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Articles avec #priere - meditations..

Dieu s'est fait le très-bas, silence de mort, passivité du cadavre...

15 Avril 2017, 09:29am

Publié par Grégoire.

Dieu s'est fait le très-bas, silence de mort, passivité du cadavre...

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Un jour, je saurai voir en chacun le suaire de Turin, l'ombre du Dieu couché

14 Avril 2017, 05:29am

Publié par Grégoire.

Un jour, je saurai voir en chacun le suaire de Turin, l'ombre du Dieu couché

Le Christ s’est servi du langage comme d’une hache de lumière pour fendre le bois mort de nos âmes puis il a jeté cette hache au fin fond des étoiles où St Jean l’a reprise pour écrire son évangile. Certaines de ses paroles me sont insupportables. Je refuse d’y entrer car je sais qu’alors il me faudra quitter beaucoup de choses. C’est surtout rien de plus que le parfait récit d'une vie humaine qui se déploie et qui échoue.

Le Christ, par son échec plus glorieux que toutes les réussites, est ce qui a jamais été vécu de mieux sur terre : une inlassable quête des âmes vivantes, un soleil traversant des épaisseurs de mort. Il est le fleurissant par surprise, l’attaquant par grâce, l’incroyable insurrection du rouge de l’esprit dans notre coeur éteint. Le spirituel est une guerre et une paix – les deux indissolublement.

Le Christ est un guerrier sans armes. Un tigre de douceur, aussi frêle qu’un coquelicots que pour leur profit, les hommes veulent arracher de la terre. Ceux qui entrevoient sa pureté ne comprennent pas sa faiblesse.  Ce n'est pas un modèle ni un idéal. Les modèles sont décourageants, les idéaux sont des fantômes. C'est un soleil voilé par les nuages de nos ambitions et de nos soucis. Il suffit d'être humain pour entrer dans le royaume dont le Christ est le gardien bienveillant. Ses yeux ont la fièvre des yeux des pauvres. Un soleil qui n'attend que notre regard pour courir toute la vie d'un seul coup. Il veut traverser nos vies comme un feu de forêt.

Aucune intelligence n’égale la sienne, sa pensée fait des bonds de tigre. Elle renverse tous les sages comme si ils étaient des quilles. Et c’est parce qu’ils ne pouvaient pas lui répondre qu’ils l’ont tués. Ce qu’il leur refuse, il le donne sans compter aux timides.

C’est le feu de l’esprit. Il n’a besoin pour prendre que d’un bois sec, c’est-à-dire d’un cœur ferme. La lumière du monde ne vient pas du monde : elle vient de l’embrasement de ces cœurs purs, épris plus que d’eux-mêmes de la simplicité radicale du ciel bleu, d’un geste généreux ou d’une parole fraîche. Le Christ est comme un amour qu’on attend et qui est déjà là, dans cette attente qu’on en a.

Je pense à toi, Christ guérisseur

A ta salive lumineuse pleine de soleil, lucioles et autres fées

Remèdes contre la lassitude

Prends dans ta bouche, Christ sorcier, ma maigre vie 

Et le peu d’amour qui y grelotte

Serre la petite herbe de mon âme

Entre tes dents de feu

Et apprends-moi à rire dans ta langue maternelle

Christian Bobin.

 

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Apprendre à aimer

20 Mars 2017, 06:41am

Publié par Grégoire.

"Comme notre vie serait plus belle si elle baignait dans cette joie de s'ouvrir à l'autre et aux autres en découvrant la joie d'aimer et de se laisser aimer, la joie d'expérimenter la miséricorde de notre Père, et de la donner à notre tour à nos frères."

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L'évangile, seule réponse à nos maux, un refus de la fatalité... mais impossible à vivre par soi.

5 Mars 2017, 05:38am

Publié par Grégoire.

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Appelez le bonheur sur Jérusalem : Paix à ceux qui t’aiment !

2 Juin 2014, 07:09am

Publié par Fr Greg.

Appelez le bonheur sur Jérusalem : Paix à ceux qui t’aiment !

 

Ô Seigneur, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,
Dieu de Jésus le Nazaréen,
du cœur de cette Cité Sainte,
patrie spirituelle des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans,
je fais mienne l’invocation des pèlerins
qui montaient vers ton temple, débordant de joie :
« Appelez le bonheur sur Jérusalem :
Paix à ceux qui t’aiment !
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais !
À cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : ‘‘Paix sur toi !’’.
À cause de la maison du Seigneur notre Dieu,
je désire ton bien » (Ps 122, 6-9

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La fermeture à la lumière rend toujours plus agressif

8 Avril 2014, 06:58am

Publié par Fr Greg.

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l’épisode de l’homme aveugle de naissance, auquel Jésus donne la vue s’ouvre par un aveugle qui commence à voir et se ferme – cela est curieux – avec des voyants présumés qui continuent à rester aveugles dans leur âme. Le miracle est raconté par Jean en deux versets à peine, car l’évangéliste veut attirer l’attention non pas sur le miracle en soi, mais sur ce qui arrive ensuite, sur les discussions qu’il suscite ; sur les bavardages aussi : si souvent, une bonne oeuvre, une œuvre de charité suscite des médisances et des discussions, car certains ne veulent pas voir la vérité. L’évangéliste Jean veut attirer l’attention sur ce qui arrive aussi de nos jours lorsque l’on fait une bonne œuvre. L’aveugle guéri est d’abord interrogé par la foule étonnée – ils ont vu le miracle et l’interrogent – puis par les docteurs de la loi ; ces derniers interrogent aussi ses parents. A la fin l’aveugle guéri parvient à la foi, et c’est la grâce la plus grande qui lui est faite par Jésus : non seulement de voir, mais de Le connaître, de Le voir comme « la lumière du monde » (Jn 9,5).

