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Totalitarisme et religion

21 Février 2018, 03:31am

Publié par Grégoire.

Les régimes totalitaires du XXe siècle sont nés dans des pays chrétiens... Pourquoi ???

Les régimes totalitaires du XXe siècle sont nés dans des pays chrétiens... Pourquoi ???

par François Fourquet

L’expansion européenne dans le monde à partir du XVe siècle fut un moment majeur de l’histoire de la mondialisation. La suprématie de l’Europe est un problème fondamental de l’histoire mondiale, appelé jadis par Braudel « le nœud gordien de l’histoire du monde » : pourquoi l’Europe ? ( [1]). Les historiens de l’« histoire globale » ont tenté de le résoudre, chacun à sa manière. La réponse esquissée ici est politico-religieuse : l’Europe a tranché le nœud gordien en rompant la solidarité organique millénaire entre la religion chrétienne et l’État absolu, et en lui substituant une « religion civile » nouvelle : le libéralisme, doctrine de tolérance religieuse. Cette rupture a empêché la formation d’un empire chrétien unique à l’échelle de l’Europe et divisé le continent à jamais.

1. Le totalitarisme : fusion d’un pouvoir absolu et d’une religion d’État exclusive

Le point de départ est le constat d’une ressemblance frappante entre l’Église catholique et le Parti communiste ( [2]). Il permet de comprendre le rôle « totalitaire » de l’Église dans l’histoire de l’Europe. Un État totalitaire est un État qui absorbe ou contrôle les autres pouvoirs de la société ( [3]). Parmi les critères du modèle totalitaire, j’en privilégie deux : 1) un parti unique ayant le monopole du pouvoir d’État ; 2) une religion d’État unique et obligatoire. Je m’inspire de Janos Kornai (1996), un économiste spécialiste de la planification dans la Hongrie socialiste. Pour lui, le « socialisme » est un régime où un « parti marxiste-léniniste » détient le monopole du pouvoir politique ( [4]). Tout est dit dans cette brève définition, car le parti communiste est un parti religieux qui détient tout le pouvoir, y compris le monopole religieux qui lui permet d’imposer la religion communiste. Tout le reste en dépend : la propriété étatique exclusive des moyens de production, la direction centralisée de l’économie, la police secrète et parfois la terreur de masse, l’obligation de croire (ou de faire semblant), la normalisation et le contrôle de la pensée des individus. Le communisme est une « religion séculière », expliquait Raymond Aron dès 1944 ( [5]), ou une « idéologie millénariste officielle » ( [6]) ; ou, simplement, une « religion laïque », c’est-à-dire sans croyance en un Dieu surnaturel, ni en une autre vie après la mort.

Le concept de totalitarisme éclaire la très longue durée de l’accumulation du pouvoir. Les historiens considèrent que le totalitarisme du XXe siècle est unique dans l’histoire et que le concept doit être réservé au fascisme, au nazisme et au communisme stalinien. J’affirme, au contraire, qu’il plonge ses racines dans l’histoire de l’Europe, et qu’il fut précédé de régimes totalitaires précurseurs caractérisés par la fusion de la politique et de la religion.

Le dualisme politique/religion : une antinomie de la raison historique

La symbiose, ou la fusion, entre un État politique et une religion d’État intolérante et exclusive, qu’elle soit traditionnelle (comme le christianisme) ou « séculière » (comme le communisme), engendre une sorte de monstre qui en Europe reçut le nom d’« État totalitaire ». Il n’est pas né soudain au XXe siècle ; il fut annoncé par un État étroitement associé à la religion chrétienne et préfigurant l’État totalitaire moderne. Les empereurs et les rois d’Occident s’efforcèrent de capter l’esprit de leurs sujets au moyen du christianisme, et inversement l’Église chrétienne soutint de tout son poids l’institution monarchique qui lui garantissait le monopole religieux. Parfois l’alliance était conflictuelle ; parfois elle était si étroite que l’Église et l’État se confondaient.

