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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

"Une minuscule coterie mène en bateau tout un pays"

15 Janvier 2013, 02:24am

Publié par Fr Greg.

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Mariage homosexuel, droit à l'adoption pour les couples de même sexe, extension de la PMA aux lesbiennes, transformation de la parentalité et de la filiation. Quelles conséquences anthropologiques et culturelles pour toute notre société ? Réponse d'une philosophe *.

 

 

Propos recueilllis par Jean Sévillia 

Le Figaro Magazine - En premier lieu, pouvez-vous nous rappeler le sens et le but du mariage civil...

Chantal Delsol - Le mariage est une institution faite pour garantir et protéger ces manifestations de l'existence humaine que sont la procréation, l'accueil de l'enfant et l'éducation/transmission. Le but essentiel du mariage est la protection du faible, c'est-à-dire de l'enfant. Celui-ci a besoin pour grandir d'un milieu stable, d'où l'institution. Le mariage est un contrat tissé par les deux futurs parents autour de ce projet.

L'expression « mariage pour tous » a été abandonnée dans le projet de loi, mais elle a été initialement utilisée par les promoteurs du mariage gay. En quoi est-elle contradictoire avec l'idée du mariage ?

C'est contradictoire en raison de la définition même du mariage. Celui-ci n'est pas fait pour tous, mais pour ceux qui souhaitent fonder une famille. L'expression « mariage pour tous » est une divagation. Au départ elle signifie que les couples hétérosexuels ne sont pas les seuls à pouvoir se marier. Elle détourne le mariage de son but : on ne se marie plus pour protéger les futurs enfants du couple, mais parce que l'on s'aime. Tous ceux qui s'aiment pourraient donc se marier. Dans ce cas, on pourrait assister à toutes sortes de mariages étranges, dont ne voudraient pas même les partisans du texte : entre un père et sa fille, entre deux enfants, voire entre un humain et son animal de compagnie. Ce n'est pas sérieux.

Que vaut le concept d'« égalité » brandi par les partisans du mariage homosexuel ?

Nous voyons bien là que la passion de l'égalité engendre des âneries. Tout ne peut pas être donné à tous. Il y a des destinations aux choses, aux institutions, des projets spécifiques auxquels tous ne peuvent pas prétendre, simplement parce que nous sommes différents les uns des autres. Aujourd'hui la différence est devenue une discrimination, ce qui signifie que toute différence serait injuste : il suffit de voir le crétinisme profond qui s'exprime dans la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité). Or l'homme est un être de relation, et il n'y a pas de relation du même au même : on n'entretient de complicité qu'avec la différence. Vouloir effacer toutes les aspérités, les bigarrures, les contrastes, c'est vouloir nous réduire à l'état d'éponges.

Ouvrir le droit à l'adoption pour les couples homosexuels, ce serait un bouleversement anthropologique...

D'une manière générale, je crains toujours d'abuser de l'idée de « nature ». On a prononcé tant d'exagérations à ce sujet que ce n'est plus guère crédible. Chaque fois qu'un changement social se produit, certains arguent que l'on va contre la « nature ». Certains textes du début du XXe siècle disaient que laisser les filles faire des études supérieures produirait des catastrophes, parce qu'elles ne sont pas faites pour cela. Comme la nature a bon dos ! Ne nous précipitons pas sur cet argument. Pourtant, dans le cas présent, la question est légitime. Où est la « nature », dira-t-on ? Regardons les deux projets de loi actuellement en route : celui sur l'euthanasie et celui sur le mariage gay. L'euthanasie a toujours existé partout, sauf dans les sociétés chrétiennes : partout on laissait mourir les enfants contrefaits et les vieillards trop fatigués ; là où l'infanticide a été interdit, comme sous Mao en Chine, c'était pour être « moderne », c'est-à-dire pour ressembler à l'Occident... Ce qui signifie que le projet de loi sur l'euthanasie n'est pas une rupture anthropologique, mais une rupture culturelle : un retour aux civilisations préchrétiennes. Tandis que pour le mariage gay, c'est autre chose. Aucune société n'a jamais mis en place une affaire pareille ! Nous ne trouvons des idées de ce genre - je dis bien des idées, jamais des réalisations - que chez certains esprits révoltés contre la société, à des périodes rares. Je citerais Diogène le Cynique, qui réclamait que l'on couche avec sa mère et que l'on mange son père, ou bien Sade et Shelley qui, après la saison révolutionnaire, exaltaient tout ce que l'époque considérait comme des perversions. Ces beaux esprits pouvaient amuser certains salons, mais aucune société n'aurait voulu légitimer ces comportements par des lois ! Car les sociétés savaient bien qu'il s'agissait là de subversion anthropologique, ou de nihilisme. Pour le mariage gay, il s'agit bien de cela ; mais pour la première fois, il y a tentative de réaliser ces délires.

Les députés socialistes veulent aller plus loin que le projet présidentiel en imposant la PMA (procréation médicalement assistée) pour les couples de femmes. Quelles en seraient les conséquences ?

C'est clairement une rupture anthropologique et une expression du nihilisme, au sens où l'on tord le cou à la filiation et à la transmission. On va faire croire à l'enfant qu'il a deux mères, alors qu'il est bien né, même grâce à la médecine, d'un père et d'une mère ! L'enfant sait quand on lui ment. Il a besoin de la vérité, et le souci de ses origines est primordial pour lui. Pourquoi a-t-on si peur de fabriquer des OGM et ne craint-on pas de fabriquer des enfants fous ? Les enfants me paraissent plus importants que les maïs... C'est ici qu'on n'a plus du tout envie de rire, mais de se mettre en colère : on ne joue pas avec les enfants ! Un enfant, ce n'est pas juste le fruit de mon envie, de mon désir, le jouet, qu'on fabrique comme ça et à qui on va raconter n'importe quoi. Un enfant, c'est sérieux, c'est une personne et à ce titre un seigneur, un roi, qui a droit à notre respect infini, et qui doit grandir alors que l'existence est truffée de difficultés. L'enfant n'est pas le produit de notre caprice, mais il n'est pas non plus le produit de notre révolte sociale : on ne le met pas au monde pour emmerder les hétéros ! Ça ne marche pas ainsi, la transmission de la vie et plus tard la transmission de la culture : c'est une oeuvre, un travail d'humilité et non de revanche ni de puissance... Je dois dire que la communauté homosexuelle ne manifeste pas l'esprit de sérieux requis. Dès qu'elle se montre, c'est dans l'esprit des bacchanales ! Je n'ai rien contre les bacchanales, mais que l'on ne mette pas d'enfants au milieu ! Tout le monde comprend cela.

Si le droit de la PMA est modifié, une deuxième étape pourrait être la légalisation de la gestation pour autrui (les mères porteuses). C'est alors tout l'édifice de la filiation qui serait ébranlé...

La gestation pour autrui n'est que la suite. Mais naturellement, c'est encore plus indigne parce qu'en plus on loue des ventres, ce qui n'est pas admissible. Qui gagnera ici : les homosexuels masculins qui exigeront de satisfaire leurs désirs, ou les homosexuelles qui s'indignent qu'on loue des ventres ?

Toutes les religions représentées en France se sont prononcées contre le mariage homosexuel. L'expression de ce refus constitue-t-elle un viol de la laïcité ?

Selon la définition française de la laïcité, oui ! Car la tradition française a tendance à penser que la laïcité, c'est la vie dans la neutralité absolue - c'est bien ce que dit notre ministre de l'Education quand il prépare pour l'école des cours de morale universelle, c'est-à-dire complètement exempte des particularités culturelles... Cela n'existe pas ! Les principes qui nous font vivre, et surtout les principes qui nous structurent et que nous n'inventons pas, sont tous ancrés dans des particularités : des morales religieuses ou non, des sagesses, des traditions locales ou nationales, des mythes civilisateurs, etc. Vouloir vivre dans le neutre ou l'universel, c'est se prendre pour des esprits désincarnés. En réalité, les principes des sociétés occidentales sont nourris aux racines du judéo-christianisme, et il est bien cohérent que ce soient les religions qui les rappellent, ces principes, puisqu'elles en sont pour ainsi dire les tabernacles.

 

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Mais il y a aussi des non-croyants, des citoyens votant à gauche et des homosexuels qui sont hostiles au projet gouvernemental...

Naturellement ! Enormément de gens ! Et beaucoup d'homosexuels ! Pourquoi ? Mais parce que le nihilisme n'est pas un projet de société : il ne convient qu'à quelques bobos qui amusent la galerie cinq minutes, mais dont il est criminel de réaliser les projets (Diogène était le premier bobo de notre histoire, et les Athéniens disaient déjà, en regardant ses vêtements de SDF branché, qu'on « lui voyait la vanité par les trous », mais la société dans laquelle il vivait n'a jamais essayé de mettre en place ses élucubrations, elle n'était pas folle). En réalité, nous nous trouvons en face d'une minuscule coterie qui mène en bateau tout un pays : une gauche qui a peur de son ombre dès qu'on lui parle d'une inégalité, une droite qui a encore trop souvent peur de la gauche, et un Président falot. Cette minuscule coterie parvient à se faire entendre en se faisant plaindre (« nous sommes les seuls à n'avoir pas droit au mariage »), et dans une société où le héros, c'est la victime. Alors ça marche. Cependant, la plupart d'entre nous ne sont pas dupes de cette arnaque, et je suis sûre que beaucoup d'homosexuels ont honte : ils sont assez lucides pour comprendre que la très grande majorité de leurs collègues archiminoritaires n'ont aucune envie de se marier, que s'ils le font, ce sera par provocation, et que leur essentielle motivation est de subvertir des institutions qu'ils maudissent (si le mariage est partout, il n'est nulle part). Ce qui est bien clair dans l'un des slogans utilisé par des militants du « mariage pour tous » dans une manifestation : « Un(e) hétéro, une balle ; une famille, une rafale. » Non désavoué par les organisateurs, ce slogan traduit bien le nihilisme dont nous parlons. Le débat, ici, n'est pas entre croyants et non-croyants, entre gauche et droite, entre hétéros et homos, mais entre humanistes et nihilistes.

« C'est une réforme de société et on peut même dire une réforme de civilisation », a affirmé Christiane Taubira. Cette réforme ne serait-elle pas plutôt une révolution ?

Ce n'est pas une réforme de société, puisqu'elle vise à défaire cette société (par le bouleversement de la filiation) et non pas à la réformer. Ce n'est pas une réforme de civilisation, puisque aucune civilisation nouvelle ne peut sortir de là - cela n'a jamais existé nulle part. Je n'utiliserais pas le mot révolution, parce qu'une révolution vise au retour à un état précédent, soit historique (la révolution américaine), soit mythique (la révolution russe). Ici, aucune idéologie ne soutient ce projet. C'est juste une pantalonnade d'anarchistes pédants et tapageurs, et d'autant plus pédants et tapageurs qu'on a pris l'habitude de les prendre au sérieux.

Si la manifestation des opposants au projet, le 13 janvier, est un énorme succès, quelle issue politique y aura-t-il pour François Hollande ? Le recours au référendum ?

Dans ce cas, François Hollande pourrait faire voter la loi en précisant bien qu'il ne sera jamais question de PMA (ce qui signifie qu'il en sera question dans quelque chose comme deux ans). A priori, on n'imagine pas qu'il puisse retirer sa loi : il est trouillard ! Toutefois, il faut se souvenir de 1984 : personne n'espérait que François Mitterrand allait retirer sa loi, et pourtant... On peut donc espérer. De toute façon, nous ne pouvons pas laisser passer une monstruosité pareille sans nous exprimer clairement : nos descendants nous jugeront là-dessus, comme nous avons jugé nos anciens à leur attitude devant les totalitarismes. Aujourd'hui, la barbarie, c'est ça.

Propos de Chantal Delsol

 * Professeur de philosophie à l'université de Marne-la-Vallée, où elle dirige l'Institut Hannah Arendt,

Chantal Delsol est membre de l'Institut. Dernier livre paru : L'Age du renoncement (Cerf).



