Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Articles avec #evangile du dimanche

Se mettre en colère contre le mal de notre monde !

10 Février 2017, 05:19am

Publié par Grégoire.

"Comment se fait-il que quand une personne sans-abri âgée meurt d’exposition aux intempéries, ça n’intéresse pas les journaux, alors que le marché boursier qui perd deux points fait les gros titres ? "

"Ne pas partager la richesse avec les pauvres c’est du vol !"

« Une nouvelle tyrannie est ainsi née, invisible et souvent virtuelle, qui impose unilatéralement et sans relâche ses propres lois et règles »

Pape François.

 

Voir les commentaires

Je suis responsable de la misère de tout homme sur terre...

11 Mai 2014, 05:24am

Publié par Fr Greg.

Je suis responsable de la misère de tout homme sur terre...

La miséricorde? Il ne s’agit pas d’une simple pitié ou même d’une souffrance ressentie à la rencontre d’un homme malheureux. La miséricorde, c’est la prise de la misère de l’autre dans son cœur, c’est la misère de l’autre qui se loge en nous, qui devient nôtre, d’abord comme une brûlure profonde, mais tout de suite comme une exigence d’action. Le miséricordieux n’entasse pas en lui les misères qu’il rencontre, par une variété de «masochisme ». Non. La misère de l’autre le brûle, mais pour le mouvoir.

La misère de l’autre. Il s’agit de l’afflige par toute misère. Celui qui a faim, celui qui n’est pas vêtu, celui qui n’est pas logé, celui qui est infirme, celui qui est malade, celui qui est chômeur. Le pauvre d’esprit, le mal doué, l’irrésolu. L’ignorant. Le méprisé, le délaissé, le trahi. Celui qui est sans amis, sans au moins un ami. Le clochard, l’ivrogne. Le désespéré. Mais aussi bien, le riche égoïste, le savant si spécialisé qu’il oublie l’essentiel, le vaniteux plein de soi, l’orgueilleux qui cherche la gloire, le dominateur qui opprime.

Chaque homme, par quelque point, est un miséreux. Et c’est pour cela qu’il faut tous les loger dans son cœur, dilater toujours plus son cœur et par là ressembler chaque jour plus au Christ qui logea dans son cœur toutes les misères de tous les hommes. La miséricorde devient ainsi l’une des formes suprêmes de l’épanouissement. L’homme broyé par la misère des autres, et progressivement de tous les autres, est un homme qui élargit toujours plus sa puissance d’aimer.

La prière du miséricordieux est immense comme l’immensité de la misère. Et déjà, par la prière, l’homme brûlé par la misère de l’autre, des autres, est en mouvement dans la lutte contre les misères. Cependant, pour la plupart des hommes, la justification par la prière ne suffirait pas. Elle serait une tricherie pour ne pas s’engager, ne pas agir. Nous ne pouvons rien ajouter à Dieu. Dieu se suffit et sa miséricorde est de nous avoir appelés à être, à être à son image, dotés d’intelligence et de liberté. La miséricorde de Dieu nous a donné le monde. La miséricorde de Dieu nous a envoyé le Verbe, Fils unique, Homme-Dieu, pour nous sauver. La miséricorde de Dieu nous a, dans le Christ, glorifiés et rendus capables d’aimer jusqu’au don complet de nous-mêmes.

Louis-Joseph Lebret, L’évangile de la miséricorde, Collectif Cerf 1965 p.165-166

Voir les commentaires

Révolutionnaire de la grâce!

22 Juin 2013, 21:15pm

Publié par Fr Greg.

 

img bebe5

 

 

L’apôtre Paul, à la fin d’un passage de sa lettre a nos ancêtres, dit ceci: ne soyez plus sous la loi, mais sous la grâce. Voilà ce qu’est notre vie : marcher sous la grâce, car le Seigneur nous a aimés, il nous a sauvés, nous a pardonné. Le Seigneur a tout fait, c’est cela la grâce, la grâce de Dieu. Nous marchons sous la grâce de Dieu, venue à nous en Jésus-Christ qui nous a sauvés. Mais ceci nous ouvre à un grand horizon, et cela est pour nous une joie « Vous n’êtes plus sous la Loi, mais sous la grâce ». Mais que signifie « vivre sous la grâce »? Nous allons essayer d’expliquer un peu ce que signifie vivre sous la grâce. C’est notre joie, notre liberté. Nous sommes libres. Pourquoi ? Parce que nous vivons sous la grâce. Nous ne sommes plus esclaves de la Loi : nous sommes libres parce que Jésus-Christ nous a délivrés, Il nous a donné la liberté, cette pleine liberté d’enfants de Dieu, que nous vivons sous la grâce.

 
Ceci est un trésor, Je tâcherai d’expliquer un peu ce mystère, si beau, si grand. Vivre sous la grâce.

Cette année vous avez beaucoup travaillé sur le baptême mais aussi sur le renouvellement de la pastorale après le baptême. Le baptême, ce passage de « sous la Loi » à « sous la grâce », est une révolution. L’histoire est pleine de révolutionnaires, n’est-ce pas ? Il y en a eu beaucoup. Mais personne n’a eu la force de cette révolution que Jésus nous a apportée. Une révolution pour transformer l’histoire qui change en profondeur le cœur de l’homme. Les révolutions de l’histoire ont changé les systèmes politiques, économiques, mais  aucune d’elles n’a vraiment modifié le cœur de l’homme. La vraie révolution, celle qui transforme radicalement la vie, Jésus-Christ l’a réalisée à travers sa Résurrection : la Croix et la Résurrection. 

Benoît XVI disait de cette révolution qu’elle est « la plus grande mutation de l’histoire humaine ». Pensons à cela !... La plus grande mutation de l’histoire de l’humanité ! C’est une vraie révolution et nous, nous sommes des révolutionnaires, les révolutionnaires de cette révolution, car nous marchons dans cette voie, celle de la plus grande mutation de ‘histoire de l’humanité. Aujourd’hui un chrétien qui n’est pas un révolutionnaire, n’est pas un chrétien! Il doit être un révolutionnaire par la grâce! C’est la grâce que le Père nous donne à travers Jésus-Christ qui fait de nous des révolutionnaires, car – et je cite encore une fois Benoît – « c’est la plus grande mutation de l’histoire de l’humanité ». Parce que c’est ça qui change le cœur. Le prophète Ézéchiel disait: « J’ôterai de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur  de chair ». Et cette expérience, l’Apôtre Paul l’a vécue: après avoir rencontré Jésus sur la route de Damas, sa vision de la vie a radicalement changé, et il a reçu le baptême. 

Dieu  a transformé son cœur ! Vous imaginez ? Un persécuteur, un homme qui poursuivait l’Eglise et les chrétiens, devenu un saint, un chrétien jusqu’à la moelle, un vrai chrétien! D’abord un violent persécuteur, puis un apôtre, un témoin de Jésus-Christ devenu si courageux qu’il n’a pas eu peur de subir le martyre. Ce Saül qui voulait tuer tous ceux qui annonçaient l’évangile,  a fini par donner sa vie pour annoncer l’Evangile. La voilà la transformation, cette grande transformation dont parlait le pape Benoît XVI. Celle qui change le cœur, qui transforme les pécheurs que nous sommes en saints –  oui des pécheurs, car nous sommes tous des pécheurs – Chacun de nous n’est-il pas un pécheur ? Que celui qui ne l’est pas lève la main! Ah, regardez … je travaille pour vous, eh? Nous sommes tous des pécheurs, oui, tous ! 

Nous sommes tous des pécheurs! Mais la grâce de Jésus-Christ nous sauve du péché: elle nous sauve tous, si nous accueillons Jésus-Christ, c’est lui qui change notre cœur et fait de nous, pécheurs, des saints. Pour devenir saint, il n’est pas nécessaire de tourner les yeux de cette façon, ou d’avoir le visage comme celui d’une petite image pieuse, l’air un peu comme ça. Non, non, cela n’est pas nécessaire! Pour devenir saint il faut une seule chose: accueillir la grâce que le Père nous donne en Jésus-Christ.  C’est la grâce qui change notre cœur. Nous continuons à pécher, car nous sommes tous des êtres faibles, mais toujours avec cette grâce qui nous fait sentir que le Seigneur est bon, que le Seigneur est miséricordieux, que le Seigneur nous attend, que le Seigneur nous pardonne… Cette grâce immense qui transforme notre cœur. 


Et le prophète Ézéchiel a dit qu’il aurait transformé notre cœur de pierre en cœur de chair. Qu’est-ce que cela veut dire ? Un cœur qui aime, un cœur qui souffre, un cœur qui se réjouit avec les autres, un cœur plein de tendresse pour celui qui, portant sur lui les plaies de la vie, se sent à la périphérie de la société. L’amour est une force, la plus grande des forces. Il transforme la réalité, car il abat les murs de l’égoïsme et comble les fossés qui nous tiennent loin les uns des autres. Cet amour-là vient d’un cœur de pierre qui a été transformé en cœur de chair, en cœur humain. Et c’est la grâce qui fait ça, la grâce de Jésus-Christ que nous avons tous reçue. 

Quelqu’un parmi vous sait combien coûte la grâce ? Où on en vend? Où puis-je acheter cette grâce ? Personne ne sait le dire : non. Je vais l’acheter au secrétariat de la paroisse, vous en vendez peut-être, de la grâce? Des prêtres en vendraient-ils ? Mais, écoutez bien cela : la grâce ne s’achète pas et ne se vend pas. C’est un cadeau de Dieu en Jésus-Christ. Jésus-Christ nous donne la grâce. Lui seul nous donne la grâce. C’est un cadeau: il nous l’offre, à nous. Prenons-la. Que c’est beau !  L’amour de Jésus est comme ça: il nous donne la grâce gratuitement. Gratuitement. Et nous devons la donner à nos frères, à nos sœurs, gratuitement. Voir quelqu’un se mettre à vendre la grâce est un peu triste: cela est arrivé quelques fois dans l’histoire de l’Eglise, et cela a fait beaucoup de mal, beaucoup de mal. La grâce n’est pas à vendre : on la reçoit gratuitement et ont la donne gratuitement. C’est cela la grâce de Jésus-Christ.

Et au milieu de tant de souffrances, tant de problèmes qu’il y a ici, à Rome, il y a des gens qui vivent sans espérance. Chacun de nous peut penser, en silence, aux personnes qui vivent sans espérance,  qui sont plongées dans une profonde tristesse dont elles essaient de sortir en croyant trouver leur bonheur dans l’alcool, dans la drogue, dans le jeu de hasard, dans le pouvoir de l’argent, dans la sexualité sans règles … Mais celles-ci se retrouvent encore plus déçues et il arrive que leur colère à l’égard de la vie se traduise par des comportements violents et indignes de l’homme. Que de personnes tristes, que de personnes tristes et sans espérance! Pensez à tous ces jeunes qui, après avoir expérimenté tant de choses, ne trouvent pas le sens de leur vie et tentent le suicide, comme solution. Savez-vous combien il y a de jeunes qui se suicident aujourd’hui dans le monde ? Le nombre est élevé. Pourquoi? Parce qu’ils n’ont pas d’espérance. Ils ont essayé tant de choses ! Et la société, qui est cruelle – si cruelle! – ne peut te donner l’espérance.

L’espérance, c’est comme la grâce : on ne peut pas l’acheter, c’est un don de Dieu. Et nous devons offrir l’espérance chrétienne par notre témoignage, par notre liberté, par notre joie. Cette grâce que Dieu nous donne en cadeau porte l’espérance. Nous qui avons la joie de nous apercevoir que nous ne sommes pas des orphelins, que nous avons un Père, pouvons-nous être indifférents face à cette ville qui nous demande, voire inconsciemment, sans le savoir, une espérance qui l’aide à regarder l’avenir avec plus de confiance et sérénité ? Nous ne saurions être indifférents. Mais alors comment faire ? Comment pouvons-nous offrir cette espérance ? En allant dans la rue et en disant : « Ah moi j’ai l’espérance ! » ? Non. Par votre témoignage, en disant avec le sourire: « Je crois avoir un Père » - Et l’annonce de l’Evangile est celui-ci: par ma parole, par mon témoignage dire : « J’ai un Père. Je ne suis pas orphelin. Nous avons un Père », et partager cette filiation avec le Père et avec tous les autres. « Ah, père, maintenant je comprends: il s’agit de convaincre les autres, de faire les prosélytes ! ». 

Non: rien de tout cela. L’Evangile c’est comme du grain : tu le sèmes, tu le sèmes par ta parole et par ton témoignage. Et puis, tu n’en fais pas une statistique : c’est Dieu qui le fait. C’est Lui qui fait pousser ce grain. Mais nous, nous devons semer avec cette certitude que l’eau c’est Lui qui la donne, que c’est Lui qui fait pousser la graine. Et ce n’est pas nous non plus qui faisons la récolte: c’est un autre prêtre qui la fera, un autre laïc, une autre laïque, un autre la fera. Mais la joie de semer par le témoignage, car la Parole ne suffit pas : cela ne suffit pas. La parole sans le témoignage, c’est du vent. Les paroles ne suffisent pas. Il faut ce vrai témoignage dont parle Paul.

