Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Épouser ses blessures

30 Mars 2021, 14:19pm

Publié par Grégoire.

Épouser ses blessures

« Maintenant le fils de l’homme est glorifié » Jean 13, 31

Jésus est glorifié, après le départ de Judas et surtout lorsque Jean touche et se désigne comme « le disciple que Jésus aimait » Qu’est-ce que cela veut dire ?

C'est le cœur de la révélation : Dieu nous aime. Mais l’amour réclame de se manifester, de s'expérimenter, de pouvoir aller jusqu’au bout. Et Jean touche à ce moment précis ce que l'amour de Jésus à d’unique, sa préférence pour lui. C’est un amour qui fait qu'on est premier pour Jésus. Et Jésus est glorifié car il a pu communiquer ce secret.

Et c’est la lutte qui permet cela, lorsque Jésus annonce qu’il y a un traitre; Pierre veut savoir qui est-ce, mais comme il vient de se faire bâcher à propos du lavement des pieds –les revendications liturgique ne date pas d’hier– Pierre passe par Jean. Et Jean s’allonge sur la poitrine de Jésus pour mendier à Jésus celui qui le blesse; et Jean comprend à la manière dont Jésus répond qu'il ne doit pas le dire à Pierre. Pierre ne pourrait pas le porter.

Judas se dévoile là : il attend un salut politique, liturgique, hiérarchique; il ne comprend pas qu’aimer implique nécessairement de dépasser les lois, les normes pour être relatif aux personnes. Chacun est un absolu pour Jésus : Jésus regarde chacun et non le « tout ». Jésus perd donc son temps avec chacun, il ne gère pas une communauté dans son ensemble, mais chaque personne en particulier. Ce don total pour chaque personne fait que Judas compare, juge, critique : c'est trop d'amour, c'est insupportable ! Et, sa prétention à croire qu'il sait mieux, fait qu’il trahit !

Jean est ainsi le premier à connaitre la blessure de la trahison de Jésus, et c’est là qu’il dit qu’il est le disciple que Jésus aime. On ne peut découvrir cette préférence de Jésus sur nous, que lorsque on est blessé de ce qui blesse Jésus

Parce que Jésus est Le Fils bien-aimé du Père, le préféré, c’est ce qu’il y a de plus secret en sa personne, c’est cela ce qu’il nous donne: ce qu’il est c’est pour nous de façon unique.

Pour nous, c’est difficile de vivre d’une préférence, c’est même éprouvant. Les ouvriers de la 11e heure ont un salaire préférentiel, et ça éprouve ceux qui ont trimé toute la journée. La préférence c’est un amour qui est comme injuste parce que sans raison: celui qui aime n’a pas à rendre compte de son amour !

Il faut être blessé avec Jésus et entendre comment il porte Judas en lui montrant qu’il sait et qu’il ne le condamne pas « ce que tu fais, fais le vite ». C’est curieux, il ne lui dit pas de ne pas le faire. Pourquoi ? Parce que Jésus, lui, ne change pas, son amour pour nous est toujours le même. Il ne nous aime pas pour ce que l’on fait, c'est son amour qui nous fait être quelqu'un pour Lui.

Jean touche jusqu’où va cet amour, en touchant trois vulnérabilités du coeur de Jésus. Jésus est vulnérable à notre manière d’écouter: est-ce qu’on permet à Jésus d’aller jusqu’au bout de ce qu’il veut donner sans rajouter notre petite opinion ?

Est-on pris par Jésus qui se livre à moi de manière telle qu’on ne se regarde plus ? Et a-t-on cette simplicité qui fait que Jésus n’est pas gêné ? Peut-il être avec nous comme avec un enfant : simple, direct, sans manière ? 

Jésus ne nous regarde jamais en fonction du passé, mais comme celui qu'il enfante, maintenant. On est son fils bien aimé, son préféré.

Grégoire +

Voir les commentaires

Répandu en pure perte

29 Mars 2021, 14:54pm

Publié par Grégoire.

Répandu en pure perte

« Marie avait pris une livre d'un parfum très pur et de très grande valeur; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu'elle essuya avec ses cheveux; la maison fut remplie par l'odeur du parfum ». Jean 12,1-11 

Ce parfum répandu de Marie éclaire toute la semaine sainte. C’est LA lumière sur le don de Jésus à la Croix jusqu’au Sépulcre. Ce geste, ce parfum d’un grand prix, répandu gratuitement, que l’on ne peut pas récupérer, c’est une initiative de Marie pour remercier Jésus qui a ressuscité son frère Lazare. 

Cet événement extraordinaire de Lazare revenu de chez les morts, dit en avance Jésus qui nous uni définitivement à Lui à la Croix. On a tout reçu et on reçoit tout ce que l’on est de Dieu actuellement. Mais la résurrection, c’est toute notre vie qui est reprise, gratuitement, pour vivre l’amour du Fils pour le Père: Jésus nous uni à lui, sans coopération humaine, pour qu’on aime par Lui, avec Lui, en Lui.

C’est ce que ce geste de Marie proclame: ce parfum répandu révèle ce que Jésus se fait pour chacun de nous « parfum d’un grand prix » répandu en pure perte. Et il faut être marqué par ce don, pour que toute notre vie devienne une grande réponse à cet amour, pour ne plus vivre que dans l’action de grâce, que nous nous offrions à lui, sans chercher à récupérer quelque chose de notre don. 

L’action de grâce n’est pas simplement un remerciement, mais c’est revenir à ce don actuel et total de Jésus pour nous. À ce don absolu de Jésus qui meurt pour nous dire son amour. Tant qu’on a pas touché ça, on reste des gens pieux, on reste avec nos petites lois, nos petites prudences, nos petits calculs, nos petites peurs. Et c’est insupportable parce que ça tue l’amour ! Tout ces regards utilitaires, économiques qui voudraient que tout soit efficace, profitable, que ça serve à quelque chose ! Ça, c’est précisément être Judas, celui qui le livre: « Pourquoi n'a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d'argent que l'on aurait données à des pauvres ?» C’est le regard jaloux et amer de celui qui n’aime plus, qui n’a comme critère de vie que la valeur économique des choses. Il faut que ça serve ! Qu’on soit des exemples. C’est le prototype de celui qui n’est que ce qu’il fait ! 

Et Jésus répond: « Silence ! Laisse-la ! Tai-toi ! Ce parfum dit mon ensevelissement.» Jésus ne supporte pas qu’on réduise l’amour quelque chose d’utile, qu’on juge quelqu’un qui aime et qui se donne. L’Esprit Saint n’aime que ceux qui aime ! Et quand on aime, c’est toujours de trop, c’est toujours excessif, sinon ce n’est pas aimer ! Jésus défend farouchement ce qui relève de l’amour, parce que c’est sacré. L’homme n’a pas a y toucher, même un apôtre ! 

C’est cela son don à la croix. Et c’est lorsqu’il n’est plus que cadavre, remis à la terre, qu’il est ce parfum répandu pour le Père et pour nous, en pure perte, gratuitement, inutilement. C’est cette capacité d’aimer qu’il nous donne dans cette semaine sainte, cette semaine d’amour, cette semaine des secrets communiqués à ceux qui mendient son amour. C’est sa soif pour nous.

Grégoire +

Voir les commentaires

" Ceux qui me voient ricanent " Ps 21

27 Mars 2021, 21:18pm

Publié par Grégoire.

" Ceux qui me voient ricanent " Ps 21

Toute la semaine sainte c’est pour suivre et vivre avec Jésus sa Passion. Le chemin de la croix est là pour éclairer toute notre vie. C’est là qu’il nous aime ultimement, jusqu'à la fin. Voici la semaine des noces de l’Agneau. Comment ?

D’abord, la Croix, ça ne parle pas à notre sensibilité humaine : c’est tellement violent, c’est tellement scandaleux pour notre intelligence: humainement c’est insupportable et on n’est pas fait pour souffrir. Ce doit être l’occasion de réapprendre qu’on ne possède pas notre foi. On vit d’une initiative, toujours actuelle, de Dieu qui vient pour chacun de nous. On en est certain, mais on n’en a aucune évidence: parce que sa manière de venir est juste incompréhensible. 

La semaine sainte c’est donc d’abord pour réapprendre à nous taire: on s’accroche à Jésus, mais humainement c’est impossible de le suivre. Notre sauveur est le crucifié, un condamné public : ce n’est pas attirant humainement.

Pour notre sensibilité, pour notre cœur humain, c’est terrible, parce que la croix c’est la destruction totale. Celui qui avait dit: « Je suis la lumière du monde » il est réduit au silence. Lui qui a toujours été victorieux, meurt. Ça c’est un mur pour notre intelligence. Il apparaît comme celui qui est vaincu. Et le mal semble triompher: c’est quoi ce salut ?

« Descends de la croix et nous croirons en toi ». Jésus, qui pouvait descendre de la croix, n’en descend pas. Certains devaient avoir soif que Jésus se manifeste « Manifeste-toi, tu le peux, descend ». Et Marie, Jean, Marie-Madeleine acceptent ce silence, ils acceptent ce chemin sans comprendre. Ils sont pourtant terrassés par la Croix où Jésus tait sa toute-puissance divine.

Jésus accepte d’être comme anéanti aux yeux de tous. Tout ce qu’il avait fait de positif pendant sa vie est réduit à rien. Tout est labouré par la mort. Pourquoi ne descend-il pas de la croix ? C’eut été tellement plus facile. Il aurait ainsi prouvé aux yeux de tous qui il était.

Descendre de la Croix, c’eût été rétablir la justice originelle, supprimer toutes les conséquences de nos fautes, cela aurait été un retour en arrière. Or, Dieu ne revient jamais en arrière. Il n’y a pas de rétablissement du paradis terrestre, de l’ancienne alliance ou de la justice originelle. Toutes nos pauvretés, toutes nos erreurs, tout le mal, il l’assume. Et, il les permets pour se donner encore davantage à nous, nous aimer encore plus, nous unir encore plus à Lui. 

A la Croix, la toute-puissance de Dieu s’efface pour nous livrer sa vulnérabilité, l’extrême amour qu’il a pour nous, dans son corps offert, dans sa chair martyrisée, dans son sang répandu.

La première alliance, celle de la création, était une alliance dans l’amitié, celle de l’homme et de la femme, source l’un pour l’autre du mystère de Dieu en s’aimant et en participant à sa fécondité.

La deuxième alliance, celle de l’ancien testament, Dieu nous parle longuement pour nous conduire à l’attendre à travers des intermédiaires, une loi, une liturgie.

La troisième alliance, c’est Dieu lui-même, qui, en Jésus, vient s’unir immédiatement à chacun, dans notre chair, dans notre sang, se donner à manger, descendre dans toutes nos luttes, dans toutes nos souffrances, dans toutes nos morts.

Il ne s’agit plus d’abord de réfléchir ou de faire quelque chose, mais d’accepter d’être épousé dans notre corps, de nous livrer à ce chemin de petitesse, de dépouillement de nos forces, laisser Jésus nous porter de l’intérieur : nos luttes, nos souffrances, nos fautes ne nous appartiennent plus. C’est là qu’Il nous épouse.

Jésus crucifié, c’est Jésus qui vient, là, dans nos violences, dans nos luttes, dans nos misères. Quand on aime beaucoup quelqu’un, on voudrait prendre sa souffrance. Humainement c’est impossible. Divinement, Jésus descend là. Là où on est en état d’échec, de luttes, de mort.

Et Jésus vient nous demander de nous laisser aimer là. D’accepter de vivre intérieurement dans le même état d’impuissance que Lui à la croix. Être comme sans force. Jésus crucifié choisi d’être dans l’impuissance totale à faire quelque chose pour nous. Il nous sauve de notre croyance qu’on peut s’en sortir  par nous-même, en apprenant à le recevoir là, en acceptant d’être apparement inefficace, sans résultat visible, ou dans un échec cuisant.

Jésus crucifié, c’est l’amour divin qui nous crie d’aimer nos états de pauvreté ! Jésus à la croix ne proclame plus mais vit la béatitude des pauvres. Tout ce qu'il est crie: « Bienheureux les pauvres, bienheureuses vos pauvretés » parce que c’est là où on est fait amour.

On est uni à Lui dans notre chair qui pâtit, qui pleure, qui n’en peut plus; là, on est fait présence de Dieu sur terre, parce que notre Dieu est un mendiant d’amour, un pauvre, qui ne veut avoir aucun droit sur nous. Il a soif de nous. Et la croix, c’est pour nous faire vivre sa soif.

Grégoire +

Voir les commentaires

D’un amour éternel je t’ai aimé

26 Mars 2021, 17:05pm

Publié par Grégoire.

D’un amour éternel je t’ai aimé

« Il écrit dans votre Loi: ‘J’ai dit, Vous êtes des dieux’. Ceux à qui Dieu s’adresse, il les appelle dieux. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu” »

La lutte la plus profonde, celle des pharisiens et la nôtre, c’est de ne pas réduire le don actuel du Père à ce qu’on en comprend. C’est pour cela que la conversion que Jésus réalise dans notre vie, car c’est Lui qui nous convertit à Lui-même, c’est de nous dépouiller de nos idées, de nos opinions, de nos volontarismes, de nos projets idéaux, et nous ouvrir à ce que Lui fait.

Déjà, dans l’Ancien Test, Dieu ne cesse de presser son peuple à entendre son don: « Écoute Israël ! d’un amour éternel je t’ai aimé… et pourquoi t’ai-je aimé ? Non parce que tu étais aimable, car tu es le plus pauvre de tout les peuples: c’est mon amour qui t’a donné d’exister et d’être aimable. Alors, pourquoi t’ai-je aimé ? parce que je suis Amour, un feu dévorant… » Jérémie 31.

Mais, plutôt que croire en l’amour de Dieu pour nous, les hommes préfèrent chercher à essayer d’être maitre de leur vie ! Alors Dieu prend l’initiative de débarquer en Jésus pour nous crier son don, puisque ce qu’est Jésus, c’est ce qui nous est donné à vivre. Jésus ne vient pas faire quelque chose pour nous, non, c’est bien plus: il est Lui-même ce qui m’est donné. Le salut c’est Lui. Et, par son don, il n’y a plus de distance entre lui et moi. 

Et s’il nous dit son don par sa parole, c’est surtout par ce grand geste de la croix, ce don total qui est de trop, qui assume tout en nous, en commençant par nos échecs.

La conversion, ce qui plait au Père, c’est cette confiance aimante que Jésus me fait être fils bien-aimé avec lui, tout de suite ! Jésus vient pour nous prendre dans sa vie de Fils vers le Père. La Croix, c’est Jésus qui ne se sert plus de la parole, mais du mal, de nos fautes pour nous dire que rien ne l’empêche d’accomplir cette union vitale avec nous.

Son amour veut tout, c’est pour cela qu’il est insupportable quand on veut contrôler sa vie. Entendre Jésus nous dire: « détruisez vos petits temples intérieurs, détruisez vos attentes de salut temporel, vos bonnes consciences, vos idées pieuses, pour demeurer en moi, dans ma parole, elle seule engendre un confiance aveugle, une joie vraie, cette espérance forte en ce que -moi, Jésus- je fais en vous. » 

La conversion chrétienne, c’est être certain du débarquement actuel que Jésus fait en moi, , tout de suite. Nos nuits, nos épreuves sont le signe que Lui travaille : il nous dépouille de nous-mêmes.

