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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

evangile du dimanche

Que votre cœur ne se trouble pas !

22 Mai 2011, 04:20am

Publié par Father Greg

 

« Que votre cœur ne se trouble pas ! Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. »

 

virgin-mary-annunciate-1433.jpg-xlMedium.jpg Il faut que cette parole de Jésus soit très vivante et très actuelle dans notre cœur : Jésus ne cesse de nous dire cela, et il veut qu’aucun trouble, qu’aucune angoisse, qu’aucune agitation ne nous ébranle ! C'est devenu la prière quotidienne de Thérèse d’Avila « Que RIEN ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout, celui qui possède Dieu ne manque de rien. Dieu seul suffit ! » . Et le grand moyen de ne plus être troublé, c’est de croire en lui, c’est-à-dire de demeurer dans ce contact vivant et immédiat avec lui : car dans la foi il n’y a aucune distance entre lui et moi !

 

Et dans ce contact, il faut lui mendier qu'il nous fasse entendre nous dire : « Je te prépare une place…et de nouveau je viens pour te prendre près de moi » C’est cela qui nous permet de ne pas être troublé, délivré de toutes angoisses : Jésus se sert de tout ce qui nous arrive : rien de notre vie ne lui échappe ; et il s’en sert pour nous préparer ce repos, cette place de choix. On dépasse toutes angoisses, tous repliements sur soi en cherchant à vivre de cette place unique que Jésus nous a acquis. Jésus nous aime bien plus que nous-même : Il nous aime à sa mesure, selon son don. Il nous regarde, chacun, comme celui à qui il donne tout, puisqu’il est pour nous, et en cela Le Père est à nous : « Qui me voit, voit le Père ! » Celui qui est TOUT, Celui qui est LA REALITE est à nous, personnellement, immédiatement !!! Et le chemin pour y 'arriver', c’est Jésus !

 

Ne plus être atteins par aucun trouble, c’est donc choisir d’aimer, de vivre de quelqu'un qui dans sa personne est source pour nous, nous attire; L’amour nous rend ainsi accueil, attente, relatif, dépendant. Le chemin c'est d’être tout relatif à Jésus, de chercher à vivre de Lui en tout, de ne pas lâcher sa main.  Et Jésus nous donne la charité fraternelle, ces liens personnels privilégiés, pour nous apprendre concrètement à vivre de lui, par celui qu’il met auprès de nous. Le trouble vient toujours de ce qu’on est relatif à notre efficacité, aux résultats, à nous-même. La grande libération c’est d’aimer, de toucher qu’un autre est pour nous dans tout ce qu’il est, et alors de ‘tout’ attendre de lui : que notre joie soit l’autre dans sa personne !

 

Jésus, c’est l’ami qui est en attente de me prendre près de lui, dans sa présence. Il veut qu’on donne tout ce qui est encore nous, nos œuvres, pour qu’il nous prenne, qu’il nous mette auprès de Lui. « Maintenant je viens et je vous prend près de moi, afin que, là où je suis, vous aussi, vous soyez »

Fr Grégoire.

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Jésus, ami des hommes...

16 Mai 2011, 05:21am

Publié par Father Greg

« Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent »

 

Christ_Philadelphie-c270b-85016.jpgCe qui caractérise Jésus, bon pasteur des brebis, c'est qu'Il les connait de l'intérieur, comme celles qu'il garde d'une manière unique ! Il me connait, parce que je suis sa brebis ! Nous sommes ceux qui appartiennent à Jésus. D’une appartenance d’amour. Il y a entre lui et nous un secret de lumière et d'amour. Mais, il nous ‘connait’, cela veut dire qu’il nous regarde comme ceux dont il est totalement responsable, ceux dont il a la charge ! C’est donc une connaissance qui n’écrase pas, qui redonne vie, et qui assume tout ce que l’on fait ! Et il veut qu'on sache comment il nous regarde, qui nous sommes pour Lui.

 

En effet, parce que c’est une connaissance d'amour, elle réclame d’être réciproque, mutuelle, comme toute connaissance d'amour. Le propre de la connaissance affective -cette connaissance fruit de l’amour de l’aimée et de l’aimant- est d'être réciproque, alors que la connaissance rationnelle ou spéculative ne l'est pas. On ne peut pas dire que ce que l’on mesure, ce que l’on possède du réel, nos connaissances conceptuelles impliquent la réciprocité ! Elles ne sont qu’une certaine possession du réel ! Elles nous font rester en nous. Or, la connaissance affective réclame la réciprocité, une réciprocité connue des amis: on connait l'autre comme quelqu’un qui aime en nous quelqu'un qui l'aime.

 

L’ami c’est celui que j'atteind, que je découvre en l’aimant; non seulement comme celui qui m’attire, mais je sais qu’il me regarde, qu’il me reçoit comme quelqu’un qui m’aime. Je ne le connais pas seulement comme mon bien, celui qui dans sa bonté m’attire et actue en moi ce qu’il y a de plus secret, mais j’aime quelqu’un qui m’aime ; La connaissance est réciproque à cause de l'amour : parce que l’autre m’aime et qu’il m’ouvre ce qui est le plus lui-même, alors, je le connais comme celui qui m’accueille dans ce que j’ai de plus moi-même. Alors, j’aime en l’ami quelqu’un qui m’aime en acte....


Cette connaissance affective est une connaissance source d’amour, différente de la communication des secrets où l’on révèle son cœur à celui qu’on aime. C’est un nouveau toucher, une nouvelle connaissance de l’autre dans l’amour qui nous connaturalise à l’autre.

 

Cette connaissance dans l’amour est comme un regard : quand on aime quelqu’un on le regarde, c’est impossible autrement, et plus on l’aime, plus on veut voir l’ami. «  Fais-moi voir ton visage » Cantique des cantiques. 2,14. « Reviens que nous te regardions… » Cts, 7,1/ 1,15. « Maintenant vous êtes tristes, mais de nouveaux je vous verrais et votre cœur sera dans la joie ». Jn 16,22.

 

L’amour réclame la connaissance pour aimer davantage : on aime d’une manière plus profonde ce qu’on connaît. Cette connaissance réalise ce que St Thomas appelle une ‘coaptatio’: les amis sont en même temps un dans l’amour par leur choix, et autres dans leurs êtres; donc ils sont par l'amour qu'ils partagent, tout en étant deux êtres: une unité sans fusion.

 

C’est cela ce que Jésus désire pour nous. Il est pour nous l'ami lorsque l’on connait comment il nous regarde et que l'on sait qu'il aime que l'on cherche à connaitre et à se reposer dans le regard qu'il pose sur nous ; Jésus aime que l’on cherche à voir comment il nous regarde, comment il nous porte, comment il est vers nous ; Et c’est là où nous atteignons déjà un certain repos, ces ‘eaux tranquilles’, lorsque l'on se sait aimé -d’une certitude affective- possédé par lui, regardé comme celui à qui il donne tout, celui pour qui il a tout acquis.

 

Fr Grégoire.


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Bienheureux Jean-Paul II

2 Mai 2011, 06:04am

Publié par Father Greg

Chers frères et sœurs !

 

Jean-Paul-II-beatifie-devant-un-million-et-demi-de-pelerinsIl y a six ans désormais, nous nous trouvions sur cette place pour célébrer les funérailles du Pape Jean-Paul II. La douleur causée par sa mort était profonde, mais supérieur était le sentiment qu'une immense grâce enveloppait Rome et le monde entier : la grâce qui était en quelque sorte le fruit de toute la vie de mon aimé Prédécesseur et, en particulier, de son témoignage dans la souffrance. Ce jour-là, nous sentions déjà flotter le parfum de sa sainteté, et le Peuple de Dieu a manifesté de nombreuses manières sa vénération pour lui. C'est pourquoi j'ai voulu, tout en respectant la réglementation en vigueur de l'Église, que sa cause de béatification puisse avancer avec une certaine célérité. Et voici que le jour tant attendu est arrivé ! Il est vite arrivé, car il en a plu ainsi au Seigneur : Jean-Paul II est bienheureux !

 

Ce dimanche est le deuxième dimanche de Pâques, que le bienheureux Jean-Paul II a dédié à la Divine Miséricorde. C'est pourquoi ce jour a été choisi pour la célébration d'aujourd'hui, car, par un dessein providentiel, mon prédécesseur a rendu l'esprit justement la veille au soir de cette fête. Aujourd'hui, de plus, c'est le premier jour du mois de mai, le mois de Marie, et c'est aussi la mémoire de saint Joseph travailleur. Ces éléments contribuent à enrichir notre prière et ils nous aident, nous qui sommes encore pèlerins dans le temps et dans l'espace, tandis qu'au Ciel, la fête parmi les Anges et les Saints est bien différente ! Toutefois unique est Dieu, et unique est le Christ Seigneur qui, comme un pont, relie la terre et le Ciel, et nous, en ce moment, nous nous sentons plus que jamais proches, presque participants de la Liturgie céleste.

 

« Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. » (Jn 20,29). Dans l'Évangile d'aujourd'hui, Jésus prononce cette béatitude : la béatitude de la foi. Elle nous frappe de façon particulière parce que nous sommes justement réunis pour célébrer une béatification, et plus encore parce qu'aujourd'hui a été proclamé bienheureux un Pape, un Successeur de Pierre, appelé à confirmer ses frères dans la foi. Jean-Paul II est bienheureux pour sa foi, forte et généreuse, apostolique. Et, tout de suite, nous vient à l'esprit cette autre béatitude : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t'est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 16, 17). Qu'a donc révélé le Père céleste à Simon ? Que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Grâce à cette foi, Simon devient « Pierre », le rocher sur lequel Jésus peut bâtir son Église. La béatitude éternelle de Jean-Paul II, qu'aujourd'hui l'Église a la joie de proclamer, réside entièrement dans ces paroles du Christ : « Tu es heureux, Simon » et « Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. ». La béatitude de la foi, que Jean-Paul II aussi a reçue en don de Dieu le Père, pour l'édification de l'Église du Christ.

 

le-pape-Jean-Paul-II_scalewidth_630.jpgCependant notre pensée va à une autre béatitude qui, dans l'Évangile, précède toutes les autres. C'est celle de la Vierge Marie, la Mère du Rédempteur. C'est à elle, qui vient à peine de concevoir Jésus dans son sein, que Sainte Élisabeth dit : « Bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! » (Lc 1, 45). La béatitude de la foi a son modèle en Marie et nous sommes tous heureux que la béatification de Jean-Paul II advienne le premier jour du mois marial, sous le regard maternel de Celle qui, par sa foi, soutient la foi des Apôtres et soutient sans cesse la foi de leurs successeurs, spécialement de ceux qui sont appelés à siéger sur la chaire de Pierre. Marie n'apparaît pas dans les récits de la résurrection du Christ, mais sa présence est comme cachée partout : elle est la Mère, à qui Jésus a confié chacun des disciples et la communauté tout entière. En particulier, nous notons que la présence effective et maternelle de Marie est signalée par saint Jean et par saint Luc dans des contextes qui précèdent ceux de l'Évangile d'aujourd'hui et de la première Lecture : dans le récit de la mort de Jésus, où Marie apparaît au pied de la croix (Jn 19, 25) ; et au début des Actes des Apôtres, qui la montrent au milieu des disciples réunis en prière au Cénacle (Ac 1, 14).

 

La deuxième Lecture d'aujourd'hui nous parle aussi de la foi, et c'est justement saint Pierre qui écrit, plein d'enthousiasme spirituel, indiquant aux nouveaux baptisés les raisons de leur espérance et de leur joie. J'aime observer que dans ce passage, au début de saPremière Lettre, Pierre n'emploie pas le mode exhortatif, mais indicatif pour s'exprimer ; il écrit en effet : « Vous en tressaillez de joie, Sans l'avoir vu vous l'aimez ; sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d'une joie indicible et pleine de gloire, sûrs d'obtenir l'objet de votre foi : le salut des âmes. » (1 P 1, 6. 8-9). Tout est à l'indicatif, parce qu'existe une nouvelle réalité, engendrée par la résurrection du Christ, une réalité accessible à la foi. « C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille à nos yeux », les yeux de la foi.

 

750363b0-73f5-11e0-bb9a-e2ebdd76b865Chers frères et sœurs, aujourd'hui, resplendit à nos yeux, dans la pleine lumière spirituelle du Christ Ressuscité, la figure aimée et vénérée de Jean-Paul II. Aujourd'hui, son nom s'ajoute à la foule des saints et bienheureux qu'il a proclamés durant les presque 27 ans de son pontificat, rappelant avec force la vocation universelle à la dimension élevée de la vie chrétienne, à la sainteté, comme l'affirme la Constitution conciliaire Lumen gentium sur l'Église. Tous les membres du Peuple de Dieu - évêques, prêtres, diacres, fidèles laïcs, religieux, religieuses -, nous sommes en marche vers la patrie céleste, où nous a précédé la Vierge Marie, associée de manière particulière et parfaite au mystère du Christ et de l'Église. Karol Wojtyła, d'abord comme Évêque Auxiliaire puis comme Archevêque de Cracovie, a participé au Concile Vatican II et il savait bien que consacrer à Marie le dernier chapitre du Document sur l'Église signifiait placer la Mère du Rédempteur comme image et modèle de sainteté pour chaque chrétien et pour l'Église entière. Cette vision théologique est celle que le bienheureux Jean-Paul II a découverte quand il était jeune et qu'il a ensuite conservée et approfondie toute sa vie. C'est une vision qui est synthétisée dans l'icône biblique du Christ sur la croix ayant auprès de lui Marie, sa mère. Icône qui se trouve dans l'Évangile de Jean (19, 25-27) et qui est résumée dans les armoiries épiscopales puis papales de Karol Wojtyła : une croix d'or, un « M » en bas à droite, et la devise « Totus tuus », qui correspond à la célèbre expression de saint Louis Marie Grignion de Montfort, en laquelle Karol Wojtyła a trouvé un principe fondamental pour sa vie : « Totus tuus ego sum et omnia mea tua sunt. Accipio Te in mea omnia. Praebe mihi cor tuum, Maria - Je suis tout à toi et tout ce que j'ai est à toi. Sois mon guide en tout. Donnes-moi ton cœur, O Marie » (Traité de la vraie dévotion à Marie, nn. 233 et 266).