 
L’annonce de l’Evangile est avant tout destinée aux pauvres, à ceux qui manquent souvent du strict nécessaire pour  pourvoir conduire une vie digne. Ils sont les premiers à recevoir l’heureux message que Dieu les aime plus que les autres et qu’Il leur rend visite à travers les œuvres de charité que les disciples du Christ accomplissent en son nom. Avant tout, aller vers les pauvres ! Lors du jugement dernier, comme nous pouvons lire dans Matthieu 25, nous serons tous jugés sur nos actes. Certains pensent que le message de Jésus est destiné à ceux qui n’ont pas de préparation culturelle: ah, non! Non. L’apôtre affirme avec force que l’Evangile est l’affaire de tous et qu’il est donc aussi pour les  instruits. La sagesse, qui dérive de la Résurrection, ne s’oppose pas à celle des humains, au contraire elle la purifie, elle l’élève. L’Eglise est toujours présente là où agit la culture. 

Le premier pas est toujours la priorité aux pauvres. Mais nous devons aussi aller aux frontières de l’intelligence, de la culture, dans les hauteurs du dialogue, du dialogue qui fait la paix, du dialogue intellectuel, du dialogue raisonnable. L’Evangile est l’affaire de tous ! Aller vers les pauvres ne signifie pas que nous devons tomber dans le paupérisme, devenir des sortes de clochards spirituels: non, non, cela ne veut pas dire ça, pas du tout. Cela signifie que nous devons aller vers la chair de Jésus qui souffre. Mais la chair de Jésus souffre aussi de ce que certains ne le connaissent pas par leurs études, par leur intelligence, par leur culture … C’est là que nous devons aller ! C’est pourquoi j’aime bien utiliser l’expression « aller vers les périphéries », vers les périphéries de l’existence. Vers tous les pauvres… de la pauvreté physique et réelle à la pauvreté intellectuelle qui, elle aussi, est réelle. Toutes les périphéries, tous les carrefours : aller là-bas. Et là semer l’Evangile, par la parole et par le témoignage. 


Cela signifie que nous devons avoir du courage. Paul VI disait qu’il ne comprenait pas les chrétiens découragés: il ne les comprenait pas. Ces chrétiens tristes, anxieux, ces chrétiens qui, on se demande s’ils croient en Christ ou en la déesse Plainte: on ne sait jamais. Mais tous les jours ils se plaignent, se plaignent … Et « comment va le monde, quelle calamité, les calamités … ».  Or, pensez-y, le monde n’est pas pire qu’il y a cinq siècles, vous ne trouvez pas ? Le monde c’est le monde : cela a toujours été le monde. Et quand certains se plaignent… c’est comme ça, on ne peut rien y faire… Ah les jeunes ! – mais, vous, vous connaissez … c’est une question que je vous pose: vous connaissez des chrétiens comme ça ? Il y en a, il y en a ! Mais, le chrétien doit être courageux et, devant un problème, devant une crise sociale, religieuse, il doit avoir le courage d’avancer, d’avancer avec courage. Et quand on ne peut rien faire, avec patience : en supportant. Supporter. Courage et patience, ces deux vertus de Paul. Le courage : avancer, faire les choses, donner des témoignages forts: allons-y ! Supporter porter sur son dos les choses que l’on ne peut encore changer. Mais avancer avec cette patience, avec cette patience que nous donne la grâce. 

Mais que devons-nous faire avec ce courage et cette patience? Sortir de nous-mêmes: sortir de nous-mêmes. Sortir de nos communautés pour aller là où les hommes et les femmes vivent, travaillent et souffrent, et leur annoncer la miséricorde du Père qui s’est fait connaître aux hommes en Jésus-Christ de Nazareth. Annoncer cette grâce qui nous a été offerte par Jésus. Si le jeudi saint j’ai demandé aux prêtres d’être des pasteurs avec l’odeur des brebis, à vous, chers frères et chères sœurs, je dis : soyez partout des porteurs de la Parole de vie dans nos quartiers, sur les lieux de travail et partout où les personnes se retrouvent et développent des relations. Vous devez sortir. Je ne comprends pas les communautés chrétiennes qui s’enferment dans leur paroisse … 

Mais je tiens à vous dire une chose : dans l’Evangile il y a ce beau passage du berger qui, de retour chez lui, s'aperçoit qu'il lui manque une de ses 99 brebis et part donc la chercher en laissant seules ces dernières. Mais, frères et sœurs, nous,  on en a une : il nous en manque 99! Nous devons sortir, nous devons sortir et aller les trouver! Mais, dans cette culture, soyons francs: dans cette culture nous n’en avons qu’une, nous sommes une minorité, avons-nous la ferveur, le zèle apostolique pour aller chercher les 99 autres ? Nous avons là une belle responsabilité et nous devons demander au Seigneur la grâce de la générosité et le courage et la patience pour sortir, pour sortir annoncer l’Evangile. 

Ah, cela est difficile. Il est plus facile de rester chez soi, avec cette unique brebis. C’est plus facile! Avec cette brebis, la brosser, la caresser … mais à nous prêtres, et à vous chrétiens, à tous, le Seigneur veut que nous soyons des pasteurs, pas ceux qui brossent les brebis! Et quand une communauté est fermée, toujours entre les mêmes personnes qui parlent,  cette communauté n’est pas une communauté qui donne vie. C’est une communauté stérile, non féconde. La fécondité vient par la grâce de Jésus-Christ mais à travers nous, notre prédication, notre courage, notre patience.

Tout ça est un peu long, n’est-ce pas ? Oui, ce n’est pas facile. Et nous devons être francs : évangéliser, faire circuler la grâce gratuitement, est un travail qui n’est pas facile. Car Jésus-Christ et nous, nous ne sommes pas seuls. Il y a aussi un adversaire, un ennemi qui veut tenir les hommes loin de Dieu. Et pour cela, il instille dans les cœurs la déception, quand nous ne nous voyons pas arriver tout de suite la récompense de notre engagement apostolique. Le diable, tous les jours,  jette dans nos cœurs des graines de pessimisme et d’amertume, et alors on se décourage. « Ça ne va pas, nous avons fait cela et ça ne va pas, cette autre chose et ça ne va toujours pas, et regardez cette religion comme elle attire tant de gens et pas nous pas … » : c’est le diable qui est l’œuvre. Nous devons nous préparer à la lutte spirituelle. Ceci est très important. On ne peut prêcher l’Evangile sans cette lutte spirituelle: une lutte de tous les jours contre la tristesse, contre l’amertume, contre le pessimisme … une lutte de tous les jours. Semer n’est pas facile: il est bien plus beau de récolter. Semer n’est pas facile, mais cette lutte est celle qui revient à tous les chrétiens, chaque jour.

Paul disait qu’il était pressé de prêcher, et il savait ce qu’était cette lutte spirituelle pour l’avoir vécue. Il disait : « J’ai dans ma chair une épine de Satan, et tous les jours je la sens ». Nous aussi nous avons des épines de Satan qui nous font souffrir et nous font avancer avec difficulté, et souvent nous nous décourageons. Nous préparer à la lutte spirituelle: l’évangélisation exige de nous un vrai courage aussi pour cette lutte intérieure, dans notre cœur, pour dire par la prière, par la mortification, par notre volonté de suivre Jésus, par les sacrements  qui sont une rencontre avec Jésus : Merci, merci pour Ta grâce. Je veux la porter aux autres. Mais cela est un travail : c’est un travail. Cela s’appelle – ne vous affolez pas – cela s’appelle le martyre: c’est cela le martyre. Lutter tous les jours pour témoigner. C’est cela le martyre. Et à certains le Seigneur demande le martyre de la vie. Mais il y a le martyre de tous les jours, de toutes les heures : le témoignage contre l’esprit du mal qui ne veut pas que nous soyons des évangélisateurs.

Et maintenant je voudrais finir,  en pensant à une chose. A une époque où la gratuité paraît s’amenuiser dans les relations interpersonnelles, car tout se vend et tout s’achète, et il est difficile de  trouver la gratuité, nous les chrétiens nous annonçons un Dieu qui, pour être notre ami, ne demande rien si ce n’est d’être accueilli. La seule chose que Jésus demande c’est d’être accueilli. Pensons à tous ceux qui vivent dans le désespoir parce qu’ils n’ont jamais rencontré personne qui leur ait consacré un peu d’attention, les ai consolés, les ait fait sentir précieux et importants. Nous, disciples du Crucifié, pouvons-nous refuser d’aller là où personne ne veut aller par peur de nous compromettre et par peur du jugement des autres, et ainsi nier à nos frères l’annonce de la Parole de Dieu? La gratuité: nous avons reçu cette gratuité, cette grâce, gratuitement; nous devons la donner gratuitement.

Et c’est par cela que je voudrais terminer, vous dire: de ne pas avoir peur, de ne pas avoir peur de l’amour, de l’amour de Dieu, de notre Père. Ne pas avoir peur. Ne pas avoir peur de recevoir la grâce de Jésus-Christ, ne pas avoir peur de notre liberté qui vient de la grâce de Jésus-Christ ou, comme disait Paul: « Ne soyez plus sous la Loi, mais sous la grâce ». Ne pas avoir peur de la grâce, ne pas avoir peur de sortir de nous-mêmes, ne pas avoir peur de sortir de nos communautés chrétiennes pour aller trouver ces 99 brebis qui ne sont pas chez elles. Et aller dialoguer avec elles, et leur dire ce que nous pensons, aller montrer notre amour qui est l’amour de Dieu. 

Chers frères et sœurs : N’ayons pas peur! Avançons et disons à nos frères et sœurs que nous sommes sous la grâce, que Jésus nous donne la grâce et que cela ne coûte rien : seulement la recevoir. Allons-y!

 

 François, Pape.

Voir les commentaires

parler dans la vérité de l’amour

9 Juin 2013, 21:51pm

Publié par Fr Greg.

473251734.jpg

 

 

« Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu » (Mc 12, 13-17).

Mais « ils ne croyaient pas à ce qu’ils disaient, c’était une flatterie », un « discours de flatteur, avec des paroles souples, avec de belles paroles, avec des paroles trop sucrées ».

Ce discours, a-t-il poursuivi est « le langage des corrompus, la langue de l'hypocrisie » et l’évangéliste précise que Jésus le sait : « sachant leur hypocrisie ». Les corrompus « n’aiment pas la vérité. Ils aiment seulement eux-mêmes et cherchent à tromper, à impliquer l’autre dans leur mensonge. Ils ont le cœur menteur; ils ne peuvent pas dire la vérité ».

L’hypocrisie « est le langage de Satan après le jeûne dans le désert : tu as faim ? Tu peux transformer cette pierre en pain. Pourquoi tant de travail ? Jette-toi du haut du temple. Ce langage qui semble convaincant porte à l'erreur, au mensonge ».

Ce langage est une tentative de « persuasion diabolique », dont les pharisiens feront usage également auprès de Pilate au moment de la Passion : « nous n’avons pas d’autre roi que César ». Par ce langage, ceux qui semblent « louer » le Christ « finissent par le trahir et l’envoyer sur la croix. Mais Jésus les regarde en face et leur dit : hypocrites ! ».

Le langage des enfants

Au contraire, le « langage de vérité » fonctionne « avec l’amour », « il n’y a pas de vérité sans amour : l'amour est la première vérité. Et s’il n’y a pas d’amour il n’y a pas de vérité ».

Chez les hypocrites « la vérité est esclave de leur propres intérêts » et le seul amour qu’on peut y trouver c’est « l’amour de soi », une « idolâtrie narcissique qui les porte à trahir les autres et aux abus de confiance ».

« La douceur que Jésus demande n’a rien, rien à voir avec cette flatterie, avec cette façon sucrée d’avancer. Rien. La douceur est simple, comme celle d’un enfant; et un enfant n’est pas hypocrite, parce qu’il n’est pas corrompu. Quand Jésus dit : que votre oui soit oui, que votre non soit non, avec une âme d’enfant, c’est le contraire de ce que disent les corrompus ».

Chacun a « une certaine faiblesse intérieure », une vanité, qui aime « que l’on dise du bien de soi, demandons-nous aujourd’hui quel est notre langage : parlons-nous en vérité avec amour ou bien parlons-nous un peu avec ce langage » hypocrite ?

« Que notre façon de parler soit évangélique, Que ce soit le langage des simples, des enfants, des fils de Dieu: parler dans la vérité de l’amour ».

Pape François.

 

 

Voir les commentaires

L'avent: réapprendre à aimer!

2 Décembre 2012, 01:01am

Publié par Fr Greg.

 

d3eb8f94-8e9d-11df-9f2d-6ba9dc67bbc3.jpg

 

Le temps de l’avent, c’est le temps de l’avènement : le temps tant attendu est arrivé ! L’avent, c’est le temps de la présence de Dieu qui vient demeurer au milieu de nous. Il n’est plus loin, dans le sanctuaire, mais il vient, s’unir à nous, pour nous dire qu’il est là pour nous.


L’avent c’est donc vivre du terme qui est déjà là. C’est vivre de cette présence caché, en attendant qu’elle se manifeste pleinement.


Comment on fait ? On doit en premier redécouvrir pourquoi Dieu s’incarne ? Pourquoi il se rend présent, si proche ? Quel est son intention ? Pourquoi veut-il cette proximité nouvelle ?


