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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Le silence, manifestation de Dieu...

12 Mars 2011, 08:07am

Publié par Father Greg

 

Si personne ne m’écoute plus, Dieu m’écoute encore. Si je ne peux plus parler avec personne, si je ne peux plus invoquer personne – je peux toujours parler à Dieu. S’il n’y a plus personne qui peut m’aider – là où il s’agit d’une nécessité ou d’une attente qui dépasse la capacité humaine d’espérer, Lui peut m’aider. Celui qui prie n’est jamais totalement seul.

Benoit XVI, Spe Salvi.

 

 

edvard-munch-soir-d-ete.jpg « Ceci a trait à notre méprise concernant ce que nous appelons « dialogue» avec Dieu. Nous disons volontiers que Dieu parle lorsque des idées, des discours, des suggestions nous viennent à l'esprit en pensant à Dieu à propos de nos préoccupations. Le fonctionnement agile de notre esprit nous rend heureux et nous attribuons ce bonheur à la joie d'avoir conversé avec Dieu : mais rien n'est moins sûr.

 

Peut-être alors vaut-il mieux que Dieu se taise, en effet. Il y a davantage de chances que nous ne confondions pas sa Parole avec les nôtres. Il se tait et il nous regarde et il épie nos réactions. Il se tait et il nous aime et c'est pourquoi il voudrait nous donner tellement autre chose que ce que nous souhaitons naïvement d'entendre. Il voudrait nous faire un don tellement nouveau, tellement formidable, tellement inattendu ! Il voudrait nous donner simplement ce Jésus qui est le tout de ce qu'il peut nous dire, et que nous ne connaissons pas encore, car si nous le connaissions, nous n'oserions jamais prétendre que Dieu se tait... »

A.-M. Besnard, Propos intempestifs sur la prière.


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Noblesse naturelle de l'homme...

11 Mars 2011, 08:00am

Publié par Father Greg

 

  

Pour ne pas faire d'abord de la vie chrétienne –et du carême en particulier- un exercice d'ascèse ou un temps de purification, et ainsi de ne rien diminuer de cette naissance d’en-haut et du sens divin de nos luttes, il est bon de voir ce qui est naturel et 'normal' à l’homme dans sa conquête de lui-même et du 'ciel'.   

 


gandhi.jpg « La conquête des passions subtiles me paraît une entreprise infiniment plus dure que la conquête physique du monde par la force des armes. Depuis mon retour aux Indes, pas un instant je n’ai cessé de vérifier la persistance, au tréfonds de moi-même, des passions dormantes et latentes. La conscience que j’en ai, m’a pénétré d’un sentiment d’humiliation, mais non de défaite. L’expérience, les expériences, m’ont soutenu et donné de grandes joies. Mais je sais qu’il me faudra passer encore pas un chemin ardu qui s’étend devant moi. Il me faudra me réduire à néant. Tant que l’homme ne se place pas, de son plein gré, au dernier rang de ses frères humains, il n’est pas de salut pour lui. L’Ahimsâ, c’est l’extrême confins de l’humilité.

 

En disant adieu au lecteur, de moins pour le présent, je lui demande de se joindre à moi pour prier le Dieu de Vérité : Puisse-t-Il m’accorder, en faveur suprême, l’Ahimsâ en pensée, en paroles et en actes.


Il faut non seulement souhaiter le bien de l’adversaire, mais voir ses propres fautes à travers un verre convexe et faire exactement l’inverse avec celle des autres pour arriver à une juste estimation des premières comme des secondes.

L’homme et ses actes sont deux choses distinctes. Alors qu’une bonne action doit amener l’approbation, et une mauvaise, la réprobation, le fauteur de l’acte, qu’il soit bon ou mauvais, mérite toujours respect ou pitié, selon le cas. « Hais le péché, non le pêcheur » — c’est là un précepte que l’on applique rarement, s’il est aisé à comprendre : et c’est pourquoi le venin de la haine se répand si vite dans le monde. [...] S’opposer à un système, l’attaquer, c’est bien ; mais s’opposer à son auteur, et l’attaquer, cela revient à s’opposer à soi-même, à devenir son propre assaillant. »

 

M. Ghandi, Autobiographies ou mes expériences de vérité.

 

Au début de ses expériences de vérité, Gandhi croyait que le nom de Dieu était Ahimsâ (Amour). Il comprit que l'Amour était plutôt le chemin qui mène à la Vérité. Chemin étroit s'il en est puisque ce n'est qu'avec un effort incessant que l'on parvient à se l’approprier.


"L'Ahimsâ n'offre rien de facile. Elle remet tout en question et oblige celui qui la recherche à  faire preuve d'une patience infinie. Il convient qu'il ne faut pas se résigner au mal, ce serait une lâcheté, mais il faut aussi  aimer celui qui nous a volés comme un membre de notre famille en se disant qu'il n'est pas différent de nous. Ainsi nous trouverons le moyen de le gagner à nous en lui faisant renoncer à sa mauvaise vie".

 

L'Ahimsâ va ainsi plus loin que de ne pas faire de mal à aucun être." On viole Ahimsâ par une mauvaise pensée, par un mensonge, par le fait de souhaiter un malheur à quelqu'un ou simplement en gardant pour soi ce dont un autre a besoin."


 

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« C’est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut..."

10 Mars 2011, 09:37am

Publié par Father Greg

 

 

 

rembrandt-retour-de-l-enfant-prodigue.jpg   Mercredi des cendres !!

 'Les cendres...' jour de jeûne et de pénitence... -déjà pas très funky au niveau com- et, c’est LE jour ‘favorable’? Hmm...?? Et c’est ce jour qui donne la note pour tout le carême… Oups..  c’est cela le salut... ?? Pourquoi l’Esprit-Saint nous dit-il que c’est là le salut, et que c’est ‘aujourd’hui! Est-ce que le salut c'est de se purifier..?

 

Pourquoi l’Eglise reprend-t-elle ces vieilles méthodes d’aumône (et Jésus qui nous dit de donner sans regarder, quand on sait ce que les pauvres en font.. ??)  de prières     (les dévotions à n’en plus finir ça ne rend pas toujours très intelligent et Dieu connait nos attentes, alors.. ??) enfin le jeûne (pas vraiment populaire et pas renversant comme moyen pour annoncer le salut ou attirer les jeunes…) Alors, à quoi ça sert ? Pourquoi toutes ces vieilles méthodes -culpabilisantes au possible- qui ne servent qu’à nous faire faire des têtes d’enterrement… ? Et puis ce signe des cendres sur le front... c’est un peu proche du ridicule aujourd'hui... ??

           

Face à cela on a comme 2 attitudes : soit l’attitude passivo-fataliste : genre : ‘de toute façon, on doit se purifier,il faut en baver un peu, donc on s’en remet une couche pendant 40 jours et on compte les jours...’  soit le style 'intellectuel libérés du 21e siècle à qui on ne la fait pas' : ‘ces trucs du moyen-âge, oui c’est bon pour les grands-mères et les curés, mais pas pour ceux qui écoutent les infos et qui lisent les journaux... rien à faire dans ma vie.. on est des gens sérieux maintenant…donc, ça, ce n’est pas pour moi…'

 

Or Dieu, déjà dans la genèse, impose comme un jeûne apparemment inutile à Adam et Eve : ‘vous pouvez tout manger, mais de ce fruit, non…!’ ...ah..? Et pourquoi ?? et ensuite, à chaque fois qu’Il reprend son alliance, il ne réclame pas d’abord un raisonnement, mais toujours un sacrifice pas trop rationnel : " prend ton fils Isaac et va le sacrifier" ,"tuez l'agneau, mettez-en sur les portes, mangez en hâte" ou une attitude de dépouillement : le peuple d'Israël au désert,  Jonas et ses cendres à Ninive, Isaïe marchant dans le désert, David jeunant devant son fils mourant, … etc.

 

Et précisément, Dieu ne réclame pas ces gestes pour d’abord nous purifier, ou nous faire grandir ou nous faire nous reconnaitre ‘comme de sales petits pêcheurs’, non !  Mais, c’est pour que son don s’inscrive, soit manifesté dans notre vie ! C’est pour qu’on arrête de vivre enfermé dans notre idée du réel, dans ce qu’on croit en avoir compris, et qu’on arrête de diminuer la valeur de notre vie : c'est pour toucher que l'on est fait pour vivre à la taille de Dieu ! Ces gestes sont de petits moyens pour nous faire sortir de nous-même et être vraiment dans la réalité telle qu’elle est!

