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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Ton Père est là dans le secret

17 Février 2021, 16:31pm

Publié par Grégoire.

Ton Père est là dans le secret

Ce temps du carême est un temps de grâce, parce qu’il y a une nouvelle initiative du Père pour nous. Notre vie divine, c’est d’abord le Père qui est à l’oeuvre ! Ce ne sont pas d’abord nos efforts qui sont le plus important, mais ce que le Père fait pour nous.

Vous êtes vous déjà demandé « qu’est-ce que le Père est en train de faire de moi ? » Parce que c’est ça « le jour du Salut, le moment favorable » (Co 6,2) c’est le Père qui vient au devant de nous.

On manifeste notre désir de le recevoir, en nous allégeant, en nous dépouillant : de nos avoirs par l’aumône, de notre temps par la prière, et de notre autosatisfaction par le jeûne. Mais la finalité c’est l’amour : aimer le prochain par l’aumône, aimer le Père dans le secret de notre prière, et s’aimer soi-même comme le Père nous aime, libre de tout esclavages ! 

Ces offrandes, ce n’est pas d’abord pour reconnaitre nos fautes ! C’est d’abord pour que son don s’inscrive dans notre vie et s’en empare. 

A chaque fois que Dieu se donne d’une manière nouvelle, il n’attend pas de nous de grandes idées, mais que se creuse en nous une attente, en nous dépouillant. Toutes les offrandes que le Père nous demande, c’est pour Le recevoir davantage ! 

C’est donc pour que l’amour jaloux du Père s’inscrive en nous ! Vous savez ce que c’est que la jalousie ? Et bien, le Père nous aime jalousement ! Et il veut que l’on ait pour notre prochain, pour Lui et pour nous, ce même amour jaloux, un amour qui ne supporte pas qu’on se diminue, qu’on se rabaisse !

Le carême c’est pour inscrire et s’approprier de manière nouvelle que le Père a fait de moi son enfant ! Nous sommes enfants du Père, frères et soeurs de Jésus ! Nous sommes de race divine ! Jamais un ange ne connaitra cela ! Redécouvrir notre noblesse divine, ne pas passer à coté !

Nous sommes aimés d’un amour incroyable, unique, mais que seul les pauvres et ceux qui ont soif d’être aimés peuvent recevoir ! Pauvre : parce que ce n’est pas d’abord notre oeuvre ! On est gardien d’un secret qu’on doit découvrir toujours plus !

Et c’est ce que dit Jésus : ton aumône, ta prière, ton jeûne, c’est pour être mobilisé et dévoiler celui qui t’est toujours présent : ton Père qui est là dans le secret

Connaitre le Père, à travers l’aumône pour son prochain, dans le temps brulé gratuitement dans la prière, sans pouvoir récupérer ce temps, ou à travers des petites offrandes, pour montrer au Père qu’on l’aime.

Et la réponse du Père, c’est de nous faire entrer dans son repos ! Trouver son repos auprès de Lui : je me repose quand je connais que je suis aimé ! Il est là, il m’attend pour cela. Pour que se noue entre Lui et moi ce secret personnel.

Jésus veut nous apprendre à dire : « Abba, Papa, Père » jusque dans ces endroits où nous sommes morts, perdus, et vivre de cette présence secrète de Celui qui est ma source, qui ne me quitte jamais, qui porte toute notre vie, qui jamais ne nous accuse ! 

Le Carême c’est donc pour apprendre à se reposer auprès du Père, entrer dans le repos du Père, dans sa joie !

Grégoire +

 

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Quoi ? Vous ne comprenez pas encore ?

16 Février 2021, 17:10pm

Publié par Grégoire.

Quoi ? Vous ne comprenez pas encore ?

« Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? » Mc 8, 17-21 

Notre psychologie malade nous fait facilement entendre cette parole comme une impatience ou un agacement de Jésus. Comme si les miracles réalisés devait prouver quelque chose ! 

Or Jésus dit cela d’une manière maternelle, comme lorsqu’il explique les écritures aux disciples d’Emmaüs. Parce que toute l’oeuvre de Jésus c’est, non seulement de nous faire entrer dans quelque chose qui nous dépasse, qui n’est pas à notre taille, mais de montrer où est la lumière pour en vivre.

À Cana, la demande de Marie « ils n’ont plus de vin » précipite Jésus dedans ce qu’il est venu réaliser : « mon heure n’est pas encore venue ». Nos désirs et nos manques obligent Jésus à hâter son heure, à nous donner la lumière et l’amour même du Père.

C’est pour cela qu’il dit : «méfiez-vous du levain des pharisiens » parce que ceux-ci croient avoir connaissance des desseins du Père et de la manière dont il nous conduit : comme si il allait se donner au terme d’une longue perfection acquise. 

Et surtout, les pharisiens croient parce que quelque chose d’extraordinaire s’impose à eux; c’est une croyance apologétique : ils sont obligés, convaincus. Leur foi n’est pas le fruit d’une rencontre et d’un amour personnel.

Or, là où Jésus nous conduit à vivre de Lui, c'est immédiatement et dans les moyens qu’il utilise : le pain qu’il a multiplié, le vin qu’il a donné en surabondance à Cana.

En effet, si les signes accomplies conduisent à accepter d’être conduit par Lui; surtout, ce sont des signes qui nous disent et nous donnent Jésus

Dans l’ancienne Alliance, les signes, comme les instruments sont ce dont Dieu se sert comme un moyen, un pont, un chemin pour nous conduire à autre chose; ce sont des passages vers autre chose. 

Dans la nouvelle Alliance, parce que c’est une alliance d’amour, dans le moyen utilisé, dans le signe, je vis immédiatement de Celui qui utilise ce signe pour se dire. La médiation, l’instrument me donne et me révèle celui qui m’aime. Cela ne fait pas nombre, ça ne se rajoute pas de l’extérieur ! 

Au contraire, cela me donne d’être plus proche. Il n’y a plus de distance entre Jésus et les moyens qu’il utilise, les personnes qu’il me donne à connaitre. Parce que c’est un amour Divin, Dieu est présent dedans tout ses instruments. Les instruments ne sont pas des obstacles, ou ne mettent pas de distance, au contraire, ils rendent son amour plus tangible, plus proche, plus concret.

C’est dans la matière même du vin donné en surabondance à Cana ou du pain multiplié que Jésus se donne à vivre, à connaitre et à aimer ! De même qu’aux disciples d’Emmaüs, Jésus leur montre comment c’est dedans la croix, la souffrance, la violence, les blessures, qu’il y a une révélation, une nouvelle lumière, un don d’amour unique. 

La souffrance ou la croix ne sont pas d’abord un passage, un moyen pour autre chose, mais là où je dois ouvrir les yeux pour entrer dans une nouvelle lumière, un nouvel amour qui m’est donné,

C'est donc aussi y trouver un repos, parce que si il y a là un don personnel, alors cette lumière et ce don sont victorieux de ce qui leur est normalement contraire. est la victoire dont Jésus veut qu'on vive : ce qui est inhumain, contraire à l'amour, est utilisé par Jésus pour se dire et se donner ! Parce que l’amour divin est capable de se servir de tout pour se donner, pour s’adapter à nous ou nous adapter à Lui.

Mais pour entrer dans cette voie, seul un coeur marqué par une connaissance personnelle, seul un coeur vulnérable à l'amour, désireux d'aimer, peut se laisser conduire à recevoir, là, une nouvelle lumière; seul une intelligence qui est mendiante du coeur d'un autre, peut se laisser conduire dans cette manière dont l’amour se dit et se donne.

« Et alors, vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? »

 

Grégoire +

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« Entraîne-moi à ta suite, courons ! »  Ct 1, 4.

14 Février 2021, 15:04pm

Publié par Grégoire.

« Entraîne-moi à ta suite, courons ! »  Ct 1, 4.

« Un lépreux vient à Jésus … Jésus fut saisi de compassion ». On peut traduire aussi par : « Jésus fut ému aux entrailles, rempli de pitié » 

Voilà comment Jésus nous est présent ! C’est cela son regard actuel sur nous ! Jésus est plus vulnérable à nous qu’une mère envers son tout-petit ! Sa compassion est telle qu’il porte toutes nos misères, nos luttes, nos lèpres comme si c’était les siennes ! 

Il faut mendier de toucher, de sentir son regard sur nous ! Dans la foi, il n'y a pas de distance entre Jésus et nous, il faut donc lui demander de sentir combien on n’est pas seul. Jésus porte, dans ses entrailles, nos souffrances, nos désespoirs, nos lèpres et toutes nos horreurs, surtout les moins glorieuses ! Rien n’est indifférent à Jésus.

Jeudi nous fêtions l’apparition de Marie à Lourdes; Pourquoi Marie apparait à Bernadette seulement ? Parce que c’est une vraie pauvre, quelqu’un qui ne s'appuie pas sur elle-même ! Dans son couvent on appellera Bernadette « la bonne à rien ! » Comme ce lépreux : un type complètement fichu, inutilisable, à jeter ! Tant qu’on croit en ses propres forces, on ne peut pas toucher la compassion, la vulnérabilité extrême de Jésus, qui pâtit avec nous, qui veut que je me repose sur lui !

« Jésus étend la main et le touche ! » Alors qu’il avait été décrété que la lèpre était contagieuse et que les grands prêtres avaient ordonnés de se tenir éloignés des lépreux, Jésus, qui est Dieu, mais aussi pleinement homme, le touche ! Sans masque ! Aucun respect des gestes sanitaires, des gestes barrières, du quand dira-t-on ! C’est un geste complètement imprudent, même désobéissant et absolument pas nécessaire, même pour le guérir !

Alors, pourquoi ce geste ? Parce que Jésus veut se servir de la lèpre et de sa guérison pour se donner, se livrer entièrement, donner à ce lépreux l’amour actuel du Père ! 

Et cet amour ne peut-être donné que dans un geste : le Verbe, L’Esprit Divin est devenu chair, pour nous dire que la recréation est une oeuvre d’amour, elle se fait donc dans notre chair ! 

L’incarnation c’est pour devenir « une seule chair avec Dieu ». L’amour réclame l’unité avec celui qu’on aime, de le voir, de le toucher, de l’embrasser. Dieu veut habiter toute notre personne, notre sensibilité, nos passions !

L’incarnation c’est Dieu qui vient nous dire son amour en nous touchant. C’est pour cela que communier n’est pas une option ! Toucher est la plus grande connaissance que je puisse avoir d’un autre. Et le toucher devient une communion quand il y a ce don réciproque. La communion est un don réciproque, personnel, intime entre Jésus et chacun de nous !

Mais juste après, il est écrit, en grec, « Etant irrité contre lui, Jésus le renvoya aussitôt » ou encore « Jésus le jeta dehors avec sévérité » Pourquoi ce changement soudain d’attitude de Jésus ? 

Jésus s’irrite parce que l’amour qu’il donne, c’est à dire tout lui-même, n’est pas reçu; Jésus se livre entièrement, mais le lépreux ne reçoit pas son amour; Jésus est vraiment vulnérable à notre réponse, notre écoute et nos initiatives vis à vis de lui.

Ce lépreux est guéri physiquement, mais, comme il est resté sans contact avec ses proches, comme il a obéit bêtement, il n’arrive pas être présent à Jésus ! L’amour qui lui est donné est de trop, alors le lépreux continue de se regarder ! On est capable de refuser Jésus parce qu’on n’est plus habitué à aimer, c’est à dire à être attiré hors de soi

Jésus n’est pas dérangé par nos fautes, nos misères, nos lèpres, pas du tout. Mais si on continue à se regarder alors qu’il est là pour nous, là c’est insupportable ! C’est le problème des scrupuleux, d’une éducation janséniste, rigide, et de cette société moderne qui passe son temps à se regarder, à se prendre le pouls et à s’inquiéter ! On vit en permanence avec un rétroviseur ! Et du coup, d’abord on ne vit plus, mais surtout, on se rend incapable de sortir de soi, d’être pris par le regard de compassion de Jésus envers nous ! C’est trop difficile que quelqu’un nous soit radicalement présent !

C’est la grande préparation à la vie éternelle ! La vie éternelle c’est une pure attraction d’amour, un amour tellement intense, tellement de trop, qu’il nous met à nu, qu’il nous rend fragile et nous met dans une vulnérabilité telle qu’on risque fort de demander à Dieu d’attendre un peu. C’est ça le purgatoire : Dieu nous attirera, mais nous, on dira : « stop, pas maintenant, c’est de trop » Pourquoi ? Parce qu’on aura tellement été habitué à n’être que dans le « faire », à gérer, à organiser, à maitriser, à raisonner, qu’on n’acceptera pas d’être perdu, de ne plus se regarder et de tout recevoir. Or, l’amour réclame que l’on se quitte et de ne plus se regarder !

On est facilement devant Jésus comme ce lépreux; c’est tellement plus facile de se réfugier dans nos petits drames, de s’identifier à nos maladies, à notre rôle social, même à nos péchés, parce que là, on a quelque chose à faire !

Et c’est pour cela que Jésus le renvoi aux prêtres : parce qu’ils ont enfermés cet homme dans sa maladie, ils sont responsables de ce qu’il s’est identifié à son mal.

Ce mal s’appelle : ne plus aimer ! Parce qu’on s’est identifié à son travail, à ce qu’on a fait dans le passé ou à ses problèmes actuels, alors on ne se souvient plus que de soi : moi, moi, moi !  Et, on reste dans une obéissance formelle à la loi, dans un rôle à jouer, dans notre générosité ou un mal à guérir ! 

C’est plus facile de s’occuper de nos petits drames que d’accepter d’être un pauvre qui se laisse aimer gratuitement sans plus se regarder ! être seul face à Jésus où à notre prochain, qui attend notre regard ou nos petites initiatives d’amour, qui attend une réponse personnelle : la nôtre. 

C’est cela qui fait que Jésus est ému, rempli de pitié : il sait que depuis la Genèse, on a besoin d’être cherché, partout, tout le temps. « Où es-tu ? » nous crie-t-il chaque jour en silence. Il veut nos faire quitter nos peurs, péter nos rétroviseurs; c’est pour cela que Jésus nous appauvrit de nous-mêmes : il n’y a pas de repos en nous-même. C’est même l’enfer que de ne jamais se quitter !