 

Dans son Testament, le nouveau bienheureux écrivait : « Lorsque, le jour du 16 octobre 1978, le conclave des Cardinaux choisit Jean-Paul II, le Primat de la Pologne, le Card. Stefan Wyszyński, me dit : "Le devoir du nouveau Pape sera d'introduire l'Église dans le Troisième Millénaire". Et il ajoutait : « Je désire encore une fois exprimer ma gratitude à l'Esprit Saint pour le grand don du Concile Vatican II, envers lequel je me sens débiteur avec l'Église tout entière - et surtout avec l'épiscopat tout entier -. Je suis convaincu qu'il sera encore donné aux nouvelles générations de puiser pendant longtemps aux richesses que ce Concile du XXème siècle nous a offertes. En tant qu'évêque qui a participé à l'événement conciliaire du premier au dernier jour, je désire confier ce grand patrimoine à tous ceux qui sont et qui seront appelés à le réaliser à l'avenir. Pour ma part, je rends grâce au Pasteur éternel qui m'a permis de servir cette très grande cause au cours de toutes les années de mon pontificat ». Et quelle est cette « cause » ? Celle-là même que Jean-Paul II a formulée au cours de sa première Messe solennelle sur la place Saint-Pierre, par ces paroles mémorables : « N'ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! ». Ce que le Pape nouvellement élu demandait à tous, il l'a fait lui-même le premier : il a ouvert au Christ la société, la culture, les systèmes politiques et économiques, en inversant avec une force de géant - force qui lui venait de Dieu - une tendance qui pouvait sembler irréversible. Par son témoignage de foi, d'amour et de courage apostolique, accompagné d'une grande charge humaine, ce fils exemplaire de la nation polonaise a aidé les chrétiens du monde entier à ne pas avoir peur de se dire chrétiens, d'appartenir à l'Église, de parler de l'Évangile. En un mot : il nous a aidés à ne pas avoir peur de la vérité, car la vérité est garantie de liberté. De façon plus synthétique encore : il nous a redonné la force de croire au Christ, car le Christ est Redemptor hominis, le Rédempteur de l'homme : thème de sa première Encyclique et fil conducteur de toutes les autres.

 

Karol Wojtyła est monté sur le siège de Pierre, apportant avec lui sa profonde réflexion sur la confrontation, centrée sur l'homme, entre le marxisme et le christianisme. Son message a été celui-ci : l'homme est le chemin de l'Église, et Christ est le chemin de l'homme. Par ce message, qui est le grand héritage du Concile Vatican II et de son « timonier », le Serviteur de Dieu le Pape Paul VI, Jean-Paul II a conduit le Peuple de Dieu pour qu'il franchisse le seuil du Troisième Millénaire, qu'il a pu appeler, précisément grâce au Christ, le « seuil de l'espérance ». Oui, à travers le long chemin de préparation au Grand Jubilé, il a donné au Christianisme une orientation renouvelée vers l'avenir, l'avenir de Dieu, transcendant quant à l'histoire, mais qui, quoi qu'il en soit, a une influence sur l'histoire. Cette charge d'espérance qui avait été cédée en quelque sorte au marxisme et à l'idéologie du progrès, il l'a légitimement revendiquée pour le Christianisme, en lui restituant la physionomie authentique de l'espérance, à vivre dans l'histoire avec un esprit d'« avent », dans une existence personnelle et communautaire orientée vers le Christ, plénitude de l'homme et accomplissement de ses attentes de justice et de paix.


26e2ec38-7269-11e0-a8b5-4e8365636b1dJe voudrais enfin rendre grâce à Dieu pour l'expérience personnelle qu'il m'a accordée, en collaborant pendant une longue période avec le bienheureux Pape Jean-Paul II. Auparavant, j'avais déjà eu la possibilité de le connaître et de l'estimer, mais à partir de 1982, quand il m'a appelé à Rome comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j'ai pu lui être proche et vénérer toujours plus sa personne pendant 23 ans. Mon service a été soutenu par sa profondeur spirituelle, par la richesse de ses intuitions. L'exemple de sa prière m'a toujours frappé et édifié : il s'immergeait dans la rencontre avec Dieu, même au milieu des multiples obligations de son ministère. Et puis son témoignage dans la souffrance : le Seigneur l'a dépouillé petit à petit de tout, mais il est resté toujours un « rocher », comme le Christ l'a voulu. Sa profonde humilité, enracinée dans son union intime au Christ, lui a permis de continuer à guider l'Église et à donner au monde un message encore plus éloquent précisément au moment où les forces physiques lui venaient à manquer. Il a réalisé ainsi, de manière extraordinaire, la vocation de tout prêtre et évêque : ne plus faire qu'un avec ce Jésus, qu'il reçoit et offre chaque jour dans l'Eucharistie.

 

Bienheureux es-tu, bien aimé Pape Jean-Paul II, parce que tu as cru ! Continue - nous t'en prions - de soutenir du Ciel la foi du Peuple de Dieu. [Puis, improvisant, Benoît XVI a ajouté :] Tu nous as béni si souvent depuis cette place. Saint-Père, aujourd'hui nous t'en prions, bénis-nous. Amen.

 

Benoit XVI, homélie de béatification de JPII, Rome 01 Mai 2011.

 

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La Croix, c’est pour être enfanté par Marie...

22 Avril 2011, 06:00am

Publié par Father Greg

 


 

b175549a-cd14-11de-ad25-fe5a6bb892cd.jpgJean nous dit de Marie qu’il la « prit chez lui », mais il ne nous dit pas comment, il ne nous dit pas en quoi cela consiste. (…) Recevoir Marie, prendre Marie, est donc bien un mystère de foi, et non une affaire de dévotion. Et prendre Marie, c’est lui demander constamment d’exercer sur nous en plénitude sa maternité ; car elle ne peut l’exercer que si nous lui demandons.

 

Voilà qui enlève toute espèce d’imagination de solitude, de rêve d’ermitage. Car cela peut arriver. On a des rêves d’ermitage, on pense que si on était seul, on serait contemplatif, ou bien on rêve d’ « une communauté plus contemplative ». ( …) A cela je réponds : « Soyez contemplatifs, et vous ferez la communauté contemplative ». Parce qu’il n’y a pas de communauté contemplative, il n’y a que des contemplatifs.

 

A la croix, Jean est seul, mais d’une solitude qui n’est pas le désert – c’est le moins que l’on puisse dire ! Normalement, le désert est silencieux et il sent bon, parce qu’il y a du vent et qu’il n’y a personne ! La Croix, elle, est le lieu des voix discordantes et aussi, comme le souligne saint Thomas, un lieu « fétide » parce que les cadavres corrompus s’y entassent. Le désert, parfois, fleurit, et c’est merveilleux. Alors on rêve à cela (il y a des gens qui toute leur vie, rêvent d’être dans un autre lieu que celui où ils sont). Le lieu de saint Jean, c’est Marie – un point c’est tout. Il faut que notre foi aille jusqu’au bout de ce réalisme, et donc que toutes les imaginations disparaissent. Les imaginations, ce n’est pas la foi ; et on doit lutter contre tout cela, comme on doit lutter pour que  la sincérité fasse place à la vérité. Quand on imagine on est sincère, oui, sincère avec soi-même, sincère avec son imagination ; mais on n’est pas dans la vérité. La vérité, c’est que Marie est donnée à Jean. La vérité, c’est de recevoir la parole de Jésus : « Voici ta mère ». Et on trouve, auprès de Marie, la solitude la plus totale qui soit. La solitude du désert n’est rien à côté de la solitude du cœur de Marie.

 

La solitude du cœur de Marie, voilà la vraie solitude, pour Jean et pour nous. Et il faut avoir le courage d’y entrer. Je dis bien « le courage », parce que la foi est toujours une épreuve. Pourquoi esquive-t-on la foi ? Pourquoi s’installe-t-on dans l’imaginaire ? Parce que c’est beaucoup plus facile ! Et on  y est bien : c’est notre imaginaire. Tandis que Marie, on ne peut pas dire que ce soit notre imaginaire : c’est le chef-d’œuvre de Dieu pour nous.

 

Marie est le chef-d’œuvre de Dieu à la Croix. Et elle est le chef-d’œuvre de Dieu, du Père et de l’Esprit Saint, pour nous.(…) Elle est là parce que c’est la volonté du Père, et elle a choisi cette volonté du Père. C’est le calice qu’elle doit boire jusqu’au bout. Voilà la vraie solitude : c’est le calice qu’on doit boire jusqu’au bout, la solitude de l’Agonie, la solitude de la Croix. Dans la solitude de l’Agonie, Marie n’est pas dans le même lieu que Jésus. Elle est seule, et Jésus est seul ; ils ne sont pas présents physiquement l’un à l’autre. A la Croix, ils sont présents l’un à côté de l’autre, mais dans un abîme d’adoration. Or quand on adore, on est toujours seul ; et quand on adore à la Croix, on n’est pas  dans une sorte d’union sensible qui réaliserait une fusion ou une identification, comme disent les psychologues. L’unité profonde avec Jésus, c’est dans la foi, l’espérance et la charité, au-delà de la sensibilité. L’Esprit Saint peut nous donner une expérience divine qui se répercute dans notre sensibilité, mais on ne s’y arrête jamais : on est toujours au-delà. Et dans l’adoration, on est dans un abîme de solitude en face de Dieu.

 

Il faut beaucoup demander à l’Esprit Saint de vivre de l’adoration de Marie dans la solitude, dans l’Agonie. L’Agonie n’est pas au niveau psychologique ; elle est au niveau divin, dans la foi, l’espérance et l’amour. (…) Il faut demander à l’Esprit Saint de nous donner l’expérience divine du cœur de Marie qui est notre désert. Une fois qu’on a vécu du cœur de Marie comme étant notre désert, on y revient toujours ; et toutes les nostalgies imaginatives du désert disparaissent, parce que Marie est plus que tout cela. Elle est le désert de Dieu, le désert du Christ.

 

Celle qui nous est donnée, c’est la Femme qui ne fait plus qu’un avec Jésus crucifié. Celle qui est toute tournée vers Jésus et toute tournée vers nous et elle est donnée à chacun d’entre nous d’une façon unique. Recevons-la comme elle nous est donnée, sans loucher comme Caïn qui, louchant sur Abel, oublie d’adorer. Abel, lui, adore, il ne s’occupe pas de Caïn : mais Caïn s’inquiète d’Abel.

 

 

M.D-Philippe, J’ai soif.


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Jésus est dans sa personne, la Résurrection!

11 Avril 2011, 08:05am

Publié par Father Greg

 

 

 

 

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« Moi, je suis la Résurrection et la Vie : celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra, et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » (Jn 11, 25-26). A Marthe qui vient de lui dire : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort », Jésus répond en prononçant cette grande affirmation sur lui-même ; elle est la dernière des sept grandes révélations de sa présence personnelle au milieu des hommes, celle qui, d’une certaine manière, reprend toutes les autres et les unit.

 

Jésus avait affirmé successivement : « Je suis le Pain de vie » (Jn 6, 35) ; « Je suis la lumière du monde » (Jn 8, 12) ; « Je suis » (Jn 8, 28. 58) ; « Je suis la Porte » (Jn 10, 9) ; « Je suis le Bon Pasteur » (Jn 10, 11) ; « Je suis le Fils de Dieu » (Jn 10, 36). Et devant la mort de Lazare : « Je suis la Résurrection et la Vie ». Par là, Jésus donne une lumière ultime sur le sens de sa présence au milieu des hommes par le mystère de l’Incarnation et par le don ultime qu’il nous fait de lui-même dans sa Croix, sa mort et sa résurrection.

 

Jésus nous est donné par le Père comme le Pain du Père : il est celui qui est donné, radicalement donné. Il vient de l’amour même du Père et, dans le mystère de la Croix, il se donne lui-même jusqu’au bout de l’amour.

 

Dans la miséricorde, il est la Lumière du monde : il est la réponse vivante et divine au mal et au péché ; cette lumière s’explicite par le pardon et la miséricorde : un torrent débordé de lumière et d’amour, une source inépuisable, sans limites. Il est notre Dieu: il demeure éternellement, il est Celui qui nous porte dans notre âme, dans notre être même et que nous adorons.

 

Il est Celui par qui nous passons pour avoir la vie, pour accéder au Père: "si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé". Il nous conduit en Bon Pasteur, avec l’autorité et la douceur de Celui qui donne sa vie pour ses brebis : "Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne."

Il est le Fils du Père ; parce qu’il vient du Père et demeure éternellement dans le sein du Père, il est tout entier tourné vers le Père dans l’amour, distinct de lui mais éternellement un avec le Père.

 

Il est Celui dont l’amour est glorieux : un amour substantiel, éternel, qui porte même la mort. La mort de Lazare et sa résurrection sont un signe dont Jésus se sert ; par-là, il nous enseigne à contempler dans sa propre mort la Révélation glorieuse d’un amour plus puissant que la mort. La mort est bien quelque chose d’ultime : en elle, nous touchons le terme de notre vie, le terme de notre itinéraire ici-bas. La sagesse philosophique bute devant ce terme : elle reste au seuil parce que nous n’avons pas l’expérience d’un au-delà de la mort ; et surtout, nous faisons l’expérience que l’amour humain touche là à la limite de son exercice. Même l’amour le plus personnel reste intentionnel : si nous continuons d’aimer quelqu’un qui nous a quittés par la mort, nous ne pouvons cependant plus exercer cet amour qui, jusqu’alors, était au cœur de notre vie. D’une certaine façon, notre vie se brise avec la mort de nos amis.

 

En Jésus, le terme qu’est la mort peut prendre un  sens nouveau : il se sert de sa mort, parce qu’il est Dieu, pour nous révéler l’amour « jusqu’à la fin » (Jn 13, 1). En Jésus, le terme qu’est la mort n’est plus absurde : elle devient le sceau, le témoignage d’un amour qui n’a pas de limites et se sert de la limite qu’est la mort pour se révéler dans son absolu. « Nul n’a plus grand amour que celui-ci : donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13).

