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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

LE « SECRET » DE LA TRANSMISSION DE LA FOI

27 Novembre 2011, 09:11am

Publié par Father Greg



P1020715.JPGLe témoignage personnel de la rencontre de Dieu est en effet le « secret » qui permet la transmission de la foi.


Le pape l’a redit ce vendredi matin, 25 novembre, aux participants de la 25e assemblée plénière du Conseil pontifical pour les Laïcs. On perçoit dans les propos du pape un lien avec l’Année de la Foi (2012-2013). 

 

Benoît XVI invite à ramener « la question de Dieu » - thème de l’assemblée - non seulement dans la société mais à l’intérieur même de l’Eglise.

 

Le « secret » de la foi, consiste en ceci, indique le pape, que « pour rencontrer Dieu, il faut rencontrer quelqu’un qui l’ait rencontré ». Et la grande responsabilité des fidèles laïcs, c’est de préparer les conditions de cette rencontre, dont les conséquences sociales aussi sont importantes.

 

C’est dans ce contexte que le pape avait voulu mentionner les chrétiens d’Asie où « l’annonce chrétienne n’a encore atteint qu’une petite minorité qui vit souvent sa foi dans un contexte difficile, parfois même de vraie persécution ».

 

« Ces frères, a souligné Benoît XVI, témoignent d’une façon admirable de leur adhésion au Christ, en laissant entrevoir comment, en Asie, grâce à leur foi, de vastes espaces d’évangélisation s’ouvrent pour l’Eglise du IIIe millénaire ».

 

Car  la « question de Dieu » a des conséquences dans la vie publique. Et la crise actuelle est provoquée, en premier, non par des questions économiques et financières, mais le rejet de « toute référence à la transcendance » car c’est d’abord une crise du « sens » et des « valeurs ».

 

L’homme qui cherche à n’exister que de façon « positiviste », dans ce qui peut "se calculer et se mesurer", finit par être "étouffé", a expliqué Benoît XVI. Dans ce contexte, la question de Dieu est, dans un certain sens, « la question des questions »: "Elle renvoie à des questions de fond sur l’homme, aux aspirations à la vérité, au bonheur, à la liberté placées dans son cœur, et qui cherchent à se réaliser". 


Et c’est une source d’espérance : « L’homme qui réveille en lui-même la question de Dieu s’ouvre à l’espérance, à une espérance fiable, pour laquelle cela vaut la peine d’affronter la fatigue de la route présente ».


Mais comment provoquer ce réveil ? « La question sur Dieu est réveillée par la rencontre avec quelqu’un qui a le don de la foi, qui a une relation vitale avec le Seigneur. Dieu est connu grâce à des hommes et des femmes qui le connaissent : la route vers lui passe, de façon concrète, par qui l’a rencontré. Ici, votre rôle de fidèles laïcs est particulièrement important », a insisté le pape.


Mais Benoît XVI a aussi insisté sur « la question de Dieu » en milieu ecclésial en disant : « Parfois, on a travaillé pour que la présence des chrétiens dans le social, dans la politique ou dans l’économie soit plus incisive, et peut-être ne s’est-on pas autant préoccupé de la solidité de leur foi, comme si c’était une donnée acquise une fois pour toutes ».

Le pape a fait observer que les chrétiens ne sont pas indemnes des « maladies » du monde, mais qu’ils partagent les « bouleversements », la « désorientation », les « difficultés » de leur époque. C’est pourquoi il indique « l’urgence de re-proposer la question de Dieu aussi à l’intérieur du tissu ecclésial », 


« Combien de fois, a-t-il fait remarquer, même lorsque l’on se définit comme chrétiens, Dieu n’est plus, de fait, la référence centrale de la façon de penser et d’agir, dans les choix fondamentaux de la vie ! La première réponse aux grands défis de notre temps réside alors dans une profonde conversion de notre cœur ».

 

Benoit XVI. 25 nov 2011.(ZENIT.org)

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« QUE DIRE A UN JEUNE DE 20 ANS »

26 Novembre 2011, 05:33am

Publié par Father Greg

 

 

118-copie-1.jpgQuand on a connu tout et le contraire de tout, quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa vie, on est tenté de ne rien lui dire, sachant qu’à chaque génération suffit sa peine, sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause font partie de la noblesse de l’existence.

Pourtant, je ne veux pas me dérober, et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci, en me souvenant de ce qu’écrivait un auteur contemporain : «Il ne faut pas s’installer dans sa vérité et vouloir l’asséner comme une certitude, mais savoir l’offrir en tremblant comme un mystère».

A mon jeune interlocuteur, je dirai donc que nous vivons une période difficile où les bases de ce qu’on appelait la Morale et qu’on appelle aujourd’hui l’Ethique, sont remises constamment en cause, en particulier dans les domaines du don de la vie, de la manipulation de la vie, de l’interruption de la vie.

Dans ces domaines, de terribles questions nous attendent dans les décennies à venir.

Oui, nous vivons une période difficile où l’individualisme systématique, le profit à n’importe quel prix, le matérialisme, l’emportent sur les forces de l’esprit.

Oui, nous vivons une période difficile où il est toujours question de droit et jamais de devoir et où la responsabilité qui est l’once de tout destin, tend à être occultée.

Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela, il faut croire à la grandeur de l’aventure humaine. Il faut savoir, jusqu’au dernier jour, jusqu’à la dernière heure,

rouler son propre rocher.

La vie est un combat, le métier d’homme est un rude métier. Ceux qui vivent sont ceux qui se battent. Il faut savoir que rien n’est sûr, que rien n’est facile, que rien n’est donné, que rien n’est gratuit.

Tout se conquiert, tout se mérite. Si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu.

Je dirai à mon jeune interlocuteur que pour ma très modeste part, je crois que la vie est un don de Dieu et qu’il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît comme l’absurdité du monde, une signification à notre existence.

Je lui dirai qu’il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves, cette générosité, cette noblesse, cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde, qu’il faut savoir découvrir ces étoiles, qui nous guident où nous sommes plongés au plus profond de la nuit et le tremblement sacré des choses invisibles.

Je lui dirai que tout homme est une exception, qu’il a sa propre dignité et qu’il faut savoir respecter cette dignité.

Je lui dirai qu’envers et contre tous il faut croire à son pays et en son avenir.

Enfin, je lui dirai que de toutes les vertus, la plus importante, parce qu’elle est la motrice de toutes les autres et qu’elle est nécessaire à l’exercice des autres, de toutes les vertus, la plus importante me paraît être le courage, les courages, et surtout celui dont on ne parle pas et qui consiste à être fidèle à ses rêves de jeunesse.

Et pratiquer ce courage, ces courages, c’est peut-être cela «L’Honneur de Vivre».

 

Hélie de Saint Marc

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Gender: Hommes Femmes, ça n'existe plus?! (IX)

25 Novembre 2011, 05:04am

Publié par Father Greg

 

 

Man_in_Armour.jpg Résister, c'est exister. Exister, c'est résister.

     Bravissimo à tous ceux qui ont vigoureusement réagi. A vous les 80 députés – et 120 sénateurs. Aux dizaines de milliers qui ont signé diverses pétitions. Aux directeurs d'établissements scolaires qui n'ont pas eu peur de réagir, spécialement aux AFC, à l'Enseignement catholique. 

  Le gender, ce n'est qu'une mode qui vite passera (comme Halloween), car on ne peut longtemps construire un Etat sur des mensonges. Toutes les idéologies se sont écroulées, les unes après les autres. Mais grâce aux résistants, aux martyrs, aux non-conformistes.  

Avant qu'il ne soit trop tard et pour qu'il ne soit pas trop tard.

 

     Oui, réagissons. Redressons-nous ! Résistons ! Avant que nos révoltes ne déclenchent la révolte de Dieu contre ce qui détruit sa tant aimée humanité. Avant que nos colères d'ados gâtés, ne provoquent sa Colère de Père rejeté. En tout cas, moi je suis indigné, révolté, écœuré. Il m'arrive d'en être réveillé la nuit. Quand l'enfant dans son innocence, l'ado dans sa fragilité, le jeune dans sa vulnérabilité sont ainsi trompés, quand on leur ment, quand on leur vend de la nourriture empoisonnée, comment dormir tranquille ?

      Avec tant et tant de parents, d'éducateurs, je n'en puis plus de voir tant de jeunes déjà abîmés, blessés, traumatisés, ou simplement déstabilisés, désorientés, dé-routés ( sur le bas-côté de la route ou dans le ravin). Et que tout semble fait pour qu'ils le soient encore davantage. Je crie : non et non ! Stop à la destruction ! Arrêtez de tirer ! Détruisez vos obus, désamorcez vos grenades ! Ils ont déjà fait assez de dégâts. Tous ce gâchis, ne suffit-il pas ?

 

      Pourquoi ? Mais pourquoi donc cet acharnement à détruire la famille par tous les moyens ? Veut-on vraiment créer des sociétés saccagées par la délinquance, la violence, le crime ? N'y a-t-il déjà pas assez de familles en ruines, d'enfants et d'ados désespérés parce que non aimés et dont la violence est le seul cri ?

     N'avez-vous donc pas d'enfant à vous pour que vous massacriez ceux des autres ? N'avez-vous donc jamais rêvé d'une famille unie, d'une épouse fidèle, pour bombarder ainsi nos familles ?

Arrêtez ! Convertissez-vous ! Mettez-vous à re-construire après tant de ruines. La guerre à l'humanité, déclarez-la terminée. Au moins une armistice. Que nous puissions reprendre souffle. On n'en peut plus ! On en a marre ! On sursature !

     Pitié, pitié, pitié pour ce continent jeune suffisamment mitraillé.
     Je tremble pour vous. La mort, ça vient vite. N'importe où, n'importe quand. Peut-être demain. Personne n'échappera au jugement. Je ne veux pas que vous ayez du sang sur les mains. Je veux vous éviter un mauvais quart d'heure devant un certain Enfant.
      Cet Enfant, cet Ado, ce Jeune qui sait ce qu'est l'enfance, l'adolescence et la jeunesse pour les avoir lui-même traversés. Mais qui est aussi le Maître de l'histoire, le Seigneur de notre humanité, prunelle de ses yeux.

     Et qui a osé déclarer : qui touche à un enfant, c'est Moi qu'il touche !

      L'Artiste génial nous a tellement créés Homme ou Femme que nous le serons en plénitude éternellement. Au Ciel, Jésus demeure à tout jamais un homme, l'Homme par excellence, et Marie une femme. En ce Ciel où les genders n'auront plus cours.

      Au Donateur de vie, à la Source jaillissante de l'amour, à lui seul, le mot de la fin, la victoire de demain.

      Donc, à nous dès maintenant sa victoire. Combattons en grands vainqueurs que nous sommes déjà. Sans peur, sans honte, sans reproches. En chevaliers de la vie. En acteurs de l'amour. En témoins de la beauté. En serviteurs de la Vérité.

      Vie, amour, beauté, vérité qui se manifestent dans cette cime lumineuse de tout le cosmos : l'homme, la femme et l'enfant : icône vivante de la famille Trinitaire. Plus haut chef d'œuvre du cosmos parmi toutes les galaxies, prunelle des yeux de Dieu.

Père Daniel Ange, 29 septembre 2011

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Gender: l'homme et la femme, ça n'existe plus ?! (VIII)

24 Novembre 2011, 05:04am

Publié par Father Greg

 

 

oui-nide-iou.jpgSOS aux hommes et femmes de bon sens.


     SOS ! A vous les médecins, pédiatres, psychothérapeutes, psychanalystes, psychiatres, scientifiques de tous bords, de tous courant philosophique, de toute option religieuse : je fais appel à votre science, mais une science non divorcée ni de la conscience ni du simple bon sens. Comment osez-vous ne pas réagir – massivement- unanimement – devant des aberrations pareilles ? Etes –vous à ce point paralysés, terrorisés ? Risquez-vous vraiment la prison ou la déportation comme sous le totalitarisme soviétique ? Mais oui, vous allez peut-être bientôt risquer votre carrière, votre réputation, vos subsides et votre salaire comme cela a été le cas dramatique du plus grand généticien moderne : le professeur Jérôme Lejeune . Mais ayez son noble courage !

      Et vous, éducateurs, enseignants, pédagogues, professeurs, qui savez encore un peu qu'un garçon et qu'une fille c'est tout de même pas tout à fait kif kif, que cela n'étudie pas, ne pense pas, ne ressent pas, ne vibre pas, ne réagit pas exactement de la même manière.
      Et vous, parents, qui depuis leur naissance, savez par expérience que votre petit n'est pas identique à votre petite, même si vous avez pu rêver d'une fille alors que c'était un garçon et vice-versa : réagissez, vous aussi ! Tous ensembles !

      Puisque l'Etat s'immisce ainsi dans la conscience des personnes, celles-ci ont le droit strict à l'objection de conscience.

     Si en France, ne fut-ce que 5000 familles chrétiennes, juives et musulmanes, 20 000 médecins, psys, éducateurs faisaient objection de conscience, refusant net d'envoyer leur fils, leur fille au lycée, ou d'y enseigner, si toutes les écoles dites catholiques (+ de 50 % en Bretagne) menaçaient de fermer…. le ministre de l'éducation serait acculé à supprimer cette supercherie.

Imagine-t-on le cas de conscience pour un prof : devoir inculquer une idéologie pour que l'élève réussisse son bac, si la question y revient, alors qu'en conscience, il ne peut y adhérer et ne peut se taire par simple honnêteté intellectuelle et respect pour ses élèves.

Le pieu fissurant tout le système communiste et sa dictature mondiale, a été le peuple polonais.  Pourquoi ? Parce que 95 % du peuple était dans la résistance passive, non violente. Ils ont remporté la victoire, haut la main.

     Etre un seul homme pour sauver l'homme. Etre unanime pour lutter contre un régime s'imposant par la ruse et aussi par la force. La force des lobbies (largement financés), relayés par les toutes puissances médiatiques, terrorisant un public naïf, gobant tout comme parole d'évangile.
Ce qui est vrai de l'amour à protéger l'est aussi de la vie à défendre, et donc de la famille à sauver. Cette affaire de gender met le comble au ras-le-bol. Exaspère notre exaspération.


Jeunes ! Pour sauver l'essentiel, soyez rebelles ! Soyez libres !


      A Madrid, ce soir-là, j'ai dû continuer : « Rebellez-vous contre la corruption, l'égoïsme, l'orgueil, l'impureté, le mensonge, la jalousie, l'injustice ! Entrez en résistance ! Soyez indignés ! »

      A vous d'être le fer de lance de la rébellion de la Vérité, de l'Amour, de la Vie contre tout ce qui peut les pervertir les détruire ou simplement y nuire. Ne vous laissez pas embobiner, rouler dans la farine, manipuler. Soyez intelligents ! Perspicaces !

