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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Travail, art, personne (VIII)

25 Janvier 2012, 04:58am

Publié par Father Greg

L'art : une évasion ?

 

Music_1904.jpgMais on pourrait objecter : ce monde que le peintre, le musicien ou le poète se créent, n'est-il pas un monde imaginaire ? L'art n'est-il pas une sorte d'évasion, notre monde tel qu'il est étant trop rude, trop divisé par la jalousie et l'ambition ? L'artiste s'évade de ce monde plein de luttes, qui a une saveur de mort et de lutte implacable. Donc l'art, au lieu d'augmenter notre réalisme, n'est-il pas ce qui favorise un monde idéal, irréel ? Par le fait même, il conduit l'homme artiste à ne plus voir que son rêve, qui devient une sorte de refuge : au lieu de le fortifier, il l'éloigne du réel et le maintien dans un idéal purement Imaginatif.

 

Que ce danger existe, c'est évident. Mais ce n'est pas le danger possible qui doit nous cacher la réalité de notre vie humaine, vécue dans toutes ses dimensions. Le monde que l'artiste se crée est un monde plus réel pour lui, comme artiste, que le monde des petits drames et des grands drames, dans lequel l'homme vit et demeure si souvent ! L'homme, pour garder sa vraie personnalité, capable de dépasser toutes les petites histoires de celui qui est replié sur lui-même, n'a-t-il pas besoin de nourrir ce qui en lui est spirituel ? Le monde de l'artiste est précisément spirituel, il est au-delà de ce monde purement matérialiste. Il n'est donc pas purement imaginaire et irréel. Il existe pour l’homme spirituel artiste ; il existe pour l'homme spirituel, comme un monde qui lui permet de ne pas tomber dans le désespoir. Il existe comme un monde qui se réalisera un jour !

 

C'est en ce sens que l'art agrandit l'horizon de l’homme et transforme son individualité qui le replie souvent sur lui-même et le conduit facilement au désespoir. L'art, en développant ce qu'il y a de spirituel en l'homme, lui rappelle que ce spirituel est plus vrai pour l'homme que le matérialisme égoïste et limité. N'y a-t-il pas là un choix personnel à faire entre deux dangers ? L'individu absorbe la personne en la ramenant soi-disant au réel, en fait à l'économie de chaque jour. En revanche le travail, et surtout l'art, ennoblit l’individu et lui donne un élan personnel. Ce dernier choix réclame une grande force, car on est souvent seul ! Mais par là on rappelle aux hommes, très souvent éloignés de toute vérité spirituelle et religieuse, que l'homme est essentiellement un être spirituel. Si on rejette l'esprit en niant la dimension religieuse et l'aspect artistique, on ramène l'homme à un individu radicalement insatisfait et refoulé, capable seulement de revendications incessantes. On le condamne à l'insatisfaction radicale pour toute sa vie ! L'homme ne peut être un « super animal », un animal arrivé à son ultime degré d'évolution. Cela tue en l'homme ce qu'il y a de plus grand et de plus noble. L'art est là pour lui rappeler constamment cette dimension spirituelle.

 

 Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

 

 

1.  Maudit soit le sol à cause de toi ! Dans la peine tu t'en nourriras tous les jours de ta vie. Ce sont des épines et des chardons qu'il fera germer pour toi, et tu mangeras l'herbe des champs. C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain jusqu'à ton retour au sol, car de lui tu as «été pris ; car poussière tu es, et à la poussière tu retourneras » (Gn 3, 17-19).                                         .

2. En particulier la lettre encyclique Laboem exercens.

3. « Yahvé Dieu prit l’homme et l’installa dans le jardin d’Eden pour le cultiver garder » (Gn2,15).

4. « L'art, d'une part achève ce que la nature est impuissante à accomplir, d'autre part l'imite » (ARISTOTE, Physique, II, 8, 199 a 15-17).

5. On peut alors travailler pour sa gloire personnelle, mais aussi pour acquérir de l'argent.

6. Certes, il est évident que le travail peut très vite se développer d'une manière qui n'est plus humaine et qu'il peut alors contribuer à détruire l'homme. Mais comment le travail qui, en soi, est bon et capable d'aider l'homme, peut-il se dégrader à ce point qu'il puisse détruire l'homme qui est à sa source ? Il faudrait, pour le comprendre pleinement, regarder une autre modalité du travail : le travail intellectuel, philosophique, et scientifique.

7. « Notre art suit d'abord l'art naturel à son pouvoir, comme apprenti son maître, si que notre art est à Dieu comme petite-fille » (DANTE, Divine Comédie, Enfer, XI, 102-105).

8.Ps 150

 

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Marche pour la vie. 22 Janvier 2012. Paris.

24 Janvier 2012, 03:00am

Publié par Father Greg

 “L’histoire de l’homme n’est pas le combat du bien cherchant à vaincre le mal. L’histoire de l’homme est le combat du mal cherchant à écraser la minuscule graine d’humanité. Mais si même maintenant l’humain n’a pas été tué en l’homme, alors jamais le mal ne vaincra.”

Vassily Grossman

 

Le problème du mal n’est pas un défaut de conscience, mais le refus d’accorder à la conscience le rôle qui lui est dû. Nous devenons mauvais en essayant de nous tromper nous-mêmes. L’individu mauvais ne commet pas le mal directement, mais indirectement en voulant se blanchir. Le mal ne provient pas de l’absence de culpabilité, mais de l’effort fait pour l’éviter.

  

L’individu mauvais renie le fardeau de sa culpabilité ; il refuse la reconnaissance douloureuse de son péché, de sa médiocrité et de son imperfection ; elle cherche à transmettre sa peine à autrui par la projection ou en faisant de lui son bouc émissaire. Or tous ceux qui sont ‘mauvais’, qu’est-ce qui les habite, les harcèle ? La réponse est simple : la peur.

Scott Peck

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Travail, art, personne (VII)

23 Janvier 2012, 04:26am

Publié par Father Greg

 

 

 

Dietkirchen_Kirche_im_Abendlicht.jpgTout ce qui est vrai du peintre, qui est un visionnaire par son art, pourrait être dit de tout grand artiste dans le développement propre de son art. Le musicien, grâce au développement de son art, peut vivre dans un monde propre qui est le sien : celui du rythme, de l'harmonie des sons, du chant. Il porte cela dans son cœur, dans ses entrailles, dans tout son être vivant, sa sensibilité passionnelle, Imaginative, spirituelle ; il est en quelque sorte dans un état extatique, dans un univers nouveau d'harmonie et de grandeur sans fin. Il est saisi en tout lui-même, dans  on être sensible, corporel : il danse. Par là, il échappe à la tristesse, au désespoir d'un monde souvent triste ! L'homme a besoin de proclamer, de clamer les désirs les plus profonds de son cœur en chantant, en dansant. C'est par les divers instruments de musique qu'il vibre, au plus intime de son cœur, en harmonie avec son univers idéalisé, mais si vrai. Il redevient l'enfant de l'univers, tout vibrant de sa vie, de son souffle, de sa tendresse et de sa force, de son éclat et de son silence si profond ! Par son chant, par sa danse et sa musique, il peut proclamer combien il vibre à l’appel de cet univers, de cet océan, de ces montagnes, de son désert. Et par son art il peut le communiquer à ceux qu'il aime et qui sont proches de lui. L'art musical réalise une certaine communion entre les hommes : il appelle au combat en réveillant leur colère, leur révolte, mais il réveille aussi leur sentiment religieux, ce qui est magnifiquement exprimé dans certains psaumes :

 

Alléluia ! Louez Dieu dans son sanctuaire,

Louez-le au firmament de sa puissance ;

Louez-le en ses œuvres de vaillance,

Louez-le, en toute sa grandeur !

Louez-le par l'éclat du cor,

Louez-le par la harpe et la cithare ;

Louez-le par la danse et le tambour,

Louez-le par les cordes et les flûtes.

Louez-le par les cymbales sonores,

Louez-le par les cymbales triomphantes.

Que tout ce qui vit et respire,

Chante louange au Seigneur ! Alléluia ! (8)

 

L'art musical, l'art du chant et de la danse, sont les plus proches de l'homme religieux, les plus primitifs et les plus élevés, car ils saisissent le cœur de l'homme dans ce qu'il a de plus élevé et dans ce qu'il a de plus sensible. La dimension de la personne humaine, dans son individualité cosmique et dans son sentiment de communion avec l'univers et avec le Créateur de l'univers, est alors exaltée, proclamée, ce qui peut conduire à une sorte d'extase individuelle et passionnelle, et également à une sorte de fanatisme collectif.

 

Notre univers est à la fois le berceau naturel, la bonne terre, mais aussi le terrible ouragan qui brise tout, qui se venge car il n'est pas reconnu, il est massacré par l'homme, il est brutalement refoulé par la technique omniprésente, tyrannique ! Par son art musical, l'homme communie à ces sentiments inconscients de l'univers, de la terre dans sa jalousie farouche, de l'océan dans ses forces cachées et indomptables, mais souvent brutalisées, violentées, dans son souffle propre, ses ouragans et ses cyclones... dans la douceur étouffante de son silence. Par son art musical, l'homme capte toutes ces forces cachées, innocentes, inconscientes, refoulées, faussement domptées par sa technique de plus en plus monstrueuse et accablante : il capte le cri de l'enfant, de la terre, de l'océan, des nuages, de son souffle qui agonise... En ce sens, il peut être prophète des derniers temps, prophète eschatologique ! Par-là, il peut être très proche de l'art poétique. Mais la musique est l'art de la voix, tandis que la poésie est l'art de la parole humaine et de son silence. 

Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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Quelle place laissons-nous au plus vulnérable??

22 Janvier 2012, 03:40am

Publié par Father Greg

"Marcher pour la Vie, c’est vouloir montrer que la défense des plus vulnérables - embryons, enfants à naître, personnes handicapées, personnes en fin de vie - dont la vie même est menacée, mobilise, au-delà des opinions politiques ou des croyances religieuses. C’est rappeler que la vie, toute vie, doit être respectée de la conception à la mort naturelle. C’est affirmer la dignité de tout être humain, aussi fragile soit-il. 

« La Vie est la Vie, défends-la. " bienheureuse Mère Térésa.

 

 

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Travail, art, personne (VI)

21 Janvier 2012, 04:21am

Publié par Father Greg

 

 

cezanne2.jpgNous trouvons la nécessité du travail à tous les niveaux de l'activité vitale de l'homme. Il s'impose à l'homme, précisément parce que celui-ci est dépendant d'un devenir vital au niveau de la vie végétative : il doit croître, il naît dans une dépendance radicale à l'égard de sa mère. Il doit grandir, il dépend d'une famille qui dépend elle-même d'une communauté économique et politique. Ce premier devenir est capital.

 

L'enfant dépend d'une éducation : et celle-ci implique un enseignement maternel, puis un enseignement classique qui est tout de suite plus ou moins finalisé ; c'est l'acquisition des venus morales et des premiers habitus intellectuels. Là, le travail réclame normalement des éducateurs, des professeurs et des maîtres ; ceux-ci sont plus ou moins qualifiés quant à leur dignité morale, à leur finesse artistique, à leur sens scientifique ou même philosophique. Cela est d'une grande influence pour maintenir chez les jeunes qui leur sont confiés un véritable goût du travail. En effet, l'anorexie, cette maladie qui se développe aujourd'hui avec une telle force au niveau de la croissance biologique, existe aussi au niveau du développement de l'intelligence et de la volonté. On ne veut plus manger - c'est le premier travail ; on ne veut plus aller à l'école - c'est le second travail -, car on en est dégoûté : personne n'a su nous montrer la finalité du travail, comme ce qui nous permet d'acquérir telle qualité, la santé, l'autonomie intellectuelle, l'art, la tempérance. Si l'enfant ne veut plus faire l'effort de se nourrir, il se replie sur lui-même et s'enferme en lui. S'il ne veut plus faire l'effort d'apprendre à lire ou à écrire, il s'enferme en lui-même et devient de plus en plus dépendant. Avant d'être un artiste, ne faut-il pas travailler telle ou telle matière, être un artisan qui connaît sa fragilité, ses faiblesses, mais aussi ses capacités, ses virtualités ? Cela ne peut se faire que si on montre à l'enfant ce qu'il peut acquérir en travaillant, ce qu'il est capable de faire en s'appliquant à un travail intelligent. Cela se fait par le fait de voir un maître réaliser une œuvre belle, une œuvre utile ou une œuvre qui éveille l'intelligence du disciple parce qu'elle lui montre la grandeur et la beauté de la vérité.

