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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Pose-moi comme un sceau sur ton coeur

27 Janvier 2021, 19:00pm

Publié par Grégoire.

Pose-moi comme un sceau sur ton coeur

« Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait (...)  Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »

Cette parabole du semeur nous semble tellement connue ! Et précisément on l’entend comme si l’efficacité de la Parole de Dieu dépendait de notre écoute, de notre bonne terre ! 

Or, lorsque Jésus parle, sa parole, étant substantielle, est efficace par elle-même. Ce qu’elle dit, cela se réalise !

Nous, quand nous parlons, nous exprimons ce que nous portons, ce que nous pensons, connaissons, et très souvent nous répétons des opinions, nous faisons du bruit, du vent, pour combler le vide… Et nous oublions que la parole est sacrée, elle dit notre personne, ce que nous sommes, nos secrets personnels !  

Quand Jésus parle, il dit ce qu’il est, il nous dit le Père. Il ne dit pas d’abord des trucs à faire ou à accomplir. Or, on entend trop souvent l’évangile comme si c’était une recette de cuisine à appliquer. Comme si Jésus avait besoin de nous pour que ce qu’il dit soit réalisé ! Mais non ! Sa parole est créatrice ! Lorsqu'il dit « Que la lumière soit » la lumière est ! Si il dit "Pains" les petits pains arrivent !

Et cela, c’est parce qu’on l’écoute comme on écouterait n’importe qui; en effet la parole humaine ne crée rien. La sienne est substantielle : elle fait partie de Lui. La parole de Dieu c’est Dieu .. pour nous ! 

C’est en cela que tout ce que dit Jésus, cela se réalise ! Et quand, à la messe, j’utilise les paroles de Jésus, ces paroles pardonnent, ces paroles nous rendent bons, nous rendent saints, et font que ce n’est plus du pain, mais Lui, dans son corps. Jésus obéit à sa parole lorsque je la dis !

Aussi, puisque sa parole est efficace sur nous, sur chacun, nous sommes donc déjà son corps, sa présence ! Puisque les paroles de la consécration transforment le pain, mais tous ceux qui sont autour aussi en une présence de grâce ! Évidemment ! Mais nous, nous n’y croyons pas ! On ne veut pas l’entendre ! C’est de trop pour nous ! 

On n’entend pas que c’est Jésus, parce qu’on n’a plus un cœur d’enfant ! A force d’écouter tous les bruits du monde, de les répéter, cela nous alourdit, on est devenu sourd et on appelle ça « être adulte ».

« Ceux qui sont la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un » sont ceux qui ne se dispersent pas en ragots, en futilité, qui ne parle pas pour faire le gendarme, mais réservent leurs paroles pour ne dire que leur cœur, le secret de leur âme !

On est un cœur pur, une « bonne terre », quand on mendie à Jésus, quand on le harcèle de nous dire jusqu’au bout, ce qu’il a déjà fait de nous ! C’est la seule raison pour laquelle on peut répéter certaines paroles, comme celle de l’annonciation, du magnificat : c’est pour entendre qui nous sommes pour Lui ! Ce n’est pas pour répéter à Dieu des choses qu’il sait mieux que nous !

C’est pour cela qu’il nous dit : « Je ne vous appelle plus ‘serviteurs’, mais ‘amis’, parce que TOUT ce que j’ai entendu du Père je vous l’ai fait connaître » 

La bonne terre, c’est celui qui sait que par lui-même il ne sait pas bien écouter, alors il mendie à Jésus de la lui faire entendre, de nous la « graver comme un sceau sur notre cœur » Ct 8, 6.

Grégoire +

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Son désir sur nous

26 Janvier 2021, 19:17pm

Publié par Grégoire.

Son désir sur nous

« Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson »

On peut entendre cette parole comme dans les traditions païennes, où les prières étaient offertes aux Dieux, pour que les Dieux fassent quelque chose ! Comme si la prière était un prix à payer pour obtenir les faveurs divines ! 

Jésus n’a pas besoin de notre prière pour agir ! En tout cas, il n’agit pas en fonction de notre prière ! 

Alors que signifie cette parole « Priez le maître de la moisson » ? Il signifie que la prière c’est de nous ouvrir au désir actuel de Jésus sur nous, pour l’entendre nous dire ce qu’il fait de nous. Être formé à la taille de ce que Lui a fait de nous; et ne pas se réduire à notre ressenti, à ce que l'on croit être, ou ce que d'autres pensent de nous !

