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temoignages

Ile aux Moines : entre autel et planches, Frère Grégoire bouscule les codes de l'Eglise

10 Août 2018, 16:26pm

Publié par Grégoire.

Ile aux Moines : entre autel et planches, Frère Grégoire bouscule les codes de l'Eglise

A midi, il célèbre la messe. Le soir venu, il revêt ses habits de comédien. En quête du pourquoi de la vie, de la mort ou du mal, Frère Grégoire, vicaire de l'Ile-aux-Moines, bouscule avec succès le formalisme dans l'Église. 
 

Par SANDRA FERRER/ AFP

Publié le 10/08/2018 à 14:31 Mis à jour le 10/08/2018 à 14:34

Cheveux bouclés, nez droit, lèvres charnues, menton volontaire: le prêtre semble tout droit venu de la Grèce antique. La sérénité qu'il dégage est de celle des kalos kagathos, ces athlètes représentant le citoyen grec beau de corps et sain d'esprit. De nos jours, on dirait de lui que c'est un beau gosse. Vêtu d'un bermuda beige, d'une chemise noire en lin et de sandales, c'est en vélo qu'il arrive en ce début d'août caniculaire à l'église de la petite île du Golfe du Morbihan où il dit la messe.

 

"Si tous les curés étaient comme lui, il y aurait plus de monde dans les églises"

"Il m'a ramené à l'Église, comme il ramène beaucoup de gens", assure Ponové Saliga, originaire de Nouvelle-Calédonie. "Ses sermons sont extraordinaires. Il sort du carcan et puis on rigole", enchaîne Maurice Bellego, son mari, natif de l'île. "Il est de son temps, vivant, naturel. Si tous les curés étaient comme lui, il y aurait plus de monde dans les églises", poursuit ce non-croyant. 

 

De la messe à la scène

La célébration eucharistique terminée, Frère Grégoire enfourche à nouveau son vélo pour revenir au presbytère, où, le soir venu, il joue les textes du poète, romancier et essayiste Christian Bobin, chaque année un nouveau qu'il prépare longuement. Car si l'homme a décidé sa vocation religieuse il y a 23 ans, il n'est acteur que depuis 2012. "Je me suis formé avec un ami comédien", explique-t-il, savourant un tartare, avant une courte sieste et un bain de mer.

 

De l'ennui des études à l'Église   

Grégoire Plus naît en 1971 à Lisieux, d'un père graphiste et d'une mère au foyer. Avec ses sept frères et sœurs, il reçoit une éducation catholique classique qui forge son caractère "rebelle".  A l'école il s'ennuie, et à 14 ans est envoyé en internat. Après le bac, il étudie les relations internationales, sort, voyage, mais s'ennuie encore. Alors qu'il

prépare des concours de la fonction publique dans le calme de la communauté Saint-Jean --qu'il fréquentait étant enfant-- il est frappé par "l'extrême liberté" des frères qu'il y côtoie. 

 

Enseignement de la philosophie

Avide de la "lumière" qui "éclaire les questions existentielles", ce "cherchant-Dieu", comme il se définit, décide de "tout lâcher", alors qu'il n'a jamais imaginé devenir un jour prêtre. "Je suis assez rebelle par rapport au formalisme dans le monde chrétien qui détourne les gens de Dieu", explique-t-il. Six ans plus tard, il prononce ses vœux perpétuels.

Il va étudier la philosophie qu'il enseignera pendant une dizaine d'années en France, Pologne, Allemagne, Etats-Unis, Philippines et Malaisie, dans des universités, séminaires ou congrégations.

 

Découverte de "l'Homme-joie" de Christian Bobin

Puis, dans un aéroport, il y a six ans, il découvre l'oeuvre de Christian Bobin et son "Homme-joie". Il remplace alors ses cours de philo par des seuls en scène, au festival d'Avignon notamment, et depuis un an à l'Ile-aux-Moines. "La seule tristesse qui se rencontre dans cette vie vient de notre incapacité de la recevoir sans l'assombrir par le sentiment que quelque chose en elle nous est dû. Rien ne nous est dû dans cette vie, pas même l'innocence d'un ciel bleu", déclame le religieux à la lumière d'une bougie, sa voix entrecoupée de silences méditatifs. 

 

  

Des textes qui parlent à tout le monde

Dans la petite salle à manger du presbytère aménagée en théâtre, une vingtaine de personnes, jeunes et moins jeunes, boivent ses paroles. "On peut rester dix ans célibataire dans un mariage, on peut parler des heures sans dire un mot, on peut coucher avec la terre entière et rester vierge", enchaîne le comédien, pieds nus, dans une mise en scène épurée intitulée: "Cette vie merveilleusement perdue à chaque seconde qui va". Les textes de l'auteur du "Très-Bas" "parlent à tout le monde", assure le comédien, reconnaissant se cacher derrière les mots du poète. 

Annie Bourgoin, 71 ans, sort "bouleversée" par l'"incroyable profondeur"qui se dégage du comédien qu'elle dit vouloir désormais voir lors d'une messe à l'église ou sur une plage, où il a également l'habitude de célébrer. L'Ile-aux-Moines, où n'aurait en réalité jamais vécu aucun moine, porte enfin bien son nom.

 

https://www.lexpress.fr/actualites/1/styles/entre-autel-et-planches-frere-gregoire-bouscule-les-codes-de-l-eglise_2030272.html

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/morbihan/ile-aux-moines-entre-autel-planches-frere-gregoire-bouscule-codes-eglise-1524770.html

 

 

QUESTIONS AU FRERE GREGOIRE PLUS

interview du Journal La Savoie.

 

1/Comment devient-on moine et ensuite comédien ?

 

Je vais vous faire un aveu: je ne sais pas ce que c’est un moine… D’abord, on ne devient pas moine comme on devient boulanger ou médecin ! Puisque c’est se cacher pour vivre de l’attraction d’une personne complètement cachée -Jésus- et se laisser toujours plus prendre par lui. ça prends donc des formes extrêmement diverses. 

Et le comédien, c’est tout sauf jouer un rôle ! C’est être porteur d’une parole qui nous dépasse, que moi je redécouvre de plus en plus en la disant, et la ‘vivre’ en étant le plus vrai, le plus simple possible; cela suppose donc de l’avoir mangé et d’avoir été porté par elle longtemps. C’est pour moi être allaité par une parole vivante, qui vient nous façonner de l’intérieur, qui imprime sa vie propre et qui rejoint nécessairement notre vie la plus intime… 

 

2/ Etre moine suppose un lourd accès au silence, avec la nécessité de la prière et du retrait, un peu l’inverse justement du comédien qui lui doit faire face à un public en s’exposant ?

 

Oui, mais le silence n’est pas nécessairement matériel : c’est d’abord une question d’amour : il faut beaucoup aimer pour être silencieux et se laisser rencontrer par le Tout-Autre; comme pour le comédien : il ne quitte pas son intériorité ni son silence intérieur en donnant son texte; c’est pour cela qu’on peut très bien en fait « jouer un rôle » dans son monastère ou sur scène si on est pas pris par un amour fervent, un amour d’enfant, actuel, qui nous creuse, qui nous blesse et qui fait que même sur scène on n’est pas quitté par celui qui mystérieusement qui nous attire de partout.

 

3/ Dans quelles circonstances avez-vous rencontré l’œuvre de Christian Bobin. Et pourquoi justement cet auteur ?

 

Après des années d’enseignement de la philo à l’étranger, je cherchais des paroles adaptées aux français qui ont un esprit extrêmement critique et corrosif : on a des opinions sur tout ! Et même chez les cathos et le clergé ! Et ça, ça tue la rencontre avec l’autre, ça fait de nous en apparences des petits morts incapables de s’étonner… 

En achetant par hasard « l’homme-joie » de Christian B, j’ai été porté et comme sentie une guérison intérieure qui se faisait par rapport à cet esprit intempestif de jugement; Et je vois de plus en plus combien Christian a porté et touché ce qu’il y a de plus humain en nous : l’émerveillement, la lenteur, l’esprit d’enfance, se laisser déborder par le réel, en côtoyant et en ne fuyant pas le banal de nos journées et les expériences les plus rudes: la mort d’un ami, la maladie d’un parent. Christian est un lutteur qui nous lègue un trésor inestimable qui devrait beaucoup contribuer à la guérison de notre pays….

 

4/ Les mots de l’écrivain sont-ils toujours compatibles avec la Parole de Dieu ou bien encore avec les Evangiles. Est-ce toujours une affaire de foi, ou d’interprétation ?

 

La Parole de Dieu étant aussi large que Dieu, étant une parole de feu et en aucun cas une morale ou du prêchi-prêcha; les mots de Christian sont pour moi une disposition incroyable à cette rencontre avec nous-même, avec le quotidien, avec l’ami, avec la mort dans lesquels Celui qu’on appelle Dieu -mais qui a des milliers de noms- se cache… Dieu c’est d’abord une question d’attention à ce qui est, c’est une question de quitter les wagons de nos projets pour se laisser rencontrer par Celui qui est l’ordinaire et le rien, le silence et la solitude, le rire  atomique d’un vieillard et le regard fixe d’un nouveau né qui nous dévisage sans pudeur un peu étonné de nous voir là….

 

5/ Vous m’avez dit un jour que Christian Bobin, était un mystique. Mais qu’est-ce qu’un mystique au fond ? Quelqu’un d’éprouvé ?

 

Définir un mystique, c’est un peu comme vouloir mettre la main sur le chant d’un oiseau, le rire d’un bébé… hmmm… c’est quelqu’un qui fréquente tellement Dieu dans la splendeur des jours sans histoires qu’il a finit par lui ressembler : il est devenu aussi frais qu’un nouveau-né, un amoureux, un hyper-vulnérable, un trop sensible, un écoutant, un doux, un naïf, un lent, un patient, un clown, bref tout sauf quelqu’un de sérieux ou qui vivrait avec un rétroviseur permanent sur lui-même ! C’est quelqu’un qui se laisse déborder par le réel, envahir par lui jusqu’à si noyer d’extase !

 

6/ Plus spécifiquement qu’est-ce que signifie pour vous croire en Dieu aujourd’hui ?

Croire en Dieu s’est mendier tout les jours à Celui qui est là, caché, de venir me dire qu’il est là, de venir me dire qui je suis pour lui, de venir me prendre dans tout ce que je vis, c’est de lui remettre très simplement tout mes échecs, tout mes murs, c’est me laisser rencontrer et rechercher par Lui sans que je ne puisse jamais mettre là main sur lui ou sa lumière ! c’est, comment dire, une espèce d’abandon confiant qui passe par le fait de prendre la main de celui qui est sur le même chemin que moi, celle de Christian par exemple.

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Sand men

30 Juin 2018, 01:04am

Publié par Grégoire.

