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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

L’amour de la vérité pour aller au bout de l’amour...

28 Janvier 2011, 00:06am

Publié par Father Greg

 

 

 

"Toute vérité dite par qui que ce soit vient de l'Esprit saint"

Thomas d'Aquin

 


thomas-d-aquin.jpg « Dans toutes les créatures, il y a comme un vestige de Dieu, une trace de la Trinité,… Les créatures sont comme des secrets manifestant l’unique Secret (Verbe) divin. Les créatures ne détournent pas de Dieu mais y conduisent –Les mystères invisibles de Dieu sont atteint par ‘une intelligence amoureuse des créatures’ : « Je les ai tirés par des cordes humaines, par les liens de l'amour; Os 11,4. ». Il faut, en effet, connaitre les réalités inférieures pour les aimer, et aimer les réalités supérieures pour les connaitre…. Et si les créatures détournent de Dieu c’est par la faute de ceux qui en usent comme des insensés. »

 

« A l’égard de mon ami, quand il souffre, je n’éprouve même plus de miséricorde. J’éprouve de la douleur. » 

 

«  L’amour consiste principalement en ce que l’ami veut du bien à celui qu’il aime. L’ami considère son ami comme un avec lui, ou comme une partie de lui-même, et c’est ce qui le porte vers lui… c’est une âme en deux corps. « L’ami fidèle n’a pas de prix. Vin nouveau, ami nouveau, s’il a vieilli, tu le boiras avec joie. » Eccl. 7, 15... L’amour produit en nous la liquéfaction, qui est l’opposé de la congélation. Les choses congelées sont resserrées sur elles-mêmes, au point de ne pas se laisser facilement pénétrer par un autre corps. Or, l’amour adapte notre désir ou appétit à recevoir le bien qui est aimé, dans le sens que l’on dit que l’aimé est en celui qui l’aime. Il apparait, par conséquent, que la congélation ou la dureté est un état, une disposition qui répugne à l’amour et lui est opposée. La liquéfaction, au contraire, comporte une sorte de détrempe du cœur et de tendresse, qui rend le cœur disposé à ce que l’aimé y trouve asile.

 

Si l’aimé est présent et possédé, il y a délectation, ou jouissance ou fruition. S’il est absent, il y a deux effets : tristesse de l’absence et donc, une langueur, et désir intense de la possession de l’aimé, et qu’on appelle ferveur.

 

 

« La plénitude de la charité n’est atteinte que par et dans l’amitié. » 

Summa Theologiae II - II, 21, 1

 

St Thomas d’Aquin

 

« L’Esprit Saint n’aime que ceux qui aiment. »

 


  « O très clément, rappelez-moi quand je fuis, attirez-moi quand je résiste, relevez-moi quand je tombe, soutenez-moi quand je marche. Ne m’oubliez pas quand je vous oublie, ne m’abandonnez pas quand je vous abandonne, ne me méprisez pas quand je pêche. »                  

 Prière de Thomas d’Aquin


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Father Greg 02/02/2011 19:23






Catéchèse
de Benoit XVI du 02 fev 2011: Ste Thérèse d'Avila « souligne ensuite à quel point la prière est essentielle : prier, dit-elle, « signifie fréquenter avec amitié, car nous
fréquentons en tête à tête Celui qui, nous le savons, nous aime » (Vie 8, 5). L'idée de sainte Thérèse coïncide avec la définition que saint Thomas d'Aquin donne de la
charité théologale, comme amicitia quaedam hominis ad Deum, un type d'amitié de l'homme avec Dieu, qui le premier a offert son amitié à l'homme ; l'initiative vient de Dieu (cf.
Summa Theologiae II - II, 21, 1).












Father Greg 01/02/2011 13:19



Oui, oui, je suis d'accord la Croix, implique réellement un sacrifice, une offrande; mais quelle est la cause de cette offrande? IIIa Q22 art
2: quelle est la cause de son offrande, qu'il soit hostie? pour une plus grande union à Dieu... La raison de l'union c'est l'amour point. Puisque c'est Jésus qui s'offre, or en Dieu il n'y a ni
adoration, ni sacrifice... ce serait donc, comme tu le dis à propos de l'amitié, univoque et anthropomorphique de projeter l'adoration humaine et religieuse de l'homme sur le sacrifice de la
Croix... 


Tu dis comprendre que "l'amitié est humaine", mais pardon l'amitié comme l'amour c'est analogique.. et je ne dis pas que c'est plus large que la charité.. 


la phrase c'est que "la perfection de la charité" (donc on est au niveau divin, de la foi, de la charité) n'est atteinte que dans cet lien propre qu'est l'amitié (je ne parle pas là des exercices
de l'amitié): l'amitié du Père et du Fils, celle de Jésus et de Marie à la Croix. La Croix dans son mode sacrificiel est temporel, dans sa réalité divine, dans ce qu'elle est, elle est quelque
chose d'éternel: réciprocité d'un amour divin, qui a un moment a impliqué un sacrifice. La souffrance et l'offrande dans ce mode qu'a impliqué la Croix n'est pas éternel me semble-t-il?


