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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Noël: la joie chrétienne

24 Décembre 2011, 12:23pm

Publié par Father Greg


telechargement.jpgNoël est vraiment le mystère de la joie divine parfaite. Les anges le proclament nettement aux bergers : « Voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple » (Lc 2, 10).

 

La joie, en effet, implique l’épanouissement de notre vie et la conscience de cet épanouissement. C’est pourquoi, du point de vue humain, il pourra y avoir divers types de joie, puisqu’il y a diverses manières d’épanouir notre vie humaine. Parmi ces joies, celle de l’amitié est à la fois la plus humaine et la plus consciente pour nous. On sait très bien comme notre cœur humain peut être triste, lorsqu’il doit subir la séparation, l’absence de l’ami. Sa présence, au contraire, le fait exulter de joie. C’est cette joie de l’amitié qui peut le mieux nous servir à saisir le caractère propre de notre joie divine, puisque le mystère de la charité est un mystère d’amitié avec Dieu, avec les trois Personnes divines, par et dans le Christ. La joie divine implique l’épanouissement de cette amitié et une certaine expérience de cette amitié, c’est-à-dire le don de Dieu et notre don à Dieu, d’où résultent une présence d’amour et une certaine expérience de cette présence dans la foi vivante, grâce au don de sagesse.

 

photo-smile-copie-1.jpgPlus la présence est intense et forte, vécue et expérimentée, plus la joie est intense et forte. Or, précisément, le mystère de Noël pour Marie est bien ce mystère de don mutuel : Dieu donné comme « tout-petit » à Marie sa mère. Il ne peut y avoir de présence plus intime que celle du tout-petit auprès de sa mère, car ces deux êtres sont si proches l’un de l’autre et si connaturels. Il ne peut y avoir de présence plus vécue, plus expérimentée qu’au moment même de la naissance, de la première apparition de cette présence. La présence, à ce moment, possède un éclat unique. Noël, c’est Dieu avec Marie, c’est Dieu pour Marie. Et il n’y a rien d’autre que ce fait, dans toute sa nouveauté, dans toute sa pureté. C’est vraiment le mystère de la grande joie. A l’Annonciation, Dieu était bien donné à Marie et Marie était bien donnée à son Dieu, mais ce don demeurait très caché. La présence demeurait imparfaite, car celle-ci réclame que les êtres, qui sont en présence, soient parfaitement distincts, face à face, qu’ils puissent vraiment être deux à mener la même vie. L’unité de connaissance et d’amour, même lorsque cette connaissance et cet amour sont divins, ne suffisent pas pour une présence plénière, surtout lorsqu’il s’agit de nous qui possédons un corps. Nous avons besoin d’une présence physique, d’un regard qui soit comme le reflet, l’expression vivante de cette unité de connaissance et d’amour. Le propre de la naissance est précisément de réaliser cette distinction parfaite du corps de l’enfant avec celui de sa mère, ce qui permet à l’enfant de devenir présent à sa mère. C’est pourquoi ce n’est pas la joie qui domine à l’Annonciation, mais le désir silencieux dans l’attente d’une promesse qui se réalise.

 

Marie-Dominique Philippe, OP, Mystère de Marie, Fayard, p. 144-145