 

Nous qui recevons l’Eucharistie, nous ‘avons’ Dieu à disposition! On en use et malgré cela on demeure toujours inquiets de nous-même, repliés sur nous, et ainsi, ce don incroyable n’est pas très réel pour nous; et bien le carême c’est le signe du don qui nous est fait, un don qui est de trop, qui nous dépasse et qui est tellement fort qu’il nous brûle et nous blesse ; c’est comme le signe de la radicalité dans laquelle Dieu déjà nous entraine !

 

Et la souffrance, ces sacrifices gratuits, un peu inutiles, qui nous coûtent, c’est pour qu’on inscrive, qu’on s’approprie dans tout ce que l’on est, la vie de Fils qui nous est donnée ; c’est pour que toute notre personne soit prise par ce don divin qui dépasse tout ce qu’on peut penser ; ces moyens sont donc pour nous la manière de vivre de ce don qui réclame qu’on se quitte, et d’ouvrir les yeux sur ce qu’est le prochain : par l’aumône, ce qu’est Dieu : par la prière, ce que nous sommes: par le jeûne.  

 

Et c’est ce que dit Jésus : ton aumône, ta prière, ton jeûne, c’est pour être mobilisé d’une façon unique et personnelle; c'est pour ‘voir' et ‘toucher’ celui qui t’est toujours présent : ton Père qui est là dans le secret… Le carême c’est pour vivre de Celui qui est toujours là et nous attend…C’est pour ouvrir les yeux sur la profondeur de notre vie, sur sa vraie réalité… c’est de quitter les apparences, ce qu’on a compris du réel -qui nous emprisonne par ce que c’est encore nous- et de tout vivre avec lui, de l’intérieur ; c’est pour être possédé par Celui qui veut être notre secret, et connu comme tel...

 

Le carême c’est donc ce don qui veut tout prendre en nous, et qui veut nous faire vivre à sa taille, à la hauteur de ce qu’est notre Père ; Et ces ‘sacrifices’, ces ‘rites’, c’est pour toucher cela avec notre corps, avec notre sensibilité, avec toute notre personne. L’amour réclame de s’éprouver, or, Celui qui est là, c’est Celui qui est pur don, un don qui ne peut pas se dire. Il est un silence substantiel, une présence totale. On ne peut donc vivre de lui en restant dans ce que nous possédons par nos raisonnements, mais en sortant de nous-même, en étant 'arrachés à nous-mêmes' .


Le carême c’est donc nous libérer de nous-même –non d’abord par une purification morale ou culpabilisante- mais en nous faisant voir qui on est vraiment, qui on est pour le Père. C’est ultimement, pour pouvoir dire ‘Père’, et vivre de cette présence secrète de Celui qui ne me quitte jamais, de celui qui n’est que pour moi. 

Fr Grégoire.


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Tête de carême: interdite!!!!

9 Mars 2011, 07:36am

Publié par Father Greg

 

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« Ensevelis avec le Christ, vous en êtes aussi ressuscités avec lui »

8 Mars 2011, 22:30pm

Publié par Father Greg

 

 

 descente_de_croix_jean_fra_angelico_detail--2-.jpgLe Carême, ‘attente de la rencontre définitive avec son Epoux’ intensifie le chemin de purification dans l’esprit, par une prière assidue et une charité active, afin de puiser avec plus d’abondance, dans la vie nouvelle qui est dans le Christ Seigneur.


1. Cette vie, transmise le jour de notre Baptême est un don de Dieu: Nul ne mérite la vie éternelle par ses propres forces. La miséricorde de Dieu, qui nous donne de vivre notre existence avec « les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus », est communiquée à l’homme gratuitement.

 

Ce don gratuit doit être constamment ravivé en chacun de nous, et le Carême nous offre un lieu indispensable de vie chrétienne: vivre vraiment le Baptême comme un acte décisif pour toute l’existence.


2. Pour emprunter sérieusement le chemin vers Pâques et nous préparer à célébrer la Résurrection du Seigneur – qui est la fête la plus joyeuse et solennelle de l’année liturgique –, qu’est-ce qui pourrait être le plus adapté si ce n’est de nous laisser guider par la Parole de Dieu? C’est pourquoi l’Eglise, nous conduit-elle à une rencontre particulièrement profonde avec le Seigneur.


Le premier dimanche de l’itinéraire éclaire notre condition terrestre. Le combat victorieux de Jésus sur les tentations est un appel à prendre conscience de notre fragilité pour accueillir la Grâce qui nous libère du péché et nous fortifie d’une façon nouvelle dans le Christ, chemin, vérité et vie. C’est une invitation pressante à nous rappeler, que la foi chrétienne implique une lutte contre le démon à l’œuvre et ne cesse, de tenter tout homme qui veut s’approcher du Seigneur: le Christ sort vainqueur de cette lutte, et nous conduis à la victoire sur les séductions du mal.


L’évangile de la Transfiguration du Seigneur nous fait contempler la gloire du Christ qui anticipe la résurrection et annonce la divinisation de l’homme. Nous sommes conduit « dans un lieu à part, sur une haute montagne » afin d’accueillir d’une façon nouvelle, dans le Christ, en tant que fils dans le Fils, le don de la Grâce de Dieu: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le ». Ces paroles nous invitent à quitter la rumeur du quotidien pour nous plonger dans la présence de Dieu: Il veut nous transmettre chaque jour une Parole qui nous pénètre au plus profond de l’esprit, là où elle discerne le bien et le mal et affermit notre volonté de suivre le Seigneur.


« Donne-moi à boire » (Jn 4,7). Cette demande de Jésus à la Samaritaine, qui nous est rapportée le troisième dimanche, exprime la passion de Dieu pour tout homme et veut susciter en notre cœur le désir du don de « l’eau jaillissant en vie éternelle » (v.14): C’est le don de l’Esprit Saint qui fait des chrétiens de « vrais adorateurs », capables de prier le Père « en esprit et en vérité» (v.23). Seule cette eau peut assouvir notre soif de bien, de vérité et de beauté! Seule cette eau, qui nous est donnée par le Fils, peut irriguer les déserts de l’âme inquiète et insatisfaite «tant qu’elle ne repose en Dieu », (saint Augustin).


Le dimanche de l’aveugle-né nous présente le Christ comme la lumière du monde. L’Evangile interpelle chacun de nous: « Crois-tu au Fils de l’homme? » « Oui, je crois Seigneur! » répond joyeusement l’aveugle-né qui parle au nom de tout croyant. Le miracle de cette guérison est le signe que le Christ, en rendant la vue, veut ouvrir également notre regard intérieur afin que notre foi soit de plus en plus profonde et que nous puissions reconnaître en lui notre unique Sauveur.


L’évangile du cinquième dimanche proclame la résurrection de Lazare, nous nous trouvons face au mystère ultime de notre existence: « Je suis la résurrection et la vie... le crois-tu? ». A la suite de Marthe, le temps est venu de placer, à nouveau et en conscience, toute son espérance en Jésus de Nazareth: « Oui Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde » (v.27). La communion avec le Christ, en cette vie, nous prépare à franchir l’obstacle de la mort pour vivre éternellement en Lui. La foi en la résurrection des morts et l’espérance en la vie éternelle ouvrent notre intelligence au sens ultime de notre existence: Dieu a créé l’homme pour la résurrection et la vie; cette vérité confère une dimension authentique et définitive à l’histoire humaine, à l’existence personnelle, à la vie sociale, à la culture, à la politique, à l’économie. Privé de la lumière de la foi, l’univers entier périt, prisonnier d’un sépulcre sans avenir ni espérance.

 

3. Dans le Christ, Dieu s’est révélé Amour. La Croix du Christ, le «langage de la Croix» manifeste la puissance salvifique de Dieu qui se donne pour relever l’homme et le conduire au salut: il s’agit de la forme la plus radicale de l’amour.