Jésus est celui qui, toujours, m’attend. Il veux que je touche qu’il m’aime pour moi, peu importe mes lèpres !

Grégoire +

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L'amour aime à se taire

12 Février 2021, 19:47pm

Publié par Grégoire.

L'amour aime à se taire

« Jésus lui dit « Effata ! » C’est à dire « Ouvre-toi ! » ses oreilles s’ouvrirent et il parlait correctement.»

Jésus fait entendre les sourds et leur donne de parler : c’est extraordinaire quand on connait comment cet handicap isole dans le silence ceux qui en sont affectés !

Pourtant, Jésus semble incapable de se faire obéir lorsqu’il demande le silence ?! « Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne, mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient. » 

Si Jésus peut guérir nos capacités physiques, il respecte l’usage que nous en faisons ! Or, mal parler ou simplement parler de quelqu’un en son absence est ce qui souvent nous corrompt le plus, avant de nous tuer spirituellement ! Et ceci, au-delà des dommages collatéraux produits par nos ragots ! 

C’est en effet précisément par la parole que le père du mensonge nous séduit, nous ment et nous corrompt : « Alors, Dieu a vraiment dit : vous ne mangerez pas de … ? » D’abord il insiste sur la négation, se faisant ainsi l’interprète d’une parole qui alors qu’elle était confié comme un secret amical, une alliance personnelle devient un interdit, et enfin, il fait oublier Celui qui a parlé : « Dieu ».

Le mensonge est toujours un mélange pervers de lumière et d’une interprétation tronqué qui trouble cette lumière, par volonté de s’affirmer comme seul juge du réel. Et pour cela, il faut travestir ce que l’autre a dit ou fait, le réinterpréter, le déformer et enfin répandre cette fausse lumière. 

Combien de ces relectures du réel a-t-on proféré parce qu’on a été blessé dans notre orgueil et notre petite image de nous-même ? On parle alors en déformant le réel, on le recrée, on juge, on critique, on accuse et on détruit des vies ! 

On détruit des personnes, on salit des réputations et on installe un climat pourri par ces relectures du passé, qui sont juste de faux-témoignages et de grossiers mensonges ! 

C’est l’oeuvre de Jésus que de vouloir supprimer en nous ce mal premier qui veut s’insinuer en nous comme de l’humidité sous une porte, pour la pourrir doucement : « Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? – C’est que vous n’êtes pas capables d’entendre ma parole. Vous, vous êtes du diable, c’est lui votre père, et vous cherchez à réaliser les désirs de votre père. Dès le commencement, il est homicide -meurtrier de l’homme. Il n’est pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas en lui de vérité. Quand il profère le mensonge, il le tire de lui-même, parce qu’il est menteur et père du mensonge. »

Si Jésus en parle ainsi, c'est qu'il n'y a rien de plus pervers, que de corrompre la lumière, et d'y faire entrer d'autres. Réagir avec passion est une chose, mais entretenir volontairement un mensonge à propos de quelqu'un n'est pas autre chose que d'aider à instaurer l'enfer: « Votre père, c'est le diable.»

Qu’est-ce qui nous garde dans la vérité ? On est vrai, on est ouvert à ce qui nous dépasse -et l’autre nous dépasse toujours, si l’amour de l’autre demeure toujours premier. L’autre est toujours plus que ce que j’en connais, et nous sommes toujours plus que nos actes. Nous mentons quand nous regardons en premier, en l’autre ou en nous-mêmes, nos défauts, nos fautes, nos limites.

C’est l’amour qui nous fait nous taire face à ce que nous ne comprenons pas ou qui nous blesse. Quand il n’y a plus l’amour de ce qui nous dépasse, quand notre coeur n’est pas noué par un secret personnel, alors il n’y a plus de possibilité de silence et, tôt ou tard, on se répand en fleuve de paroles meurtrières : « Le Serpent vomit de sa gueule comme un fleuve derrière la Femme… » Apoc 12, 15.

 

Grégoire +

 

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Bonne à rien, comme sa Mère !

11 Février 2021, 17:28pm

Publié par Grégoire.

Bernadette Soubirous

Bernadette Soubirous

Le grand miracle de Lourdes, ce n’est pas l’apparition de la Vierge Marie, puisque personne ne l’a vu, mais c’est que tous ont cru en Bernadette, une petite fille pauvre, analphabète et, comme on disait d’elle dans son couvent : « Bonne à rien ! » Voilà celle que Marie choisie : une « Bonne à rien » ! Et à cette bonne à rien du tout, Marie lui révèle :  « Je suis l’Immaculée conception ! » 

Pourquoi Marie dit ça ? Parce que notre maladie moderne, c’est l’orgueil de croire en ce qu’on réalise, qui nous fait nous regarder, qui nous oblige à être efficace, utile, sans défauts ! Nous sommes des tyrans envers nous-mêmes, sans cesse inquiets de nous-mêmes, à nous regarder ! Mais que c’est épuisant de se croire « Bon à quelque chose » !

Or, l’Immaculée, est donnée à une « Bonne à rien », une inutile,  une incapable ! Et là, Bernadette est une image de la petite Vierge Marie ! Parce que Marie c’est la pure gratuité de Dieu : avant toute coopération, et avant même son premier soupir, Marie est revêtue de Jésus, de sa sainteté ! Elle a sa sainteté ! Elle est faite gratuitement fille du Père et de toute l’offrande de Jésus. Or, il faut être absolument pauvre, sans aucune possibilité de réalisation, ni recherche de gloire humaine pour être apte à tout recevoir gratuitement du Père !

C’est cela Lourdes : c’est la gratuité de Dieu pour les pauvres, les handicapées, les nuls, les bons à riens et les pécheurs ! Et les autres ? Mais les autres : dehors ! Les parfaits, les vertueux et ceux qui veulent y arriver : dehors ! 

N’est-ce pas une grande lumière pour regarder tout autrement notre lien à Jésus et ce temps qui nous reste sur la terre ? Marie est notre mère. Ce qui lui est donné est à nous. Marie a vécu chaque instant comme un moment inutilisable, seulement pour Jésus, parce que c’est Lui. De Noël à la Croix, tout est gratuité, surabondance, surcroît de lumières et d’amour de Dieu ! Pure gratuité parce que son don est disproportionné ! La seule raison au don de Dieu, c’est que l’amour divin veut se donner, se déverser en nous en pure perte.

C’est la grande réponse à la tentation modernes qui voudraient une juste mesure, un cadre, des choses réglées et en ordre et svp selon la loi ! Mais l’amour de Dieu est un dépassement de la loi, de la justice ! Dieu se donne à des bons à riens

La nouvelle Alliance n’est pas le rétablissement de la Justice originelle, non, ce sont des noces, des épousailles ! Le Père a répondu à la faute originel par un nouveau don : en nous épousant, en mêlant son sang au nôtre !

C’est Cana : un repas de noces et le nouveau vin, c’est le sang de Jésus ! On ne fait plus qu’une seule chair : c’est son corps ! Et le sang c’est l’amour divin dans nos liens de charité ! Il n’y a pas d’épousailles avec Jésus, si il n’y a pas d’amour excessif les uns envers les autres !

Et Marie, à Lourdes, nous dit : « je suis l’Immaculée, je suis revêtue de Jésus et c’est complètement gratuit ! Ceux qui veulent en être revêtue, gratuitement, venez boire ici ! Mais ce n’est que pour les petits, les pauvres, les aveugles, les handicapées ! Ceux qui ont un truc à défendre, qui attendent d’être reconnu ou une sainteté visible, passez votre chemin ! Il faut coller son visage dans la boue, dans la terre : être caché à ses propres yeux pour recevoir cette surabondance incroyable ! »

Telle est la maladie dont Marie nous guérie à Lourdes : notre suffisance, notre satisfaction de nous-même, notre prétention à être quelqu’un, à faire du bien ! Parce que vivre de la gratuité du Père, de Jésus, c’est choisir d’être rien, mendiant, nu, pauvre… pour tout attendre de Lui !

Ce que dira notre plus grande « Bonne à rien » des temps modernes : « Plus nous sommes faibles, sans vertus, ni désirs, plus nous sommes disposés aux opérations de cet esprit consumant et transformant, mais il faut consentir à rester faible et sans forces, et voilà le difficile, car le véritable pauvre d’esprit, où le trouver ? » Ste Thérèse de l’enfant Jésus

Grégoire +

 

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La meilleure part

10 Février 2021, 21:21pm

Publié par Grégoire.

La meilleure part

« Marie a choisie la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

On entend souvent à propos de ce passage qu’il faut un équilibre entre action et contemplation, que quand même le service c’est important etc … Et bien non ! Écouter Jésus qui me parle c’est le plus grand travail, le plus grand service que je puisse rendre au monde ! 

La Vierge Marie parce qu’elle s’est fait attente pure, parce qu’elle s’est fait silence, désir de Dieu, elle a comme attiré le Père et le Père lui a donné son secret éternel ! « Marie a en premier conçu dans son coeur avant de concevoir dans sa chair » prêchait St Augustin ! Elle a reçu jusqu’au bout la Parole du Père, son secret intime ! Et ça, c’est pour chacun d’entre nous, aujourd’hui !

« Celui qui entend ma parole et qui la garde celui là est pour moi un frère, une soeur, une mère » C’est pour cela que Jésus répète constamment : « faites attention à la manière dont vous écoutez ! » Parce que la manière dont j'écoute fait de moi un spectateur, ou un frère, une soeur, une mère pour Lui !

Parce que la parole de Dieu, c’est Dieu qui me parle, à moi, maintenant : ce qu’il me dit est actuel et en me parlant, il me transfuse sa vie : sa parole c’est Lui ! Sa parole me transforme en Lui ! Il n’y a donc rien qui ne me sanctifie plus que d’entendre, d’écouter le Père me parlant !

Sauf que nous, comme nous avons un esprit qui calcule, qui raisonne et qui surtout se regarde, se tâte et cherche son pouls, on n'attend que ce qui nous rejoint psychologiquement, ce qui nous fait du bien, nous caresse dans le sens du poil. Mais rarement on cherche à rejoindre Celui qui me parle ! Et, comme nous sommes très très pollué par un regard matérialiste, nous entendons une histoire passée, une morale, un message ! Que dis-je, comble de l'horreur : des valeurs !! Quelqu'un qui se donne entièrement à vivre dans sa parole : des "valeurs" ?? 

« La foi vient de ce qu’on entend » dit St Paul. La foi est, en nous, Dieu-Lumière se disant. Dieu m'éclairant sur lui-même et tout ce qui existe, en me parlant, produit en nous la foi. Croire, c'est en nous, l’effet de sa parole, ce que produit en nous le Père qui me parle ! Quand j’entend la parole de Dieu, j’ai un contact immédiat, personnel avec le Père qui me parle ! Parce que Jésus a dit chacune de ses paroles en pensant à moi personnellement ! Si donc je manque de foi, c'est que je laisse pas beaucoup me parler !

C’est pour cela que ceux qui lisent à la messe, doivent faire un effort énorme, puisqu’ils parlent au nom de Dieu. Ils prêtent leur voix à Dieu !

Et entendre vraiment le Père qui me parle, réclame un effort d’écoute complètement fou : puisque chaque parole contient Dieu en quelque sorte ! Chacune parole me fait entrer dans ce qu’est Dieu, me le fait goûter, me le fait toucher ! C’est juste énorme. Cela réclame un coeur amoureux, un coeur qui soit pauvre, sans projet, sans regard narcissique, sans rancune, un coeur naïf, un coeur d’enfant : si notre coeur est comme une mer en pleine tempête, ça ne va pas, mais si notre coeur est comme un lac de montagne limpide, là oui, le Père peut se déverser en nous !

C’est pour cela que consacrer sa vie à écouter sa parole, c’est  un travail à temps plein ! C’est pour pouvoir devenir, nous-même, parole du Père, son visage, son sourire -sans masque- et il n’y a pas de plus grand service à rendre au monde : être le visage de Dieu, possédé par Lui ! La meilleure part !

Grégoire +

 

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« À vous qui m'écoutez, moi je vous dis : "Aimez ! » Math 5, 44.

9 Février 2021, 20:02pm

Publié par Grégoire.

« À vous qui m'écoutez, moi je vous dis : "Aimez ! » Math 5, 44.

« Hypocrites, Isaïe a bien prophétisé à votre sujet : Ce peuple m’honore des lèvres mais son coeur est loin de moi … »

L’hypocrisie dont Jésus parle est, dans notre relation à Dieu, de faire semblant d’y arriver. Donner l’apparence d’être proche de Dieu, alors qu’on est dans une fidélité formelle, une obéissance à des traditions très humaines : on répète, on suit pour se sécuriser, parce qu’on a toujours fait ça, et que si aujourd’hui « rien ne va plus » c’est qu’on ne fait plus « comme avant ». 

L’hypocrisie est un manque de vérité, un mensonge, parce qu’on a peur d’avouer que de fait on n’y arrive pas et du coup on fait semblant ! On fait croire, d’abord à soi-même, puis aux autres, que cela va alors qu’on est simplement dans des moyens certainement pieux, très religieux, et en fait très humains ! 

Et ensuite on se pose en mesure des autres suivant s’ils suivent ou non ces moyens ! On fait comme tout le monde et on exige que tous fassent comme nous ! C’est très mondain et c’est même être comme un cadavre : on suit les opinions, on répète, on descend le fleuve !

On absolutise des moyens et on oublie qu’ils sont au service d’une rencontre, d’une amitié avec Dieu. Ou même, on se sert de la liturgie, de nos exercices pieux pour cacher notre peu d’intimité avec Dieu. On s’exclame « oh, c’était beau » oui,  très bien, mais in fine, est-ce que cela t’a rendu plus proche de Jésus ou de ton frère ? 

