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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Action de grâce pour les chaines de prières !

21 Avril 2013, 02:06am

Publié par Fr Greg.

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La foi n'est pas humaine, c'est l'effet en nous d'une rencontre

20 Avril 2013, 01:09am

Publié par Fr Greg.

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« la foi « est un don », la tâche de l’homme est de « continuer sur ce chemin »,

« c’est la joie de la foi, la joie d’avoir rencontré Jésus, la joie que Jésus seul nous donne, la joie qui donne la paix : non pas celle que donne le monde, mais celle que donne Jésus. Voilà notre foi. »

 « nous avons toujours quelque chose qui ne va pas, mais le Seigneur nous pardonne si nous lui demandons pardon, et nous continuons à aller de l’avant, sans nous décourager ».

« Demandons au Seigneur qu’il nous fasse grandir dans cette foi, cette foi qui nous rend forts, qui nous rend joyeux, cette foi qui commence toujours par la rencontre avec Jésus et qui se poursuit toujours dans notre vie par des petites rencontres quotidiennes avec Jésus. »

 

François, Pape.

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La plus que vive" sera au festival d'Avignon 2013

19 Avril 2013, 02:42am

Publié par Fr Greg.

 

 

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Aidez à la promotion de la lecture publique

 'La plus que vive' de Christian Bobin,

 

au Festival d'Avignon Juillet 2013

Lieu: chapelle St Louis, 16h00-18h00, Mercredi- Dimanche.

 

https://www.facebook.com/pages/La-plus-que-vive-sera-au-festival-dAvignon-2013/139674099540867

 

"On peut donner bien des choses à ceux que l'on aime. Des paroles, un repos, du plaisir.
Tu m'as donné le plus précieux de tout : le manque.


Il m'était impossible de me passer de toi, même quand je te voyais, tu me manquais encore.
Ma maison mentale, ma maison de cœur était fermée à double tour.


Tu as cassé les vitres et depuis, l'air s'y engouffre, le glacé, le brûlant et toutes sortes de clartés.


Tu étais celle-là, tu l'es encore aujourd'hui, celle par qui le manque, la faille, la déchirure entrent en moi pour ma plus grande joie.


C'est le trésor que tu me laisses : manque, faille, déchirure, joie. Un tel trésor est inépuisable.
Il devrait me suffire pour aller de "maintenant" en "maintenant" jusqu'à l'heure de ma mort."

 

 

« Ce qui m’échappe dans ta mort m’échappait déjà de ton vivant. La mort ne change pas une vie en destin. »

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Découvrir cette présence –cette marque actuelle- de Dieu qui nous « poursuit »

18 Avril 2013, 01:41am

Publié par Fr Greg.

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Dans notre vie nous rencontrons Dieu comme quelqu’un qui nous aime. Nous savons qu’il nous a aimés le premier. Disons, même si ce n’est pas tout à fait juste, que Dieu nous attend, en ce sens que son amour pour nous, étant éternel, existe depuis toujours, et pour toujours. Dieu nous a aimés de toute éternité, et il a créé notre âme par pur amour ; il nous a fait ce don incroyable par pur amour. Alors, quand vous comprenez que vous avez une âme spirituelle, qu’il y a en vous un trésor silencieux qu’il faut de temps en temps réveiller, et que ce trésor, c’est votre âme, qui vous a été donnée par Dieu et qui est à son image, vous découvrez cette présence –cette marque actuelle- de Dieu qui vous « poursuit ». Dieu vous voit tout le temps, il vous regarde tout le temps, et il s’intéresse tout le temps à vous.

 

Quand on arrive à comprendre cela, et surtout à en vivre, notre vie est complètement changée ; on n’est plus seul, plus jamais seul. Quand on est seul, parfois, on s’ennuie ; mais quand on sait que quelqu’un de bien plus important que nous nous aime, et qu’il nous a aimés avant que nous ne l’aimions, et qu’il continue de nous aimer en attendant notre amour, on n’est plus jamais seul.

 

Quand je vous dis l’avoir rencontré, c’est parce que je touche, dans la foi, dans cette proximité immédiate, que Dieu m’aime, et que Dieu m’aime d’une manière inouïe. Il a créé mon âme, il m’aime, et il attend de moi que je l’aime. Il s’intéresse à moi comme si je lui apportais quelque chose ! Et c’est vrai, il m’aime bien plus qu’une personne humaine qui m’aimerait en attendant de moi un bienfait, quelque chose d’agréable. Dieu m’aime infiniment plus que cela : il m’aime gratuitement, d’un amour éternel.

 

C’est cette présence intime de Dieu qu’il nous faut découvrir progressivement. Nous ne la découvrons pas sensiblement, car Dieu ne se donne pas à nous sensiblement, il ne se rend pas visible. Il est présent bien plus profondément, bien au-delà de ce qui est sensible, et il nous apprend à l’aimer. »

 

MD. Philippe. Conférence sur la prière.

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"Que cherchez-vous"?

16 Avril 2013, 21:17pm

Publié par Fr Greg.

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Chers amis,

Pour quelques temps, les publications de ce blog seront en veilleuse. 

Pour les chiffres : vous êtes pratiquement 200 lecteurs quotidiens; Merci!

Pourtant, ce travail est-il nécessaire? est-il fécond...? les retour sont pauvres et les liens peu personnels...

Merci en tout cas pour ceux qui ont lu ces pages ...

Il n’y a jamais eu une priorité au politique, à la loi ou à un regard moral : ce qui me préoccupe c’est ce qui doit grandir dans chaque personne, peu importe le milieu dans lequel elle vit ; c’est le choix d’une quête gratuite, celle de la personne humaine dans toutes ses dimensions: dans ce qu’elle réalise –l’art, ses choix : l’amitié, sa quête de ce qui est caché et le dévoilement de Celui qui est Le caché, au-delà de l’aspect religieux et liturgique qui parfois nous empoisonne bien la vie…

Aujourd’hui je cherche ce qui fait le cœur de notre personne : non une mission, un projet, ni d’abord la quête d'un résultat, d'une histoire qu'on laisserait derrière soi,  mais d’accepter d’être sur terre à passer comme les nuages, à briller comme le soleil, à laisser d’autres se nourrir de nous... à ne rien faire, sinon être là, gratuitement. 

Ne rien subir, tout vivre à pleine gorgée, boire l'air, le vent, se réjouir des fleurs, ou comme les arbres paresseux lèchent le bleu du ciel... 

 fr Grégoire

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vivre est une chose simple : il suffit d'y consacrer chaque seconde de sa vie

15 Avril 2013, 00:48am

Publié par Fr Greg.

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Vous n'aimez pas beaucoup les explications. Dans L'Homme-Joie, vous promenant dans l'exposition, magnifique, consacrée au peintre Pierre Soulages à Montpellier, vous écrivez ceci, en parlant de sa peinture : "Je ne peux rien expliquer. Expliquer n'éclaire jamais." Mais alors, qu'est-ce qui éclaire, d'où vient la vraie lumière?

La vraie lumière vient de ce que l'on ressent. Un enfant, même privé de mots, comprend ce que disent les grands : il regarde les visages, entend les inflexions des voix. Si on lui ment, il le sent ; si on lui dit la vérité, il le sent ; si on est bienveillant envers lui, il le sent. Ce savoir n'est pas explicable mais il nous porte tout au long de notre vie. C'est une intelligence muette que la vie a d'elle-même. 

Revenons à ce détachement... Vous évoquez, dansL'Homme-Joie, le moment de sa vie où Glenn Gould, ce génie de l'interprétation et du piano, décide de quitter la scène. Pourquoi ce moment-là ? Faut-il y voir un éloge de la démission ?