 

Jésus donne sa vie : il offre librement sa mort, pour nous révéler jusqu’où il aime le Père, jusqu’où il est aimé du Père. Et parce que même sa mort n’est pas adéquate pour nous le révéler, au-delà de sa mort, la blessure de son Cœur nous révèlera silencieusement le sanctuaire même de cet amour sans mesure. C’est cela, qu’est la charité, l’agapè, l’amour même dont le Père et le Fils s’aiment dans l’unité de l’Esprit Saint. C’est de cet amour que la Croix glorieuse du Christ est la Révélation pour tous les hommes.

 

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org


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D’où vient le mal ?

4 Avril 2011, 08:00am

Publié par Father Greg

 

« C’est pour un discernement que Je suis venu en ce monde : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. … Si vous dites ‘nous voyons’, alors votre péché demeure… » Jean 9, 39-41

 

 

18237_The_Blind_Beggar_f.jpg L’évangile de ce 4ème Dimanche de Carême jette une très grande lumière sur la Croix du Christ. Une lumière que Jésus révèle lui-même : « Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » (Jn 9, 5).

 

La rencontre de Jésus et de l’aveugle-né était pour les disciples du Christ l’occasion de dépasser ce qui restait pour eux un scandale, une fatalité ou une impasse : le problème du mal. Pourquoi le mal existe-t-il ? Question humaine lancinante. Question religieuse aussi. Question à laquelle la Croix du Christ n’apporte pas une solution logique ou seulement intellectuelle, mais devant laquelle elle se révèle comme une lumière de vie.

 

Pour les disciples, le mal de fait (celui qui nous affecte, que nous subissons et qui nous blesse) ne pouvait exister que comme la punition d’une faute cachée, plus ou moins lointaine. Une faute qu’il serait nécessaire d’expier, dont nous devrions être punis par un Dieu juste ou, à tout le moins, qui devrait être compensée par une peine subie, dans une sorte d’équilibre des forces à rétablir : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » (Jn 9, 2) Vision simpliste d’une justice immanente et fataliste, et vision moralisante d’un Dieu qui serait chargé de faire la police du comportement des hommes.

En réalité, c’est l’interrogation  des  disciples, caractéristique de la recherche indéfinie des hommes, qui est sans solution. Leur interrogation porte sur l’origine : « D’où vient le mal ? » La question demeure souvent la même : « D’où vient le mal, cette privation d’un bien qui nous est normalement dû ? » Nous le subissons et il nous blesse. Mais d’où vient-il ? D’où vient la souffrance, d’où viennent les blessures ? Nous nous débattons avec cette question, elle nous taraude, nous cherchons indéfiniment une solution. Et nous croyons pouvoir la trouver en remontant à l’origine : nous cherchons indéfiniment à remonter au premier moment où ce mal nous a affectés, où il nous a blessés. Nous reconstruisons alors l’itinéraire dans une sorte d’herméneutique et nous cherchons, de ce point hypothétique (est-ce le premier ?), à reconstruire ce qui s’est développé d’une façon déviée en raison, croyons-nous, de ce premier désordre.

 

La question est au cœur de toutes les recherches philosophiques… Le sage Aristote, se confrontant au même problème, butant sur le scandale du mal qui affecte l’homme jusque dans son agir, y répondait avec humilité : « Le mal a des causes infinies en puissance » ; il n’a donc pas de cause propre, il est un désordre dont nous ne pouvons avoir une intelligibilité parfaite. Platon, pour sa part, aurait voulu que la matière soit la réponse à cette question… Mais si la matière est d’une immense fragilité dans sa potentialité radicale, indéfiniment capable d’être changée, elle est pourtant bonne dans son être ; elle n’est pas la cause du mal et le monde matériel n’est pas mauvais.

 

A cette question, Jésus répond en donnant une tout autre lumière : « Ni lui n’a péché, ni ses parents, mais c’est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu » (Jn 9, 3). Au lieu de l’origine (d’où cela vient-il ?), Jésus répond par la finalité (afin que telle chose se réalise). Non pas, évidemment, que le mal soit nécessaire dans un ordre commandé par la finalité… Nous connaissons ces théodicées effroyables qui justifient le mal comme un moment nécessaire dans l’ordre des choses vers leur fin ! Jésus veut nous dire, d’abord, de changer de regard, de nous poser une nouvelle question. Ne veut-il pas nous faire comprendre que nous ne trouverons pas de « solution » tant que nous nous interrogerons sur l’origine du mal? Cela ne signifie pas que nous ne devons pas le combattre et chercher à soulager l’homme qui en est affecté, notamment par l’art médical. Mais un autre regard est possible : le « pourquoi ? » se situe dans une autre lumière, celle de la fin.

 

C’est cette ouverture, cette petite lumière au bout du tunnel, qui nous donne la possibilité d’accueillir la présence salvatrice et miséricordieuse du Christ. Il est venu pour les pauvres, les blessés, les souffrants. Il est venu pour être avec eux, pour les aimer et les porter. Et c’est Lui qui est la lumière : « Tant qu’il fait jour, il nous faut accomplir l’œuvre de celui qui m’a envoyé… Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » (Jn 9, 4-5).

 

Par-là, Jésus ne justifie pas le mal qui nous blesse et il n’exalte en rien la souffrance – il le supprime d’ailleurs chez cet homme aveugle en le guérissant. Mais il montre à l’homme qui supporte ce mal et cette souffrance qu’il lui est possible de voir une autre lumière, de s’ouvrir à une autre présence : la sienne. Jésus est la lumière du monde, celle qui éclaire le monde non seulement en nous pardonnant et en nous relevant de nos fautes, mais celle qui permet de tout offrir dans l’amour et de marcher vers la lumière qui donne son sens plénier à toute notre vie : le mystère du Père riche en miséricorde et en tendresse qui nous attire à lui, dans sa lumière.

 

C’est bien cela aussi qu’est la sagesse de la Croix : cette porte ouverte sur la lumière du Père.

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org

 

 

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Dieu est Esprit...

27 Mars 2011, 14:23pm

Publié par Father Greg

 


francisco-goya-la-laitiere-de-bordeaux.jpg « Crois-moi, femme, l’heure vient ou ce n’est ni sur cette montagne, ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas. Nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des juifs. Mais l’heure vient -et c’est maintenant- ou les véritables adorateurs adoreront le Père dans l’Esprit et la Vérité, car tel sont les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui adorent c’est dans l’esprit et la vérité qu’ils doivent adorer. » Jean, 4, 21-24.

 

 

« Cette manière dont Jésus répond à la samaritaine est très importante, parce qu’en réagissant face à une discussion liturgique, il nous fait comprendre ce qu’est le véritable œcuménisme : il faut dépasser les querelles. Si Dieu a permis certaines divisions, certains schismes, c’est toujours pour une unité plus profonde. Chaque fois que Dieu permet le mal, c’est pour un plus grand bien.

 

Jésus ne nous demande jamais de revenir en arrière, parce que Dieu est toujours devant. Même quand il y a eu des bêtises, il ne faut pas retourner en arrière. (cf. Genèse, 19, 26 « La femme de Lot regarda en arrière et elle devint une colonne de sel »). Le démon essaye toujours de nous faire perdre du temps dans les querelles liturgiques, ce n’est pas nouveau. Et on oublie que l’essentiel c’est d’adorer. Quand une forme liturgique devient l’absolu, on regarde beaucoup plus la manière d’adorer que l’adoration elle-même –Celui qu’on adore-. […] Cela c’est rester au niveau psychologique –le vécu sensible- or l’adoration est niveau de la foi, et la foi exige toujours un dépassement de notre vécu psychologique. […]


En affirmant que le Salut vient des Juifs Jésus n’est pas partisan, mais il tranche admirablement. Il y a une Tradition profonde, qu’il ne faut pas confondre avec les petites traditions. Les petites traditions sont celles de la mémoire des hommes, liés au temps. La Tradition, c’est la ‘mémoire’ de Dieu : c’est le désir actuel de Dieu - une intention éternelle- se réalisant diversement dans le temps. Dès que nous sommes pour les petites traditions, nous devenons partisans. On peut être partisan d’un style artistique, mais quand il s’agit des choses divines il faut aller beaucoup plus loin. Il ne faut pas alors être des artistes, il faut entrer dans quelque chose de beaucoup plus profond qui est la ‘lame de fond’ de toute notre vie : l’adoration en esprit et en vérité, celle qui se réalise à la croix, ou tout est offert, ou il n’y a plus rien d’extérieur. 

MD Philippe. Suivre l’Agneau, Tome 2.

 

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L’épreuve humaine par excellence…

14 Mars 2011, 15:12pm

Publié par Father Greg

 


rembrandt-tete-du-christ La lumière de ce premier dimanche de carême est capitale, déjà parce qu’elle est la première et qu’elle touche quelque chose de radical.  Aristote dit qu’une petite erreur au point de départ entraîne d’immenses conséquences à l’arrivée.

 

Eve et Jésus font face à une épreuve. Et la lumière est précisément à propos de l’épreuve humaine par excellence, celle à laquelle chacun d’entre nous est confronté. Spécialement à propos de ce qu’est notre bien, de ce qui est bon pour nous, et qui d’une certaine manière nous échappe. En effet, parce que nous existons par un autre, notre bien, ce qui nous achève, n’est pas immédiatement accessible, et se donne à nous d’une manière telle que cela apparaît comme une épreuve pour notre intelligence.

 

Pour Eve, l’interdit apparent de Dieu ‘tu ne mangeras pas du fruit de l’arbre’, et qui donc est pour elle une épreuve, est en fait le signe d’un don qui est de trop, qui touche notre personne dans ce qui l’achève. Et, le péché originel commence quand Eve réduit le commandement de Dieu à quelque chose qu’elle vit ‘négativement’, comme un interdit !

 

Ce qui nous épanoui jusqu’au bout ne peut pas venir de nous. Et, la tentation d’Eve c’est de vouloir s’achever par elle-même, de trouver son bien dans la continuité de ce qu’elle connaît d’elle-même. Le  « vous serez comme des Dieux » c’est de croire que l’on peut connaître et atteindre par soi ce qui est notre bien ultime.

 

Est-ce que ce que l’on est et notre achèvement ultime se fait par soi ou bien par un autre ? Je viens d’un autre et, je ne peux être pleinement moi-même que par un autre. C’est notre expérience dans le travail, coopérant avec la matière ; dans l’amitié : l’autre qui est mon ami achève, et épanoui ce qu’il y a de plus moi-même : ma capacité d’aimer. Et, ultimement la personne humaine ne peut pas achever ce qu’elle est en propre à partir d’elle-même.

 

Et cela c’est une épreuve pour notre nature humaine. Eve, malgré elle, « refuse » ce don en le réduisant à ce qu’elle en vit. Et nous avons la même épreuve. Nous vivons le carême comme si c’était un moment d’efforts efficients, comme si Jésus attendait de nous que nous conquérions une espèce de perfection morale : « vous êtes des pêcheurs, maintenant faîtes des efforts pour vous en sortir »

 

Et alors, on retombe dans l’erreur de vouloir y arriver par nous-même. Ça c’est l’épreuve majeure de chacun d’entre nous. On veut devenir ce que l’on est à force d’efficience, de coups de poignets, et réaliser ce que l’on croit être, et supprimer ce que l’on croit ne pas être le chemin.

 

Et Jésus va au désert pour connaître cet état de fragilité que chacun d’entre nous connaissons à cause du péché originel : on claudique, on est bancal, on a des mouvements d’humeurs, des impatiences, des mouvements d’orgueil, des petits égoïsmes…, tout ça on le porte et notre reflexe c’est un peu d’interpréter la parole de Dieu comme si Dieu disait : « maintenant, mon coco débrouille-toi, fais un effort. »  Or, tant qu’on en reste là, c’est la porte ouverte au désespoir.

 

Là est notre épreuve : pour nous, notre misère, notre péché c’est le lieu de notre épreuve ! Pourquoi ? Parce que le péché c’est négatif, cela semble être un obstacle au don de Dieu, à notre croissance, à notre développement. Alors, nous disons : ‘il faut que je supprime mon péché et ensuite je pourrai entrer dans le royaume des Cieux. Je m’appuie sur moi, je vais y arriver’. Ou, plus subtilement : ‘il faut que je m’abandonne, que je ceci, que je…’ : bref, je je je, moa, moa, moa…. C’est ce que dit le démon à Jésus : ‘Tu es fragile,  tu as faim : vas-y, transforme, fais quelque chose. Ou bien : abandonne toi à ‘la providence en soi’, ou tes limites, dépasse-les en les niant. Tu peux y arriver par toi-même’.

 

Jésus, lorsqu’il apparaît à Ste Faustine, lui dit : « donne-moi ta misère. Ta misère je m’en fais responsable, je m’en occupe. Toi, donne la moi ». Et ça, c’est notre foi. C’est notre baptême. Quand je suis baptisé, ma vie je la remets à Dieu, et elle ne m’appartient plus !

 

C’est curieux, mais il faut se demander si cela a vraiment pris racine en nous, si c’est notre vie ? Aussi, est-ce que la parole de Dieu est vraiment nourriture ? On se dit parfois : « je lis l’écriture et oui, ça me parle ». Or, souvent on réduit la Parole de Dieu à son support. Ce que dit le démon, ce n’est pas précisément la parole de Dieu, mais plutôt son support matériel. La parole de Dieu, c’est la parole venant de la bouche de Dieu, c’est quelqu’un qui me parle maintenant. Tant que je ne l’entends pas pour moi, ce n’est pas la parole de Dieu.

