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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

RENCONTRES

29 Décembre 2013, 10:59am

Publié par Fr Greg.

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Une petite centaine. Autant que de cadavres retrouvés dans cette partie du désert, entre le Niger et l’Algérie. Essentiellement des femmes, petites, fluettes, maigres, accompagnées d’enfants, à peine adolescents pour les plus âgés, comme les restes de ceux trouvés entre Sahel et Sahara. On les signale dans plusieurs villes d’Algérie. Leur provenance ? Le Niger, dernier pays au monde au classement de l’indice de développement humain, pays pourtant fournisseur d’uranium, d’or, de pétrole et de fer. A qui profite le développement ?

La petite centaine de femmes et de jeunes enfants, accompagnée de moins d’une dizaine d’hommes vient de la région de Zinder. Habituellement les migrations de cette région essentiellement agricole étaient saisonnières et en cas de difficultés plutôt tournées vers la Libye. La sécheresse et les conflits depuis 2011 ainsi que la révolution libyenne les ont poussés vers l’Algérie. Depuis une année, ils sont arrivés à Ghardaïa. Après avoir posé leurs haillons le long du mur de la gare routière et dans l’Oued, les voilà déplacés plus discrètement dans un terrain vague, près de la poste. Par petits groupes de trois enfants ou d’une femme accompagnée de deux enfants, ils mendient toute la journée dans Ghardaïa.

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Après la prière du soir, nous sommes allés les rencontrer. En sortant de l’oued nous avons vu leurs quatre à cinq feux. Les pauvres baluchons alignés le long du mur pendant la journée délimitaient chaque foyer autour desquels vingt à trente personnes s’étaient regroupées. Quelques toutes petites filles revenaient de la gare, des bouteilles d’eau en équilibre sur la tête. Nous étions brusquement dans un village de la région de Zinder. Comme chaque soir cette petite caravane, qui avait traversé nous ne savions comment le Sahara, rapportait au bivouac quelques pièces d’aumône et de quoi se restaurer.

La plus belle natte a été dépliée pour les trois visiteurs que nous étions, rois mages aux mains vides. Les rares hommes nous ont accueillis, puis quelques femmes ont approché leurs nattes. En quelques minutes seulement, nous étions devenus le noyau d’un fruit de femmes et d’enfants. Le plus ancien de nous trois ayant vécu au Niger, connaissant leurs traditions et parlant Haousa fit naitre sourires, puis rires et applaudissements en cherchant parfois ses mots ou en les mimant. Notre situation de dépendance rétablissait une forme de partage. C’est eux qui venaient à notre aide. De notre côté, nous avions du mal à croire que ces femmes aient pu changer leur plainte mendiante en une parole retrouvée. De leur côté, certaines nous ayant croisé durant la journée ont dû aussi s’étonner de ne plus voir sur nos visages une indifférence gênée, mais un vrai regard.

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A cet instant précis, nous étions les invités des personnes les plus pauvres de la terre. Au moment de partir, une heure plus tard, les mains se sont tendues, non plus horizontalement mais verticalement. La dignité se joue parfois à un quart de tour. Nous avons serré des dizaines de mains vivantes.

Puis nous sommes montés, sur la colline éclairée par la pleine lune, de l’autre côté de l’Oued. Une bonne demi-heure de marche pour arriver aux ghettos Autre visage de la migration. Des hommes jeunes exclusivement, la plupart entre 16 et 30 ans, du Libéria, du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Togo, du Mali, du Congo, de Centre-Afrique,…Certains suivent les routes séculaires d’une migration saisonnière qui mêle le caractère initiatique et le besoin économique, d’autres ont fuit des massacres comme au Libéria et en Sierra Leone, ont trouvé un refuge provisoire dans des pays voisins avant d’être à nouveau chassés. D’autres encore cherchent à gagner l’Europe par le Maroc., ou reviennent expulsés. Leurs espoirs, leurs déceptions, la fatigue se lisaient sur la quarantaine de visages. Avant le lever du jour les hommes partent sur les chantiers, certains y vivent la semaine, remplaçant les bétonnières, d’autres travaillent dans les palmeraies. Certains économisent pour poursuivre la route, d’autres renvoient l’argent au pays.

De la présence du peuple Sahraoui exilé sur son sol depuis 38 ans, aux Harragas, jeunes algériens fuyant le mal vivre, en passant par les migrations subsaharienne ou du Moyen-Orient, l’Algérie continue d’être pays de transit et devient pays d’accueil forcé de ces différentes formes de migration. Six mille kms de frontières désertiques ou minées sont limitrophes de pays en guerre ou en grande difficulté. Et après la mortelle traversée du Sahara, l’ultime frontière, la Méditerranée, est devenue un véritable cul de sac renforcé par l’externalisation des frontières. Veut-on faire du plus grand pays d’Afrique, ou du Maghreb un centre de rétention à ciel ouvert, un terminal de la migration ? Rappelons que l’Afrique est le continent où les flux migratoires internes sont les plus importants.

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Nous étions là, dans cette pièce cimentée d’une carcasse d’immeuble, à nous demander si nous aurions accepté de mourir légalement chez nous, de famine , de guerre ou de simple misère ou de survivre « irrégulièrement » au-delà des frontières tracées par ceux-là même qui étaient entrés « légalement » pour coloniser et qui aujourd’hui encore, par les multinationales et la mondialisation, « développillent » et entretiennent l’insécurité dans cette même Afrique.

Je suis resté touché par la dignité et l’humanité de ces personnes rencontrées. Et pourtant nous avons vu ce soir là ceux qui font trembler l’Europe. Ces hommes, ces femmes et ces enfants qui justifient que Frontex , Eurosur et autres agences déploient drones et matériels de haute technologies , non pas pour sauver des vies mais pour protéger la citadelle Europe. Ces mêmes agences de l’UE qui ont également la barbarie d’envisager de réinstaller des lames coupantes au sommet de la triple clôture frontalière de Melilla.

Nous avons partagé des moments de convivialité, des échanges simples bien loin des grands discours, la possibilité de vivre décemment, dans le respect des Droits. Une journée ordinaire de mendicité, de travail, d’espoir d’une vie meilleure. Une journée que l’on peut choisir d’ignorer ou de simplement partager. En quittant nos hôtes, cette constatation. Pourquoi ne croise-t-on pas les gens censés trouver des solutions sous les tentes Sahraouies, dans les ghettos ou les pateras ? Pourquoi avoir intérêt à transformer un phénomène en problème ? Pourquoi choisir de gérer toujours plus les conséquences et refuser de s’attaquer aux causes ? A qui profite la situation?

 

Jean-françois Debargue, Ghardaïa nov 2013

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Le chiffonnier des mots

28 Décembre 2013, 10:23am

Publié par Fr Greg.

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Je n'écrirai plus. Je réapprendrai à ne pas savoir écrire. Cette vie d'écriture ne fait pas partie de ma condition de nomade. Je ne suis pas fait pour la littérature. Je suis de la race des arbres, je crie avec le tonnerre quand il s'annonce. Je ne suis qu'un vagabond, un chiffonnier des mots qui ramasse des pensées enguenillées au bord du chemin de son âme. C'étaient les fleurs sauvages, les feuilles mortes, la pluie, le vent, les ronces et les arbres qui me demandaient de parler de leur vie. C'était une décision divine. Quand je rallumais mon feu de bois et me promenais dans des sentiers inconnus j'avais enfin appris à lire et à écrire. L'écriture était la roulotte où je vivais, mes poèmes étaient mes chevaux, mes pensées mes petites gitanes. Mais maintenant je dois retrouver ma vie nomade. Il est temps d'atteler mon cœur et de partir.

 

 Jean-Marie Kerwich,L’Évangile du gitan (Le Mercure de France, 2008) 

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Pourquoi ne pas demander directement pardon à Dieu?

27 Décembre 2013, 10:24am

Publié par Fr Greg.

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Beaucoup, aujourd’hui, ne comprennent pas la dimension ecclésiale du pardon, parce que l’individualisme, le subjectivisme dominent et nous aussi, les chrétiens, nous en subissons l’influence. Bien sûr, Dieu pardonne à tout pécheur qui se repent, personnellement, mais le chrétien est lié au Christ, et le Christ est uni à l’Église. Pour nous, chrétiens, c’est un don supplémentaire, et c’est aussi un engagement supplémentaire : passer humblement par le ministère ecclésial. Cela, nous devons le valoriser ; c’est un don, une attention, une protection et c’est aussi la certitude que Dieu m’a pardonné. Je vais vers ce frère prêtre et lui dis : « Père, j’ai fait cela… ». Et il répond : « Mais je te pardonne ; Dieu te pardonne ». A ce moment-là, je suis certain que Dieu m’a pardonné ! Et c’est beau, cela nous donne la certitude que Dieu nous pardonne toujours, ne se lasse pas de pardonner. Et nous ne devons pas nous lasser d’aller demander pardon. On peut éprouver de la honte à dire ses péchés, mais nos mamans et nos grands-mères disaient qu’il vaut mieux devenir rouge une fois que jaune mille fois. On rougit une fois, mais nos péchés sont pardonnés et on avance.

Un dernier point : le prêtre, instrument du pardon des péchés. Le pardon de Dieu, qui nous est donné dans l’Église, nous est transmis par l'intermédiaire du ministère d’un frère, le prêtre ; un homme qui, comme nous, a lui aussi besoin de miséricorde, devient véritablement l’instrument de la miséricorde, en nous donnant l’amour sans limites de Dieu notre Père. Les prêtres aussi doivent se confesser, et les évêques aussi : nous sommes tous pécheurs. Même le pape se confesse tous les quinze jours, parce que le pape aussi est pécheur. Et le confesseur entend ce que je lui dis, il me conseille et me pardonne, parce que nous avons tous besoin de ce pardon. On entend parfois des personnes affirmer qu’elles se confessent directement à Dieu… Oui, comme je viens de le dire, Dieu t’écoute toujours, mais dans le sacrement de la Réconciliation, il envoie un frère t’apporter le pardon, la certitude du pardon, au nom de l’Église.

