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N'oublions jamais que le Christ a été tué par des grands-prêtres !

26 Mars 2016, 06:47am

Publié par Grégoire.

N'oublions jamais que le Christ a été tué par des grands-prêtres !

 

Jésus a été condamné comme un blasphémateur, un séducteur, rejeté par les grands prêtres, les anciens et les théologiens : il se déclare « Fils de Dieu » ! Et Dieu : son Père ! 

Jésus est condamné parce qu'il est de trop pour les hommes... religieux ! Pour ces hommes consacrés, pour ces prêtres, ces croyants, ces «  hommes de Dieu » , ceux qui ont une bonne conscience d'eux-mêmes, qui sont sûr d'être dans le camp du Bien, qui «  ont la Vérité » : pour eux Jésus est un séducteur : il détourne de Dieu !

Il ne respecte pas la Transcendance, le sacré, la liturgie, les ornements, la Tradition, que sais-je ?! Il se laisse même toucher par les divorcés-remariés, que dis-je les prostituées et les publicains ! Ce n'est pas sérieux ! c'est même insupportable ! Où va-t-on si on le laisse faire...?

Les esprits rabougris, pleins de fausse miséricorde -ils veulent que les hommes coopèrent, ils ne veulent pas de la gratuité de l'amour- veulent l'éduquer, en faire quelqu'un qui se tient ! On ne fait pas un peuple avec des pauvres, des bougres et des lépreux que je sache ? Et bien, pour Jésus, si...!

Jésus est coupable de trop d’amour : où est le respect de la doctrine? il est trop engagé dans la vie des personnes ! C’est un amour trop fort, trop exigeant pour nous. C’est une trop grande lumière, insupportable pour nos yeux trop humains, réclamant une justice humaine ! Et cela dérange les petits esprits étriqués qui veulent faire la chasse aux mauvaises moeurs : n'est-ce pas du relativisme face à l’absolu de la loi ?! Un homme, ami des pécheurs, mangeant avec les publicains et les prostituées : mais voyons, n'avait-il pas une double vie alors? C'est trop louche... Et puis, dame : il n’y a pas de fumée sans feu : s’il est condamné, c’est qu’il y a faute !

Et cela demeure toujours. L’humanité -religieuse- d’aujourd’hui condamne ce qui n’entre pas dans ses raisonnements pieux ! Les bonnes opinions des hommes, les ragots et les jugements sans consessions des grands prêtres qui ont avec eux la reconnaissance extérieure et la hauteur hiérarchique ne supportent pas l'excès de miséricorde !

Il doit disparaitre : tel est le jugement de ces prêtres : il est trop dangereux pour le maintien de l'institution, pour la visibilité religieuse, pour l'affirmation de l'identité des croyants face à l'occupant :  il doit donc disparaitre !

Et Jésus accepte non seulement de se taire, de prendre la dernière place, de passer pour un séducteur, de quelqu'un qui éloigne de Dieu, en se faisant l'agneau qu'on mène à l'abattoir, en acceptant de disparaitre.

Il choisit de disparaitre, en silence, sans gloire, sans explication, pour que son silence dise et donne le Père. Cette source excessive, surabondante, pure bonté, don absolu, obstiné, cette attraction substantielle qu'est le Père, est là, donné dans le silence de l'Agneau-innocent, dans son état victimal, victime de ses frères, jaloux de leurs raisonnements théologiques et de leur place liturgique ! 

Le corps cadavérique de Jésus est remis à l'anonymat de la terre. Il n’y a plus de corps, plus de souffrance visible pour compatir. Plus de présence. Plus de liturgie. Dieu fait homme est devenu cadavre. Il épouse la passivité de la terre. Il ne fait plus rien. C’est le grand Sabbat, le repos de Dieu !

Il n’y a plus rien. C’est l’absence. Le vide. 

Séparée du cadavre de son Fils, Marie vit cette disparition sans gloire, cet échec cuisant, brutal. Et, elle vit cette brisure, cet état cadavérique, ce silence de mort.

Il n’y a plus que l’abandon, il n’y a plus qu’a être des tout-petits face à la brutalité des faits : c’est la violence de la mort, de la mise au tombeau, qui plongent ceux qui restent dans une solitude totale : être là, comme inutile, dans un pâtir à l’état pur.

L’Eglise mystique -chaque personne unie à Jésus- est invitée à vivre le mystère du Sépulcre : c’est son ultime étape, la dernière étape. Cet état, ce sont tous ces lieux où on n’est plus rien, on n’est plus respecté dans nos droits, on est plus soumis qu’a des jugements ou des opinions, là où on ne peut plus se raccrocher à quelque chose pour faire bonne figure, alors là seulement le Père peut venir nous prendre pour nous dire -dans un silence intérieur- qui on est pour lui.

fr Grégoire.