      Exercez cet esprit critique, qu'on encourage dans les autres domaines. Réfléchissez ! Pensez par vous-mêmes ! N'hésitez pas à exprimer votre opinion- perso. Courageusement. Calmement. Pacifiquement. Discutez. Argumentez. Suscitez un sain débat. Exigez qu'on vous écoute. Qu'on vous respecte surtout. Si un enseignant t'insulte, te méprise, te ridiculise devant la classe, te descend en flèche, réfères –en au directeur de l'établissement. Quitte à être fiché, stigmatisé. N'est-ce pas une forme de martyr ? A vous alors toute la Gloire de Dieu, la fierté de l'Eglise, la joie de Jésus !

     Si on te force à écrire ton soi-disant gender sur un formulaire d'administration (quel qu'il soit), fût-ce (bientôt) le passeport, refuse net ! Tu écris : homme ou femme. Basta !

     Surtout, la plus efficace des résistances, est celle de ton comportement, attitude, manière d'être. Sois fier et heureux d'être garçon si tu l'es, d'être fille si tu l'es. Cela tout simplement, joyeusement, paisiblement. Récuse cette angoissante crise identitaire que secrète la société. Tu es homme : grandis dans ta grâce spécifique masculine, père et époux dans la plénitude du terme. Tu es femme : épanouis-toi dans ta beauté spécifique féminine. Pour être un jour pleinement épouse et mère, fière et heureuse. Récuse les modèles ambiants. Rejette les canons imposés, l'idolâtrie des marques, la tyrannie des modes.

      Alors, vous serez dignes de vos jeunes frères, rejetés socialement, brimés, persécutés pour leur foi en tant de pays, ou réfugiés à tout jamais loin de leur terre ancestrale. Leur seul crime ? Aimer une certaine Personne, nommée Jésus.

      Voici juste 20 ans, à la JMJ de Czestochowa, la toute première où enfin les jeunes de l'Est pouvaient rejoindre leurs frères de l'Ouest, après 50 ans de dramatique séparation – Jean-Paul II, en substance : « Jeunes de l'Occident, je vous donne en exemple vos frères de l'Est qui ont tant souffert pour leur foi. Maintenant à votre tour… ». Et à l'avant dernière JMJ en Espagne, à Compostelle, un journaliste lui pose la question : « Qu'êtes-vous venu faire ici ? » Réponse du tac au tac : « Je suis venu saluer les martyrs du 3ème millénaire. » Il ne croyait pas si bien dire.

      Ce courage vous en êtes totalement capables. Vous êtes bien plus forts qu'on vous le dit, bien plus intelligents que vous le pensez. On a trop minimisé vos capacités de résistance. Trop anesthésié votre sens inné de la vérité, trop souillé votre instinct de la beauté.

      Vous serez alors dignes des héroïques jeunes résistants – tel le capitaine Tom Morel - qui ont refusé que leur pays soit réduit en esclavage. Ils ont combattu, pour cette liberté que vous connaissez maintenant. Pour combien de temps encore ?

     Ils ont payé le prix fort. Ils sont les grands vainqueurs. L'enjeu alors : refuser l'idéologie totalitaire déshumanisant l'homme. Aujourd'hui est ce tellement différent, avec cette imposition de la pensée unique politiquement correcte ?

Daniel Ange.

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Gender: l'homme et la femme, ça n'existe plus ?! (VII)

23 Novembre 2011, 05:05am

Publié par Father Greg

Indian_Barbers_Saharanpore.jpgC'est tous – musulmans, juifs et même athées de bon sens - qu'il nous faut défendre les valeurs de la vie, de la famille et de l'amour, intolérance et violence en moins, bien sûr. Ce n'est pas le christianisme qui est en jeu, mais l'humanisme, tout simplement.
     

Pense-t-on à l'écœurement scandalisé des immenses populations non encore intoxiquées par nos virus délétères en Asie, Afrique, Amérique Latine ?

 

      Au Congrès de Bejing 5 à l'ONU, leurs délégués s'étaient massivement prononcés contre les aberrations que certains lobbies occidentaux voulaient imposer à ces peuples, sous-entendu : à condition de subsides onusiens. Pourtant, par précaution, le gender était en sourdine. Avec ces peuples, nous creusons encore davantage le fossé Nord-Sud. Non plus seulement économique, mais maintenant idéologique.


      Nous comptons plus que jamais sur ces peuples dont le bon sens humain est encore vivace, avant d'être miné par nos idioties.

      Et je leur fais confiance. Jamais nous n'arriverons à éradiquer chez eux le sens inné, enraciné depuis des millénaires de la paternité/maternité, de la famille.
      Mais c'est une course contre la montre. Les pressions sont violentes pour leur faire adopter nos mensonges. Déjà, en Afrique, des « ministères de la famille » sont rebaptisés : « des genders ».

On pourrait y ajouter les pays d'Est- Europe (encore traumatisé) par les deux plus terribles totalitarismes de l'histoire, et qui redoutent de retomber dans une idéologie niant leurs cultures à racines chrétiennes. Au Parlement Européen, nous comptons sur leur courage et leur détermination pour nous libérer de la nouvelle dictature.

      Je leur fais confiance. Ils savent dans leur chair ce que veut dire résister contre un totalitarisme idéologique 

Le consensus… dictatorial : violation du droit d'être homme ?


     Cette révolution à 380 ° dans la conception même de l'être humain, jamais absolument jamais mis en cause depuis le Neandertal, voici qu'il nous est imposé, tout à coup, du jour au lendemain. 

On affirme tout à coup comme une évidence scientifique ce qui n'a jamais même traversé l'esprit de l'homme depuis les origines !

      On jette aux orties les certitudes les plus flagrantes pour les hommes de toutes civilisations et de toutes les époques !

     Cela sans le moindre débat public, le moindre référendum, la moindre consultation des parents, jeunes eux-mêmes, psys de différentes disciplines, médecins, éducateurs, pédiatres, scientifiques. Subrepticement. 

     Mine de rien, on inocule le virus dans le cerveau encore mou de nos ados. Vrai matraquage de cervelle. Mais bon sang, pour qui les prend-on nos lycéens ? Pour des cobayes ? Croit-on vraiment qu'ils vont gober ces vipères sans réagir ? 
      Au détour d'une page de manuel ou d'un formulaire à remplir. Tout est fait pour éviter toute discussion c'est le « consensuel » imposé. Méthode la plus anti-démocratique qui soit quand on voit comment la famille est plébiscitée, de sondage en sondage.

      Cela dans un pays qui se targue de démocratie, jusqu'à faire la leçon aux régimes dictatoriaux. 
      Cette idéologie se mue en véritable dictature. Ses promoteurs sont intolérants, intransigeants, péremptoires. Ils n'admettent aucune réplique, aucune opinion contraire.
      Bientôt, on sera mis en prison pour oser dire que tout de même un homme c'est pas tout à fait la même chose qu'une femme. Que finalement, devant les choix tous azimuts proposés, je préfère (si je suis un homme) coucher avec une fille et même – ô crime – faire ma vie avec une femme, et crime au carré – avec une seule femme ! Intolérable !

      En attendant, te voilà ridiculisé, marginalisé comme un être bizarre. C'est la nouvelle exclusion. Et si un ado courageusement ose contredire, ou simplement manifester son désaccord : éjecté ! Voyons donc : c'est contre le ministre de l'Education nationale qui a approuvé ce manuel, contre le Président de la République qui tacitement a consenti, donc contre la nation, contre le peuple. Ah ! si seulement la guillotine ou Cayenne existaient encore ! Ceux qui osent s'opposer à la révolution sexuelle et génétique sont ipso facto hors-la-loi. Le peuple n'a pas été consulté, mais cela ne fait rien, ils sont contre le peuple. Et cette race de cathos, c'est les chouans réincarnés. Bons pour la boucherie. Enfants et femmes compris !

     En ce cas, autant imposer dans nos classes d'autres thèses et théories de sectes pendant qu'on y est…

     On croyait les universitaires et les lycéens en 1ere seuls visés. On se disait : finalement, ils auront assez de sens critique pour réagir. Mais voici que le primaire est du même coup atteint. En Belgique, Canada, USA, Australie, on matraque les enfants avec ces genders, leur donnant pleine liberté de choisir. Oui, les enfants. Même insinuation à travers, entre autres, le DVD : le baiser de la lune. Subtile vulgarisation, sinon perverse initiation aux rapports homos. Oui, voilà nos enfants une fois de plus, cibles des destructeurs d'humanité. Je pose la question tabou : n'est-ce pas de l'ordre du viol psy de mineurs ?

      En Lituanie, au pire de la persécution stalinienne, 2000 courageuses mamans ont osé écrire au Kremlin : vous nous arrachez nos enfants. Ce sont les nôtres. Nous les protègerons jusqu'au sang. Même les animaux défendent leurs petits au prix de leur vie.

Daniel Ange.

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Gender: l'homme et la femme, ça n'existe plus ?! (VI)

22 Novembre 2011, 05:05am

Publié par Father Greg

rene-magritte-la-grande-famille.jpgUne subversion internationalement orchestrée ?


      Cette première timide percée officielle dans nos écoles, nous stupéfie. Mais cela fait plus de 20 ans que les tenants de cette théorie ont commencé à conquérir le monde sous des dehors soft. En fait, il s'agit d'une véritable opération internationale, calculée, orchestrée, programmée et visant à conquérir la planète, comme tous les totalitarismes et se voulant définitive. Cela fait partie intégrante du nouvel ordre mondial. Mais comme cela peut heurter les mentalités arriérées, dans un premier temps, on y va cool, sans coup férir. D'où l'effet surprise chez nous.. où ils comptaient passer à notre insu par simples insinuations.

      Mais on regarde de haut les prophètes. Ils dérangent notre train-train. Alors, on voudrait les bâillonner. On y réussit parfois. Car si on les écoutait, on devrait monter au créneau. Et c'est plus agréable de rester devant sa télé dans un fauteuil.


     « La mondialisation du gender, en tant que processus de transformation culturel subtil et manipulateur est un des mécanismes les plus performants de la révolution sexuelle et culturelle occidentale. » Véritable entreprise de « déconstruction anthropologique opérée par des ingénieurs sociaux radicaux venant d'ailleurs. Il s'impose comme priorité transversale de la coopération internationale, s'intégrant – depuis Beijing – au cœur des politiques internationales, régionales, nationales et locales. Butler fait appel à l'action subversive, à la mobilisation des agents de changements faisant proliférer les genres et les identités dans la culture. »

     « Nous sommes en présence d'un projet intégré de déconstruction systématique de la société humaine et de l'homme lui-même. On commence par déconstruire le langage, ensuite la référence à des valeurs, en leur substituant des « valeurs » définies au terme d'une procédure consensuelle. Par-là s'instaure la dictature de la tolérance (…). Il s'agit de déconstruire la société internationale imprégnée d'un idéal démocratique, de déconstruire l'Eglise car son message réaliste, prophétique, et critique est aux antipodes de l'agressivité et de la mort. Enfin de déconstruire le droit, qui l'idéologie veut rendre étranger aux valeurs, aux personnes, à la société civile, et politique, ainsi qu'à la religion. Le terreur douce a besoin de procéder à ces déconstructions en cascade –au lance-flamme- pour se déployer »

     Cela fait déjà des années que des compétences reconnues courageusement nous alertent.

  
 Une bombe à retardement pour l'Islam, le Judaïsme, l'Afrique et l'Asie

     Pense-t-on aux répercussions d'une telle idéologie sur le monde juif et le monde musulman ? Déjà l'avortement, l'euthanasie, la promotion de l'homosexualité jusqu'à l'adoption d'enfants par des personnes homosexuelles, les mères porteuses, les manipulations génétiques jusqu'au clonage, etc.. Heurtent violemment leurs convictions les plus profondes, mais ici, cela va être la goutte d'eau qui fait déborder le vase. 

 
      Toi, gendersphile, je te pose la question toute bête : si l'homme et la femme n'avaient vraiment aucune identité, tu ne serais même pas là. Vous n'existeriez même pas ! De même si un seul de tes ancêtres avait été homosexuel (les manipulations génétiques n'existant pas encore).
      Une question : Pourquoi donc les musulmans fondamentalistes sont en révolte contre l'Occident ? Précisément parce que moralement décadent, sans plus aucune éthique et maintenant perdant le simple bon sens humain, porte ouverte à ce qu'ils considèrent comme des aberrations, des abominations. On comprend qu'ils en soient horrifiés, sans admettre bien sûr la violence de leurs réactions. (Avec cette ambigüité catastrophique que pour eux tout ce qui est occidental est chrétien !!) D'où le rejet total du Christianisme). Paradoxe : au moment où nous nous voulons – heureusement- accueillants aux musulmans modérés, voilà que nous sommes en train de faire le lit de l'intégrisme islamique intolérant et arrogant.

     Nous faisons du choc frontal de civilisation un électro-choc redoutable. Nous nous préparons des bombes.

     C'est donc avec tous les musulmans (encore) modérés, ouverts, tolérants pour les pays qui les accueillent, que nous devons lutter ensemble pour sauver l'être humain en tant qu'être humain. Ne sont-ils pas tous nos frères en humanité ?

     Mais aussi avec tous les Juifs, heurtés au plus profond par des pratiques qui attaquent de front ce qu'ils ont de plus sacré : la révélation de la Personne même de Dieu, et ses commandements : code de la route pour toute l'humanité.

Daniel Ange.

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Gender: l'homme et la femme, ça n'existe plus ?! (V)

21 Novembre 2011, 05:06am

Publié par Father Greg

 

The_Camel_Rider_1875.jpgScientifique ? Mythique plutôt !

    

  L'imposture : présenter cette thèse, cette opinion comme…. scientifique ! Enseignée ex-cathedra non en philo, (comme une opinion à débattre), mais en cours de .. science ! Des sornettes à la …. Sorbonne ! Est-on encore dans un pays civilisé ?

     Et voilà, balayé d'un trait de plume tous les acquis scientifiques les plus récents. On est capable de détecter si des ossements de plusieurs millénaires sont ceux d'un homme ou d'une femme : mais non, aucune différence ! On sait tous maintenant et parfaitement que la femme a 2 chromosomes X et l'homme 1 X et 1 Y, ce qui inscrit dans nos gènes des caractéristiques non seulement anatomiques mais psychologiques immuables. Les psys de tous bords avec des milliers d'études scientifiques ont admirablement démontré l'impact psy des organes physiologiques. Mais non, ces psys se sont tous gourés ! Tout juste s'ils ne sont pas traités d'imposteurs, sinon de criminels. Vous vous rendez compte ? Ils sont –du jour au lendemain - devenus politiquement incorrects ! Oser aller contre la sacro-sainte opinion publique ! Celle-ci formatée par les medias, eux-mêmes noyautés par les petits lobbies que l'on sait. Scientifique vous avez dit ? Non ! Mais un peu d'esprit critique, voyons ! Si vous ne voulez pas dévaloriser les mots, humilier les vrais scientifiques

Conscience, évidence et bon sens : implosés !


