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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Articles avec #evangile du dimanche

Marie ?

16 Juillet 2020, 10:11am

Publié par Grégoire.

 Marie ?

Marie ! Pourquoi ?

Parce que Marie est celle qui nous montre que ce que l’on a à vivre, c’est en premier de demeurer face à Celui qui toujours nous devance ! 

Marie, c’est celle qui nous dit dans sa personne le don inconditionnel du Père, qui vient nous chercher en faisant de nous son secret particulier, unique. Apprendre à se voir comme le fruit d’un don, d’une gratuité qui est de trop et qui nous précède ! 

Parce que c’est cela la grâce de Dieu : elle nous devance et on n’en est pas libre ! Cela s’impose à nous ! Et Marie est celle qui nous remets face à la certitude de ce don et à accepter qu’on ne puisse pas d’abord l’utiliser. Le choix éternel -et efficace- du Père sur nous est toujours actuel, mais ce n’est pas de l’utilisable, du gérable ! C’est à dire que ce n’est pas d’abord la qualité de nos choix, de notre morale, ou de l’efficacité de nos actions. C’est dire « Père » et tout attendre de Lui comme un tout-petit.

Et cela, c’est pour nous dès maintenant ! Qu'est-ce à dire? On regarde souvent Marie de l'extérieur comme un modèle inatteignable. Or, Marie nous manifeste que la sainteté, la victoire s’est imposé à elle et donc la victoire -de Dieu- est là pour nous : on n’en est pas libre ! Marie ne s'est pas faite sainte par elle-même : elle a tout reçu gratuitement ! 

Le combat c’est d’abord de mendier de rester rivé à ce don du Père, qui se dit dans son don et qui vient là nous dire qui on est pour lui. La foi, c’est chaque jour mendier de ne rien diminuer de ce don dont on a aucune conscience.

Marie, c’est pour nous le signe de la gratuité du Père, de Celui qui nous attend. Elle est donc celle qui sait ce qu’est la gratuité ; toute sa vie a été marqué par la gratuité. Elle est action de grâce, et nous manifeste là le coeur de notre Père.

 

Grégoire +

 

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Il répandit l’intensité de son amour en se répandant lui-même comme de l’eau… (9)

5 Juillet 2020, 04:29am

Publié par Grégoire.

Il répandit l’intensité de son amour en se répandant lui-même comme de l’eau… (9)

Jésus dit : « C’est achevé » et inclinant la tête, il remit l’Esprit.

 

Jésus ne nous a pas aimé comme un héros Grec. Il ne s’est pas livré et ne nous a pas donné l’Esprit Saint du haut de sa force. Il s’est livré à nous dans l’impuissante apparence à faire quelque chose pour nous. Il n’y a rien qui fait moins quelque chose pour moi qu’un ami qui se laisse crucifier pour moi. Il sauve le monde dans une inefficacité totale, dans un complet non-résultat, dans un échec rarement atteint.

 

C’est pour un homme, accepter qu’il ne peut aimer que comme un pauvre incapable, et qu’en même temps ça ne le dispense pas pour autant de se donner. L’état de l’homme en état de pauvreté consentie dans l’amour, met la femme face au mystère de Jésus livré. Cette pauvreté acceptée, à laquelle il n’y peut rien malgré toute la bonne volonté du monde; et bien cette pauvreté dans l’amour, c’est vivre dans sa chair ce qu’est le Fils vers le Père. C’est l’état de disposition parfait pour agir dans la personne de l’esprit saint : en mendiant d’amour, pauvre, sans aucun ayant droit. 

 

Et tout les efforts de la terre pour aimer davantage n’auront comme fruit que d’être davantage lucide sur cette incapacité à pâtir gratuitement d’un autre, à vivre à cause de l’autre. L’amour est toujours l’effet en nous de celui qui nous attire et réclame de vivre donc à cause de lui. 

Et là c’est difficile pour la femme d’accepter que l’homme est et sera toujours incompétent dans l’amour. Parce que dès les origines, l’homme ne lui a pas été donné pour être compétent, mais pour être cette fragilité qui va la désarçonner. Et les femmes ont un moyen de ne pas se laisser désarçonner, c’et de traiter la fragilité de l’homme maternellement.

 

Or Jésus à la croix n’est plus un tout petit. Il est dans la fragilité d’un homme mur. Même si sa petitesse est plus radicale que celle d’un enfant qui vient de naitre. Ça va encore un homme fragile comme un enfant, là une femme s’en occupe comme une mère. Mais un homme fragile comme homme, là une femme ne sait plus quoi faire.

 

Et c’est donc en recevant Jésus crucifié, dans cet état d’extrême fragilité, sans défense, sans aucune explication que cette vie nouvelle se déverse en nous et nous rend fécond de la vie de Dieu. Parce que bizarrement à la résurrection Jésus a toujours les marques de la crucifixion ! Pour bien nous montrer que cette fragilité extrême vécue à la croix, est au-delà de la souffrance vécue, de la violence qu’il porte et dont il se sert pour dire jusqu’au bout comment est son coeur pour le Père et pour nous, dans quel état de vulnérabilité il se trouve en nous étant livré.

 

Ce n’est qu’en apprenant à recevoir Dieu dans la fragilité du Christ que l’homme peut apparaitre aux yeux de la femme sous un tout autre regard. Comme étant plus un cadeau dans sa fragilité consentie que dans les qualités qu’on rêverait qu’il ait, qu’il n’a pas et qu’il n’aura jamais. 

 

Recevoir et vivre sous la motion de l’Esprit Divin, réclame la décision de se soumettre à la fragilité de l’homme et non à son pouvoir. C’est même en quelque sorte plus facile de se soumettre à son pouvoir. C’est plus facile parce que pour tout un chacun le rapport dialectique, d’opposition, de lutte est plus facile que de laisser la bonté gratuite, aveugle, naïve couler l’incompétence abyssale de celui qui sous un autre rapport manifeste l’assurance  protectrice, le pouvoir et la force.

Et la bonne nouvelle qu’apporte Jésus est dans le fait que nous sommes fait fragile, et que dans cette fragilité peut jaillir quelque chose qui n’est pas dans notre prolongement.

 

Alors que 90% des sociétés sont basées sur la domination de l’homme dans l’espace public et visible, et la manipulation de la femme dans l’espace privé, c’est à dire la maitrise de l’homme par sa fragilité. Et là, c’est précisément ce qui rend le couple imperméable à la présence de Dieu. Parce que ce n’est pour l’homme que dans le consentement humble à sa fragilité et à sa pauvreté, qui permet à Dieu de le confier à la femme, comme quelque chose du Christ à la croix. Être servante de cette vie qui se manifeste dans le crucifié, c’est d’abord en accueillant cette fragilité de l’homme qui essaye d’aimer mais qui ne sait pas, et qui finalement peut faire une chose : se livrer. A défaut de savoir aimer ou même de savoir ce qu’il faut faire, il peut se livrer.

à suivre ...

Grégoire +

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Il répandit l’intensité de son amour en se répandant lui-même comme de l’eau… (3)

31 Mai 2020, 00:12am

Publié par Grégoire.

Il répandit l’intensité de son amour en se répandant lui-même comme de l’eau… (3)

Jésus dit : « C’est achevé » et inclinant la tête, il remit l’Esprit.

 

 

Le Père nous veut consacré à l’absolu de l’amour. C'est en Marie que nous le voyons. C’est en elle que nous comprenons l’oeuvre que l’Esprit-Amour veut réaliser en nous. 

En effet, l'amour ne se dit pas, il se vit. Il nous faut donc ouvrir les yeux sur celle qui a été habitée par l'Esprit Divin et à travers qui il nous parle. 

Les Pères de l'Eglise aiment dire que Dieu ne parle pas seulement en se servant de la parole humaine, mais aussi en se servant des hommes. L’amour échappe aux grosses têtes : ce ne sont pas les intellectuels, les professionnels, les savants qui le comprennent le mieux : ce sont les tout-petits, les amoureux, les poètes. 

L'Esprit Saint est l’Amour -tout amour vient de Dieu. Or, on ne peut pas faire d’étude, d’exégèse de l'amour. Impossible. L'amour est un secret qui noue de l’intérieur ceux qui s’aiment. Ce n’est jamais un évènement extérieur, il échappe à la succession du temps, il nous mets presque comme au-delà du devenir, il nous donne des ailes, il nous rend comme fou, ou peut-être vraiment humain.. 

Pour la parole, on peut en saisir quelque chose, on peut l'interpréter ; mais quand il s'agit de l'amour, c’est toujours inaccessible aux raisonneurs, à ceux qui n’aiment pas en acte, parce c’est toujours de trop pour notre intelligence. Ça la déborde. C’est pour cela que l’amour n’impliquant pas d’abstraction, réclame de se manifester : il se dit avec tout ce que nous sommes, en prenant tout en nous.

 

Telle est cette déclaration que Dieu, comme Père, nous fait en nous donnant Marie. Il a voulu que Marie, la femme, celle qui est la plus créature, la plus pauvre, la plus dépouillée, soit celle qui vive le plus intensément son secret, ce qu’Il est. Et cela lui est donné pour elle, mais aussi pour nous : tout ce qu’elle vit nous appartient. Elle nous donne à voir, ce qu’est vivre de l’Esprit-Amour. On pourrait presque dire que Marie est comme la parole de l'Esprit Saint.

 

L’apôtre Paul dit déjà « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit ? » après avoir dit que nous sommes les membres du Christ. Le Christ est la tête, et nous sommes ses membres. Autrement dit, nos corps sont Jésus continuant à être présent sur terre, dans lequel l'Esprit Saint habite et veut vivre pleinement. 

 

C'est donc à travers le corps de Marie, qui est éminemment temple de l'Esprit Saint, que l’on peut voir cette inhabitation divine et ses effets : ce que l’Esprit-Amour nous donne à vivre lorsqu’il fait sa demeure en nous. Inhabitation : parce qu’il n’occupe pas les lieux, mais il fait corps avec celui qu’il habite.

 

L’amour réclame toujours de se manifester comme un don total, donc par le corps, et pour l’Esprit-Amour, il se fait par Marie. C'est à travers elle que l'Esprit Saint est le plus vivant, c'est là que cela « brûle » le plus. Marie est celle qui brûle le plus de ce feu de l'Esprit Saint : « elle partie en hâte vers la maison de sa cousine… » «… ils n’ont plus de vin… »

Elle est complètement LA femme : celle qui réveille l’amour, qui lui donne de toujours garder son ardeur, son jaillissement premier, qui hâte l’heure de Dieu de Cana à la Résurrection, dont les audaces sont celle de l’épouse du Cantique cherchant son bien-aimé ! « Où est celui que mon coeur aime ? »

 

L'Esprit Saint, est ultime dans la Trinité : on ne peut pas aller plus loin. Il y a une fécondité de l’amour en Dieu, et c’est l’Esprit-Amour. Il est à la fois ultime et aussi à la racine de tout : parce qu’il est ultime il est aussi ce qui est premier. Il est à la fois celui qui ‘féconde’ Marie, et en même temps celui qui est ’répandu’ à la Croix… 

 

Il est ainsi celui qui nous conduit à l’Agneau « voici Celui que tu ne connais pas, l’Agneau de Dieu » révèle-t-il à Jean-Baptiste, et celui qui permet de voir -dans l’Agneau immolé, le secret du Père : « Ils regarderont celui qu’ils ont transpercés ». L'Esprit est source de l’incarnation du verbe, de l’enfant-Jésus et il est aussi le fruit de l’amour vécu en Jésus immolé, offert… 

 

Qu’est-ce que cela veut dire ? Il est à la fois source cachée de cette reprise radicale, comme celui qui est source du secret donné à l’Annonciation, -réalité qui est vrai pour chacun : à la racine de notre foi il y a un secret d’amour personnel entre nous et Dieu; et il est aussi au terme où il est encore plus caché, puisque à la Croix il est ce nouvel amour -entre nous et Dieu, en plein coeur de la lutte.

 

C'est cela que dit Marie lorsqu’elle dit « Je suis l'Immaculée Conception ». Elle montre cette reprise radicale à partir d’un amour substantiel qui nous devance, un amour personnel, gratuit, inconditionnel, qui nous fait être quelqu’un pour lui.

Et en même temps, l’Immaculée c’est aussi le fruit de l’oblation gratuite de Jésus à la Croix. Elle est la première sauvée, c’est à dire revêtue, héritière de celui qui s’offre en même temps au Père et à chacun de nous comme un Agneau. Il est celui qui pour nous « se répand comme l’eau qui s’écoule, et dont les os se disloquent, dont le coeur fond au milieu des entrailles… » Ps 21, 15.

 

Ainsi, l’Esprit-Paraclet c’est l’amour même de Dieu dans la chair humaine. C’est un feu divin qui reprend sa créature abimée pour la posséder, pour nous donner d'aimer de l’amour même de Dieu. Le don de l’Esprit Saint c’est Dieu qui nous adapte à Lui : Dieu qui vient nous mettre à son rythme, à sa taille, qui nous fait vivre sa vie par nous-mêmes ! 

L’Esprit-Paraclet c’est ce feu à la Croix qui transforme tellement tout en feu que les témoins de la Croix se 'liquéfient' pour devenir Celui qu'ils contemplent, recevant son Esprit et devenir avec Lui secret du Père, Feu d'Amour « ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercés ».

Il est comme un tremblement de terre qui fait que, chez ceux qui sont là debout, tout est  -selon le monde- apparemment détruit, dévastés, ruines « détruisez ce temple ». Ils sont devenus blessure du coeur, morsure substantiel, feu intérieur qui fait d’eux ces enfants qui crient dans le désert  « Père » !

à suivre…

Grégoire +

 

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Il répandit l’intensité de son amour en se répandant lui-même comme de l’eau… (2)

30 Mai 2020, 02:10am

Publié par Grégoire.

Il répandit l’intensité de son amour en se répandant lui-même comme de l’eau… (2)

Jésus dit : « C’est achevé » et inclinant la tête, il remit l’Esprit.

 

Qu'est-ce que cela veut dire que nous convertir à cet amour radical ? Il s’agit non pas d’efforts ou d'une nouvelle générosité qui serait encore nous, mais de perdre son âme !

 

C'est-à-dire accepter d’être dans un état de dépouillement : dépouillement de nos conclusions, de nos savoirs, de nos principes.. brûler tout avoir spirituel pour recevoir Celui qui est amour : « A cause de lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets. » écrit Paul aux Philippiens.

Ces paroles de feu ne doivent rien aux lèvres pincées des raisonnables ! Elles sont désirs intense d’aimer sous le souffle de l'Esprit, d'aimer en dedans l'Esprit de Dieu !

 

Le sacerdoce -sacrement de l’Ordre, permet au prêtre d'agir dans la personne du Christ, c’est à dire étant le Christ lui-même agissant au milieu de nous. Le prêtre en consacrant dit en effet : « Ceci est mon corps » il ne dit pas : « Ceci est le corps du Christ.. » Il y alors une identification entre le Christ et le prêtre, de telle manière qu’on peut dire : le prêtre, lorsqu’il consacre, est Jésus.