Par la pratique traditionnelle du jeûne, de l’aumône et de la prière, signes de notre volonté de conversion, le Carême nous apprend à vivre de façon toujours plus radicale l’amour du Christ. Le jeûne, a pour le chrétien une signification profondément religieuse: en appauvrissant notre table, nous apprenons à vaincre notre égoïsme pour vivre la logique du don et de l’amour; en acceptant la privation de quelque chose – qui ne soit pas seulement du superflu –, nous apprenons à détourner notre regard de notre «moi» pour découvrir Quelqu’un à côté de nous et reconnaître Dieu sur le visage de tant de nos frères. Pour le chrétien, la pratique du jeûne n’a rien d’intimiste, mais ouvre tellement à Dieu et à la détresse des hommes; elle fait en sorte que l’amour pour Dieu devienne aussi amour pour le prochain.

 

Sur notre chemin, nous nous heurtons également à la tentation de la possession, de l’amour de l’argent, qui s’oppose à la primauté de Dieu dans notre vie. L’avidité de la possession engendre la violence, la prévarication et la mort; c’est pour cela que l’Eglise, spécialement en temps de Carême, appelle à la pratique de l’aumône, c’est à dire au partage. L’idolâtrie des biens, au contraire, non seulement nous sépare des autres mais vide la personne humaine en la laissant malheureuse, en lui mentant et en la trompant sans réaliser ce qu’elle lui promet, puisqu’elle substitue les biens matériels à Dieu, l’unique source de vie. Comment pourrions-nous donc comprendre la bonté paternelle de Dieu si notre cœur est plein de lui-même et de nos projets qui donnent l’illusion de pouvoir assurer notre avenir? La tentation consiste à penser comme le riche de la parabole: « Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années...». Nous savons ce que répond le Seigneur: « Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme...». La pratique de l’aumône nous ramène à la primauté de Dieu et à l’attention envers l’autre, elle nous fait découvrir à nouveau la bonté du Père et recevoir sa miséricorde.

 

En méditant la Parole de Dieu et en l’intériorisant pour l’incarner au quotidien, nous découvrons une forme de prière qui est précieuse et irremplaçable. En effet l’écoute attentive de Dieu qui parle sans cesse à notre cœur, nourrit le chemin de foi. La prière nous permet également d’entrer dans une nouvelle perception du temps: Sans la perspective de l’éternité et de la transcendance, en effet, le temps n’est qu’une cadence qui rythme nos pas vers un horizon sans avenir. En priant, au contraire, nous prenons du temps pour Dieu, pour découvrir que ses « paroles ne passeront pas », pour entrer en cette communion intime avec Lui « que personne ne pourra nous enlever ».


Benoît XVI, Message pour le Carême 2011.


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Catastrophe, c'est le carême...

8 Mars 2011, 15:00pm

Publié par Father Greg

 

 

 

 

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Les saints seuls sont des enfants...

7 Mars 2011, 11:05am

Publié par Father Greg

 

       

vincent-van-gogh-la-nuit-etoilee-sur-le-rhone « Autre chose est souffrir l'agonie du désespoir, autre chose le désespoir lui-même. C'est là une vérité que je dois à certains garçons peu réfléchis disposés à se tromper non moins grossièrement sur l'espérance que sur l'amour. Je voudrais les mettre en garde contre les charlatans dont le faux espoir n'est qu'un lâche prétexte à ne pas courir le risque de la véritable espérance. Car l'espérance est une victoire, et il n'y a pas de victoire sans risque. Celui qui espère réellement, qui se repose dans l'espérance, est un homme revenu de loin, de très loin, revenu sain et sauf d'une grande aventure spirituelle, où il aurait dû mille fois périr.

Georges Bernanos, Sous le Soleil de Satan  

 

 

 

« Que voulez-vous que je fasse ? […] Suis-je capable de choisir ! Je n'oserais jamais. Je reçois chaque heure que Dieu me donne, parce que je n'aurais même pas la force de refuser. Que j'accomplisse de mon mieux les petits devoirs, au jour le jour — hélas ! Selon mon humeur et mes forces... Je suis née pour vivre au jour le jour... Il n'y a que le présent qui compte….

…Je ne réussis que les choses faciles. Aucune épreuve n'avait jusqu'alors [...] mis en péril l'humble allégresse, la certitude d'être née pour les travaux faciles qui rebutent les grandes âmes… »

Georges Bernanos, La joie.

 

 

 

« Je suis très, très simple, voilà tout, [...] L'avenir ne me fait pas peur, il ne me fait pas envie non plus. Les grandes épreuves sont pour les grandes âmes, n'est-ce pas ? Les petites passent doucement au travers... Eh bien ! Je ne suis pas une grande âme [...] Il me faut si peu pour vivre ! Alors, je me tiens sagement sous le porche de l'église, je tends la main au bon Dieu, je pense qu'il y mettra bien toujours deux sous... »

      Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne.


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Seigneûûûûrrrrrrr.....

6 Mars 2011, 16:34pm

Publié par Father Greg

 

 

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C’est quoi « faire la volonté du Père » ?

6 Mars 2011, 10:14am

Publié par Father Greg

 

 

 

rembrandtvanrijn the dream of st joseph « Pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut FAIRE la volonté de mon Père. » Mt 7, 21. Or Jésus, juste après avoir dit ça, envoie bouler des gens qui apparemment ont fait des trucs pas mal du tout : chasser des démons, prophétiser etc… et, pour Jésus, cela c’est faire le mal ! « Éloignez-vous de moi... » Waou…

 

 Cela signifie que la volonté du Père, ce n’est pas d’abord un truc dément à réaliser, une action héroïque, s’en rajouter une couche ; non, car le Père n’a pas sur nous un projet idéal, ou l’attente d’une réalisation efficace et parfaite. La volonté du Père, c’est quelqu’un pour moi ! C’est vivre d’une personne qui nous est donnée d’une manière toujours plus actuelle ! Et ainsi, c’est de fonder tout ce que l’on fait sur le roc ! En effet, « tout ce qui n’est pas fondé sur le roc, sera emporté, balayé » ! Sa volonté, son désir pour nous, c’est ce qu’il nous donne de vivre en nous donnant actuellement Jésus. Faire la volonté du Père, c’est tout faire pour vivre de la personne de Jésus.

 

 De même que l’amitié réclame d’être intelligent pour vivre de la personne de l’autre, le redécouvrir constamment, des initiatives pour dévoiler ce qu’il est, de même vis-à-vis de Jésus.

 

 Aussi, est-ce que tous les matins, je le cherche ? Mais ‘je le cherche’ c’est-à-dire : suis-je prêt à entrer tous les jours dans quelque chose de complètement nouveau ? Suis-prêt à renaître constamment ? Est-ce que je mendie vraiment son désir sur moi ? Est-ce réel et vital ? C’est la seule question qui vaille ! C’est à dire ‘Où en suis-je dans mon amitié avec Jésus’ ?

 

 La foi –et la ‘pratique’ des commandements- c’est bien l’effet de son don en nous qui nous donne d’agir en fils ; « en étant unis à lui, nous sommes justes, et de nulle autre manière. L'homme n'est pas en mesure de devenir « juste » par ses propres actions, (…) il ne peut réellement devenir « juste » devant Dieu que parce que Dieu l'unit au Christ. Et cette union au Christ, c’est la foi. Toutefois, cette foi n'est pas une pensée, une opinion, une idée. Cette foi est communion avec le Christ » dit Benoit XVI.

 

 Si on peut définir la personne humaine comme celle 'qui cherche la vérité’, on peut définir le chrétien comme celui qui cherche, dans ce qu’il fait, à vivre de son Père, à être possédé par lui, par son désir, ce qui lui plait !

 

 La volonté du Père, son désir sur nous, c’est qu’on Le cherche activement : « Montre nous le Père et cela nous suffit ! Comment ? Voilà si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais ? Qui m’a vu a vu le Père » Jn, 14, 9.


 

Fr Grégoire.


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Y-a-t-il un autre réel accessible?