 

L'acquisition de l'habitus d'art et la personne

 

II est évident que l'acquisition d'un habitus d'art, si faible qu'il soit, permet à la personne humaine de s'épanouir. C'est une conquête sur son univers, sur son milieu de vie, sur elle-même. Au heu d'être dépendante des autres et de demeurer dans cette dépendance, quand elle a acquis ces qualités artistiques, elle acquiert une possibilité d'être autonome, d'être libérée de ces dépendances et de réaliser elle-même tout ce qui est nécessaire à son épanouissement vital humain.

 

Précisons que si l'homme acquiert un habitus d'art plus parfait, plus noble, son univers s'élargit : il arrive à goûter plus profondément le caractère original de son univers. Non seulement l'univers physique, naturel, mais aussi l'univers humain, spirituel - univers de culture, de beauté, de vérité. L'artiste se crée un univers de beauté, d'harmonie. Quand on pénètre dans un atelier de peintre, on découvre tout un uni- vers d'homme ce n’est pas précisément l'univers d'un homme refermé sur lui-même, d'un petit-bourgeois, mais un univers d'artiste, son univers à lui qui a su transfigurer les diverses parties du monde qu'il a vues, regardées, contemplées. C'est alors un univers transfiguré qui loue dans le silence son Créateur. L'œuvre d'art n'est-elle pas « petite-fille » du Créateur (7), de sa sagesse, de sa magnanimité, de son étonnante fantaisie divine ? Là, on découvre comment l'art du peintre, quand il est vraiment source d'un renouveau, d'un achèvement de la lumière de l'univers, de ses jeux d'harmonie, de formes et de couleurs, donne vraiment à l'homme artiste une nouvelle pénétration de l'univers visible, une sorte de participation au regard du Créateur : il voit dans ce regard un jaillissement de lumière et d'harmonie de couleurs, que les hommes, ordinairement, ne voient pas, n'ont pas le temps de voir, de contempler.

 

L'artiste peintre a donc acquis dans sa personne humaine une acuité du regard très originale, il a acquis une capacité d'approfondir son expérience sensible de vision, de la rendre plus humaine, plus immédiatement symbolique. Par son habitus d'art pictural, il a acquis une possibilité de découvrir un sens nouveau de certaines harmonies de lumière et de couleurs et d'expliciter par son œuvre ce sens symbolique de la lumière et des harmonies (ou des ruptures) de couleurs et de figures. Il a en quelque sorte une nouvelle lecture des paysages et des figures humaines. Cela peut permettre une connaissance nouvelle, originale, du monde et des figures humaines : visages d'enfants ou de vieillards, dans la joie ou la souffrance. Cette connaissance peut dévoiler une profondeur nouvelle du monde physique, un drame latent, un appel à une libération, une exaltation, une gloire passagère, message d'une gloire éternelle ! Il y a donc bien quelque chose de nouveau du point de vue de la recherche de la vérité ; quelque chose qui demeure, certes, limité à la sensibilité, mais tout imprégnée d'imagination et de spiritualité, et même d'un appel vers l'infini. En ce sens, l'art pictural peut exalter notre sensibilité, la rendre humaine et même la glorifier. C'est bien du point de vue de la manifestation de la lumière que l'art de la peinture apporte quelque chose de nouveau et d'acquis à la personne humaine. C'est quelque chose de semblable à la gloire du prophète qui voit, qui proclame ce que les autres hommes ne voient pas, et qui annonce d’une manière humaine ce qui doit arriver ! 

 

Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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Travail, art, personne (V)

20 Janvier 2012, 04:02am

Publié par Father Greg

La croissance de la personne

 

edouard-manet-madame-manet-au-piano.jpgLe travail se situe pour l'homme dans l'ordre du devenir de sa vie, donc dans le devenir de sa croissance d'homme, ou de son déclin ; il augmente ses relations et leur donne un caractère spécial, plus ou moins personnel. Un père peut dire à son fils : « J'ai acquis pour toi, par mon travail, telle ou telle situation » ; cela peut faire partie d'un patrimoine commun, familial ou politique ! Cela est vrai en particulier pour le travail de la terre. Pour le travail intellectuel également, mais d'une manière plus complexe, plus difficile à préciser : la bonne renommée du père, du grand-père, d'un homme intègre et intelligent dans son travail, permet au fils ou au petit-fils d'être plus immédiatement reçu comme médecin, avocat, professeur ; cela est net pour toutes les carrières libérales. Rien ne peut remplacer le travail personnel honnête, intègre, intelligent, parfois génial, pour situer un homme dans son milieu et lui donner tout son rayonnement, sa véritable personnalité. En précisant bien que, lorsqu'il s'agit du travail intellectuel, pour accomplir une charge, une fonction importante dans la cité, les deux qualités propres sont l'intelligence et l'intégrité. Lorsqu'il s'agira d'un travail manuel, on sera aussi plus attentif à la vigueur, la force, l'endurance pour être fidèle à la tâche promise.

 

Cela montre bien que le travail humain réclame à la fois l'intelligence pratique ennoblie par un habitus d'art, et une volonté bien développée dans le sens de la justice et des relations amicales. Suivant la diversité des travaux à exécuter, pour que le travail soit intelligent et intègre, il faut acquérir les divers habitus d'art, ainsi qu'une grande habileté. Nous comprenons par-là que le travail bien fait intègre profondément l'homme dans ses relations propres avec l'univers, pour réaliser un « milieu » où il pourra s'épanouir et se reposer.

 

Si le travail n'est pas un élément essentiel à la structure de la nature humaine, il est donc cependant essentiel à l'épanouissement de la personne dès qu'il est bien finalisé, dès qu'il est qualifié comme ce qui permet à l'homme d'acquérir tel ou tel habitas d'art. Alors il réalise l'épanouissement de sa vie d'homme qui éduque et qui rayonne grâce à son activité propre de chercheur de la vérité et d'ami. Il permet ainsi à ses amis de s'épanouir, de finaliser de plus en plus près de lui leur vie d'homme ; cela réalise le bene vivere, qui devient hélas si rare dans notre monde. Le travail comme tel n'est donc pas ce qui structure la personne humaine, mais ce qui permet à la personne humaine de s'épanouir.

 

Si le travail est bien finalisé, l'homme travailleur peut, grâce à son travail, atteindre par lui-même sa propre perfection. Il peut aussi, grâce à son travail intellectuel ordonné à la vérité, atteindre sa propre finalité et avoir une certaine fécondité spirituelle. Par lui-même, le travail ne touche pas  a finalité de la personne humaine : il reste de l'ordre des moyens, mais il est un « moyen privilégié » et unique, permettant à la personne humaine, s'il est bien ordonné à la recherche de la vérité, d'atteindre vraiment sa propre finalité.

 

Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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Travail, art, personne (IV)

19 Janvier 2012, 03:59am

Publié par Father Greg

Travail et art

 

atelier-paul-cezanne-01.jpgCe n'est donc pas le travail qui, par lui-même, est au service d'un autre ; c'est l’art (réclamant le travail) qui, lui, peut être au service d'un autre, et cet art transforme le travail : on est alors en présence d'un travail qualifié, ordonné vers une réalisation artistique autre que le travail lui-même. Le cas inverse est précisément celui d'un travail ordonné à détruire l'autre. Le travail, considéré en lui-même, est donc un être imparfait, dans l'un et l'autre cas. En effet, il est un être en devenir : il peut être finalisé, mais peut être aussi un obstacle à la finalité. En lui- même, il est neutre par rapport aux diverses finalités humaines. Naturellement, il est en vue d'une finalité nécessaire pour vivre, mais il peut être au service de la violence - il devient alors lui-même violent et quelquefois pervers. C'est par l’idea, fruit de notre intelligence pratique, que le travail peut concourir à des actions mauvaises et inventer des outils pervers pour réaliser cette idea (5), mais en lui-même, le travail n'est pas pervers (6).

 

Travail et personne humaine

 

Pourquoi le travail s'impose-t-il, et comment l'homme, dans son développement personnel, a-t-il besoin d'un travail qui demeure humain, digne de lui et conforme à sa dignité ?

 

Le travail s'impose à l'homme pour transformer l'univers, en faire un univers habitable et capable de nourrir tous les hommes. Tous les hommes ont naturellement le droit de se nourrir et de vivre une vie familiale, d'époux et d'épouse, en élevant une famille, selon les désirs les plus profonds de leur cœur humain. Selon ce qu'il est, selon sa réalité propre, le travail n'est pas ce qui constitue l'homme dans sa nature profonde, essentielle. Car l'âme humaine, créée par Dieu immédiatement dans le corps embryonnaire, comme source propre de la vie humaine, n'est pas le fruit du travail humain : elle échappe, d'une certaine manière, au travail humain. Celui-ci ne peut donc que modifier la manière de vivre de l'homme, sa manière d'épanouir toutes ses virtualités et sa propre personne. En effet, il peut aider l'homme à atteindre sa fin d'une manière plus ou moins rapide et plus ou moins parfaite. Mais cette source d'épanouissement peut aussi devenir pour lui un obstacle qui l'empêche d'être libre, en le liant à des réalités secondaires qui deviennent principales pour lui dans la mesure où elles l'absorbent complètement. 


Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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Travail, art, personne (III)

18 Janvier 2012, 04:57am

Publié par Father Greg

 

Travail et respect de la matière

 

images--1-.jpgCela conduit à transformer même la vision qu'on peut avoir de la matière - ce qui est capable d'être transformé en coopérant à cette transformation. Elle demeure une causalité immanente et sera en quelque sorte un appel à découvrir de plus en plus les idées qu'on peut imaginer en vue d'une production toujours plus originale et plus utile immédiatement, et à chercher de plus en plus des instruments capables de réaliser ces transformations. Le respect initial de la nature-matière disparaît de plus en plus. Le vieil adage selon lequel « on ne peut pas faire n'importe quoi avec n'importe quoi » tend à disparaître, car on tend à pouvoir faire partiellement n'importe quoi de n'importe quoi. La nature matière ne détermine plus ce qui pourrait être mauvais, mais c'est uniquement l'idée du travailleur et ses instruments qui mesurent l'efficacité de son travail.

 

N'y a-t-il pas là une transformation radicale du travail - on peut même dire : une transformation substantielle du travail humain ? Car on ne regarde plus en premier lieu la coopération de l'homme avec la nature- matière, ce qui est exigé avant toute connaissance intellectuelle artistique. L'intelligence de l'artiste ordonne l'activité du travail et commande l'application volontaire pour son exécution actuelle, c'est-à dire pour la réalisation d'une œuvre ; l'œuvre est, ou bien une œuvre utile, nécessaire à la vie de l'homme ou facilitant son travail (un outil plus perfectionné, plus adéquat à l'œuvre), ou bien une œuvre agréable, belle à voir, à contempler. De ce point de vue, le travail est alors le moyen de réaliser une œuvre artistique, à partir de la nature-matière capable d'être transformée. Ce n'est donc pas le travail qui rend l'œuvre belle (agréable à la vue), mais la matière et la forme : Vidéo, qui commande, dirige le travail, rend l'œuvre belle (élégante) ou utile. Le travail, lui, est une causalité efficiente : il réalise la transformation de la matière, le passage d'une détermination à une autre détermination idéale. Et il se fait avec un outil plus ou moins parfait.

 

En lui-même, le travail est donc un mouvement, un devenir qui se réalise dans une matière extérieure à celui qui travaille. C'est un mouvement déterminé par une « idée artistique » (l’idea), et non plus par la nature elle-même. C'est pourquoi la transformation de la nature propre d'un être, sa croissance naturelle, n'est pas au sens propre un travail. Celui-ci provient toujours d'une cause efficiente extrinsèque. Il peut donc être violent quand, précisément, il n'est pas selon les exigences profondes de  a nature de celui qui est mû. Alors, le mouvement qui provient de l'artiste devient pour cet être un obstacle à sa propre croissance, et cause en lui un arrêt : il est violent en lui-même. Au contraire, si le mouvement qui lui vient de l'extérieur est en conformité avec sa propre fin, il vient aider sa propre nature à atteindre sa fin : c'est un ars coadjuvans naturam, selon l'expression de S. Thomas. Alors cet art, qui se réalise par un travail, est au service d'une réalité qui a besoin d'être aidée pour atteindre sa fin propre.