 

Les sacrements, gestes actuels de Jésus pour nous, nous recréent, nous font naitre de nouveau et vivre immédiatement en Fils du Père. Et là, on comprend que l'Esprit Saint veut vivre en nous. Étant Fils, l’Esprit Saint veut que nous agissions avec Lui, par Lui, en Lui. Recevoir l’Esprit-Amour c’est pour agir dans la personne de l’Esprit Saint ! C’est à dire, agir en étant l’Esprit Saint ! Pas moins ! Vivre dans la personne même de l'Esprit Saint. C'est cela, le propre de l'amour : être un avec celui qu’on aime, on est deux sans que cela fasse nombre.

 

L'Esprit Saint réclame cette union, que l'on agisse sous son souffle. Quand on dit « sous son souffle » on a l'impression que l'Esprit Saint est comme par derrière et nous pousse, alors que ce n'est pas du tout cela. Ça, c'est très imaginatif.

 

Agir sous son souffle, c'est agir comme étant un avec l’Esprit Saint, en étant porté par lui, enveloppé par lui, comme une seule personne. Il veut que nous soyons comme tellement imprégnés de son amour, qu’il actualise notre vie, nos activités, de telle manière qu’il n’y ait plus de différence entre lui et nous !

 

C'est cela qu’il veut que nous désirions : avoir une soif profonde de vivre sa vie, selon son rythme, ses moeurs, être à sa taille, avec sa fécondité à Lui. C’est à la foi un don d'une surabondance inouïe, d’une totale gratuité, mais qui doit devenir premier en nous, la source nouvelle de notre vie.

 

Alors là seulement elle sera chrétienne ! Avant cela, elle est souvent pieuse, religieuse, morale.. bref, très selon l’ancienne alliance ! Niveau 10 commandements. C’est pas mal, mais les païens peuvent en faire autant.. Or, « si votre justice ne dépasse pas celle des pharisiens -ceux qui sont selon la loi- vous n’entrerez pas dans le royaume ! » Seuls ceux qui sont mû par l’Esprit de Dieu sont Fils de Dieu ! 

 

Se convertir à l'Esprit de Dieu, être consacré dans cet Esprit qui est la vérité toute entière, c'est être consacré à ne plus aimer que l’amour comme un absolu. C’est être devenu amour divin : mes désirs, mes attentes, mes initiatives, mes folies, mes blessures deviennent sources divines. Parce que je ne désire plus qu'aimer, je n’aime plus qu’a aimer. Cela c’est LA volonté de Dieu ! Que tout en nous soit pris que par l'Esprit d’Amour. 

« Dans le coeur de l’Eglise, je serais l’Amour, ainsi je serais tout ! »

 

à suivre ..

Grégoire +

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Que rien ne te trouble ..

10 Mai 2020, 00:16am

Publié par Grégoire.

Que rien ne te trouble ..

« Que votre cœur ne se trouble pas ! Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. »

En nous parlant, Jésus se dit, se donne à vivre, actuellement. Et Jésus ne cesse de nous dire « Que votre cœur ne se trouble pas ! Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » Il veut qu’aucun trouble, qu’aucune angoisse, qu’aucune agitation ne nous ébranle ! Et pour cause : il dit ceci après avoir annoncé à Pierre sa trahison : "tu vas me trahir, mais surtout ne t'en trouble pas, je le sais, je le porte, et je l'assume ! " Tel est le regard de Jésus sur nos trahisons, nos médiocrités et nos crimes ! Jamais celui d'un juge inquisiteur ou d'un accusateur ! Jamais ! C'est l'oeuvre du démon que de remuer la boue, répandre dans les médias et à la meute des chacals les supposés actes déviants de tel ou tel, relus à l'aune des théories freudiennes ! 

Que votre cœur ne se trouble pas ! Cette parole est tellement importante, qu'elle est devenu la prière quotidienne de Thérèse d’Avila « Que RIEN ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tout passe, Dieu ne change pas, la patience obtient tout, celui qui possède Dieu ne manque de rien. Dieu seul suffit ! ». 

Et le grand moyen de ne plus être troublé, c’est de croire en lui; c’est-à-dire revenir et demeurer dans ce contact actuel, immédiat avec lui : car il n’y a jamais aucune distance entre lui et moi !

Et dans ce contact, mendier qu'il nous donne de recevoir jusqu'au bout ce qu'il nous dit là : « Je te prépare une place… et de nouveau je viens pour te prendre près de moi ». Il nous faut le lui mendier que lui-même nous donne de ne pas réduire ses paroles, car le premier drame humain c'est de soi-même se faire mesure, et d'écouter selon nos petits désirs, nos petites attentes, et donc de réduire l'ambition actuelle de Dieu sur nous. 

Entendre -Je vais te préparer une place… c’est cela qui nous permet de ne pas être troublé, délivré de toutes angoisses : Jésus se sert de tout ce qui nous arrive : rien de notre vie ne lui échappe ; et il se  sert de tout pour nous faire entrer dans son repos, nous faire monter à la première place, à cette place de choix que Lui veut pour moi : La sienne ! Jésus n'a pas d'autres ambitions sur moi que de me donner à vivre ce que Lui vit, sa place ! On dépasse toutes inquiétudes, angoisses, repliements sur soi en cherchant à vivre de cette place unique que Jésus nous a acquis. Cette place c'est « là où moi je suis » c'est à dire : sa place !

Jésus nous aime bien plus que nous-même : Il nous aime à sa mesure, selon son don. Il nous regarde, chacun, comme celui à qui il donne tout, puisqu’il est totalement pour moi ! Et c'est pour cela que Le Père est à nous : « Qui me voit, voit le Père ! » Celui qui est TOUT, Celui qui est LA REALITE est à nous, personnellement, immédiatement !!! Et le chemin qui nous fait déjà vivre de ce terme, c’est Jésus !

Ne plus être atteins par aucun trouble, c’est donc inscrire dans sa vie cet amour qui assume tout, pour lequel rien n’est vain, dépendre radicalement de Celui qui m’unit à lui dans sa personne, en m’attirant. 

L’amour qui, naturellement nous rend accueil, attente, relatif, nous fait, là, être radicalement dépendant. Le chemin c'est d’être obstinément relatif à Jésus, de chercher à vivre de Lui en tout, de ne pas lâcher sa main. Et Jésus nous donne la charité fraternelle, ces liens personnels privilégiés, pour nous apprendre concrètement à vivre de lui, par ceux qu’il met auprès de nous. 

Le trouble vient toujours de ce qu’on est relatif à notre efficacité, aux résultats, à nous-même. La grande libération c’est d’aimer, de toucher qu’un autre est pour nous dans tout ce qu’il est, et alors de tout attendre de lui : que notre joie soit l’autre dans sa personne !

Jésus, c’est l’ami divin qui déjà me prend près de lui, et est en attente que je m’éveille à ce don qu’il me fait de lui-même. Il veut qu’on donne tout ce qui est encore nous, nos œuvres, nos grandeurs, nos qualités, nos jugements, nos tristesses, nos soucis, et tout nos trucs pétés, tordus, bizarres, pour leur donner une nouvelle signification, une nouvelle dimension, une nouvelle existence : « Maintenant je viens et je vous prend près de moi, afin que, là où je suis, vous aussi, vous soyez »

Grégoire +

 

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Divinisé ?

19 Avril 2020, 02:58am

Publié par Grégoire.

Divinisé ?

 

 

Absence 

 

À Pâques, la joie manifestée empêche souvent d’être face à ce qui apparait de prime abord : l’absence. Absence de témoins, de signes ou de traces visibles. Rien d’éclatant ! Rien de manifeste ! Plus de présence physique ! Bref, apparemment un non-évènement : le monde continu comme il était, avec ses cruautés, ses guerres, ses épidémies …

 

Et pour les femmes qui, dans l’évangile, couraient au tombeau, c’est la claque : « Vous cherchez Jésus ? Il n’est pas ici ! » 

 

La résurrection n’est pas une victoire éclatante, ni un évènement manifeste. Jésus ressuscité n’est plus de ce monde : il n’est pas visible ou localisable, et en même temps, il est comme encore plus de ce monde : il est présent à tout l'univers ! Il n’est plus à un certain endroit dans le monde physique : il échappe au lieu et au temps ! Il n’est donc plus selon notre conditionnement ou notre psychologie à la recherche d’équilibre ou de guérison intérieure, ou la réalisation d’un état de paix, d’amour et de joie idéale, atteint au terme de célébration religieuse ou de pratique spirituelle !

 

 

Absorbé

 

La résurrection, c’est quelqu’un ! C’est Jésus, qui jusque dans sa chair divinisée s’impose à tout l’univers ! Jésus ressuscité, c’est donc cette chair subtile, divinement délicate qui comme un parfum, un souffle, une brise, imbibe tout ce qui existe : il se donne à vivre, à sentir, à respirer depuis l’absorption en Dieu de cette chair et de tout ce qu’elle a vécu de violence, de trahison, de mort. Sa chair brisée et martyrisée, s’unie, épouse et imprègne tout ce qui existe sans aucune conscience de notre part : il échappe à notre conscience. Mais, par la foi -cette lumière d’en haut qui éclaire notre réel- nous savons que nous sommes introduits en lui, immédiatement, sans distance aucune.

 

S’il nous imprègne, cela signifie que nous sommes devenus autres que ce que nous voyons de nous-même ! C’est à dire, nous sommes en Lui comme une seule personne : ce qu’il a acquis est nôtre, son héritage nous appartient de facto ! Et cela c’est tout de suite ! Sans préparation !

 

Sa résurrection, c’est donc déjà maintenant la mienne : LA REVELATION N’EST PAS UNE VITRINE : la résurrection c’est Jésus, plus réel que tout le réel qui m’entoure et m’appartenant !

Ne respirant plus que du Jésus, je peux dire que malgré les apparences extérieures, je suis ressuscité ! Toutes mes petites morts, trahisons, inhumanités sont assumés, reprises, utilisées !

 

 

Imprégné

 

Tout l’univers est imprégné de sa présence. Chacun, là où il est, est marqué par Celui qui est jusque dans sa chair La Vie Éternelle. On ne peut plus faire sans. Et c’est pour cela que rien sur terre ne peut combler cette empreinte qui nous marque.

 

Aussi tout les petits prêchi-prêcha, sermonages et volonté de reprise en main à coup d’efforts, d’efficiences et de nouvelles déterminations, sont du temps perdu, du désespoir organisé et une hypocrisie sans nom ! Se mobiliser, faire des efforts etc… c’est encore me faire passer devant ! Moi, moi, moi ! Ce n’est pas le laisser s’imposer jusqu’au bout en cherchant à ouvrir les yeux sur ce que Lui a fait pour moi !

 

C’est tellement plus facile de remettre un coup d’efficience : au moins on se sent vivre, au moins on prouve qu’on vaut quelque chose par nous-mêmes !

 

Et, précisément, c’est la pire attitude, celle qui fait le plus obstacle à son don et à sa victoire ! Car la victoire : c’est la sienne ! Et elle réclame d’accepter que Lui s’impose à nous, et qu’il ressuscite tout nos lieux inhumains.

 

Sinon, c’est du replâtrage, du rafistolage qui entrainera toujours violences et trahisons; car rien de notre activité ne peut être adéquat à la noblesse reçue, à la signification que notre vie à pour lui, à l’abîme creusé en nous et auquel Lui seul peut répondre.

 

 

Émerveillé

 

La résurrection, c’est donc taire toutes critiques, tout regards réflexifs, tout ces faux espoirs de résultats que nous attendons de nous-même.

 

La résurrection, c’est croire en sa victoire qui s'impose malgré le retard complet de toute l'humanité sur cet apparent non-événement. Que l'humanité soit en retard n’est pas un drame : il suffit qu'une seule personne y adhère pleinement, accepte d'être débordée par ce mystère, et cela c'est Marie. Marie répond pour nous : sa réponse est mienne, elle m’appartient !

 

C'est ça la joie de Pâques : Lui est victorieux et sa victoire s’empare même de nos retards, nos sommeils et nos absences.

 

Aussi, on ne peut plus se regarder de la même manière : on doit tout réapprendre auprès de Lui. Nous sommes déjà habitants du ciel tout en étant sur la terre.

Nous sommes en Lui et Il veut, dès maintenant, nous apprendre à vivre cette vie de Fils qui coule en nous, pour se l’approprier, la vivre de façon personnelle, la marquer de notre touche propre.

 

 

Secret

 

C’est cela que les femmes qui ont courus au tombeau doivent annoncer. Comment ? Pas par des mots, des consolations, des raisonnements ou des chocolats !  C'est vrai, on aimerait tellement prouver aux autres -et en fait à soi-même- qu'on a ‘raison’ de croire à la résurrection ! Et pourtant, même Jésus n'a pas cherché à le prouver. Il aurait pu apparaitre à Hérode, à Pilate ou aux grands-prêtres au matin de Pâques: imaginez ces grands prêtres, dormant avec leurs phylactères, plein de leurs projets liturgiques bien pieux, de quête de perfection toute humaine et bien moralisante, réveillés par une apparition de Jésus ressuscité: la cata pour eux...!  Non, Jésus ne s'impose pas de l’extérieur, il ne vient pas nous faire des reproches ou la morale. 

 

La résurrection, cette présence victorieuse qui réordonne tout, cette attraction substantielle qui nous a recréé, est une victoire cachée. Sans aucune évidence.

 

Elle ne nous rend donc pas d’abord fort mais encore plus dépendant, puisque devant vivre d’un don tellement gratuit qu’on doit réapprendre tout les jours que nous sommes recréés, divinisé et sans aucune possibilité de jamais mettre la main sur cet état nouveau. 

 

 

Vivre du terme

 

C'est une victoire réclame d’être vécue comme ce qui transfigure nos liens personnels, nos liens fraternels : Jésus est présent dans chacun de ceux qui me sont donnés ! Ce qui signifie que tout ce qui est en dehors de liens personnels est faux, contraire à ce qu’est la résurrection. L’humanité de Jésus, vivant la vie du Verbe, est devenue secret du Père : jusque dans sa chair, il est au plus intime du Père. Il est silence qui coule vers lui. Et nous aussi avec Lui.

 

On est encore mort lorsqu’on en reste à notre générosité, à ce que l'on fait, à ce qui vient de nous, nos méthodes, nos trucs, et de ce que l'on ne n’a pas accepté d’apparaitre avec nos brisures, nos fragilités, nos pauvretés, nos états d’échecs permanents ! La résurrection est une nouvelle vie,  donnée et dont on est incapable ! 

 

Accepter tout nos états de pauvretés, par lesquels il s’empare de nous, le laisser être la solution de nos échecs, nos loupés, nos morts, c’est s’interdire définitivement de se juger, se critiquer, se regarder. Parce qu’il a déjà tout achevé. Tout. 

 

« Il a fait toutes choses nouvelles » Même si ce n’est pas manifesté, c’est fait.

 

Tout est achevé.

 

Grégoire +

 

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Cette victoire dans l'obscurité ..

11 Avril 2020, 13:16pm

Publié par Grégoire.

Cette victoire dans l'obscurité ..