Sand men

Neculai, Aurel et Raj ont tous quitté leurs maisons en Roumanie pour la même raison - chercher une vie meilleure pour leur famille. Maintenant, en Grande-Bretagne, avec leurs proches qui dépendent d'eux, ils survivent en créant des sculptures de sable dans les rues de Londres. Ils essaient de trouver l'espoir dans les épreuves qu'ils endurent, tandis que les pensées sur l'avenir de leurs enfants les aident à continuer.

 

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La sagesse, ce n'est pas de vouloir ce qu'on aime, mais d'aimer ce qu'on a....

24 Juin 2018, 00:21am

Publié par Grégoire.

Claude Rich (Panoramix) : "C'est une bonne situation, ça, scribe ?"

Edouard Baer (Otis) : "Mais, vous savez, moi je ne crois pas qu'il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Moi, si je devais résumer ma vie aujourd'hui avec vous, je dirais que c'est d'abord des rencontres, des gens qui m'ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j'étais seul chez moi. Et c'est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée...

Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l'interlocuteur en face, je dirais, le miroir qui vous aide à avancer. Alors ce n'est pas mon cas, comme je le disais là, puisque moi au contraire, j'ai pu ; et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie... Je ne suis qu'amour !

Et finalement, quand beaucoup de gens aujourd'hui me disent "Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ?", eh ben je leur réponds très simplement, je leur dis que c'est ce goût de l'amour, ce goût donc qui m'a poussé aujourd'hui à entreprendre une construction mécanique, mais demain, qui sait, peut-être seulement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi..."

 

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Swamiji, un voyage intérieur.

22 Juin 2018, 00:30am

Publié par Grégoire.

Seul est libre celui qui n'a plus rien, qui n'attend rien, qui ne cherche rien à atteindre...

Seul est libre celui qui n'a plus rien, qui n'attend rien, qui ne cherche rien à atteindre...

Demeurer dans le silence total des sens et du mental, et rester simplement là… Telle est ma seule vocation. So’ham, je suis Cela ! Il n’y a rien au-delà. Chercher refuge là, et seulement là…

— Swami Ajatananda Saraswati

En 1948, a trente-huit ans, Henri Le Saux, moine de l'abbaye bénédictine de Kergonan rejoint, dans le sud de l'Inde, le père Monchanin. Ils fondent un ermitage, un ashram (Shantivanam) appelé dans leur esprit à devenir le lieu d'une rencontre entre le christianisme et les grands courants mystique de l'Inde. Mais Henri Le Saux s'éloigne peu à peu de l'ashram pour répondre à un appel intérieur plus radical qui le conduit vers l'Himalaya et les sources du Gange.

En février 1998, j'ai eu la chance de vivre quelque temps dans la hutte du Père Le Saux, devant ce large fleuve asséché durant cette période de l'année. De sa vie et a travers l'obscur du quotidien, il a fait de lui-même un pont entre les religions de l'Inde et la révélation du Christ.

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La révolution philanthropique est en marche

14 Juin 2018, 00:49am

Publié par Grégoire.

La révolution philanthropique est en marche

Le serial entrepreneur Alexandre Mars, autoproclamé «activiste du bien social», croit fermement en l’avènement d’une nouvelle ère où le partage deviendrait la norme. Explications 

Pour Alexandre Mars, il ne fait aucun doute: le XXIe siècle sera social ou ne sera pas. Ce quadragénaire français, devenu millionnaire après avoir créé et revendu de nombreuses entreprises aux Etats-Unis, se consacre aujourd’hui pleinement à sa start-up philanthropique baptisée Epic. Il en est convaincu, «la révolution du partage» est en marche, pour reprendre le titre de l’ouvrage qu’il publie aujourd’hui pour donner encore plus de voix à son combat olympien pour une plus grande justice sociale. Chimérique? Interview.

Le Temps: Votre mouvement s’est donné pour mission de faire le lien entre donateurs et associations de terrain, est-ce à dire qu’il y a plus de volonté philanthropique qu’on ne le pense?

Alexandre Mars: On voit une évolution réelle ces dernières années, une volonté, une quête de sens de plus en plus partagée. On ne parle pas d’un nombre limité de philanthropes, mais on s’est rendu compte que de nombreuses personnes aimeraient en faire plus, mais avaient de vraies barrières pour le faire. La première difficulté que l’on a pu observer, c’est que la plupart des gens ne savent pas comment s’y prendre concrètement. Ils ne savent pas quelle organisation choisir, et où les fonds iront exactement. Parfois aussi, ils n’ont pas totalement confiance. On a créé Epic pour les accompagner précisément dans leur démarche, parce que la volonté est là aujourd’hui.

Pour vous, cette nouvelle donne est une affaire de génération. En quoi les «millennials» sont-ils différents sur ces questions?

Les générations précédentes s’intéressaient avant tout au «moi», à ses propres objectifs, à sa carrière, toutes ces choses qui relevaient de notre nombril, de notre vision personnelle. Et puis la génération qui arrive veut clairement inscrire son histoire dans une optique plus large, elle a d’autres rêves, d’autres ambitions. Aujourd’hui, c’est une génération entière qui ne veut plus uniquement voir le succès à travers le nombre de zéros qu’elle aura sur son compte en banque, mais souhaite participer, être active pour une meilleure justice sociale. C’est très nouveau.

Mais d’où viendrait ce changement subit de mentalité?

Pour être franc, je n’ai pas la réponse exacte. Mais ce qui est sûr, c’est que cela a à voir avec ce que nous voyons tous les jours, toutes ces inégalités que nous ne pouvons plus ignorer. Pour ma génération, il y a dix ou vingt ans, la pauvreté, c’était quelque chose de bien lointain, en Afrique ou ailleurs. La télévision était le seul support pour voir cette misère. Aujourd’hui, la pauvreté est arrivée au bas de nos immeubles, elle est là continuellement. Il n’y a quasiment pas une ville où l’on n’observe pas cette misère sociale. De plus, ces jeunes générations ne se contentent plus non plus des médias, elles vont chercher l’information, voir des choses que le grand public ne voit pas forcément. Cela les façonne. Ils sont alors de plus en plus nombreux à ne plus vouloir accepter cet état de fait.

Mais quel peut être l’impact réel de cette prise de conscience sur la société?

Je pense que ces jeunes de moins de 30 ans vont pousser beaucoup de gens, leurs parents, mais aussi leurs employeurs, à penser différemment. Chacun peut agir. En exigeant de travailler dans une entreprise qui fait sens, ou en refusant de consommer des produits d’une marque qui ne fait qu’exploiter la misère sociale au lieu de contribuer à l’éradiquer.

N’est-ce pas un peu utopique?

Non, parce qu’il y a des solutions concrètes et totalement indolores qui peuvent très simplement être mises en place. Nous voulons que le don devienne la norme, qu’il devienne simple et systématique, qu’on ait l’option de donner au moins une fois par jour. Je pense notamment à l’arrondi en caisse (au supermarché, au cinéma, etc.) ou sur salaire. Le don doit être l’affaire de tout le monde, et pas simplement d’un nombre limité de riches philanthropes. Les dirigeants de L’Oréal France, par exemple, viennent de proposer à tous leurs salariés de donner l’arrondi sur leur salaire, soit les petits centimes après la virgule sur leur feuille de paie. Et l’employeur abonde à chaque fois. Tout le monde au sein de l’entreprise est alors engagé dans une vision collective. Et la chose intéressante, c’est qu’ils peuvent voter pour choisir l’organisation sociale qu’ils souhaitent soutenir. Un vote universel, où la personne au bas de l’échelle aura la même voix que le grand patron.

Pour vous, justement, le changement doit venir du monde des entreprises. Pourtant, business et charité ne semblent pas vraiment liés…

Vous avez raison si on regarde le monde d’hier. La différence majeure aujourd’hui, c’est que si les entreprises ne font que des profits sans intégrer ces sujets de justice sociale, elles vont avoir de plus en plus de difficulté pour embaucher. Nous, on le voit aujourd’hui, la deuxième question qu’on pose dans un entretien d’embauche, chez Nestlé ou ailleurs, ce n’est plus la taille du bureau ou est-ce que mon bureau donne sur le lac ou la rue. Ça, c’étaient les questions autocentrées d’avant. La nouvelle question de la génération d’aujourd’hui, celle en tout cas qui peut se permettre de choisir son boulot, ce sera plutôt: «Quelle est votre action sociale?» Et si la réponse ne va pas dans le même sens que ce qu’espère cette génération, elle n’ira pas bosser pour eux. Et à terme, elle n’achètera plus leurs produits. Parce que c’est sa manière d’être activiste.

A vos yeux, le partage n’est plus seulement une question de solidarité, mais vous écrivez «notre seule voie de salut»; en quoi y aurait-il urgence?

Parce que nous ne pouvons pas continuer ainsi. A un moment ou un autre, les réserves que nous avions vont vraiment s’arrêter. D’ici à 2025, 50% des emplois qui existent aujourd’hui n’existeront plus, cela signifie que les problèmes que nous avons aujourd’hui ne risquent pas de s’atténuer. Il y a de plus en plus de gens qui vont être laissés sur le bord de la route, parce que leurs emplois vont globalement ne plus exister… On peut parler de solidarité, mais est-ce qu’il ne s’agit pas tout simplement du nouvel entrepreneuriat? C’est très darwinien, en fait. Nous en sommes persuadés: si le monde de l’entreprise n’évolue pas en se réinventant, il aura de plus en plus de mal à rester performant…

A lire:

Alexandre Mars, «La révolution du partage», Ed. Flammarion, 224 p.

https://www.letemps.ch/culture/revolution-philanthropique-marche

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Facebook est comme un prêtre qui écouterait les confessions de 2 milliards d'individus, sauf que la plupart n'ont pas conscience d'être à confesse.

12 Juin 2018, 00:28am

Publié par Grégoire.

«Beaucoup de ficelles invisibles dans la tech nous agitent comme des marionnettes»

«Beaucoup de ficelles invisibles dans la tech nous agitent comme des marionnettes»

INTERVIEW - Ancien ingénieur de Google, Tristan Harris dénonce les pratiques de son ancien employeur et des grands groupes de la Silicon Valley. Il exhorte les chefs d'États et citoyens à exercer un contre-pouvoir contre leur influence nocive.

Tristan Harris verse calmement du lait de soja dans son expresso, avant de descendre une à une les entreprises de la Silicon Valley et leurs pratiques. Cet ancien ingénieur employé de Google, spécialiste en éthique en technologies, alerte depuis plusieurs années le monde des technologies sur les dérives qu'il a contribué à créer. Avec un certain succès. Son initiative «déconnexionniste» Time Well Spent a fait de lui un speaker remarqué et invité par les PDG de la tech. Désormais, il vise les citoyens. À l'occasion de sa tournée européenne, des couloirs de Bruxelles à l'Elysée, en passant par le MAIF Social Club. Le Figaro l'a rencontré.

LE FIGARO. - Pourquoi êtes-vous parti en guerre contre les réseaux sociaux et les géants du Web?