 

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Mon Dieu...

14 Janvier 2013, 02:57am

Publié par Fr Greg.

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Mon Dieu, maintenant plus que jamais me voici devant toi.
Je suis sans cesse devant toi.
Jusqu’à présent j’ai surtout été en moi et je me suis regardée moi-même.

Maintenant permets-moi de me perdre moi-même,

en quelque sorte comme si je cessais d’exister ;

comme si je cessais d’être ce que j’ai été jusque-là.
Je ne suis plus capable d’être ainsi et je ne suis pourtant pas capable encore

d’être différente, comme tu veux que je sois.
Tu as le droit de vouloir cela, parce que je suis ta créature.
Et pourtant je souffre, même si je comprends ce droit et que je le reconnais.
Il est si difficile pour moi de cesser d’être moi-même.
Oh, si je pouvais au moins savoir ce que je devrais être.
Je sais que tu ne détruis rien, tu ne fais que créer. Tu nous crées à travers la nature
et d’une manière nouvelle tu nous crées à travers la grâce.
J’y crois, comme je crois en toi de toute ma foi, tout en souffrant beaucoup,

à cause de l’expérience de ma faiblesse et de mon incapacité.
Aide-moi à me trouver moi-même et aide-moi à te rencontrer en moi.
Et tant que je dois me perdre dans l’obscurité de mon être,

tiens-moi par la main comme une enfant,
donne-moi de te comprendre et aussi de comprendre ta manière d’agir
à travers les personnes que tu as mises sur ma route.
Je te prie, afin de ne jamais cesser d’espérer en toi et de ne pas céder au désespoir.
Je te prie, afin de savoir me laisser guider par toi.
Je te prie, afin de pouvoir payer pleinement la dette de ma vie
dans les tâches que tu me confies, dans les personnes qui ont besoin de mon aide.
Je veux réaliser en tout et pour tout la vocation de ma vie.

Je désire être toujours plus à la hauteur de cette vocation,
afin que tout ce que j’ai toujours fait avec la conviction que c’était mon devoir,
je puisse le faire mieux encore, en me donnant plus pleinement et en même temps
avec une grande simplicité et une paix profonde.
Je te supplie de me donner la paix de l’âme et des sentiments et les forces nécessaires à mon corps.
Fais de moi un soutien pour Andrzej et permets-moi de bien éduquer nos enfants.
Pardonne-moi mes fautes, purifie tout mon être
et guide-moi sur le chemin, où tu seras toujours.
Amen

Karol Wojtyla, pour être priée par Wanda, Prehyba, 13 février 1963.

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Homme et Femme il les créa...

13 Janvier 2013, 02:42am

Publié par Fr Greg.

 

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Par la communion des personnes, l'homme devient image de Dieu (14 novembre 1979).

Le récit de la création de l'homme, dans le premier chapitre de la Genèse, affirme dès le début que l'homme a été créé à l'image de Dieu, en tant qu'homme et femme. Le récit du chapitre 2 ne parle pas de l'« image de Dieu », mais révèle que la complète et définitive création de l'« homme » s'exprime dans le fait de donner vie à cette « communion de personnes » que forment l'homme et la femme... L'homme devient image de Dieu moins au moment de la solitude qu'au moment de la communion. En effet « dès l'origine » il est non seulement une image qui reflète la solitude d'une Personne qui régit le monde mais, rappelle Jean-Paul II, aussi et essentiellement image d'une insondable communion divine de Personnes, (pp. 53 - 54)


La révélation et la découverte de la signification conjugale du corps (9 janvier 1980).


Il y a un lien très fort entre le mystère de la création en tant que don et cette « origine » béatifique de l'existence de l'être humain comme homme et femme, dans toute la vérité d'une communion entre les personnes. Quant à la vue de la première femme le premier homme s'est écrié : « EIle est l'os de mes os et la chair de ma chair » (Gn 2, 23), il affirmait seulement l'identité humaine de deux êtres. En s'exclamant ainsi, il semblait dire : voilà un corps qui exprime la « personne » ! ... Le corps manifeste la réciprocité et la communion des personnes. Il l'exprime dans le don... Voici ce qu'est le corps : un témoin de la création en tant que don fondamental, donc un témoin de l'Amour comme source... La masculinité-féminité - c'est-à-dire le sexe - est le signe originel d'une donation créatrice... Cette « origine » béatifique.. de l'homme comme homme et comme femme est liée à la révélation et à la découverte de la signification du corps qu'il convient d'appeler « conjugale »... Nous avons déjà constaté, exprime Jean-Paul II, que les paroles qui expriment la première joie de la venue de l'être humain à l'existence comme « homme et femme » (Gn 2, 23) sont suivies immédiatement par le verset qui établit leur unité conjugale (Gn 2, 24), puis par celui qui atteste la nudité de chacun d'eux qui « n'en ont aucune honte », l'un vis-à-vis de l'autre (Gn 2, 25). C'est précisément cette confrontation significative qui nous permet de parler de la révélation et en même temps de la découverte de la signification « conjugale » du corps dans le mystère même de la création... (pp. 79 - 80)


Quand l'homme-personne devient don (16 janvier 1980).

Le Créateur les a voulus, chacun d'eux, « pour eux-mêmes » (cf. Gaudium et Spes n° 23). Et ainsi, dans la première rencontre béatifique, l'homme retrouve la femme, et la femme le retrouve, lui, l'homme. Et ainsi, celui-ci accueille intérieurement la femme ; il l'accueille telle que le Créateur l'a voulue « pour elle-même », telle qu'elle a été, avec sa féminité constituée dans le mystère de l'image de Dieu ; et, réciproquement la femme accueille de la même manière l'homme, tel que le créateur l'a voulu « pour lui-même » et l'a constitué avec sa masculinité. C'est en cela, explique Jean-Paul II, que consistent la révélation et la découverte de la signification conjugale du corps... (pp. 84 - 85)

Jean Paul II, Catéchèses sur le corps.

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De la tristesse...

12 Janvier 2013, 01:32am

Publié par Fr Greg.

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Je crois que presque toutes nos tristesses sont des moments de tension que nous ressentons comme une paralysie car nous sommes désormais sourds à la vie de nos sentiments devenus étranges. Nous sommes seuls, en effet, face à cette étrangeté qui est entré en nous ; car, pour un temps, tout ce qui nous est familier, tout ce qui est habituel, nous est ravi ; nous sommes en effet, au cœur d’une transition où nous ne savons pas nous fixer. C’est aussi la raison pour laquelle la tristesse est passagère : ce qui est nouveau en nous, l’adjuvant de ce que nous étions, est allé jusqu’à notre cœur, a pénétré son lieu le plus intime, mais n’y est pas non plus resté. : il a déjà passé dans le sang. Et nous ne savons pas ce que c’était. Il serait facile de nous persuader qu’il ne s’est rien passé ; mais nous avons pourtant bien changé, comme change une maison où un hôte est entré.

 

  Nous sommes incapables de dire qui est entré, nous ne le saurons sans doute jamais, et pourtant bien des signes témoignent du fait que c’est ainsi que l’avenir pénètre en nous pour s’y modifier longtemps avant qu’il n’arrive lui-même. Voilà pourquoi il est si important d’être solitaire et attentif lorsqu’on est triste : l’instant apparemment immobile où  semble t-il rien ne se passe, cet instant où l’avenir pénètre en nous est en effet beaucoup plus proche de la vie que cet autre moment arbitraire et patent où l’avenir nous arrive pour ainsi dire de l’extérieur.

 

 Plus nous sommes silencieux, patients et disponibles lorsque nous sommes tristes, et plus ce qui est nouveau pénétrera profondément et sûrement en nous, mieux nous le ferons nôtre ; il sera d’autant plus notre destin propre, et, plus tard, lorsqu’il se « produira » (c'est-à-dire lorsqu’il surgira de nous pour passer aux autres), nous nous sentirons profondément intimes et proches. Et c’est nécessaire ; Il est nécessaire-et c’est vers cela que peu à peu doit tendre notre évolution-que nous ne nous heurtions à aucune expérience étrangère, mais que nous rencontrions que ce qui, depuis longtemps, nous appartient. Il a fallu déjà repenser tant de conceptions du mouvement qu’on saura peu à peu admettre que ce que nous appelons destin provient des hommes et ne vient pas de l’extérieur.

 

 C’est uniquement parce que nombre d’entre eux ne se sont pas imprégnés de leur destin quand il vivait en eux, ne l’ont pas transformé en ce qu’ils sont eux-mêmes, qu’ils n’ont pas su reconnaître ce qui provenait d’eux ; cela leur est si étranger que, dans leur crainte confuse, ils ont cru qu’il venait à l’instant de les atteindre car ils juraient n’avoir auparavant rien trouvé de pareil en eux.

 

De même qu’on s’est longtemps abusé à propos du mouvement du soleil, on continue encore de se tromper sur le mouvement de ce qui est à venir. L’avenir est fixe cher monsieur Kappus, mais c’est nous qui nous déplaçons dans l’espace infini. 

 

                                               Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète.

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La passion, 1er signe de l'amour divin!

11 Janvier 2013, 02:26am

Publié par Fr Greg.

 


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A une passante


La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! Trop tard ! Jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

Baudelaire.

 

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Échappe-t-on à notre conscience...?

10 Janvier 2013, 01:39am

Publié par Fr Greg.

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Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Echevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l'homme sombre arriva
Au bas d'une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d'haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un oeil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l'ombre fixement.
« Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l'espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s'asseyait, il vit dans les cieux mornes
L'œil à la même place au fond de l'horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l'aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Etends de ce côté la toile de la tente. »
Et l'on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l'eut fixée avec des poids de plomb :
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l'enfant blond,
La fille de ses Fils, douce comme l'aurore ;
Et Caïn répondit : « je vois cet œil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : « je saurai bien construire une barrière. »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit « Cet oeil me regarde toujours! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d'elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu'il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d'Enos et les enfants de Seth ;
Et l'on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des nœuds de fer,
Et la ville semblait une ville d'enfer ;
L'ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l'épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d'entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l'aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !
L'œil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit : " Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C'est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre
Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain,
L'œil était dans la tombe et regardait Caïn.

 

Victor Hugo    (1802-1885)

 

 

 

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L'ennui, l'autre face d'un amour avorté...

9 Janvier 2013, 02:45am

Publié par Fr Greg.

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“Ma paroisse est dévorée par l’ennui, voilà le mot. Comme tant d’autres paroisses ! L’ennui les dévore sous nos yeux et nous n’y pouvons rien. Quelque jour peut-être la contagion nous gagnera, nous découvrirons en nous ce cancer. On peut vivre très longtemps avec ça. […]

 

Je me disais donc que le monde est dévoré par l’ennui. Naturellement, il faut un peu réfléchir pour se rendre compte, ça ne se saisit pas tout de suite. C’est une espèce de poussière. Vous allez et venez sans la voir, vous la respirez, vous la mangez, vous la buvez, et elle est si fine, si ténue qu’elle ne craque même pas sous la dent. Mais que vous vous arrêtiez une seconde, la voilà qui recouvre votre visage, vos mains. Vous devez vous agiter sans cesse pour secouer cette pluie de cendres. Alors, le monde s’agite beaucoup.

 

On dira peut-être que le monde est depuis longtemps familiarisé avec l’ennui, que l’ennui est la véritable condition de l’homme. Possible que la semence en fût répandue partout et qu’elle germât çà et là, sur un terrain favorable. Mais je me demande si les hommes ont jamais connu cette contagion de l’ennui, cette lèpre ? Un désespoir avorté, une forme turpide du désespoir, qui est sans doute comme la fermentation d’un christianisme décomposé. […]

 

G. Bernanos. Journal d’un curé de campagne

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Cours Forest, cours...

8 Janvier 2013, 02:16am

Publié par Fr Greg.

