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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

le croyant, un mendiant joyeux..

15 Juin 2012, 02:51am

Publié par Father Greg

 

 

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" Il faut avoir voyagé sous ce sombre tunnel pour en comprendre l'obscurité " (Ms C.7 r°)

" En chaque occasion de combat, je me conduis en brave…Lorsque je chante le bonheur du ciel, je n'en ressens aucune joie car je chante simplement ce que je veux croire…Je crois avoir fait plus d'actes de Foi depuis un an que pendant toute ma vie ".(Ms.C ;7 r°)

" Depuis qu'il a permis que je souffre des tentations contre la Foi, Il a beaucoup augmenté dans mon cœur l'esprit de Foi " (Ms. C,11,r)

" Quel bonheur ( pour moi ) de rester là quand même ( dans la tempête ), de fixer l'invisible lumière qui se dérobe à ( ma) foi ! ( Ms.B,5 r°)

Thérèse de l'EJ.

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Il vient chercher ceux qui sont perdu...

14 Juin 2012, 02:49am

Publié par Father Greg

 

 

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" Seigneur, …votre enfant vous demande pardon pour ses frères, elle accepte de manger aussi longtemps que vous le voudrez le pain de la douleur et ne veut point se lever de cette table remplie d'amertume où mangent les pauvres pécheurs avant le jour que vous avez marqué…Mais aussi ne peut-elle pas dire en son nom, au nom de ses frères : Ayez pitié de nous, Seigneur, car nous sommes pécheurs !…Il me semble que les ténèbres, empruntant la voix des pécheurs, me disent en se moquant de moi :

" Tu rêves la lumière,…tu rêves la possession éternelle du Créateur…, tu crois sortir un jour des brouillards qui t'environnent ! Avance, avance, réjouis-toi de la mort qui te donnera, non ce que tu espères, mais une nuit plus profonde encore, la nuit du néant " ( Ms.C.6)

Ste Thérèse de l'EJ.

 

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La foi, lumière obscure..

13 Juin 2012, 02:41am

Publié par Father Greg

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" Je ne pouvais croire qu'il y eût des impies n'ayant pas la Foi. Je croyais qu'ils parlaient contre leur pensée en niant l'existence du ciel…Aux jours si joyeux du temps pascal, Jésus m'a fait sentir qu'il y a véritablement des âmes qui n'ont pas la Foi, qui par l'abus des grâces perdent ce précieux trésor…Il permit que mon âme fût envahie par les plus épaisses ténèbres et que la pensée du ciel si douce pour moi ne soit plus qu'un sujet de combat et de tourment…Cette épreuve ne devait pas durer quelques jours , quelques semaines, elle devait ne s'éteindre qu'à l'heure marquée par le Bon Dieu et…cette heure n'est pas encore venue…Je voudrais pouvoir exprimer ce que je sens, mais hélas ! je crois que c'est impossible. Il faut avoir voyagé sous ce sombre tunnel pour en comprendre l'obscurité…La Foi, ce n'est plus un voile pour moi, c'est un mur…Lorsque je chante le bonheur du ciel, l'éternelle possession de Dieu, je n'en ressens aucune joie, car je chante simplement ce que JE VEUX CROIRE " (Ms.C ;5,7).

Ste Thérèse de l'EJ.

 

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L'Islamisme contre l'Islam ? (II)

12 Juin 2012, 02:15am

Publié par Father Greg

 

 

3441520711.2RELIGION ET POLITIQUE SERONT DESORMAIS INDISSOLUBLEMENT LIES.

« L’Islam est politique ou n’est rien. »  (Khomeiny)

La « soumission » à Dieu – qui est le sens même du mot « islam » – est aussi bien exigée du croyant que de l’État. Le pouvoir politique se voue donc entièrement à une mission religieuse. C’est l’annexion de la politique par la religion.

Ce qui frappe dans l’Islam, c’est son EXTRAORDINAIRE COHESION. Car dans l’Islam se mêlent indissolublement, inextricablement le sacré et le profane, le spirituel et le temporel, le religieux et le civil, le public et le privé. L’Islam couvre et embrasse tous les aspects de la vie et de la société. C’est en ce sens que je disais plus haut que l’Islam est global et globalisant, total, totalisant et totalitaire. L’idée d’un islam laïc est en soi une hérésie. Il contredit l’essence même de l’Islam.

L’ISLAM EST UN CREUSET FUSIONNEL INTENSE qui engendre un tissu social fortement structuré et donne à une société consistance, cohésion et continuité. D’où son extraordinaire capacité d’intégration. L’Islam a toujours été intégrateur, jamais intégré ; toujours assimilateur, jamais assimilé. Une seule exception : l’Espagne… En fait, ce recul n’a été possible que par les moyens que nous connaissons.

Autres atouts de l’Islam : SA GRANDE SIMPLICITE. Simplicité de son dogme, de sa morale, de ses principes. SA SOUPLESSE, son élasticité, sa capacité quasi infinie d’adaptation, à partir d’un noyau dur, solide, irréductible.

C’est cette souplesse de l’Islam qui explique en partie sa foudroyante expansion tant en Afrique qu’en Asie. Ce continent, dans lequel le christianisme a pénétré six siècles avant l’Islam, ne compte que 3% de chrétiens, alors qu’on évalue à près de 30 % le nombre de musulmans.

Un dernier point : LE DJIHAD. Le djihâd n’est pas un aspect marginal, un accessoire de l’Islam. Il constitue une des principales obligations du croyant. On a voulu interpréter ce terme de façon réductrice, comme si le djihâd n’était qu’un combat spirituel et intérieur, un combat contre les passions et les instincts. Non, les textes sont clairs : il s’agit bel et bien d’un combat par l’épée et ce n’est pas un hasard si l’Arabie Saoudite et tel ou tel groupe islamiste représente un glaive sur son écusson. (voir Coran : 2.216-217 ; 3.157-158 ; 3.169 ; 8.17 ; 8.39 ; 8.41 ; 8.67 ; 8.69 ; 9.5 ; 9.29 ; 9.41 ; 9.111 ; 9.123 ; 47.35 ; 59.8).

Il y a dans l’Islam l’idée de force, de puissance. L’islam est la religion de la force. Il s’impose souvent par la force et ne cède en général qu’à la force. C’est un fait : historiquement l’Islam s’est souvent étendu par la contrainte et la violence. Il n’est que de consulter les ouvrages de Bat-Ye’or pour s’en convaincre. D’ailleurs, l’Islam ne divise-t-il pas le monde en deux : la demeure de l’Islam et celle de la guerre – « Dar al-Islâm wa dâr al-harb » ?…

L’Islam a pour ambition et pour prétention de convertir l’humanité entière. Il est par essence planétaire, universel, à l’instar du christianisme. C’est la prétention de ces deux religions à l’universalité qui explique leur incompatibilité et leur rejet réciproques. Pour le musulman, il n’y a qu’une seule vraie religion, l’Islam : « Inna-dîn ‘ind-Allah al-Islâm ».

Le musulman a en lui la certitude d’avoir raison, de posséder la vérité. Cette conviction a pour conséquence la froide détermination d’aboutir, de réussir un jour à conquérir le monde, envers et contre tout. Rien ne l’arrêtera.

Car l’Islam compte avec le temps. Il a le temps, il a tout le temps, il a toute l’éternité. Il y a dans l’Islam la patience infinie du bédouin suivant sa caravane. Ça prendra le temps que ça prendra, mais on y arrivera.

Islamisme et Islam, par Henri Boulad, s.j. Tanail (Liban) – 10 avril 1996

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L’Islamisme contre l’Islam ?

11 Juin 2012, 02:15am

Publié par Father Greg

 

 

rue-myrha.jpgIl y a quelques années, le grand juriste Égyptien Saïd el-Achmaoui publiait son fameux livre « Al Islam as-siyâssi » traduit en français sous le titre : « L’Islamisme contre l’Islam ». Dans cet ouvrage, Achmaoui cherchait à montrer que l’Islamisme est une déviation, une perversion du véritable Islam, dont l’orientation est uniquement spirituelle et religieuse.

Je prendrai ici le contre-pied de la position d’Achmaoui en affirmant que « L’ISLAMISME, C’EST L’ISLAM ». Cette affirmation n’a rien d’arbitraire ou de fantaisiste. Elle ne relève pas d’un parti-pris ou d’une provocation, ni d’une prise de position fanatique ou intolérante, ni d’une approche volontairement négative ou réductrice.

Je pense au contraire que cette affirmation est parfaitement cohérente avec l’histoire et la géographie, avec le Coran et la Sunna, avec la vie de Mohammed et l’évolution de l’Islam, avec ce que l’Islam dit de lui-même.

Je refuse la position de ceux – musulmans ou chrétiens – qui se voilent la face, jouent à la politique de l’autruche, tournent autour du pot, refusent de voir la réalité en toute objectivité, ou prennent leurs désirs pour des réalités, au nom du dialogue et de la tolérance.

On dira que le problème de l’Islam est plus complexe, que ma position est simpliste, simplificatrice et tend à l’ »amalgame », comme on dit aujourd’hui.

Je suis tout-à-fait conscient de la variété des islams. J’ai même une conférence de deux heures sur « Les six islams » où je déploie l’éventail des différents islams, depuis l’islam ouvert, libéral, modéré et laïcisant, jusqu’à l’islam le plus radical, en passant par le soufisme, l’islam des confréries et l’islam populaire.

Je suis parfaitement au courant de toute la tendance actuelle de l’islam laïc et laïcisant, moderne et modernisant. Je pense malgré tout que ce courant n’est guère représentatif de l’islam officiel, de l’islam orthodoxe et classique, de l’islam sunnite tel qu’il s’est toujours manifesté, tel qu’il s’est toujours voulu, tel qu’il se veut encore aujourd’hui.

D’où le rejet par l’islam officiel de tous les penseurs et intellectuels qui, cherchant à réinterpréter l’Islam à la lumière de la modernité, se font taxer d’hérétiques, d’apostats ou de déviationnistes.

L’islamisme n’est ni une caricature, ni une contrefaçon, ni une hérésie, ni un phénomène marginal et aberrant par rapport à l’islam classique orthodoxe sunnite.

Je pense au contraire que l’islamisme, c’est l’Islam à découvert, l’Islam sans masque et sans fard, l’Islam parfaitement conséquent et fidèle à lui-même, un islam qui a le courage et la lucidité d’aller jusqu’au bout de lui-même, jusqu’à ses dernières implications.

 

L’ISLAMISME C’EST L’ISLAM DANS TOUTE SA LOGIQUE, DANS TOUTE SA RIGUEUR.

L’islamisme est présent dans l’Islam comme le poussin dans l’oeuf, comme le fruit dans la fleur, comme l’arbre dans la graine.

Mais, qu’est-ce que l’islamisme ?

L’islamisme, c’est l’islam politique, porteur d’un projet et d’un modèle de société visant à l’établissement d’un État théocratique fondé sur la charia, seule loi légitime – parce que divine – telle que révélée et consignée dans le Coran et la Sunna, une loi qui a réponse à tout.

Il s’agit là d’un projet global et globalisant, total, totalisant, totalitaire.

CAR L’ISLAM EST UN TOUT: une foi et un culte, un horizon et une morale, un mode de vie et une vision du monde. Intransigeant, il offre le salut ou la perdition.

L’Islam est LA vérité qui ne supporte pas le doute et ses adeptes forment « la meilleure des communautés ».

L’Islam se veut A LA FOIS RELIGION, ETAT ET SOCIETE – « dîn wa dawla ». Et c’est ainsi qu’il a été tel depuis ses plus lointaines origines.

Le passage de la Mecque à Médine, qui marque le début de l’ère musulmane, l’Hégire, signifie que l’Islam cesse d’être une simple religion pour devenir État et société. L’Hégire est le moment où Mohammed cesse d’être simple chef religieux pour devenir chef d’État et leader politique.