Tristan HARRIS. - Ces entreprises sont devenues les acteurs les plus puissants au monde, plus que les États. Nous sommes 2 milliards à être sur Facebook, soit davantage de fidèles qu'en compte le christianisme. 1,5 milliard sur YouTube chaque mois, soit plus de fidèles qu'en compte l'Islam. Et à partir du moment où nous éteignons l'alarme de nos smartphones - que nous consultons en moyenne 150 fois par jour - nos pensées vont être perturbées par des pensées que nous n'avons pas choisies, mais que les entreprises technologiques nous soumettent. En ouvrant Instagram, on observe que ses amis se sont amusés sans vous. Cette idée ne vous serait jamais venue sans qu'un acteur des technologies ne l'ait faite advenir.

» LIRE AUSSI - RGPD: premières plaintes contre les géants du Web en France et en Europe

» VOIR AUSSI - La méthode pour voir tout ce que Facebook sait sur vous

En quoi est-ce si grave?

Les réseaux sociaux finissent par construire une réalité sociale alternative. Cela pose des problèmes de santé publique, notamment chez les plus jeunes qui sont sans cesse soumis à des images de leurs amis montrés sous leur meilleur jour et ont une vision déformée de la normalité. Cela pose aussi des problèmes de polarisation: les réseaux sociaux ont tendance à mettre en avant les comportements extrêmes, ce qui pose un troisième problème, cette fois-ci démocratique, car cela influence l'opinion. La question relève enfin de l'antitrust: ces entreprises ont un pouvoir inégalable avec toutes les données qu'elles manipulent chaque jour.

Non seulement Facebook sait quelle photo de votre ex-petite amie vous regardez sur Instagram, mais aussi quels messages vous écrivez sur WhatsApp.

Les concepteurs de ces technologies sont-ils conscients d'exercer un tel pouvoir?

Non! Il y a beaucoup de personnes qui ont une conscience dans la Silicon Valley et s'inquiètent des conséquences de leur travail. Mais si on y réfléchit bien, quand on a entre 20 et 30 ans, qu'on est un jeune ingénieur qui n'a jamais rien fait d'autre que coder et qu'on débarque chez Google, on pense avant tout à toutes les choses incroyables que l'on peut réaliser avec son travail. Pas aux instabilités géopolitiques que ces outils peuvent permettre de créer. Les employés de ces grandes entreprises ne réalisent pas leur pouvoir.

N'est-ce pas la faute d'une culture d'entreprise qui déresponsabilise ses employés?

Ces entreprises font en sorte que les employés n'aient pas une image «globale» de l'impact de leur travail. Je pense que des comparaisons historiques peuvent être faites avec des régimes autoritaires. J'ai beaucoup étudié le fonctionnement des cultes et j'y vois aussi des similitudes. Quand Facebook répète sans cesse cette devise, «nous aidons le monde à être plus connecté», cela devient performatif et on ne voit plus que cela.

Les employés de Facebook sont payés très cher pour ne pas se poser de questions.

De la même façon, ils ne parlent pas d'un problème d'addiction aux technologies mais d'«engagement». Et ils ne disent pas à leurs ingénieurs de concevoir des outils de manipulation des esprits mais des outils pour «augmenter l'engagement sur de la publicité ciblée», car aucun ne voudrait travailler pour eux sinon. Pour reprendre l'écrivain Upton Sinclair, vous ne pouvez pas demander à des gens de se poser des questions quand leur salaire dépend du fait de ne pas se les poser. Et les employés de Facebook sont payés très cher pour ne pas se poser de questions.

N'avez-vous pas l'impression d'utiliser une rhétorique de la peur parfois exagérée à l'égard des technologies?

Je suis d'accord avec ceux qui me critiquent pour défendre un modèle de la peur! (rires) Parce que fondamentalement, je m'intéresse à la question du pouvoir, et qu'il y a une sorte de vérité dérangeante dans la Silicon Valley. Plusieurs PDG comme Eric Schmidt (ex-Google) ou Mark Zuckerberg (Facebook) ont déclaré que la vie privée était morte. Aujourd'hui, avec une intelligence artificielle entraînée, je peux en effet établir votre profil psychologique en étudiant vos clics, vous identifier à travers votre géolocalisation dans moins de cinq lieux, mesurer votre taux de stress ou d'excitation avec la reconnaissance faciale. Nous allons vivre dans un monde où de plus en plus de technologies vont intercepter des signaux de ce que nous pensons avant même que nous n'ayons conscience de le penser, et nous manipuler.

Avez-vous l'impression que vos idées sont entendues par le grand public?

Les gens n'ont pas conscience de l'ampleur de ce que l'on peut déjà faire avec de la publicité ciblée. Il est facile de se dire que nous sommes informés ou éduqués, et que cela ne nous arrive pas à nous, plus malins que les autres. Je veux éveiller les consciences là-dessus: absolument tout le monde, sans exception, est influencé par des ressorts qu'il ne voit pas. Exactement comme dans les tours de magie.

Comment cela fonctionne-t-il concrètement?

«Absolument tout le monde, sans exception, est influencé par des ressorts qu'il ne voit pas».

Il y a beaucoup de «dark patterns» (des design douteux) dans les technologies, c'est-à-dire des ficelles invisibles qui nous agitent comme des marionnettes. Elles reposent sur la captation d'attention par les biais cognitifs, l'excitation... Par exemple, nous vérifions sans cesse les notifications des téléphones en espérant y voir leurs jolies couleurs vives, nous scrollons car il y a toujours de la nouveauté, nous regardons la prochaine vidéo YouTube car elle est bien suggérée... *

Imaginons maintenant que vous vouliez quitter Facebook: pour vous garder, Facebook pourrait envoyer une notification à l'un de vos amis qui a pris une photo de vous, et lui demander «Veux-tu taguer cette personne?». En général, cette question s'assortit d'un gros bouton bleu marqué «OUI» pour que l'ami clique dessus. Il suffit ensuite à Facebook de vous envoyer un mail pour vous dire «Tel ami vous a tagué sur telle photo» et cela vous incite à revenir. Toute l'industrie de la tech utilise ces ressorts.

N'est-ce pas seulement une certaine élite qui peut savoir comment échapper à ce type de manipulation?

Complètement, et c'est bien pour cela que nous voulons forcer les entreprises à changer directement leurs pratiques pour le plus grand nombre. Nous ne pouvons pas souhaiter un monde où seulement 1% de personnes savent comment paramétrer leur téléphone en noir&blanc pour ne plus être autant sollicité par les boutons rouges des notifications, ou savent comment régler leurs paramètres. Nous devons faire en sorte que le design de l'attention soit vertueux par défaut, que les modèles économiques de ces entreprises reposent moins sur le temps passé. Google vient de le faire et cela établit un précédent qui pourrait pousser Apple à faire de même.

Facebook est comme un prêtre qui écouterait les confessions de 2 milliards d'individus, sauf que la plupart n'ont pas conscience d'être à confesse.

Peut-on vraiment avoir confiance quand ces entreprises prétendent nous guérir de l'addiction ou des manipulations qu'elles ont elles-mêmes créées?

Pour moi, c'est le rôle de Facebook de veiller à ce qu'une élection ne soit pas manipulée, et le rôle de Google de restreindre notre addiction. Pour autant, nous ne devons pas les croire sur parole, car ils ont toujours un pouvoir considérable. Facebook est comme un prêtre qui écouterait les confessions de 2 milliards d'individus, sauf que la plupart ne savent même pas qu'ils passent à confesse! Non seulement ils savent quelle photo de votre ex-petite amie vous regardez sur Instagram, mais aussi quels messages vous écrivez sur WhatsApp. Avec leurs traceurs sur plus d'un tiers des sites internet, ils savent que vous songez à changer d'assureur avant même que vous ayez franchi le cap. Ils savent aussi ce que vous allez voter. Et ils vendent ce savoir à des marques pour qu'au confessionnal, on vous suggère telle ou telle action. Je ne dis pas que Facebook et son confessionnal virtuel ne devraient pas exister, mais je dis qu'il ne devrait pas avoir un modèle économique qui ait autant de pouvoir. L'Europe va sombrer si nous ne changeons pas ce système.

Vous avez justement rencontré le président Emmanuel Macron, vous êtes allé à Bruxelles... Avez-vous l'impression que les pouvoirs publics soient sensibles à votre alerte?

Je pense qu'Emmanuel Macron réussit très bien à manœuvrer subtilement, entre d'un côté le fait d'encourager les technologies et de vanter la France auprès des géants, tout en étant très protecteur. Maintenant, nous ne sommes pas entrés dans les détails sensibles et je ne suis pas sûr que les entreprises présentes [au sommet Tech for Good organisé à l'Élysée, NDLR] étaient vraiment investies pour aborder les questions difficiles. Mais je suis heureux que nous ayons l'Europe pour mettre la pression sur le secteur de la tech, car nous ne pouvons plus compter sur les États-Unis. Nous dépendons de vous et nous comptons sur vous, car votre pression marche.

http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2018/05/31/32001-20180531ARTFIG00004-tristan-harris-beaucoup-de-ficelles-invisibles-dans-la-tech-nous-agitent-comme-des-marionnettes.php

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Négocier avec un monde absent

6 Juin 2018, 02:00am

Publié par Grégoire.

Négocier avec un monde absent

Il aurait été plus simple et rassurant de classer cet homme comme « simple d’esprit » dans tout autre contexte. Mais j’ai été témoin de sa négociation, en silence, avec l’énergie du désespoir. 

L’homme sans âge faisait le troisième thé. Juste avant il alignait comme un enfant des petits cailloux dans le sable, collier d’années perdues, les retournant entre ses doigts comme des grains de chapelets, noyaux de prières stériles. Puis du plat de la main il les enterra au Sahara et aspergea le sable d’eau, offrant aux petits verres la surface durcie d’un plateau. De temps en temps, il suspend son geste, semble écouter et repose l’or moussu.

Puis il remue les lèvres en silence, attrape ce silence et de ses doigts le transforme en langue des signes pour un auditoire invisible et sourd. Étonné, j'ai écouté puis discrètement cherché des yeux ceux qu'il voyait. Nous ne sommes que deux, mais il prépare six verres. Avec attention il écoute l’absence de réponse aux questions que ses mains posent. Le plomb pesant du silence en échange d’une survie passant d’une année à l’autre, d’un verre à l’autre, combat inégal, négociation injuste du plomb contre l'écume.

J’observe à travers ses gestes le monde qui est le sien et que je ne vois pas. A qui donc parlent ses mains ? Dans ce même monde d’oubli et d’invisibilité on prie aussi un Dieu caché dans cette immensité, osant le murmure interrogatif d’un abandon dans l’affirmation de paroles rituelles et quand on ne prie pas ce Dieu vient la litanie verbeuse et boisée des discours ressassés. Quand il est affamé de justice divine ou humaine, l’espoir se nourrit de mensonges. Les invités aussi restent muets à l’offrande du thé et au discours de ses mains.