5 Mars 2011, 00:54am

Publié par Father Greg

 

 

535 « Lorsque l’on est âgé et que l’on ne voit plus bien, et que l’on a du loisir pour ruminer ses souvenirs et s’interroger sur leur sens, de telles impressions plus ou moins complètes ou riches, mais toujours tellement plus lumineuses que la réalité familière, vous obligent à  rêver au pourquoi des choses. Une paille, me dira-t-on. Chercher le pourquoi des choses est toujours ambitieux. Mais est-ce une raison pour reculer ? Après tout, il vient un moment où il faut bien se poser les questions même déroutantes. Et les petites expériences qui m’ont frappée sont, en fait, indiscutables et posent vraiment un problème ; on forme une hypothèse, qui semble audacieuse, et l’on ne peut pas ne pas se demander : « Et si c’était là une vérité ? Si vraiment nous avions un moment, bref mais lumineux, accès à autre chose ? »

 

 

 

On peut en effet imaginer que ce que nous vivons s’inscrit tout ensemble dans le cadre mouvant du présent et son évolution rapide, plus ou moins voués à l’oubli, mais aussi dans un domaine autre, auquel nous n’avons pas normalement accès, mais où se conservent, de façon durable, ces impressions que nous pensions fugitives parce que nous n’avions qu’une vue partielle des choses. On pourrait appeler cet aspect durable et normalement inconnu de nous tout simplement l’éternité.

 


 

Naturellement, cela paraît fort déraisonnable, et peut-être un peu fou. Ce n’est pas là l’orientation habituelle de ma pensée, en général fort rationnelle. Mais, après tout, cela est pensable. Je sais bien que nous vivons dans le temps ! Et, à mon âge, avec la mort en perspective, comment pourrais-je en douter ? Les scènes que nous avons vécues au cours de notre vie se situaient dans le temps et ont disparu avec le temps : elles ne reviennent à nous que par la mémoire qui est, elle-même, un moyen de dominer le temps. C’est vrai, et je le sais. Mais il y a des moments qui revêtent une autre dimension. Et le temps, au fond ne saurait être défini en ramenant tout aux impressions un peu simples de notre expérience quotidienne.


Les savants ont, depuis un certain temps, introduit un temps qui est relatif : c’est ce que l’on appelle la relativité. Il se mélange avec l’espace, et se présente d’une façon toute différente de ce que nous pouvons percevoir ; et je me suis laissé dire (mais je n’ai peut-être pas tout compris, loin de là) que des jumeaux, nés en même temps (cela va de soi !), s’ils sont placés dans des endroits différents de l’univers, peuvent au bout d’un délai suffisant présenter des différences d’âge très nettes entre l’un et l’autre. Nous voilà bien avec notre temps quotidien sagement mesuré ! D’ailleurs, on peut bien dire que, si l’on fait attention à la science, on éprouve un sentiment de défiance à l’égard de nos perceptions immédiates. Cela vaut même pour l’espace : n’avons-nous pas maintenant l’habitude de voir réuni en un endroit pas plus gros qu’une noisette le contenu de tous les livres et de toutes les bibliothèques ? Je sais bien que ce lieu si petit est encore dans l’espace : même si c’était un point dans l’espace ; mais ce n’est pas l’espace de notre perception et cela jette un malaise, sème en nous l’idée qu’il y a peut-être autre chose, un monde autre que ce que nous percevons naïvement dans notre univers bien ordonné de tous les jours.


 

Et c’est pourquoi je me dis qu’il y a peut-être du vrai dans cette impression de revoir les souvenirs non pas comme on revoit, habituellement, les autres souvenirs, mais comme si on avait soudain accès à un monde différent, situé ailleurs, durable, continu et existant indépendamment de nous – si j’ose dire, un monde existant à tout jamais.

 

Jacqueline de Romilly, Les révélations de la mémoire.

 


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Par l’Incarnation, le Christ s'est uni à tout homme…

4 Mars 2011, 00:02am

Publié par Father Greg

 


 

annonciation Parce qu'en lui la nature humaine a été assumée, non absorbée, par le fait même cette nature a été élevée en nous aussi à une dignité sans égale. Car, par son Incarnation, le Fils de Dieu s'est en quelque sorte uni lui-même à tout hommeIl a travaillé avec des mains d'homme, il a pensé avec une intelligence d'homme, il a agi avec une volonté d'homme, il a aimé avec un cœur d'homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l'un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché». Il est le Rédempteur de l'homme!

 

 

Jésus-Christ devient, d'une certaine manière, nouvellement présent, malgré l'apparence de toutes ses absences. Jésus-Christ devient présent avec la puissance de la vérité et avec l'amour qui se sont exprimés en lui avec une plénitude unique et impossible à répéter, bien que sa vie terrestre ait été brève, et plus brève encore son activité publique.

 

L’homme est la route de l'Eglise, route qui se déploie, d'une certaine façon, à la base de toutes les routes que l'Eglise doit emprunter, parce que l'homme -tout homme sans aucune exception- a été racheté par le Christ, parce que le Christ est en quelque sorte uni à l'homme, à chaque homme sans aucune exception, même si ce dernier n'en est pas conscient: «Le Christ, mort et ressuscité pour tous, offre à l'homme» - à tout homme et à tous les hommes- «... lumière et forces pour lui permettre de répondre à sa très haute vocation »

 

Jean Paul II, Le Rédempteur de l’Homme. 1979

 

 

 

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Bloy ou le charcutier de Dieu

2 Mars 2011, 23:02pm

Publié par Father Greg


 

leon Bloy " Les catholiques modernes, sont devenus, en France, un groupe si fétide que, par comparaison, la mofette maçonnique ou anticléricale donne presque la sensation d'une paradisiaque buée de parfums.


Il est vrai qu'on n'a pas encore abattu toutes les croix, ni remplacé les cérémonies du culte par des spectacles antiques de prostitution. On n'a pas non plus tout à fait installé des latrines et des urinoirs publics dans les cathédrales transformées en tripots ou en salles de café-concert.


Évidemment, on ne traîne pas assez de prêtres dans les ruisseaux, on ne confie pas assez de jeunes religieuses à la sollicitude maternelle des patronnes de lupanars de barrière. On ne pourrit pas assez tôt l'enfance, on n'assomme pas un assez grand nombre de pauvres, on ne se sert pas encore assez du visage paternel comme d'un crachoir ou d'un décrottoir... Sans doute.


Nous descendons spiralement, depuis quinze années, dans un vortex d'infamie, et notre descente s'accélère jusqu'à perdre la respiration. Rabâchage de séculaires rengaines, recopie sempiternelle de farces immémorialement décrépites, remâchement de salopes facéties dégobillées par d'innumérables générations de gueules identiques, parodies éculées depuis deux mille ans, on n'imagine rien de plus.


Ce qui est vraiment épouvantable, c'est l'immondicité des esprits.


Il est vrai que les catholiques ont pris eux-mêmes à forfait leur propre ignominie, et voilà ce qui supplante un nombre infini de venimeuses gueules. C'est l'enfantillage voltairien d'accuser ces pleutres de scélératesse. La surpassante horreur, c'est qu'ils sont MÉDIOCRES.

 

 

Léon Bloy, Le Désespéré.



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"Porter jusqu’au terme, puis enfanter : tout est là..."

1 Mars 2011, 17:12pm

Publié par Father Greg

 


«Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas. Accusez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses.»

 

 

 

  Waves-breaking-on-a-lee-shore-by-Joseph-Mallord-Turner.jpg  "Seul celui qui est prêt à tout, et n'exclut rien, pas même le plus énigmatique, vivra la relation avec quelqu'un d'autre comme une chose vivante, et épuisera sa propre existence.

 

Si l'on se figure cette existence de l'individu comme une pièce plus ou moins grande, on voit que, pour la plupart, les gens n'apprennent à connaître qu'un coin de leur pièce, une place à la fenêtre, une bande sur laquelle ils vont et viennent. Ainsi trouvent-ils une certaine sécurité.

 

Et pourtant, elle est tellement plus humaine cette insécurité pleine de dangers qui, dans les histoires de Poe, pousse les prisonniers à palper les formes de leurs terrifiants cachots, et à n'être pas étrangers aux indicibles effrois de leur séjour. Mais nous ne sommes pas prisonniers.

 

Nuls traquenards ni pièges ne sont autour de nous disposés; rien n'est là qui doive nous faire peur ou nous torturer. Nous sommes placés dans la vie comme dans l'élément auquel nous correspondons le mieux, et, de surcroît, grâce à cette adaptation millénaire, nous en sommes venus à ressembler à cette vie, au point que, lorsque nous restons immobiles, c'est à peine si, par un heureux mimétisme, nous nous distinguons de tout ce qui nous entoure. Nous n'avons pas de raison d'avoir de la méfiance contre notre monde, car il n'est pas contre nous. S'il est en lui des effrois, ce sont nos effrois; S'il est en lui des abîmes, ces abîmes nous appartiennent; des dangers se trouvent-ils là, nous devons essayer de les aimer.