Le service que rend le prêtre en tant que ministre, de la part de Dieu, en pardonnant les péchés est très délicat et exige que son cœur soit en paix, que le prêtre ait le cœur en paix, qu’il ne maltraite pas les fidèles, mais qu’il soit doux, bienveillant et miséricordieux ; qu’il sache semer l’espérance dans les cœurs et, surtout, qu’il soit conscient que le frère ou la sœur qui s’approche du sacrement de la Réconciliation vient chercher le pardon et qu’il le fait comme toutes les personnes qui s’approchaient de Jésus pour qu’il les guérisse. Si le prêtre n’est pas dans cette disposition d’esprit, il vaut mieux qu’il n’administre pas ce sacrement, jusqu’à ce qu’il se corrige. Les fidèles qui se repentent ont le droit, tous les fidèles ont le droit de trouver dans les prêtres des serviteurs du pardon de Dieu.

 

François, Pape.

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Y-a-t-il une vie après celle-là...???

26 Décembre 2013, 14:29pm

Publié par Fr Greg.

 

 

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Je vous annonce une grande JOIE...

25 Décembre 2013, 10:44am

Publié par Fr Greg.

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« Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

 

On doit entendre et mendier d’entendre jusqu’au bout cette joie de Dieu qui veut s’emparer de tout en nous ! Car Noël, c’est la joie de Dieu, la joie de Celui qui vient se lier à nous d’une manière définitive, qui se rend présent comme personne n’est présent à nous. Il est Celui qui se fait proche, qui vient tout vivre avec nous : l’Emmanuel, Dieu avec nous, Dieu pour nous. Et, il se fait notre frère : Jésus « ami des hommes » comme le rappelle la liturgie orthodoxe.

 

Le Sage qui cherche sa Source peut dévoiler l’existence de Celui dont il dépend actuellement, mais réalise l’abime qui existe entre cette source et lui-même. Dans l’Ancienne alliance, Dieu est venu habiter le sanctuaire du temple, se rendant accessible par la médiation de grands prêtres. Dans la Nouvelle Alliance, c’est-à-dire aujourd’hui, Dieu vient épouser notre chair, se rendant accessible dans la plus grande des proximités !

 

Voici la joie de Celui qui non seulement nous a donné d’exister, mais qui maintenant se donne personnellement à chacun ! Noël, c’est renaitre à cette initiative du Père qui fait toutes choses nouvelles ! C’est Dieu qui se fait l’un de nous pour tout vivre avec nous !

 

Mais ce don est tel qu’il nous éprouve ! En effet, parce que c’est un don disproportionné et excessif, on ne peut y entrer par nous-mêmes ! Dieu est de trop pour les hommes ! Il n’est pas dans le prolongement de notre nature ; C’est pour cela qu’on aurait facilement la tentation d’être spectateur, d’admirer ‘la beauté de la crèche’. Comme un conte d’antan qui fait partie de l’ambiance mais sans qu’il nous atteigne concrètement. Ou bien on se laisse prendre par notre imaginaire, nos raisonnements critique, et on met une distance entre Celui qui est là et nous : « ce n’est pas pour moi ». Ou bien, du fait de nos pathologies de quête d’efficacité et d’utilisation rentable des choses : il n’y a pas de place pour Celui vient pour nous être présent ! « Dieu qui s’incarne ? A quoi ça peut servir ? » Même pour la paix dans les ménages : mieux vaut une wii, une play-station, ou autre gadget informatique dernier cri : au moins ça occupe, c’est nouveau et c’est utile !

 

Or, Ce don de Jésus, c’est ‘inutile’ ! Cela ne sert pas à quelque chose ! C’est pas fait pour servir à… ! C’est quelqu'un pour moi, livré sans aucune autre raison que d’être pour moi ! La raisons de son don c’est Lui pour moi. C’est la radicalité et l’absolu du don d’une personne à une autre personne ! Et d’un don qui va jusqu’au bout : puisqu’il est divin, ce don est substantiel. Il est donné d'une manière telle que nous sommes radicalement transformé. Ce choix actuel de Jésus nous recrée radicalement : nous sommes une créature nouvelle, même si selon le monde –notre nature humaine- cela n’a rien de séduisant ou d’efficace ; c’est réel et actuel ; et cela s’impose ! Qu’on le veuille ou non !

 

Et Noël c’est réapprendre à être dépassé, à ne pas mesuré, à ne plus chercher à gérer, ou à raisonner pour se rassurer ! C’est redevenir un enfant, accepter qu’IL « s’occupe » de nous gratuitement et donc de ne plus s’inquiéter. Car celui qui se donne est livré à chacun d’une manière telle qu’il est à nous ! Noël, Ce n’est pas une vitrine ! C’est un don substantiel ! Un don n’est vrai que si je peux en user, jouir de ce qui m’est donné. C’est cela la joie de Dieu : se donner à nous en s’abaissant le plus qu’il le peut jusqu’à assumer toute notre vie, et lui donner une nouvelle dignité, un poids unique, à chacun nos actes, à chacun de nos instants. Tout nous en acquière une dimension divine !

 

Et si tout est caché, tout est gardé secret: rien d'éclatant n'est manifesté: pour autant la joie, la gratuité, les initiatives gratuites doivent surabonder ! C’est en s’enracinant dans cette gratuité excessive de Dieu, en la faisant surabonder par nos petits gestes de bonté, que Sa joie sera notre jusqu’au bout ; C’est dans des petits gestes d’amours simples mais absolus qu’on se forme au choix radical, unique et définitif de Jésus sur nous aujourd’hui !

fr Grégoire.

www.quecherchezvous.fr

 Que  l'Enfant-Jésus

qui se lie à nous d'une manière définitive 

 soit votre joie!

 

 

 

 

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Noël, la présence silencieuse de l’Enfant-Jésus: un don indiscible !

24 Décembre 2013, 17:30pm

Publié par Fr Greg.

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Don : parce que cet enfant c’est Dieu. Dieu : Celui qui est présent à tout, en qui nous sommes, de qui nous tenons actuellement notre existence et vers qui nous allons, Lui qu’on ne peut dire, il se rend présent, visible, donné ! Il n’y a plus de distance entre Lui et nous ; davantage : il se fait dépendant de nous : il se remet à nous !

Il ne s’est pas seulement penché vers nous ; il est tellement "descendu", qu’il est devenu l'un de nous et nous donne sa dignité : c’estl'Emmanuel, "Dieu-avec-nous". Il vient exhalter, diviniser notre humanité, notre esprit, notre corps, nos passions, tout ce que nous sommes : IL EST DEVENU CHAIR !

La joie de cette proximité de Dieu fait partie de cette nuit. Nous rendons grâce parce que Dieu, comme un petit enfant, se donne entre nos mains. Il mendie, pour ainsi dire, notre amour.


Selon les apparences il n’y a rien de merveilleux, rien d'extraordinaire, rien d'éclatant: un enfant emmailloté de langes qui, comme tous les enfants, a besoin de soins maternels. C’est le premier visage de Dieu : un enfant, avec ses besoins, sa fragilité et sa pauvreté.


 Cette simplicité frappe: Dieu n'est pas venu avec puissance, ni grandeur visible. Il ne s’impose pas. Rien pour séduire ou convaincre. Et son silence est tel qu’il n’y a pas de place pour ‘ça’. L’humanité est si préoccupée d’elle-même, de ses propres affaires, de ses capacités d'efficacité, si séduite par ce qui brille, qu’il ne reste rien pour l’autre – pour le prochain, pour le pauvre, pour Dieu. On est des propiétaires tellement enragés de notre autonomie qu'il n'y a pas de place pour Lui!


Et Dieu répond en se donnant en silence. C’est énorme : c’est un don qui, non seulement nous transforme radicalement, mais qui s’adapte à nous, à nos peurs, à notre nullité ; un don qui n’écrase pas, et l’on ne peut être qu’attiré par cette bonté incroyable qui se communique à nous en silence. Dieu se donne en nous attirant à lui. 


C’est cela Noël: Dieu est devenu l’un de nous, pour tout assumer de notre vie, et que nous osions croire à la dignité, au poids éternel de chacun de nos actes, de chaque instants ; tout en nous acquiers une dimension divine ! C’est cela La Paix de Dieu !

 

Fr Grégoire.

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"Le bruit infernal de la guerre étouffe le gloria des anges"

23 Décembre 2013, 10:51am

Publié par Fr Greg.

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La Syrie en ce Noël ressemble le mieux à une crèche : étable ouverte sans porte, froide, démunie et si pauvre…

L’Enfant Jésus ne manque pas de compagnons en Syrie…
Des milliers d’enfants qui ont perdu leurs maisons vivent sous des tentes aussi pauvres que la Crèche de Bethléem…

JÉSUS N’EST PLUS SEUL DANS SA MISÈRE.

L’enfance syrienne abandonnée et marquée par les scènes de violences souhaite même être à la place de Jésus qui a toujours ses parents qui l’entourent et le chérissent…

Ce sentiment d’amertume est bien visible dans les yeux des enfants syriens, leurs larmes et leur silence…

CERTAINS ENVIENT L’ENFANT DIVIN

parce qu’il a trouvé cette étable pour naitre et s’abriter alors que certains de ces malheureux enfants syriens sont nés sous les bombes ou sur la route de l’exode.

MARIE DANS SES DIFFICULTÉS N’EST PLUS SEULE

des malheureuses mamans moins chanceuses qui vivent dans l’extrême pauvreté et assument les responsabilités familiales seules sans leurs maris…

La précarité de la crèche de Bethléem apporte une consolation à ces pauvres mamans écrasées par des problèmes insolubles et le désespoir.

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LA PRÉSENCE RASSURANTE DE JOSEPH AUPRÈS DE LA SAINTE FAMILLE EST SOURCE DE JALOUSIE

pour ces milliers de familles privées de papa, privation qui nourrit la peur, l’angoisse et l’inquiétude. Nos chômeurs envient Joseph menuisier qui épargne à sa famille le besoin.