Alors que l’aveugle s’approche graduellement de la lumière, les docteurs de la loi au contraire s’enlisent toujours plus dans leur cécité intérieure. Enfermés dans leurs présomptions, ils croient déjà avoir la lumière; à cause de cela ils ne s’ouvrent pas à la vérité de Jésus. Ils font tout pour nier l’évidence. Ils mettent en doute l’identité de l’homme guéri ; puis ils nient l’action de Dieu dans la guérison, en prenant comme excuse que Dieu n’agit pas le samedi ; ils en arrivent même à douter que l’homme soit né aveugle. Leur fermeture à la lumière devient agressive et aboutit à l’expulsion de l’homme guéri du temple.


Le chemin de l’aveugle au contraire est un parcours à étapes, qui part de la connaissance du nom de Jésus. Il ne connaît rien de Lui; en effet il dit : « L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, il m'en a frotté les yeux » (v.11). Après les questions pressantes des docteurs de la loi, il le considère d’abord comme un prophète (v.17) et puis un homme proche de Dieu (v.31). Après qu’il ait été éloigné du temple, exclu de la société, Jésus le trouve de nouveau et lui "ouvre les yeux" pour la seconde fois, en lui révélant son identité : « Je suis le Messie », lui dit-il. A ce moment-là celui qui avait été aveugle s’exclame : « Je crois, Seigneur ! » (v.38), et se prosterne devant Jésus. C’est un passage de l’Evangile qui montre le drame de la cécité intérieure de tant de personnes, y compris la nôtre car parfois nous avons des moments de cécité intérieure.


Notre vie est parfois semblable à celle de l’aveugle qui s’est ouvert à la lumière, qui s’est ouvert à Dieu, qui s’est ouvert à sa grâce. Parfois malheureusement elle est un peu comme celle des docteurs de la loi : du haut de notre orgueil nous jugeons les autres, et même le Seigneur ! Aujourd’hui, nous sommes invités à nous ouvrir à la lumière du Christ pour porter du fruit dans notre vie, pour éliminer les comportements qui ne sont pas chrétiens ; nous tous sommes chrétiens, mais nous tous, tous, nous avons parfois des comportements non chrétiens, des comportements de péché. Nous devons nous en repentir, éliminer ces comportements pour marcher résolument sur la voie de la sainteté. Elle prend son origine dans le Baptême. Nous aussi en effet nous avons été "éclairés" par le Christ dans le Baptême, afin que, comme nous le rappelle saint Paul, nous puissions nous comporter comme « des enfants de lumière » (Eph 5,8), avec humilité, patience, miséricorde. Ces docteurs de la loi n’avaient ni humilité, ni patience, ni miséricorde !

Je vous suggère, aujourd’hui, quand vous rentrerez chez vous, de prendre l’Evangile de Jean et de lire ce passage du chapitre 9. Cela vous fera du bien, car vous verrez cette route de la cécité à la lumière et l’autre mauvaise route vers une plus profonde cécité. Demandons-nous comment est notre cœur. Ai-je un cœur ouvert ou un cœur fermé ? Ouvert ou fermé envers Dieu ? Ouvert ou fermé envers le prochain ? Nous avons toujours en nous quelque fermeture née du péché, des fautes, des erreurs. Nous ne devons pas avoir peur ! Ouvrons-nous à la lumière du Seigneur, Il nous attend toujours pour nous aider à mieux voir, pour nous donner plus de lumière, pour nous pardonner. N’oublions pas cela ! Confions notre chemin du carême à la Vierge Marie, afin que nous aussi, comme l’aveugle guéri, avec la grâce du Christ, nous puissions "venir à la lumière", aller plus avant vers la lumière et renaître à une vie nouvelle.

François, Pape.

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« Il nous a faits et nous sommes à lui, nous son peuple, son troupeau » (Ps 100, 3)

2 Février 2014, 10:00am

Publié par Fr Greg.

 

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« C'est Jacob que le Seigneur a choisi, Israël dont il a fait son bien » (Ps 135, 4). Eh bien, nous sommes la "propriété" de Dieu non pas au sens de la possession qui rend esclaves, mais d’un lien fort qui nous unit à Dieu et entre nous, selon un pacte d’alliance qui demeure pour l’éternité «car éternel est son amour» (Ps 136). Dans la vocation du prophète Jérémie, Dieu rappelle qu’il veille continuellement sur chacun, afin que sa Parole se réalise en nous. L’image est celle de la branche d’amandier qui fleurit avant tous les autres, annonçant la renaissance de la vie au printemps (cf. Jr 1, 11-12). Tout provient de lui et est don de lui ; le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir, mais — rassure l’apôtre — « vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu » (1 Co 3, 23). Voilà expliquée la modalité d’appartenance à Dieu: à travers le rapport unique et personnel avec Jésus, que le Baptême nous a conféré dès le début de notre renaissance à une vie nouvelle. C’est donc le Christ qui nous interpelle sans cesse par sa Parole afin que nous mettions notre confiance en lui, en l’aimant «de tout notre cœur, de toute notre intelligence et de toute notre force» (cf. Mc 12, 33). C’est pourquoi chaque vocation, malgré la pluralité des voies, demande toujours un exode de soi-même. C’est un exode « qui nous conduit à un chemin d’adoration du Seigneur et de service à lui dans nos frères et sœurs». C’est pourquoi nous sommes tous appelés à adorer le Christ dans nos cœurs (cf. 1 P 3, 15), pour nous laisser rejoindre par l’impulsion de la grâce contenue dans la semence de la Parole, qui doit croître en nous et se transformer en service concret de notre prochain. Nous ne devons pas avoir peur : Dieu suit avec passion et habileté l’œuvre sortie de ses mains, à chaque saison de la vie. Il ne nous abandonne jamais! Il a à cœur la réalisation de son projet sur nous, mais il entend cependant l’obtenir avec notre assentiment et notre collaboration.