 

Et pour peu que nous disposions notre vie selon le principe qui nous conseille de nous tenir au plus difficile, alors ce qui nous paraît aujourd'hui encore le plus étranger nous deviendra le plus familier, le plus fidèle. Comment nous faudrait-il oublier les vieux mythes qui se trouvent au commencement de tous les peuples, ces mythes de dragons qui, à l'instant suprême, se métamorphosent en princesses?

 

Peut-être tous les dragons de notre vie sont-ils des princesses qui attendent, simplement, de nous voir un jour beaux et vaillants. Peut-être tout l'effroyable est-il, au plus profond, ce qui, privé de secours, veut que nous le secourions."

 

 

 Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète.

  

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Confiance dans l'amour indéfectible de Dieu

28 Février 2011, 10:56am

Publié par Father Greg

 

 

 

52976621-557e9ef9fa-o.jpg Pour consoler Jérusalem abattue par des malheurs, Isaïe s'exprime  ainsi : « Est-ce qu'une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l'oublier, moi, je ne t'oublierai pas. ».

 

Cette invitation à la confiance dans l'amour indéfectible de Dieu est exprimée dans l'Évangile de Matthieu, où Jésus exhorte ses disciples à avoir confiance en la providence du Père céleste, qui nourrit les oiseaux du ciel et habille les lis des champs, et connaît chacune de nos nécessités. 


Face à la situation de beaucoup de personnes, qui vivent dans la misère, ce discours de Jésus pourrait apparaître peu réaliste, voire évasif. En réalité, le Seigneur veut faire comprendre que celui qui croit en Dieu, le Père plein d'amour pour ses enfants, met à la première place la recherche de son Royaume, de sa volonté.

 

Et cela est vraiment le contraire du fatalisme ou d'un irénisme naïf. La foi en la Providence, en effet, ne dispense pas de la lutte inlassable pour une vie digne, mais libère de l'inquiétude pour les choses et de la peur du lendemain. Cet enseignement de Jésus, vrai et valable pour tous, est pratiqué de manières différentes: un moine franciscain pourra le suivre de manière plus radicale, tandis qu'un père de famille devra tenir compte de ses devoirs envers sa femme et ses enfants.

 

Cependant, le chrétien se distingue par la confiance absolue dans le Père céleste. C'est justement cette relation avec le Père qui donne un sens à toute la vie du Christ, à ses paroles, à ses gestes de salut. Jésus nous montre ce que signifie vivre avec les pieds bien à plat par terre, attentifs aux situations concrètes de son prochain, et en même temps en gardant toujours son cœur au Ciel, immergé dans la miséricorde de Dieu.

 

Benoît XVI, Angélus. 27.02.11

 

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L'amitié, un secret à cultiver...

26 Février 2011, 22:36pm

Publié par Father Greg

 

 

lecon (1) « L’amitié est en effet une certaine excellence, ou ne va pas sans une certaine excellence dans l’agir ; de plus, elle est ce qu’il y a de plus nécessaire pour vivre. Car sans amis personne ne choisirait de vivre, eût-il tous les autres biens -et de fait les gens riches, et ceux qui possèdent autorité et pouvoir, semblent bien avoir plus que quiconque besoin d’amis à quoi servirait une pareille prospérité, une fois ôtée la possibilité de répandre des bienfaits, laquelle se manifeste principalement et de la façon la plus digne d’éloge, à l’égard des amis ? Ou encore, comment cette prospérité serait-elle gardée et préservée sans amis ? Car plus elle est grande, plus elle est exposée au risque-

 

Et dans la pauvreté comme dans toute autre infortune, les hommes pensent que les amis sont l’unique refuge. L’amitié d’ailleurs est un secours aux jeunes gens, pour les préserver de l’erreur ; aux vieillards, pour leur assurer des soins et suppléer à leur manque d’activité dû à la faiblesse ; à ceux enfin qui sont dans la fleur de l’âge, pour les inciter aux nobles actions ‘Quand deux vont de compagnie…’ car on est alors plus capable à la fois de penser et d’agir.

 

De plus, l’affection est, semble-t-il, un sentiment naturel du père pour sa progéniture et de celle-ci pour le père, non seulement chez l’homme mais encore chez les oiseaux et la plupart des animaux ; les individus de même race ressentent aussi une amitié mutuelle, principalement dans l’espèce humaine, et c’est pourquoi nous louons les hommes qui sont bons pour les autres. Même au cours de nos voyages au loin, nous pouvons constater à quel point l’homme ressent toujours de l’affinité et de l’amitié pour l’homme. L’amitié semble aussi constituer le lien des cités, et les législateurs paraissent y attacher un plus grand prix qu’à la justice même en effet, la concorde, qui parait bien être un sentiment voisin de l’amitié, est ce que recherchent avant tout les législateurs, alors que l’esprit de faction, qui est son ennemie, est ce qu’ils pourchassent avec le plus d’énergie.


Et quand les hommes sont amis il n’y a plus besoin de justice, tandis que s’ils se contentent d’être justes ils ont en outre besoin d’amitié, et la plus haute expression de la justice est, dans l’opinion générale, de la nature de l’amitié.

 

Non seulement l’amitié est une chose nécessaire, mais elle est aussi une chose noble nous louons ceux qui aiment leurs amis, et la possession d’un grand nombre d’amis est regardée comme un bel avantage ; certains pensent même qu’il n’y a aucune différence entre un homme bon et un véritable ami. »

 

Aristote, Ethique à Nicomaque.


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Vive flamme d'amour...

25 Février 2011, 00:02am

Publié par Father Greg

 

 

 

Ô vive flamme d'amour,
qui tendrement me blesses
au centre le plus profond de mon âme,
N'ayant plus de rigueur,
achève si tu veux,
brise le voile de ce rencontre heureux.

St Jean de la Croix

 

 

100109_jean_de_la_croix_1.jpg Dans les « Cantiques spirituels », saint Jean présente le chemin de purification de l'âme, c'est-à-dire la possession progressive et joyeuse de Dieu, jusqu'à ce que l'âme parvienne à sentir qu'elle aime Dieu avec le même amour dont Il l'aime.


Le parallèle utilisé est toujours celui du feu : de même que le feu, plus il brûle et consume le bois, plus il devient incandescent jusqu'à devenir flamme, ainsi l'Esprit Saint, qui au cours de la nuit obscure purifie et « nettoie » l'âme, avec le temps l'illumine et la réchauffe comme si elle était une flamme. La vie de l'âme est une incessante fête de l'Esprit Saint, qui laisse entrevoir la gloire de l'union avec Dieu dans l'éternité.

 

 « La nuit obscure » décrit l'aspect « passif », c'est-à-dire l'intervention de Dieu dans ce processus de « purification » de l'âme. L'effort humain, en effet, est incapable tout seul d'arriver jusqu'aux racines profondes des inclinations et des mauvaises habitudes de la personne. Pour cela, l'action spéciale de Dieu est nécessaire, qui purifie radicalement l'esprit et le dispose à l'union d'amour avec Lui. Saint Jean définit cette purification comme « passive », précisément parce que, bien qu'acceptée par l'âme, elle est réalisée par l'action mystérieuse de l'Esprit Saint qui, comme la flamme du feu, consume toute impureté. Dans cet état, l'âme est soumise à une épreuve, comme si elle se trouvait dans une nuit obscure. 


Selon Jean de la Croix, tout ce qui existe, créé par Dieu, est bon. A travers les créatures, nous pouvons parvenir à la découverte de Celui qui a laissé en elles une trace de lui. Tout ce que Dieu voulait communiquer à l'homme, il l'a dit en Jésus Christ, sa Parole faite chair.

 

Le processus long et fatigant de purification exige certainement un effort personnel, mais le véritable protagoniste est Dieu : tout ce que l'homme peut faire est « être disposé », être ouvert à l'action divine et ne pas lui opposer d'obstacle.


Chers frères et sœurs, à la fin nous pouvons nous demander : ce saint, avec sa mystique élevée, avec ce chemin difficile vers le sommet de la perfection, a-t-il quelque chose à nous dire, au chrétien normal qui vit dans les circonstances de cette vie actuelle, ou est-il un exemple, un modèle uniquement pour quelques âmes élues, qui peuvent réellement entreprendre ce chemin de la purification, de l'ascèse mystique ?