La présence de Jésus pour chacun, c’est en premier une initiative gratuite, un don pur, un don qui est de trop. Une gratuité excessive. Et c’est cela le salut. C’est Dieu qui vient nous faire sortir de nos schèmes désespérant de quête de perfection, de scénario déprimant d’une vie propre et parfaite, ou chacun serait autonome et sans vulnérabilité, sans pauvreté aucune. C’est Dieu qui vient nous purifier de tout pharisaïsme de la loi et d’un primat d’un ordre idéal! L'amour est souvent mort en nous, ou à l'état de survie! C’est pour cela que c’est un enfant qui vient : rien de plus gratuit et de moins ordonnée qu’un enfant. Un enfant c’est un sans gêne qui impose son rythme à tous les autres…

 

Et c’est ainsi que Dieu vient nous ‘rééduquer’ à l’amour.Il vient gratuitement et définitivement, sans que l’on puisse se préparer ; c’est de fait sa présence qui est le seul moyen de nous préparer à son don. 


C’est pour cela que la lumière de l’avent, c’est Marie, la Femme. Celle qui a pour vocation de maintenir l’amour, de maintenir la gratuité en éveillant notre coeur à la présence de Celui qui est là et nous attend; C'est celle qui vient porter pour  nous nos misères pour que l'on arrête de se replier et de pleurnicher sur elles. Et c’est Marie que nous devons regarder pour se laisser posséder par cette présence mendiante de Jésus pour nous.


Le rôle de Marie sur nous c’est de nous ouvrir à celui qui se donne et qui est de trop ; et  cela c’est aimer : non pas ‘se donner’ dans une espèce de générosité efficiente, mais accepter de pâtir sous l’effet d’un autre qui nous attire ; aimer c’est laisser quelqu’un débarquer, s’imposer et choisir qu’il soit celui qui nous renouvelle, source pour nous. C’est accepter que notre temps soit ordonné par l’autre, accepter d’être dans un état de fragilité face à celui qui seul peut achever en moi ce qui est le plus moi-même ; c’est accepter de se dévoiler, dans ce qu’on a de vulnérable et de fragile…

Fr Grégoire.

©www.quecherchezvous.fr

Voir les commentaires

Jésus,témoin fidèle et vrai face au règne de l’opinion !

25 Novembre 2012, 02:43am

Publié par Fr Greg.

 

 

bosch-hieronymus-christ-crowned-with-thorns

 

 « C’est pour cela que je suis né et c’est pour cela que je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité ; quiconque est de la vérité écoute ma voix » (Jn 18, 37).

 

En interrogeant « es-tu le roi des Juifs ? » Pilate suis l’opinion du lobby de son temps: celui des  grands prêtres! Voilà le pouvoir, ou les calculs politiques et l'opinion dominante mesurent le réel! Voilà la tentation et la corruption propre de ceux qui gouvernent : la seule ambition de devenir quelqu’un les réduits souvent à être esclaves d'un pouvoir qui les domine: ils passent leur temps à éviter les coups, à tâter le pouls de l'opinion et se construire une image... jusqu'a mesurer l'autre, qui devient nécessairement un accusé puisqu'il n'entre pas dans leur opinion érigé en mesure!

 

D’où l’interrogation de Jésus, qui veut remettre Pilate devant la vérité de son jugement, dans un contact immédiat avec le réel : « dis-tu cela de toi-même ?» autrement dit : « me connais-tu par expérience? Est-ce ton expérience qui te fait dire cela, ou bien, juges-tu selon ce qu’on t’a dit, donc selon des opinions que tu as décidé d'ériger en mesure? »

 

Jésus remet Pilate devant son expérience: c’est la première miséricorde. Face à la tentation du pouvoir qui nous touche à chaque fois que l'on décide de dominer le réel au nom de ses idées, de mesurer un autre, on ne se corrige qu'en se remettant face au réel qui toujours nous dépasse; c’est cela, pour nous, être témoin de la vérité : accepter d’être mesuré par la réalité qui s’impose: depuis la matière jusque toute réalité sensible,  je n'ai pas fait la réalité! Je ne peux donc prétendre à la dominer au nom des mes idées, aussi spirituelles qu'elles puissent être! C'est la tentation démoniaque par excellence, celle du contemplatif et du spirituel, qui préfère l'immanence de sa pensée -très spirituelle- au réel existant, sensible, imparfait et sujet au changement.

 

Se faire mendiant, bruler ses schèmes préconcues et non assener son opinion, son idée de ce qu’on croit être le réel, en s'opposant dialectiquement à une autre opinion ! En cela, tout homme qui se met à juger son frère, à s’en faire la mesure, se replie sur lui-même et meurt dans son intelligence ! Il se rend incapable d’être attiré par une nouvelle lumière ! Celui qui ne cherche plus la vérité en la mendiant constamment à partir de son expérience, n'est témoin que de son désir de tout dominer! C'est pour cela qu'on peut définir la personne humaine comme celle qui cherche la vérité! (cf. Fides & Ratio n°28.)

 

Face à ce pouvoir que l'on s'octroit au nom de notre opinion érigé en mesure, Jésus interroge ! L’autorité du Christ, c’est celle qui nous rend mendiant et pauvre : il nous met face à ce qui nous dépasse et nous oblige à interroger: « Qu’est-ce que la vérité ? » En cela le croyant ne peut-être témoin de la vérité et ne pas prétendre à l'affirmer que si il la cherche toujours ! Dès qu’il se fait une opinion sur ce qui doit être fait, souvent par souci d’efficacité et d’application de ses schèmes religieux, il se pose en mesure et devient le pire des tyrans : un pharisien !

 

Jésus répond à Pilateà la croix: c'est là qu'il révèle la vérité: il est le secret du Père, qui donne tout pour tout recevoir! En cela il exerce son autorité : se faisant Agneau, il proclame que nous recevons tout d'en haut; Il est celui qui nous dépouille de tous les opinions que l’on s’est fait de nous-même et de nos frères en nous révélant qui on est pour Lui et nous communiquant tout ce qu'il vit. En se dépouillant de tout pouvoir sur nous, il nous révèle la place que l’on a pour lui. Son autorité est celle qui a pouvoir d’ouvrir les portes du Royaume, les secrets de son coeur à ceux qui sont perdus, qui n’ont que des misères et des pauvretés humaines à offrir.

 

Et, si nous confessons le Christ, Roi de l'Univers, c’est parce que cette seigneurie nous est donnée. Et elle nous est donnée pour en user !! Aussi, notre cœur est-il tourmenté de faire entrer les perdus de la terre dans le Royaume ? En leur révelant que tout leur donné, que le Christ à tout donné pour eux, que Jésus leur donne de vivre en Fils immédiatement...

 

Cette question nous est posée comme à Caïn: "Qu'as-tu fait de ton frère ?" Exercer cette Seigneurie, n’est-ce pas chercher à faire entrer dans les secrets de Jésus ? Ceux en lesquels il n’y a humainement plus rien à espérer ? Voilà notre ‘pouvoir’ sur les autres hommes. Mais, y sommes-nous entrés nous-même? Avons-nous brulés toutes opinions, toutes images, tout jugement pour se laisser emparer par le don actuel de Jésus Agneau? En acceptant que notre place soit celle du pauvre qui reçoit tout, en brulant et refusant le règne de l'opinion, nous avons autorité pour donner Jésus, secret caché du Père.

 

Fr Grégoire.

©Quecherchezvous.fr

 

 

Voir les commentaires

Espérer contre toute espérance...

13 Novembre 2012, 02:06am

Publié par Fr Greg.

Voir les commentaires

Quittez vos projets et entrez dans Sa joie : Il aime nos pauvretés et notre rien !

2 Novembre 2012, 02:53am

Publié par Fr Greg.

 

agneaumyst.jpg

La Toussaint ?! Pourquoi cette fête de la Toussaint ? A quoi ça sert??

Pourquoi ? Car les saints du Ciel n’ont pas besoin comme tel qu’on les loue. Cette fête c’est pour nous !! Est-ce que donc la Toussaint est vraiment une fête pour nous ? Est-ce que vraiment cela nous rend heureux ? Est-ce que ce matin en vous levant vous vous êtes dit : « Whao, c’est la Toussaint ! C’est énorme !!! »

 

Or, tout l’évangile de ce jour, Jésus ne cesse de nous dire qu’on est heureux d’être ce qu’on est ! On est heureux d’être pauvres !! Pauvres physiquement, psychiquement, moralement, et Bienheureux même dans cette pauvreté! Qu’il faut tressaillir d’allégresse ! Et qu’est-ce qui nous empêche d’entendre cette parole jusqu’au bout ? Pourquoi n’est-on pas heureux, ou pourquoi n’entendons-nous pas Jésus nous dire combien nous sommes bienheureux ?

 

Nous sommes tristes, parce que trop souvent nous sommes prisonniers d’un projet idéal sur nous-mêmes. On a décidé –on a imaginé- comment nous devions être ; on s’est fait un film de notre vie, de comment cela devait être ; et on est prisonnier de projets d’une perfection aussi débile qu’orgueilleuse, aussi étriqué qu’esthétique ! On s’est créé son propre film dont on est le héros, adaptant l’histoire à chaque déconvenue, attendant qu’enfin on nous regarde comme un super héros pour les hommes, ou un truc plus romantique pour les femmes.

 

Et, malgré que le réel, nos pauvretés, nos misères et ceux qui nous entourent font toujours échouer tous nos scénarios, on s’agrippe obstinément à tous ces fantasmes d’une perfection aussi idéal que désespérante. Et notre grande misère, c’est notre obstination maladive à tous ces projets petits formats ! Le péché ainsi, n’est pas tant de tomber, mais de s’obstiner à vouloir tout de même réaliser notre scénario dans lequel nous mettons notre bonheur, notre représentation de la perfection ou de la ‘sainteté’.  Et nous restons malheureux tant que nous attendons secrètement la réalisation de ces fantasmes cachés et idéalisés.

 

Qu’est-ce qui peut nous rendre heureux alors ? Comment pourrait-on être Saints maintenant, et vivre de la joie des saints ? Déjà en brulant tous nos scénarios et projets d’une perfection ou d’une grandeur ou l’on domine tout efficacement ! La sainteté et le bonheur ce n’est pas un état, un truc à faire, ou un résultat à atteindre suivant une méthode certaine.

 

Mais surtout, Jésus nous crie de vivre en bienheureux, parce que Lui s’engage à nous faire aller jusqu’au bout de la grandeur qu’il veut pour nous ! On est heureux parce que Jésus s’engage à être omniprésent à tout ce que l’on vit ! Il s’engage à ne jamais se résigner à nos petits côtés, et il nous promet de ne pas nous lâcher !

 

Ce qui nous rend heureux c’est quelqu’un ! C’est Jésus qui est pour nous dans tout ce qu’il est. Notre béatitude, c’est celle que Jésus nous donne à chaque instant !  Qu’est-ce que cela veut dire ?

 

C’est « bienheureux les pauvres » : c’est-à-dire que Lui promet de se servir de nos pauvretés comme du lieu où il se donne à nous ! Tous les lieux où l’on touche nos misères, ou l’on est perdu, mort, ou l’on est plus rien : cela devient, pour Lui, le chemin, le lieu où il se donne ! « Bienheureux les pauvres » : c’est-à-dire : « ta pauvreté ? Eh bien, je viens l’habiter, je viens m’en servir ; ce lieu où tu ne domines plus, ou tu meurs à tout tes rêves idéaux et tes projets de super héros, c’est là où tu dois m’attendre ! Ta limite n’est plus une limite ! »

 

C’est cela « la grande épreuve » : accepter que des lieux qui me diminuent humainement deviennent le lieu de son don ! Et mendier la certitude qu’il s’en sert ! La grande épreuve, c’est accepter et choisir que tous les lieux où l’on est éprouvé, ou l’on est plus rien, tous ces lieux que l’on ne peut reprendre, croire qu’ils ont une fécondité divine, qu’ils sont des lieux où l’on est bienheureux, parce qu’on les lui donne et qu’Il vient les habiter ! Nos pauvretés deviennent le chemin pour Lui de nous rendre Bienheureux !

 

« Bienheureux les doux » : le doux c’est celui qui s’adapte au rythme de l’autre, qui respecte la lenteur de l’enfant, de l’handicapée, du médiocre. Jésus ne nous tyrannise pas : il n’a pas un projet d’efficacité maximale sur nous. Et, il réalisera son désir, nous fera entrer dans ce qu’il veut pour nous, en respectant notre lenteur, en épousant ce devenir qui tend souvent au ridicule. C’est pour cela qu’on ne peut se comparer ! Notre itinéraire est complétement unique, et la manière pour lui de nous conduire dépend de Lui et de nous, point !

 

Et tous nos pleurs, tous nos repliements inutiles deviennent des lieux que Jésus veut habiter ! Tout devient chemin pour lui. Il n’y a plus de drame, il n’y a plus « d’histoire entre les hommes », sinon l’Histoire sainte ! Parce que nous avons cette assurance actuelle que Jésus se rend omniprésent et vient se servir de tout notre quotidien, surtout ce qu’on a de plus nul, là où on ne domine plus, pour nous obliger à tout vivre avec lui, à tout lui donner !

 

C’est ce que dit la petite Thérèse : « ce qui plait au bon Dieu dans ma petite âme, c’est que j’aime ma petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle que j’ai en sa miséricorde ! » Le jour où l’on pourra dire que l’on aime nos pauvretés et nos misères parce que c’est le lieu privilégié de son don, on sera des géants !

