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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

L'art première disposition à la Sagesse

31 Mai 2014, 08:35am

Publié par Fr Greg.

L'art première disposition à la Sagesse

Il faut une certaine gratuité pour découvrir le sens de la sagesse. N'est-ce pas le premier lieu où l'art apprend quelque chose à l'homme ? L'art, qui dans sa fine pointe dépasse le devenir du travail, ne peut être perçu dans sa qualité que si nous avons un certain sens de la gratuité. Dans un monde quantitatif, l'art rappelle à l'homme qu'il doit s'arrêter pour connaître quelque chose gratuitement : il maintient en effet dans son cœur et dans son intelligence un dépassement de la quantité et de l'efficacité. L'art contribue donc à éveiller dans le cœur de l'homme le sens de la recherche de la sagesse, parce qu'il éduque le sens de la gratuité.

 

L’art et les nostalgies de l'homme

 

Mais la signification profonde de l'art pour l'homme ne s'arrête pas là. En effet, certaines grandes expériences sont pour l'homme le lieu d'un appel à un absolu. Cet appel est au cœur de la vie de l'homme dans ce qu'il a de plus humain et de plus spirituel. C'est une quête, un cri, un appel connaturel à l'homme. Et cela est au point de départ de la recherche de la sagesse.

 

En tant qu'il reste vécu dans une nostalgie, l'absolu que l'homme cherche demeure inconnu : la nostalgie par elle-même n'est pas la sagesse, car elle demeure indéterminée. Mais la sagesse philosophique pourra éclairer, et par là assumer les nostalgies qui habitent le cœur de l'homme et qui s'enracinent dans son expérience et dans sa vie. En effet, elle précisera qu'il existe une Réalité première, un Etre premier que les traditions religieuses appellent Dieu, le Créateur, et pourra préciser la destinée de la personne au-delà de la mort, en s'interrogeant sur le problème de l'immortalité de l'âme humaine. Dans cette quête de la sagesse, le rôle majeur de l'art n'est-il pas d'apporter la découverte d'un premier absolu en quelque sorte, une première réponse à cet appel, à la nostalgie d'absolu qui habite le cœur de l'homme ? Autrement dit, la signification profonde, vitale, de l'art, n'est-elle pas d'être pour l'homme la première explication de cet absolu qu'il cherche à travers toutes ses expériences ? En effet, l'art dans ce qu'il a de grand relève de l'intelligence. Il a donc une noblesse particulière, plus grande que celle des nostalgies qui peuvent se dégrader en demeurant dans la subjectivité de l'imaginaire ou de l'affectivité passionnelle. De fait, l'art « fixe » quelque chose à l'intérieur de ces nostalgies : une détermination, une cause exemplaire reposant sur la qualité, capable de saisir, d'assumer et d'ordonner les déterminations éphémères de l'infini intentionnel de la nostalgie. Dans l'art, par conséquent, les nostalgies trouvent une première réponse, en quelque sorte un haut-plateau, ou un regard prophétique qui annonce le lever du soleil. L'artiste capte les nostalgies de l'homme et réalise à partir d'elles quelque chose de grand : son œuvre. L'homme, dans sa grandeur d'artiste, se dépasse dans son oeuvre, qui concrétise et par là donne à voir la grandeur et la profondeur de son désir. Cependant, l'œuvre d'art, parce qu’elle est le résultat du travail et demeure liée à la matière, ne peut finaliser n satisfaire totalement l'homme dans sa quête de l'absolu.

MD Goutièrre, art et Sagesse.