La vie de saint Jean de la Croix n'a pas été un «envol sur les nuages mystiques», mais a été une vie dure, très pratique et concrète, tant comme réformateur de l'ordre, où il rencontra de nombreuses oppositions, que comme supérieur provincial, ou dans les prisons de ses confrères, où il était exposé à des insultes incroyables et à de mauvais traitements physiques. Cela a été une vie dure, mais c'est justement au cours des mois passés en prison qu'il a écrit l'une de ses œuvres les plus belles.


Et ainsi, nous pouvons comprendre que le chemin avec le Christ, aller avec le Christ, « le Chemin », n'est pas un poids ajouté au fardeau déjà assez difficile de notre vie. C'est une lumière, une force, qui nous aide à porter ce fardeau. Si un homme porte en lui un grand amour, cet amour lui donne presque des ailes, et il supporte plus facilement toutes les épreuves de la vie, car il porte en lui cette grande lumière ; telle est la foi : être aimé par Dieu et se laisser aimer par Dieu en Jésus Christ. La lumière qui nous aide à porter le fardeau de chaque jour c'est nous laisser aimer.


Et, la sainteté n'est pas notre œuvre, très difficile, mais elle est justement cette « ouverture » : ouvrir les fenêtres de notre âme pour que la lumière de Dieu puisse entrer, ne pas oublier Dieu car c'est précisément dans l'ouverture à sa lumière que se trouve la force, la joie des rachetés. Prions afin de nous laisser aimer par Dieu !

 

Benoit XVI. St Jean de la Croix. 16.02.2011


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Trop de pureté épuise...

23 Février 2011, 19:07pm

Publié par Father Greg

 

 

 

525 « Comme je suis contente que Dieu ne soit pas un Saint ! Si un Saint avait créé le monde, il aurait créé la colombe, il n’aurait pas créé le serpent. Il aurait créé la colombe ?…Il n’aurait pas créé « mâle et femelle », il n’aurait pas osé créer l’Amour, il n’aurait pas osé créer le Printemps qui trouble toute chair au monde.


Et toutes les fleurs auraient été blanches. Dieu soit loué ! Dieu en a fait de toutes les couleurs. Dieu n’est pas un Saint. Dans son œuvre hardie, Il ne s’est pas soucié des disciples et de l’édification des Saints et s’Il était homme au lieu d’être Dieu, Il aurait encouru la censure des Saints…j’entends Bossuet : « Otez ce parfum qui damne, ôtez cette fleur… »

 

Pourtant, Vous êtes Saint, ô mon Dieu,  Saint qui sanctifiez le Saint, mais Vous êtes aussi Créateur qui fécondez l’Artiste. Autre est la grâce de l’Artiste, autre est la grâce du Saint et pourtant elles sont la même : le don de Vous, ô mon Dieu, de Vous si grand que partent de Vous et mènent à Vous ces voies de sainteté et de beauté qui, semble-t-il, s’opposent. Et c’est votre grandeur qui me rassure et m’empêche de trembler quand les Saints me troublent en réduisant tous les chemins à une seule route. Ne crains pas. Sois parfaite de ton mieux, ô mon Âme ; non comme tel ou tel homme est parfait, mais comme toi-même dois l’être, selon toi-même.

 

Toutes les perfections sont en Dieu : la lueur, la tienne. Monte par le chemin à toi, monte ! 

 

Marie-Noël. Notes Intimes. 


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La maladie, chemin d'initiation...

22 Février 2011, 17:19pm

Publié par Father Greg

 

" J'ai écrit un livre sur les âges de la vie. J'ai tenté de montrer ces métamorphoses de l'être au cours de la vie. Il est évident que tout cela ne vaut que si l'on a appris en cours d'existence à mourir. Et ces occasions nous sont données si souvent, toutes les crises, les séparations, et les maladies, et toutes les formes, tout, tout, tout, tout nous invite à apprendre et à laisser derrière nous ; La mort ne nous enlèvera que ce que nous avons voulu posséder. Le reste, elle n'a pas de prise sur le reste. Et c'est dans ce dépouillement progressif, se crée une liberté immense, et un espaces agrandi, exactement ce qu’on n’avait pas soupçonné. Moi j'ai une confiance immense dans le vieillissement, parce que je dois à cette acceptation de vieillir une ouverture qui est insoupçonnable quand on n’a pas l'audace d'y rentrer. "

 Christiane Singer venant d'apprendre qu'elle est atteinte d'une grave maladie et qu'il ne lui reste au plus que 6 mois à vivre.

 

 FranzVonStuck-Innocence-1889.jpg"Une maladie est en moi. C'est un fait. Mon travail va être de ne pas être, dans la maladie. Bon, je répète, il est possible qu'il y ait en moi ce qu'on nomme une maladie. Mais Christiane n'est pas contenue dans cette maladie. Elle en déborde. 

 

J'ai la sensation d'avoir plus de place en moi. Ma vie adhérait à moi, me moulait hier encore comme un fourreau. Aujourd'hui je me sens comme ces femmes mûres, opulentes qui ne portent que des vêtements très larges dans lesquels tanguent leurs corps généreux. J'ai gagné de l'espace, je gagne en liberté même si, dans le visible, je fonds. 

 

Je ne veux certes pas nier les douleurs, la souffrance que cause le détraquement des fonctions naturelles, etc., mais les espaces d'apaisement sont multiples. L'art consiste à ne pas occuper les "espaces entre" par le ruminement des douleurs traversées ou par la crainte de celles qui vont suivre. Aussi la récolte est-elle déjà riche dans ce début d'aventure. Je suis gagnante même si je perdais tout aux yeux de ceux qui ne voient qu'un côté du monde. 

 

Toujours se présentent des moments merveilleux où je suis touchée dans une profondeur inconnue. Surtout, surtout ne pas m'enfermer seule dans mon corps! 

 

Oui, ma maladie ouvre des espaces inattendus pour beaucoup d'autres et tant pour mes plus proches que pour les amis d'âme et de cœur. C’est incroyable. Une force semble se réveiller qui leur dit: désormais il n'y a plus à tergiverser ni à faire antichambre: il faut entrer en VIE et sur l'instant!!! 

 

Tout ce que je rêvais se réalise! J'étais en somme, si je peux le dire avec quelque humour, le dernier obstacle à ce bondissement de conscience. 
L'intelligence de la vie me bouleverse, et son agilité paradoxale! 

 

L'aiguille a causé une douleur vive mais il n'y avait personne pour souffrir ou sursauter; je ne sais comment exprimer cette expérience autrement. Il y avait bien tout cela mais personne pour en souffrir, c'était une conscience aiguë et joyeuse. 

 

On peut bien sûr être malade, cruellement malade pour avoir confirmation de sa malchance et toutes les raisons de se lamenter. Beaucoup vivent la maladie comme une pause douloureuse et malsaine. Mais on peut aussi monter en maladie comme un chemin d'initiation, à l'affût des fractures qu'elle opère dans tous les murs qui nous entourent, des brèches qu'elle ouvre vers l'infini. Elle devient alors l'une des plus hautes aventures de la vie. 

 

Si tant est que quelqu'un veuille me la disputer, je ne cèderais pas ma place pour un empire."

 

Christiane Singer,  Derniers fragments d'un long voyage.


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Lumière de l'art...

21 Février 2011, 14:58pm

Publié par Father Greg

 

 

 

 

378 Un artiste, voyez-vous, il n’y a ni gloire ni ambition qui compte pour lui. Il doit faire son œuvre parce que le bon Dieu le veut, comme un amandier fait sa fleur... comme l’escargot fait sa bave.

 

La nature vue, la nature sentie, celle qui est là (il montrait la plaine verte et bleue), celle qui est ici (il se frappait le front) qui toutes deux doivent s’amalgamer pour durer, pour vivre d’une vie moitié humaine, moitié divine, la vie de l’art, écoutez un peu... la vie de Dieu.

 

Je veux, moi, me perdre en la nature, repousser avec elle, comme elle, avoir les tons têtus des rocs, l’obstination rationnelle du mont, la fluidité de l’air, la chaleur du soleil. Dans un vert, mon cerveau tout entier coulera avec le flot séveux de l’arbre. Il y a devant nous un grand être de lumière et d’amour, l’univers vacillant, l’hésitation des choses. Je serai leur olympe, je serai leur dieu. L’idéal au ciel s’épousera en moi. Les couleurs, écoutez un peu, sont la chair éclatante des idées de Dieu. La transparence du mystère, l’irisation des lois.

