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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

evangile du dimanche

Il est présent à tout ce que nous sommes!

7 Avril 2012, 23:42pm

Publié par Father Greg

 

66.jpgLa résurrection, au-delà de la joie liturgique et du feu pascal, c’est d’abord l’expérience de l’absenceAbsence de signes et de traces visibles. Pas de manifestation ! « Vous cherchez Jésus ? Il n’est pas ici ! » Il n’est pas dans une victoire temporelle ou un ordre naturel idéal ! Il n’est pas dans nos projets liturgique, pas dans un évènement extraordinaire, ou dans notre immanence pieuse : Jésus ressuscité n’est plus de ce monde ! Il n’est plus selon notre conditionnement ou notre psychologie à la recherche d’équilibre ou de guérison intérieure ! Il n’est plus localisable dans le monde physique, il échappe au lieu et au temps : parce qu’Il est encore plus présent, il est LA REALITE, Celui qui s’impose à tout ce qui existe.


 Jésus ressuscité, est présent d’une manière incroyable : il est partout présent ; La résurrection, c’est quelqu’un, c’est Jésus qui prend possession de tout l’univers ! Jésus ressuscité : c’est Celui qui nous attend, celui qui nous précède ! Et il est ressuscité pour nous, pour tout vivre avec nous, de l’intérieur. Et cela c’est tout de suite! Dans la foi, nous avons un contact immédiat avec lui, sans aucune distance. Et cela d’une manière telle, que sa résurrection, c’est la mienne : LA REVELATION N’EST PAS UNE VITRINE : donc LA RESURECTION C’EST LA VERITE, C’EST LE VRAI REEL QUI M’ENTOURE !


Aussi, on ne peut plus se regarder de la même manière ; On doit tout réapprendre auprès de Lui. Nous sommes déjà habitant du ciel, puisque tout en étant sur la terre -avec tout ce qui fait son poids quotidien- il vient nous prendre et nous épouser dans tout ce que nous sommes.

 

C’est cela que les femmes qui ont courus au tombeau doivent annoncer. Comment ? Pas par des mots, des consolations, des raisonnements ou des chocolats!  C'est vrai, on aimerait tellement prouver aux autres qu'on a ‘raison’ de croire à la résurrection! Et pourtant, même Jésus n'a pas cherché à prouver. Il aurait pu apparaitre à Hérode, à Pilate ou aux grands-prêtres au matin de Pâques: imaginez ces grands prêtres, dormant avec leurs phylactères, plein de leurs projets bien pieux, de quête de perfection toute humaine et bien moralisante, réveillés par une apparition de Jésus ressuscité: la cata pour eux...!  Non, Jésus ne s'impose jamais et la résurrection, cette présence victorieuse qui réordonne tout, cette attraction substantielle qui nous prend, est une victoire cachée, divine, qui ne réclame pas comme tel de manifestation: c'est la réalité même de Dieu pour nous qui emplit l'univers et qui habite tout notre histoire humaine de l'intérieur.

 

C'est une victoire dont on est témoin en en vivant comme un secret, dans la foi, comme ce qui est la réalité, ce qu'il y a de plus existant dans notre univers. C'est la présence de Jésus qui ne connait plus de limites: il est présent à tout ce que nous sommes.  Jésus ressuscité, c’est Jésus qui est présent de la manière la plus effective qui soit comme Dieu nous est présent: il imbibe tout! Il est là comme un feu qui vient tout éclairer de l’intérieur. « Il fait toutes choses nouvelles ». C’est une nouvelle naissance ! Il ne nous quitte plus. C’est un nouveau secret : un nouveau paradis est donné, bien que encore caché. Il est intérieur: c’est Dieu qui vient posséder toute notre vie pour lui donner une taille divine, une fécondité éternelle.

 

La résurrection, c’est une source. C’est Jésus qui vient nous dire qu’il prend tout, qu’on ne doit plus avoir peur. Plus rien n’est en dehors de lui si nous le voulons. Nous ne sommes plus jamais seuls. Plus rien n’est en vain. C’est la joie du matin de Pâques : tout est nouveau, renouvelé, recréé par Dieu.

Fr Grégoire.

 

 

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Le sépulcre, ultime passage que Jésus veut nous faire vivre!

7 Avril 2012, 02:16am

Publié par Father Greg

images--1-.jpgJésus a été condamné comme un blasphémateur, rejeté par les grands prêtres comme ayant usurpé le titre de Fils de Dieu : il déclarait Dieu son Père !

Et Jésus est condamné, parce qu'il est de trop pour les hommes! Jésus est coupable de trop d’amour : il ne respecte pas les Lois, trop engagés dans la vie des personnes ! C’est un amour trop fort, trop exigeant pour l’homme. C’est une trop grande lumière, insupportable pour nos yeux trop humains. Cela dérange : n'est-ce pas du relativisme face à l’absolu de la loi ?! Un homme, ami des pécheurs, mangeant avec les publicains et les prostituées: mais voyons, n'avait-il pas une double vie alors? C'est trop louche...


Et ça demeure toujours. L’humanité d’aujourd’hui condamne Jésus. Les opinions des hommes, les racontars et les dire des grands prêtres ont avec eux le prestige et la puissance ! Et puis, dame : il n’y a pas de fumée sans feu : s’il est condamné, c’est qu’il y a faute !

Si Jésus a été condamné à mort, chaque chrétien lié à Jésus sait qu’il peut connaître le même sort que Lui, qu’il peut lui aussi être rejeté, mis au ban de la communauté dans laquelle il est ; qu’il peut être abandonné de ceux qui devraient l’aider et le soutenir : les autorités temporelles. 


Jésus a accepté de se taire et de prendre la dernière place pour montrer au Père qu’une seule chose compte à ses yeux : l’accomplissement de sa volonté. C’est pour ça que Jésus aime la Croix : c’est parce que la révélation de la bonté du Père, de son attraction sur nous passe par cette offrande silencieuse de tout lui-même!


Et Jésus pardonne à la croix, pardonne à ceux qui l’ont trahis, qui ont livrés ses secrets, qui l’ont blessés dans ce qu’il avait de plus vulnérable, en se faisant l'agneau qu'on mène à l'abattoir, en acceptant de disparaitre. 

 

Il doit disparaitre: tel est le jugement des hommes: il est trop dangereux, il doit disparaitre!

Son corps cadavérique doit être remis à la terre. Il n’y a plus de corps, plus de souffrance visible pour compatir.

Il n’y a plus rien.  C’est l’absence, le vide.

Séparée du cadavre de son Fils, Marie vit la descente aux enfers. Elle vit cette brisure, cet état cadavérique, ce silence de mort.

Il n’y a plus que l’abandon, il n’y a plus que la brutalité des faits : c’est la violence de la mort, de la mise au tombeau, qui plongent ceux qui restent dans une solitude totale : être là, comme inutile, dans un pâtir à l’état pur.

L’Eglise -et donc chaque chrétien- doit vivre le mystère du Sépulcre : c’est son ultime étape, la dernière étape avant le retour du Christ. Cette étape, on peut dire que l’église l’a toujours vécue, comme elle a toujours vécu de l’Agonie et de la Croix. Mais il y aura un moment - et nous y sommes peut-être - où l’Église devra vivre, d’une manière toute particulière, de ce mystère du Sépulcre.

fr Grégoire.


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Pauvreté et action de grâce...

3 Avril 2012, 02:19am

Publié par Father Greg

 

 

angelico_descente_croix1.jpgDans la dernière semaine du Christ sur la terre, telle que nous la rapporte l’évangile selon saint Jean, tout commence par l’action de grâces. L’onction de Béthanie (cf. Jn 12, 1-10), vécue avec des amis, des intimes, précède l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Jean souligne d’une façon toute particulière l’importance de ce repas d’action de grâces, donné à Béthanie chez Marie, Marthe et Lazare pour rendre grâces à Jésus. Et dans ce moment particulièrement important, nous découvrons un lien mystérieux entre la pauvreté et l’action de grâces.

 

Cela est très important pour l’Église ; en effet, si, comme l’a souligné Jean Paul II, l’Église n’a pas d’autre mission que celle du Christ, si, en Marie, elle suit l’Agneau partout où il va (Ap 14, 4), il est essentiel de découvrir l’importance de ce geste d’action de grâces : n’est-ce pas par excellence le rôle de la vie contemplative dans l’Église ? Vivre dans cette gratuité, dans ce don « en pure perte », rendre grâce à Jésus pour toute sa miséricorde, vivre dans ce dépouillement que réclame l’amour du Christ qui est allé pour nous jusqu’à la mort et la mise au tombeau. Et nous avons là une lumière merveilleuse pour voir combien la vie contemplative, dans l’Église, doit prendre une note particulière lors de la dernière semaine : elle est une offrande dans la gratuité de l’amour, à travers un don ultime, un renouveau dans une action de grâces très pure et très simple.

 

« Jésus donc, six jours avant la Pâque, vint à Béthanie, où était Lazare que Jésus avait relevé d’entre les morts. On lui fit donc là un dîner, et Marthe servait, et Lazare était l’un de ceux qui étaient à table avec lui. Marie donc, prenant une livre de parfum de vrai nard d’un grand prix, oignit les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l’odeur du parfum. Judas l’Iscariote, un de ses disciples, celui qui devait le livrer, dit : “Pourquoi ce parfum n’a-t-il pas été vendu trois cents deniers, qu’on aurait donnés à des pauvres ?” Il dit cela, non qu’il eût souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur et que, tenant la bourse, il emportait ce qu’on y mettait. Jésus dit donc : “Laisse-la garder ce [parfum] pour le jour de ma sépulture. Car les pauvres, vous les avez toujours avec vous ; mais moi, vous ne m’avez pas pour toujours”. La foule nombreuse des Juifs connut donc que [Jésus] était là, et ils vinrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir Lazare, qu’il avait relevé d’entre les morts. Et les grands prêtres décidèrent de tuer aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs s’en allaient à cause de lui et croyaient en Jésus ».

 

Nous découvrons bien ici l’unité entre l’action de grâces de Marie, la sœur de Lazare, et le mystère de la pauvreté insondable de Jésus. La dernière semaine commence par l’action de grâces et la pauvreté !

 

L’action de grâces de Marie est d’abord une réponse à la miséricorde de Jésus envers ses amis Lazare, Marthe et Marie. La résurrection de Lazare avait été un geste ultime, extraordinaire. Et devant ce geste, signe du mystère de Jésus qui est « la Résurrection et la Vie », ce repas d’action de grâces s’impose en quelque sorte. Il s’impose d’autant plus que les choses se précipitent : en venant à Béthanie, Jésus sait bien qu’il vient au-devant de ceux qui le poursuivent et cherchent à l’arrêter. Le climat général est très tendu, et c’est dans cette urgence que Jésus vient. Il ne reviendra plus ! Pour la dernière fois, il vient chez ses amis, pour vivre avec eux et ses Apôtres cette dernière rencontre, dans la joie et dans la gravité d’un adieu.

 

C’est au cours de ce repas que Marie, la sœur de Lazare, fait ce geste merveilleux : un geste extrême, « en pure perte », qui ne se répète pas et ne peut pas se reprendre. Se servant de ce parfum très précieux, avec surabondance, elle exprime à Jésus tout l’amour et toute la reconnaissance qui animent son cœur en ce dernier moment. Et Jean souligne que « la maison fut remplie de l’odeur du parfum ». Tous, portés par le geste de Marie, sont à l’unisson de son action de grâces et du silence qui remplit le cœur de Jésus.

 

Tous sauf Judas ! En effet, ce geste suscite sa colère et il explose devant tous : il se dévoile, furieux contre Marie la sœur de Lazare et contre Jésus. Il ne supporte pas la gratuité, l’excès qu’elle porte en elle-même parce qu’elle provient de l’amour ; et il reproche à Jésus d’accepter ce geste… La miséricorde de Jésus et l’action de grâces qu’elle suscite sont scandaleuses pour Judas ! Et il oppose cette gratuité, cette surabondance, à un calcul économique très précis, sous prétexte d’aider les pauvres avec efficacité : « Pourquoi ce parfum n’a-t-il pas été vendu trois cents deniers » – c’est-à-dire l’équivalent de trois cents jours de travail ! – « qu’on aurait donnés à des pauvres ? » Judas n’a rien compris car, précisément, l’action de grâces et la pauvreté sont liées : seuls les pauvres savent vraiment remercier, et Jésus n’est en rien rival des pauvres, il est le Pauvre par excellence.

 

Judas juge de l’extérieur le geste de Marie, la sœur de Lazare, parce qu’il manque de pauvreté. Parce qu’il accapare, à tel point qu’il est un voleur, il murmure contre la miséricorde de Jésus et, du même coup, contre l’action de grâces. Et il prend l’apparence de la miséricorde : « Pourquoi ce parfum n’a-t-il pas été vendu trois cents deniers, qu’on aurait donnés à des pauvres ? » En réalité, il ne regarde plus Jésus, il estime un bien temporel et calcule ce qu’on pourrait en tirer.

 

Devant cette réaction très violente de Judas, qui brise et qui oppose, Jésus prend la défense de Marie : « Jésus dit donc : “ Laisse-la garder ce [parfum] pour le jour de ma sépulture. Car les pauvres, vous les avez toujours avec vous ; mais moi, vous ne m’avez pas pour toujours ” ». En disant cela, il révèle le caractère prophétique du geste de Marie et jusqu’où va sa propre pauvreté : jusqu’à l’extrême pauvreté de la mort, jusqu’à l’ultime petitesse du cadavre qui sera remis à la terre.

