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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Entrer dans la patience...

8 Mai 2013, 08:03am

Publié par Fr Greg.

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"Entrer dans la patience: c'est la voie que Jésus nous enseigne à nous chrétiens. Entrer dans la patience... Cela ne signifie pas être tristes. Non, non, c'est autre chose... Cela veut dire supporter, porter sur nos épaules, le poids des difficultés, le poids des contradictions, le poids des tribulations. Cette attitude chrétienne de "supporter" c'est entrer dans la patience, a précisé le pape. C'est ce que la Bible exprime par le mot grec, si plein d' "hypomoné". Il s'agit de supporter dans la vie le travail de chaque jour: les contradictions, les tribulations, tout cela. Paul et Silas supportent les tribulations, supportent les humiliations: Jésus les a supportées il est entrée dans la patience. C'est un processus de maturation chrétienne par la voie de la patience. Un processus qui prend du temps, qui ne se fait pas d'un jour à l'autre: il dure toute la vie, pour arriver à la maturité chrétienne. C'est comme le bon vin": on attend le "moment où il arrive à maturation"."

Le pape a souligné comment tant de martyrs se sont montés joyeux, comme les martyrs japonais de la colline de Nagasaki qui "s'encourageaient mutuellement" et "parlaient de Jésus" en attendant la mort. 

De certaines martyres de Rome, on a pu dire, a rappelé le pape, qu'elles allaient au martyre "comme à des noces".

Cette attitude de "supporter" est l'attitude "normale" du chrétien et qui n'est en rien "masochiste", a précisé le pape, en prévenant une objection courante: c'est simplement se mettre "sur la route de Jésus".

Puis le pape a repris un thème qui lui est cher: un chrétien ne se lamente pas. "Quand les difficultés arrivent, tant de tentations arrivent aussi. Par exemple celle de se lamenter: "mais regarde ce qui m'arrive"... une lamentation. Un chrétien qui ne cesse de se lamenter cesse d'être un bon chrétien: c'est Monsieur ou Madame la plainte, non? Parce qu'ils se plaignent à propos de tout, non? Le silence de qui "supporte", le silence de la patience. Le silence de Jésus: Jésus, dans sa passion, n'a plus parlé, seulement les deux ou trois paroles nécessaires... Mais ce n'est pas non plus un silence triste. Il est douloureux, si souvent très douloureux, mais pas triste. Le coeur est en paix. Paul et Silas priaient en paix. Ils ressentaient des douleurs, puisque l'on dit que le patron de la prison a lavé leurs plaies: ils avaient des plaies. Mais ils les supportaient dans la paix. Cette voie de "supporter" nous fait approfondir la paix chrétienne, nous rend forts en Jésus", rend "heureux".

Une jeunesse pascale

Le chrétien est donc appelé à supporter comme Jésus l'a fait "sans se plaindre supporter en paix". Et le pape a ajouté cette observation, à partir de l'oraison de la messe qui souligne que le peuple de Dieu exulte "en raison de la jeunesse nouvelle de la Pâque": «entrer dans la patience" "renouvelle notre jeunesse, nous rend plus jeunes"!

"Le "patient" c'est quelqu'un qui, à la longue, est plus jeune! Pensons à ces personnes âgées des maisons de retraite, qui ont tellement supporté de choses dans leur vie. Regardons leurs yeux, des yeux jeunes ils ont un esprit jeune et une jeunesse renouvelée. C'est à cela que le Seigneur nous invite. A cette jeunesse pascale renouvelée par le chemin de l'amour, de la patience, en supportant les tribulations et aussi - je me permets de le dire - de nous supporter les uns les autres. 

"Parce que cela aussi nous devons le faire avec charité et amour, a-t-il ajouté. Parce que si je dois te supporter, je suis sûr que tu me supportes aussi et ainsi, on avance sur le chemin de Jésus."

 

 François, Pape.

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"La foi, c'est la vie à sa plus grande intensité"

7 Mai 2013, 01:45am

Publié par Fr Greg.

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pardonner..?

6 Mai 2013, 01:38am

Publié par Fr Greg.

 

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Cette photo d’une petite Vietnamienne courant nue et hurlant sa douleur a laissé une empreinte indélébile. C’était en couverture de “Life Magazine”, en 1972. Son auteur, Nick Ut, avait alors obtenu le prix Pulitzer. Vingt-cinq ans plus tard, lors d’une commémoration, une jeune femme prend la parole : " Si je pouvais retrouver l’homme qui a bombardé mon village, je lui dirais que nous ne pouvons pas changer le passé mais que nous devons faire de notre mieux pour pardonner au présent et promouvoir la paix du futur. "

 

Etrange hasard : John Plummer, le pilote qui a bombardé au napalm Trang Bang, le village où vivait Kim Phuc, alors âgée de 9 ans, est présent. " Qui est cette femme ? " demande-t-il à son voisin. " C’est la gamine de la photo. " Bouleversé, John lui fait passer un mot : " Je suis cet homme, Kim. " Elle se dirige alors vers lui, bras ouverts. Il éclate en sanglots : " Je suis désolé… " " Tout va bien John, j’ai pardonné ", répète la jeune femme. " Depuis que j’ai retrouvé Kim, il n’y a plus de cauchemars, plus de hurlements. Que du silence ", confie John. Ils prévoient d’écrire ensemble un livre… sur le pardon.

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Pardonnez- nous nos offenses

5 Mai 2013, 01:43am

Publié par Fr Greg.

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" Aimez vos ennemis", "Aimez ceux qui vous ont haïs".

Dans “le Livre de Jonas” le prophète est envoyé par Dieu à Ninive, ville dont les habitants l’ont irrité : "Dis-leur de cesser de pécher s’ils veulent obtenir mon pardon." Mais Jonas ne peut se résoudre à porter cette parole et trouverait plus juste que les coupables soient punis. Ce n’est pas un hasard si la liturgie juive invite à lire publiquement “le Livre de Jonas” à la quatrième des cinq prières du Yom Kippour – le Grand pardon – (la plus importante des fêtes juives), qui rappelle justement qu’il faut apprendre à pardonner. Car le pardon nous permet de reprendre les rênes de notre destin et de reconnaître autrui comme étant toujours susceptible de renouer avec le bien.

 

Le christianisme, lui, érige le pardon en loi. "Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés." Mais, pas plus que le judaïsme, il ne cherche à faire croire à la facilité de cet acte. Quand Pierre vient demander à Jésus combien de fois il doit pardonner à un frère qui lui a causé du tort ("Serait-ce jusqu’à sept fois ?"), Jésus répond : "Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais soixante-dix-sept fois !" Un nombre symbolique qui signale la démesure du pardon et sa proximité avec l’amour absolu.

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Le pardon

4 Mai 2013, 00:34am

Publié par Fr Greg.