Par son incarnation Jésus nous communique sa vie, c’est un don actuel. Et par sa parole il nous dit ce qu’il a fait de nous : quelque chose de sa présence. Prier c’est écouter pour entendre jusqu’au bout qui je suis pour Jésus pour le Père, au-delà des apparences et au-delà de ce que je ressens. 

Jésus trouve beaucoup de personnes généreuses, données, pieuses. Mais combien croient, c’est à dire entendent de Lui, jusqu’au bout, qu’ils sont vraiment sa présence ? Que c’est comme cela qu’ils doivent se regarder ? Et ainsi chercher ce que chacun me donne de la présence personnelle de Jésus. « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie »

C’est ainsi que l’on est envoyé « comme des agneaux au milieu des loups » : pour demeurer dans le monde l’Agneau du Père, demeurer  dans cette naïveté divine, sans aucun calcul, ni critique des luttes actuelles, il faut demeurer dans la main du Père, comme Celui que le Père a choisi ! C’est cela qui donne la Paix : « dans toutes maisons où vous entrerez, dites : La Paix soit avec vous » cela est possible parce qu’on est sa présence. Seul sa présence ordonne tout et ainsi met dans la Paix. 

Et, on est sa présence en demeurant auprès de Lui. C’est ce que Jean manifeste en premier : l’Agneau c’est celui qui demeure dans le sein du Père, il est là pour Lui dans le silence de l’amour; 

On est sa présence en étant Témoin du Père : on reçoit actuellement tout de Lui et ainsi on dit le Père; 

En étant Serviteur : Jésus se fait notre esclave, service absolu qu’il manifeste dans le lavement des pieds ou en se faisant notre pain;

En acceptant les états de pauvretés dans lesquels il me met pour manifester l’absolue gratuité de son don, et demeurer dans l’action de grâce : Jésus est l’amen du Père; 

Et en cherchant la lumière, en maintenant en nous ce désir de « voir le ciel ouvert », qui est Jésus à la Croix, blessé et dans l'extrême petitesse du mourant; et qui est ce que Jésus réalise à chaque page de l’évangile et nos histoires saintes.

« Prier », c’est être tout attente pour ne rien diminuer de ce que Jésus nous fait vivre chaque jour. Peu importe notre vécu, peu importe les résultats visibles. Pourvu que nous ne regardions que son désir, car son désir sur nous est efficace par lui-même ! Cela réclame d’entendre ce que nous sommes pour Lui, et donc pour notre monde : l’Agneau du Père, son enfant bien-aimé. 

 

Grégoire +

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J'ai soif d'être ton enfant

25 Janvier 2021, 16:40pm

Publié par Grégoire.

J'ai soif d'être ton enfant

« Proclamez l’évangile, celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ! »

Proclamez l’évangile, c’est proclamer qu’en s’incarnant, Jésus nous sauve. C’est à dire qu’il se sert de nos pauvretés, de nos blessures pour nous diviniser, faire de nous des fils du Père, ses frères ! En cela, croire en son don, en ce que lui fait, nous rend saints, c’est à dire que nous sommes remplis de Jésus ! Nous sommes pleins de Jésus ! « Croire à l’évangile » c’est choisir de ne plus s’appuyer sur soi-même, sur ses petits muscles !

« Proclamez l’évangile », c’est en premier, proclamer à soi-même, inscrire dans sa vie, que le salut est un don gratuit, une nouvelle naissance, qui descend d’en haut et s’impose à nous ! Le baptême nous fait être comme une seule personne avec Jésus; « Proclamez l’évangile » c’est désirer vivre comme Jésus : en enfant du Père ! Tout l'évangile c'est Jésus qui nous montre comment désirer vivre en enfant du Père : en criant tous les jours au Père notre désir : « j'ai soif d'être ton enfant » ! Car le Père regarde nos désirs et jamais les résultats !

Ne pas croire, c’est simplement continuer de s’appuyer sur soi-même, sur ce qu’on comprend, sa prudence, sa propre sagesse, ses propres forces, donner trop d'importance à ses inquiétudes, à son passé... C’est chercher des résultats visibles, chercher une espèce de perfection humaine, et juger, décider de ce qui est bien ou mal ! Ça, ce sont les pharisiens qui n’attendent plus de sauveur, qui sont satisfaits d’eux-mêmes, de leur prières, de leurs tentatives de conformités aux règlements et à la Loi !