Ou bien, on se sert même de Dieu pour éviter d’être complètement donné au prochain, on prétexte « l’heure de la prière, de l’office, du rosaire » pour éviter d’avoir à perdre du temps pour l’autre qui nous le mendie, parce que l’autre nous dérange, et que ce n’est pas humain d’être totalement donné à l’autre tel qu’il est ! 

Non, ce n’est pas humain, ni normal, ni même raisonnable !c’est divin que de choisir de mourir pour son prochain, de tout lui donner ! Mais c’est de trop pour nous !

Le jour où on entre en communauté ou quand on prononce ses voeux, le prieur nous demande d’abord publiquement : « frère bien-aimé, que demandez-vous ? » et on répond : « la miséricorde de Dieu, l’aide de mes frères… » 

La première promesse que l’on fait c’est mendier l’aide de Dieu et de ses frères. On ne promet pas de cocher toutes les cases et d’atteindre un certain but ! Pourquoi ? Parce qu’on a accepté que, par le baptême, notre vie est perdue en Dieu. Elle est perdue. Comme le grain de blé tombé en terre, nous sommes enfouis en Dieu ! Je choisis de ne pas utiliser ma vie à quelque chose, mais je la lui remets pour que Lui en fasse ce qu’il veut. C’est Dieu qui utilise tout ce que je suis ! C’est lui qui en tire une efficacité divine.

Mais tant que je n’ai pas choisi que ma vie est perdue, qu’elle doit être répandue en pure perte, inutilement, alors je reste avec l’espoir d’un résultat humain, de faire quelque chose de ma relation à Dieu ! Du coup, je me récupère sur des moyens à ma portée !

Et alors, on est ni libre, ni vrai, et même très souvent, esclaves de moyens religieux qu’on absolutise, et menteur, car alors, on essaie de montrer qu’on y arrive, qu’on s’en sort !

Or, la seule question c’est: où en suis-je dans mon amitié avec Jésus ? Ais-je le désir d’aimer mon prochain comme Jésus l’aime ?  Ça c’est la seule loi, la seule règle ! Et là, sans Lui, on ne peut rien faire !

 

Grégoire +

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Cette bonté qui voudrait nous alléger ...

8 Février 2021, 20:47pm

Publié par Grégoire.

Cette bonté qui voudrait nous alléger ...

C’est étonnant « tous cherchaient Jésus », « tous étaient attirés par lui, et voulaient le toucher pour être sauver ». Cela devrait nous interroger … Pourquoi les gens ne sont-ils pas plus attirés par notre vie, par notre présence, alors que nous nous voulons chrétiens ? 

Ce doit être un véritable examen de conscience, non pas moral, non pas pour se culpabiliser, mais souvent remettre en cause notre manière de vivre de Jésus, pour essayer de voir tout ce qui peut faire que Jésus ne peut pas se donner à travers nous. 

St Dominique, lorsqu’il a fondé les Dominicains, a mis comme première règle : la dispense ! C’est à dire que la règle de vie des frères ne devait pas être un poids supplémentaire ! 

Jésus nous a sauvé, nous sommes donc enfants du Père, du coup tout ce qui s’ajoute, c’est de la gratuité, de la surabondance ! Et on doit regarder si ce qu’on s’est rajouté dans notre vie chrétienne n’est pas parfois un pesant fardeau  qui nous empêche d’être légers, vivants, joyeux !

Bien sûr nous avons tous des souffrances, des choses qui sont lourdes, mais en premier on vit d’une personne qui nous aime;  or, cet amour que Jésus a pour nous, devrait rayonner ?!

Ne doit-on mas s’interroger sur pourquoi n’avons nous pas une plus grande fécondité ? Pourquoi l’amour fraternel entre nous n’est pas plus grand, plus fort ? Les premiers chrétiens quand on les voyait, on disait d’eux : « voyez comme ils s’aiment ! »

Ste Joséphine Bakhita cette soudanaise, esclave et devenue chrétienne, religieuse, attirée par des chrétiens qui rayonnaient, est elle-même devenue une lumière incroyable malgré les souffrances qu’elle avait subie.. C’est donc possible !

Or, est-ce qu’on ne se met pas parfois des règles sur le dos, des traditions à tenir qui nous empêchent de vivre pleinement de Jésus. Comme une naissance qui serait actuelle ! Qu’est-ce qui est de trop et qu’on doit remettre en cause pour être envahis par Jésus ? St François d’Assise avait compris qu’il fallait d’abord se dépouiller pour rayonner sa joie, sa présence, sa bonté.  

Il est bon de se demander sur ce qui nous aiderait pour vivre davantage de l’amour de Jésus? Que nous manque-t-il ? Ou alors, qu’avons-nous à lâcher ? À perdre ? À laisser tomber ?

Comment s’aider à voir, ce qui, en nous, nous empêche d’être une plus grande présence de Jésus..? Il ne s’agit pas d’être parfait ou sans péchés, ça c’est juste impossible, il s’agit plutôt de s’alléger d’impératif catégoriques qui sont des boulets aux pieds … 

Qu’est-ce qu’il faut faire par exemple pour que la messe soit un lieu de vraie rencontre avec Jésus et que cela attire ? Comment faire pour que cet amour avec lui et entre nous soit toujours plus vivant et palpable ?

Comment réaliser une véritable communauté fraternelle, un foyer d’amour fraternel, que chacun soit une vraie présence de Jésus ?! Qu’est-ce qui fait que « tous le cherchaient…? »

 

Grégoire +

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Où es-tu ?

7 Février 2021, 14:18pm

Publié par Grégoire.

Où es-tu ?

« Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée… A peine couchée je me dis, quand pourrais-je me lever? Le soir n’en finit pas … » 

Job, c'est le livre de l’Ancien Testament sur la Providence, la conduite de Dieu devant la souffrance humaine. Pourquoi le mal ? Qu’est-ce que fait Dieu ? Fait-il quelque chose ? Ou bien, est-on livré au hasard ? 

Face au mal, on tombe vite dans la fatalité : « c’est comme ça » « tant pis, un mauvais moment à passer... » la fatalité, le destin, c’est vivre comme si le mal était une force absolue. Croire qu’il tombe aveuglément, qu’il s’abat sur les personnes et surtout qu’il n’a aucun sens ! 

Cette fausse croyance tue notre vitalité car elle engendre le désespoir : si le mal s’impose et que cela n’a aucun sens, on n’a plus d’attente, plus d’espoir, plus d’espérance !

Ou alors, nous sommes comme les amis de Job qui lui font la morale; Job a tout perdu et ses amis disent : « son malheur, c’est parce qu’il a péché, il est puni ! » Raisonnements très faux, très païens, mais très courant !

Pour Jésus c’est la même chose, lui, le juste, l’innocent, le Père semble l’avoir abandonné. Et quand il est crucifié, il n’y a plus personne, plus aucun ami ! Qu’est-ce que cette conduite de Dieu ? Pourquoi Dieu permet-il le mal ? La souffrance ? À quoi cela sert-il ? 

La première source du mal, vient de la jalousie de nos frères ainées, qui trouvent insupportable que Dieu ait pu associer l’esprit à la matière ! Les anges sont des esprits purs ! Pour eux, nous sommes des bâtards ! Or, Dieu a continué sa création malgré la lutte, toujours actuelle et ultra violente de ces anges devenus démons ! 

Dans le livre de Job, Dieu laisse, apparement, le diable détruire la vie de Job : ses troupeaux, sa famille, sa santé. Le démon veut montrer à Dieu que si Job souffre, alors Job s’éloignera de Dieu. Et Dieu laisse faire. Car Dieu se sert même du mal ! Il se sert aussi du démon à son insu ! Et même de nos fautes ! Aucun mal, aucun échec n’est absolu ou définitif !

La deuxième source du mal dans nos vies, c’est de ne pas savoir pourquoi ce mal arrive ? Alors on désespère et on vit dans la peur ! On a peur quand on avance tout seul. Avancer avec des moyens humains, c’est avancer tout seul ! Avoir pour guide la télévision ou les infos, c’est  encore avancer seul ! C’est désespérant !

Mère Térésa disait qu’une des plus grande souffrances aujourd’hui, c’est la solitude. 

Parce que parfois, même dans notre famille, dans notre couple, dans nos communautés, on est seul parce qu’on ne peut pas dire totalement ce que l’on porte au fond de soi. On ne peut pas dire ses luttes, ses misères ! Alors on porte cela seul, on est dans une impasse et on désespère, et il y a des choses qu’on porte et qui gangrène, qui moisisse en nous.

Ce que l'on peut dire, sans faire le tour de la question, c'est que Dieu permet qu’on soit blessé, que l’on souffre -et c’est une permission- c'est pour que : 

- Nous nous battions pour ne plus être seul. On est vivant quand on est capable de conquérir un autre et de lui transmettre ce qu’on a de plus personnel, nos joies les plus intimes et aussi nos misères les plus secrètes.

- Que nous dépassions le point de vue moral et du résultat ! Très souvent il y a dans la morale et la recherche de résultats un orgueil caché : on ne veut pas accepter qu’on est capable de se tromper, et on veut absolument montrer que, seul, on se suffit et on arrive à quelque chose ! C’est un mensonge !

- Et que nous n’attendions pas un salut temporel ou politique ! Il n’y a pas de salut communautaire ! La politique, c’est comme la météo ou la santé, ça change tout le temps, il n’y a pas de stabilité là-dedans !

La souffrance, le mal -et même nos fautes- ont l’avantage de nous affaiblir, de nous rendre petits. Là on comprend, dans notre chair, que par nous-mêmes on n’est pas grand chose ! On ne peut se réaliser par nous-même. On a besoin d’un autre ! Et surtout du Tout-Autre, du Père, de Jésus ! On vit seul quand on n’a pas découvert que Jésus, c’est Celui qui veut me rendre pleinement moi-même.

Notre vrai mal c’est d'abord que l’on porte tout, tout seul. Que l’on ait des désirs tordus, des envies de meurtres, de jouissance, ce n’est pas grave en soi : il faut les donner à Dieu, à Jésus. Il les connait et Lui seul peut combler tout nos manques, toutes nos attentes, même les plus tordus ! Ce qui est grave, c’est de tout porter seul. Parce que si tout ce qu'on porte explose de ne pas avoir été donné, là ça fait très mal ! 

Jésus n’est pas venu montrer un modèle de vie ou de société idéale; sa venue n’a pas supprimée la souffrance ou le mal. Il est venu pour épouser toute notre vie, lui donner une dimension divine ! Mais nous, on est très occupé par ce qu’on fait; 

Souvent, ce n’est que quand on est appauvrit, petit, souffrant, qu’il peut nous rejoindre; Nos blessures sont le grand lieu où il peut nous rencontrer et se faire connaitre, parce qu’alors on est accessible : nos souffrances nous mettent en attente d’un autre !

C’est pour ça que le texte de Job est une prière : sa souffrance est un cri, une attente de Dieu ! Il mendie son repos à Dieu. Et Job est instruit par Dieu dans la prière, et Job dit « à la fin, je me tiendrai debout avec mon corps et de mes yeux de chairs je verrais Dieu » Il a la certitude que ce qu’il vit n’est pas vain !

Et quand Jésus prie le matin, il se repose dans la présence du Père. Prier c’est dire «Abba, Papa» et laisser le Père, mon Père, notre Père nous dire, de l’intérieur, qu’il porte tout, que tout a un sens. On peut dire aussi : « Jésus » tout doucement. Cela suffit.

Quand on entre au couvent, normalement, c’est pour ne plus jamais être seul, normalement… De même que l’on peut être très très seul dans un couple… Or, la prière, ce dialogue, ou même cette respiration avec Celui qui ne nous quitte jamais,  c’est pour ne plus rien vivre seul qu’on y entre. Cette mendicité intérieure de la lumière, de l’amour, de la présence de Celui qui est toujours en attente de tout me donner. Jésus nous attend. Il veut nous consoler ! Nous donner la certitude que rien n’est vain ! Et comprendre que Dieu utilise nos souffrances, nos blessures, nos luttes pour nous mettre à sa taille. 

C’est normalement l’oeuvre de la lumière et de l’amour de nous adapter à l’autre; mais pour nous, grâce ou à cause de notre corps, notre esprit reçoit une nouvelle lumière, un nouvel amour dans l’obscurité que sont nos blessures et de ce non-amour qu’est le mal. Cela on ne peut le vivre ou le porter seul; c’est toujours de trop pour nous !

C'est pour cela qu'Il est sorti, qu'il nous cherche et qu'il nous crie en silence : « où es-tu ? »

Grégoire +

 

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La femme, gardienne des secrets du Père

5 Février 2021, 15:32pm

Publié par Grégoire.

La femme, gardienne des secrets du Père

Jean Baptiste lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère ». Hérodiade en voulait à Jean et cherchait à le faire mourir.

Comprenons bien cette parole de Jean-Baptiste qui n’est pas là d’abord pour faire la morale à Hérode et Hérodiade. Si Jean-Baptiste s’adresse à Hérode c’est qu'il est un homme faible, manipulable, comme beaucoup d’hommes ! C’est la petite médiocrité de l’homme que de facilement manquer de force au niveau affectif. L’homme reste facilement toute sa vie un petit enfant qui cherche sa maman ! Sous des aspects apparemment virils, c’est très souvent un grand enfant !

Et Jean-Baptiste veut aider cet homme Hérode, à retrouver sa noblesse, sa vocation, à être gardien d'une lumière qui le dépasse; à Adam avait été donné de nommer les choses et d’être gardien des intentions de Dieu; L’homme est donc gardien d’une sagesse qui le dépasse, et pour cela il doit constamment chercher la lumière, interroger, sous peine de se fragiliser ! 

Jean Baptiste veut réveiller son intelligence, son sens de la Sagesse, c’est à dire de ce qui le dépasse. C’est bien plus que de pointer une faute morale ! 

Hérode est manipulé par Hérodiade et par la danse de sa fille. Il est séduit par elles et l'ayant séduit elles peuvent lui demander ce qu'il n’aurait jamais fait de lui-même !

La séduction est une lumière qui nous éblouit momentanément. Ce n’est pas mauvais d’être séduit, c'est une lumière qui nous oblige normalement à aller plus loin que ce que l'on connaît déjà. Mais quand on ne cherche pas la lumière, la Sagesse, la séduction risque de s'imposer et tout prendre.