Oui, c'est une démission mais c'est aussi une entrée dans quelque chose qui est la pensée pure, c'est-à-dire la vie même. Imaginez un homme dans la jeunesse de ses forces, applaudi dans le monde entier, à qui, tout d'un coup, les applaudissements donnent une sorte de migraine, l'empêchant de mener sa vie au mieux, c'est-à-dire de tendre vers ce point qu'il cherche toujours et qu'on l'entend chercher dès qu'il joue... C'est un point de silence, une sorte de précision, de pureté cristalline, un état du monde et des étoiles. Gould lâche alors ces facilités que sont les approbations et les applaudissements pour revenir à sa tanière, pour ne plus se consacrer qu'à une seule chose. J'essaie de mettre des mots sur cette chose. Il va vers son coeur. Il déserte. Mais s'il déserte, c'est pour gagner la bataille. 

Dans le monde actuel, comment faire pour garder intacte notre capacité d'émerveillement ?

Toujours ramener la vie à sa base, à ses nécessités premières : la faim, la soif, la poésie, l'attention au monde et aux gens. Il est possible que le monde moderne soit une sorte d'entreprise anonyme de destruction de nos forces vitales - sous le prétexte de les exalter. Il détruit notre capacité à être attentif, rêveur, lent, amoureux, notre capacité à faire des gestes gratuits, des gestes que nous ne comprenons pas. Il est possible que ce monde moderne, que nous avons fait surgir et qui nous échappe de plus en plus, soit une sorte de machine de guerre impavide. Les livres, la poésie, certaines musiques peuvent nous ramener à nous-mêmes, nous redonner des forces pour lutter contre cette forme d'éparpillement. La méditation, la simplicité, la vie ordinaire : voilà qui donne des forces pour résister. Le grand mot est celui-là : résister. 

A vous lire, à vous écouter, on a l'impression que vivre est une chose simple : il suffit d'y consacrer chaque seconde de sa vie ! Dans vos livres, vous semblez dire que si nous avons pratiqué ces actes de résistance et même si la vie nous submerge, ce n'est pas grave...

C'est lié à la joie. Il faut savoir perdre. Et trouver la joie dans la défaite. Je vais vous donner un exemple que tout le monde va comprendre tout de suite. Quand on a trente ans à peu près, l'âge des bandes d'amis, et que c'est l'été, cette saison incroyablement belle, et que l'on tente de traverser une rivière sans trop se mouiller, que fait-on ? On passe d'un galet à l'autre. On peut gagner, c'est-à-dire arriver sur l'autre rive indemne. Mais on peut aussi perdre tout d'un coup, glisser brusquement, tomber, se mouiller... et s'apercevoir que perdre, c'est encore plus drôle que de gagner, et que ce n'est pas grave ! Ce qui comptait, ce n'était pas d'atteindre l'autre rive indemne mais d'être ensemble, vivant, de se réjouir de petits riens comme ceux-là. 

Et vous, vous avez beaucoup perdu ?

On ne parvient pas à un certain âge sans avoir perdu. Beaucoup, oui. Ce que j'ai perdu est irrattrapable. Je ne parle ni des objets ni des biens ni même de l'argent mais des êtres. J'ai perdu des êtres qui étaient pour moi des sources de soleil. Ce soleil a été mis en terre. Apparemment mis en terre. Moi, je pense que je continue à en recevoir les rayons. Mais je sais aussi, en même temps, que c'est une perte et qu'elle est irrattrapable. Je sais les deux choses. Que dire de plus? 

 

Avec l'aimable autorisation de France Inter 

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Comment convertir nos drames en joie?

14 Avril 2013, 00:47am

Publié par Fr Greg.

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Et quel enfant étiez-vous?

Un enfant qui ne faisait pas grand-chose. Qui regardait par la vitre. Qui regardait ce qu'il se passait quand il se passait quelque chose. 

Pensez-vous toujours que nous prenons notre véritable visage et notre véritable force dans l'enfance, qu'ensuite rien ne change?

Oui, c'est ce qu'on appelle les caractères. C'est une drôle de chose : il est possible que le caractère d'une personne ne change jamais. On voit cela, dans la religion, par exemple. Prenez saint Paul. C'est amusant car il est d'abord persécuteur des chrétiens avant d'être renversé sur le chemin de Damas et de se convertir, de devenir le premier défenseur des chrétiens. Mais il est aussi fou, aussi violent, dans sa défense que dans son attaque ! Son caractère, passé le feu de la révélation, est resté intact. Je crois donc, en effet, que l'on peut retrouver chez chacun et à tout âge les traits de l'enfance. Ils sont parfois encrassés, mais ils sont toujours là.  

Dans L'Homme-Joie, cette confession : "Si mes phrases sourient c'est parce qu'elles sortent du noir." Comment convertir le drame en joie?

Peut-être en éprouvant la sensation de confiance dans la base de la vie. Il arrive que la vie soit partie. Que l'on soit délaissé, abandonné. Chacun fait cette expérience tôt ou tard, et parfois sur une durée très longue. Soit. Mais même dans ces moments-là, il y a quelque chose qui ne nous quitte pas, que je ne saurais pas nommer, que je ne veux pas nommer - parce que la nommer, ce serait l'abîmer et, peut-être, la faire fuir à jamais. Il y a un point de confiance, quelque chose en nous comme une petite chambre dans le coeur, dans laquelle il ne faut laisser entrer personne. Pas même ceux que nous aimons. 

Pas même ceux que nous aimons?

 

Pas même ceux que nous aimons, non. Parce que le coup peut aussi venir, parfois, de ceux que nous aimons. Il y a quelque chose de plus haut, de plus secret. Ce retrait-là permet de traverser tous les hivers, tous les incendies. Pourquoi ? Je n'ai pas d'explications. C'est comme ça : c'est là. 

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Notre époque a oublié la lenteur...

13 Avril 2013, 08:08am

Publié par Fr Greg.

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Diriez-vous que votre travail d'écriture s'apparente à cette tradition?

La comparaison est beaucoup trop grande pour moi ! Mais, évidemment, oui. Vous savez, je n'ai pas vraiment choisi d'écrire comme ça. J'ai entamé une course, celle de la vie, et à chaque chute, à chaque genou écorché, une page d'encre apparaît. Je frotte mes écorchures avec une poignée d'encre pour les guérir. Et puis il y a, aussi, l'inverse, c'est-à-dire les éblouissements.  

Quels sont-ils?

Tout ce qui arrive. Mais il n'arrive pas quelque chose tous les jours, entendons-nous bien ! Le manège ne tourne pas tous les jours. Il est parfois à l'arrêt, bâché. Mais quand quelque chose arrive, ça devient pour moi une urgence de l'écrire, de le transmettre. En partageant la joie, vous la multipliez. Et écrire, c'est partager pour multiplier.  

Et les jours où il n'arrive rien, comment les vivez-vous?

Ce sont des jours où je dois avoir une tête un petit peu renfrognée, chiffonnée. Une tête comme un papier froissé. Alors j'attends. Tout simplement, j'attends. Sans impatience. C'est la seule sagesse que je me connaisse. 

L'attente, une sagesse?

Oui, l'attente. Parce que je sais, d'expérience, que les portes fermées vont se rouvrir.  

Comment peut-on attendre sans impatience?