      Mais cette pseudo-science engendre l'inconscience, pire : le non-sens dynamitant le simple bon sens humain, violant la conscience des personnes dans leur intimité.

      Derrière tout cela, je pose le diagnostic : la rébellion du virtuel contre le réel. Le refus absolu de ce qui EST, de ce qui existe. Que cela me plaise ou non.
      L'objectif, et donc l'objectivité n'existent plus. Ne restent que les aléas de ma subjectivité. Et derrière ce qui EST, Celui qui EST. L'Existant par excellence. On lui a déjà arraché la vie, dont Il est la seule source. Les 2 moments qui n'appartiennent qu'à Lui seul : le commencement et la fin d'une existence. Et voilà qu'on lui retire violemment ce qui touche à l'amour, source de la vie. On lui brise son chef d'œuvre entre tous, le point précis dans tout le cosmos où la Trinité en tant que telle se manifeste, comme en un sacrement.


      N'est-ce pas la rébellion originelle contre le Créateur, en tant que Créateur. Le refus absolu d'être créature. Devenir le Créateur, le singer, pire, l'usurper. M'emparer de sa création, moi. La manipuler à ma guise à moi. . En faire ce que je veux, ce qui me plaît moi, ce que je décide, moi. Répartir l'animal entre mâle et femelle, l'humanité entre Adam et Eve : quelle stupidité ! Faire qu'un enfant soit conçu par un homme et une femme : bêtise ! Vouloir qu'un enfant se construise, se structure grâce à cette double polarité : ridicule ! Il faut refaire tout cela ! Ce que je décrète, cela est fait. Je change les mots, et voilà la réalité changée. Ma seule intelligence suffit à faire du réel. Me voilà tout puissant ! Bref ! telle est la « virtualité » post-moderne.


Et voici un(e) dieu : un(e) individu solitaire et narcissique.


      Conséquence autrement plus grave, s'il était possible : c'est l'image même de Dieu qui en est détruite dans l'esprit de l'homme. « Faisons l'homme à notre image : homme et femme il les fit ». C'est précisément cette différence complémentaire inscrite jusque dans nos anatomies qui est la révélation, la manifestation dans notre chair d'un Dieu qui n'est pas individu isolé et solitaire, mais circulation d'amour – d'un amour donnant la vie – entre Personnes différentes, et donc complémentaires. 

      D'où la révolution « Wotylienne » à 380 ° : les organes génitaux différents ne réfèrent pas l'être humain à l'animal, mais à la… Trinité ! L'unisexe renvoie à une mono-divinité lointaine, et non à une famille. En ne voyant qu'un homme ou qu'une femme, je ne sais pas qui est Dieu : un papa avec un cœur de maman … Plénitude du masculin et du féminin. Tout ce qui touche à l'identité spécifique de l'homme et la femme, brise l'image même de Dieu. En défendant leurs différences, donc leur complémentarité, nous protégeons Dieu de tous les masques dont on l'affuble, de toutes les caricatures dont on le défigure.

      Et voilà dynamité ce chef d'œuvre de tous les chefs d'œuvres du Créateur, le sommet même de la Création, ce qu'il y a incontestablement de plus divin dans tout le cosmos, ce que plus de 13 millions d'années d'évolution du cosmos préparaient, comme se prépare un berceau pour y recevoir le trésor de tous les trésors : la personne humaine. 


      Bref, quand on ne sait pas qui est l'homme et qui est la femme, on ne sait pas qui est Dieu.
     Car, seulement là où l'altérité conditionne la fécondité, là se trouve la Trinité.


     Et par ailleurs, en niant l'humanité au corps sexué, je renie la réalité bouleversante de Dieu venu épouser ma chair, vivre au-dedans d'un corps charnel avec un visage unique au monde.

      Le christianisme n'est –il pas la religion la plus réaliste qui soit ? Elle est celle du corps et du visage. Dieu est allé jusqu'à prendre notre corps charnel, s'est laissé voir sur un visage. L'Eglise se battra jusqu'au sang pour défendre, protéger, garder en son intégrité l'intime inter-connexion de l'âme et du corps, comme la si profonde corrélation de l'homme et de la femme.
Bref, par le biais de cette distorsion du sexe, c'est la double réalité de la Trinité et de l'Incarnation, visée par le prince du mensonge.

Daniel Ange.

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Roi avec Jésus !

20 Novembre 2011, 05:29am

Publié par Father Greg

 

 

Rubens Pieter Paul-ZZZ-Roman Charity Le Christ-Roi, c’est Jésus qui nous révèle la place qu’il nous donne: Il nous veut Roi : « Venez, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde ».

 

Comment ? En agissant Royalement : en donnant gratuitement à manger, à boire, en accueillant l’étranger, en l’habillant…  Cela, c’est la justice du Roi qui ne mesure pas, mais qui fait sien la misère du plus petit : « Il n'y aura pas de pauvres parmi vous » (Dt 15, 4) signifie : « Sa pauvreté, fais-la tienne ! ».

 

Celui qui nous fait confiance, nous confie son royaume ! Il veut qu’on règne sur ce qu'Il a de plus précieux : mon frère, ma sœur, le désespéré qui souhaiterait tant qu’on lui prenne sa misère, mais qui en a tellement honte ! Le pauvre type qui est là, c’est ça le royaume de Dieu qui nous est confié ! La médiocrité, la nullité, la lenteur et la pourriture des pauvres : c’est cela que Jésus me confie !


Les pauvres sont immédiatement présence de Jésus Roi des miséreux et des pécheurs ; et leurs pauvretés sont ‘en attente’ de notre compassion : c’est Jésus qui attend d’élargir notre cœur et de lui donner une taille royale !

 

Agir en Roi, c’est ne plus être mesuré par notre conscience vécue des personnes à qui nous donnons: « Quand t'avons-nous vu ? Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ? Jésus répond : « Venez les bénis de mon Père : vous êtes ses fils, vous lui ressemblez ; vous êtes bien comme le berger qui prend soin de ses brebis » (Ezéchiel 34, 11-17). « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait ».


N’est-ce pas cela « veiller » ?  Il s’agit de « veiller sur », d’agir en Roi, en bénis du Père !

Fr Grégoire.

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Gender: l'homme et la femme, ça n'existe plus ?! (IV)

19 Novembre 2011, 05:38am

Publié par Father Greg

 

The_Bather.jpgMon corps ? Mais c'est quoi ce truc ?


      On a déjà déconnecté sexualité et fécondité, le coït et le zygote, maintenant il faut à tout prix débrancher l'anatomie et la psychologie, le physiologique du psychique, alors que chacun sait et sent à quel point ils sont en continuelle interaction, ma biologie influant profondément sur ma psychologie.


     Les différences physiologiques, en partie modifiables chirurgicalement n'ont rien à voir nous dit-on, avec les différences psychologiques qui en fait n'existent pas puisque simples normes sociales . Du coup, ton corps ? Simple truc ou plutôt gadget. Je peux jouer au garçon ou à la fille comme je veux.

     Non ! mais veut –on fabriquer de la schizophrénie haute dose ? « Les prédispositions du corps de la femme à la maternité deviennent un ennemi à combattre ( …) Cette a-sexualisation déconstruit la configuration de la personne humaine, en tant que père ou mère, époux ou épouse, fils ou fille ». (Peeters )


     Bientôt, filles et garçons n'oseront plus s'embrasser ni se tenir la main, c'est vieux jeu. Le top ?    French-kiss mais à 4 lèvres féminines ou masculines scotchées.
     

Bientôt, - ne sachant plus qui elles sont, les filles seront complexées d'avoir vagin, utérus, sains, peau fine, et d'être soprano. Et les garçons d'avoir pénis, peau poilue, muscles saillants et être ténors. Les unes : honte de stocker des ovocytes, les autres d'éjaculer du sperme.


      En Nord Amérique, déjà, des parents refusent de dire le sexe biologique de leur enfant pour ne pas l'emprisonner dans un stéréotype et lui laisser le libre choix.

      Paradoxe : tout le matraquage pornographique mise sur l'excitation de notre sexualité physique, l'exacerbation de nos pulsions charnelles et la provocation à l'orgasme, mais en misant principalement sur l'irrésistible aimantation mutuelle des corps masculins et féminins signe que ces pornocrates et porno-trafiquants savent bien que l'immense majorité en est encore à cette hétérosexualité déphasée, et donc c'est encore le plus rentable. Pour le moment !

 

Tu la construis sur un marécage, ta maison ?


      Ça y est, le coup de bélier final pour déconstruire, donc dé-truire la famille est asséné sur le mur déjà fissuré de partout. Depuis 20 ans tout à déjà été fait pour la fragiliser, la miner, la saper. Ne restait plus que cela : décider que l'homme et la femme, l'attraction mutuelle n'est que… culturelle, « politiquement modifiable ».


      Si l'homme et la femme sont interchangeables suivant les modes du moment, alors la famille est à dimension sans cesse variable. Si l'autre personne n'a aucune identité sexuelle fixe, stable, définitive, si ses comportements varient au gré de ses phantasmes, comment construire une relation et surtout une vie avec elle ? N'importe quel jour, je puis la plaquer, puisque je ne suis plus ce que j'étais lors de mon mariage, ni l'autre non plus. Et de toutes façons, j'ai décidé de changer d'orientation.

     Et ça y est ! L'homme comme la femme ne doivent plus faire aucun effort pour essayer de comprendre l'autre puisqu'il n'y a plus aucune spécificité particulière, aucune altérité à découvrir, à essayer de comprendre. Alors tu projetteras sur l'autre tes propres idées, sentiments, approche des choses, bref, ta propre psychologie. Et ce sera l'échec de toute relation, l'enfer des incessants quiproquos, mésententes, donc mésalliances… 

      L'indifférenciation aboutit à un nivellement, donc à un appauvrissement total, de toutes les richesses respectives, ipso facto ratiboisées. Ne restera plus que des individus asexués et stériles.
Et voilà dynamitée cette admirable bi-polarité masculin-féminin, où l'altérité conditionne la fécondité, où la spécification permet la communion, où différence engendre une descendance.

Et ton môme dans tout ça ?


      Dans le domaine étroitement connexe de la vie, même subversion anti-scientifique. 
     Après avoir débranché parenté biologique et psychique, maintenant sexe biologique et sexe psychologique. On avait libéré la femme de cette maternité qui est une aliénation de la féminité (Beijing ONU). Maintenant, il faut libérer la sexualité en tant que telle de sa « matrice hétéro » (Butler). Paradoxe : c'est quand la science a démontré depuis 50 ans tout ce que vit l'enfant in sinu, qu'on ose déclarer froidement : aucune incidence négative pour un enfant conçu in vitro de spermatozoïdes et d'ovules achetés (tarifiés d'après le QI des vendeurs), transbahuté dans un ventre loué ou squatté quelques mois, arraché à sa maman porteuse par l'acheteuse ( au risque de procès si pas conforme à la commande) et en fin de parcours, devant parfois dire Maman à un monsieur barbu à la soixantaine ayant 2 papas ou 2 mamans… L'enfant en pâtira ? Non, voyons ! C'est encore l'imagination des stupides chrétiens. L'enfant sera merveilleusement épanoui. Il ne connaîtra jamais ni ses origines ni son patrimoine héréditaire, ni son premier berceau. : aucune importance ! La grand-mère prête son sein à sa petite fille ou vice-versa, on conçoit avec du sperme de l'oncle décédé voici 50 ans : comme c'est merveilleux ! Les analyses psychologiques, c'est périmé. Vive le génie génétique !

    

On frise la folie eugénique dites-vous ? Et alors ? Hitler aurait pu éliminer in utero, les races tziganes et juives évitant Auschwitz et Treblinka. Elimination aseptisée ! Vive le progrès !
      Zigouiller proprement les « non économiquement rentables » par rapide injection léthale, sans consentement de personne : génial pour régler la crise économique ! Eliminer les enfants encore zygotes, présentant un infime défaut de fabrication : fantastique pour éviter des gens à charge de la société ! Vive la science !

    

Dites- vous vraiment : vive la science à propos d'Hiroshima et Nagasaki ? A propos de Treblinka et de Karaganda ? Non pas une mégapole visée, mais toute la race humaine en tant que telle. Ravalée qu'elle est au rang d'animal, légèrement plus sophistiqué ? Toutes les expériences sur le rat, doivent être faites sur l'enfant : où est le problème ? Je pose la question : l'implosion génétique n'est-elle pas incomparablement plus meurtrière que l'explosion atomique ?

      Je dis : meurtrier. Mais le diagnostic est plus précis : suicidaire. On s'inquiète du nombre galopant de suicides, des enfants aux personnes âgées : mais n'est-ce pas le symptôme dramatique du suicide collectif de l'humanité.

    

Nous nous préparons des lendemains terribles car « comment construire une société sur des variables fluides de désirs flexibles » (M. Peeters). Dites-le moi ! Nous provoquons de vrais « psychopathologies sociales » (Anatrella). Il en est comme des médicaments mis sur le marché sans tests suffisants sur la durée. 20 ans après, ce sont les procès. Je donne rendez-vous dans 20 ans avec ces enfants issus de tels procédés ou formatés par les théoriciens du gender.

Daniel Ange.

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Gender: l'homme et la femme, ça n'existe plus ?! (III)

18 Novembre 2011, 05:35am

Publié par Father Greg

 

434-465-thickbox.jpgTrafiquer le langage, prostituer les mots.


     Et à qui l'enfant doit –il dire « maman » ou « papa » ? Puisqu'il n'y a plus de différence, il faut inventer un mot bivalent : Ma-pa ? Pa-man ? N'importe quoi !

Dans les écoles, il faut banir les mots de garçons et de fille… « Dans ma classe, j'ai 14 bi, 8 homos, 3 hétéros et pour le moment, un seul trans. » Mais demain, ça peut changer, la nuit porte conseil, n'est-ce pas ?

     

Sept 2011 : « 2 organisations féministes lancent une campagne pour supprimer la mention « Melle » dans les formulaires, perçues comme discriminatoire, violant la vie privée. Mais avec l'obligation d'écrire ton gender, ce sera bien pire !

