grand Art mystique furent les incontestables ancêtres de ce crépi. Qu'ils eussent ou non le talent divin qu'on a si jobardement exalté sur les lyres de la rengaine, ils n'en furent pas moins les matelassiers du lit de prostitution où le paganisme fornicateur vint dépuceler la Beauté chrétienne. Et voilà leur progéniture!!"

 

Léon Bloy, Le Catinisme de la piété.

 

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Journal d’un Cure de Campagne (III)

3 Août 2011, 05:35am

Publié par Father Greg

 

 

auguste-renoir-la-lectureD’où vient que le temps de notre petite enfance nous apparait si doux, si rayonnant?

 Un gosse à des peines comme tout le monde, et il est, en somme, si désarmé contre la douleur, la maladie ! L’enfance et l’extrême vieillesse devraient être les deux grandes épreuves de l’homme. Mais c’est du sentiment de sa propre impuissance que l’enfant tire humblement le principe même de sa joie. Il s’en rapporte à sa mère, comprends-tu ? Présent, passé, avenir, toute sa vie, la vie entière tient dans un regard, et ce regard est un sourire. Hé bien, mon garçon, si l’on nous avait laissés faire, nous autres, l’Église eût donné aux hommes cette espèce de sécurité souveraine. Retiens que chacun n’en aurait pas moins eu sa part d’embêtements. La faim, la soif, la pauvreté, la jalousie, nous ne serons jamais assez forts pour mettre le diable dans notre poche, tu penses ! Mais l’homme se serait su le fils de Dieu, voilà le miracle ! Il aurait vécu, il serait mort avec cette idée dans la caboche – et non pas une idée apprise seulement dans les livres, – non. Parce qu’elle eût inspiré, grâce à nous, les mœurs, les coutumes, les distractions, les plaisirs et jusqu’aux plus humbles nécessités. Ça n’aurait pas empêché l’ouvrier de gratter la terre, le savant de piocher sa table de logarithmes ou même l’ingénieur de construire ses joujoux pour grandes personnes. Seulement nous aurions aboli, nous aurions arraché du cœur d’Adam le sentiment de sa solitude.

 

Avec leur ribambelle de dieux, les païens n’étaient pas si bêtes : ils avaient tout de même réussi à donner au pauvre monde l’illusion d’une grossière entente avec l’invisible. Mais le truc maintenant ne vaudrait plus un clou. Hors l’Église, un peuple sera toujours un peuple de bâtards, un peuple d’enfants trouvés. Évidemment, il leur reste encore l’espoir de se faire reconnaître par Satan. Bernique ! Ils peuvent l’attendre longtemps, leur petit Noël noir ! Ils peuvent les mettre dans la cheminée, leurs souliers ! Voilà déjà que le diable se lasse d’y déposer des tas de mécaniques aussi vite démodées qu’inventées, il n’y met plus maintenant qu’un minuscule paquet de cocaïne, d’héroïne, de morphine, une saleté de poudre quelconque qui ne lui coûte pas cher. Pauvres types ! Ils auront usé jusqu’au péché. Ne s’amuse pas qui veut. La moindre poupée de quatre sous fait les délices d’un gosse toute une saison, tandis qu’un vieux bonhomme bâillera devant un jouet de cinq cents francs. Pourquoi ? Parce qu’il a perdu l’esprit d’enfance. 

 

Hé bien, l’Église a été chargée par le bon Dieu de maintenir dans le monde cet esprit d’enfance, cette ingénuité, cette fraîcheur. Le paganisme n’était pas l’ennemi de la nature, mais le christianisme seul l’agrandit, l’exalte, la met à la mesure de l’homme, du rêve de l’homme. Je voudrais tenir un de ces savantasses qui me traitent d’obscurantiste, je lui dirais : « Ce n’est pas ma faute si je porte un costume de croque-mort. Après tout, le Pape s’habille bien en blanc, et les cardinaux en rouge. J’aurais le droit de me promener vêtu comme la Reine de Saba, parce que j’apporte la joie. Je vous la donnerais pour rien si vous me la demandiez. L’Église dispose de la joie, de toute la part de joie réservée à ce triste monde. Ce que vous avez fait contre elle, vous l’avez fait contre la joie.»      