 

Islamisme et Islam, par Henri Boulad, s.j. Tanail (Liban) – 10 avril 1996

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Hommages aux soldats et prières pour les familles.

10 Juin 2012, 14:08pm

Publié par Father Greg

Nos quatre soldats français tués hier en Afghanistan

adjudant-chef Thierry SERRAT (46 ans), 
maréchal des logis-chef Stéphane PRUDHOM (32 ans),
maréchal des logis Pierre-Olivier LUMINEAU (27 ans), 
brigadier Yoann MARCILLAN (24 ans)

4sdt

 

Qu’ils ne soient jamais oubliés par la nation et par le peuple français.

 

« Cette noblesse du soldat nous invite à redire ce que signifie être militaire : être militaire, ce n’est pas d’abord être disponible ou même porter les armes.

Être militaire, c’est avant tout ne plus s’appartenir, ni même appartenir à sa propre famille : j’ai conscience de la dureté de ces propos tenus en présence de nos familles éprouvées par le deuil.

Être militaire, c’est appartenir à la Nation. Exister et agir pour elle. Vivre et mourir pour elle.»

Monseigneur Luc Ravel, Evêque aux Armées, Cérémonie religieuse du 18 juillet 2011.

 

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"Divine blessure" Jacqueline Kelen (II)

10 Juin 2012, 02:36am

Publié par Father Greg

 

Gauguin1.jpgN. C. : L’amour, celui qui “élargit l’espace de notre tente”, pour paraphraser Isaïe, est votre grand thème...

J. K. : C’est la question essentielle et la source de toutes choses !... Aujourd’hui, trop de femmes ne cherchent plus l’amour mais un homme dans leur vie. Aimer fait peur, c’est une expérience qui envahit tout l’être, le bouleverse, le déborde et le dépouille. Comme le disait Thérèse d’Avila : “L’amour est dur et inflexible comme l’enfer”... Ainsi, Marie Madeleine croit absolument et aime absolument. Il n’y a pas ici de demi-mesure. Elle aime Jésus jusqu’au bout, même lorsqu’il est bafoué, trahi, agonisant et défiguré sur la croix. Elle est fidèle à cet amour, follement fidèle. Comme elle, j’ai le sens de l’amour total, donné une fois pour toutes. Si l’amour vient du cœur, s’il est mieux qu’un sentiment, un engouement et un désir physique, il dure par-delà le conflit, la séparation, le trépas. Aimer est une grâce et une gravité.

Mais prendre le risque de l’amour, ce “beau risque”, comme le disait Socrate à propos du mythe, agrée aux cœurs libres.

Une femme, tout particulièrement, devrait inviter à cette aventure chevaleresque et à cette passion qu’est l’amour. Quand on considère le code de le Fin’Amor (“parfait amour”) des xiie siècle, quand on lit les poèmes et les romans courtois du XIIe et XIIIe siècles ainsi que les récits mystique des Fidèles d’Amour persans, c’est toujours la Dame - une femme “sage et belle”, autant dire éveillée - qui inspire et oriente chevaliers et troubadours dans leur quête.

La Dame est la manifestation d’un amour infini, céleste, elle en est aussi la médiatrice.

Toute femme devrait être consciente de ce rôle souverain. De nos jours, on a tendance à oublier que l’amour humain est d’abord une union mystique des âmes et des esprits. Ensuite seulement, et comme de surcroît, l’union des corps peut s’accomplir, tels un cantique et une prière. En s’affairant uniquement dans le sexuel, notre époque a tout inversé et tout saccagé ! Selon le Fin’ Amor, né en pays d’Oc, les amants courtois vivent le « long désir », une approche infinie où jouent les affinités du cœur et des rêves : ils ont tout le temps puisque l’amour est éternel ! Dans cet art d’aimer - qui n’est pas révolu - il y a toujours trois présences : l’homme, la femme et le mystère de l’amour. Il y va de notre honneur de nous rendre digne de ce mystère, de nous affiner, de nous élever jusqu’à lui. Pour ma part, je vais au combat sans relâche pour sauver la beauté et le mystère de l’amour. C’est ma tâche de “guerrière spirituelle” qui consiste à répondre de l’Amour en un monde qui le profane et le crucifie...

N. C. : Vous dénoncez la façon dont le monde abîme l’amour, mais vous allez plus loin : dans votre dernier ouvrage, Divine Blessure, vous faites un éloge de la blessure qui rend vivant.

Le ton de votre livre est totalement à contre-courant de vos contemporains qui essaient, par tous les moyens, de se soustraire à la souffrance...

J. K. : Beaucoup d’auteurs ou de conférenciers parlent de réconcilier le masculin et le féminin. Les mythes me proposent autre chose, d’ordre vertical : l’union entre ma nature mortelle, humaine ; et ma nature immortelle, divine. Cette tâche qui nous est impartie ouvre une blessure en nous, nous rappelant une blessure ancienne, ontologique. Or, précisément, profondément, cette blessure est ce par quoi le fini peut s’ouvrir à l’infini. Aussi, je trouve beau de se sentir blessé, c’est-à-dire imparfait, en marche, empli de soif. Aujourd’hui, par crainte d’être accusés de dolorisme, nous refusons tout sens à la souffrance et toute valeur à l’épreuve. Nous voulons être indemnes, protégés de tout. Nous oublions que nous sommes mortels, limités. Vivre est un risque permanent et passionnant, une aventure pleine d’imprévus. Tous les héros des mythes naviguent sur des mers déchaînées, traversent des forêts peuplées de brigands et de monstres, découvrent des territoires inconnus, hostiles... La vie nous demande confiance, ardeur et humilité. Il n’y a pas de chemin de maturité sans épreuves. Celles-ci sont autant de portes, autant de rencontres qui nous forgent et nous enseignent. Pour moi, une “belle vie” ne consiste pas en une succession de bonheurs, de plaisirs ou de gratifications. C’est une vie remplie de toutes sortes d’expériences, de souffrances comme d’espérances, c’est une vie intense, entière. Avoir une “bonne vie”, c’est tout embrasser, ne rien rejeter, c’est avoir envie de tout bénir, de tout serrer sur son cœur...

N. C. : Votre vision de la vie est à la fois passionnée et apaisée. Êtes-vous détachée de toute peur ?

J. K. : Je m’interroge peu sur la peur, probablement parce que, depuis l’enfance et grâce à une vie solitaire, j’ai développé mes qualités de courage et de vaillance. Cela permet de faire face aux épreuves et je n’en ai pas été dépourvue ! Je n’ai en particulier pas peur de la mort. Je l’ai frôlée de très près à trente-cinq ans. Cette expérience m’a allégée, délivrée. Devenir vivant me paraît bien plus important ! La planète se dégrade, le bateau coule. S’il est nécessaire que certains hurlent pour attirer l’attention sur le drame qui s’annonce, il est pour moi plus important de s’interroger sur “que sauver ?”.

N. C. : Quels désirs vous animent, vous tiennent debout ?

J. K. : Je suis un être de désir, portée par le désir lui-même ! Nicolas Flamel parlait du “désir désiré”, qui est entièrement gratuit, sans objet, pure flamme. Notre époque est contradictoire : elle est partagée entre la satisfaction immédiate des désirs que nous propose la société de consommation et la méfiance à leur égard, dans le sillage d’un bouddhisme à l’occidentale. Aucune de ces deux attitudes ne me convient. Je me sens une femme qui brûle et qui est brûlée - par l’amour, par l’étude, par la beauté et la douleur, par les rencontres aussi... Il est important de ne pas passer à côté des grandes rencontres, de ne pas s’y dérober, qu’elles s’avèrent heureuses ou pas. Elles sont peu nombreuses sur le chemin. C’est la raison pour laquelle, en amitié, je fais souvent le premier pas. La rencontre exige attention et disponibilité, elle est une élection. La petite fille que j’étais adorait les surprises et aujourd’hui encore, j’aime l’inattendu, tout ce qui peut surgir et surprendre.

N. C. : Henri Gougaud, qui fréquente les contes depuis des dizaines d’années, avoue avoir des “contes amis” auxquels il reste toujours fidèle. Avez-vous des “mythes amis” ?

J. K. : Certains personnages, comme la reine de Saba ou Shéhérazade, me sont chers, mais il est un mythe celtique du Moyen Âge qui contient tout pour moi, c’est celui de Mélusine.

Il y est question de l’amour et de son lien au mystère, au secret, à la dignité, à la solitude. C’est l’un des rares mythes qui évoquent l’histoire conjugale. En effet, le mythe s’intéresse à la quête de soi, non aux formes sociales et temporelles.

Ainsi, une fois le héros réalisé, libre à lui d’être ermite, marié ou en communauté. De même, les notions de maternité et de paternité sont rarement évoquées. La femme-fée Mélusine illumine l’existence de son époux, Raymond de Lusignan. Elle lui a promis de le rendre heureux et prospère, riche et respecté de tous, mais le mariage repose sur un pacte : elle demande une journée pour elle seule, le samedi. Cette condition est judicieuse : l’amour n’est ni la confusion ni la promiscuité, et la vie conjugale doit respecter, et même révérer, le secret et la solitude de chacun des époux. Notre époque se déroule sous le signe de la collectivité, mais l’aventure de conscience, de la quête spirituelle, ne peut se vivre que sous le signe de la singularité.

Un jour, assailli par le doute, le seigneur Raymond de Lusignan rompt l’interdit du samedi et cherche à surprendre le secret de Mélusine. Un peu plus tard, il tiendra des propos insultants à son égard. Mélusine, qui veillait sur cette distance d’étrangeté, d’émerveillement entre eux, va déployer ses ailes et quitter Raymond pour toujours. Leurs adieux, inépuisables, me font toujours monter les larmes aux yeux. Ils ne se combattent pas l’un l’autre ni ne se déprécient, comme on a tendance à le faire lors d’une séparation, mais, au contraire, ils se chantent et se remercient pour tout ce qu’ils se sont apportés l’un à l’autre. Les êtres nobles se séparent sans renier l’amour, ils se quittent mais l’amour ne les quitte pas...

Je me demande : si certains personnages des mythes se haussent à ce niveau de relation, pourquoi nous, au XXIe siècle, n’en sommes-nous pas capables ? La réponse est terrible : nous n’en avons pas envie ! La perfection, le perfectionnement nous effraient. Au début du XVIIe siècle, John Done, le grand poète métaphysicien anglais, s’interrogeait : “Pourquoi ne meurt-on plus d’amour ?” C’est la question que je me pose.

Nous sommes mendiants de l’amour et en même temps, nous sommes si avares de signes de tendresse, de gestes affectueux. L’amour ne paraît plus essentiel aux mortels. C’est peut-être pour cela qu’ils restent mortels !

Jacqueline Kelen. http://www.cles.com

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"Divine blessure" Jacqueline Kelen

9 Juin 2012, 02:33am

Publié par Father Greg

On connaît sa plume -elle a publié une trentaine d’ouvrages -, on ne connaît pas la femme. Le dernier livre de Jacqueline Kelen,"Divine Blessure", donne le prétexte pour passer de l’autre côté du rideau. Quelle femme se cache derrière cette “guerrière de l’absolu” ?

divine-blessure---kelen.jpgNouvelles Clés : Quelle petite fille étiez-vous ?

