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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

La quête ultime de l'homme... (III)

21 Juin 2011, 23:56pm

Publié par Father Greg

 

 

thomas_aquinas_2.jpgCela reste comme un appel parce que nous n’avons pas de concept de Dieu. Il ne peut y avoir que cette adhésion du jugement dans une totale pauvreté. La contemplation philosophique fait comprendre la pauvreté de l’intelligence d’une créature. Face à Dieu elle est dans un état d’attente. Quand on attend, on est un mendiant, on est dans un état de mendicité. Et cet état d’attente et de mendicité par rapport à Dieu fait découvrir cette pauvreté radicale et merveilleuse. Dieu seul peut satisfaire notre intelligence, seul Celui qui est le Créateur peut nous rendre bienheureux, lui seul peut combler les désirs de notre cœur. Le philosophe qui contemple devient donc le mendiant de la contemplation de Dieu. Il vit par moments de sa lumière, mais comme un mendiant, sans la posséder. Ce n’est pas le face à face de la vision béatifique qui le dépasse complètement : philosophiquement, nous ne pouvons rien en dire, mais dans l’adoration nous sommes attirés au plus intime de notre esprit par la lumière de Dieu.

 

Dans cette contemplation, l’homme découvre donc qu’il est fait pour l’absolu et qu’il est incapable par lui-même de l’atteindre. Il sait que Dieu est la pensée de la pensée, la contemplation de la contemplation, et que l’intelligence ne peut être satisfaite qu’en dépassant totalement son conditionnement humain pour être tout entière prise par celui qui est la contemplation de la contemplation : lui seul peut satisfaire notre intelligence, et par nous-mêmes, nous sommes incapables de l’atteindre. Le philosophe sage reste en attente, sachant que demeurer dans cette attente est ce qu’il y a de plus grand, de plus noble. La créature ne peut rejoindre Dieu que dans l’adoration, elle ne possède pas sa contemplation. L’homme touche donc là, acquiert cette conviction intérieure, dans une grande lucidité, que sa personne ne s’achève pas par elle-même et ne peut pas s’achever par elle-même. Si la recherche de la vérité structure la personne humaine, sa structure ultime est la contemplation, la contemplation de Dieu que l’homme ne possède pas. Il ne vit que par moments, dans un état de pauvreté et d’attente.

 

Ce qui différencie cette position réaliste de celle de Hegel, c’est donc bien la pauvreté et la conscience de la pauvreté. Nous découvrons que ce qu’il y a de plus grand en nous, c’est d’accepter cet état de dépendance à l’égard de Celui qui est notre Créateur et qui est la contemplation de la contemplation. Accepter cet état de pauvreté dans l’adoration, c’est-à-dire dans tout notre être ; et accepter, beaucoup plus profondément, cet état de dépendance dans notre soif de contempler, dans l’appétit de vérité de notre intelligence.

  Nous sommes radicalement dépendants de Celui qui est la contemplation de la contemplation. Notre intelligence a la noblesse de l’intelligence de Dieu, mais dans une totale pauvreté. Elle est faite pour la contemplation, c’est sa noblesse ; mais en même temps, elle ne peut pas l’acquérir. Tout l’effort de la recherche philosophique, de la recherche de vérité, est ordonné à cela. Et là, on touche à quelque chose d’ultime, source d’une très grande joie, la plus grande joie qu’un homme puisse avoir sur terre.

 

MD Goutierre. Hegel, l’intelligence de la foi ?


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