 

 Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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Travail, art, personne (II)

17 Janvier 2012, 04:54am

Publié par Father Greg

 

 

Travail et intention morale

 

vincent-van-gogh-semeur-au-coucher-du-soleil.jpgCes deux orientations dans le travail demeurent toujours possibles. En définitive, elles proviennent de l'intention profonde de la vie de l'homme qui travaille : soit il travaille pour se sauver lui-même et pour sauver sa famille en vivant humainement, soit il travaille pour se glorifier, non plus pour sauver sa vie humaine et celle de sa famille, des siens, mais pour lui, pour s'exalter. Alors, ce n'est pas son travail qui est mauvais, mais le point de vue moral, l'intention profonde de vie qui anime son travail et l'oriente. Elle le rend humain ou, au contraire, l'accapare pour en faire un moyen de domination. Cela est net, et le travail apparaît comme le moyen privilégié de se dévouer ou de s'enfermer dans sa propre gloire. Tout dépend de l'intention de vie, honnête ou *orgueilleuse ! Celle-ci peut être tellement intense qu'elle permet, soit de respecter pleinement la matière même qu'on travaille, soit de la transformer radicalement, en ce sens qu'on ne regarde que tel ou tel aspect, celui qu'on veut transformer en le travaillant, sans considérer les autres aspects qui n'existent plus qu'en fonction de celui qu'on a choisi- ce qui permet de rester sincère dans son choix initial.

 

Par exemple, on cherche à découvrir dans la réalité matérielle qu'on veut travailler ce qui est capable d'être transformé de la manière la plus radicale et la plus rapide. Dès le point de départ, on évitera donc de considérer tout ce qui, objectivement, pourrait être un obstacle naturel à la transformation artificielle par le travail humain (ce sera le procédé de la mise entre parenthèses). On cherchera donc une matière toujours plus pauvre, de plus en plus capable d'être transformée, de moins en moins déterminée qualitativement, donc de plus en plus malléable grâce à une technique de plus en plus efficace. Cette matière de plus en plus transformable est donc de plus en plus entre les mains de l'homme travailleur, et elle est déjà le résultat de ses intentions, de ses connaissances pratiques, de son travail en vue de cette transformation. 

Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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Travail, art, personne

16 Janvier 2012, 04:46am

Publié par Father Greg

 

 

Hailing_the_Ferry_1888.jpgLA PHILOSOPHIE SCOLASTIQUE THOMISTE, C'est un fait, a négligé d'étudier le travail et l'art comme des éléments essentiels de la formation de la personne humaine. Et ce phénomène s'est étendu à tous les développements de la théologie, de la doctrina sacra. Certes, on a parlé de travail laborieux, pénal, comme conséquence du péché originel, comme la punition de Dieu chassant Adam et Eve du Paradis terrestre :

 

« Tu travailleras à la sueur de ton front ». Mais l'étude du travail, considéré comme une des activités humaines, une activité propre et essentielle à l'homme, a été, de fait, laissée de côté. Et il fallut l’enseignement du pape Jean Paul II sur le travail pour inciter les théologiens à se réveiller, pour les stimuler à chercher ce qu'il y a de propre à l'homme dans le travail.

 

Nous aimerions tenter de préciser ici, dans une perspective de sagesse philosophique, ce qu'il y a de propre à la formation de la personne humaine dans le travail et dans l'activité artistique.

 

L'univers et l'homme : la sagesse de Dieu

 

Soulignons d'abord que le travail s'impose à l'homme, puisque Dieu n'a pas voulu créer un univers physique parfait, complètement achevé en lui-même, un milieu parfaitement adapté à l'homme. Dieu aurait pu «faire» un univers parfait, auquel l l'homme n'aurait rien pu ajouter, qu'il n'aurait pu modifier sans le rendre moins parfait. Si Dieu avait fait un tel univers, l'homme n'aurait pas eu d'autre activité que de se servir de cet univers tel que Dieu l’avait créé pour lui. Il n aurait eu qu'à cueillir ce que les arbres fruitiers lui auraient donné, ce que les animaux auraient pu lui donner par eux-mêmes, sans vouloir les modifier. La terre lui aurait donné les fleurs et les fruits nécessaires. Il y a toujours dans le cœur de l'homme et dans son imagination, ce rêve romantique d'une nature parfaitement adaptée, en parfaite harmonie à tous ses désirs, à toutes ses nostalgies. Cela est un beau rêve, mais n'est pas la réalité.

 

Travail, coopération, exploitation

 

De fait, l'univers reste un magnifique jardin qui réclame d'être cultivé par l'homme pour lui donner tout ce qu'il cherche. Cultiver implique un travail, pas seulement une cueillette. Cultiver demande une coopération efficace, harmonieuse, entre l'homme et la nature vivante qu'il cultive. Il y a un art qu'il faut inventer, découvrir et développer, pour que la coopération de la nature et de l'homme se réalise le mieux possible, avec la plus grande harmonie et le plus grand respect. Car cultiver n'est pas exploiter. Exploiter consiste à chercher le plus grand rendement possible, sans respecter la nature profonde de ce qu'on utilise en le travaillant. En exploitant la nature, on ne cherche que l'efficacité immédiate, sans se soucier de ce qui pourra être utilisé dans la suite. En raison même de cette manière d'exploiter tout ce qu'on peut extirper de la réalité qu'on a sous la main, ce qui reste après ce travail violent n'a plus aucun intérêt, n'a plus aucune capacité à être utilisé : ce n'est qu'un déchet, quelque chose qu'on rejette, qui n'a plus aucune capacité ! Ce ne peut plus être une matière transformable. Au sens précis, ce n'est plus une matière, « ce qui peut être transformé par l'homme ». Nous voyons bien là, la distinction capitale qu'il faut faire entre un travail honnête, humain, et une exploitation.

 

Dans le premier cas, il y a un respect de la matière qu'on travaille ; on respecte sa nature propre et ii y a une véritable coopération entre l'homme qui travaille et la matière, ce qu'elle est en elle-même, ce qu'elle peut nous livrer sans être violentée, ou même détruite. Au contraire, toute exploitation implique une violence qui détruit (certes, en vue de donner immédiatement plus), et qui, souvent, réalise tout ce que la matière peut fournir immédiatement sans s'occuper du lendemain :

« Après moi, le déluge », c'est bien ce qu'on voit très souvent. L'efficacité immédiate est bien la seule mesure qui vient limiter, diriger ce type de travail. Il n'y a plus d'autre fin que celle-ci : l'efficacité toujours plus efficiente !

 

Pourquoi, de ces deux manières de travailler, l'une reste-t-elle humaine, tandis que l'autre ne l'est plus ? Précisément parce que l'efficacité pour l'efficacité n'est pas humaine : elle ne respecte plus la fin de l'homme. Ne respectant plus la nature de la matière travaillée, elle brise la coopération de l'homme travailleur et de l'univers physique. Elle est le fruit d'un orgueil tyrannique qui, tôt ou tard, brisera l'homme travailleur lui-même. N'est-ce pas ce que nous voyons constamment aujourd'hui ? On confond travail humain, coopération de l'homme avec la nature qu'il travaille, et exploitation tyrannique de l'univers physique.

 

Cela n'est-il pas une chose très grave ? Car le travail s'impose à l'homme naturellement : cette nécessité repose sur la sagesse du Créateur et sur la responsabilité de l'homme, créé dans un univers qui ne lui est pas parfaitement en harmonie. Il peut désirer l'ennoblir ou, au contraire, le posséder le plus totalement et le plus immédiatement possible.

 

Ne sommes-nous pas là en présence de la grande corruption du travail ? Le travail, en effet, nous paraît nécessaire à l'homme, et il est bon. Il permet à l'homme de s'épanouir, d'être plus lui-même, pour lui et pour les autres. Il lui permet de s'affermir dans l'univers, de trouver sa place d'homme en coopérant avec la matière qui se présente à lui : elle pourrait s'opposer à lui et même le briser, l'anéantir ; au contraire, elle lui rend service, augmente son influence et sa présence harmonieuse dans l'univers. Ne disons pas que cela est impossible depuis la chute : cela a existé à Nazareth, en Jésus, en Joseph et en Marie. Cependant, le travail cherché pour lui-même peut aussi devenir la grande séduction, ce par quoi l'homme croît pouvoir acquérir une totale autonomie, devenir le maître du monde, et par là, le maître des hommes. N'est-ce pas là une fausse orientation, une tentation terrible ? L'homme prend alors un chemin erroné, celui d'une domination tyrannique, de l'exaltation, de l’hybris comme disaient les Grecs, celui de l'orgueil.

 

Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.

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«Que cherchez-vous » ?

15 Janvier 2012, 04:55am

Publié par Father Greg

 

Christ_Berlin-9a353-5d965.jpg   Toute notre vie chrétienne c’est Jésus qui nous devance et que l’on rencontre d’une manière toujours nouvelle. C’est recevoir Jésus qui réalise un don qui nous dépasse totalement il se donne tellement à nous que nous devenons comme une seule personne avec lui. Il se fait Agneau, responsable de nous devant le Père. La nouvelle alliance, c’est ce que Jésus veut réaliser avec chacun: Dieu pour moi immédiatement!

 

Aussi, notre première ‘lutte’, c’est de chercher à suivre Jésus comme de dos, sans vraiment trop comprendre, et en attendant qu’il se ‘retourne’, pour découvrir comment il nous regarde. Suivre Jésus nous est remis : nous devons user de notre autonomie, de notre temps, prendre des initiatives, pour être dans cette attente  et  entendre Jésus qui me dit : « Que cherchez-vous ? » et que cette parole réalise en nous un nouveau désir de Dieu : « ou demeures-tu ? »

Sans cette parole efficace de Jésus, on ne peut comprendre la radicalité de l’évangile, de Dieu qui me veut tout entier parce qu’il veut me faire entrer dans son repos ! « La foi n'est pas une pensée, une opinion, une idée. La foi est communion avec le Christ » dit Benoit XVI.

« Que cherchez-vous ? » c’est-à-dire : suis-je en attente de quelque chose qui vient de Lui, et de tout nouveau pour moi ? Suis-prêt à renaître ? Suis-je prêt à laisser Jésus me bousculer ?

Cela, c’est impossible seul : nul ne peut aller à Jésus sans être conduit par un autre, sans s’appuyer et se donner à ses frères. Se contenter de satisfaire ‘la divinité’ est une attitude païenne ! Être chrétien implique cette communion avec celui que Jésus a choisi pour me rencontrer. « M’est avis que notre Seigneur et l’Eglise c’est tout un »  dit Jeanne d’Arc. 

Ainsi, il revient à chacun de multiplier les liens et les initiatives fraternelles, pour que l’église soit cet oasis qui attire à elle parce qu’on y cherche Dieu, et où l’on se plaît à demeurer, auprès de Lui et de ses amis qui sont mes frères.

Alors, « Que cherchez-vous ? » Que voulez-vous faire pour que dans votre église vous trouviez le vrai repos ? Quelles initiatives pour que ceux qui cherchent ou qui se sont arrêté de chercher trouvent la lumière, pour que Jésus puisse par vous les rejoindre ?

Une vie chrétienne est toujours un dépassement de soi. On suit Jésus sans savoir exactement à quoi, on ne sait jamais ce que seront l'étape et le don du lendemain. Le oui que Dieu nous demande est un oui inconditionnel. Parce que sa grâce aussi est inconditionnelle. Demandons à Ste Jeanne d’Arc qu’elle nous donne son esprit de conquête:   « Les hommes d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire »  

Fr Grégoire.

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Jeanne d'Arc est devenue cette icône qui parle à tous les Français

14 Janvier 2012, 04:37am

Publié par Father Greg

 

 

 

Ste-Jeanne-d-arc--1412--2012.jpgQuatre siècles d’oubli suivront  la mort de Jeanne. Le procès dit en réhabilitation qui eut lieu en 1456 n’a fait en vérité qu’annuler sa condamnation. Charles VII ne voulait pas que l’on dise qu’il tenait sa couronne d’une hérétique. C’est l’unique raison pour laquelle il demanda au pape Calixte III d’organiser un procès en nullité de sa condamnation. Mais une fois ce point acquis, il s’empressa de disperser une seconde fois ses cendres au vent de l’oubli. Et tous les monarques à sa suite. Sans doute Jeanne fut-elle la dernière à croire pleinement au sens sacral de la monarchie, à « la force mystérieuse de ce préjugé sublime », pour reprendre les mots de Léon Bloy. Nous entrerions ensuite dans l’ère du réalisme et de l’instrumental dont la République serait le plus logique couronnement. Quant à Pie II, successeur de Calixte III sur le siège de Pierre, il écrivit vers 1460 : « C’est là une chose qui doit être confiée à la mémoire, même si dans la postérité il faille lui accorder plus d’admiration que de foi », préférant pour les siècles à venir couronner de lauriers plutôt que d’épines le pauvre cœur de Jeanne.