 

N’est-ce pas ce qui nous donne le sens du mystère de la Compassion de Marie, la Mère de Jésus, dans ce qu’il aura d’ultime ? Suivant l’Agneau partout où il va, elle ira jusqu’à l’agonie, à la Croix et au sépulcre, une avec Jésus dans le même mystère d’amour, d’offrande et d’action de grâces. Le geste prophétique de Marie, la sœur de Lazare, nous aide à y entrer et à saisir ce que Marie, la Mère de Jésus et notre Mère, a vécu dans le grand silence de l’amour. C’est ce dont la vie contemplative est le témoin vivant au cœur de l’Église : « au cœur de l’Église, je serai l’amour ». En ce sens, elle témoigne de la gratuité de l’amour, au-delà de toutes les œuvres de miséricorde.

 

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org

 

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« La maison fut remplie par l'odeur du parfum »

2 Avril 2012, 02:15am

Publié par Father Greg

 

« Marie avait pris une livre d'un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu'elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie par l'odeur du parfum ». St Jean 12,1-11 

 

 

39religi.jpgLe repas de Béthanie donne comme la note profonde de toute la semaine sainte. C’est LA lumière sur le mystère de la Croix, sur le mystère du Sépulcre, sur le don que Jésus fait de lui-même à la Croix. Ce geste, ce parfum d’un grand prix répandu gratuitement, que l’on ne peut pas récupérer, c’est d’abord une initiative de Marie la sœur de Lazare qui répond au geste de Jésus qui a ressuscité son frère. Or, la résurrection de Lazare, c’est, oui, cet événement extraordinaire de Lazare qui revient de chez les morts ; mais plus profondément, c’est Jésus qui se communique et qui nous fait revivre, chacun de nous, en se greffant à nous ; c’est donc une vie nouvelle, divine, quasi-substantielle, que l’on ne peut vivre que dans un lien, une dépendance immédiate, constante et totalement gratuite envers lui.


On a tout reçu et on reçoit tout ce que l’on est de Dieu actuellement. Mais la résurrection, c’est toute notre vie qui est comme habité, marqué, imbibé de la personne de Jésus et qui en vit quand tout est marqué dans notre vie par cette gratuité inouïe. C’est pourquoi ce geste de Marie, ce parfum répandu manifeste le désir le plus secret et le plus fort de Jésus sur nous : de tout vivre dans la lumière de son don, de vivre de son amour pour nous, dans une grande action de grâce. C’est cela son attente sur nous, que l’on découvre ce ‘parfum d’un grand prix’, d’une qualité unique que Jésus attend que nous lui offrions, librement, parce que c’est lui, sans chercher à en récupérer quelque chose…

 

L’action de grâce n’est donc pas simplement un remerciement, mais de revenir à cette source actuelle et cachée qu’est le don de Jésus dans sa personne, toujours présent à nous. C’est le geste de l’ami qui manifeste à son ami une préférence, son choix secret dans l’amour. C’est cette inclination intérieure qui nous pousse à sortir de nous-même pour vivre de l’autre et qui le manifeste par ce geste.

 

C’est accepter de s’exposer au regard du monde, à ce regard utilitaire, économique qui voudrait que tout soit utile, profitable, bref, que ça serve : « Judas Iscariote, l'un des disciples, celui qui allait le livrer, dit alors :  -Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d'argent, que l'on aurait données à des pauvres ?- » C’est le regard jaloux de celui qui n’aime plus et qui n’a comme critère de vérité que la valeur économique des choses !!  

 

A cela, c’est Jésus lui-même qui répond : « Laisse-la ! Il fallait qu'elle garde ce parfum pour le jour de mon ensevelissement. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. » 

 

Parce que Jésus n’est qu’à ce niveau-là, Jésus n’est qu’amour, que don, parfum répandu en pure perte, sans aucun calcul de pertes et profits, Jésus défend farouchement ce qui, en nous, relève de l’amour ! C’est nos secrets dans l’amour, nos désirs les plus cachés, les plus intimes, les plus fous parfois, qu’il veut faire grandir et acquérir une taille divine en nous : que l’on donne tout pour être toute attente et entrer dans une nouvelle lumière, une nouvelle présence de lui pour nous.

 

Ultimement, c’est à la croix que Jésus est ce parfum répandu pour le Père, et pour nous, en pure perte, gratuitement, inutilement. C’est cette ferveur dans l’amour qu’il veut nous donner dans cette semaine sainte, cette semaine d’amour, de désirs, de secrets communiqués à ceux qui mendient cet amour. C’est sa soif pour nous.

 

Fr Grégoire.

 

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Jésus-Roi, l'agneau sans défense, silencieux et immolé!

1 Avril 2012, 03:59am

Publié par Father Greg

 

 

agneaudeDieu.jpg  « Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem » (Lc 19, 28). Tout au début de la liturgie de ce jour, l'Eglise anticipe sa réponse à l'Evangile, en disant : « Nous suivons le Seigneur ». Avec cela, le thème du Dimanche des Rameaux est clairement exprimé. Il s'agit de la « sequela ». Etre chrétiens signifie considérer la voie de Jésus Christ comme la juste voie pour être des hommes - comme la voie qui conduit à l'objectif, à une humanité pleinement réalisée et authentique. Je voudrais répéter de manière particulière à tous les jeunes, garçons et filles, en cette XXVème Journée mondiale de la jeunesse, qu'être chrétiens est un chemin, ou mieux : un pèlerinage, un cheminement avec Jésus Christ. Un cheminement dans la direction qu'Il nous a indiquée et qu'il nous indique.


Mais de quelle direction s'agit-il ? Comment la trouver ? La phrase de notre Evangile offre deux indications à cet égard. En premier lieu, elle dit qu'il s'agit d'une montée. Cela a tout d'abord une signification très concrète. Jéricho, où s'est déroulée la dernière partie du pèlerinage de Jésus, se trouve à 250 mètres au-dessous du niveau de la mer, alors que Jérusalem - le but du chemin - se trouve à 740-780 mètres au-dessus du niveau de la mer : une montée de presque mille mètres. Mais ce chemin extérieur est surtout une image du mouvement intérieur de l'existence, qui s'accomplit à la suite du Christ : c'est une montée à la hauteur véritable pour être des hommes. L'homme peut choisir un chemin facile et éloigner toute difficulté. Il peut aussi descendre vers le bas, vers la vulgarité. Il peut sombrer dans le marécage du mensonge et de la malhonnêteté. Jésus marche devant nous, et il se dirige vers le haut. Il nous conduit vers ce qui est grand, pur, il nous conduit vers l'air sain des hauteurs : vers la vie selon la vérité ; vers le courage qui ne se laisse pas intimider par la rumeur des opinions dominantes ; vers la patience qui supporte et soutient l'autre. Il conduit vers la disponibilité pour les personnes qui souffrent, pour les laissés-pour-compte ; vers la fidélité qui est du côté de l'autre, lorsque la situation devient difficile. Il conduit vers la disponibilité à apporter de l'aide ; vers la bonté qui ne se laisse pas désarmer, même par l'ingratitude. Il nous conduit vers l'amour - il nous conduit vers Dieu.


« Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem ». Si nous lisons cette parole de l'Evangile dans le contexte du chemin de Jésus dans son ensemble - un chemin qu'il poursuit précisément jusqu'à la fin des temps - nous pouvons découvrir différents niveaux dans l'indication de l'objectif « Jérusalem ». Il faut naturellement tout d'abord comprendre simplement le lieu « Jérusalem » : c'est la ville où se trouve le Temple de Dieu, dont l'unicité devait rappeler l'unicité de Dieu lui-même. Ce lieu annonce donc tout d'abord deux choses : d'une part, il dit que Dieu est un seul dans tout le monde, il dépasse immensément tous nos lieux et temps ; il est ce Dieu auquel appartient toute la création. C'est le Dieu dont tous les hommes, au plus profond d'eux-mêmes, sont à la recherche et dont, d'une certaine façon, tous ont également connaissance. Mais ce Dieu s'est donné un nom. Il s'est fait connaître à nous, il a commencé une histoire avec les hommes ; il a choisi un homme - Abraham - comme point de départ de cette histoire. Le Dieu infini est en même temps le Dieu proche. Lui, qui ne peut être enfermé dans aucun édifice, veut toutefois habiter parmi nous, être totalement avec nous.


Si Jésus monte avec Israël en pèlerinage vers Jérusalem, Il y va pour célébrer la Pâque avec Israël : le mémorial de la libération d'Israël - un mémorial qui, en même temps, est toujours espérance de la libération définitive, que Dieu donnera. Et Jésus va vers cette fête conscient d'être Lui-même l'Agneau en qui s'accomplira ce que le Livre de l'Exode dit à cet égard : un agneau sans défaut, mâle, qui, au coucher du soleil, devant les yeux des fils d'Israël, est immolé « comme rite perpétuel » (cf. Ex 12, 5-6. 14). Enfin, Jésus sait que sa vie ira au-delà : la croix ne constituera pas sa fin. Il sait que son chemin déchirera le voile entre ce monde et le monde de Dieu ; qu'Il montera jusqu'au trône de Dieu et réconciliera Dieu et l'homme dans son corps. Il sait que son corps ressuscité sera le nouveau sacrifice et le nouveau Temple ; qu'autour de Lui, de la multitude des anges et des saints, se formera la nouvelle Jérusalem qui est dans le ciel et toutefois aussi déjà sur la terre, car dans sa passion Il a ouvert la frontière entre le ciel et la terre. Son chemin conduit au-delà de la cime du mont du Temple, jusqu'à la hauteur de Dieu lui-même : telle est la grande montée à laquelle il nous invite tous. Il reste toujours auprès de nous sur la terre et il est toujours déjà parvenu auprès de Dieu, Il nous guide sur la terre et au-delà de la terre.

 

Ainsi, dans l'amplitude de la montée de Jésus deviennent visibles les dimensions de notre « sequela » - l'objectif auquel il veut nous conduire : jusqu'aux hauteurs de Dieu, à la communion avec Dieu ; à l'être-avec-Dieu. Tel est le véritable objectif, et la communion avec Lui est le chemin. La communion avec Lui est une manière d'être en marche, une montée permanente vers la véritable hauteur de notre appel. Marcher avec Jésus c'est toujours en même temps un cheminement dans le « nous » de ceux qui veulent Le suivre. Il nous introduit dans cette communauté. Etant donné que le chemin jusqu'à la vraie vie, jusqu'à être des hommes conformes au modèle du Fils de Dieu Jésus Christ dépasse nos propres forces, ce cheminement comporte toujours également le fait que nous soyons portés. Nous nous trouvons, pour ainsi dire, dans une cordée avec Jésus Christ - avec Lui dans la montée vers les hauteurs de Dieu. Il nous tire et nous soutient. Se laisser intégrer dans cette cordée, accepter de ne pas pouvoir y arriver seuls, fait partie de cette « sequela » du Christ. Cet acte d'humilité, entrer dans le « nous » de l'Eglise ; s'accrocher à la cordée, la responsabilité de la communion - ne pas arracher la corde par entêtement ou suffisance, fait partie de celle-ci. Croire humblement avec l'Eglise, ainsi qu'être accrochés à la cordée de la montée vers Dieu, est une condition essentielle de la « sequela ». Ne pas se comporter en patrons de la Parole de Dieu, ne pas courir derrière une idée erronée de l'émancipation, fait également partie du fait de se trouver dans l'ensemble de la cordée. L'humilité de l'« être-avec » est essentielle à la montée. Que dans les sacrements nous nous laissions toujours prendre à nouveau par la main par le Seigneur, que nous nous laissions purifier et fortifier par Lui, que nous acceptions la discipline de la montée, même si nous sommes fatigués, fait également partie de celle-ci.


Enfin, il nous faut encore dire : la Croix fait partie de la montée vers la hauteur de Jésus Christ, de la montée jusqu'à la hauteur de Dieu. De même que dans les événements de ce monde on ne peut pas atteindre de grands résultats sans renonciation et un dur exercice, de même que la joie d'une grande découverte dans le domaine des connaissances ou d'une véritable capacité d'action est liée à la discipline, ou plutôt à la fatigue de l'apprentissage ; le chemin vers la vie, vers la réalisation de la propre humanité, est lié à la communion avec Celui qui est monté à la hauteur de Dieu à travers la Croix. En dernière analyse, la Croix est l'expression de ce que signifie l'amour : seul celui qui se perd, se trouve.


La « sequela » du Christ demande comme premier pas de nous réveiller de la nostalgie pour être authentiquement des hommes, et ainsi de nous réveiller pour Dieu. Elle demande également que l'on entre dans la cordée de ceux qui montent, dans la communion de l'Eglise. Dans le « nous » de l'Eglise nous entrons en communion avec le « Toi » de Jésus Christ et nous rejoignons ainsi le chemin vers Dieu. En outre, il est demandé que l'on écoute la Parole de Jésus Christ et qu'on la vive : dans la foi, l'espérance et l'amour. Ainsi, nous sommes en chemin vers la Jérusalem définitive et, dès à présent, d'une certaine manière, nous nous trouvons là, dans la communion de tous les saints de Dieu.