     

Les mots même de père/mère, enfant, frère, sœur, époux-se, fils/fille doivent être éliminés dans toutes les langues, le plus vite possible, sans parler du mot honni entre tous de famille. Cela puisque tous rattachés à ces 2 mots détestables entre tous : homme-femme. Et donc aussi, ipso-facto, ceux d'amour, don de soi, communion, etc…


      On veut la parité dans tous les domaines, entre autres politique. Désormais, il la faut donc entre genders. Proportion égale au Parlement, au gouvernement, des hétéros, homos, bis et trans en attendant les autres annoncés. Un mandat sur 5 du Président, ça doit être un trans, etc… Vous les candidats à l'élection présidentielle, qui approuvez ou promouvez les genders, quel gender est le vôtre actuellement ? Avouez-le franchement pour gagner des voix ! Soyez cohérents avec vos théories !

      Elèves, collègues, subordonnés, boss, ils m'appelaient Mlle. Ce matin, j'ai décidé : ce sera Mr. Ça vous dérange ? Mais respectez mes opinions, mes choix, ma liberté ! Mon sexe, mais j'en fais ce que je veux, non ? Ne m'enfermez pas dans vos catégories périmées, vos stéréotypes, j'ai le droit de faire des expériences, non ?

Je suis qui, je suis quoi moi? S.O.S. je coule !


      Mais il y a bien plus dramatique que ces conséquences anecdotiques frisant le ridicule. A l'âge où l'ado est déjà tellement influençable, malléable, en pleine recherche de lui-même, en plein tâtonnement, archi-vulnérable, voilà que ça y est ! Le dernier verrou a sauté. Enfin ! Certitudes, normes, repères, balises : tous sont déjà dynamités les uns après les autres. Vérité-erreur, bien-mal, bon-mauvais, permis-interdit : tout cela c'est kif-kif bourrico. Restait un ultime repère. Le seul tenant encore, parce que de l'ordre de l'évidence absolue : parce qu'universel, de toutes les cultures, sociétés et religions du monde (sauf quelques anomalies) : l'homme et la femme ! La sexualité devient fluctuante, polymorphe, modifiable à gogo. Régression vers la sexualité infantile au rêve androgyne : être à la fois ou successivement garçon et fille. Bref, le complexe Michaël Jackson.

     

L'ado déjà en pleine tempête d'identité, on va encore l'aggraver, en lui arrachant tout phare, toute ancre, tout port. Se débattant en s'enfonçant dans un marécage, non seulement tu refuses la perche qui pourrait l'en sauver mais tu l'y enfonces jusqu'au cou, si pas au-dessus de la tête. 

Paradoxe : devant la déferlante de la délinquance juvénile, on veut réintroduire des cours de morale pour que les jeunes « sachent distinguer entre le mal et le bien » alors même qu'on leur inculque qu'il n'y a plus de différence entre l'homme et la femme ! Paradoxe : on décrète que l'hétérosexualité est simplement culturelle, - phénomène de société - mais on affirme que l'homosexualité, elle, est « naturelle », voire génétique.

      Non ! mais ça va pas la tête ?

     Bien sûr qu'il faut « devenir homme ou femme » - c'est l'évidence ! – mais à partir ce que qu'on est, de par sa conception, et non suivant le matraquage publicitaire, la mode sociale, les slogans des lobbies, les attraits subjectifs. A partir du donné d'origine, et non de l'imposé par la société. Bien sûr qu'une large part de l'image de la femme et de l'homme, de leurs rôles respectifs dans la société dépend de la culture, de la religion et des traditions (comparez notions, statuts, et condition de la femme dans l'Islam et dans le Christianisme .). C'est une évidence Mais cela ne touche pas à leur identité respective de base. Je veux devenir – effectivement ! – mais pleinement ce que je suis.

Daniel Ange.

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Gender: l'homme et la femme, ça n'existe plus ?! (II)

17 Novembre 2011, 05:32am

Publié par Father Greg

 

 

rene-magritte-les-amants.jpgVous dites : il n'y a pas de nature, mais alors l'écologie ?


      Pauvres fans du gender ! Soyez logiques, allez jusqu'au bout de vos thèses. Pendant que vous y êtes, supprimez aussi les admirables différences complémentaires des grandes races humaines. Naître Asiatique ou Africain noir : intolérable, discrimination imposée par la nature. Proposez aux petits camerounais de devenir blancs, à la petite Chinoise de devenir noire. Hormones, chirurgie faciale et ça y est. Enfin libre de choisir ma race, ma physionomie. Et si un petit anglais veut le facies slave : no problem. Tout est possible.


     Paradoxe : vous ne supportez pas cette horrible, injuste, stupide « nature ». Rien n'est naturel (surtout pas l'hétérosexualité ! au mieux : l'homosexualité), rien n'est définitif, rien n'est immuable. Mais en même temps, vous êtes écolos : vous respectez la nature, que tout soit bio, c'est-à-dire, justement naturel. En plus, ça rapporte !


Mais alors, soyez logiques : supprimez les odieuses différences chez animaux et végétaux, qui aussi se reproduisent par bi-polarité. Ou faut-il dire la coq et le poule ? Quelle discrimination ! Le coq qui féconde la poule : odieuse domination !


      Pour échapper à votre stupide nivellement, je devrais être une biche. Au moins, on respecterait ma nature, mon espèce et mon sexe. Heureusement que les arbres n'ont pas de tendances sexuelles, et qu'on les classe d'après ce qu'ils sont. Bref, l'écologie, le bio dans tous les domaines, sauf celui de l'humain.


T'aimes les poupées, mon petit ? R.V au CTC !


     Et voilà dynamités les 2 piliers essentiels sur lesquels repose, comme sur son unique socle, tout le monde bio (végétal, animal et humain) !


      Tu veux savoir jusqu'où ça va ? Aux USA, il y a maintenant les sex –change treatment for transgender kids ou sex reassingnement. Ton môme de 8 ans aime se mettre une robe et jouer à la poupée : « Alors, tu aimerais être une fille ? » - « Ouais, chouette ! » « Bon, filons au CTC, tu deviendras une fille » Simple histoire d'hormones et chirurgie express pour changer ton pénis en vagin et le tour est joué. Tu ne pourras pas vivre une grossesse ? No problem. Tu achèteras des ovules et tu loueras un sein. Et le tour est joué !


      En attendant leur ouverture chez nous, il faut déjà penser aux conséquences pratiques. Dans le pratico-concret, il faut supprimer la séparation des dortoirs dans les internats, des WC dans les lieux publics : intolérable discrimination ! Atteinte à l'unisexe. Ou bien mettre 5 portes suivant les genders. Et s'ils se multiplient ? Avant de pouvoir dire : « bonjour Monsieur, Madame ou Mademoiselle » à quelqu'un, je dois lui demander son gender ? A ton prof : « Vous vous sentez quoi aujourd'hui ? » - « Ah bon… femme ! Alors, bonjour Madame!
»

     De fait, déjà dans les papiers administratifs de Chine et d'autres pays, il faut inscrire son gender. Plus de case pour Homme ou Femme. T'es obligé de jeter à la pâture du public ton orientation sexuelle . Tu ne peux même pas te situer selon ton identité. Intolérable atteinte à la vie privée. Viola de ta stricte intimité. Et si tu changes d'orientation, faut-il changer tous tes papiers ? Et si la police veut contrôler la véracité de ta réponse, comment tu vas prouver ton gender ? Quand c'était encore Homme ou Femme, au moins, c'était facile.

      Non, mais ça va pas la tête ?

Daniel Ange.

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Gender: l'homme et la femme, ça n'existe plus ?!

16 Novembre 2011, 05:27am

Publié par Father Greg

 

 

miller-j-howard-we-can-do-it-rosie-the-riveter.jpgÇa y est, ça débarque en Europe. Et par la grande porte ! Tenez-vous bien. Accrochez-vos ceintures : l'homme et la femme, figurez-vous, ça n'existe plus ! 

     Malgré quelques minuscules différences anatomiques, cette distinction est purement arbitraire…. accidentelle, mieux culturelle ! Simple phénomène de société, construction sociale, produit de l'imagination lié à une culture phallique, paternaliste, mysogine.

   La sexualité étant ainsi indéterminée, il faut d'urgence changer ces comportements sexuels liés à une morale anachronique. Viser l'auto-construction de soi, d'après l'environnement psycho-social. Bref, vraie « transgression anthropologique de la différence sexuelle où la pulsion prend le pas sur l'identité. » 

Paradoxe : on prône le gender soi-disant pour libérer la femme de la domination masculine (women empowerment), mais finalement la femme, en tant que femme, disparaît. On se bat donc pour… rien ! On élimine ce qu'on prétend défendre !


     Non ! Mais, ça va pas la tête ?   Les coupables ? Juifs et chrétiens évidemment ! Tout comme ils sont aussi coupables de tous les dérèglements climatiques de la planète, car c'est à cause de la Bible que l'homme a dominé, donc exploité, saccagé, violenté Gaïa, la déesse Nature (Et les catas en Chine ? Faute aux chrétiens ?). Il faut donc s'en venger : détrôner cet être infâme et rétablir la justice en sacralisant l'animal qui, évidemment, a infiniment plus de valeur que l'homme. L'embryon-grenouille est à protéger. L'embryon humain : à éliminer (théorie de Spencer ).


     Il n'y a qu’eux les chrétiens pour avoir inventé une thèse aussi stupide : l'humanité se répartit en pôles masculin et féminin.


     Preuve : la Bible le dit. Non mais !…Comme si Chinois, Indiens, Incas, Egyptiens, Hindouistes, Bouddhistes, Musulmans ne savaient pas depuis des millénaires ce qu'est un homme et une femme ! Lisez Confucius !


      Bref, voilà donc toute la race humaine qui doit se construire non sur deux fondements déjà millénaires, intangibles incontestables, indiscutables, objectivement et scientifiquement prouvables mais sur les sables sans cesse mouvants des inclinations, orientations, désirs des individus et qui peuvent être successifs, alternatifs. Je puis changer d'orientation comme je veux, quand je veux selon le plaisir physique que j'en éprouve. Bref, sexe à la carte. C'est la dictature du comportement sexuel polymorphe .


Car variant suivant l'âge, la maturité, la culture, les diktats des lobbies tout puissants fabriquant la soi-disant opinion publique. Et ces genders, pourquoi les limiter ? D'ailleurs, vous en annoncez d'autres. Lesquels ? Certains sont physiquement attirés par des… animaux. Des garçons éjaculent sur une moto, à cheval ou en voiture. Super ! Des genders de plus ! Le choix s'élargit. Et pourquoi pas – sursautez ! –un jour la … pédophilie ! Il faut respecter cette pulsion, non ? Pour l'enfant, c'est une formidable expérience initiatrice, comme on l'affirmait voici 40 ans. Ce tabou-là, on le fera bien sauter puisque seul compte mon désir, mon choix, mon orientation.

   

Eh bien ! Sachez-le, pauvres gendersphiles : que vous le vouliez ou non : on ne se fabrique pas garçon ou fille, homme ou femme ne sont pas des clones. Qu'on se le dise !

Daniel Ange.


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Craindre la mort...

15 Novembre 2011, 05:10am

Publié par Father Greg

 

 

Pieter_-Claesz_-1598-1661_-Nature_-morte_a_la_vanite.jpgPourquoi éprouvons-nous de la crainte face à la mort? Pourquoi une grande partie de l’humanité ne s’est-elle jamais résignée à croire qu’au-delà de la mort, il n’y pas simplement le néant? Je dirais qu’il existe de multiples réponses: nous éprouvons une crainte face à la mort car nous avons peur du néant, de ce départ vers quelque chose que nous ne connaissons pas, qui nous est inconnu. Il existe alors en nous un sentiment de rejet parce que nous ne pouvons pas accepter que tout ce qui a été réalisé de beau et de grand au cours d’une existence tout entière soit soudain effacé, tombe dans l’abîme du néant. Et surtout, nous sentons que l’amour appelle et demande l’éternité et qu’il n’est pas possible d’accepter que cela soit détruit par la mort en un seul moment.

 

De plus, nous éprouvons de la crainte à l’égard de la mort car, lorsque nous nous trouvons vers la fin de notre existence, on perçoit qu’un jugement est exercé sur nos actions, sur la façon dont nous avons mené notre vie, surtout sur les zones d’ombre que nous savons souvent habilement éliminer ou que nous nous efforçons d’effacer de notre conscience. Je dirais que c’est précisément la question du jugement qui est souvent à l’origine de la préoccupation de l’homme de tous les temps pour les défunts, de l’attention pour les personnes qui ont compté pour lui et qui ne sont plus à ses côtés sur le chemin de la vie terrestre. Dans un certain sens, les gestes d’affection et d’amour qui entourent le défunt sont une façon de le protéger dans cette conviction qu’ils ne demeurent pas sans effet sur le jugement. C’est ce que nous pouvons constater dans la majorité des cultures qui caractérisent l’histoire de l’homme.

 

 

Aujourd’hui, le monde est devenu, tout au moins en apparence, beaucoup plus rationnel, ou mieux, la tendance s’est diffusée de penser que chaque réalité doit être affrontée avec les critères de la science expérimentale, et qu’également à la grande question de la mort on ne doit pas tant répondre avec la foi, mais en partant de connaissances expérimentables, empiriques. On ne se rend cependant pas suffisamment compte que, précisément de cette manière, on a fini par tomber dans des formes de spiritisme, dans la tentative d’avoir quelque contact avec le monde au-delà de la mort, presque en imaginant qu’il y existe une réalité qui, à la fin, serait une copie de la réalité présente.

Chers amis, la solennité de la Toussaint et la commémoration de tous les fidèles défunts nous disent que seul celui qui peut reconnaître une grande espérance dans la mort, peut aussi vivre une vie à partir de l’espérance. Si nous réduisons l’homme exclusivement à sa dimension horizontale, à ce que l’on peut percevoir de manière empirique, la vie elle-même perd son sens profond. L’homme a besoin d’éternité et tout autre espérance est trop brève, est trop limitée pour lui. L’homme n’est explicable que s’il existe un Amour qui dépasse tout isolement, même celui de la mort, dans une totalité qui transcende aussi l’espace et le temps. L’homme n’est explicable, il ne trouve son sens profond, que s’il y a Dieu. Et nous savons que Dieu est sorti de son éloignement et s’est fait proche, qu’il est entré dans notre vie et nous dit: «Je suis la résurrection et la vie. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais» (Jn 11, 25-26).