Et la semaine sainte, c’est pour être attiré par cet amour, attiré par ce qui est impuissant, fragile, petit, inutile, inefficace, ce devant quoi on détourne le regard, ce qui n'a rien pour séduire. C’est là qu’il vient nous dire qu’il fait de nous des Fils bien aimé du Père.

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Le Père fait pour moi des merveilles

25 Mars 2021, 16:54pm

Publié par Grégoire.

Le Père fait pour moi des merveilles

« Alors l’ange la quitta » Luc 1, 38.

L’Annonce faite à Marie, ce secret intime que Marie nous donne, c’est aujourd’hui qu’il se réalise. Si on ne croit pas que c’est aujourd’hui et que c’est ce que le Père veut pour nous, alors on est à coté.

L’annonciation n’est pas un bel évènement lointain, mais la manière dont le Père s'approche de nous actuellement, et vient, avec une délicatesse incroyable, nous demander si il peut être encore plus Père pour nous. 

Il est Père comme créateur, mais par l’annonciation, il vient nous révéler son secret intime en nous demandant de le porter en nous.

Cette initiative actuelle du Père nous fait entrer dans un tout nouveau lien avec Lui. Et c’est après l'annonciation de l'ange que ce don se réalise, dans le silence dans lequel l’ange laisse Marie, parce que l'amour, c’est quelqu’un qui se livre, en mendiant notre coeur. C’est un don silencieux, un secret tel qu’il mourrait d'être dit. Et là, à travers ce don, on touche la vulnérabilité du Père qui se livre comme Père.

L'annonciation est le secret de Marie, qui nous donne accès au coeur du Père, à sa vulnérabilité pour nous, inconnue jusque là.

Cette annonciation est d’abord la réponse du Père à Marie qui a « trouvé grâce auprès de Dieu ». Qu’est-ce à dire ? Marie est déjà « pleine de grâce » : dès sa conception le Père l’a faite immaculée, gratuitement; et pour nous, cela montre ce qu’il fera au terme de notre vie.

Mais, Marie a aussi « trouvé grâce ». Pourquoi ? Parce qu’elle réalise toute l’attente d’Israël. Ce plus petit de tout les peuples « choisi par Dieu » « mis à part », pour être en attente de la promesse faite à Abraham d’une descendance, d’une Terre Promise. Marie a « trouvée grâce auprès de Dieu » en réalisant l’intention du Père en devenant pure attente de la promesse.

Et, la réponse du Père, ce n’est pas d’abord, comme on le répète paresseusement, le don du Fils. Bien sûr que le Père donne son secret intérieur. Mais, l'Annonciation, c’est le Père qui est attiré par Marie, qui vient mendier le sourire de Marie ! C’est le Père qui veut aimer Marie comme un époux et qui se cache derrière un envoyé, pour dire à Marie qu’il est pour elle.

Le Père ne vient pas en effet lui demander si elle veut ou non recevoir son fils. Non ! Le Fils du Père lui est donné : « voici tu vas concevoir un Fils ». Il n’y a aucune demande là-dedans ?! Le Père lui donne tout ce qu’il a, pour lui dire qu’il se livre à elle, entièrement.

Etant attente pure, elle est comme toute attraction, toute bonté. Et le Père mendie son sourire, son coeur. Le Père veut aimer Marie, d’une amitié choisie, égale. C’est cela l’annonciation. Le Père et Marie. Point.

C'est pour cela que Marie est troublée. Son coeur est touchée dans sa capacité d'aimer la plus profonde, la plus secrète. Elle est troublée parce que le Père veut la rejoindre dans son intimité.

Et lorsque Marie répond « Fiat », ce n’est pas seulement un acte de foi, mais c’est surtout Marie qui donne son coeur au Père. C’est cela son « Fiat ». C’est Marie qui se livre à Lui : « que tout se passe pour moi selon ta parole ».

« Alors l’ange la quitta » pour laisser toute la place au Père. Pour cette oeuvre commune du Père et Marie: le fils bien aimé du Père devient celui de Marie.

Ce secret c’est pour nous ! Comment ? Mais, on n’en sait rien du comment, ce n’est pas notre problème : « l'Esprit St viendra sur toi » Voilà la réponse du Père à nos « comment on va faire ?» Par contre, c’est blesser le Père que de dire que ce n'est pas pour nous, qu’on en est pas digne ou incapable : évidement qu’on en est incapable et indigne ! Manquerait plus qu’on se croit capable d’aimer le Père ! Pour éviter ces petites tentations pharisaïques, il ne faut plus que regarder le Père et son désir, ce silence d’amour qui, actuellement, mendie notre coeur. C'est cela la grandeur du Fiat de Marie : elle ne s'est pas regardée un instant1 !

Si cette fête tombe la veille de la Semaine Sainte, c’est pour vivre le mystère de la croix comme l’annonciation ultime, l’accomplissement plénier de l’incarnation, puisque c’est à la Croix que le Verbe devient chair. À l’annonciation, le Verbe est devenu homme. À la Croix, à sa mort, avec la séparation de l’âme et du corps, le Verbe est la chair et le sang du cadavre de Jésus.

La Croix, ce sont les épousailles ultimes, les noces de l’Agneau qui ne fait plus qu’une seule chair avec ses créatures. Et, Jésus, l’envoyé du Père, son ange, demande à Marie si elle veut bien être avec Lui, celle qui redonne tout au Père. Elle a tout reçu du Père à l’annonciation par un ange, et à la Croix, elle est avec Jésus celle qui est vers le Père, en Lui redonnant tout. De même que dans la Trinité, le Fils se reçoit entièrement du Père et se donne entièrement au Père: il est par Lui, et, vers Lui.

Et comme l’ange avait dit « voici tu vas enfanter un fils », Jésus dit à Marie à la Croix : « voici ton fils ». Et Marie reçoit Jean, comme fruit de son oeuvre commune avec Jésus, image et reflet réel de la fécondité du Père avec le Fils.

La charité fraternelle, cet enfantement à la vie divine de nos frères et soeurs, nous fait vivre l’état du Fils qui est vers le Père. Marie, la femme, totalement dépouillée à la croix, encore plus fragile, plus petite que jamais, offrant son Jésus, entre dans une nouvelle oeuvre commune d’enfantement. C’est le Père qui l’introduit dans son ultime secret, sa double fécondité, celle de l’amour de l’amour, l’Esprit-St Paraclet. 

Et devant le Fiat silencieux de Marie à la Croix, comme à l'annonciation, « Alors l’ange la quitta » ; à la Croix, c'est Jésus qui « la quitte » en mourant, nous remettant son Esprit.

L’oeuvre du Père avec Marie, et donc avec chacun de nous puisque Marie est principe: en elle on voit comment le Père nous conduit, ce qu’il nous fait vivre actuellement; cette oeuvre du Père sur nous, ce n’est pas de nous éduquer, de nous purifier; mais de nous faire vivre sa paternité : il nous fait enfanter son Fils, il nous fait enfanter à la vie divine des fils. L’annonciation nous introduit en Dieu, et nous fait vivre, maintenant, sur la terre, dans la vie la plus commune qui soit, ce que le Père a de plus intime, ce qui Lui est propre.

On en a aucune conscience, aucun vécu, aucun ressenti. Mais pourtant c’est la réalité de notre vie chrétienne: vivre de l’intérieur la fécondité propre du Père. C’est cela ce qu’Il fait vivre à chacun. Et chaque jour, il faut se redire ces paroles de l'annonciation, de la croix, pour se réveiller, redécouvrir la taille réelle que le Père donne à notre vie. Rouvrir les yeux face à ce don inouïe, actuel du Père pour nous.

Grégoire +

 

1/ Ceux qui mettent en avant la "liberté" de la réponse de Marie dans le Fiat n'ont rien compris : si Marie était "libre", cela voudrait dire qu'elle aurait compris ce que voulait le Père ! Elle aurait compris Dieu ?! Ceux qui refusent les dons de Dieu, ne refusent pas en connaissance de cause, mais refusent selon leurs petites idées qu'ils se font du don. Et, quand on adhère aux dons de Dieu, on ne sait pas à quoi vraiment on adhère : on fait confiance à celui qui nous donne et nous conduit, mais on ne comprend pas Dieu ! Le Fiat de Marie, sa grandeur, c'est précisément un acte de foi porté par une charité brûlante, une confiance absolue, un abandon total, le choix de taire son intelligence et de se livrer comme une enfant au bon plaisir du Père sur elle, à son attraction, à sa conduite quelle quelle soit. Il suffit de comparer avec l'annonce faite à Zacharie, pour qui aussi l'ange annonce la venue d'un enfant, mais lui a voulu s'emparer de la gestion du don...

Voir les commentaires

Le Verbe, secret éternel du Père

24 Mars 2021, 17:21pm

Publié par Grégoire.

Le Verbe, secret éternel du Père

« Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, vous connaitrez la vérité, et la vérité vous rendra libre » Jn 8, 31. 

Il ne s’agit pas de garder la parole de Jésus, de la saisir, de la comprendre, mais d’être gardé par elle, de demeurer dedans cette parole. Comme Jésus dira « demeurez dans mon amour, le mien », il ne dit pas « aimez-moi », mais « demeurez dans cet amour que moi j’ai pour vous »

Demeurer dans sa parole, c’est se servir de tout ce que je comprend et que je saisi par les mots de sa parole, pour demeurer dans un contact actuel, vivant avec Jésus. Sa parole me met dans sa personne. Déjà nous sommes en Dieu : tout est en Lui. Il est La réalité : nous sommes en Lui comme une éponge au fond de l’océan : il est tout autour et en dedans de nous. Et, lorsque à chaque instant il m’enseigne et m’éclaire « Le Verbe est la lumière qui éclaire tout homme en ce monde » il vient, non pas nous donner de posséder une nouvelle connaissance, mais comme à nous apprendre à voir dans la nuit, ou être comme debout face au soleil.

De même que nos connaissances humaines nous mettent en attente de connaitre davantage la réalité, ce que je connais de mon ami est en vue de le connaitre davantage, de le recevoir plus, de même ce que j’ai saisi de la Parole de Jésus est pour recevoir Jésus Lui-même me parlant, m’éclairant, voulant m’entrainer avec Lui à connaitre toutes choses comme il les connait.

De même que je ne peux voir Dieu parce qu’il est trop proche de moi, il est trop lumineux pour mes yeux, de même sa Parole n’est pas audible pour mes oreilles habituées aux bruits et aux choses secondes: sa parole me dit Lui dans ce qu’il a de plus lui-même. Aucune autre parole ne me conduit à une telle connaissance de l’intérieur. 

Demeurer dans sa parole, c’est donc entrer dans cette relation intime, simple, immédiate avec Lui, sans rien en posséder et être davantage en attente de sa lumière, la mendier, en l’interrogeant. Jésus attend, qu’étant possédé par une parole qui résonne particulièrement pour nous, on attende d’être illuminé.

Cela réclame de nous un effort pour qu’il n’y ait plus de bruit en nous, moins de paroles vaines, moins d’attachement aux choses secondes, pour être en état de totale réceptivité à une parole qui veut prendre chair en nous !

Il faut surtout brûler intérieurement et avoir soif de lumière pour être pleinement présent à Dieu qui me parle en direct à chaque instant. La parole de Jésus, c’est plus que toute l’histoire humaine, que toutes les informations des journaux : c’est la lumière éternelle dedans notre histoire, c’est Dieu qui m’introduit dans ses secrets… 

Cela c’est tout le mystère de Marie, qui a reçu la parole du Père comme son secret personnel, sans mettre la main dessus. La Parole de Dieu, du Père, de Jésus me met en sa présence, c’est elle qui me purifie, qui me libère, et qui me donne de vivre au rythme de Dieu. Seule elle me donne de vivre toutes les souffrances de cette vie, toutes les luttes avec lui, comme Lui.

Grégoire +

Voir les commentaires

Cet amour qui blesse

23 Mars 2021, 16:57pm

Publié par Grégoire.

Cet amour qui blesse

« Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. » Jn 8, 21

Face au mystère de Dieu, l’intelligence humaine est naturellement dépassée; mais ce dans quoi Jésus veut nous faire entrer est absolument de trop pour nous, et encore plus si on a une intelligence rationnelle, logique, qui cherche l’harmonie, l’ordre ou une pureté formelle !

Déjà on ne peut recevoir l’évangile par nous-même, sinon on le réduit à ce qu’on en comprend, on ne peut recevoir l’eucharistie par nous-même, sinon on croit manger Jésus, alors que c’est nous qui sommes pris en Lui, alors la croix, c’est juste absolument irrationnel, incompréhensible : cette souffrance et Jésus qui donne l’impression de s’allier au mal, d’en être complice, puisqu’il se laisse faire : « Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. »

Seul Jésus peux nous faire le suivre, et nous donner d’être comme rejeté des hommes, d’être sur la Croix avec Lui, garder le silence, un silence négatif. Lui qui est le Verbe, la Parole, il garde le silence, comme celui qui ne peut se défendre. Lui, le maître de la vie apparait comme celui qui est complètement vaincu, donc comme celui qui apparemment est un menteur : il a promis des choses merveilleuses mais n’a pas tenu ses promesses. Humainement c’est incompréhensible.  

C’est vital d’entendre de Jésus que par nous-même « on ne peut pas y aller », autrement nous dirons à un moment que Jésus nous a trompés. Mais il ne nous a pas trompés, il nous a demandé de le suivre. Et suivre Jésus jusqu’au bout, c’est être avec lui le crucifié. Et il y a un endroit dans notre vie où on l’est, chacun. C’est terrible pour notre intelligence humaine, qui veut des résultats ou qui aime de rester spectateur.

Dieu a choisi la Croix. C’est invraisemblable ! Il aurait pu choisir la réussite. Il aurait pu choisir d’être celui qu’on acclame. Et on l’a acclamé. Mais cette acclamation n’a pas duré et rend la Croix encore plus terrible.

Et s’il est le crucifié, c’est pour nous révéler qu’il est Je suis, « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que moi, JE SUIS et que je ne fais rien de moi-même » Et, ce qu’il est, ce qu’est Dieu, c’est cette extrême fragilité, cette vulnérabilité inouïe qu’il vit dans sa chair, c’est notre Dieu, parce que Dieu n'est qu’amour, et être amour c’est être vulnérable, fragile, pauvre, petit…  

Quand on pâtit de la mort d’un être cher, on est dans la vulnérabilité d’un enfant, d’un tout-petit et connaitre cet état c’est être vrai, c’est être comme le Père nous a voulu. Quand on est petit, fragile, impuissant, on est en vérité devant Le Père ! L’offrande de Jésus, son extrême fragilité, sa petitesse de crucifié, le dit et dit le Père qui l’attire en silence. Le Père est cette attraction substantielle, vulnérable à tout ce que nous sommes.