 

Notre pèlerinage à la suite du Christ ne va pas vers une ville terrestre, mais vers la nouvelle Cité de Dieu, qui grandit au milieu de ce monde. Le pèlerinage vers la Jérusalem terrestre, toutefois, peut être précisément également pour nous, chrétiens, un élément utile pour ce voyage plus grand. J'ai moi-même attribué trois significations à mon pèlerinage en Terre Sainte de l'an dernier. Tout d'abord, j'avais pensé qu'à cette occasion, il peut nous arriver ce que Jean dit au début de sa Première Lettre : ce que nous avons entendu, nous pouvons, d'une certaine façon, le voir et le toucher de nos propres mains (cf. 1 Jn 1, 1). La foi en Jésus Christ n'est pas une invention légendaire. Elle se base sur une histoire qui a véritablement eu lieu. Cette histoire, nous pouvons, pour ainsi dire, la contempler et la toucher. Il est émouvant de se trouver à Nazareth sur le lieu où l'Ange apparut à Marie et lui confia la tâche de devenir la Mère du Rédempteur. Il est émouvant de se trouver à Bethléem sur le lieu où le Verbe, s'étant fait chair, est venu habiter parmi nous ; poser le pied sur la terre sainte où Dieu a voulu se faire homme et enfant. Il est émouvant de monter l'escalier vers le Calvaire jusqu'au lieu où Jésus est mort pour nous sur la Croix. Et de demeurer enfin devant le sépulcre vide ; prier là où sa sainte dépouille a reposé et où, le troisième jour, eut lieu la résurrection. Suivre les chemins extérieurs de Jésus doit nous aider à marcher de façon plus joyeuse et avec une nouvelle certitude sur le chemin intérieur qu'Il nous a indiqué et qui est Lui-même.

 

 Dans la prière avec laquelle sont bénis les rameaux d'oliviers, nous prions afin que dans la communion avec le Christ, nous puissions apporter le fruit de bonnes œuvres. A partir d'une interprétation erronée de saint Paul, s'est développée de façon répétée, au cours de l'histoire et aujourd'hui encore, l'opinion selon laquelle les bonnes œuvres ne feraient pas partie de l'identité des chrétiens et que dans tous les cas, elles seraient insignifiantes pour le salut de l'homme. Mais si Paul dit que les œuvres ne peuvent justifier l'homme, il ne s'oppose pas en cela à l'importance d'agir de façon droite et, s'il parle de la fin de la Loi, il ne déclare pas dépassés et sans importance les Dix Commandements. Il n'est pas nécessaire à présent de réfléchir sur toute l'ampleur de la question qui intéressait l'Apôtre. Il est important de souligner qu'à travers le terme de « Loi », il n'entend pas les Dix Commandements, mais le style de vie complexe à travers lequel Israël devait se protéger contre les tentations du paganisme. Toutefois, le Christ a apporté Dieu aux païens. Cette forme de distinction ne leur est pas imposée. On leur donne uniquement le Christ comme Loi. Mais cela signifie l'amour pour Dieu et pour le prochain, et tout ce qui en fait partie. 

 Benoît XVI Homélie du dimanche des Rameaux 2010

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Dieu nous aime de façon obstinée.. (II)

19 Mars 2012, 04:27am

Publié par Father Greg

 

 

joie-11.jpgComment répondre à cet amour radical du Seigneur? L'Evangile nous présente un personnage du nom de Nicodème, membre du Sanhédrin de Jérusalem, qui va chercher Jésus la nuit. Il s'agit d'un honnête homme, attiré par les paroles et par l'exemple du Seigneur, mais qui a peur des autres, qui hésite à franchir le pas de la foi. Il ressent la fascination de ce Rabbì si différent des autres, mais il ne réussit pas à se soustraire aux conditionnements du milieu, contraire à Jésus, et il restera hésitant sur le seuil de la foi. 

 

Que de personnes, à notre époque également, sont à la recherche de Dieu, à la recherche de Jésus et de son Eglise, à la recherche de la miséricorde divine, et attendent un "signe" qui touche leur esprit et leur coeur! Aujourd'hui, comme alors, l'évangéliste nous rappelle que le seul "signe" est Jésus élevé sur la croix:  Jésus mort et ressuscité est le signe absolument suffisant. En Lui, nous pouvons comprendre la vérité de la vie et obtenir le salut. Telle est l'annonce centrale de l'Eglise, qui demeure immuable au cours des siècles. La foi chrétienne n'est donc pas une idéologie, mais une rencontre personnelle avec le Christ crucifié et ressuscité. De cette expérience, qui est individuelle et communautaire, naît ensuite une nouvelle façon de penser et d'agir:  c'est ainsi que trouve son origine, comme en témoignent les saints, une existence marquée par l'amour.

Chers amis, ce mystère est particulièrement éloquent dans votre paroisse, consacrée à "Dieu le Père miséricordieux". Celle-ci a été voulue - comme nous le savons bien - par mon bien-aimé prédécesseur Jean-Paul II en souvenir du Grand Jubilé de l'An 2000, afin de résumer de manière efficace la signification de cet événement spirituel extraordinaire. En méditant sur la miséricorde du Seigneur, qui s'est révélée de manière totale et définitive dans le mystère de la Croix, il me revient à l'esprit le texte que Jean-Paul II avait préparé pour la rencontre avec les fidèles du dimanche 3 avril,dimanche in Albis de l'année dernière. Dans les desseins divins, il était écrit qu'il devait nous quitter précisément la veille de ce jour, le samedi 2 avril - nous nous en souvenons tous parfaitement - et pour cette raison, il ne put pas prononcer ces paroles, qu'il me plaît à présent de vous reproposer, chers frères et soeurs. Le Pape avait écrit:  "Le Seigneur ressuscité offre en don à l'humanité, qui semble parfois égarée et dominée par le pouvoir du mal, par l'égoïsme et par la peur, son amour qui pardonne, qui réconcilie et ouvre à nouveau l'âme à l'espérance. C'est l'amour qui convertit les coeurs et qui donne la paix". Dans ce dernier texte, qui est comme un testament, le Pape ajoutait:  "Combien le monde a besoin de compréhension et d'accueillir la Divine Miséricorde!".

 

  Comprendre et accueillir l'amour miséricordieux de Dieu:  que cela soit votre engagement, tout d'abord au sein des familles et ensuite dans tous les milieux du quartier. Je forme ce voeu de tout coeur, alors que je vous salue cordialement, en commençant par les prêtres qui s'occupent de votre communauté sous la direction du curé, Dom Gianfranco Corbino, que je remercie sincèrement pour s'être fait l'interprète de vos sentiments, avec une belle présentation de cet édifice, de cette "barque" de Pierre et du Seigneur. J'étends ensuite mon salut au Cardinal Vicaire Camillo Ruini et au Cardinal Crescenzio Sepe, titulaire  de votre église, au Vice-gérant et Evêque du secteur Est de Rome, et à ceux qui coopèrent activement aux divers services paroissiaux. Je sais que votre communauté est jeune, avec dix ans de vie seulement, qu'elle a passé les premiers temps dans des conditions précaires, dans l'attente de l'achèvement des structures actuelles. Je sais également que les difficultés initiales, plutôt que vous décourager, vous ont poussés à un engagement apostolique unanime, avec une attention particulière au domaine de la catéchèse, de la liturgie et de la charité. Chers amis, poursuivez le chemin entrepris, en vous efforçant de faire de votre paroisse une véritable famille où la fidélité à la Parole de Dieu et à la Tradition de l'Eglise devient jour après jour toujours davantage la règle de vie. Je sais ensuite que votre église, en raison de sa structure architecturale originale, est le but de nombreux visiteurs. Faites-leur apprécier non seulement la beauté particulière de l'édifice sacré, mais surtout la richesse d'une communauté vivante, visant à témoigner l'amour de Dieu, Père miséricordieux. Cet amour qui est le véritable secret de la joie chrétienne, auquel nous invite le dimanche in Laetare, le dimanche d'aujourd'hui. En tournant notre regard vers Marie, "Mère de la sainte joie", demandons-lui de nous aider à approfondir les raisons de notre foi, pour que, comme nous y exhorte aujourd'hui la liturgie, renouvelés dans l'esprit et l'âme joyeuse, nous répondions à l'amour éternel et infini de Dieu.

Amen!

Benoit XVI

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Dieu nous aime de façon obstinée..

18 Mars 2012, 04:15am

Publié par Father Greg

 

Chers frères et soeurs!

 

le-sourire-d-un-enfant.jpgCe quatrième dimanche de Carême, traditionnellement désigné comme "dimanche Laetare", est empreint d'une joie qui, dans une certaine mesure, adoucit le climat de pénitence de ce temps saint:  "Réjouissez-vous avec Jérusalem - dit l'Eglise dans le chant d'entrée - Exultez à cause d'elle [...] Avec elle soyez plein d'allégresse, vous tous qui portiez son deuil". Le refrain du  Psaume responsorial fait écho à cette invitation:  "Ton souvenir, Seigneur, est notre joie". Penser à Dieu procure de la joie. On se demande alors spontanément: mais quel est le motif pour lequel nous devons nous réjouir? Malgré notre indignité, nous sommes les destinataires de la miséricorde infinie de Dieu. Dieu nous aime d'une façon que nous pourrions qualifier d'"obstinée", et il nous enveloppe de son inépuisable tendresse.


C'est ce qui apparaît déjà dans la première lecture, tirée du Livre des Chroniques de l'Ancien Testament (cf. 2 Ch 36, 14-16.19-23), l'auteur saint propose une interprétation synthétique et significative de l'histoire du peuple élu, qui fait l'expérience de la punition de Dieu comme conséquence de son comportement rebelle:  le temple est détruit et le peuple en exil n'a plus de terre; il semble réellement qu'il ait été oublié par Dieu. Mais il se rend ensuite compte qu'à travers les châtiments, Dieu poursuit un dessein de miséricorde. Ce sera la destruction de la ville sainte et du temple - comme on l'a dit -, ce sera l'exil, qui touchera le coeur du peuple et qui le fera revenir à son Dieu pour le connaître plus profondément. Et alors le Seigneur, démontrant le primat absolu de son initiative sur tout effort purement humain, se servira d'un païen, Cyrus, roi de Perse, pour libérer Israël. Dans le texte que nous venons d'entendre, la colère et la miséricorde du Seigneur se confrontent au cours d'un épisode à caractère dramatique, mais à la fin, l'amour triomphe, car Dieu est amour. Comment ne pas recueillir dans le souvenir de ces lointains événements le message qui est valable pour chaque époque, y compris la nôtre? En pensant aux siècles passés, nous pouvons voir que Dieu continue à nous aimer également à travers les châtiments. Les desseins de Dieu, même lorsqu'ils passent à travers l'épreuve, visent toujours à un résultat de miséricorde et de pardon.


C'est ce que nous a confirmé l'Apôtre Paul dans la deuxième lecture, en nous rappelant que "Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont Il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ" (Ep 2, 4-5). Pour exprimer cette réalité de salut l'Apôtre, à côté du terme de miséricorde, eleos en grec, utilise également la parole amour, agape, reprise et amplifiée ultérieurement dans la très belle affirmation que nous avons entendue dans la page évangélique:  "Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique:  ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle" (Jn 3, 16).

Nous savons que ce "don" de la part du Père a eu un développement dramatique:  il est allé jusqu'au sacrifice du Fils sur la croix. Si toute la mission historique de Jésus est le signe éloquent de l'amour de Dieu, sa mort l'est de manière tout à fait particulière, la tendresse rédemptrice de Dieu s'étant pleinement exprimée en elle. Le centre de notre méditation doit donc toujours être, mais particulièrement en ce temps de Carême, la Croix. Dans celle-ci, nous contemplons la gloire du Seigneur qui resplendit dans le corps martyrisé de Jésus. C'est précisément dans ce don total de soi qu'apparaît la grandeur de Dieu, qu'apparaît qu'il est amour. C'est la gloire du Crucifié que chaque chrétien est appelé à comprendre, à vivre et à témoigner à travers son existence. La Croix - le don de soi-même du Fils de Dieu - est en définitive le "signe" par excellence qui nous est donné pour comprendre la vérité de l'homme et la vérité de Dieu:  nous avons tous été créés et rachetés par un Dieu qui a immolé son Fils unique par amour. Voilà pourquoi dans la Croix, comme je l'ai écrit dans l'Encyclique Deus caritas est, "s'accomplit le retournement de Dieu contre lui-même, dans lequel il se donne pour relever l'homme et le sauver - tel est l'amour dans sa forme la plus radicale" (n. 12).

Benoit XVI.

 

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Le carême: 40 jours pour crier: "rends-moi la joie de ton salut!" Ps 50.

26 Février 2012, 04:40am

Publié par Father Greg

 

 

 

Christ_Philadelphie-c270b-85016.jpgLe Carême : un temps unique pour être entièrement renouvelé, libéré de nos esclavages et guéris de nos blessures ! C’est revenir auprès de Jésus pour renaitre à cet amour inconditionnel qui ne peut être repris !


 Et pour cela Jésus nous demande d’aller au désert : Dieu veut creuser en nous l’espace qui accueillera son don et nous demande d’offrir quelque chose de substantiel, qui nous coute.

Pourquoi jeûner? Parce que Jésus nous veut mendiant dans notre corps, de choisir de se faire vulnérable, d’être dans un état de fragilité et de faiblesse physique. Pas mendier en pensant notre demande, ou en analysant notre attente.