C’est pour cela que le signe que Jésus donne, c’est que celui qui croit en lui-même, qui s’appuie sur lui-même, il a peur ! Celui qui ne s’appuie QUE sur Jésus n’a plus aucune peur, plus aucune angoisse, plus aucune culpabilité ! Il n’a qu’une seule « peur », celle de blesser Jésus. Ce n’est pas une peur, mais une crainte amoureuse !

Et, celle qui manifeste bien cela, après Paul de Tarse -sur qui Jésus est tombé gratuitement, c’est Thérèse de l’enfant-Jésus, : elle veut arriver au ciel les mains vides ! Pourquoi ? Parce que toutes nos œuvres, tout ce qu’on fait, toutes nos réponses sont pleines de nous-même. Et pour ne rien diminuer du don de Jésus, il faut accepter les états de pauvretés dans lesquels on est mis ! C’est la coopération la plus difficile : pour inscrire cette gratuité dans toute notre vie, il ne faut plus avoir aucun projet sur nous-mêmes ! Être aveugle sur nous-mêmes ! Ne plus se regarder ! Plus de rétroviseur !

Or, c’est ce qu’il y a de plus fécond : Thérèse est Patronne des missions, plus que St Paul ! Alors qu’elle n’est jamais sortie de son Carmel ! « Dans le cœur de l’Eglise, je serais l’amour, ainsi je serais tout ! »

C’est cela que Jésus veut pour nous ! Et c’est possible, pour lui ! Il suffit de le laisser faire !

Grégoire +

 

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Il s'est rapproché de toi

24 Janvier 2021, 14:42pm

Publié par Grégoire.

Il s'est rapproché de toi

« Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Evangile. » Mc, 1, 14-20.

Quand on écoute rapidement cet évangile, on entend « convertissez-vous » comme quelque chose d'un peu négatif ! Souvent « convertissez-vous » cela veut un peu dire « c’est pas bien, changez ! »

La conséquence de la faute originelle, fait que l’on a peur. On se sent coupable de quelque chose. Comme on ne connaît plus Dieu notre Père, on l’imagine comme quelqu’un qui juge et qui punit ! Donc, on ne supporte plus sa présence et on le tient éloigné ! C’est le très pur, le Saint, donc il est loin de nous, car nous, nous sommes coupables et impurs !

C’est très faux comme regard, mais c’est notre psychologie malade. Et tout l’Ancien testament montre nos projections déformées sur Dieu.

C’est le sens de la 1ère lecture. Le livre de Jonas est très court : quatre pages qui racontent une fable écrite après l’exil à Babylone ! Dieu dit à Jonas : « ça ne suffit pas que de convertir mon peuple dans ton pays minuscule. Je t’envoie en mission à Ninive » (aujourd’hui, Mossul au nord de l’Irak). Or Ninive à l’époque était l’ennemi juré d’Israël, une ville très puissante, d’un empire païen. Y aller pour Jonas, c’était la mort, c’est certain ! Mission impossible! Et puis, Ninive était une immense ville ! Il fallait trois jours pour la traverser. Jonas n’obéit pas et embarque sur la Méditerranée ; il y a une tempête et on jette le prophète à la mer. Une baleine avale Jonas qui est confiné dans son ventre et, il est recraché trois jours plus tard. Du coup, finalement Jonas part pour Ninive. Et le miracle se produit : Jonas la traverse en un jour et tous les Ninivites sont convertis !

Mais Jonas n’était pas du tout content. Lui, voulait que Dieu exerce sa colère contre ces païens, ces pécheurs. Et Jonas, écœuré, va s’installer à l’écart de la ville. Mais on est en plein été, il étouffe au soleil. Alors Dieu, fait pousser un arbuste pour le protéger. Mais le lendemain, l’arbuste meurt. Alors Jonas est vraiment en colère... Et Dieu lui dit : « Quelle histoire pour un arbre qui meurt à peine poussé ! Mais ces Ninivites… Ils sont mes enfants tout de même ! »

Bref, il y a ainsi trois conversions dans le livre de Jonas :

-Jonas est petit prophète juif, peureux, pas très conquérant (ce n’est pas IsaIe ou Jérémie ou Samuel qui sont de grandes personnalités) Dieu s’approche de nous, vient à nous, à travers des gens apparemment simple, pas très fort humainement. Ce ne sont pas nos qualités ou ce qu’on a acquis, nos connaissances qui intéressent Dieu, mais notre capacité à être mendiant, pauvre, ouvert à plus grand que nous.