Les bergers et leurs troupeaux voisinant la crèche, parlent beaucoup aux nombreux éleveurs syriens qui ont perdu 70% de leur cheptel dans cette guerre..
La vie nomade sur cette terre biblique qui remonte à Abraham et bien avant, disparaît brutalement avec ses vieilles coutumes d’hospitalité et sa culture traditionnelle.

Les chiens de ces bergers de Noël compatissent sur le sort des animaux domestiques en Syrie ravagés par la violence meurtrière ils errent dans les ruines et se nourrissent de cadavres.

LE BRUIT INFERNAL DE LA GUERRE ÉTOUFFE LE GLORIA DES ANGES…

Cette symphonie de Noël pour la paix, cède devant la haine la division et l’atrocité cruelle…

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PUISSE LES TROIS MAGES APPORTER A LA CRÈCHE DE SYRIE,

Les plus précieux cadeaux de Noël: Paix, Pardon et réconciliation; afin que brille à nouveau l’ÉTOILE DE NOËL dans nos sombres nuits.

SEIGNEUR EXAUCE NOUS.

Noël 2013.
+ Samir NASSAR, Archevêque Maronite de Damas

 

 

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Les jours simples

22 Décembre 2013, 10:07am

Publié par Fr Greg.

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La nuit s’est endormie entre mes bras. Je ne veux point qu’on l’éveille : ce n’est

qu’une enfant.

 Si le feu pouvait pleurer, la pluie ne serait pas aussi belle.

 Au milieu de mille imbéciles, il y a un ignorant magnifique.

 Le soir, quand j’ai terminé mon repas, je sors de ma roulotte : dehors, la nuit semble

m’attendre comme une mère.

 En construisant les murs, on détruit le vent.

 Je me dis parfois que j’aimerais être riche. Mais à quoi bon ? Et d’ailleurs, qui garderait mes petites pensées dans ma roulotte, si je les abandonnais pour faire fortune ?

 Qu’il me plaît d’observer les arbres voyager ! Ils font escale sous chacune des étoiles.

 

 

 Jean-Marie Kerwich, L’ange qui boite (Le temps qu’il fait, 2005) 

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Etes-vous absolument certain que ce que Dieu veut pour vous, vous l'aurez?

21 Décembre 2013, 10:25am

Publié par Fr Greg.

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« Mon Dieu, je suis si persuadé que Vous veillez sur ceux qui espèrent en Vous, et qu’on ne peut manquer de rien quand on attend de Vous toutes choses, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci, et de me décharger sur Vous de toutes mes inquiétudes : in pace in idipsum dormiam et requiescam, quoniam Tu, Domine, singulariter in spe constituisti me (Ps. IV, 9). Les hommes peuvent me dépouiller et des biens et de l’honneur, les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de Vous servir, je puis même perdre Votre grâce par le péché ; mais jamais je ne perdrai mon espérance, je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vains efforts pour me l’arracher : in pace in idipsum dormiam et requiescam.

D’aucuns peuvent attendre leur bonheur de leurs richesses ou de leurs talents, d’autres s’appuyer sur l’innocence de leur vie, ou sur la rigueur de leur pénitence, ou sur le nombre de leurs aumônes, ou sur la ferveur de leurs prières ; Tu, Domine, singulariter in spe constituisti me : pour moi, Seigneur, toute ma confiance, c’est ma confiance même ; cette confiance ne trompa jamais personne : nullus, nullus speravit ira Domino et confusus est (Eccl. II, 11). Je suis donc assuré que je serai éternellement heureux, parce que j’espère fermement de l’être, et que c’est de Vous, ô mon Dieu que je l’espère. Je connais, hélas ! je ne connais que trop que je suis fragile et changeant, je sais ce que peuvent les tentations contre les vertus les mieux affermies, j’ai vu tomber les astres du ciel et les colonnes du firmament, mais tout cela ne peut m’effrayer : tant que j’espérerai je me tiens à couvert de tous les malheurs, et je suis assuré d’espérer toujours parce que j’espère encore cette invariable espérance.

Enfin, je suis sûr que je ne puis trop espérer en Vous, et que je ne puis avoir moins que ce que j’aurai espéré de Vous. Ainsi, j’espère que Vous me tiendrez dans les penchants les plus rapides, que Vous me soutiendrez contre les plus furieux assauts, et que Vous ferez triompher ma faiblesse de mes plus redoutables ennemis ; j’espère que Vous m’aimerez toujours, et que je Vous aimerai aussi sans relâche ; et, pour porter tout d’un coup mon espérance aussi loin qu’elle peut aller, je Vous espère Vous-même de Vous-même, ô mon Créateur, et pour le temps et pour l’éternité. »

 

Ainsi soit-il !

Claude de la Colombière

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Vatican II fut comme le nouvel avent de l'Eglise...

20 Décembre 2013, 10:52am

Publié par Fr Greg.

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Le « Concile Vatican II […] a été pour l’Église un grand tournant. Ce concile, qualifié superficiellement de "pastoral", me semble plutôt être celui de la charité fraternelle, au sens le plus grand de l’expression. Il a uni très profondément les évêques du monde entier dans l’expérience du peuple de Dieu, il a ouvert d’authentiques perspectives en vue de l’unité – par rapport à l’œcuménisme −, et n’a jeté d’anathème sur personne, n’a condamné personne. En fait, ce concile a été pour l’Église un appel à vivre dans une charité fraternelle plus effective, plus intense, dans laquelle nous devons découvrir ce qu’est pour nous – personnellement – le mystère de l’Église, c’est-à-dire le mystère de la communion dans le Christ, sous la conduite de l’Esprit Saint qui nous conduit vers le Père. Cela requiert de nous de vivre beaucoup plus immédiatement notre finalité (dans un dépassement de nous-mêmes) à la lumière de la sagesse de la Croix (cf. 1 Co 1, 17 sqq.), à la lumière du primat de l’amour et de la recherche de la vérité, et de vivre cela dans une espérance eschatologique, dans la foi la plus radicale, la plus contemplative, et dans la charité fraternelle la plus intense, la plus donnée. Si depuis Vatican II, l’Église ne condamne plus, c’est pour entrer dans la dernière semaine de Jésus, où il s’offre, où il ne condamne plus, où il dit qu’il n’est venu que pour rendre témoignage à la vérité (Jn 18, 37)… où il se met sur la Croix. […]

Nous savons dans la foi que, par la victoire du Christ, nous sommes victorieux de toutes ces situations-limites ; non pas de façon éclatante, ostentatoire, mais au plus intime de notre cœur, en ayant une compassion et une miséricorde toujours plus grandes à l’égard des hommes d’aujourd’hui, d’une humanité errante qui n’a pas la foi et l’espérance dans le Christ, et qui ne voit ni solution ni issue à son angoisse. Nous avons, face à ces situations-limites, un témoignage à donner, celui de l’espérance dans le Christ, dans la victoire de l’amour que nous manifeste le mystère de la Croix. Le mystère de la Croix est une grande victoire, cachée mais définitive, la victoire sur la mort. C’est ce que l’Église est appelée à vivre, au terme de l’ultime semaine à travers les grandes luttes qu’elle connaît présentement, parce que sa mission est la même que celle du Christ ; c’est une seule mission, le pape [Jean-Paul II] l’a écrit dans sa première encyclique [Redemptor hominis, 4 mars 1979, n° 7 : "L’Église ne cesse jamais de revivre [la] mort [du Christ] sur la croix et sa résurrection qui constituent le contenu de la vie quotidienne de l’Église. […] L’Église vit [le] mystère [du Christ], elle y puise sans jamais se lasser, et elle recherche continuellement tous les moyens pour rendre ce mystère de son Maître et Seigneur proche du genre humain, des peuples, des nations, des générations qui se succèdent, de chaque homme en particulier […]. L’Église demeure dans la sphère du mystère de la Rédemption, qui est justement devenu le principe fondamental de sa vie et de sa mission"; n° 14 : l’"homme est la première route que l’Église doit parcourir en accomplissant sa mission : il est la première route et la route fondamentale de l’Église, route tracée par le Christ lui-même, route qui, de façon immuable, passe par le mystère de l’Incarnation et la Rédemption"] et ne cesse, depuis, de le répéter. Cela signifie que l’Église doit vivre ce que le Christ a lui-même vécu, jusqu’au terme, le mystère de la Croix… Peut-être entre-t-elle à présent dans la Passion ? Les témoins que sont la petite Thérèse et Marthe, Maximilien-Marie Kolbe et mère Teresa semblent l’indiquer ».

 

Père Marie-Dominique Philippe, À l’aube du dernier jour, Paris, p. 21-23. 

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La différence des sexes: ringard?!

19 Décembre 2013, 10:50am

Publié par Fr Greg.

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Tout le progrès de la société passe par la singularité des individus. L’être singulier refuse le nivellement. Il cherche à être autre et c’est ainsi qu’il apporte quelque chose aux autres. Sans singulier pas de pluriel. Un être indifférencié n’est rien.

Celui qui, pourri de bonnes intentions et de bons sentiments, se soucie de ne pas se distinguer des autres et se réjouit d’être confondu dans la foule qu’il appelle communauté, celui-là est un parasite. Il n’est qu’un numéro parmi les autres. Le généreux est celui qui, loin de s’annuler, renforce sa différence, et, par l’affirmation de sa singularité, enrichit la société. Pour donner il faut d’abord exister.

Il est essentiel de créer la  différence au lieu de la réduire. Il ne s’agit pas des inégalités sociales qu’il faut supprimer par le jeu de la fiscalité, ce qui serait aisé, si on le voulait. Il s’agit de la diversité des vocations et des goûts, de l’éveil et du développement des originalités. Les hommes et les femmes vivants font la société vivante. Le but de l’éducation doit être de faire des hommes et des femmes vivants. Ce n’est pas en supprimant les difficultés, en évitant l’effort que l’on rend service, c’est en aidant l’autre à dégager sa singularité, à devenir lui-même. Le conformisme intellectuel vaut l’Inquisition. Il ne fait pas flamber les corps, il éteint les esprits, ôte à l’homme son bien le plus précieux, la liberté de l’esprit. Ceux qui naïvement, voient en n’importe quel enfant un Mozart ou un Rimbaud, au moins, font confiance à la liberté.