Jacqueline Kelen : Je me retourne rarement sur le passé. Je n’ai, en particulier, aucune nostalgie ni de mon enfance ni de mon adolescence. Pour moi, l’existence commence à être intéressante à partir de trente ans. Avant, tout n’est qu’imitation et balbutiement. Je n’ai pas non plus l’esprit de famille, les liens du sang m’importent peu. Dès l’enfance, je me sentais une ascendance non terrestre, beaucoup plus précieuse. Mes parents me confortaient en disant : “cette petite ne nous ressemble pas, ce n’est pas nous qui l’avons faite” ! (Rires). J’étais une enfant solitaire et heureuse de l’être. Je lisais énormément. J’annotais et commentais mes Babar ! Il me semblait que j’avais déjà mille ans, que je venais de bien plus loin que du jour de ma naissance. Cette sensation m’étonnait. Je suis également née avec la grâce de la foi, cette confiance totale dans la bonté de Dieu. Par chance, la religion ne me l’a pas fait perdre et, malgré de nombreuses épreuves, je n’ai jamais douté de cet amour total venant de la divinité. J’avais une passion pour l’étude. C’est, du reste, le génie de la tradition hébraïque : les juifs interrogent inlassablement les textes, les commentant, car il en va de la liberté humaine. Il me semble que les catholiques devraient étudier et se cultiver davantage, au lieu de répéter des formules et de se contenter des réponses du catéchisme.

N. C. : Quelles relations aviez-vous avec vos semblables ?

J. K. : Grâce aux livres, j’ai très vite rencontré des personnages immenses comme Ulysse et Don Quichotte, des auteurs d’envergure tels Platon, Chrétien de Troyes, Dante ou Giordano Bruno. Je me suis dit : “Ma famille, ce sont les artistes et les philosophes, les grandes amoureuses, les personnages héroïques.” Ce sont eux mes contemporains. Mais cela a créé une coupure irréversible : je me sens souvent éloignée des gens de notre époque. Adolescente, en regardant les humains marcher dans la rue, je me faisais cette réflexion étrange : “Il y a peu d’êtres vivants”... Pour ma part, je vivais avec le Christ, mais aussi avec les chats, les fleurs, les rêves, les poètes. Je me suis très tôt sentie oiseau de passage, exilée en ce monde.

N. C. : Comment et quand est née votre attirance pour les mythes ?

J. K. : J’ai suivi une formation de lettres classiques qui m’a permis de rencontrer très tôt les mythes fondateurs de l’Occident. Mais le chemin s’est fait progressivement et l’étude des mythes s’est accompagnée de la lecture incessante et passionnée des mystiques - égyptiens, tibétains, chrétiens, soufis ou juifs,... Tous me nourrissaient et m’éblouissaient. Tous parlaient d’une même saveur de Dieu et convergeaient au sommet. J’étais attirée par cette pointe de la pyramide. Le langage des sages et des mystiques est universel dans sa diversité, contrairement au langage unique de la mondialisation qui réduit et appauvrit. À leur façon, les mythes sont inépuisables, éternellement jeunes, parce qu’ils sont reliés à la Source. Il en va ainsi de toute parole prophétique.

N. C. : Quels sont les premiers mythes que vous ayez rencontrés personnellement ?

J. K. : Je ne me destinais pas à l’écriture mais à l’enseignement. La vie en a décidé autrement. Deux sujets se sont imposés à moi, en songe : Salomé et Marie Madeleine. Je fus d’abord fascinée par les récits de David face à Goliath, de Judith et Holopherne ou encore de Salomé avec Jean Baptiste. Ce thème de la décapitation m’intriguait et me troublait, j’ai mis quelque temps avant de comprendre qu’il s’agissait d’un rituel d’initiation, avec passage du seuil, soumission du mental, coupure irréversible... En travaillant sur ce sujet, je me suis retrouvée en plein mythe du Graal ainsi que dans la littérature alchimique : la tête coupée, caput mortuum (ou tête de corbeau), désigne en effet l’Œuvre au noir, première phase de l’œuvre alchimique... Pour me libérer de ces images, pour les éclairer aussi, je me suis mise à écrire, bien que ce projet soit resté inachevé.

N. C. : Vous avez écrit une trentaine d’ouvrages, dont certains sont traduits jusqu’au Japon ou en Corée. La femme, son mystère et sa vocation reviennent toujours...

J. K. : Mon second rendez-vous personnel avec les mythes s’est fait à travers le personnage de Marie Madeleine. Élevée dans la religion catholique, on me l’avait présentée comme une prostituée et une pécheresse repentie. Or, les poètes et les peintres la montraient comme une reine... Je ne comprenais pas où avait eu lieu la scission et j’ai cherché du côté des Évangiles apocryphes, très difficiles à trouver à l’époque, car interdits par l’Église de Rome. Dans ces lectures, j’ai rencontré une femme de lumière, éveilleuse, une femme qui avait part à la Connaissance spirituelle.

Dans les Évangiles officiels, Marie de Magdala garde le silence, mais dans les Évangiles secrets, elle transmet une parole prophétique, c’est-à-dire impérissable, toujours verdoyante, une parole qui fait danser les montagnes... Alors jeune éditeur, Marc de Smedt a eu un véritable coup de cœur pour mon manuscrit et l’a publié en 1982. Je lui en garde une immense gratitude. Marie Madeleine a le rôle difficile, sans cesse contesté, d’éveiller le cœur de l’homme et c’est, pour moi, la nature profonde de la femme. Inlassablement, celle-ci doit parler et témoigner dans sa chair de l’amour. De cet amour qui se rit du temps et de la dégradation, qui est connaissance et ouverture à l’infini.

Entretiens avec Jacqueline Kelen.

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L'amour d'amitié (VII)

8 Juin 2012, 02:49am

Publié par Father Greg

Quand l'homme est entièrement absorbé par l'homo fàber et qu'il ne ressent plus que l'exigence de l'efficacité, très vite la source de son amour se tarit. L'efficacité se substitue alors à la fécondité. La personne humaine n'est plus regardée que comme une matière capable d'être transformée, ou un outil dont on se sert: il n'y a plus aucun respect de la personne humaine. N'est-ce pas le danger numéro un de notre monde d’aujourd’hui’? La philosophie de Sartre et celle de Marx n'illustrent-elles pas ce primat de l'activité artistique, de deux manières totalement différentes et qui sont peut-être même deux extrêmes (mais comme deux contraires à l'intérieur d'un même genre)?

Si l'inverse (le primat exclusif de l'activité morale) est aujourd'hui très rare, il a pu arriver: c'est l'homme moral qui absorbe l'homo faher (une certaine dégradation de la morale chrétienne a pu engendrer de telles attitudes!). La finalité s'impose avec une force telle qu'elle veut rejeter tout problème d'efficacité: L’amour d'amitié suffit! Du point de vue de la vie humaine, il y a certes là quelque chose d'anormal; mais c'est moins monstrueux que l'exaltation exclusive de l'efficacité, car le respect de l'autre n'est pas détruit. La philosophie d'un Gabriel Marcel n'est-elle pas une illustration de cette tendance? Ses essais de dramaturge le confirment bien...

Avant de considérer la troisième expérience, celle de la coopération, notons que ces deux activités humaines, L’activité artistique et l'activité morale, qui se développent dans un certain devenir, ont l'une et l'autre leur propre fruit immanent, qui vient de l'intérieur qualifier, ennoblir l'homo faber ou l'homo amicus, leur permettant d'exercer leur activité propre avec plus de noblesse, de facilité, de rapidité. Ces fruits immanents s'enracinent très profondément dans nos puissances vitales, notre intelligence pratique, notre volonté et jusqu'à nos puissances sensibles. C'est ce qu'on a appelé les hahitus d'art et de vertu.

II y a là un fait qu'on ne peut nier: c'est en forgeant qu'on devient forgeron, c'est en dansant qu'on devient danseur. C'est par l'exercice même du travail que ces dispositions, ces déterminations vont naître en nous et croître lentement. Nous deviendrons par là ouvrier qualifié, maître forgeron...

 

MDP, Lettre à un ami.

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L'amour d'amitié (VI)

7 Juin 2012, 02:48am

Publié par Father Greg

 

 

auguste-renoir-bal-a-bougival.jpgSans vouloir développer ici ce parallélisme, suggérons-le cependant en quelques mots. Si toute l'activité morale commence par l'amour et se noue dans l'intention, L’activité artistique commence par la connaissance—L’expérience sensible et une certaine contemplation artistique —pour rebondir, se renouveler totalement et se nouer dans l'inspiration. On peut dire que l'intention est à la vie morale ce que l'inspiration (source de toutprojet) est à la vie artistique.

L'intention morale exige la phase de conseil, que réclame le choix, L’élection. Dans l'activité artistique, la phase de conseil n'est pas exigée; il n'y a que le choix créateur, qui s'impose: c'est le passage du possible au nécessaire, tandis que dans l'activité morale le choix demeure dans le contingent.

 

Le choix moral est suivi du commandement (L’imperium) à l'égard de l'exécution: la mise en œuvre, L’exercice de nos diverses puissances vitales sensibles et spirituelles. Si par là nous atteignons notre bien personnel, nous nous y reposons dans la joie. Dans l'activité artistique, le choix est suivi du travail, qui s'achève dans la réalisation de l’œuvre. On ne peut s’arrêter que lorsque l'{œuvre est terminée. Cette réalisation demande d'être constamment contrôlée par un jugement critique. Elle réclame en effet une autolucidité, pour vérifier si ce qui est exécuté correspond bien au projet initial. Car le travail, par lui-même et en lui-même, a une certaine opacité, L’opacité même de la matière; c'est pourquoi il réclame cette réflexion critique, qui n'existe pas dans le développement de l'exécution au niveau moral: L’acte de commandement initial suffit, car il est lui-même un acte d'intelligence pratique.

Le développement de ces deux activités forme la trame la plus immédiate de nos diverses activités humaines. Cependant en chacun d'entre nous, ordinairement, L’un de ces développements est plus explicite, plus actuel que l'autre, ce qui nous donne une attitude plus sensibilisée soit à l'efficacité immédiate, soit à la finalité. II faut en avoir conscience pour le comprendre chez les autres et pour se rectifier soi-même. N'estce pas précisément cela, se prendre en charge, assumer intelligemment ses diverses énergies, les ordonner? Car si le développement de l'une de ces activités en arrivait à l'emporter exclusivement au détriment de l'autre, il y aurait un complet déséquilibre de la vie humaine, quelque chose de monstrueux.


MDP, Lettre à un ami.

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L'amour d'amitié (V)

6 Juin 2012, 02:45am

Publié par Father Greg

 

 

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Dès que nous sommes décidés à poursuivre cette fin, à faire que la personne aimée soit l'ami, nous cherchons alors les moyens capables de nous permettre d'atteindre la fin voulue. Nous réfléchissons aux diverses possibilités, à tout ce qui pourrait nous venir en aide. II est bon alors de demander conseil à ceux qui ont plus d'expérience que nous, que nous connaissons bien et qui nous aiment. Nous pouvons par là augmenter notre information. II nous faut ensuite choisir, parmi les divers moyens découverts, celui qui est le plus apte à nous faire atteindre la fin désirée, voulue. Ce choix demeure libre, car les moyens ne s'imposent jamais d'une manière nécessaire. Ils sont souvent relatifs d'une double manière: en fonction de leur plus ou moins grande proximité à l'égard de la fin voulue et de leur plus ou moins grande proximité à l'égard de nos capacités. Nous pourrons toujours choisir le moyen qui est le plus proche de nous, celui qui nous est le plus adapté, ou choisir le moyen le plus efficace en vue d'atteindre la fin poursuivie. II peut se faire, évidemment, que dans certains cas un seul moyen se présente à nous et que, du fait même qu'il s'impose ainsi à nous, nous ne puissions plus le choisir librement.

Ce choix fait, il faut passer à l'exécution; et pour cela, il faut se commander à soi-même: «Fais ceci». II est temps, c'est le moment favorable. On se jette alors à l'eau, et on le fait le mieux possible, avec le plus d'application et d'ardeur possible.


MDP, Lettre à un ami.

