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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

La fragilité féminine : premier visage dévoilé de Dieu

7 Décembre 2020, 23:40pm

Publié par Grégoire.

La fragilité féminine : premier visage dévoilé de Dieu

 

" Dieu a écrit en grandes lettres en Marie ce qu'il veut faire de chacun de nous " prêchait Louis-Marie Grignon de Monfort ! Et, Maximilien Kolbe disait qu’il fallait relire toute la Révélation dans la lumière de l'Immaculée Conception ! Pourquoi? Parce que Marie, l'Immaculée, c’est le premier lieu où on voit l'initiative gratuite du Père qui toujours nous devance. Une initiative efficace et qui s'impose à nous !

Dieu, en devenant chair, épouse toutes chairs, épouse donc chaque moment de l’Histoire humaine, le temps, l’espace et chacun de nous ! Et, l’Immaculée, c’est l’effet visible, le modèle, le prototype de ce que Dieu fait et veut faire avec chacun. On voit là, le premier geste d'amour inouïe du Père. Sa 'miséricorde'. La miséricorde n'est pas un dépassement exceptionnel de la règle ou de la justice, non ! La miséricorde c’est la justice de Dieu, qui aime qui il veut, comme il veut, comme un Père ses enfants !

C’est cela l'amour normal du Père : un amour fou, excessif, aveugle. L'Immaculée c'est ce don premier et gratuit que Dieu veut faire à chacun, et qui est déjà visible et effectif en Marie. Elle est revêtue de tout ce que Jésus, Dieu devenu chair, à vécu dans notre nature. Ce n'est donc pas d'abord une espèce de pureté, sans tache et sans reproche, mais le fruit acquis de Dieu qui a pris le temps de vivre tout ce qu'il est dans notre pâte humaine. Et faisant vivre à la nature humaine la connaissance infinie, l'amour abyssale et les désirs démesurés d'un Dieu. Aussi, tout ce qu'il a acquis, enduré et pâtis, avec sa sensibilité extrême, sa vulnérabilité infini... tout cela, c'est donné gratuitement à chacun comme la réponse à la faute originel dont tous pâtissons ! Et c'est donné, comme si on l'avait acquis ! Et en Marie, cela la rend Immaculée. 

Si pour Marie ce don est effectif jusqu'au bout au point de départ, pour nous il le sera pleinement au terme de notre vie. Le Père ayant pour nous le désir d'une coopération autre qu'elle.  

Il faut saisir définitivement combien la révélation n’est pas comme les vitrines des grands magasins, qui nous présentent des choses qu’on obtient si seulement on paye pour ça. La révélation, c’est Dieu qui nous dit ce qu’il fait gratuitement et maintenant pour nous. Et, Marie veut qu'on soit certain que ce qui est à elle, c'est à nous ! Qu'on s'enorgueillisse des dons de Dieu pour nous ! Qu'on en soit férocement jaloux !

 

L’immaculée, c’est aussi, une femme. La femme. Dieu réalise quelque chose de tout nouveau, en recommençant par la femme. Celle qui est la créature ultime, la plus fragile, celle qui est le chef d’œuvre de DIEU, parce qu’elle est celle qui, naturellement, est 'la plus proche de Lui du fait de sa fragilité' osait dire JPII ! Comprendre que c'est la fragilité qui nous donne à voir Dieu, devrait casser beaucoup de nos imaginaires anthropomorphiques sur Dieu, qui souvent oscille entre Zeus et Jupiter..

Dieu reprend tout à travers la Femme ! C'est une lumière ô combien importante ! Au point de départ, dans la Genèse, la femme est celle qui achève la Création. Elle est donc normalement celle qui permet à l'homme de maintenir cette attente du ciel, parce qu'elle est celle qui éveille l'amour et le garde vivant. Elle est celle qui maintient nos désirs vivants. Elle est en effet plus proche de Dieu que l'homme, parce qu'elle a en elle la capacité physique d'accueillir un autre, un enfant. Cette disposition physique cache et dit une disposition personnelle à aimer, c'est à dire à être attente, désir, capacité à accueillir un autre, à le porter, lui donner toute sa vie, son corps comme à un autre soi-même.

Et c'est cela que Dieu manifeste et veut faire vivre à chacun en renouvelant toute la création avec Marie. C’est la réponse de Dieu à la bêtise d’Eve. Ève qui a préférée raisonner, discuter, et vouloir être mesure de sa vie, plutôt qu’être gardienne de l’amour pour Adam. La conséquence de son orgueil -et de la lâcheté d'Adam- est simple: notre capacité d’aimer est un tas de ruine; seule notre capacité de dévoiler la vérité demeure intacte.

