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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Qui sait jusqu'où va la profondeur de cette blessure ? (II)

5 Juillet 2012, 01:13am

Publié par Father Greg

 

 

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Le pas du lion

On rapporte que saint Jérôme vécut durant trente-cinq ans dans une grotte avec un lion pour compagnie. Le fauve était venu trouver l'ermite qui lui avait retiré une épine profondément enfoncée dans la patte. Reconnaissant, l'ani­mal avait élu domicile auprès de l'homme charitable, visité des lumières d'en haut. On raconte des faits similaires à propos d'autres saints hommes qui, partis au désert ou dans la forêt, firent amitié avec un ours, un loup ou un autre animal féroce qu'ils avaient soigné.

L'apologue peut s'entendre ainsi : le lion (ou l'ours) représente notre nature sauvage, violente, orgueilleuse, les instincts et passions qu'il s'agit de maîtriser, autant dire l'homme charnel. Or, le lion est blessé et l'épine fichée dans sa patte est un aiguillon qui à la fois l'empêche d'être pleinement heureux de son sort et le pousse à chercher un remède. L'animal vient demander de l'aide à un homme reclus en Dieu, non pas à un médecin ordinaire. En ôtant l'épine de la patte du fauve, Jérôme délivre et apaise l'ani­mal, à la façon dont les puissances spirituelles libèrent l'homme charnel : l'Esprit guérit parce qu'il éveille la créature à sa nature immortelle. Désormais, le lion vit en bonne intelligence avec l'ascète, certains disent même qu'il se nourrit d'herbe : réconciliation des aspects terrestre et céleste de l'être humain, passage de la dévoration à la contemplation. Tout un chemin spirituel pour qu'éclose l'homme intérieur, l'être nouveau. Encore fallait-il que le lion ou l'ours fussent blessés, et à la patte, afin d'orienter différemment leur marche. La blessure s'avère le contraire de l'entrave, elle invite à la quête, elle appelle à une infinie liberté.

Divine Blessure, Jacqueline Kelen

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