 

Ce n’est donc que par un paradoxe apparent qu’il est revenu à un historien républicain et libre-penseur, Michelet, de la ressusciter. Et nous ne serons qu’à moitié surpris de voir que ce sont les anticléricaux, les premiers, qui ont fait d’elle une sainte, quand longtemps encore la plupart des catholiques la considéreront comme une héroïne sulfureuse. Les uns et les autres, pour ne plus savoir unir le ciel et la terre, se combattant à fronts renversés et à coups d’images fragmentaires. Ainsi Joseph Fabre, député radical, propose-t-il dès 1884 d’instituer une fête nationale en l’honneur de Jeanne d’Arc, à la date du 30 mai, au motif que Jeanne était « la sainte de la France » et qu’on célébrait toujours les saints le jour de leur mort ! Et Gambetta, auteur du célèbre slogan « le cléricalisme, voilà l’ennemi », de se payer le luxe de se dire « dévot de Jeanne ». En 1869, l’évêque d’Orléans, Mgr Dupanloup, tente de réagir à ce mouvement en proposant au Vatican de la canoniser. Mgr Touchet mettra toute son ardeur à le relayer. Il trouvera une oreille attentive en la personne de Pie X, qui la béatifiera le 18 avril 1909, mais il faudra attendre le 16 mai 1920 pour que le Vatican la porte enfin de ses caves à ses autels. (…)

 

 

À peine quelques semaines après sa canonisation, l’Assemblée nationale vote, le 24 juin 1920, l’instauration d’une journée de fête en l’honneur de Jeanne d’Arc, chaque deuxième dimanche de mai. L’« Union sacrée » de la Grande Guerre est passée par là. Tous les combattants, ouvriers, bourgeois, paysans, curés, instituteurs, de droite comme de gauche n’ont-ils pas traversé les « orages d’acier », une petite image de « la fille au dur corsage » sur le cœur ? Maurice Barrès qui, avec Joseph Fabre, n’avait cessé de soutenir ce projet voyait son rêve se réaliser : « Il n’y a pas un Français dont Jeanne d’Arc ne satisfasse les vénérations profondes. Chacun de nous peut personnifier son idéal en Jeanne d’Arc. Elle est, pour les royalistes, le loyal serviteur qui s’élance à l’aide de son roi ; pour les césariens, le personnage providentiel qui surgit quand la nation en a besoin ; pour les républicains, l’enfant du peuple qui dépasse en magnanimité toutes les grandeurs établies ; les révolutionnaires eux-mêmes la peuvent mettre sur leur étendard en disant qu’elle est apparue comme un objet de scandale et de division pour être un instrument de salut. Aucun parti n’est étranger à Jeanne d’Arc et tous les partis ont besoin d’elle. Pourquoi ? Parce qu’elle est cette force mystérieuse, cette force divine d’où jaillit l’Espérance. »

 

Pauline de Préval, Extraits de Jeanne d'Arc, la sainteté casquée, 12 janvier 2012

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La passion de Jeanne d'Arc (1-3)

13 Janvier 2012, 04:40am

Publié par Father Greg

 

 

 

 

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la passion de Jeanne d'Arc (4-8)

13 Janvier 2012, 03:05am

Publié par Father Greg

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Lettre ouverte aux auteurs , acteurs et promoteurs de Golgota Picnic

12 Janvier 2012, 04:08am

Publié par Father Greg

 

 « Nous devons subir en silence les absurdités de ceux qui dénigrent, déforment, ridiculisent nos convictions… Faudrait-il se laisser égorger en silence ? Est-ce faire de la politique que de crier son désarroi devant la terreur ? »

Pierre Claverie, évêque d’Oran, assassiné le 1.09.96

 

The Crucifixion 1880J’ose être franc avec vous. Permettez-moi quelques questions. Je le fais au nom d’un grand nombre. Pourquoi ? Mais pourquoi donc ce déchaînement de christianophobie ? Ce besoin irrationnel de détruire le christianisme par le biais de la dérision, du cynisme, de l’ironie.

Peut-être n’est-ce pas du tout votre intention explicite. Peut-être n’en n’avez-vous pas conscience. Mais que vous le vouliez ou non, vos œuvres sont tellement provocantes qu’une multitude en est heurtée, blessée, bouleversée. Des chrétiens biens sûr, toutes églises confondues, mais aussi des croyants d’autres religions et simplement des hommes et des femmes, souvent non croyants, mais qui gardent encore un certain sens du respect, de l’honnêteté, de la dignité humaine. Et même des artistes, qui savent encore ce que signifie l’art.

Non et non ! On ne peut faire tout passer sous ce label. Cessons de prostituer la beauté.

La plupart sont des gens simples, des pauvres, des petits, qui en tant que tels méritent encore un plus grand respect.

Pourquoi, mais pourquoi ainsi les blesser dans ce qu’ils portent de plus intime, de plus profond, de plus vrai en eux-mêmes ?

Le saviez-vous ? Pour nous, pour une multitude, la personne de Jésus est ce que nous avons de plus précieux au monde. Il est tout pour nous. Il a transformé notre vie, illuminé notre existence, transfiguré nos souffrances. Il est Celui qui a livré sa vie pour nous ouvrir à tout jamais la Vie après la mort, nous donner ce Ciel dont vous vous moquez, mais qui demeure notre unique avenir. Un jour, vous le saurez… lorsque vous frapperez à la porte…

En attendant, ne prenez pas trop de risque d’en louper l’entrée faute de visa.

Qu’avez-vous contre cette personne qui ainsi vous questionne ?

Je vous le demande : qu’avez-vous contre Lui ? Quel mal vous a-t-il fait ? Pourquoi cette haine viscérale contre Quelqu’un qui n’a été que bonté, douceur, tendresse, totalement donné aux autres, ne faisant que du bien, qui n’a jamais eu des tas de concubines, n’a jamais violé ni massacré. Au contraire, préférant être lui-même tué, tout innocent, plutôt que de tuer ! Ou plutôt qui a tué en son propre cœur la haine, la jalousie, l’orgueil, bref – tous ces péchés qui provoquent 90 % de la souffrance dans le monde. Qui a partagé tout de mon existence, toutes mes souffrances, qui a connu l’exil, le rejet, la calomnie, la prison par pur amour de … toi et moi, pour te, me permettre après la mort – qui vient si rapidement – une éternité de bonheur.

Si vous le tournez en dérision, soyez logiques : moquez-vous aussi des malades, réfugiés, détenus. Jetez de la merde sur un agonisant, sur un enfant (que Lui-même a été).

Vous voyez, si ce qu’il y a de plus sacré au monde pour des milliards de croyants de par le monde ( leur fondateur de religion) n’est plus respecté, alors c’est bien simple : plus rien ne sera sacré, intangible, inviolable. Ni l’enfant en son état de zygote, ni la personne âgée en état de parkinson, ni un gosse qui sanglote, ni une maman qui voit – impuissante- mourir son petit, ni l’homme qui n’a que la rue pour maison. Allez-y, moquez-vous d’eux tous ! Peut-être n’y aura-t-il aucune réaction dans le peuple, tellement nous sommes blasés, amorphes, anesthésiés.

Ou bien, s’il vous faut absolument salir, dénigrer, conspuer, de grâce, jetez votre dévolu sur d’autres personnes de l’histoire (Je vous suggère Danton, Robespierre ou Lénine plutôt que Hugo ou de Gaulle)

Mais demeure cette question : Pourquoi de fait est-ce si souvent Jésus votre cible préférée ? Pourquoi vous questionne-t-il à ce point, vous dérange-t-il tellement ? Serait-ce qu’inconsciemment il vous interroge, vous pose des questions secrètes, vous rejoint au plus intime. Vous en semblez obsédés, pourquoi ? Oui, pourquoi ?

D’ailleurs, vos caricatures du Christ nous posent une autre question : S’il est si méconnu, si travesti, si peu connu sous son vrai jour, serait-ce en partie notre faute, à nous qui nous disons ses propres frères. Nos existences seraient-elles trop peu transparentes à son visage, béni entre tous ?

L’aurions-nous nous-mêmes défiguré, trahi, renié par nos comportements, nos attitudes, nos actes, si souvent peu conforme à son Evangile ? Si Jésus est pour nous, non pas le symbole, mais la Personne même de l’Amour encore si peu aimé, c’est sans doute que nous, ses pauvres disciples ne l’aimons pas encore.

En ce cas, nous vous demandons pardon, comme nous le demandons d’abord à notre Jésus. Et, provoqué par vos scènes immondes, nous nous décidons à faire resplendir sa beauté sur le tissu de nos vies quotidiennes. De votre côté, soyez honnêtes : 

la splendeur de son visage resplendit partout où son Eglise se dévoue, se donne sans compter, avec une héroïque générosité, partout où l’homme souffre, quelles que soient ses souffrances, dans les pires situations, cela depuis 2000 ans, sous toutes les latitudes et longitudes. Se faisant l’humble servante de tous ceux qui sont en situations de détresse, de désarroi, de désespoir. Notre souffrance interroge-t-elle votre violence ? ..

… Et nos silences douloureux posent-ils question à votre arrogance ?

Certains clament leur très légitime indignation en manifestant publiquement devant théâtres ou salles d’expo. Sans doute certains sont-ils excessifs car excédés par ce déferlement christianophobe. Au moins, admirez leur courage juvénile. Dans leurs condamnables débordements, écoutez le cri de leur cœur. Ils ont le mérite d’au moins réveiller une certaine apathie chez trop de baptisés qui, par fausse pudeur, sont lâches et n’osent pas réagir, terrorisés qu’ils sont par l’opinion médiatique.

Si vous écoutiez vraiment ceux qui veulent dialoguer paisiblement avec vous, comme je le fais ici, si vous teniez compte de leurs plaintes, ils ne devraient pas en arriver là.

Autant n’avons-nous aucun droit aux armes, autant avons-nous tous les droits aux larmes. Bref, nous récusons la violence, mais exprimons notre souffrance.

Et franchement, dites-le moi : leur possible violence, n’est-elle pas réplique à la violence de vos scènes, de vos propos contre cet Innocent incapable de se défendre Lui-même ? Violences extrêmes oui, car elles violent la conscience, la foi de tant de vos frères en humanité. Et très spécialement les enfants. Avez-vous mesuré le traumatisme qu’éprouve un enfant catholique, protestant, évangélique, orthodoxe à la vue de tels spectacles, de telles affiches ? Un enfant dont le seul crime est d’aimer ce même Jésus que vous blasphémez.

Si nos Eglises, en leurs différentes instances hiérarchiques, réagissaient comme un seul homme, calmement mais fermement, de telles manifestations n’auraient pas de raison d’être. Mais devant le silence, ou simplement l’extrême prudence il ne reste à certains que ce langage : descendre dans la rue. Se faire voir. Espérer se faire enfin entendre. Puisque toutes les autres plaintes sont méprisées.

Encore ceci : ne vous suffit-il pas que les chrétiens soient actuellement les croyants les plus persécutés dans le monde entier (dans quelques 54 différents pays, brimés, rejetés, tués)

Qu’en ce moment, il ne se passe pas un seul jour sans que des baptisés soient emprisonnés, torturés, lapidés ou égorgés, leurs églises saccagées, incendiées ? Leur seul crime ? Etre tombés amoureux d’un certain Jésus.

Et voilà qu’en nos pays dont la foi chrétienne a été le liquide amniotique, nous voilà aussi la cible de votre méprisante arrogance.

Cela me fait penser aux affiches-caricatures sur les Juifs… L’avant-persécution commence par la dérision. La dérision n’est pas anodine. Elle cristallise le mépris et la haine et ouvre dans l’inconscient des foules la porte à une possible persécution. Le passage de la représentation symbolique (une pièce de théâtre, une affiche..) à l’acte réel ( un pogrom, un lynchage) est si vite franchi !