Nous, nous voudrions penser notre désir, le caresser intellectuellement, mais pas que ça nous prenne au ventre ! Nous n’aimons pas sentir un manque substantiel dans notre corps : on ne veut pas être éduqué par notre corps !


On veut gérer intellectuellement notre relation à Dieu, notre relation à nous-même et aux autres. On veut tout penser, raisonner mais pas que ça nous engage corporellement !

 

Et c’est notre grand problème : on est incapable d’attendre notre salut jusqu’au bout parce qu’on veut tout résoudre rationnellement! On ne veut pas que notre corps soit le lieu du salut!

 

Or, si le carême n’est pas d’abord une accumulation d’efforts à la conquête d’une perfection morale, Dieu veut pourtant ces petites offrandes substantielles, pour que nos carapaces et nos défenses tombent, et qu’on accepte d’être rejoint partout où l’on s’est blindé ! Connaitre un état de fragilité pour ne plus avoir la force de se défendre et être rejoint par Jésus!


Le salut que Jésus nous apporte, c’est Lui. Le salut c’est choisir d’être aimé, ce qui réclame qu’on soit attente dans tout ce qu’on est et d’abord dans notre corps ! Et le carême c’est choisir ces états de fragilité qui nous rendent mendiant, ou l’on a plus de béquilles, de fausses réponses pour devenir un cri vers Jésus !

                                                                                               

                 Fr Grégoire.

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Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité !

30 Janvier 2012, 09:41am

Publié par Father Greg

 

 

 

 

Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande aux esprits mauvais et ils lui obéissent.

 

17 VALENTIN DE BOULOGNE MERCHANTS IN TEMPLEJésus enseigne avec autorité : il parle en victorieux ! C’est une rupture face aux scribes qui discutaillent ; C’est nouveau parce que c’est net, sans mélange. La réaction de l’esprit impur -dont les cris et son agitation disent les convulsions de la fin- manifeste l’efficacité de cette parole et combien cet enseignement c’est un don qui s’impose pour prendre toute la place : « Silence ! Sors de cet homme. »

 

Or, nous sommes dépositaires de cette lumière victorieuse, avec l’autorité même du Christ ! Et npis devons nous demander: ne sommes-nous pas devenus trop muets? Ne nous manque-t-il pas le courage de proclamer et de donner la lumière avec autorité, avec l'assurance de Celui qui libère effectivement de ces esprits impurs?

 Et nous devons nous demander : ne sommes-nous pas devenus trop muets ? Ne nous manque-t-il pas le courage de proclamer et de donner la lumière avec autorité, avec l’assurance de Celui qui libère effectivement de ces esprits impurs ?

 

L’esprit impur n’est-ce pas cette fausse tolérance qui veut que l’opinion soit la seule mesure, et qui ne veux pas trop dire ce don actuel de Dieu parce que « ce n’est pas sérieux » ? L’esprit impur c’est celui qui s’adapte pour ne plus avoir à lutter, qui ne veut plus se battre, mais qui veut qu’on lui foute la paix, celle des salons !

 

« Posséder une foi claire, est souvent défini comme du fondamentalisme. Tandis que le relativisme, c'est-à-dire se laisser entraîner "à tout vent de la doctrine", apparaît comme l'unique attitude à la hauteur de l'époque actuelle. On est en train de mettre sur pied une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs. » Benoit XVI



La victoire, elle est là quand on laisse le cri de Jésus s’imposer pour nous !  Et en l’entendant, on le fait nous posséder et nous commander de le crier à notre monde ! En ces temps d’errements, de crise politiques et économique, ne faut-il pas parler en victorieux, avec l’autorité de Jésus ?!

 

Fr Grégoire.

 

 

 

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«Que cherchez-vous » ?

15 Janvier 2012, 04:55am

Publié par Father Greg

 

Christ_Berlin-9a353-5d965.jpg   Toute notre vie chrétienne c’est Jésus qui nous devance et que l’on rencontre d’une manière toujours nouvelle. C’est recevoir Jésus qui réalise un don qui nous dépasse totalement il se donne tellement à nous que nous devenons comme une seule personne avec lui. Il se fait Agneau, responsable de nous devant le Père. La nouvelle alliance, c’est ce que Jésus veut réaliser avec chacun: Dieu pour moi immédiatement!

 

Aussi, notre première ‘lutte’, c’est de chercher à suivre Jésus comme de dos, sans vraiment trop comprendre, et en attendant qu’il se ‘retourne’, pour découvrir comment il nous regarde. Suivre Jésus nous est remis : nous devons user de notre autonomie, de notre temps, prendre des initiatives, pour être dans cette attente  et  entendre Jésus qui me dit : « Que cherchez-vous ? » et que cette parole réalise en nous un nouveau désir de Dieu : « ou demeures-tu ? »

Sans cette parole efficace de Jésus, on ne peut comprendre la radicalité de l’évangile, de Dieu qui me veut tout entier parce qu’il veut me faire entrer dans son repos ! « La foi n'est pas une pensée, une opinion, une idée. La foi est communion avec le Christ » dit Benoit XVI.

« Que cherchez-vous ? » c’est-à-dire : suis-je en attente de quelque chose qui vient de Lui, et de tout nouveau pour moi ? Suis-prêt à renaître ? Suis-je prêt à laisser Jésus me bousculer ?

Cela, c’est impossible seul : nul ne peut aller à Jésus sans être conduit par un autre, sans s’appuyer et se donner à ses frères. Se contenter de satisfaire ‘la divinité’ est une attitude païenne ! Être chrétien implique cette communion avec celui que Jésus a choisi pour me rencontrer. « M’est avis que notre Seigneur et l’Eglise c’est tout un »  dit Jeanne d’Arc. 

Ainsi, il revient à chacun de multiplier les liens et les initiatives fraternelles, pour que l’église soit cet oasis qui attire à elle parce qu’on y cherche Dieu, et où l’on se plaît à demeurer, auprès de Lui et de ses amis qui sont mes frères.

Alors, « Que cherchez-vous ? » Que voulez-vous faire pour que dans votre église vous trouviez le vrai repos ? Quelles initiatives pour que ceux qui cherchent ou qui se sont arrêté de chercher trouvent la lumière, pour que Jésus puisse par vous les rejoindre ?

Une vie chrétienne est toujours un dépassement de soi. On suit Jésus sans savoir exactement à quoi, on ne sait jamais ce que seront l'étape et le don du lendemain. Le oui que Dieu nous demande est un oui inconditionnel. Parce que sa grâce aussi est inconditionnelle. Demandons à Ste Jeanne d’Arc qu’elle nous donne son esprit de conquête:   « Les hommes d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire »  

Fr Grégoire.

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Le Verbe est devenu chair !

25 Décembre 2011, 04:03am

Publié par Father Greg

 

 12656-the-new-born-georges-de-la-tour.1290703666.thumbnail.jpg   Rien de merveilleux, rien d'extraordinaire, rien d'éclatant n'est donné: un enfant emmailloté de langes qui, comme tous les enfants, a besoin de soins maternels ; un enfant né dans une étable et couché dans une mangeoire. C’est le premier visage de Dieu : un enfant, avec ses besoins, sa fragilité et sa pauvreté.

 Cette simplicité frappe: Dieu n'est pas venu avec puissance ni grandeur visible. Il ne s'est pas imposé. Rien pour séduire ou convaincre : il vient lui-même mendier notre aide. D’une certaine façon, l’humanité attend Dieu, elle attend qu’il se fasse proche. Mais quand arrive le moment, il n’y a pas de place pour lui. L’humanité est si occupée d’elle-même, elle a besoin de tout l’espace et de tout le temps de manière si exigeante pour ses propres affaires qu’il ne reste rien pour l’autre – pour le prochain, pour le pauvre, pour Dieu.


Et Dieu répond en se donnant en silence. En Jésus, Dieu s’est uni l’homme à lui-même. L’éternel aujourd’hui de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et notre aujourd’hui passager a acquis une dimension éternelle. Dieu se fait petit, faible et vient à notre rencontre comme un enfant sans défense. C’est cela la réponse de Dieu. C’est cela son ‘jugement’.

 

C’est énorme : c’est un don qui, non seulement nous transforme radicalement, mais qui s’adapte à nous, à nos peurs, à notre nullité ; un don qui n’écrase pas, ou on ne peut être qu’attiré par cette bonté incroyable qui se communique à nous en silence. Dieu se donne en nous attirant à lui. C’est cela Noël: Dieu est devenu l’un de nous, pour tout assumer de notre vie, et que nous comprenions la dignité, le poids de chaque actes, de chaque instants ; tout en nous a acquis une dimension divine !

 

Que sa présence silencieuse soit votre joie!

 

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Ils n'ont plus de place...

24 Décembre 2011, 04:00am

Publié par Father Greg

 

« Il n'y a que les pauvres qui partagent.»   Léon Bloy

 

    220px-Giotto_-_Scrovegni_-_-17-_-_Nativity-_Birth_of_Jesus.jpg       « Noël est là, et le Christ demande à être accueilli par les siens.

Ne vous comportez donc pas comme des aubergistes indifférents, comme des petits-bourgeois bien nourris dans leur autoritarisme borné, mais ouvrez vos portes et vos cœurs à chaque détresse qui est la détresse du Christ. »

Père Werenfried.AED. 

 

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Pourquoi l'Immaculée conception?

8 Décembre 2011, 04:33am

Publié par Father Greg

 

 

virgin-mary-annunciate-1433!xlMedium+St Maximilien Kolbe disait qu’il fallait reprendre toute la théologie dans la lumière de l'Immaculée conception! Pourquoi? Parce que l'Immaculée, ce mystère de gratuité en Marie, c'est le Père qui nous révèle sa miséricorde, son don excessif et gratuit, pour chacun d'entre nous. 

 

A l'Annonciation « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi » - l'ange Gabriel révèle l'identité la plus profonde de Marie, le « nom », pour ainsi dire, par lequel Dieu la connaît : « pleine de grâce ». Marie, a été l'objet d'une prédilection singulière de la part de Dieu qui, dans son dessein éternel, l'a « pré choisie » pour être la mère de son Fils fait homme et, par conséquent, l'a préservée du péché originel. C'est pourquoi l'ange s'adresse à elle par ce nom qui signifie littéralement « comblée de l'amour de Dieu depuis toujours », de sa grâce.

 

Le mystère de l'Immaculée Conception est source de lumière intérieure, d'espérance et de réconfort. Au milieu des épreuves de la vie et particulièrement des contradictions que l'homme expérimente en son sein et autour de lui, Marie, nous dit que la Grâce est plus grande que le péché, que la miséricorde de Dieu est plus forte que le mal et sait le transformer en bien.Et cela, c’est pour nous dès maintenant ! Qu'est-ce à dire? On regarde souvent l'Immaculée conception comme un mystère de 'pureté' qu'il faudrait imiter ou que l'on admire un peu de l'extérieur... or, cette fête nous manifeste -en premier- que la Vierge Marie a reçu toute sa sainteté "d'en haut"; elle ne s'est pas faite sainte par elle-même, mais elle a tout reçu gratuitement et elle est resté rivé sur ce don purement gratuit de Dieu pour elle. Et pour chacun d'entre nous c'est analogue: notre Père veut nous voir fixé sur ce qu'Il nous donne actuellement -qui est caché et qui donc nous laisse complètement pauvre car on n'a aucune conscience de ce don. Mais, regarder Marie, c’est voir, toucher que c'est son don qui nous rend comme Lui.

 

C'est cela notre vie chrétienne: Dieu reprend tout de l'intérieur et nous donne tout, mais cela est cachée.  C'est pour cela que cette fête c'est donc célébrer la pauvreté de Marie qui reçoit tout d'en haut, rien de sa sainteté ne vient d'elle sinon d'avoir accepté d'être complètement relative et de vivre d'un don qui la dépasse, et donc d'accepter d'être conduit sans pouvoir 'gérer' sa vie divine: "quitte ton pays, ta parenté, tout ce qui t'es connaturel...".

 

Elle doit donc nous faire comprendre qu'aux yeux de Dieu nous n'avons pas moins de 'valeur' qu'elle;   Dieu veut nous donner de vivre et de continuer ce qu'il lui a donné de vivre, pas moins… !!! Mais il faut accepter de ne rien en voir, que la manière dont Dieu se donne à nous est caché et donc que le quotidien apparemment reste banal et même souvent médiocre, marqué par notre petitesse; et cela le Père le sait et Il s'en sert si on accepte qu'Il passe par là pour se donner à nous: Dieu ne mesure pas son don à notre réponse; La mesure de l'Amour de Dieu pour nous c'est Lui-même, pas moins.

     

Marie doit nous donner d'aimer cet amour de Jésus, du Père pour nous. Il faut que l'amour de Dieu pour nous, qui seul est capable de tout transformer, soit notre repos, notre joie. Nous sommes aimés comme Marie est aimée actuellement. Et c'est aussi Marie qui d'abord répond pour nous.

 

On pourrait dire que c'est un peu facile... mais c'est cela l'espérance: s'appuyer sur un autre qui nous dépasse et non sur ce que l'on peut faire soi-même; et cela c'est très rude: car alors on n'a aucun résultat tangible qui puisse nous montrer notre 'sainteté', là où on en est... Le Père attend de nous toute notre coopération, tous nos efforts, tous nos dépassements, mais ce qui est divin en nous, notre sainteté, ce qui est éternel: cela nous est donné, c'est un don actuel et caché qui reprend tout de l'intérieur.