 

Pensons un moment à la scène du Calvaire et écoutons à nouveau les paroles que Jésus, du haut de la Croix, adresse au malfaiteur crucifié à sa droite: «En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis» (Lc 23, 43). Pensons aux deux disciples sur la route d’Emmaüs, quand, après avoir parcouru un bout de chemin avec Jésus ressuscité, ils le reconnaissent et partent sans attendre vers Jérusalem pour annoncer la Résurrection du Seigneur (cf. Lc 24, 13-35). Les paroles du Maître reviennent à l’esprit avec une clarté renouvelée: «Que votre cœur ne se trouble pas! Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures; sinon, je vous l'aurais dit; je vais vous préparer une place» (Jn 14, 1-2). Dieu s’est vraiment montré, il est devenu accessible, il a tant aimé le monde «qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle» (Jn 3, 16), et dans l’acte d’amour suprême de la Croix, en se plongeant dans l’abîme de la mort, il l’a vaincue, il est ressuscité et nous a ouvert à nous aussi les portes de l’éternité. Le Christ nous soutient à travers la nuit de la mort qu’Il a lui-même traversée; il est le Bon Pasteur, à la direction duquel on peut se confier sans aucune crainte, car Il connaît bien la route, même dans l’obscurité.


Chaque dimanche, en récitant le Credo, nous réaffirmons cette vérité. Et en nous rendant dans les cimetières pour prier avec affection et avec amour pour nos défunts, nous sommes invités, encore une fois, à renouveler avec courage et avec force notre foi dans la vie éternelle, ou mieux, à vivre avec cette grande espérance et à la témoigner au monde: derrière le présent, il n’y a pas le néant. C’est précisément la foi dans la vie éternelle qui donne au chrétien le courage d’aimer encore plus intensément notre terre et de travailler pour lui construire un avenir, pour lui donner une espérance véritable et sûre. Merci.

Benoit XVI, commémoration des défunts.

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Bonne nouvelle : Le Vatican en a marre des curés "sans saveur"

14 Novembre 2011, 05:05am

Publié par Father Greg

 

 

Portrait_of_Archbishop_William_Henry_Elder_1903.jpgLes curés sont majoritairement prévisibles, ennuyeux, transparents. Ils font fuir les fidèles. Cette constatation d'une évidence, c'est Le Vatican lui-même qui la dresse, c'est-à-dire Benoît XVI. C'est donc une bonne nouvelle. Les prêches des prêtres catholiques sont devenus souvent "incolores, inodores et sans saveur, au point d'être désormais tout à fait insignifiants", vient de dénoncer le cardinal Gianfranco Ravasi, responsable de la culture au Vatican. Selon l'AFP, le cardinal italien a invité les prédicateurs à prendre en compte les nouveaux langages pour capter l'attention des fidèles et aussi à ne pas craindre "le scandale" que crée la parole de la Bible. "Nous devons retrouver cette dimension de la parole qui offense, qui inquiète, qui juge", a-t-il affirmé. Il a aussi invité les prêtres à suivre "la révolution dans la communication". Il explique: "L'information télévisée et informatique demande à être incisif, de recourir à l'essentiel, à la couleur, à la narration".

 

Cet aveu d'un conformisme ecclésiastique est évidemment bien tardif, en regard des avancées de la déchristianisation et de la lassitude de nombreux catholiques (dont je suis) face à un clergé pusillanime et politiquement correct, même si je sais qu'il abrite de belles et courageuses personnalités qui œuvrent le plus souvent dans l'ombre. Cependant, le mea culpa est désormais assumé par l'Eglise et cette contrition est un pas important qui vient d'être franchi. Il est piquant de constater que c'est sous l'influence d'un pape plutôt malhabile dans la communication de masse que Le Vatican a décidé de moderniser sa manière de s'adresser aux gens. Reste que cet appel à rendre plus consistantes les prédications dans les églises n'est qu'un retour aux sources du catholicisme et aux méthodes employées par Jésus lui-même, souvent construites sur la provocation et l'exagération.


Dans un livre remarquablement documenté sur Jésus (1), l'historien Jean-Christian Petitfils rappelle notamment ce que fut l'intransigeance du Christ, sa violence verbale parfois, et son goût pour le style apocalyptique. "On se tromperait, écrit Petitfils, en en faisant un doux missionnaire ou un débonnaire professeur de morale (le Jésus sulpicien!). C’est un prophète authentique qui crie, invective, lance de cinglantes diatribes". Jésus ne craint pas le style provoquant, quand il dit ne pas apporter la paix mais "le glaive". Il jette l'anathème sur ceux qui ont refusé son message ou pour secouer les foules de leur torpeur spirituelle. Il prend à partie ses adversaires: "Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites (...), serpents, engeance de vipères!". C'est pourtant le même Jésus qui, "compatissant, empli d'une infinie miséricorde, appelle à lui toutes les victimes, tous les blessés de la vie", note l'historien. "Il ne cherche pas à instaurer son règne par la force".

Aux prêtres et aux évêques d'être à la hauteur de leur mission, en cessant d'être des robinets d'eau tiède et des enfonceurs de portes ouvertes. Il y a urgence.

Par Ivan Rioufol  © www.lefigaro.fr

 

(1) Jésus, de Jean-Christian Petifils, Fayard

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Entre dans la joie...!!!

13 Novembre 2011, 05:00am

Publié par Father Greg

 

« Tu as été fidèle pour peu de choses... entre dans la joie de ton maître »

 

800px-August Macke 027   Qu’est-ce qui nous empêche d’entrer dans la Joie, de nous laisser prendre par Sa joie ? Le troisième serviteur -qui n'a plus que ses yeux pour pleurer- nous manifeste ce refus terrible, cette tentation d'un repli sur soi tel que ça l'empêche d'être saisi par la joie de Dieu.

 

Pourtant, quel mal a-t-il fait ?! Aucun..., et même, il rend à son maître la somme exacte qui lui a été confiée... mais précisément, ce n’est pas une somme qui a été « confiée » ! Mais lui en est resté à quelque chose qui se mesure, qui se calcule ; il regarde Dieu comme un juge qui attend de nous des résultats ! Et donc il calcule : pas de prise de risque ! Il veut être nickel chrome ! Sans tache et sans défaut : et ça, c’est complètement stérile !!! Malheur aux « purs » !

 

C’est quoi ce talent qui nous est d’abord confié ? C’est justement la confiance du maitre pour nous ! Le mot « confier » revient constamment dans cet évangile : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens »... et à son retour, au moment des comptes, les deux premiers serviteurs lui disent « tu m'as confié cinq talents, (deux talents)... J'en ai gagné autant… » « Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ».

 

Le maître nous demande une confiance aveugle, folle, irrationnelle. C'est cela que Jésus réclame de nous ! Dieu nous fait confiance ; il nous associe à ses affaires, c'est-à-dire à son don, chacun selon nos capacités ; cette expression « chacun selon ses capacités » devrait sinon nous rassurer, au moins nous empêcher de nous comparer. Il ne s'agit pas de nous culpabiliser de ce que nous n'avons pas su faire ; d'ailleurs, le maître n'entre pas dans le détail des comptes avec les deux premiers ; Il n’a pas un projet tyrannique ou idéal sur nous ; Il réclame que nous soyons fous, comme lui est fou de confiance envers nous, et ça, c’est nécessairement fécond !

 

Vivre de Jésus qui nous fait confiance entraine nécessairement nos initiatives, des risques même : de choisir d’aller jusqu’au bout de cette confiance. Il nous a confié à chacun son don, son œuvre propre, qui a multiples facettes ! Les deux premiers serviteurs ont doublé la somme, en prenant le risque de tout perdre. Tandis que le troisième ne risquait pas de perdre quoi que ce soit : il s’est figé dans sa peur, il a interprété la parole du maître, et croyant avoir tout compris, il a jaugé son patron et décidé qu'il ne prendrait pas de risques, pour être sûr du résultat ! Il a eu peur !


      Nous ne sommes pas appelés à réussir, mais à être fidèles à sa confiance sur nous ! Dieu a foi en nous ! Il croit en nous dans même les plus petites choses ! Même dans ma médiocrité et mes failles ! Même si je me sens comme à la dérive, à moi de me donner entièrement à lui. Et c'est là que je suis possédé par la joie, Sa joie! Grâce à cette confiance constante, à cause de Sa foi en moi!


Les deux premiers serviteurs ont cru à la confiance qui leur était faite, et qui était énorme, puisque cinq talents, ou deux (ou même seulement un talent), ce sont des sommes considérables et ils ont osé prendre des initiatives, le risque de tomber.

 

Jésus nous confie l'Eglise, c’est-à-dire tous les hommes ‘en attente’ du royaume ;  aussi nous faut-il mendier de toucher cette confiance de Jésus sur nous qui veut qu’on le transmette, qu’on rende manifeste sa lumière et son don à chacun. Et, il attend  que l’on prenne les initiatives qui seront les nôtres : « Je vous ai choisis pour que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn 15, 16). Et nous n'avons pas à avoir peur car « de crainte, il n'y en a pas dans l'amour. » (1 Jn 4, 18).

 

Fr Grégoire.

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Place de la femme...

12 Novembre 2011, 05:39am

Publié par Father Greg

 

 

aphrodite_2.jpgLa différence entre les hommes et les femmes n’est pas une affaire de sexe mais de place. L’homme est celui qui se tient à sa place d’homme, qui s’y tient avec lourdeur, avec sérieux, bien au chaud dans sa peur. La femme c’est celle qui ne tient dans aucune place, pas même la sienne, toujours disparue dans l’amour qu’elle appelle, qu’elle appelle, qu’elle appelle.

 

Cette différence serait désespérante si elle ne pouvait être franchie à tout instant. L’homme qui ne sait des femmes que la crainte qu’elles lui inspirent et qui donc n’en sait  rien, l’homme a cependant un début de lumière, un fragment de ce qu’est Dieu, dans sa mélancolie du rire des femmes, dans sa nostalgie invincible d’un visage éclairé d’insouciance. Il est toujours possible pour un homme de rejoindre le camp des femmes, le rire de Dieu. Il suffit d’un mouvement,   un seul mouvement pareil à ceux qu’en ont les enfants quand ils se jettent en avant de toutes leurs forces, sans crainte de tomber ou mourir, oubliant le poids du monde. Un homme qui ainsi sort de lui-même, de sa peur, négligeant cette pesanteur du sérieux qui est pesanteur du passé, un tel homme devient comme celui qui ne tient plus en place, qui ne croit plus aux fatalités dictées par le sexe, aux hiérarchies imposées par la loi ou la coutume : un enfant ou un saint, dans la proximité  riante de Dieu- et des femmes. Et  sur ce point  l’Eglise de Rome se sépare de toutes les autres : nul plus que le Christ n’a tourné son visage vers les femmes, comme on tourne ses regards vers un feuillage, comme on se penche sur une eau de rivière pour y puiser force et goût de poursuivre le chemin.

 

Les femmes sont dans la Bible presque aussi nombreuses que les oiseaux. Elles sont là au début et elles sont là à la fin. Elles mettent le Dieu au jour, elles le regardent grandir, jouer et mourir, puis elles le ressuscitent avec les gestes simples de l’amour fou, les mêmes gestes depuis le début du monde, dans les cavernes de la préhistoire comme dans les chambres surchauffées des maternités.

 

                                                                                              Christian Bobin  « Le Très-Bas »

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L'homme qui cherche vraiment Dieu, aime la paix (II)

11 Novembre 2011, 05:14am

Publié par Father Greg

 

 

Rome-clarifie-les-objectifs-de-la-prochaine-rencontre-d-Ass.jpgSi une typologie fondamentale de violence est aujourd’hui motivée religieusement, mettant ainsi les religions face à la question de leur nature et nous contraignant tous à une purification, une seconde typologie de violence, à l’aspect multiforme, a une motivation exactement opposée : c’est la conséquence de l’absence de Dieu, de sa négation et de la perte d’humanité qui va de pair avec cela. Les ennemis de la religion – comme nous l’avons dit – voient en elle une source première de violence dans l’histoire de l’humanité et exigent alors la disparition de la religion. Mais le « non » à Dieu a produit de la cruauté et une violence sans mesure, qui a été possible seulement parce que l’homme ne reconnaissait plus aucune norme et aucun juge au-dessus de lui, mais il se prenait lui-même seulement comme norme. Les horreurs des camps de concentration montrent en toute clarté les conséquences de l’absence de Dieu.

 

  Toutefois, je ne voudrais pas m’attarder ici sur l’athéisme prescrit par l’État ; je voudrais plutôt parler de la « décadence » de l’homme dont la conséquence est la réalisation, d’une manière silencieuse et donc plus dangereuse, d’un changement du climat spirituel. L’adoration de l’argent, de l’avoir et du pouvoir, se révèle être une contre-religion, dans laquelle l’homme ne compte plus, mais seulement l’intérêt personnel. Le désir de bonheur dégénère, par exemple, dans une avidité effrénée et inhumaine qui se manifeste dans la domination de la drogue sous ses diverses formes. Il y a les grands, qui avec elle font leurs affaires, et ensuite tous ceux qui sont séduits et abîmés par elle aussi bien dans leur corps que dans leur esprit. La violence devient une chose normale et menace de détruire dans certaines parties du monde notre jeunesse. Puisque la violence devient une chose normale, la paix est détruite et dans ce manque de paix l’homme se détruit lui-même.


L’absence de Dieu conduit à la déchéance de l’homme et de l’humanisme. Mais où est Dieu ? Le connaissons-nous et pouvons-nous Le montrer de nouveau à l’humanité pour fonder une vraie paix ? Résumons d’abord brièvement nos réflexions faites jusqu’ici. J’ai dit qu’il existe une conception et un usage de la religion par lesquels elle devient source de violence, alors que l’orientation de l’homme vers Dieu, vécue avec droiture, est une force de paix. Dans ce contexte, j’ai renvoyé à la nécessité du dialogue, et j’ai parlé de la purification, toujours nécessaire, de la religion vécue. D’autre part, j’ai affirmé que la négation de Dieu corrompt l’homme, le prive de mesures et le conduit à la violence.

À côté des deux réalités de religion et d’anti-religion, il existe aussi, dans le monde en expansion de l’agnosticisme, une autre orientation de fond : des personnes auxquelles n’a pas été offert le don de pouvoir croire et qui, toutefois, cherchent la vérité, sont à la recherche de Dieu. Des personnes de ce genre n’affirment pas simplement : « Il n’existe aucun Dieu ». Elles souffrent à cause de son absence et, cherchant ce qui est vrai et bon, elles sont intérieurement en marche vers Lui. Elles sont « des pèlerins de la vérité, des pèlerins de la paix ». Elles posent des questions aussi bien à l’une qu’à l’autre partie. Elles ôtent aux athées militants leur fausse certitude, par laquelle ils prétendent savoir qu’il n’existe pas de Dieu, et elles les invitent à devenir, plutôt que polémiques, des personnes en recherche, qui ne perdent pas l’espérance que la vérité existe et que nous pouvons et devons vivre en fonction d’elle. Mais elles mettent aussi en cause les adeptes des religions, pour qu’ils ne considèrent pas Dieu comme une propriété qui leur appartient, si bien qu’ils se sentent autorisés à la violence envers les autres. Ces personnes cherchent la vérité, elles cherchent le vrai Dieu, dont l’image dans les religions, à cause de la façon dont elles sont souvent pratiquées, est fréquemment cachée. Qu’elles ne réussissent pas à trouver Dieu dépend aussi des croyants avec leur image réduite ou même déformée de Dieu. Ainsi, leur lutte intérieure et leur interrogation sont aussi un appel pour nous les croyants, pour tous les croyants, à purifier leur propre foi, afin que Dieu – le vrai Dieu – devienne accessible. C’est pourquoi, j’ai invité spécialement des représentants de ce troisième groupe à notre rencontre à Assise, qui ne réunit pas seulement des représentants d’institutions religieuses. Il s’agit plutôt de se retrouver ensemble dans cet être en marche vers la vérité, de s’engager résolument pour la dignité de l’homme et de servir ensemble la cause de la paix contre toute sorte de violence destructrice du droit.