Etat et religion forment un « dualisme », c’est-à-dire un phénomène social complexe où l’observateur distingue mal ce qui relève de la politique et ce qui relève de la religion. Certes, les institutions – l’État et l’Église – sont juridiquement distinctes : l’Église a une vocation internationale ; l’État, au contraire, une compétence territoriale ou nationale. Et pourtant elles se mêlent de cent manières différentes : par l’argent, l’instruction, la culture, la compétence, l’horizon politique, l’organisation, le personnel dirigeant... Souvent les plus hautes fonctions de l’État étaient confiées à de hauts dignitaires de l’Église. Bien que religion et politique se mêlent intimement, la raison historique s’épuise vainement à les distinguer, les définir ou les opposer. Selon les circonstances, elle voit à l’évidence un aspect triompher et un autre passer au second plan ; elle croit les distinguer à coup sûr, mais l’instant d’après, dans un autre contexte, elle voit un objet confus à la fois politique et religieux. Il faut avoir fait l’expérience de cette illusion pour la reconnaître.

La conclusion à tirer de cette hésitation de la raison est que le pouvoir est à la fois politique et religieux (politico-religieux), en vertu d’un mélange variable selon les circonstances de temps et de lieu. En fait, il n’existe pas deux entités claires et distinctes, la politique d’un côté et la religion de l’autre, qui feraient alliance, mais deux aspects indissociables d’un seul et même pouvoir social. La raison historique hésite, s’embrouille, se contredit, fait marche arrière, et n’arrive pas à trancher, à dire le mot de la finSon jugement est incertain. De toute évidence, on a affaire à un « dualisme », c’est-à-dire à une antinomie de la raison historique dont le modèle est l’« antinomie de la raison pure », que Kant a mis en évidence au XVIIIe siècle avec une grande perspicacité ( [7]).

2. Le totalitarisme avant le totalitarisme

La confusion du pouvoir politique et de la religion est inhérente à toutes les civilisations. Elle apparut vers 3000, dès la naissance en Orient de la civilisation urbaine, de la ville et de l’État. Depuis, la religion (le temple) et l’État (le palais) furent toujours associés, formant un complexe social ambivalent aux combinaisons variables selon la conjoncture.

Voici quatre exemples : l’Empire romain chrétien, l’Europe médiévale, la monarchie absolue française et la Révolution française.

Un Empire romain chrétien déjà totalitaire

Les pouvoirs de la République romaine furent régulés très tôt par une Loi fondamentale (la loi des Douze Tables, en 450) qui s’efforçait de diviser le pouvoir suprême, de le limiter dans le temps, et de protéger le pouvoir de contestation des Tribuns de la plèbe en les déclarant ’sacro-saints’ et inviolables. Cette loi fut néanmoins violée par le patriciat romain qui fit assassiner les tribuns de la plèbe Tiberius Gracchus (en 133) puis son frère Caïus Gracchus (en 121). Il s’ensuivit une longue période de troubles et de guerre civile qui détruisit les institutions de la République. César, homme politique et stratège prestigieux, n’eut pas de mal à s’emparer de tous les pouvoirs de la République en 45 et se préparait à les réunir en un seul pouvoir suprême lorsqu’il fut assassiné. César fut le véritable fondateur de l’Empire ( [8]). Ensuite, les empereurs romains cherchèrent à contrôler la religion romaine traditionnelle en se faisant élire Pontifex Maximus (chef de la religion), à commencer par César et Auguste. L’Empire romain n’a pas connu de période de jeunesse et de créativité : dès sa naissance il était vieux, privé de religion vivante, et décadent. Profitant du déclin de la religion romaine, les religions orientales foisonnèrent dans l’empire ; la future gagnante, le christianisme, sut rendre son origine orientale compatible avec la philosophie grecque familière aux pères de l’Eglise.