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Sam : " Comment je sais que j’ai pardonné ? Difficile de trouver les mots justes… Je me sens plus libre. Mon cœur ne se serre pas quand j’entends parler allemand. Je n’ai plus l’impression de me recroqueviller quand un proche évoque cette période. Au contraire, je me sens fier d’avoir accompli quelque chose de difficile, comme d’admettre vraiment qu’il y a, quelque part, une logique que j’ignore. Ça m’a rendu croyant. "

Jane : " Pour moi, pardonner, c’est oublier dans le bon sens du terme. Pas oublier ce que j’ai appris. Oublier pour pouvoir aimer comme si je n’avais jamais été blessée. Retrouver l’amour inconditionnel et intact que j’avais pour cette personne avant qu’elle ne me fasse du mal. Cela ne veut pas dire que je me laisserai à nouveau maltraiter, mais que j’aime l’homme qui partage ma vie aujourd’hui dans une grande confiance et sans l’angoisse qu’il me trompe et me batte comme mon ex-mari le faisait. "

Ed : Ma femme et moi imaginions que la mort de l’assassin de notre fils nous rendrait nos nuits de sommeil. Or cela n’a rien changé. Ça nous a seulement donné de la compassion pour ses parents qui perdaient leur fils, comme nous. C’était il y a cinq ans et je commence à réaliser que je ne serai en paix que lorsque j’aurai pardonné : à celui qui a tiré sur mon fils, au chirurgien qui ne l’a pas sauvé et à Dieu qui a laissé faire. Mais surtout, et seulement, quand je me serais pardonné, à moi-même, de ne pas avoir été celui qui a reçu la balle fatale. Pour l’instant, je n’y arrive pas. "

Matt : " Mes parents ont fait ce qu’ils ont pu. Qu’ils boivent, cela n’avait rien à voir avec nous. Ils ne le faisaient pas contre nous mais contre eux-mêmes. Aujourd’hui, je me dis que c’est leur ignorance qui a failli nous détruire, pas leur méchanceté. "

Carry : " Depuis que je me suis mariée, je comprends mieux mes parents. J’ai moi-même quitté mon mari et, pendant quelques jours, j’étais dans l’incapacité de faire face à mes enfants. Heureusement mon travail sur le pardon m’a beaucoup aidée, autrement j’aurais probablement reproduit le même schéma que celui de mon père absent. "
Judy : " Comme je n’ai pas vraiment de souvenir de mon viol, mon travail a consisté à me pardonner à moi-même. De m’être trouvée dans cette situation. De ne me souvenir de rien. De traumatiser mes parents, etc. Je ne fais plus de cauchemars. J’espère même avoir un enfant. Bref, je guéris. "

Elizabeth : " Voir mourir mon père rongé par le remords a été un moteur. Qui suis-je pour évaluer ce qui est bien ou mal ? J’ai acquis une certaine confiance et je peux accepter les choses comme elles sont. Pas par défaitisme, car je suis très active pour contribuer à changer ce qui me paraît injuste. J’aimerais ainsi quitter cette planète en la laissant un tout petit peu plus jolie que je ne l’ai trouvée. "

 

Le pardon, quand il se vit ainsi, dans l’intimité des cœurs, est indéniablement un acte de liberté intérieure hors norme et hors dogme. Il devient aussi la marque d’une certaine force qui atteint autant ceux qui le donnent que ceux qui le reçoivent. Un condamné à mort filmé récemment dans un pénitencier des Etats-Unis racontait la transformation qu’avait provoquée sa rencontre avec les parents de sa victime : " Jamais je n’ai eu aussi peur de ma vie et, quand ils m’ont dit qu’ils me pardonnaient, j’ai senti le sol s’ouvrir sous mes pieds et j’ai éclaté en sanglots. J’ai pu ensuite pleurer pendant des mois. En me montrant ce que c’est qu’être humain, ils m’ont aidé à prendre conscience de mon crime. " Serait-ce le vrai pouvoir du pardon, n’être " ni un coup d’éponge ni une lessive, mais une re-création

 

François Varillon cité par J. Duquesne in La Religion, les maux, les vices, Presses de la Renaissance, 1998.

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Comment pardonner l’impardonnable ?

3 Mai 2013, 01:32am

Publié par Fr Greg.

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Exprimer sa colère

" Mes parents avaient pourri ma vie, reprend Matt. Leur alcool de merde avait plus d’importance que nous. Ils avaient détruit mon enfance. Je leur en voulais tellement que je ne les ai pas vus pendant trois mois. Je m’imaginais leur mettre des coups de poing et des claques si je les croisais. "

Cette phase est le pivot de la guérison car elle permet d’exprimer la colère et de transformer, avec l’aide du thérapeute, cette énergie en motivation. "Quand l’assassin de mon fils a reçu sa sentence de mort, j’étais décontenancé, raconte Ed, 57 ans pharmacien, dont le fils Julian, 19 ans, a été tué par une balle perdue lors du braquage d’une banque. Pendant les quatre années de son procès, j’avais tellement attendu ce moment… Quatre ans de désespoir, de colère, d’envie de vomir tous les matins. Je m’étais dit que s’il n’était pas condamné à mort, je le tuerais de mes propres mains. "

" C’est la phase qui a été la plus difficile pour moi, avoue Judy. Ma mère étant quelqu’un de très colérique, je ne pouvais trouver en moi les ressources pour me mettre en colère de façon constructive. Et puis, comme je n’avais aucun souvenir de ce qui s’était passé, j’ai essayé d’esquiver cette phase. "

" La colère nous met en contact avec notre souffrance, commente Suzanne. Et reconnaître celle-ci nous permet de mesurer combien nous aimons ces gens qui nous blessent, même si ce sont des étrangers. Il n’est pas rare qu’à ce stade des patients aient alors une expérience spirituelle et vivent un amour universel insoupçonné. "

 Se confronter à l’autre

"Etrangement, cette phase est optionnelle, prévient Sydney. Dans certains cas, elle est essentielle. Dans d’autres, pas nécessaire. Puisque le pardon est un processus que l’on fait pour soi, la confrontation avec les personnes concernées n’est pas une obligation. Je la recommande quand toute communication a cessé. "q

" Mon père n’allait pas tarder à mourir et je voulais lui parler avant sa mort, poursuit Elizabeth. Quand je me suis rendue à son chevet, il avait l’air d’un vieil homme. J’ai demandé à ma mère de nous laisser seuls. Je lui ai dit que je me souvenais de ce qu’il m’avait fait et que j’étais sur le chemin du pardon. Je voulais lui donner une chance de s’expliquer. Il m’a répondu que lui-même avait passé sa vie a essayé de trouver une explication et qu’il n’était jamais parvenu à se pardonner. Il a demandé à ma mère de nous rejoindre et lui a dit la vérité. Il nous a aussi avoué qu’il avait molesté mon jeune frère mort du sida trois ans auparavant. Qu’il mourait rongé par son passé et qu’il nous souhaitait de trouver en nous le pardon pour ne pas mourir rongés, comme lui. "

Sophie Chiche

 

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Comment pardonner l’impardonnable ?