La Croix, c’est pour être attiré par le Père, vivre l’amour même du Père pour le Fils, un amour à la taille de Dieu. Cet amour est  blessant, crucifiant, parce qu’il est de trop. Cet amour nous appauvrit, nous affaiblit, nous rend incapable de croire dans ce qu’on fait, nous fait mourir à toutes satisfactions de nous même et nous rends mendiants d’amour. 

Grégoire +

 

Voir les commentaires

La miséricorde, ce secret des pauvres

22 Mars 2021, 15:28pm

Publié par Grégoire.

La miséricorde, ce secret des pauvres

 « Moi, je ne juge personne » Jn 8, 15

Jésus face à la femme adultère, c’est pour St Augustin tout l’évangile : la misère face à la miséricorde ! pour y entrer, il faut entendre Jésus nous dire personnellement : « moi, je ne te juge pas ». Jésus suspend son jugement par rapport à chacun de nous, parce que non seulement il ne nous regarde jamais par nos petits côtés, mais parce qu’il voit en nous sa créature, ce qui est éternel, ce qui est en attente de Lui. Alors que les pharisiens ne regardent que la faute occasionnée, oubliant d'ailleurs les leurs, Jésus, lui, regarde la personne. Et il écrit sur le sol comme pour montrer qu'ils s'acharnent sur quelque chose de complètement accidentel, passager. Et il se tait tellement leur hypocrisie est nauséabonde : ils font pire que cette femme en la dénonçant, en l'accusant ! C'est là proprement diabolique que d'accuser son frère, en évitant soigneusement de présenter ses propres misères !

Jésus s’abaisse plus bas que cette femme pour dire son don miséricordieux, pour lui mendier sa misère. Il se fait agneau, plus petit que nous, mendiant de nos pauvretés pour, non seulement s’en faire responsable, mais pour nous faire entrer dans quelque chose de complètement nouveau. Sa miséricorde, c’est bien plus qu’une pitié, un pardon sous condition, une exception à la règle; La miséricorde, c’est Jésus donné personnellement, c’est Lui pour moi ! C’est Jésus qui s’unit à nous immédiatement grâce à nos misères.

La miséricorde c’est cet excès d’amour qu’est Jésus lui-même, qui est capable de se servir de tout ce qui est en vain dans notre vie pour nous unir à lui. « Personne ne t'a condamné? Et bien moi non plus, non seulement je ne te condamne pas, mais je viens t'épouser dans tout ce que tu es, et tout de suite. »

Cette manière dont Jésus vient à nous nous éprouve, parce que son don ne supprime pas le désordre en nous ; Il ne vient même pas pour nous éduquer ou pour une thérapie qui évangéliserait efficacement nos profondeurs… et cela nous éprouve que son salut ne soit pas apparemment efficace, qu’il soit même apparemment inutile.

C’est cela la Croix : notre misère devient l’occasion de vivre dans une offrande gratuite de tout nous-même au Père. C’est choisir de pâtir de nos misères et de celles des autres, de toutes ces pauvretés inutiles, qui nous blessent constamment et qui pourraient être évitées en choisissant d’être fait agneau, crucifié par nos misères, de ne pouvoir les résoudre, et choisir qu’elles font de nous une victime offerte, pour Lui.

C’est cela la croix : c’est Jésus qui est agneau, offert en s'emparant de tous les rejets, de toutes les trahisons. Il est holocauste, don gratuit, par nos misères.  

Jésus manifeste à la Croix, par son don apparement inutile, que ce qu’il reçoit du Père est plus que tout ce qu’il peut offrir et faire avec sa vie humaine.

Vivre de sa miséricorde, c'est d'accepter ce chemin scandaleux, obscur pour notre intelligence, ou Jésus vient faire de nous, par les misères ou les luttes que l'on porte, de purs actes d’amours, des agneaux offerts, des actions de grâces. 

Parce que Jésus s’est uni à nous là, dans nos misères, alors non seulement rien dans notre vie n’est vain, acceptant de taire nos raisonnements sur ce que l'on croit comprendre de notre vie, mais ces fautes deviennent le lieu où on est fait amour, offert au Père avec Jésus, selon le chemin qui Lui a voulu, en attendant tout de Lui.

Grégoire +

 

Voir les commentaires

La totale impuissance de l'amour

21 Mars 2021, 09:08am

Publié par Grégoire.

La totale impuissance de l'amour

« Nous voulons voir Jésus » Jn 12, 21

Voilà le désir, l’attente que chacun avons au fond de nous. C’est un désir inconscient, mais tout nos désirs, cachent ce désir de trouver notre source, d’être posséder par Celui qui seul peut combler toutes nos attentes !

Et ce désir, c’est cela l’obéissance chrétienne, celle que « bien qu’étant le Fils, Jésus apprend à la Croix ». Qu’est-ce qu’obéir pour le Fils ? L’obéissance humaine, c’est exécuter un ordre, un commandement clair et qui attend un résultat précis. L’obéissance chrétienne, c’est laisser le désir du Père venir nous attirer, nous posséder, nous mouvoir. Le Père a sur nous un désir incroyable, infini, qui est beaucoup plus qu’un ordre, c’est un désir, donc une attente qui ne se dit pas, parce qu’elle est une soif d’aimer, de nous brûler de son feu. Le Père a soif de nous aimer. Quand on aime, il n’y a pas d’ordre, ni commandement, et là, le désir du coeur du Père est tel qu’il se suffit à lui-même pour nous mouvoir. Il est bien plus efficace qu’un ordre si l’autre est vulnérable au Père, en attente et comme un pauvre devant Lui. Nous voulons voir Jésus: les Grecs sont saisis par l’attente, le désir d’amour du Père sur eux, et le Père les meut à Jésus. 

Et Jésus entend la hâte, le désir du Père de nous manifester son amour; Le Père a trouvé des gens assez pauvres pour les posséder de son désir, et Jésus sait qu’il est l’heure de réaliser dans sa chair l’amour actuel du Père: « Elle est venue l’heure…quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » 

C’est à la Croix qu’on voit Jésus vivant dans sa chair l’amour, le désir que le Père a de nous. Il est celui qui se fait plus petit que nous, fragile, dépendant, sans force, impuissant, responsable de tout le mal de l’humanité. Vous voulez voir Jésus : le voici ! «dans le grain de blé tombé en terre qui meurt. C’est cela le jugement de ce monde; c’est là que le prince de ce monde est jeté dehors » Il faut regarder Jésus qui a choisi d’être impuissant, incapable, inefficace, inutile, répandu en pure perte, et qui accepte sa condamnation injuste, qui accepte de passer pour un séducteur, quelqu’un qui éloigne de Dieu, pour comprendre comment il nous aime. Il se fait l’Agneau pour nous libérer, nous délivrer de nous-mêmes, pour que nous ne fassions plus notre propre malheur !

C’est Jésus seul qui peut nous libérer, en étant grain de blé qui meurt. La faute première, le péché, celui qui est la source de tous les autres, c’est l’idolâtrie, adorer ce que l’on connait de Dieu, de nous-mêmes et du comment atteindre notre bonheur. Vouloir discerner par soi le bien du mal, c’être à soi-même son dieu et se faire son propre juge ! Le prince de ce monde c’est celui qui se pose comme mesure, qui critique, qui accuse et qui juge ! C'est cela la faute la plus terrible : non pas les fautes qui touchent notre corps, celles-là nous humilient; mais LA faute, c'est ce jugement ou l'on croit être sûr de soi; C’est le grand reproche de Jésus aux pharisiens: « si vous aviez dit: nous sommes aveugles, vous n’auriez pas de péché, mais puisque vous dites : ‘nous voyons, nous savons' alors votre péché demeure » Jn 9, 41

Laisser Jésus nous délivrer de cette satisfaction de nous-même, c’est le laisser nous rendre pauvre et aveugle : choisir de ne plus nous juger, ni les misères que nous portons. Et s'en remettre à Dieu seul; C'est donc choisir la pauvreté spirituelle, demeurer dans l’état de l’enfant, de celui qui ne sait pas.

Nous imaginons la pureté comme une sorte de perfection morale, une vie impeccable, sans défauts, avec cette croyance qu’on ne peut se présenter devant Dieu qu’en étant parfait. C’est l’inverse. On est pur, saints, parfaits que lorsqu’on le laisse nous plonger en Lui, que lorsqu’on le laisse Lui nous renouveler : « Lave-moi, purifie-moi, crée en moi un coeur pur, renouvelle et raffermis mon esprit, rends-moi la joie d’être sauvé » 

« Nous voulons voir Jésus » Nous voulons voir comment être devant le Père, comment Dieu est devant nous. Et Jésus nous attire à devenir grain de blé tombé en terre. Voir Jésus, c’est choisir que notre vie soit perdue avec lui. À la croix on est perdu ! Comme le grain de blé tombé en terre, nous sommes enfouis en Dieu ! Être enfouis, c’est choisir de ne pas utiliser sa vie à quelque chose, mais la lui remettre pour qu’il en fasse ce qu’il veut. Qu’il utilise tout ce que je suis pour une fécondité divine. Mais tant qu’on n’a pas choisi que sa vie est perdue, qu’elle doit être répandue en pure perte, inutilement, alors on continue de courir après l’espoir d’un certain résultat.

« Et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » c’est cela l’œuvre de Jésus, nous attirer à Lui. Sa gloire, c’est de nous attirer à Lui, en nous appauvrissant, en nous rendant fragile, impuissant, inefficace, inutile : c’est l’œuvre de l’amour que de faire de nous des offrandes, des agneaux. 

Et Jésus est troublé, parce qu’il sait qu’il nous attire à vivre la même chose que Lui. Il n’est pas troublé par sa propre souffrance, mais par celle dans laquelle il nous entraine. Ce qu’il va vivre à la Croix, l’état victimal, c'est pour nous aimer, nous attirer, nous posséder de son amour, mais en nous faisant vivre le même état. Jésus souffre de ce qu’il va nous faire vivre. L’amour nous dépossède de nous-mêmes, de nos qualités, de nos avoirs, de notre force, de nos protections. C’est pour ça qu’aimer est toujours de trop pour nous. La générosité, le service, le don de soi, ça va encore puisqu’on fait quelque chose, donc on s’y retrouve. Mais aimer réclame un état de pauvreté tel, de n’avoir aucun droit, de ne rien réclamer pour que l’amour demeure lui-même, que peu accepte d’être dépouillés. Et Jésus accepte de nous attirer là, et alors le Père est glorifié, il est rendu présent, il se donne à aimer là où on est appauvrit, faible, impuissant.

Vouloir voir Jésus, c’est être attiré, conduit à consentir à ce que Jésus crucifié soit le visage de l’amour et à le vivre de l’intérieur. Il ne s’agit pas d’offrir la souffrance en aimant, mais d’accepter que par la souffrance qui nous appauvrit, l’amour peut-être lui-même.

Aimer, c’est être attiré à vivre l’état intérieur de celui qui est sur la croix, il s’agit d’aimer dans le même état d’impuissance que Jésus à la croix. Jésus ne nous a pas aimé comme un héros Grec. Il ne s’est pas livré du haut de sa force. Il s’est livré à nous dans la totale impuissance à faire quelque chose pour nous. Il n’y a rien qui fait moins quelque chose pour moi qu’un ami qui se laisse crucifier pour moi. Il me sauve de mes rêves de force et d’autonomie absolue en m’attirant à vivre intérieurement dans une totale inefficacité, dans un complet non-résultat, dans un échec cuisant.

Vouloir voir Jésus, c’est désirer être attiré par celui qui nous conduit à cette pauvreté totale, dans laquelle on est fait amour, et vivre, dans notre chair, en Fils vers le Père : en mendiant d’amour, pauvre, sans aucun droit.

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Joseph, secret du coeur de Marie

19 Mars 2021, 17:02pm

Publié par Grégoire.

Joseph, secret du coeur de Marie

« Marie avait été accordée en mariage à Joseph... » Matt 1, 17.

Si Joseph est prié pour ses nombreuses vertus de père chaste, de travailleur, d’homme prudent, de serviteur doux, caché, fidèle, discret etc… trop souvent on omet de regarder la source de tout cela, ce qui fait qu’il est Joseph : son coeur.

Joseph c’est la finesse de l’amour, celui qui est éprouvé dans son amour pour Marie, pour que la qualité de son amour dise et révèle le cœur secret du Père, une vulnérabilité infinie dans l’amour.

Joseph c’est celui qui aime Marie, qui est pris par le sourire de Marie, par sa présence, qui vit par et pour son attraction. C’est la bonté personnelle de Marie fait et réalise ce qu’est Joseph. Le reste est complètement accidentel. Mais on est tellement pauvre en amour dans notre monde, tellement dans l’extériorité, les apparences, le «faire» et la «gestion responsable des choses» qu’on est devenu des handicapés de l’amour. On est incapable de voir dans le silence dont Marie a enveloppé Joseph dans l’évangile, cette intelligence de l’amour qu’il a eu, cette amitié divine, tendre, douce, délicate, pauvre, secrète pour elle.

L’amour est en nous le fruit de la bonté de celui qui nous attire. Il est une blessure silencieuse du coeur, qui réclame de ne pas se dire sinon dans un geste, puisque seul le geste dit le don personnel, et que tout ce qui est de l’ordre de l’image, de l’extériorité, et même des paroles, diminuent un peu l’amour qui ne peut être dit. Il est un don silencieux: on se donne pour tout recevoir de l’autre, recevoir l’autre dans ce qu’il a de plus lui-même, sa vulnérabilité, sa sensibilité, son intimité secrète. Il se dit, à travers un geste qui n’impose et n'exige rien de l’autre : « je t’aime parce que c’est toi » 

C’est cela qu’est Dieu dans tout ce qu’il est : amour, donc secret silencieux, attraction pure, vulnérabilité infinie, plus délicat qu’un pétale de rose ou que la fine senteur d’un parfum… La colombe le manifeste, l’odeur de l’encens, le murmure d’un silence, le silence de l’eucharistie, jusqu’à la blessure du cœur de Jésus qui dit cette soif d’amour de Dieu sur nous au-delà de tout ce qu'il fait pour nous : le désir du Père sur nous est tellement plus que l'œuvre même de la Croix.

Et c’est cela Joseph, celui qui, avec Jean, pouvait recevoir le coeur, la sensibilité de Marie, sa présence, sans mettre la main sur elle. Joseph, ce coeur tendre, amoureux, cette sensibilité fine comme une fleur, secret du coeur de Marie.

À Joseph, il n’y a qu’une seule chose à demander : qu’il nous dise le sourire de Marie, ce fin sourire de celle qui est émue, vulnérable, sensible de voir celui qui est attiré par elle. Joseph, repos du cœur de Marie, cette main qui a pris celle de Marie pour lui dire combien son coeur était à elle, et qu’il ne serait jamais un obstacle entre elle et le Père, jamais il ne serait jaloux du choix du Père sur elle. Comme il a du l’aimer, la garder, elle, le secret de son coeur, l’amour de sa vie, son épouse, sa femme.