Plusieurs empereurs cherchèrent à se faire diviniser, mais sans succès : le peuple romain et les peuples intégrés dans l’empire ne pouvaient croire à cette farce religieuse. Les chrétiens refusèrent de rendre un culte à l’empereur : seul leur Dieu était divin et son royaume n’était pas de ce monde ; ils furent donc persécutés. En reconnaissant le christianisme en 313, Constantin lia son sort à une institution religieuse qui, au cours des persécutions, avait prouvé son indépendance vis-à-vis du pouvoir impérial, mais qui, de ce fait, ne serait pas forcément docile ( [9]). Alors se noua une alliance originale entre un pouvoir politique et une institution religieuse nouvelle. Dans l’Empire chrétien, il n’était plus question de diviniser l’empereur. Une fois parvenu au sommet du pouvoir, le christianisme se montra intolérant à l’encontre des autres religions. En 392, il fut proclamé religion d’Etat par Théodose : les païens, tout juste tolérés sous Constantin, furent à leur tour persécutés et leurs cultes interdits. L’Empire chrétien était une sorte de « régime proto-totalitaire » : la politique despotique était organiquement liée à la religion chrétienne, devenue obligatoire. L’empereur s’efforçait de contrôler l’Eglise, intervenait dans les questions de dogme et réprimait les hérésies ( [10]).

Cependant, malgré cette alliance – ou plutôt, justement, à cause d’elle - l’Empire romain moribond finit par mourir. Constantin transféra la capitale de l’Empire à Constantinople. Ses successeurs divisèrent l’Empire ; l’Empire d’Occident disparut à Rome en 476 ; l’Empire d’Orient survécut à Constantinople. La religion chrétienne se divisa aussi. En 1054, la branche orientale se sépara du christianisme romain et devint « orthodoxe ». L’empereur byzantin dominait l’autorité chrétienne, représentée par le patriarche de Constantinople. Les historiens appelèrent « césaropapisme » cette combinaison où l’Église était soumise à l’empereur. L’Empire byzantin était un « empire œcuménique totalitaire » ( [11]) ; il se sclérosait ; son territoire se rétrécissait comme une peau de chagrin sous l’assaut des Turcs, et finit par se réduire à la seule ville de Constantinople. Elle fut prise par les Ottomans en 1453, et Moscou la remplaça.

Totalitarisme et religion

 

Le totalitarisme médiéval et l’Inquisition

En Occident, l’évolution fut différente. Le christianisme pénétra dans les royaumes barbares au fur et à mesure de la conversion de leurs rois. Vers 500, Clovis, roi des Francs, se convertit et entraîna son peuple. En 752, face aux barbares Lombards qui occupaient l’Italie, l’évêque de Rome, se sentant abandonné par l’empereur byzantin, fit appel aux Francs christianisés. Pépin fut couronné roi des Francs par le pape, vainquit les Lombards et offrit au pape ce qui allait devenir les Etats de l’Église, autour de Rome. Son fils Charlemagne fut couronné empereur à Rome en 800 : ce fut l’origine du futur Saint-Empire romain germanique, résurrection fictive de l’Empire romain chrétien. L’alliance de la politique et de la religion – ou de l’État et de l’Église, du trône et de l’autel - devint une institution caractéristique de l’Europe occidentale pour une très longue durée.

L’Église romaine établit la distinction entre pouvoir temporel des rois et pouvoir spirituel du pape, et tenta d’imposer son pouvoir spirituel aux entités issues de la désagrégation de l’empire romain : Saint-Empire, royaumes, principautés ou cités-États. Elle devint une sorte de « parti chrétien » international. À partir de l’an mil, elle rêva d’une monarchie universelle (ou théocratie), revendiqua la suprématie du pouvoir spirituel, exigea l’obéissance du pouvoir temporel et dicta aux individus la manière chrétienne de penser et de croire.

