Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Sagesse Bourgeoise...

13 Janvier 2011, 20:15pm

Publié par Father Greg

 

 

Invectives contre "l'auge à cochons de la sagesse bourgeoise"

  

 

« Le vrai Bourgeois, c'est à dire, dans un sens moderne et aussi général que possible, l'homme qui ne fait aucun usage de la faculté de penser et qui vit ou paraît vivre sans avoir été sollicité un seul jour, par le besoin de comprendre quoi que ce soit.  L'authentique Bourgeois est nécessairement borné... »                     

 Léon Bloy.

 

 

Gros-plan-sur-le-portrait-de-Louis-Francois-Bertin-1832-par  « Soyons raisonnables, n’est-ce pas ? Je suis forcé de penser à mes affaires, d’abord; ensuite aux affaires des autres, pour les fourrer dedans, s’il est possible ; enfin à mes plaisirs. Où diable voulez-vous que je prenne le temps de penser à autre chose ? Vous me parlez de Dieu, c’est bien gentil de votre part ; mais sérieusement, qu’est-ce que vous voulez que j’en fasse de votre bon Dieu ?

Jamais je n’y pense, jamais je n’y ai pensé et quand je serai sur le point de crever, je vous prie de croire que je n’y penserai pas davantage. Les prêtres le disent eux-mêmes, on est poussière et on retourne en poussière. Alors pourquoi s’embarrasser de toutes ces blagues ? Vous êtes vraiment bien rigolo de vous intéresser à mon âme, comme si je m’intéressais à la vôtre, moi ! Oh ! là ! là ! on voit bien que vous n’êtes pas dans le commerce. Si vous y étiez, vous sauriez que, loin de pouvoir penser à tout, on a bien assez et même trop, quelquefois, de penser à son livre de caisse. Tenez, mon cher monsieur, voulez-vous que je vous dise ? Je demande un bon Dieu qui soit dans les affaires. Alors on pourrait s’entendre. Il n’aurait pas le temps, lui non plus, de penser à tout. Il ouvrirait le dimanche, pour sûr, et il nous ficherait la paix, je vous en réponds… »

 

Léon Bloy. Exégèse des lieux communs.

 

Voir les commentaires

Temps ordinaire...

12 Janvier 2011, 17:54pm

Publié par Father Greg

 

 

 

 

 

« Vous voilà, mon Dieu.  eugene-delacroix-l-orpheline-au-cimetiere

Vous me cherchiez? Que me voulez-vous ? Je n'ai rien à Vous donner.

Depuis notre dernière rencontre, je n'ai rien mis de côté pour Vous. Rien...

Pas une bonne action. J'étais trop lasse. Rien...

Pas une bonne parole. J'étais trop triste.

Rien que le dégoût de vivre, l'ennui, la stérilité.
- Donne !

- La hâte, chaque jour, de voir la journée finie, sans servir à rien;

le désir de repos loin du devoir et des œuvres, le détachement du bien à faire,

le dégoût de Vous, ô mon Dieu !

- Donne !

- La torpeur de l'âme, le remords de ma mollesse et la mollesse plus forte que le remords...
- Donne !

- Des troubles, des épouvantes, des doutes ...

- Donne !

- Seigneur, voilà que, comme un chiffonnier, Vous allez ramasser des déchets, des immondices. Qu'en voulez-Vous faire, Seigneur ?

- Le Royaume des Cieux ! »


Marie-Noel. Notes Intimes.


 


Voir les commentaires

Et vous, ça va?

11 Janvier 2011, 17:14pm

Publié par Father Greg

 

 

Mener une vie simple est une chose souvent complexe, alors que se compliquer la vie est d’une simplicité déconcertante.  Eh ouais.


 

jean-cocteau.jpg « Abandonnons notre conscience mondaine, chassons de notre ville intérieure les passions qui volent la caisse de notre âme ! Il y a des moyens, il y a un fouet pour les chasser. C’est le rire ! Le rire, que craignent tant nos passions les plus basses ! Le rire qui est créé pour rire de tout ce qui flétrit la réelle beauté de l’être humain. Rendons au rire sa signification réelle ! Rions généreusement de notre propre vilénie. Vous avez la gueule de travers ? Oui nous avons la gueule de travers ! De qui riez-vous ? Nous rions de nous-mêmes, Oui, nous rions de nous-mêmes, parce que nous ressentons notre noble espèce russe, parce que nous ressentons la prescription suprême d’être meilleurs que les autres… »

 

Nicolas Vasilevitchi Gogol.

 


 

bis


Voir les commentaires

Baptème...

10 Janvier 2011, 11:52am

Publié par Father Greg

 

 

 

On demande des pécheurs!

 

georges-rouault-christ.jpgDans l’A.T, le baptême était un acte pénitentiel, de purification devant Dieu. En se plongeant dans l'eau, le pénitent reconnaissait son désordre, manifestant son désir de mourir à ses comportements erronés.

 

Ainsi, lorsque le Baptiste voit Jésus venir avec les pécheurs, il est stupéfait ; reconnaissant en Lui le Messie, Celui qui est sans péché, il ne comprend pas ! Or, Jésus l'exhorte à entrer dans ce nouveau chemin, à accepter de faire ce geste, pour « accomplir parfaitement ce qui est juste ».

 

Jésus manifeste là que le nouveau baptême c’est de laisser Dieu lui-même s’abaisser et prendre tout notre désordre. Il vient s’unir à nous d’une manière telle, qu’il se fait responsable de chacun de nous devant le Père. Et cela d’une manière cachée, pour que son geste ne soit pas une accusation ou source de repliement sur nous-même !

 

‘Accomplir ce qui est juste’, c’est choisir de laisser Dieu venir porter ce qui est mort en nous, de le laisser venir nous rencontrer là où on est moisi. C’est là qu’il veut descendre, parce que c’est là où l’on va pouvoir voir son visage ; Et notre misère en nous qui devient le lieu de la rencontre ?!

 

En laissant Dieu réaliser ce don excessif, cet amour qui est de trop, nous Lui ‘permettons’ de se manifester tel qu’il est pour nous, dans ce qui est le plus lui-même : dès que nous laissons Jésus porter ce qui est mort en nous, nous permettons comme une nouvelle présence de Dieu, une nouvelle connaissance de sa paternité pour nous.

 

La réalité cachée du baptême –ce don divin toujours actuel- est d'être insèré dans cet amour substantiel réciproque qui est Dieu; Dieu se déverse alors lui-même en nous, et se rend présent d’une nouvelle manière. Le bain de l'eau, nous lie et nous insère en Jésus avec qui nous devenons comme un, unis à lui dans sa personne...



Voir les commentaires

Dévotion...

9 Janvier 2011, 21:51pm

Publié par Father Greg

 

Ô Notre-Dame des Relous,  titien-cain-et-abel.jpg

Tendre mère des fâcheux de toute sorte

Qui par votre indulgence ineffable

Savez supporter avec miséricorde tous les boulets de la terre,

Prenez en pitié nos pauvres cœurs excédés.

Nul n’a jamais su vous faire sortir de vos gonds

Et jamais vous n’avez manifesté la moindre lassitude,

Malgré l’armée de casse-pieds qui a dû se bousculer à votre porte,

Sans oublier tous ces enquiquineurs qui,

Jour après jour,

Depuis votre bienheureuse montée au Ciel,

Refusent de vous accorder le moindre repos.

Enseignez à nos cœurs la même patience

Face à ces emmerdeurs qui nous cernent de toutes parts ;

Donnez-nous la force de les endurer en silence,

Voire même celle – surhumaine – de les bénir !

Tout spécialement ce chieur de…

[nom de la personne qui nous empoisonne],

Afin de ne pas nous laisser sombrer dans la critique à son égard.

Et si votre bienveillance maternelle se laissait toucher par notre misère,

De grâce, prenez-nous en pitié :

Notre-Dame des Relous,

Délivrez-nous de tous les relous.

