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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Débat: "Les divorcés 'remariés', peuvent-ils communier?"

16 Septembre 2014, 12:22pm

Publié par Fr Greg.

Débat: "Les divorcés 'remariés', peuvent-ils communier?"

Alors que le synode sur la famille doit commencer à Rome, nous voudrions à titre personnel amener quelques questions qui interrogent l’ordre canonique établi à propos de l’accès aux sacrements des divorcés qui vivent en couple. Il ne s’agit ni d’être tradi ou progressiste, ni libéral ou rigide, mais de regarder des personnes vivants d’un don qui les dépasse. C’est ainsi que le Christ regarde et agit pour chacun : en s’adaptant au chemin personnel entrepris. Quels sont donc les moyens pour que chacun grandisse dans une amitié personnelle avec Lui ? Tel est la question fondamentale. Et non, ‘quels sont les règles applicables à tous et que personne ne peut remettre en question’.

Encore une fois, il s’agit là d’une recherche qui attend des réponses argumentées, travaillées. 

 

 

1/ Le Concile Vat II rappelle l’importance de la conscience humaine comme sanctuaire inviolable de l’homme. Ne serait-ce pas le lieu où l’Eglise devrait faire confiance aux personnes en les renvoyant à celle-ci ? N’est-ce pas ainsi que Dieu agit, en nous laissant face à notre capacité de choix, et sans supprimer les excès ?

 

 « Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre. C’est d’une manière admirable que se découvre à la conscience cette loi qui s’accomplit dans l’amour de Dieu et du prochain. Par fidélité à la conscience, les chrétiens, unis aux autres hommes, doivent chercher ensemble la vérité et la solution juste de tant de problèmes moraux que soulèvent aussi bien la vie privée que la vie sociale. … ». Cf Concile Vatican II - GE n°16

Aucune autorité humaine n'a le droit d'intervenir dans la conscience de quiconque! La conscience est le témoin de la transcendance de la personne, même en face de la société, et, comme telle, elle est inviolable. (…) Cela suppose à son tour que tous doivent respecter la conscience de chacun et ne pas essayer d'imposer à quiconque sa propre " vérité ", restant sauf le droit de la professer sans pour autant mépriser celui qui pense autrement. La vérité ne s'impose que par elle-même. Nier à une personne la pleine liberté de conscience, et notamment la liberté de chercher la vérité, ou tenter de lui imposer une façon particulière de comprendre la vérité, cela va contre son droit le plus intime.          JPII, message pour la paix, 1991.                                                              

 

2/ Pourquoi exige-t-on une espèce d’infaillibilité pour tout ce qui a trait à la sexualité, à l’engagement humain, alors que la personne humaine est en devenir, qu’elle n’a qu’un pouvoir politique sur ses instincts, et qu’aimer un autre –si c’est source des plus grandes joies, c’est aussi peut-être ce qui est le plus difficile au monde et source des plus grandes épreuves ? Ensuite, la vérité de ma personne n’est pas dans l’accomplissement parfait de la loi, mais d’abord dans le chemin parcouru : ce n’est pas la même chose quelqu’un qui a la foi, un converti, et quelqu’un qui n’a pratiquement eu aucune éducation religieuse; Vouloir appliquer une espèce de loi universelle à tout un chacun est un non-sens humain, contraire à l’ordre de la nature, et d’autant plus à l’évangile.

 

3/ Pourquoi n’interdit-on pas l’accès aux sacrements à tous ceux qui sont orgueilleux, jaloux, vaniteux etc -c’est-à-dire nous tous- ? Puisque ces dernières sont les fautes les plus graves, source de toutes les autres fautes ? Et combien ont dit de paroles inutiles, perdus leur temps sur internet, à des ragots, à se critiquer, à vivre d'une espérance toute humaine etc... Si l'Eucharistie est un don gratuit, qui divinise, qui nous travaille au-delà de notre coopération, au nom de quoi en exclure certains?