2 Mai 2013, 01:28am

Publié par Fr Greg.

 

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Arrêter de se blâmer soi-même

"Quand nous nous sommes séparés, mon mari et moi, cela a été très violent, se rappelle Jane, 54 ans, secrétaire de rédaction. Il m’avait trompée et je ne l’ai pas supporté. Je me suis énervée, on s’est battu. Avec mes 50 kilos, je n’ai pas fait le poids… C’était ma faute, je n’aurais pas dû m’énerver. Après tout, je n’aimais plus tant faire l’amour ces dernières années et je comprends qu’il soit allé voir ailleurs."

"S’en vouloir et se sentir responsable de ce qui nous arrive est un bon moyen de se donner l’illusion qu’on contrôle la situation", analyse Suzanne Simon.

"Mes parents buvaient beaucoup quand j’étais petit, avoue Matt, 43 ans, commercial. A jeun, c’étaient des gens formidables, originaux, rigolos, aimants, les meilleurs parents. Sous l’emprise de l’alcool, ils devenaient fous. Ils tombaient dans les escaliers, hurlaient sur nous sans raison. Ils oubliaient de venir nous chercher à l’école ou nous laissaient des heures dans la voiture devant un bar. J’ai grandi avec l’idée que, si je les avais mieux aimés, si j’avais mieux travaillé à l’école, ils auraient cessé de boire."

Il est essentiel de sortir de cette phase parce qu’elle nourrit des comportements autodestructeurs. Celui qui est convaincu que s’il avait fait ceci ou dit cela, la situation se serait améliorée, est emprisonné dans son propre jugement. La réalité est que s’il avait pu – ou su – faire autrement, il l’aurait fait. "Le blâme de soi-même est l’un des plus puissants destructeurs de l’estime et de l’amour de soi", confirme Sidney Simon.

Sortir du rôle de victime

A l’unanimité des thérapeutes et des stagiaires, cette phase est la plus douloureuse. La tentation est grande, assurent-ils, de s’arrêter ou de repartir en arrière.
" Je suis restée longtemps dans ce rôle de victime, reconnaît Elizabeth. J’y prenais comme un malin plaisir. Mon père m’avait violée et c’est pour ça que j’allais si mal. Une belle excuse pour ne pas avancer dans ma vie. Je restais ainsi des heures chez moi dans le noir à pleurer sur mon sort. "

“Comment a-t-on pu me faire une chose pareille ?” est le mantra privilégié de l’éternelle victime. Dans cette phase, il n’y a plus aucune prise de responsabilités, d’ailleurs beaucoup de stagiaires s’enfuient ", constate Sidney.

" J’étais une victime et personne n’allait me faire changer d’avis nous raconte Sam, 66 ans, retraité, qui s’est échappé d’un camp de concentration à l’âge de 11 ans. Mes parents, mon frère et mes deux sœurs n’ont pas pu fuir et ils sont tous morts. Pardonner qui ? Pardonner quoi ? Je recevais tellement quand je racontais mon histoire, tout le monde pleurait, m’aimait, voulait me consoler… "

 

" C’est une phase antipathique, confirme Sidney, mais il est essentiel de la passer. Sinon la guérison et le pardon véritables ne peuvent avoir lieu. C’est ce que mon expérience m’a enseigné. "

Sophie Chiche

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Comment pardonner l’impardonnable ?

1 Mai 2013, 01:27am

Publié par Fr Greg.

 

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« Le pardon est là précisément pour pardonner ce que nulle excuse ne saurait excuser. Il est fait pour les cas désespérés ou incurables. " Vladimir Jankélévitch

Pardonner ne signifie pas oublier. Au contraire, il faut se souvenir de l’offense pour pardonner. Mais, à l’inverse de la vengeance qui refuse l’oubli pour inscrire éternellement une dette de haine, le pardon nous délivre d’elle, nous libère d’un passé qui n’arrive pas à passer. D’où son utilité pour chacun tout au long de la vie.
" Pour me sentir vivante, retrouver en moi la paix, j’ai pardonné, raconte Elizabeth, 37 ans, violée par son père de 11 à 16 ans. Parce que je continuais à souffrir. Je ne m’aimais pas et je sentais bien que tant que j’en voudrais à mon père, rien ne changerait. "

 

Depuis cinq ans, de plus en plus de thérapeutes américains inscrivent le pardon au cœur de leur pratique. Pas besoin d’avoir la foi. Le nouveau pardon se pratique d’abord pour soi. Il est pragmatique, quotidien, intérieur. Il peut d’ailleurs se travailler seul. C’est un antibiotique qui permet d’annuler l’effet d’une bactérie appelée autocritique, jugement, rancune ou culpabilité, tous ces sentiments qui nous pourrissent la vie. C’est un état intérieur auquel on accède après un travail parfois long, souvent difficile, parce qu’il nous oblige à nous remettre en cause, à assumer notre part de responsabilité, à prendre le risque d’avoir encore mal, à accepter nos limites et celles de l’autre. 


Pardonner, ce n’est pas valider ni excuser. Ce n’est pas prétendre que tout va bien et serrer les dents. Ce n’est pas une faveur que nous accordons ou une autorisation à recommencer. Ici, l’important n’est pas de savoir si ce qu’on nous a fait est bien ou mal, si le " coupable " mérite d’être puni ou pas. Ce qui compte, c’est de pardonner pour soi afin d’être plus heureux.

Nous avons rencontré Suzanne et Sidney Simon, un couple de thérapeutes qui animent des stages sur le pardon, ainsi que Judy, Carry, Jane, Elizabeth, Sam, Ed et Matt, qui nous ont raconté leur apprentissage. Un voyage en six étapes.

Prendre conscience que l’on a eu mal

" Longtemps, j’ai eu l’impression d’aller bien, se souvient Carry, 33 ans, artiste peintre. Je ne savais même pas que j’en voulais à mon père de nous avoir quittés quand j’avais 7 ans. Je rationalisais : je le défendais, je blâmais ma mère de n’avoir pas su le retenir. C’est en peignant sur une toile un cœur tranché par une épée, saignant le rouge le plus cru qui soit, que j’ai réalisé ma douleur. "

En effet, pour être conscient de sa douleur, encore faut-il la ressentir. Or, pour l’éviter, nous développons mille stratagèmes : on oublie, on rationalise, on normalise.

"Je ne me souviens de rien, raconte Judy, 24 ans, étudiante vétérinaire. J’avais 19 ans, je prenais des cours de physique avec un ami de mes parents. Un soir, en leur absence, nous avons révisé tard. Puis je l’ai raccompagné à la porte. Là, il a cherché à m’embrasser. Je l’ai gentiment repoussé et lui ai demandé de partir. Après, je ne me souviens de rien. Quand mes parents sont rentrés, ils m’ont trouvée inanimée sur le sol de l’entrée. Le rapport de police confirme que j’ai été violée mais je ne me souviens de rien. C’était il y a cinq ans et des images me viennent encore quand je fais l’amour avec mon mari. L’ami de mes parents est toujours en prison."