* Samedi Saint *

 

 

Condamnation

 

Jésus a été condamné, rejeté par les grands prêtres ! 

 

Pourquoi ? Il est coupable de trop d’amour : il ne respecte pas les Lois, il n'obéit pas aux autorités en charge, s'engage trop dans la vie des personnes, les accompagne sans respecter la juste distance, ... !

 

C'est nécessairement un manipulateur,  un séducteur, un abuseur que la populace semble canoniser un peu vite .. !

 

Son amour est insupportable pour des yeux étriquement religieux, médiocrement puritains et pas assez humains. 

 

Et, il dérange : cet amour excessif n'est-ce pas du relativisme face à l’absolu de la loi ?! Faisons respecter l'ordre ! Il faut quand même éduquer les gens bon sang !!

 

Un homme, ami des pécheurs, mangeant avec les publicains et les prostituées ?? mais voyons, n'aurait-il pas .. une double vie ? C'est trop louche... faisons une enquête !

 

 

 

 

 

 

Et cela demeure toujours. L’humanité d’aujourd’hui condamne Jésus. Les opinions des hommes, la conscience éveillée des experts et les jugements des grands prêtres qui, eux, 'savent', ont le prestige et le pouvoir spirituel, tous ont bien discerné son petit jeu !

 

Et puis, dame : il n’y a pas de fumée sans feu : s’il est condamné, c’est qu’il y a faute .. ! Mêmes les médias le disent : ça ne peut donc être que vrai !

 

 

 

Silence

 

Jésus a accepté de se taire et de prendre la dernière place pour montrer, dévoiler  l'attraction silencieuse, substantielle qu'est Le Père, source actuelle tout ce qui existe. 

 

Jésus accepte d'être présumé coupable, de passer pour un tordu, un pervers, et d'être crucifié pour révéler -en creux- Celui dont il se reçoit et en qui il trouve son repos : le Père, pure bonté, Celui qui est LA Réalité, plus présent à nous même que nous même et caché derrière les apparences.

 

Le pardon, la miséricorde ne sont qu'un moyen en vue de dire Celui qui est Amour. Mais on ne peut s'arrêter à la miséricorde. L'amour seul est la cause et le 'ce en vue de quoi' s'exerce le pardon !

 

Et Jésus choisit de disparaitre. Il se sert du jugement des grands prêtres et de la trahison  de ses apôtres. Il donne alors à la mort, à toutes violences, une nouvelle signification.

 

 

 

Compassion

 

Mort, le cadavre de Jésus est alors remis, confié à la terre. Il n’y a plus de corps visible, plus de souffrance pour compatir. Il n’y a plus rien. C’est l’absence, le vide.

 

Séparée du cadavre de son Fils, Marie vit cette absence, cette négation mortelle, cette échec total. Elle vit cette brisure, cet état cadavérique, ce silence de mort.

 

Il n’y a plus que l’abandon, il n’y a plus que la brutalité des faits : c’est la violence de la mort, de la mise au tombeau, qui plongent ceux qui restent dans une solitude totale : être là, comme inutile, dans un pâtir à l’état pur.

 

 

 

 

 

Chacun vit ce moment du sépulcre : c’est l'ultime étape. Cette étape, on peut dire que le monde l’a toujours vécu, comme il a toujours vécu l’Agonie et la Croix. 

 

Mais il y aura un moment - et nous y sommes peut-être - où l’Église, corps mystique- devra vivre, d’une manière toute particulière, de ce moment du Sépulcre.

 

 

 

Actualité

 

Cette séparation de l'âme et du corps de Jésus, ne serait ce pas aujourd'hui cette absence de tout culte, ces églises vides, ce corps de Jésus confiné dans les maisons,  les hôpitaux et les ehpad ? C'est le corps séparé de son âme, de sa vie propre, de cette communion vitale avec le reste du monde.

 

Et, Jésus, ce cadavre divin qui repose, c'est mystérieusement qu'est réalisé le salut et que s'opère la recréation : car alors, dans le cadavre, le corps subsiste directement dans le Verbe ! c'est à la mort, la séparation de l'âme et du corps, que le Verbe est devenu CHAIR ! 

 

La chair est alors habitée par le Verbe -et même elle est, à ce moment là, devenue le Verbe, Dieu !! La chair du Christ est Dieu. Cette matière inerte qu'est le cadavre de Jésus est divinisé..  

 

La passivité du cadavre de Jésus dit alors immédiatement l'amour substantiel, cette attraction substantielle qu'est Dieu !

 

 

 

 

"Et la terre vint au secours de la Femme " apoc 12.

 

C'est la Chair devenu verbe qui fait que Marie, que tout ceux qui veulent -consciemment ou inconsciemment,  être à l'école de Jésus, qui cherchent la lumière, vivent alors comme le secret du Père dans le monde !

 

Nous sommes faits dans notre corps Terre Sainte, Terre promise, Temple nouveau, Arche d'alliance.. dans notre personne, dans notre chair avec tout ce qu'elle comporte de lourdeur et d'obscurité.. nous le sommes fais à ce moment là !

 

Ce n'est pas manifeste, mais cela est ! Gratuitement ! Cela s'impose à nous ! Nous sommes recréés, là, maintenant, comme sa chair est alors imbibé par le  Verbe éternel !

 

Et là, il nous faut alors tout réapprendre : comment vivre de cette victoire cachée , non encore manifestée ? Comment les jugements actuels sont-ils là pour permettre de toucher  ce que Lui fais de nous ? Comment dans une active passivité, laisser toujours plus cette attraction silencieuse Père s'exercer sur nous ?

 

Lui qui, maintenant nous a pris en Lui, et ne cesse de nous secréter, au plus intime de Lui-même, comme son unique, son secret, son bien-aimé !

 

 

Grégoire +

 

 

 

 

 

 

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Seul le silence permet à l’amour de se dire jusqu'au bout

9 Avril 2020, 14:00pm

Publié par Grégoire.

Seul le silence permet à l’amour de se dire jusqu'au bout

 

Dieu, Celui qui, depuis toujours, est, lumière et pur amour, se fait matière : pain et vin ! Solide et liquide ! la détermination du pain et la passivité du liquide ! Tel est l’Eucharistie ! L’abaissement de Dieu devant moi, se faisant mon esclave, se mettant à mon service pour m’introduire en Lui, et me faire vivre ce qu'il a en propre ! Directement ! sans préparation ! 

 

Et ce don est la règle de vie toute simple, la nouvelle loi : être tendu vers lui, offert comme le pain, et en même temps passif, liquide, pure réceptivité comme le vin !

 

Car le terme de l'Eucharistie, ce pour quoi Jésus l'invente, c'est de nous faire devenir Lui ! Pas moins ! Et c'est immédiat !! actuellement réalisé ! Et toute notre vie chrétienne c'est d'apprendre à vivre en Fils, comme un Dieu, découvrir le rythme et l'attente propre, personnelle, du Père sur nous, qui veut que l'on continue et achève l'oeuvre de Jésus ! Pas moins ! Et ça, c'est vrai pour chacun ! C'est donné ! Gratuitement !

 

C’est pour cela que ce don est tellement inouïe qu’on veut l’enfermer dans des codes, des lois, des rites, un culte. Parce que c'est too much pour nous !! C'est éprouvant, on met même tellement de temps à y croire !! Pourquoi? Parce qu'on se regarde trop, et surtout par nos petits cotés ! Et pour un marxiste -c'est à dire quelqu'un qui ne voit que ce qui est extérieur, matériel, mesurable- l'amour, don personnel gratuit, c'est juste insupportable !  « Dieu qui se donne à vivre ?! Mon Dieu, où va-t-on ?? » 

 

Par son don, je suis introduit en Lui, dans ce qu'il a de plus intime, pour vivre ce qu'est Dieu ! Or, l’amour, qui en Dieu est son être même, ce qu’il est, ne peut-être dit dans un rite, un culte, des chants. Il ne peut que se vivre. Et dans un abîme de pauvreté spirituelle : notre désir de connaitre butte complètement sur ce truc ! C’est pour ça que Jean n’en dit rien dans son évangile ! Rien !

 

La parole permet de nommer les choses, mais elle garde un caractère universel, abstrait : on peut la répéter. Or l’eucharistie, cette offrande réalisé à la croix et dont la victoire est manifestée dans la résurrection c’est en tout premier lieu un don radicalement personnel, unique, qui ne peut se dire. Qui ne peut que se vivre : c’est Dieu pour moi, relatif à moi, qui veut m’introduire en Lui, au plus intime de ce qu’il est !

 

Je suis totalement incapable d’entrer dans ce don : « là où moi je vais vous ne pouvez venir » Notre nature humaine explose face à ce don, et c’est bien ce qui est montré à la Croix. Sauf, nos misères qui nous rendent assez pauvres pour être introduit dans cette vie qui est Dieu même !

 

 

Et c'est bien de cela qu'il s'agit : par son don, nous sommes déjà, là maintenant, introduits dans la vie intime même de Dieu ! Nous en vivons dans l'obscurité de la foi, mais c'est réel ! et ce, grâce à ces blessures qui sont sa porte d'entrée ! sans condition !

 

Ô Bienheureuse pauvreté alors ! Ô Bienheureuses fautes, chantons-nous durant la Vigile pascale ! Et peut-être devrions nous le chanter tout les jours pour sortir définitivement de ce puritanisme maladif, ce pharisaïsme hypocrite qui ronge tant d’ecclésiastiques ou paroissiens satisfaits d’eux-mêmes ! Ce regard moralisant de petits juges est bien plus destructeur que tout ce qui ronge la nature ou pollue notre monde !

 

La pollution spirituelle, le pharisaïsme des bien-pensants, de ceux qui s'auto-proclament juges de leurs frères est la pire des pollutions ! mais malheureusement on s'en accommode très bien. C'est pour celle-là que Jésus est mort.

 

 

Ce don c’est l’invention géniale de que Jésus laisse à chacun… Le testament de Dieu, de l’ami divin et humain, l’héritage qui m’est remis, dont je peux user comme bon me semble;

 

Ce qui est définitivement acquis pour moi, qui est ma propriété, mon bien propre : c’est Jésus –le Verbe- livré au Père et à chacun comme chacun attend d’être aimé ! Et ça c’est mien comme quelque chose d’acquis ! Sans aucune justification à donner de ma part pour avoir accès à ce don ! Celui qui est La Réalité se fait relatif à moi dans tout ce qu’il est, pour se donner à vivre, et me permettre dès maintenant de répondre à son don avec toutes mes ingéniosités !

 

Ce que Jésus réalise n’est pas dans le prolongement de l’Ancien testament, de nos désirs d’homme religieux, prudents, morals, pour l’épanouissement de ce qui est le plus humain en nous, ou pour épanouir nos capacités. C’est quelque chose qui vient d’en haut, quelque chose de complètement nouveau et c’est pour cela que nous sommes perdus, déroutés et même scandalisés : gratuité pure !

 

Comment dire à chacun ce secret personnel ? pure attraction divine, substantielle, qu’aucun culte rite liturgique ou vécu intérieur ne pourra manifester ?

 

Et, parce que c’est un pur don d’amour, il est silencieux. Il est là pour moi comme un nouveau soleil ou un nouveau ciel qui n’aurait pas de but en soi sinon d’être là! Rien de séduisant non plus : l’amour ne peut-être compris que de ceux qui aiment : les enfants, les simples, les amoureux et les handicapés…

 

C’est une rupture que Jésus réalise et qu’il réalise à travers un geste : «  Au cours d’un repas, Jésus sachant que le Père lui avait tout remis entre les mains et qu’il était venu de Dieu et qu’il s’en allait vers Dieu, il se lève de table, dépose ses vêtements, et, prenant un linge, il s’en ceignit. Puis il met de l’eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint ».

 

Jésus –qui est Dieu, se fait le serviteur et il lave les pieds à ses disciples. C’est un passage, « la Pâque », celui d’une nouvelle ‘connaissance’, personnelle, intime, de Dieu dans ce geste de Jésus. Dieu qui se fait l’esclave ! Voici le nouveau passage de Dieu ! C’est Dieu qui se fait totalement relatif à nous !

 

Le geste manifeste un lien que l’on voudrait personnel. L'amour réclame cette sortie de soi, de nos schèmes d'homme prudent, de nos raisonnements. Ne faut-il pas découvrir là -d’une façon tangible- que l’amour est au-dessus de tout ordre, règles et lois ?Parce que Dieu est amour : rien n’est au-dessus de l’amour ! Il n’y a pas de « juste place » « juste respect » Il faut aimer point barre ! Et on commence toujours maladroitement, en aveugle et en mode handicapé ! Mais l’amour est au-dessus de tout ! C’est l’amour qui fait connaitre, c’est l’amour qui nous fait voir Dieu, c’est l’amour qui réalise l’unité !

 

Il y a là quelque chose que l’on doit regarder avec crainte et qui révèle la grandeur de tout amour : l’amour humain est toujours l’appel, l’attente du don personnel de Dieu pour nous ! On ne peut donc jamais formaliser, juger de l’extérieur, ou donner un ordre d’obéissance à propos d’un lien personnel ! Il n’y a rien au-dessus, car tout lien dans l’amour est un appel et touche déjà quelque chose d’éternel !

 

Et c’est le lavement des pieds a ouvert Jean à cette nouvelle relation auprès de Jésus. Dans le lavement des pieds, Jésus fait le geste de l’esclave, donc du serviteur par excellence. C’est le geste qui conduit à l’Eucharistie, ou Jésus nous donne son Corps comme aliment sous le signe du Pain. L’aliment le plus simple, le plus commun. L’aliment c’est le serviteur du vivant. Serviteur d’une façon radicale, puisque il perd ce qu’il est, pour celui qui s’en nourrit.

 

 

Et donc, Jésus veut nous crier là combien Il se met à notre service. C’est vrai, ce n’est plus du pain, c’est son corps, sa chair,  Lui : « Ceci est mon Corps ». On comprend que c’est aller jusqu’au bout, on ne peut aller plus loin. Dieu se donne comme pain. C’est le don que seul Dieu peut faire ! C’est sa toute puissance qui est au service de son amour, et elle est toujours au service de son amour.

 

 

Jean veut mettre en pleine lumière cet ordre nouveau : que Celui qui est le Maître, Celui qui est le seigneur, n’hésite pas de faire le geste de l’esclave. Donc de bouleverser cet ordre hiérarchique et de faire comprendre qu’il y a un ordre d’amour beaucoup plus profond, beaucoup plus radical, ce qui au niveau hiérarchique ce n’est pas compréhensible ;

 

Et on comprend la réaction de tous les talibans de l’ordre hiérarchique, adorateurs de traditions ou culte : non, non et non ! Ne fais pas ce geste-là, il faut que tu restes, vraiment Maître et Seigneur ! Or, Jésus nous demande de dépasser cet ordre-là, humain, pour être pris par son don. La nouvelle alliance, c'est une reprise totale dans l’amour, ou chacun, petites créatures, êtres seconds qui trouvons avec peine ce qui est à notre portée, sommes élevés à la dignité de Dieu ! Dieu se fait pain pour qu’introduit en Lui, on vive à son rythme, à sa taille !

