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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Cette abondance à chaque instant donnée...

27 Mars 2018, 01:40am

Publié par Grégoire.

Cette abondance à chaque instant donnée...

La grâce de toute conversion, c’est de nous laisser dépouiller de nous-même, de nos opinions, nos volontarismes, nos projets idéaux, pour être radicalement attentif, opiniâtrement réceptif, en attente panique de cet amour que Dieu est pour chacun de nous. 

Déjà, dans l’Ancien Test, Dieu ne cesse d’harceler son peuple à entendre son don :  « Écoute Israël ! d’un amour éternel je t’ai aimé… et pourquoi t’ai-je aimé? Non parce que tu étais aimable, car tu es le plus pauvre de tout les peuples et tu n’étais pas aimable avant d’être aimé : c’est mon amour qui t’a donné d’exister et d’être aimable. Alors, pourquoi t’ai-je aimé ? parce que je suis Amour, un feu dévorant… » -ce qui fait presque l’effet d’une mère possessive-

Mais, puisque les hommes préfèrent jouer avec leur Legos, Dieu se fait oppressant, insupportable dans le Nouveau Testament :  puisque c’est écouter, être brûler par Celui qui se fait trop proche de moi, qui est trop , plus intime à moi-même que moi-même et qui m’impose un amour qui, parce qu’il assume tout en nous, en commençant par nos échecs, devient éprouvant : «comme le Père m’aime, je vous aime -et ne comptez pas sur moi pour vous foutre la paix » (je ne suis pas venu apporter la paix, mais la division…dit-il dans Matthieu.) 

Entendre que cet amour -qui est Lui-même- me fait Fils bien-aimé, tout de suite ! C’est donc un amour comme insupportable, scandaleux, car alors, cet amour  suscite en moi des attentes que rien sur terre ne peux combler… c’est pour cela qu’il ’réclame’ la Croix, là où la nature humaine explose de la vie divine qui sourd en elle : « détruisez ce temple, détruisez vos attentes de salut temporel, vos bonnes consciences, vos idées pieuses, vos conceptions de bien-pensants, de médiocre-fatalistes-résignés ou de dépressifs-aigris-repliésursoi, pour demeurer dans ma parole, une parole personnelle, dévorante, pour toi maintenant, qui seule engendre cette confiance aveugle, cette joie obstinée, cette espérance délirante de ce que -moi, Jésus- je fais en vous. » 

La conversion chrétienne, n’est donc ni un surcroit de pieusités, de religiosité active, d’intériorité mystico-planante, de soumission à des préceptes ou des rites, mais d’ouvrir les yeux sur le débarquement permanent que Jésus fait chez moi, , tout de suite. Cette présence tellement lumineuse qu’on n’y voit plus rien, tellement excessive qu’elle nous éprouve. Nos nuits et nos épreuves sont le signe que Lui nous travaille à bras le corps.

Comment laisser sa soif retentir jusqu’au bout sur nous ? Comment se laisser attirer par Celui qui se fait impuissant, devant qui on détourne le regard, rebut de l’humanité, objet de dégout, sans rien pour séduire … ? Sinon en y voyant qui est Dieu, une bonté sans force, aveugle et naïve, et comment nous lui ressemblons par nos errances accumulées.. 

La conversion, c'est le laisser -Lui- nous faire être Fils, c’est à dire se laisser faire et devenir par lui tout-pauvre, tout-recevant, tout-rien,… avec bien évidemment une compétence marquée apparement pour la défaite, pour n’être plus que devant cette abondance à chaque instant donnée. »     

G.

 

 

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