J'attends à la façon du pêcheur au bord de l'eau, vous voyez? Il n'y a pas de prise, il n'y a rien, il n'y a pas une ride sur l'eau, la lumière du ciel décroît, il commence à faire frais mais j'attends. Je sais que rien n'est vain, même ces jours-là. Aujourd'hui, nous commettons presque tous la même erreur : nous croyons que l'énergie, c'est la vérité. Certes l'énergie est nécessaire... mais il y a une mauvaise énergie. 

Laquelle?

La mauvaise énergie est celle qui consiste à essayer de forcer les chemins du ciel. La mauvaise énergie est celle qui veut accélérer chimiquement les battements du coeur. La mauvaise énergie, c'est vouloir tout tout de suite, les applaudissements avant même d'avoir commencé l'effort... Notre époque veut du survitaminé. Elle a oublié la lenteur. J'essaie, par les livres que j'écris, de retrouver cela, de faire revenir la lenteur.  

Ne faut-il pas avoir beaucoup souffert pour arriver à un tel détachement?

[Long silence.] Je ne sais pas quoi dire.  

La vérité.

 

Oui, la vérité... Mais, vous savez, la vie est tellement dure... La vie a été beaucoup plus dure pour tellement plus de gens que pour moi... Comment pourrais-je dire que j'ai souffert alors que se passent encore certaines choses aujourd'hui ? Je dirais simplement, par pudeur, que je n'ai pas abandonné l'enfant que j'étais. Voilà. 

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rencontrer un humain, la chose sans doute la plus rare au monde

12 Avril 2013, 00:43am

Publié par Fr Greg.

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Qu'attendez-vous d'un livre, quand vous êtes lecteur?

J'attends tout. Absolument tout. J'attends une paix immense - elle vient souvent, monte du livre. J'attends de connaître un peu mieux mon visage - il est si mouvant, de passage, comme celui de ceux qui nous lisent en ce moment, comme le vôtre. D'un livre, j'attends qu'il travaille comme un miroir, qu'il travaille pour moi. J'attends aussi qu'il me donne, qu'une sorte de lumière monte de lui. Et j'attends, enfin, de rencontrer un humain parce que je crois que c'est la chose sans doute la plus rare au monde, une rencontre, une vraie rencontre. J'attends qu'une personne sorte du livre et se mette à me parler et, en me parlant, me découvre, moi.  

Cette personne, est-ce l'auteur ou les personnages?

L'auteur ! Au-delà des personnages d'un roman, je veux sentir la personne de l'auteur. Je cherche le vivant. Un livre fonctionne comme une baguette de coudrier, ces baguettes que l'on tient à la main et dont les vibrations soudaines indiquent une source heureuse dans le sol : certains livres indiquent une source heureuse dans notre esprit ou dans le monde. Lorsque cela arrive, c'est la plus belle chose qui soit !  

Avec quel livre cela vous est-il arrivé ?

Jardins et routes, d'Ernst Jünger. Jünger est un écrivain allemand, comme on sait, et qui a traversé les deux guerres mondiales. Jünger n'est pas du tout l'homme sur lequel on a plaqué une image au mieux austère, au pire militariste. Son oeuvre est comparable à celle de Montaigne : c'est un homme qui traverse les épreuves de la vie, toutes, avec noblesse, nonchalance parfois, en cherchant toujours ce qui témoigne du surgissement coloré de la vie. Jünger a un esprit passionnément contemplatif. Dans son Journal parisien, il assiste à la première apparition de l'étoile jaune sur la poitrine d'une passante. Et il note qu'il a cet instinct, ce geste qui le foudroie lui-même : faire le salut militaire à cette jeune femme. Le salut militaire était tourné ordinairement vers le puissant, vers le monstre, vers le Dieu tout-puissant qui avait fait sa tanière en Allemagne et avait essaimé partout. Mais ce salut donné au plus faible est, je trouve, bouleversant. C'est magnifique! C'est une crête d'humanité! Et quand je lis cela, je vois quelqu'un de vivant, parce que peut-être, vivant et aimant, c'est pareil. Et parce que, aimant et être attentif à ce qui est en train d'être broyé, c'est pareil. 

Quelle place occupent les écrivains du Grand Siècle dans votre vie?

Jünger est un grand collectionneur, un grand traqueur, un grand chasseur d'insectes et de fleurs. Et un être attentif aux nuages. Il appartient à cette grande tradition qui vient de Montaigne et de Pascal et de Saint-Cyran. Le Grand Siècle ? Ses écrivains parlent au coeur, tout de suite. Ils enfoncent la dague de leurs phrases dans le coeur du lecteur, sans détours. Leurs livres sont comme des meurtres lumineux. 

Des meurtres lumineux?

Oui. C'est comme ça que je qualifierais la poésie ou la pensée lorsqu'elle est à son plus haut. Quelque chose qui vous sort du monde. Pour que vous puissiez commencer à voir et à comprendre ce qu'est cette vie qui vous a été donnée, qui vous sera enlevée un jour, il faut d'abord sortir du monde, sortir du somnambulisme dans lequel le monde vous tient. Et pour cela, il vous faut un grand coup! La beauté, c'est cette dague qui s'enfonce dans la poitrine ou l'âme du lecteur. Les phrases de Pascal, des grands moralistes du XVIIe siècle, ces pensées-là ont cet effet. Je les retrouve en amont chez Montaigne et en aval chez Jünger : elles ont quelque chose de brûlant et de délivrant. Tous ces écrivains ont l'art de resserrer le langage sur un point et un seul. 

Lequel?

 

Comment se tenir dans la vie. Comment être à la hauteur de la vie, si noble et si fragile. 

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Peut-on vraiment, sereinement, retrouver la joie ?

11 Avril 2013, 00:40am

Publié par Fr Greg.

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Dans Autoportrait au radiateur, en 1997, vous évoquiez déjà cela en disant que pour y parvenir il fallait disposer d'un "temps pur" : "Je me suis fait écrivain ou plus exactement je me suis laissé faire écrivain pour disposer d'un temps pur, vidé de toute occupation sérieuse."

Oui. 

Tout à l'heure vous évoquiez de vous-même les psychanalystes et leur langage. Avez-vous eu besoin d'eux pour atteindre ce point d'émerveillement et de sidération, pour comprendre que ce manteau de puissance va finalement tomber et glisser?

Ou bien nous sera arraché... Mais cela revient au même. Je n'ai pas suivi de psychanalyse, j'ai laissé les événements me révéler à moi-même avec leur violence habituelle. Ça a marché à moitié ou aux trois quarts -parce qu'il reste toujours une part d'inconnu en nous-mêmes, évidemment. Mais j'ai demandé à l'écriture de m'amener vers des zones plus claires, vers une terre plus ample et plus ouverte. Et c'est ce qui s'est passé. Je ne suis pas allé chercher un savoir technique. Je ne crois guère aux théories : dessous les théories, cherchez la déception...  

Vous parlez comme si vous aviez conclu un pacte avec l'écriture...

Oui, je crois que l'écriture en sait plus long que moi. [Il marque une pause, observe un long silence, en souriant.] 

Et, en même temps, vous semblez considérer la vie comme étant une aventure, une expérience, y compris dans ses drames les plus forts. Vous avez écrit sur la mort de l'être aimé, l'arrachement, la douleur. Peut-on vraiment, sereinement, retrouver la joie ?

Alors là, il faudrait que je parle, si je puis dire ainsi, sur la pointe des pieds. [Un silence.] 

Comme vous écrivez.

Vous êtes gentil de dire ça. 

Non. Je le dis parce que c'est vrai.