 

 Aujourd’hui aussi, Jésus vit et chemine dans les réalités de la vie ordinaire pour s’approcher de tous, à commencer par les derniers, et nous guérir de nos infirmités et de nos maladies. Je m’adresse à présent à ceux qui sont bien disposés à se mettre à l’écoute de la voix du Christ qui retentit dans l’Église, pour comprendre quelle est leur vocation propre. Je vous invite à écouter et à suivre Jésus, à vous laisser transformer intérieurement par ses paroles qui « sont esprit et sont vie » (Jn 6, 63). Marie, la Mère de Jésus et la nôtre, nous répète à nous aussi: « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5). Cela vous fera du bien de participer avec confiance à un chemin communautaire qui sache libérer en vous et autour de vous les meilleures énergies. La vocation est un fruit qui mûrit dans le champ bien cultivé de l’amour réciproque qui se fait service mutuel, dans le contexte d’une authentique vie ecclésiale. Aucune vocation ne naît toute seule ou ne vit pour elle-même. La vocation jaillit du cœur de Dieu et germe dans la bonne terre du peuple fidèle, dans l’expérience de l’amour fraternel. Jésus n’a-t-il peut-être pas dit: « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35)?

 

FRANÇOIS, pape.

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Faiblesse et fragilité

19 Janvier 2014, 10:55am

Publié par Fr Greg.

 

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 "Dieu ne se révèle pas dans la force ou dans la puissance, mais dans la faiblesse et dans la fragilité d’un nouveau-né."

Pape François.

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Air vif

18 Janvier 2014, 10:44am

Publié par Fr Greg.

 

 

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J’ai regardé devant moi
Dans la foule je t’ai vue
Parmi les blés je t’ai vue
Sous un arbre je t’ai vue


Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l’eau et du feu


L’été l’hiver je t’ai vue
Dans ma maison je t’ai vue
Entre mes bras je t’ai vue
Dans mes rêves je t’ai vue


Je ne te quitterai plus.

 

Paul Eluard

 

 

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Des pères et des mères....

17 Janvier 2014, 10:49am

Publié par Fr Greg.

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Depuis la nuit des temps l'histoire des pères et des mères prospèrent
Sans sommaire et sans faire d'impairs, j'énumère pêle-mêle, Pères Mères
Il y a des pères detestables et des mères héroiques
Il a des pères exemplaires et des merdiques
Il y a les mères un peu père et les pères maman
Il y a les pères interimaires et les permanent
Il y a les pères imaginaires et les pères fictions
Et puis les pères qui coopèrent à la perfection
Il y les pères sévères et les mercenaires
Les mères qui interdisent et les permissions
Y'a des pères nuls et des mères extra, or dix mères ne valent pas un père
Même si dix pères sans mère sont du-per (perdu) c'est clair
Y'a des pères et des beaux-pères comme des compères qui coopèrent
Oubliant les comères et les langues de vipère
Il y a les « re-mères » qui cherchent des repères
Refusant les pépères amorphes
Mais les pauvres se récupèrent les expers(ex-pères) du divorce
Il y a les pères outre-mère qui foutent les glandes à ma mère
Les pères primaires, les perfides, les personnels qui ont le mal de mère
Ceux qui laissent les mères vexent et les perplexes
Moi mon père et ma mère sont carément Hors-pairs
Et au milieu de ce récit
Je prends quelques secondes je tampère
Pour dire à mon père et à ma mère merci

Il y une mère candide et un père aimable
Il y une mère rigide et imperméable
Il y a des pères absent et des mères usées
Il y a des mères présentes et des perfusés
Il y a des mères choyées et des mères aimées
Il y a des pères fuyants et des périmés
Il y a la mère interessée et la mère ville
L'argent du père en péril face à la mercantil
Il y a les pensions alimentaires, les « pères credit »
Des pères du week end et des mercredi
Y'a des pères hyper-fort et des mères qui positivent
Ou les coups de blues qui perforent les mères sans pères-pectives
Mais si les persécutés, le père sait quitter
Et si la mère pleure c'est l'enfant qui perd
Mais si la mère tue l'amertume la magie s'eveille
Et au final qu'elle soit jeune ou vielle la mère veille (merveille)
Moi mon père et ma mère sont carément Hors-pairs
Et au milieu de ce récit
Je prends quelques secondes je tampère
Pour dire à mon père et à ma mère merci

Il y a les mères qui desespèrent à cause des amourettes
Perpetuellement à la recherche d'un homme à perpette
Il y a la mère celibataire persuadé de n'etre personne
Et qui attends que dans ses chimères que derriere la porte un père sonne
Il y a les mères soumises et les pères pulsions
Il y a les mères battues et les percussions
Il y a les mères en galère à cause des pervers, des perturbés
Alors il y a la mère qui s'casse si elle est perspicace
En revanche, si le père et la mère s'accoquine et vont se faire mettre si je peux me permettre
La tension est à dix milles ampers
Car quand le père est en mère et que la mère obtepère
C'est la hausse du mercure car le père percute et la mère permute
Le père tend sa perche et la mère se rit de cette performance, de ce perforant impertinent
Elles sont les péripéties du père dur face à l'effet mère (l'ephémère)
Moi mon père et ma mère sont carément Hors-pairs
Et au milieu de ce récit
Je prends quelques secondes je tampère
Pour dire à mon père et à ma mère merci

      Grand corps malade.

 

 

 

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Dernière heure à Rome

2 Janvier 2014, 17:06pm

Publié par Fr Greg.

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L’apôtre Jean définit le temps présent avec précision : « La dernière heure est arrivée » (1 Jn 2, 18). Cette affirmation veut signifier que, par la venue de Dieu dans l’histoire, nous sommes déjà dans les « derniers temps », après quoi, le passage final sera la seconde venue définitive du Christ. Naturellement, on parle ici de la qualité du temps, pas de sa quantité. Avec Jésus la « plénitude » du temps est arrivée, plénitude de sens et de salut. Il n’y aura plus de nouvelle révélation, mais la manifestation plénière de ce que Jésus a déjà révélé.