(Mais vite...)

 Auteur Inconnu

Voir les commentaires

Hymne à Dieu...

8 Janvier 2011, 17:03pm

Publié par Father Greg

 

 

 

O toi,  l'au-delà de tout turner46

N'est-ce pas là tout ce qu'on peut chanter de toi ? 
Quelle hymne te dira, quel langage ? 
Aucun mot ne t'exprime. 
A quoi s'attachera-t-il ? 
Tu dépasses toute intelligence. 

Seul, tu es indicible, car tout ce qui se dit est sorti de toi. 
Seul, tu es inconnaissable, car tout ce qui se pense est sorti de toi. 
Tous les êtres, ceux qui pensent et ceux qui n'ont point la pensée, 
te rendent hommage. 

Le désir universel, l'universel gémissement tend vers toi. 
Tout ce qui est te prie, et vers toi tout être qui pense ton univers 
fait monter une hymne de silence. 

Tout ce qui demeure, demeure par toi; 
par toi subsiste l'universel mouvement.

De tous les êtres tu es la fin; 
tu es tout être, et tu n'en es aucun.

Tu n'es pas un seul être; 
tu n'es pas leur ensemble ;

tu as tous les noms et comment te nommerais-je, 
toi qu'on ne peut nommer? 

Quel esprit céleste pourra pénétrer les nuées qui couvrent le ciel même? 
Prends pitié, 0 toi l'au-delà de tout

n'est-ce pas là tout ce qu'on peut chanter de toi ? 


Grégoire de Nazianze (IVe siècle) 

Voir les commentaires

Quel bonheur...?

7 Janvier 2011, 00:11am

Publié par Father Greg

 

 

« Beaucoup naissent aveugles paul-cezanne-vieil-homme

et ne s’en aperçoivent que le jour où la vérité leur crève les yeux…

A force de ne jamais réfléchir,

on a un bonheur stupide.

A force de plaisirs

notre bonheur s’abime.

Le bonheur exige du talent.

Le malheur pas.

On se laisse aller. On s’enfonce.

C’est pourquoi le malheur plaît

et le bonheur effraye la foule. » 

Jean Cocteau.

 

 

« Plus on est semblable à tout le monde, plus on est ‘comme il faut’ ! C'est le sacre de la multitude.... Ainsi, on dit d’un homme qu’il est 'raisonnable', comme les putains disent d’un client qu’il est sérieux…»                                                                    

Léon Bloy.

 

« Il est si facile de se haïr ! La grâce est de s'oublier... Mais si tout orgueil était mort en nous, la grâce des grâces serait de s'aimer humblement soi-même... » 

        Georges Bernanos.   


Voir les commentaires

Exaltation de la chair...

6 Janvier 2011, 10:56am

Publié par Father Greg

 

 

 

 

A030609 1 Dans ces jours saints nous avons vécu de manière mystérieuse mais réelle l'entrée du Fils de Dieu dans le monde. Toute célébration est une présence actuelle du Christ et en elle prolonge l'histoire du salut.

 

Célébrer l'incarnation du Fils de Dieu n'est pas un simple souvenir de faits du passé, mais c'est rendre présents ces mystères porteurs de salut. Ces mystères se font actuels et efficaces pour nous, aujourd'hui.

 

Le Concile Vatican II souligne que l'œuvre de salut réalisée par le Christ continue grâce à l'action de l'Esprit Saint. A partir de l'Incarnation quelque chose de bouleversant à lieu : le contact salvifique avec Dieu se transforme radicalement et la chair devient l'instrument du salut : « le Verbe s'est fait chair », ainsi « La chair est le fondement du salut» St Léon. 

 

La manifestation de Dieu dans la chair est l'événement qui a révélé la Vérité dans l'histoire : aujourd'hui, comme alors, Dieu se révèle dans la chair.

 

Noël est l'invitation à nous laisser transformer totalement par Celui qui est entré dans notre chair. « Le fils de Dieu... s'est uni à nous et nous a unis à lui … et devient une élévation de l'homme jusqu'à la hauteur de Dieu »

 

 La manifestation de Dieu a pour objectif la réalisation en nous du mystère de son incarnation. Ce mystère est l'accomplissement de la vocation de l'homme. « Les paroles de l'Evangile nous enseignent à comprendre la Nativité du Seigneur, comme un fait qui se déroule sous nos yeux...»

 

Benoit XVI, audience 5 janvier 2011.

Voir les commentaires

Il est plus présent à nous même que nous-même...

5 Janvier 2011, 15:11pm

Publié par Father Greg

 

 

« Toi, tu es plus intime à moi-même que moi-même »

 

Bien tard je t’ai aimée,   Light and Color by Joseph Mallord Turner
ô beauté si ancienne et si nouvelle,
bien tard je t’ai aimée !
Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors
et c’est là que je te cherchais,
et sur la grâce de ces choses que tu as faites,
pauvre disgracié, je me ruais !
Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ;
elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant,
si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas !

Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ;
j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ;
tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix.

Quand j’aurai adhéré à toi de tout moi-même,
nulle part il n’y aura pour moi douleur et labeur,
et vivante sera ma vie toute pleine de toi.
Mais maintenant, puisque tu allèges celui que tu remplis,
n’étant pas rempli de toi je suis un poids pour moi.
Il y a lutte entre mes joies dignes de larmes
et les tristesses dignes de joie ;
et de quel côté se tient la victoire, je ne sais.
Il y a lutte entre mes tristesses mauvaises
et les bonnes joies ;
et de quel côté se tient la victoire, je ne sais.

Ah ! malheureux ! Seigneur, aie pitié de moi.
Ah ! malheureux ! voici mes blessures, je ne les cache pas :
tu es médecin, je suis malade ;
tu es miséricorde, je suis misère.
N’est-elle pas une épreuve, la vie humaine sur la terre ? […]
Et mon espérance est tout entière uniquement
dans la grandeur immense de ta miséricorde.
Donne ce que tu commandes et commande ce que tu veux. […]
Ô amour qui toujours brûles et jamais ne t’éteins,
ô charité, mon Dieu, embrase-moi !

St Augustin. Confessions, X, 27, 38-29, 4

Voir les commentaires

Prière...

4 Janvier 2011, 12:21pm

Publié par Father Greg

À une heure du matin

 

philosophe.jpg Enfin! Seul! On n'entend plus que le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés. Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. Enfin! La tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même.


Enfin! Il m'est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres! D'abord, un double tour à la serrure. Il me semble que ce tour de clef augmentera ma solitude et fortifiera les barricades qui me séparent actuellement du monde. 


Horrible vie! Horrible ville! Récapitulons la journée:

-avoir vu plusieurs hommes de lettres, dont l'un m'a demandé si l'on pouvait aller en Russie par voie de terre (il prenait sans doute la Russie pour une île);

-avoir disputé généreusement contre le directeur d'une revue, qui à chaque objection répondait: "- C'est ici le parti des honnêtes gens", ce qui implique que tous les autres journaux sont rédigés par des coquins;

-avoir salué une vingtaine de personnes, dont quinze me sont inconnues;

-avoir distribué des poignées de main dans la même proportion, et cela sans avoir pris la précaution d'acheter des gants;

-être monté pour tuer le temps, pendant une averse, chez une sauteuse qui m'a prié de lui dessiner un costume de Vénustre;

-avoir fait ma cour à un directeur de théâtre, qui m'a dit en me congédiant: "- Vous feriez peut-être bien de vous adresser à Z...; c'est le plus lourd, le plus sot et le plus célèbre de tous mes auteurs, avec lui vous pourriez peut-être aboutir à quelque chose. Voyez-le, et puis nous verrons";

-m'être vanté (pourquoi?) de plusieurs vilaines actions que je n'ai jamais commises, et avoir lâchement nié quelques autres méfaits que j'ai accomplis avec joie, délit de fanfaronnade, crime de respect humain; avoir refusé à un ami un service facile, et donné une recommandation écrite à un parfait drôle; ouf! Est-ce bien fini? 


   Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m'enorgueillir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. Âmes de ceux que j'ai aimés, âmes de ceux que j'ai chantés, fortifiez-moi, soutenez-moi, éloignez de moi le mensonge et les vapeurs corruptrices du monde, et vous, Seigneur mon Dieu! Accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise!

Charles Baudelaire.

Voir les commentaires

Pourquoi l'Incarnation?

3 Janvier 2011, 15:53pm

Publié par Father Greg

L’intention de Dieu dans l’Incarnation (I)

Chrétiens du début du troisième millénaire de l'Église, nous vivons des luttes extrêmes, des luttes intellectuelles profondes et multiples. L'union tout à fait première, dans la sagesse de Dieu, de l'homme et de la femme, est elle-même attaquée et, par le fait même, la finalité propre de la personne humaine est ébranlée et souvent rejetée. L'homme devient le maître absolu, non seulement de lui-même mais aussi des autres. Au milieu de ce bouleversement mondial et si total, où tout demande d'être repris, rectifié, purifié, l’Incarnation du Christ nous révèle l'amour du Père pour chacun d'entre nous, et nous montre que seul cet amour est éternel et victorieux de toutes les luttes. 


Conférence donnée à Orléans. 29. 11.2010.

 

 

https://www.opendrive.com/files?10160964_SjEzX




Voir les commentaires

Epiphanie..

2 Janvier 2011, 23:59pm

Publié par Father Greg

L’EPIPHANIE : manifestation du Seigneur…

 

Comme manifestation, on a fait mieux… une étoile, un enfant… Well, question marketing ce n’est pas tip top… c’est même plutôt assez nul… alors c’est quoi cette manifestation de Dieu ?? Il ne pourrait pas faire péter le ciel un bon coup et se manifester ???                                                  

 

Rembrandt Or, le chemin que Dieu prend pour se manifester c’est des païens ! Paradoxe étonnant que ces « chercheurs de Dieu », qui deviennent témoins pour ceux qui devaient attendre le messie !! Et, la réponse de Dieu à ceux qui cultivent cette quête de vérité, celle qui fait que l’homme est vraiment homme, c’est un signe dans le ciel assez ridicule : une étoile !  Et justement, les mages n'ont vu qu'une étoile, qu’un enfant... Mais parce qu’ils avaient cette quête intérieure, cette soif incroyable qui les ont fait tout quitter, ils ont pu déceler et recevoir ces pauvres signes comme révélation d’un passage de Dieu pour eux.


Qu’est-ce que cela nous enseigne ? Que Dieu est toujours au delà de ce que nous connaissons de Lui. Dieu est d’un déconcertant ! Et aussi qu’il ne supprimera jamais en nous ce qui fait notre grandeur ! Qu’il refuse de s’imposer par miracle ou par magie !

 

Et c’est un peu là notre tentation : les scribes et les pharisiens savaient beaucoup de choses sur Dieu, et ont réduits leur foi à un savoir informatif, à des explications sécurisantes ; refusant la pauvreté dans laquelle nous plonge la foi, ils se sont inquiétés jusqu’à chercher à tuer Jésus ! Comment ceux qui ont reçu la promesse de Dieu ont pu finalement aller jusqu’à le rejeter ?

 

Nous ne pouvons pas posséder la vérité. On ne possède pas la foi à la manière d'un compte en banque. La foi est un chemin d'amour –intelligent-, qui nous rend relatifs à un autre qui nous dépasse et qui reste toujours plus grand que ce que nous en connaissons.

 

Alors, demeurons-nous des chercheurs de Dieu ? Sans doute dirons-nous que nous avons rencontré Dieu puisque nous lui avons donné notre foi, notre confiance. Or, quand nous parlons de chercher Dieu, nous ne mettons pas en cause la confiance qui nous habite. Nous voulons dire que Dieu est toujours au-delà de nos prises. Nous n’en avons jamais fini de le découvrir. La confiance en Dieu ne nous dispense pas de chercher sans cesse sa présence silencieuse, de purifier sans cesse les représentations que nous nous faisons de lui.

 

Dieu est au bout d'une longue route et ne se découvre qu'à ceux qui persévèrent. Le 1er signe que les mages avaient découvert, l'étoile ...a disparu. Dans cette quête de Dieu, comme les mages, il y a des moments de doute, d’incertitude, nous ne savons plus très bien dans quelle direction aller. Les mages représentent tous ceux qui sont en recherche de Dieu. Tout homme est, comme les mages, un nomade de Dieu qui s'ignore.

 

Comment accueillir ces témoins qui vivent déjà d’une lumière qui les dépasse sans le savoir, ces questionneurs dérangeants, qui peuvent nous révéler des lumières enfouies sous nos certitudes étroites, des vérités cachées par la sclérose de nos habitudes ?

 

Comment donner la soif et le goût de Dieu aux hommes qui l'ont perdu ? Comment faire boire un âne qui n'a pas soif ? Une seule réponse : trouver un autre qui a soif et qui chercher à boire. Des hommes qui ont soif de Dieu sont plus efficaces que tout ce que l’on peut dire de Dieu.  Si nous étions ces assoiffés de divin, nous serions pour les autres le signe, l'étoile qui réveillera cette soif de Dieu !

 

Notre quête de lumière, notre itinéraire, c’est cela que Dieu aime et c’est là qu’Il vient se révéler à nous, travailler en nous de l’intérieur, à travers un autre que l’on accueille dans ce qu’il a de plus lui-même. Dieu a lié son don à des liens très humains, à ce qui fait notre quête comme personne humaine.

 

Voir les commentaires

Résolution...

31 Décembre 2010, 11:15am

Publié par Father Greg

  Résolution de nouvel an : ne plus perdre de temps ?!

 

 

le chat

 

 

 

 

 

 « Perdre du temps », quelle drôle d'expression ! Comme si on disait que dans le passé, il y avait plus de futur que maintenant..! Peut-on « perdre » du temps? On peut perdre un stylo, un portefeuille, un ami... mais le temps ? Non ! Il est toujours là, avec moi, pas de risque de le perdre...

 

Certes, Proust est bien parti à sa recherche, mais il visait là le temps passé, le temps révolu, celui dans lequel nous nous noyons comme dans un brouillard. Il est allé fouiller les arcanes de ses souvenirs jusqu'à retrouver ce temps perdu1

 

Notre société est malade: elle ne pense plus que dans l'instantané, dans l'immédiat, dans l'urgenceQuand on parle de temps perdu, on parle de temps présent mal utilisé, inefficace ! Mais est-ce encore recevoir le réel tel qu'il est ou bien tel que je pourrais m'en servir pour m'affirmer et me prouver a moi-même que je domine mon existence?  C'est comme si pour voir qu'il fait noir, on avait besoin d'être une lumière !


 

Hélas, à courir après le temps, le plus souvent, on ressemble a l'armée de l'air: que du vent! Les gens qui courent pensent qu'ils gagnent du temps. Mais pendant qu'ils courent, que font-ils d'autres que courir ? Et ce temps « gagné » que vont-ils en faire ? Alors, ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon, vous n'en sortirez pas vivant…


Et puis, l'âge ne compte pas, à moins d'être un fromage... chat

 


 

Cette phobie collective liée à la perte du temps, est une maladie: nous ne vivons plus que dans un présent qui doit être super-utilisé, alors que le présent échappe à tout pouvoir et vouloir le posséder nous donne le sentiment de le perdre constamment. De fait, l’avenir ne nous fait plus peur quand on comprend qu’il recule sans cesse avec le temps qui avance... jusqu'à l'éternité, et là, on aura le temps: car l'éternité c'est long, surtout vers la fin...

 

Bonne année !