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L'amour d'amitié (IV)

5 Juin 2012, 02:44am

Publié par Father Greg

Dès qu'on réfléchit sur cette expérience de l'amour d'amitié, on découvre les exigences propres de l'activité humaine, de l'activité morale. Cela se comprend très bien, puisque l'activité morale ne peut éclore que dans une relation personnelle et dans une responsabilité. Or c'est dans l'amour d'amitié que la relation personnelle et la responsabilité sont le plus parfaites et le plus conscientes. C'est donc bien là que l'on peut découvrir pleinement ce qu'est l'activité morale et quelles sont ses exigences propres. On peut donc préciser que l'activité éthique, à la différence de l'activité artistique, implique à sa naissance l'amour spirituel d'un bien personnel; tant qu'il n'y a pas cet amour spirituel, il ne peut y avoir d'activité morale.

Ce premier amour spirituel, cette inclination profonde de notre volonté attirée vers le bien, vers une personne humaine qui est notre bien spirituel, demeure quelque chose de très enfoui; quelque chose de capital certes, mais qui demande de s'expliciter et de se préciser. C'est comme le «duvet» de notre volonté, ce qui maintient la chaleur intérieure de notre cœur, mais qui demeure très caché, au-delà de notre conscience psychologique.

Ce premier amour spirituel demande de se déterminer dans une intention morale. Le bien personnel aimé devient alors notre fin: nous tendons vers elle pour l'atteindre et nous unir à elle, car nous savons que nous ne la possédons pas encore. Nous l'aimons, nous lui sommes unis affectivement, mais nous demeurons loin. C'est vraiment la fin que nous poursuivons: nous cherchons à faire que cette personne aimée soit notre ami.

II est très important de bien saisir le lien entre le bien connu qui suscite l'amour et la fin qui détermine notre intention. Le bien seul peut être une véritable fin, mais tout bien n'est pas fin. Pour qu'il puisse jouer auprès de nous le rôle de fin éveillant en nous une intention, il faut que ce bien soit capable d'être un principe polarisant toute une série d'autres biens secondaires qu'il relativise et ordonne. C'est à partir de l'amour de ce bien que va naître en nous l'intention regardant ce bien comme fin, comme principe d'ordre à l'égard de quantité d'autres biens. On sait l'importance de l'intention dans notre vie morale. Tant qu'il n'y a pas de véritable intention de vie, on demeure un être errant qui est capable de toutes les distractions, car il n'y a en lui aucun ordre. L'amour spirituel ne suffit donc pas. II faut qu'il s'organise et se fortifie; car s'il ne s'organise pas du dedans, il se transformera facilement en velléité, à cause de l'imagination. Si l'amour spirituel n'est pas fortifié, ordonné par l'intelligence qui saisit dans le bien personnel notre fin, principe d'ordre pour toutes nos activités, cet amour spirituel se dégradera, perdra sa noblesse et ne sera plus qu'un appel velléitaire.


MDP, Lettre à un ami.

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L'amour d'amitié (III)

4 Juin 2012, 02:41am

Publié par Father Greg

 

 

auguste-macke-famille-pres-du-lac.jpgL'amour d'amitié est donc ce qui incline l'ami vers son ami, ce qui lui permet de se dépasser lui-même pour être tout entier tendu vers l'autre, son bien. L'amour est ek-statique, il fait sortir de soi pour être tout ordonné vers le bien qui attire, qui finalise. Évidemment, cette extase ne se réalise pas au niveau métaphysique, substantiel; elle se réalise au niveau d'une opération vitale, selon un mode intentionnel.

Si l'amour est extatique, il implique en même temps une capacité d'accueil. Car l'ami, s'il est tout entier tendu vers son ami, est en même temps tout accueil pour lui, et il le reçoit au plus intime de son cœur. Quand on aime, si l'on est tout entier «vers» celui qu'on aime, celui qu'on aime est également au plus intime de celui qui l'aime. L'extase implique une nouvelle intériorité, une nouvelle capacité de porter celui qu'on aime.

En ce sens on peut dire aussi que l'amour donne un élan et une force indomptables. Celui qui aime ne sent plus sa fatigue, car il en est victorieux. Mais en même temps il est beaucoup plus vulnérable et beaucoup plus capable de pâtir, il sent avec plus d'acuité sa fragilité. On voit bien que l'intelligence et le langage humain ne peuvent dire vraiment ce qu'est l'amour, car celui-ci ne se laisse pas analyser; la seule chose qu'on puisse dire, c'est que l'amour est tout relatif au bien connu et qu'il nous unit à lui.

L'amour d'amitié, qui porte sur l'ami, se réalise dans un choix mutuel. Les amis se choisissent comme amis, et ils se choisissent dans un choix de préférence qui réclame que, de part et d'autre, on soit conscient. II faut que les deux sachent ce choix et y consentent librement; sinon ce ne serait plus un choix d'amour.

En s'aimant et en se choisissant dans leur amour, les amis ont l’intention de s'aimer de plus en plus. En effet, il n'y a pas de limites dans l'amour d'amitié, car nous aimons un bien spirituel qui nous attire, et ce bien spirituel est une personne humaine qui est un certain absolu, qui possède quelque chose d'infini. Cette intention de s'aimer de plus en plus permet qu'entre les amis il y ait une identité de vouloirs. Et pour que cette identité de vouloirs puisse être toujours plus parfaite, L’amour d'amitié réclame une vie commune et la réalisation d'une œuvre commune. Autrement, il risque de perdre son réalisme, de s'idéaliser.


MDP, Lettre à un ami.

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L'amour d'amitié (II)

3 Juin 2012, 02:37am

Publié par Father Greg

 

 

 

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Cet amour spirituel personnel n'exclut pas les autres amours: il tend à les assumer, car l'ami peut être aimé sensiblement, instinctivement, et il peut même susciter une sorte de halo imaginaire, surtout si, après la présence, L’ami est absent. L'absence, en effet, favorise le développe­ment de l'imagination, qui idéalise facilement celui qu'on aime: on le porte aux nues, personne ne peut lui être semblable, il est l'unique! Si ces divers amours inférieurs s'accroissent trop violemment et exclusivement, ils peuvent devenir rivaux de l'amour spirituel et même I 'étouffer.

Cette diversité d'amours doit nous aider à saisir ce qu'est l'amour; car tous, de manières diverses, sont «amour». Tous portent sur un bien connu ou du moins estimé tel (sauf l'amour instinctif qui, lui, n'a pas besoin de connaissance antérieure: L’instinct suffit). C'est précisé­ment ce bien connu qui suscite en nous tel ou tel amour, un amour passionnel s'il s'agit d'un bien connu par la sensation, un amour imagi­natif s'il s'agit d'un bien atteint par l'imagination, un amour spirituel s'il s'agit d'un bien révélé par l'intelligence.

Mais si c'est la diversité de nos connaissances qui détermine la diversi­té de nos amours, devra-t-on dire que c'est la connaissance même du bien qui spécifie notre amour? On serait tenté de le dire, mais ce n'est pas exact, car en réalité c'est le bien connu qui spécifie vraiment notre amour; ce que nous aimons, c’est le bien et non la connaissance que nous en avons. La connaissance que nous en avons est une condition nécessaire à l’éclosion de notre amour, mais c'est le bien lui-même qui est source de l'amour, qui le suscite en attirant l'autre vers lui. On voit cela très nettement dans l'amour personnel d'amitié. L'ami, par sa bonté personnelle, attire à lui son ami en suscitant en lui un amour; par là, son ami lui sera uni en se connaturalisant à lui.


L'ami aime son ami pour lui-même, et non pas à cause de ses qualités. Certes, celles-ci ont pu être l'occasion de leur amour mutuel, mais ce n'est pas elles qui spécifient leur amour. L'amour est déterminé immédiatement par l'ami en sa bonté personnelle, et celle-ci est ce qu'est substantiellement l'ami, impliquant ses qualités propres et son amour actuel pour son ami, car cet amour le finalise et lui donne sa véritable bonté ultime. C'est l'ami, en sa bonté personnelle, qui est aimé pour lui-même comme ami.


MDP, Lettre à un ami.

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L'amour d'amitié

2 Juin 2012, 02:34am

Publié par Father Greg

 

 

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Si important qu'il soit dans la vie humaine, le travail n'est pas la seule expérience de l'homme. II y a une autre expérience capitale: celle de l'amour d'amitié, qui permet à l'homme de découvrir non plus la matière, mais l'homme lui-même, celui qui lui est semblable, celui qu'il peut regarder et aimer comme un autre lui-même — ou, au contraire, celui qui peut devenir le rival et même l'ennemi.


L'expérience de l'amour d'amitié me révèle ce qu'est l'ami, celui qui est pour moi mon bien personnel, celui qui est capable de me perfection­ner, de m'achever, de me révéler à moi-même qui je suis parce qu'il est mon ami, qu'il m'aime et que je suis aussi pour lui son bien person­nel.


Cette expérience n'est pas au sens propre une expérience intérieure, et elle n'est pas non plus une expérience impliquant l'alliance avec les sens externes. Cette expérience n'a-t-elle pas pour caractéristique d'impliquer ces deux types d'expérience: interne et externe? Car l'expé­rience de l'amour d'amitié n'est pas seulement l'expérience de mon amour pour quelqu'un; elle est aussi l'expérience de l'ami. Expérimen­ter que j'aime est une expérience intérieure: j'ai conscience d'aimer; mais l'expérience de l'ami (expérimenter que l'autre m'aime) exige aussi l'expérience externe. L'expérience de l'ami implique en effet la conscience que j'ai d'aimer, mais elle ne s'arrête pas à cette conscience, elle va plus loin, elle atteint l'autre qui m'aime, ce qui exige un jugement d'existence.


Cette expérience de mon amour d'amitié pour celui qui m'aime sus­cite en moi un étonnement, une admiration. C'est merveilleux d'aimer et d'être aimé précisément par quelqu'un que j'aime, par quelqu'un qui suscite en moi un amour, car il est vraiment mon bien, il est celui qui est capable de m'apporter un épanouissement personnel.


Je peux évidemment décrire cet amour, me contenter de décrire ce qu'il m'apporte, ce qu'il suscite en moi, décrire la manière dont il m'épanouit; mais je puis aussi aller plus loin et me poser la question: qu'est-ce que cet amour? Qu'est-ce que l'amour?


Pour répondre à cette question, je reviens à l'expérience que j'ai de cet amour d'amitié; car seule cette expérience peut me permettre de savoir ce qu'est l'amour au sens le plus fort, le plus intime, le plus personnel. En effet, je saisis tout de suite qu'il y a en moi diverses manières d'aimer. II y a un amour sensible, passionnel, qui porte sur le bien sensible immédiat: j'aime le bon vin, j'aime regarder tel paysa­ge... II y a un amour instinctif: quand j'ai soif, j'aime boire. Nous sommes là en présence d'un besoin biologique qui nous porte impérati­vement et aveuglément vers ce qui peut apaiser ce besoin, vers ce qui, une fois possédé, épanouit le vivant dans une certaine jouissance. Sou­vent ce besoin biologique, cet appétit instinctif, est lié à un amour passionnel, car il a éveillé en nous un appétit sensible (dont normale­ment nous avons conscience)... II y a aussi un amour imaginatif, «ro­mantique», qui nous oriente vers une sorte d'idéal que nous avons forgé en nous. Enfin il y a l'éveil, en nous, d'un amour volontaire, spirituel, portant sur un bien spirituel, personnel. Cet amour spirituel s'éveille en nous dans un désir; et si ce bien personnel est un ami qui nous aime, ce désir, grâce à cet amour réciproque, s'épanouit en un amour plus profond.


MDP, lettre à un ami.

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un président 'normal'...?

1 Juin 2012, 01:54am

Publié par Father Greg

 

 Normal, notre président ? 