 

Et nous on la réduit à une parole humaine, comme si elle nous donnait des informations. Or, si ma parole exprime quelque chose qui existe avant qu’elle ne le dise, la parole de Dieu, elle, elle est avant la réalité, elle réalise ce qu’elle dit. Si Dieu dit « bougie », une bougie apparaît. La parole de Dieu, c’est Dieu se donnant, réalisant quelque chose de nouveau qui n’existait pas. C’est ça qu’on dit à chaque messe : « Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis une seule parole et je serai guéri » donc : « ta parole, c’est ça qui me guérit !! »

 

Ça c’est toute notre vie chrétienne, c’est tout notre carême. Soit je fais de ma vie chrétienne, avec toutes mes fragilités, mes misères un lieu de combat où j’essaye seul de m’en sortir par moi-même… Et alors, on a le démon qui nous dit: « vas-y, est-ce que tu crois en toi ? » Alors que Jésus nous dit « est-ce que tu choisis de t’appuyer sur moi, est-ce que tu veux te nourrir de moi immédiatement ? » Le salut il est là. Parce que ma pauvreté, ma misère, ce n’est pas un obstacle pour Lui !

 

Or si Dieu permet –ce qui nous apparaît comme- nos misères et nos pauvretés, c’est que ce n’est pas d’abord un problème pour Lui. Mais comme ça empêche notre épanouissement, et que ça nous empoisonne la vie, on essaye alors par nous-même de l’enlever. Non seulement ce n’est pas possible, mais ce n’est pas le problème. Ma misère, c’est le lieu dont Jésus se sert pour me communiquer quelque chose qui est complétement au-delà de ma nature.

 

La vérité, là, c’est de se mettre chacun de nous au désert. Face au plan de Dieu je suis perdu. Et il y a une épreuve. Je dois –face à Dieu seulement- faire l’offrande de mon intelligence, je dois accepter de ne pas comprendre. Et si je réduis ma vie à ce que j’en comprends, je serai constamment d’un cet effort d’efficience, à vouloir y arriver par moi-même et à mesurer ma vie en fonction de mes résultats, en fonction de l’image que je me donne ou que je donne aux autres. C’est ma petite gloire, je m’adore moi-même, je compte sur moi.

 

Ce que Jésus dit dans St Jean: « sans moi vous ne pouvez rien faire » : non pas quelque chose, mais rien. Donc, arrête de t’appuyer sur toi-même. C’est cela ‘L’homme ne vit pas seulement de pain’. C’est quoi le pain ?  C’est le fruit de notre travail. Des efforts, Il faut en faire, c’est bien évident, mais ce n’est pas ça le salut. Et notre misère véritable, c’est de vouloir faire de notre efficience notre salut !

 

Et c’est cela la lumière de la croix. A la croix, Jésus choisit d’être trahi. Ce n’est pas seulement qu’il subit ou reçoit nos fautes, mais c’est un choix -Jésus choisit de souffrir, il choisit le péché de l’homme, ses trahisons- parce qu’il en fait le lieu d’un nouveau don. Et alors, mon péché devient comme habité ! Ma mort, ce qui est vain en moi acquiert une signification divine. Ce qui est en vain devient le lieu que Jésus vient habiter. C’est ça le sacrement de confession : la honte c’est humain. On commence à le vivre chrétiennement quand mon péché devient le lieu que Jésus vient habiter, et qu’il en fait un lieu où il se révèle et nous fait participer à sa fécondité.

 

Notre croix est là, notre épreuve est là, comme pour Eve. Eve était face à quelque chose qu’elle ne comprenait pas et elle a réduit le réel, sa vie à ce qu’elle en ressentait. Elle voulait tout posséder, se faire mesure du réel. Et ça, c’est typiquement français : la rationalisation à outrance.

 

On est ainsi, constamment à vouloir mesurer les choses. Ça montre que les luttes que l’on vit, que Dieu permet, nos disputes dans la vie commune, nos difficultés dans notre travail, nos incapacités à grandir dans l’amour, tous ces lieux, je n’en connais pas la signification aux yeux de Dieu. Nous voulons les effacer alors que c’est un mystère qui ne nous appartient pas. Comme dans la parabole où Dieu sème le bon grain et que l’ennemi sème la mauvaise graine, que nous voulons arracher ; or le maître dit : « laisse pousser jusqu’à la moisson, ce n’est pas ton problème ».

 

Jésus répète ça encore différemment dans l’évangile lorsqu’il dit « moi je ne juge personne ». C’est un effort de carême qu’il faut, là, faire. Il faut arrêter de se juger, de se critiquer. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas reconnaître ses fautes. Qu’est-ce que ma faute, mon erreur signifie aux yeux de Dieu ? On n’en sait rien. Et, on n’a pas le droit de se juger. Jésus dit à Juda : « ce que tu fais, fais le vite. » Il le pousse presque à la faute... Pourquoi ?  C’est curieux non ?!

 

Pourquoi cela ? Parce que le salut que Jésus nous apporte, c’est Lui. Lui me parlant. Je dois me nourrir de la parole de Dieu tous les matins. Quand Jésus me parle, Il me transforme. Il n’est pas venu m’apporter un salut humain, efficace, un messianisme temporel. Le salut n’est pas une sorte de perfection qui se voit. A la croix la victoire est cachée et pourtant elle est là. Mais on ne peut pas la vivre tout seul. Et c’est ça le carême : « arrête de t’appuyer sur toi ». Quand on jeûne et qu’on a mal à la tête, on sent nos fragilités, ça nous met dans un état où on ne peut que s’appuyer sur Dieu ou alors on râle. Toutes les limites ressortent. On est obligé d’aller mendier auprès de Jésus : « la carapace que je me suis forgée ça ne tient pas beaucoup, viens… ! »

 

Et Jésus viens nous faire demeurer dans sa lumière ! Parce que sa parole, toujours actuelle, réalise ce qu’elle signifie : « que la lumière soit et la lumière fut » Sa parole est créatrice ! Si ma parole dit ce qui est, la parole de Dieu fait que ce qui n’est pas, cela est. Et en même temps, la parole de Dieu, est toujours une épreuve, parce que elle est un don qui est de trop, et si elle réalise immédiatement ce qu’elle signifie, ce n’est pas immédiatement visible ou tangible.

 

 

On doit demander dans notre communion que Jésus vienne nous convertir, nous aider à sortir de nous-même, à ne plus nous appuyer sur nous-même. Vous chercherez à être comme des dieux en étant ‘par vous-même’ ou vous serez fils de Dieu par Lui, à cause de son don, là où on est mendiant, dans nos pauvretés. La petite Thérèse répète ça constamment : « tout est grâce, peu importe ma faiblesse et ma fragilité, Jésus c’est Lui qui vient me chercher ».

 

Demandons à la petite Thérèse et à la Vierge Marie de nous rendre mendiant, de nous laisser conduire par l’Esprit Saint, en acceptant ce qui nous éprouve. Notre salut, c’est Jésus.

 

Fr Grégoire.


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« C’est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut..."

10 Mars 2011, 09:37am

Publié par Father Greg

 

 

 

rembrandt-retour-de-l-enfant-prodigue.jpg   Mercredi des cendres !!

 'Les cendres...' jour de jeûne et de pénitence... -déjà pas très funky au niveau com- et, c’est LE jour ‘favorable’? Hmm...?? Et c’est ce jour qui donne la note pour tout le carême… Oups..  c’est cela le salut... ?? Pourquoi l’Esprit-Saint nous dit-il que c’est là le salut, et que c’est ‘aujourd’hui! Est-ce que le salut c'est de se purifier..?

 

Pourquoi l’Eglise reprend-t-elle ces vieilles méthodes d’aumône (et Jésus qui nous dit de donner sans regarder, quand on sait ce que les pauvres en font.. ??)  de prières     (les dévotions à n’en plus finir ça ne rend pas toujours très intelligent et Dieu connait nos attentes, alors.. ??) enfin le jeûne (pas vraiment populaire et pas renversant comme moyen pour annoncer le salut ou attirer les jeunes…) Alors, à quoi ça sert ? Pourquoi toutes ces vieilles méthodes -culpabilisantes au possible- qui ne servent qu’à nous faire faire des têtes d’enterrement… ? Et puis ce signe des cendres sur le front... c’est un peu proche du ridicule aujourd'hui... ??

           

Face à cela on a comme 2 attitudes : soit l’attitude passivo-fataliste : genre : ‘de toute façon, on doit se purifier,il faut en baver un peu, donc on s’en remet une couche pendant 40 jours et on compte les jours...’  soit le style 'intellectuel libérés du 21e siècle à qui on ne la fait pas' : ‘ces trucs du moyen-âge, oui c’est bon pour les grands-mères et les curés, mais pas pour ceux qui écoutent les infos et qui lisent les journaux... rien à faire dans ma vie.. on est des gens sérieux maintenant…donc, ça, ce n’est pas pour moi…'

 

Or Dieu, déjà dans la genèse, impose comme un jeûne apparemment inutile à Adam et Eve : ‘vous pouvez tout manger, mais de ce fruit, non…!’ ...ah..? Et pourquoi ?? et ensuite, à chaque fois qu’Il reprend son alliance, il ne réclame pas d’abord un raisonnement, mais toujours un sacrifice pas trop rationnel : " prend ton fils Isaac et va le sacrifier" ,"tuez l'agneau, mettez-en sur les portes, mangez en hâte" ou une attitude de dépouillement : le peuple d'Israël au désert,  Jonas et ses cendres à Ninive, Isaïe marchant dans le désert, David jeunant devant son fils mourant, … etc.

 

Et précisément, Dieu ne réclame pas ces gestes pour d’abord nous purifier, ou nous faire grandir ou nous faire nous reconnaitre ‘comme de sales petits pêcheurs’, non !  Mais, c’est pour que son don s’inscrive, soit manifesté dans notre vie ! C’est pour qu’on arrête de vivre enfermé dans notre idée du réel, dans ce qu’on croit en avoir compris, et qu’on arrête de diminuer la valeur de notre vie : c'est pour toucher que l'on est fait pour vivre à la taille de Dieu ! Ces gestes sont de petits moyens pour nous faire sortir de nous-même et être vraiment dans la réalité telle qu’elle est!

 

Nous qui recevons l’Eucharistie, nous ‘avons’ Dieu à disposition! On en use et malgré cela on demeure toujours inquiets de nous-même, repliés sur nous, et ainsi, ce don incroyable n’est pas très réel pour nous; et bien le carême c’est le signe du don qui nous est fait, un don qui est de trop, qui nous dépasse et qui est tellement fort qu’il nous brûle et nous blesse ; c’est comme le signe de la radicalité dans laquelle Dieu déjà nous entraine !

 

Et la souffrance, ces sacrifices gratuits, un peu inutiles, qui nous coûtent, c’est pour qu’on inscrive, qu’on s’approprie dans tout ce que l’on est, la vie de Fils qui nous est donnée ; c’est pour que toute notre personne soit prise par ce don divin qui dépasse tout ce qu’on peut penser ; ces moyens sont donc pour nous la manière de vivre de ce don qui réclame qu’on se quitte, et d’ouvrir les yeux sur ce qu’est le prochain : par l’aumône, ce qu’est Dieu : par la prière, ce que nous sommes: par le jeûne.  

 

Et c’est ce que dit Jésus : ton aumône, ta prière, ton jeûne, c’est pour être mobilisé d’une façon unique et personnelle; c'est pour ‘voir' et ‘toucher’ celui qui t’est toujours présent : ton Père qui est là dans le secret… Le carême c’est pour vivre de Celui qui est toujours là et nous attend…C’est pour ouvrir les yeux sur la profondeur de notre vie, sur sa vraie réalité… c’est de quitter les apparences, ce qu’on a compris du réel -qui nous emprisonne par ce que c’est encore nous- et de tout vivre avec lui, de l’intérieur ; c’est pour être possédé par Celui qui veut être notre secret, et connu comme tel...

 

Le carême c’est donc ce don qui veut tout prendre en nous, et qui veut nous faire vivre à sa taille, à la hauteur de ce qu’est notre Père ; Et ces ‘sacrifices’, ces ‘rites’, c’est pour toucher cela avec notre corps, avec notre sensibilité, avec toute notre personne. L’amour réclame de s’éprouver, or, Celui qui est là, c’est Celui qui est pur don, un don qui ne peut pas se dire. Il est un silence substantiel, une présence totale. On ne peut donc vivre de lui en restant dans ce que nous possédons par nos raisonnements, mais en sortant de nous-même, en étant 'arrachés à nous-mêmes' .


Le carême c’est donc nous libérer de nous-même –non d’abord par une purification morale ou culpabilisante- mais en nous faisant voir qui on est vraiment, qui on est pour le Père. C’est ultimement, pour pouvoir dire ‘Père’, et vivre de cette présence secrète de Celui qui ne me quitte jamais, de celui qui n’est que pour moi. 

Fr Grégoire.


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« Ensevelis avec le Christ, vous en êtes aussi ressuscités avec lui »

8 Mars 2011, 22:30pm

Publié par Father Greg

 

 

 descente_de_croix_jean_fra_angelico_detail--2-.jpgLe Carême, ‘attente de la rencontre définitive avec son Epoux’ intensifie le chemin de purification dans l’esprit, par une prière assidue et une charité active, afin de puiser avec plus d’abondance, dans la vie nouvelle qui est dans le Christ Seigneur.


1. Cette vie, transmise le jour de notre Baptême est un don de Dieu: Nul ne mérite la vie éternelle par ses propres forces. La miséricorde de Dieu, qui nous donne de vivre notre existence avec « les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus », est communiquée à l’homme gratuitement.

 

Ce don gratuit doit être constamment ravivé en chacun de nous, et le Carême nous offre un lieu indispensable de vie chrétienne: vivre vraiment le Baptême comme un acte décisif pour toute l’existence.


2. Pour emprunter sérieusement le chemin vers Pâques et nous préparer à célébrer la Résurrection du Seigneur – qui est la fête la plus joyeuse et solennelle de l’année liturgique –, qu’est-ce qui pourrait être le plus adapté si ce n’est de nous laisser guider par la Parole de Dieu? C’est pourquoi l’Eglise, nous conduit-elle à une rencontre particulièrement profonde avec le Seigneur.