 

 

Marie, est celle qui a reçu chaque initiative de Dieu comme un secret, dans l'amour, et qui nous montre comment en vivre : par l'amour et la pauvreté. L'amour nous fait être accueil et don, et la pauvreté nous cache, nous garde de tout retour sur nous mêmes, nous empêche de posséder l'amour, et nous fait accepter de pouvoir être comme ignoré.

 

 

L’Eucharistie, silence d’amour de Dieu pour nous, réclame cela. C’est le geste éternel -actuel- de Dieu qui est don dans tout ce qu'il est; cela c’est -au-delà des apparences extérieures- ce que nous devenons substantiellement, réellement. 

 

Grégoire

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 Vous me connaissez ? Vous savez d’où je suis ? 

28 Mars 2020, 11:06am

Publié par Grégoire.

 Vous me connaissez ? Vous savez d’où je suis ? 

 

« Vous me connaissez ? Vous savez d’où je suis ? » Jean 7, 28

 

Ces interpellations de Jésus à ceux qui l’écoutent, face à leurs murmures, c’est un cri, une tristesse, une blessure qu’il manifeste. Ces interrogations adressées à ceux qui sont ses frères, son peuple, ses apôtres, il faut les laisser descendre en nous.. et essayer de toucher la manière dont il interrompt son enseignement pour dire sa vulnérabilité face aux jugements hâtifs dans lesquels ils l’enferment.

 

C’est au Temple, à l’occasion d’un enseignement donné avec autorité que Jésus interroge ainsi les siens, manifestant là l’obstacle premier qui les empêche de le recevoir : croire le connaitre ! Juger de l'extérieur ce qui anime sa vie, ramener son intention profonde à un résultat visible et mesurable !

 

Parce qu’ils sont pris par le quand dira-t-on, l’opinion commune, ce qu’en disent les médias de l’époque, il n’y a plus chez ces juifs d’attente.. ou plutôt ils n’attendent plus qu’un salut humain, à leur taille, selon un regard juridique, s’empêchant ainsi d’aller plus loin qu’eux mêmes !

 

Or, Jésus ne vient pas d’abord résoudre nos problèmes terrestres, ni nous rétablir dans l’ancienne Alliance, ni être un gendarme scrupuleux d’une loi religieuse ou liturgique ! Il vient nous mettre face au Père et nous en faire vivre. Tout de suite. Là. Maintenant.

 

C’est pour cela qu’il n’est pas à notre portée : rien en nous n’est adéquat ou proportionnel à son don, à sa lumière ! Et ça, on l’oublie tellement vite ! Autrement dit, Dieu est toujours de trop pour nous ! Alors que très vite, pour le croyant, Dieu fait partie des meubles, et on croit, en toute modestie, qu’on peut, par soi-même, en conscience, répondre librement à ce qu’il propose ! Mais NON ! C’est une horreur de croire que « Dieu propose, et que la personne humaine répondrait librement, si elle veut.. »

 

Pourquoi ?

 

Premièrement parce que l’amour s’impose ! L’amour ne nous laisse pas libre ! Et ça, c’est insupportable pour nos mentalités modernes, d’avoir à accepter que quelque chose s’impose à moi avant que je l’ai décidé, accepté, choisit ! Que je ne suis pas d’abord le fruit de mes choix.

 

Et, malheureusement, la petite bestiole qui, aujourd'hui, met à mal la moitié de l’humanité est un exemple criant que nous ne sommes pas premièrement décideurs de nos vies !

 

Ensuite, devant Dieu, nous ne sommes pas d'abord libre ! Il ne nous a pas demandé la permission pour savoir si on voulait où non vivre.. et apparaitre dans tel pays, à telle époque... 

 

Plus profondément, Jésus vient -et c'est une initiative gratuite- pour nous donner de vivre d’une lumière qui est, pour nous, de trop, qui nous excède et même qui nous éprouve, au point que je ne suis pas capable de la recevoir par moi-même ! Dieu n’est pas dans le prolongement de nos projets humains ou religieux; de nos désirs affectifs, matériels ou même spirituels ! 

 

Il nous fait entrer par son initiative, dans sa vie la plus intime ! C'est en cela que rien sur terre ne peut répondre à la soif qui est en nous ! Et cette vie, y répondre par oui ou non, reviendrait à dire qu'on peut mesurer son don.. Or, Dieu est de trop pour nous !!! Il nous excède ! Croire qu’on peut répondre par nous-même à son don, à sa présence, à sa lumière, c’est se croire capable de lui… c’est se croire capable de devenir Dieu, de se mettre à sa taille par nous-même !

 

Ça à l’air de rien de dire ça, mais c’est capital : on ne peut qu’être en attente de son don et aussi de sa grâce pour lui répondre !! Et là, c'est dans le choix de cette attitude de se reconnaitre pauvre, non capax, qu'on est libre ! Libre de reconnaitre notre radicale petitesse ! Notre totale incapacité de le recevoir et lui répondre ! Libre de mendier qu’il vienne non seulement nous éclairer, mais encore de ne pas faire obstacle à son don !

 

Jésus en effet vient nous entraîner dans un don auquel on ne peut pas se préparer ! C’est une oeuvre de résurrection qu’il vient opérer, pas du rafistolage ou un replâtrage ! On a facilement cette tentation de croire qu'il est venu pour qu’enfin on soit autonome, épanouie, sans plus rien de ce qui nous agace et nous empêche de vivre ce petit bonheur au sommet duquel sont nos congés payés, notre capital santé et une succession d'émotions creuses et stupides !

 

Aussi, attendre de lui des choses très précises, c’est croire le connaitre et c’est s’empêcher d’être attirer hors de soi.. C’est le problème des pharisiens,  des biens-pensants et de tout les ‘spirituels’ qui veulent y arriver par eux-même, et qui croient répondre librement : c.a.d en « connaissance de cause », comme si l’évangile était une recette de cuisine à appliquer, au terme de laquelle je ne sais quelle perfection serait acquise !

 

Et, précisément, Jésus enseigne au Temple, lieu de la rencontre avec Dieu, pour redonner le vrai sens du sacrifice offert à Dieu; on ne peut être vers Dieu, l’attendre, qu’en choisissant de tout brûler : tout nos acquis, toutes nos certitudes, tout ce qu’on croit savoir, toutes nos qualités et ce sur quoi on s’appuie ! Autrement on s’aveugle et on se rend incapable de recevoir ses initiatives d’amour ! « vous dites ‘nous voyons’ c’est pourquoi votre péché demeure ! » Jean 9

 

On ne peut se présenter devant Dieu que comme un pauvre; Mais un pauvre comme Jésus s’en fait le signe : à la croix, où il est ‘ver non point homme, objet de rebut et de mépris devant lequel on se voile la face…’

Or ça, par nous-même, on est loin d’en être capable ! Ou bien alors dans cette version doloriste qui a pu exister et qui a trop souvent été une copie très matérielle et extérieure de son don..

 

La croix est le signe d’un amour qui ne peut se dire, sinon dans le silence, pour qu'il n'y ait plus que l'attraction de sa bonté ... il est substantiellement bon, et son effet propre est de creuser en nous un abîme de pauvreté, élargir l’espace de notre tente intérieure…

 

On ne commence à le connaitre que lorsqu'on se laisse toucher, dans le secret de notre coeur par cette présence ineffable qui nous dit : « mon amour pour toi est plus silencieux que le silence… »

 

Grégoire

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La joie naît de la rencontre de notre néant avec la lumière qui nous en sauve ..

22 Mars 2020, 23:14pm

Publié par Grégoire.

La joie naît de la rencontre de notre néant avec la lumière qui nous en sauve ..

 

La joie que Jésus apporte n’est pas le fruit d’un comportement moral ou religieux, d’un suivi scrupuleux de la loi.. non ! Elle est actuellement donnée, elle nous attend, puisqu'elle est l’effet de sa parole, sa propriété.

Son amour pour moi, réclame en effet d'être dit, que j’entende dans le secret de mon coeur ce secret dont chacun peut dire en vérité qu'il n’est dit qu'a lui : « je t’aime parce que c’est toi !» L’évangile ne dit pas autre chose ! Et, lorsque cette lumière personnelle de Jésus s’empare de notre intelligence, nous sommes dans la joie !

 

Mais nous sommes aveugles ! Et c’est le grand reproche de Jésus : « C'est pour un discernement que je suis venu en ce monde, pour que ceux qui ne voient pas, voient, et que ceux qui croient voir deviennent aveugles (…) Vous dites: 'nous voyons' -nous savons, c'est pourquoi votre péché, votre tristesse, votre désespoir demeure ». Jn 9, 41.

 

Nous sommes tellement remplis de bruits, de jugements sur nous-même, de paroles vaines ou inutiles, d’opinions, de projets à notre taille ... que nous sommes incapables d’entendre Celui qui, maintenant, me parle, et qui, en se disant, se donne à moi !

 

Jamais Jésus n’a donné d’informations, de méthode à suivre ou un enseignement universel, général, abstrait. Sa parole est toujours personnelle, amicale, amoureuse. Elle est la première manière pour lui de se donner à nous et il est vulnérable à la manière dont on l’écoute. Est-ce que notre manière de l’écouter lui permet de se donner à nous jusqu’au bout ? C'est la question.

 

Il y a en chacun, cette pollution du monde, plus terrible que toutes pollutions, qui transpire spécialement dans les médias, cette nouvelle inquisition, qui déborde aujourd’hui un peu partout, celle de se comporter en pharisiens, de se croire capable de juger des choses ou des gens, de pouvoir mesurer sa vie, pleins de bon sentiments et satisfaits de nous-mêmes !

 

Cette méga-tentation ou l'homme se fait sa propre mesure, fait qu’on devient immédiatement juge et justicier des personnes ! C'est cela la faute la plus terrible; LA faute, c'est bien ce jugement ou l'on est sûr de soi-même ; cette arrogance de la bien-pensance qui se pose en mesure de ce que fait l'autre, et qui voudrait chercher par soi-même à séparer le bon grain de l'ivraie !

 

C'est le propre des bien pensants, de ceux qui se croient dans le camp du BIEN, tolérants,  'ouvert à l'autre' et à la différence... mais intolérants envers ceux qui ne pensent pas comme eux!

 

Or, la joie divine, celle qui ne passe pas, ne peut s’emparer de nous, que si l’on se reconnait pauvre, aveugle et mendiant. Ce qui, de fait, est l’état de la personne humaine face au réel comme le disaient les Grecs : « nous sommes dans le réel comme l’oiseau de nuit face à la lumière du jour.. ». Et cela c’était juste la sagesse naturelle des anciens !

 

Or le drame du monde contemporain est d'avoir réduit la connaissance à ce qu’on peut mesurer, calculer, comparer ! Comment voulez vous alors pouvoir vous réjouir d’une simple fleur ? d’un chant d’oiseau ? d'un ciel ombrageux ? Et alors, combien plus, si c’est une lumière qui vient d’au-delà de notre monde, et réclame donc un étonnement radical, celui de l’enfant qui vient de naitre : « si vous ne devenez pas comme des tout-petits, vous n’entrerez pas dans le royaume…! »

 

Ainsi, face aux luttes, aux lézardes, aux paresses que nous portons, ne pouvant en connaitre la signification, nous ne pouvons nous en remettre qu’à Dieu seul, en mendiant sa lumière !

C'est donc bien choisir la pauvreté spirituelle, celle qui fait qu'on suspend son jugement et qu'on demeure dans un état de manque, d'obscurité du coté de la connaissance qui nous permet de recevoir cette lumière.

 

C'est choisir de ne pas savoir pourquoi par nous-mêmes, et demeurer dans une obscurité certaine face à des états qui semblent parfois désespérés ou sans solution apparente...

 

Cela c'est s'en remettre à Celui qui, dans sa personne, est la lumière ! Et désirer qu'Il nous la donne ! Mais la lumière de Jésus est une vie : ce ne sont jamais des explications ou une méthode à appliquer ! Il est dans sa vie lumière du monde : cela réclame pour nous d'entrer dans cette vie, la vivre avec lui et croire qu'il nous fait être sa présence : « vous êtes la lumière du monde » 

 

Nous ne sommes pas lumière pour nous-même. Lui seul -et surtout à la croix curieusement- nous dit -en nous le faisant vivre, qui nous sommes pour lui et pourquoi nous vivons tel ou tel état; Là il est lumière pour nous, et alors nous touchons, dans la foi qui nous sommes : enfants bien-aimés du Père, appelé à le donner en faisant nôtre toutes les paroles de Jésus puisqu'elles nous sont adressées « la vie éternelle c'est de te connaitre, toi.. telle est le commandement que j'ai reçu de mon Père.. qui me voit voit le Père»

C’est en étant mendiant de sa lumière et de sa bonté substantielle, grâce précisément à nos failles qui appellent cet excès de lumière, d’amour, son don inconditionnel, que nous sommes alors fils dans Le Fils !

 

Grégoire.

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Redécouvrir qui je suis pour Lui ...

26 Février 2020, 12:01pm

Publié par Grégoire.

Redécouvrir qui je suis pour Lui ...

 

Quelle différence entre le jeûne chrétien, la prière, l'aumône, et ces mêmes actes qui existent dans d’autres traditions religieuses ?

 

Ce qui fait la particularité de la vie chrétienne, c’est de vivre en premier de l’initiative actuelle de Dieu pour nous.

 

Dieu qui vient à moi pour se dire et se donner en personne en se révélant. Pour nous donner de vivre de Lui, de ce qu’il est. Ce n’est donc pas d'abord un combat contre le péché, mais chercher à laisser Dieu lui-même s’emparer de nous, de notre vie, de notre chair, de notre temps, de nos pauvretés.

 

C’est quelqu'un : Jésus donné personnellement, substantiellement, gratuitement ! C’est donc ce don personnel d’amour que je dois m’efforcer d’inscrire dans tout ce que je suis ! Il y a là un choix qui nous est remis : pour vivre de la personne de Jésus qui se livre à moi, qui veut tout vivre avec moi, de l’intérieur, comme un ami, je coopère et m’efforce de Le recevoir en lui donnant tout : mon temps (la prière), ce qui me permet de vivre (le jeûne) et mes biens matériels: l’aumône : puisque le prochain est une terre sacrée, lieu de sa présence.

 

Déjà le Père, dans la genèse, impose comme un jeûne apparemment inutile à Adam et Eve : «vous pouvez manger de tout, mais de ce fruit, non…! » et, à chaque reprise de son alliance, il ne réclame pas d’abord que l'on raisonne ou pense, mais que l’on se donne soi-même, dans un don gratuit, excessif : « prend ton fils Isaac et va le sacrifier », « tuez l'agneau, mettez-en sur les portes, mangez en hâte » ou une attitude de dépouillement: le peuple d'Israël au désert, Jonas et ses cendres à Ninive, Isaïe marchant dans le désert, David jeunant devant son fils mourant, … etc.

 

Et par cela, le Père ne réclame pas ces gestes pour d’abord nous purifier, ou nous faire grandir ou nous faire nous reconnaitre ‘pêcheurs’, non ! C’est d’abord pour que son don s’inscrive et s’empare de notre vie ! Ces gestes sont d’abord la marque de Dieu qui est amour, don inconditionnel et total ! Ces gestes sont de petits moyens pour nous mettre personnellement en attente de son passage : La Pâque, passage de Dieu ! 