 

Et toutes l’éducation de Jésus, son don dans l’eucharistie par exemple, c’est un don caché, ridicule pour une intelligence rationnelle, pour briser nos idoles et nos scénarios, nos images idéales de nous-mêmes ou l’on voudrait tout dominer !

 

On a rien de plus que les gens du monde, pas plus de vertus ou de force, de générosité ou de patience, par contre, on n’est plus jamais seul : il est présent à tout ce qu’on vit, omniprésent, et il nous habite d’une manière telle, qu’on est déjà enfant du Père, certain de son don transformant ! Alors, réjouissons-nous de sa joie et mendions la, car Il habite tout ce que nous sommes !

 

Fr Grégoire.

©www.quecherchezvous.fr

 

 

Voir les commentaires

Prenant alors un enfant, il l'embrassa...

23 Septembre 2012, 02:37am

Publié par Fr Greg.

 

 

figureaffich.jpg

 

 

Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d'eux, l'embrassa, et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé. »

 

Par ce geste, Jésus nous révèle pourquoi la Croix, le sens de son offrande, de son état victimal : pour nous dire -nous communiquer et nous donner à vivre- jusqu’au bout ce qui fait de Lui l'enfant du Père: il est Celui qui de toute éternité reçoit tout du Père et Lui redonne tout; Et c’est Jésus crucifié qui manifeste cette ‘petitesse’ divine du Fils en Dieu, ce qu'il vit et qui nous est caché ! Là on voit en clair la vie du Fils face au Père. Et quand il nous 'dit' cela, il nous dit ce qu’il nous donne à vivre, immédiatement. Jésus ne nous dit rien qui ne soit pas pour nous!

 

Et c’est cela le chemin pour être grand et "le premier" : parce que Dieu nous veut grand, debout et victorieux ! Dieu ne nous veut pas nabot, étriqué et à moitié vivant ! Il ne veut pas pour nous ces faux chemins d’humilité narcissique ou de petitesse maladive ou l’on est replié sur soi et sur son vécu soi-disant spirituel… Dieu nous veut à sa taille ! C'est par un choix toujours plus actuel, personnel, ou je mendie qu’Il prenne tout en moi, que je deviens ce qu'il veut pour moi ! Un choix qui se sert de tout ce dont on pâtit, même de ces lieux où nous sommes complices ou pas très net. L'enfant ne se regarde pas: il ne regarde que son Père et lui donne tout !

 

Accueillir un enfant au nom de Jésus, c’est aussi, dans tous nos liens personnels, accueillir l’autre dans ce qu’il a de petit, d’impuissant, d’inefficace, de misérable, comme Jésus l’accueillerait, comme Jésus est face à moi: il est 'pour moi'. Car  recevoir Jésus, c’est recevoir celui qui veut comme tout attendre de nous : en se faisant pain, il se fait plus petit que tous les enfants, sans autonomie ni existence propre, et là il nous crie qu’il veut qu’on soit tout pour  Lui, tel qu’on est !

 

Jésus désire pour nous, que dans ces liens personnels -ceux qui me sont donnés par le Père, quelque soit leur imperfections- j'accueille toujours plus l’autre comme le bien-aimé de Jésus, comme Jésus Lui-même; C'est là la croix pour nous, l'état victimal; Là que j’exerce et déploie cette vie de Fils du Père, ce don prodigieux, cet héritage de Jésus qui est en ‘attente’ en moi.  

 

 

Fr Grégoire.

www.quecherchezvous.fr

 

Voir les commentaires

Aux gens qui s’affolent...

9 Septembre 2012, 08:19am

Publié par Fr Greg.

38537

 

 

Dites aux gens qui s’affolent : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver » Isaie, 35,4. 

 

La crise de notre humanité est avant tout une crise de l'espérance. Nous avons trop facilement une espérance humaine, à propos de choses secondes : des attentes mondaines, imaginatives, à notre taille, trop petites quoi. L'attente seule d’un changement humain engendre toujours plus de déceptions et la foi en Celui qui nous attend n’est plus une vie qui nous mobilise. Nous avons donc l'espérance d'un « mieux » humain, mais pas celle de Dieu lui-même : trop lointain pour nous, inaccessible, pas selon notre sensibilité, notre vécu ou notre ressenti, bref pas possible, et surtout pas très ‘utilisable’… Or, « la vraie, la grande espérance de l'homme, qui résiste malgré toutes les désillusions, ce peut être seulement Dieu – le Dieu qui nous a aimés et qui nous aime » dixit Benoit XVI.

 

Fr Grégoire.

Voir les commentaires

Combien il t'aime...

14 Juillet 2012, 01:05am

Publié par Fr Greg.

 

100109 jean de la croix 1

Une personne qui en aime une autre et qui lui fait du bien, l'aime et lui fait du bien selon ses qualités, selon ses propriétés personnelles. Ainsi agit ton Époux résidant en toi en tant que tout-puissant : il t'aime et te fait du bien selon sa toute-puissance.


      Infiniment sage, il t'aime et te fait du bien selon l'étendue de sa sagesse. Infiniment bon, il t'aime et te fait du bien selon l'étendue de sa bonté. Infiniment saint, il t'aime et te fait du bien selon l'étendue de sa sainteté. Infiniment juste, il t'aime et t'accorde ses grâces selon l'étendue de sa justice. Infiniment miséricordieux, clément et compatissant, il te fait éprouver sa clémence et sa compassion. Fort, délicat, sublime en son être, il t'aime d'une manière forte, délicate et sublime. Infiniment pur, il t'aime selon l'étendue de sa pureté. Souverainement vrai, il t'aime selon l'étendue de sa vérité. Infiniment généreux, il t'aime et te comble de grâces selon l'étendue de sa générosité, sans aucun intérêt propre et dans la seule vue de te faire du bien. Souverainement humble, il t'aime avec une souveraine humilité et avec une souveraine estime.



      Il t'élève jusqu'à lui, il se découvre à toi joyeusement et avec un visage plein de grâce dans cette voie des connaissances qu'il te donne.  Et tu l'entends te dire : « Je suis à toi et pour toi ; je me réjouis d'être ce que je suis, afin de me donner à toi et d'être à toi à jamais ». Qui pourra exprimer ce que tu éprouves, ô âme bienheureuse, en te voyant aimée à ce point, en te voyant tenue par ton Dieu en une estime pareille ?

 

St Jean de la Croix, Vive Flamme d’Amour.

Voir les commentaires

moi, je ne juge personne...

23 Avril 2012, 02:40am

Publié par Father Greg

 

« Moi non plus, je ne te condamne pas. »

  

 

bruegel-christ-and-woman.jpgL’épisode de la femme adultère, c’est selon St Augustin tout l’évangile : la misère face à la miséricorde ! Pour y entrer, il faut entendre Jésus nous dire personnellement : « moi, je ne juge personne » (Jn 8, 15) ; Jésus suspend son jugement par rapport à chacun de nous, parce que non seulement il ne nous regarde jamais par nos petits côtés, mais parce qu’il regarde toujours en nous ce qui est grand, l’image de Dieu, ce qui est éternel en nous et qui est le plus actuellement 'nous', ce qui est ‘attente de Dieu’ : alors que les pharisiens voient une adultère, Jésus, lui, voit 'la Femme'.

 

Jésus, pour nous dire sa miséricorde, s’abaisse car il réalise son don miséricordieux en prenant jusqu’au bout toute notre misère. Il se fait agneau, victime innocente, mendiant de nos pauvretés pour non seulement s’en faire responsable devant le Père, mais pour nous faire entrer dans quelque chose de complètement nouveau. Sa miséricorde, c’est bien plus qu’une réponse ou un salut qu’on proposerait par ‘pitié’ ; Sa miséricorde, c’est un don substantiel, c’est Lui pour moi ! C’est donc pour nous une nouvelle naissance, l’entrée dans une nouvelle vie : la découverte du regard du Père qui s’unit à nous immédiatement pour que tout ce que l’on vit acquière une nouvelle signification, une nouvelle fécondité, une taille divine, un sens éternel.


La miséricorde c’est cet excès actuel d’amour ou Dieu lui-même se sert de tout ce qui est en vain dans notre vie pour nous unir à lui –et tout de suite-. "Personne ne t'a condamné? Et bien moi non plus, non seulement je ne te condamne pas, mais je viens t'épouser dans tout ce que tu es, et tout de suite."

 

On comprend alors que Jésus puisse comme réclamer de nous que notre nature soit brulée, défigurée par nos misères. Le salut qu’il nous apporte ne supprime pas le désordre du mal en nous ; Il ne vient même pas pour nous éduquer ou pour une thérapie qui ‘évangéliserait efficacement nos profondeurs’… et il y a là une réelle épreuve pour nous, celle d’accepter que son salut ne soit pas apparemment efficace, qu’il soit même apparemment inutile. Notre misère devient alors l’occasion de vivre dans une offrande gratuite de tout nous-même au Père, par un chemin qui , de fait, ne nous dit rien : d’accepter de pâtir de nos misères et de celles des autres, toutes ces pauvretés inutiles, qui nous blessent constamment et qui pourraient être évitées.  

 

Vivre de sa miséricorde, c’est choisir d’être comme crucifié par nos misères, de ne pouvoir les résoudre, et choisir qu’elles font de nous une victime offerte, un don qui est répandu comme en pure perte, pour Lui ; C’est bien la signification ultime du salut : Dieu qui fait de nous de purs actes d’amours, qui nous fait devenir action de grâce, ce qui n’est possible qu’en étant suspendu à son don à lui, qu’en ayant foi en ce que l’on reçoit de lui et qui est plus que tout ce que nous pouvons offrir. C’est cela la croix : c’est Jésus qui donne tout, qui, non seulement ne nous condamne pas, mais vient prendre, s'emparer de tous les rejets, de tout nos manques d'amours, pour être holocauste, don gratuit, parce que ce qu’il reçoit du Père est plus que tout ce qu’il peut offrir de son humanité.

 

Vivre de sa miséricorde, c'est d'accepter ce chemin obscur ou il vient faire de nous, à travers ces misères que l'on porte, ce nouveau buisson ardent qui vit par le Père. Il s'unit à nous, pour que rien dans notre vie ne soit en vain. Sa miséricorde, c'est, pour nous, d'inscrire dans tout ce que nous sommes, une nouvelle dépendance et de suspendre notre jugement sur ce que l'on pourrait croire comprendre de notre vie. C'est cela vivre de Jésus comme Père: de tout vivre avec lui, de vivre comme possédé par son don actuel, de croire à ce que Lui réalise à travers ce que l'on voit de notre vie.  

 

 

 

Fr Grégoire.

© http://www.quecherchezvous.fr


Voir les commentaires

La Résurrection, présence de Jésus à tout l'univers...

10 Avril 2012, 02:35am

Publié par Father Greg

      La résurrection, c’est la personne de Jésus, dans ce qu’elle a de plus personnel, qui vient embraser tout notre univers, chacun de nous. Et Marie a été choisie pour vivre jusqu’au bout ce don caché, et nous, la recevant comme des enfants, nous héritions de sa réponse. La regarder ce n’est donc pas rester comme des spectateurs admiratifs de quelque chose qui leur échapperaient, mais c'est chercher à voir ce qui nous est donné et encore caché mais réélement acquis. Contempler le mystère de Marie, c'est donc comme dévoiler à nous-même ce que le Père nous donne dans la foi-donc immédiatement- mais qui laisse notre sensibilité conplètement pauvre quant à 'l’usage', 'l'utilité' de ce don. C’est surtout chercher à voir quelque chose de la hauteur, de la profondeur, de la qualité du don de Jésus pour nous ; c’est donc pour demeurer dans l’action de grâce face à cette recréation que Dieu opère par la résurrection! 

fr Grégoire.


 

 14ud4vb7za.jpgEtroitement associée au mystère de la Rédemption, Marie vit, dans la nuit de Pâques, ce premier moment éternel de gloire, cette victoire de l’amour sur la mort, sur le péché. Elle n’a pas besoin d’apparition pour adhérer au mystère de la Résurrection dans une foi brûlante d’amour, dans une espérance tout ardente, une soif d’aimer de plus en plus son bien-aimé : « Quelle est celle qui monte du désert (le désert du tombeau) appuyée sur son bien-aimé », appuyée sur le Christ glorifié ? C’est Marie, qui vit ce mystère avec lui. Marie, en effet, n’ « assiste » pas à la Résurrection de Jésus : elle la vit.

 

Et si elle vit ce mystère dans sa foi, son espérance et son amour, c’est pour Jean, celui qu’elle a reçu à la Croix comme fils ; c’est donc pour nous. C’est pour Jean que Marie l’a vécu dans le silence. Il est étonnant de voir à quel point cette nuit de la Résurrection est réservée à Marie…

 

Depuis que le cadavre de Jésus avait été descendu de la Croix, Marie gardait plus que jamais dans son cœur la parole si forte que le Christ avait adressée à Marthe, la sœur de Lazare. A Marthe qui lui faisait ce reproche : « Si tu avais été là,  mon frère ne serait pas mort », Jésus avait répondu : « Je suis la Résurrection ».