Le premier dimanche de l’itinéraire éclaire notre condition terrestre. Le combat victorieux de Jésus sur les tentations est un appel à prendre conscience de notre fragilité pour accueillir la Grâce qui nous libère du péché et nous fortifie d’une façon nouvelle dans le Christ, chemin, vérité et vie. C’est une invitation pressante à nous rappeler, que la foi chrétienne implique une lutte contre le démon à l’œuvre et ne cesse, de tenter tout homme qui veut s’approcher du Seigneur: le Christ sort vainqueur de cette lutte, et nous conduis à la victoire sur les séductions du mal.


L’évangile de la Transfiguration du Seigneur nous fait contempler la gloire du Christ qui anticipe la résurrection et annonce la divinisation de l’homme. Nous sommes conduit « dans un lieu à part, sur une haute montagne » afin d’accueillir d’une façon nouvelle, dans le Christ, en tant que fils dans le Fils, le don de la Grâce de Dieu: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le ». Ces paroles nous invitent à quitter la rumeur du quotidien pour nous plonger dans la présence de Dieu: Il veut nous transmettre chaque jour une Parole qui nous pénètre au plus profond de l’esprit, là où elle discerne le bien et le mal et affermit notre volonté de suivre le Seigneur.


« Donne-moi à boire » (Jn 4,7). Cette demande de Jésus à la Samaritaine, qui nous est rapportée le troisième dimanche, exprime la passion de Dieu pour tout homme et veut susciter en notre cœur le désir du don de « l’eau jaillissant en vie éternelle » (v.14): C’est le don de l’Esprit Saint qui fait des chrétiens de « vrais adorateurs », capables de prier le Père « en esprit et en vérité» (v.23). Seule cette eau peut assouvir notre soif de bien, de vérité et de beauté! Seule cette eau, qui nous est donnée par le Fils, peut irriguer les déserts de l’âme inquiète et insatisfaite «tant qu’elle ne repose en Dieu », (saint Augustin).


Le dimanche de l’aveugle-né nous présente le Christ comme la lumière du monde. L’Evangile interpelle chacun de nous: « Crois-tu au Fils de l’homme? » « Oui, je crois Seigneur! » répond joyeusement l’aveugle-né qui parle au nom de tout croyant. Le miracle de cette guérison est le signe que le Christ, en rendant la vue, veut ouvrir également notre regard intérieur afin que notre foi soit de plus en plus profonde et que nous puissions reconnaître en lui notre unique Sauveur.


L’évangile du cinquième dimanche proclame la résurrection de Lazare, nous nous trouvons face au mystère ultime de notre existence: « Je suis la résurrection et la vie... le crois-tu? ». A la suite de Marthe, le temps est venu de placer, à nouveau et en conscience, toute son espérance en Jésus de Nazareth: « Oui Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde » (v.27). La communion avec le Christ, en cette vie, nous prépare à franchir l’obstacle de la mort pour vivre éternellement en Lui. La foi en la résurrection des morts et l’espérance en la vie éternelle ouvrent notre intelligence au sens ultime de notre existence: Dieu a créé l’homme pour la résurrection et la vie; cette vérité confère une dimension authentique et définitive à l’histoire humaine, à l’existence personnelle, à la vie sociale, à la culture, à la politique, à l’économie. Privé de la lumière de la foi, l’univers entier périt, prisonnier d’un sépulcre sans avenir ni espérance.

 

3. Dans le Christ, Dieu s’est révélé Amour. La Croix du Christ, le «langage de la Croix» manifeste la puissance salvifique de Dieu qui se donne pour relever l’homme et le conduire au salut: il s’agit de la forme la plus radicale de l’amour.


Par la pratique traditionnelle du jeûne, de l’aumône et de la prière, signes de notre volonté de conversion, le Carême nous apprend à vivre de façon toujours plus radicale l’amour du Christ. Le jeûne, a pour le chrétien une signification profondément religieuse: en appauvrissant notre table, nous apprenons à vaincre notre égoïsme pour vivre la logique du don et de l’amour; en acceptant la privation de quelque chose – qui ne soit pas seulement du superflu –, nous apprenons à détourner notre regard de notre «moi» pour découvrir Quelqu’un à côté de nous et reconnaître Dieu sur le visage de tant de nos frères. Pour le chrétien, la pratique du jeûne n’a rien d’intimiste, mais ouvre tellement à Dieu et à la détresse des hommes; elle fait en sorte que l’amour pour Dieu devienne aussi amour pour le prochain.

 

Sur notre chemin, nous nous heurtons également à la tentation de la possession, de l’amour de l’argent, qui s’oppose à la primauté de Dieu dans notre vie. L’avidité de la possession engendre la violence, la prévarication et la mort; c’est pour cela que l’Eglise, spécialement en temps de Carême, appelle à la pratique de l’aumône, c’est à dire au partage. L’idolâtrie des biens, au contraire, non seulement nous sépare des autres mais vide la personne humaine en la laissant malheureuse, en lui mentant et en la trompant sans réaliser ce qu’elle lui promet, puisqu’elle substitue les biens matériels à Dieu, l’unique source de vie. Comment pourrions-nous donc comprendre la bonté paternelle de Dieu si notre cœur est plein de lui-même et de nos projets qui donnent l’illusion de pouvoir assurer notre avenir? La tentation consiste à penser comme le riche de la parabole: « Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années...». Nous savons ce que répond le Seigneur: « Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme...». La pratique de l’aumône nous ramène à la primauté de Dieu et à l’attention envers l’autre, elle nous fait découvrir à nouveau la bonté du Père et recevoir sa miséricorde.

 

En méditant la Parole de Dieu et en l’intériorisant pour l’incarner au quotidien, nous découvrons une forme de prière qui est précieuse et irremplaçable. En effet l’écoute attentive de Dieu qui parle sans cesse à notre cœur, nourrit le chemin de foi. La prière nous permet également d’entrer dans une nouvelle perception du temps: Sans la perspective de l’éternité et de la transcendance, en effet, le temps n’est qu’une cadence qui rythme nos pas vers un horizon sans avenir. En priant, au contraire, nous prenons du temps pour Dieu, pour découvrir que ses « paroles ne passeront pas », pour entrer en cette communion intime avec Lui « que personne ne pourra nous enlever ».


Benoît XVI, Message pour le Carême 2011.


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C’est quoi « faire la volonté du Père » ?

6 Mars 2011, 10:14am

Publié par Father Greg

 

 

 

rembrandtvanrijn the dream of st joseph « Pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut FAIRE la volonté de mon Père. » Mt 7, 21. Or Jésus, juste après avoir dit ça, envoie bouler des gens qui apparemment ont fait des trucs pas mal du tout : chasser des démons, prophétiser etc… et, pour Jésus, cela c’est faire le mal ! « Éloignez-vous de moi... » Waou…

 

 Cela signifie que la volonté du Père, ce n’est pas d’abord un truc dément à réaliser, une action héroïque, s’en rajouter une couche ; non, car le Père n’a pas sur nous un projet idéal, ou l’attente d’une réalisation efficace et parfaite. La volonté du Père, c’est quelqu’un pour moi ! C’est vivre d’une personne qui nous est donnée d’une manière toujours plus actuelle ! Et ainsi, c’est de fonder tout ce que l’on fait sur le roc ! En effet, « tout ce qui n’est pas fondé sur le roc, sera emporté, balayé » ! Sa volonté, son désir pour nous, c’est ce qu’il nous donne de vivre en nous donnant actuellement Jésus. Faire la volonté du Père, c’est tout faire pour vivre de la personne de Jésus.

 

 De même que l’amitié réclame d’être intelligent pour vivre de la personne de l’autre, le redécouvrir constamment, des initiatives pour dévoiler ce qu’il est, de même vis-à-vis de Jésus.

 

 Aussi, est-ce que tous les matins, je le cherche ? Mais ‘je le cherche’ c’est-à-dire : suis-je prêt à entrer tous les jours dans quelque chose de complètement nouveau ? Suis-prêt à renaître constamment ? Est-ce que je mendie vraiment son désir sur moi ? Est-ce réel et vital ? C’est la seule question qui vaille ! C’est à dire ‘Où en suis-je dans mon amitié avec Jésus’ ?

 

 La foi –et la ‘pratique’ des commandements- c’est bien l’effet de son don en nous qui nous donne d’agir en fils ; « en étant unis à lui, nous sommes justes, et de nulle autre manière. L'homme n'est pas en mesure de devenir « juste » par ses propres actions, (…) il ne peut réellement devenir « juste » devant Dieu que parce que Dieu l'unit au Christ. Et cette union au Christ, c’est la foi. Toutefois, cette foi n'est pas une pensée, une opinion, une idée. Cette foi est communion avec le Christ » dit Benoit XVI.

 

 Si on peut définir la personne humaine comme celle 'qui cherche la vérité’, on peut définir le chrétien comme celui qui cherche, dans ce qu’il fait, à vivre de son Père, à être possédé par lui, par son désir, ce qui lui plait !

 

 La volonté du Père, son désir sur nous, c’est qu’on Le cherche activement : « Montre nous le Père et cela nous suffit ! Comment ? Voilà si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais ? Qui m’a vu a vu le Père » Jn, 14, 9.


 

Fr Grégoire.


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Confiance dans l'amour indéfectible de Dieu

28 Février 2011, 10:56am

Publié par Father Greg

 

 

 

52976621-557e9ef9fa-o.jpg Pour consoler Jérusalem abattue par des malheurs, Isaïe s'exprime  ainsi : « Est-ce qu'une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l'oublier, moi, je ne t'oublierai pas. ».

 

Cette invitation à la confiance dans l'amour indéfectible de Dieu est exprimée dans l'Évangile de Matthieu, où Jésus exhorte ses disciples à avoir confiance en la providence du Père céleste, qui nourrit les oiseaux du ciel et habille les lis des champs, et connaît chacune de nos nécessités. 


Face à la situation de beaucoup de personnes, qui vivent dans la misère, ce discours de Jésus pourrait apparaître peu réaliste, voire évasif. En réalité, le Seigneur veut faire comprendre que celui qui croit en Dieu, le Père plein d'amour pour ses enfants, met à la première place la recherche de son Royaume, de sa volonté.

 

Et cela est vraiment le contraire du fatalisme ou d'un irénisme naïf. La foi en la Providence, en effet, ne dispense pas de la lutte inlassable pour une vie digne, mais libère de l'inquiétude pour les choses et de la peur du lendemain. Cet enseignement de Jésus, vrai et valable pour tous, est pratiqué de manières différentes: un moine franciscain pourra le suivre de manière plus radicale, tandis qu'un père de famille devra tenir compte de ses devoirs envers sa femme et ses enfants.

 

Cependant, le chrétien se distingue par la confiance absolue dans le Père céleste. C'est justement cette relation avec le Père qui donne un sens à toute la vie du Christ, à ses paroles, à ses gestes de salut. Jésus nous montre ce que signifie vivre avec les pieds bien à plat par terre, attentifs aux situations concrètes de son prochain, et en même temps en gardant toujours son cœur au Ciel, immergé dans la miséricorde de Dieu.

 

Benoît XVI, Angélus. 27.02.11

 

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«Et bien moi je vous dis : aimez…»

20 Février 2011, 23:10pm

Publié par Father Greg

 

 

 

117098.jpg« Vous avez entendu qu'il a été dit : -Oeil pour oeil, dent pour dent.- Eh bien moi, je vous dis... de ne pas riposter au méchant.» La «loi du talion» est très mal comprise de nos sensibilités modernes. Comment la loi de Moïse a-t-elle pu imposer une telle législation? Or, cette loi était déjà un immense progrès par rapport à l’instinct de vengeance si naturel à l'homme.

 

Le mouvement naturel de celui qui a été agressé, c'est de «rendre davantage», comme le chante Lamek dans le livre de la Genèse : «Caïn a été vengé sept fois..., Lamek sera vengé soixante-dix fois sept fois..." (Genèse 4, 24). Jésus renverse ce chant de Lamek dans sa réponse à Pierre qui lui demande combien de fois il faut pardonner à son frère : «non pas sept fois, mais soixante-dix fois sept fois».

 

La loi voulait donc limiter la violence, en stipulant qu'on ne devait faire subir à l'agresseur que le traitement strict qu'il avait lui-même fait subir à sa victime.


 «Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et bien moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent». Cette parole est d'une puissance extraordinaire, cela signifie: «Dieu a dit... Eh bien moi, je vous dis...»

 

Et là, pardonner à nos ennemis n’est même pas une invitation, mais ce que Jésus a déjà réalisé et qu’il veut nous communiquer ! A la croix, Jésus, le fils du Père, s’est servi d’une trahison pour une plus grande intimité, pour se communiquer encore plus  personnellement ! Cette exigence, qui pourrait être très belle et très généreuse, est d’abord un nouveau don intime dans l'amour…

 

Jésus n’exprime pas là un souhait, mais ce que lui veut nous donner à vivre: vivre du Père comme lui en vie ! Que le Père soit une vraie source ! Que sa perfection nous transforme !

 

Être parfait comme le Père est parfait, n’est-ce pas notre désir le plus profond, le plus foncier ? Parce que cela c’est être « comme des dieux »... et la Genèse, à propos de la faute d'Adam et Eve, dit que c'est bien là notre ‘problème’ ! Or Dieu lui-même nous dit : « Soyez saints comme moi »... « Soyez comme moi». Donc, nous ne nous trompons pas quand nous rêvons d'être comme des dieux, d’être premier ! C'est le psaume 8 qui dit : « Tu as voulu l'homme à peine moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d'honneur ». La seule question c’est comment ? Par nous-même, ou bien par Lui ? Avec nos moyens ou selon son chemin ?

 

Parce que Jésus ne nous commande jamais rien qu’il ne veuille pas réaliser lui-même, avec nous ! Il veut pour nous l’amour, la perfection d’amour qui existe en Dieu : c’est son désir, un désir déjà efficace, parce que divin, et il veut que nous vivions de son désir ! Et notre foi touche son désir! «Ce que je veux réaliser avec vous c’est que vous Soyez parfait comme votre Père céleste est parfait. »

 

 

Fr Grégoire.


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Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir...

14 Février 2011, 11:59am

Publié par Father Greg

 

«  Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux ».