 

NB : Ce n'est pas parce qu'il y a beaucoup de gens dont la facilité de parler ne vient que de l'impuissance à se taire, que de parler de tout signifie nécessairement parler pour rien! Bien que de tous ceux qui n'ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent. Enfin, Il vaut mieux se taire et passer pour un con que de parler et ne laisser aucun doute à ce sujet!

 

 

 

(1). Pourquoi est-ce que la psychanalyse de certains hommes est souvent plus rapide que celle des femmes?? - Parce qu'il s'agit de remonter dans l'enfance, et avec certains hommes, on y est déjà.

 


Voir les commentaires

Le chef d'oeuvre de Dieu...

30 Décembre 2010, 15:46pm

Publié par Father Greg

 

 

La femme,  créature la plus fragile,

est chef d’œuvre de DIEU dans sa fragilité !

 

 

 «Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme». 

femme.JPGAinsi commence l'événement central, l'événement clé dans l'histoire du salut. La femme se trouve au cœur de cet événement salvifique. Ne trouve-t-on pas dans l'Annonciation de Nazareth le début de la réponse définitive par laquelle Dieu même va au-devant de l'inquiétude du cœur humain?

 

Marie atteint ainsi une telle union à Dieu qu'elle dépasse toutes les attentes de l'esprit humain. Elle dépasse même les attentes de tout Israël et, en particulier, des filles de ce peuple élu. Qui parmi elles, toutefois, pouvaient supposer que le Messie promis serait le «Fils du Très-Haut»? A partir de la foi monothéiste au temps de l'Ancien Testament, c'était difficilement envisageable. Ce n'est que par la force de l'Esprit Saint «venu sur elle» que Marie pouvait accepter ce qui est «impossible aux hommes mais possible à Dieu».

 

Ainsi la «plénitude du temps» manifeste la dignité extraordinaire de la «femme». Cette dignité consiste, d'une part, dans l'union surnaturelle à Dieu en Jésus Christ. De ce point de vue, la «femme» est la représentante et l'archétype de tout le genre humain: elle représente l'humanité qui appartient à tous les êtres humains, hommes et femmes.

 

Mais, d'autre part, l'événement de Nazareth met en relief une forme d'union à Dieu qui ne peut appartenir qu'à la «femme», à Mariel'union entre la mère et son fils. La Vierge de Nazareth devient en effet la Mère de Dieu.

 

Elle est donc vraiment la Mère de Dieu, car la maternité concerne toute la personne et pas seulement le corps, ni même seulement la «nature» humaine.

 

L'union particulière avec Dieu (fils dans le Fils), qui est accordée à tout homme  est grâce pure et, comme telle, un don de l'Esprit. Par une réponse de foi, Marie exprime sa libre volonté, et donc l'entière participation du «moi» personnel et féminin à l'événement de l'Incarnation.

 

Mais la grâce ne laisse jamais la nature de côté, elle ne l'annule pas non plus; au contraire, elle la perfectionne et l'ennoblit. La «plénitude de grâce» accordée à la Vierge de Nazareth en vue de sa qualité de «Théotokos» signifie donc en même temps la plénitude de la perfection de «ce qui est caractéristique de la femme», de «ce qui est féminin».

 

L'Eglise désire remercier la Très Sainte Trinité pour toute femme, pour les «merveilles de Dieu» qui, dans l'histoire des générations humaines, se sont accomplies en elle et par elle. En définitive, n'est-ce pas en elle et par elle que s'est accompli ce qu'il y a de plus grand dans l'histoire de l'homme sur terre, l'événement que Dieu lui-même se soit fait homme?

 

C'est pourquoi l'Eglise rend grâce pour toutes les femmes et pour chacune d'elles: pour les mères, pour les sœurs, pour les épouses; pour les femmes consacrées à Dieu dans la virginité; pour les femmes dévouées à tant d'êtres humains qui attendent l'amour gratuit d'une autre personne; pour les femmes qui veillent sur l'être humain dans la famille, ce signe fondamental de la communauté humaine; pour les femmes qui exercent une profession, celles sur qui pèse parfois une grande responsabilité sociale; pour les femmes «vaillantes» et pour les femmes «faibles»: pour toutes, telles qu'elles sont sorties du coeur de Dieu dans toute la beauté et la richesse de leur féminité, telles qu'elles ont été entourées de son amour éternel; telles qu'avec l'homme elles accomplissent le pèlerinage de cette terre, «patrie» temporelle des hommes, parfois transformée en «vallée de larmes»; telles qu'elles portent, avec l'homme, la responsabilité commune du destin de l'humanité, selon les nécessités quotidiennes et suivant la destinée finale que la famille humaine a en Dieu.

JPII. Mulieris Dignitatem. 1988.

Voir les commentaires

L'Incarnation, excès de gratuité...

29 Décembre 2010, 14:41pm

Publié par Father Greg

 

 

 

   Jesus Christ baby - Copy4   Le mystère du Christ contient, achève et récapitule tout. Dans le Christ, la Révélation est accomplie, achevée. En lui, tout nous est donné.

 

Comment entrer dans ce mystère ? C’est-à-dire, quelle est l’intention de Dieu dans ce mystère ? Pourquoi cela ? Quelle est la porte qui puisse nous aider à recevoir jusqu’au bout ce don, cette lumière sans la diminuer?

 

Dans l’incarnation, notre nature humaine est entrainée dans une proximité avec Dieu telle qu’il ne peut y en avoir de plus grande ! Dieu nous unit à lui dans sa personne. Comment vivre cela ?


Déjà la création est une œuvre d’amour, de pure gratuité. Dieu nous donne d’exister dans une gratuité totale. Il me donne d’être parce qu’il me veut. Mais notre existence ne lui rajoute rien. Il n’a aucune nécessité à nous créer, sinon nous-même. Chacun de nous peut-dire : j’aurai pu ne pas être ! Mon existence n’est pas nécessaire !

 

Aussi, c’est le propre de Dieu que d’agir par pure surabondance d’amour ! Dieu seul agit en attirant tout à lui dans l’amour ! L’incarnation n’est ni un don, ni un dépouillement de soi ! Même si l’amour réclame une manifestation, l’amour, en lui-même, n’est pas sa manifestation ; l’amour  n’est pas en premier un acte généreux ou un service. L’amour c’est en nous l’effet du bien qui nous attire !! Le bien se communique en attirant à lui. Un ami est source d’amour en nous attirant par sa seule bonté.  

 

Lorsque Dieu « se donne », il nous prend en fait en Lui. Il exerce encore plus son attraction sur nous. Et pour nous tout a changé. Pour lui, rien n’a changé. Dieu est acte pur, il ne change pas.

 

Pour nous lorsque nous aimons, cela implique un changement, un devenir, une manifestation. Dieu qui s’incarne, c’est Celui qui, présent partout, nous prend au plus intime de lui-même, par pure bonté ; Il n’y a pas d’autre raison à l’amour de Dieu pour nous que lui-même ; Son amour pour nous est d’une gratuité totale et infinie : son amour c’est son être, c’est ce qu’il est. Pour nous, notre amour est quelque chose de nous, mais ce n’est pas notre être.

 

« Dieu est la bonté. Or le propre du bien c’est de se communiquer en attirant a lui -le bien nous attire en suscitant l’amour-. Ainsi il appartient à Dieu de se communiquer le plus qu’il le peut en attirant tout à lui. » 

Somme théologique. Thomas d’aquin. IIIa.Q1. 

 

Ceci ne démontre pas l’incarnation, mais tente de s’approcher le plus de ce qu’est ce don caché que Dieu réalise pour chacun de nous à Noël, et que l’on ne peut connaitre que par révélation. L’incarnation est une folie d’amour de Dieu, une pure gratuité, un excès de gratuité. Et en lui, son attraction est substantielle : sa Bonté nous a pris en Lui, nous faisons ‘partie’ de Lui depuis Noël.

 

Certains font tout pour vivre de cette lumière qu'on ne possède jamais ; d’autres le réduisent à un anthropomorphisme humain, un but à atteindre, un idéal religieux ; d’autres encore, font totalement l’impasse, souvent malgré eux.