 

Je pense qu'il faut faire très attention, sur cette question de la mort et de la joie. Le plus beau proverbe que je connaisse vient d'Egypte. C'est une injonction : "Ne fais jamais peur à quelqu'un, n'inspire jamais la peur à un autre être humain." Je trouve que c'est une sentence magnifique. Et j'y ajouterai : n'injurie jamais la douleur de l'autre, ne va pas trop vite, ne fais pas l'économie de ce que les autres vivent. Comment pourrais-je vous dire cela ? J'ai de la joie à aller dans les endroits, même les moins éclairés qui soient. Je pense, par exemple, à des hôpitaux ou des maisons de retraite, endroits que je continue de fréquenter. J'ai une joie profonde à traverser les épaisseurs de grisaille, la dureté que le monde met sur certains visages à la fin d'une vie. J'éprouve une joie profonde à enlever tous ces voiles et à voir, soudain, deux yeux qui brûlent dans l'ombre. L'humain est un soleil. La vie, voilà la seule merveille. Et c'est la seule merveille non commercialisable. L'humain est un soleil que l'on peut aller chercher dessous les décombres, dessous la fatigue, dessous les pertes. Il n'y a rien de pire que de perdre un enfant. Rien de pire. C'est connaître et éprouver l'hémorragie de ses propres forces. Oui, la vie est très rude. Mais j'essaie de peindre, de livre en livre, le sourire que je vois sur ces lèvres. Malgré tout. Je connais la perte de qui on aime plus que tout. Et je le redis: la vie est peut-être cent milliards de fois plus belle que nous l'imaginons - ou que nous la vivons. 

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la gaieté : du minuscule et de l'imprévisible.

10 Avril 2013, 00:38am

Publié par Fr Greg.

 

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Dans votre précédent livre vous écrivez : "Chaque jour a son poison et pour qui sait voir, son antidote." Quel est l'antidote au poison des jours ordinaires et comment apprendre à le voir ? Car là est le vrai problème : comment reconnaître le miracle lorsqu'il arrive.

Quand le miracle arrive, vous le savez. Si vous me demandez quels sont les vrais trésors aujourd'hui, à l'heure qu'il est, à cette époque de ma vie, je répondrais : la patience et l'humeur bonne. Oui : une bonne humeur. J'ai entendu, il n'y a pas longtemps, un plâtrier siffler, mais - comment dire...? - il avait mille rossignols dans sa poitrine, il était dans une pièce vide, il enlevait un vieux papier peint, il était seul depuis des heures à cette tâche et il sifflait. Et cette image m'a réjoui et j'ai eu comme l'intuition que cette humeur-là rinçait la vie, la lavait, comme si cette gaieté de l'artisan réveillait jusqu'à la dernière et la plus lointaine étoile dans le ciel. Ça, vous voyez, ce sont des riens, des moins que rien, des micro-événements, des choses minuscules, mais ce sont ces événements qui fracturent la vie, qui la rouvrent, qui l'aident à respirer à nouveau. Lorsque de tels événements adviennent, croyez-moi, vous le savez. Vous le savez parce qu'une sorte de gaieté vous vient. C'est sans valeur marchande, la gaieté, sans raison, sans explication ! Mais c'est comme si, tout d'un coup, la vie elle-même passait à votre fenêtre avec une couronne de lumière un peu de travers sur la tête.  

Dans L'Homme-Joie, vous écrivez dès les premières pages que "l'art de vivre consiste à garder intact le sentiment de la vie et à ne jamais déserter le point d'émerveillement et de sidération qui seul permet à l'âme de voir". Pour y parvenir ne faut-il pas d'abord trouver quelque part la force de tourner le dos aux grandes injonctions du monde moderne, c'est-à-dire à ces verbes que vous énumérez si bien : "acheter, envier, triompher, écraser l'autre..."?

Il s'agit juste de faire un pas de côté, mais ce pas de côté fait que vous arrivez au paradis. Un paradis qui se trouve non pas ailleurs et demain mais ici et maintenant. Je vais dire une banalité mais le monde est d'une puissance terrible et mortifère. Chaque jour, chacun de nous l'éprouve. Après tout, nous ne sommes pas obligés d'obéir. Après tout, nous pouvons tout d'un coup nous réveiller. La vie est une chose extrêmement fragile et hors de prix. C'est un diamant. En venant vous voir, ici, à Paris, j'ai vu des gens couchés sur les trottoirs. Un peu plus loin, j'ai ouvert un livre que je venais d'acheter et je me suis surpris à le lire. Il faisait très froid dehors mais la lecture m'a offert une sorte de cabane, de protection. Ce n'est rien, n'est-ce pas, des phrases dans un livre, ou un plâtrier qui siffle un air de quatre sous ? Ce n'est rien. Mais si les planètes suivent leur cours et si la Terre est toujours sous nos pieds, c'est grâce à des riens comme cela.  

Les esprits grincheux vont encore dire : "Vous êtes devenu mièvre, Christian Bobin..." Que signifie cet éloge des marguerites dans un pré, des planètes lointaines, du plâtrier qui siffle?

Mais la réponse est très simple : nous n'avons que ça. Nous n'avons que la vie la plus pauvre, la plus ordinaire, la plus banale. Nous n'avons, en vérité, que cela. De temps en temps, parce que nous sommes dans un âge plus jeune ou parce que la fortune, les bonnes faveurs du monde, viennent à nous, nous revêtons un manteau de puissance et nous nous moquons de cette soi-disant "mièvrerie". Mais le manteau de puissance va glisser de nos épaules, tôt ou tard... Non, je ne suis pas mièvre. Je parle de l'essentiel, tout simplement. Et l'essentiel, c'est la vie la plus nue, la plus rude, celle qui nous reste quand tout le reste nous a été enlevé. Je vais à l'essentiel. Je ne fais pas l'apologie de quelque chose qui serait simplet. La marguerite dans son pré, le plâtrier qui siffle, les planètes lointaines : voilà, au contraire, quelque chose qui est rude, émerveillant, parce que ces choses résistent à tout.  

Mais cet état d'émerveillement est particulièrement difficile à atteindre, paradoxalement...

Oui, curieusement. Je crois qu'il faut chercher sans chercher. Cela peut venir de partout.  

C'est donc du minuscule et de l'imprévisible ?

 

Oui. C'est cela que j'appelle la gaieté : du minuscule et de l'imprévisible. 

http://www.lexpress.fr

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L'exceptionnel ? C'est l'ordinaire. C'est un visage...

9 Avril 2013, 00:36am

Publié par Fr Greg.

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Certains livres deviennent immédiatement des amis. Ce sont des livres rares, souvent cachés dans les rayonnages d'une librairie ou d'une bibliothèque. On les découvre par hasard, ou par ouï-dire, ou encore parce qu'un ami qui vous veut du bien vous les a offerts. Ce ne sont pas de lourds traités sur le bonheur, non, pas directement, mais ce sont des livres qui rendent heureux. Ils parlent de la joie, de la gaieté, de l'émerveillement, de la sidération. De tout ce qui fait que la vie est belle malgré la peine, malgré la douleur, malgré la bêtise ambiante, malgré la mort - aussi. Christian Bobin nous offre de tels livres. Le dernier en date s'intitule L'Homme-Joie et est incroyablement lumineux. Peut-être faut-il le situer comme le point le plus lumineux, d'ailleurs, dans une bibliographie superbe mais torturée, où la mélancolie, l'absence et la mort tiennent une place déterminante. Une bibliographie forte de grands succès comme L'Inespérée ou La Plus que vive mais aussi - pour la partie croyante et un peu mystique de l'oeuvre - Le Très-Bas. Christian Bobin a choisi la solitude. Il vit loin de Paris, de l'agitation, des mondanités, des injonctions du monde moderne, dans un petit village près du Creusot, en Bourgogne. Il publie des livres comme on jette des bouteilles à la mer et leur donne des titres parfaits: L'Eloignement du mondeEloge du rienEclat du solitaireL'Enchantement simple ou encore Une petite robe de fête. Il pèse chaque mot. Prend son temps pour répondre. Sourit. Et fait preuve d'un humour délicieux, lui qui écrit dans L'Homme-Joie: "J'ai lu plus de livres qu'un alcoolique boit de bouteilles." 