C’est dans ce sens que nous sommes dans la « dernière heure » : chaque moment de notre vie n’est pas provisoire, mais définitif et chacune de nos actions est chargée d’éternité ; de fait, la réponse que nous donnons aujourd’hui à Dieu qui nous aime en Jésus-Christ, a une incidence sur notre avenir. La vision biblique et chrétienne du temps et de l’histoire n’est pas cyclique, mais linéaire : c’est un chemin qui va vers un accomplissement. Une année qui est passée ne nous conduit donc pas à une réalité qui finit, mais à une réalité qui s’accomplit, c’est un pas supplémentaire vers le but qui est devant nous : un but d’espérance et de bonheur, parce que nous rencontrerons Dieu, la raison de notre espérance et la source de notre allégresse.

Tandis que l’année 2013 arrive à son terme, recueillons comme dans une corbeille les jours, les semaines, les mois que nous avons vécus pour tout offrir au Seigneur. Et demandons-nous, courageusement : comment avons-nous vécu le temps que Lui nous a donné ? L’avons-nous utilisé surtout pour nous-mêmes, pour nos intérêts, ou avons-nous su le dépenser aussi pour les autres ? Combien de temps avons-nous réservé pour « demeurer avec Dieu », dans la prière, dans le silence, dans l’adoration ?...

Et pensons aussi, nous, citoyens romains, à cette ville de Rome. Que s’est-il passé cette année ? Que se passe-t-il et que se passera-t-il ? Quelle est la qualité de la vie dans cette ville ? Cela dépend de nous tous ! Quelle est la qualité de notre « citoyenneté » ? Cette année, avons-nous contribué, à notre mesure, à la rendre plus vivable, ordonnée, accueillante ? De fait, le visage d’une ville est comme une mosaïque dont les tesselles sont tous ceux qui y habitent. Certes, qui est investi d’une autorité à une responsabilité majeure, mais chacun est co-responsable, Rome est une ville d’une beauté unique. Son patrimoine spirituel et culturel est extraordinaire. Et pourtant, à Rome aussi, il y a tant de personnes marquées par des misères matérielles et morales, des personnes pauvres, malheureuses, souffrantes, qui interpellent la conscience non seulement des responsables publics, mais de tout citoyen. A Rome on ressent peut-être de façon plus forte ce contraste entre l’environnement majestueux et riche de beauté artistique, et le malaise social de ceux qui ont plus de mal. Rome est une ville pleine de touristes, mais aussi pleine de réfugiés. Rome est pleines de gens qui travaillent mais aussi de personnes qui ne trouvent pas de travail ou font des travaux sous-payés et parfois indignes ; et tous ont le droit d’être traités avec la même attitude d’accueil et d’équité, parce que chacun est porteur de la dignité humaine.

C’est le dernier jour de l’année. Que ferons-nous, comment agirons-nous l’an prochain, pour rendre notre ville un peu meilleure ? La Rome de l’année nouvelle aura un visage plus beau encore si elle est encore plus riche en humanité, hospitalité, accueil ; si nous sommes tous attentifs et généreux envers ceux qui se trouvent en difficulté ; si nous savons collaborer avec un esprit constructif et solidaire pour le bien de tous. La Rome de l’année nouvelle sera meilleure si personne ne la regarde « de loin », comme une carte postale, ne regarde sa vie que « du balcon », sans s’impliquer dans les nombreux problèmes humains, des problèmes d’hommes et de femmes qui, à la fin … et depuis le début, que nous le voulions ou pas, sont nos frères.

Rendons grâce pour tous les bienfaits que Dieu a accordés, et surtout pour sa patience et pour sa fidélité, qui s’est manifestée au cours des temps, mais de façon singulière à la plénitude des temps, quand « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme » (Gal 4,4).

Que la Mère de Dieu, dans le nom de laquelle nous commencerons demain une nouvelle étape de notre pèlerinage terrestre, nous enseigne à accueillir le Dieu fait homme, afin que chaque année chaque mois, chaque jour soit plein de son Amour éternel.

 

François, Pape.

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Tristesse et désolation aux Philippines

10 Novembre 2013, 20:52pm

Publié par Fr Greg.

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La catastrophe causée par le passage vendredi du typhon géant Haiyan aux Philippines est un drame sans précédent, vu son ampleur. Plusieurs pays et organisations internationales ont -enfin- proposé leur aide.

En ce dimanche, associons aussi nos voix, notre prière pour nos frères et amis philippins éprouvés.

 

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Deux jours après le passage d’un des typhons les plus violents de l’année dans le monde et l’un des plus forts à jamais avoir atteint les terres depuis des décennies, les secours ont beaucoup de mal à s’organiser faute de moyens de communication opérationnels et le bilan des pertes humaines ne cesse de s’alourdir.

 

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Le gouvernement philippin parle de plus de 10 000 morts actuellement et plus de 2000 disparus.

 

Des amis partis chercher leur familles sur l'île de Tacloban, ont rencontrés ce dimanche des centaines d'habitants qui n'avaient pas dormi depuis vendredi, qui avaient tout perdu, absolument tout et qui cherchaient déséspérement de quoi manger... 

 

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Le loin-près...

25 Août 2013, 03:31am

Publié par Fr Greg.

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..Ce nom que toutes les femmes pourraient donner à leur mari : le loin-près.

Ni jamais là, ni jamais ailleurs, ni jamais absent, ni vraiment présent !

 

La douleur est dans la vie des femmes comme un chat qui se faufile entre leurs jambes quand elles repassent le linge, refont les lits, ouvrent les fenêtres, épluchent une pomme. Un chat qui parfois leur prend le cœur, l’envoie rouler à plusieurs mètres, le reprend dans ses griffes, en joue comme d’une souris mourante. Ce chat est dans la vie des femmes même quand il les laisse en paix. Elles savent qu’il est là, dans un coin. Elles ne l’oublient jamais. Jusque dans la joie elles l’entendent respirer, comme on perçoit le chant d’une source sous tous les bruits de la forêt.

 

Les hommes ne laissent pas la souffrance séjourner en eux. A peine l’ont-ils devinée qu’ils l’expulsent en violence, en colère, en travaux… »

 

Christian Bobin. Le Très-bas.

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Es-tu mon ami? Seule question qui purifie le pouvoir religieux de son pharisaïsme!

