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La mentalité ‘presse-bouton’, cette impatience moderne, ce désir intempestif d’avoir tout, tout de suite...

2 Juillet 2018, 00:46am

Publié par Grégoire.

La mentalité ‘presse-bouton’,  cette impatience moderne, ce désir intempestif d’avoir tout, tout de suite...

Il arrive que la vie soit partie que l'on soit délaissé, abandonné. Chacun fait cette expérience tôt ou tard, et parfois sur une durée très longue. mais même dans ces moment-là, il y a quelque chose qui ne nous quitte pas, que je ne saurais nommer, que je ne veux pas nommer - parce que la nommer, ce serait l'abîmer et, peut-être, la faire fuir à jamais. Il y a un point de confiance, quelque chose en nous comme une petite chambre dans le cœur, dans laquelle il ne faut laisser entrer personne, pas même ceux que nous aimons parce que le coup peut aussi venir, parfois, de ceux que nous aimons. Ce retrait-là permet de traverser tous les hivers, tous les incendies. Pourquoi ? Je n'ai pas d'explications. C'est comme ça : c'est là. Je ne peux rien expliquer. Vouloir expliquer le monde c’est comme de vouloir faire entrer des roses dans un vase à coup de marteau.

Tout est une question d'air et de respiration.  C'est l'encombrement qui nous rend malhabile et qui nous fait parfois suffoquer. On a besoin de connaître l'ennui  le manque  l'absence  pour connaître la présence, la joie et l'attention pure.  Cette pensée va dans le sens exactement inverse de la mentalité ‘presse-bouton’ ; la mentalité ‘presse-bouton’ c’est cette impatience moderne, ce désir intempestif d’avoir tout, tout de suite; Que surtout nul ne souffre plus d'un manque c'est une souffrance que d'avoir tout à sa disposition sans intervalles. On devient soi-même comme une chose au milieu des choses. On devient contaminé par le désenchantement, ce rétrécissement de l’esprit cette maladie des artères de l’intelligence qui peu à peu s’obstruent et ne laissent plus passer la lumière.

Si il y a un enfer –et il y en a un : nous y sommes- on y a été menés gentiment, par légères poussées, sans aucun drame. Il y a une tristesse dans le monde, jamais aussi éclatante que dans l’euphorie de certaine vitrine : toutes ces choses qu’on nous presse d’acheter viennent en remplacement d’une seule qui est absente et qui ne coûte rien.

Christian Bobin.

 

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