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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Veillée à Cuatro Vientos.. (I)

1 Septembre 2011, 05:06am

Publié par Father Greg

 

 

GMED_5369249F-48CB-44B7-BF33-A5B3198723AE.JPGQualifier d’improbable la tempête qui s’est abattue sur cuatro vientos serait excessif : ce nom indique que le site est le théâtre des vents. Mais on peut dire sans exagérer que cet événement est l’une des pires choses qui pouvait arriver aux organisateurs. Imaginez : des mois, des années de préparation et « plouf » la pluie, le vent, les quatre vents, l’orage, la tempête ou la tornade... Le pape qui ne peut plus prendre la parole ! Outre le fait d’interrompre la veillée une vingtaine de minutes au total, il faut souligner les risques encourus par la foule massée sur l’aérodrome, foule qu’aucun plan B n’aurait permis d’évacuer.

Les images télévisées ne permettent pas vraiment de s’en rendre compte, mais sur place, la tension est palpable. Il faut préciser que les jmjistes dorment ici, parfois vêtus légèrement en raison des chaleurs écrasantes du jour. La pluie, invisible à l’écran, est abondante et les abris, lointains, sont peu nombreux. Les bourrasques font vaciller les enceintes géantes suspendues à plusieurs mètres du sol, un écran géant s’interrompt, la sono est momentanément coupée, deux tentes-chapelles s’effondrent, emportées par le vent. La Croix des JMJ tombe. L’humidité commence à imprégner le sol pourtant terriblement sec. Le pape semble comme interdit par la brusquerie de la situation. S’il esquisse parfois un léger sourire mi-amusé mi-serein, son visage semble impavide et ne peut cacher une certaine incertitude. Il semble lui-même très directement menacé par le vent et par la pluie, malgré les parapluies qui tentent de le protéger. Le décor de la scène pontificale madrilène a manifestement privilégié l’esthétique à la sécurité de son hôte éphémère…

Placé dans le carré F5 avec les Lyonnais, je regarde et j’écoute. Devant ce spectacle, l’excitation et la joie de l’après-midi coexistent désormais avec le doute. La situation est-elle dangereuse ? Peut-être. En tous cas, maintenant, c’est certain, la nuit sera mauvaise, pense-t-on. Derrière nous, des guides de France entonnent des « Je vous salue Marie ». Trois jeunes français lancent la Marseillaise à plein poumons pour se donner du baume au cœur. Ici ou là, des lèvres prient visiblement, quoiqu’à voix basse, tandis que d’autres cherchent à protéger leurs affaires. Une religieuse se met à genoux. Chacun est convoqué en son cœur à poser un acte de foi. Assurément, c’est pour Benoît XVI que la question est la plus difficile : c’est sur lui que repose la responsabilité de la suite à donner : quelle décision prendre ? Ecourter la veillée ? Se retirer ? Jouer la sécurité ? « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » doit-il se dire comme les disciples à Jésus, au cœur de la tempête.

Dans l’espace des cardinaux aussi, on prie. « Certains se mettent à genoux et récitent le chapelet avec les jeunes en charge du protocole et du service d’ordre. On invoque Jean-Paul II ». A proximité, on scande : « El Papa està con nosotros ! No pasa nada ! »

Pierre Durieux.


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