Et vous les artistes qui y jouez, y figurez, j’ose espérer qu’au moins l’un d’entre vous soit touché par les paroles même du Christ que vous prononcez ou entendez. Je pense à ces dernières paroles : ses ultimes, donc son testament, sachant que toute parole de mourant est considérée comme absolument sacrées. Par tout homme ayant simplement le sens de l’humanité.

Je pense à cette pièce blasphématoire à Moscou (en 1950), sous la dictature stalinienne. L’acteur principal très connu, bouleversé par les paroles des Béatitudes (correspondant aux 7 paroles du Christ en croix) éclate en sanglots et s’écrie : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume ! » faisant sienne précisément celle du gangster à qui Jésus ouvre illico son paradis.

Et puis, comme artistes, vous avez sûrement le sens de la beauté. Au plus intime, vous devez bien sentir que tout ne peut pas s’appeler art, sans prostituer les mots.

On ne peut tout faire passer sous prétexte d’art, comme on ne pouvait faire passer les massacres de la Révolution sous prétexte de liberté. La vie est plus précieuse que la liberté. Et l’âme plus grande que l’art qui tente de l’exprimer. La beauté pour être belle n’exige t-elle pas le respect ? Au nom de ce qu’il y a de plus grand en vous : cessez de prostituer la beauté !

Pour vous : censurer revient à régresser au Moyen Age. Mais le fleuron de la civilisation ne réside-t-il pas dans le fait d’accéder à un infini respect de l’autre ? N’est-on pas au contraire en pleine régression de civilisation ?

Je vous en supplie : laissez-nous au moins prier et pleurer !

A vous qui subventionnez, promouvez, protégez ces spectacles :

Et maintenant, je me risque à m’adresser à vous, les autorités françaises et européennes qui participez au financement de telles œuvres, avec notre argent, nous vos fidèles contribuables.. Comment avez-vous pu faire cela, sachant – au moins devinant- combien vos propres concitoyens en seraient choqués.

Auriez-vous oublié par hasard qu’aujourd’hui encore, des millions de Français sont chrétiens. C’est de la religion largement majoritaire dans ce pays dont vous avez la responsabilité. (Auriez-vous oublié les propos si nets du Président de la République voici quelques mois au Puy ?) Combien de manifestations antichrétiennes avez-vous ainsi subventionnées ?

Auriez-vous pris le risque de financer des scènes blasphématoires de l’Islam ou du Judaïsme ?

En France, on soutient automatiquement les mouvements de contestation par instinct révolutionnaire. Les médias forgeant l’opinion publique, se rangeant de suite aux côtés des indignés de tous bords. Et les chrétiens seraient les seuls à ne pas avoir le droit de manifester leur désapprobation, leur indignation, plus profondément, leur douleur ? On les arrête comme des criminels, des brigands. Oserez-vous faire cela à la Gay-Pride, ou dans une manif de musulmans réclamant la charia dans leur quartier ?

Alors, si jamais certains d’entre nous sont là, dans la rue, sans aucunement troubler l’ordre public, simplement en silence ou priant, à mi-voix, je vous en supplie : laissez-nous tranquille, comme vous respectez la prière des musulmans dans la rue. (Aux USA et maintenant en Angleterre, on respecte les chrétiens de différentes confessions priant devant les avortoirs, évêques en tête)

Et vous, les responsables politiques qui laissez faire sans avoir le courage d’intervenir, je vous pose la question : votre stratégie politique, qui donc vise-t-elle ?

Avez-vous pensé au retentissement de tels procédés sur les croyants d’autres religions. Un musulman bien né, un juif honnête ne peut être qu’horrifié de la manière dont on traite Celui qui est sacré pour un milliard et demi de personnes sur la planète ? Soyez au moins cohérents : pour ne pas faire de discrimination, faites les mêmes caricatures pour Abraham, Moïse, David, et surtout... pour Muhammed… Répondez-moi : pourquoi vous n’osez pas le faire ? Simplement parce que vous avez peur des bombes. Vous vous avez raison, car vous leur feriez 1 % de ces scènes, vous les auriez, les grenades ! Mais les gentils cathos, ces bonnes poires, ça se laisse faire, ça ne réagit pas, c’est mou sinon amorphe, donc aucun risque. Allons-y ! Vraiment, j’admire votre courage !

Mais je vous pose encore cette question : les larmes d’un seul enfant ne sont-elles pas plus terribles que les armes de mille manifestants ?

Pour qui donc roulez-vous ? Vous voulez vraiment saper le christianisme, le marginaliser de la vie sociale et finalement arriver à l’éradiquer ? Mais – par là même, vous êtes en train de faire le lit de l’Islamisme intolérant qui précisément est une réaction contre notre décadence morale occidentale, notre rejet de toute éthique et de tout valeur transcendante. Le meilleur pare-feu à cette galopante radicalisation islamiste est justement de lui couper l’herbe sous les pieds, en favorisent au contraire ce christianisme d’où nous viennent les droits de l’homme., la dignité de la personne, la promotion de la Femme, la justice sociale, le respect du petit et du pauvre, le sens de la vie, l’état de droit.

Serez-vous vraiment content lorsqu’on lapidera vos filles sur la place de la Concorde le vendredi soir ? Et que vos épouses confinées, reléguées à la maison devront porter la burka ? Peut-être alors vous commencerez a regretter ce bon christianisme que vous semblez vomir.. au moins renier, tel un ado crisant contre ses parents. Cessez d’être des adulescents en rébellion !

Sachez-le : s’il n’y a plus rien de sacré, plus aucune instance supérieure, plus aucune valeur de référence, plus aucune transcendance : alors nous sommes livrés pieds et poings liés aux caprices idéologiques de n’importe quel dirigeant, aux diktats de n’importe quel lobby grassement financé par les pouvoirs publics, n’importe quelle dictature. Il n’y a plus qu’à attendre de nouveaux Hitler, Mao, Staline. Leur ennemi n° 1 à tous les 3 : l’Eglise de Jésus. Leurs résistants courageux à tous les 3 : les croyants. Mais qui a fini par l’emporter ? L’Eglise. Car on ne construit pas indéfiniment une société, une nation sur du mensonge et de la dérision. La Beauté qui habite le cœur de l’homme finit pas l’emporter

Pour clore : pardonnez ma franchise, mais comment puis-je me taire la conscience tranquille ? Je serais seul en cause, je subirais, pâtirais, m’écraserais. Mais justement, je ne suis pas le seul visé. D’abord, il s’agit de mon Dieu, de Celui qui est la raison d’être de ma vie. Comment puis-je le laisser ainsi être outragé, assister à sa flagellation à son couronnement d’épines toujours actualisé, sans bouger de mon fauteuil devant la TV2. ?

Même le gangster à ses côtés s’est fait son avocat. Entendant les infâmes insultes, il a crié : « Celui-ci n’a rien fait de mal ! » Le chef de gang s’est fait l’avocat de l’innocence de Dieu. Et moi, je me défilerais ?

Ensuite, comment me taire devant les larmes des pauvres, des petits, des enfants, mes frères de chair et de sang (du même Sang de la même chair que Jésus) . Comment ne pas prendre la défense de l’enfant ainsi scandalisé ? Car tout ce que tu fais à Jésus, tu le fais au plus petit de ses frères. Et vice versa. Nous, c’est Lui. Lui, c’est nous, vous comprenez ? Tu me jettes excréments et crachats sur le visage, tu me plonges dans l’urine. Moi, cela passe encore, mais sur des enfants ? Non et non !

Faites cette expérience : si à la place du visage du Christ, vous mettiez le visage de quelqu’un qui est sacré pour vous : le visage de votre mère, de votre petite fille, de votre fiancée ? Là, vous comprendriez l’impact émotionnel que cela représente pour nous.

Alors, je vous en supplie : des larmes d’un enfant, de nos larmes, ayez pitié. De nos cœurs brisés, ayez un peu de respect ! Juste un petit peu.

C’est une cascade non-stop depuis des décennies. Trop, c’est trop ! Nous existons ! Respectez-nous ! Pitié pour nos larmes amères, nos cris étouffés, nos cœurs meurtris ! Laissez-nous souffler ! On n’en peut plus !

Merci de m’avoir lu, écouté, entendu. Peut-être compris ?

Merci pour votre réponse. Nous sommes très nombreux à l’attendre.

Père Daniel-Ange

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Retour sur la Terreur qui conduisit au génocide vendéen

11 Janvier 2012, 04:25am

Publié par Father Greg

"Le détenteur de la vérité et du bien se doit d’éliminer l’autre qui incarne le mal et qui est, par nature, irrécupérable". Robespierre.

robespierre_2.jpgIl est toujours extrêmement difficile et délicat en France de parler de la Révolution de 1789 sans déchaîner les passions. Pourtant, dans l’histoire de l’Europe contemporaine, c’est elle qui, la première, a fait passer dans la réalité l’idée du meurtre de masse et sa justification dans un système construit à cet effet.

D’emblée, les tenants du pouvoir révolutionnaire ont une approche catégorielle de la population française et la divisent en deux groupes : les révolutionnaires et les contre-révolutionnaires, selon le principe du « avec moi ou contre moi ». Robespierre affine cette distinction et identifie quatre grands groupes d’individus : les ultra-révolutionnaires, les purs révolutionnaires – ceux de la majorité morale, modérés et indulgents –, les « citra » et les contre-révolutionnaires, ces derniers étant de facto considérés comme idéologiquement irrécupérables et dangereux pour le devenir de la Nation. La dictature qu’il instaure systématise cette vision intellectuelle et, en ce sens, Robespierre est le premier des dictateurs à faire passer la ligne de partage entre le bien et le mal, non plus à l’intérieur du cœur de chaque homme, mais entre les hommes. Dès lors, le détenteur de la vérité et du bien se doit d’éliminer l’autre qui incarne le mal et qui est, par nature, irrécupérable d’autant qu’il ne peut changer :

La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier qu’une conséquence du principe général de la démocratie appliquée aux plus pressants besoins de la patrie[1].

En clair, il ne peut y avoir de rédemption d’où les slogans : « Point de salut pour les ennemis de la liberté », « La liberté ou la mort ». Il faut donc « régénérer », « humaniser », « républicaniser » le peuple selon le principe qu’il faut créer « l’homme nouveau » – l’expression est aussi d’époque – selon un modèle idéal. Le Conventionnel Jean-Baptiste Carrier[2] ne dit rien d’autre lorsqu’il déclare : « Nous ferons un cimetière de la France plutôt que de ne pas la régénérer à notre manière et de manquer le but que nous nous sommes proposé[3]. »

L’historien Hippolyte Taine, dans Les Origines de la France contemporaine, explicite avec intelligence les finalités de cette ambition des Conventionnels : « En quoi consistait cette régénération de l’homme. [...]. La tâche était double : il fallait démolir puis construire en dégageant d’abord l’homme naturel pour édifier ensuite l’homme social[4]. »

L’entreprise est immense. Billaud-Varenne déclare :

Il faut [...] recréer en quelque sorte le peuple qu’on veut rendre à la liberté puisqu’il faut détruire d’anciens préjugés, changer d’antiques habitudes, perfectionner des affections dépravées, restreindre les besoins superflus, extirper des vices invétérés[5].

L’œuvre est sublime car il s’agit de « remplir les vœux de la nature, d’accomplir les desseins de l’humanité, de tenir les promesses de la philosophie », comme l’explique Robespierre :

Nous voulons substituer la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux à un peuple aimable, frivole et misérable, c’est-à-dire toutes les vertus et tous les miracles de la République à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie[6].