-Ce n’est pas Jonas qui convertit Ninive, mais c’est la parole de Dieu que Jonas prononce ! Dieu n’attend pas d’abord des efforts ou un changement moral, mais qu’on entende ce qu’il nous dit. Et qu’on proclame sa parole, même si ça semble ridicule ou que ça me mette en danger !

-Dieu convertit le désir de justice et de vengeance que Jonas avait, en un amour pour tous les Ninivites ! En me faisant l'annoncer pour ceux qui sont dignes de la guillotine, Dieu convertit mon cœur et mes regards auto-culpabilisants ! Je connais Dieu comme mon Père, quand son amour pour tous les hommes devient mon amour !

Dans l’Evangile, Jésus nous réalise autrement ces 3 bonnes nouvelles :

 les temps sont accomplis, le règne de Dieu s’est rapproché de vous » Dieu se fait proche. Il vient casser cette fausse image qui fait qu’on le tient éloigné. Dieu s’est tellement rapproché, qu’il est devenu l’un de nous !

Parce que Le Règne de Dieu ce ne sont pas des conseils, des trucs pour nous aider, des méthodes pour nous guider ! Le Règne qui s’est rapproché, c’est quelqu’un -Jésus- qui descend en nous là où tout est perdu, là où en nous c’est mort !

Jonas dans le ventre de la baleine, est une préfiguration de Jésus qui veut descendre dedans nous, pour nous donner une nouvelle vie de l’intérieur !

- « Convertissez-vous et croyez que cette Nouvelle est bonne ! » La conversion est une bonne nouvelle, car il ne s’agit pas de se regarder, mais de le regarder Lui ! Se convertir c’est ouvrir les yeux sur Lui qui est là, pour moi ! Dieu est pour moi ! La conversion n’est pas de lutter contre nos défauts, mais entendre la joie de Jésus qui se donne à nous qui ne sommes pas prêts ! Car aucun de nous n’est prêt ou digne ou juste ! Comme les Ninivites ! Jésus s’en fiche ! Sa joie c’est de nous rendre prêt !

Jésus se fait connaître en nous demandant de nous rendre proches de chacun; ceux que l’on voudrait voir punis, châtiés, Jésus nous demande de nous en faire proche. Je connais Jésus, quand j’annonce à chacun : « Jésus s’est rapproché de toi ! »

-et Jésus nous dit « Suis-moi ». Il nous choisit pour coopérer avec lui gratuitement.

Jésus nous fait coopérer à quelque chose qui n’est pas selon nos compétences ! Et ça, c’est difficile ! Nous on veut être reconnu pour ce qui vient de nous, notre travail, ce qu’on a fait ! Nous on voudrait tellement être loué pour nos initiatives, notre générosité, pour qu’enfin le monde reconnaisse qu’on n’est pas si mal !

Et nous on veut payer pour notre conversion, car quand on paye ça nous appartient ! Alors que quand c’est reçu gratuitement, on ne peut pas en tirer de gloire, on est juste alors revêtu de Dieu.

Aujourd’hui, Jésus nous dit « Suis-moi » ! Se convertir c’est laisser être possédé par son choix actuel sur nous ! C’est un choix personnel, définitif, sans condition ! Dieu me choisit ! « Je te choisis parce que c’est toi ! »

Dans son « suis-moi », il faut comprendre qu’on est important pour lui ! Et là on doit être intransigeant sur cette bonne nouvelle : « je suis celui que Jésus choisit! Tu es celui que Jésus aime »

Et évangéliser c’est cela ; c’est être témoin qu’on est aimé d’un amour qui nous fait être quelqu'un pour lui !

Grégoire +

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Toucher le Verbe de Dieu

21 Janvier 2021, 19:40pm

Publié par Grégoire.

Toucher le Verbe de Dieu

« Tout ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher ! »

Pourquoi ces souffrants, leur faut-il toucher Jésus pour être guéris ? Pourquoi leur foi ne suffit-elle pas ? Que rajoute le toucher à la parole ?