23 Mai 2013, 22:13pm

Publié par Fr Greg.

 

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Ce soir, l’autel de la Confession devient ainsi notre lac de Tibériade, sur les rives duquel nous réécoutons le magnifique dialogue entre Jésus et Pierre, avec cette question adressée à l’apôtre, mais qui doit résonner dans notre cœur aussi : « M’aimes-tu ? » ; « Es-tu mon ami ? » (cf. Jn 21, 15 sq).

La question est adressée à un homme qui, en dépit de ses solennelles déclarations, s’était laissé prendre par la peur et qui avait renié. « M’aimes-tu ? » ; « Es-tu mon ami ? ». Cette question s’adresse à chacun de nous : si nous évitons d’y répondre avec trop d’empressement et de manière superficielle, elle nous pousse à regarder en nous, à entrer en nous-mêmes. « M’aimes-tu ? » ; « Es-tu mon ami ? ». Celui qui scrute les cœurs (cf. Rm 8, 27) se fait mendiant d’amour et nous interroge sur l’unique question vraiment essentielle, prémisse et condition pour paître ses brebis, ses agneaux, son Église. Tout ministère se fonde sur cette intimité avec le Seigneur ; vivre avec lui, telle est la mesure de notre service ecclésial, qui s’exprime dans notre disponibilité à l’obéissance, à l’abaissement et au don total (cf. Ph 2, 6,11).

Du reste, la conséquence de notre amour du Seigneur est de tout donner, vraiment tout, jusqu’à notre vie, pour lui : c’est ce qui doit distinguer notre ministère pastoral ; c’est le papier tournesol qui dit avec quelle profondeur nous avons embrassé le don reçu en répondant à l’appel de Jésus et à quel point nous sommes liés aux personnes et aux communautés qui nous ont été confiées. Nous ne sommes pas l’expression d’une structure ou d’une nécessité d’organisation : même à travers notre service de l’autorité, nous sommes appelés à être le signe de la présence et de l’action du Seigneur ressuscité, et donc à édifier la communauté dans la charité fraternelle.

Ce n’est pas quelque chose d’acquis : en effet, s’il n’est pas continuellement nourri, même l’amour le plus grand s’affaiblit et s’éteint. Ce n’est pas pour rien que l’apôtre met en garde : « Soyez attentifs à vous-mêmes, et à tout le troupeau dont l'Esprit Saint vous a établis gardiens pour paître l'Église de Dieu, qu'il s'est acquise par le sang de son propre fils » (Ac 20, 28). Par manque de vigilance, nous le savons, le Pasteur devient tiède ; il est distrait, oublieux et même intolérant ; il se laisse séduire par la perspective d’une carrière, les flatteries liées à l’argent et les compromis avec l’esprit du monde ; il devient paresseux, se transformant en fonctionnaire, en clerc de l’État davantage préoccupé de lui-même, de l’organisation et des structures que du vrai bien du peuple de Dieu. On court alors le risque, comme l’apôtre Pierre, de renier le Seigneur, même si, formellement, on se présente et on parle en son nom ; on offusque la sainteté de notre mère, l’Église hiérarchique, en limitant sa fécondité.

Mes frères, qui sommes-nous devant Dieu ? Quelles sont nos épreuves ? Que nous dit le Seigneur à travers elles ? Sur quoi nous appuyons-nous pour les dépasser ? Comme pour Pierre, la question insistante et affligée de Jésus peut nous faire souffrir et nous rendre davantage conscients de la faiblesse de notre liberté, menacée par mille conditionnements internes et externes, qui souvent suscitent en nous désarroi, frustration, et même incrédulité.

Ce ne sont certainement pas ces sentiments et ces attitudes que le Seigneur entend susciter : c’est plutôt l’ennemi, le diable, qui en profite pour isoler dans l’amertume, la plainte et le découragement. Jésus, le bon Pasteur, n’humilie pas et n’abandonne pas aux remords ; en lui parle la tendresse du Père qui console et relance ; il fait passer de la désagrégation de la honte au tissu de la confiance ; il redonne courage, confie à nouveau une responsabilité, envoie en mission. Pierre, purifié au feu du pardon, peut dire humblement « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime » (Jn, 21, 17). Dans sa Première lettre, il nous exhorte à paître « le troupeau de Dieu […] veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec l'élan du cœur ;non pas en faisant les seigneurs à l'égard de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau » (1 P 5, 2-3).

Oui, être des pasteurs signifie croire chaque jour dans la grâce et dans la force qui nous viennent du Seigneur, malgré notre faiblesse, et assumer jusqu’au bout la responsabilité de marcher devant le troupeau, dégagés des poids qui entravent un sain empressement apostolique, et en le guidant sans hésitations pour que notre voix soit reconnaissable par ceux qui ont embrassé la foi comme par ceux qui « ne sont pas [encore] de cet enclos » (Jn 10, 16) ; nous sommes appelés à faire nôtre le rêve de Dieu, dont la maison n’exclut personne ni aucun peuple, comme l’annonçait prophétiquement Isaïe (cf. Is 2, 2-5).

C’est pourquoi, être des pasteurs veut aussi dire se disposer à marcher au milieu du troupeau et derrière lui, en étant capables d’écouter le récit silencieux de ceux qui souffrent et de soutenir le pas de celui qui craint de ne pas y arriver, attentifs à relever, à rassurer et à redonner espérance. Quand nous partageons avec les humbles, notre foi en ressort toujours fortifiée ; laissons donc de côté toute forme d’arrogance, pour nous pencher sur ceux que le Seigneur a confiés à notre sollicitude. Parmi ceux-ci, réservons une place particulière à nos prêtres ; que notre cœur, notre main et notre porte restent ouverts pour eux surtout, en toutes circonstances.

Chers frères, la profession de foi que nous allons maintenant renouveler ensemble n’est pas un acte formel, mais il s’agit de renouveler notre réponse au « Suis-moi » par lequel se termine l’Évangile de Jean (21, 19) : cela nous conduit à déployer notre vie selon le projet de Dieu, en engageant tout notre être pour le Seigneur Jésus. C’est de là que jaillit ce discernement qui connaît les pensées, les attentes et les besoins des hommes de notre temps, et qui les prend en charge.