Courir après le temps est l'occupation principale de l'être humain. Comme si rien n'était plus intéressant que cela, comme si c'était la seule chose qui avait de la valeur. Le temps. Courir courir pour aller vite et finir par croire que la mort est vaincue. Mais vaut-il mieux vivre peu et intensément ou longtemps et de manière bâclée ?

 

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Je suis sorti, Seigneur, dehors les hommes sortaient.

Ils allaient, ils venaient, ils marchaient, ils couraient.

Les vélos couraient, Les voitures couraient, Les camions couraient, 
La rue courait, La ville courait, Tout le monde courait. 
Ils couraient pour ne pas perdre de temps.

Pour rattraper le temps, pour gagner du temps.

 

Au revoir, monsieur, excusez-moi, je n’ai pas le temps.

Je repasserai, je ne puis attendre, je n’ai pas le temps. 
Je termine cette lettre, car je n’ai pas le temps. 
J’aurai aimé vous aider, mais je n’ai pas le temps. 
Je ne puis accepter, faute de temps. 
Je ne peux réfléchir, lire, je suis débordé, je n’ai pas le temps. 
J’aimerais prier, mais je n’ai pas le temps.

 

Tu comprends, Seigneur, ils n’ont pas le temps ;

L’enfant, il joue, il n’a pas le temps tout de suite… plus tard…

L’écolier, il a ses devoirs à faire, il n’a pas le temps… plus tard…

Le lycéen, il a ses cours et tellement de travail, il n’a pas le temps… plus tard…

Le jeune homme, il fait du sport, il n’a pas le temps… plus tard…

Le jeune marié, il a sa maison, il doit l’aménager, il n’a pas le temps… plus tard…

Le père de famille, il a ses enfants, il n’a pas le temps… plus tard…

Les grands-parents, ils ont leurs petits-enfants, ils n’ont pas le temps… plus tard…

Ils sont mourants, ils n’ont…

Trop tard ! … ils n’ont plus le temps !

 

Ainsi les hommes courent tous après le temps, Seigneur. 
Ils passent sur la terre en courant,

Pressés, bousculés, surchargés, affolés, débordés. 
Toi qui es hors du temps, Tu souris, Seigneur,

De nous voir nous battre avec lui.

Seigneur, j’ai le temps, J’ai tout mon temps à moi,

Tout le temps que Tu me donnes,

Les années de ma vie, Les journées de ma vie, 
Les journées de mes années, Les heures de mes journées,

Elles sont toutes à moi.


A moi de les remplir, tranquillement, calmement,

Mais de les remplir tout entières, jusqu’au bord,

Pour Te les offrir, et que de leur eau fade 
Tu fasses un vin généreux, comme jadis à Cana,

Tu fis pour les noces humaines.

 

Je ne Te demande pas ce soir, Seigneur,

Le temps de faire ceci, et puis encore cela, 
Je Te demande la grâce de faire consciencieusement,

Dans le temps que Tu me donnes, ce que Tu veux que je fasse.

                                                                          Michel Quoist

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De l'amitié...

7 Janvier 2013, 01:03am

Publié par Fr Greg.

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Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiés, ce ne sont qu'accointances et familiarités nouées par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s'entretiennent. En l'amitié de quoi je parle, elles se mêlent et confondent l'une en l'autre, d'un mélange si universel qu'elles effacent et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne se peut exprimer, qu'en répondant : « Parce que c'était lui, parce que c'était moi. »


Il y a, au-delà de tout mon discours, et de ce que j'en puis dire particulièrement, ne sais quelle force inexplicable et fatale, médiatrice de cette union. Nous nous cherchions avant que de nous être vus, et par des rapports que nous oyions l'un de l'autre, qui faisaient en notre affection plus d'effort que ne porte la raison des rapports, je crois par quelque ordonnance du ciel ; nous nous embrassions par nos noms. Et à notre première rencontre, qui fut par hasard en une grande fête et compagnie de ville, nous nous trouvâmes si pris, si connus, si obligés entre nous, que rien dès lors ne nous fut si proche que l'un à l'autre. Il écrivit une satire latine excellente, qui est publiée, par laquelle il excuse et explique la précipitation de notre intelligence, si promptement parvenue à sa perfection. Ayant si peu à durer, et ayant si tard commencé, car nous étions tous deux hommes faits, et lui plus de quelques années, elle n'avait point à perdre de temps et à se régler au patron des amitiés molles et régulières, auxquelles il faut tant de précautions de longue et préalable conversation.

 

Celle-ci n'a point d'autre idée que d'elle-même, et ne se peut rapporter qu'à soi. Ce n'est pas une spéciale considération, ni deux, ni trois, ni quatre, ni mille : c'est je ne sais quelle quintessence de tout ce mélange, qui ayant saisi toute ma volonté, l'amena se plonger et se perdre dans la sienne ; qui, ayant saisi toute sa volonté, l'amena se plonger et se perdre en la mienne, d'une faim, d'une concurrence pareille. Je dis perdre, à la vérité, ne nous réservant rien qui nous fût propre, ni qui fût ou sien, ou mien. 

Montaigne,  Les Essais, livre Ier, chapitre XXVIII 

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La Mère Nature ou le nouveau visage de Dieu… (II)

5 Janvier 2013, 01:04am

Publié par Fr Greg.

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Malgré tout, ce problème d’allocation sur le marché du travail provoque indéniablement une détresse sociale, qui pourrait amener certains à se tourner vers la religion…

Ces personnes se sentent en effet en situation de crise, et ils se tournent justement vers les nouveaux grands prêtres de la religion individuo-globale, qui peuvent être des psychothérapeutes (dans la version la plus apparemment rationnelle) ou vers des guides spirituels. Reste qu’ils acceptent en général de gagner moins pour occuper un emploi qui les épanouit. Ceux qui n’arrivent pas à trouver une profession épanouissante sont « stressés » et cherchent à compenser durant leur loisir en partant en stage de yoga, en sautant à l’élastique, etc. Dans les années 1970 ou 1980, seule une archi-minorité avait ce type d’aspiration.

L’enquête mondiale sur les valeurs, la plus grande enquête réalisée dans l’histoire de l’humanité, qui a débuté dans les années 1970, et dont les dernières vagues ont visé à étudier des échantillons représentatifs (près de 90% de la population mondiale) font très clairement apparaître ce tournant culturel des années 1990, que le sociologue américain Ronald Inglehart appelle la « Révolution culturelle silencieuse ». Simultanément, on assiste à un déclin de ce qu’on appelle les valeurs traditionnelles et industrielles, soit toutes les valeurs rattachées à la morale classique, dans les mœurs, la sexualité, à la croyance en un Dieu omnipotent, à une hiérarchie sociale stricte. Et en même temps, les revendications « spirituelles » s’affirment : on veut « se développer », s’épanouir, vivre des expériences intérieurement enrichissantes… même dans le travail. Les trois axes de cette « nouvelle religion » postindustrielle sont le développement personnel(recherche de la créativité), le bien-être (une santé supérieure) et la connaissance de soi(découvrir la vérité du monde au travers de pratiques comme le yoga ou la relaxation).

On le voit dans le travail, mais aussi dans nos loisirs : on ne part plus en vacances pour se vider, on part à la recherche de nouvelles expériences, de nouvelles compétences qui nous transforment, nous améliorent. C’est l’ère du tourisme culturel, du tourisme spirituel, du tourisme humanitaire. On part faire de l’humanitaire, on veut s’accomplir en construisant un hôpital au milieu de nulle part.

Cela transparaît également dans notre rapport au couple : si, un temps, divorcer était un échec, le divorce apparaît aujourd’hui de plus en plus comme une expérience positive, une étape dans le parcours dans le parcours existentiel.

N’existe-t-il pas une contradiction entre la volonté de s’engager dans l’humanitaire et le nombrilisme de cette « religion du bien-être et de l’accomplissement de soi » ?

Tout à fait. Mais justement une religion se fonde toujours sur des contradictions, la première d’entre elle étant le fait de désirer vivre et pourtant de devoir mourir. L’ « individuo-globalisme » se fonde sur la contradiction entre le désir d’être Soi et la quête de l’Universel, du Tout, la quête de la singularité individuelle et le désir de diversité. C’est ainsi que l’on vénère aujourd’hui l’altérité, la diversité, l’autre, le lointain, mais à travers le voyage vers l’autre lointain on cherche en réalité à se construire soi-même. On retrouve souvent cette logique chez les gens qui sont engagé dans l’humanitaire. D’ailleurs je ne critique pas, je ne dis pas que c’est bien ou mal, c’est seulement ainsi.

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Selon vous, les manifestations de cette nouvelle religion vont de l’écologie, l’engagement humanitaire, le développement durable et le culte du bien-être à… Avatar, le film de James Cameron. Comment ce film peut-il être un avatar de cette nouvelle religion ?

La religion permet aux humains de raconter une vie cohérente sur une scène mythique. Nous avons tous besoin de raconter notre vie. Ne serait-ce que se donner un nom, Pierre, Paul, Jean, etc., c’est déjà faire référence à une histoire, c’est essayer d’être autre chose qu’un organisme animal. C’est cela l’identité au fond ! Qui dit scène mythique, dit évidemment scénarios à jouer (et nous avons déjà évoqué les thèmes centraux des scénarios dans lesquels nous jouons notre vie), mais il faut aussi des décors comme dans un théâtre. Dans la religion individuo-globale, il y a trois décors qui sont combinés, superposés les uns aux autres, ce que j’appelle l’hypertradition (une tradition plus que traditionnelle, dont les religions classiques ne seraient que des versions frelatées), l’hyperscience (une science capable de comprendre l’énergie, qui justement redécouvrirait la vérité de l’hypertradition, qui s’intéresse au mystère de l’infini, à l’ondulatoire, etc.) et enfin l’hypernature (vision d’une nature plus que naturelle, qui est même le critère de la vérité de toute science et de toute tradition).La nature ne saurait mentir, elle est aujourd’hui à proprement parler surnaturelle.

Dans la morale individuo-globale, même un tsunami, s’il fait des morts, ne peut pas être l’œuvre seulement de la nature, mais doit quelque part avoir été provoqué par la « mauvaise » science de l’homme, par l’industrie, etc. La nature est la clé métaphysique de la théologie individuo-globale : l’hypertradition et l’hyperscience doivent prouver qu’elles sont « naturelles » pour être légitimes. C’est valable pour nos pratiques individuelles. La méditation, par exemple, est vantée parce qu’elle serait une pratique à la fois traditionnelle, scientifique, bénéfique à la santé et, forcément, naturelle. De même pour le taï-chi, le chi-kong et la relaxation.

On retrouve cela en marketing. Aujourd’hui, pour vendre un produit de beauté, il faut expliquer qu’il est issu d’une longue tradition, mais que, en même temps, il a été éprouvé par la science d’avant-garde et les nouvelles technologies propres – naturelles – et qu’en cela il renoue avec la Nature. Ce produit, pour être désirable, doit être hypernaturel.

Or le film Avatar exprime, de manière caricaturale, ces trois décors : la fascination pour l’hyperscience, qui peut quasiment tout faire ; pour l’hypertradition, celle de ces autochtones extraterrestres (qui ressemble en réalité à des « autochtones » très terrestres, en dehors de leur peau bleuté), qui vivent selon une tradition originelle, ce qui rend leur mode de vie supérieur à la vie urbaine polluée des humains ; mais une tradition qui est en contact direct avec la nature. Ces « autochtones » sont comme la partie non corrompue de nous-mêmes que nous pouvons redécouvrir lorsque nous partons à la rencontre de l’autre, ainsi que le fait le héros du film, qui va redécouvrir la partie originelle « naturelle » de son humanité en sauvant ce peuple extraterrestre naturel. Et bien sûr on retrouve l’incontournable culte de l’énergie qui sait tout (conférant une connaissance intuitive et immédiate de soi et du monde), qui procure bien-être (source inépuisable de santé voire d’immortalité), et permet la créativité (qui développe toutes les capacités, en nous traversant elle nous fait devenir ce que nous devons être, elle nous révèle à nous-mêmes).