La Bourgogne, où vous habitez, semble fonctionner de plus en plus comme un refuge pour vous... Le lieu du bonheur parfait ?

Christian Bobin. C'est mon berceau et c'est la base d'envol de tous mes songes. 

 

Faites-vous partie de ces écrivains qui se sentent attachés géographiquement à un territoire, qui ont besoin d'être sédentaires pour écrire? De quel ordre est votre attachement?

Je ne crois pas me tenir dans la cage d'un territoire. Je pourrais dire que, dans un sens, j'écris tout le temps. J'ai comme une hémorragie d'écriture tout le temps. Je ne prends pas de notes. Ou alors de façon très exceptionnelle : je vais noter une phrase qui me vient, une chose vue de façon très simple, très réduite, puis, si elle doit vivre plus tard dans un livre, elle vivra, prendra de l'ampleur. Mais je regarde tout, tout le temps, toujours. Je vis, c'est vrai, dans une campagne tout à côté du Creusot. Mais mon vrai pays, c'est la page blanche.  

Comment écrivez-vous?

Je vais faire un léger détour pour vous répondre. Je pense que l'écriture est un travail de guérison. Elle a à voir avec quelque chose qui relève de la guérison. Pas uniquement ma propre guérison mais une guérison de la vie. De la vie souffrante. De la vie mise à mal par les conditions modernes. Etrangement, pour guérir il faut d'abord rendre malade. Rendre malade d'émotions, rendre malade de beauté, vous voyez ? Mon travail, si j'en ai un, est de transmettre une émotion qui m'est venue. De faire en sorte que cette émotion soit contagieuse. Je suis donc toujours dans une sorte d'"attention flottante", comme disent les psychanalystes, c'est-à-dire une attention légère et soutenue aux choses, aux gens. Et puis quand quelque chose d'exceptionnel arrive, je le recueille.  

Quel est ce "quelque chose d'exceptionnel"?

L'exceptionnel ? C'est l'ordinaire. C'est un visage. C'est une marguerite dans un pré. C'est une parole inouïe entendue quelque part. 

http://www.lexpress.fr

 

Avec l'aimable autorisation de France Inter 

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La miséricorde l’emporte toujours !

8 Avril 2013, 02:33am

Publié par Fr Greg.

 

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Nous aussi, comme les femmes disciples de Jésus, qui allèrent au tombeau et le trouvèrent vide, nous pouvons nous demander quel sens a cet événement (cf. Lc 24, 4). Que signifie : Jésus est ressuscité ? Cela signifie que l’amour de Dieu est plus fort que le mal et que la mort elle-même ; cela signifie que l’amour de Dieu peut transformer notre vie, faire fleurir ces zones de désert qui sont dans notre cœur. Et cela l’amour de Dieu peut le faire !


Ce même amour par lequel le Fils de Dieu s’est fait homme et est allé jusqu’au bout du chemin de l’humilité et du don de soi, jusqu’aux enfers, jusqu’à l’abîme de la séparation de Dieu, ce même amour miséricordieux a inondé de lumière le corps mort de Jésus, l’a transfiguré, l’a fait passer dans la vie éternelle. Jésus n’est pas retourné à la vie d’avant, à la vie terrestre, mais il est entré dans la vie glorieuse de Dieu et il y est entré avec notre humanité, il nous a ouvert à un avenir d’espérance.

Voilà ce qu’est Pâques : c’est l’exode, le passage de l’homme de l’esclavage du péché, du mal à la liberté de l’amour, du bien. Parce que Dieu est vie, seulement vie, et sa gloire c’est nous : l’homme vivant (cf. Irénée, Adversus haereses, 4, 20, 5-7).

Chers frères et sœurs, le Christ est mort et ressuscité une fois pour toutes et pour tous, mais la force de la Résurrection, ce passage de l’esclavage du mal à la liberté du bien, doit se réaliser en tout temps, dans les espaces concrets de notre existence, dans notre vie de chaque jour. Que de déserts, aujourd’hui encore, l’être humain doit-il traverser ! Surtout le désert qui est en lui, quand manque l’amour de Dieu et du prochain, quand manque la conscience d’être un gardien de tout ce que le Créateur nous a donné et nous donne. Mais la miséricorde de Dieu peut aussi faire fleurir la terre la plus aride, peut redonner vie aux ossements desséchés (cf. Ez 37, 1-14).


Alors, voici l’invitation que j’adresse à tous : accueillons la grâce de la Résurrection du Christ ! Laissons-nous renouveler par la miséricorde de Dieu, laissons-nous aimer par Jésus, laissons la puissance de son amour transformer aussi notre vie ; et devenons des instruments de cette miséricorde, des canaux à travers lesquels Dieu puisse irriguer la terre, garder toute la création et faire fleurir la justice et la paix.

 

Et demandons ainsi à Jésus ressuscité, qui transforme la mort en vie, de changer la haine en amour, la vengeance en pardon, la guerre en paix. Oui, le Christ est notre paix et par lui implorons la paix pour le monde entier !

Pape François.

 

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Il est La Miséricorde...

7 Avril 2013, 00:59am

Publié par Fr Greg.

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(…) Dans le Christ et par le Christ, Dieu devient visible dans sa miséricorde : Il est lui-même, en un certain sens, la miséricorde.Pour qui la voit et la trouve en lui, Dieu devient «visible» comme le Père «riche en miséricorde».

 

Le Christ ne nous a-t-il pas enseigné que notre Père, «qui voit dans le secret», attend pourrait-on dire continuellement que, recourant à lui dans tous nos besoins, nous scrutions toujours son mystère, le mystère du Père et de son amour?

 

Le Christ, en révélant l'amour-miséricorde de Dieu, exige en même temps des hommes qu'ils se laissent aussi guider dans leur vie par l'amour et la miséricorde.

 

Ainsi, la miséricorde se situe, en un certain sens, à l'opposé de la justice divine, et elle se révèle en bien des cas non seulement plus puissante, mais encore plus fondamentale qu'elle. Le primat et la supériorité de la charité sur la justice (qui est une caractéristique de toute la révélation) se manifestent précisément dans la miséricorde.

 

Le père de l'enfant prodigue est fidèle à sa paternité, fidèle à l'amour dont il comblait son fils depuis toujours. Cette fidélité ne s'exprime pas seulement dans la parabole par la promptitude de l'accueil, lorsque le fils revient à la maison après avoir dilapidé son héritage; elle s'exprime surtout bien davantage par cette joie, par cette fête si généreuse à l'égard du prodigue après son retour. L’amour envers le fils, cet amour qui jaillit de l'essence même de la paternité, contraint pour ainsi dire le père à avoir souci de la dignité de son fils.

 

Il nous arrive parfois, en considérant les choses ainsi, de percevoir surtout dans la miséricorde un rapport d'inégalité entre celui qui l'offre et celui qui la reçoit. Et par conséquent, nous sommes prêts à en déduire que la miséricorde offense celui qui en est l'objet, qu'elle offense la dignité de l'homme. La parabole de l'enfant prodigue montre que la réalité est tout autre : la miséricorde se manifeste dans son aspect propre et véritable quand elle revalorise, quand elle promeut, et quand elle tire le bien de toutes les formes de mal qui existent dans le monde et dans l'homme.