Toute l’écriture est traversée par la question du toucher. A propos de l’arbre du milieu du jardin, Dieu dit « du fruit de l’arbre, tu n’en mangeras pas et n’en toucheras pas » ou encore « tu ne mettras pas la main sur lui » 

Pour transmettre la bénédiction, héritée de Dieu, Isaac doit toucher Jacob, qu’il croit être Ésaü. Et le toucher est plus important que ce qu'il croit puisque Jacob est béni à la place d'Ésaü

La montagne du Sinaï qui est toute fumante du passage de Dieu, ne peut être touchée, comme l’arche d’alliance et l’accès au Saint des saints, marquant ainsi que la rupture avec Dieu a été telle que l'homme est devenu incapable de supporter la présence de Dieu. Il faut à l'homme déléguer son rapport avec Dieu à une tribu, celle d'Aaron, qui devient ainsi la caste des prêtres, médiateurs entre Dieu et l'homme.

Il y a dans cette lumière, tous ces passages à propos des prophètes, Jérémie, Isaïe, Ézéchiel et Daniel, capables eux de Sa présence. Et Dieu vient toucher leurs lèvres pour les rendre capables de l'annoncer; Ce toucher est alors comme un baiser, une manifestation du choix de prédilection de Dieu. Ce toucher renvoie à la création d’Adam : cette haleine de vie que Dieu lui insuffle après l’avoir modelé est comme un baiser. Marque de cet amour premier de Dieu à l’égard de sa créature, aimée gratuitement, que l’on retrouve dans le Cantique des cantiques comme un appel à retrouver ce souffle premier, cette marque première de Dieu : « qu’il me baise des baisers de sa bouche ».

Dans l’évangile, toute les guérisons se font par un toucher. Il y a aussi ces gestes qui sont des initiatives gratuites, personnelles, sans autre raison que de manifester l'amour : celui de Marie Madeleine qui verse du parfum sur les pieds de Jésus, de Jésus qui, à genoux, lave les pieds de ses disciples, de Marie-Madeleine à qui Jésus refuse qu’elle ne le touche au matin de la résurrection, alors que pour Thomas, Jésus lui ordonne de toucher ses plaies.

La crucifixion est aussi une multiplication de violents touchers du corps de Jésus, depuis le baiser de Judas, en passant par la flagellation, et qui s’achève par un coup de lance; geste irréfléchi  d’un soldat qui devait seulement vérifier la mort des crucifiés et sinon leur briser les jambes. Or le soldat lui transperce le côté duquel jailli le sang et l’eau. Blessure que rapporte Jean comme le sommet ultime de révélation.

La liturgie continue ces gestes puisqu’on embrasse l’autel, l’évangile, la croix le vendredi saint, on se donne un baiser de paix; les sacrements, continuation des gestes de Jésus pour nous, culminent dans l’eucharistie où nous mangeons la chair et buvons le sang de Jésus, pour devenir jusque dans notre corps une seule personne avec Lui.

Aristote dans la métaphysique, dit que « connaître c’est voir » pour montrer la gratuité de la connaissance : on connaît pour la joie seule de connaître. Mais la vue si elle permet de distinguer, de saisir les différences, elle nous fait rester comme à l'extérieur de la réalité. 

Plus loin, à propos de la recherche du pourquoi, du ce en vue de quoi, il dit « connaître c’est toucher ». Et là, toucher permet de connaître en goûtant la réalité de l'intérieur. Par exemple, par le geste amical nous recevons la présence d'un autre en qui nous trouvons un certain repos, une joie. La présence d'un ami, manifestée dans un geste, nous donne de connaître quelqu'un de l'intérieur, quelqu'un qui est là pour nous. « Connaître c’est toucher » c'est à dire, pour connaître quelqu'un, il faut l'aimer, le recevoir dans sa bonté, à travers ce qu'il donne de lui, dans un geste qui est le sien. Avant cela, on ne connaît l'autre que de l'extérieur. Du coup, on reste toujours un peu spectateur. Par le toucher, on atteint et on franchit cette frontière entre l’extérieur et l’intérieur, entre ce qu’on manifeste, ce qu'on dit de nous-même et ce qui nous est personnel, intime, secret. 

Sens le plus fondamental, le toucher est premier (un nouveau-né qui n’est pas touché meurt) et dernier : quand on ne touche plus c’est que l’on est mort. Le toucher est aussi le sens le plus étendu, qui marque la séparation de ce qui n'est pas nous avec notre monde intérieur. Et c’est par excellence le sens du pâtir, de la réceptivité, donc de l’amour. Nous sommes affectés, marqué extérieurement et intérieurement par un toucher humain; parce qu'un contact sensible avec un autre, est la rencontre par la matière corporelle, de deux intériorités spirituelles qui véhiculent notre passé, notre vécu, nos passions...