Des hommes et des femmes qui n’ont pas fait d’études ont souvent une justesse de ton, un style, à faire pâlir d’envie les esthètes.  Pourquoi s’acharner à couler tous et toutes dans le même moule ? Il faudrait distinguer l’originalité, l’aptitude à dominer les faits, la capacité de tenir le coup, de persévérer. S’il est un jeu utile à enseigner et à pratiquer c’est le jeu de la constance.

La constance est le contraire de la passivité. L’idéal de la société actuelle est que chacun occupe sans murmurer son alvéole dans la ruche, alvéole non choisi mais imposé. La qualité essentielle exigée est la soumission. Pour faire passer la pilule, on l’appelle sens social, ouverture à l’autre, esprit de coopération. La véritable coopération est autre chose, elle est mise au service de la collectivité de ses propres forces, telles qu’elles existent, sans concession ni camouflage. C’est à chacun de s’engager, dans la pleine conscience de sa singularité et de sa responsabilité. Le combat politique doit aboutir à donner à tous des conditions de vie leur permettant de devenir des êtres singuliers, d’exister comme des individus.

La différence des sexes, au centre de l’être humain, dans ce qu’il y a de plus intime, révèle la valeur universelle de la différence. La sexualité donne à voir physiquement que sans la différence il n’y aurait que morne duplication. La persistance, à travers toutes les civilisations, de l’image hiérogamique, de l’union du ciel et de la terre, de l’homme et de la femme, montre que l’humanité a toujours accordé à la différenciation sexuelle une signification métaphysique, celle de l’union dans la différence.

 

Jacques de Bourbon Busset, Tu ne mourras pas.

 

 

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Mozart... by Maria João Pires

18 Décembre 2013, 10:54am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

 


 

 

Et, performance incroyable: elle attendait un autre concerto de Mozart lors d'un concert...!!

 

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"La prière de l'homme est la faiblesse de Dieu"

17 Décembre 2013, 09:02am

Publié par Fr Greg.

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      Le Seigneur écoute les souffrances de son peuple, et il incombe aux hommes d’Eglise de les présenter au Seigneur à travers la prière ». En effet, « lorsque le Seigneur prend la défense de son peuple, il est un guerrier implacable ». Mais la souffrance du peuple doit être ressentie au fond du cœur, comme Dieu l’a fait pour le peuple guidé par Moise.

Au cœur de l’Evangile où Jésus invite à prier sans se fatiguer, en racontant la parabole de la veuve qui demande avec insistance à un juge inique d’obtenir justice. « Ainsi, Dieu fait et fera justice pour ses élus, qui crient jour et nuit vers Lui », comme cela est arrivé avec Israël guidé par Moise en dehors de l’Egypte. « Quand Moise appelle, il dit : ‘J’ai entendu la plainte, la lamentation de mon peuple ‘. Le Seigneur écoute. Et dans la première Lecture nous avons entendu ce qu’a fait le Seigneur, cette parole toute puissante’. Quand le Seigneur prend la défense de son peuple, il est ainsi : un guerrier implacable qui sauve son peuple. Il sauve, et renouvelle tout : ‘Toute la Création fut modelée de nouveau dans sa propre nature comme avant’. ‘ La Mer Rouge devint une route sans obstacles, et ceux que ta main protégeait, passèrent avec tout le peuple’ ».

Frapper à la porte du coeur de Dieu

Le Seigneur, « a entendu la prière de son peuple, parce qu’il a senti dans son cœur que ses élus souffraient », et il sauve son peuple de manière puissante : « Voilà la force de Dieu. Et quelle est la force des hommes ? Quelle est la force de l’homme ? Cette force de la veuve : frapper au cœur de Dieu, frapper, demander, se plaindre de ses problèmes, de ses douleurs et demander au Seigneur la libération de toutes ces douleurs, de ces péchés, de ces problèmes. La force de l’homme est la prière, et la prière de l’homme humble est aussi la faiblesse de Dieu. Le Seigneur est faible seulement en cela : il est faible face à la prière de son peuple. » « Le sommet de la force de Dieu, du salut de Dieu, réside dans l’Incarnation du Verbe ».

 

François, Pape.

http://www.news.va/

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Côte à côte

16 Décembre 2013, 10:40am

Publié par Fr Greg.

Il y a l'odeur du sang qui flotte sur ses rives
Et des pays meurtris comme autant de plaies vives,
Des îles barbelées, des murs qui emprisonnent.
Il y a un bel été qui ne craint pas l'automne,
En Méditerranée.

Dans ce bassin, je jouais lorsque j'étais enfant.
J'avais les pieds dans l'eau. Je respirais le vent.
Mes compagnons de jeux sont devenus des hommes,
Les frères de ceux-là que le monde abandonne,
En Méditerranée.
                         Georges Moustaki

 

 

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Des côtes du Sénégal aux côtes de Syrie, chaque jour des femmes, des enfants, des hommes montent dans des embarcations de fortune ou de la dernière chance où ils laissent effectivement fortune et parfois la vie. Des pateras aux chaluts, dans l’odeur poisseuse de l’angoisse, du mazout, du poisson, ils se serrent silencieusement, côte à côte. Combien de leurs ancêtres ont été arrachés à leurs pays, transportés à fond de cale, vendus…Signe des temps, cynisme des sociétés civilisées, aujourd’hui, les esclaves modernes payent eux-mêmes leur traversée.

Combien de leurs aïeux invités à donner leurs vies pendant nos dernières guerres européennes sur notre sol, le long de nos frontières, au fond de nos tranchées ?

Autant de destins joués sur une destination.

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Vingt mille noyés en vingt ans en Méditerranée. Au nom de quoi fuient-ils leurs côtes, au nom de quoi leur interdire les nôtres. Quelle théorie ou mesure de protectionnisme peut démontrer que les effets d’une migration acceptée et accueillie sont plus risqués que le fait de perdre la vie ?

Parmi eux, une jeune femme, enceinte, qui mettra au monde son enfant, comme elle peut, dans le fond d’une barque.

Au nom de quel danger faudra t’il qu’elle disparaisse sous les eaux, quelques heures plus tard, avec son nouveau né ?

Parmi eux, demain peut être l’un des jeunes que nous accompagnons sur un bout de son périple et qui partage insouciamment avec nous le jeu des vagues sur les plages d’Alger.

Au nom de quelle loi celui qui échappe à la mort dans son pays doit-il la trouver sur les côtes européennes ?

Parmi eux, celui sur qui compte sa famille pour survivre, comme certains de nos ancêtres l’ont fait.

Au nom de quelle logique, les biens et les richesses voyagent ils librement, lorsque les hommes en sont empêchés, surtout d’Est en Ouest et du Sud au Nord ?

 

Côte à côte, alignés, dans vos cercueils de bois, barques immobiles, pour une ultime traversée.

Dans la maladresse de l’émotion et de la honte vous a été accordée à titre posthume la nationalité du pays de votre mort. Quelques cent cinquante survivants du même naufrage seront, eux, poursuivis en justice pour entrée illégale et recel de vie sauvegardée.

Indiens d’aujourd’hui, faudra t’il désormais dire des migrants, qu’un bon migrant est un migrant mort ?

Dans l’adresse du calcul, on parle de renforcer les moyens des agences de protection de l’Europe, Frontex et Eurosur dont le devoir est de « surveiller », et l’on continue de condamner les bateaux de pêche qui se portent, bord à bord, au secours des survivants, au nom du « veiller sur ».

 

L’Europe a-t-elle oublié ses propres migrants fuyant les menaces de la guerre ou de la pauvreté économique ? A-t-elle oublié que le soutien américain et différents plans d’aide ont permis son redressement économique et sa participation au développement des échanges. N’a-t-elle pas saisie qu’il vaut mieux être partenaire qu’exploiteur ? Aurait-elle oublié sa redevabilité à défaut de sa générosité ?

L’Europe, prix Nobel de la Paix, ne mériterait elle pas plutôt d’être poursuivie pour crime contre l’humanité ? Car permettre la traite d’êtres humains, leur souffrance et leur mort au nom d’une logique sécuritaire préventive et non fondée s’apparente à ce qu’il faut bien appeler un crime.

Le taire  ou détourner les yeux ferait de nous des complices.

 

Encore combien d’autres, côte à côte, alignés, dans vos cercueils de bois, barques immobiles, pour une ultime traversée…

 JF Debargue, octobre 2013

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-Une ampoule sur trois éclaire en France grâce à l'uranium Nigérien, 
exploité par Areva.

-Le Niger, dernier pays au classement de l'indice humain est donc le premier 
fournisseur de la cinquième puissance mondiale (de par son PIB)

- Depuis 1970, Areva aurait extrait près de 120 000Tonnes d'uranium pour un 
coût estimé à 13% de sa valeur totale d'exportation. Bien entendu, aucune 
certitude que l'état Nigérien redistribue ces  "sous-recettes" qui ne 
représente par an que 5% du budget de l'état.

-Le Président du Niger, Mr Issoufou est un ex ingénieur des Mines formé en 
France, ex cadre d'Areva et ex directeur de la mine d'Arlit.

-90% de la population Nigérienne n'a pas accès à l'électricité!

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Une folle solitude

14 Décembre 2013, 10:22am

Publié par Fr Greg.