C’est cela que Joseph nous donne a vivre si nous le voulons. C’est la charité chrétienne : cette amitié divine qui est un amour, un secret personnel porté par Jésus, qui veut se nourrir toujours davantage de la bonté de l’autre.

Joseph, nous dit déjà, comme en prémisse, ce silence éternel d’amour qu’est l’attraction du Père sur nous, qui nous attend, qui a soif de nous.  

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Le Père, pure attraction silencieuse

18 Mars 2021, 17:25pm

Publié par Grégoire.

Le Père, pure attraction silencieuse

Mon Père est toujours à l’œuvre et moi aussi… le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait ce que le Père fait : comme le Père relève les morts et les faits vivre, ainsi le Fils fait vivre qui il veut » Jn 5, 17-47

Jésus dans ce grand discours où il se dit Fils du Père, donc l’égal de Dieu, Jésus nous révèle son grand travail, son œuvre, le salut qu’il vient réaliser. Le salut c’est son œuvre. Et ce n’est plus « bien et mal » c’est « mort et vie ». Son œuvre est une oeuvre de résurrection ! Il vient juger, c’est à dire discerner, non plus entre ce qui est bien ou mal en nous, mais discerner comment dans ce qui est mort donner une nouvelle vie, la sienne, celle du Fils bien aimé ! Il vient faire œuvre de résurrection: don d’une vie nouvelle dans tout nos lieux de morts.

Et la résurrection, c’est très concret, c’est nous mettre immédiatement face au Père, nous faire vivre du Père, puisqu’en en agissant comme le Père, il nous fait voir le Père. Et ainsi, on est fait Fils du Père !

On comprend alors la rage des pharisiens, qui sont furieux que chacun ne soit pas récompensé en fonction de son application de la Loi. C’est pour eux insupportable d’entendre que Dieu vient se donner gratuitement là où c’est mort ?! 

Or, c’est cela l’œuvre de Jésus : il est pour nous la présence du Père, son visage, sa tendresse, son regard. « Qui me voit, voit le Père » Et ce qui en témoigne, c’est qu’il accomplit cela à la Croix. Jésus choisit la Croix, c’est à dire qu’il choisit de se servir de la violence humaine, de la trahison amicale, des rejets religieux, politiques pour s’offrir, se donner. Il fait de la Croix un acte d’amour, c’est là qu’il se donne jusqu’au bout, totalement, gratuitement au Père et à nous. Et là il nous montre le Père : Celui qui est une pure source. 

Et le don de Jésus à la Croix n’a pas d’autre raison ou utilité qu’aimer le Père parce que c’est Lui et nous aimer parce que c’est nous. Et c’est cet acte d’amour, vécu par un homme-Dieu qui nous sauve, puisqu’alors cet acte imprègne toute notre humanité, tout notre monde. On en est imbibé.

Cet acte, c'est Jésus qui aime le Père, qui se donne à Lui en attendant tout de Lui. C’est ça « le Père » celui qui est donné en pure perte. Et, on ne connait le Père que lorsqu’on s’offre à Lui en attendant tout de Lui. Tout c’est à dire, non pas une récompense, un titre, mais Le Père Lui-même. Le Père ne peut se révéler à nous, se donner à nous, si on lui a offert tout désirs de reconnaissance, toutes gloires humaines…

Les pharisiens ne peuvent connaitre le Père puisqu’ils attendent une gloire de ce qu’ils font, une reconnaissance les uns des autres. 

C’est ça la résurrection : c’est Jésus qui fait de la Croix, de cette mort, de cet acte de torture, le lieu de la révélation de Dieu qui n’est qu’amour. Il vient, là, donner une signification divine au mal, à la souffrance, à la mort. Et donc toutes nos croix, toutes nos souffrances, toutes nos luttes, mêmes nos péchés, toute présence du mal dans nos vies, deviennent un lieu d’offrande de soi, un acte d’amour total, une manière d’être offert au Père !

La résurrection, c'est quelqu'un ! C'est Jésus. C’est Lui qui descend dedans ce qui nous fait pâtir, se servant du mal, même de nos fautes, pour faire de nous des agneaux, nous mettre dans cet état victimal, pour être donné en pure perte; et donné, non pas dans un don généreux et noble, mais donné à travers un acte justement pas très glorieux, où on est fait offrande, on est offert selon la manière que Lui veut pour nous. Là on agit en Fils, on est vers le Père en étant comme Lui source pure, répandu en pure perte.

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Cet amour qui nous met dans le sein du Père

16 Mars 2021, 17:12pm

Publié par Grégoire.

Cet amour qui nous met dans le sein du Père

« A la piscine de Bethzatha était couché une foule de malades, aveugles, boiteux, impotents. Il y avait là un homme infirme depuis 38 ans. Jésus lui dit: « veux-tu guérir ? »

Jésus ne vient pas seulement nous rejoindre dans notre misère, il vient aussi chercher l’humanité en faillite totale, celle qui est sans espoir, en total délabrement intérieur, celle qui ne peut plus coopérer. C’est homme est dans un état tel qu’il n’a même plus de désir. Il est complètement replié sur lui-même. 

Et Jésus lui ordonne: « lève-toi, prend ton brancard et marche! » Jésus s'impose, et lui impose sa guérison, pour bien montrer que l’on n’est pas libre du salut. Et ça, ça nous agace particulièrement !

De même qu’Il ne nous a rien demandé lorsqu’il nous a donné d’exister, ni sur la manière, la date et où nous voulions habiter, de même, le salut, qui est lui-même, s’impose à nous ! On n’en est pas libre ! Pourquoi ? Parce qu’on est pas capable de Dieu ! Le don actuel de la personne de Jésus dépasse complètement notre conscience, notre ressenti, nos désirs et nos petites réponses !

Jésus se sert de la maladie de cet homme pour se donner entièrement à Lui et le mettre immédiatement face au Père ! Et cet homme, infirme, n’a eu qu’une conscience infime du don de Jésus. Et il faut être dans une situation limite pour comprendre cette jalousie de Dieu-Époux, qui vient nous reprendre jusque dans ces lieux où on est mort, où on est incapable de répondre ! Ce sera le signe de la résurrection de Lazare, qui, puisqu’il est mort, ne peut rien faire !

Ça doit nous guérir de toutes tentations d’identifier notre vie divine à nos réponses. Notre vie divine c’est le don de Jésus, point ! Elle est ce que Jésus fait de moi, point ! Et ma réponse, ma ferveur, c’est essayer d’ouvrir les yeux sur ce don, y être disponible, pour être un minimum poli et être présent, autant qu’un tout petit-enfant le peu, au don de son Père ! 

C’est pour cela que Le péché, c’est de se poser en mesure, réduire ce que l’on vit à ce que l’on en comprend, à ce dont on a conscience, ou à notre réponse. Tel est la réaction des pharisiens : « il ne t’est pas permis de porter ton grabat un jour de sabbat ».

C’est cela que Jésus disait à Nicodème : « la lumière est venu en ce monde » et Celui qui est la lumière c’est précisément Celui que je ne peux mesurer, calculer, posséder; c’est celui qui me sort de moi et m’agrandit. « mais les hommes ont préférés les ténèbres » les ténèbres, c'est cette préférence à se regarder, à mesurer ce que l’on fait; c’est donc un amour de soi qui cherche à être satisfait de soi, qui fait qu’on se juge, on se compare. Les ténèbres, c’est identifier notre vie à ce que l’on en fait, et donc se poser en mesure de soi et des autres ! 

Entrer dans la lumière, c’est vivre d’un don absolument gratuit, qui nous devance et qui est bien plus que la conscience que nous en avons et qui est au-delà de notre réponse.

De même qu’adorer, c’est inscrire dans sa vie cette omniprésence de Dieu qui me porte, dont je dépend actuellement dans mon être, dont je n’ai donc pas le choix; de même, entrer dans la lumière, c’est choisir de vivre d’un don qui m’excède, dont je ne ferais jamais le tour, et ne jamais réduire ce don de Jésus à ma conscience ou mon vécu : son don me fait être unique pour Lui et me met immédiatement face au Père, avec Lui !

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Jésus, parole secrète du Père

15 Mars 2021, 15:49pm

Publié par Grégoire.

Jésus, parole secrète du Père

« Va ton fils est vivant. L’homme crut à la parole de Jésus… »

La foi c’est s’appuyer sur l’efficacité immédiate de la parole de Dieu, de la parole de Jésus. Quand Jésus parle, c’est toujours actuel, c’est pour moi maintenant, et ce qu’il dit, cela est réalisé en moi. Croire c’est, en entendant Jésus qui me parle, adhérer, sans voir, à ce que sa parole réalise, entrer dans ce que sa parole réalise. Et ce que sa parole réalise est bien plus que tout ce que je peux comprendre. Sa parole a une taille divine, elle porte une signification infinie. Je n’en saisi que des miettes; et ne pas croire, c’est réduire cette parole a ma petite compréhension… 

Il peut y avoir un signe, un miracle extérieur que Jésus fait, mais le miracle ne dit pas toute l’étendue, toute l’efficacité de cette parole qui est Dieu lui-même s’emparant du réel. Quand Dieu parle, il recrée la réalité, il se l’approprie. Donc recevoir sa parole, c’est le recevoir Lui, me parlant, c’est croire que l’on est fait autre, que l’on est transformé par elle, recréé, changé, sans rien voir de cette transformation. Recevoir sa parole, c’est recevoir Celui qui me parle, qui me prend en Lui, et qui donne une toute autre dimension à tout ce que je vis.

C’est pour cela que Jésus disait à Nicodème : « Celui qui croit n’est pas jugé » car croire, c’est recevoir celui qui me parle, qui, en me parlant, me transforme, me change profondément ! C’est croire, être certain, que me parlant, il fait de moi un ami de Dieu, un enfant du Père.

Je suis fait ami de Dieu en l’écoutant me parler. Il n’y a rien de plus divinisant, efficace, que d’écouter Jésus me parler ! De même que le pain et le vin sont changée en Jésus par sa parole : la parole de Jésus est tellement efficace par elle-même, qu’elle n’a même pas besoin que le pain ou le vin coopère ! Les accidents ne sont pas changés, mais l’être du pain, son existence est changé : « ceci, ce pain, ce vin, est moi ». 

C’est pour cela que « Celui qui croit n’est pas jugé » car quand je reçois sa parole : je suis fait ami de Jésus, enfant du Père ! C’est cela croire en son amour efficace sur nous. Et cela nous garde dans la joie ! 

Ce passage de l’évangile, dit aussi, plus profondément, la grande demande du Père éternel à Jésus : derrière ce pauvre père, se cache le Père qui vient mendier à Jésus de sauver ses enfants, chacun de nous ! Et Jésus répond au Père en descendant lui-même à notre chevet, en venant nous chercher.

C’est très important pour notre espérance, de comprendre que le Père se soucie de nous, qu’il agit pour nous, qu’il a un désir énorme que nous soyons toujours plus ses enfants, c’est à dire que nous aimions de plus en plus, que nous nous aimions, que nous nous portions, c’est cela être enfants du Père, c’est être pères, ou mères les uns pour les autres, nous porter dans nos misères, courir au chevet de celui qui ne va pas bien, et se faire son père, son frère sa soeur, sa mère ! 

Cela fait la joie du père, c’est cela qu’il demande à Jésus, donc qu’il nous demande, puisque nous sommes Jésus pour Lui, nous sommes, son fils, sa fille bien-aimée !

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Cet amour obstiné qui nous traque

13 Mars 2021, 21:15pm

Publié par Grégoire.

Cet amour obstiné qui nous traque

« De même que le serpent de bronze fut élevé dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. »

Ce dimanche de la joie, c’est l’Esprit-St qui veut mettre en nous sa joie, il veut nous faire entrer dans la joie du Père, malgré nos luttes, nos douleurs, nos souffrances. On doit faire jusqu'à Pâques, une pénitence de Joie divine, matin, midi, soir ! Il n’y a pas de place, et surtout on n'a pas le temps pour la grisaille, la tristesse et les têtes de boudins ! Et de fait, c’est dedans nos tristesses que l’Esprit-St veut vous donner sa joie.

Moi je viens de perdre ma maman; j’ai dans mon coeur la blessure vive de son absence physique, je n’ai jamais autant pleuré de ma vie, et aussi, dans cette blessure, il m'est donné une joie unique, nouvelle : ma maman voit Jésus, elle voit le Père, elle connait Dieu, pure bonté, attraction lumineuse, et aussi ses amis du ciel, elle est dans la joie et, elle est plus proche de moi, encore plus qu’avant, et elle vous regarde aussi, aujourd’hui elle vous connait et elle vous aime ! Et c’est dans la douleur de son départ que j’ai reçu cette nouvelle lumière : c'est une nouvelle présence, un nouvel amour … la soir où elle est partie, le lundi 1er mars, j’ai tout de suite célébré une messe à Marie Porte du ciel, et j’ai entendu Jésus me dire « voici ta mère » elle m’a été retiré et immédiatement redonné autrement !

Et c’est ça que le Père fait pour chacun de nous : « Dieu aime tellement le monde » le Père nous aime tellement ! C’est cela la source de notre joie; la joie est présente quand l’amour est plénier, total, déborde ! Or là, le Père nous aime de façon obstinée. Son amour pour nous c’est Lui-même ! C'est donc de trop, c'est même parfois insupportable la manière dont il ne nous laisse pas souffler : il ne cesse de nous prendre à Lui, et c'est tellement excessif qu'on est comme épuisé par tant de lumières, tant de vitalité qu'il veut pour nous !

Et pour nous donner une lecture à peu près exacte de son amour pour nous, il nous donne ce qu’il a de plus précieux, son fils bien-aimé; Chacun, on connait le Père, on sait comment il nous conduit : c'est écrit dans l’évangile. L'évangile c’est -pour chacun- toute notre vie : tout y est inscrit... On est conduit comme Jésus, pas moins ! Il est Le chemin, pas un poteau indicateur. Le chemin, ce que le Père nous fait vivre, c'est ça qu'on est pour Lui.

En conduisant vers Lisieux, j’entendais ces paroles de Jésus dans l’évangile de Jean : « vous serez tristes et vous pleurerez, mais votre tristesse se changera en joie… » ou encore « il est bon pour vous que je m’en aille » et c’est comme si ma mère me les disait… et j’ai compris qu’elle désirait que je vive ce qu’elle vit, ce qu’elle voit. Et dans la foi je le vis : je n’en ai aucune conscience, aucun vécu, ni ressenti, mais je sais que par elle, je suis face à Jésus, et je vis avec elle ce qu’elle vit, j’en suis absolument certain; Tout lien dans la foi, nous donne de vivre déjà ce que vivent ceux qui sont face à Jésus. Par elle je vois le Père, et je Le remercie... Elle est très vivante, encore plus, et elle me voit comme Jésus me voit -pas à travers mes accidents, heureusement pour moi- elle voit seulement ma sainteté, et ça, m'est c'est source d'une joie absolument indicible ! 