 

Les artistes, aux vieux temps, étaient les maîtres d’enseignement de la foule. Tenez, vous voyez Notre-Dame là-bas. La création et l’histoire du monde, les dogmes, les vertus, la vie des saints, les arts et les métiers, tout ce qu’on savait alors était enseigné par son porche et ses vitraux. Comme dans toutes les cathédrales de France, d’ailleurs. Le moyen âge apprenait sa foi par les yeux, comme la mère de Villon... le paradis où sont harpes et luths.

 

C’était la vraie science, et c’est tout l’art religieux. Ce que l’abbé Tardif, votre ami, dit qu’on trouve dans saint Thomas, le peuple le cherchait dans les statues du portail, à son église. Cet ordre, cette hiérarchie, cette philosophie, allez, ça valait la Somme et pour nous c’est plus vrai, puisque c’est plus beau et que nous le comprenons encore sans efforts.


Paul Cézanne.
 Propos rapportés par Joachim Gasquet.


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«Et bien moi je vous dis : aimez…»

20 Février 2011, 23:10pm

Publié par Father Greg

 

 

 

117098.jpg« Vous avez entendu qu'il a été dit : -Oeil pour oeil, dent pour dent.- Eh bien moi, je vous dis... de ne pas riposter au méchant.» La «loi du talion» est très mal comprise de nos sensibilités modernes. Comment la loi de Moïse a-t-elle pu imposer une telle législation? Or, cette loi était déjà un immense progrès par rapport à l’instinct de vengeance si naturel à l'homme.

 

Le mouvement naturel de celui qui a été agressé, c'est de «rendre davantage», comme le chante Lamek dans le livre de la Genèse : «Caïn a été vengé sept fois..., Lamek sera vengé soixante-dix fois sept fois..." (Genèse 4, 24). Jésus renverse ce chant de Lamek dans sa réponse à Pierre qui lui demande combien de fois il faut pardonner à son frère : «non pas sept fois, mais soixante-dix fois sept fois».

 

La loi voulait donc limiter la violence, en stipulant qu'on ne devait faire subir à l'agresseur que le traitement strict qu'il avait lui-même fait subir à sa victime.


 «Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Et bien moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent». Cette parole est d'une puissance extraordinaire, cela signifie: «Dieu a dit... Eh bien moi, je vous dis...»

 

Et là, pardonner à nos ennemis n’est même pas une invitation, mais ce que Jésus a déjà réalisé et qu’il veut nous communiquer ! A la croix, Jésus, le fils du Père, s’est servi d’une trahison pour une plus grande intimité, pour se communiquer encore plus  personnellement ! Cette exigence, qui pourrait être très belle et très généreuse, est d’abord un nouveau don intime dans l'amour…

 

Jésus n’exprime pas là un souhait, mais ce que lui veut nous donner à vivre: vivre du Père comme lui en vie ! Que le Père soit une vraie source ! Que sa perfection nous transforme !

 

Être parfait comme le Père est parfait, n’est-ce pas notre désir le plus profond, le plus foncier ? Parce que cela c’est être « comme des dieux »... et la Genèse, à propos de la faute d'Adam et Eve, dit que c'est bien là notre ‘problème’ ! Or Dieu lui-même nous dit : « Soyez saints comme moi »... « Soyez comme moi». Donc, nous ne nous trompons pas quand nous rêvons d'être comme des dieux, d’être premier ! C'est le psaume 8 qui dit : « Tu as voulu l'homme à peine moindre qu'un dieu, le couronnant de gloire et d'honneur ». La seule question c’est comment ? Par nous-même, ou bien par Lui ? Avec nos moyens ou selon son chemin ?

 

Parce que Jésus ne nous commande jamais rien qu’il ne veuille pas réaliser lui-même, avec nous ! Il veut pour nous l’amour, la perfection d’amour qui existe en Dieu : c’est son désir, un désir déjà efficace, parce que divin, et il veut que nous vivions de son désir ! Et notre foi touche son désir! «Ce que je veux réaliser avec vous c’est que vous Soyez parfait comme votre Père céleste est parfait. »

 

 

Fr Grégoire.


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Jésus a apporté quoi...??

19 Février 2011, 16:37pm

Publié par Father Greg

 

0 munich arrivee « Dès lors, nous sommes confrontés à la grande question qui nous accompagnera tout au long de ce livre: qu'est-ce que Jésus a vraiment apporté, s'il n'a pas apporté la paix dans le monde, le bien-être pour tous, un monde meilleur? Qu’a-t-il apporté?

 

La réponse est très simple : Dieu.

 

Il a apporté Dieu. Il a apporté le Dieu dont la face s'est lentement et progressivement dévoilée depuis Abraham jusqu'à la littérature sapientielle, en passant par Moïse et les prophètes, le Dieu qui n'avait montré son vrai visage qu'en Israël et qui avait été honoré dans le monde des gentils sous des avatars obscurs, c'est ce Dieu-là, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu véritable qu'il a apporté aux peuples de la terre.


Il a apporté Dieu: dès lors, nous connaissons sa face, dès lors nous pouvons l'invoquer. Dès lors nous connaissons le chemin que, comme hommes, nous devons emprunter dans ce monde. Jésus a apporté Dieu et avec lui la vérité sur notre origine et notre destinée; la foi, l'espérance et l'amour. Seule la dureté de notre cœur nous fait considérer que c'est peu de chose. Assurément, le pouvoir de Dieu dans le monde est discret, mais c'est le pouvoir véritable, durable. »

Benoit XVI, Jésus de Nazareth.

 

 

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Je sais que je ne sais rien...

18 Février 2011, 08:47am

Publié par Father Greg

 

 

La pauvreté, témoignage de vérité...   

 


 

socrate.jpg « Craindre la mort, Athéniens, ce n'est pas autre chose que se croire sage sans l'être, car c'est croire connaître ce que l'on ne connaît point. En effet, personne ne connaît ce que c'est que la mort, et si elle n'est pas le plus grand de tous les biens pour l'homme. Cependant on la craint, comme si l'on savait certainement que c'est le plus grand de tous les maux. Or, n'est-ce pas l'ignorance la plus honteuse que de croire connaître ce que l'on ne connaît point? »


«Je sais que vous n’allez pas me croire, mais la plus haute forme de l’excellence humaine est de se questionner soi-même et de questionner les autres. Je ne sais qu’une chose c’est que je ne sais rien. »

 

 « Voilà de quelle manière je parle à tous ceux que je rencontre, jeunes et vieux, concitoyens et étrangers; et sachez que c'est là ce que le dieu m'ordonne, toute mon occupation est de vous persuader, qu'avant le soin du corps et des richesses, avant tout autre soin, est celui de l'âme et de son perfectionnement.


Maintenant, ne croyez pas que ce soit pour l'amour de moi que je me défends, comme on pourrait le croire; c'est pour l'amour de vous, de peur qu'en me condamnant, vous n'offensiez le dieu dans le présent qu'il vous a fait; car si vous me faites mourir, vous ne trouverez pas facilement un autre citoyen comme moi, qui semble avoir été attaché au flanc de cette ville, comme à un cheval puissant et  de bonne race, mais auquel sa puissance même donne trop de lourdeur, et qui a besoin d'être réveillé comme par un taon qui l'excite et l'aiguillonne. C'est ainsi que le dieu semble m'avoir choisi pour vous exciter et vous aiguillonner, pour gourmander chacun de vous, partout et toujours sans vous laisser aucun relâche.

 

Mais peut-être que, fâchés comme des gens qu'on éveille quand ils ont envie de s'endormir, vous me frapperez, et, vous me ferez mourir sans scrupule; et après vous retomberez pour toujours dans un sommeil léthargique, à moins que la Divinité, prenant pitié de vous, ne vous envoie encore un homme qui me ressemble. Or, que ce soit elle-même qui m'ait donné à cette ville, c'est ce que vous pouvez aisément reconnaître à cette marque, qu'il y a quelque chose de plus qu'humain à avoir négligé pendant tant d'années mes propres affaires, pour m'attacher aux vôtres, en vous prenant chacun en particulier, comme un père ou un frère aîné pourrait faire, et en vous exhortant sans cesse à vous appliquer à ce qui est un mérite véritable.