Et Hérodiade, c’est la femme qui a perdu sa 'vocation' : son inclination, sa disposition intérieure à éveiller et nourrir l’amour, d’être celle qui renouvelle et affine l’amour. N'est-ce pas l'une des raisons pour lesquelles le monde est particulièrement froid aujourd’hui ? Outre la médiocrité masculine, Hérodiade est bien la caricature de la propension de certaines femmes à vouloir occuper absolument des places de pouvoirs, des places visibles de premiers plans, pour lesquelles elles n'hésiteront pas à manipuler et séduire1.

Hérodiade et sa fille ont oublié ce qui leur a été donné, qui les met toute proche de Dieu : être source d’amour, source de vie spirituelle. La vie biologique chez la femme n'est-elle pas le signe de quelque chose de bien plus grand et bien plus profond pour la recherche de la sagesse ?!

Le cri de Jean Baptiste, c’est celui du Père qui veut réveiller en elles ce secret. C’est par la femme que le Père reprend tout. C’est pour ça que les trois derniers docteurs de l’Eglise sont des femmes; La porte de la nouvelle Alliance, c’est Marie ! Marie c’est, d'une certaine manière, plus que les sacrements, c’est celle que le Père choisie pour tout reprendre. C’est comme cela que le Père regarde toutes femmes : celles à travers lesquelles il veut tout renouveler.

 

Grégoire +

 

1/  Non pas que la femme n'ait aucun rôle à jouer dans la vie publique, politique, etc... bien au contraire ! Mais son mode propre, sa manière d'être réclame de ne surtout pas entrer dans une imitation du modèle proprement masculin ! L'homme et la femme sont des personnes humaines égales, aucunement réductible à leur nature biologique; aucune des deux n'a donc de primauté ou d'autorité sur l'autre. Par contre, leur manière d'exister comme êtres spirituels, leur manière de connaître et d'aimer diffère radicalement.

C'est ce que l'on a de plus nous-même réclame une recherche personnelle pour découvrir comment vivre, exercer et manifester ce qu'on a en propre; et cela est vital pour ne pas tomber dans des schémas dialectiques et des stéréotypes médiatiques ! Et, là, rien, en tout cas aucune méthode, ni règle, ne peut remplacer cette recherche pour se révéler à soi-même ce qu'on a de plus personnel; 

Si certaines traditions véhiculent de grandes orientations, c'est parce qu'elles s'appuyaient chez les anciens surtout, sur un maitre, un sage, un témoin de vie ... 

 

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Le Verbe, Lumière et Consolateur

2 Février 2021, 19:35pm

Publié par Grégoire.

Le Verbe, Lumière et Consolateur

La présentation de Jésus au temple est une nouvelle annonciation ! Donc une nouvelle révélation ! La première annonciation se déroule dans l’intimité de Nazareth. C’est le Père qui, par un ange, vient demander à Marie si elle veut bien accepter de porter son secret éternel. Que le Fils du Père devienne son fils !

Au temple, c’est à travers l’offrande liturgique du premier né, le service des prêtres -Syméon, et l’attente des prophètes -Anne, que le Père demande à Marie, de recevoir, d'entrer dans quelque chose de nouveau de sa paternité.

« Mes yeux ont vu ton Salut : Lumière pour éclairer les nations ! » Syméon manifeste le passage de la Loi, des prêtres et des prophètes, à la Lumière ! 

Israël était consacré au Seigneur par la Loi, (et était ainsi  premier donc Roi de tout les peuples), la médiation des prêtres et par les prophètes. Le chrétien est consacré, il « devient sacré avec.. », non pas l’application de la Loi, non pas la liturgie ou un ordre hiérarchique, mais par la lumière qu’il reçoit, qu’il cherche et qu’il devient : « vous êtes la lumière du monde » Matt 5, 14.

On est consacré non pour appliquer une liturgie à la lettre, être des gendarmes de la Loi ou vivre selon un ordre hiérarchique ! Mais pour être Lumière avec et comme Jésus ! C’est la lumière qui nous consacre : « Consacre les dans la vérité ! Ta parole est vérité ! » Jean 17, 17.

Pourquoi La lumière ? Parce que Dieu est Lumière et Amour ! Et qu’il n’y a pas d’amour sans lumière ! Parce qu’en Jésus, toute sa personne est lumière : il éclaire, il conduit, il fait comprendre et donne à toute choses une signification divine. Vivre de l’Esprit du Fils Bien-aimé, c’est chercher à connaitre qui il est : « Pour vous qui suis-je ? » et cela seul nous consacre à Lui, nous donne un esprit pur, virginal ! L’obéissance à la Loi ne rend pas pur ! Ni ne consacre à Dieu ! Et puis, la personne humaine est capacité de devenir toutes choses en les connaissant : ce que je connais je le porte en moi, et plus je connais quelqu’un -plus signifie atteindre l’autre dans ce qui est le plus lui-même, plus j’atteins l’autre de l’intérieur, plus je suis capable de l’aimer.

Jésus lumière est ce que Syméon attendait « la consolation d’Israël » Luc 2, 25. Consolation, en grec, c’est le même terme que l’Esprit St donné à la Croix : le Paraclet ! Jésus est le premier paraclet, le premier consolateur, car il est lumière paternelle : « Qui me voit voit le Père » Jn 14, 9.

Il est aussi « action de Grâce » comme le dit la prophétesse Anne voyant Jésus : « Et à cette heure ayant été là, elle rendait grâce » Luc 2, 38. « Action de Grâce et eucharistie » c’est exactement la même signification. Jésus est action de grâce, offrande totalement gratuite de tout Lui-même.

Voilà donc le passage du « prêtres, prophètes et rois » de l’Ancienne Alliance -que l’on attribue paresseusement au nouveau Testament, à « Lumière, Consolation et Action de Grâce » ! Jésus est le Salut comme « Lumière, Consolation et Action de Grâce »

Et comment est-il révélé ainsi ? « En provoquant la chute et le relèvement de beaucoup en Israël » Jésus est lumière en nous dépouillant, en nous appauvrissant de nos acquis, de nos avoirs spirituels. 

Pourquoi ? Lorsque la lumière est trop forte, on est comme aveuglé, de même lorsque l’amour est trop intense, il nous éprouve ! C’est pour cela que Jésus est un « Signe de contradiction ». Parce qu’il est de trop pour nous, que son don se fait comme dans un échec apparent, un rejet, un désastre. Et c’est là qu’il est « Lumière, consolation et action de grâce ». 

Marie, tous ceux qui veulent vivre de l’esprit de Marie, donc de la vie consacrée, le Père veut les associer à cette œuvre de lumière : « un glaive te transpercera le cœur afin que soient révélées les pensées d’un grand nombre ». Luc 2, 35.

De même qu’Abraham qui a reçu Isaac de Dieu lui-même, Marie a reçu Jésus; et, Abraham est entré dans une nouvelle paternité, qui pour lui a pris la forme d’une offrande de son fils Isaac : l’amour de Dieu est tellement de trop qu’il nous éprouve ! De même Marie à la Croix entre dans une  nouvelle maternité à l’égard du genre humain, mais ce don prend l’apparence de quelque chose de négatif tellement il est de trop : l’offrande de sa maternité envers Jésus. Cette offrande est réellement, en premier, un nouveau don du Père pour elle, donc une consolation, donc un motif d’action de grâce ! 

C’est cela le Glaive : c’est le don d’une lumière qui est telle qu’elle nous blesse, parce que c’est une lumière qui est plus substantielle que notre propre personne.

C’est cela la signification propre de la vie consacrée : cherchant à vivre de Celui qui est La Lumière, la vie consacrée est lumière, car elle vit et manifeste déjà ce que secrètement tous attendons ! Nos attentes les plus profondes, la vie consacrée les révèle. Comme sur un film photographique, c’est le négatif qui révèle ce qui est sur la photo. Ainsi ces blessures que l’on porte, révèlent et manifestent les désirs, les attentes que le monde veut vivre, mais dont il n’a pas conscience !

La Croix est bien cet évènement apparemment négatif, signe contradictoire qui révèle les désirs les plus profonds que chacun attend; Il faut saisir que dans les luttes que nous vivons, il y a une lumière qui est donnée, qui donne sens à ces luttes et qui permet de les porter; sans cette lumière, on fait le dos rond, on attend que ça passe et on pleure … on désespère. 

Or, la lumière nous apporte une vraie consolation, celle d’être certain d’être aimé jusqu’au dans nos blessures, cette lumière c’est connaître cet amour pur et total dont notre cœur a soif ! Et là alors, on peut demeurer dans l’Action de grâce ! 

La vie consacrée implique : l’annonciation à Nazareth, ce secret intime d’amour entre le Père et nous, vivre du désir gratuit du Père sur nous, c'est un désir : on n’est pas fait naturellement pour être consacré, c’est une réponse gratuite à un amour gratuit; On anticipe la vie éternelle, on gagne du temps !

Et, l’annonciation au temple, pour faire œuvre commune avec Jésus, en choisissant de le suivre, d’être à son rythme, d’être possédé par ses paroles et ses gestes, pour être Lumière dans toute notre personne; en acceptant d’être un signe de contradiction, d’être un échec apparent, d’être même comme compromis avec le péché : on a dit de Jésus qu’il « séduisait la foule, qu’il détournait de Dieu ! », et donc de provoquer apparemment la chute des malades de la Loi... 

Lorsqu’on fait de Lui seul notre Lumière -ce qui implique d’être des mendiants acharnés de sa Lumière, on devient Lumière, on est fait Lumière ! Seul chemin pour être Consolateur et Action de grâce, offrande silencieuse d'amour pour Lui !

 

Grégoire +

 

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De nos petits cochons ...

1 Février 2021, 12:26pm

Publié par Grégoire.

De nos petits cochons ...

Les esprits impurs supplièrent Jésus : « Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. » Il le leur permit. Ils sortirent alors de l’homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils se noyaient dans la mer. Ceux qui les gardaient prirent la fuite, ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne, et les gens vinrent voir ce qui s’était passé. Ils arrivent auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et revenu à la raison, lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte. Ceux qui avaient vu tout cela leur racontèrent l’histoire du possédé et ce qui était arrivé aux porcs. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Mc, 5, 1-20.

 

Que Jésus ait libéré un possédé, c’est une chose, mais qu’il fasse perdre tout un troupeau de porc, c’est insupportable ! Préférer ses petits cochons à la présence de Jésus, voilà un peu la vie humaine ! 

On a beau avoir des signes de la présence de Jésus sous les yeux, voir certaines attentes de Jésus sur nous, on ne veut pas que ça nous dérange; on ne veut pas remettre en cause notre petite vie, notre petit équilibre, notre gestion du quotidien …

Jésus doit faire partie des meubles ! Je le range dans un coin, entre le frigidaire et le salon, au-dessus de la télévision, bien encadré …   et je le sors le dimanche matin, avec son petit manteau, ou en semaine, et là alors, c’est déjà beaucoup ! Mais il est hors de question de devoir tout remettre en cause pour lui… ! Ça non… ce n’est pas possible. Si c’est comme ça, il vaut mieux qu'il parte ! 

C’est le problème avec Jésus : quand il débarque dans notre vie, on ne peut plus vivre par soi-même; on ne peut plus avoir son autonomie, sa propre lumière, son petit équilibre. On ne peut plus vivre sans qu’il défasse tout ce qu’on avait fait ! 

Deux milles cochons, vous vous rendez compte le nombre de saucissons qui se sont perdus dans la mer ?! Nan, Jésus n’est pas raisonnable ! Précisément, c’est un dérangeant ! Il vient nous guérir du cancer d’une vie qui auto-satisfaite, qui se suffit à elle-même, avec ses petits troupeaux … 

Parce que nous, et ça ce n’est pas un mystère, c’est même très très visible, chacun d’entre nous, moi le premier, on aime nos petits cochons, nos saucissons… On a tous des petits cochons, parfois très spirituels, qu’on garde très très précieusement ! Les pharisiens adorent, non pas Dieu, mais leurs cultes, leurs traditions, leurs idées pieuses; ils ne sont pas dans une attente absolue de Dieu ! Ils ne sont pas prêt à se passer de leur temple, de tout ce qu’ils ont si bien organisés, et entrer dans quelque chose de tout nouveau… si vous regardez bien, on a chacun des petits cochons que l’on garde précieusement. 

Cela met en lumière quelque chose de très important : aucun d’entre-nous n’est capable de recevoir Jésus par lui-même ! Il est toujours de trop pour nous ! C’est bien la question : est-ce qu’on demande à Jésus de nous rendre capable de le recevoir ? Ou bien est-ce qu’on croit qu’on peut l’attendre par nous-même ? 

C'est Jésus seul qui peut nous faire accepter intérieurement d’être détaché de nos petits cochons, d'en être libéré… 

« Seigneur je ne suis pas capable de te recevoir ! Mais dis une seule parole, et je serais guéris de mon amour pour mes petits cochons, pour mes saucissons et mes petites habitudes… »

Grégoire +

 

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« Venez, crions ... » ps 94

31 Janvier 2021, 15:53pm

Publié par Grégoire.

«  Venez, crions ... » ps 94

« Silence ! Tais-toi ! Sors de cet homme ! »  Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu'est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »

« Silence ! Tais-toi ! Sors ! »  C’est une parole qu’il faut entendre et se redire souvent ! Dans toutes nos luttes, Jésus nous demande de nous appuyer sur sa parole ! Sa parole est toujours actuelle et efficace : elle a toute l’autorité de Dieu ! 

Aussi, il faut se la dire, sans hésitation et avec la certitude d’avoir la puissance de Dieu avec soi ! C’est pour cela que pour prier on répète des paroles de l’Evangile; et, dans ces paroles, celles de Jésus sont les plus efficaces !