 

 

Le carême c’est inscrire et rendre manifeste ce don qui nous est fait, un don qui est de trop,  actuel, une attraction substantielle que seul les pauvres et ceux qui ont soif d’être aimés peuvent recevoir !

 

Et ces sacrifices gratuits, un peu inutiles, qui nous coûtent, c’est pour qu’on inscrive, qu’on s’approprie dans tout ce que l’on est, la vie de Fils qui nous est donnée à vivre ; c’est pour redécouvrir notre noblesse divine : Je suis fils de Dieu par son don ! Peut importe ma misère ! Que toute notre personne soit prise par ce don divin qui dépasse tout ce qu’on peut penser ; ces moyens sont donc pour nous la manière de vivre de ce don qui réclame qu’on se quitte, et d’ouvrir les yeux sur Qui je suis pour le Père !  Car je ne suis pas ce que je fais, ou pense ou acquiert, je suis ce que je reçois de Lui !

 

Et c’est ce que dit Jésus : ton aumône, ta prière, ton jeûne, c’est pour être mobilisé d’une façon unique et personnelle; c'est pour ‘voir' et ‘toucher’ celui qui t’est toujours présent : ton Père qui est là dans le secret… Le carême c’est pour vivre de Celui qui est toujours là et qui m’attend… C’est pour ouvrir les yeux sur la profondeur de notre vie, sur sa vraie réalité… c’est de quitter les apparences, ce qu’on a compris du réel -qui nous emprisonne parce que c’est encore nous la mesure- et de tout vivre avec lui, de l’intérieur ; c’est pour être possédé par Celui qui veut être notre secret et connu comme tel.

 

Le carême c’est donc ce don qui veut tout prendre en nous, et qui veut nous faire vivre à sa taille, à la hauteur de ce qu’est notre Père ; Et ces ‘sacrifices’, ces ‘rites’, c’est pour toucher cela avec notre corps, avec notre sensibilité, avec toute notre personne. L’amour réclame de s’éprouver, or, Celui qui est là, c’est Celui qui est pur don, un don qui ne peut pas se dire. Il est un silence substantiel, une présence totale.

 

Le carême c’est donc pour nous libérer de nous-même, de notre auto-satisfaction, de tout nos jugements, spécialement sur nous-mêmes, de cette tendance maléfique de tout regarder selon les résultats, ou de façon binaire, manichéenne, puritaine, pharisienne; pour nous donner de voir comme le Père nous regarde !

 

C’est Jésus à la Croix qui, acceptant de passer pour un séducteur, un abuseur, nous révèle la bonté inconditionnelle du Père qui a permis nos misères pour avoir enfin un espace où descendre en nous.

 

C’est donc, ultimement, pour que Jésus nous apprenne à dire : « Abba, Papa, Père » dans tout ces lieux en nous où nous sommes morts, moisis, perdus, et ainsi vivre de cette présence secrète de Celui qui ne me quitte jamais, de Celui qui a assumé toute notre vie et qui jamais ne nous accuse ! 

 

Grégoire.

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« Que cherchez-vous ? » 

14 Janvier 2018, 01:06am

Publié par Grégoire.

« Que cherchez-vous ? » 

« Bizarre ? Dans Jean, la première parole de Jésus, de Dieu lui-même qui -après 2000 ans d’attente- a pris chair pour nous parler en direct et vivre au milieu de nous, en nous, et bien, il dit ça : « Que cherchez-vous ? » 

Aucune politesse, ni déférence, aucune présentation, ni explication, mais brutalement : « Vous cherchez-quoi ? » curieux non ?  

Cette interrogation, toujours actuelle « Que cherchez-vous ? » manifeste que c’est lui qui nous cherche, et qu'il est ce dont nous manquons. Cet amour -cette folie furieuse- qui désespérément manque à nos vies qui se voudraient tellement bien maitrisées ! 

Notre vie commence à être 'chrétienne' -ou humaine en fait- quand on réalise que tous nos désirs -tous !- c’est Jésus qui en nous, nous devance, nous bouscule  et nous attire.. et nos désirs les plus cachés sont incompréhensibles si ils ne sont pas pour recevoir Jésus qui réalise -déjà- un don qui nous dépasse totalement : il est tellement pour nous que nous devenons -chacun- comme une seule personne avec lui. Lui, se faisant Agneau, responsable de nous devant le Père. 

Alors, « Que cherches-tu ? » c’est-à-dire : Quel est ton attente ? de quoi tes désirs sont-ils l'attente ? Est-ce de quelque chose qui vient autrement de tout ce que tu as compris ? Veux-tu croire que le Tout-autre te fait déjà vivre autre chose que toi-même ? Veux-tu demeurer dans ce don qui te mets en Lui ? ou bien essayer par toi-même de satisfaire des désirs qui te dépassent ? Well.... Que veux-tu ? 

frG.

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Se mettre en colère contre le mal de notre monde !

10 Février 2017, 05:19am

Publié par Grégoire.

"Comment se fait-il que quand une personne sans-abri âgée meurt d’exposition aux intempéries, ça n’intéresse pas les journaux, alors que le marché boursier qui perd deux points fait les gros titres ? "

"Ne pas partager la richesse avec les pauvres c’est du vol !"

« Une nouvelle tyrannie est ainsi née, invisible et souvent virtuelle, qui impose unilatéralement et sans relâche ses propres lois et règles »

Pape François.

 

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Je suis responsable de la misère de tout homme sur terre...

11 Mai 2014, 05:24am

Publié par Fr Greg.

Je suis responsable de la misère de tout homme sur terre...

La miséricorde? Il ne s’agit pas d’une simple pitié ou même d’une souffrance ressentie à la rencontre d’un homme malheureux. La miséricorde, c’est la prise de la misère de l’autre dans son cœur, c’est la misère de l’autre qui se loge en nous, qui devient nôtre, d’abord comme une brûlure profonde, mais tout de suite comme une exigence d’action. Le miséricordieux n’entasse pas en lui les misères qu’il rencontre, par une variété de «masochisme ». Non. La misère de l’autre le brûle, mais pour le mouvoir.

La misère de l’autre. Il s’agit de l’afflige par toute misère. Celui qui a faim, celui qui n’est pas vêtu, celui qui n’est pas logé, celui qui est infirme, celui qui est malade, celui qui est chômeur. Le pauvre d’esprit, le mal doué, l’irrésolu. L’ignorant. Le méprisé, le délaissé, le trahi. Celui qui est sans amis, sans au moins un ami. Le clochard, l’ivrogne. Le désespéré. Mais aussi bien, le riche égoïste, le savant si spécialisé qu’il oublie l’essentiel, le vaniteux plein de soi, l’orgueilleux qui cherche la gloire, le dominateur qui opprime.

Chaque homme, par quelque point, est un miséreux. Et c’est pour cela qu’il faut tous les loger dans son cœur, dilater toujours plus son cœur et par là ressembler chaque jour plus au Christ qui logea dans son cœur toutes les misères de tous les hommes. La miséricorde devient ainsi l’une des formes suprêmes de l’épanouissement. L’homme broyé par la misère des autres, et progressivement de tous les autres, est un homme qui élargit toujours plus sa puissance d’aimer.

La prière du miséricordieux est immense comme l’immensité de la misère. Et déjà, par la prière, l’homme brûlé par la misère de l’autre, des autres, est en mouvement dans la lutte contre les misères. Cependant, pour la plupart des hommes, la justification par la prière ne suffirait pas. Elle serait une tricherie pour ne pas s’engager, ne pas agir. Nous ne pouvons rien ajouter à Dieu. Dieu se suffit et sa miséricorde est de nous avoir appelés à être, à être à son image, dotés d’intelligence et de liberté. La miséricorde de Dieu nous a donné le monde. La miséricorde de Dieu nous a envoyé le Verbe, Fils unique, Homme-Dieu, pour nous sauver. La miséricorde de Dieu nous a, dans le Christ, glorifiés et rendus capables d’aimer jusqu’au don complet de nous-mêmes.

Louis-Joseph Lebret, L’évangile de la miséricorde, Collectif Cerf 1965 p.165-166

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Révolutionnaire de la grâce!

22 Juin 2013, 21:15pm

Publié par Fr Greg.

 

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L’apôtre Paul, à la fin d’un passage de sa lettre a nos ancêtres, dit ceci: ne soyez plus sous la loi, mais sous la grâce. Voilà ce qu’est notre vie : marcher sous la grâce, car le Seigneur nous a aimés, il nous a sauvés, nous a pardonné. Le Seigneur a tout fait, c’est cela la grâce, la grâce de Dieu. Nous marchons sous la grâce de Dieu, venue à nous en Jésus-Christ qui nous a sauvés. Mais ceci nous ouvre à un grand horizon, et cela est pour nous une joie « Vous n’êtes plus sous la Loi, mais sous la grâce ». Mais que signifie « vivre sous la grâce »? Nous allons essayer d’expliquer un peu ce que signifie vivre sous la grâce. C’est notre joie, notre liberté. Nous sommes libres. Pourquoi ? Parce que nous vivons sous la grâce. Nous ne sommes plus esclaves de la Loi : nous sommes libres parce que Jésus-Christ nous a délivrés, Il nous a donné la liberté, cette pleine liberté d’enfants de Dieu, que nous vivons sous la grâce.

 
Ceci est un trésor, Je tâcherai d’expliquer un peu ce mystère, si beau, si grand. Vivre sous la grâce.

Cette année vous avez beaucoup travaillé sur le baptême mais aussi sur le renouvellement de la pastorale après le baptême. Le baptême, ce passage de « sous la Loi » à « sous la grâce », est une révolution. L’histoire est pleine de révolutionnaires, n’est-ce pas ? Il y en a eu beaucoup. Mais personne n’a eu la force de cette révolution que Jésus nous a apportée. Une révolution pour transformer l’histoire qui change en profondeur le cœur de l’homme. Les révolutions de l’histoire ont changé les systèmes politiques, économiques, mais  aucune d’elles n’a vraiment modifié le cœur de l’homme. La vraie révolution, celle qui transforme radicalement la vie, Jésus-Christ l’a réalisée à travers sa Résurrection : la Croix et la Résurrection. 

Benoît XVI disait de cette révolution qu’elle est « la plus grande mutation de l’histoire humaine ». Pensons à cela !... La plus grande mutation de l’histoire de l’humanité ! C’est une vraie révolution et nous, nous sommes des révolutionnaires, les révolutionnaires de cette révolution, car nous marchons dans cette voie, celle de la plus grande mutation de ‘histoire de l’humanité. Aujourd’hui un chrétien qui n’est pas un révolutionnaire, n’est pas un chrétien! Il doit être un révolutionnaire par la grâce! C’est la grâce que le Père nous donne à travers Jésus-Christ qui fait de nous des révolutionnaires, car – et je cite encore une fois Benoît – « c’est la plus grande mutation de l’histoire de l’humanité ». Parce que c’est ça qui change le cœur. Le prophète Ézéchiel disait: « J’ôterai de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur  de chair ». Et cette expérience, l’Apôtre Paul l’a vécue: après avoir rencontré Jésus sur la route de Damas, sa vision de la vie a radicalement changé, et il a reçu le baptême. 

Dieu  a transformé son cœur ! Vous imaginez ? Un persécuteur, un homme qui poursuivait l’Eglise et les chrétiens, devenu un saint, un chrétien jusqu’à la moelle, un vrai chrétien! D’abord un violent persécuteur, puis un apôtre, un témoin de Jésus-Christ devenu si courageux qu’il n’a pas eu peur de subir le martyre. Ce Saül qui voulait tuer tous ceux qui annonçaient l’évangile,  a fini par donner sa vie pour annoncer l’Evangile. La voilà la transformation, cette grande transformation dont parlait le pape Benoît XVI. Celle qui change le cœur, qui transforme les pécheurs que nous sommes en saints –  oui des pécheurs, car nous sommes tous des pécheurs – Chacun de nous n’est-il pas un pécheur ? Que celui qui ne l’est pas lève la main! Ah, regardez … je travaille pour vous, eh? Nous sommes tous des pécheurs, oui, tous ! 

Nous sommes tous des pécheurs! Mais la grâce de Jésus-Christ nous sauve du péché: elle nous sauve tous, si nous accueillons Jésus-Christ, c’est lui qui change notre cœur et fait de nous, pécheurs, des saints. Pour devenir saint, il n’est pas nécessaire de tourner les yeux de cette façon, ou d’avoir le visage comme celui d’une petite image pieuse, l’air un peu comme ça. Non, non, cela n’est pas nécessaire! Pour devenir saint il faut une seule chose: accueillir la grâce que le Père nous donne en Jésus-Christ.  C’est la grâce qui change notre cœur. Nous continuons à pécher, car nous sommes tous des êtres faibles, mais toujours avec cette grâce qui nous fait sentir que le Seigneur est bon, que le Seigneur est miséricordieux, que le Seigneur nous attend, que le Seigneur nous pardonne… Cette grâce immense qui transforme notre cœur. 


Et le prophète Ézéchiel a dit qu’il aurait transformé notre cœur de pierre en cœur de chair. Qu’est-ce que cela veut dire ? Un cœur qui aime, un cœur qui souffre, un cœur qui se réjouit avec les autres, un cœur plein de tendresse pour celui qui, portant sur lui les plaies de la vie, se sent à la périphérie de la société. L’amour est une force, la plus grande des forces. Il transforme la réalité, car il abat les murs de l’égoïsme et comble les fossés qui nous tiennent loin les uns des autres. Cet amour-là vient d’un cœur de pierre qui a été transformé en cœur de chair, en cœur humain. Et c’est la grâce qui fait ça, la grâce de Jésus-Christ que nous avons tous reçue. 

Quelqu’un parmi vous sait combien coûte la grâce ? Où on en vend? Où puis-je acheter cette grâce ? Personne ne sait le dire : non. Je vais l’acheter au secrétariat de la paroisse, vous en vendez peut-être, de la grâce? Des prêtres en vendraient-ils ? Mais, écoutez bien cela : la grâce ne s’achète pas et ne se vend pas. C’est un cadeau de Dieu en Jésus-Christ. Jésus-Christ nous donne la grâce. Lui seul nous donne la grâce. C’est un cadeau: il nous l’offre, à nous. Prenons-la. Que c’est beau !  L’amour de Jésus est comme ça: il nous donne la grâce gratuitement. Gratuitement. Et nous devons la donner à nos frères, à nos sœurs, gratuitement. Voir quelqu’un se mettre à vendre la grâce est un peu triste: cela est arrivé quelques fois dans l’histoire de l’Eglise, et cela a fait beaucoup de mal, beaucoup de mal. La grâce n’est pas à vendre : on la reçoit gratuitement et ont la donne gratuitement. C’est cela la grâce de Jésus-Christ.