Le temps s’écoule d’un verre à l’autre sans trouver preneur. Comme l’ennui recouvrant le temps, la mousse s’installe, dominante. J’ai appris à partager l’ennui chez les Sahraouis. L’ennui est le frère poussiéreux avec lequel jouent les enfants ; l’ennui c’est la couverture dans laquelle tous s’enroulent pour étouffer pendant quelques heures, le temps et ce lieu, donnés par erreur ; l’ennui, c’est ce sang épais et douceâtre qui remplace peu à peu le votre, jusqu’à devenir ce caillot coagulant d’un accord unilatéral qui vous délivre enfin. Venu pour cultiver des jardins, j’y ai d’avantage cultivé l’ennui. Quelques larmes suffisent, en plein désert, pour qu’il germe. L’ennui des oubliés, l’ennui des assistés, l’ennui des désespérés. Lorsqu’il est trop envahissant, on fait le thé ; on coiffe alors l’ennui d’un chèche de mousse.

Nous partageons le dernier thé, doux comme la mort, puis il se lève, refusant l’offre d’un maigre repas. Je le vois sur la piste, sans voix poursuivant les invisibles de ses gestes. Ici, dans les camps, on ne négocie plus l’espoir avec un monde absent, on négocie juste avec le temps, le temps qu’il reste à vivre. 

Jean-françois Debargue Mai 2018

 

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Que reste-t-il d'une vie ?

4 Juin 2018, 02:24am

Publié par Grégoire.

Que reste-t-il d'une vie ?

Le désert m'a menée à ma fenêtre. II ne s'agit plus ici de vivre en apnée en attendant le week-end ou les vacances. Il ne s'agit plus de retrouver le sourire, un billet d'avion entre les mains ; mais de vivre chaque jour le grand voyage. Elle est peut-être là la véritable aventure: savoir partir en voyage par la fenêtre, Peter Pan emmène ses amis au pays imaginaire en passant par la fenêtre, car elle est la porte des rêves. 

Un homme qui vivait entre quatre murs sans ouverture avait dessiné une fenêtre sur l'un d'eux. Il n'a pas subi l'isolement, il a créé un passage pour partir en voyage. Comme un troisième œil qui verrait avec les yeux de l’âme.

Quoi que nous vivions, où que nous soyons, nous pouvons vivre au grand air, nous pouvons revenir à la source, retrouver les forces et le souffle qui nous manquent. C'est très simple, il suffit pour cela d'ouvrir sa fenêtre et de rester assis face à elle sans rien faire, juste sentir l'air du soir sur sa peau et laisser l'esprit vagabonder pendant que le corps se relâche. S'offrir la chance de ne rien donner, rien espérer, juste être là, gratuitement. À l'image de ces journées d'attente dans le désert contre lesquelles on peste avant de comprendre enfin que c'était une grande chance d'être obligé de vivre ces heures qui n'attendent rien de nous.

Si nous sommes à bout de force, n'attendons pas la fin de la semaine, une échappée belle nous espère là, tous les jours, sous nos yeux, par la fenêtre.

 

"Qu'est-ce qui reste dans une vie ? Est-ce que ce sont toutes nos préoccupations avec un millier de choses futiles? Non, Mais il y a des moments privilégiés où on est comme... comme un cri pur, où on est comme un grand regard qui s'ouvre, sur rien peut-être, ce qui est la seule chose existante. Ces moments-là, ils brillent. C'est la seule chose qui reste de nos vingt, trente, quarante ans de vie." 

Et si l'on partait dans le désert justement pour ressentir le choc d'un regard qui s'ouvre sur ce qui brille au coeur du silence? Et si l'on partait pour toucher l'infini ? Pour effleurer cet absolu qui sous-tend toute chose.

La liberté serait d'atteindre cet essentiel en regardant par la fenêtre afin que la joie soit à portée de main. N'est-elle pas l'oasis de tous les déserts intérieurs que nous traversons? N'est-elle pas notre seule aspiration derrière les couches de nos devoirs, nos aspirations, nos amours ? Nos rêves d ailleurs ne dévoilent-ils pas l'espoir secret de trouver un peu de joie sur terre ?

 

Blanche de Richemont.

auteur de : Eloge du désert, Eloge du désir, Pourquoi pas le silence, les passions interdites...

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Une boulangerie casse les codes en offrant son pain...

31 Mai 2018, 01:32am

Publié par Grégoire.

Une boulangerie casse les codes en offrant son pain...

Cette boulangerie basée à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, casse les codes. Une boulangerie biologique qui se base sur le principe de partage et de gratuité et qui remporte en franc succès.

« La Conquête du Pain » est une boulangerie bio autogérée ouverte depuis septembre 2010 à Montreuil.

Dans cette boulangerie, la farine utilisée est issue de l’agriculture biologique.

Il n’y a pas de patron,  les décisions sont prises lors d’assemblées générales hebdomadaires. Tout le monde gagne 1500 € par mois.

La boulangerie forme des jeunes sans emploi et des étrangers.

Lorsque la boulangerie ferme ses portes, les invendus sont distribués aux plus démunis ! « La Conquête du Pain » fournit gratuitement plusieurs associations caritatives.

Ces boulangers ont lancé le concept de la baguette suspendue.

Cette initiative existe déjà dans des cafés napolitains, il s’agit de donner la possibilité à des clients d’acheter des cafés et de les laisser sur le comptoir pour d’autres. « La conquête du pain » a décidé de mettre cela en place pour les viennoiseries (incluant les galettes) et les baguettes.

Basé sur l’économie du partage, le principe en est des plus simples. Un client paie deux baguettes : l’une d’elles est mise dans un panier en attendant qu’une personne dans le besoin vienne la récupérer.

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Mauvaise nouvelle pour nos enfants

29 Mai 2018, 01:27am

Publié par Grégoire.

Mauvaise nouvelle pour nos enfants
L’effet des smartphones sur nos jeunes est plus qu’effrayant

Personne, je pense, n’avait anticipé la catastrophe historique provoquée par les smartphones.

La psychologue américaine Jean M. Twenge étudie depuis vingt-cinq ans le comportement social et affectif des jeunes. Elle a observé ces dernières années un séisme.

Dans un article intitulé « Les smartphones ont-ils détruit une génération ? », elle explique que tout a changé à partir de 2012.

Cette année-là, plus d’un ado sur deux était équipé d’un smartphone. Aujourd’hui, c’est quatre sur cinq.

Durant cette période, les évolutions suivantes se sont produites. Elles concernent toutes les classes de la population, riches ou pauvres :

  • les symptômes dépressifs se sont accrus de 50 % chez les filles et de 21 % chez les garçons, de 2012 à 2015 ;
  • le nombre de filles qui se sont suicidées a triplé entre 2007 à 2015, et celui des garçons doublé ;
  • le nombre de jeunes qui voient des amis tous les jours a baissé de 40 % entre 2000 et 2015 ;
  • actuellement, les jeunes de 16 ans sortent moins que ne le faisaient ceux de 12 ans en 2009. Ils sont en train de cesser progressivement de sortir et de se socialiser dans les parcs, squares, etc., et restent seuls chez eux avec leur smartphone ;
  • en 2015, seuls 56 % des élèves de terminale sont « sortis » avec quelqu’un, contre 85 % des jeunes dix ans plus tôt, un chiffre qui était stable depuis les années 1960 ;
  • le nombre d’enfants qui manquent de sommeil a augmenté de 57 % entre 1991 et 2015 ;
  • aux États-Unis, où l’obtention du permis de conduire était le rêve de tous les jeunes autrefois, le passeport pour la liberté, on observe un désintérêt massif des adolescents, qui préfèrent rester dans leur chambre sur leur smartphone et se faire conduire par leurs parents ;
  • concernant la consommation d’alcool, les rencontres amoureuses, les adolescents se comportent comme nous le faisions à 15 ans, et ceux de 15 ans comme nous le faisions à 13 ;
  • s’ils sortent moins souvent, les rares fois où ils le font sont abondamment communiquées sur Snapchat, Instagram ou Facebook. Ceux qui ne sont pas invités se sentent donc cruellement exclus : le nombre de jeunes filles se sentant rejetées et isolées a augmenté de 48 % de 2010 à 2015 et le nombre de garçons de 27 %.

« J’essaye de leur parler et ils ne me regardent pas. Ils regardent leur smartphone. »

Lorsqu’ils se confrontent malgré tout aux enfants de leur âge, leur manière d’interagir est profondément dégradée.

En effet, bien que physiquement ensemble, cela n’interrompt nullement le fonctionnement des smartphones.

« J’essaye de leur parler de quelque chose, et ils ne me regardent pas droit dans les yeux. Ils regardent leur téléphone ou leur Apple Watch », témoigne une jeune fille dans l’article cité ci-dessus.

  • « Et qu’est-ce que ça te fait, quand tu essayes de parler à quelqu’un en face-à-face et qu’il ne te regarde pas ? », lui demande la psychologue.
  • « Cela me fait mal. Mal. Je sais que la génération de mes parents ne faisait pas ça. Je peux être en train de parler de quelque chose de super-important pour moi, et ils ne m’écoutent même pas. »

Oui, on imagine que ça fait mal, en effet…

Piégé par mon smartphone

En ce qui me concerne, j’ai tenu sans téléphone mobile jusqu’à il y a quelques mois. Pendant longtemps, je me suis débrouillé avec des « télécartes ».

Mais les cabines publiques ont peu à peu été supprimées. En cas d’urgence, j’étais obligé d’emprunter le téléphone des gens. Mais avec le smartphone, ils sont devenus de plus en plus réticents à cause de toutes les informations personnelles ; trop dangereux de laisser ça entre les mains d’un inconnu, aussi sympathique soit-il.

Mais c’est ma banque qui a eu raison de mes résistances.

Comment ma banque m’a vaincu

Au mois de février, ma banque m’a envoyé un courrier m’expliquant que tous les clients devaient désormais utiliser leur smartphone pour « scanner » un code apparaissant sur l’écran pour accéder à leur compte…

Penaud, j’ai acheté un smartphone. J’étais décidé à ne m’en servir que pour la banque mais, bien sûr, très rapidement j’ai passé mes premiers appels et il s’est mis à sonner en retour…

La chute

En juillet, je m’en servais, pour la première fois, connecté à ma voiture. En août, ma fille m’installa Whatsapp, et m’inscrivit au groupe de la famille, ce qui me valut de sentir des vibrations toutes les cinq minutes, et voir apparaître toutes sortes de « notifications » sur l’écran que ma curiosité avait le plus grand mal à ignorer…

Peu à peu, ma vie a basculé.

Il y a dix jours, je me suis retrouvé pour la première fois à me promener dans la rue en « textant ».

