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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?

16 Juin 2011, 05:08am

Publié par Father Greg

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
Tous ceux qui me voient me bafouent,
ils ricanent et hochent la tête :
« Il comptait sur le Seigneur : qu'il le délivre !
Qu'il le sauve, puisqu'il est son ami ! »

Oui, des chiens me cernent,
une bande de vauriens m'entoure ;
ils me percent les mains et les pieds,
je peux compter tous mes os.

Ils partagent entre eux mes habits
et tirent au sort mon vêtement.
Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin :
ô ma force, viens vite à mon aide !

Mais tu m'as répondu !
Et je proclame ton nom devant mes frères,
je te loue en pleine assemblée.
Vous qui le craignez, louez le Seigneur

Psaume 22.

 

Angelico-Crucifixion(SM)-1438Ce psaume, qui fait partie des 7 dernières paroles de Jésus à la croix « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » a fait couler beaucoup d'encres et a donné lieu à beaucoup d’interprétations, ou plutôt beaucoup de projection humaine oubliant que Jésus c’est Dieu !  Jésus, c’est la personne du Verbe, vivant sa vie divine, son don éternel au Père, dans une nature humaine. Il vit donc tout dans la lumière, il est Dieu. Il n’est donc pas dans le doute ou l’angoisse à la croix ! Mais, son humanité, son corps, son âme humaine lié au Verbe est entraîné à vivre ce que vit Dieu éternellement, et sur terre, c’est une vie telle que cela prend la modalité d’un holocauste, d’une offrande excessive, d’un amour qui est de trop, irrécupérable, jusqu’à la folie : la croix. L’offrande de la croix, c’est Jésus, Verbe du Père, qui vient nous dire et nous donné à vivre, ce qu’il vit éternellement comme Dieu. Et sa nature humaine, est associée à la croix à ce don éternel du Fils vers le Père.

 

Jésus vient donc pour nous, pour nous prendre dans cette attraction que le Père exerce par sa bonté. L’offrande de Jésus, c’est le Verbe qui se sert de la crucifixion et du rejet des hommes, pour associer notre nature humaine à l’acte éternel de Dieu.


Ce qui nous est communiqué, réclame alors comme un arrachement à nous-même, un don qui ne peut pas se reprendre, et qui ne peut pas se dire. C’est un amour qui est comme obscur car il n’est qu’amour, que don. C’est un excès dans le don, que rien ne justifie sinon celui à qui il est fait.

 

Or la communication de cet acte, prend une modalité qui pour notre nature est comme intolérable : c’est un amour qui nous aveugle et donc qui nous mets comme dans l’obscurité. Toutes ces souffrances sont comme inutiles, étant comme l'effet en nous d'un don qui est de trop... Jésus souffre donc réellement que Marie, et chacun de nous, sommes entraînés dans quelque chose qui est au-delà de nos forces, qui nous met dans cet état d’offrande sans lumière, dans l'obscurité... Aussi, Jésus souffre de notre souffrance, plus que de la sienne.

 

Enfin, Jésus, veut nous faire voir la lumière dans cette obscurité ; et c’est ce qu’est ce psaume : une action de grâce : « Tu m'as répondu ! Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée. » Ce cri « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » du premier verset, est le cri de l’enfant qui dans l’abandon apparent de Dieu vit déjà de sa réponse ! C’est une action de grâce : Jésus à la croix, brule tout, d’une manière excessive, qui ne peut être reprise ou utilisée pour dire au Père qu’il attend TOUT de lui, qu’il est pure attente du Père ! Et cela c’est pour nous ! C’est notre lumière dans nos nuits ! Cet abandon apparent que Jésus a voulu connaitre, proclame l’absolu du Père, qui est présent substantiellement, sous un mode comme encore plus fort, puisque Jésus a tout offert.

 

« Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » est bien un cri de détresse devant le silence de Dieu, mais ce n'est ni un cri de désespoir, ni encore moins un cri de doute. C'est la prière de quelqu'un qui souffre, qui ose crier à celui qui l'attire la blessure, la soif violente que réalise en lui cette attraction. C'est la souffrance de l'amour, de celui qui est relatif, tendu vers celui qui l'attire, suspendu à Celui qui est à la fois présent et caché. C’est le cri de celui qui dit qu’il est toute attente, pur désir, tout amour. Cela nous montre combien lorsque nous sommes dans la souffrance, quelle qu'elle soit, que Jésus attend notre cri pour y répondre par un nouveau don. Dieu entend et répond lui-même au cri de l’enfant dans le désert, à celui qui n'est plus qu'un cri, en se donnant personnellement, en nous attirant à lui, dans le silence.

 

Fr Grégoire.

 

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