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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

La femme, la vivante...

10 Mars 2013, 01:15am

Publié par Fr Greg.

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Les hommes sont des petits garçons obéissants.

Ils vivent comme on leur a appris à vivre.

Quand le temps est venu de quitter leur mère, ils disent:

d’accord mais il me faut une femme,

j’ai droit à une certaine quantité de femme rien qu’à moi,

il me faut une femme dans mon lit, à ma table,

une mère pour mes enfants et pour moi qui resterai inguérissable de mon enfance.

Et parce qu’il leur semble que le meilleur moyen de tenir une femme, c’est encore de l’épouser, alors ils épousent et prennent le mariage comme un fléau de plus, une corvée inévitable comme celle du travail salarié ou des courses à faire le samedi.

Quand ils ont leur femme, ils n’y pensent plus.

Ils jouent avec un ordinateur, réparent une étagère, passent la tondeuse dans le fond du jardin.

C’est leur manière de se reposer d’une vie vécue comme une intempérie.

C’est leur manière de partir sans partir. Avec le mariage quelque chose finit pour les hommes.

 

Pour les femmes, c’est l’inverse : quelque chose commence.

Dès l’adolescence les femmes vont droit à leur solitude.

Elles y vont si droit qu’elles l’épousent. La solitude peut-être un abandon et elle peut être une force.

Dans le mariage les femmes découvrent les deux. Le mariage est une histoire très souvent voulue par les femmes et par elles seules, rêvée en profondeur par elles seules, portée par elles seules, ce qui fait que parfois elles se lassent et désertent : quitte à être seules, autant l’être pleinement.

Lorsqu’on entre dans un lien, quel qu’il soit, on en connaît tout à l’avance.

Il suffit de voir une personne passer une porte, de regarder la manière qu’elle à de voyager avec son âme pour tout deviner d’elle, passé, présent, avenir.

Ce que les présences donneront plus tard, elles le donnent immédiatement.

Alors qui épouse-t-on lorsqu’on épouse ?

Qu’y a –t-il dans le cœur d’une mariée ?

Des siècles de théologie ou de psychanalyse m’éclairent là-dessus beaucoup moins qu’une chanson d’Edith Piaf.

C’est une chanson de quatre sous et ces quatre sous valent de l’or.

C’est une chanson qui dit l’évidence – une femme amoureuse oublie tout même ce qu’elle sait de l’amour:

Non, rien de rien, non, je ne regrette rien, ni le bien qu’on m’a fait, ni le mal, tout çà m’est bien égal, non, rien de rien, je ne regrette rien, car ma vie, car mes joies, aujourd’hui, çà commence avec toi.

Christian Bobin. La plus que vive.

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