 

"Oublier est l’un des systèmes de survie le plus efficace, explique Sidney Simon. Quand l’événement est trop insupportable pour notre conscience, nous choisissons de l’éliminer, nous prétendons qu’il n’a jamais eu lieu… Jusqu’à ce que nous soyons capables de le gérer. "Sortir de cette phase est difficile car elle offre un certain confort. Cela aurait pu être pire", "C’est une vieille histoire", "Ça m’a rendu meilleur"… Autant de phrases que l’on se répète pour continuer à fonctionner. Sauf que l’ignorance s’apparente à une anesthésie générale : quand on endort une émotion, on risque de les endormir toutes.

Sophie Chiche

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Au festival d'Avignon 2013.

30 Avril 2013, 19:32pm

Publié par Fr Greg.

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Ouvre, Seigneur...

26 Avril 2013, 02:11am

Publié par Fr Greg.

 

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Demander - « la grâce de toujours frapper à cette porte » et de trouver la force de « ne pas chercher d’autres portes qui semblent plus faciles, plus confortables, plus à portée de main », mais au contraire de chercher « toujours celle-ci : Jésus ».

 

« Jésus ne déçoit jamais, Jésus ne trompe pas, Jésus n’est pas un voleur ni un bandit. Il a donné sa vie pour moi. Chacun de nous doit dire ceci : “toi qui a donné la vie pour moi, s’il-te-plaît ouvre, afin que je puisse entrer. Ouvre, Seigneur, car je veux entrer par cette porte. Je veux entrer par cette porte, et par aucune autre »

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wingsuit.... voler: le rêve de l'homme...

25 Avril 2013, 00:14am

Publié par Fr Greg.

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sobre la muerte

24 Avril 2013, 01:54am

Publié par Fr Greg.

 

 

 

 

On se dit merde et longue vie mon âme est à vendre aujourd’hui un petit pactole une avance je peux en tirer un bon prix
je peux en tirer un bon prix

On se dit merde et longue vie j’ai claque la porte aujourd’hui au nez de la belle innocence pourtant je sais j’avais promis
pourtant je sais j’avais promis
je sens encore en moi ce cœur qui bat mais
mais les temps sont dur c’est chacun pour soi

sobre la muerte je vous la vend mon âme
sobre la muerte 
je sens déjà les flammes le chais le peu qu'il reste de ... moi

On se dit merde et longue vie moi c’est la cinquième qui vacille
je suis morte plein de fois déjà comme Jésus Chris et les chats
comme Jésus Christ et les chats

On se dit merde et longue vie
je le porte loin ce pays 
l'étendard qui brulait mon âme j’en ai fait quelque converti
j'en ai fait quelque converti
je sens encore en moi ce cœur qui bat
mais les temps sont dur c'est chacun pour soi

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ne vous lassez-pas d'être miséricordieux...

23 Avril 2013, 01:53am

Publié par Fr Greg.

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« Au nom du Christ et de l'Eglise, ne vous lassez-pas d'être miséricordieux », soulignant qu’une vocation s’enracine dans la prière et dans la foi de quelqu’un qui l'a précédée « Souvenez-vous de vos mères, de vos grands-mères, de ceux qui vous ont transmis la foi ».

 « Vous n'êtes pas propriétaires de la Parole de Dieu » ; « soyez conscients de ce que vous faites, soyez à l'image de ce que vous professez » ; « n'ayez pas honte d'avoir de la tendresse pour les personnes âgées ».

 « Vous êtes des pasteurs, pas des fonctionnaires, des médiateurs, pas des intermédiaires. »

 « Cherchez à unir les fidèles dans une unique famille pour les conduire à Dieu. »

 « Ayez toujours sous les yeux l'image du Bon Pasteur, pas venu pour être servi mais pour servir et chercher ce qui était perdu. »

François, Pape.

 

 

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Je me souviens, Maman

22 Avril 2013, 02:07am

Publié par Fr Greg.

 

 

J'ai perdu mon sourire qui pendait pour un rien,
Y a même plus de plaisir à partager mon sein,
J'ai vendu ma souffrance, j'ai perdu mon amour,
J'ai pleuré mon errance à te chercher toujours.

Dans mes nuits froides j'attends que tu m'appelles enfin,
Que tes bras trouvent le temps de courir vers les miens,
A combler tes absences, à briser les falaises,
A t'aimer en silence sur ma lune à misères.

Je me souviens, Maman, des rêves qu'on avait,
Je me souviens des temps où nous marchions, ensemble,
J'avais des rêves, Maman, des rêves de liberté,
J'aimais rêver, Maman, j'aimais la vie, Maman !

J'ai jeté mes souv'nirs dans tous les vide-ordures,
Balayé mon exil, pour me pendre à vos murs,
Pour retrouver la paix, la paix des oubliés,
Celle qu'on ne cherche plus, qu'on efface d'un trait.

J'ai marché trop longtemps à user mes godasses,
A essuyer les bancs contraire à mes fantasmes,
J'me suis perdue souvent pour des histoires d'un jour,
Alors qu'aucun amant se verrait sur ma tour.

Je me souviens, Maman, des rêves qu'on avait,
Je me souviens des temps où nous marchions, ensemble,
J'avais des rêves, Maman, des rêves de liberté,
J'aimais rêver, Maman, j'aimais la vie, Maman !

Oh Oh Oh

J'avais des rêves, Maman !
J'aimais, j'aimais la vie Moi ! 
J'aimais la vie... Maman ! J'aimais la vie, Maman !
J'avais des rêves, j'avais... j'avais des rêves !

J'ai perdu mon sourire qui pendait pour un rien,
Y a même plus de plaisir à partager mon sein,
J'ai vendu ma souffrance, j'ai perdu mon amour,
J'ai pleuré en silence de te revoir un jour.

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Action de grâce pour les chaines de prières !

21 Avril 2013, 02:06am

Publié par Fr Greg.

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La foi n'est pas humaine, c'est l'effet en nous d'une rencontre

20 Avril 2013, 01:09am

Publié par Fr Greg.

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« la foi « est un don », la tâche de l’homme est de « continuer sur ce chemin »,

« c’est la joie de la foi, la joie d’avoir rencontré Jésus, la joie que Jésus seul nous donne, la joie qui donne la paix : non pas celle que donne le monde, mais celle que donne Jésus. Voilà notre foi. »

 « nous avons toujours quelque chose qui ne va pas, mais le Seigneur nous pardonne si nous lui demandons pardon, et nous continuons à aller de l’avant, sans nous décourager ».

« Demandons au Seigneur qu’il nous fasse grandir dans cette foi, cette foi qui nous rend forts, qui nous rend joyeux, cette foi qui commence toujours par la rencontre avec Jésus et qui se poursuit toujours dans notre vie par des petites rencontres quotidiennes avec Jésus. »

 

François, Pape.

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La plus que vive" sera au festival d'Avignon 2013

19 Avril 2013, 02:42am

Publié par Fr Greg.