Et au milieu de tant de souffrances, tant de problèmes qu’il y a ici, à Rome, il y a des gens qui vivent sans espérance. Chacun de nous peut penser, en silence, aux personnes qui vivent sans espérance,  qui sont plongées dans une profonde tristesse dont elles essaient de sortir en croyant trouver leur bonheur dans l’alcool, dans la drogue, dans le jeu de hasard, dans le pouvoir de l’argent, dans la sexualité sans règles … Mais celles-ci se retrouvent encore plus déçues et il arrive que leur colère à l’égard de la vie se traduise par des comportements violents et indignes de l’homme. Que de personnes tristes, que de personnes tristes et sans espérance! Pensez à tous ces jeunes qui, après avoir expérimenté tant de choses, ne trouvent pas le sens de leur vie et tentent le suicide, comme solution. Savez-vous combien il y a de jeunes qui se suicident aujourd’hui dans le monde ? Le nombre est élevé. Pourquoi? Parce qu’ils n’ont pas d’espérance. Ils ont essayé tant de choses ! Et la société, qui est cruelle – si cruelle! – ne peut te donner l’espérance.

L’espérance, c’est comme la grâce : on ne peut pas l’acheter, c’est un don de Dieu. Et nous devons offrir l’espérance chrétienne par notre témoignage, par notre liberté, par notre joie. Cette grâce que Dieu nous donne en cadeau porte l’espérance. Nous qui avons la joie de nous apercevoir que nous ne sommes pas des orphelins, que nous avons un Père, pouvons-nous être indifférents face à cette ville qui nous demande, voire inconsciemment, sans le savoir, une espérance qui l’aide à regarder l’avenir avec plus de confiance et sérénité ? Nous ne saurions être indifférents. Mais alors comment faire ? Comment pouvons-nous offrir cette espérance ? En allant dans la rue et en disant : « Ah moi j’ai l’espérance ! » ? Non. Par votre témoignage, en disant avec le sourire: « Je crois avoir un Père » - Et l’annonce de l’Evangile est celui-ci: par ma parole, par mon témoignage dire : « J’ai un Père. Je ne suis pas orphelin. Nous avons un Père », et partager cette filiation avec le Père et avec tous les autres. « Ah, père, maintenant je comprends: il s’agit de convaincre les autres, de faire les prosélytes ! ». 

Non: rien de tout cela. L’Evangile c’est comme du grain : tu le sèmes, tu le sèmes par ta parole et par ton témoignage. Et puis, tu n’en fais pas une statistique : c’est Dieu qui le fait. C’est Lui qui fait pousser ce grain. Mais nous, nous devons semer avec cette certitude que l’eau c’est Lui qui la donne, que c’est Lui qui fait pousser la graine. Et ce n’est pas nous non plus qui faisons la récolte: c’est un autre prêtre qui la fera, un autre laïc, une autre laïque, un autre la fera. Mais la joie de semer par le témoignage, car la Parole ne suffit pas : cela ne suffit pas. La parole sans le témoignage, c’est du vent. Les paroles ne suffisent pas. Il faut ce vrai témoignage dont parle Paul.

 
L’annonce de l’Evangile est avant tout destinée aux pauvres, à ceux qui manquent souvent du strict nécessaire pour  pourvoir conduire une vie digne. Ils sont les premiers à recevoir l’heureux message que Dieu les aime plus que les autres et qu’Il leur rend visite à travers les œuvres de charité que les disciples du Christ accomplissent en son nom. Avant tout, aller vers les pauvres ! Lors du jugement dernier, comme nous pouvons lire dans Matthieu 25, nous serons tous jugés sur nos actes. Certains pensent que le message de Jésus est destiné à ceux qui n’ont pas de préparation culturelle: ah, non! Non. L’apôtre affirme avec force que l’Evangile est l’affaire de tous et qu’il est donc aussi pour les  instruits. La sagesse, qui dérive de la Résurrection, ne s’oppose pas à celle des humains, au contraire elle la purifie, elle l’élève. L’Eglise est toujours présente là où agit la culture. 

Le premier pas est toujours la priorité aux pauvres. Mais nous devons aussi aller aux frontières de l’intelligence, de la culture, dans les hauteurs du dialogue, du dialogue qui fait la paix, du dialogue intellectuel, du dialogue raisonnable. L’Evangile est l’affaire de tous ! Aller vers les pauvres ne signifie pas que nous devons tomber dans le paupérisme, devenir des sortes de clochards spirituels: non, non, cela ne veut pas dire ça, pas du tout. Cela signifie que nous devons aller vers la chair de Jésus qui souffre. Mais la chair de Jésus souffre aussi de ce que certains ne le connaissent pas par leurs études, par leur intelligence, par leur culture … C’est là que nous devons aller ! C’est pourquoi j’aime bien utiliser l’expression « aller vers les périphéries », vers les périphéries de l’existence. Vers tous les pauvres… de la pauvreté physique et réelle à la pauvreté intellectuelle qui, elle aussi, est réelle. Toutes les périphéries, tous les carrefours : aller là-bas. Et là semer l’Evangile, par la parole et par le témoignage. 


Cela signifie que nous devons avoir du courage. Paul VI disait qu’il ne comprenait pas les chrétiens découragés: il ne les comprenait pas. Ces chrétiens tristes, anxieux, ces chrétiens qui, on se demande s’ils croient en Christ ou en la déesse Plainte: on ne sait jamais. Mais tous les jours ils se plaignent, se plaignent … Et « comment va le monde, quelle calamité, les calamités … ».  Or, pensez-y, le monde n’est pas pire qu’il y a cinq siècles, vous ne trouvez pas ? Le monde c’est le monde : cela a toujours été le monde. Et quand certains se plaignent… c’est comme ça, on ne peut rien y faire… Ah les jeunes ! – mais, vous, vous connaissez … c’est une question que je vous pose: vous connaissez des chrétiens comme ça ? Il y en a, il y en a ! Mais, le chrétien doit être courageux et, devant un problème, devant une crise sociale, religieuse, il doit avoir le courage d’avancer, d’avancer avec courage. Et quand on ne peut rien faire, avec patience : en supportant. Supporter. Courage et patience, ces deux vertus de Paul. Le courage : avancer, faire les choses, donner des témoignages forts: allons-y ! Supporter porter sur son dos les choses que l’on ne peut encore changer. Mais avancer avec cette patience, avec cette patience que nous donne la grâce. 

Mais que devons-nous faire avec ce courage et cette patience? Sortir de nous-mêmes: sortir de nous-mêmes. Sortir de nos communautés pour aller là où les hommes et les femmes vivent, travaillent et souffrent, et leur annoncer la miséricorde du Père qui s’est fait connaître aux hommes en Jésus-Christ de Nazareth. Annoncer cette grâce qui nous a été offerte par Jésus. Si le jeudi saint j’ai demandé aux prêtres d’être des pasteurs avec l’odeur des brebis, à vous, chers frères et chères sœurs, je dis : soyez partout des porteurs de la Parole de vie dans nos quartiers, sur les lieux de travail et partout où les personnes se retrouvent et développent des relations. Vous devez sortir. Je ne comprends pas les communautés chrétiennes qui s’enferment dans leur paroisse … 

Mais je tiens à vous dire une chose : dans l’Evangile il y a ce beau passage du berger qui, de retour chez lui, s'aperçoit qu'il lui manque une de ses 99 brebis et part donc la chercher en laissant seules ces dernières. Mais, frères et sœurs, nous,  on en a une : il nous en manque 99! Nous devons sortir, nous devons sortir et aller les trouver! Mais, dans cette culture, soyons francs: dans cette culture nous n’en avons qu’une, nous sommes une minorité, avons-nous la ferveur, le zèle apostolique pour aller chercher les 99 autres ? Nous avons là une belle responsabilité et nous devons demander au Seigneur la grâce de la générosité et le courage et la patience pour sortir, pour sortir annoncer l’Evangile. 

Ah, cela est difficile. Il est plus facile de rester chez soi, avec cette unique brebis. C’est plus facile! Avec cette brebis, la brosser, la caresser … mais à nous prêtres, et à vous chrétiens, à tous, le Seigneur veut que nous soyons des pasteurs, pas ceux qui brossent les brebis! Et quand une communauté est fermée, toujours entre les mêmes personnes qui parlent,  cette communauté n’est pas une communauté qui donne vie. C’est une communauté stérile, non féconde. La fécondité vient par la grâce de Jésus-Christ mais à travers nous, notre prédication, notre courage, notre patience.

Tout ça est un peu long, n’est-ce pas ? Oui, ce n’est pas facile. Et nous devons être francs : évangéliser, faire circuler la grâce gratuitement, est un travail qui n’est pas facile. Car Jésus-Christ et nous, nous ne sommes pas seuls. Il y a aussi un adversaire, un ennemi qui veut tenir les hommes loin de Dieu. Et pour cela, il instille dans les cœurs la déception, quand nous ne nous voyons pas arriver tout de suite la récompense de notre engagement apostolique. Le diable, tous les jours,  jette dans nos cœurs des graines de pessimisme et d’amertume, et alors on se décourage. « Ça ne va pas, nous avons fait cela et ça ne va pas, cette autre chose et ça ne va toujours pas, et regardez cette religion comme elle attire tant de gens et pas nous pas … » : c’est le diable qui est l’œuvre. Nous devons nous préparer à la lutte spirituelle. Ceci est très important. On ne peut prêcher l’Evangile sans cette lutte spirituelle: une lutte de tous les jours contre la tristesse, contre l’amertume, contre le pessimisme … une lutte de tous les jours. Semer n’est pas facile: il est bien plus beau de récolter. Semer n’est pas facile, mais cette lutte est celle qui revient à tous les chrétiens, chaque jour.

Paul disait qu’il était pressé de prêcher, et il savait ce qu’était cette lutte spirituelle pour l’avoir vécue. Il disait : « J’ai dans ma chair une épine de Satan, et tous les jours je la sens ». Nous aussi nous avons des épines de Satan qui nous font souffrir et nous font avancer avec difficulté, et souvent nous nous décourageons. Nous préparer à la lutte spirituelle: l’évangélisation exige de nous un vrai courage aussi pour cette lutte intérieure, dans notre cœur, pour dire par la prière, par la mortification, par notre volonté de suivre Jésus, par les sacrements  qui sont une rencontre avec Jésus : Merci, merci pour Ta grâce. Je veux la porter aux autres. Mais cela est un travail : c’est un travail. Cela s’appelle – ne vous affolez pas – cela s’appelle le martyre: c’est cela le martyre. Lutter tous les jours pour témoigner. C’est cela le martyre. Et à certains le Seigneur demande le martyre de la vie. Mais il y a le martyre de tous les jours, de toutes les heures : le témoignage contre l’esprit du mal qui ne veut pas que nous soyons des évangélisateurs.

Et maintenant je voudrais finir,  en pensant à une chose. A une époque où la gratuité paraît s’amenuiser dans les relations interpersonnelles, car tout se vend et tout s’achète, et il est difficile de  trouver la gratuité, nous les chrétiens nous annonçons un Dieu qui, pour être notre ami, ne demande rien si ce n’est d’être accueilli. La seule chose que Jésus demande c’est d’être accueilli. Pensons à tous ceux qui vivent dans le désespoir parce qu’ils n’ont jamais rencontré personne qui leur ait consacré un peu d’attention, les ai consolés, les ait fait sentir précieux et importants. Nous, disciples du Crucifié, pouvons-nous refuser d’aller là où personne ne veut aller par peur de nous compromettre et par peur du jugement des autres, et ainsi nier à nos frères l’annonce de la Parole de Dieu? La gratuité: nous avons reçu cette gratuité, cette grâce, gratuitement; nous devons la donner gratuitement.

Et c’est par cela que je voudrais terminer, vous dire: de ne pas avoir peur, de ne pas avoir peur de l’amour, de l’amour de Dieu, de notre Père. Ne pas avoir peur. Ne pas avoir peur de recevoir la grâce de Jésus-Christ, ne pas avoir peur de notre liberté qui vient de la grâce de Jésus-Christ ou, comme disait Paul: « Ne soyez plus sous la Loi, mais sous la grâce ». Ne pas avoir peur de la grâce, ne pas avoir peur de sortir de nous-mêmes, ne pas avoir peur de sortir de nos communautés chrétiennes pour aller trouver ces 99 brebis qui ne sont pas chez elles. Et aller dialoguer avec elles, et leur dire ce que nous pensons, aller montrer notre amour qui est l’amour de Dieu. 

Chers frères et sœurs : N’ayons pas peur! Avançons et disons à nos frères et sœurs que nous sommes sous la grâce, que Jésus nous donne la grâce et que cela ne coûte rien : seulement la recevoir. Allons-y!

 

 François, Pape.

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parler dans la vérité de l’amour

9 Juin 2013, 21:51pm

Publié par Fr Greg.

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« Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu » (Mc 12, 13-17).

Mais « ils ne croyaient pas à ce qu’ils disaient, c’était une flatterie », un « discours de flatteur, avec des paroles souples, avec de belles paroles, avec des paroles trop sucrées ».

Ce discours, a-t-il poursuivi est « le langage des corrompus, la langue de l'hypocrisie » et l’évangéliste précise que Jésus le sait : « sachant leur hypocrisie ». Les corrompus « n’aiment pas la vérité. Ils aiment seulement eux-mêmes et cherchent à tromper, à impliquer l’autre dans leur mensonge. Ils ont le cœur menteur; ils ne peuvent pas dire la vérité ».

L’hypocrisie « est le langage de Satan après le jeûne dans le désert : tu as faim ? Tu peux transformer cette pierre en pain. Pourquoi tant de travail ? Jette-toi du haut du temple. Ce langage qui semble convaincant porte à l'erreur, au mensonge ».

Ce langage est une tentative de « persuasion diabolique », dont les pharisiens feront usage également auprès de Pilate au moment de la Passion : « nous n’avons pas d’autre roi que César ». Par ce langage, ceux qui semblent « louer » le Christ « finissent par le trahir et l’envoyer sur la croix. Mais Jésus les regarde en face et leur dit : hypocrites ! ».

Le langage des enfants

Au contraire, le « langage de vérité » fonctionne « avec l’amour », « il n’y a pas de vérité sans amour : l'amour est la première vérité. Et s’il n’y a pas d’amour il n’y a pas de vérité ».

Chez les hypocrites « la vérité est esclave de leur propres intérêts » et le seul amour qu’on peut y trouver c’est « l’amour de soi », une « idolâtrie narcissique qui les porte à trahir les autres et aux abus de confiance ».

« La douceur que Jésus demande n’a rien, rien à voir avec cette flatterie, avec cette façon sucrée d’avancer. Rien. La douceur est simple, comme celle d’un enfant; et un enfant n’est pas hypocrite, parce qu’il n’est pas corrompu. Quand Jésus dit : que votre oui soit oui, que votre non soit non, avec une âme d’enfant, c’est le contraire de ce que disent les corrompus ».

Chacun a « une certaine faiblesse intérieure », une vanité, qui aime « que l’on dise du bien de soi, demandons-nous aujourd’hui quel est notre langage : parlons-nous en vérité avec amour ou bien parlons-nous un peu avec ce langage » hypocrite ?

« Que notre façon de parler soit évangélique, Que ce soit le langage des simples, des enfants, des fils de Dieu: parler dans la vérité de l’amour ».