 

Le Christ souffrant s'adresse d'une manière particulière à l'homme, et pas seulement au croyant. Même l'homme incroyant saura découvrir en lui la solidarité éloquente avec la destinée humaine, comme aussi la plénitude harmonieuse du don désintéressé à la cause de l'homme, à la vérité et à l'amour. Croire dans le Fils crucifié signifie «voir le Père», signifie croire que l'amour est présent dans le monde, et que cet amour est plus puissant que les maux de toutes sortes dans lesquels l'homme, l'humanité et le monde sont plongés. Croire en un tel amour signifie croire dans la miséricorde.

 

La croix est comme un toucher de l'amour éternel sur les blessures les plus douloureuses de l'existence terrestre de l'homme. La dignité de l'homme pourrait-elle être plus respectée et plus grande, puisque l’homme, s'il est objet de la miséricorde, est aussi en même temps en un certain sens celui qui «exerce la miséricorde»?

 

L'Eglise vit d'une vie authentique lorsqu'elle professe et proclame la miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsqu'elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur, dont elle est la dépositaire et la dispensatrice.

 

Dieu qui «est amour» ne peut se révéler autrement que comme miséricorde. Cela correspond non seulement à la vérité la plus profonde de cet amour qu'est Dieu, mais aussi à la vérité intérieure de l'homme et du monde qui est sa patrie temporaire.

 

La miséricorde, en tant que perfection du Dieu infini, est elle-même infinie. Infinie donc, et inépuisable, est la promptitude du Père à accueillir les fils prodigues qui reviennent à sa maison. Infinies sont aussi la promptitude et l'intensité du pardon qui jaillit continuellement de l'admirable valeur du sacrifice du Fils. Aucun péché de l'homme ne peut prévaloir sur cette force ni la limiter. C'est pourquoi l'Eglise annonce la conversion et y appelle. La conversion à Dieu consiste toujours dans la découverte de sa miséricorde, c'est-à-dire de cet amour patient et doux.

 

La connaissance authentique du Dieu de la miséricorde, Dieu de l'amour bienveillant, est une force de conversion constante et inépuisable, non seulement comme acte intérieur d'un instant, mais aussi comme disposition permanente, comme état d'âme. Il consiste dans la découverte constante et dans la mise en œuvre persévérante de l'amour en tant que force à la fois unifiante et élevante, en dépit de toutes les difficultés psychologiques ou sociales: il s'agit, en effet, d'un amour miséricordieux qui est par essence un amour créateur.

 

La miséricorde authentique est, pour ainsi dire, la source la plus profonde de la justice. Si cette dernière est de soi propre à «arbitrer» entre les hommes pour répartir entre eux de manière juste les biens matériels, l'amour au contraire, et seulement lui (et donc aussi cet amour bienveillant que nous appelons «miséricorde»), est capable de rendre l'homme à lui-même.

 

La miséricorde véritablement chrétienne est également, dans un certain sens, la plus parfaite incarnation de l'«égalité» entre les hommes, et donc aussi l'incarnation la plus parfaite de la justice, en tant que celle-ci, dans son propre domaine, vise au même résultat. L'égalité introduite par la justice se limite cependant au domaine des biens objectifs et extérieurs, tandis que l'amour et la miséricorde permettent aux hommes de se rencontrer entre eux dans cette valeur qu'est l'homme même, avec la dignité qui lui est propre.

 

Le monde des hommes pourra devenir «toujours plus humain» seulement lorsque nous introduirons, dans tous les rapports réciproques qui modèlent son visage moral, le moment du pardon, si essentiel pour l'Evangile. Le pardon atteste qu'est présent dans le monde l'amour plus fort que le péché.

 

 «Puiser aux sources du Sauveur» ne peut se réaliser que dans l'esprit de pauvreté auquel le Seigneur nous a appelés par sa parole et son exemple: «Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement» ainsi le peuple tout entier, qui rend témoignage «à toutes les merveilles» de son Seigneur - manifeste encore mieux le Dieu «qui est riche en miséricorde».

 

Jean Paul II, Dieu riche en miséricorde, 30.11.1980.

 

 

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Crier vers le ciel...

6 Avril 2013, 00:57am

Publié par Fr Greg.

 

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« La prière est un cri d'appel à la miséricorde de Dieu face aux multiples formes de mal qui pèsent sur l'humanité. Plus la conscience humaine, succombant à la sécularisation, oublie la «miséricorde»; plus, en s'éloignant de Dieu, elle s'éloigne de la miséricorde, plus aussi l'Eglise a le droit et le devoir de faire appel au Dieu de la miséricorde «avec de grands cris». Ces «grands cris» doivent caractériser l'Eglise de notre temps. »

JPII, Dives in misericordia.

 

 

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Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, et même pas non plus de la tendresse !

5 Avril 2013, 00:54am

Publié par Fr Greg.

 

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Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, et même pas non plus de la tendresse !

 

 Et ici j’ajoute alors une remarque supplémentaire : le fait de prendre soin, de garder, demande bonté, demande d’être vécu avec tendresse. Dans les Évangiles, saint Joseph apparaît comme un homme fort, courageux, travailleur, mais dans son âme émerge une grande tendresse, qui n’est pas la vertu du faible, mais au contraire, dénote une force d’âme et une capacité d’attention, de compassion, de vraie ouverture à l’autre, d’amour. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, de la tendresse !

François, Pape, homélie d'installation.

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Recueillement...

4 Avril 2013, 00:46am

Publié par Fr Greg.

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Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.

                                   Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :

                                   Une atmosphère obscure enveloppe la ville,

                                   Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

 

                                   Pendant que des mortels la multitude vile,

                                   Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci

                                   Va cueillir des remords dans la fête servile,

                                   Ma douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

 

                                   Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,

                                   Sur les balcons du ciel, en robes surannées

                                   Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

 

                                   Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,

                                   Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,

 

                                   Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.

Charles Baudelaire

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Rien n'est jamais acquis à l'homme

3 Avril 2013, 00:13am

Publié par Fr Greg.

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Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force 
Ni sa faiblesse ni son cœur Et quand il croit 
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix 
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie 
Sa vie est un étrange et douloureux divorce 
Il n'y a pas d'amour heureux 

Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes 
Qu'on avait habillés pour un autre destin 
À quoi peut leur servir de se lever matin 
Eux qu'on retrouve au soir désœuvrés incertains 
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes 
Il n'y a pas d'amour heureux 

Mon bel amour mon cher amour ma déchirure 
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé 
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer 
Répétant après moi les mots que j'ai tressés 
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent 
Il n'y a pas d'amour heureux 

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard 
Que pleurent dans la nuit nos coeurs à l'unisson 
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson 
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson 
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare 
Il n'y a pas d'amour heureux 

 

 

Louis Aragon, La Diane Française.

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Il fait toutes choses nouvelles...

2 Avril 2013, 00:53am

Publié par Fr Greg.

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La résurrection, au-delà de la joie liturgique et du feu pascal, c’est d’abord l’expérience de l’absence. Absence de signes et de traces visibles. Pas de manifestation ! « Vous cherchez Jésus ? Il n’est pas ici ! » Il n’est pas dans une victoire temporelle ou un ordre naturel idéal ! Il n’est pas dans nos projets liturgique, pas dans un évènement extraordinaire, ou dans notre immanence pieuse : Jésus ressuscité n’est plus de ce monde ! Il n’est plus selon notre conditionnement ou notre psychologie à la recherche d’équilibre ou de guérison intérieure ! Il n’est plus localisable dans le monde physique, il échappe au lieu et au temps : parce qu’Il est encore plus présent, il est LA REALITE, Celui qui s’impose à tout ce qui existe et qui en même temps nous échappe.