 

Cette parole de Jésus, Marie l’a gardée dans son cœur, et c’est sûrement cela qui lui a permis de rester debout au pied de la Croix : il est la Résurrection, et donc la mort et toutes les souffrances de la Croix, toutes les tristesses de l’Agonie, sont absorbées par cet amour victorieux de la mort. Marie, sans comprendre « comment cela peut se faire », garde cette parole incessamment, au plus intime de son cœur : « Je suis la Résurrection ». Et c’est ainsi qu’au moment même où la toute-puissance de Dieu mise au service de son amour glorifie Jésus, glorifie le corps de Jésus par son âme éternellement glorieuse, Marie, immédiatement, adhère à ce mystère : « Je suis la Résurrection ». Et c’est ce « Je suis la Résurrection » qui lui permet de vivre de ce mystère dans une unité parfaite avec Jésus ; et elle reste dans le silence pour être toute à Dieu, toute à Jésus.


Marie sait au plus intime de son cœur, de son intelligence, cette présence qui prend tout et qui la met dans une joie unique : il est ressuscité pour elle. Il est ressuscité pour le Père, certes, mais il est ressuscité pour Marie, tout entier pour elle. Et Marie répond à ce don en étant toute donnée, – d’une manière toute intérieure car à l’extérieur rien n’est changé. C’est le grand mystère de la foi, de l’espérance et de la charité qui en cette nuit de Pâques prend toute sa signification et qui atteint sa perfection dans le cœur et  l’intelligence de Marie.

 

La Résurrection de Jésus, puisque c’est la grande victoire de l’amour, victoire éternelle, victoire plénière, est un mystère de contemplation ; il ne peut donc être vécu qu’à travers la foi toute transformée par l’amour, une foi toute contemplative, qui adhère au cœur blessé et glorieux de Jésus. Et cette nouvelle attraction d’amour est si présente que Marie demeure dans le ilence de ce mystère en cette nuit sainte qui est pour elle, puisque les Apôtres dorment. Accablés de souffrance et de tristesse, ils ne vivent pas encore ce mystère de la Résurrection ; Marie seule en vit, et elle nous demande, durant cette nuit, de comprendre comment elle a vécu ce mystère et comment elle veut nous en faire vivre dans notre foi, dans notre espérance et notre charité, pour que, comme ses enfants bien-aimés, nous puissions en vivre pour toute l’Eglise, pour tous ceux qui ne vivent plus de Jésus, pour tous les hommes qui oublient ce mystère.

 

Demandons à la Vierge Marie de nous faire cette grâce, d’être entraînés comme elle, attirés comme elle, dans le mystère du cœur brûlant d’amour de Jésus glorifié. Que nous puissions nous aussi, dans une foi toute contemplative, tout aimante, adhérer pleinement a cette proximité immédiate de Jésus et vivre de ce mystère qui doit nous transformer pour nous renouveler et nous permettre d’être de vrais fils, de vrais enfants du Père, avec Marie et en elle. Et que nous puissions aussi, quand Dieu le voudra, être de vrais témoins, dans le monde d’aujourd’hui, de cette victoire de l’amour divin.


Nous qui savons que cette victoire nous est déjà donnée dans la foi, l’espérance et la charité, nous devons être, pour ce monde qui est si tiède, si froid, si loin de ce mystère de la Résurrection, les témoins de ce mystère, de cette grande victoire de l’amour divin.  

M.D Philippe, J’ai soif.

Voir les commentaires

Il est présent à tout ce que nous sommes!

7 Avril 2012, 23:42pm

Publié par Father Greg

 

66.jpgLa résurrection, au-delà de la joie liturgique et du feu pascal, c’est d’abord l’expérience de l’absenceAbsence de signes et de traces visibles. Pas de manifestation ! « Vous cherchez Jésus ? Il n’est pas ici ! » Il n’est pas dans une victoire temporelle ou un ordre naturel idéal ! Il n’est pas dans nos projets liturgique, pas dans un évènement extraordinaire, ou dans notre immanence pieuse : Jésus ressuscité n’est plus de ce monde ! Il n’est plus selon notre conditionnement ou notre psychologie à la recherche d’équilibre ou de guérison intérieure ! Il n’est plus localisable dans le monde physique, il échappe au lieu et au temps : parce qu’Il est encore plus présent, il est LA REALITE, Celui qui s’impose à tout ce qui existe.


 Jésus ressuscité, est présent d’une manière incroyable : il est partout présent ; La résurrection, c’est quelqu’un, c’est Jésus qui prend possession de tout l’univers ! Jésus ressuscité : c’est Celui qui nous attend, celui qui nous précède ! Et il est ressuscité pour nous, pour tout vivre avec nous, de l’intérieur. Et cela c’est tout de suite! Dans la foi, nous avons un contact immédiat avec lui, sans aucune distance. Et cela d’une manière telle, que sa résurrection, c’est la mienne : LA REVELATION N’EST PAS UNE VITRINE : donc LA RESURECTION C’EST LA VERITE, C’EST LE VRAI REEL QUI M’ENTOURE !


Aussi, on ne peut plus se regarder de la même manière ; On doit tout réapprendre auprès de Lui. Nous sommes déjà habitant du ciel, puisque tout en étant sur la terre -avec tout ce qui fait son poids quotidien- il vient nous prendre et nous épouser dans tout ce que nous sommes.

 

C’est cela que les femmes qui ont courus au tombeau doivent annoncer. Comment ? Pas par des mots, des consolations, des raisonnements ou des chocolats!  C'est vrai, on aimerait tellement prouver aux autres qu'on a ‘raison’ de croire à la résurrection! Et pourtant, même Jésus n'a pas cherché à prouver. Il aurait pu apparaitre à Hérode, à Pilate ou aux grands-prêtres au matin de Pâques: imaginez ces grands prêtres, dormant avec leurs phylactères, plein de leurs projets bien pieux, de quête de perfection toute humaine et bien moralisante, réveillés par une apparition de Jésus ressuscité: la cata pour eux...!  Non, Jésus ne s'impose jamais et la résurrection, cette présence victorieuse qui réordonne tout, cette attraction substantielle qui nous prend, est une victoire cachée, divine, qui ne réclame pas comme tel de manifestation: c'est la réalité même de Dieu pour nous qui emplit l'univers et qui habite tout notre histoire humaine de l'intérieur.

 

C'est une victoire dont on est témoin en en vivant comme un secret, dans la foi, comme ce qui est la réalité, ce qu'il y a de plus existant dans notre univers. C'est la présence de Jésus qui ne connait plus de limites: il est présent à tout ce que nous sommes.  Jésus ressuscité, c’est Jésus qui est présent de la manière la plus effective qui soit comme Dieu nous est présent: il imbibe tout! Il est là comme un feu qui vient tout éclairer de l’intérieur. « Il fait toutes choses nouvelles ». C’est une nouvelle naissance ! Il ne nous quitte plus. C’est un nouveau secret : un nouveau paradis est donné, bien que encore caché. Il est intérieur: c’est Dieu qui vient posséder toute notre vie pour lui donner une taille divine, une fécondité éternelle.

 

La résurrection, c’est une source. C’est Jésus qui vient nous dire qu’il prend tout, qu’on ne doit plus avoir peur. Plus rien n’est en dehors de lui si nous le voulons. Nous ne sommes plus jamais seuls. Plus rien n’est en vain. C’est la joie du matin de Pâques : tout est nouveau, renouvelé, recréé par Dieu.

Fr Grégoire.

 

 

Voir les commentaires

Le sépulcre, ultime passage que Jésus veut nous faire vivre!

7 Avril 2012, 02:16am

Publié par Father Greg

images--1-.jpgJésus a été condamné comme un blasphémateur, rejeté par les grands prêtres comme ayant usurpé le titre de Fils de Dieu : il déclarait Dieu son Père !

Et Jésus est condamné, parce qu'il est de trop pour les hommes! Jésus est coupable de trop d’amour : il ne respecte pas les Lois, trop engagés dans la vie des personnes ! C’est un amour trop fort, trop exigeant pour l’homme. C’est une trop grande lumière, insupportable pour nos yeux trop humains. Cela dérange : n'est-ce pas du relativisme face à l’absolu de la loi ?! Un homme, ami des pécheurs, mangeant avec les publicains et les prostituées: mais voyons, n'avait-il pas une double vie alors? C'est trop louche...


Et ça demeure toujours. L’humanité d’aujourd’hui condamne Jésus. Les opinions des hommes, les racontars et les dire des grands prêtres ont avec eux le prestige et la puissance ! Et puis, dame : il n’y a pas de fumée sans feu : s’il est condamné, c’est qu’il y a faute !

Si Jésus a été condamné à mort, chaque chrétien lié à Jésus sait qu’il peut connaître le même sort que Lui, qu’il peut lui aussi être rejeté, mis au ban de la communauté dans laquelle il est ; qu’il peut être abandonné de ceux qui devraient l’aider et le soutenir : les autorités temporelles. 


Jésus a accepté de se taire et de prendre la dernière place pour montrer au Père qu’une seule chose compte à ses yeux : l’accomplissement de sa volonté. C’est pour ça que Jésus aime la Croix : c’est parce que la révélation de la bonté du Père, de son attraction sur nous passe par cette offrande silencieuse de tout lui-même!


Et Jésus pardonne à la croix, pardonne à ceux qui l’ont trahis, qui ont livrés ses secrets, qui l’ont blessés dans ce qu’il avait de plus vulnérable, en se faisant l'agneau qu'on mène à l'abattoir, en acceptant de disparaitre. 

 

Il doit disparaitre: tel est le jugement des hommes: il est trop dangereux, il doit disparaitre!

Son corps cadavérique doit être remis à la terre. Il n’y a plus de corps, plus de souffrance visible pour compatir.

Il n’y a plus rien.  C’est l’absence, le vide.

Séparée du cadavre de son Fils, Marie vit la descente aux enfers. Elle vit cette brisure, cet état cadavérique, ce silence de mort.

Il n’y a plus que l’abandon, il n’y a plus que la brutalité des faits : c’est la violence de la mort, de la mise au tombeau, qui plongent ceux qui restent dans une solitude totale : être là, comme inutile, dans un pâtir à l’état pur.

L’Eglise -et donc chaque chrétien- doit vivre le mystère du Sépulcre : c’est son ultime étape, la dernière étape avant le retour du Christ. Cette étape, on peut dire que l’église l’a toujours vécue, comme elle a toujours vécu de l’Agonie et de la Croix. Mais il y aura un moment - et nous y sommes peut-être - où l’Église devra vivre, d’une manière toute particulière, de ce mystère du Sépulcre.

fr Grégoire.


Voir les commentaires

Pauvreté et action de grâce...

3 Avril 2012, 02:19am

Publié par Father Greg

 

 

angelico_descente_croix1.jpgDans la dernière semaine du Christ sur la terre, telle que nous la rapporte l’évangile selon saint Jean, tout commence par l’action de grâces. L’onction de Béthanie (cf. Jn 12, 1-10), vécue avec des amis, des intimes, précède l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Jean souligne d’une façon toute particulière l’importance de ce repas d’action de grâces, donné à Béthanie chez Marie, Marthe et Lazare pour rendre grâces à Jésus. Et dans ce moment particulièrement important, nous découvrons un lien mystérieux entre la pauvreté et l’action de grâces.

 

Cela est très important pour l’Église ; en effet, si, comme l’a souligné Jean Paul II, l’Église n’a pas d’autre mission que celle du Christ, si, en Marie, elle suit l’Agneau partout où il va (Ap 14, 4), il est essentiel de découvrir l’importance de ce geste d’action de grâces : n’est-ce pas par excellence le rôle de la vie contemplative dans l’Église ? Vivre dans cette gratuité, dans ce don « en pure perte », rendre grâce à Jésus pour toute sa miséricorde, vivre dans ce dépouillement que réclame l’amour du Christ qui est allé pour nous jusqu’à la mort et la mise au tombeau. Et nous avons là une lumière merveilleuse pour voir combien la vie contemplative, dans l’Église, doit prendre une note particulière lors de la dernière semaine : elle est une offrande dans la gratuité de l’amour, à travers un don ultime, un renouveau dans une action de grâces très pure et très simple.

 

« Jésus donc, six jours avant la Pâque, vint à Béthanie, où était Lazare que Jésus avait relevé d’entre les morts. On lui fit donc là un dîner, et Marthe servait, et Lazare était l’un de ceux qui étaient à table avec lui. Marie donc, prenant une livre de parfum de vrai nard d’un grand prix, oignit les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l’odeur du parfum. Judas l’Iscariote, un de ses disciples, celui qui devait le livrer, dit : “Pourquoi ce parfum n’a-t-il pas été vendu trois cents deniers, qu’on aurait donnés à des pauvres ?” Il dit cela, non qu’il eût souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur et que, tenant la bourse, il emportait ce qu’on y mettait. Jésus dit donc : “Laisse-la garder ce [parfum] pour le jour de ma sépulture. Car les pauvres, vous les avez toujours avec vous ; mais moi, vous ne m’avez pas pour toujours”. La foule nombreuse des Juifs connut donc que [Jésus] était là, et ils vinrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir Lazare, qu’il avait relevé d’entre les morts. Et les grands prêtres décidèrent de tuer aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs s’en allaient à cause de lui et croyaient en Jésus ».