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Quels sont les dogmes de cette nouvelle religion ?

Un des dogmes cruciaux est celui de la connectivité. Il faut être connecté au monde et à soi-même. Connecté depuis son ordinateur, connecté avec ses amis, connecté aux autres, à la terre, et, in fine, connecté à l’univers, à la nature. Quelqu’un qui est connecté se connaît forcément lui-même, il est aussi forcément créatif, et forcément en bonne santé. La connectivité recoupe le dogme de la circulation de l’énergie. Ainsi, dans l’imaginaire individuo-global un problème est forcément un blocage de l’énergie. Par exemple en matière de santé il s’agira de combattre les blocages. De même en matière de management, en politique, il faudra toujours restituer les flux, les accroître (il y a un lien avec le développement du capitalisme libéral bien sûr). Ce qui circule est positif, bienfaisant. L’arrêt ne peut être qu’un blocage. On voit bien que nous sommes au niveau religieux, parce que le caractère positif, merveilleux, bénéfique de « l’énergie qui circule » n’est pas discuté, cela va de soi, cela a la saveur de l’évidence. Personne ne remet en question ces priorités de bien-être, de créativité, de connaissance de soi, ou même la valeur surnaturelle de la Nature. Or le propre du religieux, c’est d’être indiscutablement admis, de constituer la trame même de nos désirs les plus profonds

 

 Propos recueillis par Ania Nussbaum

Atlantico.fr

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La Mère Nature ou le nouveau visage de Dieu…

4 Janvier 2013, 01:46am

Publié par Fr Greg.

Une étude réalisée par l'institut de sondage américain Gallup révèle que l’athéisme est en progression. Un peu moins de 60% de la population mondiale estime être croyante, presque 10% de moins qu’en 2005. 23 % estiment être agnostiques, 13 % athées. C’est en France que le nombre d’athées a le plus progressé, passant de 14 à 29%. 

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R Liogier, dans votre livre Souci de soi, conscience du monde, vous estimez qu’une nouvelle religion émerge et se généralise, que vous appelez individuo-globalisme. Comment expliquer que de plus en plus de Français s’estiment athées ?

Raphaël Liogier : Cette baisse de la croyance en Dieu révèle moins une baisse réelle de la foi qu’un changement de culture. Une nouvelle culture caractéristique des sociétés dites postindustrielles, autrement dit des sociétés les plus riches de la planète, s’est développée depuis les années 50. Dans cette nouvelle culture le divin a pris de nouvelles formes. Nous assistons depuis un siècle à une révolution religieuse et non à une disparition de la religion.

De plus en plus de gens se disent certes « athées », ce qui signifie, étymologiquement, « qui ne croit pas en Dieu ». Pourtant, les enquêtes que nous avons menées montrent que de plus en plus de ces athées déclarés croient néanmoins à une puissance supérieure, par exemple à une connexion avec la nature, qui donne du sens à leur vie. Dieu n’est que le nom donné à cette puissance supérieure, à l’Absolu, dans un certain contexte religieux, celui du monothéisme biblique.

On se rend compte que ces incroyants croient en quelque chose qu’ils n’appellent plus Dieu, mais qui relève pourtant de cet Absolu. L’image du Dieu biblique, impérieux, vindicatif, ombrageux, lointain, attaché à une certaine contrainte morale, est devenue négative. Dès lors le nom même de Dieu est devenu péjoratif. Le divin se nomme aujourd’hui autrement.

Quel est le nom de ce nouveau Dieu ?

C’est surtout la notion d’énergie qui remplace celle de Dieu. On dira qu’il y a de bonnes énergies dans cette maison ou dans cette nourriture ! On distingue même, ce qui est typiquement religieux, les énergies négatives (représentant le Mal dont il faudrait se débarrasser) des énergies positives (qu’il faudrait cultiver en soi et autour de soi, parce qu’elles expriment le Bien). Cette révolution a commencé au XVIIIème siècle. L’énergie est devenue l’objet de toutes les spéculations, à la fois scientifiques et spirituelles. L’un des pères de l’hypnotisme, Messmer (d’où « to mesmerize » en anglais, hypnotiser), fut un des principaux promoteurs de la croyance en un magnétisme animal, selon laquelle une force vitale existerait en nous et dans la nature. Ce principe vital donnerait un sens à l’univers, une direction. Même Hegel s’est intéressé de près au magnétisme animal. Au XXe siècle, les croyances magnétiques donnent progressivement naissance à ce que l’on peut appeler un véritable culte de l’énergie. Le succès des religions extrême-orientales en Occident - surtout le bouddhisme, l’hindouisme, le taoïsme, avec des pratiques comme le yoga, le qi-gong, et les notions de chakra, de méridiens d’énergie - va participer à la normalisation et à la généralisation de ce culte énergétique.

Cette religiosité est-elle un phénomène nouveau ?

Ce nouvel imaginaire se déploie dans les années 1950 en dehors des cénacles intellectuels et ésotériques, sous l’impulsion par exemple du mouvement hippie, des idées émergentes de « développement personnel » et d’écologie. Sans une transformation économique profonde de nos sociétés ce nouvel imaginaire n’aurait pu se développer. C’est effectivement à partir des années 1950 que nous entrons progressivement dans l’ère postindustrielle, autrement dit que nous avons atteint un niveau de richesse par habitant qui permet la mise en place d’un Etat providence élargi qui sécurise matériellement le destin de la majorité de la population. Cette nouvelle sécurité (la sécurité sociale au sens large) a permis le développement de préoccupations de plus en plus détachées de la seule réussite économique (même si la réussite économique reste importante bien sûr !). C’est à ce moment-là qu’apparaissent trois thèmes phares de ce que j’appelle « l’individuo-globalisme » : la connaissance de soi, la créativité, le bien-être. L’ensemble du monde postindustriel est concerné, l’Europe, l’Australie, et non seulement la France. Aujourd’hui le mode de vie « postindustriel » est de plus en plus répandu sur la planète, et logiquement le taux d’athéisme augmente, même si la majorité des sociétés n’ont pas encore amorcé ce virage économique et culturel, ce qui explique que 60 % de la population mondiale adhère toujours à la croyance en Dieu.

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Pourtant, les Etats-Unis, société post-industrielle par excellence, restent un pays très religieux…

Les Etats-Unis sont effectivement un pays postindustriel, mais où la croyance en Dieu est encore forte. Mais c’est aussi un pays dans lequel l’Etat providence est moins développé avec un système de sécurité sociale moins protecteur qu’en Europe en moyenne.

A l’opposé, c’est en Suède qu’on trouve le plus faible taux de croyance en Dieu, où il est encore plus bas qu’en France. De manière générale, la croyance en Dieu est très basse en Scandinavie, où l’Etat providence est le plus développé. Ce sont aussi dans ces pays que la spiritualité individuo-globale est la plus marquée : importance de l’énergie, de la Nature, etc.

La religion est donc un opium pour échapper à la précarité sociale ?

Le religieux donne du sens à notre existence en fonction des contextes dans lesquels nous nous trouvons. La croyance en un Dieu omnipotent est plus adaptée à un contexte de précarité économique et sanitaire alors que la croyance en l’énergie bienfaisante est plus adaptée à un contexte de satiété matérielle.

Pourtant, la crise actuelle devrait inciter les Français à se tourner vers la religion…

Malgré la crise dont on parle actuellement, la France reste un pays dans lequel on mange à sa faim. L’Etat-providence existe toujours. Et d’ailleurs une partie du problème du chômage est moins lié au manque d’emplois qu’au fait que la plupart des gens dans nos sociétés ne cherchent plus seulement à travailler pour gagner leur vie mais à « s’épanouir ». Dès lors les secteurs économiques à forte teneur créative, réputés permettre l’épanouissement de la personnalité, comme le journalisme, la littérature, l’art, la recherche, etc., sont pris d’assaut, alors que l’on trouve par exemple de moins en moins de monde pour travailler dans le bâtiment. La crise de l’emploi est aussi liée à nos choix, à nos nouveaux désirs d’épanouissement conditionnée par la nouvelle religion individuo-globale. 

 

 Propos recueillis par Ania Nussbaum

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Garder le don de Noël toujours actuel...

3 Janvier 2013, 01:11am

Publié par Fr Greg.

 

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Noël est vraiment le mystère de la joie divine parfaite. Les anges le proclament nettement aux bergers : « Voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple » (Lc 2, 10).

 

La joie, en effet, implique l’épanouissement de notre vie et la conscience de cet épanouissement. C’est pourquoi, du point de vue humain, il pourra y avoir divers types de joie, puisqu’il y a diverses manières d’épanouir notre vie humaine. Parmi ces joies, celle de l’amitié est à la fois la plus humaine et la plus consciente pour nous. On sait très bien comme notre cœur humain peut être triste, lorsqu’il doit subir la séparation, l’absence de l’ami. Sa présence, au contraire, le fait exulter de joie. C’est cette joie de l’amitié qui peut le mieux nous servir à saisir le caractère propre de notre joie divine, puisque le mystère de la charité est un mystère d’amitié avec Dieu, avec les trois Personnes divines, par et dans le Christ. La joie divine implique l’épanouissement de cette amitié et une certaine expérience de cette amitié, c’est-à-dire le don de Dieu et notre don à Dieu, d’où résultent une présence d’amour et une certaine expérience de cette présence dans la foi vivante, grâce au don de sagesse.

 

Plus la présence est intense et forte, vécue et expérimentée, plus la joie est intense et forte. Or, précisément, le mystère de Noël pour Marie est bien ce mystère de don mutuel : Dieu donné comme « tout-petit » à Marie sa mère. Il ne peut y avoir de présence plus intime que celle du tout-petit auprès de sa mère, car ces deux êtres sont si proches l’un de l’autre et si connaturels. Il ne peut y avoir de présence plus vécue, plus expérimentée qu’au moment même de la naissance, de la première apparition de cette présence. La présence, à ce moment, possède un éclat unique. Noël, c’est Dieu avec Marie, c’est Dieu pour Marie. Et il n’y a rien d’autre que ce fait, dans toute sa nouveauté, dans toute sa pureté. C’est vraiment le mystère de la grande joie. A l’Annonciation, Dieu était bien donné à Marie et Marie était bien donnée à son Dieu, mais ce don demeurait très caché. La présence demeurait imparfaite, car celle-ci réclame que les êtres, qui sont en présence, soient parfaitement distincts, face à face, qu’ils puissent vraiment être deux à mener la même vie. L’unité de connaissance et d’amour, même lorsque cette connaissance et cet amour sont divins, ne suffisent pas pour une présence plénière, surtout lorsqu’il s’agit de nous qui possédons un corps. Nous avons besoin d’une présence physique, d’un regard qui soit comme le reflet, l’expression vivante de cette unité de connaissance et d’amour. Le propre de la naissance est précisément de réaliser cette distinction parfaite du corps de l’enfant avec celui de sa mère, ce qui permet à l’enfant de devenir présent à sa mère. C’est pourquoi ce n’est pas la joie qui domine à l’Annonciation, mais le désir silencieux dans l’attente d’une promesse qui se réalise.

 

Marie-Dominique Philippe, OP, Mystère de Marie, Fayard, p. 144-145

 

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ARTISANS DE PAIX !

2 Janvier 2013, 03:30am

Publié par Fr Greg.

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Le chemin de réalisation du bien commun et de la paix est avant tout le respect pour la vie humaine, à commencer par sa conception, dans son développement, et jusqu’à son terme naturel. Les vrais artisans de paix sont alors ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine en toutes ses dimensions : personnelle, communautaire et transcendante. La vie en plénitude est le sommet de la paix. Qui veut la paix ne peut tolérer des atteintes ou des crimes contre la vie.