 

 Jésus ressuscité, est présent d’une manière incroyable : il est partout présent ; La résurrection, c’est quelqu’un, c’est Jésus qui prend possession de tout l’univers ! Jésus ressuscité : c’est Celui qui nous attend, celui qui nous précède ! Et il est ressuscité pour nous, pour tout vivre avec nous, de l’intérieur. Et cela c’est tout de suite! Dans la foi, nous avons un contact immédiat avec lui, sans aucune distance. Et cela d’une manière telle, que sa résurrection, c’est la mienne : LA REVELATION N’EST PAS UNE VITRINE : donc LA RESURECTION C’EST LE REEL QUI M’ENTOURE: on ne 'respire' plus que du Jésus !


Aussi, on ne peut plus se regarder de la même manière ; On doit tout réapprendre auprès de Lui. Nous sommes déjà habitants du ciel, puisque tout en étant sur la terre -avec tout ce qui fait son poids quotidien- il vient nous prendre et nous épouser dans tout ce que nous sommes.

 

C’est cela que les femmes qui ont courus au tombeau doivent annoncer. Comment ? Pas par des mots, des consolations, des raisonnements ou des chocolats!  C'est vrai, on aimerait tellement prouver aux autres qu'on a ‘raison’ de croire à la résurrection! Et pourtant, même Jésus n'a pas cherché à prouver. Il aurait pu apparaitre à Hérode, à Pilate ou aux grands-prêtres au matin de Pâques: imaginez ces grands prêtres, dormant avec leurs phylactères, plein de leurs projets bien pieux, de quête de perfection toute humaine et bien moralisante, réveillés par une apparition de Jésus ressuscité: la cata pour eux...!  Non, Jésus ne s'impose pas de l'extérieur et la résurrection, cette présence victorieuse qui réordonne tout, cette attraction substantielle qui nous prend, est une victoire cachée.

 

C'est une victoire dont on est témoin en en vivant comme ce qui transfigure nos liens personnels, nos liens fraternels: Jésus est présent à travers chacun de ceux qui me sont donnés; Ce qui signifie que tout ce qui est en dehors de liens personnels est faux, contraire à ce que nous sommes et à la résurection. 


Si nous sommes encore mort, c'est que nous restons dans notre générosité, dans ce que l'on fait, dans ce qui vient de nous, dans nos méthodes et nos trucs, et que l'on ne s'est pas livré jusqu'au bout à un autre dans un don personnel. La résurection est une nouvelle vie, si tout en nous est pour l'amour d'un autre, pour être accueil et don personnel, pour être livré jusqu'au bout, définitivement.

 

Fr Grégoire.

 

 

 

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La résurrection, c’est quelqu'un !!

1 Avril 2013, 00:11am

Publié par Fr Greg.

 

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La résurrection, c’est la personne de Jésus, dans ce qu’il a de plus personnel, qui vient embraser tout notre univers, chacun de nous. Il vient habiter d'une manière nouvelle toute notre personne, tout ce qui fait nous même; C'est un don caché, que l'on doit comme réapprendre à recevoir tout les jours, comme des enfants. On ne peut donc pas rester comme des spectateurs admiratifs face à un évènement, comme quelque chose d'éxtérieur qui nous échapperaient, mais la réssurection c'est quelqu'un qui vie partout, qui s'impose à nous, qui nous imbibe...  c'est donc un don certain, personnel, encore caché mais plus réel que tout ce qui est visible et  réellement acquis. C'est dans la foi -donc immédiatement- qu'il est présent... mais cela laisse notre sensibilité complétement pauvre, bléssée même: il y a comme un 'retard' dans l'amour... et quant à 'l’usage', 'l'utilité' de ce don: il n'y en a pas: on est face à quelqu'un!  

fr Grégoire.

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Ô bienheureuse faute !

31 Mars 2013, 01:07am

Publié par Fr Greg.

« Ô nécessaire péché d’Adam, que la mort du Christ a détruit,

Ô heureuse faute qui nous a mérité un tel et un si grand Rédempteur ! »

Exultet, Vigile Pascale.

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« Ô Felix culpa ! » « Ô Heureuse faute ! » Voilà ce que nous proclamons au monde et à nous-même pendant cette nuit pascale ! Ce qui est au cœur de notre foi –et qui n’est pas sans poser problèmes à nos intelligences cartésiennes et pharisiennes, moralistes et empresser de juger selon des schèmes étriqués et mesquins!!     

 


 La faute d’Adam, ce péché originel dont nous avons tous hérité à travers ses conséquences, voilà qu’elle devient le lieu d’un magnificat, d’une exultation ! Ce qui empoisonne notre vie quotidienne, et dont les conséquences –l’orgueil, la jalousie et nos vanités- ne mourront en quelque sorte qu’après nous, deviennent malgré elles, source de joie ! Cette faute, ce premier refus d’être pauvre face à un don excédant nos capacités et qui apparaissait à notre condition humaine comme quelque chose de négatif –tu ne mangeras pas…-  ce « non originel » a comme permis à Dieu de se donner encore plus à nous. Comment ?
  


Alors que nous étions créés juste face à Dieu, la faute originelle nous a blessée d’une manière telle qu’elle a comme hâté, obligé Dieu de s’abaisser vers nous, et de se donner à nous d’une manière toute nouvelle. En effet, nos pauvretés et nos misères, tout ce qui humainement nous diminue, est devenue l’occasion pour Dieu d’un don nouveau ! Comment ?

 

Dieu nous a donné l’existence, la vie, toutes nos capacités spirituelles, sensibles, cet univers qui est comme notre grand jardin, ce dont nous pouvons user pour nous développer. Ce ‘non’ premier a mutilé, handicapé notre existence, nos capacités. Même notre univers est touché par cette faute et ces conséquences. Et Dieu y a répondu, non pas en nous rétablissant dans cette harmonie première, mais en se donnant lui-même ! Nous avions reçu une existence humaine. L’ayant abimé, nous recevons Dieu lui-même !! Ayant défiguré notre existence créé, nous recevons directement l’Incréé ! Celui qui subsiste se donne à nous dans la plus grande des proximités, en venant –grâce à notre misères- nous épouser, nous communiquer sa propre dignité. La faute d’Adam est devenu comme le lieu, l’occasion du don incroyable de Dieu qui, donc, nous appartient ! Dieu est venu s’unir à nous immédiatement, par là où nous l’avions rejeté !

 

La Croix devient ainsi comme un lieu de joie : Dieu épousant notre misère, nous communique tout ce qu’il est, d’une manière telle que l’homme et Dieu sont UN, sans fusion des natures. Il s’est abaissé jusqu’à se faire notre esclave, notre aliment, pour que nous arrêtions de rechercher notre perfection en dehors de son don, en dehors d’une dépendance dans l’amour ; Il se donne totalement pour que nous arrêtions de nous inquiéter de nous-mêmes, pour que nous arrêtions de nous regarder, de nous comparer, d’écraser les petits et les pauvres par nos qualités ou nos perfections à taille humaine ! Et il est venu jusqu’à épouser notre mort, toutes nos morts et nos échecs, toutes nos fautes, pour leur donner un sens, un poids, une fécondité divine, s’unissant par-là en quelque sorte à tout hommes, au-delà de notre vécu ou de notre conscience !