L’objectif doit être atteint quel qu’en soit le prix humain pour la France, car les révolutionnaires travaillent pour les générations futures au risque de sacrifier leur vie : « Ce que j’ai fait dans le midi, dit Baudot, je le ferai dans le sud. Je les rendrai patriotes, ou ils mourront ou je mourrai[7]. »

Reynald Secher http://www.atlantico.fr

Extraits de Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d'un crime légal contre l'humanitéCerf (octobre 2011)


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Vendée 1793 : mécanique d'un crime légal contre l'humanité

10 Janvier 2012, 04:15am

Publié par Father Greg

 

 

dup12_benoit_001f.jpgL’enjeu du procès de Nuremberg a été d’établir la distinction entre les bourreaux et les victimes, condition fondamentale pour établir la justice et entamer un processus mémoriel. Cette tâche a été facilitée par le fait que les victimes étaient du côté de la victoire, le vainqueur jugeant le vaincu par rapport à un concept simple, évident et partagé par tous : le Bien et le Mal. La Vendée s’est trouvée dans une situation inverse : les bourreaux étaient les vainqueurs et conservaient le pouvoir, les victimes étaient les vaincus. Cette situation est analogue à celle des Arméniens par rapport à la Turquie, mais les Vendéens ont une spécificité. En effet, contrairement aux Juifs ou aux Arméniens, ils ne constituent ni un peuple ni une ethnie mais un groupe humain habitant un même territoire, la Vendée militaire, dont les ferments d’identité se sont cristallisés dans les événements liés à la guerre civile et au génocide. Dernière caractéristique : les Vendéens n’ont pas eu conscience de la spécificité du crime commis à leur encontre tandis que leurs bourreaux ont tout fait pour empêcher que la vérité éclate et ont mis en place un processus de mémoricide que l’historien doit déconstruire.

Le génocide concerne les morts directs et les survivants. Le mémoricide concerne les descendants et ne s’inscrit donc plus dans les événements contemporains mais dans le temps, même si le point de commencement du mémoricide peut être contemporain des événements, ce qui est le cas pour la Vendée. A l’effroi et l’horreur que l’on retrouve dans tous les génocides, si bien cernés par l’abbé Desbois en Ukraine[1], ont succédé pour la Vendée la manipulation réussie puis l’oubli. En Vendée, pour des raisons évidentes liées à l’analphabétisme et à la disparition des élites, les témoignages écrits de contemporains sont rares. Certains, comme le recteur Pierre-Marie Robin de La Chapelle-Basse-Mer[2], évoquent les événements en quelques mots ; d’autres, comme la marquise de La Rochejaquelein[3] ou le vicomte Walsh[4] rédigent mémoires et témoignages afin de transmettre pour ne jamais oublier. Cependant, ces récits sont parcellaires et ne s’intègrent jamais dans une grande histoire contrairement à ceux des victimes du nazisme ou des Jeunes-Turcs et plus récemment du communisme. Les témoignages sont toujours similaires tant sur le fond que sur la forme et traduisent les mêmes impressions et les mêmes comportements face à une situation analogue.

La distinction entre bourreau et victime est essentielle pour l’élaboration de la mémoire et sa transmission sur le long terme. Une victime est une personne ou une communauté qui souffre ou a souffert des agissements de tiers, que ce soit d’un individu, d’un groupe ou encore d’un État. En l’occurrence, les Vendéens ont souffert de la volonté de la Convention de les exterminer et d’anéantir leurs biens et leur territoire.

Le mémoricide agit dans le temps et dans l’après-coup du génocide sur les descendants des victimes. Son premier effet est d’empêcher que soient constituées et donc reconnues comme victimes les personnes ayant souffert de quelque manière que ce soit de ce génocide. Pire, pour effacer le génocide, les bourreaux et leurs partisans font disparaître les victimes qui n’existent plus en tant que telles mais réapparaissent sous les traits de coupables puis, en une inversion perverse, sous ceux de bourreaux. Ainsi, en niant l’existence d’une victime et d’un bourreau, le mémoricide nie même l’existence de la victime : pas de victime, pas de crime. Les descendants des Vendéens ne peuvent donc prétendre être des descendants de génocidés et donc faire reconnaître aux yeux de tous le caractère spécifique du crime qu’ils ont subi comme les dommages psychiques que celui-ci entraîne chez eux, encore à l’heure actuelle.

 

Reynald Secher

  Extraits de Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d'un crime légal contre l'humanité, Cerf (octobre 2011) http://www.atlantico.fr

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Et le génocide vendéen alors ?

9 Janvier 2012, 04:15am

Publié par Father Greg

 

 

colonnes_infernales.jpgLa France aime donner des leçons au monde notamment dans le domaine des droits de l’homme, au titre qu’elle en serait à l’origine. Elle oublie de dire qu’en même temps, elle est aussi l’actrice du premier génocide idéologique en Vendée commis au nom de ces mêmes droits.

Dans ce cadre, il s’agissait de créer l’homme nouveau, ce qui passait obligatoirement par la disparition de l’homme ancien qui devait accepter d’être régénéré ou de disparaître. C’est à ce titre que la Révolution a éliminé la famille royale, une bonne partie du clergé, de la noblesse et, entre autres, des habitants de la Vendée militaire.

À l’heure actuelle, grâce à la découverte de documents originaux signés de la main même des auteurs de ces crimes, c’est-à-dire les membres du Comité de salut public et notamment Robespierre, Carnot, Barrère, etc. Nous avons reconstitué à la fois la pensée, les méthodes utilisées, les moyens déployés afin de mener à terme cette folie.

Ce crime est  légal car conçu et mis en œuvre directement  par le pouvoir exécutif et voté par la chambre des députés. Il se décompose en trois grandes étapes : du 1er août 1793 au 21 janvier 1794 avec l’utilisation de l’armée "masse" ; du 21 janvier au 13 mai 1794 avec le recours des colonnes infernales mobiles ; du 13 mai à la chute de Robespierre avec de nouveau l’utilisation de l’armée "masse".

Mais éliminer une population conséquente évaluée à 815 000 habitants n’est pas chose aisée surtout, comme le déplorent les politiques, celle-ci refuse de se laisser massacrer, et pire, se défend. Tout dans ce crime de masse a été essayé, y compris l’horreur absolue comme l’utilisation de gaz, de fours… On y retrouve l’indicible comme les tanneries de peaux humaines, la fonte des corps pour la graisse…

Crime politique, crime honteux, crime inavouable, politiques comme historiens officiels, au nom de l’unité nationale, de l’idéologie et de la politique ont tout fait non seulement pour le masquer mais aussi pour inverser les causes et les conséquences faisant en sorte, qu’avec le temps, les bourreaux sont devenus les victimes et les victimes les bourreaux. C’est ce que j’appelle le mémoricide qui s’est accompagné chez les victimes d’un déni lié à la peur et à la honte, phénomène classique dans ce genre de situation.

À l’heure actuelle, nous maîtrisons parfaitement la mécanique de ce double crime d’État avec d’un côté, le génocide et de l’autre le mémoricide.

Pouvons-nous, en connaissance de cause, continuer à reproduire cette situation. Je ne le pense pas au moins pour cinq raisons :

Au nom de la vérité

Au nom de la justice

Au nom de l’honneur

Au nom de l’exemple

Au nom de l’avenir

pour que les bourreaux sachent que plus jamais ce genre de crime restera impuni.

 

Le Parlement français doit-il voter la reconnaissance de ce génocide ? Dans le cadre des lois mémorielles, il n’a pas le choix. Dans le cas contraire, comment pourrait-il expliquer que face au même crime, certains soient considérés positivement car commis par la France et d’autres négativement car commis par d’autres comme les Turcs.


Le fera-t-il ? Je pense que oui avec le temps et sous la pression. Mais pour l’instant, l’urgence est peut-être ailleurs : il se doit d’abord d’abroger les lois d’extermination et d’anéantissement votées les 1er août et 1er octobre 1793. Comment peut-on imaginer, comment peut-on accepter que de telles lois restent dans notre arsenal législatif ? Là encore, nous sommes dans le domaine de l’impensable, de l’inimaginable, de l’indicible pour une démocratie moderne qui veut se donner en exemple au monde. Peut-on se le permettre ? Sûrement pas même si certains l’espèrent.

 

Reynald Secher

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Debout ! Rayonne ! Car voici ta lumière et sur toi se lève la gloire du Seigneur

8 Janvier 2012, 04:54am

Publié par Father Greg

 

 

 

Approach_to_Venice_1843.jpgL’Épiphanie est une fête de la lumière. « Debout ! [Jérusalem] Rayonne ! Car voici ta lumière et sur toi se lève la gloire du Seigneur » (Is 60,1). Avec ces paroles du prophète Isaïe, l’Église décrit le contenu de la fête. Oui, Il est venu dans le monde Celui qui est la vraie Lumière, Celui qui rend les hommes lumière. Il leur donne le pouvoir de devenir enfants de Dieu (cf. Jn 1,9.12). Le voyage des Mages d’Orient est pour la liturgie le début seulement d’une grande procession qui continue tout au long de l’histoire. Avec ces hommes commence le pèlerinage de l’humanité vers Jésus-Christ – vers ce Dieu qui est né dans une étable ; qui est mort sur la croix et qui depuis sa résurrection demeure avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde (cf. Mt 28,20). L’Église lit le récit de l’Évangile de Matthieu avec celui de la vision du prophète Isaïe, que nous avons écouté dans la première lecture : le voyage de ces hommes est seulement un commencement. D’abord étaient venus les bergers – des âmes simples qui demeuraient au plus près du Dieu fait petit enfant et qui pouvaient aller vers Lui plus facilement (cf. Lc 2,15) et Le reconnaître comme Seigneur. Mais maintenant, viennent aussi les sages de ce monde. Viennent les grands et les petits, les rois et les serviteurs, les hommes de toutes les cultures et de tous les peuples. Les hommes d’Orient sont les premiers, suivis par tant d’autres, tout au long des siècles. Après la grande vision d’Isaïe, la lecture tirée de la lettre aux Éphésiens exprime la même réalité d’une façon très sobre et simple : les païens partagent le même héritage (cf. Ep 3,6). Le Psaume 2 l’avait exprimé ainsi : « Je te donne les nations pour héritage et pour domaine les extrémités de la terre » (Ps 2,8).


Les Mages d’Orient précèdent. Ils inaugurent la marche des peuples vers le Christ. Durant cette Messe je conférerai l’Ordination épiscopale à deux prêtres, je les consacrerai Pasteurs du peuple de Dieu. Selon les paroles de Jésus, précéder le troupeau fait partie de la charge du Pasteur (Jn 10,4). Donc, dans ces personnages qui comme les premiers païens trouvèrent le chemin vers le Christ, nous pouvons peut-être chercher – malgré toutes les différences de vocations ou de fonctions – des indications regardant la charge des Évêques. Quel genre d’hommes étaient-ils ? Les experts nous disent qu’ils appartenaient à la grande tradition de l’astronomie qui à travers les siècles s’était développée en Mésopotamie et y fleurissait encore. Cependant cette information seule ne suffit pas. Il y avait peut-être de nombreux astronomes dans la Babylone antique, mais seul ce petit nombre s’est mis en route et a suivi l’étoile en laquelle il avait reconnu l’étoile de la promesse, celle qui indique la route vers le vrai Roi et Sauveur. Ils étaient, pourrions-nous dire, des hommes de science, mais non seulement dans le sens où ils voulaient connaître beaucoup de choses : ils voulaient davantage. Ils voulaient comprendre ce qui compte dans l’être humain.

Probablement avaient-ils entendu parler de la prophétie du prophète païen Balaam : « Un astre issu de Jacob devient chef et un sceptre se lève, issu d’Israël » (Nb 24,17). Ceux-ci approfondirent cette promesse. C’étaient des personnes au cœur inquiet, qui ne se contentaient pas de ce qui paraît et est habituel. C’étaient des hommes à la recherche de la promesse, à la recherche de Dieu. Et c’étaient des hommes attentifs, capables de percevoir les signes de Dieu, son langage discret et insistant. Mais c’étaient encore des hommes à la fois courageux et humbles : nous pouvons imaginer qu’ils durent supporter quelques moqueries parce qu’ils s’étaient mis en route vers le Roi des Juifs, affrontant pour cela beaucoup de fatigue. Pour eux, ce que pensait d’eux celui-ci ou celui-là ou encore les personnes influentes ou intelligentes, n’était pas déterminant. Pour eux, ce qui comptait était la vérité elle-même, et non l’opinion des hommes. Pour cela ils affrontèrent les renoncements et les fatigues d’un voyage long et incertain. Ce fut leur courage humble qui leur permit de pouvoir s’incliner devant le petit enfant de gens pauvres et de reconnaître en Lui le Roi promis dont la recherche et la reconnaissance avait été le but de leur cheminement extérieur et intérieur.