DAVID_Jacques_Louis_Napoleon_in_his_Study.jpg« L’idée d’un homme normal est un mythe semblable au mythe nazi » affirmait Merleau-Ponty. La question de la normalité est restée jusqu’à présent à l’écart des débats présidentiels. Mais puisque le sujet est à la mode, qu’on me permette d’en souligner les risques. Les professionnels de la santé mentale font preuve d’une grande prudence vis à vis de cette notion – qu’ils évitent, soit dit en passant, d’aborder dans les manuels. Mieux vaut laisser planer un doute et donner à chacun la liberté de créer ses propres normes plutôt que de fixer arbitrairement les critères d’une « normalité » contraignante. Au fond, n’est-ce pas s’interrogeant sur soi-même et sur ses propres normes que l’on a le plus de chance d’être « normal » ? Qui, d’ailleurs, se sent vraiment normal ? Lorsque j’ai posé cette question à un amphithéâtre d’une centaine d’étudiants, seuls trois doigts se sont levés

La normalité est aussi insaisissable que le mouvement de la vie. Tout organisme vit en créant un milieu qui lui convient : du simple protozoaire à l’être humain, la vie se manifeste comme cette aptitude à transformer son monde de façon créative pour parvenir à y survivre et s’y développer. Cela suppose d’échapper aux normes imposées par le milieu – d’être ainsi, en quelque sorte, « anormal », c’est à dire capable d’élaborer ses propres normes. C’est pourquoi celui qui croit détenir la normalité est dangereux. Il risque d’imposer sans recul critique sa conception personnelle de la norme. D’où la mise en garde de Merleau-Ponty.

En pratique, la définition du normal dans le domaine de la psychologie se décline selon plusieurs axes, aucun d’entre eux ne donnant satisfaction. On est normal parce qu’ordinaire, commun, usuel : c’est la définition statistique qui ramène la normalité à la moyenne au risque de la médiocrité. On peut aussi être normal par rapport à un fonctionnement psychique optimum : gare en ce cas à l’idéalisation. Freud lui-même signalait le danger de vouloir à tout prix faire un enfant « normal ». On peut enfin être normal parce qu’on n’est pas fou : reste alors à définir la folie. Les batailles d’experts autour des tribunaux démontrent combien ce point, quand il n’est pas flagrant, demeure sujet à caution.


Nul doute que si l’on fait aujourd’hui de la normalité une vertu, c’est parce qu’on y voit le contraire d’une certaine folie. Le monde est devenu fou : il a perdu ses règles d’autrefois, il est « déréglé ». Malheureusement, face à ce dérèglement, rien de pire que le repli sur une prétendue normalité protectrice. C’est précisément le moment où il faut inventer de nouvelles normes, prendre le risque de l’anormalité. Car être normal, au fond, c’est ne pas avoir peur de l’anormal : c’est être capable d’affronter la folie en gardant confiance dans ses ressources. C’est ne pas craindre d’être un peu fou.


Quelque soit son président, la France devrait vite retrouver le goût de cette normalité-là, celle qui se nourrit du mouvement et du changement, sans se laisser griser par le sourire bienveillant d’un chef. Un bon sourire n’est pas synonyme de normalité mais d’heureuse adaptation sociale. Et quelques tics ne sont pas davantage synonymes de folie. Peut-on d’ailleurs être « normal » quand on veut être président ? Au sens statistique du terme, la réponse est clairement négative : qu’on nous préserve d’un chef ordinaire, surtout par temps de crise !

Jean-Paul Mialet est psychiatre.

www.atlantico.fr

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Mon Dieu, je ne Vous aime pas...

30 Mai 2012, 02:03am

Publié par Father Greg

 

 

 

images (30)Mon Dieu, je ne Vous aime pas, je ne le désire même pas, je m'ennuie avec Vous.

Peut-être même que je ne crois pas en Vous.
Mais regardez-moi en passant.
Abritez-vous un moment dans mon âme,

mettez-la en ordre d'un souffle, sans en avoir l'air, sans rien me dire.
Si Vous avez envie que je croie en Vous, apportez-moi la foi.

Si Vous avez envie que je Vous aime, apportez-moi l'amour.

Moi, je n'en ai pas et je n'y peux rien.

 Je Vous donne ce que j'ai : ma faiblesse, ma douleur.

Et cette tendresse qui me tourmente et que Vous voyez bien...

Et ce désespoir...

Et cette honte affolée...
Mon mal, rien que mon mal...
C'est tout !
Et mon espérance !

 

Marie Noël 

 

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Si l’homme regarde à l’apparence, le Seigneur regarde au cœur (II)

29 Mai 2012, 03:32am

Publié par Father Greg

 

 

David_Jacques_Louis_Portrait_of_a_young_Woman_in_a_Turban.jpgCet exercice de lucidité sur soi-même, cet « examen de conscience », est la porte d’entrée dans la vie spirituelle. Il nous faut, répète sainte Catherine de Sienne, demeurer dans la cellule intérieure de la connaissance de soi. Mais c’est un exercice dangereux. Il y a en effet une bonne lucidité et une mauvaise lucidité. On les distingue à leurs fruits.


La mauvaise lucidité nourrit le découragement. C’est une lumière froide, dure, tranchante comme un rasoir. Elle conduit à se mépriser, à se dénigrer, parce qu’en réalité elle s’accompagne d’un orgueil secret. Je regrette non pas tant le mal que je commets que le fait de ne pas correspondre à la belle image que je voudrais donner de moi, tant aux autres qu’à moi-même. C’est la lucidité, diabolique, de Judas. Judas, dit l’Évangile, ayant trahi Jésus, est pris de remords, mais il ne se convertit pas pour autant. Son remords est stérile parce qu’il n’est qu’une blessure d’amour-propre. Il ne supporte plus la triste image de soi que lui renvoie sa conscience. Alors il se détruit.


Rien de tel pour la lucidité qui vient du Christ. Elle est toute douceur et elle conduit à la vie. Car elle ne révèle la misère qu’à la lumière de la miséricorde. Elle ne dévoile le mal qu’en proportion du pardon déjà offert. Dans la cour du grand-prêtre, Pierre a trahi Jésus, comme Judas. « Un coq chanta, dit l’Évangile, et le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre ». Un regard de vérité mais plus encore un regard de miséricorde. Alors, « Pierre pleura amèrement » (Lc 22, 61-62). Pleurs de honte sans doute, mais aussi pleurs de joie, car il a compris à travers ce regard jusqu’où va la miséricorde du Christ.


Bref, pour y voir clair, aussi bien autour de moi qu’en moi, il faut que sur moi, en moi, brille la lumière du Christ. Mais encore faut-il que j’ai un œil en bonne santé. Un œil sain. Un œil qui capte bien la lumière. Cet œil intérieur, cet œil que le Christ a ouvert en moi au jour de mon baptême, c’est, bien entendu, la foi. Mais c’est aussi l’intention profonde de mon cœur. En effet, l’œil, c’est ce qui prend la visée, ce qui fixe l’objectif. Or sur quoi est-ce que je fixe mon regard intérieur ? Qu’est-ce que je veux au fond, qu’est-ce que je cherche ? Est-ce vraiment Jésus qui est dans ma ligne de mire ? Ou bien mon regard vagabonde-t-il de-ci de-là sans jamais se poser vraiment ? Quand est-ce que je me déciderai enfin à rien préférer à l’amour du Christ et à agir en conséquence ?

 

« La lampe du corps, dit quelque part Jésus, c’est l’œil. » Et le corps désigne ici toute la personne. « Si donc ton œil est sain, ton corps tout entier sera lumineux ». Comprenons : si ton intention profonde – l’œil – est fixée sur la vraie lumière qu’est le Christ, si tu agis en fonction de cette lumière, alors tout ton comportement s’illumine, tu deviens fils de la lumière. « Mais si ton œil est malade », si tu souffres par exemple de strabisme, c’est-à-dire si tu prétends servir deux maîtres à la fois, alors « ton corps tout entier sera ténébreux » (Mt 6, 22-23). Ta vie n’a plus d’unité, plus de sens. « Sans savoir, sans comprendre, tu vas dans la ténèbre » (Ps 81, 5). Alors, Seigneur, je t’en supplie, attire-moi à toi, recentre-moi sur toi, « rassemble mon cœur pour qu’il te craigne » (Ps 85, 11) et ainsi « fais que je voie » (Mc 10, 51).

Serge-Thomas Bonino , Homélie.

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Si l’homme regarde à l’apparence, le Seigneur regarde au cœur

28 Mai 2012, 02:25am

Publié par Father Greg

 

" Mon Dieu, éclaire ma ténèbre " ps 17

 

Bruegel-Thetriumphofdeath.jpg«

  Celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va », dit Jésus (Jn 12, 35). Mais qui chemine en plein jour, qui marche dans la lumière, celui-là sait où il est, sait où il va, et il y va résolument, sans trébucher. Voilà pourquoi, dans l’Ancien Testament, le peuple juif ne cessait de remercier Dieu pour le don de la Loi, pour la Parole de Dieu, car, dit le psaume, « ta parole est une lampe sur mes pas, une lumière sur ma route » (Ps 118, 105). Elle indique le chemin, comme cette colonne, nuée le jour et lumière la nuit, qui dirigeait le peuple dans ses pérégrinations (Ex 13).

 

Cette Parole, cette Lumière, s’est faite chair. Elle a habitée parmi nous. « Le Verbe, qui était la lumière véritable » (Jn 1, 9), s’est adapté à la faiblesse de notre regard. Il a voilé sa splendeur éblouissante. Il l’a tamisée en prenant notre chair. Dès lors, en écoutant le Christ, en regardant le Christ, en imitant le Christ, nous comprenons mieux qui est Dieu, qui nous sommes et ce que Dieu attend de nous. Nous savons où aller et nous savons comment y aller. Par son enseignement et par ses exemples, le Christ, notre Lumière, nous fait voir toutes choses sous leur vrai jour. Il éclaire les événements de notre vie. Il leur donne un sens.

 

Mais il ne suffit pas de braquer le projecteur sur l’extérieur. Encore faut-il que la lumière du Christ se fraye un chemin jusque dans nos ténèbres intérieures pour y apporter sa vérité et sa paix. Car, dit le prophète Jérémie, « le cœur de l’homme est rusé plus que tout, et pervers, qui peut le pénétrer ? » (Jr 17, 9). Oui, mon cœur est compliqué. Ses plis et ses replis, ses intentions et ses réactions, sont une énigme non seulement pour les autres mais d’abord pour moi-même. Voilà pourquoi, spécialement en ce temps de Carême, il est bon de saisir la lampe qu’est le Christ et de descendre hardiment dans ce monde souterrain. J’y croiserai sans doute quelques jolis monstres des profondeurs – jalousie, rancune recuite ou orgueil -, mais ce sont des monstres « photophobes », des monstres qui craignent la lumière, des monstres qui reculent devant la lumière. J’y discernerai les racines du mal, bien implantées en moi et toujours fécondes, mais aussi les semences de vie déposées par le Christ.

 

 

Qu’il est difficile, mes amis, de démêler le bon grain et l’ivraie dans les mouvements de son propre cœur ! Parfois un acte a toutes les apparences d’une belle action et pourtant il est vicié de l’intérieur par l’orgueil ou le désir de paraître. Parfois une action maladroite, qui fait qu’on me soupçonne des plus noirs desseins, partait d’une excellente intention. Oui, le cœur de l’homme est compliqué et Dieu seul peut m’éclairer sur moi-même. Car « si l’homme regarde à l’apparence, le Seigneur regarde au cœur » (1 Sam 16, 7).

 

Serge-Thomas Bonino , Homélie.

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L'Esprit Saint, le père des pauvres...

27 Mai 2012, 02:35am

Publié par Father Greg

« Il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. »

 

The_Burning_of_the_Houses_of_Parliament_Three_1834.jpgLe don de l’Esprit-Saint c’est le sommet de l’incarnation, ce pour quoi Jésus nous est donné en réponse à la faute originelle. Le Salut c’est quelqu’un, donné personnellement, sans condition, un don qui va jusqu’au bout. Et l’Esprit Saint, c’est, en Dieu, ce qu’il y a de plus secret, de plus intime et… c’est pour nous ! Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus difficile à recevoir ; parce que c’est l’amour dans toute sa pureté, dans toute sa force, sans mélange, et donc c’est ce qui nous appauvris et nous déstabilise le plus !

