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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Comment pardonner l’impardonnable ?

2 Mai 2013, 01:28am

Publié par Fr Greg.

 

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Arrêter de se blâmer soi-même

"Quand nous nous sommes séparés, mon mari et moi, cela a été très violent, se rappelle Jane, 54 ans, secrétaire de rédaction. Il m’avait trompée et je ne l’ai pas supporté. Je me suis énervée, on s’est battu. Avec mes 50 kilos, je n’ai pas fait le poids… C’était ma faute, je n’aurais pas dû m’énerver. Après tout, je n’aimais plus tant faire l’amour ces dernières années et je comprends qu’il soit allé voir ailleurs."

"S’en vouloir et se sentir responsable de ce qui nous arrive est un bon moyen de se donner l’illusion qu’on contrôle la situation", analyse Suzanne Simon.

"Mes parents buvaient beaucoup quand j’étais petit, avoue Matt, 43 ans, commercial. A jeun, c’étaient des gens formidables, originaux, rigolos, aimants, les meilleurs parents. Sous l’emprise de l’alcool, ils devenaient fous. Ils tombaient dans les escaliers, hurlaient sur nous sans raison. Ils oubliaient de venir nous chercher à l’école ou nous laissaient des heures dans la voiture devant un bar. J’ai grandi avec l’idée que, si je les avais mieux aimés, si j’avais mieux travaillé à l’école, ils auraient cessé de boire."

Il est essentiel de sortir de cette phase parce qu’elle nourrit des comportements autodestructeurs. Celui qui est convaincu que s’il avait fait ceci ou dit cela, la situation se serait améliorée, est emprisonné dans son propre jugement. La réalité est que s’il avait pu – ou su – faire autrement, il l’aurait fait. "Le blâme de soi-même est l’un des plus puissants destructeurs de l’estime et de l’amour de soi", confirme Sidney Simon.

Sortir du rôle de victime

A l’unanimité des thérapeutes et des stagiaires, cette phase est la plus douloureuse. La tentation est grande, assurent-ils, de s’arrêter ou de repartir en arrière.
" Je suis restée longtemps dans ce rôle de victime, reconnaît Elizabeth. J’y prenais comme un malin plaisir. Mon père m’avait violée et c’est pour ça que j’allais si mal. Une belle excuse pour ne pas avancer dans ma vie. Je restais ainsi des heures chez moi dans le noir à pleurer sur mon sort. "

“Comment a-t-on pu me faire une chose pareille ?” est le mantra privilégié de l’éternelle victime. Dans cette phase, il n’y a plus aucune prise de responsabilités, d’ailleurs beaucoup de stagiaires s’enfuient ", constate Sidney.

" J’étais une victime et personne n’allait me faire changer d’avis nous raconte Sam, 66 ans, retraité, qui s’est échappé d’un camp de concentration à l’âge de 11 ans. Mes parents, mon frère et mes deux sœurs n’ont pas pu fuir et ils sont tous morts. Pardonner qui ? Pardonner quoi ? Je recevais tellement quand je racontais mon histoire, tout le monde pleurait, m’aimait, voulait me consoler… "

 

" C’est une phase antipathique, confirme Sidney, mais il est essentiel de la passer. Sinon la guérison et le pardon véritables ne peuvent avoir lieu. C’est ce que mon expérience m’a enseigné. "

Sophie Chiche

http://www.psychologies.com