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Tout au long du XXe siècle, les enfants, dans leurs poussettes, ont fait face à l’adulte qui les promenait. Jusqu’aux années 70, où un retournement massif est intervenu : brusquement, on s’est mis à orienter les enfants vers l’avant. Pourquoi cette inversion ? La question, sous ses apparences anodines, nous entraîne dans une enquête inattendue et passionnante au cœur du monde contemporain. La démocratie et la science, nos références cardinales, ont contribué conjointement au retournement : l’une et l’autre privilégiant un sujet libéré du poids du passé, des entraves traditionnelles, un sujet regardant d’emblée vers l’avant et auto-construit. Sommes-nous pour autant devenus des surhommes qui tirent leur être d’eux-mêmes et élaborent de façon autonome leurs valeurs ? Ou bien sommes-nous restés des hommes qui, à récuser toutes les autorités, risquent de s’abandonner aux déterminismes aveugles et aux fantasmes régressifs que, vaille que vaille, les civilisations s’efforçaient d’apprivoiser ? Pour Olivier Rey, les récits inventés depuis un demi-siècle par la science-fiction sont moins fantaisistes qu’on ne le pense : ils nous instruisent sur un réel qui, sous des dehors rationnels, est plus que jamais gouverné par l’inconscient. Ses analyses éclairent les orientations actuelles de la biologie qui, s’emparant de la reproduction humaine, a entrepris de matérialiser des théories infantiles, de nous affranchir des chaînes généalogiques et de l’obscurité de l’origine sexuelle. L’examen des doctrines éducatives en usage, promouvant un enfant délivré de la tutelle des adultes, constructeur de ses savoirs et de lui-même, nous permet de mesurer à quel point l’utopie de l’auto-fondation a pénétré notre monde.

L’essentiel de la pensée contemporaine occidentale – et de la démocratie libérale – se ramène aujourd’hui à un projet d’autonomie du sujet. L’individu serait désormais capable de se construire seul, souverainement. L’auteur s’emploie ici à déconstruire ce « fantasme », celui d’une présomptueuse utopie qui est à la racine du désarroi moderne, et examine comment sauvegarder le principe de liberté tout en réapprenant ce que nous devons au principe civilisateur, celui de l’héritage et de la transmission (tradition et généalogie).

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Cette solitude provoquée n’est pas la panacée, même Sartre n’en assuma pas les conséquenses :

" Mais s’arracher à ce qu’on aime, le renier, n’est-ce pas absurde? Pour respecter « le beau mandat d’être infidèle à tout», il est donc préférable de ne rien aimer vraiment. Triste existence – à laquelle semblent répondre ces mots de Simone Weil : Les hommes sentent qu’une vie humaine dépourvue de fidélité est quelque chose de hideux. » Il ne s’agit pas, ici, de la fidélité paradante des hommes « de conviction » à ce qu’ils ont « toujours pensé », ou de celle, morose, ou qui fait serrer les mâchoires, que dicte le devoir, mais de la fidélité naturelle à des personnes, à des lieux, à des usages, à des manières d’être.. Incidemment, on remarquera que le rejet sartrien du passé figure dans un récit autobiographique que l’auteur fait débuter en 1850, avec l’évocation de son arrière-grand-père Schweitzer. Suivent deux cents pages évoquant son enfance, dans le décor cossu de l’avenue de l’Observatoire, entouré de la sollicitude permanente de sa mère, de sa grand-mère et de son grand-père qui, dans les rares périodes d’éloignement, lui écrivait des lettres en vers. Ajoutons qu’à quarante ans passés, Sartre se réinstalla chez sa mère, où il logea seize ans, avant que les risques d’attentats de l’OAS ne l’en chassent. Voilà beaucoup de passé, de généalogie, de napperons de dentelle et d’inertie bourgeoise héritée du XIXe siècle pour étayer la revendication d’autonomie et d’infidélité! Pour ceux à qui cet adossement fait défaut, la situation est plus délicate."   p245.

Une folle solitude. Le fantasme de l'homme autoconstruit. d'Olivier Rey.

 

 

 

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En chemin vers Rome !

13 Décembre 2013, 10:31am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

 

Après Compostelle, Edouard et Mathilde Cortès avaient décidé, pour leur voyage de noces, de mar­cher jusqu'à Jérusalem sur les pas des pre­miers pèle­rins. Aujourd'hui jeunes parents, ils sont partis sur les voies de Rome en famille.


Trois enfants, une car­riole et un âne, voilà le joyeux équipage parti à l'assaut de 1 300 kilo­mè­tres de che­mins. Bivouac sous la tente, tra­ver­sée des cols ennei­gés, émerveillement devant la nature, com­pli­cité et par­fois rébel­lion de l'âne Octave, ren­contres atta­chan­tes et sou­vent sur­pre­nan­tes, tout est là pour faire de ce pèle­ri­nage une aven­ture inou­blia­ble.


Depuis des siè­cles, Rome pousse les pèle­rins sur les che­mins, chacun ins­cri­vant son his­toire dans la tra­di­tion. Et la décou­verte sans doute la plus impor­tante d'Edouard, Mathilde et leurs enfants est celle qu'ils vont faire d'eux-mêmes, pas après pas...

 

« Ce livre de voyage n’est pas comme les autres. Cette famille, contrairement à ce qu’on pouvait craindre, ne se donne pas en spectacle ni en exemple. L’auteur cite d’ailleurs Théodule d’Orléans qui écrivait au IXe siècle : « Il vaut mieux vivre honnêtement chez soi que d’aller à Rome. » Le récit mêle judicieusement les anecdotes pèlerines, les mots d’enfant, les portraits de marcheurs ou d’hôtes, des références aux textes de ceux qui les précédèrent sur cette voie depuis le IIIe siècle, des rappels historiques sur le but du pèlerinage vers Rome.

 

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Mais ce qui fait le sel de ce texte, c’est la voix et le regard de l’âne, dont le maître imagine à chaque étape les pensées. L’âne qui un jour lui fait mordre la poussière alors qu’il essaye de le maîtriser, l’âne qui refuse systématiquement de lui obéir lorsqu’il faut traverser un gué mais cède à la douce pression de sa fille aînée. Ce jour-là, l’âne, son maître intérieur en quelque sorte, note : « On mène un âne comme on mène son âme. Plus on lâche les rênes, plus on avance. Qu’il arrête de croire que c’est lui qui dirige, qu’il lâche la bride. » On dirait du saint François de Sales…


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Dès le départ, l’âne se moque de la vanité de Cortès, de ses rêves d’aventure, de sa quête intérieure. Plus tard, il médite : « Pourquoi mon maître se charge-t-il d’un fardeau qu’il ne peut porter seul ? Il ne devrait pas pleurnicher à tout bout de champ en disant : Mon Dieu, j’ai un grand problème. Moi quand j’ai un gué profond à traverser, je prie ainsi : Problème, j’ai un grand Seigneur. » Un starets n’aurait pas dit mieux…"


Edouard Cortès, écrivain-voya­geur, est l'auteur de plu­sieurs récits dont Un chemin de pro­mes­ses, écrit avec sa femme Mathilde et publié aux éditions XO.

Idée cadeau? Un livre avec une dédicace -5% en passant par leur site:

 

www.enchemin.org

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François, Person of the year for Time

12 Décembre 2013, 10:18am

Publié par Fr Greg.

 

François, personnalité de l'année pour le Time


 

 

Le pape François a été élu "personne de l'année" 2013 par le Time Magazine, titre emblématique de la presse américaine.

 


Il est rare qu'un nouvel acteur de la scène mondiale suscite autant d'attention si rapidement, que ce soit parmi les jeunes ou les plus âgés, parmi les croyants ou les sceptiques", a expliqué la directrice de la rédaction de Time Nancy Gibbs en expliquant le choix du pape François, parvenu en mars à la tête de l'Eglise catholique.

 

 

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"Pour avoir tiré la papauté hors de son palais afin de l'emmener dans la rue, pour avoir poussé la plus grande Église au monde à faire face à ses besoins les plus profonds, et pour avoir fait le juste équilibre entre jugement et compassion, le pape François est la personne de l'année 2013 de Time", a encore souligné Mme Gibbs.

Une "humilité incroyable", selon Obama

Le Vatican s'est réjoui de cette nomination. "C'est un signe positif que l'une des récompenses les plus prestigieuses des médias internationaux revienne à une personne qui prêche des valeurs spirituelles, religieuses et morales dans le monde et prône véritablement la paix et la justice", a déclaré le porte-parole du plus petit État au monde, Federico Lombardi.

"Si cela peut donner de l'espoir aux hommes et aux femmes, alors le pape est heureux", a-t-il assuré.

 

Le président américain Barack Obama, lui-même élu personne de l'année 2012 par le magazine Time, avait estimé en octobre que le pape François possède une "humilité incroyable, un sens de l'empathie pour les petits, les pauvres. C'est quelqu'un qui pense d'abord à se rapprocher des gens plutôt qu'à les repousser, à trouver ce qui est bon chez eux".

«Le monde se rétrécit, les individus prennent de plus en plus de place et la technologie s'insinue partout mais son enseignement, lui, est visible jusqu'aux extrémités de la terre. Quand il embrasse un homme défiguré par la maladie ou quand il lave les pieds d'une femme musulmane, l'image résonne loin, au-delà des limites de l'Église catholique».

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L’ange qui boite

11 Décembre 2013, 10:26am

Publié par Fr Greg.

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Même la neige espère comme une enfant un peu de neige, tant chaque élément de la

nature nous ressemble.

 Que c’est beau le visage d’une main qui se lève pour nous saluer !

 Une roulotte de bohémien est un château au pied d’un arbre.

 Le pain est un roi qui nous tend la main.

 La douleur était mon professeur de lettres. J’étais le premier des derniers, au fond de

la classe. Je me revois les bras croisés sur mon pupitre. Sur mon cahier j’écrivais des pensées qui ressemblaient à des chemins de blé. Chaque phrase était pareille à une feuille morte ou un caillou qui devenait un poème — quand je ne savais même pas ce qu’était un poème.

 

Jean-Marie Kerwich, L’ange qui boite (Le temps qu’il fait, 2005)

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Amitié

10 Décembre 2013, 10:59am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

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L’exultation de l’enfant du Père

9 Décembre 2013, 10:54am

Publié par Fr Greg.