 

Et si j'avais tiré quelque salaire de mes exhortations, ma conduite pourrait s'expliquer; mais vous voyez que mes accusateurs mêmes, qui m'ont calomnié avec tant d'impudence, n'ont pourtant pas eu; le front de me reprocher et d'essayer de prouver par témoins; que j'aie jamais exigé ni demandé le moindre salaire; et  je puis offrir de la vérité de ce que j'avance un assez bon témoin, à ce qu'il me semble: ma pauvreté. »

 

Platon,  Apologie de Socrate.


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Lumière obscure...

16 Février 2011, 08:47am

Publié par Father Greg

 

 

Norham-Castle-by-Joseph-Mallord-Turner.jpg La foi, disent les théologiens, est une habitude de l'âme, certaine et obscure à la fois. Elle est obscure parce qu'elle nous propose des vérités révélées de Dieu même, qui surpassent toute lumière naturelle, qui excèdent...toute compréhension humaine quelle qu'elle soit. De là vient que cette lumière excessive fournie par la foi devient pour l'âme de profondes ténèbres. Une force supérieure, on le sait, surmonte et fait défaillir une force moindre. Ainsi le soleil éclipse toutes les autres lumières, au point que lorsque celui-là resplendit, celles-ci ne semblent plus, à proprement parler, des lumières. En outre, son éclat dépasse totalement notre puissance visuelle quand il est dans sa force, en sorte qu'au lieu de la faire voir, il l'aveugle, parce qu'il est excessif et hors de proportion avec notre vue. De même la lumière de la foi, par son excès prodigieux, accable et fait défaillir la lumière de notre intelligence...


      Je prends un autre exemple... supposez une personne née aveugle, et qui par conséquent n'a jamais vu les couleurs. Si vous cherchez à lui faire comprendre ce que c'est que le blanc et le jaune, vous aurez beau accumuler les explications, elle n'en retirera aucune connaissance directe, parce qu'elle n'a jamais vu ces couleurs...; il ne lui en restera dans l'esprit que le nom, qu'elle a reçu par l'ouïe... Il en est de même de la foi à l'égard de l'âme. Elle nous dit des choses que nous n'avons jamais vues ni connues...; nous n'avons à leur égard aucun rayon de connaissance naturelle... Mais nous les savons par l'ouïe, en croyant ce qui nous est enseigné..., en aveuglant en nous la lumière naturelle. En effet, comme dit saint Paul : « La foi naît de ce qu'on entend »
(Rm 10,17). Comme s'il disait : La foi n'est pas une science qui entre en nous par les sens, c'est un assentiment de l'âme à ce qui entre par l'ouïe... Il est donc évident que la foi est pour l'âme une nuit profonde ; mais c'est par son obscurité même qu'elle l'éclaire et plus elle la plonge dans les ténèbres, plus elle l'illumine de ses rayons. En effet, c'est en aveuglant qu'elle éclaire, selon la parole d'Isaïe (7,9) : « Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas ».

 

 Saint Jean de la Croix, La Montée du Carmel.


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S’éveiller à la lumière...

15 Février 2011, 00:33am

Publié par Father Greg

 

 

  « Je levai les bras et invoquai la Vérité Éternelle ; non, ce ne fut pas une invocation mais des pleurs. Mon être entier fut soulevé par un ravissement, par une exaltation immense. J’ai vu la vérité, – mon esprit ne l’a pas conçue mais je l’ai vue. Et l’image vivante de cette Vérité remplit mon âme à tout jamais. »

Fédor Dostoïevski.

 

 


 

emil-nolde-soleil-couchant.jpg  La Recherche du temps perdu, c’est splendide... et inutile, et je m’y suis égaré un temps avec délectation. Le contraire de ce livre, c’est L’idiot, de Dostoïevski. Je n’ai jamais rencontré d’adorateurs de Dostoïevski, mais des gens qui avaient été brûlés par cette lecture. Il parle des âmes comme de l’enjeu d’une bataille quand Proust parle du moi. Proust est un esthète et Dostoïevski un vivant.

 

Je n’ai plus envie d’avoir cette indulgence paresseuse qui consiste à mettre n’importe quel auteur à côté de n’importe quel autre : on ne peut pas aimer de la même façon ceux qui éveillent et ceux qui égarent.

 

Étrangement aujourd’hui, on voudrait nous faire croire qu’il n’y a de lucidité que celle de la mort : il s’agit de gratter l’azur jusqu’à découvrir un ciel noir. Si on cherche autre chose on vous accuse de chercher une consolation, et comme ce désabusement épouse parfaitement l’effondrement maladif de l’époque, tout est verrouillé.

 

C’est le feu qui décide, le feu de l’esprit, et il passe où il veut. Il n’a besoin pour prendre que d’un bois sec, c’est-à-dire d’un cœur ferme. La lumière du monde ne vient pas du monde : elle vient de l’embrasement de ces cœurs purs, épris plus que d’eux-mêmes de la simplicité radicale du ciel bleu, d’un geste généreux ou d’une parole fraîche.

 

 

 

Christian BOBIN, La Lumière du monde.


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Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir...

14 Février 2011, 11:59am

Publié par Father Greg

 

«  Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux ».

 

 

27.JPG Jésus est-il venu instaurer une super loi ? Un truc bien exigeant plus dur que la loi de Moïse ? Maudire son prochain conduit maintenant en enfer, alors que pour Moïse, commettre un meurtre conduisait seulement au tribunal !? Si désirer une femme c’est déjà commettre un adultère… alors  l’évangile n’est plus accessible qu’à une toute petite élite et réclame qu’on se transforme en machines à se surveiller constamment ?! Bref, du désespoir organisé !! Et si toute mauvaise action ou jugement réclame de se couper la main ou de s’arracher les yeux, alors on va tous finir aveugles et manchots !!


Or, ce que proclame Jésus n’est pas une figure de style : il nous dit en vérité les exigences qu’il a pour nous. Et son désir n’est certainement pas un truc pieux pour gens amorphes dégoulinant de gentillesse !  Justement, la radicalité de son propos indique qu’il y a là quelque chose d’extrêmement important. Et ces nouvelles exigences, c’est le désir que Dieu a sur nous, que Jésus a réalisé.


Jésus vient non seulement vivre la loi jusqu’au bout mais même en dépasser les exigences. A la croix, il vient se servir de toutes les trahisons, de toutes les injustices en se donnant d’une manière encore plus intime, encore plus personnelle. Cette victoire qu’il a acquise, de répondre aux blessures en donnant encore plus ce qu’il est, ses secrets, cette victoire elle est pour nous !


Ces nouvelles exigences de Jésus, c’est bien ce qu’il vit et qui est manifesté à la croix et qu’il veut nous donner de vivre ! Non pas un don généreux, de 'souffrance', mais une nouvelle connaissance dans l'amour! Et cela, spécialement dans nos liens personnels, amicaux. Dans tous ces lieux qui font notre vie personnelle, la plus quotidienne et la plus intime. Les commandements de Dieu ne sont pas un minimum à vivre pour être en règle, mais le désir que Dieu a sur nous de nous entrainer vers des liens extrêmement personnels, ceux qui existent en Dieu en se servant des trahisons et des blessures que l’on nous fait.


« Vous avez appris qu'il a été dit … Eh bien, moi je vous dis… »


Et la clé, c’est cela: « Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir ! » Il est déjà victorieux, il l’a déjà réalisé, accompli, et il veut que cette victoire prenne tout en nous ! Il veut que sa victoire s’empare de toutes nos luttes. Que l’on vive toutes nos souffrances, tous nos lieux de désespoir comme des victorieux !

 

Pour cela Jésus parle avec autorité, « on vous a dit que vous deviez faire ci et ça.. ?? Et bien moi je vous dis...  que Je suis venu accomplir ma victoire dans tous ces lieux où vous désespérez »

 

C’est cela ce que Jésus veut nous donner à vivre. Mais nous, le veut-on? Est-on actuellement en attente de Dieu? De ce que lui veut pour nous? Notre oui, est-ce vraiment oui… ? Ou bien « oui,... mais bon.. » Est-on vraiment en attente de vivre de suite de cette  victoire ? A-t-on saisi que cette victoire est pour nous, d'une manière telle qu'on est mobilisé pour en vivre ? Est-ce que notre oui est vraiment inscrit dans nos choix, un désir réel, le cri de votre cœur ?


Fr Grégoire.


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