J’ai alors levé le nez autour de moi. Je ne regardais plus le ciel bleu. Je n’entendais plus les oiseaux chanter. Je ne souriais plus aux passants (ni aux passantes…). J’étais dans la prison psychique de mes messageries et je me suis rendu compte que la plupart des gens autour de moi étaient… pareils.

Le patron d’Apple avait interdit l’iPhone à ses enfants

Ce matin, un article explique que le grand Steve Jobs, patron d’Apple, avait interdit le smartphone à ses enfants.

De même pour Bill Gates, fondateur de Microsoft, qui ne voulait pas d’ordinateur chez lui.

Y avait-il quelque part un problème que ces « génies de l’informatique » avaient remarqué et dont leurs clients ne s’étaient pas aperçus ?

« Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… »

Les gens sont en train d’oublier combien la vie était douce avant ces engins. Moi je m’en souviens, je vivais ainsi il y a quelques mois encore.

Je montais dans ma voiture, ou dans le train, et je partais réellement.

Je ne poursuivais pas la conversation avec les gens que je venais de quitter. Les séparations étaient plus dures, mais les retrouvailles étaient aussi beaucoup plus intenses.

En voyage, je lisais. Dans ma voiture, je rêvais. J’écoutais de la musique sans jamais être interrompu par un brutal appel téléphonique.

Quand j’arrivais chez des amis, j’étais présent, je ne poursuivais pas des échanges parallèles avec des collègues ou d’autres personnes à des centaines de kilomètres de moi. C’était plus agréable pour tout le monde.

En réunion, au travail, je me concentrais uniquement sur les problèmes discutés autour de la table. Je n’avais pas le choix. Impossible de m’évader en appuyant sur un écran pour recevoir des nouvelles de ma famille ou de mes amis, ou encore pour traiter les questions liées à d’autres collègues, autre part.

Je comprends bien l’aspect excitant de ces machines. Vous êtes tout le temps stimulé. Vous vous sentez important. Vous avez l’impression d’être dans le coup, de mener une vie trépidante. Vous êtes enivré. Le grand frisson de la vie moderne, connectée, toujours en mouvement.

Vous recevez de délicieuses décharges d’adrénaline chaque fois que ça bipe, que ça buzze, que ça sonne.

Mais si vous regardez les choses en face, vous risquez aussi beaucoup plus de devenir un zombie dépressif.

Alors, cette fois, c’est décidé : je laisse mon smartphone à la maison ! Une fois par mois, je consulterai mes comptes, et ce sera tout.

Je brise mes chaînes. Je retourne dans le monde normal. Je dis stop à la dépression, aux insomnies, aux idées suicidaires. Adieu, mon smartphone !

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Plastic partout !

25 Avril 2018, 03:37am

Publié par Grégoire.

Les déchets plastiques s'amoncellent dans la nature et dans les décharges. Quels risques font-ils peser sur l'environnement et sur la santé, notamment des populations les plus pauvres ? Réalisée sur trois continents, une enquête fouillée sur une catastrophe annoncée.

Sur sa planche de surf fabriquée avec de vieilles bouteilles plastiques, Merijn Tinga a entrepris un étonnant périple. Afin de sensibiliser le grand public à la pollution plastique, l'activiste hollandais a suivi sur 1 200 kilomètres le cours du Rhin, de sa source à Rotterdam. Militant pour un système de consigne qui permettrait collecte et recyclage des bouteilles usagées, notamment celles fabriquées en polytéréphtalate (PET), le défenseur de l'environnement n'est pas seul à monter au créneau. Tandis que son compatriote Dick Groot arpente la campagne pour géolocaliser avec son téléphone les innombrables déchets qui s'y trouvent, en Haïti, The Plastic Bank, une start-up sociale et solidaire créée par les Canadiens David Katz et Shaun Frankson, rachète les déchets plastiques rapportés par les habitants. Alors qu'un peu partout ils s'accumulent, les scientifiques sont eux aussi à pied d'œuvre. Dans leurs laboratoires, ils traquent les effluves dégagés par les jouets mais étudient aussi la redoutable prolifération dans les océans des microparticules laissées par les plastiques dégradés, leurs conséquences sur la faune marine et dans nos assiettes.

Overdose
Symboles de la société du tout-jetable, les plastiques sont devenus incontournables dans notre quotidien. Résistants, légers et peu coûteux à produire, ils sont néanmoins une plaie à collecter et à recycler après usage. Entre les dangers que leur abandon sauvage fait peser sur l'environnement, et les risques sanitaires, liés au recyclage rudimentaire, qu'encourent les populations les plus pauvres, principalement en Chine, cette enquête fouillée, réalisée sur trois continents, dresse un état des lieux plus qu'alarmant. Face aux puissants lobbies industriels et à la catastrophe annoncée, les politiques sauront-ils prendre les décisions qui s'imposent pendant qu'il est encore temps ?

https://www.arte.tv/fr/videos/077392-000-A/plastic-partout/

 

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Ordonner au soleil de se coucher

21 Avril 2018, 02:49am

Publié par Grégoire.

Ordonner au soleil de se coucher

 J’ignore comment il avait pu monter sur le toit de tôle. Comment il ne brûlait pas ses pieds nus. Mais il était là, dressé sur cette pièce de toub comme à la proue d’un navire, devant une mer déjà retirée. Un œil fermé, le bras droit tendu et son regard armé dessus, il était là, défiant le soleil couchant sur l’horizon, intimant du doigt à l’astre de fuir à son tour. Il a posé le bout de son index sur le cercle rouge et, imperceptiblement, appuie dessus, sans trembler. Comme une cerise sur une nappe, le soleil explose sur l’horizon, sous le doigt de l’enfant. Quelques nuages, serviles janissaires, tentent d’en éponger les éclaboussures. Chaque soir, faute de mieux, un enfant paré de loques et de poussière met un terme à sa journée de réfugié, et à celle du camp, du bout de son doigt. Chaque soir un tout petit enfant exilé du Sahara convoque l’astre royal à la barre de son tribunal de tôle ondulée et intime au despote de disparaître de son occident. Chaque soir un enfant sahraoui éteint le plomb fondu du jour et plonge son peuple, pour quelques heures, dans un songe de liberté.

Jean-françois Debargue

(Procédures & mode d’emploi)

Lorsqu'en 1991 le Front Polisario signe après 16 ans de guerre le cessez le feu per-mettant à la mission mandatée par l'ONU, la Minurso, d'organiser un référendum d'auto-détermination au Sahara Occidental, personne n'imagine que près de 20 ans plus tard la République arabe sahraouie démocratique (RASD) sera encore une république en exil, celle du peuple sahraoui, réfugié en plein désert algérien dans ces camps de l'oubli.
Pourquoi rien ne bouge au Sahara Occidental, dernière colonie d'Afrique, depuis plus de trois décennies ? Pourquoi continue-t-on à faire de l'aide d'urgence ou à mettre en place éducation et formations qualifiantes pour un avenir hypothéqué par le gel du processus de la décolonisation ? "Qu'avons-nous de moins que les espèces animales et végétales que vous protégez ?" me demandait une amie sahraouie.
Humanitaire, je fais partie de ceux qui entendent ou se posent ces questions et doivent les relayer à qui de droit. J'ai choisi de le faire, avec les armes émoussées de la parole et de l'écriture. Transmettre, c'est aussi vouloir être contagieux de soi-même. Vivant depuis deux ans dans mes familles d'accueil, j'ai voulu témoigner de la vie quotidienne par le récit, par les portraits esquissés, par la poésie, de cette réalité oubliée ou ignorée depuis 35 années.
De mes notes prises chaque jour est né peu à peu un journal lors de mes retours à Alger. Ce " Cri des pierres ", puisque les hommes font preuve d'un silence assourdissant, est entre vos mains aujourd'hui.

Berger puis éleveur d'ovins et technicien agricole, Jean-François Debargue a choisi de quitter sa ferme d'Auge pour coordonner deux projets en tant que volontaire bénévole dans un camp de réfugiés sarhaouis, en plein désert saharien. Il y vit depuis fin 2007 et partage la vie quotidienne des familles dans l'un des quatre principaux camps de cette république exilée en Algérie.

 

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Méthode Kneipp : l’eau froide fait des miracles

19 Avril 2018, 02:54am

Publié par Grégoire.

Pape de la médecine naturelle en Allemagne depuis plus de cent ans, l’abbé Kneipp est encore méconnu chez nous. Son credo : l’eau froide, c’est bon pour la santé ! Mode d’emploi d’une méthode toute simple qui révise l’art du bain et de la douche.

Pape de la médecine naturelle en Allemagne depuis plus de cent ans, l’abbé Kneipp est encore méconnu chez nous. Son credo : l’eau froide, c’est bon pour la santé ! Mode d’emploi d’une méthode toute simple qui révise l’art du bain et de la douche.

De l’eau, des plantes : l’abbé a inventé une philosophie de santé globale.
Le sourire est enfoui, les épais sourcils noirs, en broussaille et les cheveux blancs, domptés par une calotte. En Allemagne, l’effigie de Sebastian Kneipp figure sur tous ses produits de soin (huiles de bain, tisanes, etc.). Près de six cent soixante hôtels, centres thermaux ou cliniques adhèrent à sa doctrine, et son nom se décline en adjectif : « kneippen ».

Tout a commencé en 1847. Sebastian Kneipp, 26 ans, atteint de tuberculose et déclaré incurable, tombe sur une publication du docteur Hahn : « De la force et des effets de l’eau fraîche sur le corps humain ». N’ayant plus rien à perdre, il s’administre un autotraitement. Au programme : course à pied deux fois par semaine sur les bords du Danube et plongeons dans une eau à 5 °C !

Un « remède de cheval » qui le guérit en quelques mois. Il décide alors de poursuivre ses recherches sur l’hydrothérapie et soigne – avec succès – son entourage. Accusé de charlatanisme, il est envoyé en Bavière par les autorités ecclésiastiques, au monastère des dominicains de Bad Wörishofen. Il y remplace le curé. En 1886, il publie son premier traité sous le titre “Ma cure d’eau”. Surnommé le « docteur de l’eau », il enrichit sa méthode pour en faire une véritable hygiène de vie qui considère le corps dans sa globalité. Et finira par soigner le pape Léon XIII, alors âgé de 80 ans.

Mieux vaut prévenir que guérir, pensait l’abbé. « Ceux et celles qui ne réservent pas quotidiennement un peu de temps pour leur santé devront un jour consacrer beaucoup de temps à leur maladie. » Bains partiels, douches écossaises… « S’il existe pour moi un seul remède, ce sera l’eau », déclare Sebastian Kneipp. Aujourd’hui, en France, on découvre sa méthode et ses produits de soins, tout à fait dans l’air du temps.

Deux grands principes

Selon le curé bavarois, adepte de la douche écossaise, il faut endurcir l’organisme pour prévenir la maladie.