 

Nous découvrons bien ici l’unité entre l’action de grâces de Marie, la sœur de Lazare, et le mystère de la pauvreté insondable de Jésus. La dernière semaine commence par l’action de grâces et la pauvreté !

 

L’action de grâces de Marie est d’abord une réponse à la miséricorde de Jésus envers ses amis Lazare, Marthe et Marie. La résurrection de Lazare avait été un geste ultime, extraordinaire. Et devant ce geste, signe du mystère de Jésus qui est « la Résurrection et la Vie », ce repas d’action de grâces s’impose en quelque sorte. Il s’impose d’autant plus que les choses se précipitent : en venant à Béthanie, Jésus sait bien qu’il vient au-devant de ceux qui le poursuivent et cherchent à l’arrêter. Le climat général est très tendu, et c’est dans cette urgence que Jésus vient. Il ne reviendra plus ! Pour la dernière fois, il vient chez ses amis, pour vivre avec eux et ses Apôtres cette dernière rencontre, dans la joie et dans la gravité d’un adieu.

 

C’est au cours de ce repas que Marie, la sœur de Lazare, fait ce geste merveilleux : un geste extrême, « en pure perte », qui ne se répète pas et ne peut pas se reprendre. Se servant de ce parfum très précieux, avec surabondance, elle exprime à Jésus tout l’amour et toute la reconnaissance qui animent son cœur en ce dernier moment. Et Jean souligne que « la maison fut remplie de l’odeur du parfum ». Tous, portés par le geste de Marie, sont à l’unisson de son action de grâces et du silence qui remplit le cœur de Jésus.

 

Tous sauf Judas ! En effet, ce geste suscite sa colère et il explose devant tous : il se dévoile, furieux contre Marie la sœur de Lazare et contre Jésus. Il ne supporte pas la gratuité, l’excès qu’elle porte en elle-même parce qu’elle provient de l’amour ; et il reproche à Jésus d’accepter ce geste… La miséricorde de Jésus et l’action de grâces qu’elle suscite sont scandaleuses pour Judas ! Et il oppose cette gratuité, cette surabondance, à un calcul économique très précis, sous prétexte d’aider les pauvres avec efficacité : « Pourquoi ce parfum n’a-t-il pas été vendu trois cents deniers » – c’est-à-dire l’équivalent de trois cents jours de travail ! – « qu’on aurait donnés à des pauvres ? » Judas n’a rien compris car, précisément, l’action de grâces et la pauvreté sont liées : seuls les pauvres savent vraiment remercier, et Jésus n’est en rien rival des pauvres, il est le Pauvre par excellence.

 

Judas juge de l’extérieur le geste de Marie, la sœur de Lazare, parce qu’il manque de pauvreté. Parce qu’il accapare, à tel point qu’il est un voleur, il murmure contre la miséricorde de Jésus et, du même coup, contre l’action de grâces. Et il prend l’apparence de la miséricorde : « Pourquoi ce parfum n’a-t-il pas été vendu trois cents deniers, qu’on aurait donnés à des pauvres ? » En réalité, il ne regarde plus Jésus, il estime un bien temporel et calcule ce qu’on pourrait en tirer.

 

Devant cette réaction très violente de Judas, qui brise et qui oppose, Jésus prend la défense de Marie : « Jésus dit donc : “ Laisse-la garder ce [parfum] pour le jour de ma sépulture. Car les pauvres, vous les avez toujours avec vous ; mais moi, vous ne m’avez pas pour toujours ” ». En disant cela, il révèle le caractère prophétique du geste de Marie et jusqu’où va sa propre pauvreté : jusqu’à l’extrême pauvreté de la mort, jusqu’à l’ultime petitesse du cadavre qui sera remis à la terre.

 

N’est-ce pas ce qui nous donne le sens du mystère de la Compassion de Marie, la Mère de Jésus, dans ce qu’il aura d’ultime ? Suivant l’Agneau partout où il va, elle ira jusqu’à l’agonie, à la Croix et au sépulcre, une avec Jésus dans le même mystère d’amour, d’offrande et d’action de grâces. Le geste prophétique de Marie, la sœur de Lazare, nous aide à y entrer et à saisir ce que Marie, la Mère de Jésus et notre Mère, a vécu dans le grand silence de l’amour. C’est ce dont la vie contemplative est le témoin vivant au cœur de l’Église : « au cœur de l’Église, je serai l’amour ». En ce sens, elle témoigne de la gratuité de l’amour, au-delà de toutes les œuvres de miséricorde.

 

Marie-Dominique Goutierre

© www.les-trois-sagesses.org

 

Voir les commentaires

« La maison fut remplie par l'odeur du parfum »

2 Avril 2012, 02:15am

Publié par Father Greg

 

« Marie avait pris une livre d'un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu'elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie par l'odeur du parfum ». St Jean 12,1-11 

 

 

39religi.jpgLe repas de Béthanie donne comme la note profonde de toute la semaine sainte. C’est LA lumière sur le mystère de la Croix, sur le mystère du Sépulcre, sur le don que Jésus fait de lui-même à la Croix. Ce geste, ce parfum d’un grand prix répandu gratuitement, que l’on ne peut pas récupérer, c’est d’abord une initiative de Marie la sœur de Lazare qui répond au geste de Jésus qui a ressuscité son frère. Or, la résurrection de Lazare, c’est, oui, cet événement extraordinaire de Lazare qui revient de chez les morts ; mais plus profondément, c’est Jésus qui se communique et qui nous fait revivre, chacun de nous, en se greffant à nous ; c’est donc une vie nouvelle, divine, quasi-substantielle, que l’on ne peut vivre que dans un lien, une dépendance immédiate, constante et totalement gratuite envers lui.


On a tout reçu et on reçoit tout ce que l’on est de Dieu actuellement. Mais la résurrection, c’est toute notre vie qui est comme habité, marqué, imbibé de la personne de Jésus et qui en vit quand tout est marqué dans notre vie par cette gratuité inouïe. C’est pourquoi ce geste de Marie, ce parfum répandu manifeste le désir le plus secret et le plus fort de Jésus sur nous : de tout vivre dans la lumière de son don, de vivre de son amour pour nous, dans une grande action de grâce. C’est cela son attente sur nous, que l’on découvre ce ‘parfum d’un grand prix’, d’une qualité unique que Jésus attend que nous lui offrions, librement, parce que c’est lui, sans chercher à en récupérer quelque chose…

 

L’action de grâce n’est donc pas simplement un remerciement, mais de revenir à cette source actuelle et cachée qu’est le don de Jésus dans sa personne, toujours présent à nous. C’est le geste de l’ami qui manifeste à son ami une préférence, son choix secret dans l’amour. C’est cette inclination intérieure qui nous pousse à sortir de nous-même pour vivre de l’autre et qui le manifeste par ce geste.

 

C’est accepter de s’exposer au regard du monde, à ce regard utilitaire, économique qui voudrait que tout soit utile, profitable, bref, que ça serve : « Judas Iscariote, l'un des disciples, celui qui allait le livrer, dit alors :  -Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d'argent, que l'on aurait données à des pauvres ?- » C’est le regard jaloux de celui qui n’aime plus et qui n’a comme critère de vérité que la valeur économique des choses !!  

 

A cela, c’est Jésus lui-même qui répond : « Laisse-la ! Il fallait qu'elle garde ce parfum pour le jour de mon ensevelissement. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. » 

 

Parce que Jésus n’est qu’à ce niveau-là, Jésus n’est qu’amour, que don, parfum répandu en pure perte, sans aucun calcul de pertes et profits, Jésus défend farouchement ce qui, en nous, relève de l’amour ! C’est nos secrets dans l’amour, nos désirs les plus cachés, les plus intimes, les plus fous parfois, qu’il veut faire grandir et acquérir une taille divine en nous : que l’on donne tout pour être toute attente et entrer dans une nouvelle lumière, une nouvelle présence de lui pour nous.

 

Ultimement, c’est à la croix que Jésus est ce parfum répandu pour le Père, et pour nous, en pure perte, gratuitement, inutilement. C’est cette ferveur dans l’amour qu’il veut nous donner dans cette semaine sainte, cette semaine d’amour, de désirs, de secrets communiqués à ceux qui mendient cet amour. C’est sa soif pour nous.

 

Fr Grégoire.

 

Voir les commentaires

Jésus-Roi, l'agneau sans défense, silencieux et immolé!

1 Avril 2012, 03:59am

Publié par Father Greg

 

 

agneaudeDieu.jpg  « Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem » (Lc 19, 28). Tout au début de la liturgie de ce jour, l'Eglise anticipe sa réponse à l'Evangile, en disant : « Nous suivons le Seigneur ». Avec cela, le thème du Dimanche des Rameaux est clairement exprimé. Il s'agit de la « sequela ». Etre chrétiens signifie considérer la voie de Jésus Christ comme la juste voie pour être des hommes - comme la voie qui conduit à l'objectif, à une humanité pleinement réalisée et authentique. Je voudrais répéter de manière particulière à tous les jeunes, garçons et filles, en cette XXVème Journée mondiale de la jeunesse, qu'être chrétiens est un chemin, ou mieux : un pèlerinage, un cheminement avec Jésus Christ. Un cheminement dans la direction qu'Il nous a indiquée et qu'il nous indique.


Mais de quelle direction s'agit-il ? Comment la trouver ? La phrase de notre Evangile offre deux indications à cet égard. En premier lieu, elle dit qu'il s'agit d'une montée. Cela a tout d'abord une signification très concrète. Jéricho, où s'est déroulée la dernière partie du pèlerinage de Jésus, se trouve à 250 mètres au-dessous du niveau de la mer, alors que Jérusalem - le but du chemin - se trouve à 740-780 mètres au-dessus du niveau de la mer : une montée de presque mille mètres. Mais ce chemin extérieur est surtout une image du mouvement intérieur de l'existence, qui s'accomplit à la suite du Christ : c'est une montée à la hauteur véritable pour être des hommes. L'homme peut choisir un chemin facile et éloigner toute difficulté. Il peut aussi descendre vers le bas, vers la vulgarité. Il peut sombrer dans le marécage du mensonge et de la malhonnêteté. Jésus marche devant nous, et il se dirige vers le haut. Il nous conduit vers ce qui est grand, pur, il nous conduit vers l'air sain des hauteurs : vers la vie selon la vérité ; vers le courage qui ne se laisse pas intimider par la rumeur des opinions dominantes ; vers la patience qui supporte et soutient l'autre. Il conduit vers la disponibilité pour les personnes qui souffrent, pour les laissés-pour-compte ; vers la fidélité qui est du côté de l'autre, lorsque la situation devient difficile. Il conduit vers la disponibilité à apporter de l'aide ; vers la bonté qui ne se laisse pas désarmer, même par l'ingratitude. Il nous conduit vers l'amour - il nous conduit vers Dieu.


« Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem ». Si nous lisons cette parole de l'Evangile dans le contexte du chemin de Jésus dans son ensemble - un chemin qu'il poursuit précisément jusqu'à la fin des temps - nous pouvons découvrir différents niveaux dans l'indication de l'objectif « Jérusalem ». Il faut naturellement tout d'abord comprendre simplement le lieu « Jérusalem » : c'est la ville où se trouve le Temple de Dieu, dont l'unicité devait rappeler l'unicité de Dieu lui-même. Ce lieu annonce donc tout d'abord deux choses : d'une part, il dit que Dieu est un seul dans tout le monde, il dépasse immensément tous nos lieux et temps ; il est ce Dieu auquel appartient toute la création. C'est le Dieu dont tous les hommes, au plus profond d'eux-mêmes, sont à la recherche et dont, d'une certaine façon, tous ont également connaissance. Mais ce Dieu s'est donné un nom. Il s'est fait connaître à nous, il a commencé une histoire avec les hommes ; il a choisi un homme - Abraham - comme point de départ de cette histoire. Le Dieu infini est en même temps le Dieu proche. Lui, qui ne peut être enfermé dans aucun édifice, veut toutefois habiter parmi nous, être totalement avec nous.


Si Jésus monte avec Israël en pèlerinage vers Jérusalem, Il y va pour célébrer la Pâque avec Israël : le mémorial de la libération d'Israël - un mémorial qui, en même temps, est toujours espérance de la libération définitive, que Dieu donnera. Et Jésus va vers cette fête conscient d'être Lui-même l'Agneau en qui s'accomplira ce que le Livre de l'Exode dit à cet égard : un agneau sans défaut, mâle, qui, au coucher du soleil, devant les yeux des fils d'Israël, est immolé « comme rite perpétuel » (cf. Ex 12, 5-6. 14). Enfin, Jésus sait que sa vie ira au-delà : la croix ne constituera pas sa fin. Il sait que son chemin déchirera le voile entre ce monde et le monde de Dieu ; qu'Il montera jusqu'au trône de Dieu et réconciliera Dieu et l'homme dans son corps. Il sait que son corps ressuscité sera le nouveau sacrifice et le nouveau Temple ; qu'autour de Lui, de la multitude des anges et des saints, se formera la nouvelle Jérusalem qui est dans le ciel et toutefois aussi déjà sur la terre, car dans sa passion Il a ouvert la frontière entre le ciel et la terre. Son chemin conduit au-delà de la cime du mont du Temple, jusqu'à la hauteur de Dieu lui-même : telle est la grande montée à laquelle il nous invite tous. Il reste toujours auprès de nous sur la terre et il est toujours déjà parvenu auprès de Dieu, Il nous guide sur la terre et au-delà de la terre.

