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SNOW-THERAPY ou thérapie de couple Ikea...

5 Mars 2015, 07:10am

Publié par Grégoire.

SNOW-THERAPY ou thérapie de couple Ikea...

 

Tomas trouve enfin le temps d'emmener Ebba, sa femme et leurs enfants, Vera et Harry en vacances aux sports d'hiver. Très occupé par son travail, il néglige les siens. Sur les sommets des Alpes, les liens semblent se resserrer. Ce n'est qu'apparence. Une avalanche manque de tuer toute la famille. Quand elle arrive sur les siens, Ebba pensent en premier à ses enfants. Tomas fait preuve de lâcheté en les laissant seuls. Finalement, l'avalanche ne fait pas tant de dégâts. Elle en a fait dans cette famille. Les blessures semblent irréparables...

La terrasse d'un restaurant d'altitude, aux sports d'hiver, où un charmant couple déjeune avec ses deux enfants. Le temps et la montagne sont magnifiques. Au loin, on entend une explosion, déclenchée volontairement pour prévenir les avalanches. L'une d'entre elles fonce à toute vitesse sur le resto, provoquant un mouvement de panique. Un film-catastrophe ? Pas vraiment, même si l'on peut parler de cataclysme. Car, dans le sauve-qui-peut généralisé, la mère a protégé ses enfants, tandis que le père s'est débiné dans un coin. Tout le monde l'a vu — le spectateur comme la mère et ses enfants — mais personne n'en parle, du moins au début. La famille continue de faire comme si, jusqu'à ce que la mère brise la glace au cours d'un repas avec un couple, rencontré dans la station. Le malaise se creuse d'autant plus que le père, par orgueil ou déni, refuse d'admettre qu'il a agi lâchement. Ruben Östlund, cinéaste suédois remarqué avec un film dérangeant sur des garçons pris en otage (Play), continue d'appuyer là où ça fait mal, sous l'angle, cette fois, de la comédie grinçante. Sa cible ? La famille bobo, moderne, brutalement remise en cause dans ses fondements par un événement extérieur : le retour du primitif.

Comment aurait-on réagi en pareille situation ? Pardonnerait-on à l'être aimé d'avoir agi en pleutre ? C'est le genre de questions qui fait le sel de cette étude de moeurs, parfois trop théorique, mais extrêmement drôle. Au-delà du couple, le cinéaste observe une société privilégiée, mais qui pète de trouille, asphyxiée par le principe de précaution, la normalisation forcée des comportements, l'absence criante de solidarité. Le tout dans un style glaçant, comme la neige. — Jacques Morice