1. De l’eau entre 0 et 18 °C
L’eau froide est idéale pour « rétablir l’ordre dans le corps ». Elle ôte la chaleur superflue (dont la transpiration) tout en obligeant l’organisme à générer sa propre énergie calorifique pour éliminer les éléments « inutiles et insalubres » (« graisses et mauvaises humeurs » !).
L’eau chaude ne doit intervenir que pour seconder l’organisme incapable de produire sa chaleur naturelle (quand on se sent frigorifié) ou pour intensifier le bénéfice de l’eau froide.

« Le contraste chaud-froid dilate et contracte les vaisseaux sanguins, ce qui réactive le système neurovégétatif (cœur, foie, estomac…), mais aussi le système hormonal et immunitaire », explique Joachim Bohm Rammel, ostéopathe (également directeur de la physiothérapie au Sebastianarium, centre de soins et école de formation à Bad Wörishofen, en Allemagne).

2. Des applications localisées
S’il s’agit d’entretenir sa forme, entre une et trois douches froides au lever par semaine suffiront (durée : une minute). Sinon, on trempe ou on arrose bras, genoux, visage ou coudes, selon le problème. 
Les applications d’eau localisées décongestionnent la zone traitée, mais, curieusement, agissent sur d’autres endroits par un effet dérivatif (comme le font l’acupuncture et la réflexologie).

Ainsi, un bain de pieds froid soulage les cerveaux en ébullition : pour lutter contre le froid, le cerveau envoie du sang vers les pieds, ce qui nous allège la tête.

Cure d'eau chez soi

L’avantage de la méthode Kneipp est sa simplicité. Un lavabo, une douche, une bassine, et le tour est joué. Sebastian Kneipp recommandait la modération. Inutile d’abuser de ses cent vingt types de bains ! 
Première étape : identifiez votre problème (migraine, insomnie, jambes lourdes, etc.).
- Deuxième étape : pratiquez le soin approprié jusqu’à complet rétablissement.

Pour ne pas attraper froid, veillez à ce que la température de la pièce ainsi que celle du sol soient suffisamment élevées. Les parties du corps non mouillées doivent être chaudement couvertes. Surtout, ne vous essuyez pas. Séchez-vous en agitant les bras ou les pieds, mouvements qui induisent une chaleur naturelle et prolongent la réaction de l’organisme.

Les douches
Réglez la pomme de douche sur la pluie la plus douce ou remplacez-la par un tuyau en caoutchouc. Dirigez le jet de biais, à dix-quinze centimètres de la peau, le temps que l’épiderme rougisse.

- Pour lutter contre le stress
Un ruissellement froid sur les cuisses apaise l’anxiété mais aussi la gueule de bois des lendemains de fête. Il traite également la cellulite et les jambes lourdes.
- Pour alléger les jambes
Remontez du gros orteil à l’intérieur des genoux. Insistez sur le creux derrière l’articulation, riche en ganglions lymphatiques. Puis redescendez le jet par le bord opposé jusqu’à la cheville. Recommencez l’affusion en allant stimuler la rotule. Ce soin soulage les jambes lourdes, et a un effet secondaire sur la zone du thorax, des abdominaux et sur les organes urinaires.
- Pour faire passer la migraine
Adaptez un tuyau en caoutchouc sur le robinet du lavabo. Baladez un jet d’eau tout autour du visage en dessinant un cercle, puis insistez sur le front et terminez par deux secondes sur chacun des yeux clos. Laissez réagir un peu avant de tamponner délicatement avec une serviette. Miraculeuse sur les maux de tête, la douche du visage efface également les boutons d’acné et lisse les mines fatiguées.

Les bains
Rassurez-vous, les plongeons dans l’eau froide restent toujours fugaces (trente secondes maxi).

- Contre l’insomnie 
Le bain de pieds avec de l’eau jusqu’à mi-mollets allège les esprits encombrés et ainsi facilite l’endormissement. Posologie : de trois à sept soirs par semaine. Durée : trente secondes. 
- Contre les maux de ventre
Le bain de siège recouvre le haut des cuisses et le nombril. Pris quotidiennement durant sept jours avant les règles, il les promet moins douloureuses. Il combat aussi les hémorroïdes, les lenteurs digestives. Durée : de une à dix secondes.
- Contre les coups de pompe
Le bain de bras jusqu’aux biceps donne un coup de fouet à l’organisme, régule la tension, soulage les vertiges et les maux de tête. Durée : trente secondes.

http://www.psychologies.com/Bien-etre/Medecines-douces/Se-soigner-autrement/Articles-et-Dossiers/Methode-Kneipp-l-eau-froide-fait-des-miracles

http://​​​​​​​https://fr.sott.net/article/20028-La-therapie-par-le-froid-pour-perdre-du-poids-renforcer-les-defenses-immunitaires-et-plus-encore

Pourquoi les bains de mer réguliers sont-ils bénéfiques pour la santé ?

On parle ici des bains de mer pratiqués avec régularité tout au long de l’année. Qu’il fasse beau, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige… le concept est de se baigner en bord de mer avec un simple maillot de bain quelles que soient les conditions. Il s’agit avant tout d’une activité de baignade : on peut barboter, faire son aquagym ou véritablement nager dans l’eau. Mais à la base, il n’y a pas de notion de compétition : il s’agit avant tout de passer un bon moment dans l’eau. On y reste pendant quelques minutes : généralement 1 minute par degré en hiver (si l’eau est à 11°C, on reste 11 minutes), mais certains y restent plus longtemps en fonction de leur habitude des bains et de leur condition physique, en faisant toujours attention de sortir avant les premiers signes d’hypothermie.

L’action sur les articulations 

L’une des actions les plus puissantes du bain de mer régulier se fait sur le système cardio-vasculaire 

 action positive sur la tension artérielle et la fréquence cardiaque.

impact sur le psychisme et le système nerveux

Les bains de mer ont un effet antidépresseur, euphorisant et anxiolytique. 78% des baigneurs réguliers déclarent que les bains les mettent de bonne humeur, 56% que cela les stimule et 44% que cela les calme.

https://www.guillaume-barucq.com/bains-de-mer-reguliers-bienfaits/

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Les enfants qui s'en sortiront le mieux dans la vie sont ceux qui ont le moins accès aux écrans...

10 Avril 2018, 11:42am

Publié par Grégoire.

Pour le Docteur Anne-Lise Ducanda, membre du "collectif surexposition écrans", et invitée ce mercredi de Bourdin Direct, protéger les jeunes enfants des écrans de smartphones ou de tablettes est un "impératif de santé publique".

C'est une alerte pour le moins inquiétante qu'a lancée ce mercredi dans Bourdin Direct le Docteur Anne-Lise Ducanda, médecin de PMI (Protection maternelle et infantile) dans l’Essonne, et membre du "collectif surexposition écrans". "Il faut protéger vos enfants et les éloigner des écrans!". Un "impératif de santé publique", selon elle.

Mon fils a été trop exposé aux écrans, il souffre aujourd'hui de troubles autistiques

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“Nulle part, en France”

19 Mars 2018, 01:25am

Publié par Grégoire.

Pour la collection Réfugiés d’Arte, Yolande Moreau a filmé les migrants dans le nord de la France. A sa manière humble et radicale, à hauteur de regard.

« Regardez-le s’en aller au loin, Spirit of France — l’esprit de France. La République a laissé tomber un peu d’elle-même dans la boue de Grande-Synthe. Ci-gît l’Europe et son concert d’égoïsmes. » 

Sur les flots de la Manche, le ferry de la compagnie P&O file à l’anglaise. Mais pour les réfugiés des camps environnants, le voyage n’aura pas lieu. Alors, la caméra se tourne longuement vers une fillette aux yeux tristes, qui patauge dans une flaque saumâtre. La voix reprend. « Ci-gît l’Europe, oui, si elle abandonne l’esprit pour embrasser la peur. » Ce timbre doux que transcende une perceptible colère, c’est celui de Yolande Moreau. Ces mots scandés, qui battent comme un ressac la mesure des images, ce sont ceux du romancier Laurent Gaudé, qu’elle a sollicité pour l’accompagner vers Nulle part, en France, sa première incursion hors du champ de la fiction.

Décembre 2015. Le téléphone sonne dans la maison de l’Eure où la comédienne et réalisatrice césarisée (entre autres pour Quand la mer monte, en 2005, et pour Séraphine, en 2009) partage son temps entre permaculture et projets d’écriture — elle travaille notamment à un long métrage sur les faussaires. Au bout du fil, Philippe Brachet, rédacteur en chef du magazine Arte reportage, lui dit qu’il la voit bien aller tourner, du côté de Calais et de Grande-Synthe, un film sur les migrants. Yolande Moreau tombe des nues : elle ne s’y voit pas du tout. « J’aime bien regarder des documentaires et il y a des gens qui font ça très bien, dit-elle en citant le travail d’Agnès Varda, qui lui confia l’un de ses premiers vrais rôles au cinéma, celui d’une bonne dans le court métrage 7 p., cuis., s. de b., … à saisir en 1984. Je ne comprenais pas : pourquoi moi ? »

Une bonne partie de la réponse réside sans doute dans la place omniprésente qu’occupent le nord de la France et les Flandres dans la carrière de cette native du plat pays. Pendant des années, elle y a promené son one-woman-show Sale Affaire, puis elle y a campé ses films… Et n’avait-elle pas ajouté son nom, à l’automne 2015, à l’appel de Calais paru dans les colonnes de Libération et signé par des centaines de personnalités du monde du spectacle ? Pour la convaincre, la chaîne franco-allemande dégaine, comme elle l’a fait pour les précédents contributeurs de cette collection, baptisée Réfugiés 1, une formule magique : carte blanche. Mais les promesses de liberté, tant sur le fond que sur la forme, ne sont pas suffisantes. « Quand on s’est rencontrées pour la première fois, dans un café à Paris, elle a été très cash : rien que l’idée de débarquer dans un camp avec une caméra la terrorisait », se souvient sa coréalisatrice et cadreuse Elsa Kleinschmager. C’est l’association au projet du photographe Gaël Turine, membre de l’agence Vu, meilleur ami de son fils et compagnon de route de Laurent Gaudé, qui lève finalement les dernières préventions de Yolande Moreau. Ce film, elle le fera donc à son image : humblement, doucement, mais non sans radicalité. « Quand on a en tête le rôle qu’elle tenait dans Les Deschiens, on peut facilement être tenté de l’imaginer foldingue, dit justement Elsa Kleinschmager. Ce n’est pas le cas. Moi, j’ai été très impressionnée par sa force de travail et son efficacité. Elle savait très bien ce qu’elle voulait. » 