 

Le don, lui, demeure on ne peut plus réel. Cette réalité divine substantielle est le réel véritable, invisible pour des yeux humains, qui s’impose à nous, nous imbibe, malgré nous.  


Voir les commentaires

La Sainteté des pauvres

28 Décembre 2010, 12:36pm

Publié par Father Greg

« Une voix dans Rama s'est fait entendre, pleur et longue plainte : c'est Rachel pleurant ses enfants ; et elle ne veut pas qu'on la console, car ils ne sont plus ».

mother teresa with infant and poor« Les saints innocents, tendres bourgeons arrachés avant d'être mûrs pour pouvoir s'offrir eux-mêmes. Selon une tradition, la grâce a devancé le développement naturel de ces enfants innocents et leur a donné la compréhension de ce qui leur arrivait afin de les rendre capables d'un don libre d'eux-mêmes et de leur assurer la récompense réservée aux martyrs. Mais même ainsi, ils ne ressemblent guère au confesseur de la foi parvenu à l'âge d'homme qui s'engage avec un courage héroïque pour la cause du Christ. Livrés sans défense, ils ressemblent bien plus aux « agneaux conduits à l'abattoir ».

 

C'est ainsi qu'ils sont l'image de la plus extrême pauvreté. Ils ne possèdent nul autre bien que leur vie. Et maintenant elle leur est prise aussi et cela s'accomplit sans qu'ils résistent. Ils entourent la crèche pour nous montrer de quelle nature est la myrrhe que nous devons offrir à l'Enfant divin : celui qui veut lui appartenir totalement doit se livrer à lui dans un total dessaisissement de soi-même et s'abandonner au bon vouloir divin comme ces enfants. »

 

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein)

 

Méditation pour le 6 janvier 1941

Voir les commentaires

Le massacre des innocents...

27 Décembre 2010, 23:37pm

Publié par Father Greg

 

       scene-du-massacre-des-innocents---leon-cogniet.jpg   Ukrainien né à Berditchev en 1905, d'abord étudiant en chimie, Vassili Grossman devient journaliste et écrivain officiel, d'une orthodoxie absolue au régime soviétique. En 1960, Grossman achève son chef d'œuvre Vie et destin, seconde partie d'une fresque relatant un moment clé et crucial de l'histoire soviétique et mondiale : la bataille de Stalingrad. Mais, ne défendant plus le communisme, elle est confisquée par le KGB, et ne verra le jour en occident qu'en 1983 ! Première reconnaissance - a contrario- du réalisme de cette œuvre qui nous plonge au cœur de l’âme humaine, et place l’imaginaire de l'auteur au niveau de la réalité!

 

        Au travers de différentes histoires particulières et, sans verser dans la dénonciation à la manière de Soljenitsyne, Grossman étudie d'une manière sobre et dépouillée, le destin que peut imposer l'Etat à l'homme, et cherche, comme un frère solidaire de chacun des membres de la race humaine, ce qui peut donner un sens à ces vies inutiles, absurdes et massacrées, des victimes et des bourreaux.

 

        Véritable catharsis digne des tragiques, alliant la profondeur philosophique des grands stoïciens à une composition organique propre au génie russe, ce constat de l’histoire humaine, place tout un chacun devant lui-même : aucun de nos actes ne sont anodins, nous sommes tous responsables de ce qui fait que l’homme est humain!

        

        Sans résumer ici ce qui marque en propre les œuvres de V. Grossman, la force de ses interrogations sur le massacre des innocents revient constamment dans ses œuvres :

 

        Comment “ y voir clair, dégager les lois de ce chaos de souffrances où la culpabilité contrastait avec la sainte innocence, les faux aveux de ses crimes avec le dévouement fanatique, l'absurdité de ce massacre de millions d'êtres innocents et dévoués au Parti, avec la terrible signification de ces meurtres?”

 

        La question de la cause, d’un coupable à tous ces maux apparaît aussi. Mais peut-on attribuer à quelqu’un la responsabilité de ces massacres sans retomber dans les mêmes erreurs ?

 

        A Tolstoï qui écrivait que “tous sommes innocents”, Grossman rétorque : “L’homme n’est redevable qu’a lui-même de l’abjection humaine. Savez-vous ce qu’il y a de plus sordide chez les mouchards et les délateurs? Vous pensez que c’est le mal qui est en eux? Non, le plus épouvantables, c’est le bien qui est en eux, le plus triste, c’est qu’ils soient pleins de bonnes qualités, de vertus…[...] Non, non, ils ne sont pas coupables! Parmi les vivants, il n’est pas d’innocents. Tout le monde est coupable…Mais pourquoi souffrons nous tant, pourquoi avons-nous tellement honte de la…cochonnerie humaine?”.

 

        On sent aussi souvent poindre la noblesse et le caractère de l’écrivain à travers ses récits, refusant à l’homme l’incapacité à ne pas vivre selon sa dignité : “ Que de minables, partout! Que les gens ont donc peur de défendre leur droit à l’honnêteté, qu’ils cèdent facilement, qu’ils sont conciliants, que leurs actes sont pitoyables!. Et encore, devant l’attitude de ceux qui se soumettent au régime : “la docilité du bétail bien nourri, bichonné…, la peur de ruiner sa vie, la peur d’avoir de nouveau peur”.

 

 

       Le jugement dernier approche, les philosophes et les théologiens ne sont plus les seuls à se poser le problème du bien et du mal, il se pose à tous les hommes, cultivés ou analphabètes. [...]Les hommes virent que beaucoup de sang était versé à cause de ce petit, de ce mauvais bien, au nom de la lutte que menait ce bien contre tout ce qu’il estimait, lui, le petit bien, être mal. [...] même Hérode ne versait pas le sang au nom du mal, il le versait pour son bien à lui, Hérode. Une nouvelle puissance était née qui le menaçait… Or ce qui était né n’était pas un mal mais le christianisme. Jamais l’humanité n’avait entendu ces paroles : “Ne jugez pas et vous ne serez pas jugez…Aimez vos ennemis…” Qu’apporta à l’humanité cette doctrine de paix et d’amour? Les tortures de l’Inquisition, la lutte contre les hérésies, la guerre entre les protestants et les catholiques…Telle est la destinée terrible, qui laisse l’esprit  en cendres, de la doctrine la plus humaine de l’humanité…

 

        Des milliers de livres ont été écrits pour indiquer comment lutter contre le mal, pour définir ce que sont le bien et le mal. Mais le triste en tout cela est le fait suivant, et il est incontestable: là où se lève l’aube du bien, des enfants et des vieillards périssent, le sang coule. Non seulement les hommes, mais même Dieu n’a pas le pouvoir de réduire le mal sur la terre. Une voie a été ouïe à Rama, Rachel pleure ses enfants; et elle ne veut pas être consolée, par ce qu’ils ne sont plus. Et il lui importe peu à la mère  qui a perdu ses enfants, ce que les sages estiment être le bien et le mal…J’ai pu voir en action la force implacable de l’idée de bien social qui est née dans notre pays. Cette belle et grande idée tuait sans pitié les uns, brisait la vie des autres, séparait les femmes et les maris, arrachait les pères à leur enfants…

 

        Néanmoins, “Il existe, à côté de ce grand bien si terrible, la bonté humaine dans la vie de tout les jours…Cette bonté privée d’un individu à l’égard d’un autre individu est une bonté sans témoins, sans idéologie…C’est la bonté de l’ermite qui réchauffa un serpent sur son sein. C’est la bonté qui épargne la tarentule qui vient de piquer un enfant. Une bonté aveugle, insensée, nuisible!…Elle est, cette bonté folle, ce qu’il y a d’humain en l’homme,…le  point le plus haut qu’ait atteint l’esprit humain…Sa force réside dans le silence du cœur de l’homme…la bonté est forte tant qu’elle est sans force…Le secret de (son) immortalité est dans son impuissance…

 

        La vie apparaît alors comme un combat, une lutte quotidienne, qui ne vise pas à l’exploit mais à une quête de soi dans la connaissance de son impuissance : « comme le juste accomplissant tous les jours de bonnes actions reste obsédé des années durant par un seul péché ».  Ainsi « à chaque jour, à chaque heure, année après année, il fallait lutter pour le droit d’être un homme. Le droit d’être bon et pur. Et ce combat ne devait s’accompagner d’aucune fierté, d’aucune prétention, il ne devait être qu’humilité ».