Chers amis, comment ne pas voir en tout cela quelques-uns des traits essentiels du ministère épiscopal ? L’Évêque lui aussi doit être un homme au cœur inquiet qui ne se contente pas des choses habituelles de ce monde, mais suit l’inquiétude de son cœur qui le pousse à s’approcher intérieurement toujours plus de Dieu, à chercher son Visage, à Le connaître toujours mieux, pour pouvoir l’aimer toujours plus. L’Évêque doit être lui aussi un homme au cœur vigilant qui perçoit le langage discret de Dieu et sait discerner le vrai de l’apparent. L’Évêque encore doit être rempli du courage de l’humilité, qui ne s’interroge pas sur ce que peut dire de lui l’opinion dominante, mais tire son critère de mesure de la vérité de Dieu, et pour elle s’engage « opportune – importune » à temps et à contre-temps. Il doit être capable d’ouvrir et d’indiquer la route. Il doit marcher en avant, suivant Celui qui nous a tous précédés, parce qu’il est le vrai Pasteur, l’étoile véritable de la promesse : Jésus-Christ. Et il doit avoir l’humilité de s’incliner devant ce Dieu qui s’est rendu si concret et si simple qu’il contredit notre stupide orgueil, qui ne veut pas voir Dieu aussi proche et aussi petit. Il doit vivre l’adoration du Fils de Dieu fait homme, adoration qui lui indique toujours à nouveau la route.

La liturgie de l’Ordination épiscopale interprète l’essentiel de ce ministère en huit questions posées aux candidats à l’ordination, qui commencent toujours par la parole : « Vultis ? – Voulez-vous ? ». Les questions orientent la volonté et lui indiquent la route à prendre. Je voudrais ici mentionner brièvement quelques-unes des paroles-clés d’une telle orientation, dans lesquelles se concrétise ce sur quoi nous avons réfléchi peu auparavant à partir des Mages de la fête d’aujourd’hui. La charge des Évêques est de « predicare Evangelium Christi », « custodire » et « dirigere », « pauperibus se misericordes praebere », « indesinenter orare ». Annoncer l’Évangile de Jésus-Christ, précéder et conduire, garder le patrimoine sacré de notre foi, la miséricorde et la charité envers les plus nécessiteux et les pauvres en qui se reflète l’amour miséricordieux de Dieu pour nous et, pour finir, la prière continue sont des caractéristiques fondamentales du ministère épiscopal. La prière continue qui signifie ne jamais perdre contact avec Dieu, se laisser toujours toucher par Lui dans l’intime de notre cœur et être ainsi envahis par sa lumière. Seul celui qui connaît Dieu personnellement peut guider les autres vers Dieu. Seul celui qui guide les hommes vers Dieu, les guide sur le chemin de la vie.


Le cœur inquiet, dont nous avons parlé en nous reportant à saint Augustin, est le cœur qui, en fin de compte, ne se contente de rien de moins que de Dieu et, précisément ainsi, devient un cœur qui aime. Notre cœur est inquiet par rapport à Dieu et il le reste, même si aujourd’hui on s’efforce, avec des « narcotiques » très efficaces, de libérer l’homme de cette inquiétude. Toutefois, ce n’est pas seulement nous, les êtres humains, qui sommes inquiets par rapport à Dieu. Le cœur de Dieu est inquiet pour l’homme. Dieu nous attend. Il nous cherche. Il n’est pas tranquille lui non plus tant qu’il ne nous a pas trouvés. Le cœur de Dieu est inquiet, et c’est pour cela qu’il s’est mis en chemin vers nous – vers Bethléem, vers le Calvaire, de Jérusalem à la Galilée et jusqu’aux confins du monde. Dieu est inquiet à notre égard, il est à la recherche de personnes qui se laissent gagner par son inquiétude, par sa passion pour nous. De personnes qui portent en elles la recherche qui est dans leur cœur et, en même temps, qui se laissent toucher dans leur cœur par la recherche de Dieu à notre égard. Chers amis, c’est la tâche des Apôtres d’accueillir l’inquiétude de Dieu à l’égard de l’homme et de porter Dieu lui-même aux hommes. Et c’est votre tâche sur les pas des Apôtres de vous laisser toucher par l’inquiétude de Dieu afin que le désir de Dieu à l’égard de l’homme puisse être satisfait.


Les Mages ont suivi l’étoile. À travers le langage de la création, ils ont trouvé le Dieu de l’histoire. Certes, le langage de la création à lui seul ne suffit pas. Seule la Parole de Dieu, que nous rencontrons dans la Sainte Écriture, pouvait leur indiquer de façon définitive la route. Création et Écriture, raison et foi doivent coexister pour nous conduire au Dieu vivant. On a beaucoup discuté sur le genre d’étoile qu’était celle qui avait guidé les Mages. On pense à une conjonction de planètes, à une Super nova, c’est-à-dire à une de ces étoiles au départ très faible en qui une explosion interne libère pendant un certain temps une immense splendeur, à une comète, etc. Que les savants continuent de discuter ! 


La grande étoile, la véritable Super nova qui nous guide, c’est le Christ lui-même. Il est, pour ainsi dire, l’explosion de l’amour de Dieu, qui fait resplendir sur le monde le grand éclat de son cœur. Et nous pouvons ajouter : les Mages d’Orient dont parle l’Évangile d’aujourd’hui, de même que les saints en général, sont devenus eux-mêmes petit à petit des constellations de Dieu, qui nous indiquent la route. En toutes ces personnes, le contact avec la Parole de Dieu a, pour ainsi dire, provoqué une explosion de lumière, à travers laquelle la splendeur de Dieu illumine notre monde et nous indique la route. Les saints sont des étoiles de Dieu, par lesquelles nous nous laissons guider vers Celui auquel notre cœur aspire. Chers amis, vous avez suivi l’étoile Jésus Christ, quand vous avez dit votre « oui » au sacerdoce et au ministère épiscopal. Et des étoiles mineures ont certainement brillé aussi pour vous, vous aidant à ne pas perdre la route. Dans les litanies des Saints, nous invoquons toutes ces étoiles de Dieu, afin qu’elles brillent toujours à nouveau pour vous et vous indiquent la route. En étant ordonnés Évêques, vous êtes appelés à être vous aussi étoiles de Dieu pour les hommes, à les guider sur la route vers la véritable lumière, vers le Christ. Prions donc à présent tous les Saints afin que vous puissiez toujours accomplir votre tâche et montrer aux hommes la lumière de Dieu. Amen.

 

Benoit XVI, EPIPHANIE, 6 JANVIER 2012

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L'Incarnation, excès de gratuité...

7 Janvier 2012, 04:19am

Publié par Father Greg

 

 

agneaumyst.jpg  Le mystère du Christ contient, achève et récapitule tout. Dans le Christ, la Révélation est accomplie, achevée. En lui, tout nous est donné.

 

Comment entrer dans ce mystère ? C’est-à-dire, quelle est l’intention de Dieu dans ce mystère ? Pourquoi cela ? Quelle est la porte qui puisse nous aider à recevoir jusqu’au bout ce don, cette lumière sans la diminuer?

 

Dans l’incarnation, notre nature humaine est entrainée dans une proximité avec Dieu telle qu’il ne peut y en avoir de plus grande ! Dieu nous unit à lui dans sa personne. Comment vivre cela ?

 

Déjà la création est une œuvre d’amour, de pure gratuité. Dieu nous donne d’exister dans une gratuité totale. Il me donne d’être parce qu’il me veut. Mais notre existence ne lui rajoute rien. Il n’a aucune nécessité à nous créer, sinon nous-même. Chacun de nous peut-dire : j’aurai pu ne pas être ! Mon existence n’est pas nécessaire !

 

Aussi, c’est le propre de Dieu que d’agir par pure surabondance d’amour ! Dieu seul agit en attirant tout à lui dans l’amour ! L’incarnation n’est ni un don, ni un dépouillement de soi ! Même si l’amour réclame une manifestation, l’amour, en lui-même, n’est pas sa manifestation ; l’amour  n’est pas en premier un acte généreux ou un service. L’amour c’est en nous l’effet du bien qui nous attire !! Le bien se communique en attirant à lui. Un ami est source d’amour en nous attirant par sa seule bonté.  

 

Lorsque Dieu « se donne », il nous prend en fait en Lui. Il exerce encore plus son attraction sur nous. Et pour nous tout a changé. Pour lui, rien n’a changé. Dieu est acte pur, il ne change pas.

 

Pour nous lorsque nous aimons, cela implique un changement, un devenir, une manifestation. Dieu qui s’incarne, c’est Celui qui, présent partout, nous prend au plus intime de lui-même, par pure bonté ; Il n’y a pas d’autre raison à l’amour de Dieu pour nous que lui-même ; Son amour pour nous est d’une gratuité totale et infinie : son amour c’est son être, c’est ce qu’il est. Pour nous, notre amour est quelque chose de nous, mais ce n’est pas notre être.

 

« Dieu est la bonté. Or le propre du bien c’est de se communiquer en attirant a lui -le bien nous attire en suscitant l’amour-. Ainsi il appartient à Dieu de se communiquer le plus qu’il le peut en attirant tout à lui. »  Somme théologique. Thomas d’aquin. IIIa.Q1. 

 

Ceci ne démontre pas l’incarnation, mais tente de s’approcher le plus de ce qu’est ce don caché que Dieu réalise pour chacun de nous à Noël, et que l’on ne peut connaitre que par révélation. L’incarnation est une folie d’amour de Dieu, une pure gratuité, un excès de gratuité. Et en lui, son attraction est substantielle : sa Bonté nous a pris en Lui, nous faisons ‘partie’ de Lui depuis Noël.

 

Certains font tout pour vivre de cette lumière qu'on ne possède jamais ; d’autres le réduisent à un anthropomorphisme humain, un but à atteindre, un idéal religieux ; d’autres encore, font totalement l’impasse, souvent malgré eux.

 

Le don, lui, demeure on ne peut plus réel. Cette réalité divine substantielle est le réel véritable, invisible pour des yeux humains, qui s’impose à nous, nous imbibe, malgré nous. 

fr Grégoire.

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qu’est ce qui en moi a soif de lui ?

6 Janvier 2012, 04:53am

Publié par Father Greg

 

 

vincent-van-gogh-champs-de-ble.jpgLe pèlerin spirituel est un homme qui marche, mais si en lui ne réside aucune ferveur, s’il a jugulé toute émotion, tout sentiment, s’il n’est pas ce « pèlerin passionné » que se voulait Shakespeare, il n’est qu’une mécanique, une coquille vide et desséchée.  On ne saurait trop insister, en ces temps prudents et frileux, sur l’importance que revêt le désir dans une démarche spirituelle. Le désir  c’est le feu de la vie, c’est l’énergie de la quête. Il ne faut surtout pas la confondre avec la convoitise ni l’avidité. Le vrai désir fait sortir hors de soi, il permet toutes les aventures de la pensée, de la création artistique et nourrit toutes les relations véritables.

Le désir c’est le goût de l’autre, de la vie, du monde, de l’ailleurs, du nouveau. Plus un individu, par peur,  étouffe en lui le désir, et plus il devient morne et triste, ou encore renfermé. Un individu narcissique, n’est habité d’aucun désir et ce n’est pas par hasard si notre époque qui flatte en permanence l’égocentrisme des gens est une époque de convoitise généralisée, non de désir.

Le désir du cœur, c’est la foi qui déplace les montagnes et fait chanter au milieu de la fournaise. Sa puissance est analogue à celle de la  passion amoureuse, comme l’énonce au VIIème  siècle Jean Climaque  qui,  longtemps ermite, devint supérieur du monastère  du Sinaï : « Bienheureux celui qui a obtenu un désir de Dieu semblable à celui d’un amant passionné pour celle qu’il aime ».

Sans la flamme du cœur, sans les éclats des émotions et la brûlure des sentiments, la vie spirituelle s’intellectualise et devient dure et arrogante, ou elle se réduit à des techniques et des formules apprises.  Elle est une posture et souvent une imposture. Il faut avoir de grands, de hauts, de généreux désirs, comme le rappelle très souvent à ses sœurs Thérèse d’Avila(…)

 

(…)La soif est première, elle réveille la conscience endormie et elle donne de l’élan. Ce ne sont ni le raisonnement ni l’argumentation qui se révèlent décisifs dans une démarche spirituelle (sinon il s’agit d’un endoctrinement), mais bien le désir ardent de découvrir une contrée que ni le mal ni la mort n’atteignent. Par exemple,  on peut s’intéresser à Jésus d’un point de vue historique (documenté et objectif), intellectuel (exégétique, distancé), ou théologique (savant et dogmatique) ; mais il est bien plus dynamique et authentique de se demander : qu’est ce qui en moi a soif de lui ?