Ceux qui n’apprécient pas suffisamment la valeur de la vie humaine et, par conséquent, soutiennent la libéralisation de l’avortement par exemple, ne se rendent peut-être pas compte que de cette façon ils proposent la recherche d’une paix illusoire. La fuite des responsabilités qui avilit la personne humaine et, encore davantage, le meurtre d’un être sans défense et innocent, ne pourront jamais produire ni bonheur ni paix.


Comment peut-on penser en effet construire la paix, le développement intégral des peuples ou la sauvegarde même de l’environnement sans que soit défendu le droit des plus faibles à la vie, à commencer par les enfants à naître ? Toute atteinte à la vie, en particulier à son origine, provoque inévitablement des dégâts irréparables pour le développement, pour la paix, pour l’environnement. Il n’est pas juste non plus de codifier de manière sournoise de faux droits ou des abus qui, fondés sur une vision réductrice et relativiste de l’être humain et sur l’utilisation habile d’expressions ambiguës destinées à favoriser un prétendu droit à l’avortement et à l’euthanasie, menacent le droit fondamental à la vie.


La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et promue, c’est-à-dire l’union entre un homme et une femme, face aux tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes radicalement différentes d’union qui, en réalité, la dénaturent et contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable.

Ces principes ne sont pas des vérités de foi ; ils ne sont pas non plus seulement une conséquence du droit à la liberté religieuse. Ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même, identifiables par la raison, et donc communs à toute l’humanité. L’action de l’Église en faveur de leur promotion ne revêt donc pas un caractère confessionnel mais s’adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse. Cette action est d’autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, car cela constitue une offense faite à la vérité de la personne humaine, une grave blessure infligée à la justice et à la paix.

C’est pourquoi la reconnaissance par les ordonnancements juridiques et par l’administration de la justice du droit à l’usage du principe d’objection de conscience face à des lois et à des mesures gouvernementales portant atteintes à la dignité humaine, comme l’avortement et l’euthanasie, est aussi une importante contribution à la paix.


Parmi les droits fondamentaux, concernant aussi la vie pacifique des peuples, il y a également celui des particuliers et des communautés à la liberté religieuse. En ce moment de l’histoire, il devient de plus en plus important qu’un tel droit soit promu non seulement du point de vue négatif, comme liberté face à – par exemple des obligations ou des restrictions relatives à la liberté de choisir sa propre religion –, mais aussi du point de vue positif, en ses différentes articulations, comme liberté de : par exemple de témoigner de sa propre religion, d’annoncer et de communiquer ses enseignements ; d’accomplir des activités éducatives, de bienfaisance et d’assistance qui permettent d’appliquer les préceptes religieux ; d’exister et d’agir en tant qu’organismes sociaux, structurés selon les principes doctrinaux et les fins institutionnelles qui leur sont propres. Malheureusement, même dans les pays de vieille tradition chrétienne, se multiplient les épisodes d’intolérance religieuse, en particulier contre le christianisme et contre ceux qui revêtent simplement les signes distinctifs de leur propre religion.


L’artisan de paix doit aussi avoir conscience que de plus en plus de secteurs de l’opinion publique sont touchés par les idéologies du libéralisme radical et de la technocratie qui leur instillent la conviction selon laquelle la croissance économique est à obtenir aussi au prix de l’érosion de la fonction sociale de l’État et des réseaux de solidarité de la société civile, ainsi que des droits et des devoirs sociaux. Or, il faut considérer que ces droits et devoirs sont fondamentaux pour la pleine réalisation des autres, à commencer par les droits et les devoirs civiques et politiques.


Parmi les droits et les devoirs sociaux aujourd’hui les plus menacés, il y a le droit au travail. Cela est dû au fait que le travail et la juste reconnaissance du statut juridique des travailleurs sont de moins en moins correctement valorisés, parce que le développement économique dépendrait surtout de la pleine liberté des marchés. Le travail est appréhendé comme une variable dépendant des mécanismes économiques et financiers. À ce sujet, je répète ici que la dignité de l’homme, ainsi que la logique économique, sociale et politique, exigent que l’on continue à « se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail ou son maintien, pour tous »[4]. La réalisation de cet objectif ambitieux a pour condition une appréhension renouvelée du travail, fondée sur des principes éthiques et des valeurs spirituelles de nature à renforcer sa conception en tant que bien fondamental pour la personne, la famille, la société. À ce bien correspondent un devoir et un droit qui exigent des politiques courageuses et novatrices en faveur du travail pour tous.

 Benoit XVI

 JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX, 1er JANVIER 2013

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2013, une nouvelle année?

1 Janvier 2013, 09:19am

Publié par Fr Greg.

 

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Cette année ne sera nouvelle, que si notre manière de la vivre est toute nouvelle... sinon c’est du passé que l’on vivra, de notre mémoire, de nos souvenirs, de nos échecs et de ce qui est passé sur lequel personne ne peut revenir... Or, tout est nouveau pour celui qui est jeune, tout est nouveau pour celui qui a le temps. Et nous avons le temps: nous sommes déjà de l'éternité! Et l'éternité, c'est long... Mais cela veut dire que nous avons le temps…; Il n’y a aucune raison à l’angoisse ou au stress. Au ciel nous connaitrons tout ce que nous désirons ici connaitre, aimer et faire ! Toutes les possibilités seront plus du'assumés et satisfaites! Seul ceux qui sont de ce monde doivent courir après le temps pour profiter et jouir de chaque minute qui passe : le temps leur est compté !


Cette année sera nouvelle, si chaque journée commence par un regard vers le ciel, vers ce pour quoi nous sommes faits, et tout vivre dans cette lumière. Celui qui est le ciel, l’éternité est tout proche de nous. Et chaque matin nous pouvons anticiper cette rencontre.


Seule la charité, cette amitié divine avec Lui et entre nous, nous presse ! Nous jouirons de tous les liens que nous aurons creusé, conquis, inventé ; tout le reste, nos façades, nos images propre et lisse, nos désirs de plaire, nos opinions, nos amertume, nos échecs, nos peurs, tout cela disparaitront comme la paille balayé par le vent…


Seul l’éternité nous garde jeune et en attente ! 2013 nous en rapproche…

Fr Grégoire.

 

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La vision béatifique, c’est notre intelligence qui éclate en Dieu, comme le papillon qui sort de son enveloppe. (…) Le passage de la foi à la vision béatifique, de l’état embryonnaire à la naissance dans le mystère de Dieu, s’opère dans l’amour divin, dans la charité. C’est la charité qui fait la continuité, puisque la vision béatifique se réalise à travers l’amour, et qu’ici, sur terre, durant notre pèlerinage, la foi demeure toujours dans l’amour pour être vivante : elle est comme toute baignée, imprégnée d’amour. (…) C’est grâce à l’amour que nous pouvons vivre de la plénitude de la foi (…).

Sous le régime de la foi, on est toujours comme derrière un mur ;  même si le mur devient à certains moments moins épais, c’est quand même toujours un voile et un mur. On ne voit pas, et on voudrait tellement voir ! On sait que le mystère est tout proche, et on ne le voit pas. Mais par l’amour, on est dedans, on est brûlé du feu de ce mystère. Ce mystère doit brûler notre cœur, puisque c’est le mystère de l’amour de Dieu.

MD Philippe, L’Etoile du matin

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2013, et si l'argent n'existait pas...??

1 Janvier 2013, 01:52am

Publié par Fr Greg.

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2013 sera une année magique...??

1 Janvier 2013, 00:01am

Publié par Fr Greg.

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Il est né pour les pauvres, les opprimés, les désespérés: que tous soient frères!

31 Décembre 2012, 02:30am

Publié par Fr Greg.

Homélie du patriarche Fouad Twal, Noël 2012-2013 de la Basilique de la Nativité à Bethléem

 

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Nous célébrons la nuit de Noël qui a nous a apporté la Bonne nouvelle du salut ; la nuit qui accomplit et annonce d’autres nuits célèbres comme celle de la création, la nuit du Jeudi Saint, et celle qui a précédé la Résurrection du Seigneur. En cette nuit est annoncée l’aurore d’une ère nouvelle pour l’humanité.

 

Il ressemble aux petits de son âge, à nos propres enfants que nous aimons et que nous voyons grandir, mûrir et croître en connaissance et en sagesse. Il est né pauvre, a vécu pauvrement et a librement choisi de ne pas se donner de privilèges. Il a expérimenté la fatigue, la souffrance, le froid, la faim, la soif, la peur, la persécution, la fuite et,  plus tard, la mort et le sacrifice de lui-même : car il a voulu être un vrai « fils de l’homme », partageant avec nous nos souffrances et nos espérances, heureux d’être l’un de nous, acceptant l’attention et les gestes de tendresse maternelle de sa Mère, se contentant de ce que la Sainte Vierge et saint Joseph lui offraient comme nourriture et vêtement.

 

Ensuite, nous nous arrêtons sur les raisons de son Incarnation. Il est né pour les pauvres, les opprimés et les souffrants, ainsi que pour les gens simples, ordinaires qui n’ont pas perdu l’espérance en Dieu ; il est venu  pour les transgresseurs et les pécheurs. Il a voulu rendre à l’homme son humanité, et au pécheur sa bonté et son innocence, ainsi que l’image de Dieu, déformée par le péché. Il a voulu intérioriser les préceptes et les lois, faisant de la « religion » non une série de dictats mais l’expression de l’amour envers Dieu. Au lieu de l’amour de la Loi, il a proclamé la loi de l’Amour : « Aimez-vous les uns les autres ! »

 

Voici le rêve du petit Enfant : que tous les êtres humains soient frères parce qu’ils ont un seul Dieu et Seigneur, qui est le Père universel, qui a compassion de tous et s’occupe de tous ! Il est venu réconcilier le ciel dont il provenait avec la terre qui l’a accueilli. Il est venu réconcilier le pécheur avec son Créateur, et l’homme avec soi-même et son frère ; il est venu transformer les ennemis en amis. C’est pourquoi Isaïe a prédit des temps messianiques : « Le loup habitera avec l’agneau,  la panthère se couchera avec le chevreau. Le nourrisson jouera sur le repaire de l’aspic » (Is 11, 6-8a). Il s’agit de symboles de l’universalité de la réconciliation où la justice et la paix seront la part de tous les êtres humains. L’annonce de l’Ange aux bergers de Bethléem en constitue la réalisation : « Je vous annonce une grande joie… Aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur… » (Lc 2, 10 – 11).

 

Nous, les fidèles des religions monothéistes, nous nous accordons sur le fait que les divisions entre les hommes sont l’œuvre du démon, alors que la réconciliation est l’œuvre de Dieu. Depuis ce lieu saint, j’invite les politiciens et les hommes de bonne volonté à travailler résolument pour un projet de paix et de réconciliation qui embrasse la Palestine et Israël, et ce Moyen-Orient meurtri. Prions avec ferveur pour nos frères, en Syrie, qui meurent sans pitié ni appel ! Prions pour le peuple égyptien qui lutte pour l’entente, la liberté et l’égalité ! Prions pour l’unité et la réconciliation au Liban, en Irak, au Soudan, dans les autres pays de la région et du reste du monde. Prions pour la prospérité et la stabilité en Jordanie.

 

Chers frères et sœurs,

La fête revient cette année alors que beaucoup d’entre vous souffrent pour une raison ou pour une autre. Des milliers de jeunes attendent impatiemment dans les prisons de retrouver leur liberté ! Des familles sont séparées et attendent un permis pour se réunir sous un seul toit ! Vous souffrez d’une occupation qui n’est pas finie. Gaza et le sud d’Israël viennent de sortir d’une guerre dont les conséquences sont encore visibles sur le terrain et dans les esprits. Notre prière embrasse toutes les familles, arabes et juives, que le conflit a atteintes ! Que le Seigneur leur donne patience, confort et consolation, et que la société leur offre assistance et appui !