Notre temps sur la terre, qui est court, nous est donné pour devenir extrêmement familiers avec Jésus, et entre nous. C’est tout ! Jésus, c’est celui qui m’aime sans condition ! L’avez vous touché ?! Pour vivre cet amour, le Père a voulu qu’il soit « élevé sur la croix comme le serpent dans le désert» c’est à dire : comme dans le serpent élevé sur un mat, les Israéliens voyait la cause de leur mort, et en le regardant, ils étaient sauvé ! Jésus devient celui qu’on regarde comme le seul responsable du mal dans le monde ! comme dit St Paul, Jésus s’est identifié au péché : il se présente devant le Père comme seul responsable de toutes mes fautes.

Le Père a permis le mal, le péché, pour nous donner de connaitre jusqu’où va son amour pour nous !

C’est la deuxième lecture « Dieu est riche en miséricorde » il n’a que ça a donner ! « à cause du très très grand amour dont il nous aime » c’est un amour qui est énorme et même de trop, car son amour c’est Lui ! « nous qui étions des morts, il nous a donné la vie, celle du Christ, et c'est par grâce, uniquement par gratuité » 

Le Salut ce n’est ni être parfait, ni chercher un résultat idéal, c’est accepter, ou même choisir d’être des pauvres, des pécheurs sauvés, accepter nos pauvretés pour connaitre son très grand amour pour nous ! Et dans la foi, anticiper, même déjà vivre la vie du ciel : « Avec lui, nous sommes déjà ressuscités ; et il nous fait siéger aux cieux, en Jésus. Il veut ainsi montrer, la richesse surabondante, débordante de sa grâce, de sa bonté pour nous. C’est bien par grâce, par la confiance. Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. »

Tout ce temps vers la semaine sainte, c’est pour faire l’expérience de cet amour du Père, cette présence de Jésus qui descend dans nos blessures, dans nos douleurs, dans nos lieux pourris, malades, là où on est perdu, pour être aimés là !

Jésus vient nous apprendre à nous servir de notre misère, de nos fautes, pour nous laisser connaître et aimer par Dieu. Dans son amour, notre péché n’est plus un obstacle ! La miséricorde du Père c’est un amour violent qui emporte tout, la croix c’est l’amour violent, absolu, de Jésus pour nous, pour lequel nos fautes ne sont rien, ou même plutôt : la porte d’accès à la bonté du Père.

La miséricorde c’est cet échange merveilleux : le Fils a pris notre place de pécheurs, pour recevoir, nous, sa place à lui; et dans la foi, on a sa place, le Père nous regarde comme son unique, chacun de nous.

Et Jésus vient à nous à travers nos frères et soeurs, à travers un autre qui est pour moi présence de Jésus ! J’en fais l’expérience à travers ma maman qui me donne Jésus de façon incroyable ! Et qui porte aujourd’hui toutes mes difficultés ! Avant je ne voulais pas trop lui faire porter ! Maintenant je lui donne tout ! 

Et bien c’est cela qu’on a à vivre, et c’est urgent : si nous voyons les pauvretés, les péchés des autres autour de nous, c’est pour que nous les portions comme si c’était les nôtres ! C’est cela la joie du Père, la joie de Jésus ! C’est cela qu’il veulent nous faire vivre ! Aimer son frère, sa soeur, son conjoint, en prenant sa misère comme si c’était la nôtre ! C’est cela que Jésus donne à Marie à la croix : Marie, la femme, continue l’oeuvre de jésus : manifester l’amour du Père, le coeur du Père, qui est comme une mère !

La résurrection, ce n’est pas la vie « après » la mort, c’est aujourd’hui, c'est l’amour du Père qui descend dans ce qui est mort en nous, là où on ne peut plus rien faire; La résurrection c’est quelqu'un, c'est Jésus, qui vient commander à notre coeur d'être à la taille du Père, et, pour être agrandis, il faut accepter d'être blessé, d’avoir le coeur à ciel ouvert ! Pour que sa joie, son amour, sa présence entre en nous de façon définitive !

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Maintenant je viens et je vous prends auprès de moi

9 Mars 2021, 09:05am

Publié par Grégoire.

Maintenant je viens et je vous prends auprès de moi

à ma mère, Evelyne Plus née Toussaint, retournée vers le Père lundi 01 mars 2021

 

« Que votre coeur ne se trouble pas, vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi; je pars vous préparer une place, et quand je serais allé, je reviendrai et je vous prendrai près de moi afin que là où je suis, vous aussi vous soyez… » Jean 14, 1-3.

Maman, mamyline, je m’adresse à toi, directement, puisque tu es là, avec nous, tu nous vois, tu nous écoute et tu nous souris, puisque tu es encore plus vivante, encore plus libre, puisque tu es en Dieu, tu le vois; C’est extraordinaire : maintenant tu Le vois, tu sais, maintenant, et tu en vis déjà, tu as cette sérénité, cette douce paix que j’ai vu en te voyant le lundi 1er mars au soir, en un fraction de seconde, en célébrant une messe immédiatement après avoir appris ton départ, ton sourire tellement simple, presque irréel tellement il était simplement délicat, mais tel que je n’aurais pu l’imaginer. Je sais que je t’ai vu et je t’en remercie de cette vision. 

Et là, toi, tu nous vois, tu nous comprends comme Lui nous voit : de l’intérieur. Tu ne vois que notre sainteté, rien de nos défauts ou de nos lenteurs dans l’amour. Tu nous es présente, puisque tu es présente de la présence de Dieu, présente à chacun d’entre nous.

Jésus est venu te chercher, il est venu te prendre auprès de Lui, il te voulait… les seuls circonstances de ton départ si soudain, c’est papa qui nous les a donné en choisissant cet évangile : c’est « je reviens et je vous prend près de moi » voilà, c’est un rapt divin. Jésus a été, oserais-je dire, attiré non seulement par ta bonté, l’amour généreux que tu portais, que tu lui mendiais, mais aussi et surtout par ta pauvreté, ta petitesse… c’est cela qui l’attire en nous. A travers le lien personnel que j’ai eu avec toi, j’ai vu combien Jésus se rapprochait de plus en plus, et là..  il s’est tellement rapproché que tu es partie en Lui. 

C’est Jésus qui t’a prise, il avait soif de toi : Jésus a tellement soif de nous, tellement plus que nous de Lui; Jésus désire tellement nous avoir auprès de lui, et aujourd’hui tu es ce désir de Jésus sur nous, tu nous dis et tu réalises ce désir intense qu’il a de chacun de d’entre nous.

Et j’entend d’ici tout tes amis du ciel, ceux avec qui tu entrerais un lien si unique, si fort, tout ces amis qui t’accueille aujourd’hui dans la joie, certainement en applaudissant, et nous derrière qui t’accompagnons par notre prière, nos chants, nos larmes, notre amour. 

Tu es aujourd’hui la plus choyée au ciel puisque tu y es la plus petite, la petite dernière arrivée, et les petits derniers sont toujours les plus choyés, les plus aimés. J’entend cette joie qui résonne, cette joie qu’ils ont à t’accueillir avec la petite Vierge Marie, la petite enfant du Père, qui t’aime tellement, et dont le sourire te permet de ne pas être impressionnée par tout ces grands saints. J’entend presque Jean Paul II t’appeler par ton prénom avec son accent polonais que nous aimons tant.

Et aujourd’hui, Maman, Mamyline, en t’accompagnant si je veux te dire un IMMMENSE Merci avec mes frères, mes soeurs, tes petits enfants et tes amis, c’est surtout Jésus qui te remercie. Jésus te remercie pour ce don tellement généreux de tout toi-même aux tiens et à tout ceux qui ont été sur ton chemin. 

Jésus te remercie, et nous aussi, nous sommes avec toi dans l’action de grâce, puisque toute l’éternité c’est l’action de grâce, c’est remercier le Père d’être tellement Père, Jésus d’être devenu notre frère, notre ami, notre sauveur, de s’être fait Agneau pour nous.

MERCI pour ton âme de feu, pour ton ardeur, ton élan sans cesse renouvelé et merci pour ta soif de lumière, d’aller toujours au-delà de ce que tu connaissais;  Merci de nous avoir communiqué ta soif de prière, d’avoir été une mendiante du Père.

Merci encore a toi, maman, mamyline, d’avoir été et d’être encore aujourd’hui encore plus pour nous une présence du Père, de Jésus, de Marie.

C’est cela que le Père a voulu pour nous : se donner à nous à travers nos liens fraternels, nos liens personnels; à travers notre fécondité naturelle que l’on soit source de vie divine. C’est La grande réponse, la réponse étonnante de Dieu à nos problèmes, à tout nos problèmes : nous faire connaitre et nous faire vivre de sa paternité : Dieu est Père ! Il est ton Père maman. Et son Fils s’est fait notre frère, notre sauveur, il est venu nous chercher, se servir de nos pauvretés pour nous faire vivre, dès maintenant, sa vie divine. Et cela par une femme, Marie, parce que la femme c’est la créature la plus proche de Dieu, elle est le sommet de la création, parce qu’elle est la créature la plus fragile, celle qui est capable d’un autre, de le porter non seulement physiquement, mais durant toute sa vie comme un. Dieu est Père, mais il est aussi comme une mère. C’est le titre de ce petit livre que tu avais avec toi : Dieu est comme une mère : il nous porte à chaque instant, et c’est comme cela que tu as été envers nous, tes enfants naturels et spirituels, tu nous a portés et tu as été, pour nous, sans que ni nous, ni toi ne le réalise, une présence du Père. C’est cela le fond réel, divin, au delà des apparences, de la vie de chacun.

J’ai ce passage dans le coeur du chap 16 de St Jean, ou Jésus compare son départ à un enfantement: « En vérité vous pleurerez, vous serez tristes… mais votre tristesse se changera en joie..la femme sur le point d’accoucher s’attriste que son heure soit venue, mais lorsqu’elle a donné le jour, elle ne se souvient plus des douleurs dans la joie qu’un homme soit venu au monde.. Vous aussi maintenant vous êtes tristes, mais je vous reverrai de nouveau  et votre coeur sera dans la joie, et votre joie nul ne vous l’enlèvera.. » Jn 16, 20-22. 

Si on lit bien ta vie, tu as participé envers tellement de personnes, tes enfants et petits enfants, envers Papa, à leur enfantement à la grâce, tu nous a porté dans cette nouvelle naissance à la vie divine. C’est le Père qui a veux utiliser nos liens naturels et nos liens fraternels pour qu’on soit source les uns pour les autres de vie divine, plus être très concrètement, les uns pour les autres, présence du Père, de Jésus. Il suffit de notre bonne volonté, de notre désir : Jésus use de notre soif, de notre confiance pour qu’on donne sa présence à travers notre désir d’aimer, de pardonner, de le recevoir à travers les pauvres instruments que nous sommes.

C’est comme cela que tu désires qu’on se regarde et qu’on se reçoive, c’est ce que je reçoit de toi aujourd’hui. Apprends nous à nous recevoir les uns les autres comme des présences de Jésus, comme des sources de grâce. Moi j’ai besoin que tu viennes me le redire tout les jours !

Quand j’ai célébré la messe de Marie Porte du Ciel, lundi au soir de ton départ, j’ai proclamé cet évangile où Jésus sur la Croix dit à Jean : « Voici ta mère ». Ces paroles de Jésus, comme tout l’évangile sont actuelles, Jésus les a dites pour hier, pour aujourd’hui et pour demain. Et l’évangile qui n’a jamais été pour toi ni une vitrine, ni une histoire lointaine, mais Jésus qui nous dit ce qu’il nous donne et nous fait vivre. Et bien j’ai reçu ce soir là, en les proclamant, ces paroles vivantes de Jésus : « Voici ta mère » J’ai entendu Jésus me la dire cette parole. Et c’est là que tu m’as souris. Il t’a pris auprès de Lui pour que tu sois encore plus mère pour moi, pour nous, que comme Thérèse tu nous sois encore plus présente, bien que nos mots maladroits nous font croire que tu es loin en disant que tu es « au ciel ». De fait, tu n’as jamais été aussi présente : personne n’est plus présent qu’un mort. Et si ta perte marque l’éternité dans nos chairs, un désir accru du ciel, c’est parce qu’a chacun tu es aujourd’hui complètement présente. C’est pour cela que je te reçois encore plus comme mère : tu accrois mon désir du Ciel, j’ai quelque chose de mon coeur au ciel, avec toi et de cela encore je te remercie !

Il y a aussi cette parole de Jésus qui me revient, là aussi, celle avant son départ : « Maintenant je m’en vais vers celui qui m’a envoyé, et parce que je vous ai dit cela la tristesse remplie vos coeurs, cependant je vous dis la vérité, il est bon pour vous que je m’en aille… » Jn 16, 7. Je te l’entends me la dire cette parole, et c’est vrai, l’évangile donne la vrai signification de toute notre vie, de tout nos actes; il n’y a que l’évangile qui puisse donner une lecture réelle de ce qu’on vit; « il est bon pour vous que je m’en aille, autrement je ne pourrais vous envoyer le Paraclet, l’Esprit-St consolateur » Jésus t’a prise auprès de Lui, pour nous unir encore plus profondément à Lui, et entre nous, et que tu sois source de grâce pour nous, et que tu nous donnes la vraie, la seule consolation : celle pour laquelle nous sommes faits : le Ciel ! nous sommes fait pour voir Dieu, nous serons à l’aise et pleinement vivant qu’au Ciel !

Toi, la Vivante, tu étais faites pour le ciel, tu a toujours été de la race de ceux qui cherchent Dieu, tu as toujours tout vécu tambour battant, jusqu’au bout, et aujourd’hui ce rapt divin qui nous fragilise, qui nous rends petits, humbles, pauvres, sensibles, vulnérables, nous dispose à recevoir ce désir de Jésus sur nous … et c’est bon d’être affaibli, de sentir que nous sommes rien, que nous ne sommes pas ce que nous faisons, mais que nos blessures, notre fragilité, notre petitesse, notre incapacité à gérer notre peine nous met en attente de ce que Jésus veut nous donner, à travers toi, avec toi ! Merci Maman. 

Ton départ est une douleur et une grâce. 

Thérèse avait demandé à Marie du Sacré-coeur de ne pas pleurer au moment de son départ; toi, il me semble, peut-être, que tu nous dis de ne pas avoir peur de pleurer, de nous manifester notre peine et qu’on puisse être source de consolation les uns les autres; Jésus a pleuré sur son ami Lazare, et pour nous, il s’est abaissé le plus possible : il s’est fait petit enfant, il s’est fait l’Ami des hommes, il s’est tellement abaissé, qu’il est venu nous laver les pieds, prendre sur lui nos fautes, et il nous aime tellement qu’il s’est fait notre pain et c’est ce chemin de petitesse auquel tu nous conduis.

C’est cela que j’ai reçu dans l’évangile de lundi, jour où tu es parti : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux, pardonnez et vous serez pardonné… »

Merci de nous accompagner, chacun, de continuer auprès de nous ce que le Père a commencé avec toi, de mendier auprès de Jésus les grâces dont nous avons besoin … et il y en a des urgentes !  Et je sais que Jésus ne pourra rien te refuser : comment pourrait-il refuser quelque chose à une mère ? 