Dans cet esprit, je remercie de tout cœur chacun de vous pour votre service, et je vous dépose sous le manteau de Marie, Notre Dame.

Mère du silence, gardienne du mystère de Dieu, libère-nous de l’idolâtrie du présent à laquelle se condamne celui qui oublie. Purifie les yeux des pasteurs avec le collyre de la mémoire et nous retournerons à la fraîcheur des origines, pour une Église priante et pénitente. Mère de la beauté, qui fleurit dans la fidélité au travail quotidien, réveille-nous de la torpeur de la paresse, de la mesquinerie et du défaitisme. Revêt les pasteurs de cette compassion qui unifie et qui intègre, et nous découvrirons la joie d’une Église servante, humble et fraternelle. Mère de la tendresse, qui enveloppe de patience et de miséricorde, aide-nous à brûler les tristesses, impatiences et rigidités de ceux qui ne connaissent pas d’appartenance. Intercède auprès de ton Fils pour que nos mains, nos pieds et nos cœurs soient agiles, et nous édifierons l’Église dans la vérité et la charité. Et nous serons le peuple de Dieu, pèlerin vers le Royaume. Amen.

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News....

15 Mai 2013, 21:30pm

Publié par Fr Greg.

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Pardonnez- nous nos offenses

5 Mai 2013, 01:43am

Publié par Fr Greg.

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" Aimez vos ennemis", "Aimez ceux qui vous ont haïs".

Dans “le Livre de Jonas” le prophète est envoyé par Dieu à Ninive, ville dont les habitants l’ont irrité : "Dis-leur de cesser de pécher s’ils veulent obtenir mon pardon." Mais Jonas ne peut se résoudre à porter cette parole et trouverait plus juste que les coupables soient punis. Ce n’est pas un hasard si la liturgie juive invite à lire publiquement “le Livre de Jonas” à la quatrième des cinq prières du Yom Kippour – le Grand pardon – (la plus importante des fêtes juives), qui rappelle justement qu’il faut apprendre à pardonner. Car le pardon nous permet de reprendre les rênes de notre destin et de reconnaître autrui comme étant toujours susceptible de renouer avec le bien.

 

Le christianisme, lui, érige le pardon en loi. "Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés." Mais, pas plus que le judaïsme, il ne cherche à faire croire à la facilité de cet acte. Quand Pierre vient demander à Jésus combien de fois il doit pardonner à un frère qui lui a causé du tort ("Serait-ce jusqu’à sept fois ?"), Jésus répond : "Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais soixante-dix-sept fois !" Un nombre symbolique qui signale la démesure du pardon et sa proximité avec l’amour absolu.

http://www.psychologies.com

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Découvrir cette présence –cette marque actuelle- de Dieu qui nous « poursuit »

18 Avril 2013, 01:41am

Publié par Fr Greg.

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Dans notre vie nous rencontrons Dieu comme quelqu’un qui nous aime. Nous savons qu’il nous a aimés le premier. Disons, même si ce n’est pas tout à fait juste, que Dieu nous attend, en ce sens que son amour pour nous, étant éternel, existe depuis toujours, et pour toujours. Dieu nous a aimés de toute éternité, et il a créé notre âme par pur amour ; il nous a fait ce don incroyable par pur amour. Alors, quand vous comprenez que vous avez une âme spirituelle, qu’il y a en vous un trésor silencieux qu’il faut de temps en temps réveiller, et que ce trésor, c’est votre âme, qui vous a été donnée par Dieu et qui est à son image, vous découvrez cette présence –cette marque actuelle- de Dieu qui vous « poursuit ». Dieu vous voit tout le temps, il vous regarde tout le temps, et il s’intéresse tout le temps à vous.

 

Quand on arrive à comprendre cela, et surtout à en vivre, notre vie est complètement changée ; on n’est plus seul, plus jamais seul. Quand on est seul, parfois, on s’ennuie ; mais quand on sait que quelqu’un de bien plus important que nous nous aime, et qu’il nous a aimés avant que nous ne l’aimions, et qu’il continue de nous aimer en attendant notre amour, on n’est plus jamais seul.

 

Quand je vous dis l’avoir rencontré, c’est parce que je touche, dans la foi, dans cette proximité immédiate, que Dieu m’aime, et que Dieu m’aime d’une manière inouïe. Il a créé mon âme, il m’aime, et il attend de moi que je l’aime. Il s’intéresse à moi comme si je lui apportais quelque chose ! Et c’est vrai, il m’aime bien plus qu’une personne humaine qui m’aimerait en attendant de moi un bienfait, quelque chose d’agréable. Dieu m’aime infiniment plus que cela : il m’aime gratuitement, d’un amour éternel.

 

C’est cette présence intime de Dieu qu’il nous faut découvrir progressivement. Nous ne la découvrons pas sensiblement, car Dieu ne se donne pas à nous sensiblement, il ne se rend pas visible. Il est présent bien plus profondément, bien au-delà de ce qui est sensible, et il nous apprend à l’aimer. »

 

MD. Philippe. Conférence sur la prière.

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le trésor le plus précieux de l'amour...

28 Mars 2013, 02:49am

Publié par Fr Greg.

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"On peut donner bien des choses à ceux que l'on aime. Des paroles, un repos, du plaisir.
Tu m'as donné le plus précieux de tout : le manque.

Il m'était impossible de me passer de toi, même quand je te voyais, tu me manquais encore.
Ma maison mentale, ma maison de cœur était fermée à double tour.

Tu as cassé les vitres et depuis, l'air s'y engouffre, le glacé, le brûlant et toutes sortes de clartés.
Tu étais celle-là, tu l'es encore aujourd'hui, celle par qui le manque, la faille, la déchirure entrent en moi pour ma plus grande joie.

C'est le trésor que tu me laisses : manque, faille, déchirure, joie.

Un tel trésor est inépuisable."