 

Regardons  l’Enfant de Marie et écoutons-le : « Heureux les doux,  car ils posséderont la terre ; bienheureux sont les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu. Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés. »  (Mt 5)

 

O Enfant de Bethléem, qui as connu, avec ta Mère et ton père adoptif, la pauvreté et l’exil en Egypte, fuyant la cruauté d’Hérode, délivre-nous de tous les tyrans de ce siècle et fais de nous un sanctuaire où tu renouvelles constamment ta naissance, afin que nous soyons les témoins de ton Amour !

 

Et toi, Marie notre Mère, qui as prodigué tes attentions maternelles à ton divin Enfant, protège tous les enfants du monde de tout mal et mets en leurs cœurs les semences de la foi, de l’espérance et de la bonté.

Chers frères et sœurs, je vous souhaite un joyeux Noël, et le don de la paix que le Seigneur a promis a toutes les « personnes de bonne volonté » (Lc 2, 14). Amen !

 

+ Patriarche Fouad Twal 

 

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"On ne naît pas femme, mais on le devient... ??"

30 Décembre 2012, 01:29am

Publié par Fr Greg.

Dans une récente 'lettre ouverte aux politiques' du 23 déc.2012 Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon, dévelloppe et creuse le point suivant :

"L’affirmation « Je ne nais pas homme ou femme, je le deviens » est un leurre qui relève d’une idéologie ancrée dans un subjectivisme, un relativisme absolu rejetant toute réalité objective de notre être personnel sexué. (…) "Bien évidemment, cette dimension sexuelle de l’homme et de la femme se développera de manière très complexe de la petite enfance jusqu’à l’âge adulte."

http://diocese-avignon.fr/spip/Lettre-ouverte-aux-politiques

 

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 Sans faire ici aucun procès, il aurait peut-être fallu -par souci de vérité, même si aujourd’hui cette quête ne va que dans un sens- développer cette phrase –en rouge-, qui pourrait éclairer cette idéologie subjective tant matraqué depuis le « on ne naît pas femme, mais on le devient ! » de Simone de Beauvoir dans Le Deuxième Sexe.  


En effet, je nais homme ou femme, cela s’impose à moi dans mon corps, et dans toute ma manière d’exister dès le point de départ de mon existence. On n'a pas le choix! Pourtant, si on naît homme ou femme, il me semble plus juste d’affirmer aussi que d’une certaine manière ON LE DEVIENT!


Bien entendu je ne peux pas devenir autre chose, un homme ne peut "devenir" une femme, mais un petit garçon peut malheureusement rester un enfant, infantile et immature; Il y a donc une appropriation de notre corps: "deviens ce que tu es" disait St Augustin et avant lui bien des philosophes. Et malheureusement, du fait de maladie physique, psychique ou autre, certains ne grandiront jamais, et ne deviendront pas un homme ou une femme jusqu'au bout! L’expérience de certains peuples des iles par exemple est un exemple flagrant de la place de l’appropriation de notre être ; et que des manques ou des abus peuvent provoquer un réel repli sur une manière d’être qui ne correspond pas à ce qu’est la personne.


Il faudrait même préciser ceci -et je conviens que je m’aventure en terrain délicat qui pourrait prêter à de mauvaises interprétations- : mon corps s'impose à moi naturellement, de même mes parents, ma famille, mon lieu d'origine, mon éducation… Mais ceci conditionne ma manière d'exister : je ne suis pas un homme, ou un être masculin ou féminin en soi: être homme ne dit pas jusqu'au bout ce que je suis. Je suis un être unique, individuel, original et autonome, et cela c'est plus que le fait d’être homme ou femme ! Être un homme ou femme fait partie intrinsèque de mon être, mais relève du comment j’existe non de ce que je suis ultimement. C’est un ‘accident’ substantiel : cela fait partie de ma personne, de comment j’existe. Par exemple, j’aime telle personne, c.a.d quelqu’un qui existe comme un homme ou une femme ; J’aime cette personne, dans sa bonté personnelle, pas le fait qu’il soit simplement un homme ou une femme. . .  

  En effet, nous sommes, chacun, des êtres spirituels, et -comprenez bien- l’esprit comme tel n’est ni masculin ni féminin ! Être un homme ou une femme relève de la manière d'être, qui fait que la manière dont je connais, travaille et aime connais une modalité propre: féminine ou masculine. Mais ce n'est pas cette manière d'être qui détermine et définit ce qu'est connaitre aimer ou travailler. Jouer au piano, faire un gâteau ou aimer quelqu'un n’est ni masculin ni féminin comme tel; mais la manière d'aimer, de travailler ou de connaitre sera autre suivant que l'on est homme ou femme  !  ; Être homme ou femme relève donc de comment j’existe, comment j'apparais et vis en ce monde, mais ce n'est pas ce que je suis; c'est une manière d'être, quasi-substantielle certes, mais ce n'est pas mon être substantiel, autrefois appelé l’âme.


Qu’est-ce que cela précise de dire cela ? Non pas que le fait d’être un homme ou femme est second ou interchangeable, mais que ce n’est pas ultime dans notre être. C'est substantiellement enraciné, cela fait partie de ce que je suis, c'est le chemin et la manière pour moi de développer mon existence, comment vivre et faire grandir ce que je suis et que je reçois, et de le personnaliser, l’orienter. Mais je suis davantage ! Réduire la personne a son corps, à sa psychologie, à son affectivité, à sa sensibilité, à sa manière d'être est sinon réducteur, de toutes façons déséspérant!

 

C'est pour cela que la "réponse" à ceux qui veulent changer de sexe, ou croient qu'ils peuvent devenir ce qu'ils veulent, ne se situent pas dans l'affirmation que l'on est ce que la nature nous impose -homme ou femme- mais que la réponse à leur attente, se trouve dans la découverte de leur esprit, leur personne spirituelle, qui dépasse le conditionement de la nature! Connaitre et aimer une autre personne, dans ce qu'il a de premier, de radical, est le propre de l'esprit humain. Et, renaitre à ce qu'est l'autre au-delà de ce qu'on en connait, et dévoiler la présence de l'Autre, me fait dépasser ma manière d'être toujours limitée, bancale, et jamais complètement harmonieuse ! 

Autrement dit, ceux qui en reste à une vision formelle, selon la nature de l'homme et de la femme, n'ont pas découvert leur personne, leur esprit, ce pourquoi ils sont; la raison majeure est qu'ils ne se sont pas laissé dérangé par un autre: ils ne sont jamais sorti d'eux-mêmes et de leurs opinions! Et quand il s'agit de croyant, cela signifie qu'ils ont une image de Dieu et d'eux-mêmes, autrement dit une idole. C'est de là que vient tout les intégrismes ou fidélité à l'image propre que l'on s'est donné! Être relatif à un autre, nous garde de tout formalisme, car l'autre nous rend toujours pauvre: il n'est jamais ce que j'en ai compris ou atteind!


Pour revenir à notre sujet, je deviens une personne humaine à partir d'un donné premier, naturel et physique, mais ultimement, c'est à travers mes choix, mes compétences acquises, mes engagements et tout ce dont j'ai pâtis que j'actue et réalise ma personnalité; Et ma personne, cet être spirituel, que l'on connait pleinement que de l'intérieur -spécialement en aimant- dépasse en quelque sorte notre manière d’exister, ce conditionnement masculin ou féminin, qui est comme son 'milieu' naturel.

 

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On comprend que pour défendre les enfants d'un projet de loi idéologique il faille rappeller ce qui s'impose naturellement à tout un chacun au-delà de ce qu'on peut penser et vouloir; mais si l'on veut un débat qui aille jusqu'au bout, il faut vraiment creuser la question de la personne humaine. La personne est en effet un être spirituel qui grandit, vit et se réalise à partir d'un corps reçu, mais qui par son esprit et ce pour quoi il est fait, dépasse ce corps; Pour cela, un regard métaphysique est nécessaire pour sortir de la fausse dialectique qui voudrait opposer un regard objectif d'un regard subjectif; opposition que nous avons hérité du rationalisme étriqué de Descartes.

 

 

Enfin la question du relativisme est à situer là ou elle est vrai: au niveau de ce qui est matériel en nous, le corps! Oui, parce que nous avons un corps, des choses sont relatives et impliquent nécessairement du plus et du moins. Je suis plus ou moins une personne achevé, plus ou moins un homme avec toute sa taille, plus ou moins une femme avec toute sa grâce ; je suis plus ou moins artisan, époux, père, citoyen, suivant que j’ai par mes choix développé et actué toutes les virtualités que je ‘reçois’ au point de départ. Il y a donc bien quelque chose de vrai dans le regard subjectif de Simone de Beauvoir et de sa descendance. La matière implique un certain hasard: elle est en puissance à toutes choses, elle est donc plus ou moins actués, plus ou moins réalisés, et en elle reste toujours une part d'indétermination, du possible réalisable! Dons elle peut être toujours un peu plus ou moins que ce qu'elle est maintenant. C'est pour cela que l'on peut tomber malade: c'est encore comment j'existe, comment j'apparais et je suis réalisé, mais ce n'est pas ce que je suis profondément. 


 

Je ne prétends pas être là exhaustif, et mes mots sont peut-être rapides et réclameraient d’être précisé, mais je voulais soulever une question qui n’est pas si simple à résoudre ; Nous payerons toujours un prix lourd de vouloir simplifier le réel par soucis d’efficacité politique: on ne peut réduire le réel à ce qu’on en a atteint : « on peut définir la personne humaine comme celle qui cherche la vérité » (fides & ratio n°28); il est donc nécessaire de la chercher jusqu’au bout. Tel est l’intention de mon propos ici. Chercher la vérité est fécond, défendre mordicus ce qu’on a cru comprendre sans s‘interroger conduit vite au dogme de la pensée unique avec ses conséquences fâcheuses… C’est la seule manière de répondre jusqu’au bout à ce que pointe les talibans du "je fais ce que je veux, ou je veux, avec qui je veux et autant de fois que je veux..." !

Fr Grégoire.

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Celui que Jésus aime de manière préférentielle... (II)

29 Décembre 2012, 02:21am

Publié par Fr Greg.

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Jean est donc celui qui semble clamer avec un toupet incroyable  : « je suis le premier partout, avant tout le monde… ! » Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce que cela révèle pour nous ? Car on n’a pas le droit de dire que ce n’est pas pour nous ! Car c’est bien au centre du mystère de Jésus : il est Le Fils bien-aimé du Père, le préféré, le choisi de toute éternité, ce qui n’a donc rien à voir avec une espèce de sélection avec un classement final ; c’est ce qu’il y a de plus secret en sa personne, et c’est cela qui nous est donné à vivre !


Or, pour nous, c’est difficile de vivre d’une préférence, c’est même éprouvant ! Les ouvriers de la 11e heure sont pris gratuitement avec un salaire préférentiel, et cela c'est éprouvant pour ceux qui ont trimé toute la journée ! La préférence c’est donc l’épreuve d’un amour gratuit et excessif, ou celui qui est source n’a pas à rendre compte de son choix !  


Que signifie la prédilection ? D’être choisi d’une manière préférentielle ? D’être le bien-aimé, celui que Jésus aime ? Et comment découvrir et toucher son regard sur nous ?

St Thomas dans son commentaire des chapitres 13 & 21 de l’Evangile de St Jean montre que lorsque l’on aime cela n’exclue pas les autres.

Si Jésus aime Jean, c’est pour trois raisons :

-parce qu’il est perspicace, intelligent ; mais intelligent ne signifie pas 1er de la classe, sinon ce serait désespérant au possible ! Perspicace signifie qu’il a un esprit pénétrant, receptif sans mettre ses raisonements dans ce qui est dit. Parce qu’il a un cœur pur, c’est l’esprit de virginité, qui là aussi n’a rien à voir avec une espèce de pureté de sainte nitouche ! Et enfin à cause de sa jeunesse, car dit-il on est attendri par les enfants: parce qu’ils sont démunis cela nous entraine à des gestes de familiarités tout nouveaux !