Pape François.

 

 

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L'avent: réapprendre à aimer!

2 Décembre 2012, 01:01am

Publié par Fr Greg.

 

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Le temps de l’avent, c’est le temps de l’avènement : le temps tant attendu est arrivé ! L’avent, c’est le temps de la présence de Dieu qui vient demeurer au milieu de nous. Il n’est plus loin, dans le sanctuaire, mais il vient, s’unir à nous, pour nous dire qu’il est là pour nous.


L’avent c’est donc vivre du terme qui est déjà là. C’est vivre de cette présence caché, en attendant qu’elle se manifeste pleinement.


Comment on fait ? On doit en premier redécouvrir pourquoi Dieu s’incarne ? Pourquoi il se rend présent, si proche ? Quel est son intention ? Pourquoi veut-il cette proximité nouvelle ?


La présence de Jésus pour chacun, c’est en premier une initiative gratuite, un don pur, un don qui est de trop. Une gratuité excessive. Et c’est cela le salut. C’est Dieu qui vient nous faire sortir de nos schèmes désespérant de quête de perfection, de scénario déprimant d’une vie propre et parfaite, ou chacun serait autonome et sans vulnérabilité, sans pauvreté aucune. C’est Dieu qui vient nous purifier de tout pharisaïsme de la loi et d’un primat d’un ordre idéal! L'amour est souvent mort en nous, ou à l'état de survie! C’est pour cela que c’est un enfant qui vient : rien de plus gratuit et de moins ordonnée qu’un enfant. Un enfant c’est un sans gêne qui impose son rythme à tous les autres…

 

Et c’est ainsi que Dieu vient nous ‘rééduquer’ à l’amour.Il vient gratuitement et définitivement, sans que l’on puisse se préparer ; c’est de fait sa présence qui est le seul moyen de nous préparer à son don. 


C’est pour cela que la lumière de l’avent, c’est Marie, la Femme. Celle qui a pour vocation de maintenir l’amour, de maintenir la gratuité en éveillant notre coeur à la présence de Celui qui est là et nous attend; C'est celle qui vient porter pour  nous nos misères pour que l'on arrête de se replier et de pleurnicher sur elles. Et c’est Marie que nous devons regarder pour se laisser posséder par cette présence mendiante de Jésus pour nous.


Le rôle de Marie sur nous c’est de nous ouvrir à celui qui se donne et qui est de trop ; et  cela c’est aimer : non pas ‘se donner’ dans une espèce de générosité efficiente, mais accepter de pâtir sous l’effet d’un autre qui nous attire ; aimer c’est laisser quelqu’un débarquer, s’imposer et choisir qu’il soit celui qui nous renouvelle, source pour nous. C’est accepter que notre temps soit ordonné par l’autre, accepter d’être dans un état de fragilité face à celui qui seul peut achever en moi ce qui est le plus moi-même ; c’est accepter de se dévoiler, dans ce qu’on a de vulnérable et de fragile…

Fr Grégoire.

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Jésus,témoin fidèle et vrai face au règne de l’opinion !

25 Novembre 2012, 02:43am

Publié par Fr Greg.

 

 

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 « C’est pour cela que je suis né et c’est pour cela que je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité ; quiconque est de la vérité écoute ma voix » (Jn 18, 37).

 

En interrogeant « es-tu le roi des Juifs ? » Pilate suis l’opinion du lobby de son temps: celui des  grands prêtres! Voilà le pouvoir, ou les calculs politiques et l'opinion dominante mesurent le réel! Voilà la tentation et la corruption propre de ceux qui gouvernent : la seule ambition de devenir quelqu’un les réduits souvent à être esclaves d'un pouvoir qui les domine: ils passent leur temps à éviter les coups, à tâter le pouls de l'opinion et se construire une image... jusqu'a mesurer l'autre, qui devient nécessairement un accusé puisqu'il n'entre pas dans leur opinion érigé en mesure!

 

D’où l’interrogation de Jésus, qui veut remettre Pilate devant la vérité de son jugement, dans un contact immédiat avec le réel : « dis-tu cela de toi-même ?» autrement dit : « me connais-tu par expérience? Est-ce ton expérience qui te fait dire cela, ou bien, juges-tu selon ce qu’on t’a dit, donc selon des opinions que tu as décidé d'ériger en mesure? »

 

Jésus remet Pilate devant son expérience: c’est la première miséricorde. Face à la tentation du pouvoir qui nous touche à chaque fois que l'on décide de dominer le réel au nom de ses idées, de mesurer un autre, on ne se corrige qu'en se remettant face au réel qui toujours nous dépasse; c’est cela, pour nous, être témoin de la vérité : accepter d’être mesuré par la réalité qui s’impose: depuis la matière jusque toute réalité sensible,  je n'ai pas fait la réalité! Je ne peux donc prétendre à la dominer au nom des mes idées, aussi spirituelles qu'elles puissent être! C'est la tentation démoniaque par excellence, celle du contemplatif et du spirituel, qui préfère l'immanence de sa pensée -très spirituelle- au réel existant, sensible, imparfait et sujet au changement.

 

Se faire mendiant, bruler ses schèmes préconcues et non assener son opinion, son idée de ce qu’on croit être le réel, en s'opposant dialectiquement à une autre opinion ! En cela, tout homme qui se met à juger son frère, à s’en faire la mesure, se replie sur lui-même et meurt dans son intelligence ! Il se rend incapable d’être attiré par une nouvelle lumière ! Celui qui ne cherche plus la vérité en la mendiant constamment à partir de son expérience, n'est témoin que de son désir de tout dominer! C'est pour cela qu'on peut définir la personne humaine comme celle qui cherche la vérité! (cf. Fides & Ratio n°28.)

 

Face à ce pouvoir que l'on s'octroit au nom de notre opinion érigé en mesure, Jésus interroge ! L’autorité du Christ, c’est celle qui nous rend mendiant et pauvre : il nous met face à ce qui nous dépasse et nous oblige à interroger: « Qu’est-ce que la vérité ? » En cela le croyant ne peut-être témoin de la vérité et ne pas prétendre à l'affirmer que si il la cherche toujours ! Dès qu’il se fait une opinion sur ce qui doit être fait, souvent par souci d’efficacité et d’application de ses schèmes religieux, il se pose en mesure et devient le pire des tyrans : un pharisien !

 

Jésus répond à Pilateà la croix: c'est là qu'il révèle la vérité: il est le secret du Père, qui donne tout pour tout recevoir! En cela il exerce son autorité : se faisant Agneau, il proclame que nous recevons tout d'en haut; Il est celui qui nous dépouille de tous les opinions que l’on s’est fait de nous-même et de nos frères en nous révélant qui on est pour Lui et nous communiquant tout ce qu'il vit. En se dépouillant de tout pouvoir sur nous, il nous révèle la place que l’on a pour lui. Son autorité est celle qui a pouvoir d’ouvrir les portes du Royaume, les secrets de son coeur à ceux qui sont perdus, qui n’ont que des misères et des pauvretés humaines à offrir.

 

Et, si nous confessons le Christ, Roi de l'Univers, c’est parce que cette seigneurie nous est donnée. Et elle nous est donnée pour en user !! Aussi, notre cœur est-il tourmenté de faire entrer les perdus de la terre dans le Royaume ? En leur révelant que tout leur donné, que le Christ à tout donné pour eux, que Jésus leur donne de vivre en Fils immédiatement...

 

Cette question nous est posée comme à Caïn: "Qu'as-tu fait de ton frère ?" Exercer cette Seigneurie, n’est-ce pas chercher à faire entrer dans les secrets de Jésus ? Ceux en lesquels il n’y a humainement plus rien à espérer ? Voilà notre ‘pouvoir’ sur les autres hommes. Mais, y sommes-nous entrés nous-même? Avons-nous brulés toutes opinions, toutes images, tout jugement pour se laisser emparer par le don actuel de Jésus Agneau? En acceptant que notre place soit celle du pauvre qui reçoit tout, en brulant et refusant le règne de l'opinion, nous avons autorité pour donner Jésus, secret caché du Père.

 

Fr Grégoire.

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Espérer contre toute espérance...

13 Novembre 2012, 02:06am

Publié par Fr Greg.

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Quittez vos projets et entrez dans Sa joie : Il aime nos pauvretés et notre rien !

2 Novembre 2012, 02:53am

Publié par Fr Greg.

 

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La Toussaint ?! Pourquoi cette fête de la Toussaint ? A quoi ça sert??

Pourquoi ? Car les saints du Ciel n’ont pas besoin comme tel qu’on les loue. Cette fête c’est pour nous !! Est-ce que donc la Toussaint est vraiment une fête pour nous ? Est-ce que vraiment cela nous rend heureux ? Est-ce que ce matin en vous levant vous vous êtes dit : « Whao, c’est la Toussaint ! C’est énorme !!! »

 

Or, tout l’évangile de ce jour, Jésus ne cesse de nous dire qu’on est heureux d’être ce qu’on est ! On est heureux d’être pauvres !! Pauvres physiquement, psychiquement, moralement, et Bienheureux même dans cette pauvreté! Qu’il faut tressaillir d’allégresse ! Et qu’est-ce qui nous empêche d’entendre cette parole jusqu’au bout ? Pourquoi n’est-on pas heureux, ou pourquoi n’entendons-nous pas Jésus nous dire combien nous sommes bienheureux ?

 

Nous sommes tristes, parce que trop souvent nous sommes prisonniers d’un projet idéal sur nous-mêmes. On a décidé –on a imaginé- comment nous devions être ; on s’est fait un film de notre vie, de comment cela devait être ; et on est prisonnier de projets d’une perfection aussi débile qu’orgueilleuse, aussi étriqué qu’esthétique ! On s’est créé son propre film dont on est le héros, adaptant l’histoire à chaque déconvenue, attendant qu’enfin on nous regarde comme un super héros pour les hommes, ou un truc plus romantique pour les femmes.

 

Et, malgré que le réel, nos pauvretés, nos misères et ceux qui nous entourent font toujours échouer tous nos scénarios, on s’agrippe obstinément à tous ces fantasmes d’une perfection aussi idéal que désespérante. Et notre grande misère, c’est notre obstination maladive à tous ces projets petits formats ! Le péché ainsi, n’est pas tant de tomber, mais de s’obstiner à vouloir tout de même réaliser notre scénario dans lequel nous mettons notre bonheur, notre représentation de la perfection ou de la ‘sainteté’.  Et nous restons malheureux tant que nous attendons secrètement la réalisation de ces fantasmes cachés et idéalisés.

 

Qu’est-ce qui peut nous rendre heureux alors ? Comment pourrait-on être Saints maintenant, et vivre de la joie des saints ? Déjà en brulant tous nos scénarios et projets d’une perfection ou d’une grandeur ou l’on domine tout efficacement ! La sainteté et le bonheur ce n’est pas un état, un truc à faire, ou un résultat à atteindre suivant une méthode certaine.

 

Mais surtout, Jésus nous crie de vivre en bienheureux, parce que Lui s’engage à nous faire aller jusqu’au bout de la grandeur qu’il veut pour nous ! On est heureux parce que Jésus s’engage à être omniprésent à tout ce que l’on vit ! Il s’engage à ne jamais se résigner à nos petits côtés, et il nous promet de ne pas nous lâcher !

 

Ce qui nous rend heureux c’est quelqu’un ! C’est Jésus qui est pour nous dans tout ce qu’il est. Notre béatitude, c’est celle que Jésus nous donne à chaque instant !  Qu’est-ce que cela veut dire ?

 

C’est « bienheureux les pauvres » : c’est-à-dire que Lui promet de se servir de nos pauvretés comme du lieu où il se donne à nous ! Tous les lieux où l’on touche nos misères, ou l’on est perdu, mort, ou l’on est plus rien : cela devient, pour Lui, le chemin, le lieu où il se donne ! « Bienheureux les pauvres » : c’est-à-dire : « ta pauvreté ? Eh bien, je viens l’habiter, je viens m’en servir ; ce lieu où tu ne domines plus, ou tu meurs à tout tes rêves idéaux et tes projets de super héros, c’est là où tu dois m’attendre ! Ta limite n’est plus une limite ! »

 

C’est cela « la grande épreuve » : accepter que des lieux qui me diminuent humainement deviennent le lieu de son don ! Et mendier la certitude qu’il s’en sert ! La grande épreuve, c’est accepter et choisir que tous les lieux où l’on est éprouvé, ou l’on est plus rien, tous ces lieux que l’on ne peut reprendre, croire qu’ils ont une fécondité divine, qu’ils sont des lieux où l’on est bienheureux, parce qu’on les lui donne et qu’Il vient les habiter ! Nos pauvretés deviennent le chemin pour Lui de nous rendre Bienheureux !

 

« Bienheureux les doux » : le doux c’est celui qui s’adapte au rythme de l’autre, qui respecte la lenteur de l’enfant, de l’handicapée, du médiocre. Jésus ne nous tyrannise pas : il n’a pas un projet d’efficacité maximale sur nous. Et, il réalisera son désir, nous fera entrer dans ce qu’il veut pour nous, en respectant notre lenteur, en épousant ce devenir qui tend souvent au ridicule. C’est pour cela qu’on ne peut se comparer ! Notre itinéraire est complétement unique, et la manière pour lui de nous conduire dépend de Lui et de nous, point !

 

Et tous nos pleurs, tous nos repliements inutiles deviennent des lieux que Jésus veut habiter ! Tout devient chemin pour lui. Il n’y a plus de drame, il n’y a plus « d’histoire entre les hommes », sinon l’Histoire sainte ! Parce que nous avons cette assurance actuelle que Jésus se rend omniprésent et vient se servir de tout notre quotidien, surtout ce qu’on a de plus nul, là où on ne domine plus, pour nous obliger à tout vivre avec lui, à tout lui donner !

 

C’est ce que dit la petite Thérèse : « ce qui plait au bon Dieu dans ma petite âme, c’est que j’aime ma petitesse et ma pauvreté, c’est l’espérance aveugle que j’ai en sa miséricorde ! » Le jour où l’on pourra dire que l’on aime nos pauvretés et nos misères parce que c’est le lieu privilégié de son don, on sera des géants !

 

Et toutes l’éducation de Jésus, son don dans l’eucharistie par exemple, c’est un don caché, ridicule pour une intelligence rationnelle, pour briser nos idoles et nos scénarios, nos images idéales de nous-mêmes ou l’on voudrait tout dominer !

 

On a rien de plus que les gens du monde, pas plus de vertus ou de force, de générosité ou de patience, par contre, on n’est plus jamais seul : il est présent à tout ce qu’on vit, omniprésent, et il nous habite d’une manière telle, qu’on est déjà enfant du Père, certain de son don transformant ! Alors, réjouissons-nous de sa joie et mendions la, car Il habite tout ce que nous sommes !

 

Fr Grégoire.

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Prenant alors un enfant, il l'embrassa...

23 Septembre 2012, 02:37am

Publié par Fr Greg.