Car nous sommes dans une lutte qui nous dépasse, qui est trop forte pour nous. Alors si on croit qu’on peut se battre avec nos petits muscles, nos petites vertus, notre force, c’est idiot, débile et grotesque ! On est battu d’avance ! Car non seulement cette lutte nous dépasse, mais en plus nous sommes handicapés, boiteux, avec des portes ouvertes à l’ennemi : tous ici, notre coeur est blessé !

Et Jésus nous montre comment lutter : avec lui, en usant de ses paroles et de son autorité ! Point !

Par le baptême, nous avons la puissance de Jésus en nous. Même, nous avons un pouvoir d’exorcisme; l’Eglise demande que seulement certains prêtres l’exercent : il faut une profonde vie de prière pour ne pas être ébranlé par les séductions du démon. Mais pour nos luttes quotidiennes, nous devons user de la puissance de Jésus ! Et nous devons l’utiliser, avec la même autorité ! Jésus nous donne son pouvoir de commander sur tous les démons ! « Je suis fils du Père, vade retro, retire toi ! » « Je t’ordonne de partir, je t’ordonne de me quitter ! »

Comme lorsque je consacre, je dis les paroles de Jésus, et Jésus m’obéit et transforme le pain en son corps, le vin en son sang. Et bien pour nous, nous avons le pouvoir de pardonner, de faire taire nos pensées noires et faire partir ces esprits impurs ! Pas par volonté, mais en s’appuyant sur Jésus !

Les esprits impurs, ce n’est pas d’abord moral. C’est en premier des esprits de tristesses, de désespoirs, de critique, de peur, de haine de nous-même. 

L’impureté la plus grande est de croire que ce que je sais suffit à tout, je me pose en mesure du réel, de ce que je suis : l’orgueil; et, me juger moi ou les autres, ça s’appelle la jalousie. Ça c’est la lutte suprême. Le reste ce ne sont que des conséquences. Cette lutte est intérieure : elle n’est pas sur les résultats, mais sur l’Esprit qui m’anime !

Le démon nous accuse en nous faisant regarder les résultats ! Il ricane à la croix, parce que  le résultat apparent est terrible ! Or, c’est toujours notre désir que Jésus regarde, pas les résultats !

Pourquoi Jésus fait-il taire ces esprits qui, eux, savent qui il est ? « Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu! » « Silence ! Tais-toi ! Sors de cet homme. » parce qu’on ne peut connaître Jésus « objectivement ». Il n’y a pas de connaissance claire, catéchétique ou extérieure de Jésus !

Jésus c'est un secret intime ! C’est le secret du Père, son amour. C’est pour cela qu’il est donné à Marie comme son enfant ! C’est comme cela qu’on doit le rencontrer : comme mon secret personnel ! Celui qui plus présent à moi-même que moi-même !

On ne peut donc connaître et dire Jésus qu’en l’aimant; et d’abord en sachant que je suis aimé de Lui. La vie chrétienne, c’est vivre de Jésus qui m’aime définitivement, inconditionnellement, gratuitement, éternellement ! Le démon veut nous faire douter de cela, en nous faisant croire que Jésus nous aime à certaines conditions ! C’est un mensonge ! Il faut mendier à Jésus qu’il vienne nous dire son amour !

Si il n’y a pas cet amour actuel pour Jésus, alors il faut se taire car on ne dit que des âneries ! Pire, on éloigne de Jésus ! Si on ne désire pas Jésus, mais alors taisons nous ! (L’amour est d’abord un désir, pas nécessairement une grande expérience !)  La plus petite erreur à propos de Dieu, est ce qu’il y a de pire, de plus monstrueux que l’on puisse infliger à l’esprit humain !

Les démons, qui n’aiment pas Jésus ne le connaissent pas ! D’ailleurs, quand on aime pas quelqu’un, on ne le connaît pas !

« Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande aux esprits mauvais et ils lui obéissent »

Voilà pourquoi Jésus enseigne avec autorité : il nous parle comme celui qui nous aime, et parce que son amour est actuellement victorieux de tout ce qui, en nous, est en retard, petit, mesquin ! Je suis victorieux quand je vis de SA victoire ! Il le dit à la Croix : « tout est achevé, tout est accompli, ça y est, c’est fait ! » Ce sera manifeste, visible au ciel, mais je dois en vivre aujourd’hui ! Peu importe les résultats !

C’est une rupture face aux scribes et aux pharisiens qui ne regardent que les résultats : ce qui est immédiat et apparent; Eux s’appuient sur leurs qualités, sur leurs petites perfections, et leur connaissance humaine; Satisfaits d’eux-mêmes, cela les empêche d’être mendiant; 

or s’appuyer sur soi-même, pour chercher une espèce de perfection visible, c’est l’esprit immonde. 

Notre esprit est pur lorsque nous nous appuyons sur Jésus,  comme un enfant, même si les résultats sont décevants. 

Il faut user de l’autorité de Jésus ! Lui demander d’être absolument certain de sa victoire en nous; Lorsqu’on lui demande, on est déjà victorieux ! C’est déjà avoir son Esprit St en nous ! Jésus veut qu’on utilise son autorité et ne jamais lutter seul ! 

La seule vraie psychothérapie, la seule véritable hypnose  valable, l’addiction dont on peut toujours abuser davantage, le seul véritable narcissisme, c’est de se redire à soi-même avec autorité : « Silence ! Je suis fils du Père, ami de Jésus ! »

 

Grégoire +

 

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Heureux celui qui dort ...

29 Janvier 2021, 17:18pm

Publié par Grégoire.

Heureux celui qui dort ...

La grâce, la vie que Jésus nous donne, qui est, sa propre vie. C’est donc déjà le début de la vie éternelle qui vient s’emparer de tout nous même; Cette grâce -cette vie gratuitement donnée- « est comme une semence jetée en terre » : elle a donc sa vie propre ! Cela ne sert à rien de tirer dessus pour qu’elle pousse plus vite ! 

Bien sûr on la nourrit en écoutant le Père qui me parle, en cherchant ce qu’il désire pour moi; (on ne vit plus d’une loi, mais du désir du Père sur nous, ce qu’on appelle la volonté du Père) et on se repose en son amour, dans l’eucharistie et la charité fraternelle.

Cette grâce est encore « comme une graine de moutarde » elle est en nous comme apparemment ce qu’il y a de plus petit, de plus fragile; et même elle peut apparement mourir, à nos propres yeux. Pourtant, cette petite graine est le grain de blé en terre qui même s’il meurt porte du fruit.

Une foi basée sur une vision artistique, c’est à dire où le résultat de notre vie divine dépendrait du travail que l’on fournit, nous ferait croire que tout est incertain, aléatoire, suspendu entre le succès et l’échec ; Or, ce qui est donné c’est la vie divine, donc tout est garanti par Jésus.


La première manière concrète de coopérer, c’est premièrement l’abandon. S’abandonner comme un enfant. 

Et aussi semer. Semer à pleines mains. Le semeur de la parabole qui sort semer ne se préoccupe pas qu’une part de la semence finisse sur la route et une autre part dans les ronces ! Or, le semeur, c’est Jésus lui-même! Car, on ne peut pas savoir à l’avance quel terrain se révélera être bon, ou bien dur comme du béton et étouffant comme un buisson.


Donc semer, et ensuite … aller dormir! Autrement dit semer et ne pas rester là tout le temps à regarder, quand cela pousse, où cela pousse, de combien de centimètres cela pousse chaque jour. L’enracinement et la croissance ne sont pas notre affaire, mais l’affaire de Dieu et de celui qui écoute.

 

Charles Péguy dans la petite espérance fait parler Dieu ainsi : 
 

« On me dit qu’il y a des hommes 

Qui travaillent bien et qui dorment mal. 

Qui ne dorment pas. Quel manque de confiance en moi ! 

C’est presque plus grave 

Que s’ils ne travaillaient pas mais dormaient, car la paresse 

N’est pas un plus grand péché que l’inquiétude … 

Je ne parle pas, dit Dieu, de ces hommes 

Qui ne travaillent pas et qui ne dorment pas.

Ceux-là sont des pécheurs, c’est entendu... 

Je parle de ceux qui travaillent et qui ne dorment pas…

Je les plains. Je leur en veux. Un peu. Ils ne me font pas confiance,

Mais ils ne veulent pas m’en confier le

gouvernement pendant la nuit … 

Celui qui ne dort pas est infidèle à l’Espérance … »

 

Grégoire +

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Qui est Dieu ?

28 Janvier 2021, 16:58pm

Publié par Grégoire.

Qui est Dieu ?

Thomas d’Aquin.

S’il est impressionnant par son œuvre, Tommaso d'Aquino est d’abord un ami et un frère pour tous ceux qui cherchent Dieu. On dit qu’à 5 ans, il demandait déjà : « Qui est Dieu ? »

Et là où il est génial, c’est qu’il a saisi que pour vivre de Jésus, de son don, il faut « chercher à le voir » c’est à dire le contempler. On pourrait dire de Thomas d'Aquin qu’il est le contemplatif de la personne. Il est celui qui nous forme à la rencontre la plus vraie qu’on puisse avoir avec quelqu’un, qui est une rencontre contemplative.

La contemplation n’a pas bonne presse et c’est un mot un peu usagé, parce que souvent on a de la contemplation le même regard que Platon, une vision idéaliste, romantique : l’activité de ceux qui n’ont rien à faire, qui ont le temps de rêver. Ou on en fait quelque chose de lointain, d'inaccessible, qui requerrait haute élévation et profonde ascèse. 

Pour Platon en effet, contempler la nature, la beauté d’une réalité, c’est admirer quelque chose qui, parce qu'il nous impressionne, nous échappe et nous renvoie à Dieu beauté suprême, idéale et parfaite ! Contempler pour lui, c’est donc comme être spectateur d’un ordre idéal, céleste, admirer une harmonie extérieure à nous, inaccessible et que l’on atteint seulement en s’élevant au-dessus de notre condition humaine.

Platon séduit par la beauté de la nature ou des êtres, cherche ce qui fait l’harmonie et l’unité de la nature ou des qualités sensibles, admirées. C’est un regard d’artiste, de celui qui est séduit par la composition harmonieuse des choses et qui veut en trouver l’origine. Pour lui, Dieu est la cause directe de cette harmonie admirée !

Cette conception semble très belle mais elle est très fausse. Dieu n’est pas la cause immédiate de la beauté de la nature ! Dire cela c’est faire de nous des spectateurs de Celui qui serait totalement au-dessus, inaccessible, lointain, parce qu’il serait alors l’unité idéale, l’harmonie parfaite !

 

(Je n’ai pas le temps ici de développer, mais en rester à un regard à partir de la beauté harmonieuse des choses amène des confusions terribles ! Non que la beauté soit négative ou à rejeter ! Au contraire, elle est une disposition à interroger ou à dévoiler la bonté de quelqu'un. Mais en rester à elle, revient à tout ramener à un ordre formel. Au niveau politique on voit ce que cela donne, une tyrannie : tous selon le même ordre formel, le même moule. C'est ainsi que Platon est le premier à préconiser par exemple un communisme des femmes et des enfants dans la cité idéale qu'il décrit dans la République.)

 

Le réalisme de St Thomas d'Aquin, c’est de montrer que je contemple toujours une personne. La beauté de quelqu’un me conduit à sa personne; et sa personne, c’est, ce qui, en elle, demeure et qui fait que c’est cette personne ! Ce quelque chose en nous qui ne change pas et qui fait que je peux dire « coucou, c’est moi ! »

Ainsi, contempler, c’est connaître et atteindre en quelqu’un ce qu'il est en premier, qui ne passe pas : « Qu’est-ce qui fait que c’est toi ? ». Cette connaissance est comme un toucher, toujours à renouveler : je ne peux jamais mettre la main sur ce qui est premier en l'autre ! Je dois toujours le redécouvrir. Ce que j'en garde, en mémoire, en image n'est pas adéquat à ce qu'est l'autre.  C'est même une recomposition, une reconstruction. Notre connaissance d'un autre, n'est donc vraie que quand elle est actuelle.

Et, ce qui ne change pas, je l’atteins, je le rejoins dans une rencontre actuelle de tout moi-même avec l’autre. Contempler c’est donc une connaissance qui est dans une rencontre, et qui est un repos, car j’atteins alors l'autre dans ce qui en lui, est au-delà du changement. Et, quand il n’y a plus de mouvement, il y a un repos !

Et pour atteindre ou toucher ce qui est absolument premier en chaque personne, en Jésus, dans le Père, St Thomas montre que : « les réalités supérieures à nous, il faut les aimer pour les connaître. Ce n’est même qu’en les aimant qu’on les connaît » 

Pourquoi ? En aimant, je reçois d’un autre ce qui fait que c’est lui. L’amour d’un autre me donne de le lire de l’intérieur. L’amour est donc source de la plus grande connaissance.

Et c’est cela contempler : c’est, en aimant, donc, en étant totalement vers celui que j’aime, atteindre dans l’aimé, ce qui fait que c’est lui : « Je t’aime parce que c’est toi ! » 

Dans la foi, il n’y a pas de distance avec Dieu. Je rencontre Dieu comme mon Dieumon Jésus. Il est toujours là, puisqu'il est la Réalité; mais il est là comme Celui qui n’est que pour moi.

Quand je touche sa bonté pour moi, je le connais Lui. D’une connaissance intérieure, aimante. Et je peux dire : « c'est toi... et me voici, moi, là, pour toi... »

Il n’est donc plus question de s’élever, de se séparer du sensible, mais au contraire d’avoir une plus grande finesse d’expérience, comme un toucher plus fin, plus réceptif, pour le laisser se révéler, Celui qui est mon Père, qui me porte de l'intérieur -sans faire nombre avec moi, dans ce qui fait que je suis moi et dans mes limites.

Grégoire +

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Pose-moi comme un sceau sur ton coeur

27 Janvier 2021, 19:00pm

Publié par Grégoire.

Pose-moi comme un sceau sur ton coeur

« Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait (...)  Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »

Cette parabole du semeur nous semble tellement connue ! Et précisément on l’entend comme si l’efficacité de la Parole de Dieu dépendait de notre écoute, de notre bonne terre ! 

Or, lorsque Jésus parle, sa parole, étant substantielle, est efficace par elle-même. Ce qu’elle dit, cela se réalise !