Qu’est-ce que cela veut-dire ? Car nous n’avons pas tous ces qualités ! Et de fait Dieu ne nous aime pas à cause de nos qualités !! Dieu en nous aimant nous rend bon : tout ce qui est en nous c’est Dieu qui en est la source !  Et puis n’est-ce pas humain d’avoir ce regard, comme si Jésus avait eu un faible pour Jean ? Mais Dieu n'a-t-il pas un amour ‘universel’, ce que dit bien le mot catholique ?! De fait, l’amour de Dieu est inconditionnel -ce qui ne signifie pas universellement astrait- et rien en nous ne peut éveiller l’amour de Dieu, alors qu’est-ce que signifie ce regard de Thomas d’Aquin sur Jean ?


Un amour de prédilection n’est pas exclusif. C’est un amour qui est tel, qu'il implique un e ngagement tel qu’on ne le donne pas comme cela ; L’amour de Jésus implique les secrets même du Fils comme Fils, aussi cela est donné à Jean comme prémice « ceux-là ont été achetés d’entre les hommes, en prémices pour Dieu et pour l’Agneau » Apoc 14,4. Jean est prémices : premier à vivre avant d’autres, premier pour d’autres ! Cela cache et manifeste la personne de Marie qui à été choisi d’un amour de prédilection, en prémices : elle a vécu la première, en avance et pour nous, les secrets que Jésus veut nous donner maintenant par elle.


Ensuite, ces trois qualités de Jean sont d’abord trois lieux d’attentes de Jésus ; trois lieux de vulnérabilité : la perspicacité de l’intelligence ce n’est pas d’être diplômé, mais d’être pénétrant, subtil et fin. Il y a par exemple une manière d’écouter qui fait qu’on empêche l’autre de nous communiquer ses secrets. Et Jean c’est celui qui a permis à Jésus d’aller jusqu’au bout de ce qu’il voulait donner ; celui qui a touché la vulnérabilité de Jésus qui en enseignant livre ses secrets !


La pureté du cœur n’est pas une perfection morale, mais d’être possédé par le regard de Celui qui se livre à moi. Possédé d’une manière telle qu’il n’y a plus que son regard ! On est pur, parce que le don de l’ami devient toute notre vie, alors on ne se regarde plus ! Jean est vierge parce qu’il se laisse attirer par Jésus dans un don retour : il est celui qui suis l’Agneau partout où il va. C’est un don qui n’est pas dans une générosité efficace mais qui est de se livrer sans réserve, en acceptant d’être à nu et vulnérable.


Et la jeunesse, ce n’est d’avoir tous les jours 15 ans et d’être un souriant crétin, mais cette souplesse qui fait que Jésus n’est pas gêné, sans ‘manière’  à l’accueil  qu’on peut lui faire. Dès que l’on cache nos pauvretés, derrière nos soi-disant qualités, derrière nos raideurs de gens responsables, parce que « c’est sérieux la vie », nous ne sommes plus dans l'élan premier. La jeunesse, c'est bien, au-delà des blessures de la vie, des échecs, des infidélités et des trahisons, revenir constamment à celui qui est source pour nous et qui nous aime d'un amour toujours premier. Jésus ne nous regarde jamais en fonction du passé, mais comme celui qu'il aime d'une manière première et toujours nouvelle.

 

Fr Grégoire. 27.12.2012

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La sainteté des plus pauvres...

28 Décembre 2012, 01:12am

Publié par Fr Greg.

 « Une voix dans Rama s'est fait entendre, pleur et longue plainte : c'est Rachel pleurant ses enfants ; et elle ne veut pas qu'on la console, car ils ne sont plus ». Jer.


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« Les saints innocents, tendres bourgeons arrachés avant d'être mûrs pour pouvoir s'offrir eux-mêmes. Selon une tradition, la grâce a devancé le développement naturel de ces enfants innocents et leur a donné la compréhension de ce qui leur arrivait afin de les rendre capables d'un don libre d'eux-mêmes et de leur assurer la récompense réservée aux martyrs. Mais même ainsi, ils ne ressemblent guère au confesseur de la foi parvenu à l'âge d'homme qui s'engage avec un courage héroïque pour la cause du Christ. Livrés sans défense, ils ressemblent bien plus aux « agneaux conduits à l'abattoir ».

 

C'est ainsi qu'ils sont l'image de la plus extrême pauvreté. Ils ne possèdent nul autre bien que leur vie. Et maintenant elle leur est prise aussi et cela s'accomplit sans qu'ils résistent. Ils entourent la crèche pour nous montrer de quelle nature est la myrrhe que nous devons offrir à l'Enfant divin : celui qui veut lui appartenir totalement doit se livrer à lui dans un total dessaisissement de soi-même et s'abandonner au bon vouloir divin comme ces enfants. »

 

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein)

Méditation pour le 6 janvier 1941

 

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Celui que Jésus aime d'un amour préférentiel... (I)

27 Décembre 2012, 02:02am

Publié par Fr Greg.

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      Pour s’approcher de la personne de Jean, il faut revenir et recevoir ce qu’il dit de lui-même dans son évangile.

Cela commence par un silence sur lui-même: il est ‘un disciple’ qui suit Jésus sur la parole de Jean-Baptiste. Jean est comme non-cité, et pourtant cette rencontre est capitale. Elle est celle que rapporte Jean en premier: elle est comme la lame de fond qui anime tout son évangile. « Jésus se retournant et les voyant qui le suivaient leur dit : ‘ Que cherchez-vous ?’ » Cela est capital car tout l’évangile c'est pour Jean nous dire comment il a laissé Jésus lui révéler son regard sur lui. Toute la nouvelle alliance, c'est pour chacun, Dieu qui se retourne -lui que l'on voyait de dos- et qui nous révélant comment il nous regarde, éveille notre intelligence à son désir le plus profond, au désir que Jésus lui-même à sur nous: « Que cherchez-vous ? ». 

 

Puis, au terme de son évangile, Jean se désignera par cinq fois « le disciple que Jésus aimait »! Le disciple que Jésus aimait, rien que ça!! Qu’est-ce que cela veut dire ? Pourquoi et en quel honneur dit-il cela... ? Ne serait-ce pas un manque d’humilité ? Un petit peu d’orgueil ou au moins d’amour propre ?? Incroyable.. et ce n'est pas une métaphore; lorsque Jean dit ‘Celui que Jésus aimait’, cela manifeste que l’amour de Jésus n’est pas un amour universel, abstrait ou égalitaire ! Jésus ne nous aime pas de manière égale, et ça, ça nous est insupportable ! C’est indécent, inhumain et scandaleux : notre éthique ‘citoyenne’ respectueuse du pacte républicain, de tolérance dégoulinante et d’amour universel qui cache nos individualismes larvés et nos consciences satisfaites de "faire du bien aux autres" en prend un grand coup ! 

 

Car, c’est peut-être là le cœur de la révélation : Dieu ne vient pas pour nous faire du bien, pour rassurer nos conscience en attente de valorisation et de reconnaissance sociale! Dieu nous aime point! Et il nous aime d’un amour de prédilection, d'un amour véhément, ardent, passionné, irraisonnable, avec une préférence jalouse qui si elle était sensible serait passible d'harcèlement !

 

Et  c'est cela que Jean à découvert pour lui! Un amour premier, total, radical, excessif, blessant parce qu'il est de trop pour nous! Un amour qui fait qu'on est premier pour Jésus. Et Jean a la pauvreté d'aller jusqu'au bout de ce choix de Jésus sur lui: nous sommes choisi pour être premier, pour comme dépasser tout le monde ! Pourquoi?  Que signifie cette préférence divine ? Autrement dit : comment-a-t-il pu découvrir cela ? Comment est-il entré dans le regard de Jésus sur lui ? Et qu’est-ce que cela veut dire pour nous ?

 

Pour nous, on a malheureusement du mal à toucher qu’aimer implique nécessairement une préférence, une priorité : nos scrupules culpabilisants nous font vite réduire la préférence à une source de jalousie insupportable ! Et puis la peur de réveiller nos volcans passionnels qu’on voulait bridé à coup de psychothérapie, fait qu’on se réfugie dans des trucs rationnel, ou tout doit être vécu de manière plus ou moins communautaire : « jamais seul, parfois deux, toujours trois » comme disaient certaines éducations étriqués de gens ‘bien sous tous rapport’ : de la maitrise, rien ne doit déborder ! Ou bien, on refoule toute vulnérabilité personnelle et on se réfugie dans un volontarisme stoïcien, vertueux et pharisaïque : la maladie cléricale par excellence ou des autorités qui aboient tel des roquets dès qu’on interroge leurs décisions ! Et dans les deux cas, on est face au culte d'un projet idéal communautaire ou on se gargarise de relations stérilisantes,  uniformes et de notre trop bonne image de nous-même que l’on souhaite continuer de cultiver, sans possibilité de vulnérabilité  à un autre !

 

Or, si déjà au niveau humain, l’amour réclame un choix préférentiel, la sainteté de Jean -et là c’est révélé- c’est un mystère de pure préférence ! On voit cela déjà au chapitre 13, lorsque Jésus annonce qu’il y a un traitre ; Pierre veut savoir qui c’est, mais comme il vient de se faire bâcher à propos du lavement des pieds –les revendications liturgique ne date pas d’hier – Pierre ne demande pas directement et passe par Jean. Et Jean qui repose sur la poitrine de Jésus, reçoit la révélation du traitre, mais ne le dit pas à Pierre ! Première fois que Jean passe devant Pierre !

 

A la croix, Jésus voyant le disciple qu’il aimait, le donne comme fils à sa mère. A la résurrection, chap 20, c’est lui qui court devant et qui arrive le premier au tombeau, mais surtout, il est le premier à croire après être entré ! C’est aussi le premier à dévoiler la présence de Jésus sur le rivage : « C’est le Seigneur ! » ; Et enfin, il y a le choix de prédilection sur Jean que Jésus se réserve et qu’il manifeste à Pierre en lui faisant bien comprendre que ce n’était pas son affaire : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? »

 

Jean c’est donc ce toupet incroyable qui proclame : « je suis le premier partout, avant tout le monde… ! » Jean est ainsi le premier à connaitre la blessure de la trahison de Jésus, le premier à être enfanté par Marie, le premier à croire, le premier à dévoiler la présence de Jésus ressusciter, et enfin  comme si il devait être le premier pour le retour du Christ ! 


Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce que cela révèle pour nous ? Car on n’a pas le droit de dire que ce n’est pas pour nous ! Car c’est bien au centre du mystère de Jésus : il est Le Fils bien-aimé du Père, le préféré, le choisi de toute éternité, ce qui n’a donc rien à voir avec une espèce de sélection avec un classement final ; c’est ce qu’il y a de plus secret en sa personne, et c’est cela qui nous est donné à vivre !

 

Or, pour nous, c’est difficile de vivre d’une préférence, c’est même éprouvant ! Les ouvriers de la 11e heure sont pris gratuitement avec un salaire préférentiel, et cela est éprouvant pour ceux qui ont trimé toute la journée ! La préférence c’est donc l’épreuve d’un amour qui est de trop, ou celui qui est source n’a pas à rendre compte de son choix !  

 

Fr Grégoire. 27.12.2012

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NOËL en Syrie...

26 Décembre 2012, 01:13am

Publié par Fr Greg.

 

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ETINCELLES DE NOEL

 

SUR LES PAS DE LA SAINTE FAMILLE:

IL n'est pas rare ce jours-ci de voir des familles palestiniennes errer dans les rues de Damas…Parents portant leurs petits enfants, suivis d'autres un peu plus âgés qui se tiennent la main portant certains sacs et colis.

Des larmes aux yeux des femmes, la colère dans le regard des hommes, la tristesse aux yeux des enfants..