 

        “L’histoire de l’homme n’est pas le combat du bien cherchant à vaincre le mal. L’histoire de l’homme est le combat du mal cherchant à écraser la minuscule graine d’humanité. Mais si même maintenant l’humain n’a pas été tué en l’homme, alors jamais le mal ne vaincra.”

 

 

La première partie Pour une juste cause parait en 1960.

V. Grossman. Tout Passe. (cit. p 115) éd. Julliard/ l'Age d'Homme. 1984. 235 pages, rédigé en 1954. (Staline meurt en 1953).

Tout Passe. p 88 - 89.

Vie et destin. p 775.

Vie et destin. p 788.

Voir les commentaires

St Jean, Boanergès!

27 Décembre 2010, 15:04pm

Publié par Father Greg

L’esprit de St Jean, Fils du tonnerre.

 

 

Face of St John contrast  Jean c’est d’abord un regard, le regard de l’aigle, celui qui fixe le soleil. C’est celui qui va au plus profond. C’est cette exigence d’aller toujours plus loin, de ne jamais s’arrêter. Et, le premier regard de Jean dans son évangile c’est : « Voici l’Agneau de Dieu ».


L’Agneau de Dieu : c’est Jésus qui est parmi les hommes l’incompris par excellence : il était trop grand… et il était trop petit.  Les hommes aiment être ‘in medio stat virtus’ : un ‘juste milieu entre des extrêmes’ ; au milieu : là on est à l’aise ! C’est ce que Descartes a compris et c’est ce que, à sa suite, nous préférons trop souvent : ‘pas trop à droite, pas trop à gauche, au milieu, de l’eau tiédasse… Or notre vie c’est toujours un ‘extrême’ ! La vocation de Jean, la vocation chrétienne c’est la vocation de l’Agneau ; et l’Agneau c’est l’offrande de tout nous-mêmes pour devenir la nourriture de nos frères. Jésus est le véritable Agneau, celui qui s’offre pour nourrir ses frères, les rassembler, pour leur apprendre à s’aimer. 


Pour vivre cela, il faut saisir que l’esprit de Jean c’est vivre ‘d’une place réservé’. Lors de l’institution de l’Eucharistie Jean est à une place assez remarquable : il est tout près du Christ. Le Christ selon son bon plaisir a mis Jean tout proche de lui. Jésus a un amour particulier pour chacun, et c’est ce que Jean à découvert comme devant être premier. Car c’est cela l’esprit de Jean, c’est de revenir à ce qui est premier ; c’est redécouvrir cette place que Jésus lui-même nous a réservé. Saint Jean c’est cela, ce n’est pas une œuvre, c’est une place. Et c’est pour nous !


Être ami du Christ à la suite de Jean, c’est recevoir cette place particulière. Le propre de l’ami est de vivre des intentions de son ami. Le serviteur a une œuvre à accomplir ; l’ami n’a pas d’œuvre à accomplir, mais il a à porter avec son ami ce qu’il porte dans son cœur et à en vivre. C’est beaucoup plus difficile et exigeant, parce que vivre des intentions propres du cœur de Jésus réclame une vie contemplative ou l’intelligence est brulée par l’amour pour vivre de la Sagesse de la Croix.

 

La Sagesse de la Croix, c’est d’être pris à la suite du Christ par l’attraction du Père, c’est cet élan qui nous fait être vers Celui qui nous donne tout ; c’est ce grand désir qui fait qu’on ne s’arrête pas aux réalisations, mais qui nous fait être tout entier tourné vers Celui qui vient, vers Celui qui nous devance toujours, celui qui nous attend et veut tout nous donner. C’est à cause de ce regard, de ce désir violent qu’on est capable de tout offrir. C’est cela St Jean.


Voir les commentaires

Cet Enfant, c'est Dieu!

26 Décembre 2010, 23:40pm

Publié par Father Greg

A161209 1 L’accomplissement des paroles qui commence dans la nuit de Bethléem est immensément plus grand et - du point de vue du monde - plus humble que ce que les paroles prophétiques laissaient entrevoir. Il est plus grand, parce que ce petit enfant est vraiment Fils de Dieu. L'infinie distance entre Dieu et l'homme est dépassée.

 

Dieu ne s'est pas seulement penché vers en bas ; il est vraiment "descendu", entré dans le monde, devenu l'un de nous pour nous attirer tous à lui. Ce petit enfant est vraiment l'Emmanuel, "Dieu-avec-nous".

Ainsi la joie pour la proximité de Dieu fait partie de cette nuit. Nous rendons grâce parce que Dieu, comme un petit enfant, se donne entre nos mains, il mendie, pour ainsi dire, notre amour, il répand sa paix dans notre cœur. Cette joie, toutefois, est aussi une prière : « Seigneur, réalise totalement ta promesse. Fais que finissent le temps des manteaux couverts de sang. Réalise la promesse : "La paix sera sans fin" (Is 9, 6).

 Enfin, il nous est dit : il est le premier-né de nombreux frères. Oui, aujourd'hui il est le premier d'une série de frères, c'est-à-dire, qui inaugure pour nous l'être en communion avec Dieu. Il crée la véritable fraternité dans laquelle nous sommes la famille même de Dieu. Prions-le : Seigneur Jésus, toi qui as voulu naître comme premier de nombreux frères, donne-nous la vraie fraternité. Aide-nous à devenir semblables à toi. Aide-nous à reconnaître dans l'autre qui a besoin de moi, en ceux qui souffrent ou qui sont abandonnés, en tous les hommes, ton visage, et à vivre avec toi comme des frères et des sœurs pour devenir une famille, ta famille.

 

Toujours de nouveau Dieu nous précède de façon inattendue. Il ne cesse pas de nous chercher, de nous relever chaque fois que nous en avons besoin. Il n'abandonne pas la brebis égarée dans le désert où elle s'est perdue. Dieu ne se laisse pas troubler par notre péché. Il recommence toujours à nouveau avec nous ». 

 

Benoit XVI. Homélie de Noël 2010.

Voir les commentaires

Lettre à des prisonniers.

26 Décembre 2010, 11:01am

Publié par Father Greg

woonbo-kim-ki-chang-coree-nativite.1261589871.jpg « Vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la Crèche. La voici.

  Voici La Vierge et voici Joseph et voici l’enfant Jésus. L’artiste a mis tout son amour dans ce dessin mais vous le trouverez peut-être un peu naïf. Voyez, les personnages ont de beaux atours mais ils sont tout raides : on dirait des marionnettes. Ils n’étaient sûrement pas comme cela. Si vous étiez comme moi, dont les yeux sont fermés… Mais écoutez: vous n’avez qu’à fermer les yeux pour m’entendre et je vous dirai comment je les vois au-dedans de moi.


La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux qui n’a paru qu’une fois sur une figure humaine. Car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois et elle lui donnera le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Et par moments, la tentation est si forte qu’elle oublie qu’il est Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit: mon petit! Mais à d’autres moments, elle demeure tout interdite et elle pense : Dieu est là – et elle se sent prise d’une horreur religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant terrifiant. Car toutes les mères sont ainsi arrêtées par moments devant ce fragment rebelle de leur chair qu’est leur enfant et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a fait avec leur vie et qu’habitent des pensées étrangères. Mais aucun enfant n’a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère car il est Dieu et il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer.