Je voudrais terminer par cette prière du Cardinal Mercier que tu répétais chaque jour et que je reçois comme un petit testament de ta part, une lettre du ciel. Je vais la dire avec toi maman, mamyline : « O Esprit-Saint, Ame de mon âme, je Vous adore ! Eclairez-moi, guidez-moi, fortifiez-moi, consolez-moi. Dites-moi ce que je dois faire, donnez-moi Vos ordres. Je Vous promets de me soumettre à tout ce que Vous désirez de moi et d’accepter tout ce que Vous permettrez qu’il m’arrive. Faites-moi seulement connaître Votre volonté. Amen »

Grégoire +

Cathédrale de Lisieux le vendredi 05 Mars.

Voir les commentaires

L'amour est aveugle

1 Mars 2021, 17:40pm

Publié par Grégoire.

L'amour est aveugle

« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »

Ces paroles de Jésus, qui sont actuelles, doivent nous donner une très grande joie : parce que c’est comme ça que Jésus est pour nous : miséricordieux ! 

La miséricorde, c’est prendre la misère de l’autre dans son coeur : misère-in-corde. Et ma première misère, c’est que je n’existais pas, j’aurais pu ne pas exister. Et Dieu m’a voulu et m’a donné d’exister. La première miséricorde c’est cette gratuité absolue de Dieu envers nous qui nous donne notre existence ! Actuellement Dieu me veut, m’aime et son amour me fait exister, me fait apparaitre en Lui. Rien ne l’obligeait à me créer. Vivre de ce don actuel doit nous mettre dans une joie absolue. Si on est foncièrement triste, ce n’est pas notre caractère, c’est qu’on a mis un droit sur notre existence. La joie vient de ce qu’on rend grâce, et premièrement du don actuel de notre existence :maintenant, par Lui je suis, je me reçois de Lui !

Si on ne vit pas de cette action gratuite de Dieu, de Dieu qui nous aime parce que c’est son bon plaisir, alors, on devient comme les pharisiens, on se pose en mesure, ce qu’on a compris devient le modèle selon lequel on juge les autres, et surtout on me juge; parce que tout manque d’amour, de gratuité envers le prochain cache un manque d’amour envers soi ! 

C’est le cancer du démon que de mettre l’esprit critique en premier. Juger, critiquer, accuser, au nom de sa justice, de sa petite spiritualité, de l’ordre qu’on a pensé. C’est ça le péché impardonnable : c’est refuser que l’amour soit aveugle, qu’il prenne tout; se faire mesure, ce primat de la critique c’est refuser l’Esprit St.

C’est pour ça que Jésus implore avec force: "soyez miséricordieux, ne jugez pas, pardonnez": cela réclame de faire taire nos raisonnements, de taire ce primat de la loi, d’offrir nos conforts spirituels, ne plus se regarder et de toujours, mais absolument toujours faire passer l’amour en premier. Et l’amour, ce n’est pas de correspondre à un modèle idéal, c’est un don total de soi au pauvre, surtout celui qui n’a même la force de mendier mon aide ! C’est aller chercher le pauvre qui n’a plus de force tellement il a honte ou tellement il est blessé.

Celui qui juge ou critique son frère ou sa soeur, juge Jésus qui l’aime inconditionnellement. Toute critique est un orgueil, il y a derrière un refus de la gratuité de Dieu pour nous.

Dieu a permis le péché pour que l’amour aille plus loin. Tant qu’on a pas compris ce primat absolu de l’amour, on ne connait pas Dieu. Pour cela, il faut mendier de découvrir combien Jésus se fait Agneau pour moi : tant que je crois que je peux m’en sortir par moi-même, je n’ai pas découvert Jésus. Jésus, avant même que j’ai demandé son pardon, son aide, il a prit ma place, il a porté toutes mes fautes et il m’a donné sa place. 

C’est cela la miséricorde : prendre la place de mon frère ou ma soeur, porter ses fautes comme si c’était les miennes, faire l’offrande de sa vie pour l’autre : ce n’est ni remplir un contrat, ni être propre sur soi, mais perdre sa vie. Cela implique d’y laisser sa peau. Passer pour un salopard parce qu’on a pris la place de l’autre. C’est un don aveugle, excessif, en pure perte. C’est cela Jésus pour nous.

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Cet amour qui nous éprouve

27 Février 2021, 23:42pm

Publié par Grégoire.

Cet amour qui nous éprouve

Le carême, ce temps de dépouillement, c'est pour redécouvrir cette proximité de Jésus, son amour actuel, personnel, pour chacun. Est-ce que votre amour s’est un peu renouvelé ? Dieu s’est fait chair pour être proche de nous. Il a pris notre place pour nous donner la sienne, payant toutes nos dettes. On vient à la messe, pour être brulé par son amour, pour que son don s’inscrive en nous.

Mais, pourquoi cet amour de Jésus passe par la Croix ? Est-ce que nos péchés réclament ce sacrifice sanglant ? Est-ce parce que la souffrance est la seule manière d’accéder à Dieu ? A quoi sert la Croix, nos croix, nos souffrances ?

En s’incarnant, Jésus nous révèle que seul Dieu peut nous combler. On est fait pour aimer et Dieu est l’amour. Notre travail, ce qu’on fait, ceux que l’on aime, toutes nos connaissances ne peuvent pas nous combler. Chacun, inconsciemment, nous attendons Dieu: c’est à dire être aimé infiniment. Rien sur terre ne peut combler notre soif d’amour.

Mais alors, pourquoi la Croix ?

Dieu est amour, mais cet amour est trop fort, trop intense: sa présence nous aveugle. Son amour n’est pas un gros câlin sucré. Son amour, c’est Lui ! Et c’est à la Croix qu’il nous prend à Lui. Cet amour est trop brûlant pour nous ! Car la Croix c’est un don qui est tel qu’il nous dépouille de nous-même, de nos belles idées, de nos satisfactions; Quand Dieu nous étreint, son don nous agrandit tellement qu’on est fragilisé, appauvrit, blessé ! 

La transfiguration, c’est Jésus qui manifeste autrement ce qu’il va vivre -et nous faire vivre- à la Croix. Chaque moment de la vie de Jésus nous dit ce don réalisé à la Croix, d’une façon qui nous est plus adaptée : Cana montre que la Croix ce sont des noces, et les six cent litres de vin disent combien ce don est excessif; La purification du temple, le «détruisez ce temple» de Jésus dit que son corps -donc notre corps- est le lieu de la rencontre avec Dieu. Et que Dieu est un feu qui consume tout ! La passion de Jésus, c’est Jésus brulé par l’amour du Père.

C’est ça l’épreuve d’Abraham. Lorsque Dieu demande à Abraham de lui offrir Isaac, ce n’est pas un test ! C’est Dieu qui donne à Abraham sa propre paternité. Or ce don, parce qu’il est de trop, apparait comme négatif : pour Abraham cela apparait comme la mise à mort de son fils. Le Père donne sa paternité à Abraham, pour qu’il soit Père des croyants. Ce don est tellement plus grand que notre propre existence qu’il est vécu par Abraham comme le sacrifice de son enfant !

C’était déjà cela l’épreuve de la Genèse, lorsque Dieu confie à Adam ce commandement apparement négatif: «tu ne mangeras pas du fruit de l’arbre». Ce commandement qui semble négatif est le signe d’un don de Dieu qui excède l’intelligence et le coeur d’Adam. Parce que ce qui est bon pour nous, notre bonheur, n’est pas dans ce qui nous est accessible. Notre bonheur c’est Dieu lui-même. Mais Dieu, notre fin, nous est inaccessible, et ça c’est insupportable pour notre intelligence ! ça semble même une erreur: on ne peut pas l’atteindre par nous-même, mettre la main dessus ? Là, seul l’amour peut nous faire accepter de ne pas comprendre et accepter d'être mendiant.

Dieu, qui est de trop pour nous, ne peut être que reçu. Vouloir mettre la main sur Lui, c’est le réduire à notre taille, le diminuer. Et pour nous, c’est s’amputer, se mutiler, se diminuer. Réduire ce qu’on est à ce qu’on fait, à ce qu’on est capable d’atteindre ou de comprendre, c’est cela la plus grande corruption, le mal.

De fait on est heureux que quand on est agrandit, quand on est tiré hors de soi, quand on accepte d’être débordé par ce qui n’est pas nous. Rester à ce dont on est capable est un esclavage terrible : on ne se quitte pas. C’est plus tranquille, mais c’est petit, à notre taille, à notre mesure.

Ce qu’on fait ou connait ne peut nous combler. Dieu seul ! Mais être agrandit à sa taille ça nous éprouve. Déjà aimer, nous fait sortir de nous-même, nous agrandit et nous rend vulnérable: ça touche ce qu’il y a de plus nous-même, on est donc toujours un peu blessé car on vit au rythme d’un autre.

La Transfiguration: c’est pour pouvoir vivre de l’intérieur, ce don que Jésus me fait de lui à la Croix et dans mes croix. Comment accepter d’être agrandit, adapté à Dieu? comment ne pas vivre nos souffrances comme un drame ou une tragédie?

« Celui-ci est mon fils bien aimé, écoutez le ». Le « Ecoutez-le » remplace la profession de foi que les juifs récitent chaque jour « Shema Israël, Ecoute Israël ». Quand, dans nos Croix, on écoute Jésus, on découvre que la Croix, en nous fragilisant, nous fait être avec Lui, Le « Bien-Aimé » : celui qui reçoit tout.

Sur une haute montagne : la Croix a le mérite de nous séparer du monde et nous mettre seul, en attente du Père. 

La blancheur des vêtements est un signe extérieur, comme une aube : c’est pour manifester quelque chose de caché; à la Croix Jésus révèle ce qu’il a de plus intime, son cœur, sa vulnérabilité, ce qui le blesse et cela nous purifie. Être purifié, c’est être agrandit, rendu vulnérable comme lui.

Elie et Moïse. Elie, le prophète, reconnait la présence de Dieu au Mont Horeb, dans le murmure d’un doux silence. Jésus nous donne Marie, nouveau prophète, elle est le murmure d’un doux silence qui permet d’être debout à la Croix. Elle est la tendresse de Dieu qui se donne dans nos souffrances.

Moïse, le libérateur, celui qui donne la Loi; Jésus est le vrai libérateur, il est la Terre promise et donne la nouvelle loi : l’eucharistie. L’eucharistie, nous donne Jésus-crucifié, donné  gratuitement, sans mesure, répandu, livré en pure perte. 

Pour ne pas être révolté ou écrasé par la croix, mais la vivre de l’intérieur, accepter d’être agrandit, voilà les moyens de Jésus: 

Marie, seul moyen pour devenir un enfant de Jésus. Pour cela, il faut choisir ne pas pouvoir se passer d’elle. C’est la place de la femme; seule la femme dispose à l’amour et renouvelle l’amour. Seule Marie, la femme, nous fait accepter d’être fragilisé, appauvrit, de ne pas pouvoir avancer seul, de ne pas nous révolter face à ce qui nous éprouve.

L’Eucharistie : se nourrir de de Jésus, qui se fait mon pain et en faire notre règle de vie; dire à Jésus dans nos croix « Ceci est mon corps, ceci est ma vie livré pour toi ! Je veux que tu puisses te nourrir de moi. Je te rends grâce de cette fragilité que je connais, de me rendre vulnérable, petit comme toi. »

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Lavez-vous les pieds, les uns les autres !

26 Février 2021, 17:11pm

Publié par Grégoire.

Lavez-vous les pieds, les uns les autres !

« Si votre justice ne surpasse pas celle des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux ! »

Jésus est intransigeant sur l’amour du prochain : il est venu pour cela, pour chercher ceux qui étaient perdus, se faire responsable de chacun de nous devant le Père et pardonner de manière excessive ! 

L’amour du prochain, c’est LA Loi nouvelle : « il vous a été dit » ça c’est Moïse, « et bien moi je vous dis... aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous persécutent ! ». Jésus peut exiger cela parce qu’il se fait Agneau pour nous : « Si moi le maître et Seigneur je vous ai lavé les pieds, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres »

Il se fait notre avocat, notre défenseur. À notre jugement, Jésus se présentera avec chacun de nous, et à qui nous accusera, Jésus répondra « j’ai payé pour Lui, j’ai pris sa place et je lui ai donné la mienne ! Il a ma sainteté ! » 

La justice des pharisiens, c’est réclamer son droit, vouloir faire payer l’autre, se faire mesure : « œil pour œil, dent pour dent ». Or le pardon de Jésus est tel, que je n’ai plus aucun droit, car tout ce que je peux pardonner n’est rien à coté du pardon de Jésus qui excède une simple remise des fautes ! 

C’est ce qu’il répond à la question de Pierre : « combien de fois dois-je pardonner à mon frère ? 7 fois? » « Pas sept fois, mais soixante dix-sept fois sept fois ! c'est à dire Sans limite ! » C’est pour cela qu’on a besoin de ré-entendre constamment: « je te pardonne ». Evidemment que Jésus nous a tout pardonné et nous pardonne. Mais on a besoin de l’entendre et le réentendre ! C’est ça aussi la confession !

La confession et l’eucharistie c’est pour que notre coeur devienne amour et pardon sans limite ! Car par nous même c’est juste impossible; Notre cœur humain est trop petit pour pardonner indéfiniment.

C’est pour cela qu’il faut être son enfant : « Si vous ne redevenez pas comme des enfants vous n’entrerez pas dans le royaume » Il faut être enfant de Jésus, pour pouvoir avec lui pardonner sans limite jusqu'à se faire responsable de chacun de ses frères devant le Père. 

Le pardon chrétien implique de s’emparer des fautes, des misères de ses frères et sœurs et de se faire responsable d’eux devant le Père ! Par-donner : donner encore et encore par-dessus la faute et les injustices ! 

Si on n’en a pas le désir, on ne saisira jamais de l’intérieur ce que signifie que Jésus s’est fait responsable de moi devant le Père, Agneau pour moi. On répètera à la messe une formule, mais aucune larme ne coulera de nos yeux devant tant d’amour, devant la folie de Jésus pour nous. C’est Jésus qui s’abaisse devant la femme adultère qu’on veut lapider. C’est Jésus qui dit a Judas, avant sa trahison: « ce que tu fais, fais le vite » Comme pour lui dire: « je sais ce que tu vas faire, je le porte parce que c’est toi » 

Ce pardon, c’est d’abord un désir de pardonner, le désir intérieur de porter les misères de nos frères et sœurs comme si c’était les nôtres. C’est cela le cœur de Jésus, le cour du Père. C'est cela qu'il veut pour nous : Agneau de nos frères.

Grégoire +

Voir les commentaires

« J'ai tellement désiré, ardemment désiré cette Pâque » Luc 22, 15

25 Février 2021, 17:04pm

Publié par Grégoire.

 « J'ai tellement désiré, ardemment désiré cette Pâque » Luc 22, 15

« Demandez, on vous donnera, cherchez vous trouverez, frappez, on vous ouvrira » 

Si Jésus nous crie de demander, c’est parce qu’il a des désirs incroyables sur nous. Et son désir sur nous réclame de s’emparer de toutes nos attentes; il nous dit : « Donnez-moi vos désirs, même ceux encore très humains, très mélangés, je vais m'en servir, mais demandez, cherchez, frappez »

Et cela c’est l’espérance : découvrir ce que signifient nos désirs pour Jésus ! Laisser Jésus s’emparer de tous nos désirs pour qu’il les mette à sa taille ! Jésus lui ne refuse aucun de nos désirs, aucun !