Ces réfugiés palestiniens n'ont pas été épargnés par le feu de la crise syrienne.. Des milliers ont quitté leurs camps où ils y vivent depuis de 1948.. Un second exode se dessine. Certains ont réussi à rejoindre les camps palestiniens du Liban.. Les autres tournent en rond cherchant un accueil, une charité auprès des familles syriennes démunies et aussi fragiles..


Une famille de sept enfants s'est présentée au voisin, concierge d'un foyer. Elle demandait un coin discret pour allaiter son bébé de dix jours, tout le monde quitte la minuscule pièce pour laisser un peu d'intimité à cette maman et son bébé....

Pour un temps la petite chambre du concierge ressemblait à la Crèche de Bethlehem..

TOUJOURS SUR LES PAS DE LA SAINTE FAMILLE SANS ABRI..

 

UN ROI MAGE:

A l'heure où tout le monde quitte la ville, le nouveau patrirache Grec Orthodoxe Sa Béatitude Youhanna X arrive à Damas le 20 décembre, fête de St Ignace d'Antioche dont il est successeur.…

Il fait au siège patriarcal une entrée si simple et modeste à cause des événements.. Les sons des cloches répondaient aux éclats des obus..

Deux langages contradictoires:

Les premiers appellent à la prière et l'amour.. Les seconds sèment la mort et la haine..

Sa Béatitude élu lundi 17 décembre 2012 au Liban, se dépêche pour être au milieu des siens qui vivent dans la tourmente depuis 22 mois confirmant leur foi, leur mission, leur identité et leur témoignage, invitant à la veille de Noêl à la réconciliation et au dialogue seuls instruments de paix dans un pays déchiré par la violence..

Un Roi Mage portant un cadeau de son Maître : LE PARDON.

 

 

LE SOURIRE DE WISSAM:

Wissam , âgé de trois ans, vit avec un cancer de sang ( leucémie).

Il vient à la messe chaque soir à 18h..Quand il n'est sous l'effet du traitement chimique, il distribue et ramasse les feuilles des chants, donne de sa petite main le geste de paix aux fidèles parsemés dans la grande cathédrale, avec un sourire innocent et séduisant…

Il jette son chapeau qui cache une tête sans cheveux, porte un cierge à la lecture de l'Evangile et pendant la communion, distribue des images à la sortie de la messe.

Wissam doit suivre un long traitement chimio.. L'hôpital craint la fermeture à cause des combats qui l'entourent, du personnel médical qui ne vient plus et quitte la Syrie, la pénurie de fuel de chauffage et le manque de médicaments…

Tous les fidèles vivent ce cauchemar avec la famille de ce petit ange…

WISSAM REGARDE A LA CRECHE L'ENFANT DIVIN QUI LUI SOURIT AUSSI....

Dans cette longue nuit syrienne, des étincelles brillent et louent le Seigneur.

 

Noêl 2012. +Samir NASSAR

Archevêque Maronite de Damas

 

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Noël: Dieu pour nous...

25 Décembre 2012, 00:01am

Publié par Fr Greg.

 

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     « Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

 

 

On doit entendre, et mendier d’entendre jusqu’au bout cette joie de Dieu qui veut s’emparer de tout en nous ! Car Noël, c’est la joie de Dieu, la joie de Celui qui vient se lier à nous d’une manière définitive, qui se rend présent comme personne n’est présent à nous. Il est Celui qui se fait proche, qui vient tout vivre avec nous : l’Emmanuel, Dieu avec nous, Dieu pour nous. Et, il se fait notre frère : Jésus « ami des hommes » comme le rappelle la liturgie orthodoxe.


Le Sage qui cherche sa Source peut dévoiler l’existence de Celui dont il dépend actuellement, mais réalise l’abime qui existe entre cette source et lui-même. Dans l’Ancienne alliance, Dieu est venu habiter le sanctuaire du temple, se rendant accessible par la médiation de grands prêtres, mais reste le saint: le séparé, le Très-Haut, l'Eternel. Dans la Nouvelle Alliance, c’est-à-dire aujourd’hui, Dieu vient épouser notre chair, notre devenir, se rendant accessible dans la plus grande des proximités !


Voici la joie de Celui qui non seulement nous a donné d’exister, mais qui maintenant se donne personnellement à chacun ! Noël, c’est renaitre à cette initiative du Père qui fait toutes choses nouvelles ! C’est Dieu qui se fait l’un de nous pour nous rencontrer personnellement !

 

Mais ce don est tel qu’il nous éprouve ! En effet, parce que c’est un don disproportionné et excessif, on ne peut y entrer par nous-mêmes ! Dieu est de trop pour les hommes ! Il n’est pas dans le prolongement de notre nature ; C’est pour cela qu’on aurait facilement la tentation d’être spectateur, d’admirer ‘la beauté de la crèche’. Comme un conte d’antan qui fait partie de l’ambiance mais sans qu’il nous atteigne concrètement. Ou bien on se laisse prendre par notre imaginaire, nos raisonnements critique, et on met une distance entre Celui qui est là et nous : « ce n’est pas pour moi ». Ou bien, du fait de nos pathologies: ces quêtes maladives d’efficacité et d’utilisation rentable des choses, il n’y a pas de place pour Celui vient pour nous être présent gratuitement et simplement! « Dieu qui s’incarne ? A quoi ça peut servir ? » Même pour la paix dans les ménages : mieux vaut une wii, une play-station, ou autre gadget informatique dernier cri : au moins ça occupe, c’est nouveau et c’est utile !

 

Or, ce don de Jésus, c’est ‘inutile’ ! Cela ne sert pas à quelque chose ! C’est pas fait pour servir à… ! C’est quelqu'un pour moi, livré sans aucune autre raison que d’être pour moi ! La raisonde son don c’est Lui pour moi. C’est la radicalité et l’absolu du don d’une personne à une autre personne ! Et d’un don qui va jusqu’au bout : puisqu’il est divin, ce don est substantiel. Il est donné d'une manière telle que nous sommes radicalement transformé. Ce choix actuel de Jésus nous recrée radicalement : nous sommes une créature nouvelle, même si selon le monde –notre nature humaine- cela n’a rien de séduisant ou d’efficace ; c’est pourtant réel et actuel parce que c'est d'en haut: de Dieu! Et donc, cela s’impose ! Qu’on le veuille ou non ! Personne n'est libre du don de Dieu!

 

Noël, c’est réapprendre à être dépassé, à ne pas mesurer, à ne plus chercher à gérer ou raisonner pour se rassurer ! C’est redevenir un enfant, accepter qu’IL « s’occupe » de nous gratuitement et donc de ne plus s’inquiéter. Car celui qui se donne est livré à chacun d’une manière telle qu’il est à nous ! Noël, ce n’est pas une vitrine ! C’est un don substantiel ! Un don n’est vrai que si je peux en user, jouir de ce qui m’est donné. C’est cela la joie de Dieu : se donner à nous en s’abaissant le plus qu’il le peut jusqu’à assumer toute notre vie et lui donner une nouvelle dignité, un poids unique, à chacun nos actes, à chacun de nos instants. Tout en nous acquière une dimension divine !

 

Et si tout est donné, c'est d'une manière caché! Tout est gardé secret: rien d'éclatant n'est manifesté; pour autant la joie, la gratuité, les initiatives gratuites doivent surabonder ! C’est en s’enracinant dans cette gratuité excessive de Dieu, en la faisant surabonder par nos petits gestes de bonté, que Sa joie sera notre jusqu’au bout ; C’est dans des petits gestes d’amours simples mais absolus qu’on se forme au choix radical, unique et définitif de Jésus sur nous aujourd’hui !

fr Grégoire.

 Que  l'Enfant-Jésus

qui se lie à nous d'une manière définitive 

 soit votre joie!

 

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La sainteté des petits...

24 Décembre 2012, 03:24am

Publié par Fr Greg.

 

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« Vous vous attardez, paroisses vous vous attardez à produire des saintes et des saints les plus grands. Et pendant ce temps-là, sans avertir, sans prévenir personne, une petite paroisse de rien du tout avait enfanté le saint des saints. D'un seul coup, du premier coup, elle était arrivée, elle avait enfanté le saint des saints. Dans un éclair elle avait réussi, elle avait fait ce qui ne se refera jamais plus, elle avait fait, enfanté celui qui éternellement ne s'enfantera plus. Et comme vous autres, paroisses, vous avez pour patrons saint Crépin et saint Crepinien, tout de même, Bethléem, tu as pour patron saint Jésus. D'autres ont saint Marceau et saint Donatien; et Rome a saint Pierre.

Mais toi, Bethléem, petite paroisse obscure, petite paroisse perdue, toi maline tu as saint Jésus, et nul ne pourra te l'enlever éternellement jamais. Car il est ton propre patron, comme saint Ouen est le patron de Rouen. Car c'est ce saint-là que tu as mis au monde; un jour du monde que tu as mis au monde. Tu as produit ce saint-là, tu as enfanté ce saint-là. Et nous autres nous ne sommes que des petites gens.

Et il n'y aura plus que de petites gens, depuis qu'une paroisse est venue, qui a tout pris pour elle.

Avant même qu'on ait commencé. Il n'y aura plus jamais, éternellement jamais, que des petites gens. »

Charles Péguy, Le mystère de la Charité de jeanne d'Arc (1910)

 

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Secret et vie de notre coeur...

23 Décembre 2012, 03:43am

Publié par Fr Greg.

 

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"Mais ce n’est qu’un coeur, bien-aimée. Où sont ses rives, où sont ses racines? 
Tu ignores les limites de ce royaume sur lequel tu règnes. 
Si ma vie n’était qu’un instant de plaisir, elle fleurirait en un tranquille sourire que tu pourrais déchiffrer en un moment. 
Si elle n’était que douleur, elle fondrait en larmes limpides, révélant silencieusement la profondeur de son secret. 
Ma vie n’est qu’amour, bien-aimée. 
Mon plaisir et ma peine sont sans fin, ma pauvreté et ma richesse éternelles. 
Mon coeur est près de toi comme ta vie même, mais jamais tu ne pourras le connaître tout entier.»


"Vie de ma vie, toujours j’essaierai de garder mon corps pur, sachant que sur chacun de mes membres repose ton vivant toucher.
Toujours j’essaierai de garder de toute fausseté mes pensées, sachant que tu es cette vérité qui éveille la lumière de la raison dans mon esprit.
Toujours j’essaierai d’écarter toute méchanceté de mon cœur et de maintenir en fleur mon amour, sachant que tu as ta demeure dans le secret autel de mon cœur.Et ce sera mon effort de te révéler dans mes actes, sachant que c’est ton pouvoir qui me donne force pour agir."


"Je te demande en grâce, permets qu’un instant je me repose à tes côtés. Les œuvres que j’ai entreprises, je les finirai par la suite.
Privé de la vue de ta face, mon cœur ne connaît ni repos, ni répit, et mon labeur n’est plus qu’une peine infinie dans un illimité désert de peine.
Aujourd’hui l’été est venu à ma fenêtre avec ses murmures et ses soupirs et les abeilles empressées font la cour au bosquet fleuri.Voici l’heure de la quiétude et de chanter, face à face avec toi, la consécration de ma vie, dans le silence de ce surabondant loisir."


«Je ne sais de quel temps reculés, à ma rencontre tu viens à jamais plus proche. Ton soleil et tes étoiles, jamais, ne pourront te tenir caché de moi pour toujours.
Maint soir et maint matin le bruit de tes pas s’est fait entendre ; ton messager est venu dans mon cœur et m’a secrètement appelé.


Je ne sais pourquoi ma vie est aujourd’hui éperdue, et une frémissante joie circule au travers de mon cœur. C’est comme si le temps était venu pour moi d’en finir avec mon travail, et je sens faiblement dans l’air un vestige odorant de ton exquise présence."


«Si quitter ce monde est une réalité aussi forte que d'aimer, alors il doit y avoir une signification dans les rencontres et les séparations de la vie.»

Rabindranath Tagore. 

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