 

Fr Grégoire.

 

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L’Avent : l’attente de voir Celui qui est déjà là...

4 Décembre 2011, 05:38am

Publié par Father Greg


 

vierge-d-humilite.jpg 


 

Au terme de l’avent -qui a duré près de 2000 ans pour le peuple d’Israël- il faut se demander pourquoi si peu l’on reçut ? Quel est le premier obstacle qui nous empêche d’être possédés dans tout ce que l’on est, par son don ?

 

Il y a comme 2 écueils qui se rejoignent : pour les pharisiens, celui d’avoir réduit la Révélation à une pratique religieuse, à quelque chose à faire, un idéal à atteindre par nous-même ! Autant désespérer d’avance ! Pour St Joseph, -et c’est une tentation qui nous est cher- c’est d’avoir cru que ce n’était pas pour lui. Et le Père est obligé d’envoyé son ange pour dire à Joseph : « mais si c’est pour toi ; prend Marie chez toi ! Celui qui est donné à Marie, t’es aussi donné, tout autant, mais par Marie ».

 

Aujourd’hui encore, Marie demeure pour nous l’étoile qui précède le Christ, celle qui nous montre la manière de vivre du Christ déjà présent et qui veut m’attirer à Lui. Elle est la lumière pratique donnée par Dieu, à Noël et à la Croix.

Pourquoi Marie? Qu’est-ce que cela veut dire pour nous? Comment ‘s’en servir’ ?


Le Père a voulu qu’Elle nous montre ‘en clair’ ce qu’Il réalise pour chacun de nous. Aussi, tout ce que le Père donne de vivre à Marie, c’est pour nous, immédiatement.

 

Comme Jésus est « l’enfant de Marie », de la même manière Il nous est donné comme quelqu’un qui « nous appartient », comme Celui qui veut tout recevoir, tout attendre de nous, pour nous apprendre à tout attendre de Lui. Elle est donc celle à qui nous devons demander d’inscrire dans notre personne, cette présence incroyable de Dieu, qui est non seulement plus présent à nous-même que nous même ; mais qui vient tout vivre avec nous, qui s’intéresse à tout ce que l’on vit, jusque dans les choses les plus ordinaires, les plus communes, petites.  

 

« Dans son acte de foi vivant et aimant, l’esprit de Marie touche le Verbe de Dieu Lui-même dans son mystère personnel, ou plus exactement le Verbe de Dieu agit sur son esprit qui se livre totalement à cette emprise divine. Le Verbe de Dieu s’imprime comme de l’intérieur en son esprit, de sorte que l’esprit de Marie se trouve comme possédé par le Verbe. »  Mystère de Marie. MDP

 

 

Elle n’est donc pas d’abord un modèle à admirer, mais la figure ou l’on voit en clair ce que Dieu réalise actuellement en chacun de nous, d’une manière caché mais réelle!

Fr Grégoire

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LE « SECRET » DE LA TRANSMISSION DE LA FOI

27 Novembre 2011, 09:11am

Publié par Father Greg



P1020715.JPGLe témoignage personnel de la rencontre de Dieu est en effet le « secret » qui permet la transmission de la foi.


Le pape l’a redit ce vendredi matin, 25 novembre, aux participants de la 25e assemblée plénière du Conseil pontifical pour les Laïcs. On perçoit dans les propos du pape un lien avec l’Année de la Foi (2012-2013). 

 

Benoît XVI invite à ramener « la question de Dieu » - thème de l’assemblée - non seulement dans la société mais à l’intérieur même de l’Eglise.

 

Le « secret » de la foi, consiste en ceci, indique le pape, que « pour rencontrer Dieu, il faut rencontrer quelqu’un qui l’ait rencontré ». Et la grande responsabilité des fidèles laïcs, c’est de préparer les conditions de cette rencontre, dont les conséquences sociales aussi sont importantes.

 

C’est dans ce contexte que le pape avait voulu mentionner les chrétiens d’Asie où « l’annonce chrétienne n’a encore atteint qu’une petite minorité qui vit souvent sa foi dans un contexte difficile, parfois même de vraie persécution ».

 

« Ces frères, a souligné Benoît XVI, témoignent d’une façon admirable de leur adhésion au Christ, en laissant entrevoir comment, en Asie, grâce à leur foi, de vastes espaces d’évangélisation s’ouvrent pour l’Eglise du IIIe millénaire ».

 

Car  la « question de Dieu » a des conséquences dans la vie publique. Et la crise actuelle est provoquée, en premier, non par des questions économiques et financières, mais le rejet de « toute référence à la transcendance » car c’est d’abord une crise du « sens » et des « valeurs ».

 

L’homme qui cherche à n’exister que de façon « positiviste », dans ce qui peut "se calculer et se mesurer", finit par être "étouffé", a expliqué Benoît XVI. Dans ce contexte, la question de Dieu est, dans un certain sens, « la question des questions »: "Elle renvoie à des questions de fond sur l’homme, aux aspirations à la vérité, au bonheur, à la liberté placées dans son cœur, et qui cherchent à se réaliser". 


Et c’est une source d’espérance : « L’homme qui réveille en lui-même la question de Dieu s’ouvre à l’espérance, à une espérance fiable, pour laquelle cela vaut la peine d’affronter la fatigue de la route présente ».


Mais comment provoquer ce réveil ? « La question sur Dieu est réveillée par la rencontre avec quelqu’un qui a le don de la foi, qui a une relation vitale avec le Seigneur. Dieu est connu grâce à des hommes et des femmes qui le connaissent : la route vers lui passe, de façon concrète, par qui l’a rencontré. Ici, votre rôle de fidèles laïcs est particulièrement important », a insisté le pape.


Mais Benoît XVI a aussi insisté sur « la question de Dieu » en milieu ecclésial en disant : « Parfois, on a travaillé pour que la présence des chrétiens dans le social, dans la politique ou dans l’économie soit plus incisive, et peut-être ne s’est-on pas autant préoccupé de la solidité de leur foi, comme si c’était une donnée acquise une fois pour toutes ».

Le pape a fait observer que les chrétiens ne sont pas indemnes des « maladies » du monde, mais qu’ils partagent les « bouleversements », la « désorientation », les « difficultés » de leur époque. C’est pourquoi il indique « l’urgence de re-proposer la question de Dieu aussi à l’intérieur du tissu ecclésial », 


« Combien de fois, a-t-il fait remarquer, même lorsque l’on se définit comme chrétiens, Dieu n’est plus, de fait, la référence centrale de la façon de penser et d’agir, dans les choix fondamentaux de la vie ! La première réponse aux grands défis de notre temps réside alors dans une profonde conversion de notre cœur ».

 

Benoit XVI. 25 nov 2011.(ZENIT.org)

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Roi avec Jésus !

20 Novembre 2011, 05:29am

Publié par Father Greg

 

 

Rubens Pieter Paul-ZZZ-Roman Charity Le Christ-Roi, c’est Jésus qui nous révèle la place qu’il nous donne: Il nous veut Roi : « Venez, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde ».

 

Comment ? En agissant Royalement : en donnant gratuitement à manger, à boire, en accueillant l’étranger, en l’habillant…  Cela, c’est la justice du Roi qui ne mesure pas, mais qui fait sien la misère du plus petit : « Il n'y aura pas de pauvres parmi vous » (Dt 15, 4) signifie : « Sa pauvreté, fais-la tienne ! ».

 

Celui qui nous fait confiance, nous confie son royaume ! Il veut qu’on règne sur ce qu'Il a de plus précieux : mon frère, ma sœur, le désespéré qui souhaiterait tant qu’on lui prenne sa misère, mais qui en a tellement honte ! Le pauvre type qui est là, c’est ça le royaume de Dieu qui nous est confié ! La médiocrité, la nullité, la lenteur et la pourriture des pauvres : c’est cela que Jésus me confie !


Les pauvres sont immédiatement présence de Jésus Roi des miséreux et des pécheurs ; et leurs pauvretés sont ‘en attente’ de notre compassion : c’est Jésus qui attend d’élargir notre cœur et de lui donner une taille royale !

 

Agir en Roi, c’est ne plus être mesuré par notre conscience vécue des personnes à qui nous donnons: « Quand t'avons-nous vu ? Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ? Jésus répond : « Venez les bénis de mon Père : vous êtes ses fils, vous lui ressemblez ; vous êtes bien comme le berger qui prend soin de ses brebis » (Ezéchiel 34, 11-17). « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait ».


N’est-ce pas cela « veiller » ?  Il s’agit de « veiller sur », d’agir en Roi, en bénis du Père !

Fr Grégoire.

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Entre dans la joie...!!!

13 Novembre 2011, 05:00am

Publié par Father Greg

 

« Tu as été fidèle pour peu de choses... entre dans la joie de ton maître »

 

800px-August Macke 027   Qu’est-ce qui nous empêche d’entrer dans la Joie, de nous laisser prendre par Sa joie ? Le troisième serviteur -qui n'a plus que ses yeux pour pleurer- nous manifeste ce refus terrible, cette tentation d'un repli sur soi tel que ça l'empêche d'être saisi par la joie de Dieu.

 

Pourtant, quel mal a-t-il fait ?! Aucun..., et même, il rend à son maître la somme exacte qui lui a été confiée... mais précisément, ce n’est pas une somme qui a été « confiée » ! Mais lui en est resté à quelque chose qui se mesure, qui se calcule ; il regarde Dieu comme un juge qui attend de nous des résultats ! Et donc il calcule : pas de prise de risque ! Il veut être nickel chrome ! Sans tache et sans défaut : et ça, c’est complètement stérile !!! Malheur aux « purs » !

 

C’est quoi ce talent qui nous est d’abord confié ? C’est justement la confiance du maitre pour nous ! Le mot « confier » revient constamment dans cet évangile : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens »... et à son retour, au moment des comptes, les deux premiers serviteurs lui disent « tu m'as confié cinq talents, (deux talents)... J'en ai gagné autant… » « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ».

 

Le maître nous demande une confiance aveugle, folle, irrationnelle. C'est cela que Jésus réclame de nous ! Dieu nous fait confiance ; il nous associe à ses affaires, c'est-à-dire à son don, chacun selon nos capacités ; cette expression « chacun selon ses capacités » devrait sinon nous rassurer, au moins nous empêcher de nous comparer. Il ne s'agit pas de nous culpabiliser de ce que nous n'avons pas su faire ; d'ailleurs, le maître n'entre pas dans le détail des comptes avec les deux premiers ; Il n’a pas un projet tyrannique ou idéal sur nous ; Il réclame que nous soyons fous, comme lui est fou de confiance envers nous, et ça, c’est nécessairement fécond !

 

Vivre de Jésus qui nous fait confiance entraine nécessairement nos initiatives, des risques même : de choisir d’aller jusqu’au bout de cette confiance. Il nous a confié à chacun son don, son œuvre propre, qui a multiples facettes ! Les deux premiers serviteurs ont doublé la somme, en prenant le risque de tout perdre. Tandis que le troisième ne risquait pas de perdre quoi que ce soit : il s’est figé dans sa peur, il a interprété la parole du maître, et croyant avoir tout compris, il a jaugé son patron et décidé qu'il ne prendrait pas de risques, pour être sûr du résultat ! Il a eu peur !


      Nous ne sommes pas appelés à réussir, mais à être fidèles à sa confiance sur nous ! Dieu a foi en nous ! Il croit en nous dans même les plus petites choses ! Même dans ma médiocrité et mes failles ! Même si je me sens comme à la dérive, à moi de me donner entièrement à lui. Et c'est là que je suis possédé par la joie, Sa joie! Grâce à cette confiance constante, à cause de Sa foi en moi!


Les deux premiers serviteurs ont cru à la confiance qui leur était faite, et qui était énorme, puisque cinq talents, ou deux (ou même seulement un talent), ce sont des sommes considérables et ils ont osé prendre des initiatives, le risque de tomber.

 

Jésus nous confie l'Eglise, c’est-à-dire tous les hommes ‘en attente’ du royaume ;  aussi nous faut-il mendier de toucher cette confiance de Jésus sur nous qui veut qu’on le transmette, qu’on rende manifeste sa lumière et son don à chacun. Et, il attend  que l’on prenne les initiatives qui seront les nôtres : « Je vous ai choisis pour que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn 15, 16). Et nous n'avons pas à avoir peur car « de crainte, il n'y en a pas dans l'amour. » (1 Jn 4, 18).

 

Fr Grégoire.

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à quoi sert notre louange aux saints, à quoi sert cette solennité elle-même?

1 Novembre 2011, 04:36am

Publié par Father Greg

 

02-La-Femme--Ap-12-.jpgChers frères et soeurs,

Notre célébration eucharistique s'est ouverte par l'exhortation "Réjouissons-nous tous dans le Seigneur". La liturgie nous invite à partager l'exultation céleste des saints, à en goûter la joie. Les saints ne constituent pas une caste restreinte d'élus, mais une foule innombrable, vers laquelle la liturgie nous invite aujourd'hui à élever le regard.