 

 

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Aidez à la promotion de la lecture publique

 'La plus que vive' de Christian Bobin,

 

au Festival d'Avignon Juillet 2013

Lieu: chapelle St Louis, 16h00-18h00, Mercredi- Dimanche.

 

https://www.facebook.com/pages/La-plus-que-vive-sera-au-festival-dAvignon-2013/139674099540867

 

"On peut donner bien des choses à ceux que l'on aime. Des paroles, un repos, du plaisir.
Tu m'as donné le plus précieux de tout : le manque.


Il m'était impossible de me passer de toi, même quand je te voyais, tu me manquais encore.
Ma maison mentale, ma maison de cœur était fermée à double tour.


Tu as cassé les vitres et depuis, l'air s'y engouffre, le glacé, le brûlant et toutes sortes de clartés.


Tu étais celle-là, tu l'es encore aujourd'hui, celle par qui le manque, la faille, la déchirure entrent en moi pour ma plus grande joie.


C'est le trésor que tu me laisses : manque, faille, déchirure, joie. Un tel trésor est inépuisable.
Il devrait me suffire pour aller de "maintenant" en "maintenant" jusqu'à l'heure de ma mort."

 

 

« Ce qui m’échappe dans ta mort m’échappait déjà de ton vivant. La mort ne change pas une vie en destin. »

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Découvrir cette présence –cette marque actuelle- de Dieu qui nous « poursuit »

18 Avril 2013, 01:41am

Publié par Fr Greg.

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Dans notre vie nous rencontrons Dieu comme quelqu’un qui nous aime. Nous savons qu’il nous a aimés le premier. Disons, même si ce n’est pas tout à fait juste, que Dieu nous attend, en ce sens que son amour pour nous, étant éternel, existe depuis toujours, et pour toujours. Dieu nous a aimés de toute éternité, et il a créé notre âme par pur amour ; il nous a fait ce don incroyable par pur amour. Alors, quand vous comprenez que vous avez une âme spirituelle, qu’il y a en vous un trésor silencieux qu’il faut de temps en temps réveiller, et que ce trésor, c’est votre âme, qui vous a été donnée par Dieu et qui est à son image, vous découvrez cette présence –cette marque actuelle- de Dieu qui vous « poursuit ». Dieu vous voit tout le temps, il vous regarde tout le temps, et il s’intéresse tout le temps à vous.

 

Quand on arrive à comprendre cela, et surtout à en vivre, notre vie est complètement changée ; on n’est plus seul, plus jamais seul. Quand on est seul, parfois, on s’ennuie ; mais quand on sait que quelqu’un de bien plus important que nous nous aime, et qu’il nous a aimés avant que nous ne l’aimions, et qu’il continue de nous aimer en attendant notre amour, on n’est plus jamais seul.

 

Quand je vous dis l’avoir rencontré, c’est parce que je touche, dans la foi, dans cette proximité immédiate, que Dieu m’aime, et que Dieu m’aime d’une manière inouïe. Il a créé mon âme, il m’aime, et il attend de moi que je l’aime. Il s’intéresse à moi comme si je lui apportais quelque chose ! Et c’est vrai, il m’aime bien plus qu’une personne humaine qui m’aimerait en attendant de moi un bienfait, quelque chose d’agréable. Dieu m’aime infiniment plus que cela : il m’aime gratuitement, d’un amour éternel.

 

C’est cette présence intime de Dieu qu’il nous faut découvrir progressivement. Nous ne la découvrons pas sensiblement, car Dieu ne se donne pas à nous sensiblement, il ne se rend pas visible. Il est présent bien plus profondément, bien au-delà de ce qui est sensible, et il nous apprend à l’aimer. »

 

MD. Philippe. Conférence sur la prière.

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"Que cherchez-vous"?

16 Avril 2013, 21:17pm

Publié par Fr Greg.

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Chers amis,

Pour quelques temps, les publications de ce blog seront en veilleuse. 

Pour les chiffres : vous êtes pratiquement 200 lecteurs quotidiens; Merci!

Pourtant, ce travail est-il nécessaire? est-il fécond...? les retour sont pauvres et les liens peu personnels...

Merci en tout cas pour ceux qui ont lu ces pages ...

Il n’y a jamais eu une priorité au politique, à la loi ou à un regard moral : ce qui me préoccupe c’est ce qui doit grandir dans chaque personne, peu importe le milieu dans lequel elle vit ; c’est le choix d’une quête gratuite, celle de la personne humaine dans toutes ses dimensions: dans ce qu’elle réalise –l’art, ses choix : l’amitié, sa quête de ce qui est caché et le dévoilement de Celui qui est Le caché, au-delà de l’aspect religieux et liturgique qui parfois nous empoisonne bien la vie…

Aujourd’hui je cherche ce qui fait le cœur de notre personne : non une mission, un projet, ni d’abord la quête d'un résultat, d'une histoire qu'on laisserait derrière soi,  mais d’accepter d’être sur terre à passer comme les nuages, à briller comme le soleil, à laisser d’autres se nourrir de nous... à ne rien faire, sinon être là, gratuitement. 

Ne rien subir, tout vivre à pleine gorgée, boire l'air, le vent, se réjouir des fleurs, ou comme les arbres paresseux lèchent le bleu du ciel... 

 fr Grégoire

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vivre est une chose simple : il suffit d'y consacrer chaque seconde de sa vie

15 Avril 2013, 00:48am

Publié par Fr Greg.

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Vous n'aimez pas beaucoup les explications. Dans L'Homme-Joie, vous promenant dans l'exposition, magnifique, consacrée au peintre Pierre Soulages à Montpellier, vous écrivez ceci, en parlant de sa peinture : "Je ne peux rien expliquer. Expliquer n'éclaire jamais." Mais alors, qu'est-ce qui éclaire, d'où vient la vraie lumière?

La vraie lumière vient de ce que l'on ressent. Un enfant, même privé de mots, comprend ce que disent les grands : il regarde les visages, entend les inflexions des voix. Si on lui ment, il le sent ; si on lui dit la vérité, il le sent ; si on est bienveillant envers lui, il le sent. Ce savoir n'est pas explicable mais il nous porte tout au long de notre vie. C'est une intelligence muette que la vie a d'elle-même. 

Revenons à ce détachement... Vous évoquez, dansL'Homme-Joie, le moment de sa vie où Glenn Gould, ce génie de l'interprétation et du piano, décide de quitter la scène. Pourquoi ce moment-là ? Faut-il y voir un éloge de la démission ?