En conclusion, je voudrais vous assurer que l’Église catholique ne renoncera pas à la lutte contre la violence, à son engagement pour la paix dans le monde. Nous sommes animés par le désir commun d’être « des pèlerins de la vérité, des pèlerins de la paix ». Je vous remercie.


Benoit XVI, Assise, Oct 2011.


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L'homme qui cherche vraiment Dieu, aime la paix

10 Novembre 2011, 05:06am

Publié par Father Greg

Francois_d_Assise_Fresque_2.jpgChers frères et sœurs, Responsables et Représentants des Églises et des Communautés ecclésiales et des Religions du monde, Chers amis,

Vingt-cinq années se sont écoulées depuis que le bienheureux Pape Jean-Paul II a invité pour la première fois des représentants des religions du monde à Assise pour une prière pour la paix. Que s’est-il passé depuis ? Où en est aujourd’hui la cause de la paix ? Alors la grande menace pour la paix dans le monde venait de la division de la planète en deux blocs s’opposant entre eux. Le symbole visible de cette division était le mur de Berlin qui, passant au milieu de la ville, traçait la frontière entre deux mondes. En 1989, trois années après Assise, le mur est tombé – sans effusion de sang. Subitement, les énormes arsenaux, qui étaient derrière le mur, n’avaient plus aucune signification. Ils avaient perdu leur capacité de terroriser. La volonté des peuples d’être libres était plus forte que les arsenaux de la violence. La question des causes de ce renversement est complexe et ne peut trouver une réponse dans de simples formules. Mais à côté des faits économiques et politiques, la cause la plus profonde de cet événement est de caractère spirituel : derrière le pouvoir matériel il n’y avait plus aucune conviction spirituelle. La volonté d’être libres fut à la fin plus forte que la peur face à la violence qui n’avait plus aucune couverture spirituelle. Nous sommes reconnaissants pour cette victoire de la liberté, qui fut aussi surtout une victoire de la paix. Et il faut ajouter que dans ce contexte il ne s’agissait pas seulement, et peut-être pas non plus en premier lieu, de la liberté de croire, mais il s’agissait aussi d’elle. Pour cette raison nous pouvons relier tout cela de quelque façon aussi à la prière pour la paix.

Mais qu’est ce qui est arrivé par la suite ? Malheureusement nous ne pouvons pas dire que depuis lors la situation soit caractérisée par la liberté et la paix. Même si la menace de la grande guerre n’est pas en vue, toutefois, malheureusement, le monde est plein de dissensions. Ce n’est pas seulement le fait que ici et là à maintes reprises des guerres ont lieu – la violence comme telle est potentiellement toujours présente et caractérise la condition de notre monde. La liberté est un grand bien. Mais le monde de la liberté s’est révélé en grande partie sans orientation, et même elle est mal comprise par beaucoup comme liberté pour la violence. La dissension prend de nouveaux et effrayants visages et la lutte pour la paix doit tous nous stimuler de façon nouvelle.


Cherchons à identifier d’un peu plus près les nouveaux visages de la violence et de la dissension. À grands traits – à mon avis – on peut identifier deux typologies différentes de nouvelles formes de violence qui sont diamétralement opposées dans leur motivation et qui manifestent ensuite dans les détails de nombreuses variantes. Tout d’abord il y a le terrorisme dans lequel, à la place d’une grande guerre, se trouvent des attaques bien ciblées qui doivent toucher l’adversaire dans des points importants de façon destructrice, sans aucun égard pour les vies humaines innocentes qui sont ainsi cruellement tuées ou blessées. Aux yeux des responsables, la grande cause de la volonté de nuire à l’ennemi justifie toute forme de cruauté. Tout ce qui dans le droit international était communément reconnu et sanctionné comme limite à la violence est mis hors jeu. Nous savons que souvent le terrorisme est motivé religieusement et que justement le caractère religieux des attaques sert de justification pour la cruauté impitoyable, qui croit pouvoir reléguer les règles du droit en faveur du « bien » poursuivi. Ici la religion n’est pas au service de la paix, mais de la justification de la violence.



La critique de la religion, à partir des Lumières, a à maintes reprises soutenu que la religion fut cause de violence et ainsi elle a attisé l’hostilité contre les religions. Qu’ici la religion motive de fait la violence est une chose qui, en tant que personnes religieuses, doit nous préoccuper profondément. D’une façon plus subtile, mais toujours cruelle, nous voyons la religion comme cause de violence même là où la violence est exercée par des défenseurs d’une religion contre les autres. Les représentants des religions participants en 1986 à Assise entendaient dire – et nous le répétons avec force et grande fermeté : ce n’est pas la vraie nature de la religion. C’est au contraire son travestissement et il contribue à sa destruction. Contre ceci, on objecte : mais d’où savez-vous ce qu’est la vraie nature de la religion ? Votre prétention ne dérive-t-elle pas peut-être du fait que parmi vous la force de la religion s’est éteinte ? Et d’autres objecteront : mais existe-t-il vraiment une nature commune de la religion qui s’exprime dans toutes les religions et qui est donc valable pour toutes ? Nous devons affronter ces questions si nous voulons contester de façon réaliste et crédible le recours à la violence pour des motifs religieux. Ici se place une tâche fondamentale du dialogue interreligieux – une tâche qui doit être de nouveau soulignée par cette rencontre. Comme chrétien, je voudrais dire à ce sujet : oui, dans l’histoire on a aussi eu recours à la violence au nom de la foi chrétienne. Nous le reconnaissons, pleins de honte. Mais il est absolument clair que ceci a été une utilisation abusive de la foi chrétienne, en évidente opposition avec sa vraie nature. Le Dieu dans lequel nous chrétiens nous croyons est le Créateur et Père de tous les hommes, à partir duquel toutes les personnes sont frères et sœurs entre elles et constituent une unique famille. La Croix du Christ est pour nous le signe de Dieu qui, à la place de la violence, pose le fait de souffrir avec l’autre et d’aimer avec l’autre. Son nom est « Dieu de l’amour et de la paix » (2 Co 13, 11). C’est la tâche de tous ceux qui portent une responsabilité pour la foi chrétienne, de purifier continuellement la religion des chrétiens à partir de son centre intérieur, afin que – malgré la faiblesse de l’homme – elle soit vraiment un instrument de la paix de Dieu dans le monde.

 

Benoit XVI, Assise, Octobre 2011.

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Dévorés par l’envie de paraître...

9 Novembre 2011, 05:33am

Publié par Father Greg

 

 

LeonGambetta.jpgFait moral, bizarre, mais vrai, dont la racine est facile à trouver dans le cœur humain. Peut-être certaines gens n’ont-ils plus rien à gagner auprès des personnes avec lesquelles ils vivent ; après leur avoir montré le vide de leur âme, ils se sentent secrètement jugés par elles avec une sévérité méritée ; mais, éprouvant un invincible besoin de flatteries qui leur manquent, ou dévorés par l’envie de paraître posséder les qualités qu’ils n’ont pas, ils espèrent surprendre l’estime ou le cœur de ceux qui leur sont étrangers, au risque d’en déchoir un jour. Enfin il est des individus nés mercenaires qui ne font aucun bien à leurs amis ou à leurs proches, parce qu’ils le doivent ; tandis qu’en rendant service à des inconnus, ils en recueillent un gain d’amour-propre : plus le cercle de leurs affections est près d’eux, moins ils aiment ; plus il s’étend, plus serviables ils sont.

 

 Balzac,  Le père Goriot

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ASSISE 2011 « Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix »

8 Novembre 2011, 05:26am

Publié par Father Greg


 

 

A030609_1.jpgChers frères et sœurs,

 

 «Celui qui est en chemin vers Dieu, ne peut pas ne pas transmettre la paix, celui qui construit la paix ne peut pas ne pas se rapprocher de Dieu».


En tant que chrétiens, nous sommes convaincus que la contribution la plus précieuse que nous puissions apporter à la cause de la paix est celle de la prière. C’est pour cette raison que nous nous retrouvons aujourd’hui, en tant qu’Eglise de Rome, à l’écoute de la Parole de Dieu, pour invoquer avec foi le don de la paix. Le Seigneur peut illuminer notre esprit et nos cœurs et nous guider pour être des artisans de justice et de réconciliation dans nos vies quotidiennes et dans le monde.


Dans le passage du prophète Zacharie, que nous venons d’écouter, a retenti une annonce pleine d’espérance et de lumière (Zc 9, 10). Dieu promet le salut, invite à «exulter avec force» car ce salut est sur le point de se concrétiser. Il parle d’un roi: «Voici que ton roi vient à toi: il est juste et victorieux» (v. 9), mais celui qui est annoncé n’est pas un roi qui se présente avec la puissance humaine, la force des armes; ce n’est pas un roi qui domine par le pouvoir politique et militaire; c’est un roi doux, qui règne par l’humilité et la clémence face à Dieu et les hommes, un roi différent par rapport aux grands souverains du monde: «monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse» (ibid.) Il se manifeste en montant l’animal des personnes simples, du pauvre, en opposition avec les chars de guerre des armées des puissants de la terre. C’est même un roi qui fera disparaître ces chars, retranchera les arcs de guerre, annoncera la paix aux nations (cf. v. 10).


Mais qui est ce roi dont parle le prophète Zacharie? Rendons-nous un moment à Bethléem et écoutons à nouveau ce que l’Ange dit aux pasteurs qui veillent de nuit en montant la garde auprès de leur troupeau. L’Ange annonce une joie qui sera celle du peuple tout entier, liée à un signe de pauvreté: un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche (cf. Lc 2, 8-12). Et la multitude céleste chante: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes objets de sa complaisance!» (v. 14), aux hommes de bonne volonté. La naissance de cet enfant, qui est Jésus, apporte une annonce de paix pour le monde entier. Mais allons également aux moments finaux de la vie du Christ, lorsqu’Il entre dans Jérusalem accueilli par une foule en liesse. L’annonce qu’avait faite le prophète Zacharie de l’avènement d’un roi humble et doux revient à l’esprit des disciples de Jésus de façon particulière après les événements de la passion, de la mort et de la résurrection, du Mystère pascal, lorsqu’ils revinrent avec les yeux de la foi à l’entrée glorieuse du Maître dans la Ville Sainte. Il monte un âne, qu’il a emprunté (cf. Mt 21, 2-7): il n’est pas sur un riche carrosse, il n’est pas à cheval, comme les grands. Il n’entre pas dans Jérusalem accompagné d’une puissante armée de chars et de cavaliers. Il est un roi pauvre, le roi de ceux qui sont les pauvres de Dieu. Dans le texte grec apparaît le terme "praeîs", qui signifie les humbles, les doux; Jésus est le roi des "anawim", de ceux qui ont le cœur libre de la soif de pouvoir et de richesse matérielle, de la volonté et de la recherche de domination sur l’autre. Jésus est le roi de ceux qui ont cette liberté intérieure qui rend capables de surmonter l’avidité, l’égoïsme qui règne dans le monde, et savent que Dieu seul est leur richesse. Jésus est le roi pauvre parmi les pauvres, doux parmi ceux qui veulent être doux. De cette façon, Il est un roi de paix, grâce à la puissance de Dieu, qui est la puissance du bien, la puissance de l’amour. C’est un roi qui fera disparaître les chars et les chevaux de bataille, qui brisera les arcs de guerre; un roi qui réalise la paix sur la Croix, en réunissant la terre et le ciel et en jetant un pont fraternel entre tous les hommes. La Croix est le nouvel arc de paix, signe et instrument de réconciliation, de pardon, de compréhension, signe que l’amour est plus fort que toute violence et que toute oppression, plus fort que la mort: le mal se vainc par le bien, par l’amour.

Tel est le nouveau royaume de paix dans lequel le Christ est roi; il s’agit d’un royaume qui s’étend sur toute la terre. Le prophète Zacharie annonce que ce roi doux, pacifique, dominera «de la mer à la mer et du fleuve aux extrémités de la terre» (Za 9, 10). Le royaume que le Christ inaugure a des dimensions universelles. L’horizon de ce roi pauvre, doux, n’est pas celui d’un territoire, d’un Etat, mais ce sont les extrémités du monde; au-delà de toute barrière de race, de langue, de culture. Il crée la communion, il crée l’unité. Et où voyons-nous se réaliser aujourd’hui cette annonce? Dans le grand réseau des communautés eucharistiques qui s’étend sur toute la terre réapparaît de façon lumineuse la prophétie de Zacharie. C’est une grande mosaïque de communautés dans lesquelles est présent le sacrifice d’amour de ce roi doux et pacifique; c’est la grande mosaïque qui constitue le «Royaume de paix» de Jésus de la mer à la mer jusqu’aux extrémités du monde; il s’agit d’une multitude d’«ilots de paix» qui irradient la paix. Partout, dans chaque situation, dans chaque culture, des grandes villes avec leurs immeubles, jusqu’aux petits villages avec leurs humbles demeures, des immenses cathédrales aux petites chapelles, Il vient, il est présent; et en entrant en communion avec Lui, les hommes eux aussi sont unis entre eux en un unique corps, surmontant la division, les rivalités, les rancœurs. Le Seigneur vient dans l’Eucharistie pour nous arracher à notre individualisme, à nos particularismes qui excluent les autres, pour ne faire de nous qu’un seul corps, un seul royaume de paix dans un monde divisé.

