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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Si l’homme regarde à l’apparence, le Seigneur regarde au cœur

28 Mai 2012, 02:25am

Publié par Father Greg

 

" Mon Dieu, éclaire ma ténèbre " ps 17

 

Bruegel-Thetriumphofdeath.jpg«

  Celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va », dit Jésus (Jn 12, 35). Mais qui chemine en plein jour, qui marche dans la lumière, celui-là sait où il est, sait où il va, et il y va résolument, sans trébucher. Voilà pourquoi, dans l’Ancien Testament, le peuple juif ne cessait de remercier Dieu pour le don de la Loi, pour la Parole de Dieu, car, dit le psaume, « ta parole est une lampe sur mes pas, une lumière sur ma route » (Ps 118, 105). Elle indique le chemin, comme cette colonne, nuée le jour et lumière la nuit, qui dirigeait le peuple dans ses pérégrinations (Ex 13).

 

Cette Parole, cette Lumière, s’est faite chair. Elle a habitée parmi nous. « Le Verbe, qui était la lumière véritable » (Jn 1, 9), s’est adapté à la faiblesse de notre regard. Il a voilé sa splendeur éblouissante. Il l’a tamisée en prenant notre chair. Dès lors, en écoutant le Christ, en regardant le Christ, en imitant le Christ, nous comprenons mieux qui est Dieu, qui nous sommes et ce que Dieu attend de nous. Nous savons où aller et nous savons comment y aller. Par son enseignement et par ses exemples, le Christ, notre Lumière, nous fait voir toutes choses sous leur vrai jour. Il éclaire les événements de notre vie. Il leur donne un sens.

 

Mais il ne suffit pas de braquer le projecteur sur l’extérieur. Encore faut-il que la lumière du Christ se fraye un chemin jusque dans nos ténèbres intérieures pour y apporter sa vérité et sa paix. Car, dit le prophète Jérémie, « le cœur de l’homme est rusé plus que tout, et pervers, qui peut le pénétrer ? » (Jr 17, 9). Oui, mon cœur est compliqué. Ses plis et ses replis, ses intentions et ses réactions, sont une énigme non seulement pour les autres mais d’abord pour moi-même. Voilà pourquoi, spécialement en ce temps de Carême, il est bon de saisir la lampe qu’est le Christ et de descendre hardiment dans ce monde souterrain. J’y croiserai sans doute quelques jolis monstres des profondeurs – jalousie, rancune recuite ou orgueil -, mais ce sont des monstres « photophobes », des monstres qui craignent la lumière, des monstres qui reculent devant la lumière. J’y discernerai les racines du mal, bien implantées en moi et toujours fécondes, mais aussi les semences de vie déposées par le Christ.

 

 

Qu’il est difficile, mes amis, de démêler le bon grain et l’ivraie dans les mouvements de son propre cœur ! Parfois un acte a toutes les apparences d’une belle action et pourtant il est vicié de l’intérieur par l’orgueil ou le désir de paraître. Parfois une action maladroite, qui fait qu’on me soupçonne des plus noirs desseins, partait d’une excellente intention. Oui, le cœur de l’homme est compliqué et Dieu seul peut m’éclairer sur moi-même. Car « si l’homme regarde à l’apparence, le Seigneur regarde au cœur » (1 Sam 16, 7).

 

Serge-Thomas Bonino , Homélie.