 

Ainsi, dans l'amplitude de la montée de Jésus deviennent visibles les dimensions de notre « sequela » - l'objectif auquel il veut nous conduire : jusqu'aux hauteurs de Dieu, à la communion avec Dieu ; à l'être-avec-Dieu. Tel est le véritable objectif, et la communion avec Lui est le chemin. La communion avec Lui est une manière d'être en marche, une montée permanente vers la véritable hauteur de notre appel. Marcher avec Jésus c'est toujours en même temps un cheminement dans le « nous » de ceux qui veulent Le suivre. Il nous introduit dans cette communauté. Etant donné que le chemin jusqu'à la vraie vie, jusqu'à être des hommes conformes au modèle du Fils de Dieu Jésus Christ dépasse nos propres forces, ce cheminement comporte toujours également le fait que nous soyons portés. Nous nous trouvons, pour ainsi dire, dans une cordée avec Jésus Christ - avec Lui dans la montée vers les hauteurs de Dieu. Il nous tire et nous soutient. Se laisser intégrer dans cette cordée, accepter de ne pas pouvoir y arriver seuls, fait partie de cette « sequela » du Christ. Cet acte d'humilité, entrer dans le « nous » de l'Eglise ; s'accrocher à la cordée, la responsabilité de la communion - ne pas arracher la corde par entêtement ou suffisance, fait partie de celle-ci. Croire humblement avec l'Eglise, ainsi qu'être accrochés à la cordée de la montée vers Dieu, est une condition essentielle de la « sequela ». Ne pas se comporter en patrons de la Parole de Dieu, ne pas courir derrière une idée erronée de l'émancipation, fait également partie du fait de se trouver dans l'ensemble de la cordée. L'humilité de l'« être-avec » est essentielle à la montée. Que dans les sacrements nous nous laissions toujours prendre à nouveau par la main par le Seigneur, que nous nous laissions purifier et fortifier par Lui, que nous acceptions la discipline de la montée, même si nous sommes fatigués, fait également partie de celle-ci.


Enfin, il nous faut encore dire : la Croix fait partie de la montée vers la hauteur de Jésus Christ, de la montée jusqu'à la hauteur de Dieu. De même que dans les événements de ce monde on ne peut pas atteindre de grands résultats sans renonciation et un dur exercice, de même que la joie d'une grande découverte dans le domaine des connaissances ou d'une véritable capacité d'action est liée à la discipline, ou plutôt à la fatigue de l'apprentissage ; le chemin vers la vie, vers la réalisation de la propre humanité, est lié à la communion avec Celui qui est monté à la hauteur de Dieu à travers la Croix. En dernière analyse, la Croix est l'expression de ce que signifie l'amour : seul celui qui se perd, se trouve.


La « sequela » du Christ demande comme premier pas de nous réveiller de la nostalgie pour être authentiquement des hommes, et ainsi de nous réveiller pour Dieu. Elle demande également que l'on entre dans la cordée de ceux qui montent, dans la communion de l'Eglise. Dans le « nous » de l'Eglise nous entrons en communion avec le « Toi » de Jésus Christ et nous rejoignons ainsi le chemin vers Dieu. En outre, il est demandé que l'on écoute la Parole de Jésus Christ et qu'on la vive : dans la foi, l'espérance et l'amour. Ainsi, nous sommes en chemin vers la Jérusalem définitive et, dès à présent, d'une certaine manière, nous nous trouvons là, dans la communion de tous les saints de Dieu.

 

Notre pèlerinage à la suite du Christ ne va pas vers une ville terrestre, mais vers la nouvelle Cité de Dieu, qui grandit au milieu de ce monde. Le pèlerinage vers la Jérusalem terrestre, toutefois, peut être précisément également pour nous, chrétiens, un élément utile pour ce voyage plus grand. J'ai moi-même attribué trois significations à mon pèlerinage en Terre Sainte de l'an dernier. Tout d'abord, j'avais pensé qu'à cette occasion, il peut nous arriver ce que Jean dit au début de sa Première Lettre : ce que nous avons entendu, nous pouvons, d'une certaine façon, le voir et le toucher de nos propres mains (cf. 1 Jn 1, 1). La foi en Jésus Christ n'est pas une invention légendaire. Elle se base sur une histoire qui a véritablement eu lieu. Cette histoire, nous pouvons, pour ainsi dire, la contempler et la toucher. Il est émouvant de se trouver à Nazareth sur le lieu où l'Ange apparut à Marie et lui confia la tâche de devenir la Mère du Rédempteur. Il est émouvant de se trouver à Bethléem sur le lieu où le Verbe, s'étant fait chair, est venu habiter parmi nous ; poser le pied sur la terre sainte où Dieu a voulu se faire homme et enfant. Il est émouvant de monter l'escalier vers le Calvaire jusqu'au lieu où Jésus est mort pour nous sur la Croix. Et de demeurer enfin devant le sépulcre vide ; prier là où sa sainte dépouille a reposé et où, le troisième jour, eut lieu la résurrection. Suivre les chemins extérieurs de Jésus doit nous aider à marcher de façon plus joyeuse et avec une nouvelle certitude sur le chemin intérieur qu'Il nous a indiqué et qui est Lui-même.

 

 Dans la prière avec laquelle sont bénis les rameaux d'oliviers, nous prions afin que dans la communion avec le Christ, nous puissions apporter le fruit de bonnes œuvres. A partir d'une interprétation erronée de saint Paul, s'est développée de façon répétée, au cours de l'histoire et aujourd'hui encore, l'opinion selon laquelle les bonnes œuvres ne feraient pas partie de l'identité des chrétiens et que dans tous les cas, elles seraient insignifiantes pour le salut de l'homme. Mais si Paul dit que les œuvres ne peuvent justifier l'homme, il ne s'oppose pas en cela à l'importance d'agir de façon droite et, s'il parle de la fin de la Loi, il ne déclare pas dépassés et sans importance les Dix Commandements. Il n'est pas nécessaire à présent de réfléchir sur toute l'ampleur de la question qui intéressait l'Apôtre. Il est important de souligner qu'à travers le terme de « Loi », il n'entend pas les Dix Commandements, mais le style de vie complexe à travers lequel Israël devait se protéger contre les tentations du paganisme. Toutefois, le Christ a apporté Dieu aux païens. Cette forme de distinction ne leur est pas imposée. On leur donne uniquement le Christ comme Loi. Mais cela signifie l'amour pour Dieu et pour le prochain, et tout ce qui en fait partie. 

 Benoît XVI Homélie du dimanche des Rameaux 2010

Voir les commentaires

Dieu nous aime de façon obstinée.. (II)

19 Mars 2012, 04:27am

Publié par Father Greg

 

 

joie-11.jpgComment répondre à cet amour radical du Seigneur? L'Evangile nous présente un personnage du nom de Nicodème, membre du Sanhédrin de Jérusalem, qui va chercher Jésus la nuit. Il s'agit d'un honnête homme, attiré par les paroles et par l'exemple du Seigneur, mais qui a peur des autres, qui hésite à franchir le pas de la foi. Il ressent la fascination de ce Rabbì si différent des autres, mais il ne réussit pas à se soustraire aux conditionnements du milieu, contraire à Jésus, et il restera hésitant sur le seuil de la foi. 

 

Que de personnes, à notre époque également, sont à la recherche de Dieu, à la recherche de Jésus et de son Eglise, à la recherche de la miséricorde divine, et attendent un "signe" qui touche leur esprit et leur coeur! Aujourd'hui, comme alors, l'évangéliste nous rappelle que le seul "signe" est Jésus élevé sur la croix:  Jésus mort et ressuscité est le signe absolument suffisant. En Lui, nous pouvons comprendre la vérité de la vie et obtenir le salut. Telle est l'annonce centrale de l'Eglise, qui demeure immuable au cours des siècles. La foi chrétienne n'est donc pas une idéologie, mais une rencontre personnelle avec le Christ crucifié et ressuscité. De cette expérience, qui est individuelle et communautaire, naît ensuite une nouvelle façon de penser et d'agir:  c'est ainsi que trouve son origine, comme en témoignent les saints, une existence marquée par l'amour.

Chers amis, ce mystère est particulièrement éloquent dans votre paroisse, consacrée à "Dieu le Père miséricordieux". Celle-ci a été voulue - comme nous le savons bien - par mon bien-aimé prédécesseur Jean-Paul II en souvenir du Grand Jubilé de l'An 2000, afin de résumer de manière efficace la signification de cet événement spirituel extraordinaire. En méditant sur la miséricorde du Seigneur, qui s'est révélée de manière totale et définitive dans le mystère de la Croix, il me revient à l'esprit le texte que Jean-Paul II avait préparé pour la rencontre avec les fidèles du dimanche 3 avril,dimanche in Albis de l'année dernière. Dans les desseins divins, il était écrit qu'il devait nous quitter précisément la veille de ce jour, le samedi 2 avril - nous nous en souvenons tous parfaitement - et pour cette raison, il ne put pas prononcer ces paroles, qu'il me plaît à présent de vous reproposer, chers frères et soeurs. Le Pape avait écrit:  "Le Seigneur ressuscité offre en don à l'humanité, qui semble parfois égarée et dominée par le pouvoir du mal, par l'égoïsme et par la peur, son amour qui pardonne, qui réconcilie et ouvre à nouveau l'âme à l'espérance. C'est l'amour qui convertit les coeurs et qui donne la paix". Dans ce dernier texte, qui est comme un testament, le Pape ajoutait:  "Combien le monde a besoin de compréhension et d'accueillir la Divine Miséricorde!".

 

  Comprendre et accueillir l'amour miséricordieux de Dieu:  que cela soit votre engagement, tout d'abord au sein des familles et ensuite dans tous les milieux du quartier. Je forme ce voeu de tout coeur, alors que je vous salue cordialement, en commençant par les prêtres qui s'occupent de votre communauté sous la direction du curé, Dom Gianfranco Corbino, que je remercie sincèrement pour s'être fait l'interprète de vos sentiments, avec une belle présentation de cet édifice, de cette "barque" de Pierre et du Seigneur. J'étends ensuite mon salut au Cardinal Vicaire Camillo Ruini et au Cardinal Crescenzio Sepe, titulaire  de votre église, au Vice-gérant et Evêque du secteur Est de Rome, et à ceux qui coopèrent activement aux divers services paroissiaux. Je sais que votre communauté est jeune, avec dix ans de vie seulement, qu'elle a passé les premiers temps dans des conditions précaires, dans l'attente de l'achèvement des structures actuelles. Je sais également que les difficultés initiales, plutôt que vous décourager, vous ont poussés à un engagement apostolique unanime, avec une attention particulière au domaine de la catéchèse, de la liturgie et de la charité. Chers amis, poursuivez le chemin entrepris, en vous efforçant de faire de votre paroisse une véritable famille où la fidélité à la Parole de Dieu et à la Tradition de l'Eglise devient jour après jour toujours davantage la règle de vie. Je sais ensuite que votre église, en raison de sa structure architecturale originale, est le but de nombreux visiteurs. Faites-leur apprécier non seulement la beauté particulière de l'édifice sacré, mais surtout la richesse d'une communauté vivante, visant à témoigner l'amour de Dieu, Père miséricordieux. Cet amour qui est le véritable secret de la joie chrétienne, auquel nous invite le dimanche in Laetare, le dimanche d'aujourd'hui. En tournant notre regard vers Marie, "Mère de la sainte joie", demandons-lui de nous aider à approfondir les raisons de notre foi, pour que, comme nous y exhorte aujourd'hui la liturgie, renouvelés dans l'esprit et l'âme joyeuse, nous répondions à l'amour éternel et infini de Dieu.

Amen!

Benoit XVI

Voir les commentaires

Dieu nous aime de façon obstinée..

18 Mars 2012, 04:15am

Publié par Father Greg

 

Chers frères et soeurs!

 

le-sourire-d-un-enfant.jpgCe quatrième dimanche de Carême, traditionnellement désigné comme "dimanche Laetare", est empreint d'une joie qui, dans une certaine mesure, adoucit le climat de pénitence de ce temps saint:  "Réjouissez-vous avec Jérusalem - dit l'Eglise dans le chant d'entrée - Exultez à cause d'elle [...] Avec elle soyez plein d'allégresse, vous tous qui portiez son deuil". Le refrain du  Psaume responsorial fait écho à cette invitation:  "Ton souvenir, Seigneur, est notre joie". Penser à Dieu procure de la joie. On se demande alors spontanément: mais quel est le motif pour lequel nous devons nous réjouir? Malgré notre indignité, nous sommes les destinataires de la miséricorde infinie de Dieu. Dieu nous aime d'une façon que nous pourrions qualifier d'"obstinée", et il nous enveloppe de son inépuisable tendresse.