Christian Bobin. la plus que vive.

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Ce qu'il y a de terrible dans chaque vie...

25 Mars 2013, 02:14am

Publié par Fr Greg.

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Il y a quelque chose de terrible dans chaque vie. Il y a dans le fond de chaque vie, une chose lourde, dure et âpre. Il faut lui faire place comme au reste. La grâce se paie toujours au prix fort. Une joie infinie ne va pas sans un courage également infini. Encore faut-il consentir ce courage et surtout cette joie. Vivre. S’accommoder de ses contradictions, ne rien gaspiller de ses forces réduire ce qui ne peut l’être, avancer dans la déchirure, avec la déchirure, par la déchirure, et traiter avec l’amour sans intermédiaire. Avec le temps, bien des gens lâchent. Ils disparaissent de leur vivant et ne désirent plus que des choses raisonnables en disant: c’est comme ça, il y a des choses impossibles, il vaut mieux ne pas en parler, ne même plus y penser puisque c’est comme ça , impossible. Et ils commencent par se tuer eux-mêmes, par étrangler toute confiance instinctive, toute liberté donnée de soi soi. Il n’y a qu’ à voir le peu de liberté que chacun s’accorde, cette manière de coller sa respiration à la vitre des conventions, et la buée que cela donne, cet empêchement de vivre et d’aimer. Je craindrais que tu ne bascules de ce côté. Et moi de même d'ailleurs. Quels mots donc que ceux de confiance, de liberté, j’y accolerai encore espérance (qui n’a rien voir avec l’optimisme), et commencements… Personne ne pourra jamais suffire ce besoin d’amour en moi. Personne ne pourra combler l’abîme qui me tient de cœur…. A voir... car je veux simplement ce que toutes les femmes veulent depuis le premier jour du monde : vouloir la liberté et l’amour, vouloir l’amour ouvert dans la liberté, la liberté exercée dans l’amour.

 

Christian Bobin. La plus que vive.

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L'homme-joie...

23 Mars 2013, 02:29am

Publié par Fr Greg.

 

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L'homme-joie est au bord d'être perdu, au bord d'être trouvé... C'est un titre de noble, une figure archétypale de l'homme à venir qui n'existe, en chacun de nous, que par intervalles. La joie dont je parle ici ressemble au sautillement, bref, suspendu, d'une enfant dans des flaques d'eau. Passagère, elle nous traverse le coeur par intermittence. Pourtant, étrangement, elle est plus nous que toute autre chose. L'enfant qui sautille convertit la petite malédiction de la pluie en jubilation, en jeu. Cette joie transforme toute malédiction en gaieté. C'est quelque chose vers lequel nous pouvons tendre, un soleil à venir. Il n'y a pas de règles, pas de recettes. La vie dispose de nous. C'est elle qui fait le travail. Pas nous. Quand cet état d'émerveillement et d'acquiescement à la vie, cette capacité à jouer avec elle, nous tombe dessus, on le sait. La spiritualité est du vif-argent, une floraison étonnante. Elle a de l'insolence, du charme, est toujours imprévue, ne se possède pas. Elle est un printemps hors saison qui pousse dans nos cœurs et qui ne dure qu'un temps. (...)

L'enfer sur terre est monotone et normé, un endroit assez conventionnel. Le paradis est tout sauf convenu. Tout y est sans arrêt nouveau ; d'une nouveauté de fleur de cerisier non commerciale. Chaque instant y est vécu comme étant le dernier.

La vie est un trésor que nous gâchons. Si on regarde ce qui est autour de nous, de plus fragile, de plus banal, nous pouvons y voir quelque chose d'illuminant. Les mères le savent bien. Quand l'une d'entre elles se penche sur le berceau de son tout-petit en train de dormir, elle est une géante qui veille sur la course des étoiles. Ces choses-là, qui ne sont petites qu'en apparence, sont le meilleur de l'existence.

 (...) Le bonheur n'est pas le contraire du malheur. Une vieille gitane a dit un jour que la vie la plus riche est celle où on a beaucoup souffert. Si on entend précisément cette phrase, il n'y a rien de doloriste. C'est juste que la vie qui s'est affrontée le plus à la vie est sans aucun doute la plus heureuse. L'image physique du bonheur serait d'imaginer un rosier injurié par la grêle. Il est dans le réel brut et pur.”

 Christian Bobin. L'homme -Joie

 

 

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l'évangile qui prend le bus...

14 Mars 2013, 11:14am

Publié par Fr Greg.

 

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François, alors Cardinal à Buenos Aires, prenait le bus... 

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Du bout du monde...!!

13 Mars 2013, 22:26pm

Publié par Fr Greg.

 

 

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nous ne sommes faits que de ceux que nous aimons et de rien d'autre...

13 Mars 2013, 03:39am

Publié par Fr Greg.

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La durée amoureuse n'est pas une durée. Le temps passé dans l'amour n'est pas du temps, mais de la lumière, un roseau de lumière, un duvet de silence, une neige de chair douce.


Vous écrivez l'histoire de l'amour pur, l'histoire du deuil de l'amour pur. Il n'y a rien d'autre à écrire, n'est-ce pas. Il n'y a rien d'autre à chanter dans la vie que l'amour enfui dans la vie. Vous n'écrivez pas pour retenir. Vous écrivez comme on recueille le parfum d'une fleur vers sa mort, sans pouvoir la guérir, sans savoir enlever cette tache brune sur un pétale, comme une trace de morsure minuscule - des dents de lait, mortelles.


Dans le chant, la voix se quitte : c'est toujours une absence que l'on chante. Le temps de chanter est la claire confusion de ces deux saisons dans la vie : l'excès et le défaut. Le comble et la perte.

 

On pense qu'on a très peu de temps dans la vie, qu'un an dure comme un sourire, que dix ans passent comme une ombre et que, dans si peu de temps, il ne reste qu'une seule chance, qu'une seule grâce : devancer notre mort dans la légèreté d'un sourire, dans l'errance d'une parole.