 

 

George Bernanos, Journal d’Un Cure de Campagne.

 

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Journal d’un Cure de Campagne (II)

2 Août 2011, 05:33am

Publié par Father Greg

 

 

vache_holstein_98x130_1988_1.jpg J’ai un troupeau, un vrai troupeau, je ne peux pas danser devant l’arche avec mon troupeau – du simple bétail – ; à quoi je ressemblerais, veux-tu me dire ? Du bétail, ni trop bon ni trop mauvais, des bœufs, des ânes, des animaux de trait et de labour. Et j’ai des boucs aussi. Qu’est-ce que je vais faire de mes boucs ? Pas moyen de les tuer ni de les vendre. Boucs ou brebis, le maître veut que nous lui rendions chaque bête en bon état. Ne va pas te mettre dans la tête d’empêcher un bouc de sentir le bouc, tu perdrais ton temps, tu risquerais de tomber dans le désespoir. Les vieux confrères me prennent pour un optimiste, un Roger Bontemps, les jeunes de ton espèce me trouvent trop dur avec mes gens, trop militaire, trop coriace. Les uns et les autres m’en veulent de ne pas avoir mon petit plan de réforme, comme tout le monde, ou de le laisser au fond de ma poche. Tradition ! grognent les vieux. Évolution ! chantent les jeunes. Moi, je crois que l’homme est l’homme, qu’il ne vaut guère mieux qu’au temps des païens. La question n’est d’ailleurs pas de savoir ce qu’il vaut, mais qui le commande.

 


[…] Un peuple de chrétiens n’est pas un peuple de saintes-nitouches. L’Église a les nerfs solides, le péché ne lui fait pas peur, au contraire. Elle le regarde en face, tranquillement, et même, à l’exemple de Notre-Seigneur, elle le prend à son compte, elle l’assume. Quand un bon ouvrier travaille convenablement, les six jours de la semaine, on peut bien lui passer une ribote, le samedi soir. Tiens, je vais te définir un peuple chrétien par son contraire. Le contraire d’un peuple chrétien, c’est un peuple triste, un peuple de vieux. Tu me diras que la définition n’est pas trop théologique. D’accord. Mais elle a de quoi faire réfléchir les messieurs qui bâillent â la messe du dimanche. Bien sûr qu’ils bâillent ! Tu ne voudrais pas qu’en une malheureuse demi-heure par semaine, l’Église puisse leur apprendre la joie ! Et même s’ils savaient par cœur le catéchisme du Concile de Trente, ils n’en seraient probablement pas plus gais.

 

 

George Bernanos, Journal d’Un Cure de Campagne.

 

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Journal d’un Cure de Campagne

1 Août 2011, 05:30am

Publié par Father Greg

 

320Ma paroisse est dévorée par l’ennui, voilà le mot. Comme tant d’autres paroisses ! L’ennui les dévore sous nos yeux et nous n’y pouvons rien. Quelque jour peut-être la contagion nous gagnera, nous découvrirons en nous ce cancer. On peut vivre très longtemps avec ça. […]

 

Je me disais donc que le monde est dévoré par l’ennui. Naturellement, il faut un peu réfléchir pour se rendre compte, ça ne se saisit pas tout de suite. C’est une espèce de poussière. Vous allez et venez sans la voir, vous la respirez, vous la mangez, vous la buvez, et elle est si fine, si ténue qu’elle ne craque même pas sous la dent. Mais que vous vous arrêtiez une seconde, la voilà qui recouvre votre visage, vos mains. Vous devez vous agiter sans cesse pour secouer cette pluie de cendres. Alors, le monde s’agite beaucoup.

 

On dira peut-être que le monde est depuis longtemps familiarisé avec l’ennui, que l’ennui est la véritable condition de l’homme. Possible que la semence en fût répandue partout et qu’elle germât çà et là, sur un terrain favorable. Mais je me demande si les hommes ont jamais connu cette contagion de l’ennui, cette lèpre ? Un désespoir avorté, une forme turpide du désespoir, qui est sans doute comme la fermentation d’un christianisme décomposé ...

 

George Bernanos, Journal d’Un Cure de Campagne.

 

 

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