 

Le peuple élu a buté sur l’incarnation : « Dieu fait homme pour que l’homme, quel qu’il soit, soit divinisé, au-delà de sa conscience » Quelle folie !! Les apôtres ont buté sur le mystère de la Croix : scandale pour l’intelligence, folie pour les peuples païens ! Or la Pentecôte, c’est, presque de la ‘démence’, une folie qui est de trop, sur laquelle on bute ! Un don dans lequel on ne peut entrer par nous-mêmes tellement ce n’est pas dans le prolongement de notre nature !

 

Pourquoi ? Parce que Noël c’est Dieu qui s’adapte à nous, qui se fait l’un de nous. La Croix, c’est Dieu qui vient nous crier son amour, nous dire que nous sommes tout pour lui. Alors que le don de l’Esprit Saint c’est Dieu qui nous adapte à Lui : Dieu qui vient nous mettre à son rythme, à sa taille, qui nous fait vivre sa vie ‘par nous-mêmes’ !!! Plus rien alors ne nous est plus connaturel !

                L’Esprit Saint c’est un feu qui transforme tout en feu, c’est comme un tremblement de terre qui fait que tout est apparemment détruit, c’est cette morsure intérieure qui nous fait de nous ces enfants qui, dans le désert, crient leur Père !

 

                 L’Esprit Saint c’est, en Dieu, le don le plus secret, ‘l’amour de l’amour’, ce qui ne se partage pas. Et c’est celui-là qui nous est donné. Il est Celui qui nous fait aimer, pâtir, être relatifs volontairement, qui nous fait nous quitter pour faire de nous des purs réceptivités, des agneaux, des victimes offertes, des cris de soifs, témoins de Jésus à la Croix qui ne vit plus que de la bonté du Père qui l’attire ! Ce qui fait dire à St Thomas que l’Esprit St n’aime que ceux qui aiment ! En cela il est le Père des pauvres : en nous attirant, Il est source en nous de ces états  de gratuité et de pauvreté ! L’amour fait que l’on est dépossédé de nous-mêmes et possédés par celui qui nous aime sans rien en posséder…

La pentecôte, ce débarquement de l’Esprit Saint, c’est cette vive flamme d’amour, cette attraction divine qui vient nous brûler d’une manière telle qu’on devient blessure d’amour vivantegratuite, sans repos et sans utilité que d’être attente de Celui qui nous attire… Cela, c’est l’état ‘normal’ de celui qui est aimé de Jésus ! Et c’est toujours de trop pour notre monde replié sur lui-même, replié sur ses fausses perfections, sur ce qu’il croit être des richesses, sur la satisfaction qu’il a de lui-même ! Or, sur terre, on ne sert à rien, à RIEN sinon à être témoin d’un amour offert, gratuit, donné inutilement, en pure perte, sans retour, pour le Père, pour Celui qui est source de tout amour !

 

Fr Grégoire

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Les bien-pensants & les satisfaits, obstacles terrible à la lumière de Dieu !

26 Mai 2012, 02:18am

Publié par Father Greg

« La Lumière est venue dans le monde, les hommes ont préférés les ténèbres »

 

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Le monde pour lequel la lumière vient, c’est l’homme blessé par le péché, la femme adultère, la samaritaine, le bon larron qui manifestent chacun de nous dans sa misère !

 

Le péché marque toutes personnes de notre humanité ! Même si certains, en quête d’exemplarité, de modèle rassurant plutôt manichéen ou marqués par un puritanisme qui se doit être efficace, réussissent à se les cacher apparemment. Or ces quêtes de perfection manifestent comme encore plus combien la grande misère de l’homme, c’est qu’il n’aime plus ! Nous sommes des rationnels, des gens logiques, prudents, obsédés du résultat, des choses propres, du quand dira-t-on, des opinions et des images de nous-même qui flattent notre ego ! Cela parce que nous sommes errants et qu’on ne sait plus ce qu’est Dieu. Dieu substantiellement Amour. Dieu excessivement donné. Dieu Père de l'homme.

 

Devant notre misère, est-ce que Jésus nous rabaisse en nous réduisant à nos fautes ? Non, il nous relève. Plus que cela : il nous ‘punit’ en se donnant à chacun, sans condition et au-delà de notre conscience ! Tel est l’évangile, la LUMIERE du chrétien !

 

Jésus s’est fait proche, a pris nos fautes, pour nous dire le Père comme il le connait. Et, la grande tentation des hommes en général et des chrétiens en particulier, c’est de se replier sur eux-mêmes par orgueil, de chercher un salut visible, temporel, politique, et de croire que l’on peut se sauver par soi-même ou bien par orgueil encore de s’enfoncer dans le désespoir !


Jésus vient nous apprendre à nous servir de notre misère pour nous laisser connaître et aimer par Dieu. Dans sa miséricorde, notre péché n’est plus un obstacle ! La miséricorde de Dieu est cet amour violent qui emporte tout, pour lequel nos fautes sont rien, ou plutôt la porte d’accès à la bonté du Père.

La miséricorde c’est cet échange merveilleux: le Fils a pris la place des pécheurs pour que, devenus semblables à lui, dans la foi, nous vivions dès maintenant la vie du Fils.

 

Toute la lutte vient du refus de la miséricorde par les Pharisiens. La lutte ultime est toujours cela : l’orgueil nous conduit à ne pas vouloir que la paternité de Dieu passe dans toute notre vie en faisant de nous ses enfants. Nous préférons alors être  ‘les fils du diable’, ceux qui jugent, qui se font mesure ! C’est très éclairant pour toutes les époques de l’Église, mais en notre temps d’une façon toute particulière. La lutte du pharisaïsme contre Jésus est actuelle.

Nous comporter en Pharisiens, c’est se croire capable de juger, de mesurer des actes, cette métatentation ou l'homme se fait sa propre mesure. Discerner par soi le bien du mal, tentation première ou l'on veut être à soi-même un dieu!  Etant juge de ce que l'on est, en nous posant comme mesure, on devient justicier des personnes ! C'est cela la faute la plus terrible: non pas les fautes qui touchent notre corps et nous humilie parce qu'elles sont manifestes et visibles; mais LA faute, c'est ce jugement ou l'on est sûr de nous-même; cette certitude qui fait que l'on se pose mesure de ce que fait l'autre, et qui nous fait chercher à separer le bon grain de l'ivraie ! "vous dites nous voyons, c'est pourquoi votre péché demeure" Jn 9,41.


Vivre de la miséricorde, c’est se reconnaitre pauvre et aveugle: ne pouvant savoir la signification des permissions, des lézardes que nous portons. C'est s'en remettre à Dieu seul; et donc, ayant besoin de lumières, à Celui qui est dans sa personne la lumière ! Jésus seul est la lumière du monde. Nous ne sommes pas la lumière du monde sans lui ; nous le devenons, si nous sommes témoins miséricordieux d’un amour qui va jusqu’à la folie !

Fr Grégoire

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Le cri des anges

25 Mai 2012, 11:32am

Publié par Father Greg

 

 

 
 

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Sortir des idées préconcues ! (II)

25 Mai 2012, 02:09am

Publié par Father Greg

 

Et j'étais à San Francisco il y a un certain temps à une séance de dédicaces. Il y avait ce type qui achetait un livre, la trentaine. Et je lui ai dit, "Vous faites quoi?" Et il a répondu, "Je suis pompier." Et j'ai dit, "Depuis combien de temps êtes-vous pompier?" Il dit, "Toujours, j'ai toujours été pompier." Et j'ai dit, "Eh bien, quand avez-vous choisi?" Il a dit, "Tout gamin", et ajouta, "En fait, c'était un problème pour moi à l'école, parce qu'à l'école, tout le monde voulait être pompier." Il a dit, "Mais je voulais être pompier." Et il a dit, "Quand je suis arrivé en Terminale, mes profs ne m'ont pas pris au sérieux. Un prof en particulier ne m'a pas pris sérieusement. Il a dit que je gâchais ma vie si c'était tout ce que je voulais en faire, que je devrais aller à l'université, viser une profession de haut niveau, que j'avais beaucoup de potentiel, et que je gaspillais mon talent avec ça." Et il a dit, "C'était humiliant parce qu'il a dit ça devant toute la classe, et je ne savais plus où me mettre. Mais c'est ce que je voulais, et dès que j'ai quitté l'école, j'ai postulé chez les pompiers et j'ai été accepté." Et il a dit, "Vous savez, je pensais à ce type tout à l'heure, il y a quelques minutes pendant que vous parliez. Il a dit, "parce qu'il y a six mois, je lui ai sauvé la vie." (Rires) Il a dit, "Il a eu un grave accident de voiture, je l'ai sorti de là, je lui ai donné un massage cardiaque, et j'ai aussi sauvé la vie de sa femme." Il a dit, "Je pense que maintenant il a une meilleure opinion de moi."

(Rires)

(Applaudissements)

Vous savez, pour moi, les communautés humaines s'appuient sur une diversité de talents, et non pas sur une conception unique de compétence. Et au cœur de nos défis --(Applaudissements) Au cœur du défi se trouve la reconstruction de notre sens de la compétence et de l'intelligence. Cette linéarité est un problème.

Quand je suis arrivé à Los Angeles il y a environ neuf ans, je suis tombé sur une déclaration, très bien intentionnée, qui disait, "L'université commence à la maternelle. "Non, pas du tout. (Rires) Pas du tout. Si nous avions le temps, vous m'entendriez là-dessus. (Rires) La maternelle commence à la maternelle. (Rires) Un de mes amis a dit une fois, "Vous savez, à trois ans on n'est pas la moitié d'un enfant de six ans." (Rires)(Applaudissements) Ils ont trois ans.

Mais comme la session précédente disait, il y a une telle concurrence maintenant pour entrer à la maternelle, pour entrer dans la bonne maternelle, qu'à trois ans on doit passer des entretiens. Des enfants assis devant des jurys blasés, vous savez, inspectant leurs CV, (Rires) feuilletant et disant, "Eh bien, c'est tout?" (Rires) (Applaudissements) "Cela fait 36 mois que vous êtes là, et c'est tout?" (Rires) "Vous n'avez rien fait, rien. Passé les six premiers mois à téter, à ce que je vois." (Rires) Vous voyez, comme idée c'est choquant, mais ça attire les gens.

L'autre gros problème est la conformité. Nous avons construit nos systèmes éducatifs sur le modèle du fast-food. C'est quelque chose dont Jamie Oliver parlait l'autre jour. Vous savez qu'il y a deux modes de mesure de la qualité dans la restauration. L'un est le fast food, où tout est standardisé. L'autre, ce sont les restaurants comme Zagat ou les étoiles Michelin, où rien n'est standardisé, ils s'adaptent aux circonstances locales. Et nous nous sommes précipités dans un modèle éducatif "fast food". Et cela appauvrit notre pensée et nos énergies autant que les fast foods détériorent nos corps.

(Applaudissements)

Je crois qu'il nous faut reconnaître deux choses ici. L'une est que les talents humains sont terriblement variés. Les gens ont des aptitudes très différentes. J'ai découvert récemment qu'on m'a donné enfant une guitare vers l'époque où Eric Clapton a eu sa première guitare. Vous savez, ça a marché pour Eric, c'est ce que je peux dire. (Rires)D'un certain point de vue, pas pour moi. Je n'arrivais pas à faire marcher ce machin peu importe comment je soufflais dedans. Cela ne voulait pas marcher pas.

