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Doux Agneau de Catherine

29 Avril 2021, 16:33pm

Publié par Grégoire.

Doux Agneau de Catherine

« Ils contempleront celui qu’ils ont transpercés » Jean 19, 37.

Catherine de Sienne a beaucoup contemplé, c’est à dire qu’elle s’est  beaucoup nourrie de cette révélation de Jésus à la Croix, donnée en St Jean. Spécialement le cri de soif et la blessure du cœur. Non comme quelque chose de tragique, mais comme la révélation ultime de Dieu. Et spécialement ce geste du coup de lance. Pourquoi ce geste alors que Jésus était déjà mort ? À quoi sert-il ?

Dans ses dialogues qu’elle a avec Jésus, Catherine de Sienne pose à Jésus cette question : « Doux Agneau immaculé, tu étais mort quand ton côté fut ouvert ; pourquoi as-tu voulu être frappé et avoir le cœur brisé ? » A quoi Jésus répond : « Parce que mon désir envers l’humaine génération était infini, et l’œuvre de la Croix était limitée ; or, par cette offrande limitée je ne pouvais montrer tout l'amour dont je vous aimais, parce que mon amour est infini. C'est pourquoi j'ai voulu que vous voyez le secret de mon cœur, en vous le montrant ouvert afin que vous voyiez que je vous aime plus que ne pouvait le montrer par la souffrance limitée de la Croix. En faisant sortir de l'eau et du je vous ai montré le baptême que vous recevez. »

La blessure du cœur de Jésus est le geste ultime. Cette blessure, ce coup de lance gratuit, inutile, que le soldat réalise alors que personne ne lui a rien demandé, fait sans aucun respect du cadavre du Christ qui pends sur la Croix, ce geste atteint le cœur qui laisse couler les dernières gouttes d'eau et de sang. Et bien ce geste fait comme par hasard, Dieu s’en sert, le Verbe s’en sert, puisqu’il nous dit l’au-delà de la Croix.

La Croix est limitée, dans le temps, même dans la souffrance qu’elle réalise. Or l’amour de Jésus est plus que tout ce qui est manifesté, cet amour est Lui, il est substantiel, et en cela, cette blessure est un geste dont l’amour divin se sert pour se dire à nous: le sang et l’eau qui coule, c’est Dieu qui coule : le Verbe est devenu chair. La chair, le sang versé, c’est Dieu qui est devenu la passivité de la matière et s’est ainsi emparé de tout notre univers. Nous disant alors qu’il est un abime d’amour. 

C’est à dire, comme le cri de soif de Jésus exprime le désir intense de son cœur, son amour brûlant, la blessure du cœur dit l'amour divin qui est substantiel, un abime infini, l'amour qui, en Dieu, est tout. Ce geste nous fait entrer dans l'abîme d'amour que Jésus a pour le Père et pour nous.

C'est à cause de ce geste qui clôt toute la révélation que Catherine de Sienne dit que ce qu'il y a de plus grand sur la terre, ce ne sont pas nos réalisations, ce qu’on fait, mais notre soif, notre désir. Et la soif, le désir, c'est notre intention, le désir de notre vie dans ce qu'il a de plus fort. C'est cela que le Père regarde en premier lieu.

C'est lui qui reçoit ce cri de soif, cet appel, parce que Jésus est comme un appel éternel vers le Père, il est « l’amen du Père » comme dit l’apocalypse. Dieu regarde plus nos intentions que nos réalisations. Et nos réalisations, sont là pour faire grandir notre soif, notre attente d’être attiré, d’être pris par Lui.

Grégoire +

 

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