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Pérégrinations Cubaine

1 Septembre 2014, 13:03pm

Publié par Fr Greg.

Pérégrinations Cubaine
Pérégrinations Cubaine
Pérégrinations Cubaine

Parti un mois à Cuba auprès d’un frère seul en mission depuis 5 ans, je me suis retrouvé avec le handicap de ne pouvoir dialoguer. Je n’avais pas appris l’espagnol à l’école. Internet étant peu disponible, le téléphone n’en parlons pas, je me retrouvais vite comme enfermé dans une solitude nouvelle. Je me suis mis à écrire. Assez vite du reste. Je n’en avais pas le projet. C’était plus, je crois, pour pouvoir parler à quelqu’un. Un peu comme Robinson. Ce livre a été mon Vendredi. (...)

 

Cuba est à 9h00 d’avion de Paris. Plus grande île des Caraïbes, elle suscita l’extase de Christophe Colomb lorsqu’il y accosta en octobre 1492.

 

La descente d’avion est plus décevante : une chaleur moite, poisseuse vous pénètre sans demander de permission. Puis vient l’accueil castriste. 1h30 d’attente pour passer l’immigration alors que je suis sorti avec le premier tiers de l’avion. Pendant ce temps, mon habit religieux a alerté la sécurité politique. J’ai droit à plusieurs agents qui les uns après les autres viennent vérifier mes papiers : passeport, visa, billet de retour, assurance de rapatriement, adresse à Cuba, raisons du voyage… Je leur réponds avec le plus grand des sourires, comme une star vers laquelle se précipitent des paparazzis. Derrière leur stoïcisme de façade, je sens que ça les énerve. Ils voudraient par leur passage successif susciter mon inquiétude. C’est l’inverse qui se passe. Et, sans tomber dans l’excès –je ne sais pas de quoi ils sont capable- je pousse mon imprudence en prenant un malin plaisir de leur faire sentir mon haleine chargé de vin rouge qui m’a aidé à dormir dans l’avion.

 

J’essaye de respecter chaque homme, quel que soit sa fonction. Mais je ne supporte pas la race de ceux qui en usent pour faire sentir leur pouvoir et susciter la peur. Comme des roquets. Vous savez, ces chiens qui mordent de préférence des enfants ou des vieillards, ceux qui ne peuvent jamais se défendre. Aucune noblesse. En plus ceux-là sont coco. Des fascistes de gauche. Une fin de race qui n’en finit pas de mourir. Je me promets de prier pour son éradication de la planète.

 

Après cette mise en bouche, je rejoins le taxi qui m’attend depuis plus de 2h00. Une Pontiac jaune rutilant qui vient de fêter ses 60 ans. Peu de circulation, peu de voitures[1] peu de monde, peu d’enfants, peu de sourires… au milieu des maisons coloniales, qui par leur état rajoutent à la tristesse, des immeubles en béton préfabriqué venu tout droit de la défunte URSS. Des cases à lapins qui ont été essaimés dans le grand paradis des prolétaires. Je dois vraiment être un sale bourgeois parce que ce décor n’évoque pour moi aucun Eden. Nous roulons dans des faubourgs interminables. Malgré le soleil qui est partout, il fait gris. C’est comme si en plein jour, il faisait toujours nuit. Depuis quand a-t-on voulu que l’obscurité soit la lumière du jour ? (...)

 

[1] Beaucoup de vieilles voitures américaines qui ont 60-65 ans, des Ladas, et quelques voitures occidentales. Arrivant au pouvoir, Raoul Castro a ouvert le marché automobile, mais avec une taxe de 200% sur le prix… Ils ont ainsi vendu 50 voitures en 2013 !

 

Grégoire Plus.  Extrait de "Pérégrinations Cubaine d'un cherchant-Dieu chez des croyants-athées". à paraître.

 

Pérégrinations Cubaine
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