 

 

27.JPG Jésus est-il venu instaurer une super loi ? Un truc bien exigeant plus dur que la loi de Moïse ? Maudire son prochain conduit maintenant en enfer, alors que pour Moïse, commettre un meurtre conduisait seulement au tribunal !? Si désirer une femme c’est déjà commettre un adultère… alors  l’évangile n’est plus accessible qu’à une toute petite élite et réclame qu’on se transforme en machines à se surveiller constamment ?! Bref, du désespoir organisé !! Et si toute mauvaise action ou jugement réclame de se couper la main ou de s’arracher les yeux, alors on va tous finir aveugles et manchots !!


Or, ce que proclame Jésus n’est pas une figure de style : il nous dit en vérité les exigences qu’il a pour nous. Et son désir n’est certainement pas un truc pieux pour gens amorphes dégoulinant de gentillesse !  Justement, la radicalité de son propos indique qu’il y a là quelque chose d’extrêmement important. Et ces nouvelles exigences, c’est le désir que Dieu a sur nous, que Jésus a réalisé.


Jésus vient non seulement vivre la loi jusqu’au bout mais même en dépasser les exigences. A la croix, il vient se servir de toutes les trahisons, de toutes les injustices en se donnant d’une manière encore plus intime, encore plus personnelle. Cette victoire qu’il a acquise, de répondre aux blessures en donnant encore plus ce qu’il est, ses secrets, cette victoire elle est pour nous !


Ces nouvelles exigences de Jésus, c’est bien ce qu’il vit et qui est manifesté à la croix et qu’il veut nous donner de vivre ! Non pas un don généreux, de 'souffrance', mais une nouvelle connaissance dans l'amour! Et cela, spécialement dans nos liens personnels, amicaux. Dans tous ces lieux qui font notre vie personnelle, la plus quotidienne et la plus intime. Les commandements de Dieu ne sont pas un minimum à vivre pour être en règle, mais le désir que Dieu a sur nous de nous entrainer vers des liens extrêmement personnels, ceux qui existent en Dieu en se servant des trahisons et des blessures que l’on nous fait.


« Vous avez appris qu'il a été dit … Eh bien, moi je vous dis… »


Et la clé, c’est cela: « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir ! » Il est déjà victorieux, il l’a déjà réalisé, accompli, et il veut que cette victoire prenne tout en nous ! Il veut que sa victoire s’empare de toutes nos luttes. Que l’on vive toutes nos souffrances, tous nos lieux de désespoir comme des victorieux !

 

Pour cela Jésus parle avec autorité, « on vous a dit que vous deviez faire ci et ça.. ?? Et bien moi je vous dis...  que Je suis venu accomplir ma victoire dans tous ces lieux où vous désespérez »

 

C’est cela ce que Jésus veut nous donner à vivre. Mais nous, le veut-on? Est-on actuellement en attente de Dieu? De ce que lui veut pour nous? Notre oui, est-ce vraiment oui… ? Ou bien « oui,... mais bon.. » Est-on vraiment en attente de vivre de suite de cette  victoire ? A-t-on saisi que cette victoire est pour nous, d'une manière telle qu'on est mobilisé pour en vivre ? Est-ce que notre oui est vraiment inscrit dans nos choix, un désir réel, le cri de votre cœur ?


Fr Grégoire.


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La lumière est venue dans le monde….

2 Février 2011, 17:14pm

Publié par Father Greg

 

 

« Mes yeux ont vu ton salut, lumière pour éclairer les nations... » 

 

la-presentation-de-Jesus-au-Temple.jpgLa fête de la présentation, c’est une lumière pour nous permettre de vivre du don du Père, qui, sur terre, passe par la lutte. Dieu se sert de la lutte pour nous introduire dans quelque chose de tout nouveau. Et la lumière est là pour vivre de ce don, sans être écrasés par la souffrance.

 

La lumière est nécessaire pour nous faire saisir le sens de nos luttes et les vivre de l’intérieur. Quand on ne voit plus le sens, quand on n’a plus la lumière on perd courage, on est battu d’avance. Et toutes nos luttes prennent leur sens dans le mystère de la Croix, cette offrande gratuite, excessive, de Jésus au Père !

 

C’est cela le Salut : Jésus vient nous ‘prendre’ dans l’amour éternel qu’il a pour le Père. Il vient ‘le vivre’ sur la terre, pour nous faire aimer comme lui ! C’est un amour qui vient se servir des rejets, des trahisons, pour en faire un nouveau don, une offrande..., pour devenir dans toute sa personne un ‘sacrifice’ de pur amour, un excès de gratuité. Pourquoi ? Parce que l’amour, en lui-même, réclame qu’on soit donné d’une manière telle qu’on devienne pure réceptivité. Que l’on se serve de tout pour être comme ‘possédé’ par celui qui nous attire !

 

La présentation au temple, offrande liturgique d’adoration, révèle ce qui est encore caché mais déjà donné : la vie Trinitaire ‘vécu’ dans une nature humaine.

 

C’est pour cela que le mystère de la Croix, l’état victimal du Christ n’est pas là en premier pour nous éduquer, pour nous rectifier, pour payer quelque chose, pour nous faire d’abord ‘regretter’ nos misères… mais pour nous attirer dans un amour qui veut tout et qui ne se justifie par rien d’autre que lui-même.

 

Et Jésus nous y introduit toujours comme des amis : en désirant pour nous qu’on entre dans ce même don. Comme un ami répond à son ami, et comme l’épouse qui se nourrit du don de son époux, Marie est celle qui achève pour nous, ce don de l’Agneau. Et Elle se donne totalement, en offrant Jésus.

 

Notre don c’est donc de recevoir et de donner au Père tout ce qu’il nous donne actuellement. Nous-mêmes et bien plus : son amour pour nous. Et le Père reçoit notre don comme il reçoit le don éternel de son Fils ; il veut que le don de sa créature fasse comme ‘envelopper’ le don de son Fils. Et pour le Père, c’est peut-être ce qui est le plus « émouvant ».

 

C’est tellement grand : nous sommes introduits dans cet amour réciproque du Fils et du Père, et ce, à travers tout ce que nous pâtissons, au-delà de notre conscience.

 

Cela, c’est pour nous, aujourd’hui, si nous le voulons, si nous lui demandons de tout prendre en nous : ‘Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, car mes yeux ont vu ton salut’.

 

Fr Grégoire.

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« Bienheureux êtes-vous ! »

30 Janvier 2011, 17:55pm

Publié par Father Greg

 

 

 

« Bienheureux les pauvres?!»

 

 

        

2247914568 4fec57e851 m[1] Comment peut-on être pauvre et bienheureux?? Pourquoi la pauvreté pourrait nous rendre bienheureux? Qu’est-ce que cela veut dire?

 

Est-ce une recette de cuisine qu’il faut essayer d’appliquer, et si le résultat est ok, alors on aura la vie éternelle? Parfois, un peu facilement on croit comprendre : ‘ bah oui, il suffit de se dépasser un peu’, comme si Dieu pouvait être au bout de nos efforts !

 

Or, Dieu exalte mystérieusement le pauvre, comme celui qui fonde toute son assurance et son espoir en Dieu seul (So 2,3). Le pauvre  c’est celui qui, tout en étant écrasé par les iniquités des puissants et les injustices, ne perd pas son espérance, regarde vers Dieu avec confiance, et fait reposer sur Lui seul sa persévérance.

 

Ensuite (1Co 1,26-31), Dieu ne choisis pas les hommes de succès, mais il choisit les plus petits, les pauvres ; Dieu préfère les faibles, ceux qui aux yeux du monde n'ont apparemment aucune sorte de valeur ni de pouvoir, pour que: « Aucun homme ne puisse se glorifier devant Dieu ». Parce que ce qui est éternel, mais réclame d’être remis au Seigneur !

 

Enfin, les « pauvres en esprit », sont dans la Bible, les « prostrés », ceux qui portent un poids sur les épaules, et donc ceux qui ont leur personne intimement orientés vers le Seigneur. Ils sont l’expression du juste éprouvé par des moments de souffrance et de difficulté.

 

Apparaît ainsi la vraie signification du pauvre juste : il est avant tout celui qui ne se confie pas principalement en lui-même, mais en Dieu ; Pourquoi ? Parce qu’on vit de Dieu, comme un mendiant. La vie chrétienne c’est Dieu qui nous donne tout ce qu’il est, et cela seul peux nous rendre « Bienheureux » mais dans une obscurité sensible totale ! L’obscurité, c’est pour vivre de ce don qui nous dépasse, c’est donc pour gagner du temps!

 

Ainsi, on est bienheureux,grâce à nos pauvretés! Pour recevoir d’en haut ce que Dieu veut pour nous, nos pauvretés sont comme ‘nécessaires’. Tous nos manques, toutes nos souffrances, nos blessures ouvertes deviennent le lieu, la voie royale -sinon unique- qui nous permets de recevoir dès maintenant ses secrets. Et dans cette lumière se comprenne les autres béatitudes:

 

«Bienheureux les doux »: Humainement, on est doux lorsqu’on accepte d’aller au rythme de l’autre ; ce qui réclame, de fait, d’être fort, d’être patient. Alors que l’on est dur quand on attend un résultat, quand on a un projet sur ce que doit être l’autre. Etre doux divinement, c’est cette patience divine qui me fait accepter le rythme improbable selon lequel Dieu réalise en moi sa promesse.

 

« Bienheureux les miséricordieux » Quand on fait miséricorde, très souvent c’est que l’autre est plutôt un pauvre type, on lui fait ‘la charité’ comme on dit ; Or, la miséricorde en Dieu, c’est d’être une pure source, d’être un don excessif : Jésus se donne tellement qu’il se fait totalement responsable de ce que je suis devant le Père ! C’est donc chercher à vivre de ce don excessif, pour que toute notre vie soit pure gratuité.

 

« Bienheureux les cœurs purs » Le cœur pur c’est celui qui ne cherchant que le regard de Dieu sur lui, ne se regarde plus. La pureté nous rend bienheureux quand elle est celle de celui qui ‘s’oublie’ en Dieu !

 

« Bienheureux les artisans de paix » Là encore, artisans de paix ce n’est pas ‘casques bleus’, ou un truc mou genre: ‘pas de vagues’. C’est Jésus qui paradoxalement crie avec force qu’il « n’est pas venu apporter la paix, mais le glaive » Car la paix, c’est de séparer ce qui est de Dieu de ce qu’il ne l’est pas. On est en paix et source de paix, quand on se bat pour redécouvrir Celui qui est notre repos et notre source.

Fr Grégoire.


 

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Une lumière s'est levée...

23 Janvier 2011, 13:46pm

Publié par Father Greg

 

Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l'ombre et de la mort, une lumière s'est levée. 

 

 

Petworth-Park-by-Joseph-Mallord-Turner.jpg Jean Baptiste vient d’être arrêté. Mauvais temps pour les prédicateurs : ceux qui proclament la vérité dérangent ! On les fait taire. Ce serait donc le moment de ne pas faire de vagues, de rester tranquillement dans son village. C’est au contraire comme le signal pour Jésus de quitter Nazareth-les-collines pour Capharnaüm-sur-Mer.

 

Contrairement à Jean-Baptiste, il ne va pas au désert mais en pleine ville, il ne va pas comme Jean en Judée mais au cœur de la Galilée, il ne rejoint pas la terre sainte du Temple mais la terre des païens. C’est une vraie rupture : ce ne sont plus des prêtres que Jésus appelle mais des pêcheurs du lac, non plus des docteurs mais des pauvres. Et Jésus ne prêche pas d’abord la pénitence mais la « proximité immédiate du Royaume ».

 

Et il débarque pour éclairer « ce pays de l’ombre », ce pays qui sent la mort*… pour être source de vie, pour que tout ce que l'on a détruit ne soit pas en vain; Il vient assumer tout rejet, toutes nos morts et s'en servir, leur donner sa fécondité! Et pour que ceux en qui la promesse s’est un peu éteinte, ceux qui n’attendent plus parce qu’ils s’appuyaient sur eux-mêmes, entre dans la gratuité de son don; « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est proche. » Cela veut dire : 'mais pétard, ouvre les yeux et appuie-toi sur mon don pour toi ; C'est réel! Du réel divin, donc caché, mais du réel qui est éternel, substantiel, qui ne passe pas! Je suis là avec toi, pour  reprendre tout ce qui fait ta vie d’une manière nouvelle, donner à toutes choses une nouvelle signification, une nouvelle fécondité'.

 

 

Et nous, on ne le voit pas, parce qu’on est les yeux vissé sur nos pieds, sur nous-même. On vit tellement dans notre tête plutôt que dans le réel. On est tellement repliés, que nos milieux chrétiens deviennent vite des caves moisis ou on compte notre avoir, nos petits acquis. On vit si facilement en mode « chasse la neige ». Et Jésus nous dit : « vas-y, fais une conversion, lâche tes bâtons, suis-moi ».  

 

Et pour cela, pour y aller tout ‘schuss’, il faut lui demander qu’il nous dise « Venez… viens à moi » pour que sa parole nous fasse vivre de sa vie; pour toucher que non seulement il ne nous est plus extérieur, mais sa présence immédiate reprend tout ce qui est mort: Il est une source substantielle, en lui plus rien n'est vain, rien n'est perdu de notre vie.

 

 

Fr Grégoire.

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Voici l’Agneau de Dieu

16 Janvier 2011, 23:06pm

Publié par Father Greg

 

« Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde »

 

agneaudeDieu.jpgDieu s’incarne à Noël pour se donner ultimement comme Agneau. L’Agneau, c’est le don le plus grand qui puisse se faire, pour nous faire connaitre le secret de Dieu. Dieu est pur don, et, en Jésus, il s’unit à notre nature humaine, il s’unie à nous pour que l’on devienne ce qu’il est de plus secret : pur don sans aucune efficience, excès de miséricorde offerte, Agneau donné gratuitement !  