 

Aujourd'hui, l'Eglise fête sa dignité de "mère des saints, image de la cité céleste", et manifeste sa beauté d'épouse immaculée du Christ, source et modèle de toute sainteté. Elle ne manque certes pas de fils contestataires et rebelles, mais c'est dans les saints qu'elle reconnaît ses traits caractéristiques, et c'est précisément en eux qu'elle goûte sa joie la plus profonde. Dans la première Lecture, l'auteur du Livre de l'Apocalypse les décrit comme "une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue" (Ap 7, 9). Ce peuple comprend les saints de l'Ancien Testament, à partir d'Abel le juste et du fidèle Patriarche Abraham, ceux du Nouveau Testament, les nombreux martyrs du début du christianisme, les bienheureux et saints des siècles successifs, jusqu'aux témoins du Christ de notre époque. Ils sont tous unis par la volonté d'incarner l'Evangile dans leur existence, sous l'impulsion de l'éternel animateur du Peuple de Dieu qu'est l'Esprit Saint.

 

Mais "à quoi sert notre louange aux saints, à quoi sert notre tribut de gloire, à quoi sert cette solennité elle-même?". C'est par cette question que commence une célèbre homélie de saint Bernard pour le jour de la Toussaint. C'est une question que nous pourrions nous poser également aujourd'hui. Et la réponse que le saint nous donne est tout aussi actuelle: "Nos saints - dit-il - n'ont pas besoin de nos honneurs et et ils ne reçoivent rien de notre culte. Pour ma part, je dois confesser que, lorsque je pense aux saints, je sens brûler en moi de grands désirs" (Disc. 2; Opera Omnia Cisterc. 5, 364sqq). Telle est donc la signification de la solennité d'aujourd'hui: en regardant l'exemple lumineux des saints, réveiller en nous le grand désir d'être comme les saints: heureux de vivre proches de Dieu, dans sa lumière, dans la grande famille des amis de Dieu. Etre saint signifie: vivre dans la proximité de Dieu, vivre dans sa famille. Et telle est notre vocation à tous, répétée avec vigueur par le Concile Vatican II, et reproposée aujourd'hui de façon solennelle à notre attention.

 

Mais comment pouvons-nous devenir saints, amis de Dieu? On peut répondre à cette interrogation tout d'abord par une négation: pour être saint, il n'est pas nécessaire d'accomplir des actions et des oeuvres extraordinaires, ni de posséder des charismes exceptionnels. On peut ensuite répondre par une affirmation: il est nécessaire avant tout d'écouter Jésus, et de le suivre sans se décourager face aux difficultés. "Si quelqu'un me sert - nous avertit-Il - qu'il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera" (Jn 12, 26). Celui qui a confiance en Lui et l'aime d'un amour sincère, comme le grain de blé tombé en terre, accepte de mourir à lui-même. En effet, il sait que celui qui veut garder sa vie pour lui-même la perd, et que celui qui se donne, se perd, et trouve précisément ainsi la vie. (cf. Jn 12, 24-25). L'expérience de l'Eglise démontre que toute forme de sainteté, tout en suivant des parcours différents, passe toujours par le chemin de la croix, le chemin du renoncement à soi-même. Les biographies des saints décrivent des hommes et des femmes qui, dociles aux desseins divins, ont parfois affronté des épreuves et des souffrances indescriptibles, des persécutions et le martyre. Ils ont persévéré dans leur engagement, "ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve - lit-on dans l'Apocalypse - ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'Agneau" (v. 14). Leurs noms sont inscrits dans le livre de la vie (cf. Ap 20, 12); leur demeure éternelle est le Paradis. L'exemple des saints est pour nous un encouragement à suivre les mêmes pas, à ressentir la joie de celui qui a confiance en Dieu, car l'unique cause véritable de tristesse et de malheur pour l'être humain est de vivre loin de Lui.

 

La sainteté exige un effort constant, mais elle est à la portée de tous car, plus que l'oeuvre de l'homme, elle est avant tout un don de Dieu, trois fois Saint (cf. Is 6, 3). Dans la seconde Lecture, l'Apôtre Jean observe: "Voyez quelle manifestation d'amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. Et nous le sommes!" (1 Jn 3, 1). C'est donc Dieu qui nous a aimés en premier et qui, en Jésus, a fait de nous ses fils adoptifs. Dans notre vie, tout est don de son amour: comment demeurer indifférents face à un si grand mystère? Comment ne pas répondre à l'amour du Père céleste par une vie de fils reconnaissants? Dans le Christ, il nous a fait don de tout son être, et nous appelle à une relation personnelle et profonde avec Lui. C'est pourquoi, plus nous imitons Jésus et demeurons unis à Lui, plus nous entrons dans le mystère de la sainteté divine. Nous découvrons qu'Il nous aime de façon infinie, et cela nous pousse à notre tour à aimer nos frères. Aimer implique toujours un acte de renoncement à soi-même, de "se perdre soi-même" et, précisément ainsi, cela nous rend heureux.

Ainsi, nous sommes arrivés à l'Evangile de cette fête, à l'annonce des Béatitudes que nous venons d'entendre retentir dans cette Basilique. Jésus dit: Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, heureux les doux, heureux les affligés, heureux les affamés et les assoiffés de justice, les miséricordieux, heureux les coeurs purs, les artisans de paix, les persécutés pour la justice (cf. Mt 5, 3-10). En vérité, le bienheureux par excellence est uniquement Lui, Jésus. En effet, c'est Lui qui a véritablement une âme de pauvre, l'affligé, le doux, l'affamé et assoiffé de la justice, le miséricordieux, le coeur pur, l'artisan de paix; c'est Lui le persécuté pour la justice. Les Béatitudes nous montrent la physionomie spirituelle de Jésus, et expriment ainsi son mystère, le mystère de Mort et de Résurrection, de Passion, et de joie de la Résurrection. Ce mystère, qui est le mystère de la véritable Béatitude, nous invite à suivre Jésus et, ainsi, à nous acheminer vers elle. Dans la mesure où nous accueillons sa proposition et nous nous plaçons à sa suite - chacun selon ses conditions -, nous aussi, nous pouvons participer à sa béatitude. Avec Lui, l'impossible devient possible et même un chameau peut passer par le trou d'une aiguille (cf. Mc 10, 25); avec son aide, et uniquement avec son aide, il est possible de devenir parfaits comme le Père céleste est parfait (cf. Mt 5, 48).

 

Chers frères et soeurs, entrons à présent dans le coeur de la Célébration eucharistique, encouragement et aliment de sainteté. Dans quelques instants deviendra présent de la façon la plus élevée le Christ, véritable Vigne, à laquelle, en tant que sarments, sont unis les fidèles qui sont sur terre et les saints du ciel. Ainsi se renforcera la communion de l'Eglise en pèlerinage dans le monde avec l'Eglise triomphante dans la gloire. Dans la Préface, nous proclamerons que les saints sont pour nous des amis et des modèles de vie. Invoquons-les afin qu'ils nous aident à les imiter et engageons-nous à répondre avec générosité, comme ils l'ont fait, à l'appel divin. Invoquons en particulier Marie, Mère du Seigneur et miroir de toute sainteté. Qu'Elle, la Toute Sainte, fasse de nous de fidèles disciples de son fils Jésus Christ! Amen.

Benoit XVI. 

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Dieu attend notre « oui » et, pour ainsi dire, il le mendie

24 Octobre 2011, 04:36am

Publié par Father Greg


 

Benedetto.pngChers Frères et Sœurs,

 

 « Dieu qui donne la preuve suprême de ta puissance, lorsque tu patientes et prends pitié… » avons-nous dit dans la collecte du jour. Dans la première lecture nous avons entendu comment Dieu, dans l’histoire d’Israël a manifesté la puissance de sa miséricorde. L’expérience de l’exil babylonien avait fait tomber le peuple dans une profonde crise de la foi : pourquoi ce malheur était-il survenu ? Peut-être que Dieu n’était pas vraiment puissant absolument ?

 

Il y a des théologiens qui, face à toutes les choses terribles qui surviennent aujourd’hui dans le monde, disent que Dieu ne peut être absolument tout-puissant. Face à cela, nous professons Dieu, le Tout-Puissant, le Créateur du ciel et de la terre. Et nous sommes heureux et reconnaissants qu’il soit tout-puissant. Mais nous devons, en même temps, nous rendre compte qu’il exerce sa puissance de manière différente de ce que nous, les hommes, avons l’habitude de faire. Lui-même a mis une limite à son pouvoir, en reconnaissant la liberté de ses créatures. Nous sommes heureux et reconnaissants pour le don de la liberté. Toutefois, lorsque nous voyons les choses horribles qui arrivent à cause d’elle, nous nous effrayons. Faisons confiance à Dieu dont la puissance se manifeste surtout dans la miséricorde et dans le pardon. Et nous en sommes certains, chers fidèles : Dieu désire le salut de son peuple. Il désire notre salut, mon salut, le salut de chaque personne. Toujours, et surtout en des temps de péril et de changement radical, il nous est proche, et son cœur s’émeut pour nous, il se penche sur nous. Pour que la puissance de sa miséricorde puisse toucher nos cœurs, il faut s’ouvrir à Lui, il faut librement être prêt à abandonner le mal, à sortir de l’indifférence, et à donner un espace à sa Parole. Dieu respecte notre liberté. Il ne nous contraint pas. Il attend notre « oui » et, pour ainsi dire, il le mendie.

 

Dans l’Évangile, Jésus reprend ce thème fondamental de la prédication prophétique. Il raconte la parabole des deux fils qui sont envoyés par leur père pour travailler dans la vigne. Le premier fils répond : « ‘Je ne veux pas’. Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla » (Mt 21, 29). L’autre au contraire dit à son père : « ‘Oui Seigneur ! » mais « il n’y alla pas » (Mt 21, 30). À la demande de Jésus, qui des deux a accompli la volonté du père, les auditeurs répondent justement : « Le premier » (Mt 21, 31). Le message de la parabole est clair : ce ne sont pas les paroles qui comptent, mais c’est l’agir, les actes de conversion et de foi. Jésus –nous l’avons entendu- adresse ce message aux grands prêtres et aux anciens du peuple d’Israël, c’est-à-dire aux experts en religion dans son peuple. Eux, d’abord, disent « oui » à la volonté de Dieu. Mais leur religiosité devient routine, et Dieu ne les inquiète plus. Pour cela ils ressentent le message de Jean Baptiste et le message de Jésus comme quelque chose qui dérange. Ainsi, le Seigneur conclut sa parabole par des paroles vigoureuses : « Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole » (Mt21, 31-32). Traduite en langage de ce temps, l’affirmation pourrait correspondre plus ou moins à ceci : les agnostiques, qui au sujet de la question de Dieu ne trouvent pas la paix ; les personnes qui souffrent à cause de leurs péchés et ont le désir d’un cœur pur, sont plus proches du royaume de Dieu que ne le sont les fidèles « de routine », qui dans l’Église voient désormais seulement ce qui paraît, sans que leur cœur soit touché par la foi.

 

Ainsi la parole doit faire beaucoup réfléchir, et même, doit nous secouer tous.  Ceci, cependant, ne signifie pas que tous ceux qui vivent dans l’Église et travaillent pour elles sont à estimer comme loin de Jésus et du royaume de Dieu. Absolument pas ! Non, c’est plutôt le moment de dire une parole de profonde gratitude à tant de collaborateurs employés et volontaires, sans lesquels la vie dans les paroisses et dans l’Église tout entière serait impensable. L’Église en Allemagne a de nombreuses institutions sociales et caritatives, dans lesquelles l’amour pour le prochain est exercé sous une forme qui est aussi socialement efficace et jusqu’aux extrémités de la terre. À tous ceux qui s’engagent dans la Caritas allemande ou dans d’autres organisations ou qui mettent généreusement à disposition leur temps et leurs forces pour des tâches de volontariat dans l’Église, je voudrais exprimer, en ce moment, ma gratitude et mon appréciation. Ce service demande avant tout une compétence objective et professionnelle. Mais dans l’esprit de l’enseignement de Jésus il faut plus : le cœur ouvert, qui se laisse toucher par l’amour du Christ, et donne ainsi au prochain, qui a besoin de nous, plus qu’un service technique : l’amour, dans lequel se rend visible à l’autre le Dieu qui aime, le Christ. Alors interrogeons-nous aussi à partir de l’Évangile d’aujourd’hui : comment est ma relation personnelle avec Dieu, dans la prière, dans la participation à la messe dominicale, dans l’approfondissement de la foi par la méditation de la sainte Écriture et l’étude du Catéchisme de l’Église catholique ? Chers amis, le renouveau de l’Église, en dernière analyse, ne peut se réaliser qu’à travers la disponibilité à la conversion et à travers une foi renouvelée.

 

Dans l’Évangile de ce dimanche –nous l’avons vu- on parle de deux fils, derrière lesquels, cependant, se tient, de façon mystérieuse, un troisième. Le premier fils dit non, mais réalise ensuite la volonté de son père. Le deuxième fils dit oui, mais ne fait pas ce qui lui a été ordonné. Le troisième fils dit « oui » et fait aussi ce qui lui est ordonné. Ce troisième fils est le Fils unique de Dieu, Jésus Christ, qui nous a tous réunis ici. Entrant dans le monde, Jésus a dit : « Voici, je viens […], pour faire, ô Dieu, ta volonté » (He 10, 7). Ce « oui », il ne l’a pas seulement prononcé, mais il l’a accompli et il a souffert jusqu’à la mort. Dans l’hymne christologique de la deuxième lecture on dit : « Lui qui était dans la condition de Dieu, il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix » (Ph 2, 6-8). En humilité et obéissance, Jésus a accompli la volonté du Père, il est mort sur la croix pour ses frères et ses sœurs –pour nous- et il nous a rachetés de notre orgueil et de notre obstination. Remercions-le pour son sacrifice, fléchissons les genoux devant son Nom et proclamons ensemble avec les disciples de la première génération : « Jésus Christ est le Seigneur – pour la gloire de Dieu le Père » (Ph 2, 10).