 

L’Immaculée, c’est donc Dieu qui répond, en se servant des conséquences de la première faute pour nous faire aimer divinement, c’est à dire aimer encore plus que ce dont on est capable normalement. C’est cela l’Immaculée. C’est La femme, celle qui normalement est le plus capable d'aimer, et qui, divinisée, est devenue presque 'pure capacité d’aimer', parce qu'ultra vulnérable, sensibilité aiguisée à l'extrême... 

C’est la femme revêtue de Jésus, qui entre dans une nouvelle manière d’aimer et de donner la vie. Tout en Marie est amour, attente, réceptivité, désir, compassion… et cela elle nous le donne. C’est pour nous. Elle est notre mère : ce qui appartient à une mère appartient à ses enfants, sinon elle n'est pas mère.

Elle nous est donc donné non comme un modèle idéal, mais pour aller le plus loin possible dans l’amour. Et l'amour est ce qui en chacun est ultra personnel, individuel, unique. Et, seul l’amour est éternel. Dieu se fout pas mal de nos imperfections si cela nous rend plus mendiant, plus aimant, plus pauvre, donc plus doux, vulnérable et tendre. 

Parce que la vie chrétienne n'est pas une école stoïcienne de perfection et de dépassement de soi; mais c'est décider une fois pour toutes que nos fautes appartiennent à Jésus. Il les a prise, et donc cela ne nous regarde plus ! Ce n'est pas précisément politiquement correct de vivre et proclamer ça. C'est juste arrêter de prétendre être à soi-même son propre dieu et de vouloir y arriver par sa petite coopération !

 

Ce qui importe, et Marie est Immaculée pour ça, c’est d'aimer ! Aimer ! Aimer ! Aimer ! C'est la seule chose pour laquelle on est toujours en retard ! Parce que, même si on fait semblant d'aller bien, nous sommes tous des handicapés dans l'amour, des rescapées de la grande guerre de la confiance, des invalides de la vulnérabilité ! Avec des schémas et des représentations sur l'amour parfois aussi débiles que puériles parce que cherchant en premier un résultat, qui soit propre, dans les clous et sans passion aucune.

C'est toujours ce primat de la raison qui voudrait 'gérer' l'amour, et qui est ce qui tue le plus notre capacité à être attirer. L'amour est d'abord le désir de ce qui n'est pas nous et qui nous agrandit. L'amour est l'effet en nous d'un autre qui nous attire. Ce n'est donc précisément pas ce que l'on gère, que l'on maitrise ou qui implique une 'juste relation'. Et c'est pour cela qu'on ne désire jamais assez aimer : on tue nos désirs à coup de jugements réflexifs sur nous-même et sur les résultats visibles qui nous dérangent ! Le positivisme du coté de l'amour, est peut-être la pire chose qui soit, ce qui nous éloigne la plus de Celui qui est l'amour.

Et, Marie nous donne vie quand elle nous donne d’aimer, de désirer, d'arrêter de gérer et de maitriser. Elle est précisément celle qui vient nous faire perdre pied, pour être elle seule, gardienne de notre coeur.

 

Et pour cela elle est celle qui nous rend comme elle : fragile et pauvre ! La fragilité en nous est toujours signe d'une nouvelle capacité de réceptivité et donc d'amour. L'amour nous rend liquide, réceptif, fragile. L'orgueil rend dur, froid, et surtout se veut autonome, juste, et 'selon les règles...' 

Or, Marie est Immaculée pour ça : mettre à bas tout nos petits désirs de pureté humaines ou enfin 'on y arriverait par soi'. Son premier 'travail' c'est de nous appauvrir, nous faire accepter d'être perdu. Elle n'est pas Immaculée pour être "pure et sans péché" dans le sens où elle serait au-dessus de nous, un idéal inatteignable dont on ne pourrait qu'être spectateur, mais pour être en premier la plus fragile, la plus sensible, la plus vulnérable, et donc la plus capable d'aimer. La pureté en elle même ne sert à rien, si ce n'est pas pour aimer : dépendre d'un autre le plus possible ! Marie est donc celle qui est le plus le visage de Dieu ! Celle qui est toute compassion, qui est la plus sensible, et qui donc porte avec nous tout ce que nous vivons. 

 

Et c'est cela qu'il faut lui demander : un coeur aimant, un désir fou d'aimer, de pouvoir nous servir de toutes nos vulnérabilités, nos fragilités pour aimer chacun -et soi-même- d'un amour unique, personnel, pour manifester la tendresse de Dieu, sa douceur, sa vulnérabilité à ce que nous sommes.

 

Grégoire +

 

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RICHARD Martine 08/12/2020 09:31

C'est beau et bon. Merci