Et c’est une dure épreuve pour une mère d’avoir honte de soi et de sa condition humaine devant son fils.


Mais je pense qu’il y a aussi d’autres moments, rapides et glissants, où elle sent à la fois que le Christ est son fils, son petit à elle, et qu’il est Dieu. Elle le regarde et elle pense : " Ce Dieu est mon enfant. Cette chair divine est ma chair. Il est fait de moi, il a mes yeux, et cette forme de sa bouche c’est la forme de la mienne. Il me ressemble. Il est Dieu et il me ressemble. "


Et aucune femme n’a eu de la sorte son Dieu pour elle seule. Un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, une Dieu qu’on peut toucher et qui vit. Et c’est dans ces moments-là que je peindrais Marie, si j’étais peintre, et j’essaierais de rendre l’air de hardiesse tendre et de timidité avec lequel elle avance le doigt pour toucher la douce petite peau de cet enfant-Dieu dont elle sent sur les genoux le poids tiède et qui lui sourit. Et voilà pour Jésus et pour la Vierge Marie.


Et Joseph ? Joseph, je ne le peindrai pas. Je ne montrerai qu’une ombre au fond de la grange et deux yeux brillants. Car je ne sais que dire de Joseph et Joseph ne sait que dire de lui-même. Il adore et il est heureux d’adorer et il se sent un peu en exil.


Je crois qu’il souffre sans se l’avouer. Il souffre parce qu’il voit combien la femme qu’il aime ressemble à Dieu, combien déjà elle est du côté de Dieu. Car Dieu a éclaté comme une bombe dans l’intimité de cette famille. Joseph et Marie sont séparés pour toujours par cet incendie de clarté. Et toute la vie de Joseph, j’imagine, sera pour apprendre à accepter. »

Jean-Paul Sartre, Bariona, 1940. 

Voir les commentaires

Le Verbe est devenu chair !

24 Décembre 2010, 22:47pm

Publié par Father Greg

 

 

  nativite La Tour    Rien de merveilleux, rien d'extraordinaire, rien d'éclatant n'est donné: un enfant emmailloté de langes qui, comme tous les enfants, a besoin de soins maternels ; un enfant né dans une étable et couché dans une mangeoire. C’est le premier visage de Dieu : un enfant, avec ses besoins, sa fragilité et sa pauvreté.

 

Cette simplicité frappe: Dieu n'est pas venu avec puissance ni grandeur visible. Il ne s'est pas imposé. Rien pour séduire ou convaincre : il vient lui-même mendier notre aide. D’une certaine façon, l’humanité attend Dieu, elle attend qu’il se fasse proche. Mais quand arrive le moment, il n’y a pas de place pour lui. L’humanité est si occupée d’elle-même, elle a besoin de tout l’espace et de tout le temps de manière si exigeante pour ses propres affaires qu’il ne reste rien pour l’autre – pour le prochain, pour le pauvre, pour Dieu.

Et Dieu répond en se donnant en silence. En Jésus, Dieu s’est uni l’homme à lui-même. L’éternel aujourd’hui de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et notre aujourd’hui passager a acquis une dimension éternelle. Dieu se fait petit, faible et vient à notre rencontre comme un enfant sans défense. C’est cela la réponse de Dieu. C’est cela son ‘jugement’.

 

C’est énorme : c’est un don qui, non seulement nous transforme radicalement, mais qui s’adapte à nous, à nos peurs, à notre nullité ; un don qui n’écrase pas, ou on ne peut être qu’attiré par cette bonté incroyable qui se communique à nous en silence. Dieu se donne en nous attirant à lui. C’est cela Noël: Dieu est devenu l’un de nous, pour tout assumer de notre vie, et que nous comprenions la dignité, le poids de chaque actes, de chaque instants ; tout en nous a acquis une dimension divine !


Que sa présence silencieuse soit votre joie!


Voir les commentaires

Ils n'ont plus de place...

24 Décembre 2010, 12:39pm

Publié par Father Greg

 

 

« Il n'y a que les pauvres qui partagent.»   Léon Bloy

 

220px-Giotto - Scrovegni - -17- - Nativity, Birth of Jesus           « Noël est là, et le Christ demande à être accueilli par les siens.

Ne vous comportez donc pas comme des aubergistes indifférents, comme des petits-bourgeois bien nourris dans leur autoritarisme borné, mais ouvrez vos portes et vos cœurs à chaque détresse qui est la détresse du Christ. »

Père Werenfried. 

Voir les commentaires

La quête humaine ultime…

22 Décembre 2010, 23:28pm

Publié par Father Greg

 

 

  

Panoramique La quête de la sagesse, de ce qui est premier et ultime dans l’existence humaine a toujours habitée la personne humaine.  C’est la soif la plus radical que nous portons et qui attend une réponse : pourquoi vit-on ? En vue de quoi ? Quel est notre source ? Existe-t-il un Être 1er, celui que les traditions religieuses appellent Dieu ? Et alors, comment puis-je l’atteindre ? Puis-je le découvrir à partir de mon expérience ?


« Tous les hommes désirent par nature connaitre. L’amour des sensations en est le signe. En effet, celles-ci, en dehors de leur utilité, sont aimées pour elles-mêmes, et plus que les autres, celles qui nous viennent par les yeux. Car ce n’est pas seulement pour agir, que nous choisissons de voir, à l’encontre pour ainsi dire de tout le reste. La cause en est que parmi les sensations, la vue nous fait au plus haut point connaitre, et montre des différences plus nombreuses.» Aristote. Métaphysique. Livre A.

 

Or, tout manque de vérité face à cette quête, toute paresse religieuse, toute idéologie ou prisme affectif, a entrainé des refoulements et des abus terribles dans l’histoire humaine. Socrate est mort –condamné pour athéisme- pour avoir dénoncé certains anthropomorphismes dans les traditions religieuses de son temps. Et on se mutile, on stérilise notre esprit, dès que l’on refuse d’aller jusqu’au bout de notre quête.

 

La Foi, elle, vient d'en haut. Noël est une initiative divine. C’est Dieu qui s’unit l’homme d’une manière purement gratuite. Et ce don, dont le croyant éclaire son quotidien, n’est pas le fruit de nos efforts. Même, on ne peut y entrer par nous-même, sans lui mendier de nous y faire entrer. Là encore, ce don, pour tout prendre en nous, réclame que l’on aille jusqu’au bout de ce que nous sommes. Cela exige du croyant cette quête -sans cesse à reprendre- de rencontrer à partir de notre expérience Celui qui se donne à vivre d’une toute nouvelle lumière en se révélant.


 « Si l’intelligence est quelque chose de divin en l’homme, la vie selon l’intelligence est également divine comparée à la vie humaine. Il ne faut donc pas écouter ceux qui conseillent à l’homme, parce qu’il est homme, de borner sa pensée aux choses humaines, et, mortel, aux choses mortelles, mais l’homme doit, dans la mesure du possible, s’immortaliser, et tout faire pour vivre selon la partie la plus noble qui est en lui ; car même si cette partie est petite par sa masse, par sa puissance et sa valeur elle dépasse de beaucoup tout le reste. On peut même penser que chaque homme s’identifie avec cette partie même, puisqu’elle est la partie fondamentale de son être, et la meilleure. Il serait alors étrange que l’homme accordât la préférence non pas à la vie qui lui est propre, mais à la vie de quelque chose autre que lui.... »  Aristote. Ethique à Nicomaque Livre X, chap 7.