Toucher quelqu’un c’est donc accéder, avoir part à son intimité; et lorsque ce toucher est réciproque, non seulement on donne à l’autre d’accéder à ce qu’on vit intérieurement, mais il y a une communion de deux intimités. A la fois on est autre, et en même temps il y a une unité dans l'amour, puisqu'on donne à l’autre d’accéder à ce qui nous est le plus intérieur : notre coeur, notre vulnérabilité, ce qui nous est le plus secret.

« Ce que nos mains ont touché du Verbe de vie » écrit St Jean dans sa première Épître; La liturgie souligne que l’apôtre Jean a puisé « la source de ses révélations, les secrets du Verbe devenu chair lors de la dernière Cène » alors qu’il reposait sur la poitrine de Jésus. 

En s'incarnant, Dieu est devenu chair pour se dire dans la matière corporelle, se donner à aimer dans un toucher sensible. C’est là le lieu ultime de l’alliance avec Lui. N’est-ce pas parce que l’amour réclame que l’on se livre à l’autre dans tout ce qu’on est ? La parole ne suffit pas à dire notre amour, à faire entrer l’autre dans notre intimité.

Dieu est devenu chair pour « devenir une seule chair avec nous » pour nous prendre dedans lui. Et cela, n’est connu que dans un toucher.

« Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des gentils. » Apoc 22, 2.

Grégoire +

 

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Il est venu chez les siens

20 Janvier 2021, 19:47pm

Publié par Grégoire.

Il est venu chez les siens

« Promenant sur eux un regard de colère, affligé de l’endurcissement de leur coeur… » (Mc 3, 1-6)

C’est assez rare de voir Jésus en colère, Jésus blessé du jugement imperturbable de ceux qui ont érigé la loi comme un absolu, au-delà des personnes ! 

« Et ceux-là, ils épiaient Jésus » Il n’y a pas de repos chez eux ! C’est le propre du démon : toujours dans l’agitation, toujours inquiet ! Parce qu’il n’a pas trouvé son repos !

Or, Jésus est-il venu chercher des personnes ou sauver une institution ? La loi est, en effet, un tuteur, un appui. Et même, plus que cela, elle est ce qui nous donne conscience de nos pauvretés et donc de la nécessité d’un sauveur ! La loi a été donné pour nous montrer que par soi-même on ne peut définitivement pas s’en sortir ! L’état de l’être humain est celui d’un rescapé de guerre, définitivement invalide ! Bien sûr, on reste capable de planter des choux, construire des maisons ou des avions, et surtout on est très très capable de prétendre à soi-même que l’on va très bien et que l’on a besoin de personne.

Mais malheureusement, on a perdu notre lien premier avec notre source : on ne sait plus d’où on vient, ni où on va ! Donc on ne sait plus qui on est tant qu’on a pas redécouvert personnellement Celui qui actuellement nous porte dans notre existence et nous attire à Lui ! De là viennent nos peurs, nos angoisses, parce qu’alors on ne se définit que par ce que l’on fait ou par ce que l’on connait ! Et nous ne sommes plus alors que des handicapés de la relation : on cherche désespérément à être reconnus, lorsqu’on n’a pas trouvé le repos en Celui qui, dans son être, est amour.

Dieu, parce qu’il est amour, ne nous aime pas du fait de nos qualités ou de nos actes, mais c’est Lui qui, en nous aimant, nous rend bon !

Mais déjà Aristote s’en étonnait : alors que nous sommes fait pour contempler et aimer, comment se fait-il que la plus part d’entre nous demeurons dans l’imaginaire, dans l’efficacité ou dans le tout communautaire ? Pourquoi sommes-nous si peu libre intérieurement et ne vivons dans le monde que comme dans un troupeau ? Parce qu’on est soi-même que lorsqu’on a découvert Celui qui m’attend !

Et ainsi, parmi ceux qui ont la foi, combien ont vraiment reçu Jésus comme leur Jésus ? Dieu, c’est mon Dieu, celui qui m’attire, qui m’attend et est radicalement pour moi ! Lorsque l’on a trouvé notre repos en Lui, alors on ne se compare plus, on ne se jalouse plus, on ne se juge plus. 

Lorsque j'ai découvert que je suis important pour Lui, alors j'ai un respect absolu de chacun et de son chemin puisqu’il est conduit par Dieu de manière unique ! Il y a autant de chemins que de personnes humaine disait Benoit XVI !