Qu’est ce qui me fait partir à sa rencontre ou sur ces traces, ou encore me précipiter à ses pieds comme le fit avec spontanéité admirable la fameuse « pécheresse de la ville » qui était avant tout une femme très aimante ?

 

                               Jacqueline Kelen  «  Bréviaire du colimaçon »  Sur la vie spirituelle

                                                              

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La Théorie du gender pour les Nuls!!

5 Janvier 2012, 05:19am

Publié par Father Greg

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Le jugement dernier...

3 Janvier 2012, 04:50am

Publié par Father Greg

 

 

The_Fifth_Plague_of_Egypt_1800.jpg(…) Du reste,  nous ne pouvons affirmer l’innocence de personne, tandis que nous pouvons affirmer à coup sûr la culpabilité de tous. Chaque homme témoigne du crime de tous les autres, voilà ma foi et mon espérance.  Croyez-moi, les religions se trompent dès l’instant qu’elles font de la morale et qu’elles fulminent des commandements. Dieu n’est pas nécessaire pour créer la culpabilité,  ni punir. Nos semblables y suffisent, aidés par nous-mêmes. Vous parliez du Jugement dernier. Permettez- moi d’en rire respectueusement. Je l’attends de pied ferme : j’ai connu ce qu’il y a de pire, qui est le jugement des hommes. Pour eux pas de circonstances atténuantes, même la bonne intention est imputée à crime. Avez-vous au moins entendu parler de la cellule des crachats qu’un peuple imagina récemment pour prouver qu’il était le plus grand de la terre ? Une boîte maçonnée où le prisonnier se tient debout, mais ne peut pas bouger. La solide porte qui le boucle dans sa coquille de ciment s’arrête à hauteur de menton. On ne voit donc que son visage sur lequel chaque gardien qui passe crache abondamment. Le prisonnier, coincé dans la cellule, ne peut s’essuyer, bien qu’il lui soit permis, il est vrai, de fermer les yeux. Eh bien, ça, mon cher, c’est une invention d’hommes. Ils n’ont pas eu besoin de Dieu pour ce petit chef d’œuvre.

 

Alors ? Alors, la seule utilité de Dieu serait de garantir l’innocence et je verrais plutôt la religion comme une grande entreprise de blanchissage, ce qu’elle a été d’ailleurs, mais brièvement, pendant trois ans tout juste, et elle ne s’appelait pas religion. Depuis, le savon manque, nous avons le nez sale et nous mouchons mutuellement. Tous cancres, tous punis, crachons-nous dessus, et hop !  Au mal confort !  C’est à qui crachera le premier, voilà tout ; Je vais vous dire un grand secret, mon cher. N’attendez pas le Jugement dernier. Il a lieu tous les jours.

 

                                               Albert Camus  « La Chute »

 

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Jésus Christ – l’amour incarné de Dieu (VII)

2 Janvier 2012, 04:10am

Publié par Father Greg

image-de-noel-vierge-marie.jpg42. La vie des Saints ne comporte pas seulement leur biographie terrestre, mais aussi leur vie et leur agir en Dieu après leur mort. Chez les Saints, il devient évident que celui qui va vers Dieu ne s’éloigne pas des hommes, mais qu’il se rend au contraire vraiment proche d’eux. Nous ne le voyons mieux en personne d’autre qu’en Marie. La parole du Crucifié au disciple – à Jean, et à travers lui, à tous les disciples de Jésus: «Voici ta mère» ( Jn 19, 27) – devient, au fil des générations, toujours nouvellement vraie. De fait, Marie est devenue Mère de tous les croyants. C’est vers sa bonté maternelle comme vers sa pureté et sa beauté virginales que se tournent les hommes de tous les temps et de tous les coins du monde, dans leurs besoins et leurs espérances, dans leurs joies et leurs souffrances, dans leurs solitudes comme aussi dans le partage communautaire. Et ils font sans cesse l’expérience du don de sa bonté, l’expérience de l’amour inépuisable qu’elle déverse du plus profond de son cœur. Les témoignages de gratitude qui lui sont attribués dans tous les continents et dans toutes les cultures expriment la reconnaissance de cet amour pur qui ne se cherche pas lui-même, mais qui veut simplement le bien. De même, la dévotion des fidèles manifeste l’intuition infaillible de la manière dont un tel amour devient possible: il le devient grâce à la plus intime union avec Dieu, en vertu de laquelle elle s’est totalement laissé envahir par Lui – condition qui permet à celui qui a bu à la source de l’amour de Dieu de devenir lui-même une source d’où «jailliront des fleuves d’eau vive» ( Jn 7, 38). Marie, la Vierge, la Mère, nous montre ce qu’est l’amour et d’où il tire son origine, sa force toujours renouvelée. C’est à elle que nous confions l’Église, sa mission au  service de l’Amour:

Sainte Marie, Mère de Dieu,  tu as donné au monde la vraie lumière, Jésus, ton fils – Fils de Dieu. Tu t’es abandonnée complètement à l’appel de Dieu et tu es devenue ainsi la source  de la bonté qui jaillit de Lui.  Montre-nous Jésus. Guide-nous vers Lui.  Enseigne-nous à Le connaître et à L’aimer, afin que nous puissions, nous aussi, devenir capables d’un amour vrai et être sources d’eau vive au milieu d’un monde assoiffé

Benoit XVI, Dieu est Amour.

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Quel sens pouvons-nous donner à cette nouvelle année?

1 Janvier 2012, 09:19am

Publié par Father Greg

 

 

 

papa-benedetto-xvi.jpgUne année s’achève et nous en attendons une nouvelle : avec l’anxiété, les désirs et les attentes de toujours. Si on pense à l’expérience de la vie, on demeure étonnés de ce qu’au fond elle soit brève et fugace. C’est pour cela, qu’il n’est pas rare que nous nous interrogions : quel sens pouvons-nous donner à nos jours ? Quel sens, en particulier, pouvons-nous donner aux jours de difficulté et de souffrance ? C’est une question qui traverse l’histoire, qui traverse même le cœur de toute génération et de tout être humain. Mais à cette question il y a une réponse : elle est écrite sur le visage d’un Enfant qui, il y a deux mille ans, est né à Bethléem et qui aujourd’hui est le Vivant, ressuscité de la mort pour toujours.

 

Dans le tissu de l’humanité déchiré par tant d’injustices, de méchancetés et de violences, fait irruption de manière surprenante la nouveauté joyeuse et libératrice du Christ Sauveur qui, dans le mystère de son Incarnation et de sa naissance, nous fait contempler la bonté et la tendresse de Dieu. Dieu éternel est entré dans notre histoire et demeure présent de façon unique dans la personne de Jésus, son Fils fait homme, notre Sauveur, venu sur la terre pour renouveler radicalement l’humanité et la libérer du péché et de la mort, pour élever l’homme à la dignité de fils de Dieu. Noël ne rappelle pas seulement la réalisation historique de cette vérité qui nous concerne directement, mais, de façon mystérieuse et réelle, nous la donne de nouveau.


Comme il est suggestif, en ce crépuscule d’une année, d’écouter à nouveau l’annonce joyeuse que l’Apôtre Paul adressait aux Chrétiens de Galatie : « Lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils ; il est né d’une femme, il a été sous la domination de la loi de Moïse pour racheter ceux qui étaient sous la domination de la Loi et pour faire de nous des fils » (Ga 4, 4-5). Ces paroles rejoignent le cœur de l’histoire de tous et l’illuminent, ou mieux la sauvent, car depuis le jour de la nativité du Seigneur la plénitude des temps est venue à nous. Donc il n’y a plus de place pour l’angoisse face au temps qui s’écoule et ne revient pas ; il y a maintenant la place pour une confiance illimitée en Dieu, dont nous savons être aimés, pour qui nous vivons et vers qui notre vie est orientée dans l’attente de son retour définitif. Depuis que le Sauveur est descendu du ciel, l’homme n’est plus esclave d’un temps qui passe sans un pourquoi, ou qui est marqué par la difficulté, la tristesse, la souffrance. L’homme est fils d’un Dieu qui est entré dans le temps pour racheter le temps du non-sens ou de la négativité et qui a racheté l’humanité tout entière, lui donnant comme nouvelle perspective de vie l’amour qui est éternel.

 


L’Église vit et professe cette vérité et entend la proclamer aujourd’hui encore avec une vigueur spirituelle renouvelée. Dans cette célébration nous avons des raisons spéciales de louer Dieu pour son mystère de salut, œuvrant dans le monde par le ministère ecclésial. Nous avons de nombreux motifs de remerciement au Seigneur pour ce que notre communauté ecclésiale, au cœur de l’Église universelle, accomplit au service de l’Évangile dans cette ville.

 


La quaestio fidei est le défi pastoral prioritaire pour le diocèse de Rome. Les disciples du Christ sont appelés à faire renaître en eux et dans les autres la nostalgie de Dieu et la joie d’en vivre et d’en témoigner, à partir de la question toujours très personnelle : pourquoi est-ce que je crois ? Il faut accorder la primauté à la vérité, accréditer l’alliance entre foi et raison comme deux ailes grâce auxquelles l’esprit humain s’élève vers la contemplation de la Vérité (cf. Jean-Paul II, Enc. Fides et ratio, Prologue) ; rendre fécond le dialogue du christianisme avec la culture moderne ; faire redécouvrir la beauté et l’actualité de la foi non comme un acte en soi, isolé, qui concerne un moment quelconque de la vie, mais comme une orientation constante, même des choix les plus simples, qui conduit à l’unité profonde de la personne la rendant juste, laborieuse, bienfaisante, bonne.


Annoncer la foi dans le Verbe fait chair est, en effet, le cœur de la mission de l’Église et la communauté ecclésiale tout entière doit redécouvrir avec une ardeur missionnaire renouvelée cette tâche incontournable.

 

Les parents sont les premiers éducateurs à la foi de leurs enfants, dès leur plus jeune âge. C’est pourquoi il est nécessaire de soutenir les familles dans leur mission éducative à travers des initiatives opportunes. En même temps, il est à souhaiter que le chemin baptismal, première étape de l’itinéraire formateur de l’initiation chrétienne, outre à favoriser la préparation consciente et digne à la célébration du Sacrement, porte aussi une attention adéquate aux années suivant immédiatement le baptême, à travers des itinéraires appropriés tenant compte des conditions de vie que les familles doivent affronter. J’encourage donc les communautés paroissiales et les autres réalités ecclésiales à poursuivre avec application leur réflexion pour promouvoir une meilleure compréhension et réception des sacrements par lesquels l’homme est rendu participant de la vie même de Dieu. Que ne manquent pas à l’Église de Rome des fidèles laïcs prêts à offrir leur propre contribution pour édifier des communautés vivantes, qui permettent à la Parole de Dieu de faire irruption dans le cœur de ceux qui n’ont pas encore connu le Seigneur ou qui se sont éloignés de lui ! En même temps, il est opportun de créer des occasions de rencontre avec la ville, qui permettent un dialogue fructueux avec ceux qui sont à la recherche de la Vérité.

 

Chers amis, puisque Dieu a envoyé son Fils unique, pour que nous puissions obtenir la filiation adoptive (cf. Ga 4,5), il ne peut exister pour nous de devoir plus grand que celui d’être totalement au service du projet divin. À ce propos, je désire encourager et remercier tous les fidèles du Diocèse de Rome, qui sentent la responsabilité de redonner une âme à notre société. Merci à vous, familles romaines, premières et fondamentales cellules de la société ! Merci aux membres des nombreuses communautés, associations et mouvements qui s’emploient à animer la vie chrétienne dans notre ville !


« Te Deum laudamus ! ». Nous te louons, Dieu ! L’Église nous suggère de ne pas finir l’année sans adresser au Seigneur notre remerciement pour tous ses bienfaits. C’est en Dieu que doit prendre fin notre dernière heure, la dernière heure du temps et de l’histoire. Oublier cette fin de notre vie signifierait tomber dans le vide, vivre sans aucun sens. C’est pourquoi l’Église met sur nos lèvres l’hymne antique du Te Deum. C’est un hymne plein de la sagesse de nombreuses générations chrétiennes qui sentent le besoin d’orienter leur cœur vers le haut, conscientes que nous sommes tous entre les mains pleines de miséricorde du Seigneur.

Benoit XVI, Te Deum, 31 dec 2011.

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