Nous, quand nous parlons, nous exprimons ce que nous portons, ce que nous pensons, connaissons, et très souvent nous répétons des opinions, nous faisons du bruit, du vent, pour combler le vide… Et nous oublions que la parole est sacrée, elle dit notre personne, ce que nous sommes, nos secrets personnels !  

Quand Jésus parle, il dit ce qu’il est, il nous dit le Père. Il ne dit pas d’abord des trucs à faire ou à accomplir. Or, on entend trop souvent l’évangile comme si c’était une recette de cuisine à appliquer. Comme si Jésus avait besoin de nous pour que ce qu’il dit soit réalisé ! Mais non ! Sa parole est créatrice ! Lorsqu'il dit « Que la lumière soit » la lumière est ! Si il dit "Pains" les petits pains arrivent !

Et cela, c’est parce qu’on l’écoute comme on écouterait n’importe qui; en effet la parole humaine ne crée rien. La sienne est substantielle : elle fait partie de Lui. La parole de Dieu c’est Dieu .. pour nous ! 

C’est en cela que tout ce que dit Jésus, cela se réalise ! Et quand, à la messe, j’utilise les paroles de Jésus, ces paroles pardonnent, ces paroles nous rendent bons, nous rendent saints, et font que ce n’est plus du pain, mais Lui, dans son corps. Jésus obéit à sa parole lorsque je la dis !

Aussi, puisque sa parole est efficace sur nous, sur chacun, nous sommes donc déjà son corps, sa présence ! Puisque les paroles de la consécration transforment le pain, mais tous ceux qui sont autour aussi en une présence de grâce ! Évidemment ! Mais nous, nous n’y croyons pas ! On ne veut pas l’entendre ! C’est de trop pour nous ! 

On n’entend pas que c’est Jésus, parce qu’on n’a plus un cœur d’enfant ! A force d’écouter tous les bruits du monde, de les répéter, cela nous alourdit, on est devenu sourd et on appelle ça « être adulte ».

« Ceux qui sont la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un » sont ceux qui ne se dispersent pas en ragots, en futilité, qui ne parle pas pour faire le gendarme, mais réservent leurs paroles pour ne dire que leur cœur, le secret de leur âme !

On est un cœur pur, une « bonne terre », quand on mendie à Jésus, quand on le harcèle de nous dire jusqu’au bout, ce qu’il a déjà fait de nous ! C’est la seule raison pour laquelle on peut répéter certaines paroles, comme celle de l’annonciation, du magnificat : c’est pour entendre qui nous sommes pour Lui ! Ce n’est pas pour répéter à Dieu des choses qu’il sait mieux que nous !

C’est pour cela qu’il nous dit : « Je ne vous appelle plus ‘serviteurs’, mais ‘amis’, parce que TOUT ce que j’ai entendu du Père je vous l’ai fait connaître » 

La bonne terre, c’est celui qui sait que par lui-même il ne sait pas bien écouter, alors il mendie à Jésus de la lui faire entendre, de nous la « graver comme un sceau sur notre cœur » Ct 8, 6.

Grégoire +

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Son désir sur nous

26 Janvier 2021, 19:17pm

Publié par Grégoire.

Son désir sur nous

« Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson »

On peut entendre cette parole comme dans les traditions païennes, où les prières étaient offertes aux Dieux, pour que les Dieux fassent quelque chose ! Comme si la prière était un prix à payer pour obtenir les faveurs divines ! 

Jésus n’a pas besoin de notre prière pour agir ! En tout cas, il n’agit pas en fonction de notre prière ! 

Alors que signifie cette parole « Priez le maître de la moisson » ? Il signifie que la prière c’est de nous ouvrir au désir actuel de Jésus sur nous, pour l’entendre nous dire ce qu’il fait de nous. Être formé à la taille de ce que Lui a fait de nous; et ne pas se réduire à notre ressenti, à ce que l'on croit être, ou ce que d'autres pensent de nous !

Par son incarnation Jésus nous communique sa vie, c’est un don actuel. Et par sa parole il nous dit ce qu’il a fait de nous : quelque chose de sa présence. Prier c’est écouter pour entendre jusqu’au bout qui je suis pour Jésus pour le Père, au-delà des apparences et au-delà de ce que je ressens. 

Jésus trouve beaucoup de personnes généreuses, données, pieuses. Mais combien croient, c’est à dire entendent de Lui, jusqu’au bout, qu’ils sont vraiment sa présence ? Que c’est comme cela qu’ils doivent se regarder ? Et ainsi chercher ce que chacun me donne de la présence personnelle de Jésus. « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie »

C’est ainsi que l’on est envoyé « comme des agneaux au milieu des loups » : pour demeurer dans le monde l’Agneau du Père, demeurer  dans cette naïveté divine, sans aucun calcul, ni critique des luttes actuelles, il faut demeurer dans la main du Père, comme Celui que le Père a choisi ! C’est cela qui donne la Paix : « dans toutes maisons où vous entrerez, dites : La Paix soit avec vous » cela est possible parce qu’on est sa présence. Seul sa présence ordonne tout et ainsi met dans la Paix. 

Et, on est sa présence en demeurant auprès de Lui. C’est ce que Jean manifeste en premier : l’Agneau c’est celui qui demeure dans le sein du Père, il est là pour Lui dans le silence de l’amour; 

On est sa présence en étant Témoin du Père : on reçoit actuellement tout de Lui et ainsi on dit le Père; 

En étant Serviteur : Jésus se fait notre esclave, service absolu qu’il manifeste dans le lavement des pieds ou en se faisant notre pain;

En acceptant les états de pauvretés dans lesquels il me met pour manifester l’absolue gratuité de son don, et demeurer dans l’action de grâce : Jésus est l’amen du Père; 

Et en cherchant la lumière, en maintenant en nous ce désir de « voir le ciel ouvert », qui est Jésus à la Croix, blessé et dans l'extrême petitesse du mourant; et qui est ce que Jésus réalise à chaque page de l’évangile et nos histoires saintes.

« Prier », c’est être tout attente pour ne rien diminuer de ce que Jésus nous fait vivre chaque jour. Peu importe notre vécu, peu importe les résultats visibles. Pourvu que nous ne regardions que son désir, car son désir sur nous est efficace par lui-même ! Cela réclame d’entendre ce que nous sommes pour Lui, et donc pour notre monde : l’Agneau du Père, son enfant bien-aimé. 

 

Grégoire +

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J'ai soif d'être ton enfant

25 Janvier 2021, 16:40pm

Publié par Grégoire.

J'ai soif d'être ton enfant

« Proclamez l’évangile, celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ! »

Proclamez l’évangile, c’est proclamer qu’en s’incarnant, Jésus nous sauve. C’est à dire qu’il se sert de nos pauvretés, de nos blessures pour nous diviniser, faire de nous des fils du Père, ses frères ! En cela, croire en son don, en ce que lui fait, nous rend saints, c’est à dire que nous sommes remplis de Jésus ! Nous sommes pleins de Jésus ! « Croire à l’évangile » c’est choisir de ne plus s’appuyer sur soi-même, sur ses petits muscles !

« Proclamez l’évangile », c’est en premier, proclamer à soi-même, inscrire dans sa vie, que le salut est un don gratuit, une nouvelle naissance, qui descend d’en haut et s’impose à nous ! Le baptême nous fait être comme une seule personne avec Jésus; « Proclamez l’évangile » c’est désirer vivre comme Jésus : en enfant du Père ! Tout l'évangile c'est Jésus qui nous montre comment désirer vivre en enfant du Père : en criant tous les jours au Père notre désir : « j'ai soif d'être ton enfant » ! Car le Père regarde nos désirs et jamais les résultats !

Ne pas croire, c’est simplement continuer de s’appuyer sur soi-même, sur ce qu’on comprend, sa prudence, sa propre sagesse, ses propres forces, donner trop d'importance à ses inquiétudes, à son passé... C’est chercher des résultats visibles, chercher une espèce de perfection humaine, et juger, décider de ce qui est bien ou mal ! Ça, ce sont les pharisiens qui n’attendent plus de sauveur, qui sont satisfaits d’eux-mêmes, de leur prières, de leurs tentatives de conformités aux règlements et à la Loi !

C’est pour cela que le signe que Jésus donne, c’est que celui qui croit en lui-même, qui s’appuie sur lui-même, il a peur ! Celui qui ne s’appuie QUE sur Jésus n’a plus aucune peur, plus aucune angoisse, plus aucune culpabilité ! Il n’a qu’une seule « peur », celle de blesser Jésus. Ce n’est pas une peur, mais une crainte amoureuse !

Et, celle qui manifeste bien cela, après Paul de Tarse -sur qui Jésus est tombé gratuitement, c’est Thérèse de l’enfant-Jésus, : elle veut arriver au ciel les mains vides ! Pourquoi ? Parce que toutes nos œuvres, tout ce qu’on fait, toutes nos réponses sont pleines de nous-même. Et pour ne rien diminuer du don de Jésus, il faut accepter les états de pauvretés dans lesquels on est mis ! C’est la coopération la plus difficile : pour inscrire cette gratuité dans toute notre vie, il ne faut plus avoir aucun projet sur nous-mêmes ! Être aveugle sur nous-mêmes ! Ne plus se regarder ! Plus de rétroviseur !

Or, c’est ce qu’il y a de plus fécond : Thérèse est Patronne des missions, plus que St Paul ! Alors qu’elle n’est jamais sortie de son Carmel ! « Dans le cœur de l’Eglise, je serais l’amour, ainsi je serais tout ! »

C’est cela que Jésus veut pour nous ! Et c’est possible, pour lui ! Il suffit de le laisser faire !

Grégoire +

 

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Il s'est rapproché de toi

24 Janvier 2021, 14:42pm

Publié par Grégoire.

Il s'est rapproché de toi

« Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Evangile. » Mc, 1, 14-20.

Quand on écoute rapidement cet évangile, on entend « convertissez-vous » comme quelque chose d'un peu négatif ! Souvent « convertissez-vous » cela veut un peu dire « c’est pas bien, changez ! »

La conséquence de la faute originelle, fait que l’on a peur. On se sent coupable de quelque chose. Comme on ne connaît plus Dieu notre Père, on l’imagine comme quelqu’un qui juge et qui punit ! Donc, on ne supporte plus sa présence et on le tient éloigné ! C’est le très pur, le Saint, donc il est loin de nous, car nous, nous sommes coupables et impurs !

C’est très faux comme regard, mais c’est notre psychologie malade. Et tout l’Ancien testament montre nos projections déformées sur Dieu.

C’est le sens de la 1ère lecture. Le livre de Jonas est très court : quatre pages qui racontent une fable écrite après l’exil à Babylone ! Dieu dit à Jonas : « ça ne suffit pas que de convertir mon peuple dans ton pays minuscule. Je t’envoie en mission à Ninive » (aujourd’hui, Mossul au nord de l’Irak). Or Ninive à l’époque était l’ennemi juré d’Israël, une ville très puissante, d’un empire païen. Y aller pour Jonas, c’était la mort, c’est certain ! Mission impossible! Et puis, Ninive était une immense ville ! Il fallait trois jours pour la traverser. Jonas n’obéit pas et embarque sur la Méditerranée ; il y a une tempête et on jette le prophète à la mer. Une baleine avale Jonas qui est confiné dans son ventre et, il est recraché trois jours plus tard. Du coup, finalement Jonas part pour Ninive. Et le miracle se produit : Jonas la traverse en un jour et tous les Ninivites sont convertis !

Mais Jonas n’était pas du tout content. Lui, voulait que Dieu exerce sa colère contre ces païens, ces pécheurs. Et Jonas, écœuré, va s’installer à l’écart de la ville. Mais on est en plein été, il étouffe au soleil. Alors Dieu, fait pousser un arbuste pour le protéger. Mais le lendemain, l’arbuste meurt. Alors Jonas est vraiment en colère... Et Dieu lui dit : « Quelle histoire pour un arbre qui meurt à peine poussé ! Mais ces Ninivites… Ils sont mes enfants tout de même ! »

Bref, il y a ainsi trois conversions dans le livre de Jonas :

-Jonas est petit prophète juif, peureux, pas très conquérant (ce n’est pas IsaIe ou Jérémie ou Samuel qui sont de grandes personnalités) Dieu s’approche de nous, vient à nous, à travers des gens apparemment simple, pas très fort humainement. Ce ne sont pas nos qualités ou ce qu’on a acquis, nos connaissances qui intéressent Dieu, mais notre capacité à être mendiant, pauvre, ouvert à plus grand que nous.

-Ce n’est pas Jonas qui convertit Ninive, mais c’est la parole de Dieu que Jonas prononce ! Dieu n’attend pas d’abord des efforts ou un changement moral, mais qu’on entende ce qu’il nous dit. Et qu’on proclame sa parole, même si ça semble ridicule ou que ça me mette en danger !

-Dieu convertit le désir de justice et de vengeance que Jonas avait, en un amour pour tous les Ninivites ! En me faisant l'annoncer pour ceux qui sont dignes de la guillotine, Dieu convertit mon cœur et mes regards auto-culpabilisants ! Je connais Dieu comme mon Père, quand son amour pour tous les hommes devient mon amour !

Dans l’Evangile, Jésus nous réalise autrement ces 3 bonnes nouvelles :

 les temps sont accomplis, le règne de Dieu s’est rapproché de vous » Dieu se fait proche. Il vient casser cette fausse image qui fait qu’on le tient éloigné. Dieu s’est tellement rapproché, qu’il est devenu l’un de nous !

Parce que Le Règne de Dieu ce ne sont pas des conseils, des trucs pour nous aider, des méthodes pour nous guider ! Le Règne qui s’est rapproché, c’est quelqu’un -Jésus- qui descend en nous là où tout est perdu, là où en nous c’est mort !

Jonas dans le ventre de la baleine, est une préfiguration de Jésus qui veut descendre dedans nous, pour nous donner une nouvelle vie de l’intérieur !