 

La vie chrétienne doit se mesurer continuellement sur le Christ : « Ayez entre vous les dispositions que l’on doit avoir dans le Christ Jésus » (Ph 2, 5), écrit saint Paul dans l’introduction à l’hymne christologique. Et quelques versets avant il nous exhorte déjà : « S’il est vrai que dans le Christ on se réconforte les uns les autres, si l’on s’encourage dans l’amour, si l’on est en communion dans l’Esprit, si l’on a de la tendresse et de la pitié, alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l’unité » (Ph 2, 1-2). Comme le Christ était totalement uni au Père et lui obéissant, ainsi ses disciples doivent obéir à Dieu et avoir les mêmes dispositions entre eux. Chers amis, avec Paul, j’ose vous exhorter : rendez ma joie complète en étant solidement unis dans le Christ ! L’Église en Allemagne surmontera les grands défis du présent et de l’avenir et demeurera un levain dans la société si les prêtres, les personnes consacrées et les laïcs croyants dans le Christ, en fidélité à leur vocation spécifique, collaborent dans l’unité ; si les paroisses, les communautés et les mouvements se soutiennent et s’enrichissent mutuellement ; si les baptisés et les confirmés, en union avec l’Évêque, tiennent haut le flambeau d’une foi inaltérée et laissent illuminer par elle leurs riches connaissances et capacités. L’Église en Allemagne continuera d’être une bénédiction pour la communauté catholique mondiale, si elle demeure fidèlement unie aux Successeurs de saint Pierre et des Apôtres, si elle soigne de multiples manières la collaboration avec les pays de mission et se laisse aussi « gagner » en cela par la joie dans la foi des jeunes Églises.

 

À l’exhortation à l’unité, Paul joint l’appel à l’humilité. Il dit : «Ne soyez jamais intrigants ni vantards, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même, mais aussi des autres »  (Ph 2, 3-4). L’existence chrétienne est une pro-existence : un être pour l’autre, un engagement humble pour le prochain et pour le bien commun. Chers fidèles, l’humilité est une vertu qui, dans le monde d’aujourd’hui et, en général, de tous les temps, ne jouit pas d’une grande estime. Mais les disciples du Seigneur savent que cette vertu est, pour ainsi dire, l’huile qui rend féconds les processus de dialogue, possible la collaboration et cordiale l’unité. Humilitas, le mot latin pour « humilité », a quelque chose à voir avec humus, c'est-à-dire avec l’adhérence à la terre, à la réalité. Les personnes humbles ont les deux pieds sur la terre. Mais surtout ils écoutent le Christ, la Parole de Dieu, qui renouvelle sans arrêt l’Église et chacun de ses membres.

Demandons à Dieu le courage et l’humilité de cheminer sur la route de la foi, de puiser à la richesse de sa miséricorde et de tenir fixé notre regard sur le Christ, la Parole qui fait toutes choses nouvelles, qui pour nous est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), qui est notre avenir. Amen.


 Benoit XVI, messe à Freiburg. Sept 2011

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« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».

16 Octobre 2011, 04:37am

Publié par Father Greg



Ingres Napoleon I on His Imperial Throne Non pas, César ou Dieu, mais : l’un et l’autre, chacun à son niveau. La première laïcité –la séparation entre le religieux et le politique- s’enracine là. Les juifs étaient habitués à concevoir le salut de Dieu comme un messianisme temporel,  une théocratie : un gouvernement direct de Dieu qui régenterait immédiatement la nature humaine.


Or, reconnaitre à César une autonomie véritable, implique de ne plus se servir de Dieu comme justificatif de nos options politiques. En revanche nous avons à agir en cherchant la vérité, de la même manière que la première vérité du travail implique de se mettre à l'ouvrage ou dans l’amour de se rendre accueillant! Pourquoi Dieu n’est pas la justification immédiate de nos choix politiques? Parce que la vie divine, la foi ne remplace pas ce que nous pouvons réaliser ou atteindre par nous-même. Le Messie ne vient pas remplacer César ; la Bonne Nouvelle n'abolit pas la quête humaine d’un milieu politique qui dispose à la vérité et à l’amitié. La grâce ne supprime pas la  nature : La personne humaine, devenue chrétienne, n'est pas moins personne humaine!


Le chrétien doit donc coopérer au bien commun, mais également lutter si l’Etat se pose comme seule mesure de l’homme et le mutile en le diminuant.

 

En revanche, lorsque Jésus révèle que Dieu nous gouverne et est à l'oeuvre en ce monde, ce n'est pas à la manière du monde. "Mon Royaume n’est pas de ce monde". Dieu gouverne toujours des personnes, pas un troupeau ou un groupe en tant que tel. Parce que Jésus nous conduit à vivre du Père, et cela c'est unique pour chacun. Car le Père est Celui qui m'attend et qui cours au-devant de nous pour se faire notre repos. Ce sont donc des personnes singulières que Jésus conduit, de l’intérieur, selon un itinéraire propre, dans la quête de lumière et les liens d’amitiés qui sont les nôtres. Aussi, « rendre à Dieu ce qui lui est dû » ce n’est pas moins que de chercher à vivre jusqu'au bout du don effectif et efficace de Jésus, qui fait de nous des Fils du Père, au milieu de ce monde.

 

Fr Grégoire

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" Je suis vous et vous êtes moi..."

9 Octobre 2011, 05:02am

Publié par Father Greg

 

el-papa.jpgChers frères et sœurs,

En pensant aux Bienheureux et à toute la foule des Saints et Bienheureux, nous pouvons comprendre ce que signifie vivre comme des sarments de la vraie vigne qu’est le Christ, et porter beaucoup de fruit. L’Évangile d’aujourd’hui nous a rappelé l’image de cette plante qui est rampante de façon luxuriante dans l’orient et symbole de force vitale, une métaphore pour la beauté et le dynamisme de la communion de Jésus avec ses disciples et amis.

 

Dans la parabole de la vigne, Jésus ne dis pas : « Vous êtes la vigne », mais : « Je suis la vigne ; vous, les sarments » (Jn 15, 5). Ce qui signifie : «  De même que les sarments sont liés à la vigne, ainsi vous m’appartenez ! Mais, en m’appartenant, vous appartenez aussi les uns aux autres ». Et cette appartenance l’un à l’autre et à Lui n’est pas une quelconque relation idéale, imaginaire, symbolique, mais – je voudrais presque dire – une appartenance à Jésus Christ dans un sens biologique, pleinement vital. C’est l’Église, cette communauté de vie avec Lui et de l’un pour l’autre, qui est fondée dans le Baptême et approfondie toujours davantage dans l’Eucharistie. « Je suis la vraie vigne », signifie cependant en réalité : « Je suis vous et vous êtes moi » - une identification inouïe du Seigneur avec nous, son Église.

 

Le Christ lui-même, à l’époque, avant Damas, demanda à Saul, le persécuteur de l’Église : « Pourquoi me persécutes-tu ? » (Ac 9, 4). De cette façon, le Seigneur exprime la communauté de destin qui dérive de l’intime communion de vie de son Église avec Lui, le Christ ressuscité. Il continue à vivre dans son Église en ce monde. Il est avec nous, et nous sommes avec Lui. – « Pourquoi me persécutes-tu ? » - C’est donc Jésus que frappent les persécutions contre son Église. Et, en même temps, nous ne sommes pas seuls quand nous sommes opprimés à cause de notre foi. Jésus est avec nous.

Dans la parabole, Jésus dit : « Je suis la vigne véritable, et mon Père est le vigneron » ( Jn 15, 1), et il explique que le vigneron prend le couteau, coupe les sarments secs et émonde ceux qui portent du fruit pour qu’ils portent davantage de fruit. Pour le dire avec l’image du prophète Ézéchiel, comme nous l’avons entendu dans la première lecture, Dieu veut ôter de notre poitrine le cœur mort, de pierre, pour nous donner un cœur vivant, de chair (cf. Ez 36, 26). Il veut nous donner une vie nouvelle et pleine de force. Le Christ est venu appeler les pécheurs. Ce sont eux qui ont besoin du médecin, non les biens portants (cf. Lc 5, 31sv.). Et ainsi, comme dit le Concile Vatican II, l’Église est le « sacrement universel du salut » (LG 48) qui existe pour les pécheurs, pour leur ouvrir la voie de la conversion, de la guérison et de la vie. C’est la vraie et grande mission de l’Église, que le Christ lui a conférée.


Certains regardent l’Église en s’arrêtant sur son aspect extérieur. L’Église apparaît alors seulement comme l’une des nombreuses organisations qui se trouvent dans une société démocratique, selon les normes et les lois de laquelle le concept «Église » qui est difficilement compréhensible en lui-même, doit ensuite être jugée et traitée. Si on ajoute encore à cela l’expérience douloureuse que dans l’Église, il y a des bons et des mauvais poissons, le bon grain et l’ivraie, et si le regard reste fixé sur les choses négatives, alors ne s’entrouvre plus le mystère grand et profond de l’Église.

 

Par conséquent, ne sourd plus aucune joie pour le fait d’appartenir à cette vigne qui est l’« Église ». Insatisfaction et mécontentement se diffusent, si on ne voit pas se réaliser les propres idées superficielles et erronées sur l’« Église » et les propres « rêves d’Église » ! Alors cesse aussi le cantique joyeux « Je rends grâce au Seigneur qui, par grâce, m’a appelé dans son Église », que des générations de catholiques ont chanté avec conviction.

Le Seigneur continue dans son discours : « Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s’il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi, … car sans moi – on pourrait aussi traduire : en dehors de moi – vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 4 ss.).

Chacun de nous est mis face à cette décision. Le Seigneur, dans sa parabole, nous dit de nouveau combien elle est sérieuse : « Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche ; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent » (Jn 15, 6). A ce propos, saint Augustin observe : « Il n’y a que deux choses qui conviennent à ces branches : ou la vigne ou le feu ; si elles sont unies à la vigne, elles ne seront pas jetées au feu ; afin de n’être pas jetées au feu, qu’elles restent donc unies à la vigne » (In Joan. Ev. tract. 81,3 [PL 35,1842]).

Le choix demandé ici nous fait comprendre, de façon insistante, la signification existentielle de notre décision de vie. En même temps, l’image de la vigne est un signe d’espérance et de confiance. En s’incarnant, le Christ lui-même est venu dans ce monde pour être notre fondement. Dans chaque nécessité et sécheresse, Il est la source qui donne l’eau de la vie qui nous nourrit et nous fortifie. Lui-même porte sur lui chaque péché, peur et souffrance, et, à la fin, nous purifie et nous transforme mystérieusement en bon vin. Dans ces moments de besoin, parfois nous nous sentons comme finis sous un pressoir, comme les grappes de raisin qui sont pressées complètement. Mais nous savons que, unis au Christ, nous devenons du vin mûr. Dieu sait transformer en amour aussi les choses pesantes et opprimantes dans notre vie. Il est important que nous « demeurions » dans la vigne, dans le Christ. En cette brève péricope, l’évangéliste utilise la parole « demeurer » une douzaine de fois. Ce « demeurer-en-Christ » marque le discours tout entier. A notre époque d’activisme et d’arbitraire où aussi tant de personnes perdent orientation et appui ; où la fidélité de l’amour dans le mariage et l’amitié est devenue si fragile et de brève durée ; où nous voulons crier, dans notre besoin, comme les disciples d’Emmaüs : « Seigneur, reste avec nous, car le soir tombe (cf. Lc24, 29) oui, il fait sombre autour de nous ! » ; ici le Seigneur ressuscité nous offre un refuge, un lieu de lumière, d’espérance et de confiance, de paix et de sécurité. Là où la sécheresse et la mort menacent les sarments, là, il y a avenir, vie et joie dans le Christ.

Demeurer dans le Christ signifie, comme nous l’avons déjà vu, demeurer aussi dans l’Église. La communauté entière des croyants est solidement unie dans le Christ, la vigne. Dans le Christ, tous nous sommes unis ensemble. Dans cette communauté Il nous soutient et, en même temps, tous les membres se soutiennent mutuellement. Ils résistent ensemble aux tempêtes et se protègent les uns les autres. Nous ne croyons pas seuls, mais nous croyons avec toute l’Église.

L’Église en tant qu’annonciatrice de la Parole de Dieu et dispensatrice des sacrements nous unit au Christ, la vraie vigne. L’Église comme « plénitude et complément du Rédempteur » est pour nous gage de la vie divine et médiatrice des fruits dont parle la parabole de la vigne. L’Église est le don le plus beau de Dieu. Par conséquent, dit aussi saint Augustin : « Autant on aime l’Église du Christ, autant on entre en participation de l’Esprit Saint ». Avec l’Église et dans l’Église, nous pouvons annoncer à tous les hommes que le Christ est la source de la vie, qu’Il est présent, qu’Il est la grande réalité après laquelle nous soupirons. Il se donne lui-même. Celui qui croit au Christ a un avenir. Parce que Dieu ne veut pas ce qui est aride, mort, artificiel, qui à la fin est jeté, mais il veut ce qui est fécond et vivant, la vie en abondance.