Très souvent nous faisons le tri dans nos désirs, avec cette prétention de savoir ce qui est bien ou mal ! Jésus ne veut pas qu’on fasse le discernement par nous-même, car nous sommes souvent de vrais tyrans vis à vis de nous-mêmes, des petits dictateurs moralisants, provoquant des refoulements et ensuite des volcans intérieurs.

Or Jésus veut qu’on lui donne tout, et qu’on le laisse répondre ! Ce n’est pas à nous de faire le tri: faire le ménage et passer la serpillère sur nos désirs, c'est pour les petits épiciers en manque de perfection et attaché à leur image propre !

Où lorsque l’on découvre les dons de Dieu chez les autres : on admire et puis on dit, "non, ce n’est pas pour moi" ! Ce qui est très faux. Si Dieu donne à voir de ce qu’il réalise chez les autres, c’est parce qu’il veut que ce soit immédiatement pour nous, mais autrement !

Jésus nous regarde toujours selon ce qu'il veut nous donner; jamais en fonction de la pureté ou non de ce qu'on porte en nous; Cela ne signifie pas que Jésus réponde selon notre attente ! Jésus répond toujours, mais sa réponse est selon son don, sa réponse est à la taille de Dieu : Jésus vient élargir notre coeur et nous mettre à sa taille !  Nécessairement cela nous éprouve, cela nous appauvrit : il  creuse en nous comme un abime.

Et, nous, on donne nos désirs en choisissant de nous laisser conduire : ça s’appelle l’abandon. L’abandon réclame à la fois d’avoir des désirs immenses et choisir de ne pas y répondre par soi-même, de demeurer en attente, avec ses désirs !

C’est ce que Marie a compris à Cana : elle se sert du manque de vin et, faisant sien ce manque, elle mendie à Jésus ! Et elle hâte l’heure de Jésus ! 

Quand Nicodème vient le voir de nuit, Jésus ne lui rend pas sa politesse : il lui communique tout de suite son désir : naitre d’en haut, être conduit par l’esprit, comme le vent, ne sachant d’où on vient ni où on va !

Nous, on reçoit selon notre capacité, selon notre compréhension, et si on ne s’appuie que sur soi-même pour entendre la Parole de Dieu, pour le recevoir dans l’eucharistie, nécessairement je le réduis à mon attente. Lui seul, en se servant de mes désirs, me donne de le recevoir sans le diminuer. 

L’espérance, c’est laisser Jésus agrandir nos désirs, en lui laissant les clés et la conduite de notre vie ! Parce que seul Jésus peut me faire désirer ce qu’il veut me donner et me faire le recevoir.

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Enfouis au sépulcre pour devenir "action de grâce"

24 Février 2021, 14:36pm

Publié par Grégoire.

Enfouis au sépulcre pour devenir "action de grâce"

« Cette génération demande un signe, mais de signe il ne lui sera donné que celui de Jonas ! » Luc 11, 29.

Le signe de Jonas qui nous est donné c’est Jésus descendant dans le ventre de la terre, le sépulcre ! Jonas dans le ventre de la baleine annonçait ce temps où Jésus disparaitrait de la surface de la terre. Pourquoi cette conduite ? Qu’est-ce que cela signifie pour nous ?

Jésus a été condamné comme un blasphémateur, rejeté par les grands prêtres : il se dit « Fils de Dieu » ! Jésus est condamné, parce qu'il est de trop pour les hommes ! C’est un amour trop fort, trop exigeant. C’est insupportable : un homme, ami des pécheurs, mangeant avec les publicains et les prostituées, n'est-ce pas relativiser la loi ?! !

Et ça demeure. Le petit pharisien en nous, notre capacité à nous faire mesure, nos petits jugements condamnent Jésus. On se fait juge de la conduite de Dieu ! Sinon, « mais qu’il nous donne un signe » dit-on ! Car on ne veut pas être traité comme des enfants ! C’est insupportable pour notre orgueil ! On a droit à des explications !

Jésus se tait. Il ne donne pas d’explications. Et il prend la dernière place pour montrer que seul la conduite du Père compte à ses yeux. C’est pour ça la Croix : c’est parce que la bonté du Père, son attraction se révèle dans cette offrande silencieuse de Jésus ! Seul l’abandon peut révéler la bonté du Père. Mais un abandon crucifiant : j’accepte de ne pas savoir, de taire mes incompréhensions.

Et Jésus à la croix, pardonne à ceux qui l’ont trahis, Jésus pardonne en se faisant l'agneau qu'on mène à l'abattoir, en acceptant de disparaitre. Son cadavre est remis à la terre. Il n’y a plus de présence, plus de souffrance visible pour compatir. Il n’y a plus rien. Le sépulcre,  c’est l’absence, le vide.

Séparée du cadavre de Jésus, Marie vit le sépulcre. Elle vit cette mise au tombeau, cet état cadavérique, ce silence de mort. Il n’y a plus que l’abandon : c’est la violence de la mort, l’absence de signe qui plongent ceux qui restent dans une solitude totale : être là, comme inutile, dans un pâtir à l’état pur.

Le Sépulcre : c’est Le signe que le Messie n’est pas triomphant, ce n’est pas un salut humain. Le salut c’est l’agneau qui s’offre en silence. C’est la réponse à l’orgueil de l’homme et de la femme ! L’orgueilleux veut toujours tout comprendre, il est toujours en colère ou triste ou désespéré parce que la réalité n’est jamais selon ses projets !

C’est le dragon rouge feu de l’Apocalypse : le démon est toujours en colère ! Et distille partout sa tristesse et son désespoir. Car il nous fait croire que le bonheur c’est de tout maitriser, de tout diriger. Et Il réclame ses droits ! 

Or la seule manière d’accepter de ne pas comprendre, de vivre la Croix, le sépulcre, d’être mis au tombeau, c’est l’action de grâce ! Pourquoi ? Car l’action de grâce c’est la certitude que le Père conduit tout, tout est dans sa main! Un coeur qui remercie n’est plus jamais triste, ni en colère ! Et l’action de grâce est toujours possible, même à travers les larmes, car ce que fait Dieu nous dépasse tous et est toujours plus grand que tout nos rêves, nos projets et nos petites certitudes !

On dépasse toutes nos colères, nos incompréhensions, nos blessures, en étant offert au Père, c’est à dire en étant « Eucharistie » ou action de grâce. L’eucharistie c’est pour devenir abandonné au Père qui cache son don, puisque c’est un secret d’amour. L’eucharistie c’est pour devenir action de grâce, caché et remis au Père, totalement livré, abandonné comme Jésus au sépulcre.  

Grégoire +

Voir les commentaires

Le silence du Père

23 Février 2021, 14:46pm

Publié par Grégoire.

Le silence du Père

« Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens qui par un excès de paroles pensent être exaucés… Vous donc, priez ainsi : Père de nous »

Quand Jésus nous enseigne à prier, il ne nous donne pas seulement une prière, des mots pour nous adresser au Père. Jésus nous donne beaucoup plus : il nous donne de vivre immédiatement sa relation au Père.

C’est là où il nous faut un regard contemplatif : qui dépasse les apparences, ne plus s’inquiéter de notre manière de prier, de ne pas passer son temps à se rectifier ou à lutter contre ce qui nous plait pas en nous-même. Avoir un regard contemplatif c’est être certain d’être sur les épaules de Jésus, que Jésus donne à notre prière , à nos balbutiements, à nos désirs, la signification, la taille, la largeur, la hauteur, la profondeur de son lien au Père. Pas moins ! Ce regard c’est comme dit le livre de l’apocalypse « c’est ici la Sagesse, le discernement : que Celui doué d’intelligence discerne ce qui est de l’homme …. » Apoc 13, 18.

Même si mon vécu, mon ressenti de la prière est pauvre, avec plein d’imaginaire, de distractions, de désirs de toutes sortes, de paresses, de découragements, je dois être certain que quand je prie, il m’est donné de vivre la relation de Jésus au Père ! Jésus donne une taille divine à ma prière ! Je prie, j’aime le Père avec la taille, la profondeur, l’intimité, l’amour même de Jésus. Cela m’est donné. Au-delà de ce que je perçois ou de ce dont j’ai conscience : j’adhère au Père, j’en vis comme Jésus en vis, mais dans l’obscurité, sans aucune conscience, sans pouvoir en jouir !

C’est cela la conversion du carême, croire qu’on vit à la taille de Dieu : Jésus donne à mes actes le poids, la taille de son don au Père; je dois donc tout vivre comme étant déjà arrivé, comme étant déjà dans le sein du Père, parce que c’est là que l’on est ! 

C’est étonnant que La réponse à nos problèmes, c’est Dieu qui nous révèle sa fécondité : Dieu est Père ! Et il nous le révèle en nous mettant dedans même sa fécondité, on est Fils dans Le Fils, enfants du Père comme Jésus ! Il nous ouvre son intimité en nous y introduisant. C’est cela la première différence avec la justice originelle : une nouvelle intimité, une nouvelle proximité avec Dieu, connu comme Père !

C’est pour cela que Notre Père est un secret, une connaissance amoureuse, un secret du coeur. Non pas une formule que l’on récite; Dire Père c’est immédiatement toucher, recevoir Le Père. Comme Jésus vit de Lui. Regarder le Père, lui dire qu’on est là pour Lui, désirer vivre de sa paternité, non pas dans un excès de paroles où on se raconterait, mais précisément dans une économie de parole : l’amour est un secret qui n’aime pas de se dire, mais qui se vit. C’est toucher le coeur de l’autre, être marqué par la vulnérabilité de l’autre à notre présence, être rendu liquide parce qu’il est là pour moi. 

On devrait dire le « Notre Père » en rougissant puisque on devant l’amour de notre vie, celui qui nous attend, Celui qui est attraction d’amour et pour qui je suis unique. Cela doit nous conduire au silence, puisque seul le silence dit pleinement l’amour : Quand on aime pleinement quelqu’un on ne veut pas faire obstacle à sa présence, on veut être pleinement réceptif à ce qu’il est !

C’est pour cela que le Père se tait devant nous, qu’il reste silencieux : il est tellement relatif à nous, tellement attiré par nous, par notre fragilité, notre désir de lui faire plaisir. Son silence dit son attraction d’amour, un don plénier qui appelle notre attente, qui attend que l'on se repose en Lui.

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Le cri de joie de Jésus

22 Février 2021, 17:18pm

Publié par Grégoire.

Le cri de joie de Jésus

« Bienheureux es-tu Simon Bariona, parce que ce n’est ni la chair ni le sang qui t’ont révélé cela, mais le Père de moi, celui dans les cieux » Matt 16, 17.

Ce cri de joie de Jésus « Bienheureux » manifeste son désir de se faire connaitre, de cette connaissance intime, personnelle. C’est le but et le terme de notre vie : voir Dieu, le connaitre tel qu’il est, tel qu’il se connait ! Et l’incarnation, notre vie chrétienne, c’est pour anticiper la vision béatifique ! 

On dit vision, mais de fait la vision reste extérieure, on devrait dire un toucher intérieur, comme lorsqu’on connait un ami, un intime depuis des années.

L’évangile c’est une révélation, ce n’est pas dans le prolongement de notre expérience humaine. Ce n’est pas humain, ce n’est pas selon « la chair et le sang ». C’est autre ! C’est au-delà ! L’évangile c’est Jésus, c’est Dieu qui se donne à vivre, à connaitre et à aimer ! Parce que tel est son désir ! Il veut une amitié, une connaissance personnelle entre lui et moi ! C’est donc se laisser conduire par le Père pour vivre dès maintenant quelque chose de sa vie ! Le connaitre de l’intérieur !

Notre grande lutte, notre grand combat, c’est de s’approprier personnellement cette révélation. Que rien de l’évangile, de l’eucharistie ou de mes liens de charité ne demeurent extérieurs. Que je ne sois en rien spectateur. Que rien ne soit un rite, un culte, des prières à réciter. Il n’y a rien qui ne blesse plus Jésus.

Toute ma vie doit être cette conquête du coeur de Jésus, tout vivre avec Lui, comme un ami avec son ami, un enfant avec son Père, un époux avec son épouse. 

Apprendre à avoir cette confiance infinie en Lui, lui remettre tout ce que je porte tout le temps, entrer dans cette simplicité, être toujours à nu devant lui, sans aucune honte : il connait nos fragilités, nos pauvretés, nos erreurs et il veut qu’on s’en serve pour entrer et vivre dans abandon, une confiance sans limite, et être absolument certain de son amour pour nous, un amour inconditionnel. Devenir le familier de Jésus.

C’est pour ça que la grande école c’est la charité fraternelle : la charité fraternelle ce sont des amitiés qui sont à la taille de Dieu : recevoir son frère, sa soeur comme une présence de Jésus, et confier à l’autre tout ce qu’on est : nos joies, nos luttes, nos douleurs : tout mettre en commun comme faisait les premiers chrétiens; au-début ce sont nos biens matériels, mais ensuite nos secrets les plus intimes : notre connaissance de Jésus. Si on est capable de le faire avec ses frères, c’est le signe de notre simplicité avec Jésus. Si on n’est pas capable avec ceux qui sont nos prochains, c’est le signe que notre coeur n’est pas encore complètement pauvre, complètement livré à Jésus, en attente de Lui. 

Il ne s’agit pas d’être des héros, des gens parfaits ou Mère Teresa, il s’agit juste d’être Le bien-aimé de Jésus. Toucher qui je suis pour Lui. Et ça, ça ne peut pas venir de nous. Ça ne vient pas de nos efforts. Je ne le touche seulement si je me laisse dépouiller de moi-même, de mes idées, de mes projets, de mes rêves sur moi-même. Il faut être très pauvre, en esprit, pour accepter d’être aimé inconditionnellement, d'être son « Bienheureux ».

Grégoire +

 

Voir les commentaires

« Et je vis : un cheval blanc, Celui qui le monte s'appelle Fidèle et vrai » Apoc 19, 11.

21 Février 2021, 08:36am

Publié par Grégoire.

« Et je vis : un cheval blanc, Celui qui le monte s'appelle Fidèle et vrai » Apoc 19, 11.

« Les temps sont accomplis, le règne de Dieu s'est rapproché. Convertissez-vous et croyez à la Bonne nouvelle. » Mc, 1, 14-20.

On entend souvent « convertissez-vous » comme une espèce de reproche, un rappel à l'ordre. On entend : « ça ne va pas, ce n’est pas bien, changez, faites des efforts... » Alors, si Jésus vient pour nous faire la leçon, ce n’est pas tellement une bonne nouvelle ! Or Jésus ne dit pas ça. Si on prend ces paroles comme un reproche, c’est la conséquence de la faute originelle : depuis on se sent coupable, on se juge et on a peur de Dieu. Pourquoi ? Parce qu’on ne connaît plus notre Père. Ah oui, «on récite » le notre Père, mais on ne le connait pas ! 