 

 

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Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d'eux, l'embrassa, et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé. »

 

Par ce geste, Jésus nous révèle pourquoi la Croix, le sens de son offrande, de son état victimal : pour nous dire -nous communiquer et nous donner à vivre- jusqu’au bout ce qui fait de Lui l'enfant du Père: il est Celui qui de toute éternité reçoit tout du Père et Lui redonne tout; Et c’est Jésus crucifié qui manifeste cette ‘petitesse’ divine du Fils en Dieu, ce qu'il vit et qui nous est caché ! Là on voit en clair la vie du Fils face au Père. Et quand il nous 'dit' cela, il nous dit ce qu’il nous donne à vivre, immédiatement. Jésus ne nous dit rien qui ne soit pas pour nous!

 

Et c’est cela le chemin pour être grand et "le premier" : parce que Dieu nous veut grand, debout et victorieux ! Dieu ne nous veut pas nabot, étriqué et à moitié vivant ! Il ne veut pas pour nous ces faux chemins d’humilité narcissique ou de petitesse maladive ou l’on est replié sur soi et sur son vécu soi-disant spirituel… Dieu nous veut à sa taille ! C'est par un choix toujours plus actuel, personnel, ou je mendie qu’Il prenne tout en moi, que je deviens ce qu'il veut pour moi ! Un choix qui se sert de tout ce dont on pâtit, même de ces lieux où nous sommes complices ou pas très net. L'enfant ne se regarde pas: il ne regarde que son Père et lui donne tout !

 

Accueillir un enfant au nom de Jésus, c’est aussi, dans tous nos liens personnels, accueillir l’autre dans ce qu’il a de petit, d’impuissant, d’inefficace, de misérable, comme Jésus l’accueillerait, comme Jésus est face à moi: il est 'pour moi'. Car  recevoir Jésus, c’est recevoir celui qui veut comme tout attendre de nous : en se faisant pain, il se fait plus petit que tous les enfants, sans autonomie ni existence propre, et là il nous crie qu’il veut qu’on soit tout pour  Lui, tel qu’on est !

 

Jésus désire pour nous, que dans ces liens personnels -ceux qui me sont donnés par le Père, quelque soit leur imperfections- j'accueille toujours plus l’autre comme le bien-aimé de Jésus, comme Jésus Lui-même; C'est là la croix pour nous, l'état victimal; Là que j’exerce et déploie cette vie de Fils du Père, ce don prodigieux, cet héritage de Jésus qui est en ‘attente’ en moi.  

 

 

Fr Grégoire.

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Aux gens qui s’affolent...

9 Septembre 2012, 08:19am

Publié par Fr Greg.

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Dites aux gens qui s’affolent : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver » Isaie, 35,4. 

 

La crise de notre humanité est avant tout une crise de l'espérance. Nous avons trop facilement une espérance humaine, à propos de choses secondes : des attentes mondaines, imaginatives, à notre taille, trop petites quoi. L'attente seule d’un changement humain engendre toujours plus de déceptions et la foi en Celui qui nous attend n’est plus une vie qui nous mobilise. Nous avons donc l'espérance d'un « mieux » humain, mais pas celle de Dieu lui-même : trop lointain pour nous, inaccessible, pas selon notre sensibilité, notre vécu ou notre ressenti, bref pas possible, et surtout pas très ‘utilisable’… Or, « la vraie, la grande espérance de l'homme, qui résiste malgré toutes les désillusions, ce peut être seulement Dieu – le Dieu qui nous a aimés et qui nous aime » dixit Benoit XVI.

 

Fr Grégoire.

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Combien il t'aime...

14 Juillet 2012, 01:05am

Publié par Fr Greg.

 

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Une personne qui en aime une autre et qui lui fait du bien, l'aime et lui fait du bien selon ses qualités, selon ses propriétés personnelles. Ainsi agit ton Époux résidant en toi en tant que tout-puissant : il t'aime et te fait du bien selon sa toute-puissance.


      Infiniment sage, il t'aime et te fait du bien selon l'étendue de sa sagesse. Infiniment bon, il t'aime et te fait du bien selon l'étendue de sa bonté. Infiniment saint, il t'aime et te fait du bien selon l'étendue de sa sainteté. Infiniment juste, il t'aime et t'accorde ses grâces selon l'étendue de sa justice. Infiniment miséricordieux, clément et compatissant, il te fait éprouver sa clémence et sa compassion. Fort, délicat, sublime en son être, il t'aime d'une manière forte, délicate et sublime. Infiniment pur, il t'aime selon l'étendue de sa pureté. Souverainement vrai, il t'aime selon l'étendue de sa vérité. Infiniment généreux, il t'aime et te comble de grâces selon l'étendue de sa générosité, sans aucun intérêt propre et dans la seule vue de te faire du bien. Souverainement humble, il t'aime avec une souveraine humilité et avec une souveraine estime.



      Il t'élève jusqu'à lui, il se découvre à toi joyeusement et avec un visage plein de grâce dans cette voie des connaissances qu'il te donne.  Et tu l'entends te dire : « Je suis à toi et pour toi ; je me réjouis d'être ce que je suis, afin de me donner à toi et d'être à toi à jamais ». Qui pourra exprimer ce que tu éprouves, ô âme bienheureuse, en te voyant aimée à ce point, en te voyant tenue par ton Dieu en une estime pareille ?

 

St Jean de la Croix, Vive Flamme d’Amour.

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moi, je ne juge personne...

23 Avril 2012, 02:40am

Publié par Father Greg

 

« Moi non plus, je ne te condamne pas. »

  

 

bruegel-christ-and-woman.jpgL’épisode de la femme adultère, c’est selon St Augustin tout l’évangile : la misère face à la miséricorde ! Pour y entrer, il faut entendre Jésus nous dire personnellement : « moi, je ne juge personne » (Jn 8, 15) ; Jésus suspend son jugement par rapport à chacun de nous, parce que non seulement il ne nous regarde jamais par nos petits côtés, mais parce qu’il regarde toujours en nous ce qui est grand, l’image de Dieu, ce qui est éternel en nous et qui est le plus actuellement 'nous', ce qui est ‘attente de Dieu’ : alors que les pharisiens voient une adultère, Jésus, lui, voit 'la Femme'.

 

Jésus, pour nous dire sa miséricorde, s’abaisse car il réalise son don miséricordieux en prenant jusqu’au bout toute notre misère. Il se fait agneau, victime innocente, mendiant de nos pauvretés pour non seulement s’en faire responsable devant le Père, mais pour nous faire entrer dans quelque chose de complètement nouveau. Sa miséricorde, c’est bien plus qu’une réponse ou un salut qu’on proposerait par ‘pitié’ ; Sa miséricorde, c’est un don substantiel, c’est Lui pour moi ! C’est donc pour nous une nouvelle naissance, l’entrée dans une nouvelle vie : la découverte du regard du Père qui s’unit à nous immédiatement pour que tout ce que l’on vit acquière une nouvelle signification, une nouvelle fécondité, une taille divine, un sens éternel.


La miséricorde c’est cet excès actuel d’amour ou Dieu lui-même se sert de tout ce qui est en vain dans notre vie pour nous unir à lui –et tout de suite-. "Personne ne t'a condamné? Et bien moi non plus, non seulement je ne te condamne pas, mais je viens t'épouser dans tout ce que tu es, et tout de suite."

 

On comprend alors que Jésus puisse comme réclamer de nous que notre nature soit brulée, défigurée par nos misères. Le salut qu’il nous apporte ne supprime pas le désordre du mal en nous ; Il ne vient même pas pour nous éduquer ou pour une thérapie qui ‘évangéliserait efficacement nos profondeurs’… et il y a là une réelle épreuve pour nous, celle d’accepter que son salut ne soit pas apparemment efficace, qu’il soit même apparemment inutile. Notre misère devient alors l’occasion de vivre dans une offrande gratuite de tout nous-même au Père, par un chemin qui , de fait, ne nous dit rien : d’accepter de pâtir de nos misères et de celles des autres, toutes ces pauvretés inutiles, qui nous blessent constamment et qui pourraient être évitées.  

 

Vivre de sa miséricorde, c’est choisir d’être comme crucifié par nos misères, de ne pouvoir les résoudre, et choisir qu’elles font de nous une victime offerte, un don qui est répandu comme en pure perte, pour Lui ; C’est bien la signification ultime du salut : Dieu qui fait de nous de purs actes d’amours, qui nous fait devenir action de grâce, ce qui n’est possible qu’en étant suspendu à son don à lui, qu’en ayant foi en ce que l’on reçoit de lui et qui est plus que tout ce que nous pouvons offrir. C’est cela la croix : c’est Jésus qui donne tout, qui, non seulement ne nous condamne pas, mais vient prendre, s'emparer de tous les rejets, de tout nos manques d'amours, pour être holocauste, don gratuit, parce que ce qu’il reçoit du Père est plus que tout ce qu’il peut offrir de son humanité.

 

Vivre de sa miséricorde, c'est d'accepter ce chemin obscur ou il vient faire de nous, à travers ces misères que l'on porte, ce nouveau buisson ardent qui vit par le Père. Il s'unit à nous, pour que rien dans notre vie ne soit en vain. Sa miséricorde, c'est, pour nous, d'inscrire dans tout ce que nous sommes, une nouvelle dépendance et de suspendre notre jugement sur ce que l'on pourrait croire comprendre de notre vie. C'est cela vivre de Jésus comme Père: de tout vivre avec lui, de vivre comme possédé par son don actuel, de croire à ce que Lui réalise à travers ce que l'on voit de notre vie.  

 

 

 

Fr Grégoire.

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La Résurrection, présence de Jésus à tout l'univers...

10 Avril 2012, 02:35am

Publié par Father Greg

      La résurrection, c’est la personne de Jésus, dans ce qu’elle a de plus personnel, qui vient embraser tout notre univers, chacun de nous. Et Marie a été choisie pour vivre jusqu’au bout ce don caché, et nous, la recevant comme des enfants, nous héritions de sa réponse. La regarder ce n’est donc pas rester comme des spectateurs admiratifs de quelque chose qui leur échapperaient, mais c'est chercher à voir ce qui nous est donné et encore caché mais réélement acquis. Contempler le mystère de Marie, c'est donc comme dévoiler à nous-même ce que le Père nous donne dans la foi-donc immédiatement- mais qui laisse notre sensibilité conplètement pauvre quant à 'l’usage', 'l'utilité' de ce don. C’est surtout chercher à voir quelque chose de la hauteur, de la profondeur, de la qualité du don de Jésus pour nous ; c’est donc pour demeurer dans l’action de grâce face à cette recréation que Dieu opère par la résurrection! 

fr Grégoire.


 

 14ud4vb7za.jpgEtroitement associée au mystère de la Rédemption, Marie vit, dans la nuit de Pâques, ce premier moment éternel de gloire, cette victoire de l’amour sur la mort, sur le péché. Elle n’a pas besoin d’apparition pour adhérer au mystère de la Résurrection dans une foi brûlante d’amour, dans une espérance tout ardente, une soif d’aimer de plus en plus son bien-aimé : « Quelle est celle qui monte du désert (le désert du tombeau) appuyée sur son bien-aimé », appuyée sur le Christ glorifié ? C’est Marie, qui vit ce mystère avec lui. Marie, en effet, n’ « assiste » pas à la Résurrection de Jésus : elle la vit.

 

Et si elle vit ce mystère dans sa foi, son espérance et son amour, c’est pour Jean, celui qu’elle a reçu à la Croix comme fils ; c’est donc pour nous. C’est pour Jean que Marie l’a vécu dans le silence. Il est étonnant de voir à quel point cette nuit de la Résurrection est réservée à Marie…

 

Depuis que le cadavre de Jésus avait été descendu de la Croix, Marie gardait plus que jamais dans son cœur la parole si forte que le Christ avait adressée à Marthe, la sœur de Lazare. A Marthe qui lui faisait ce reproche : « Si tu avais été là,  mon frère ne serait pas mort », Jésus avait répondu : « Je suis la Résurrection ».

 

Cette parole de Jésus, Marie l’a gardée dans son cœur, et c’est sûrement cela qui lui a permis de rester debout au pied de la Croix : il est la Résurrection, et donc la mort et toutes les souffrances de la Croix, toutes les tristesses de l’Agonie, sont absorbées par cet amour victorieux de la mort. Marie, sans comprendre « comment cela peut se faire », garde cette parole incessamment, au plus intime de son cœur : « Je suis la Résurrection ». Et c’est ainsi qu’au moment même où la toute-puissance de Dieu mise au service de son amour glorifie Jésus, glorifie le corps de Jésus par son âme éternellement glorieuse, Marie, immédiatement, adhère à ce mystère : « Je suis la Résurrection ». Et c’est ce « Je suis la Résurrection » qui lui permet de vivre de ce mystère dans une unité parfaite avec Jésus ; et elle reste dans le silence pour être toute à Dieu, toute à Jésus.


Marie sait au plus intime de son cœur, de son intelligence, cette présence qui prend tout et qui la met dans une joie unique : il est ressuscité pour elle. Il est ressuscité pour le Père, certes, mais il est ressuscité pour Marie, tout entier pour elle. Et Marie répond à ce don en étant toute donnée, – d’une manière toute intérieure car à l’extérieur rien n’est changé. C’est le grand mystère de la foi, de l’espérance et de la charité qui en cette nuit de Pâques prend toute sa signification et qui atteint sa perfection dans le cœur et  l’intelligence de Marie.

 

La Résurrection de Jésus, puisque c’est la grande victoire de l’amour, victoire éternelle, victoire plénière, est un mystère de contemplation ; il ne peut donc être vécu qu’à travers la foi toute transformée par l’amour, une foi toute contemplative, qui adhère au cœur blessé et glorieux de Jésus. Et cette nouvelle attraction d’amour est si présente que Marie demeure dans le ilence de ce mystère en cette nuit sainte qui est pour elle, puisque les Apôtres dorment. Accablés de souffrance et de tristesse, ils ne vivent pas encore ce mystère de la Résurrection ; Marie seule en vit, et elle nous demande, durant cette nuit, de comprendre comment elle a vécu ce mystère et comment elle veut nous en faire vivre dans notre foi, dans notre espérance et notre charité, pour que, comme ses enfants bien-aimés, nous puissions en vivre pour toute l’Eglise, pour tous ceux qui ne vivent plus de Jésus, pour tous les hommes qui oublient ce mystère.

 

Demandons à la Vierge Marie de nous faire cette grâce, d’être entraînés comme elle, attirés comme elle, dans le mystère du cœur brûlant d’amour de Jésus glorifié. Que nous puissions nous aussi, dans une foi toute contemplative, tout aimante, adhérer pleinement a cette proximité immédiate de Jésus et vivre de ce mystère qui doit nous transformer pour nous renouveler et nous permettre d’être de vrais fils, de vrais enfants du Père, avec Marie et en elle. Et que nous puissions aussi, quand Dieu le voudra, être de vrais témoins, dans le monde d’aujourd’hui, de cette victoire de l’amour divin.


Nous qui savons que cette victoire nous est déjà donnée dans la foi, l’espérance et la charité, nous devons être, pour ce monde qui est si tiède, si froid, si loin de ce mystère de la Résurrection, les témoins de ce mystère, de cette grande victoire de l’amour divin.  

M.D Philippe, J’ai soif.

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