Oui, c'est une démission mais c'est aussi une entrée dans quelque chose qui est la pensée pure, c'est-à-dire la vie même. Imaginez un homme dans la jeunesse de ses forces, applaudi dans le monde entier, à qui, tout d'un coup, les applaudissements donnent une sorte de migraine, l'empêchant de mener sa vie au mieux, c'est-à-dire de tendre vers ce point qu'il cherche toujours et qu'on l'entend chercher dès qu'il joue... C'est un point de silence, une sorte de précision, de pureté cristalline, un état du monde et des étoiles. Gould lâche alors ces facilités que sont les approbations et les applaudissements pour revenir à sa tanière, pour ne plus se consacrer qu'à une seule chose. J'essaie de mettre des mots sur cette chose. Il va vers son coeur. Il déserte. Mais s'il déserte, c'est pour gagner la bataille. 

Dans le monde actuel, comment faire pour garder intacte notre capacité d'émerveillement ?

Toujours ramener la vie à sa base, à ses nécessités premières : la faim, la soif, la poésie, l'attention au monde et aux gens. Il est possible que le monde moderne soit une sorte d'entreprise anonyme de destruction de nos forces vitales - sous le prétexte de les exalter. Il détruit notre capacité à être attentif, rêveur, lent, amoureux, notre capacité à faire des gestes gratuits, des gestes que nous ne comprenons pas. Il est possible que ce monde moderne, que nous avons fait surgir et qui nous échappe de plus en plus, soit une sorte de machine de guerre impavide. Les livres, la poésie, certaines musiques peuvent nous ramener à nous-mêmes, nous redonner des forces pour lutter contre cette forme d'éparpillement. La méditation, la simplicité, la vie ordinaire : voilà qui donne des forces pour résister. Le grand mot est celui-là : résister. 

A vous lire, à vous écouter, on a l'impression que vivre est une chose simple : il suffit d'y consacrer chaque seconde de sa vie ! Dans vos livres, vous semblez dire que si nous avons pratiqué ces actes de résistance et même si la vie nous submerge, ce n'est pas grave...

C'est lié à la joie. Il faut savoir perdre. Et trouver la joie dans la défaite. Je vais vous donner un exemple que tout le monde va comprendre tout de suite. Quand on a trente ans à peu près, l'âge des bandes d'amis, et que c'est l'été, cette saison incroyablement belle, et que l'on tente de traverser une rivière sans trop se mouiller, que fait-on ? On passe d'un galet à l'autre. On peut gagner, c'est-à-dire arriver sur l'autre rive indemne. Mais on peut aussi perdre tout d'un coup, glisser brusquement, tomber, se mouiller... et s'apercevoir que perdre, c'est encore plus drôle que de gagner, et que ce n'est pas grave ! Ce qui comptait, ce n'était pas d'atteindre l'autre rive indemne mais d'être ensemble, vivant, de se réjouir de petits riens comme ceux-là. 

Et vous, vous avez beaucoup perdu ?

On ne parvient pas à un certain âge sans avoir perdu. Beaucoup, oui. Ce que j'ai perdu est irrattrapable. Je ne parle ni des objets ni des biens ni même de l'argent mais des êtres. J'ai perdu des êtres qui étaient pour moi des sources de soleil. Ce soleil a été mis en terre. Apparemment mis en terre. Moi, je pense que je continue à en recevoir les rayons. Mais je sais aussi, en même temps, que c'est une perte et qu'elle est irrattrapable. Je sais les deux choses. Que dire de plus? 

 

Avec l'aimable autorisation de France Inter 

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Comment convertir nos drames en joie?

14 Avril 2013, 00:47am

Publié par Fr Greg.

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Et quel enfant étiez-vous?

Un enfant qui ne faisait pas grand-chose. Qui regardait par la vitre. Qui regardait ce qu'il se passait quand il se passait quelque chose. 

Pensez-vous toujours que nous prenons notre véritable visage et notre véritable force dans l'enfance, qu'ensuite rien ne change?

Oui, c'est ce qu'on appelle les caractères. C'est une drôle de chose : il est possible que le caractère d'une personne ne change jamais. On voit cela, dans la religion, par exemple. Prenez saint Paul. C'est amusant car il est d'abord persécuteur des chrétiens avant d'être renversé sur le chemin de Damas et de se convertir, de devenir le premier défenseur des chrétiens. Mais il est aussi fou, aussi violent, dans sa défense que dans son attaque ! Son caractère, passé le feu de la révélation, est resté intact. Je crois donc, en effet, que l'on peut retrouver chez chacun et à tout âge les traits de l'enfance. Ils sont parfois encrassés, mais ils sont toujours là.  

Dans L'Homme-Joie, cette confession : "Si mes phrases sourient c'est parce qu'elles sortent du noir." Comment convertir le drame en joie?

Peut-être en éprouvant la sensation de confiance dans la base de la vie. Il arrive que la vie soit partie. Que l'on soit délaissé, abandonné. Chacun fait cette expérience tôt ou tard, et parfois sur une durée très longue. Soit. Mais même dans ces moments-là, il y a quelque chose qui ne nous quitte pas, que je ne saurais pas nommer, que je ne veux pas nommer - parce que la nommer, ce serait l'abîmer et, peut-être, la faire fuir à jamais. Il y a un point de confiance, quelque chose en nous comme une petite chambre dans le coeur, dans laquelle il ne faut laisser entrer personne. Pas même ceux que nous aimons. 

Pas même ceux que nous aimons?

 

Pas même ceux que nous aimons, non. Parce que le coup peut aussi venir, parfois, de ceux que nous aimons. Il y a quelque chose de plus haut, de plus secret. Ce retrait-là permet de traverser tous les hivers, tous les incendies. Pourquoi ? Je n'ai pas d'explications. C'est comme ça : c'est là. 

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Notre époque a oublié la lenteur...

13 Avril 2013, 08:08am

Publié par Fr Greg.

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Diriez-vous que votre travail d'écriture s'apparente à cette tradition?

La comparaison est beaucoup trop grande pour moi ! Mais, évidemment, oui. Vous savez, je n'ai pas vraiment choisi d'écrire comme ça. J'ai entamé une course, celle de la vie, et à chaque chute, à chaque genou écorché, une page d'encre apparaît. Je frotte mes écorchures avec une poignée d'encre pour les guérir. Et puis il y a, aussi, l'inverse, c'est-à-dire les éblouissements.  

Quels sont-ils?

Tout ce qui arrive. Mais il n'arrive pas quelque chose tous les jours, entendons-nous bien ! Le manège ne tourne pas tous les jours. Il est parfois à l'arrêt, bâché. Mais quand quelque chose arrive, ça devient pour moi une urgence de l'écrire, de le transmettre. En partageant la joie, vous la multipliez. Et écrire, c'est partager pour multiplier.  

Et les jours où il n'arrive rien, comment les vivez-vous?

Ce sont des jours où je dois avoir une tête un petit peu renfrognée, chiffonnée. Une tête comme un papier froissé. Alors j'attends. Tout simplement, j'attends. Sans impatience. C'est la seule sagesse que je me connaisse. 

L'attente, une sagesse?

Oui, l'attente. Parce que je sais, d'expérience, que les portes fermées vont se rouvrir.  

Comment peut-on attendre sans impatience?