Quand vous vous levez le matin, est-ce que vous appelez Le Père ? Ou bien vous dites « café »? C’est bien notre grande misère : on vit comme si on était seul, avec un sentiment d’abandon et de devoir prouver que l’on est digne d’être aimé. 

Et on imagine Dieu comme un professeur d’école ou un gendarme, quelqu’un qui surveille, juge et punit ou qui récompense si nos résultats sont bons. Si Dieu est celui qui surveille si on applique bien la loi, c’est insupportable; alors on rejette sa présence et on le tient éloigné. Du coup on entend la parole de Jésus comme un ordre extérieur, une exigence a accomplir pour être en règle. C’est très faux comme regard, mais c’est notre psychologie malade.

Qu’est-ce que la conversion? en Grec métanoia, «dépasser ce qu’on perçoit», en latin con-verto «changer avec». Dans l’évangile Jésus opère plusieurs conversions : il convertit de l’eau en vin. Il convertit la tempête d’un lac en eaux calmes. Il convertit un mort, Lazare, en un vivant.

La conversion c’est être converti, dépasser les apparences et découvrir qui je suis pour Jésus, ce que Jésus a déjà accompli en moi ! C’est Jésus qui me crie : «ouvre les yeux, tu n’es pas ce que tu fais, tu es ce que j’ai fait de toi».

C’est cela la conversion du carême, c’est ouvrir les yeux sur ce que Jésus a fait pour moi :

«le règne de Dieu s’est rapproché de vous» Dieu s’est tellement rapproché, qu’il est devenu l’un de nous. Il est mon frère. Il se lie à moi définitivement et c’est gratuit, sans condition. Je n’ai rien à prouver. Je dois donc brûler ces fausses images de Dieu et ces faux regards sur moi-même. 

La conversion c’est entendre Jésus qui me demande «est-ce que tu me laisses tout vivre avec toi, le bien comme le mal? Est-ce que tu acceptes que toutes tes fautes ne t’appartiennent plus? Acceptes-tu que j’en sois seul responsable? Comme toutes tes souffrances? Acceptes-tu de ne plus te juger? De ne plus que me regarder? De chercher mon regard, mon amour, mes désirs sur toi? Parce que je t’aime? Parce que ce qui est à moi est à toi !» 

On a 40 jours pour entendre qu'il est descendu dedans toute notre vie et s’en fait responsable. C’est fait. Nous sommes plongé en Jésus, revêtu de Lui. Ce n’est pas visible, il n’y a pas de résultats, mais c’est réel: c’est un secret donc c’est caché: c'est cela la sainteté de Jésus, une connaissance dans l'amour, un amour tel qu'il me fait être Lui, pour Lui, sans aucune paillette extérieure ! La conversion, c’est se laisser conduire à vivre de don qui n’est pas visible parce que c'est un amour ! Et parce que je n’en ai aucune évidence, laisser Jésus me le dire et me faire en vivre !

Jésus ne s’est pas rapproché pour nous donner des conseils ou des méthodes pour être des gens biens. Il s’est rapproché pour nous épouser. Il est descendu en nous, spécialement là où tout était perdu, là où c’était pourri, moisi, mort ! Jésus s’est fait responsable de nous ! Définitivement ! 

«Convertissez-vous et croyez en cette Bonne Nouvelle » La conversion c’est: «est-ce que j’accepte de laisser Jésus me conduire à vivre autre chose qu’une petite recherche de perfection humaine?!» Il a fait de chacun des créatures nouvelles: nous sommes fils du Père, c’est certain, mais on n’en a aucune évidence ! 

Se convertir, c’est donc passer de la recherche d’une petite perfection humaine, de notre volonté de changer les apparences, à vivre en Fils du Père, avec Lui. C’est la foi: je suis certain d’être recréé, mais je n’en ai aucune évidence. Ce qui est évident, ce sont les conséquences du péché qui sont très visibles ! Se convertir, c’est entendre Jésus nous dire qu’il est déjà victorieux de tout le mal que je porte ou que je fais et accepter que cette victoire reste cachée !

La conversion n’est pas d’abord de lutter contre nos défauts, mais lutter pour croire à ce don actuel de Jésus, qui nous a fait autre alors que nous n’étions pas prêts ! Et aucun de nous n’est prêt ou digne ou juste ! Jésus s’en fiche ! Son don qui nous rend prêt ! 

Jésus nous crie : «Les temps sont accompli ! C’est accompli !» C’est ce que Jésus dit à la Croix : « c’est achevé, l’oeuvre est terminé » Et la grande tentation, celle du démon, c’est de nous faire nous regarder, d’en rester à un jugement humain, à une lutte humaine, de rechercher une perfection humaine, alors que nous devons vivre immédiatement une amitié avec Jésus, sous le regard du Père.

La grande tentation, c’est de se juger en fonction de nos résultats humains, se lamenter devant nos fautes ou ceux de nos frères, or ça, c’est insulter Jésus qui a déjà tout payé ! La seule chose qui importe c’est : qui je suis pour Lui. Ma vie n'est pas ce que j’en fais, mais ce que Lui en fait ! Cela réclame de s’abandonner à sa conduite ! Choisir de Lui laisser conduire ma vie ! Car par moi-même, je ne peux pas vivre en fils du Père. C’est impossible ! C’est de trop ! 

Jésus veut nous faire vivre quelque chose qui n’est pas selon nos compétences ! Et ça, c’est difficile ! Nous, on veut payer, lutter pour notre transformation, car quand on paye, quand on lutte pour quelque chose, ça nous appartient ! Alors que quand c’est reçu gratuitement, on ne peut pas s’en glorifier, on est revêtu du travail d’un autre. Et puis on veut des résultats visible, on voudrait voir notre sainteté, nos efforts. 

Or, sur terre on vit d’un don qui reste caché : parce que c’est amour divin qui nous transforme sans qu’on puisse mettre la main dessus. C’est un secret personnel entre Jésus et moi et le seul résultat à attendre c’est Lui: tout attendre de Lui !

Pour être possédé par son don actuel qui nous recréé, je vous propose 3 choses : 

-chaque matin, en vous levant, mettez vous à genoux, dites à Jésus que vous voulez tout recevoir de Lui : «Viens me dire ton don, viens me dire qui je suis pour toi»

-Gardez une parole de Jésus, chaque jour. En lisant l’évangile, entendez et recevez Jésus qui maintenant vous parle !

-Et enfin, mettez Marie partout: dans vos joies, dans vos luttes, dans vos chutes, appelez-la, avec force, criez comme les Philippins : « Maman, Marie » Ça c’est très efficace ! C’est juste prendre le moyen que le Père a choisit !

C’est très simple apparemment, mais cela réclame d'absolument plus se regarder, de ne plus chercher les résultats, de ne plus chercher que Jésus.

Grégoire +

Voir les commentaires

Voici les noces de l'Agneau

19 Février 2021, 15:10pm

Publié par Grégoire.

Voici les noces de l'Agneau

« Un jour viendra où l’époux leur sera enlevé, ce jour-là ils jeuneront »

C’est surprenant : Dieu s’incarne pour nous épouser. Ces épousailles ont eut lieu et, on doit jeûner, être en deuil ?! Pourquoi? Curieuse manière d’épouser, de dire son amour ?! 

On est tellement habitué qu’on ne se pose plus de questions. Et puis, bon, on est paresseux et on se dit « bah oui, c’est ainsi, il faut bien se purifier… » C’est terrible notre désintérêt à creuser ce que Jésus veut vraiment ! Parce que c’est faire injure à la croix de Jésus que de ramener notre vie chrétienne à une purification morale ou religieuse ! 

Nos épousailles c’est à la Croix qu’elles se passent ! C’est là que se réalise notre divinisation. Jésus se sert de nos fautes, de nos péchés, de nos violences pour se donner à nous jusque dans son corps. Il s’est fait responsable de tout ce que nous sommes, et tout ce qu’il est, est mien. Comme dit la prière eucharistique, on ne fait qu’une seule chair avec Lui. Jésus vit en nous et nous en Lui !

Ce sont les vraies épousailles. Le mariage humain est un signe, mais l’intention première de Dieu quand « l’homme quitte son père et sa mère pour ne faire qu’une seule chair avec sa femme », annonce l’union de Jésus avec chacun de nous !

Le jeûne dont parle Jésus c’est le retard entre son don qui est effectivement réalisé et la jouissance de ce don : je ne possède rien de cet amour. La charité, l’amour de Jésus pour nous, c’est toute sa personne pour moi, tout de suite ! Cet amour est réel, il est là, j’en suis certain, mais je ne peux en profiter !

Comme la foi, c’est la lumière même de Jésus sur le Père, sur chacun de nous, et bien cette lumière est certaine, mais elle est telle qu’elle m’aveugle, elle n’a rien d’évident. Mon frère est une présence de Jésus, j’en suis certain, mais ce n’est pas évident. L’eucharistie c’est Jésus, j’en suis certain, mais cela n’a rien d’évident. Je suis définitivement pardonné et j’ai besoin de constamment le réentendre, parce que si j’en suis certain, ce n’est pas évident. Je dois jeûner de toutes ces évidences !

Et l’espérance, ce désir efficace de Jésus qui fait de nous des enfants du Père, qui nous rends saints en Lui : nous sommes déjà ressuscités avec Jésus, c’est absolument certain, mais je n’en vois pas le résultat efficace ! Nous sommes lumière du monde avec Jésus, c’est ce que nous sommes, mais je ne sais pas comment. 

Voilà le jeûne chrétien : vivre d’un amour qui est Jésus lui-même, qui me divinise : la charité, vivre d’une lumière qui est celle de Dieu lui-même : la foi, et de son désir efficace sur moi qui me met au terme : l’espérance, mais de cet amour je n’en ai aucune jouissance, de cette lumière aucune évidence, et de son désir efficace aucun résultat apparent !

Vivre d’un don divin, plus réel que tout ce que je vois, mais dont on a aucune jouissance, aucune évidence, ni résultats apparents, ce n’est pas du jeûne, c’est un martyr ! C’est tellement un martyr qu’on préfère se réfugier dans de petits efforts humains, sans voir qu’on diminue alors le don Jésus …

C’est pour cela que si on ne regarde pas Marie, on se plante complètement sur ce qu’on a à vivre ! Marie n’a pas eu à se purifier ! Non, elle est immaculée, et sa grâce c’est la nôtre, sinon on n’est pas chrétien !

Les conséquences du péché originel ne sont pas notre première lutte ! Notre première lutte c’est de vivre ces épousailles, ces noces actuelles, alors qu’il n’y a absolument rien d’apparent ! Tout vivre en victorieux car la victoire est déjà acquise, malgré des apparences humaines franchement pauvres et misérables ! Voilà le jeûne chrétien ! 

Grégoire +

 

Voir les commentaires

Le sourire de Jésus pour nous

18 Février 2021, 15:38pm

Publié par Grégoire.

Le sourire de Jésus pour nous

« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ! »

Jésus vient mendier qu’on le prenne, qu’on vive de lui dans nos croix. Parce que chacune de nos croix, de nos souffrances nous donne Jésus. Il n’y a aucune croix où Jésus n’est pas. La Croix, c’est Jésus, donné, livré à moi, c’est le lieu de la grande révélation de Dieu, c’est le saint des saints, c’est Jésus qui épouse toutes souffrances, toutes violences pour nous dire intimement Le Père dans sa bonté ! Parce que celui qui m’est donné à la Croix -donc dans mes croix, c’est le Père : « qui me voit, voit le Père »

La grande conversion, c’est, plutôt que de fermer les yeux en attendant que nos souffrances passent, les ouvrir en grand pour y voir Jésus, toucher sa douceur partout où je suis crucifié, partout où je souffre, que ce soit de ma faute ou non.

Jésus ne regarde jamais notre culpabilité. Il sait que la souffrance nous meurtrie, nous écartèle et Jésus souffre que nous souffrions. Parce que la souffrance a toujours quelque chose d'inutile, d'insensé. 

Et on « renonce à soi-même » : quand on renonce à vivre comme des héros, comme des insensibles, quand on renonce à vouloir y arriver par soi-même, quand on accepte de mendier l'aide de ses frères ! 

Jésus a pleuré et Jésus pleure avec nous. Et quand il dit : « prend ta Croix et suis moi » cela signifie « ne porte pas tes souffrances comme un drame à vivre seul, mais reçois moi là,  j’en ai fait un lieu de révélation, un lieu de lumière et d’amour, un lieu d’épousailles, pour conquérir le coeur de nos frères humains, en leur pardonnant, en portant leur orgueil, leur volonté d’efficacité, leur fausse perfection. »

La souffrance à l’avantage de nous rendre petit, de nous fragiliser, de nous ouvrir à ce qui n’est pas nous. Si on la vit avec Lui, sinon on se durcit et c’est pire que tout. Le Père permet la croix pour nous rendre comme Lui, c’est à dire qu’elle nous rend accessible, mendiant, non-autonome, vulnérable, faible, fragile, sensible, désirant, en attente d’un secours. 

On ne connait plus le Père, parce qu’on s’est rendu inaccessible, insensible, distant, fier, suffisant. On a une image terrible de Dieu, comme si Dieu était un super-héros assis sur un trône avec des super pouvoirs.

La toute-puissance de Dieu, c’est un amour tellement pauvre, une pure attraction, tellement vulnérable qu'il peut descendre auprès des plus pauvres. On aurait envie de dire qu'il ne peut descendre que là ! Aussi, une vie d’échecs complets, des actes stériles, des dégradations définitives, cet amour en fait des lieux de fécondités, de renaissance, de vie jaillissante !

La Croix, c’est Jésus qui vient nous faire être Lui : pain de nos frères humains, leur vin, leur repos, être Agneau pour eux : être des petits Jésus, source de lumière et d’amour divin.

Et si nous célébrons aujourd’hui Bernadette, c’est pour ne pas vivre ce temps sans Marie. Devenir avec elle compatissant, porter avec ceux qui pâtissent leurs souffrances, et ainsi devenir pour eux une présence du Père, une présence de Jésus qui nous sourit à la Croix. Car Jésus sourit à la Croix; il n’est pas dans un drame tragique, un mauvais moment à passer, même si la souffrance est là. Il sourit, et il nous sourit, car il y a une présence inouïe du Père, de Marie, de Jean; et la présence de nos amis dans la violence de la souffrance, leur amour qui communie à nos souffrances, nous donne une joie unique. 

C’est cela prendre sa Croix, c’est prendre Jésus, pour tout vivre en victorieux, parce que l’amour divin est victorieux : en descendant dedans nos souffrances, dedans nos luttes, dedans nos blessures, Jésus fait de ces lieux de morts, d’échecs définitifs, des lieux de fécondité, de lumière, d’amour. 

C'est Marie qui nous fait ne jamais rester seul dans nos luttes, de donner nos croix aux Jésus qui sont avec nous, nos frères, nos soeurs, pour découvrir un nouvel amour dedans ces blessures, dedans ces lieux de désespoirs. 

Grégoire +

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>