Dès le départ, elle l’a décidé, il n’y aura pas de voix off, seulement les poèmes écrits en situation par Laurent Gaudé et lus par elle au montage — travail d’actrice qui lui a paradoxalement donné le plus de fil à retordre. Au deuxième jour de tournage, deuxième virage assumé : désormais, on ne filmera plus qu’en plans larges. « J’ai d’abord été assez dubitative, en me disant que ce n’était pas télégénique et qu’on n’était pas là pour faire du cinéma », reconnaît la cadreuse, ayant une longue expérience du reportage télévisé. « Elle aurait très bien pu faire un sujet dans la veine de Strip-tease, en tendant le micro à des Calaisiens et des Dunkerquois à bout de nerfs, en opposant les regards et en faisant monter la sauce, juge Elsa Kleinschmager. Elle n’a jamais voulu aller dans le noir et le blanc. Elle aime le gris, et cela vaut aussi pour les cieux. Un jour que l’on tournait, alors qu’il faisait grand beau et que le ciel était bleu, elle faisait la grimace, me disait qu’elle n’aimait pas, que c’était trop joli… Peu après, on a tout refait en gris ! »

Pudeur d’un regard dénué de toute velléité d’enjoliver, de surplomber ou de juger. «  Crapahuter toute la journée dans la boue et les excréments, c’est épuisant. Alors, dès qu’on se posait pour faire une scène, Yolande dépliait sa chaise. Et se mettait, de fait, à hauteur des réfugiés avec lesquels elle discutait », rapporte la cadreuse. Comment mieux rendre leur dignité humaine à ceux que l’on a vus errer au milieu des rats crevés et des poubelles que de commencer par les regarder dans les yeux ? Mais quand on lui parle de film militant, elle fronce les sourcils. Pourtant, sur les images qui défilent, la voix reprend : «  La France est peureuse et l’Europe tout entière prend des airs de fossoyeur. Mais ne nous y trompons pas : ce qu’on enterre avec nos bulldozers, ce ne sont pas les tentes des migrants, c’est la passion européenne. » Et cette voix, c’est la voix de Yolande Moreau. 

Mise à jour
Ce camp sauvage du Basroch, filmé par Yolande Moreau, n'existe plus : ses habitants ont déménagé, début mars, dans le nouveau camp de La Linière, construit par MSF et la mairie. Il hébergeait environ 1300 personnes dans des abris en bois, selon le dernier décompte. Fin mars, Damien Carême, maire de Grande Synthe (EELV) avait rencontré le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et obtenu l'engagement que l'Etat prendrait en charge les frais de fonctionnement du camp - estimés entre 3 et 4 millions d'euros par an. Mais en avril, il a totalement été détruit par un incendie... Depuis, plusieurs centraines de migrants se sont réfugiés dans le bois du Puythouck, dans des conditions sanitaires déplorables.

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Nos fausses croyances de ce que doit être une vie « bonne » ou « mauvaise »..

15 Mars 2018, 05:59am

Publié par Grégoire.

La fille d'Heather Lanier, Fiona, est atteinte du syndrome de Wolf-Hirschhorn, une maladie génétique qui engendre des retards dans le développements ---mais cela ne la rend ni tragique, ni angélique ou l'un de tout les autres stéréotypes à propos des enfants connaissant un handicap. Durant cette intervention sur le magnifique, complexe, joyeux et difficile chemin qu'est d'élever une fille atteinte de ce syndrome, elle remet en question nos fausses croyances à propos de ce que serait une vie « bonne » ou « mauvaise », nous défiant d'arrêter de nous concentrer sur des solutions pour ce que nous ne considérons pas normal et de prendre plutôt la vie comme elle vient.

 

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Nos achats peuvent arrêter l’élevage industriel ..

5 Mars 2018, 05:07am

Publié par Grégoire.

Quand tout le monde aura intégré au plus profond de lui-même que l’élevage intensif mène notre civilisation à sa perte, alors, peut-être que la consommation de viande diminuera pour de bon. D’où l’extrême importance de la vidéo qui va suivre. 

Pour satisfaire la demande de viande, l’industrie agricole s’est mise à produire toujours plus, quitte à raser les forêts, quitte à assécher les nappes phréatiques, quitte à tuer la terre à grands renforts de pesticides. La face cachée de la viande, c’est ça. Et c’est cette vérité toute crue que nous montre cet extrait du documentaire.

« Il est incontestable que si l’élevage industriel n’existait pas, c’est un grand si, mais, s’il n’existait pas, nous n’aurions pas le problème majeur du réchauffement climatique que nous avons aujourd’hui. »

La transition écologique aurait pu se faire en douceur. Mais maintenant, on n’a plus vraiment de temps à perdre. Cette vidéo tire la sonnette d’alarme, et c’est là tout son mérite.

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Sous les pavés, la Terre...

15 Février 2018, 03:56am

Publié par Grégoire.

"Sous les pavés, la terre" vise à présenter des solutions alternatives et valides au modèle socio-économique actuel. Il s’avère qu’il y a urgence en matière d’avenir pour notre planète : il faut redéfinir les possibles, du soutenable au durable. Ce film décrit le parcours d’hommes et de femmes qui à un moment ont changé leur rapport à la Terre. Ce combat pour une Terre vivable commence par notre maison, nos assiettes, une remise en question de chacun de nos actes : Comment se déplacer ? Comment recycler son eau ? Comment construire une maison passive ? Où sont fabriqués nos vêtements ? D’où provient ce fruit ?

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Les personnes intelligentes ont plus de mal à se lever le matin !

21 Janvier 2018, 12:58pm

Publié par Grégoire.

Les personnes intelligentes ont plus de mal à se lever le matin !

Selon le psychologue londonien Satoshi Kanazawa, les personnes intelligentes auraient plus de mal à se lever le matin et retarderaient le plus possible leur réveil.

Chaque matin, c’est pareil : la sonnerie du réveil vous sort de la douceur de la nuit et, au lieu de vous lever, vous préférez nettement profiter encore un peu de votre lit en appuyant sur le bouton “snooze”. Et bien, selon les recherches de Satoshi Kanazawa, un psychologue britannique, auteur de l’étude “Why night owls are more intelligent” (“Pourquoi les hiboux sont les plus intelligents”, ndlr) cet attrait pour les grasses matinée pourrait en fait la preuve d’une intelligence supérieure.

Grasse matinée et créativité

D’après l’expert, “toutes les espèces mammifères (y compris les humains) possèdent une horloge biologique, un cycle quotidien appelé rythme circadien”. Et c’est ce rythme circadien qui définirait l’heure du lever. Ainsi, ceux qui n’ont aucun mal à se lever le matin dépendent donc de ce rythme identifié par le spécialiste et le suivrait sans difficulté, tandis que les autres - qui retardent chaque jour plusieurs fois leur réveil - feraient preuve de bien plus de créativité.

Pour arriver à ce résultat, le spécialiste et son équipe ont étudié un groupe de volontaires dans le cadre de recherches menées à l'Université de Southampton. Autre donnée qui ressort de cette étude ? “Les personnes qui se couchent tard et ne se réveillent pas avant 8h du matin, ont généralement une une vie plus heureuse et plus de succès professionnellement parlant”. De quoi déculpabiliser des réveils difficiles qui vous mettent en retard chaque matin ?

Par Sara Jore-Pivet Publié le 12/01/2018 

http://www.marieclaire.fr/les-personnes-intelligentes-ont-plus-de-mal-a-se-lever-le-matin,1249286.asp

Pour aller plus loin : 

Les gens au QI élevé sont désordonnés et disent des gros mots, Par Emmanuelle Ringot
http://www.marieclaire.fr/,les-gens-au-qi-eleve-sont-desordonnes-et-disent-des-gros-mots,834772.asp
Les personnes toujours “en retard” auraient une meilleure santé mentale, Par Sara Jore-Pivet

http://www.marieclaire.fr/,vous-etes-toujours-en-retard-non-juste-tres-optimiste,738772.asp

 

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Où fabriquer des Saints ?

21 Décembre 2017, 04:50am

Publié par Grégoire.

Où fabriquer des Saints ?

 Il marchait devant moi, tenant son dromadaire au bout d’une longe passée dans l’anneau nasal. Il y a dix ans, la chose m’aurait parue normale ; J’étais alors en plein Hoggar entre Tamanrasset et l’Assekrem. Nos guides Touaregs marchaient avec la même prestance, le même détachement, à côté de leurs méharis. Nous regardions où nous posions le pied, eux posaient le regard sur l’horizon.

 Mais aujourd’hui nous étions en plein Tamanrasset. Je venais de traverser l’Oued, derrière les échoppes d’un marché, croisant des enfants fouillant les ordures entassées là, des femmes mendiantes, des hommes errants, des migrants attendant une embauche qui n’arriverait plus à cette heure trop tardive. Dans cette rue défoncée et encombrée, il marchait comme au milieu d’une piste. Tout de bleu vêtu, avec un chèche indigo déteignant sur la limite de sa peau tannée exposée au soleil. Au côté gauche de sa ceinture de cuir un sabre dans son fourreau battait sa jambe. Dans sa main gauche, une lance, droite comme lui, avait accroché un éclat de soleil, comme une tâche de sang. Il était là, anachronique. Ou bien était ce le monde qui tout d’un coup le devenait autour de lui ?

Je venais quelques minutes auparavant de croiser le chemin d’un acacia magnifique, poussé là Dieu seul sait comment. Sur trois côtés, des murs avaient du essayer en le cernant de le dompter et il tentait de fuir par le haut, les trompant à force de lenteur. Des centaines de sacs plastiques le fleurissaient de blanc, bleu, jaune, vert. Deux mondes se mélangeaient, bruissant d’un même étonnement. Rappelant à qui passait là que le vent peut aussi polliniser  la folie des hommes.

S’il existe des fabriques de Saints, Tamanrasset possède tous les facteurs pour en devenir une. Les ingrédients nécessaires y sont présents, misère, injustice, violence…. Et pourtant des cœurs battent à Tam, batatam, batatam…

Les Saints sont les quelques anticorps de passage dans ces zones de non droit. Charles de Foucauld ne s’y était pas trompé. Prophétique, sa mort l’attendait si patiemment qu’elle avait même eu le temps de se fabriquer un alibi, choisissant un jeune assassin apeuré. 

Le touareg en apparat et l’acacia en fleurs égarés mesuraient ce jour là la démesure du monde, d’un regard horizontal, d’une envolée verticale, releveurs d’un cadastre d’un Dieu dépossédé de sa création. De cette dépossession naît le Saint. 

Jean-François Debargue

 

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Ouvrez vos bras, ils vous ouvriront leurs coeurs...

5 Décembre 2017, 04:44am

Publié par Grégoire.

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Un livre doit être la hache pour la mer gelée en nous. F Kafka.

28 Octobre 2017, 03:29am

Publié par Grégoire.

Un livre doit être la hache pour la mer gelée en nous. F Kafka.