J'attends à la façon du pêcheur au bord de l'eau, vous voyez? Il n'y a pas de prise, il n'y a rien, il n'y a pas une ride sur l'eau, la lumière du ciel décroît, il commence à faire frais mais j'attends. Je sais que rien n'est vain, même ces jours-là. Aujourd'hui, nous commettons presque tous la même erreur : nous croyons que l'énergie, c'est la vérité. Certes l'énergie est nécessaire... mais il y a une mauvaise énergie. 

Laquelle?

La mauvaise énergie est celle qui consiste à essayer de forcer les chemins du ciel. La mauvaise énergie est celle qui veut accélérer chimiquement les battements du coeur. La mauvaise énergie, c'est vouloir tout tout de suite, les applaudissements avant même d'avoir commencé l'effort... Notre époque veut du survitaminé. Elle a oublié la lenteur. J'essaie, par les livres que j'écris, de retrouver cela, de faire revenir la lenteur.  

Ne faut-il pas avoir beaucoup souffert pour arriver à un tel détachement?

[Long silence.] Je ne sais pas quoi dire.  

La vérité.

 

Oui, la vérité... Mais, vous savez, la vie est tellement dure... La vie a été beaucoup plus dure pour tellement plus de gens que pour moi... Comment pourrais-je dire que j'ai souffert alors que se passent encore certaines choses aujourd'hui ? Je dirais simplement, par pudeur, que je n'ai pas abandonné l'enfant que j'étais. Voilà. 

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rencontrer un humain, la chose sans doute la plus rare au monde

12 Avril 2013, 00:43am

Publié par Fr Greg.

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Qu'attendez-vous d'un livre, quand vous êtes lecteur?

J'attends tout. Absolument tout. J'attends une paix immense - elle vient souvent, monte du livre. J'attends de connaître un peu mieux mon visage - il est si mouvant, de passage, comme celui de ceux qui nous lisent en ce moment, comme le vôtre. D'un livre, j'attends qu'il travaille comme un miroir, qu'il travaille pour moi. J'attends aussi qu'il me donne, qu'une sorte de lumière monte de lui. Et j'attends, enfin, de rencontrer un humain parce que je crois que c'est la chose sans doute la plus rare au monde, une rencontre, une vraie rencontre. J'attends qu'une personne sorte du livre et se mette à me parler et, en me parlant, me découvre, moi.  

Cette personne, est-ce l'auteur ou les personnages?

L'auteur ! Au-delà des personnages d'un roman, je veux sentir la personne de l'auteur. Je cherche le vivant. Un livre fonctionne comme une baguette de coudrier, ces baguettes que l'on tient à la main et dont les vibrations soudaines indiquent une source heureuse dans le sol : certains livres indiquent une source heureuse dans notre esprit ou dans le monde. Lorsque cela arrive, c'est la plus belle chose qui soit !  

Avec quel livre cela vous est-il arrivé ?

Jardins et routes, d'Ernst Jünger. Jünger est un écrivain allemand, comme on sait, et qui a traversé les deux guerres mondiales. Jünger n'est pas du tout l'homme sur lequel on a plaqué une image au mieux austère, au pire militariste. Son oeuvre est comparable à celle de Montaigne : c'est un homme qui traverse les épreuves de la vie, toutes, avec noblesse, nonchalance parfois, en cherchant toujours ce qui témoigne du surgissement coloré de la vie. Jünger a un esprit passionnément contemplatif. Dans son Journal parisien, il assiste à la première apparition de l'étoile jaune sur la poitrine d'une passante. Et il note qu'il a cet instinct, ce geste qui le foudroie lui-même : faire le salut militaire à cette jeune femme. Le salut militaire était tourné ordinairement vers le puissant, vers le monstre, vers le Dieu tout-puissant qui avait fait sa tanière en Allemagne et avait essaimé partout. Mais ce salut donné au plus faible est, je trouve, bouleversant. C'est magnifique! C'est une crête d'humanité! Et quand je lis cela, je vois quelqu'un de vivant, parce que peut-être, vivant et aimant, c'est pareil. Et parce que, aimant et être attentif à ce qui est en train d'être broyé, c'est pareil. 

Quelle place occupent les écrivains du Grand Siècle dans votre vie?

Jünger est un grand collectionneur, un grand traqueur, un grand chasseur d'insectes et de fleurs. Et un être attentif aux nuages. Il appartient à cette grande tradition qui vient de Montaigne et de Pascal et de Saint-Cyran. Le Grand Siècle ? Ses écrivains parlent au coeur, tout de suite. Ils enfoncent la dague de leurs phrases dans le coeur du lecteur, sans détours. Leurs livres sont comme des meurtres lumineux. 

Des meurtres lumineux?

Oui. C'est comme ça que je qualifierais la poésie ou la pensée lorsqu'elle est à son plus haut. Quelque chose qui vous sort du monde. Pour que vous puissiez commencer à voir et à comprendre ce qu'est cette vie qui vous a été donnée, qui vous sera enlevée un jour, il faut d'abord sortir du monde, sortir du somnambulisme dans lequel le monde vous tient. Et pour cela, il vous faut un grand coup! La beauté, c'est cette dague qui s'enfonce dans la poitrine ou l'âme du lecteur. Les phrases de Pascal, des grands moralistes du XVIIe siècle, ces pensées-là ont cet effet. Je les retrouve en amont chez Montaigne et en aval chez Jünger : elles ont quelque chose de brûlant et de délivrant. Tous ces écrivains ont l'art de resserrer le langage sur un point et un seul. 

Lequel?

 

Comment se tenir dans la vie. Comment être à la hauteur de la vie, si noble et si fragile. 

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Peut-on vraiment, sereinement, retrouver la joie ?

11 Avril 2013, 00:40am

Publié par Fr Greg.

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Dans Autoportrait au radiateur, en 1997, vous évoquiez déjà cela en disant que pour y parvenir il fallait disposer d'un "temps pur" : "Je me suis fait écrivain ou plus exactement je me suis laissé faire écrivain pour disposer d'un temps pur, vidé de toute occupation sérieuse."

Oui. 

Tout à l'heure vous évoquiez de vous-même les psychanalystes et leur langage. Avez-vous eu besoin d'eux pour atteindre ce point d'émerveillement et de sidération, pour comprendre que ce manteau de puissance va finalement tomber et glisser?

Ou bien nous sera arraché... Mais cela revient au même. Je n'ai pas suivi de psychanalyse, j'ai laissé les événements me révéler à moi-même avec leur violence habituelle. Ça a marché à moitié ou aux trois quarts -parce qu'il reste toujours une part d'inconnu en nous-mêmes, évidemment. Mais j'ai demandé à l'écriture de m'amener vers des zones plus claires, vers une terre plus ample et plus ouverte. Et c'est ce qui s'est passé. Je ne suis pas allé chercher un savoir technique. Je ne crois guère aux théories : dessous les théories, cherchez la déception...  

Vous parlez comme si vous aviez conclu un pacte avec l'écriture...