 

Il a cinquante ans. C'est l'âge où un homme entreprend l'inventaire de ses biens. C'est quoi réussir sa vie. Ce qu'on gagne dans le monde, on le perd dans sa vie.

 

Il n'y a pas d'apprentissage de la vie. Il n'y a pas plus d'apprentissage de la vie que d'expérience de la mort.

La vérité est sur des tréteaux dans un cercueil encore ouvert. La vérité a le visage d'un mort. C'est un visage retourné comme un gant. Un visage sans dedans ni dehors. Un mort c'est comme une personne. Un mort c'est comme tout le monde. Tout va vers ce visage, comme vers sa perfection. La peur, l'attente, la colère, l'espérance de l'amour et les soucis d'argent, tout va vers ce visage comme vers un dernier mot. Le mort se tait pour dire en une seule fois. Le mort dit vrai en ne disant plus et si, sur lui, l'on jette tant de silence, c'est pour ne rien entendre.

Christian Bobin.

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Nous ne possédons que ce qui nous échappe et se nourrit de notre amour

12 Mars 2013, 03:38am

Publié par Fr Greg.

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Il faut d'abord dire "je". C'est difficile, c'est comme se perdre dans la forêt, loin des chemins, c'est comme sortir de maladie, de la maladie des vies impersonnelles, des vies tuées. Ensuite, il faut dire "vous". La souffrance peut aider - la souffrance d'un bonheur, la jalousie, le froid, la candeur d'une saison sur la vitre du sang. Tout peut aider en un sens à dire "vous", tout ce qui manque et qui est là, sous les yeux, dans l'absence abondante.


L'émerveillement n'est pas l'oubli de la mort, mais la capacité de la contempler comme tout le reste, comme l'amer et le sombre : dans la brûlure d'une première fois, dans la fraîcheur d'une connaissance sans précédent.

 

La fin de l'enfance est sans histoire. C'est une mort inaperçue de celui qu'elle atteint. C'est la plus grande énigme dans la vie, comme l'épuisement d'une étoile dont l'éclat ne cesse plus de ravir toutes vos heures, jusqu'à la dernière.

 

Il n'y a ni futur ni passé dans la vie. Il n'y a que du présent, qu'une hémorragie éternelle de présent.


Nous n'avons guère plus de prise sur notre vie que sur une poignée d'eau claire. Nous ne possédons que ce qui nous échappe et se nourrit de notre amour : un arbre dans le songe, un visage dans le silence, une lumière dans le ciel. Le reste n'est rien. Le reste c'est tout ce qu'on jette dans les jours de colère, dans les heures de rangement. Il y a ceux qui jettent. Il y a ceux qui gardent. Il y a ceux qui régulièrement mettent leur maison à sac, ou le réduit d'une mémoire, le recoin d'un amour. Ils mettent de l'ordre. Ils mettent le vide, croyant mettre de l'ordre. Ils jettent. C'est une manière de funérailles, une façon d'apprivoiser l'absence - comme de ratisser le gravier d'un chemin par où mourir viendra. Et il y a ceux qui gardent. Ils entassent dans un tiroir, dans une parole, dans un amour. Ils ne perdent rien. Ils disent : on ne sait jamais. Même s'ils savent, ils ne savent jamais. Même s'ils savent que jamais ils ne reviendront aux lettres anciennes, aux boîtes rouillées, aux vieux médicaments et aux vieilles amours. Tant pis, ils gardent.

Christian Bobin

 

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La femme, la vivante...

10 Mars 2013, 01:15am

Publié par Fr Greg.

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Les hommes sont des petits garçons obéissants.

Ils vivent comme on leur a appris à vivre.

Quand le temps est venu de quitter leur mère, ils disent:

d’accord mais il me faut une femme,

j’ai droit à une certaine quantité de femme rien qu’à moi,

il me faut une femme dans mon lit, à ma table,

une mère pour mes enfants et pour moi qui resterai inguérissable de mon enfance.

Et parce qu’il leur semble que le meilleur moyen de tenir une femme, c’est encore de l’épouser, alors ils épousent et prennent le mariage comme un fléau de plus, une corvée inévitable comme celle du travail salarié ou des courses à faire le samedi.

Quand ils ont leur femme, ils n’y pensent plus.

Ils jouent avec un ordinateur, réparent une étagère, passent la tondeuse dans le fond du jardin.

C’est leur manière de se reposer d’une vie vécue comme une intempérie.

C’est leur manière de partir sans partir. Avec le mariage quelque chose finit pour les hommes.

 

Pour les femmes, c’est l’inverse : quelque chose commence.

Dès l’adolescence les femmes vont droit à leur solitude.

Elles y vont si droit qu’elles l’épousent. La solitude peut-être un abandon et elle peut être une force.

Dans le mariage les femmes découvrent les deux. Le mariage est une histoire très souvent voulue par les femmes et par elles seules, rêvée en profondeur par elles seules, portée par elles seules, ce qui fait que parfois elles se lassent et désertent : quitte à être seules, autant l’être pleinement.

Lorsqu’on entre dans un lien, quel qu’il soit, on en connaît tout à l’avance.

Il suffit de voir une personne passer une porte, de regarder la manière qu’elle à de voyager avec son âme pour tout deviner d’elle, passé, présent, avenir.

Ce que les présences donneront plus tard, elles le donnent immédiatement.

Alors qui épouse-t-on lorsqu’on épouse ?

Qu’y a –t-il dans le cœur d’une mariée ?

Des siècles de théologie ou de psychanalyse m’éclairent là-dessus beaucoup moins qu’une chanson d’Edith Piaf.

C’est une chanson de quatre sous et ces quatre sous valent de l’or.

C’est une chanson qui dit l’évidence – une femme amoureuse oublie tout même ce qu’elle sait de l’amour:

Non, rien de rien, non, je ne regrette rien, ni le bien qu’on m’a fait, ni le mal, tout çà m’est bien égal, non, rien de rien, je ne regrette rien, car ma vie, car mes joies, aujourd’hui, çà commence avec toi.

Christian Bobin. La plus que vive.

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