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« Jésus, exultant de joie sous l’action de l’Esprit-Saint dit : ‘Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m’a été confié par mon Père ; personne ne connait qui est le Fils sinon le Père, et personne ne connait qui est le Père sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »

La grâce de l’avent c’est de nous remettre devant ce don gratuit de Jésus : c’est un don qui s’impose et qui nous met immédiatement face au Père. Dans la foi, on vit –au-delà de notre conscience- du lien de Jésus au Père ! C’est pour ça que tout ce temps et tout notre vie chrétienne doit être marqués par l’action de grâce ; non pas pour dire merci : ce serait encore nos bonnes manières : il n’y a pas de politesse ni de convenances en Dieu : tout est absolument simple en Lui ! Action de grâce : parce que c’est ce que vit Jésus face au Père, une action de grâce divine: c’est cela qu’il nous donne de vivre et qui doit nous marquer : demeurer dans celui qui est actuellement source ! Et, c’est cela connaitre le Père.

Mais Jésus peut nous introduire dans cette connaissance du Père, seulement si nous devenons des ‘tout-petits’, c’est-à-dire si nous brulons notre intelligence de sage et de savant ; La Sagesse et la science ne sont pas mauvaise ! Au contraire ! La sagesse est le développement naturel et ultime de notre intelligence qui cherche à remonter à sa source, qui cherche le premier –le propre du sage c’est de tout ordonner en fonction du premier- et la science, c’est la connaissance du nécessaire, de ce qui n’est pas contingent ou accidentel. Le sage est suspendu au premier, alors que le propre du savant c’est de posséder sa connaissance.

La foi réclame de nous que nous soyons des tout petits pour être introduit dans cette lumière qui nous dépasse : Jésus introduit un nouvel ordre, un commencement toujours nouveau; La vie évangélique n’est plus selon notre prudence humaine (sagesse pratique) ou selon un mode de vie de ce que le bon sens appelle un ‘sage’ : il s’agit de vivre selon la folie de Dieu, et cela seuls les tout petits peuvent accepter d’entrer entièrement dans ce qui n’est pas ‘raisonnable’ : ce n’est pas une histoire de moyens pratique ou de résolution, il s’agit de laisser quelqu’un qui est Dieu débarquer chez soi.

Cela implique nécessairement de choisir de bruler tout ce qu’on croit savoir, que notre savoir acquis ne soit plus la mesure de la lumière dans laquelle il veut nous introduire : le tout petit c’est celui qui ne sait pas et qui se laisse conduire.

Suivre ce chemin de petitesse, devenir le tout petit du Père, tel l’embryon dans le sein de sa mère, est absolument nécessaire, parce que notre vie chrétienne n’est pas ce que nous faisons, mais ce que nous sommes fait : vivre du Père c’est tout attendre de Lui, comme l’embryon est ce qu’il reçoit de sa mère, totalement dépendant d’elle, dans une passivité radicale.

 

Fr Grégoire. 

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Grandeur de l'abandon...

8 Décembre 2013, 10:19am

Publié par Fr Greg.

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L'enfant de Dieu est celui qui vit de foi, d'espérance et d'amour. Quelle est l'attitude spontanée de l'enfant à l'égard de son père ? C'est l'amour. La foi et l'espérance sont entièrement ordonnées à la charité, pour lui permettre d'être véritablement un amour d'amitié à l'égard de Dieu, un amour d'amitié qui doit croître, qui doit tout prendre dans notre vie. C'est à cela que concourent la foi et l'espérance".

Le geste spontané de l'enfant de Dieu est donc d'aimer son Père. Mais comme cet enfant est en même temps une créature, il faut que le geste d'adoration et le geste d'amour s'unissent en un geste unique, qui est justement le geste d'abandon.

Si on analyse l'abandon du point de vue théologique, on s'aperçoit qu'il exige l'amour. Pour s'abandonner vraiment, il faut faire une confiance totale en l'amour surabondant du Père, ne plus regarder que son amour excessif. S'abandonner consiste à s'appuyer entièrement sur la miséricorde du Père, à n'avoir aucun point d'appui. L'abandon exige le sens de la miséricorde prévenante du Père, de cette miséricorde proprement immense, qui est abîme d'amour surabondant, excessif, qui dépasse tout ce que nous pouvons expérimenter. Ce sens divin de la miséricorde provient de la foi vive et de l'espérance. La foi vive ne nous fait-elle pas découvrir dans le mystère de Dieu ce qui est le plus intime, sa miséricorde inlassable et fidèle? L'espérance ne s'appuie-t-elle pas sur la toute-puissance miséricordieuse du Père ?

Mais l'enfant de Dieu étant aussi une créature, il faut que cet amour, qui s'appuie entièrement sur la toute-puissance divine, l'anéantisse en face de Dieu et le fasse se considérer comme rien, le livrant totalement au bon plaisir du Père, pour que Dieu fasse de lui ce qu'il veut. L'abandon exige cette attitude, car il demande de n'avoir plus aucun souci, aucune inquiétude à l'égard des biens humains. Tout ce qui est avidité naturelle, recherche trop humaine, doit s'effacer et disparaître pour ne laisser place qu'à la seule volonté de Dieu. Cela exige nécessairement un acte d'holocauste très intérieur: l'holocauste de la volonté, du jugement propre, l'holocauste de tout ce que la vie humaine peut avoir de grand, de toutes les aspirations humaines. Sans cet holocauste il ne peut pas y avoir d'abandon. Mais cet holocauste doit être entièrement brûlé par l'amour. Il ne s'agit pas seulement du geste d'adoration normal de la créature, mais d'un geste d'adoration entièrement transformé par la foi, l'espérance et l'amour. C'est donc une adoration qui devient tout à fait intérieure.

 

L'abandon, dans le sens le plus profond, est vraiment cette union de l'adoration et de l'amour, qui nous fait nous effacer complètement en face de la miséricorde inépuisable du Père ou, pour mieux dire, qui nous fait nous précipiter dans cette miséricorde pour qu'elle s'empare totalement de tout ce qui est en nous, qu'elle prenne possession de toutes les forces vives de notre être. Par cet acte d'abandon nous désirons que cette miséricorde s'exerce le plus parfaitement possible sur tout nous-même; c'est pourquoi nous offrons à la miséricorde de Dieu tout ce qui est en notre pouvoir : toutes nos facultés, le développement de notre vie, tout ce qui en nous demande à croître et à s'épanouir ; tout cela nous le remettons à la miséricorde du Père pour qu'elle pénètre au plus intime de toute notre vie.

Marie Dominique Philippe, O.P, Trois mystères de miséricorde.

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Les poètes

7 Décembre 2013, 10:19am

Publié par Fr Greg.

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J’ai appris à écrire sur le cahier de la souffrance. Si Dieu choisit ses poètes, mieux vaut ne pas croiser son regard, car la mission est sans pitié. J’ai écrit deux livres mais ce ne sont pas des livres : ce sont des morceaux de ma chair, un bout de bras, une main. Le poète est consumé par l’âme et le cœur. Son écriture est enchaînée à sa vie.

Aucune échappatoire : il appartient à Dieu, il est son martyr. Cet homme est un peuplier qui suit le rythme du vent. Il porte des chaussures gitanes à talons hauts, on voit son esprit trébucher le long de la chaussée. J’ai connu quelques grands poètes.

Ce sont des vagabonds des mots, des princes des rues sales. Ce sont des gens qui font peur. Leurs yeux vous déshabillent l’âme : ils ont une capacité animale à vous deviner qui ferait peur à un cougard. Mais c’est cette grâce qui me séduit, car ils sont seuls à tenir la pluie par la main.

 

 

Jean-Marie Kerwich,L’Évangile du gitan (Le Mercure de France, 2008)

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La Joie de l’Évangile... vous y croyez encore..??! (III)

6 Décembre 2013, 10:27am

Publié par Fr Greg.

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Une Eglise pauvre pour les pauvres, par qui nous devons nous laisser évangéliser
198. Pour l’Église, l’option pour les pauvres est une catégorie théologique avant d’être culturelle, sociologique, politique ou philosophique. Dieu leur accorde « sa première miséricorde ». Cette préférence divine a des conséquences dans la vie de foi de tous les chrétiens, appelés à avoir « les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2, 5). Inspirée par elle, l’Église a fait une option pour les pauvres, entendue comme une « forme spéciale de priorité dans la pratique de la charité chrétienne dont témoigne toute la tradition de l’Église ». Cette option – enseignait Benoît XVI – « est implicite dans la foi christologique en ce Dieu qui s’est fait pauvre pour nous, pour nous enrichir de sa pauvreté ». Pour cette raison, je désire une Église pauvre pour les pauvres. Ils ont beaucoup à nous enseigner. En plus de participer au sensus fidei, par leurs propres souffrances ils connaissent le Christ souffrant. Il est nécessaire que tous nous nous laissions évangéliser par eux. La nouvelle évangélisation est une invitation à reconnaître la force salvifique de leurs existences, et à les mettre au centre du cheminement de l’Église. Nous sommes appelés à découvrir le Christ en eux, à prêter notre voix à leurs causes, mais aussi à être leurs amis, à les écouter, à les comprendre et à accueillir la mystérieuse sagesse que Dieu veut nous communiquer à travers eux.


La politique, une des formes les plus précieuses de la charité

205. Je demande à Dieu que s’accroisse le nombre d’hommes politiques capables d’entrer dans un authentique dialogue qui s’oriente efficacement pour soigner les racines profondes et non l’apparence des maux de notre monde ! La politique tant dénigrée, est une vocation très noble, elle est une des formes les plus précieuses de la charité, parce qu’elle cherche le bien commun. Nous devons nous convaincre que la charité « est le principe non seulement des micro-relations : rapports amicaux, familiaux, en petits groupes, mais également des macro-relations : rapports sociaux, économiques, politiques ». Je prie le Seigneur qu’il nous offre davantage d’hommes politiques qui aient vraiment à cœur la société, le peuple, la vie des pauvres ! Il est indispensable que les gouvernants et le pouvoir financier lèvent les yeux et élargissent leurs perspectives, qu’ils fassent en sorte que tous les citoyens aient un travail digne, une instruction et une assistance sanitaire. Et pourquoi ne pas recourir à Dieu afin qu’il inspire leurs plans ? Je suis convaincu qu’à partir d’une ouverture à la transcendance pourrait naître une nouvelle mentalité politique et économique, qui aiderait à dépasser la dichotomie absolue entre économie et bien commun social.