 

Nos lieux de misères deviennent ainsi comme des lieux qui l’attirent, qui réclament son don ! Il n’y a donc plus de place pour aucun pharisaïsme ! Et nous devons tous crier avec la petite Thérèse que nous arriverons au ciel : ‘les mains vides’ pour tout recevoir de Lui, et que nos perfections ne fassent pas obstacles à son don ! Nous ne pouvons donc plus nous prévaloir « d’avoir la vérité » « de posséder la vraie religion » sinon dans une totale pauvreté ! Qui de nous peut se prévaloir de vivre tous les jours en Fils de Dieu ? En Ressuscité ? Qui a conscience d’avoir tout reçu de Dieu ? D’être héritier de Jésus, de race divine ?

 

L’orgueil absolu qui a été vaincu c’est l’orgueil religieux, celui du fils ainé, du pharisien qui croit qu’il sait, des grands prêtres établis dans leurs fonctions et qui refusent de rester des mendiants, dépositaires d’un mystère qui les dépasse.  

 

La résurrection, cette victoire que Dieu nous acquière, doit nous libérer de ces vraies maladie: la bonne conscience de nous-même, de cette satisfaction de gens bien propre sous tout rapport et qui baignent dans leur suffisance. Ce qui fait dire à St Jean de la Croix que l’obstacle le plus grand à son don, ce sont nos richesses spirituelles ! Même notre amour pour Lui –ou ce que nous croyons être notre amour pour Lui, peut-être un obstacle ! La résurrection est un don qui réclame de chacun, une pauvreté spirituelle radicale ! Qu’est-ce à dire que : ‘Jésus habite tout notre univers et confère à tout ce que l’on vit la dignité même de Dieu’ ?! Je n’en sais rien ! Cela nous échappe tous, puisqu’aucun avons une parfaite compréhension de Dieu !

 

La résurrection, c’est Jésus qui vient nous mettre relatif à lui, et qui vient nous dire que rien, absolument Rien dans notre vie n’est un obstacle à son don, sinon lorsque l’on croit que l’on sait ! «vous dites ‘nous voyons’, alors votre péché demeure… » Jean 9, 41.

 

 

Fr Grégoire.

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Ou est la vraie misère..?

30 Mars 2013, 01:56am

Publié par Fr Greg.

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« Nous nous arrêtons bien souvent à de faux obstacles, à des obstacles qui sont des moyens. Nous nous arrêtons à notre faiblesse, à notre pauvreté, à notre misère, à notre manque d'intelligence, à notre manque de sainteté... telle que nous la concevons.

 

               Eh non! Tout cela est moyen pour purifier notre foi. La misère qui nous enveloppe, les plaies que nous portons, la faiblesse dont nous sommes pétrie, l'absence de vertu, le manque d'intelligence pénétrante, je dis que tout cela est moyen. La foi doit se dresser en quelque sorte sur toute cette pauvreté. Si cette pauvreté n'existait pas, il faudrait la créer, pour pouvoir s'appuyer sur elle et pénétrer en Dieu ».

 

P. Marie Eugène de l'Enfant Jésus.

 

 

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"Si l'on désire un amour qui protège contre les blessures, il faut aimer autre chose que Dieu..."

29 Mars 2013, 03:14am

Publié par Fr Greg.

 

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« Peut-il y avoir des remèdes humains pour ceux qui sont malades du feu divin ? Qui sait jusqu’où va la profondeur de cette blessure ? »

Thérèse d’Avila.

 

Aucune vie intense n’est exempte d’épreuves. Aucun cœur aimant n’échappe à la brisure. Plus haut vole le désir, plus il est menacé. Et toute âme noble se voit en ce monde meurtrie et injuriée.

Qu’elle apparaisse sous forme de déchirure d’amour, de beauté ou de douleur, la blessure a pour sens d’ouvrir l’homme à l’inconnu, voire à l’illimité. Et d’abord elle rappelle que toute grande rencontre laisse une trace ineffaçable et que la grâce d’être touché au cœur désigne, élit même l’être véritablement humain.

Jacqueline Kelen – Divine blessure

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le trésor le plus précieux de l'amour...

28 Mars 2013, 02:49am

Publié par Fr Greg.

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"On peut donner bien des choses à ceux que l'on aime. Des paroles, un repos, du plaisir.
Tu m'as donné le plus précieux de tout : le manque.

Il m'était impossible de me passer de toi, même quand je te voyais, tu me manquais encore.
Ma maison mentale, ma maison de cœur était fermée à double tour.

Tu as cassé les vitres et depuis, l'air s'y engouffre, le glacé, le brûlant et toutes sortes de clartés.
Tu étais celle-là, tu l'es encore aujourd'hui, celle par qui le manque, la faille, la déchirure entrent en moi pour ma plus grande joie.

C'est le trésor que tu me laisses : manque, faille, déchirure, joie.

Un tel trésor est inépuisable."

Christian Bobin. la plus que vive.

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La miséricorde...?

27 Mars 2013, 02:36am

Publié par Fr Greg.

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La miséricorde? Il ne s’agit pas d’une simple pitié ou même d’une souffrance ressentie à la rencontre d’un homme malheureux. La miséricorde, c’est la prise de la misère de l’autre dans son cœur, c’est la misère de l’autre qui se loge en nous, qui devient nôtre, d’abord comme une brûlure profonde, mais tout de suite comme une exigence d’action. Le miséricordieux n’entasse pas en lui les misères qu’il rencontre, par une variété de «masochisme ». Non. La misère de l’autre le brûle, mais pour le mouvoir.


La misère de l’autre. Il s’agit de l’afflige par toute misère. Celui qui a faim, celui qui n’est pas vêtu, celui qui n’est pas logé, celui qui est infirme, celui qui est malade, celui qui est chômeur. Le pauvre d’esprit, le mal doué, l’irrésolu. L’ignorant. Le méprisé, le délaissé, le trahi. Celui qui est sans amis, sans au moins un ami. Le clochard, l’ivrogne. Le désespéré. Mais aussi bien, le riche égoïste, le savant si spécialisé qu’il oublie l’essentiel, le vaniteux plein de soi, l’orgueilleux qui cherche la gloire, le dominateur qui opprime.


Chaque homme, par quelque point, est un miséreux. Et c’est pour cela qu’il faut tous les loger dans son cœur, dilater toujours plus son cœur et par là ressembler chaque jour plus au Christ qui logea dans son cœur toutes les misères de tous les hommes. La miséricorde devient ainsi l’une des formes suprêmes de l’épanouissement. L’homme broyé par la misère des autres, et progressivement de tous les autres, est un homme qui élargit toujours plus sa puissance d’aimer.

 

La prière du miséricordieux est immense comme l’immensité de la misère. Et déjà, par la prière, l’homme brûlé par la misère de l’autre, des autres, est en mouvement dans la lutte contre les misères. Cependant, pour la plupart des hommes, la justification par la prière ne suffirait pas. Elle serait une tricherie pour ne pas s’engager, ne pas agir. Nous ne pouvons rien ajouter à Dieu. Dieu se suffit et sa miséricorde est de nous avoir appelés à être, à être à son image, dotés d’intelligence et de liberté. La miséricorde de Dieu nous a donné le monde. La miséricorde de Dieu nous a envoyé le Verbe, Fils unique, Homme-Dieu, pour nous sauver. La miséricorde de Dieu nous a, dans le Christ, glorifiés et rendus capables d’aimer jusqu’au don complet de nous-mêmes.

Louis-Joseph Lebret, L’évangile de la miséricorde, Collectif Cerf 1965 p.165-166.

 

 

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