- « Convertissez-vous et croyez que cette Nouvelle est bonne ! » La conversion est une bonne nouvelle, car il ne s’agit pas de se regarder, mais de le regarder Lui ! Se convertir c’est ouvrir les yeux sur Lui qui est là, pour moi ! Dieu est pour moi ! La conversion n’est pas de lutter contre nos défauts, mais entendre la joie de Jésus qui se donne à nous qui ne sommes pas prêts ! Car aucun de nous n’est prêt ou digne ou juste ! Comme les Ninivites ! Jésus s’en fiche ! Sa joie c’est de nous rendre prêt !

Jésus se fait connaître en nous demandant de nous rendre proches de chacun; ceux que l’on voudrait voir punis, châtiés, Jésus nous demande de nous en faire proche. Je connais Jésus, quand j’annonce à chacun : « Jésus s’est rapproché de toi ! »

-et Jésus nous dit « Suis-moi ». Il nous choisit pour coopérer avec lui gratuitement.

Jésus nous fait coopérer à quelque chose qui n’est pas selon nos compétences ! Et ça, c’est difficile ! Nous on veut être reconnu pour ce qui vient de nous, notre travail, ce qu’on a fait ! Nous on voudrait tellement être loué pour nos initiatives, notre générosité, pour qu’enfin le monde reconnaisse qu’on n’est pas si mal !

Et nous on veut payer pour notre conversion, car quand on paye ça nous appartient ! Alors que quand c’est reçu gratuitement, on ne peut pas en tirer de gloire, on est juste alors revêtu de Dieu.

Aujourd’hui, Jésus nous dit « Suis-moi » ! Se convertir c’est laisser être possédé par son choix actuel sur nous ! C’est un choix personnel, définitif, sans condition ! Dieu me choisit ! « Je te choisis parce que c’est toi ! »

Dans son « suis-moi », il faut comprendre qu’on est important pour lui ! Et là on doit être intransigeant sur cette bonne nouvelle : « je suis celui que Jésus choisit! Tu es celui que Jésus aime »

Et évangéliser c’est cela ; c’est être témoin qu’on est aimé d’un amour qui nous fait être quelqu'un pour lui !

Grégoire +

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Toucher le Verbe de Dieu

21 Janvier 2021, 19:40pm

Publié par Grégoire.

Toucher le Verbe de Dieu

« Tout ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher ! »

Pourquoi ces souffrants, leur faut-il toucher Jésus pour être guéris ? Pourquoi leur foi ne suffit-elle pas ? Que rajoute le toucher à la parole ?

Toute l’écriture est traversée par la question du toucher. A propos de l’arbre du milieu du jardin, Dieu dit « du fruit de l’arbre, tu n’en mangeras pas et n’en toucheras pas » ou encore « tu ne mettras pas la main sur lui » 

Pour transmettre la bénédiction, héritée de Dieu, Isaac doit toucher Jacob, qu’il croit être Ésaü. Et le toucher est plus important que ce qu'il croit puisque Jacob est béni à la place d'Ésaü

La montagne du Sinaï qui est toute fumante du passage de Dieu, ne peut être touchée, comme l’arche d’alliance et l’accès au Saint des saints, marquant ainsi que la rupture avec Dieu a été telle que l'homme est devenu incapable de supporter la présence de Dieu. Il faut à l'homme déléguer son rapport avec Dieu à une tribu, celle d'Aaron, qui devient ainsi la caste des prêtres, médiateurs entre Dieu et l'homme.

Il y a dans cette lumière, tous ces passages à propos des prophètes, Jérémie, Isaïe, Ézéchiel et Daniel, capables eux de Sa présence. Et Dieu vient toucher leurs lèvres pour les rendre capables de l'annoncer; Ce toucher est alors comme un baiser, une manifestation du choix de prédilection de Dieu. Ce toucher renvoie à la création d’Adam : cette haleine de vie que Dieu lui insuffle après l’avoir modelé est comme un baiser. Marque de cet amour premier de Dieu à l’égard de sa créature, aimée gratuitement, que l’on retrouve dans le Cantique des cantiques comme un appel à retrouver ce souffle premier, cette marque première de Dieu : « qu’il me baise des baisers de sa bouche ».

Dans l’évangile, toute les guérisons se font par un toucher. Il y a aussi ces gestes qui sont des initiatives gratuites, personnelles, sans autre raison que de manifester l'amour : celui de Marie Madeleine qui verse du parfum sur les pieds de Jésus, de Jésus qui, à genoux, lave les pieds de ses disciples, de Marie-Madeleine à qui Jésus refuse qu’elle ne le touche au matin de la résurrection, alors que pour Thomas, Jésus lui ordonne de toucher ses plaies.

La crucifixion est aussi une multiplication de violents touchers du corps de Jésus, depuis le baiser de Judas, en passant par la flagellation, et qui s’achève par un coup de lance; geste irréfléchi  d’un soldat qui devait seulement vérifier la mort des crucifiés et sinon leur briser les jambes. Or le soldat lui transperce le côté duquel jailli le sang et l’eau. Blessure que rapporte Jean comme le sommet ultime de révélation.

La liturgie continue ces gestes puisqu’on embrasse l’autel, l’évangile, la croix le vendredi saint, on se donne un baiser de paix; les sacrements, continuation des gestes de Jésus pour nous, culminent dans l’eucharistie où nous mangeons la chair et buvons le sang de Jésus, pour devenir jusque dans notre corps une seule personne avec Lui.

Aristote dans la métaphysique, dit que « connaître c’est voir » pour montrer la gratuité de la connaissance : on connaît pour la joie seule de connaître. Mais la vue si elle permet de distinguer, de saisir les différences, elle nous fait rester comme à l'extérieur de la réalité. 

Plus loin, à propos de la recherche du pourquoi, du ce en vue de quoi, il dit « connaître c’est toucher ». Et là, toucher permet de connaître en goûtant la réalité de l'intérieur. Par exemple, par le geste amical nous recevons la présence d'un autre en qui nous trouvons un certain repos, une joie. La présence d'un ami, manifestée dans un geste, nous donne de connaître quelqu'un de l'intérieur, quelqu'un qui est là pour nous. « Connaître c’est toucher » c'est à dire, pour connaître quelqu'un, il faut l'aimer, le recevoir dans sa bonté, à travers ce qu'il donne de lui, dans un geste qui est le sien. Avant cela, on ne connaît l'autre que de l'extérieur. Du coup, on reste toujours un peu spectateur. Par le toucher, on atteint et on franchit cette frontière entre l’extérieur et l’intérieur, entre ce qu’on manifeste, ce qu'on dit de nous-même et ce qui nous est personnel, intime, secret. 

Sens le plus fondamental, le toucher est premier (un nouveau-né qui n’est pas touché meurt) et dernier : quand on ne touche plus c’est que l’on est mort. Le toucher est aussi le sens le plus étendu, qui marque la séparation de ce qui n'est pas nous avec notre monde intérieur. Et c’est par excellence le sens du pâtir, de la réceptivité, donc de l’amour. Nous sommes affectés, marqué extérieurement et intérieurement par un toucher humain; parce qu'un contact sensible avec un autre, est la rencontre par la matière corporelle, de deux intériorités spirituelles qui véhiculent notre passé, notre vécu, nos passions...

Toucher quelqu’un c’est donc accéder, avoir part à son intimité; et lorsque ce toucher est réciproque, non seulement on donne à l’autre d’accéder à ce qu’on vit intérieurement, mais il y a une communion de deux intimités. A la fois on est autre, et en même temps il y a une unité dans l'amour, puisqu'on donne à l’autre d’accéder à ce qui nous est le plus intérieur : notre coeur, notre vulnérabilité, ce qui nous est le plus secret.

« Ce que nos mains ont touché du Verbe de vie » écrit St Jean dans sa première Épître; La liturgie souligne que l’apôtre Jean a puisé « la source de ses révélations, les secrets du Verbe devenu chair lors de la dernière Cène » alors qu’il reposait sur la poitrine de Jésus. 

En s'incarnant, Dieu est devenu chair pour se dire dans la matière corporelle, se donner à aimer dans un toucher sensible. C’est là le lieu ultime de l’alliance avec Lui. N’est-ce pas parce que l’amour réclame que l’on se livre à l’autre dans tout ce qu’on est ? La parole ne suffit pas à dire notre amour, à faire entrer l’autre dans notre intimité.

Dieu est devenu chair pour « devenir une seule chair avec nous » pour nous prendre dedans lui. Et cela, n’est connu que dans un toucher.

« Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des gentils. » Apoc 22, 2.

Grégoire +

 

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Il est venu chez les siens

20 Janvier 2021, 19:47pm

Publié par Grégoire.

Il est venu chez les siens

« Promenant sur eux un regard de colère, affligé de l’endurcissement de leur coeur… » (Mc 3, 1-6)

C’est assez rare de voir Jésus en colère, Jésus blessé du jugement imperturbable de ceux qui ont érigé la loi comme un absolu, au-delà des personnes ! 

« Et ceux-là, ils épiaient Jésus » Il n’y a pas de repos chez eux ! C’est le propre du démon : toujours dans l’agitation, toujours inquiet ! Parce qu’il n’a pas trouvé son repos !

Or, Jésus est-il venu chercher des personnes ou sauver une institution ? La loi est, en effet, un tuteur, un appui. Et même, plus que cela, elle est ce qui nous donne conscience de nos pauvretés et donc de la nécessité d’un sauveur ! La loi a été donné pour nous montrer que par soi-même on ne peut définitivement pas s’en sortir ! L’état de l’être humain est celui d’un rescapé de guerre, définitivement invalide ! Bien sûr, on reste capable de planter des choux, construire des maisons ou des avions, et surtout on est très très capable de prétendre à soi-même que l’on va très bien et que l’on a besoin de personne.

Mais malheureusement, on a perdu notre lien premier avec notre source : on ne sait plus d’où on vient, ni où on va ! Donc on ne sait plus qui on est tant qu’on a pas redécouvert personnellement Celui qui actuellement nous porte dans notre existence et nous attire à Lui ! De là viennent nos peurs, nos angoisses, parce qu’alors on ne se définit que par ce que l’on fait ou par ce que l’on connait ! Et nous ne sommes plus alors que des handicapés de la relation : on cherche désespérément à être reconnus, lorsqu’on n’a pas trouvé le repos en Celui qui, dans son être, est amour.

Dieu, parce qu’il est amour, ne nous aime pas du fait de nos qualités ou de nos actes, mais c’est Lui qui, en nous aimant, nous rend bon !

Mais déjà Aristote s’en étonnait : alors que nous sommes fait pour contempler et aimer, comment se fait-il que la plus part d’entre nous demeurons dans l’imaginaire, dans l’efficacité ou dans le tout communautaire ? Pourquoi sommes-nous si peu libre intérieurement et ne vivons dans le monde que comme dans un troupeau ? Parce qu’on est soi-même que lorsqu’on a découvert Celui qui m’attend !

Et ainsi, parmi ceux qui ont la foi, combien ont vraiment reçu Jésus comme leur Jésus ? Dieu, c’est mon Dieu, celui qui m’attire, qui m’attend et est radicalement pour moi ! Lorsque l’on a trouvé notre repos en Lui, alors on ne se compare plus, on ne se jalouse plus, on ne se juge plus. 

Lorsque j'ai découvert que je suis important pour Lui, alors j'ai un respect absolu de chacun et de son chemin puisqu’il est conduit par Dieu de manière unique ! Il y a autant de chemins que de personnes humaine disait Benoit XVI !

Dieu n’est pas un sommet à atteindre ! La vie éternelle n’est pas une récompense que j’obtiens si je me conduit bien ! 

L’obstacle le plus grand au don de Jésus, de Dieu pour moi, c’est de croire en nos qualités, de faire de sa vie un résultat à atteindre ! Et cela nous rend dur et idiot !

Dans cet évangile, cet homme handicapé se retrouve être le plus proche de Jésus. Nos pauvretés font que Dieu se rapproche de nous !

Grégoire +

 

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Vierge de tout avoir

20 Janvier 2021, 10:59am

Publié par Grégoire.

Vierge de tout avoir

« Selon la loi, ce n’est pas permis » C’est étonnant que le plus grand obstacle pour entrer dans la nouvelle alliance, c’est  un certain esprit religieux, celui qui croit avoir acquis quelque chose à propos de Dieu. 

Pourquoi ? Parce que tout en nous est en attente de Dieu. Inconsciemment ou non, on est en attente de voir et d’aimer notre source. Rien ne peut nous procurer de vrai repos, de vraie joie, sinon Lui. Cette attente de Dieu touche donc en nous ce qui est le plus nous-même.

Mais de Dieu, on ne peut rien posséder; il n’y a pas d’avoir, d’acquis à propos de Dieu. Donc tout les petits moyens qui ont pu nous aider, ou toutes les petites connaissances à son sujet -et qui peuvent venir de Dieu : une communauté, un saint, une règle de vie, une spiritualité, tout ces moyens, si on en fait des absolus, ils deviennent immédiatement des obstacles à Dieu lui-même !

Une loi, une règle, une liturgie, une hiérarchie sont des moyens; mais dès qu’on en fait des absolus, ils deviennent le pire des obstacles ! Alors qu’ils ne sont pourtant pas à jeter à la poubelle : je m’en sers, mais comme des moyens ! Mais je ne dois jamais être relatif à une règle ou à une loi, jamais ! Quand la règle devient première, cela tue toutes fécondités ! Et je ferme la porte à Dieu ! Parce que le moyen alors devient la fin !

Le sabbat, le dimanche, les sacrements ont été faits pour l’homme et non l’homme pour la loi ou les sacrements !

C’est pour cela que pour être conduit dans cette reprise radicale, la grande voie, c’est la pauvreté en Esprit ! C’est  bien Abraham : « quitte ton pays, quitte tout ce qui t’es connaturel, pour aller là où moi je te montrerais »; et puis Isaac, Isaac c’est la gratuité pure : et ça vient d’en haut !

Et c’est pour ça que Jésus prend des pauvres pour disciples, pas des grands-prêtres ou des scribes ! Et celle qui est la plus pauvre, c’est Marie. Et la qualité première de Marie, c’est de  toujours maintenir une attente de Dieu; elle aurait pu dire elle, après trente ans avec Jésus à Nazareth, « ça y est, j’ai compris ! » Non, elle ne dit jamais cela !