Et si l'eucharistie est le corps du Christ, lui-même se laissait toucher par n'importe qui, et spécialement par les pauvres, sans leur demander si ils étaient en règle! Alors, pourquoi refuserait-on aujourd'hui qu'il se laisse encore toucher, prendre, manger ? 

 

4/ Dans un regard historique, n’est-ce pas un état d’esprit puritain, janséniste, de pureté et de perfection moralisante et donc des coutumes communautaires, une manière de vivre qui s’est rigidifié qui a fait que l’on juge aussi durement ces échecs de couples et qu’on en fait un absolu indépassable pour la communion sacramentelle? De même que l’on a interprété ‘hors de l’Eglise point de salut’ d’une manière dure, en comprenant l’Eglise comme ceux qui étaient baptisé, confirmés, papiers en règle, jusqu’au moment où on a réalisé que l’Eglise c’était bien plus : c’était l’Eglise visible et tous ceux mus par l’Esprit St, toutes les personnes de bonnes volontés. N’est-on pas aussi avec les sacrements dans une vision encore trop restrictive ?

 

5/ L’invitation liturgique pendant l’eucharistie  dont la portée est universelle est contredit par la pratique canonique:

« Heureux les invités aux festins des noces de l’Agneau » : et bien ceux en situation ‘irrégulière’ ne sont pas invités !! Ne sont invités que les gens « en règles » !

« Prenez et mangez ceci est mon corps livrés pour vous» : non ! Le corps de Jésus n’est pas livré pour tous ! Seulement pour ceux qui sont bien propre publiquement…

 

6/ Si, de fait, PERSONNE n’est digne de communier, puisque la réalité donné dans l'eucharistie est le Verbe de Dieu incarné s’offrant au Père éternel, c’est donc un don qui est de trop, qui nous dépasse tous et dont personne n'est digne, jamais; alors au nom de quoi exclure certains de ce don ? Pourquoi eux seraient-ils moins dignes ? 

 

7/ Et puisqu’on leur dit qu’ils peuvent communier autrement –mystice, dans leur coeur- et que c’est une vraie communion, alors pourquoi ne peuvent-ils pas communier directement au corps du Christ dans le sacrement de l’eucharistie.. ??!! puisqu’ils peuvent communier mystiquement et que c’est la même chose.. ??

 

8/ L’Eucharistie est source et sommet de tous les autres sacrements : pourquoi n’est-il pas utilisé comme le sacrement qui soigne, qui guérit, qui purifie, qui réconcilie, et donc le sacrement spécialement pour ceux qui sont bancals, de travers, donc nous tous ?

Au niveau du témoignage qui doit manifester l’Amour et la miséricorde efficace des sacrements, qui purifient par eux-mêmes, d’une manière visible et extérieure, on n’est pas très crédible !

 

9/ Le sacrement du mariage est donné par les époux, pourquoi n’en est-il pas de même pour la nullité !? Quelle raison donne-t-on pour que ce soit un tribunal ecclésiastique qui juge des nullités... ??

 

Pourquoi cherche-t-on des justifications pour une nullité, n’a-t-on pas juste le droit de se tromper, de faire une erreur ?

 

Reconnaitre facilement la nullité du mariage semble nier ce qui a été vrai dans l’amour des conjoints : on annule le mariage, or l’amour qui a existé demeure et est éternel. La nullité semble passer cela aux oubliettes ! Comme si le lien du mariage n’était que canonique. Il y a semble-t-il quelque chose du réel d’une amitié que le droit canon n’arrive pas à formaliser et c’est là que le bât blesse.

 

10/ A creuser : Pour l’Eglise catholique, le mariage de l’homme et de la femme sont le signe de l’Amour fidèle du Christ et de l’Eglise. Mais n’est-ce pas qu’un signe ? Si la réalité, elle, existe et demeure (le Christ unit à chacun), pourquoi vouloir faire que ce signe du mariage corresponde déjà à cette réalité qui elle est éternelle et divine et qui sera manifesté dans l’autre vie ? N’est-ce pas au niveau du mariage vouloir voir la sainteté du ciel ? N’est-ce pas une espèce de messianisme temporel ?

 

Fr Grégoire.

 

 

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