Peut-être n'est que la formulation qui gène un peu alors??


fr G.



P. Marie Olivier 01/02/2011 13:16



Non, la Croix est REELLEMENT  un sacrifice car en Jésus, c'est l'offrande de notre nature humaine à Dieu. Il me semble que c'est l'objet
de la longue méditation de l'Epitre aux Hébreux: la "liturgie" de la Croix est réelle, elle n'est pas symbolique.
Dans ton explication tu sembles faire de l'amitié quelque chose de plus "large" que la charité. C'est l'inverse qui est vrai. Dans traite de la charité saint Thomas prend l'amitié comme une
analogie théologique, une analogie propre. Il ne ramène pas la charité à l'amitié. Ce serait un anthropomorphisme.
D'autre part dans la phrase que tu cites on comprend que l'amitié est humaine, je le redis. tel est , me semble-t-il, le sens des mots. L'analogie, oui. L'équivocité, non.


fr. Marie Olivier



Father Greg 31/01/2011 15:43



Correction: les phrases cités ne sont pas du "pur" St Thomas, mais une reprise libre de ce qu'il dit a différend endroits, nottament lorsqu'il reprend le Traité de l'Amour de
Dieu de St Bernard et le Miroir de la Charité de St Aelred de Rievaulx, Cistercien du XIIe.



Father Greg 29/01/2011 16:50



Voir l’étude de Philippe Vallin :


"Le prochain comme tierce personne dans la théologie de la création chez Saint Thomas
d'Aquin" 


 IIa IIae2, Q23 ad2 & ad 3 :


2. On a de l'amitié pour quelqu'un de deux façons. Ou bien on
l'aime pour lui-même, et alors l'amitié ne peut s'adresser qu'à l'ami. Ou bien on aime quelqu'un à cause d'une autre personne. Ainsi, lorsque l'on a de l'amitié pour quelqu'un, on aimera encore à
cause de lui tous ceux qui sont en rapport avec lui, ses fils, ses serviteurs, ou n'importe lequel de ses proches. Et l'amitié que nous avons pour un ami peut être si grande qu'à cause de lui
nous aimions ceux qui lui sont liés, même s'ils nous offensent ou nous haïssent. C'est de cette manière que notre amitié de charité s'étend même à nos ennemis: nous les aimons de charité, en
référence à Dieu auquel va principalement notre amitié de charité.


3. L'amitié de ce qui est " honnête " ne s'adresse qu'à
l'homme vertueux, comme à la personne principalement aimée; mais à cause de lui, on se prend à aimer ceux qui lui sont unis, même s'ils ne sont pas vertueux. De cette façon, la charité qui est
par excellence une amitié de ce qui est honnête, s'étend jusqu'aux pécheurs que nous aimons de charité à cause de Dieu.


Q24, a5, ad1(comment la charité grandit-elle)


1. La quantité corporelle a certaines propriétés en tant qu'elle est quantité, et certaines autres en tant qu'elle est une forme accidentelle.


En tant qu'elle est quantité, elle est susceptible d'être distinguée, soit selon la dimension, soit selon le nombre; sous cet aspect, l'augmentation de grandeur est à
prendre par addition, comme on le voit à propos des animaux.


En tant que forme accidentelle, la quantité corporelle n'est susceptible d'être distinguée que par rapport à son sujet. De ce point de vue, elle a un accroissement
propre, comme les autres formes accidentelles, par mode d'intensification dans son sujet, comme on le voit dans les corps qui se raréfient, Aristote le montre. Semblablement, la science aussi a
une quantité en tant qu'elle est un habitus, du côté des objets, et, sous ce rapport, elle s'accroît par addition du fait que l'on connaît davantage de choses. Et elle a également une quantité,
en tant qu'elle est une forme accidentelle, du fait qu'elle inhère à un sujet. De ce point de vue, la science s'accroît chez celui qui acquiert une certitude plus grande de ce qu'il connaissait
déjà. De même la charité a aussi une double quantité; mais, ainsi qu'on vient de le dire, elle ne s'accroît pas selon la quantité qui est relative aux objets. Il reste donc qu'elle augmente
seulement par intensité.


Et Cf. Q25, a11.


fr Grégoire.



frère Marie-Olivier 29/01/2011 11:23



Super les citations de saint Thomas. je cherche le lieu où saint Thomas a dit: "La plénitude de la charité n'est atteinte que dans l'amitié". Quelqu'un pourrait me renseigner?