 

Découvrir et affirmer l’existence d’un Etre 1er, Celui qui ne peut pas ne pas être, qui n’a rien de second, en qui tout est nécessaire est propre à l’être humain ; Cela fait partie de la noblesse propre de tout être humain que de chercher à se hausser sur la pointe des pieds pour voir ce qui peut bien être sa source ! Et ne pas cultiver cette quête est peut-être un des plus grands refoulements de l’homme d’aujourd’hui, qui alors demeure dans l’angoisse, n’ayant plus d’autre horizon que lui-même. En occident, tout est source d’angoisse, plus rien n’a de sens. On est même face à un abîme de non-sens. La vie n’a plus de sens, elle n’est souvent qu’une suite d’émotions mises bout à bout. La ‘liberté’ de penser comme on veut et le surdéveloppement des techniques ont fait de nous des errants ! La seule liberté que nous ayons gagne est le choix de notre lieu de vacance… On est arrivé à une totale insignifiance de notre vie : la vie en occident consiste à entretenir son confort.

 

Un de nos grands problèmes est qu'on voudrait que l'existence de Dieu soit quelque chose qu'on puisse posséder, ou que l’on devine d'une manière intuitive... ou que la Foi nous dispense de Le chercher… Or, si on étudie pour être capable d’avoir un travail, si on cherche à grandir dans l’amour pour que nos amitiés s’approfondissent ; vis à vis du problème le plus important de notre vie : ‘Dieu’, nous sommes d’une paresse congénitale !

 

« L’homme qui exerce son intelligence et la cultive semble être à la fois dans la plus parfaite disposition et le plus cher aux dieux. Si, en effet, les dieux prennent quelque souci des affaires humaines, ainsi qu’on l’admet d’ordinaire, il sera également raisonnable de penser, d’une part qu’ils mettent leur complaisance dans la partie de l’homme qui est la plus parfaite et qui présente le plus d’affinité avec eux (ce ne saurait être que l’intelligence), et, d’autre part, qu’ils récompensent généreusement les hommes qui chérissent et honorent le mieux cette partie, voyant que ces hommes ont le souci des choses qui leur sont chères à eux-mêmes, et se conduisent avec droiture et noblesse. Or que tous ces caractères soient au plus haut degré l’apanage du sage, cela n’est pas douteux. Il est donc l’homme le plus chéri des dieux. Et ce même homme est vraisemblablement aussi le plus heureux de tous. Par conséquent, de cette façon encore, le sage sera heureux au plus haut point. »

Aristote. Ethique à Nicomaque Livre X, 9.

 

Qu’est-ce qui dans le réel nous éveillerait à sa présence ? Quel sont les lieux qui nous obligent à nous poser la question de son existence ? Si tout vient de Lui, ou peut-on déceler sa signature ? Ou pourrait-on voir sa marque ? Qu’est-ce qui dans le réel nous obligerait à dire que nécessairement « Il est » ? Et, qu’est-ce qui, en nous, nous oblige à nous poser la question ?

 

 « La quête de la vérité, est difficile sous un point de vue, facile sous un autre. Ce qui en témoigne, c'est qu'il est impossible que quelqu’un atteigne complètement la vérité, et qu’on la manque complètement. Chacun en explique un quelque chose. Ce que chacun en particulier ajoute à la connaissance de la vérité n'est rien sans doute ou n'est que peu de chose ; mais la réunion de toutes les connaissances présente d'importants résultats. De sorte qu'il en est ici, comme de ce que nous disons dans le proverbe : Qui manquerait une porte ? Considérée ainsi, la quête de la vérité est facile. Mais l'impossibilité d'une possession complète de la vérité dans son ensemble et dans ses parties, montre tout ce qu'il y a de difficile dans la recherche dont il s'agit. Cette difficulté est double. Toutefois, elle a peut-être sa cause non pas dans les choses, mais dans nous-mêmes. En effet, de même que les yeux de l’oiseau de nuit sont aveuglés par la lumière du jour, de même notre intelligence est aveuglée par ce qui est le plus réel. » Aristote. Métaphysique. Livre a.

 

À suivre…

Voir les commentaires

Cette naissance, qu'a-t-elle changée ?

21 Décembre 2010, 15:19pm

Publié par Father Greg

 

 

 

 Noël : lumière de Dieu dans les ténèbres du monde,  jour d'espérance qui chasse la nuit de l'inquiétude humaine. Dieu est venu habiter chez nous, en nous.

 

creche-4 On connait l'histoire, Marie, Joseph, la mangeoire, les bergers … Mais cette naissance, qu'est-ce qu'elle a changée ? Apparemment rien ! Les puissants sont restés à leur place, et le monde n'a pas connu de bouleversement majeur. Pourtant à y regarder de près, bien des personnes ont été transformées, changées, par la vie de cet enfant de Bethléem devenu Jésus de Nazareth, le crucifié ressuscité des morts. Les saints sont là pour nous le rappeler. Et nous n'oublions pas Jeanne, libératrice d'Orléans, si remplie de Dieu qu'elle a prononcé le nom de Jésus plusieurs fois avant de mourir.


Noël a transformé non le monde d'un coup de baguette magique, mais les cœurs de ceux et celles qui voulaient ou veulent bien encore l'accueillir en eux-mêmes.

 

A l’approche du 25 Décembre, nous pouvons retenir deux enseignements de la naissance de Jésus :

Le premier, c'est l'importance de la prière silencieuse devant l'enfant de Bethléem, à l'exemple de Marie. Puissions-nous, nous aussi, vivre des moments de contemplation silencieuse devant nos crèches.

Le deuxième, c'est l'inattendu de Dieu. Souvent, nous avons quelque difficulté à trouver Dieu, ou à croire en Lui, parce qu'Il vient là où on ne l'attendait pas, comme quelqu'un que vous guettez devant votre porte et qui entre par la fenêtre. Par exemple, vous allez à la messe de Noël pour rencontrer le Seigneur et Il se donne à découvrir dans le corps fatigué de votre vieille voisine ou dans les yeux de deux SDF à la porte de l'Eglise.

On connait tous l'histoire de Noël, mais au-delà des lumières artificielles d'aujourd'hui, elle est à redécouvrir, là où on ne la chercherait pas spontanément : dans le silence de la prière et dans les plus pauvres d'entre nous.

Mgr Jacques Blaquart, 20 Décembre 2010.

Voir les commentaires

« Seigneur réveille ta puissance et vient nous sauver ».

21 Décembre 2010, 12:40pm

Publié par Father Greg

 


 

 

CONSCIEMMENT OU PAS, L’HOMME AGIT EN PRÉSENCE DE DIEU

 

pape-et-enfants.jpg L’invocation de la présence de la puissance de Dieu dans notre temps vient de l’expérience de son apparente absence. Si nous ouvrons nos yeux, justement sur l’année qui touche à sa fin, il peut être rendu visible que la puissance et la bonté de Dieu sont présentes de manières multiples aussi aujourd’hui. Ainsi nous avons tous un motif pour lui rendre grâce.

 

Une vision de sainte Hildegarde de Bingen qui décrit de façon surprenante ce que nous avons expérimenté cette année... Dans cette vision, le visage de l'Eglise était couvert de poussière, et c'est ainsi que nous l'avons vu. Son vêtement était déchiré à cause des prêtres. Nous l'avons vu cette année telle qu'elle l'a vu et exprimé. Nous devons accueillir cette humiliation comme une exhortation à la vérité et un appel au renouveau. Seule la vérité sauve.


 

Nous voulons crier au monde que (tout) être humain est unique et l’humanité est unique. Ce qui, en quelque lieu, est fait contre l’homme finalement nous blesse tous. La guérison peut venir seulement d’une foi profonde dans l’amour réconciliateur de Dieu. Donner force à cette foi, la nourrir et la faire resplendir est la tâche principale de l’Église en ce moment.

 


A l'imitation du Christ, l'Eglise devrait apparaître comme un espace pour tous les peuples, pour ceux qui connaissent Dieu de loin ou pour ceux pour lesquels il est inconnu ou étranger, pour les aider à 's'accrocher à Dieu', en présence duquel se trouve chaque créature humaine ».

Benoît XVI.

Extrait du discours du 20 décembre 2010 à la curie romaine.

Voir les commentaires

<< < 10 20 30 40 50 60 70 80 81 82 > >>