Elle est celle qui brûle constamment toutes ses idées, toutes ses connaissances et conclusions; Et cela est la vraie pureté : Marie est vierge de toutes idées ! Tel est l’esprit de virginité : accepter de bruler toutes nos connaissances sur Dieu, tout nos petits moyens,  tout nos acquis, tout nos avoirs, pour être pure attente et se laisser enseigner par Lui; et surtout se laisser aimer par lui !

Jésus nous conduit toujours en nous dépouillant de toutes nos grandes idées, nos désirs de perfections … Il est l’Agneau qui enlève notre orgueil de croire qu’on a les idées et les moyens par nous-même de rejoindre le Père, de l’atteindre !

 

Grégoire +

 

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Viens, je te montre la Fiancée, l'Epouse de l'Agneau

18 Janvier 2021, 17:36pm

Publié par Grégoire.

Viens, je te montre la Fiancée, l'Epouse de l'Agneau

Pourquoi tes disciples ne jeunent-ils pas, comme ceux de Jean-Baptiste ? demandent les pharisiens à Jésus. Pourquoi cette rupture apparente avec la loi religieuse, avec les traditions des anciens et l’Alliance de Dieu avec Moïse ?

« Tant que l’Epoux est avec eux, les invités à la noce ne peuvent jeûner ! »

L’Incarnation réalise quelque chose de complètement nouveau qui n’est pas dans la continuité de l’Ancienne Alliance !  C’est un vêtement nouveau qu’on l’on doit revêtir, un vin nouveau qu’on doit boire ! (Mc 2, 18-22)

C’est une initiative de Dieu telle que le chrétien ne vit pas d'abord une vie « religieuse », c’est à dire orienté vers Dieu, à le chercher ! Le chrétien n’appartient pas à une religion ! La vie chrétienne ce sont des noces, les épousailles de Dieu avec chacun. On est devenu comme une seule personne avec Jésus ! C’est cela que réalise l’incarnation : l’union de l’homme et de Dieu est telle que rien ne peut-être plus uni ! 

On comprend là, le scandale pour le sens religieux des pharisiens, pour qui l’obéissance à la loi et les traditions des anciens sont l’absolu ! Et on retrouve cela chez ceux qui sont religieux : les stoïciens, les Hindous, les musulmans … l’obéissance à une loi, des exercices religieux et un respect du Tout-Autre qui manifestent la quête de l’homme vers Dieu !

Mais Jésus a réalisé quelque chose de radicalement nouveau ! Et c’est pour cela qu’il faut garder vivant ce premier lien de l’Enfant-Dieu et de Marie : c’est comme cela que doit être notre lien avec Jésus ! Jésus et donc le Père et l’Esprit-Saint veulent, réclament, attendent avec nous la même relation, la même simplicité, la même proximité qu’entre l’Enfant-Jésus et Marie ! En deçà ce n’est plus chrétien, mais religieux, donc à taille humaine. Et cela blesse Jésus.

Aussi, la seule règle, la loi auquel nous sommes obligés c’est de chercher à recevoir l’amour que Jésus à pour nous; amour dont celui qui se rapproche le plus dans notre expérience est celui d’un époux pour son épouse (disons le soir des noces, parce qu’après, souvent, cet amour a un peu de mal à garder toute sa fraicheur.)

« Et un jour, l’Epoux leur sera enlevé et ce jour là, ils jeûneront. »

Le jeûne dont Jésus parle, c’est celui de l’Eucharistie. Par l’Eucharistie et l’oraison, Jésus m’est donné absolument, immédiatement, sans conditions, peu importe l’état dans lequel je suis. Mais on vit de cet amour sans aucune jouissance; on en vit dans l’obscurité de la foi; C’est cela le nouveau jeûne dont Jésus parle : on vit d’un amour sans en avoir la jouissance, on vit d’une victoire sans en voir les fruits et l’efficacité !

Mais on doit être lucide que c’est de trop pour nous, et naturellement on veut revenir à un lien religieux avec Dieu, avec une distance, une vénération de Celui qui est sacré, une loi, des interdits etc. Cela, c’est religieux, et c’est mettre le vin nouveau dans de vielles outres qui alors explosent. 

On comprend là, la colère de ceux qui attendent qu’on leur annonce l’oeuvre de Père, l’incarnation, et qui ne trouvent qu’un discours religieux ! Le monde est déjà marqué par la grâce, et il attend que les chrétiens vivent jusqu’au bout des exigences de cette union divine !

Grégoire +

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L'Agneau, douceur du Père

17 Janvier 2021, 19:20pm

Publié par Grégoire.

L'Agneau, douceur du Père

Aujourd’hui St Antoine du désert, surnommé parfois le « marteau des hérétiques ! » Hérétique ? αρεσις / haíresis, c’est celui qui a une préférence pour une pensée, une idée ! S’arrêter à une idée !

Coïncidence, l’évangile aujourd’hui, nous donne le point de départ de la vie chrétienne, sa naissance, ce qu’elle est en premier : vivre d’une personne. Non pas avoir des idées, un message, mais vivre avec quelqu’un ! 

Les disciples sont au désert, à l’écoute de Jean-Baptiste. Comme déjà le prophète Samuel, qui entre en contact avec Dieu par l’écoute. C'est Elie qui conseille a Samuel de répéter cette simple prière : « Parle Seigneur ton serviteur écoute ! » C’est magnifique, très simple, et bizarrement, pour nous, c’est plutôt : « Ecoute Seigneur, ton serviteur te parle ». Là commence le petit hérétique. On croit qu’on a des choses importantes à dire à Dieu. Comme si Dieu n’était pas déjà au courant. Curieux. Et Dieu qui est poli, se tait. Or, qui doit écouter qui ?

Et lorsque Jean Baptiste clame «Voici l'Agneau de Dieu», deux disciples entendent et suivent Jésus. 

Jésus est l’Agneau de Dieu. Qu’est-ce que ça signifie ? Avez-vous déjà vu un petit Agneau ? L'agneau qui vient de naitre est un animal d'une innocence incroyable, frêle et doux. Très doux ! Extrêmement doux !

Notre coeur, dans ce qu'il a de plus secret, notre vulnérabilité, ne se dit pas; pour l’exprimer on est poète, on prend des images. Mais dans la révélation, les métaphores ne sont pas que des métaphores. Elles disent cette vie cachée qui est précisément est venue se révéler. 

L’Agneau, nous dit la vie intime du coeur du Père; Jésus est l'Agneau du Père, tourné vers lui, offert pour lui, dans une douceur abyssale. Jésus ne vit que de l'attraction actuelle du Père sur Lui.  Et l’Agneau de Dieu nous est donné, pour être guéris par la douceur quasi substantielle du Père ! 

Jésus vit qu'ils le suivaient. Se retournant leur dit : « Que cherchez-vous ? »

Dans l’Ancien Testament, on ne pouvait voir le visage de Dieu sans mourir. On ne pouvait 'voir' Dieu que de dos. Le Nouveau Testament c’est Dieu qui se retourne et me montre son visage. 

Et cette première parole de Jésus pour nous : ce n'est pas un commandement, un ordre, ou un reproche; non, c’est une interrogation ! C’est vital de saisir que Jésus ne vient pas en premier nous faire le catéchisme ou la morale ! Il vient en premier réveiller notre intelligence, ce qui en nous est le plus proche de Lui ! 

Dieu ne veut pas qu’on soit des moutons ou des ânes ! Il veut des amis et pour aimer, il nous faut être intelligent ! Et être intelligent, ce n’est pas d’abord avoir des diplômes, ou accumuler des connaissances ! Être intelligent, c’est, pour nous, interroger notre expérience ! 

Socrate interrogeait ses concitoyens pour éveiller et faire accoucher les esprits ! Chaque fois que nous interrogeons nous naissons dans notre intelligence car alors, devenant mendiant du réel, on se laisse enseigner par la réalité telle qu’elle est; Face au réel, à un autre, si on est un peu sensible, un peu réceptif, on discerne vite que l’on ne connait pas tout et alors on interroge : Qu’est-ce c’est, qui es-tu vraiment ? Pourquoi ? 

De même que le désir est le moment premier, la naissance de l’amour en nous, l’appétit du bien, l’interrogation est l’appétit de ce qui est ! L’amour se renouvelle lorsque je laisse la bonté d’un autre s’imposer à moi et faire naitre un désir ! Aimer c’est laisser s’imposer la bonté d’un autre, comme connaitre c’est être pousser à interroger lorsqu’on laisse le réel s’imposer à nous ! 

Ainsi, plus nos interrogations sont vivantes, plus notre esprit rajeuni !

Jésus vient réveiller, faire naitre, ouvrir notre intelligence au réel. Ainsi, toute personne qui cherche, qui interroge est aimée de Dieu. Quelqu’un qui ne cherche plus est mort ! « On peut définir la personne humaine comme celle qui cherche la vérité » JP II. C’est précisément le propre de l’hérétique que d’être bloqué sur nos idées idolâtrées, encensées, canonisées, de croire qu'on possède la vérité ! Or le réel est toujours plus que toutes nos petites idées, aussi spirituelles soient-elles !

« Et les disciples lui répondirent : « où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là. »

Demeurer. Être auprès de Celui qui est la lumière, l’amour, la douceur. Celui qui se charge de tout nos problèmes ! Demeurer c’est trouver le repos ! Et cela s’achève dans un silence. On est silencieux quand on aime. On fuit, on surfe sur son portable, on cherche désespérément une solution politique quand on a pas trouvé -dans le réel existant- le repos de notre coeur !

La vocation chrétienne, c’est donc d’abord écouter, sans avoir de grandes idées ou de belles pensées. Juste écouter, et ce d’abord auprès d’un ami. C'est ainsi qu'on est conduit à l’Agneau, l’innocent, le très doux ! C’est toujours dans un lien fraternel qu’on découvre Jésus. 

Et puis, le suivre, pour cette rencontre personnelle ou je découvre qu’il est Agneau pour moi. Et là, l’entendre me dire : « Que cherches-tu ? Quel est ton premier désir ? » et faire sien cette interrogation. 

Quand on est dur, c'est que l'on a nos idées, un projets sur nous-même, sur les autres. Quand on est dur, c'est qu’il y a un petit tyran en nous, un petit dictateur. Il faut un très grand abandon, une très grande ouverture d'esprit pour être doux. La douceur manifeste une grande largesse d'esprit. C'est cela le travail premier de l'Agneau sur nous : nous débarrasser de toutes nos idées préconçues, enlever de notre esprit nos valeurs, nos idées du bien, nous appauvrir spirituellement pour faire de nous la douceur du Père. 

Il n'y a pas de plus grande souillure, de plus grande fornication, de plus grand esprit adultère qu'adorer ses idées, idolâtrer ses pensées ! C'est la pollution la plus grave de l'humanité que de faire de ses pensées la mesure du réel. L'Agneau vient pour nous en délivrer. 

Seul celui qui est radicalement pauvre de lui-même peut connaitre l'attraction de l'Agneau, entendre son cri :« Que cherches-tu ? »  On demeure auprès de l'Agneau, Celui qui est vers le Père, offert au Père parce que c'est le Père, pour devenir avec Lui Agneau du Père, douceur du Père sur la terre.

 

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" Mon enfant ..." cri silencieux du Père

16 Janvier 2021, 17:14pm

Publié par Grégoire.

" Mon enfant ..." cri silencieux du Père

Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Pourquoi Jésus dit-il cela face à quelqu’un qui est incapable de se mouvoir physiquement ? Est-ce pour insister sur le péché et montrer ainsi que le péché est, pour lui, ce qu’il y a de plus grave ? 

Bien sûr que non ! Ce qu’il y a de plus important pour Jésus c’est nous libérer du poids de nos culpabilités. Nous libérer de ce cancer qu’est la culpabilisation lié aux poids de nos erreurs et aux jugements des autres ! 

On a conscience naturellement de nos erreurs, mais une éducation religieuse, et celle d’Israël en particulier, a comme augmenté le poids des fautes et leur culpabilisations ! Et Jésus vient nous libérer de cela ! La culpabilité est un cancer spirituel du démon qui tue l’âme. La culpabilisation est un orgueil caché. C’est la déception inavouée de ne pas être parfait par soi-même ! C’est donc un orgueil !

Le pardon n’est pas un acte exceptionnel de Dieu face à nos fautes; c’est sa manière propre de nous libérer du poids de nos fautes, de notre culpabilisation et de ces jugements qui nous paralysent !

Pardonner, c’est en redonner sa confiance, son amour, par dessus tout ce qui a été fait, se donner soi-même. C'est pour cela que pardonner est, on le voit avec ce paralysé : une initiative gratuite qui vient d’en haut ! Jésus ne nous pardonne pas parce que l'on demande pardon ! Il nous pardonne -il nous donne lui-même par dessus tout ce qu'on a pu faire, avant même qu’on lui présente nos fautes ! Et on lui présente nos fautes, pour entendre jusqu’au bout combien il ne nous regarde jamais à travers nos pauvretés. Et que nos fautes sont comme une goutte d’eau dans un brasier ardent, le brasier de son amour pour nous ! 

« Comment cet homme peut-il pardonner les péchés ? » Les 'valides', les bien-portants, les satisfaits ont un mal énorme à entrer dans cette miséricorde excessive de Jésus; ça les étrangle ! Certains ont du faire un infarctus tellement leur volonté d’accomplir parfaitement la loi était devenu leur seul but ! 

Ils ont oublié le prophète Osée : « c’est la miséricorde que je désire ... la connaissance de Dieu .. » ! Dieu a permis nos pauvretés, nos erreurs, pour que l’on connaisse un amour plus grand de sa part; un amour qui va plus loin que celui connu en justice originelle !

« Heureuse ruine qui fut rebâtie plus solide Ma faute est devenue pour moi le prix de la rédemption … Plus profitable me fut la faute que l’innocence. » St Ambroise

 

Grégoire +

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