Mais comment pouvons-nous construire ce royaume de paix dont le Christ est le roi? Le commandement qu’Il laisse à ses apôtres et, à travers eux, à nous tous est: «Allez donc, de toutes nations faites des disciples... Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde» (Mt 28, 19). Comme Jésus, les messagers de paix de son royaume doivent se mettre en marche, doivent répondre à son invitation. Ils doivent partir, mais pas avec la puissance de la guerre ou avec la force du pouvoir. Dans le passage de l’Evangile que nous avons écouté, Jésus envoie soixante-douze disciples à la grande moisson qu’est le monde, en les invitant à prier le Maître de la moisson pour que les ouvriers ne manquent jamais à sa moisson (cf. Lc 10, 1-3); cependant il ne les envoie pas avec des moyens puissants, mais bien «comme des agneaux au milieu des loups» (v. 3), sans bourse, besace, ni sandales (cf. v. 4). Saint Jean Chrysostome, dans l’une de ses homélies, commente: «Tant que nous serons des agneaux, nous vaincrons et, même si nous sommes entourés par de nombreux loups, nous réussiront à les vaincre. Mais si nous devenons des loups, nous serons vaincus, car nous serons privés de l’aide du pasteur» (Homélie 33, 1: PG 57, 389). Les chrétiens ne doivent jamais céder à la tentation de devenir des loups parmi les loups; ce n’est pas avec le pouvoir, avec la force, avec la violence que le royaume de paix du Christ s’étend, mais avec le don de soi, avec l’amour porté à l’extrême, même à l’égard de ses ennemis. Jésus ne vainc pas le monde avec la force des armes, mais avec la force de la Croix, qui est la véritable garantie de la victoire. Et cela a pour conséquence pour celui qui veut être un disciple du Seigneur, son envoyé, d’être également prêt à la passion et au martyre, à perdre sa vie pour Lui, afin que dans le monde triomphent le bien, l’amour, la paix. Telle est la condition pour pouvoir dire, en entrant dans chaque réalité: «Paix à cette maison!» (Lc 10, 5).

 

Devant la basilique Saint-Pierre se trouvent deux grandes statues des saints Pierre et Paul, facilement identifiables: saint Pierre tient les clefs dans sa main, saint Paul, en revanche, tient une épée à la main. Celui qui ne connaît pas l’histoire de ce dernier pourrait penser qu’il s’agit d’un grand condottiere qui a guidé de puissantes armées et qui, avec son épée, à soumis des peuples et des nations, parvenant à la célébrité et à la richesse avec le sang des autres. C’est en revanche exactement le contraire: l’épée qu’il tient entre les mains est l’instrument avec lequel Paul fut mis à mort, avec lequel il subit le martyre et répandit son propre sang. Sa bataille ne fut pas celle de la violence, de la guerre, mais celle du martyre pour le Christ. Son unique arme fut précisément l’annonce de «Jésus Christ et du Christ crucifié» (1 Co 2, 2). Sa prédication ne se fonda pas sur «des discours persuasifs de la sagesse; c'était une démonstration d'Esprit et de puissance» (v. 4). Il consacra sa vie à apporter le message de réconciliation et de paix de l’Evangile, prodiguant toutes ses énergies pour le faire retentir jusqu’aux extrémités de la terre. Et telle a été sa force: il n’a pas cherché une vie tranquille, commode, loin des difficultés, des contrariétés, mais il s’st consumé pour l’Evangile, il a donné tout son être sans réserves, et il est ainsi devenu le grand messager de la paix et de la réconciliation du Christ. L’épée que saint Paul tient entre les mains rappelle également la puissance de la vérité, qui souvent peut blesser, peut faire mal; l’apôtre est resté fidèle jusqu’au bout à cette vérité, il l’a servie, il a souffert pour celle-ci, il a donné sa vie pour elle. Cette même logique vaut également pour nous, si nous voulons être des annonciateurs du royaume de paix annoncé par le prophète Zacharie et réalisé par le Christ: nous devons être disposés à payer de notre personne, à souffrir en première personne l’incompréhension, le refus, la persécution. Ce n’est pas l’épée du conquérant qui construit la paix, mais l’épée de celui qui souffre, de celui qui sait donner sa vie.


Chers frères et sœurs, en tant que chrétiens nous voulons invoquer de Dieu le don de la paix, nous voulons le prier de faire de nous les instruments de sa paix dans un monde encore déchiré par la haine, par les divisions, les égoïsmes, les guerres, nous voulons lui demander que la rencontre de demain à Assise favorise le dialogue entre personnes de différente appartenance religieuse et apporte un rayon de lumière capable d’illuminer l’esprit et le cœur de tous les hommes, afin que la rancœur cède la place au pardon, la division à la réconciliation, la haine à l’amour, la violence à la douceur, et que la paix règne dans le monde. Amen.

Benoit XVI, Octobre 2011.

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Cher père Philippe...

7 Novembre 2011, 05:19am

Publié par Father Greg

 

 

 

13-02-2006---ST-PIERRE-DE-ROME---Pere-Prechant.jpgCher père Philippe. Plus intimement encore, cher père Marie-Do. Pour qui l’a connu, comment ne pas être fasciné ? Puis, une fois passée la fascination première, comment ne pas entrer dans l’amitié d’âme qu’il suscitait ?


Il y a des êtres doués pour l’amitié. Il était de ceux-là. Quelques rencontres suffisaient et tout était joué. Il pouvait s’écouler des années avant que les circonstances ne vous réunissent, un rendez-vous, un entretien. C’était comme si vous vous étiez quittés la veille. Il pointait un doigt en votre direction, riait, et c’était reparti. On ne peut s’empêcher d’en conclure que l’intelligence est pour beaucoup dans l’amitié… et que l’amitié est pour beaucoup dans l’intelligence des êtres.

 

Tout son enseignement d’ailleurs pourrait se ramener à cette double influence : celle de l’intelligence sur l’amitié et celle de l’amitié sur l’intelligence.

 

C’est chez les anciens et plus spécialement chez Aristote que le philosophe en lui – n’ayant par ailleurs négligé aucune enquête à travers le temps et recueilli le point de vue original de chacun - avait puisé cette expérience au large spectre que seuls offrent les Grecs, inventeurs (ou découvreurs) de la sagesse philosophique ; c’est de leur fréquentation assidue qu’il avait tiré cette conviction et cet art de vivre.

Mais, direz-vous, et la Révélation ? Et la foi ? La foi avait tout pris chez lui ; tout brûlé pourrait-on dire, mais là encore il fallait découvrir le moteur intime de l’homme de Dieu qu’il était. Ce moteur, c’est quelqu’un : le Christ crucifié et glorifié.

 

Certes, comme disciple d’Aristote, il savait mettre en valeur le désir naturel de Dieu et la contemplation des principes les plus élevés. Il l’obtenait cependant à partir d’un sarclage obstiné et de l’humble découverte de la nature des choses (causalité selon la forme : "ceci") puis de leur acte d’existence (causalité selon la fin : "est"), ici synthétisés dans le jugement d’existence que porte tout un chacun sur ce qu’il expérimente : "ceci est".

 

Il en parlait comme personne et vous mettait en appétit. Puis, une fois proche des sommets, il savait montrer que les deux axes de la philosophie du "Maître de ceux qui savent" (dixit saint Thomas d’Aquin à propos d’Aristote), sa métaphysique et son éthique, avaient la même fin à la fois contemplative et amicale ; qu’elles procédaient toutes deux du même désir humain : "Tout homme désire naturellement savoir" (Première phrase de la « Philosophie première » ou métaphysique d’Aristote), et : "Le bonheur est ce que tous désirent» (Première phrase de « l’Éthique à Nicomaque » ou morale d’Aristote). Il n’y a pas de doute que déjà comme philosophe et comme homme Marie Dominique Philippe était un homme de désir, tout fasciné par la fin, et qu’il savait l’éveiller chez son auditeur.

 

Alors, et l’homme de Dieu, et le religieux dominicain, le prêtre du Christ, le fils de Dieu, le fils de l’Église ? Même orientation, sublimée et soutenue par la Personne et la grâce attractive du Christ : celle d’un désir insatiable devenu soudain responsable de lui-même et d’autrui, perceptible à travers sa prédication, et, plus que tout, le désir d’union au Christ et, par lui, à la Trinité bienheureuse. Saint Jean, le plus perspicace des disciples de Jésus selon saint Thomas, l’y portait comme par une affinité secrète : "ce que nous avons vu du Verbe de Dieu, ce que nos mains ont touché…’’ (I Jn. 1. 1-5). Ici, l’homme exceptionnel, l’être puissamment intelligent, l’ami présent et pertinent qu’il était, apparaissait comme le plus pauvre parmi les pauvres, à la fois lumineux et modeste : un transmetteur, un petit agneau aux pieds de l’Agneau Immolé. Il restait un maître, certes, mais attentif au lien intérieur qui l’unissait au Christ. C’était visible jusque dans son attitude, il était comme physiquement blotti contre son Maître et Seigneur.

Mais cet agneau transi n’était pas pour autant médiocre. On ne se refait pas. Le père Philippe était "classe". Il avait horreur de la médiocrité. Tout ce qui était en lui il le mettait en œuvre, le répandait, le diffusait sans relâche. Tout ce qui était à sa portée, il en faisait de l’or !

 

Le dominicain aura prêché sans désemparer, le philosophe travaillé comme personne, le théologien médité sans cesse et remis sur le métier (Pères de l’Église, saint Thomas d’Aquin), l’auteur spirituel aura scruté les Saintes Écritures et les saints auteurs, le maître aura soulevé tout une jeunesse. Il attirait parce qu’il répandait. On se rendait à son cours comme on va à un rendez-vous amoureux.

Il est frappant, par exemple, de lire la retraite qu’il a faite sur sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Les citations pullulent et coulent naturellement dans ses instructions : c’est à une véritable assimilation filiale qu’il s’est d’abord livré pour en redonner la moelle. Il se mettait comme en dessous d’abord, cherchait l’intention, ce qu’avait voulu dire l’auteur, puis faisait émerger la saillie lumineuse, le trait de génie et ses multiples implications théologiques et mystiques (la mystique a trait à ce qui relève de l’union aimante et théologale avec Jésus). Il aimait chez la sainte sa capacité d’aller à l’essentiel et voyait y dominer parmi les dons connexes du Saint-Esprit le don d’intelligence.

 

Car le Père Marie-Dominique Philippe avait l’esprit filial et c’est peut-être ce qui frappe le plus chez lui. Il parlait de saint Thomas, son frère en religion, en véritable disciple mais aussi comme un fils attentif à traduire sa pensée, toujours en état de découverte, toujours renaissant aux choses avec son maître. Il aimait la trinité dominicaine : saint Dominique le père, source cachée, saint Thomas d’Aquin le fils expressif et le témoin, enfin sainte Catherine de Sienne l’esprit fécond. Que d’inventivité filiale chez lui !

Il était fidèle par le cœur. Un jour mémorable pour moi, il me dit avec une sorte d’ardeur l’amitié qu’il avait conservée pour Monseigneur Lefèbvre : “J’ai traversé la rue à Fribourg pour lui faire une accolade et lui dire que je l’aimais toujours beaucoup. Il était ému aux larmes”. Puis il ajouta : “Parlez-moi plutôt de lui”, après avoir évoqué la récente visite du Supérieur Général de la Fraternité Saint Pierre : il n’était pas emballé, me le dit, et je compris que le fondateur qu’il était allé au fondateur réel, à monseigneur, à son esprit. Je m’en acquittai avec cœur, faisant ressortir combien l’archevêque avait su nous unir autour de l’autel en dépit de la différence incroyable des tempéraments et comment, à chaque retour d’un de ses longs périples, sa seule présence entrevue aux détours d’un couloir dans cette chaudière en ébullition récurrente qu’était le séminaire d’Ecône, rassurait et faisait retomber la pression. La paix revenait comme par enchantement.

 

Le père restait admiratif et précis : "Ah oui ! Et c’est lui qui obtenait cela ?”. Je me souviens que les sacres ne le préoccupaient point. Le philosophe en lui était beaucoup plus inquiet du fait que l’Archevêque ait pu mettre un kantien à la tête de son œuvre. Il l’évoquait avec effarement en se prenant la tête à deux mains. On sait aujourd’hui combien Monseigneur Lefebvre était contrarié par les impératifs catégoriques soudains fleurissants sous ses pieds comme un parterre de ronces. Je crois que de là-haut, où dans le face à face éternel s’expérimente l’humour très particulier du Bon Dieu, ils font tous deux un bon million de kilomètres ensemble et tirent quelques ficelles ici ou là. "Je regrette de ne pas m’être battu pour la messe romaine traditionnelle", me dit enfin le père. Aussi ai-je acquis la conviction qu’il est personnellement intervenu à Rome, là où il le fallait, afin de préparer l’avenir. Là et sur de nombreux autres points sans doute (comme le fit de son côté le R.P. Joseph de Sainte Marie O.C.D.), car avec lui tout entretien personnel, à condition que ce fut avec un être libre et perspicace, ce qui arrive quelquefois à Rome, faisait fi des titres et écartait d’un revers les tabous pour aller aux choses ! On est philosophe ou on ne l’est pas !

 

Un dernier clin d’œil pour le lecteur de notre revue. Le Père Philippe nous a quittés le 26 août 2006. Treize jours plus tard, le 8 septembre suivant, jour de la fête de la nativité de la Vierge Marie, il aurait fêté lui-même ses 94 ans. Je pense que ce jour-là, la Communauté Saint Jean a fêté l’anniversaire de son fondateur dans le silence et le recueillement. Ce même jour était signé à Rome l’érection de l’Institut du Bon Pasteur, sous l’impulsion du pape et en présence du Cardinal Castrion-Hoyos…

J’invite tout curieux à lire les pages que le Père Philippe consacre au Bon Pasteur dans les commentaires qu’il a fait de saint Jean l’Evangéliste, si on les trouve encore (“Suivre l’Agneau”). Il verra combien l’évocation du Bon Pasteur que fait le Christ en parlant de lui-même nous livre le fond même de son âme, Lui, le Bien Aimé du Père. Il faut toujours rechercher la source pour connaître la fin. Elle nous la livre déjà et comme en filigrane.

 

Claude Prieur, Institut du Bon Pasteur, décembre 2006.

 

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Je ne manque de rien...?? (III)

6 Novembre 2011, 05:03am

Publié par Father Greg

 

 

Glacier_and_Source_of_the_Arveron_1803.jpgLe Psalmiste est l’objet de nombreuses attentions, c’est pourquoi il se voit comme un voyageur qui trouve refuge sous une tente hospitalière, alors que ses ennemis doivent s’arrêter pour regarder, sans pouvoir intervenir, car celui qu’ils considéraient comme leur proie a été mis en sécurité, il est devenu un hôte sacré, intouchable. Et nous sommes nous-mêmes le Psalmiste, si nous sommes réellement croyants en communion avec le Christ. Quand Dieu ouvre sa tente pour nous accueillir, rien ne peut nous faire de mal. 