 

Chers frères et sœurs ! Je souhaite à vous tous de découvrir toujours plus profondément la joie d’être unis au Christ dans l’Église, de pouvoir trouver dans vos besoins réconfort et rédemption et de devenir toujours davantage le vin délicieux de la joie et de l’amour du Christ pour ce monde. Amen.

 

BENOÎT XVI, MESSE À BERLIN, 22.09.2011 

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« Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ?»

11 Septembre 2011, 05:15am

Publié par Father Greg

 


National_Park_Service_9-11_Statue_of_Liberty_and_WTC_fire.jpg Pierre avait entendu ce désir de Jésus et avait sans doute à pardonner : les Apôtres ne devait pas toujours être facile à vivre : Ils étaient poltrons, gourmands, lâches, arrivistes, voleurs… Et Judas ? Un traître ! Jésus va jusqu’à leur dire : « Jusqu’à quand vais-je devoir vous supporter ?» On comprend alors la question de Pierre : « Jusqu’à sept fois, Seigneur ? » Mais Jésus répond : « Je ne te dis pas sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois». Pierre a dû alors changer de visage : « mais… c’est impossible Seigneur ! »

 

Pardonner ? Qu’est-ce que cela signifie ? Pardonner c’est l’appel de Jésus, qui veut que l’on continue la gratuité de son don. Pardonner, c’est aimer à la taille et à la mesure de Dieu qui donne au-delà de notre réponse ou de nos trahisons. Pardonner c’est se servir de la faute, de ce qui nous a blessé pour aimer plus celui qui nous a blessé.

 

Si nous ne regardons que cette vie sur terre, non seulement nous acceptons difficilement de pardonner, mais nous voulons rétablir nous-mêmes « l’équilibre » et nous cherchons, sinon à nous venger – œil pour œil, dent pour dent-  ou bien nous réclamons la justice à cors et à cris…

 

En terre chrétienne, la miséricorde a absorbé la justice : le don actuel de Jésus pour nous, qui dépasse l’œuvre de la création, nous oblige à pardonner sans condition et à aimer ceux qui nous ont blessé. La miséricorde est caractérisée par cette gratuité absolue de Dieu qui se donne excessivement et sans condition. Et elle est toujours première. La considérer comme seconde serait la réduire à une dérogation faite à la justice, une espèce de pitié, une exception.

                       

 images--3-.jpgEn ce 11 septembre 2011, 10e anniversaire des attentats de New York, n’y-a-t-il pas là comme un signe de l’Esprit St qui, en nous donnant cet évangile, nous appelle à avoir un tout autre regard sur le monde et ses évènements ?

 

Le pardon en effet, demande l’offrande de notre vie, puisque nous acceptons de nous servir du mal qui a été commis contre nous pour aimer plus. A vue humaine, c’est de la folie, puisque cela nous conduit à aller au-devant de ceux qui nous condamnent. Cela n’est possible que si nous sommes possédés par cette parole : «Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». L’amour de Dieu réclame de s’abaisser le plus qu’il le peut, de se faire victime pure, agneau silencieux, pour aller jusqu’au bout de la gratuité.

 

L’enjeu du pardon, c’est d’être quelque chose de la présence du Père qui veut tout attirer à lui. Suivre l’Agneau et accepter d’être crucifié avec lui, c’est accepter d’être mort pour nos frères, d’être anathème pour ses frères. C’est accepter d’être un avec Jésus, crucifié à la porte de la ville, condamné comme un blasphémateur que tous calomnient et bafouent : « Il séduit la foule, c’est un glouton et un ivrogne, un ami des pécheurs » !

 

Fr Grégoire.


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Dieu est un pauvre qui mendie mon coeur...

19 Juin 2011, 05:49am

Publié par Father Greg

 

Solemnité de La Très Sainte Trinité

 


nativite La TourLa Très Sainte Trinité : une grande fête ?! N’est-ce pas un peu extérieur à notre vie ? En vrai, savoir que Dieu est Trinité, qu’est-ce que cela change concrètement ? C’est généralement pas le premier sujet de nos conversations à table, ni apparemment de grande utilité dans notre vie quotidienne… Alors ?

 

Notre problème c’est que l’on a souvent réduit Dieu à un discours théorique, catéchétique, une grande vérité universelle que l’on récite au credo, et nous avons oublié que la Trinité, c’est Dieu qui se donne à vivre ! C’est une vie personnelle, et qui est plus proche de nous que nous ne le croyons !

 

Et, ça c’est parce que nous ne sommes pas vivants jusqu’au bout ! On a arrêté notre croissance humaine : on a oublié que de vivre d’un autre implique une conquête constante ! Car vivre de la Trinité c’est chercher à recevoir Dieu qui se donne à nous, comme on cherche à rencontrer jusqu’au bout l’ami qui nous aime : en le recevant dans ce qu’il est, et non dans ce qui nous plait ou déplait, mais dans ce qui fait que c’est Lui, qu’il est autre. On ne veut pas être dérangé et appauvris : l’autre c’est ce que je n’ai pas fait et qui s’impose ! Ce qui réclame de lutter contre toutes nos distractions imaginatives qui diminuent ou ternissent l’amour. Ou contre nos opinions sur nous-même, ou l’on s’est réduit à une image rabougrie ou étriqué.

 

Et Jésus nous crie : « Dieu vous aime tant qu'il vous donne son Fils unique »Dieu aime tant chacun personnellement qu’il se donne à chaque instant «Tout homme qui croit-en ce don- obtient la vie éternelle » c’est cela la vie éternelle : Dieu qui se donne à moi à travers l’autre tout proche! La vie éternelle : c’est quelqu’un qui est pour moi, maintenant !

 

C’est ce que Jésus essaye constamment de réveiller en nous : « Toi, que cherches-tu ? » En vérité, quel est ton désir le plus profond ? Que veux-tu ? Es-tu en attente ? Et nous, mais on n’en veut pas ! On préfère être endormi dans nos rencontres personnelles ; On préfère ce qui vient de nous, notre imaginaire, nos opinions, nos trucs, nos certitudes, mais pas l’autre qui vient à nous ! Il faut être courageux et accepter d’être seul pour rencontrer jusqu’au bout l’autre dans ce qu’il est.

 

Et Jésus, vient à nous caché, parce qu’il aime d’être attendu pour lui-même. C’est comme cela qu’il nous rencontre, qu’il mendie notre cœur. C’est cela qu’il ne cesse de nous dire : je t’aime parce que c’est toi ! Et cela réclame de nous cette attente renouvelée, de bruler toutes nos idoles, nos rêves imaginatifs d’un truc génial qui pourrait arriver, de dépasser nos ‘belles’ idées et ces ‘valeurs’ qui sont encore des obstacles à celui qui nous attend réellement.

 

Toute notre générosité, qui n’est pas mauvaise en soi, mais dans laquelle on met souvent notre espérance, nous empêche d’être jusqu’au bout l’enfant qui veut tout recevoir de son Père, qui veut son Père. Dieu n’est pas un idéal parfait ou un modèle lointain ; Il est celui qui me devance, qui est toujours là, qui attend que j’ai fini de jouer avec ma vie et qui mendie mon cœur en pauvre pour me faire vivre vraiment !

 

Fr Grégoire.

 

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L'Esprit Saint, amour ultime, pauvreté radicale...

12 Juin 2011, 05:32am

Publié par Father Greg

 

 

« Il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. »

 

 

Stormy-Sea-with-Dolphins-by-Joseph-Mallord-Turner.jpgLe don de l’Esprit-Saint c’est le sommet de l’incarnation, le don qui va jusqu’au bout. Parce que le St Esprit, c’est, en Dieu, ce qu’il y a de plus secret, de plus intime et… c’est pour nous ! Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus difficile à recevoir ; parce que c’est l’amour dans toute sa pureté, dans toute sa force, sans mélange, et donc ce qui nous appauvris et nous déstabilise le plus !


Le peuple choisi a buté sur l’incarnation : « Dieu fait homme » complètement fou !! Les apôtres ont buté sur le mystère de la Croix : scandale pour l’intelligence, folie pour les peuples païens ! Or la Pentecôte, c’est, presque de la ‘démence’, une folie qui est de trop, sur laquelle on peut buter ! Un don dans lequel on ne peut entrer par nous-mêmes tellement ce n’est pas dans le prolongement de notre nature !


Pourquoi ? Parce que Noël c’est Dieu qui s’adapte à nous, qui se fait l’un de nous. La Croix, c’est Dieu qui vient nous crier son amour, nous dire que nous sommes tout pour lui. Alors que le don de l’Esprit Saint c’est Dieu qui nous adapte à Lui : Dieu qui vient nous mettre à son rythme, à sa taille, qui nous fait vivre sa vie ‘par nous-mêmes’ !!! Plus rien alors ne nous est plus connaturel !!!

                L’Esprit Saint c’est comme un feu qui transforme tout en feu, c’est comme un tremblement de terre qui fait que tout est apparemment détruit, c’est cette morsure intérieure qui nous fait de nous ces enfants qui, dans le désert, crient leur Père !


                 L’Esprit Saint c’est, en Dieu, le don le plus secret, ‘l’amour de l’amour’, ce qui ne se partage pas. Et c’est celui-là qui nous est donné. Il est Celui qui nous fait aimer, pâtir, être relatifs volontairement, qui nous fait nous quitter pour faire de nous des purs réceptivités, des agneaux, des victimes offertes, des cris de soifs, témoins de Jésus à la Croix qui ne vit plus que de la bonté du Père qui l’attire ! Ce qui fait dire à St Thomas que l’Esprit St n’aime que ceux qui aiment ! En cela il est le Père des pauvres : en nous attirant, Il est source en nous de ces états  de gratuité et de pauvreté ! L’amour fait que l’on est dépossédé de nous-mêmes et possédés par celui qui nous aime sans rien en posséder…


La pentecôte, ce débarquement de l’Esprit Saint, c’est cette vive flamme d’amour, cette attraction divine qui vient nous brûler d’une manière telle qu’on devient blessure d’amour vivante, gratuite, sans repos et sans utilité que d’être attente de Celui qui nous attire… Cela, c’est l’état ‘normal’ de celui qui est aimé de Jésus ! Et c’est toujours de trop pour notre monde replié sur lui-même ! On ne sert à rien sur cette terre, à RIEN sinon à être témoin de l’amour offert, gratuit, donné inutilement, en pure perte, sans retour, pour le Père, pour Celui qui est source de tout amour !

 

Fr Grégoire.  


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Le Père, celui qui nous attire dans le silence...

5 Juin 2011, 05:44am

Publié par Father Greg

« Père, elle est venue l'heure. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie… afin qu’à tous ceux que tu lui as donnés il donne la vie éternelle. La vie éternelle, c'est de te connaître, toi, le seul vrai Dieu… »

 

 

Jesus Christ baby - Copy4Toute l’œuvre de Jésus c’est de nous de nous révéler le Père, de nous donner le Père pour nous en faire vivre. C’est cela le salut, la vie éternelle : vivre de Jésus qui, en se donnant à nous, nous fait voir le Père ! Le Père, c’est celui qui ne cesse de nous poursuivre, de nous appeler : ‘j’ai soif’ de toi ! 

 

Et Jésus peut nous le donner, immédiatement, parce que lui-même ne vit que par le Père : il est dans le Père, comme celui qui demeure dans sa source ; Il vit par lui et pour lui. C’est cela la gloire du fils, non pas une gloire extérieure, visible, lié à un titre ou à une reconnaissance… La gloire du Fils, c’est d’être pris par l’attraction du Père -qui l’attire parce qu’il est pour lui- et de dire au Père qu’il attend tout de lui : le Père est père pour nous quand on attend tout de lui ! Là seulement le Père est principe et source ! Là est notre repos, notre joie, la libération de toute nos angoisses. Vivre de Celui qui nous a voulu et qui nous attend, qui nous donne son héritage.

 

 Le Père c’est celui qui ne cesse de nous appeler et qui ne cesse d’attendre notre réponse, qui a mis dans notre cœur ce désir de le connaitre, de le voir. Et tout l’évangile, c’est Jésus qui actuellement me fait voir le Père. C’est pour ce toucher absolument simple, ce regard toujours nouveau, sur Celui qui me porte dans l’être et qui ne peut plus s’aimer sans m’aimer, qui me regarde comme celui qui vient immédiatement de Lui.

 

Et la croix, c’est pour nous révéler sa présence, la présence silencieuse du Père. Le silence du Père scandalise à la croix ; dans toutes nos croix et nos souffrances nous crions vers lui : « Où es-tu ? Pourquoi permets-tu cela ? Qui sommes-nous vraiment pour toi » ?  C’est le cri qui résonne continuellement dans le récent Tree of life, palme d’or à Cannes. Or, la toute-puissance, l’efficience divine se tait à la croix pour qu’il n’y ait plus que l’attraction de sa bonté. Le Père est bonté substantielle et ne se donne comme tel que dans le silence. C’est Lui qui nous apprend à dire dans le silence, son nom : ‘Père…’.

 

Fr Grégoire.


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