Mais ce n'est pas que cela. C'est une question de passion. Souvent, les gens sont bons à des choses qui ne les branchent pas. C'est une question de passion, et ce qui excite notre âme et notre énergie. Et si vous faites ce que vous aimez faire, pour laquelle vous êtes doué, le temps s'écoule différemment. Ma femme vient de finir d'écrire un roman, et je pense que c'est un grand livre, mais elle disparaît pendant des heures. Vous le savez, si vous faites quelque chose que vous aimez, une heure paraît cinq minutes. Si vous faites quelque chose qui ne résonne pas en vous cinq minutes paraissent une heure. La raison pour laquelle tant de gens abandonnent les études c'est parce qu'elles ne nourrissent pas leur esprit, elles ne nourrissent pas leur énergie ou leur passion.

Et je pense que nous devons changer de métaphores. Nous devons aller de ce qui est essentiellement un modèle éducatif industriel, un modèle manufacturier, qui est basé sur la linéarité et la conformité et des fournées de gens. Nous devons aller vers un modèle qui est davantage basé sur les principes de l'agriculture. Nous devons reconnaître que l'épanouissement humain n'est pas un processus mécanique, c'est un processus organique. Et vous ne pouvez pas prédire le résultat du développement humain; tout ce que vous pouvez, comme un fermier, c'est créer les conditions dans lesquelles ils vont commencer à s'épanouir.

Et quand nous considérons la réforme de l'éducation et sa transformation, ce n'est pas comme cloner un système. Il y a de grands systèmes comme KIPP. Il y a plusieurs excellents modèles. Il s'agit de les adapter aux circonstances, et de personnaliser l'éducation des personnes à qui vous enseignez vos matières Et faire cela, je pense est la réponse au futur parce que ce n'est pas monter en puissance une nouvelle solution; il s'agit de créer un mouvement dans l'éducation dans lequel les gens développent leurs propres solutions, mais avec un support externe basé sur un cursus personnalisé.

Maintenant, dans cette salle, il y a des gens qui représentent des ressources extraordinaires dans les affaires, en multimédia, dans l'internet. Ces technologies, combinées aux talents extraordinaires d'enseignants, fournissent une occasion de révolutionner l'éducation. Et je vous exhorte à y participer parce que c'est vital, pas seulement pour nous, mais pour le futur de nos enfants. Mais nous devons passer du modèle industriel à un modèle agricole, où chaque école peut fleurir demain. C'est là que les enfants expérimentent la vie. Ou à la maison, si c'est là qu'ils choisissent d'être éduqués avec leur famille ou leurs amis.

On a beaucoup parlé de rêves pendant ces quelques jours. Et je voulais, très vite -- J'ai été frappé par les chansons de Natalie Merchant la nuit dernière, qui ressuscite de vieux poèmes. J'ai voulu vous lire rapidement un très court poème de W.B. Yeats, quelqu'un que vous connaissez peut-être. Il a écrit ceci à celle qu'il aimait, Maud Gonne, et il se lamentait de ne pas pouvoir lui donner ce qu'il pensait qu'elle attendait de lui Et il a dit, "J'ai autre chose, mais ce n'est peut-être pas pour toi."

Il dit ceci: "Si j'avais les vêtements brodés des cieux Tout ornés d'or et de lumière d'argent, Les vêtements bleus et obscurs et sombres de la nuit et du jour et du demi-jour, j Mais, étant pauvre, je n'ai que mes rêves; J'ai étalé mes rêves sous tes pieds; Marche doucement parce que tu marches sur mes rêves."  

"Had I the heavens' embroidered cloths, Unwrought with gold and silver light, The blue and the dim and the dark cloths Of night and light and the half-light, I would spread the cloths under your feet: But I, being poor, have only my dreams; I have spread my dreams under your feet; Tread softly because you tread on my dreams."

Et chaque jour, partout, nos enfants étalent leurs rêves sous nos pieds. Et nous devrions marcher doucement. Merci. (Applaudissements) Merci beaucoup.

Sir Ken Robinson, www.TED.com

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Sortir des idées préconçues !

24 Mai 2012, 02:05am

Publié par Father Greg

 

 

J'étais ici-même il y a quatre ans, et je me souviens qu'à l'époque les conférences n'étaient pas mises en ligne, Je pense qu'on les donnait aux participants dans une boîte, une boîte de DVD, qu'ils mettaient sur une étagère, où ils sont toujours.

(Rires)

Et en fait Chris m'a appelé une semaine après ma présentation et m'a dit, "On va commencer à les mettre sur le web. On peut poster la tienne?" Et j'ai dit, "Pas de problème."

Et quatre ans plus tard, comme je le disais, cela a été vu par quatre ... Bon, elle a été téléchargée quatre millions de fois. Je pense qu’on pourrait multiplier ce nombre par 20 environ pour avoir le nombre de gens qui l'ont vue. Et comme Chris le dit, il y a une soif de mes vidéos.

(Rires)

(Applaudissements)

... vous ne le sentez pas?

(Rires)

Donc, cette conférence a été un coup monté pour que je vous en fasse une autre, alors la voici.

(Rires)

Al Gore parlait à la conférence TED où je parlais il y a quatre ans et parlait de la crise du climat. Et j'en faisais référence à la fin de ma dernière présentation. Et je voudrais repartir de là parce que franchement je n'avais que 18 minutes. Donc, comme je le disais ...

(Rires)

Vous voyez, il a raison. Je veux dire, il y a une crise du climat, évidemment. Et si les gens ne le croient pas, ils devraient sortir davantage (Rires) Mais je crois qu'il y a une second crise climatique, qui est aussi sévère, qui a les mêmes origines et qu'il nous faut affronter avec la même urgence. Ce que je veux dire par là -- et vous pouvez dire, d'ailleurs, "Ecoutez, c'est bon, J'ai déjà une crise climatique; J'en n'ai vraiment pas besoin d'une deuxième." Mais c'est une crise, non pas de ressources naturelles, même si je pense qu'elle existe, mais une crise de ressources humaines.

Je crois, fondamentalement, comme beaucoup de conférenciers l'ont dit ces derniers jours, que nous sous-utilisons nos talents. Beaucoup de gens passent leur vie complète sans avoir un véritable sens de leurs talents ni même s'ils en ont. Je rencontre toutes sortes de gens qui ne pensent pas être vraiment bons quelque part.

En fait, je divise maintenant le monde en deux groupes. Jeremy Bentham, le grand philosophe utilitariste, a dit de manière humoristique "Il y a deux sortes de gens dans ce monde, ceux qui divisent le monde en deux classes et ceux qui ne le font pas". (Rires) Je suis dans la première. (Rires)

Je rencontre toutes sortes de gens qui n'apprécient pas ce qu'ils font. Ils passent simplement leur vie vaquant à leurs occupations. Ils ne tirent pas grand plaisir de ce qu'ils font. Ils la supportent, plutôt qu'ils ne l'apprécient et ils attendent le week-end. Mais je rencontre aussi des gens qui adorent ce qu'ils font et n'imaginent même pas faire autre chose. Si vous leur disiez, "Ne faites plus ça", ils se demanderaient de quoi vous leur parlez. Parce que ce n'est pas ce qu'ils font, mais ce qu'ils sont. Ils disent "Mais, vous voyez, c'est moi. Ce serait idiot de ma part de l'abandonner, parce que cela parle à mon moi le plus authentique." Et ce n'est pas vrai de suffisamment de gens. En fait, je pense qu'au contraire c'est certainement une minorité. Et je pense qu'il y a beaucoup d'explications possibles. Et l'une des premières concerne l'éducation, parce que l'éducation, en un sens, sépare bien des gens de leurs talents naturels. Et les ressources humaines, comme les ressources naturelles, sont souvent enterrées profond. Il faut prospecter. Elles ne sont pas étalées au grand jour. Vous devez créer les circonstances où elles se révèlent. Et vous pourriez imaginer que ce serait là, le résultat de l'éducation. Mais trop souvent, ce n'est pas le cas. Tous les systèmes éducatifs du monde sont en pleine réforme aujourd'hui Et ce n'est pas assez. Réformer ne sert plus à rien, parce que c'est simplement améliorer un modèle inopérant. Ce dont nous avons besoin -- et le mot a beaucoup été utilisé ces derniers jours -- ce n'est pas une évolution, mais une révolution de l'éducation. Elle doit être transformée en quelque chose d'autre.

(Applaudissements)

L'un des véritables défis est de renouveler dans ses fondements en éducation. Innover est dur parce que c'est faire quelque chose que les gens ne trouvent pas facile pour la plupart. C'est remettre en cause ce que nous tenons pour acquis, les choses que nous pensons évidentes. Le grand problème pour réformer ou transformer est la tyrannie du bon sens, ce dont les gens pensent, "On ne peut pas le faire autrement parce que ça se fait comme ça."

Je suis tombé récemment sur une superbe citation de Lincoln, que je suis certain que vous aimerez voir cité à ce point. (Rires) Il a dit cela en décembre 1862 à la seconde réunion annuelle du Congrès. Je me dois de dire que je n'ai aucune idée de ce qui se passait à l'époque. On n'enseigne pas l'histoire américaine en Grande-Bretagne. (Rires)On la supprime. Vous savez, c'est notre politique. (Rires) Sans aucun doute, quelque chose de fascinant se passait en décembre 1862, dont les Américains parmi nous seront au courant.

Mais il a dit ceci: "Les dogmes du passé serein sont inadéquats pour le présent tempétueux. Les circonstances voient les difficultés s'accumuler, et nous devons nous élever avec les circonstances." J'aime cela. Pas s'élever jusqu'à, s'élever avec. "Comme notre cas est nouveau, nous devons penser et agir de manière nouvelle Nous devons nous désengager de nos liens et alors nous sauverons notre pays."

J'aime ce mot "se désengager" Vous savez ce qu'il veut dire? Qu'il y a des idées qui nous captivent tous, que nous considérons comme acquises, comme étant l'ordre naturel des choses, la manière dont elles vont. Et bon nombre de nos idées ont été formées, non pour répondre aux circonstances de ce siècle, mais pour affronter celles des siècles passés. Mais nos esprits sont toujours hypnotisés par elles. Et nous devons nous désengager de certaines d'entre elles. Maintenant c'est plus facile à dire qu'à faire. C'est d'ailleurs très difficile de savoir ce que vous tenez pour acquis. La raison c'est que vous le tenez pour acquis.

Laissez-moi vous demander quelque chose que vous pouvez tenir pour acquis. Combien d'entre vous ont plus de 25 ans? Ce n'est pas ce que je pense que vous tenez pour acquis. Je suis certain que cela vous est déjà familier. Il y a des gens de moins de 25 ans? Bien. Maintenant, les plus de 25 ans, pouvez-vous levez la main si vous portez une montre? C'est beaucoup d'entre nous, non? Posez la même question dans une salle pleine d'adolescents. Les adolescents ne portent pas de montre. Je ne veux pas dire qu'ils ne peuvent pas ou n'ont pas le droit, c'est simplement souvent leur choix. Et la raison c'est que, vous voyez, nous avons été élevés dans une culture pré-numérique, nous les plus de 25 ans. Et donc pour nous, si nous voulons avoir l'heure, nous devons porter quelque chose pour nous la donner. Les gamins vivent aujourd'hui dans un monde numérique, et ils trouvent l'heure partout. Ils ne voient pas pourquoi faire ça. D'ailleurs vous n'en avez pas besoin non plus, c'est juste que vous l'avez toujours fait, et vous continuez. Ma fille ne porte jamais de montre, ma fille Kate, qui a 20 ans. Elle n'en voit pas la raison. Comme elle dit, "C'est un accessoire monofonctionnel." (Rires) "du genre, c'est plutôt ringard?" Et je dis "Non, non, ça donne aussi la date." (Rires) "ça a plusieurs fonctions."