Oui, je crois que l'écriture en sait plus long que moi. [Il marque une pause, observe un long silence, en souriant.] 

Et, en même temps, vous semblez considérer la vie comme étant une aventure, une expérience, y compris dans ses drames les plus forts. Vous avez écrit sur la mort de l'être aimé, l'arrachement, la douleur. Peut-on vraiment, sereinement, retrouver la joie ?

Alors là, il faudrait que je parle, si je puis dire ainsi, sur la pointe des pieds. [Un silence.] 

Comme vous écrivez.

Vous êtes gentil de dire ça. 

Non. Je le dis parce que c'est vrai.

 

Je pense qu'il faut faire très attention, sur cette question de la mort et de la joie. Le plus beau proverbe que je connaisse vient d'Egypte. C'est une injonction : "Ne fais jamais peur à quelqu'un, n'inspire jamais la peur à un autre être humain." Je trouve que c'est une sentence magnifique. Et j'y ajouterai : n'injurie jamais la douleur de l'autre, ne va pas trop vite, ne fais pas l'économie de ce que les autres vivent. Comment pourrais-je vous dire cela ? J'ai de la joie à aller dans les endroits, même les moins éclairés qui soient. Je pense, par exemple, à des hôpitaux ou des maisons de retraite, endroits que je continue de fréquenter. J'ai une joie profonde à traverser les épaisseurs de grisaille, la dureté que le monde met sur certains visages à la fin d'une vie. J'éprouve une joie profonde à enlever tous ces voiles et à voir, soudain, deux yeux qui brûlent dans l'ombre. L'humain est un soleil. La vie, voilà la seule merveille. Et c'est la seule merveille non commercialisable. L'humain est un soleil que l'on peut aller chercher dessous les décombres, dessous la fatigue, dessous les pertes. Il n'y a rien de pire que de perdre un enfant. Rien de pire. C'est connaître et éprouver l'hémorragie de ses propres forces. Oui, la vie est très rude. Mais j'essaie de peindre, de livre en livre, le sourire que je vois sur ces lèvres. Malgré tout. Je connais la perte de qui on aime plus que tout. Et je le redis: la vie est peut-être cent milliards de fois plus belle que nous l'imaginons - ou que nous la vivons. 

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la gaieté : du minuscule et de l'imprévisible.

10 Avril 2013, 00:38am

Publié par Fr Greg.

 

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Dans votre précédent livre vous écrivez : "Chaque jour a son poison et pour qui sait voir, son antidote." Quel est l'antidote au poison des jours ordinaires et comment apprendre à le voir ? Car là est le vrai problème : comment reconnaître le miracle lorsqu'il arrive.

Quand le miracle arrive, vous le savez. Si vous me demandez quels sont les vrais trésors aujourd'hui, à l'heure qu'il est, à cette époque de ma vie, je répondrais : la patience et l'humeur bonne. Oui : une bonne humeur. J'ai entendu, il n'y a pas longtemps, un plâtrier siffler, mais - comment dire...? - il avait mille rossignols dans sa poitrine, il était dans une pièce vide, il enlevait un vieux papier peint, il était seul depuis des heures à cette tâche et il sifflait. Et cette image m'a réjoui et j'ai eu comme l'intuition que cette humeur-là rinçait la vie, la lavait, comme si cette gaieté de l'artisan réveillait jusqu'à la dernière et la plus lointaine étoile dans le ciel. Ça, vous voyez, ce sont des riens, des moins que rien, des micro-événements, des choses minuscules, mais ce sont ces événements qui fracturent la vie, qui la rouvrent, qui l'aident à respirer à nouveau. Lorsque de tels événements adviennent, croyez-moi, vous le savez. Vous le savez parce qu'une sorte de gaieté vous vient. C'est sans valeur marchande, la gaieté, sans raison, sans explication ! Mais c'est comme si, tout d'un coup, la vie elle-même passait à votre fenêtre avec une couronne de lumière un peu de travers sur la tête.  

Dans L'Homme-Joie, vous écrivez dès les premières pages que "l'art de vivre consiste à garder intact le sentiment de la vie et à ne jamais déserter le point d'émerveillement et de sidération qui seul permet à l'âme de voir". Pour y parvenir ne faut-il pas d'abord trouver quelque part la force de tourner le dos aux grandes injonctions du monde moderne, c'est-à-dire à ces verbes que vous énumérez si bien : "acheter, envier, triompher, écraser l'autre..."?

Il s'agit juste de faire un pas de côté, mais ce pas de côté fait que vous arrivez au paradis. Un paradis qui se trouve non pas ailleurs et demain mais ici et maintenant. Je vais dire une banalité mais le monde est d'une puissance terrible et mortifère. Chaque jour, chacun de nous l'éprouve. Après tout, nous ne sommes pas obligés d'obéir. Après tout, nous pouvons tout d'un coup nous réveiller. La vie est une chose extrêmement fragile et hors de prix. C'est un diamant. En venant vous voir, ici, à Paris, j'ai vu des gens couchés sur les trottoirs. Un peu plus loin, j'ai ouvert un livre que je venais d'acheter et je me suis surpris à le lire. Il faisait très froid dehors mais la lecture m'a offert une sorte de cabane, de protection. Ce n'est rien, n'est-ce pas, des phrases dans un livre, ou un plâtrier qui siffle un air de quatre sous ? Ce n'est rien. Mais si les planètes suivent leur cours et si la Terre est toujours sous nos pieds, c'est grâce à des riens comme cela.  

Les esprits grincheux vont encore dire : "Vous êtes devenu mièvre, Christian Bobin..." Que signifie cet éloge des marguerites dans un pré, des planètes lointaines, du plâtrier qui siffle?

Mais la réponse est très simple : nous n'avons que ça. Nous n'avons que la vie la plus pauvre, la plus ordinaire, la plus banale. Nous n'avons, en vérité, que cela. De temps en temps, parce que nous sommes dans un âge plus jeune ou parce que la fortune, les bonnes faveurs du monde, viennent à nous, nous revêtons un manteau de puissance et nous nous moquons de cette soi-disant "mièvrerie". Mais le manteau de puissance va glisser de nos épaules, tôt ou tard... Non, je ne suis pas mièvre. Je parle de l'essentiel, tout simplement. Et l'essentiel, c'est la vie la plus nue, la plus rude, celle qui nous reste quand tout le reste nous a été enlevé. Je vais à l'essentiel. Je ne fais pas l'apologie de quelque chose qui serait simplet. La marguerite dans son pré, le plâtrier qui siffle, les planètes lointaines : voilà, au contraire, quelque chose qui est rude, émerveillant, parce que ces choses résistent à tout.  

Mais cet état d'émerveillement est particulièrement difficile à atteindre, paradoxalement...

Oui, curieusement. Je crois qu'il faut chercher sans chercher. Cela peut venir de partout.  

C'est donc du minuscule et de l'imprévisible ?

 

Oui. C'est cela que j'appelle la gaieté : du minuscule et de l'imprévisible. 

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