 

Ce qui est déconcertant c’est que Jésus ne nous dit pas son don ; il se donne en silence, ne cesse de nous attirer et ‘refuse’ de s’imposer ! Et pour cela, on ne peut quelque part entrer dans cette présence silencieuse que par un autre qui va nous dévoiler cette présence! Pourquoi ? Parce que Jésus ne vient pas pour nous aider ou résoudre nos problèmes ! Nous aider serait encore un amour très humain, une espèce de pitié pour des pauvres types ! Or Jésus vient à nous comme un ami, faisant de nous son égal. Il  nous aime pour nous, tel qu’on est, sans condition. Il ne nous aime pas en fonction d’un résultat ou d’un idéal qu’il voudrait pour nous. Et ça, mais ça nous agace !! On aimerait tellement qu’il vienne régler nos problèmes. On aimerait tellement pouvoir se servir du salut qu’il apporte! On est parfois tellement énervés de ce qui empoisonne nos vies, de nos petites médiocrités, de nos petites rancœurs, nos petites critiques, de tous ces petits riens qui nous font nous regarder et nous replier sur nous-mêmes. Or le salut qu’apporte Jésus n’est pas efficace humainement : on ne peut pas s’en servir. Il vient pour demeurer avec nous, pour s’unir à nous, pour tout vivre avec nous ! Et, ça c’est insupportable pour ceux qui voudraient posséder leur vie, jouir de leur perfection !

 

Et c’est ça notre péché : de toujours tout ramener à nous-même, de tout voir en fonction de nous-même, de tout voir en fonction d'un projet bien régressif qu’on croit être notre bonheur. Le péché, c'est ce refus d’entrer dans un chemin qui n’est pas le nôtre ! C'est de vouloir être par soi, de vouloir tout discerner par soi, d’être à soi-même sa propre mesure. Or, l’Agneau c’est celui qui vient nous faire sortir de nous-même, qui vient nous faire nous quitter, en étant possédé par quelqu’un qui est complètement pour nous, qui veut être reçu comme un secret !

 

Aussi, quand Jean Baptiste nous met devant la réalité de nos péchés, de nos actes qui sont en vains, irrécupérables, sources de blessures, ceux qu’on ne peut pas reprendre, il ne dit pas : "Voici vos péchés. Il n'y a plus d'espoir". Il ne dit pas non plus: "Votre péché n'existe pas. Mais voici Jésus, un agneau tout doux, tout gentil. Vous pouvez lui faire un petit câlin, et on va tous vivre au pays des bisounours ! On va tous être gentils gentils, genre « spiritualité de ventres mous ». Non ! Il dit : « Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. C'est lui, le Fils de Dieu » pour nous dévoiler comment Dieu est tourné vers nous, comment il nous est présent : d'une manière telle qu'on ne peut en vivre qu'en choissant qu'Il nous fasse sortir de nous-mêmes !


   
Jésus l’Agneau, c’est celui qui vient nous épouser tel qu’on est ; Il vient pour moi maintenant, sans autre promesse à son don que lui-même : il m’est donné comme personne ne peut m’être donné. Et il vient pour nous faire vivre de lui, pour qu’on devienne pur don, pur amour !

Toute la vie chrétienne c’est d’être l’Agneau ! C’est l’offrande gratuite de tous nous-mêmes pour devenir la nourriture de nos frères. Jésus est l’Agneau, celui donné comme nourriture, relatif  nous, pour nous apprendre à aimer. On ne peut entrer dans son don qu’en lui mendiant de venir nous prendre !

L’Esprit Saint désire tellement pour nous qu’on soit possédé par cette parole, qu’on entende Jésus nous la dire, et qu’on se présente, chacun, tous les matins, seul face au Père, en disant: « voici l’Agneau de Dieu ! »

 Fr Grégoire.

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Baptème...

10 Janvier 2011, 11:52am

Publié par Father Greg

 

 

 

On demande des pécheurs!

 

georges-rouault-christ.jpgDans l’A.T, le baptême était un acte pénitentiel, de purification devant Dieu. En se plongeant dans l'eau, le pénitent reconnaissait son désordre, manifestant son désir de mourir à ses comportements erronés.

 

Ainsi, lorsque le Baptiste voit Jésus venir avec les pécheurs, il est stupéfait ; reconnaissant en Lui le Messie, Celui qui est sans péché, il ne comprend pas ! Or, Jésus l'exhorte à entrer dans ce nouveau chemin, à accepter de faire ce geste, pour « accomplir parfaitement ce qui est juste ».

 

Jésus manifeste là que le nouveau baptême c’est de laisser Dieu lui-même s’abaisser et prendre tout notre désordre. Il vient s’unir à nous d’une manière telle, qu’il se fait responsable de chacun de nous devant le Père. Et cela d’une manière cachée, pour que son geste ne soit pas une accusation ou source de repliement sur nous-même !

 

‘Accomplir ce qui est juste’, c’est choisir de laisser Dieu venir porter ce qui est mort en nous, de le laisser venir nous rencontrer là où on est moisi. C’est là qu’il veut descendre, parce que c’est là où l’on va pouvoir voir son visage ; Et notre misère en nous qui devient le lieu de la rencontre ?!

 

En laissant Dieu réaliser ce don excessif, cet amour qui est de trop, nous Lui ‘permettons’ de se manifester tel qu’il est pour nous, dans ce qui est le plus lui-même : dès que nous laissons Jésus porter ce qui est mort en nous, nous permettons comme une nouvelle présence de Dieu, une nouvelle connaissance de sa paternité pour nous.

 

La réalité cachée du baptême –ce don divin toujours actuel- est d'être insèré dans cet amour substantiel réciproque qui est Dieu; Dieu se déverse alors lui-même en nous, et se rend présent d’une nouvelle manière. Le bain de l'eau, nous lie et nous insère en Jésus avec qui nous devenons comme un, unis à lui dans sa personne...



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Epiphanie..

2 Janvier 2011, 23:59pm

Publié par Father Greg

L’EPIPHANIE : manifestation du Seigneur…

 

Comme manifestation, on a fait mieux… une étoile, un enfant… Well, question marketing ce n’est pas tip top… c’est même plutôt assez nul… alors c’est quoi cette manifestation de Dieu ?? Il ne pourrait pas faire péter le ciel un bon coup et se manifester ???                                                  

 

Rembrandt Or, le chemin que Dieu prend pour se manifester c’est des païens ! Paradoxe étonnant que ces « chercheurs de Dieu », qui deviennent témoins pour ceux qui devaient attendre le messie !! Et, la réponse de Dieu à ceux qui cultivent cette quête de vérité, celle qui fait que l’homme est vraiment homme, c’est un signe dans le ciel assez ridicule : une étoile !  Et justement, les mages n'ont vu qu'une étoile, qu’un enfant... Mais parce qu’ils avaient cette quête intérieure, cette soif incroyable qui les ont fait tout quitter, ils ont pu déceler et recevoir ces pauvres signes comme révélation d’un passage de Dieu pour eux.


Qu’est-ce que cela nous enseigne ? Que Dieu est toujours au delà de ce que nous connaissons de Lui. Dieu est d’un déconcertant ! Et aussi qu’il ne supprimera jamais en nous ce qui fait notre grandeur ! Qu’il refuse de s’imposer par miracle ou par magie !

 

Et c’est un peu là notre tentation : les scribes et les pharisiens savaient beaucoup de choses sur Dieu, et ont réduits leur foi à un savoir informatif, à des explications sécurisantes ; refusant la pauvreté dans laquelle nous plonge la foi, ils se sont inquiétés jusqu’à chercher à tuer Jésus ! Comment ceux qui ont reçu la promesse de Dieu ont pu finalement aller jusqu’à le rejeter ?

 

Nous ne pouvons pas posséder la vérité. On ne possède pas la foi à la manière d'un compte en banque. La foi est un chemin d'amour –intelligent-, qui nous rend relatifs à un autre qui nous dépasse et qui reste toujours plus grand que ce que nous en connaissons.

 

Alors, demeurons-nous des chercheurs de Dieu ? Sans doute dirons-nous que nous avons rencontré Dieu puisque nous lui avons donné notre foi, notre confiance. Or, quand nous parlons de chercher Dieu, nous ne mettons pas en cause la confiance qui nous habite. Nous voulons dire que Dieu est toujours au-delà de nos prises. Nous n’en avons jamais fini de le découvrir. La confiance en Dieu ne nous dispense pas de chercher sans cesse sa présence silencieuse, de purifier sans cesse les représentations que nous nous faisons de lui.

 

Dieu est au bout d'une longue route et ne se découvre qu'à ceux qui persévèrent. Le 1er signe que les mages avaient découvert, l'étoile ...a disparu. Dans cette quête de Dieu, comme les mages, il y a des moments de doute, d’incertitude, nous ne savons plus très bien dans quelle direction aller. Les mages représentent tous ceux qui sont en recherche de Dieu. Tout homme est, comme les mages, un nomade de Dieu qui s'ignore.

 

Comment accueillir ces témoins qui vivent déjà d’une lumière qui les dépasse sans le savoir, ces questionneurs dérangeants, qui peuvent nous révéler des lumières enfouies sous nos certitudes étroites, des vérités cachées par la sclérose de nos habitudes ?

 

Comment donner la soif et le goût de Dieu aux hommes qui l'ont perdu ? Comment faire boire un âne qui n'a pas soif ? Une seule réponse : trouver un autre qui a soif et qui chercher à boire. Des hommes qui ont soif de Dieu sont plus efficaces que tout ce que l’on peut dire de Dieu.  Si nous étions ces assoiffés de divin, nous serions pour les autres le signe, l'étoile qui réveillera cette soif de Dieu !

 

Notre quête de lumière, notre itinéraire, c’est cela que Dieu aime et c’est là qu’Il vient se révéler à nous, travailler en nous de l’intérieur, à travers un autre que l’on accueille dans ce qu’il a de plus lui-même. Dieu a lié son don à des liens très humains, à ce qui fait notre quête comme personne humaine.

 

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Le Verbe est devenu chair !

24 Décembre 2010, 22:47pm

Publié par Father Greg

 

 

  nativite La Tour    Rien de merveilleux, rien d'extraordinaire, rien d'éclatant n'est donné: un enfant emmailloté de langes qui, comme tous les enfants, a besoin de soins maternels ; un enfant né dans une étable et couché dans une mangeoire. C’est le premier visage de Dieu : un enfant, avec ses besoins, sa fragilité et sa pauvreté.

 

Cette simplicité frappe: Dieu n'est pas venu avec puissance ni grandeur visible. Il ne s'est pas imposé. Rien pour séduire ou convaincre : il vient lui-même mendier notre aide. D’une certaine façon, l’humanité attend Dieu, elle attend qu’il se fasse proche. Mais quand arrive le moment, il n’y a pas de place pour lui. L’humanité est si occupée d’elle-même, elle a besoin de tout l’espace et de tout le temps de manière si exigeante pour ses propres affaires qu’il ne reste rien pour l’autre – pour le prochain, pour le pauvre, pour Dieu.

Et Dieu répond en se donnant en silence. En Jésus, Dieu s’est uni l’homme à lui-même. L’éternel aujourd’hui de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et notre aujourd’hui passager a acquis une dimension éternelle. Dieu se fait petit, faible et vient à notre rencontre comme un enfant sans défense. C’est cela la réponse de Dieu. C’est cela son ‘jugement’.

 

C’est énorme : c’est un don qui, non seulement nous transforme radicalement, mais qui s’adapte à nous, à nos peurs, à notre nullité ; un don qui n’écrase pas, ou on ne peut être qu’attiré par cette bonté incroyable qui se communique à nous en silence. Dieu se donne en nous attirant à lui. C’est cela Noël: Dieu est devenu l’un de nous, pour tout assumer de notre vie, et que nous comprenions la dignité, le poids de chaque actes, de chaque instants ; tout en nous a acquis une dimension divine !


Que sa présence silencieuse soit votre joie!


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Derniers jours de l’Avent : l’attente de voir Celui qui nous est déjà donné.

20 Décembre 2010, 12:28pm

Publié par Father Greg

 

 « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ; Matthieu 1,18-24.

 

Latour Au terme de l’avent -qui a duré près de 2000 ans pour le peuple d’Israël- il faut se demander pourquoi si peu l’on reçut ? Quel est le premier obstacle qui nous empêche d’être possédés dans tout ce que l’on est, par son don ?

Il y a comme 2 écueils qui se rejoignent : pour les pharisiens, celui d’avoir réduit la Révélation à une pratique religieuse, à une perfection idéale à atteindre par nous-même ! Autant désespérer d’avance !

 

Pour St Joseph, face à une situation inexplicable et surtout inacceptable humainement, -la Vierge Marie est enceinte-  Et, il faut que Dieu vienne le faire entrer dans son initiative. Et c’est ‘en songe’ : quand il dort, quand il ne domine plus. Pourquoi ? Parce que le don de Jésus, je ne peux y entrer par moi-même ; il n’est pas selon nos projets, nos attentes humaines ou religieuses; ça vient d'en haut!


Et Dieu le fait entrer dans ce don, en lui ordonnant de prendre Marie, son épouse : «Prend Marie chez toi ! Celui qui est donné à Marie, t’es aussi donné, tout autant, mais par Marie ».

Cela c’est la Nouvelle Alliance : Dieu reprend tout par la Femme, chef-œuvre de Dieu dans la création. Celle qui est donné à l’homme pour achever en lui ce qu’il a de plus lui-même. Comme épouse, elle est celle qui maintient la gratuité, celle qui introduit l’homme à l’intimité de l’amour.


Pour cela, notre première coopération à son don, c’est de suspendre notre jugement, toute critique sur celui ou celle qui m’est donné et qui apparemment peut vivre quelque chose d’incompréhensible pour un regard humain, pour chercher à être introduit dans le regard que Dieu a sur celle qui m’est donné.


Et la nouvelle alliance commence là : Dieu reprend tout en s’emparant de ce don réciproque dans l’amour, ce don des époux, qui devient le Lieu de Dieu ; don qui s’épanouie  jusque dans la famille, véritable Eglise domestique !

