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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

La différence des sexes: ringard?!

19 Décembre 2013, 10:50am

Publié par Fr Greg.

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Tout le progrès de la société passe par la singularité des individus. L’être singulier refuse le nivellement. Il cherche à être autre et c’est ainsi qu’il apporte quelque chose aux autres. Sans singulier pas de pluriel. Un être indifférencié n’est rien.

Celui qui, pourri de bonnes intentions et de bons sentiments, se soucie de ne pas se distinguer des autres et se réjouit d’être confondu dans la foule qu’il appelle communauté, celui-là est un parasite. Il n’est qu’un numéro parmi les autres. Le généreux est celui qui, loin de s’annuler, renforce sa différence, et, par l’affirmation de sa singularité, enrichit la société. Pour donner il faut d’abord exister.

Il est essentiel de créer la  différence au lieu de la réduire. Il ne s’agit pas des inégalités sociales qu’il faut supprimer par le jeu de la fiscalité, ce qui serait aisé, si on le voulait. Il s’agit de la diversité des vocations et des goûts, de l’éveil et du développement des originalités. Les hommes et les femmes vivants font la société vivante. Le but de l’éducation doit être de faire des hommes et des femmes vivants. Ce n’est pas en supprimant les difficultés, en évitant l’effort que l’on rend service, c’est en aidant l’autre à dégager sa singularité, à devenir lui-même. Le conformisme intellectuel vaut l’Inquisition. Il ne fait pas flamber les corps, il éteint les esprits, ôte à l’homme son bien le plus précieux, la liberté de l’esprit. Ceux qui naïvement, voient en n’importe quel enfant un Mozart ou un Rimbaud, au moins, font confiance à la liberté.

Des hommes et des femmes qui n’ont pas fait d’études ont souvent une justesse de ton, un style, à faire pâlir d’envie les esthètes.  Pourquoi s’acharner à couler tous et toutes dans le même moule ? Il faudrait distinguer l’originalité, l’aptitude à dominer les faits, la capacité de tenir le coup, de persévérer. S’il est un jeu utile à enseigner et à pratiquer c’est le jeu de la constance.

La constance est le contraire de la passivité. L’idéal de la société actuelle est que chacun occupe sans murmurer son alvéole dans la ruche, alvéole non choisi mais imposé. La qualité essentielle exigée est la soumission. Pour faire passer la pilule, on l’appelle sens social, ouverture à l’autre, esprit de coopération. La véritable coopération est autre chose, elle est mise au service de la collectivité de ses propres forces, telles qu’elles existent, sans concession ni camouflage. C’est à chacun de s’engager, dans la pleine conscience de sa singularité et de sa responsabilité. Le combat politique doit aboutir à donner à tous des conditions de vie leur permettant de devenir des êtres singuliers, d’exister comme des individus.

La différence des sexes, au centre de l’être humain, dans ce qu’il y a de plus intime, révèle la valeur universelle de la différence. La sexualité donne à voir physiquement que sans la différence il n’y aurait que morne duplication. La persistance, à travers toutes les civilisations, de l’image hiérogamique, de l’union du ciel et de la terre, de l’homme et de la femme, montre que l’humanité a toujours accordé à la différenciation sexuelle une signification métaphysique, celle de l’union dans la différence.

 

Jacques de Bourbon Busset, Tu ne mourras pas.