En 1231, pour combattre les hérésies qui fleurissaient partout, l’Église institua l’Inquisition et, grâce à la force armée mise à sa disposition par les États, employa la violence pour excommunier, bannir, emprisonner, spolier, torturer ou brûler les hérétiques. Le « proto-totalitarisme chrétien » de l’ex-Empire romain réapparut dans les monarchies européennes. Dans la chrétienté occidentale religieusement unifiée (l’hérésie orthodoxe restant cantonnée en Europe orientale), l’Église avait la totalité du pouvoir spirituel ; son monopole était garanti par le pouvoir royal ou impérial. Son règne sanglant fut symbolisé par les crimes de l’Inquisition, dont les historiens de l’Église parlent le moins possible.

La Révolution protestante met fin au monopole religieux de l’Église

L’Église parvint à maintenir son autorité religieuse pendant plus de mille ans.

Mais en 1517, Martin Luther lui lança un formidable défi en apposant ses 95 thèses sur les portes de l’église de Wittenberg. Il reprenait la protestation du moine Jan Hus, brûlé vif par l’Inquisition en 1415 pour avoir osé dénoncer la corruption de l’Église à propos des indulgences qu’elle vendait pour se procurer de l’argent. Mais, cette fois, le feu prit. La flamme allumée par Luther déchaîna les passions et se répandit comme un incendie de forêt à travers toute l’Europe. L’hérésie protestante s’imposa grâce à la complicité des princes allemands et mit fin au monopole religieux de l’Église.

L’Eglise, obsédée par l’hérésie, avait semé le vent ; elle récoltait maintenant la tempête.

La violence se retournait contre elle avec la Réforme – c’est-à-dire la Révolution protestante. L’Europe se scinda ; l’Angleterre rompit avec la papauté, de même que la moitié de l’Allemagne et l’Europe scandinave. Les esprits étaient en effervescence ; les guerres de religion mirent l’Europe à feu et à sang. La suprématie de l’Église fut gravement menacée. Elle tenta par tous les moyens d’étouffer la Réforme par la Contre-réforme du Concile de Trente (1540-1573), relança l’Inquisition et institua des Jésuites en soldats de la foi catholique. Mais l’Église avait perdu le monopole des moyens de répression et fut incapable d’éliminer l’hérésie, réfugiée auprès des princes protestants. Elle était dépassée par l’élan de l’esprit nouveau, et ne put refermer la faille ouverte par Luther ; sa violente réaction à la Réforme aggrava le déclin. Elle se raidit et pétrifia ses dogmes. Avec les derniers procès de l’Inquisition, elle mena des combats d’arrière garde : en 1600 elle fit brûler Giordano Bruno, un visionnaire audacieux, et, en 1631 encore, manqua de brûler vif le plus grand génie scientifique de son temps, Galilée.

Mais le prix à payer fut élevé : Dieu mourut peu à peu dans l’Europe entière, dans l’élite d’abord, puis dans le peuple. L’Église avait fait de Dieu, dont elle se prétendait l’unique interprète, une sorte d’idole chrétienne. Un monde nouveau était né, ouvert au libre examen. Une religion est certes un phénomène social de longue durée, mais elle finit quand même par mourir.

En Espagne, l’Inquisition, fondée en 1478 et associée au pouvoir royal, sévit jusqu’en 1834 ; l’Espagne fut enfermée dans une forteresse catholique et isolée, cinq siècles durant, de l’esprit nouveau qui soufflait sur l’Europe. Son régime politique sclérosé et parfois quasi totalitaire ne disparut qu’avec la mort de Franco et l’adoption d’une constitution moderne (1978) qui rendit possible son entrée dans l’Union Européenne. L’histoire de l’Espagne illustre l’extinction de l’âme d’un peuple par la gestion totalitaire du pouvoir, dont l’essence est la collusion d’un pouvoir politique despotique et d’une religion d’État exclusive.

Le despotisme mal éclairé de Louis XIV

La France suivit le même chemin que l’Espagne, mais échappa à la sclérose grâce à la Révolution française.