Mais vous voyez, il y a des choses qui nous subjuguent en éducation. Laissez-moi vous donner deux exemples. L'une d'elles est l'idée de linéarité, qui commence là, et vous suivez un cursus, et si vous faites tout bien, vous finirez équipé pour le restant de vos jours. Tous ceux qui ont parlé à TED ont raconté implicitement, ou parfois explicitement, une histoire différente, que la vie n'est pas linéaire, mais organique. Nous créons nos vies en symbiose en découvrant nos talents en relation avec les circonstances Mais vous savez, nous sommes devenus obsédés par ce récit linéaire. Et vraisemblablement le summum de l'éducation c'est d'entrer à l'université. Je pense que nous sommes obsédés par l’entrée à l’université certaines sortes d'universités. Je ne veux pas dire qu'il ne faut pas y aller, mais tout le monde n'en a pas besoin, et tout le monde n'a pas besoin d'y aller maintenant. Peut-être qu'ils y iront plus tard, pas tout de suite.

Sir Ken Robinson. www.TED.com


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L’école tue la créativité ! (II)

23 Mai 2012, 02:34am

Publié par Father Greg

 

 

Si notre système éducatif était visité par un martien, et qu'il demandait "A quoi ça sert, l'enseignement public?" Je pense qu'on devrait conclure, que ceux qui réussissent, qui font tout ce qu'on attend d'eux, qui ont tous les bons points, qui sont les gagnants -- Je pense qu'on devrait conclure que le but final de l'enseignement public à travers le monde est de produire des professeurs d'université. N'est-ce pas? C'est eux qui arrivent premier. J'ai été l'un d'entre eux, donc bon. (Rires) J'aime les professeurs d'université, mais vous savez, nous ne devrions pas les placer au sommet des réalisations humaines. Ils sont juste une forme de vie une autre espèce parmi les autres. Mais ils sont plutôt curieux, et je dis ça avec sympathie. Il y a, d'après mon expérience, quelque chose de singulier avec les professeurs -- pas tous, mais typiquement -- ils vivent dans leurs têtes. Ils vivent là-haut, et un peu seulement cette partie. Ils sont désincarnés, on peut dire, d'une manière littérale. Ils perçoivent leurs corps comme un moyen de transport pour leurs têtes, non?(Rires) C'est une façon de déplacer leurs têtes à des réunions. Si vous voulez une preuve réelle d'expérience de hors-corps, allez à une conférence locale, d'universitaires, puis allez avec eux en discothèque la dernière nuit. (Rires) Et là vous verrez, des adultes hommes et femmes se déhanchant de façon incontrôlable, en dehors du rythme, attendant la fin pour pouvoir rentrer chez eux et écrire un article sur ça.

Notre système éducatif est basé sur la notion d'aptitude académique. Et il y a une raison. Le système entier a été inventé -- à travers le monde, il n'y avait pas d'enseignement public, vraiment, avant le 19ème siècle. Ces systèmes sont tous apparus pour satisfaire les besoins d'industrialisation. La hiérarchie est donc fondée sur 2 idées. Premièrement, que les sujets les plus utiles au travail sont au sommet. Vous étiez donc de façon bienveillante écartés de certaines choses à l'école, des choses qu'enfants vous aimiez si elles ne vous permettaient pas d'obtenir un travail. N'est-ce pas? Ne fais pas de musique, tu ne seras pas musicien; Ne fais pas de l'art, tu ne seras pas un artiste. Un conseil bienveillant -- qui est maintenant, profondément faux. Le monde entier s'engouffre dans une révolution. Le second point est que l'habilite académique, domine vraiment notre vision de l'intelligence, car les universitaires ont modelé le système à leur image. Si vous imaginez, l'ensemble des enseignements publics à travers le monde c'est un long processus d'accès à l'université. Et la conséquence est que beaucoup de gens talentueux, brillants, créatifs pensent qu'ils ne le sont pas, car les matières où ils étaient bons à l'école n'étaient valorisées, ou étaient même stigmatisées. Ça ne peut pas continuer ainsi.

Dans les 30 prochaines années, selon l'UNESCO, il y aura plus de personnes dans le monde diplômé que depuis le début de l'histoire. Plus de monde, et c'est la combinaison de toutes les choses dont nous avons discutées -- les technologies et ses impacts sur le travail, la démographie et l'énorme accroissement de la population. Soudainement, les diplômes ne valent plus rien. Pas vrai? Quand j'étais étudiant, si tu avais un diplôme, tu avais un travail. Si tu n'avais pas de travail, c'est que tu n'en voulais pas un. Et je n'en voulais pas un, honnêtement. (Rires) Mais aujourd'hui nos enfants diplômés préfèrent jouer aux jeux vidéo, car il faut un Master alors qu'avant tu n'avais besoin que d'une Licence et pour certains il faut même un Doctorat. C'est un processus d'inflation académique. Et cela nous montre que le système éducatif en entier est en train d'évoluer sous nos pieds. Nous devons radicalement repenser notre vision de l'intelligence.

Nous savons 3 choses sur l'intelligence. Une, elle est variée. Nous pensons le monde de toutes les façons que nous l'expérimentons. Nous le pensons de façon visuelle, de façon auditive, de façon kinesthésique, Nous pensons de façon abstraite, nous pensons en mouvement. Deuxièmement, l'intelligence est dynamique. Si vous regardez les interactions du cerveau humain, comme nous l'avons vu hier dans de nombreuses présentations, l'intelligence est merveilleusement interactive. Le cerveau n'est pas divisé en compartiments. En fait, la créativité -- que je définis comme le processus d'avoir des idées originales qui ont de la valeur -- le plus souvent, provient de l'interaction de différentes façons de voir les choses.

Le cerveau est intentionnellement -- d'ailleurs, les deux hémisphères du cerveau sont reliés par un corps appelé le corps calleux. Il est plus épais chez les femmes. D'après Helen hier, je pense que c'est probablement la raison pour laquelle les femmes sont meilleures pour les multi-tâches. Car vous l'êtes, non? Il y a beaucoup d'études, mais je le sais de mon expérience personnelle. Quand ma femme cuisine à la maison -- pas trop souvent, heureusement. (Rires) Donc quand elle cuisine -- non, elle fait bien certaines choses -- donc quand elle cuisine, vous savez en même temps, elle gère d'autres personnes au téléphone, elle parle aux enfants, elle repeint le plafond, elle fait une opération chirurgicale à cœur ouvert. Tandis que si je cuisine, la porte est fermée, les enfants sont dehors, le téléphone éteint, et si elle arrive, ça m'irrite. "Terry, s'il te plaît, j'essaie de faire cuire un oeuf. Laisse-moi tranquille." (Rires) En fait, vous savez cette vieille histoire philosophique, si un arbre tombe dans la forêt et personne ne l'entend est-ce que c'est arrivé? Vous vous rappelez cette histoire? J'ai vu un super t-shirt récemment qui disait, "Si un homme dit ce qu'il pense dans une forêt et qu'aucune femme ne l'a entendu, est-ce qu'il a toujours tort?" (Rires)

Et la troisième chose sur l'intelligence est qu'elle est distincte. Je suis en train d'écrire un nouveau livre appelé "Epiphany" (ndt :The Element), qui est basé sur une série d'interviews de personnes sur comment ils ont découvert leurs talents. Je suis fasciné par la façon dont certaines personnes y sont arrivées. J'ai été ainsi fasciné par une conversation que j'ai eue avec une merveilleuse femme que peut-être la plupart des gens ne connaissent pas, qui s'appelle Gillian Lynne, vous la connaissez? Certains oui. Elle est chorégraphe et tout le monde connaît son travail. Elle a fait "Cats" et le "Fantôme de l'opéra" Elle est merveilleuse. J'ai été au conseil d'administration du Royal Ballet, d'Angleterre, comme vous pouvez le voir. En tout cas, en déjeunant avec elle, je lui demande, "Gillian, comment es-tu devenue danseuse?" Et elle me répond - c'est intéressant - que quand elle était à l'école, elle était vraiment sans espoir. Et l'école, dans les années 30, avait même écrit à ses parents en disant, "Nous pensons que Gillian a un problème pour apprendre." Elle ne pouvait pas se concentrer, était turbulente. Je pense qu'on dirait maintenant qu'elle a le Trouble du Déficit de l'Attention. N'est-ce pas? Mais c'était dans les années 30, et l'TDA/H n'avait pas encore été défini. Ce n'était pas une option disponible. (Rires) Les gens ne savaient pas qu'ils pouvaient avoir cela.

Bref, elle est allée voir ce spécialiste. Dans cette pièce aux lambris de chêne. Et elle était là avec sa mère, assise sur cette chaise au fond, assise sur ses mains depuis 20 minutes au moins pendant que l'homme discutait avec sa mère des problèmes de Gillian à l'école. Et à la fin -- parce qu'elle gênait les autres, ses devoirs étaient toujours en retard, etc, etc, -- petit fille de 8 ans -- à la fin le docteur s'est assis près de Gillian et lui a dit, "Gillian, J'ai écouté toutes les choses que ta mère m'a dites et j'ai besoin de lui parler en privé" Il lui dit, "Attends là, nous ne serons pas long." Et ils sont sortis et l'ont laissée. Mais quand ils quittèrent la pièce, il alluma la radio posée sur son bureau. Et quand ils quittèrent la chambre, il dit à sa mère, "Restez juste là et observez-là." A la minute où ils quittèrent la pièce, elle m'a raconté, qu'elle était debout, en train de bouger avec la musique. Et ils l'ont regardée pendant quelques minutes puis il s'est retourné vers sa mère et a dit, "Mme. Lynne, Gillian n'est pas malade, c'est une danseuse. Inscrivez là à une école de danse."

J'ai dit, "Qu'est ce qui s'est passé?" Elle m'a répondu, "Elle l'a fait. Et c'était merveilleux. Nous avancions dans cette pièce remplie de gens comme moi. De gens qui ne pouvaient pas s'asseoir sans bouger, De gens qui devaient bouger pour pouvoir penser. "Ils ont fait du ballet, de la claquette, du ballet jazz du moderne, du contemporain. Elle a finalement été auditionnée pour la Royal Ballet School, elle est devenue soliste, et eut une merveilleuse carrière au Royal Ballet. Elle fut diplômée du Royal Ballet School et fonda sa propre troupe, la Gillian Lynne Dance Company, elle rencontra Andrew Lloyd Weber. Et elle fut responsable de certaines des plus grandes comédies musicales de tous les temps, elle donna du plaisir à des millions de personnes et est multi-millionnaire. Quelqu'un d'autre l'aurait sans doute mis sous médicament en lui disant de se calmer.

Je pense -- (Applaudissement) Ce que je pense est que: Al Gore a parlé l'autre nuit d'écologie et de la révolution recherchée par Rachel Carson. J'ai la conviction que notre seul espoir pour le futur est d'adopter une nouvelle conception de l'écologie humaine, une où nous commencerions à repenser notre conception de la richesse de la capacité humaine. Notre système éducatif a miné notre esprit de la même manière que nous avons épuisé la Terre : pour une ressource particulière. Mais pour l'avenir, cela ne nous aidera pas. Nous devons repenser les principes fondamentaux de l'éducation de nos enfants. Il y a cette merveilleuse citation de Jonas Salk, qui dit "Si tous les insectes disparaissaient de la planète dans les 50 ans qui suivent, ce serait la fin de la Terre. Si tous les humains disparaissaient de la planète dans les 50 ans suivants, toutes les formes de vies fleuriraient." Et il a raison.

Ce que TED célèbre est le cadeau de l'imagination humaine. Nous devons maintenant faire attention à utiliser ce cadeau, de façon sage, et éviter certains scénarios dont nous avons parlés. Et la seule façon de le faire est de voir la richesse de notre capacité créative, et voir nos enfants comme l'espoir qu'ils représentent. Notre tâche est de les éduquer de façon complète, afin qu'il puisse vivre dans ce futur. D'ailleurs -- nous ne verrons sans doute pas ce futur, mais eux si. Et notre mission est de les aider à faire quelque chose de leur futur. Merci beaucoup.

Sir Ken Robinson, http://www.ted.com

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