Immigration : être accueillant et généreux

210 (…). Les migrants me posent un défi particulier parce que je suis Pasteur d’une Église sans frontières qui se sent mère de tous. Par conséquent, j’exhorte les pays à une généreuse ouverture, qui, au lieu de craindre la destruction de l’identité locale, soit capable de créer de nouvelles synthèses culturelles. Comme elles sont belles les villes qui dépassent la méfiance malsaine et intègrent ceux qui sont différents, et qui font de cette intégration un nouveau facteur de développement ! Comme elles sont belles les villes qui, même dans leur architecture, sont remplies d’espaces qui regroupent, mettent en relation et favorisent la reconnaissance de l’autre !

L’urgence, pour l’évangélisation, de l’unité entre les chrétiens

246. Étant donné la gravité du contre témoignage de la division entre chrétiens, particulièrement en Asie et en Afrique, la recherche de chemins d’unité devient urgente. Les missionnaires sur ces continents répètent sans cesse les critiques, les plaintes et les moqueries qu’ils reçoivent à cause du scandale des chrétiens divisés. Si nous nous concentrons sur les convictions qui nous unissent et rappelons le principe de la hiérarchie des vérités, nous pourrons marcher résolument vers des expressions communes de l’annonce, du service et du témoignage. La multitude immense qui n’a pas reçu l’annonce de Jésus Christ ne peut nous laisser indifférents. Néanmoins, l’engagement pour l’unité qui facilite l’accueil de Jésus Christ ne peut être pure diplomatie, ni un accomplissement forcé, pour se transformer en un chemin incontournable d’évangélisation. Les signes de division entre les chrétiens dans des pays qui sont brisés par la violence, ajoutent d’autres motifs de conflit de la part de ceux qui devraient être un actif ferment de paix. Elles sont tellement nombreuses et tellement précieuses, les réalités qui nous unissent ! Et si vraiment nous croyons en la libre et généreuse action de l’Esprit, nous pouvons apprendre tant de choses les uns des autres ! Il ne s’agit pas seulement de recevoir des informations sur les autres afin de mieux les connaître, mais de recueillir ce que l’Esprit a semé en eux comme don aussi pour nous. Simplement, pour donner un exemple, dans le dialogue avec les frères orthodoxes, nous les catholiques, nous avons la possibilité d’apprendre quelque chose de plus sur le sens de la collégialité épiscopale et sur l’expérience de la synodalité. A travers un échange de dons, l’Esprit peut nous conduire toujours plus à la vérité et au bien.


Le lien  avec nos frères aînés dans la foi

249. Dieu continue à œuvrer dans le peuple de la première Alliance et fait naître des trésors de sagesse qui jaillissent de sa rencontre avec la Parole divine. Pour cela, l’Église aussi s’enrichit lorsqu’elle recueille les valeurs du Judaïsme. Même si certaines convictions chrétiennes sont inacceptables pour le Judaïsme, et l’Église ne peut pas cesser d’annoncer Jésus comme Seigneur et Messie, il existe une riche complémentarité qui nous permet de lire ensemble les textes de la Bible hébraïque et de nous aider mutuellement à approfondir les richesses de la Parole, de même qu’à partager beaucoup de convictions éthiques ainsi que la commune préoccupation pour la justice et le développement des peuples.

 

Islam : appel à la réciprocité

253 (…) Nous chrétiens, nous devrions accueillir avec affection et respect les immigrés de l’Islam qui arrivent dans nos pays, de la même manière que nous espérons et nous demandons à être accueillis et respectés dans les pays de tradition islamique. Je prie et implore humblement ces pays pour qu’ils donnent la liberté aux chrétiens de célébrer leur culte et de vivre leur foi, prenant en compte la liberté dont les croyants de l’Islam jouissent dans les pays occidentaux ! Face aux épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence.

La contemplation, âme de l’évangélisation

264. La première motivation pour évangéliser est l’amour de Jésus que nous avons reçu, l’expérience d’être sauvés par lui qui nous pousse à l’aimer toujours plus. Mais, quel est cet amour qui ne ressent pas la nécessité de parler de l’être aimé, de le montrer, de le faire connaître ? Si nous ne ressentons pas l’intense désir de le communiquer, il est nécessaire de prendre le temps de lui demander dans la prière qu’il vienne nous séduire. Nous avons besoin d’implorer chaque jour, de demander sa grâce pour qu’il ouvre notre cœur froid et qu’il secoue notre vie tiède et superficielle (…) Qu’il est doux d’être devant un crucifix, ou à genoux devant le Saint-Sacrement, et être simplement sous son regard ! Quel bien cela nous fait qu’il vienne toucher notre existence et nous pousse à communiquer sa vie nouvelle ! (…) La meilleure motivation pour se décider à communiquer l’Évangile est de le contempler avec amour, de s’attarder en ses pages et de le lire avec le cœur. Si nous l’abordons de cette manière, sa beauté nous surprend, et nous séduit chaque fois (…)

Sur cette terre, je suis une mission

273. La mission au cœur du peuple n’est ni une partie de ma vie ni un ornement que je peux quitter, ni un appendice ni un moment de l’existence. Elle est quelque chose que je ne peux pas arracher de mon être si je ne veux pas me détruire. Je suis une mission sur cette terre, et pour cela je suis dans ce monde. Je dois reconnaître que je suis comme marqué au feu par cette mission afin d’éclairer, de bénir, de vivifier, de soulager, de guérir, de libérer. Là apparaît l’infirmière dans l’âme, le professeur dans l’âme, le politique dans l’âme, ceux qui ont décidé, au fond, d’être avec les autres et pour les autres. Toutefois, si une personne met d’un côté son devoir et de l’autre sa vie privée, tout deviendra triste, et elle vivra en cherchant sans cesse des gratifications ou en défendant ses propres intérêts. Elle cessera d’être peuple.

Le style missionnaire de Marie

 

288. Il y a un style marial dans l’activité évangélisatrice de l’Église. Car, chaque fois que nous regardons Marie nous voulons croire en la force révolutionnaire de la tendresse et de l’affection. En elle, nous voyons que l’humilité et la tendresse ne sont pas les vertus des faibles, mais des forts, qui n’ont pas besoin de maltraiter les autres pour se sentir importants. En la regardant, nous découvrons que celle qui louait Dieu parce qu’« il a renversé les potentats de leurs trônes » et « a renvoyé les riches les mains vides » (Lc 1, 52.53) est la même qui nous donne de la chaleur maternelle dans notre quête de justice. C’est aussi elle qui « conservait avec soi toutes ces choses, les méditant en son cœur » (Lc 2, 19). Marie sait reconnaître les empreintes de l’Esprit de Dieu aussi bien dans les grands événements que dans ceux qui apparaissent imperceptibles. Elle contemple le mystère de Dieu dans le monde, dans l’histoire et dans la vie quotidienne de chacun de nous et de tous. Elle est aussi bien la femme orante et laborieuse à Nazareth, que notre Notre-Dame de la promptitude, celle qui part de son village pour aider les autres « en hâte » (cf. Lc 1, 39-45). Cette dynamique de justice et de tendresse, de contemplation et de marche vers les autres, est ce qui fait d’elle un modèle ecclésial pour l’évangélisation. Nous la supplions afin que, par sa prière maternelle, elle nous aide pour que l’Église devienne une maison pour beaucoup, une mère pour tous les peuples, et rende possible la naissance d’un monde nouveau. C’est le Ressuscité qui nous dit, avec une force qui nous comble d’une immense confiance et d’une espérance très ferme : « Voici, je fais l’univers nouveau ».

François, Pape.

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La Joie de l’Évangile... vous y croyez encore..??! (II)

5 Décembre 2013, 10:25am

Publié par Fr Greg.

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La mondanité spirituelle, danger pour l’Eglise

93. La mondanité spirituelle, qui se cache derrière des apparences de religiosité et même d’amour de l’Église, consiste à rechercher, au lieu de la gloire du Seigneur, la gloire humaine et le bien être personnel. C’est ce que le Seigneur reprochait aux pharisiens : « Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez la gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ? » (Jn 5, 44). Il s’agit d’une manière subtile de rechercher « ses propres intérêts, non ceux de Jésus-Christ » (Ph 2, 21). Elle prend de nombreuses formes, suivant le type de personne et la circonstance dans laquelle elle s’insinue. Du moment qu’elle est liée à la recherche de l’apparence, elle ne s’accompagne pas toujours de péchés publics, et, extérieurement, tout semble correct. Mais si elle envahissait l’Église, « elle serait infiniment plus désastreuse qu’une quelconque autre mondanité simplement morale ».


Le sacerdoce ministériel, un moyen que Jésus utilise au service de son peuple
104. Les revendications des droits légitimes des femmes, à partir de la ferme conviction que les hommes et les femmes ont la même dignité, posent à l’Église des questions profondes qui la défient et que l’on ne peut éluder superficiellement. Le sacerdoce réservé aux hommes, comme signe du Christ Époux qui se livre dans l’Eucharistie, est une question qui ne se discute pas, mais peut devenir un motif de conflit particulier si on identifie trop la puissance sacramentelle avec le pouvoir. Il ne faut pas oublier que lorsque nous parlons de pouvoir sacerdotal « nous sommes dans le concept de la fonction, non de la dignité et de la sainteté ». Le sacerdoce ministériel est un des moyens que Jésus utilise au service de son peuple, mais la grande dignité vient du Baptême, qui est accessible à tous. La configuration du prêtre au Christ-Tête – c’est-à-dire comme source principale de la grâce – n’entraîne pas une exaltation qui le place en haut de tout le reste. Dans l’Église, les fonctions « ne justifient aucune supériorité des uns sur les autres ». De fait, une femme, Marie, est plus importante que les évêques. Même quand on considère la fonction du sacerdoce ministériel comme “hiérarchique”, il convient de bien avoir présent qu’« elle est totalement ordonnée à la sainteté des membres du Christ ». Sa clé et son point d’appui fondamental ne sont pas le pouvoir entendu comme domination, mais la puissance d’administrer le sacrement de l’Eucharistie ; de là dérive son autorité, qui est toujours un service du peuple. C’est un grand défi qui se présente ici aux pasteurs et aux théologiens, qui pourraient aider à mieux reconnaître ce que cela implique par rapport au rôle possible de la femme là où se prennent des décisions importantes, dans les divers milieux de l’Église.

