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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

L'adoration, baiser intérieur de mon âme avec mon Père...

6 Avril 2011, 08:02am

Publié par Father Greg

 

 

artbite.a182.VanderWeyden.plispeinture-a5aa2-copie-1.jpg En essayant d’exprimer ce que nous pouvons dire de Dieu, on a employé brutalement, logiquement (la logique est brutale par rapport à Dieu, parce qu’elle n’entre pas en Dieu), l’expression « attributs de Dieu ». C’est terrible ! C’est comme si on mettait des affiches. Première affiche : Dieu est Lumière, etc. Mais ce n’est pas un « attribut », c’est une contemplation, c’est une découverte, c’est comme le baiser intérieur de mon âme avec mon Père. Je ne peux pas rencontrer Dieu sans proclamer qu’il est la Lumière : une lumière qui m’échappe, une Lumière qui me dépasse complètement, mais une véritable Lumière : la Lumière. Dieu est « la Pensée de la pensée » ;

 

cette extraordinaire conclusion d’Aristote, ne laissons pas le philosophe Hegel l’utiliser en la détruisant – car il l’a détruite en la possédant. Elle fait partie du patrimoine humain dans ce qu’il a de plus grand. Humainement, on n’a jamais dit quelque chose d’aussi grand. (…) Aristote est le sage qui a découvert Dieu Lumière, Contemplation de la contemplation, Pensée de la pensée. Nous n’avons pas le droit de laisser une découverte comme celle-là dans un frigidaire, dans un musée. Nous avons le devoir filial de vivre de cela et, par là, de prolonger notre adoration.

 

Notre réponse à l’acte créateur

Car notre adoration se prolonge dans cette contemplation. Nous sommes nés dans la lumière, notre âme est née dans la lumière. Et celui qui est notre Père, c’est la Sagesse, la Lumière pure, la Contemplation. La contemplation ne nous est pas étrangère ; elle est ce qu’il y a en nous de plus secret et de plus grand : le toucher de notre créateur. Nous découvrons cela comme le grand secret de Dieu pour nous, le secret de notre Père, et personne ne peut nous enlever cette joie de vivre avec notre Père, ce lien de ce qu’il y a de plus pur dans notre intelligence, dans notre âme spirituelle, avec Dieu dans sa « présence d’immensité » dont cette contemplation nous fait vivre et nous imprègne.

 

On peut reprendre ici ce que Pascal dit à propos de Christ : « console-toi, tu ne me chercherais pas, si tu ne m’avais trouvé ». Et avant lui Saint Augustin s’adressait à Dieu ainsi : « Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ». « Tu étais plus intime que l’intime de moi-même », « et je m’en allais par les ténèbres et les pentes glissantes et je te cherchais en dehors de moi ». Le philosophe ne chercherait pas Dieu, ne chercherait pas le Père, s’il ne l’avait pas déjà découvert. C’est ce qu’il y a de grand dans l’intuition de l’ontologisme, mais en même temps c’est terrible parce que cette affirmation doit se faire, en réalité, dans une pauvreté totale. C’est Dieu qui agit et je reçois tout.

 

Je coopère, non pas à l’acte créateur de Dieu (puisque personne ne peut coopérer à son acte créateur), mais à son don, son don royal, son don de Père ; et pour coopérer à ce don de mon Père je demeure dans le silence. On a trop oublié ce que Plotin (et cela reste vrai) considérait comme le sommet de la sagesse acquise, de la sagesse philosophique : la sigh, le silence, la présence. Il y a une présence naturelle du Créateur, du Père, à son petit enfant. Dieu ne nous laisse pas orphelins ; ne pas vouloir découvrir cela, c’est faire de nous des orphelins, faire de nous des aveugles au plan spirituel. La sagesse nous permet de louer notre Père en vivant de sa contemplation. Certes, nous en vivons dans une obscurité totale, mais dans le réalisme de l’amour : il y a un « toucher » mystérieux de mon intelligence qui, ayant soif de la vérité, est toute tendue vers cette Vérité et qui atteint la Lumière.

 

Celui qui est la Contemplation de la contemplation, mon Père, mon Dieu créateur, est aussi Celui qui est l’Amour de l’amour. Il s’aime lui-même de toute éternité. Toute cette lumière est en même temps un amour, un don de lui-même  à lui-même, et ma contemplation acquise, philosophique, sapientiale, me permet de participer à cet amour – puisque, en vivant de la lumière du Créateur, je vis de son amour. Il y a cette attraction indicible de toute mon âme, dans ce qu’elle a de plus profond en sa capacité d’aimer, vers le Père. Et je dis : « Père ! Créateur, Lumière… » 

 

M.D Philippe, le premier moment de la paternité de Dieu.


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