 

Je tiens Christian Bobin pour le plus grand écrivain de sa génération, qui est aussi la mienne. Le plus doué, le plus original, le plus libre – à l’écart des modes, à l’écart de tout –, mais aussi le plus émouvant, le plus juste (au double sens de la justesse et de la justice : comme on chante juste, comme on juge juste), l’un des rares qui nous aident à vivre, qui nous éclairent, qui nous élèvent, et parmi ceux-là sans doute le plus purement poète – c’est pourquoi il réussit moins dans les romans –, mais aussi le plus fraternel, le plus simple, le plus léger, au bon sens du terme (« sans rien qui pèse ou qui pose », dirait Verlaine), enfin le seul, je crois bien, qui m’importe absolument.

Je ne dis pas cela parce que je suis son ami. C’est l’inverse qui s’est passé : je suis devenu son ami, lentement, progressivement, et ce n’est pas fini, parce que je le tenais, en France, pour le plus grand écrivain de notre génération, et qu’il m’importait de le connaître aussi de l’autre côté, je veux dire là où les livres ne vont pas, et d’où ils viennent. Je l’ai découvert par hasard. Une amie libraire m’avait offert un de ses livres, il y a une dizaine d’années, quand il était inconnu, et je sus alors, le lisant (c’était Le Huitième Jour de la semaine), ce que c’est qu’un chef-d’œuvre : un livre qui suffit à justifier qu’on ait vécu jusque-là, pour l’attendre, pour le découvrir, et cela valait la peine, oui, ou plutôt cela valait le plaisir, le bouleversant plaisir d’admirer – enfin ! – un contemporain.

Il ne ressemble pas à ses livres. Il est plus gai qu’eux, plus physique, plus charnel. Il aime manger et boire, fumer et rire… On aimerait parfois que ses livres lui ressemblent davantage. Il m’arrive de les trouver trop beaux, trop lumineux, trop purs. Un peu d’angélisme le menace parfois. Mais quelle vérité, le plus souvent, quelle profondeur, quelle force ! Il écrit au plus près du silence, au plus près de la solitude, au plus près de la mort, et c’est ce qui le fait tellement vivant, tellement bouleversant de grâce et de fragilité.

Il m’a fait un cadeau, un jour, sans le vouloir, et dans cet entretien même que reprend Psychologies : il a prêté à Eluard le titre d’un de mes livres – L’Amour la solitude –, et cela, quand je le lui signalai, nous fit rire tous les deux. Il est vrai que j’avais moi-même emprunté la moitié de mon titre à un recueil d’Eluard – L’Amour la poésie –, et que sa confusion, qui me flatte, n’en est ainsi une qu’à demi… Cela m’éclaire en retour : j’aime Bobin comme j’aime Eluard, pour cette clarté fraternelle, comme un sourire qui ne ment pas.

André Comte-Sponville.

 

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Quel est votre dernière lettre ?

3 Octobre 2017, 15:15pm

Publié par Grégoire.

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Dieu gît dans les détails...

31 Août 2017, 02:42am

Publié par Grégoire.

Dieu gît dans les détails...
Résistances à tous les étages

« Dieu gît dans les détails », avec comme sous-titre « La Borde, un asile », est le récit de Marie Depussé, prof de littérature à l'université Paris VII, et auteur de nombreux livres, tous azimuts, comme « Conversations sur la folie avec Jean Oury », le fondateur du château de La Borde, ou sur Beckett, son auteur de théâtre préféré.

Alors tout ça est une sacrée histoire. Elle nous dit dès le « commencement » de son livre, être arrivée à La Borde alors qu'elle avait vingt ans. Et y vit toujours... Mais avec un « statut particulier ». Tout en nous racontant la vie quotidienne dans cette clinique psychiatrique, elle nous raconte que son père lui a construit une « cabane », en bordure du Parc. Mais faut voir la « cabane »! Un vrai petit chalet tout confort! Elle laissera planer le doute sur cette situation atypique.

Mais faut que je vous explique, pour ceux qui ne connaissent pas le château de La Borde et son histoire. Tout d'abord, autant dire que c'est « un château qui a l'air de se foutre d'être un château ». Et ça va très bien avec son histoire.

Dans les années 40, vous avez sûrement entendu parler des 40000 morts dans les H.P. de France, tout simplement parce qu'on avait décidé de ne plus les approvisionner. Dans le loir et cher, à Saint-Alban, il n'y a eu aucun mort, parce qu'à l'époque il était dirigé par Lucien Bonnaffé, un psychiatre communiste, et avec les habitants du village s'était organisée une résistance anti-nazie et une organisation communautaire. Il est rejoint deux années plus tard par Tosquelles, un autre psychiatre fuyant le franquisme. Puis quelques années plus tard encore par Jean Oury. A partir de ce moment-là, un foisonnement d'idées va déboucher sur ce qu'on appellera dorénavant la « psychothérapie institutionnelle ».

Dès 1953, Jean Oury achète une ruine de château, celui de La Borde à Cour-Cheverny, pour une bouchée de pain, et tout le monde se mettra à travailler dur pour retaper ce lieu : fous, infirmiers, médecins. Très vite, son ami de toujours, Félix Guattari le rejoindra, et à sa suite Gilles Deleuze, ainsi que d'autres intellectuels comme Paul Eluard. C'est alors une ébullition d'échanges d'idées, qui aboutira à une vie communautaire, sans précédent, puisqu'aujourd'hui encore, tout se décide par réunions et commissions comprenant à la fois des pensionnaires, des moniteurs (psychologues, infirmières, éducateurs), des médecins. A noter qu'aucun mur ne ceinture la propriété de La Borde, et que la libre circulation est de mise dans cet établissement.

Dans les années cinquante et soixante, bien avant 68, beaucoup d'intellectuels passent par là, comme Françoise Dolto qui inaugurera la halte garderie du personnel (à La Borde, les fous ne font pas peur), et Jacques Lacan, le compagnon de route de Jean Oury (avec qui il fera sa psychanalyse), le soutiendra dans sa démarche. Actuellement, bien que certains H.P. revendiquent exercer la psychothérapie institutionnelle, aucun, en fait, va aussi loin que La Borde qui pratique une approche à la fois lacanienne et libertaire.

« Il y avait le château. C'est mieux un château, qu'une maison de banlieue, tellement plus fort, contre le temps, veloutant de son ancienneté la misère des heures, offrant ses hautes fenêtres, ses balcons de pierre, au paysage, afin de le recueillir sans le domestiquer. Et puis ce château-là avait un côté négligé, l'air de se foutre d'être un château : il était un peu sale. Les rhododendrons du parc étaient des arbres sombres, immenses, jamais taillés. Et dans cet abandon la vie d'êtres abandonnés pouvait se faire une place, dans l'ombre de ces arbres qui, inventés par des jardiniers, étaient devenus immenses, insolents et sauvages.
J'essaie de rassembler le faisceau d'évidences qui me fit poser mes bagages, dans la lumière de l'été.
Il y avait autre chose. Tout de suite, les fous me reposèrent. Je sus qu'ils se battaient en première ligne, pour moi. »

Dieu gît dans les détails...
Dieu gît dans les détails...

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Toute une vie pour en arriver là…

28 Août 2017, 03:08am

Publié par Grégoire.

Toute une vie pour en arriver là…

Personnel et pensionnaires de la maison de retraite de Paimbœuf sont en souffrance. D’une seule voix, ils dénoncent leurs conditions de travail et de vie dans l’établissement. Leurs témoignages laissent entrevoir une fin de vie faite d’ennui et de solitude. Reportage.

La dernière douche de Juliette Abellard date d’il y a trois semaines. Le dernier shampooing aussi. Pour le bain - son pêché mignon - il faut remonter au mois de mai. Depuis qu’une maladie atrophie ses muscles, cette imposante femme, ancienne gardienne de camping, est dépendante des aides-soignantes pour se laver, se coucher, se lever.

» En savoir plushttp://www.ouest-france.fr/journal/pourquoi-les-maisons-de-retraite-sont-sous-tension-5175486

La semaine dernière, Juliette a fait grève aux côtés d’une partie des soixante agents de la maison de retraite de Paimbœuf (Loire-Atlantique). Les uns dénonçant leurs conditions de vie, les autres leurs conditions de travail.

Un ennui terrible

«En gros, nous disposons de quinze minutes pour la toilette de chaque personne, commente une aide-soignante. C’est la chaîne. On n’a pas le temps de discuter et pourtant, elles sont très en demande. S’il y avait plus d’échanges, il y aurait moins d’antidépresseurs et de somnifères.»

Le matin, elles sont cinq pour s’occuper des cinquante-huit résidents. Elles servent le petit-déjeuner, font la toilette et les lèvent avant le déjeuner. «On ne me lève jamais à la même heure: 9h, 11h30… Tout dépend de la tournée du jour», dit Jeanine Pichavent, 84 ans. Après une vie à élever ses cinq enfants, elle a été admise à Paimbœuf il y a trois ans.

Un jour, on lui a servi son potage dans un gobelet en plastique. «Toute une vie pour en arriver là», souffle-t-elle de sa voix fluette. Elle décrit un quotidien fait d’attente et d’ennui. «Le soir, je suis couchée à 19h30. Je ne vois pas très bien, alors la TV, je ne la regarde pas trop. Je reste là à attendre. Attendre le sommeil.»

La direction a pourtant recruté cet été, afin de permettre aux agents de prendre leurs congés. «Et nous allons faire appel à trois personnes en service civique pour renforcer l’animation», ajoute Thierry Fillaut, le directeur.

«On estime qu’un résident dort huit heures, a quatre heures trente de soin et, au mieux, deux heures d’animations, indique Guillaume Gandon, animateur permanent. Le reste? C’est un ennui que nous-mêmes, on ne supporterait pas.»

«Il suffit de les voir, à 11h, faire la queue pour attendre le repas du midi, complète Danielle, la fille d’une résidente. Personne ne se parle, ni ne sourit. Ma mère me répète qu’elle serait mieux au cimetière. Elle ne sort plus de sa chambre.»

La maman de Danielle, comme les autres résidents, débourse environ 2000€ par mois.

«J’ai honte»

Sandrine, une aide-soignante se souvient de cette scène, il y a quelques semaines. Un résident, qui n’a qu’une sœur comme famille proche, a invité l’équipe de jour à trinquer pour son anniversaire. Sa sœur avait préparé une tarte. Ils s’étaient installés dans l’une des salles communes. «Mais personne n’est venu, faute de temps, souffle la soignante. Avant, le dimanche, on prenait l’apéro avec les résidents. Aujourd’hui c’est fini. On n’a même plus le temps de leur tenir la main quand ils sont en fin de vie…»

Fin juillet, la CGT a lancé un appel à la grève. «C’est très dur de rentrer chez soi avec le sentiment du travail mal fait, glisse une aide-soignante, dans l’établissement depuis trente-quatre années. Il y a des résidentes qui travaillaient là. Elles m’ont formée. Et maintenant j’ai honte de la manière dont on les traite. Dans quelques années, c’est moi qui serai résidente ici. Et je n’ose pas imaginer dans quelles conditions.»

 

http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/paimboeuf-44560/trois-semaines-sans-une-douche-la-maison-de-retraite-de-paimboeuf-5176918

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