En 1598, l’édit de Nantes mit fin à 40 ans de guerre de religion ; il organisait tant bien que mal la difficile cohabitation des catholiques et des protestants minoritaires ; pour l’imposer, il fallut toute l’habileté et l’obstination d’Henri IV.

Mais au XVIIe siècle, la France faillit connaître le destin de l’Espagne, avec laquelle elle était liée malgré leur rivalité sur les champs de bataille : Louis XIV épousa l’infante d’Espagne, et plaça son petit fils sur le trône d’Espagne. Il fut le « despote mal éclairé » d’une monarchie décadente au service d’un catholicisme arrogant et sectaire. Il écarta l’Inquisition et se chargea lui-même de l’épuration religieuse. Lui aussi était obsédé par l’hérésie. Il s’acharna à éliminer le jansénisme ; la lecture des Provinciales de Pascal est saisissante : elle montre à l’œuvre la tendance totalitaire de la monarchie absolue française.

En 1685, Louis XIV révoqua l’édit de Nantes et interdit la « religion prétendue réformée », rompant ainsi l’armistice fragile entre les religions. Par les ’dragonnades’, il persécuta violemment les protestants, ordonna de piller leur richesse, détruire leur maison, violer leurs femmes, forcer leurs enfants à se convertir. Il les contraignit à communier contre leur gré – acte sacrilège ! - ou à s’exiler en Europe du nord – Angleterre, Pays-Bas, Allemagne – secrètement, parce que même la fuite leur était interdite ; et ce faisant, ils privèrent le pays de leur savoir-faire industriel, commercial ou banquier. Ils ne furent pas brûlés vifs comme les juifs par l’Inquisition espagnole, mais la violence était telle qu’ils se convertirent en masse pour échapper aux dragons. Le roi crut que l’hérésie protestante avait disparu et qu’il était temps d’abolir l’édit de Nantes devenu sans objet. La Révocation fut une « décision totalitaire » et un « crime inexpiable » ( [12]).

La monarchie absolue française était limitée, comme l’Inquisition, par la faiblesse de ses moyens policiers, ce qui la différenciait des régimes totalitaires du XXe siècle. Mais Louis XIV porta à l’extrême la confusion entre l’État royal et la religion catholique. Il rendit encore plus absolu le pouvoir de la monarchie française, ce qui la rapprochait d’un régime totalitaire, quoi qu’en disent certains historiens. François Furet, par exemple, affirme que la monarchie absolue n’était pas totalitaire parce qu’elle devait respecter « certaines lois fondamentales » du royaume ( [13]). Mais, justement, Louis XIV ne les respectait pas. Dès le début de son règne, il viola le jugement de la Chambre de justice qui condamnait Fouquet à la seule confiscation de ses biens et au bannissement, et l’envoya mourir à petit feu dans une forteresse isolée dans les Alpes. Les Etats généraux, institués jadis pour réguler le pouvoir royal, ne furent jamais convoqués entre 1614 (au lendemain de la mort d’Henri IV), et l’ultime réunion de 1788 qui aboutit à la Révolution française. Enfin, Louis XIV révoqua l’édit de Nantes, pourtant une « loi fondamentale » de tolérance religieuse, déclarée « irrévocable » par son grand père Henri IV.

Ce despotisme était aggravé par le sectarisme personnel d’un roi qu’on prétend grand, mais qui était surtout imbu de la grandeur de sa personne. L’Ancien Régime ne respirait plus, s’asphyxiait, se sclérosait. La crise financière du XVIIIe siècle – due à l’injustice de l’impôt, à l’exemption des nobles et du clergé, à l’incapacité de réformer - ne fut que le symptôme visible de cette décadence du pouvoir monarchique. Le pouvoir n’est pas une superstructure : c’est la vie intime d’une société, son âme, sa vitalité, sa richesse, son énergie : si le pouvoir se bloque, la société dépérit, et en effet l’Ancien Régime s’écroula quelques décennies après Louis XIV.

(...)

Suite : http://www.journaldumauss.net/?Totalitarisme-et-religion-1292

François Fourquet.

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