C'est ce qui apparaît déjà dans la première lecture, tirée du Livre des Chroniques de l'Ancien Testament (cf. 2 Ch 36, 14-16.19-23), l'auteur saint propose une interprétation synthétique et significative de l'histoire du peuple élu, qui fait l'expérience de la punition de Dieu comme conséquence de son comportement rebelle:  le temple est détruit et le peuple en exil n'a plus de terre; il semble réellement qu'il ait été oublié par Dieu. Mais il se rend ensuite compte qu'à travers les châtiments, Dieu poursuit un dessein de miséricorde. Ce sera la destruction de la ville sainte et du temple - comme on l'a dit -, ce sera l'exil, qui touchera le coeur du peuple et qui le fera revenir à son Dieu pour le connaître plus profondément. Et alors le Seigneur, démontrant le primat absolu de son initiative sur tout effort purement humain, se servira d'un païen, Cyrus, roi de Perse, pour libérer Israël. Dans le texte que nous venons d'entendre, la colère et la miséricorde du Seigneur se confrontent au cours d'un épisode à caractère dramatique, mais à la fin, l'amour triomphe, car Dieu est amour. Comment ne pas recueillir dans le souvenir de ces lointains événements le message qui est valable pour chaque époque, y compris la nôtre? En pensant aux siècles passés, nous pouvons voir que Dieu continue à nous aimer également à travers les châtiments. Les desseins de Dieu, même lorsqu'ils passent à travers l'épreuve, visent toujours à un résultat de miséricorde et de pardon.


C'est ce que nous a confirmé l'Apôtre Paul dans la deuxième lecture, en nous rappelant que "Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont Il nous a aimés, alors que nous étions morts par suite de nos fautes, nous a fait revivre avec le Christ" (Ep 2, 4-5). Pour exprimer cette réalité de salut l'Apôtre, à côté du terme de miséricorde, eleos en grec, utilise également la parole amour, agape, reprise et amplifiée ultérieurement dans la très belle affirmation que nous avons entendue dans la page évangélique:  "Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique:  ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle" (Jn 3, 16).

Nous savons que ce "don" de la part du Père a eu un développement dramatique:  il est allé jusqu'au sacrifice du Fils sur la croix. Si toute la mission historique de Jésus est le signe éloquent de l'amour de Dieu, sa mort l'est de manière tout à fait particulière, la tendresse rédemptrice de Dieu s'étant pleinement exprimée en elle. Le centre de notre méditation doit donc toujours être, mais particulièrement en ce temps de Carême, la Croix. Dans celle-ci, nous contemplons la gloire du Seigneur qui resplendit dans le corps martyrisé de Jésus. C'est précisément dans ce don total de soi qu'apparaît la grandeur de Dieu, qu'apparaît qu'il est amour. C'est la gloire du Crucifié que chaque chrétien est appelé à comprendre, à vivre et à témoigner à travers son existence. La Croix - le don de soi-même du Fils de Dieu - est en définitive le "signe" par excellence qui nous est donné pour comprendre la vérité de l'homme et la vérité de Dieu:  nous avons tous été créés et rachetés par un Dieu qui a immolé son Fils unique par amour. Voilà pourquoi dans la Croix, comme je l'ai écrit dans l'Encyclique Deus caritas est, "s'accomplit le retournement de Dieu contre lui-même, dans lequel il se donne pour relever l'homme et le sauver - tel est l'amour dans sa forme la plus radicale" (n. 12).

Benoit XVI.

 

Voir les commentaires

Le carême: 40 jours pour crier: "rends-moi la joie de ton salut!" Ps 50.

26 Février 2012, 04:40am

Publié par Father Greg

 

 

 

Christ_Philadelphie-c270b-85016.jpgLe Carême : un temps unique pour être entièrement renouvelé, libéré de nos esclavages et guéris de nos blessures ! C’est revenir auprès de Jésus pour renaitre à cet amour inconditionnel qui ne peut être repris !


 Et pour cela Jésus nous demande d’aller au désert : Dieu veut creuser en nous l’espace qui accueillera son don et nous demande d’offrir quelque chose de substantiel, qui nous coute.

Pourquoi jeûner? Parce que Jésus nous veut mendiant dans notre corps, de choisir de se faire vulnérable, d’être dans un état de fragilité et de faiblesse physique. Pas mendier en pensant notre demande, ou en analysant notre attente.

Nous, nous voudrions penser notre désir, le caresser intellectuellement, mais pas que ça nous prenne au ventre ! Nous n’aimons pas sentir un manque substantiel dans notre corps : on ne veut pas être éduqué par notre corps !


On veut gérer intellectuellement notre relation à Dieu, notre relation à nous-même et aux autres. On veut tout penser, raisonner mais pas que ça nous engage corporellement !

 

Et c’est notre grand problème : on est incapable d’attendre notre salut jusqu’au bout parce qu’on veut tout résoudre rationnellement! On ne veut pas que notre corps soit le lieu du salut!

 

Or, si le carême n’est pas d’abord une accumulation d’efforts à la conquête d’une perfection morale, Dieu veut pourtant ces petites offrandes substantielles, pour que nos carapaces et nos défenses tombent, et qu’on accepte d’être rejoint partout où l’on s’est blindé ! Connaitre un état de fragilité pour ne plus avoir la force de se défendre et être rejoint par Jésus!


Le salut que Jésus nous apporte, c’est Lui. Le salut c’est choisir d’être aimé, ce qui réclame qu’on soit attente dans tout ce qu’on est et d’abord dans notre corps ! Et le carême c’est choisir ces états de fragilité qui nous rendent mendiant, ou l’on a plus de béquilles, de fausses réponses pour devenir un cri vers Jésus !

                                                                                               

                 Fr Grégoire.

Voir les commentaires

Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité !

30 Janvier 2012, 09:41am

Publié par Father Greg

 

 

 

 

Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande aux esprits mauvais et ils lui obéissent.

 

17 VALENTIN DE BOULOGNE MERCHANTS IN TEMPLEJésus enseigne avec autorité : il parle en victorieux ! C’est une rupture face aux scribes qui discutaillent ; C’est nouveau parce que c’est net, sans mélange. La réaction de l’esprit impur -dont les cris et son agitation disent les convulsions de la fin- manifeste l’efficacité de cette parole et combien cet enseignement c’est un don qui s’impose pour prendre toute la place : « Silence ! Sors de cet homme. »

 

Or, nous sommes dépositaires de cette lumière victorieuse, avec l’autorité même du Christ ! Et npis devons nous demander: ne sommes-nous pas devenus trop muets? Ne nous manque-t-il pas le courage de proclamer et de donner la lumière avec autorité, avec l'assurance de Celui qui libère effectivement de ces esprits impurs?

 Et nous devons nous demander : ne sommes-nous pas devenus trop muets ? Ne nous manque-t-il pas le courage de proclamer et de donner la lumière avec autorité, avec l’assurance de Celui qui libère effectivement de ces esprits impurs ?

 

L’esprit impur n’est-ce pas cette fausse tolérance qui veut que l’opinion soit la seule mesure, et qui ne veux pas trop dire ce don actuel de Dieu parce que « ce n’est pas sérieux » ? L’esprit impur c’est celui qui s’adapte pour ne plus avoir à lutter, qui ne veut plus se battre, mais qui veut qu’on lui foute la paix, celle des salons !

 

« Posséder une foi claire, est souvent défini comme du fondamentalisme. Tandis que le relativisme, c'est-à-dire se laisser entraîner "à tout vent de la doctrine", apparaît comme l'unique attitude à la hauteur de l'époque actuelle. On est en train de mettre sur pied une dictature du relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif et qui donne comme mesure ultime uniquement son propre ego et ses désirs. » Benoit XVI



La victoire, elle est là quand on laisse le cri de Jésus s’imposer pour nous !  Et en l’entendant, on le fait nous posséder et nous commander de le crier à notre monde ! En ces temps d’errements, de crise politiques et économique, ne faut-il pas parler en victorieux, avec l’autorité de Jésus ?!

 

Fr Grégoire.

 

 

 

Voir les commentaires

«Que cherchez-vous » ?

15 Janvier 2012, 04:55am

Publié par Father Greg

 

Christ_Berlin-9a353-5d965.jpg   Toute notre vie chrétienne c’est Jésus qui nous devance et que l’on rencontre d’une manière toujours nouvelle. C’est recevoir Jésus qui réalise un don qui nous dépasse totalement il se donne tellement à nous que nous devenons comme une seule personne avec lui. Il se fait Agneau, responsable de nous devant le Père. La nouvelle alliance, c’est ce que Jésus veut réaliser avec chacun: Dieu pour moi immédiatement!

 

Aussi, notre première ‘lutte’, c’est de chercher à suivre Jésus comme de dos, sans vraiment trop comprendre, et en attendant qu’il se ‘retourne’, pour découvrir comment il nous regarde. Suivre Jésus nous est remis : nous devons user de notre autonomie, de notre temps, prendre des initiatives, pour être dans cette attente  et  entendre Jésus qui me dit : « Que cherchez-vous ? » et que cette parole réalise en nous un nouveau désir de Dieu : « ou demeures-tu ? »

Sans cette parole efficace de Jésus, on ne peut comprendre la radicalité de l’évangile, de Dieu qui me veut tout entier parce qu’il veut me faire entrer dans son repos ! « La foi n'est pas une pensée, une opinion, une idée. La foi est communion avec le Christ » dit Benoit XVI.

« Que cherchez-vous ? » c’est-à-dire : suis-je en attente de quelque chose qui vient de Lui, et de tout nouveau pour moi ? Suis-prêt à renaître ? Suis-je prêt à laisser Jésus me bousculer ?

Cela, c’est impossible seul : nul ne peut aller à Jésus sans être conduit par un autre, sans s’appuyer et se donner à ses frères. Se contenter de satisfaire ‘la divinité’ est une attitude païenne ! Être chrétien implique cette communion avec celui que Jésus a choisi pour me rencontrer. « M’est avis que notre Seigneur et l’Eglise c’est tout un »  dit Jeanne d’Arc. 

Ainsi, il revient à chacun de multiplier les liens et les initiatives fraternelles, pour que l’église soit cet oasis qui attire à elle parce qu’on y cherche Dieu, et où l’on se plaît à demeurer, auprès de Lui et de ses amis qui sont mes frères.

Alors, « Que cherchez-vous ? » Que voulez-vous faire pour que dans votre église vous trouviez le vrai repos ? Quelles initiatives pour que ceux qui cherchent ou qui se sont arrêté de chercher trouvent la lumière, pour que Jésus puisse par vous les rejoindre ?

Une vie chrétienne est toujours un dépassement de soi. On suit Jésus sans savoir exactement à quoi, on ne sait jamais ce que seront l'étape et le don du lendemain. Le oui que Dieu nous demande est un oui inconditionnel. Parce que sa grâce aussi est inconditionnelle. Demandons à Ste Jeanne d’Arc qu’elle nous donne son esprit de conquête:   « Les hommes d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire »  

Fr Grégoire.

Voir les commentaires

Le Verbe est devenu chair !

25 Décembre 2011, 04:03am

Publié par Father Greg

 

 12656-the-new-born-georges-de-la-tour.1290703666.thumbnail.jpg   Rien de merveilleux, rien d'extraordinaire, rien d'éclatant n'est donné: un enfant emmailloté de langes qui, comme tous les enfants, a besoin de soins maternels ; un enfant né dans une étable et couché dans une mangeoire. C’est le premier visage de Dieu : un enfant, avec ses besoins, sa fragilité et sa pauvreté.

 Cette simplicité frappe: Dieu n'est pas venu avec puissance ni grandeur visible. Il ne s'est pas imposé. Rien pour séduire ou convaincre : il vient lui-même mendier notre aide. D’une certaine façon, l’humanité attend Dieu, elle attend qu’il se fasse proche. Mais quand arrive le moment, il n’y a pas de place pour lui. L’humanité est si occupée d’elle-même, elle a besoin de tout l’espace et de tout le temps de manière si exigeante pour ses propres affaires qu’il ne reste rien pour l’autre – pour le prochain, pour le pauvre, pour Dieu.


Et Dieu répond en se donnant en silence. En Jésus, Dieu s’est uni l’homme à lui-même. L’éternel aujourd’hui de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et notre aujourd’hui passager a acquis une dimension éternelle. Dieu se fait petit, faible et vient à notre rencontre comme un enfant sans défense. C’est cela la réponse de Dieu. C’est cela son ‘jugement’.

 

C’est énorme : c’est un don qui, non seulement nous transforme radicalement, mais qui s’adapte à nous, à nos peurs, à notre nullité ; un don qui n’écrase pas, ou on ne peut être qu’attiré par cette bonté incroyable qui se communique à nous en silence. Dieu se donne en nous attirant à lui. C’est cela Noël: Dieu est devenu l’un de nous, pour tout assumer de notre vie, et que nous comprenions la dignité, le poids de chaque actes, de chaque instants ; tout en nous a acquis une dimension divine !

 

Que sa présence silencieuse soit votre joie!

 

Voir les commentaires

Ils n'ont plus de place...

24 Décembre 2011, 04:00am

Publié par Father Greg

 

« Il n'y a que les pauvres qui partagent.»   Léon Bloy

 

    220px-Giotto_-_Scrovegni_-_-17-_-_Nativity-_Birth_of_Jesus.jpg       « Noël est là, et le Christ demande à être accueilli par les siens.

Ne vous comportez donc pas comme des aubergistes indifférents, comme des petits-bourgeois bien nourris dans leur autoritarisme borné, mais ouvrez vos portes et vos cœurs à chaque détresse qui est la détresse du Christ. »

Père Werenfried.AED. 

 

Voir les commentaires

1 2 3 > >>