 

Et cela c’est une épreuve pour notre âme religieuse, pour ceux qui adorent et qui ont un vrai sens de la transcendance absolue de Dieu ! Dieu unit son don à l’amour fraternel, réciproque, intime… Il vient se donner à nous à travers celui qu’on aime ! L’incarnation unit l’adoration et l’amitié… C’est une épreuve pour nous : ce serait ‘plus simple’ de laisser Dieu « au temple », dans le Saint de saints, dans le tabernacle… Et de fait il y demeure ! Mais en même temps, il vient se donner dans une présence toute gratuite, une présence personnelle, à travers celle ou celui que j’aime : « prends chez toi Marie, ton épouse ! » Dieu à la maison ?? Mais vous n’y pensez pas !! On ne va plus être chez soi, tranquille… Ca va faire désordre…


Pourquoi Marie? Qu’est-ce que cela veut dire pour nous? Comment ‘s’en servir’ ? Le Père a voulu qu’Elle nous montre ‘en clair’ ce qu’Il réalise pour chacun de nous. Aussi, tout ce que le Père donne de vivre à Marie, c’est pour nous, immédiatement.


Comme Jésus est « l’enfant de Marie », de la même manière Il nous est donné comme quelqu’un qui « nous appartient », comme Celui qui veut tout recevoir, tout attendre de nous, pour nous apprendre à tout attendre de Lui.

 

Elle est donc celle à qui nous devons demander d’inscrire dans notre personne, cette présence incroyable de Dieu, qui est non seulement plus présent à nous-même que nous même ; mais qui vient tout vivre avec nous, qui s’intéresse à tout ce que l’on vit, jusque dans les choses les plus ordinaires. 


Elle n’est donc pas d’abord un modèle à admirer, mais la figure ou l’on voit en clair ce que Dieu réalise actuellement en chacun de nous, d’une manière caché mais réelle! 

 


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Qu'êtes-vous allés voir?

12 Décembre 2010, 10:35am

Publié par Father Greg

 

 

 

 « Qu'êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité par le vent ? Un homme aux vêtements luxueux ? Qu’êtes-vous donc allés voir ? Un prophète ? »

 

Saint_jean_baptiste.jpg « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »  C’est vraiment très bizarre que Jean Baptiste, lui qui attendait le messie de toutes ses forces, n’arrive même pas à le reconnaitre !! Et de fait, Jésus ne semble rien faire pour qu’on puisse le reconnaitre !!! Il est non seulement présent d’une manière très bizarre mais sa présence ne semble pas répondre à nos problèmes immédiats ! Question communication, c’est plutôt assez nul !!  C’est vrai, les manières de Dieu sont étranges: il est resté 30 ans à Nazareth sans rien dire… Et puis pour un prophète, Jésus n'est pas vraiment un ascète ! Pas très fréquentable pour ceux qui sont en mal de vertus ou en quête d’autosatisfaction et qui voudraient se voir conforter dans leurs bonnes manières! Jean-Baptiste lui, suscitait l’admiration : au désert, vêtu de peaux de bêtes... Jésus, lui, mange, boit et s'affiche avec n'importe qui. Le plus décevant encore, c'est qu’il ne revendique aucun titre, il n’a ni méthode, ni stratégie, ni ne cherche d'aucune manière une espèce de pouvoir. Il pardonne et fait miséricorde sans limites… bref il semblerait encourager la crasse et la misère !

 

Et justement, pour pouvoir ne pas être scandalisé ou passer à côté du don, l’Esprit St nous montre qu’il ne faut cesser d’interroger. Et c’est là que la question de Jean-Baptiste « le Messie, est-ce toi ? » doit devenir radicale pour nous ! C’est là, la grandeur de Jean-Baptiste, il interroge !!! Il dit en fait : « D’accord, le messie va venir. Mais en fait, quel salut  apporte-il? Que devons-nous attendre vraiment ? Comment vient-il nous sauver ? » Bref, Jean-Baptiste interroge en pauvre, il sait une seule chose : qu’il ne sait pas, qu’il ne peut avoir d’a priori, et que la lumière ne peut pas venir de lui, qu’il ne peut se faire mesure ! Il reconnait combien le don de Dieu le dépasse mais complétement et vouloir s’en faire une idée serait déjà le réduire et même coopérer avec l’autre, le père du mensonge…

 

Ensuite, Jésus ne répond pas par oui ou par non à la question de Jean-Baptiste. Il le renvoie aux prophéties, à la Parole de Dieu pour  lui dire : « laisse-toi éclairer directement par la Parole de Dieu. Voilà, si tu es surpris, choqué par mes manières de faire, c'est qu'il te reste à découvrir le Vrai visage de Dieu... un Dieu qui s’abaisse, sans être dans une quête formelle ou un idéal à atteindre ; qui n’a ni bonnes manières, ni rien pour séduire, et qui en plus s’abaisse devant les pécheurs !! » Rien à voir avec nos désirs d’épanouissements humains, nos idées à taille trop humaine !!!

 

Enfin, Jésus termine par « Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » Car Jean-Baptiste, au lieu de chercher à répondre par lui-même en ruminant les bribes d'informations qu'il connait, prend ce petit chemin qu’est la foi, et qui est de demander directement à Jésus, en s’appuyant sur quelqu’un. Jean-Baptiste manifeste par là qu'il ne veut pas s’appuyer sur lui-même. La foi, Jean-Baptiste l'a toujours parce qu’il s’appuie sur un autre pour mendier à Jésus de l'éclairer. Et ça c’est très bizarre : Dieu se donne d’une manière encore plus personnelle, on Le laisse nous rejoindre lorsqu’on accepte de passer par les témoins qu’il nous donne !!!

 

Et Jésus lui-même, pour se donner, respecte ce chemin qu’est Jean-Baptiste ; pour qu’on puisse recevoir Jésus, il nous faut passer par la manière que Dieu a choisie pour se donner à nous. Et, Jésus les éclaire sur leur quête, sur cet itinéraire qu’eux-mêmes pensaient peut-être comprendre : « pourquoi êtes-vous allés là-bas auprès de Jean-Baptiste ? Pour faire du tourisme, pour un peu de consommation spirituelle? Pour rassurer vos bonnes consciences d’enfants de chœur en manque de sécurité? Non, dit-il, sans le savoir peut-être, vous êtes allés vers le plus grand des prophètes, celui qui clôt l'Ancien Testament. Vous êtes allé vers lui, parce que Dieu vous y attirait ; parce que Dieu vous l’envoyait pour vous faire rencontrer le Messie ». C'est mû par l’Esprit-Saint qu’il court devant pour ouvrir la route.

 

Et Jésus ajoute : « cependant le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que Jean-Baptiste ! » Parole étrange, mais qui dit bien qu'avec la venue de Jésus, l'histoire humaine de fait n’est plus humaine : Dieu s’en est emparé ! Et Jean-Baptiste envoyé pour annoncer, ne peut même pas s’appuyer sur ce qu’il annonce pour se disposer au don qui est fait. La seule disposition au don de Jésus, c’est d’être un pauvre, d’être de plus en plus en attente –et ça on aime pas-parce qu’il n’y a que Dieu qui peut me préparer à le recevoir : « Le Verbe par son incarnation s’est en quelque sorte uni a tout homme ».


Aussi, dès qu’on accepte d’être conduit par ce petit chemin, ou on passe son temps à interroger, à supprimer tout schème idéal, en choisissant d’être radicalement pauvres, de s’appuyer sur ceux qu’Il nous envoie, on permet à Dieu de venir nous posséder d’une manière telle qu’on acquière Sa dignité : Tout ce qui appartient en propre à Dieu nous est donné ; mais il n’y a que Dieu qui puise nous y faire entrer; ça, aucun des prophètes de l’A.T ne pouvait y prétendre ou l’imaginer. 

 


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« Convertissez-vous car le royaume des cieux est tout proche ».

5 Décembre 2010, 18:17pm

Publié par Father Greg

 

 

« Une voix crie :

Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route ».

 

 

250px-St-John-the-Baptist-PreachingQu’est-ce que se convertir ? Facilement on dirait : faut s’y remettre, faire des efforts, essayer d’acquérir une espèce de perfection, progresser etc… Très bien pour notre croissance humaine. Mais, pour l’Esprit-St, se convertir, c’est en premier aller écouter Jean le Baptiste ; c’est aller au désert –dans un lieu qui ne nous est pas connaturel- écouter celui que l’Esprit-Saint met sur notre route pour nous montrer Jésus. La conversion c’est d’abord se mettre à l’école de celui que l’Esprit-saint nous envoie et qui n’est pas selon nos schèmes : quelqu’un vétu de poils de chameaux, pas à la mode, qui ne sent pas nécessairement très bon, qui va nous déranger nos programmes préétablis, et qui au final réclame d’entrer dans quelque chose qui n’est pas nous.

 

Ainsi, la première conversion c’est de choisir de ne pas s’appuyer sur nous-même ; on ne peut pas par nous-mêmes accueillir le sauveur.

 

  A quoi servirait d’encourager un coureur à redoubler ses efforts s’il court dans la direction opposée à celle de la ligne d’arrivée ? Il faut alors qu’il change de trajectoire… Se convertir, c’est bien aller dans la direction que l’Esprit-Saint veut pour nous!

 

Ensuite, Jean-Baptiste nous demande de prendre un moyen qui parait ridicule : le baptême, l’immersion dans l’eau. Peut-être y-a-t-il de grands symboles derrière ce geste, mais concrètement c'est presque trop simple! Là encore, on voudrait être mesure des moyens! Or, les moyens que Dieu prend avec nous sont parfois plus simples et même ridicule à vue humaine, vue l’ampleur du désastre, et, c’est tellement ‘simple’ qu’on n’y croit pas. Pour nous, très souvent, on veut –ou on croit- qu’il faut en baver pour qu’il y ait un résultat, pour arriver à quelque chose. Dieu, lui, veut qu’on entre dans le moyen qui est le sien ; c’est la manière pour lui de faire de nous des Fils, ceux dont la dignité est d’avoir accepté de se recevoir de Dieu.

 

Enfin, l’Esprit-Saint, à travers Jean le Baptiste, réclame de ne pas nous appuyer sur ce que l’on a acquis, sur notre héritage : « n'allez pas dire en vous-mêmes : 'Nous avons Abraham pour père !! » Tout ce que l’on a acquis doit être comme offert, brulé, pour ne nous appuyer que sur celui qui vient.

 

Ainsi, il nous demande de suspendre tout jugement sur nous-même, sur nos échecs et nos gloires, pour entrer et recevoir quelque chose qui vient d’en haut. C’est à la fois très simple : c’est une nouvelle vie, une nouvelle naissance ; et à la fois c’est extrèmement exigeant car cette conversion c’est de choisir cette pauvreté radicale, totale, pour qu’Il puisse s’emparer de tout en nous, tout imbiber, tout posséder et tout reprendre à travers son don.

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Veillez !!!

28 Novembre 2010, 06:52am

Publié par Father Greg

 

Veillez !!!

 

 

« Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra…Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ».

 

 

L’avent, c’est, en latin : ‘l’arrivée du jour’ !  « Le jour est arrivé » !!! Cet évangile, c’est Jésus qui nous demande d’ouvrir les yeux : il demande d’être fixé sur la vraie réalité qui est déjà là, mais pas encore manifesté. Comme un veilleur de guetter sa manifestation, d’attendre ce moment actuel où il vient à nous ; il est Celui qui maintenant vient à moi ! Il m’est donné tout de suite, c’est ça le réel que je dois demander de toucher, auquel je dois être éveillé ! Il est Celui qui est déjà là, et qui n’arrête pas de venir à nous.

- Mais, ce qui, d'habitude, nous dérange dans cet évangile ; c'est la comparaison avec le déluge, au temps de Noé et la mise en garde qui va avec : « Deux hommes seront aux champs, l'un est pris, l'autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l'une est prise, l'autre laissée ». Comment faire pour entendre là un évangile, au vrai sens du terme, c'est-à-dire une Bonne Nouvelle ? 

- Comme toujours: ou bien nous lisons ces lignes de la manière humaine, c'est-à-dire avec notre mesure, à notre taille... ou bien nous entendons Jésus nous dire quelque chose qu’il veut réaliser pour nous. 

 

- Or, ce qu'il faut demander c’est ces moyens que Noé a pris les pour ouvrir les yeux ; Il a accepté de quitter ce qu’il croyait connaitre, ses petites sécurités, alors qu’à côté, les gens ont continué de faire les kékés, diners mondains etc... Oh, pas méchant, mais que de perte de temps ! Et personne n’a vu qu’un don incroyable était là, à porté de main ; et le déluge, c’est le déluge des choses secondes qui nous emportent, nous dispersent et font de nous des errants !

 

- Et là, on retrouve un thème habituel, celui du jugement (ou du tri), entre le bon grain et l’ivraie. Or, du bon et du mauvais, du bon grain et de l'ivraie, il y en a en chacun de nous : c'est donc au cœur de chacun de nous que le bon est préservé et le mal extirpé. Qu’est-ce qui est vraiment vécu avec Jésus et qui est éternel ? Si mes perfections ou mes misères me font me regarder, c’est encore une perte de temps ; si mes misères me font mendier et mes qualités rendre grâce et tout lui donner, alors tout ce que j’ai vécu a immédiatement une signification éternelle !

 

-Enfin, quand Jésus parle de sa venue, il ne parle pas de lui tout seul. Il annonce que toute personne est en train d’être plus posséder, être toujours plus pris par ce don immense. Saint Paul exprime autrement ce même mystère quand il dit que le Christ est la tête d'un Corps dont nous sommes les membres. 


- Si bien que, en fait, quand nous disons « Nous attendons le bonheur que tu promets qui est l'avènement de Jésus-Christ notre Seigneur »... c'est du Christ total que nous parlons. Et alors nous comprenons que Jésus puisse parler de sa venue au futur : l'homme Jésus est déjà venu mais le Christ total est en train de naître: « La création tout entière gémit dans les douleurs d'un enfantement qui dure encore »

 

Veillez donc ! Regardez cette naissance qui veut tout prendre en vous, et arrêter de lui résister en vous accrochant à vos petits projets, ou de pleurer sur ces ruines de Jérusalem en vous… Car Il est déjà là, et Il vient pour être encore plus là pour vous !

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