Ensuite, lorsque le voyageur repart, la protection divine se prolonge et l’accompagne au cours de son voyage: 

«Oui, grâce et bonheur me pressent

tous les jours de ma vie;

ma demeure est la maison du Seigneur

en la longueur des jours» (v. 6). 

 

La bonté et la fidélité de Dieu sont l’escorte qui accompagne le Psalmiste qui sort de la tente et se remet en chemin. Mais c’est un chemin qui acquiert un sens nouveau, et devient pèlerinage vers le Temple du Seigneur, le lieu saint où l’orant veut «demeurer» pour toujours et auquel il veut également «retourner». Le verbe hébreu utilisé ici a le sens de «revenir» mais, au moyen d’une petite modification de voyelle, il peut être entendu comme «demeurer» et  et c’est ainsi qu’il est rendu par les antiques versions et par la majorité des traductions modernes. Les deux sens peuvent être maintenus: retourner au Temple et y demeurer est le désir de chaque Israélite, et habiter près de Dieu dans sa proximité et sa bonté est le désir et la nostalgie de tout croyant: pouvoir habiter réellement là où est Dieu, près de Dieu. Se placer à la suite du Pasteur conduit à sa maison, tel est le but de tout chemin, oasis recherchée dans le désert, tente où se réfugier en fuyant ses ennemis, lieu de paix où faire l’expérience de la bonté et de l’amour fidèle de Dieu jour après  jour, dans la joie sereine d’un temps sans fin.

 

Les images de ce Psaume, avec leur richesse et leur profondeur, ont accompagné toute l’histoire et l’expérience religieuse du peuple d’Israël et accompagnent les chrétiens. La figure du pasteur, en particulier, évoque le temps originel de l’Exode, le long chemin dans le désert, comme un troupeau guidé par le Pasteur divin (cf. Is 63, 11-14; Ps 77, 20-21; 78, 52-54). Et sur la terre promise, c’était le roi qui avait le devoir de paître le troupeau du Seigneur, comme David, pasteur choisi par Dieu et figure du Messie (cf. 2 S 5, 1-2; 7, 8; Ps 78, 70-72). Puis, après l’exil de Babylone, presque dans un nouvel exode (cf. Is 40, 3-5.9-11; 43, 16-21), Israël revient dans sa patrie comme une brebis égarée et retrouvée, reconduite par Dieu vers de verts pâturages et des lieux de repos (cf. Ez 34, 11-16, 23-31). Mais c’est dans le Seigneur Jésus que toute la force évocatrice de notre Psaume atteint sa plénitude, trouve sa pleine signification: Jésus est le «Bon Pasteur» qui va à la recherche de la brebis égarée, qui connaît ses brebis et donne sa vie pour elles (cf. Mt 18, 12-14; Lc 15, 4-7; Jn 10, 2-4.11-18). Il est le chemin, la juste voie qui nous conduit à la vie (cf. Jn 14, 6), la lumière qui illumine la vallée obscure et vainc chacune de nos peurs (cf. Jn 1, 9; 8, 12; 9, 5; 12, 46). C’est Lui l’hôte généreux qui nous accueille et nous met à l’abri des ennemis en préparant la table de son corps et de son sang (cf. Mt 26, 26-29; Mc 14, 22-25; Lc 22, 19-20) et celle définitive du banquet messianique au Ciel (cf. Lc 14, 15sq; Ap 3, 20; 19, 9). C’est Lui le Pasteur royal, le roi dans la douceur et dans le pardon, intronisé sur le bois glorieux de la croix (cf. Jn 3, 13-15; 12, 32; 17, 4-5).

 

Chers frères et sœurs, le Psaume 23 nous invite à renouveler notre confiance en Dieu, en nous abandonnant totalement entre ses mains. Demandons donc avec foi que le Seigneur nous accorde, même sur les chemins difficiles de notre temps, de marcher toujours sur ses sentiers comme un troupeau docile et obéissant, qu’il nous accueille dans sa maison, à sa table et qu’il nous conduise vers des «eaux tranquilles» afin que, dans l’accueil du don de son Esprit, nous puissions nous abreuver à ses eaux, sources de l’eau vive «jaillissant en vie éternelle» (Jn 4, 14; cf. 7, 37-39). Merci.

Benoit XVI, catéchèse septembre 2011

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Je ne manque de rien...?? (II)

5 Novembre 2011, 05:01am

Publié par Father Greg

 

Folkestone_from_the_Sea.jpgChers frères et sœurs, nous aussi, comme le Psalmiste, si nous marchons derrière le «bon Pasteur», aussi difficiles, tortueux ou longs que puissent apparaître les parcours de notre vie, souvent aussi dans des zones désertiques spirituellement, sans eau et sous le soleil d’un rationalisme cuisant, sous la conduite du bon pasteur, le Christ, nous sommes certains d’aller sur les routes «justes» et que le Seigneur nous guide et qu’il est toujours proche de nous et qu’il ne nous manquera rien.

C’est pourquoi le Psalmiste peut déclarer une tranquillité et une sécurité sans incertitudes ni craintes: 

«Passerais-je un ravin de ténèbres,

je ne crains aucun mal

car tu es près de moi;

ton bâton, ta houlette sont là

qui me consolent» (v. 4).

 

Qui passe avec le Seigneur dans le ravin de ténèbres de la souffrance, de l’incertitude et de tous les problèmes humains, se sent en sécurité. Tu es avec moi: telle est notre certitude, celle qui nous soutient. L’obscurité de la nuit fait peur, avec ses ombres changeantes, la difficulté à distinguer les dangers, son silence rempli de bruits indéchiffrables. Si le troupeau se déplace à la nuit tombée, quand la visibilité se fait incertaine, il est normal que les brebis soient inquiètes, le risque existe de trébucher ou de s’éloigner et de se perdre, et il y a encore la crainte de possibles agresseurs qui se cachent dans l’obscurité. Pour parler de ce ravin de «ténèbres», le Psalmiste utilise une expression en hébreux qui évoque les ténèbres de la mort, pour lequel la vallée à traverser est un lieu d’angoisse, de terribles menaces, de dangers de mort. Et pourtant, l’orant continue avec certitude, avec assurance, sans peur, parce qu’il sait que le Seigneur est avec lui. Ce «tu es avec moi» est une proclamation de confiance, inébranlable, et elle synthétise l’expérience d’une foi radicale; la proximité de Dieu transforme la réalité, le ravin de ténèbres perd toute dangerosité, se vide de toute menace. Le troupeau à présent peut cheminer tranquille, accompagné par le bruit familier du bâton qui bat sur le terrain et signale la présence rassurante du pasteur. 

 

Cette image réconfortante termine la première partie du Psaume et laisse place à une scène différente. Nous sommes encore dans le désert, où le pasteur vit avec son troupeau, mais à présent nous sommes transportés sous sa tente, qui s’ouvre pour donner l’hospitalité: 

«Devant moi tu apprêtes une table

face à mes adversaires;

d'une onction tu me parfumes la tête,

ma coupe déborde» (v. 5). 

 

maintenant, le Seigneur est présenté comme Celui qui accueille l’orant, avec les signes d’une hospitalité généreuse et pleine d’attentions. L’hôte divin prépare la nourriture sur la «table», un terme qui en hébreu indique, dans son sens primitif, la peau de bête qui était étendue par terre et sur laquelle on posait les plats pour le repas commun. Il s’agit d’un geste de partage non seulement de la nourriture, mais également de la vie, dans une offrande de communion et d’amitié qui crée des liens et exprime la solidarité. Et ensuite, il y a le don munificent de l’huile parfumée sur la tête, qui procure un soulagement contre la brûlure du soleil du désert, qui rafraîchit et adoucit la peau et réjouit l’esprit de son parfum. Enfin, le calice débordant ajoute une note de fête, avec son vin exquis, partagé avec une générosité surabondante. Nourriture, huile, vin: ce sont les dons qui font vivre et qui  donnent la joie car ils vont au-delà de ce qui est strictement nécessaire et expriment la gratuité et l’abondance de l’amour. Le Psaume 104 proclame, en célébrant la bonté providentielle du Seigneur: «Tu fais croître l'herbe pour le bétail et les plantes à l'usage des humains, pour qu'ils tirent le pain de la terre et le vin qui réjouit le cœur de l'homme, pour que l'huile fasse luire les visages et que le pain fortifie le cœur de l'homme» (vv. 14-15). 

 

Benoit XVI, catéchèse septembre 2011

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Je ne manque de rien...??

4 Novembre 2011, 05:57am

Publié par Father Greg

 

A_Lane_In_Headingley_Leeds_1881.jpgChers frères et sœurs,

 

S’adresser au Seigneur dans la prière implique un acte radical de confiance, dans la conscience de s’en remettre à Dieu qui est bon, «Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité». C’est pourquoi je voudrais aujourd’hui réfléchir avec vous sur un Psaume plein de confiance, dans lequel le Psalmiste exprime sa sereine certitude d’être guidé et protégé, mis à l’abri de tout danger, parce que le Seigneur est son pasteur. Il s’agit du Psaume 23 —un texte familier à tous et aimé de tous. 

 

«Le Seigneur est mon berger, rien ne me manque»: c’est ainsi que débute cette belle prière, évoquant le contexte nomade de l’élevage des brebis et l’expérience de la connaissance réciproque qui s’établit entre le pasteur et les brebis qui composent son petit troupeau. L’image rappelle une atmosphère de confidence, d’intimité, de tendresse: le pasteur connaît ses brebis une par une, il les appelle par leur nom et elles le suivent parce qu’elles le reconnaissent et qu’elles se fient à lui (cf. Jn 10, 2-4). Il prend soin d’elles, il les garde comme des biens précieux, prêt à les défendre, à en garantir le bien-être, à les faire vivre dans la tranquillité. Rien ne peut leur manquer si le pasteur est avec elles. C’est à cette expérience que fait référence le Psalmiste en appelant Dieu son pasteur, en se laissant guider par Lui vers des pâturages sûrs: 

«Sur des prés d’herbe fraîche

il me parque.

Vers les eaux du repos

il me mène,

il y refait mon âme;

il me guide aux sentiers de justice

à cause de son nom» (vv. 2-3). 

 

La vision qui s’ouvre sous nos yeux est celle de prés verts et de sources d’eau limpide, une oasis de paix vers laquelle le pasteur accompagne le troupeau, symboles des lieux de vie vers lesquels le Seigneur conduit le Psalmiste, qui se sent comme les brebis étendues sur l’herbe à côté d’une source, au repos, non en tension ou en état d’alarme, mais confiantes et tranquilles, parce l’endroit est sûr, l’eau est fraîche, et le pasteur veille sur eux. Et n’oublions pas ici que la scène évoquée par le Psaume se passe dans une terre en large partie désertique, battue par le soleil cuisant, où le pasteur semi-nomade du Moyen-Orient vit avec son troupeau dans les steppes desséchées, qui s’étendent autour des villages. Mais le pasteur sait où trouver l’herbe et l’eau fraîche, essentielles pour la vie, il sait porter à l’oasis où l’âme «se raffermit» et où il est possible de reprendre des forces et de nouvelles énergies pour se remettre en chemin. 

 

Comme le dit le Psalmiste, Dieu le guide vers les «prés d'herbe fraîche» et les «eaux du repos», où tout est surabondant, tout est donné de façon copieuse. Si le Seigneur est le pasteur, même dans le désert, lieu d’absence et de mort, la certitude d’une présence radicale de vie ne fait pas défaut, au point de pouvoir dire: «rien ne me manque». Le pasteur, en effet, a à cœur le bien de son troupeau, il adapte ses propres rythmes et ses propres exigences à celles de ses brebis, il marche et il vit avec elles, en les guidant sur des sentiers «justes», c’est-à-dire adaptés à elles, attentif à leurs besoins et non aux siens. La sécurité de son troupeau est sa priorité et c’est à elle qu’il obéit quand il le conduit. 

 

Benoit XVI, catéchèse septembre 2011

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Des pauvres, vous en aurez toujours parmi vous....

3 Novembre 2011, 05:10am

Publié par Father Greg

 

t-Bettler.jpegDepuis le gouffre de cette Parole, aucun homme n’a jamais pu dire ce qu’est la Pauvreté. Les Saints qui  l’ont épousée d’amour et qui lui ont fait beaucoup d’enfants assurent qu’elle est infiniment aimable. Ceux qui ne veulent pas de cette compagne meurent quelquefois d’épouvante ou de désespoir sous son baiser, et la multitude passe de « l’utérus au sépulcre » sans savoir ce qu’il faut penser de ce monstre ;

 


Quand on interroge Dieu, il répond que c’est Lui qui est le Pauvre : ego sum pauper ; quand on ne l’interroge pas, il étale sa magnificence. La Création paraît être une fleur de la Pauvreté infinie ; et le chef d’œuvre suprême de Celui qu’on nomme le Tout Puissant a été de se faire crucifier comme un  voleur dans l’ignominie absolue.

 

Les Anges se taisent et les Démons tremblants s’arrachent la langue pour ne pas parler. Les seuls idiots de ce dernier siècle ont entrepris d’élucider le mystère. En attendant que l’abîme les engloutisse, la Pauvreté se promène tranquillement avec son masque et son crible .  Comme elles lui conviennent les paroles de l’Evangile selon saint Jean ! « Elle était la vraie lumière qui illumine tout homme venant en ce monde . Elle était dans le monde et le monde ne l’a point connue. Elle est venue dans son domaine, et les siens ne l’ont pas reçue. »

 

Les siens ! Oui, sans doute. L’Humanité ne lui appartient-elle pas ? Il n’y a pas de bête aussi nue que l’homme et ce devrait être un lieu commun d’affirmer que les riches sont de mauvais pauvres.

Quand le chaos de ce monde en chute aura été débrouillé, quand les étoiles chercheront leur pain et  que la fange la plus décriée sera seule admise à refléter la Splendeur ; quand on saura que rien n’était à sa place et que l’espèce raisonnable ne vivait que sur des énigmes et des apparences ; il se pourrait bien que les tortures d’un malheureux divulguassent la misère d’âme d’un millionnaire qui correspondait spirituellement à ses guenilles, sur le registre mystérieux des répartitions de la Solidarité Universelle.(…)

 

Les riches ont horreur de la Pauvreté parce qu’ils ont le pressentiment obscur du négoce piaculaire impliqué par sa présence. Elle les épouvante comme le visage morne d’un créancier qui ne connaît pas le pardon. Il leur semble, et ce n’est pas sans raison, que la misère effroyable qu’ils dissimulent au fond d’eux-mêmes pourrait bien rompre d’un coup ses liens d’or et ses enveloppes d’iniquité, et accourir tout en larmes au-devant de Celle qui fut la Compagne élue du Fils de Dieu !

 

                                                           Léon Bloy,  La femme pauvre. 

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