 

Consacrer du temps à la préparation des homélies

145. La préparation de la prédication est une tâche si importante qu’il convient d’y consacrer un temps prolongé d’étude, de prière, de réflexion et de créativité pastorale (…) Certains curés soutiennent souvent que cela n’est pas possible en raison de la multitude des tâches qu’ils doivent remplir ; cependant, j’ose demander que chaque semaine, un temps personnel et communautaire suffisamment prolongé soit consacré à cette tâche, même s’il faut donner moins de temps à d’autres engagements, même importants. La confiance en l’Esprit Saint qui agit dans la prédication n’est pas purement passive, mais active et créative. Elle implique de s’offrir comme instrument (cf.Rm 12, 1), avec toutes ses capacités, pour qu’elles puissent être utilisées par Dieu. Un prédicateur qui ne se prépare pas n’est pas “spirituel”, il est malhonnête et irresponsable envers les dons qu’il a reçus.

La première annonce


164. (…) Sur la bouche du catéchiste revient toujours la première annonce : “Jésus Christ t’aime, il a donné sa vie pour te sauver, et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t’éclairer, pour te fortifier, pour te libérer”. Quand nous disons que cette annonce est “la première”, cela ne veut pas dire qu’elle se trouve au début et qu’après elle est oubliée ou remplacée par d’autres contenus qui la dépassent. Elle est première au sens qualitatif, parce qu’elle est l’annonce principale, celle que l’on doit toujours écouter de nouveau de différentes façons et que l’on doit toujours annoncer de nouveau durant la catéchèse sous une forme ou une autre, à toutes ses étapes et ses moments. Pour cela aussi « le prêtre, comme l’Église, doit prendre de plus en plus conscience du besoin permanent qu’il a d’être évangélisé ».


La place fondamentale de la Parole de Dieu, inséparable de l’Eucharistie

174. Ce n’est pas seulement l’homélie qui doit se nourrir de la Parole de Dieu. Toute l’évangélisation est fondée sur elle, écoutée, méditée, vécue, célébrée et témoignée. La Sainte Écriture est source de l’évangélisation. Par conséquent, il faut se former continuellement à l’écoute de la Parole. L’Église n’évangélise pas si elle ne se laisse pas continuellement évangéliser. Il est indispensable que la Parole de Dieu « devienne toujours plus le cœur de toute activité ecclésiale ». La Parole de Dieu écoutée et célébrée, surtout dans l’Eucharistie, alimente et fortifie intérieurement les chrétiens et les rend capables d’un authentique témoignage évangélique dans la vie quotidienne. Nous avons désormais dépassé cette ancienne opposition entre Parole et Sacrement. La Parole proclamée, vivante et efficace, prépare à la réception du sacrement et dans le sacrement cette Parole atteint son efficacité maximale.

François, Pape.

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La Joie de l’Évangile... vous y croyez encore..??!

4 Décembre 2013, 15:48pm

Publié par Fr Greg.

Extraits de la première exhortation du Pape François.

 

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Œuvre de Dieu, l’évangélisation nous demande tout, mais en même temps elle nous offre tout

12. Bien que cette mission [évangéliser] nous demande un engagement généreux, ce serait une erreur de la comprendre comme une tâche personnelle héroïque, puisque l’œuvre est avant tout la sienne, au-delà de ce que nous pouvons découvrir et comprendre. Jésus est « le tout premier et le plus grand évangélisateur » (cf. Paul VI, Evangelii Nutiandi) Dans toute forme d’évangélisation, la primauté revient toujours à Dieu, qui a voulu nous appeler à collaborer avec lui et nous stimuler avec la force de son Esprit. La véritable nouveauté est celle que Dieu lui-même veut produire de façon mystérieuse, celle qu’il inspire, celle qu’il provoque, celle qu’il oriente et accompagne de mille manières. Dans toute la vie de l’Église, on doit toujours manifester que l’initiative vient de Dieu, que c’est « lui qui nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19) et que « c’est Dieu seul qui donne la croissance » (1 Co 3, 7). Cette conviction nous permet de conserver la joie devant une mission aussi exigeante qui est un défi prenant notre vie dans sa totalité. Elle nous demande tout, mais en même temps elle nous offre tout.


Une Eglise transformée, au service de la mission

27. J’imagine un choix missionnaire capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, le langage et toute structure ecclésiale devienne un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation. La réforme des structures, qui exige la conversion pastorale, ne peut se comprendre qu’en ce sens : faire en sorte qu’elles deviennent toutes plus missionnaires, que la pastorale ordinaire en toutes ses instances soit plus expansive et ouverte, qu’elle mette les agents pastoraux en constante attitude de “sortie” et favorise ainsi la réponse positive de tous ceux auxquels Jésus offre son amitié. Comme le disait Jean-Paul II aux évêques de l’Océanie, « tout renouvellement dans l’Église doit avoir pour but la mission, afin de ne pas tomber dans le risque d’une Église centrée sur elle-même ». (cf. Ecclesia in oceania).

Une conversion pastorale qui aille dans le sens de la décentralisation et donne davantage d’autorité aux conférences épiscopales

32. Du moment que je suis appelé à vivre ce que je demande aux autres, je dois aussi penser à une conversion de la papauté. Il me revient, comme Évêque de Rome, de rester ouvert aux suggestions orientées vers un exercice de mon ministère qui le rende plus fidèle à la signification que Jésus-Christ entend lui donner, et aux nécessités actuelles de l’évangélisation (…) La papauté aussi, et les structures centrales de l’Église universelle, ont besoin d’écouter l’appel à une conversion pastorale. Le Concile Vatican II a affirmé que, d’une manière analogue aux antiques Églises patriarcales, les conférences épiscopales peuvent « contribuer de façons multiples et fécondes à ce que le sentiment collégial se réalise concrètement ». Mais ce souhait ne s’est pas pleinement réalisé, parce que n’a pas encore été suffisamment explicité un statut des conférences épiscopales qui les conçoive comme sujet d’attributions concrètes, y compris une certaine autorité doctrinale authentique. Une excessive centralisation, au lieu d’aider, complique la vie de l’Église et sa dynamique missionnaire.

L’Eglise n’est pas une douane, mais une maison aux portes ouvertes, où il y a de la place pour chacun

47. L’Église est appelée à être toujours la maison ouverte du Père. Un des signes concrets de cette ouverture est d’avoir partout des églises avec les portes ouvertes. De sorte que, si quelqu’un veut suivre une motion de l’Esprit et s’approcher pour chercher Dieu, il ne rencontre pas la froideur d’une porte close. Mais il y a d’autres portes qui ne doivent pas non plus se fermer. Tous peuvent participer de quelque manière à la vie ecclésiale, tous peuvent faire partie de la communauté, et même les portes des sacrements ne devraient pas se fermer pour n’importe quelle raison. Ceci vaut surtout pour ce sacrement qui est “ la porte”, le Baptême. L’Eucharistie, même si elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles. Ces convictions ont aussi des conséquences pastorales que nous sommes appelés à considérer avec prudence et audace. Nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile.

Le mariage n’est pas une simple forme de gratification affective qui peut se constituer de n’importe quelle façon

66. La famille traverse une crise culturelle profonde, comme toutes les communautés et les liens sociaux. Dans le cas de la famille, la fragilité des liens devient particulièrement grave parce qu’il s’agit de la cellule fondamentale de la société, du lieu où l’on apprend à vivre ensemble dans la différence et à appartenir aux autres et où les parents transmettent la foi aux enfants. Le mariage tend à être vu comme une simple forme de gratification affective qui peut se constituer de n’importe quelle façon et se modifier selon la sensibilité de chacun. Mais la contribution indispensable du mariage à la société dépasse le niveau de l’émotivité et des nécessités contingentes du couple. Comme l’enseignent les Évêques français, elle ne naît pas « du sentiment amoureux, par définition éphémère, mais de la profondeur de l’engagement pris par les époux qui acceptent d’entrer dans une union de vie totale ».

La peur de trop donner et l’obsession du temps libre

81. Quand nous avons davantage besoin d’un dynamisme missionnaire qui apporte sel et lumière au monde, beaucoup de laïcs craignent que quelqu’un les invite à réaliser une tâche apostolique, et cherchent à fuir tout engagement qui pourrait leur ôter leur temps libre. Aujourd’hui, par exemple, il est devenu très difficile de trouver des catéchistes formés pour les paroisses et qui persévèrent dans leur tâche durant plusieurs années. Mais quelque chose de semblable arrive avec les prêtres, qui se préoccupent avec obsession de leur temps personnel. Fréquemment, cela est dû au fait que les personnes éprouvent le besoin impérieux de préserver leurs espaces d’autonomie, comme si un engagement d’évangélisation était un venin dangereux au lieu d’être une réponse joyeuse à l’amour de Dieu qui nous convoque à la mission et nous rend complets et féconds. Certaines personnes font de la résistance pour éprouver jusqu’au bout le goût de la mission et restent enveloppées dans une acédie paralysante.

86 (…) Nous sommes appelés à être des personnes-amphores pour donner à boire aux autres. Parfois, l’amphore se transforme en une lourde croix, mais c’est justement sur la Croix que le Seigneur, transpercé, s’est donné à nous comme source d’eau vive. Ne nous laissons pas voler l’espérance !

François, Pape.

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