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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

La petite voie...

2 Octobre 2014, 09:51am

Publié par Fr Greg.

La petite voie...

Pourquoi est-ce une voie de petitesse ? Parce que c’est reconnaître notre néant en face de Dieu. Thérèse souligne souvent cela. C’est reconnaître la vérité de cette parole si forte de Jésus, que Thérèse prend à la lettre : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Rien, même pas monter une marche. Cela, c’est le point de départ de l’abandon ; tant qu’on n’a pas compris cela, on n’est pas abandonné au Seigneur. L’acte d’adoration, dont Thérèse ne parle pas beaucoup mais qui est toujours sous-jacent chez elle, nous fait comprendre notre néant. Plus exactement, il nous fait reconnaître que notre âme est créée actuellement par le Père, par la Très Sainte Trinité. Vivre de cet acte créateur, « toucher » dans la foi cet acte créateur, c’est l’adoration. C’est nous mettre dans la lumière de la sagesse du Créateur et comprendre que du côté de Dieu l’acte de la création est éternel, et qu’il est donc actuel pour nous. Je peux maintenant, à chaque instant, découvrir cet acte purement gratuit de Dieu qui crée mon âme par amour, et je peux en vivre. Par là je découvre que par moi-même je ne suis rien, et que je suis entièrement, dans tout ce que je suis, entre les mains de Dieu. C’est la première expérience de ma petitesse, une petitesse toute relative à l’acte créateur de Dieu et entièrement remise à son amour, à sa lumière. C’est pour cela qu’il est si important de faire des actes d’adoration, et qu’il faut apprendre à les faire avec Jésus. C’est lui l’Adorateur du Père par excellence, qui fait de nous « des adorateurs en esprit et en vérité », ceux que le Père cherche. C’est le point de départ de toute éducation divine sur nous, et rien ne pourra supprimer ni remplacer cela. Le point de départ n’est pas la méditation, c’est l’adoration. C’est du reste beaucoup mieux ! parce que pour exercer la méditation il faut un peu d’instruction et un peu de temps. Tandis que les actes d’adoration, on peut les faire n’importe quand, même quand on a mal à la tête (ils sont peut-être moins brillants, mais ils sont alors plus cachés dans l’amour). Nous pouvons toujours nous mettre en présence de ce regard de la sagesse du Dieu créateur sur nous, et reconnaître notre totale dépendance à son égard, dans tout notre être, et aimer cette dépendance. Car si nous nous cabrons devant cette dépendance, nous n’adorons pas. L’adoration est un acte d’amour, c’est l’acte d’amour fondamental à l’égard de Dieu ; et il s’agit de laisser Dieu nous prendre, nous porter, il s’agit d’être dans les mains de notre Père, de notre Créateur — in manus tuas.

Il y a un second regard sur notre petitesse, qui consiste à nous regarder dans la lumière de Jésus à la Croix, où il nous reprend, nous recrée en nous donnant sa grâce (c’est-à-dire en nous donnant part à sa propre vie). C’est surtout sur ce regard que Thérèse insiste ; mais elle ne néglige pas du tout l’autre, qui reste présent, parce que le véritable abandonimplique l’adoration. On ne peut pas s’abandonner vraiment à Dieu sans l’adoration, et sans multiplier les actes d’adoration. Car il ne suffit pas de faire un acte d’adoration par jour ; il faut ponctuer notre journée d’actes d’adoration qui nous mettent dans cette attitude de remise totale entre les mains de Dieu. C’est cela qui va nous disposer à vivre l’autre petitesse, celle qui nous met sous le regard de Jésus, Agneau de Dieu qui, à la Croix, porte l’iniquité du monde. Là nous comprenons que Jésus nous aime malgré nos faiblesses, nos fragilités, notre impuissance. Malgré tout cela il y a un véritable amour du Christ sur nous, et « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». Jésus nous a aimés dans notre état de pécheurs, et jusqu’à donner sa vie pour nous.

Père Marie-Dominique Philippe, Article paru en septembre 1997

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