Dieu n’est pas un sommet à atteindre ! La vie éternelle n’est pas une récompense que j’obtiens si je me conduit bien ! 

L’obstacle le plus grand au don de Jésus, de Dieu pour moi, c’est de croire en nos qualités, de faire de sa vie un résultat à atteindre ! Et cela nous rend dur et idiot !

Dans cet évangile, cet homme handicapé se retrouve être le plus proche de Jésus. Nos pauvretés font que Dieu se rapproche de nous !

Grégoire +

 

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Vierge de tout avoir

20 Janvier 2021, 10:59am

Publié par Grégoire.

Vierge de tout avoir

« Selon la loi, ce n’est pas permis » C’est étonnant que le plus grand obstacle pour entrer dans la nouvelle alliance, c’est  un certain esprit religieux, celui qui croit avoir acquis quelque chose à propos de Dieu. 

Pourquoi ? Parce que tout en nous est en attente de Dieu. Inconsciemment ou non, on est en attente de voir et d’aimer notre source. Rien ne peut nous procurer de vrai repos, de vraie joie, sinon Lui. Cette attente de Dieu touche donc en nous ce qui est le plus nous-même.

Mais de Dieu, on ne peut rien posséder; il n’y a pas d’avoir, d’acquis à propos de Dieu. Donc tout les petits moyens qui ont pu nous aider, ou toutes les petites connaissances à son sujet -et qui peuvent venir de Dieu : une communauté, un saint, une règle de vie, une spiritualité, tout ces moyens, si on en fait des absolus, ils deviennent immédiatement des obstacles à Dieu lui-même !

Une loi, une règle, une liturgie, une hiérarchie sont des moyens; mais dès qu’on en fait des absolus, ils deviennent le pire des obstacles ! Alors qu’ils ne sont pourtant pas à jeter à la poubelle : je m’en sers, mais comme des moyens ! Mais je ne dois jamais être relatif à une règle ou à une loi, jamais ! Quand la règle devient première, cela tue toutes fécondités ! Et je ferme la porte à Dieu ! Parce que le moyen alors devient la fin !

Le sabbat, le dimanche, les sacrements ont été faits pour l’homme et non l’homme pour la loi ou les sacrements !

C’est pour cela que pour être conduit dans cette reprise radicale, la grande voie, c’est la pauvreté en Esprit ! C’est  bien Abraham : « quitte ton pays, quitte tout ce qui t’es connaturel, pour aller là où moi je te montrerais »; et puis Isaac, Isaac c’est la gratuité pure : et ça vient d’en haut !

Et c’est pour ça que Jésus prend des pauvres pour disciples, pas des grands-prêtres ou des scribes ! Et celle qui est la plus pauvre, c’est Marie. Et la qualité première de Marie, c’est de  toujours maintenir une attente de Dieu; elle aurait pu dire elle, après trente ans avec Jésus à Nazareth, « ça y est, j’ai compris ! » Non, elle ne dit jamais cela !

Elle est celle qui brûle constamment toutes ses idées, toutes ses connaissances et conclusions; Et cela est la vraie pureté : Marie est vierge de toutes idées ! Tel est l’esprit de virginité : accepter de bruler toutes nos connaissances sur Dieu, tout nos petits moyens,  tout nos acquis, tout nos avoirs, pour être pure attente et se laisser enseigner par Lui; et surtout se laisser aimer par lui !

Jésus nous conduit toujours en nous dépouillant de toutes nos grandes idées, nos désirs de perfections … Il est l’Agneau qui enlève notre orgueil de croire qu’on a les idées et les moyens par nous-même de rejoindre le Père, de l’atteindre !

 

Grégoire +

 

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Viens, je te montre la Fiancée, l'Epouse de l'Agneau

18 Janvier 2021, 17:36pm

Publié par Grégoire.

Viens, je te montre la Fiancée, l'Epouse de l'Agneau

Pourquoi tes disciples ne jeunent-ils pas, comme ceux de Jean-Baptiste ? demandent les pharisiens à Jésus. Pourquoi cette rupture apparente avec la loi religieuse, avec les traditions des anciens et l’Alliance de Dieu avec Moïse ?

« Tant que l’Epoux est avec eux, les invités à la noce ne peuvent jeûner ! »

L’Incarnation réalise quelque chose de complètement nouveau qui n’est pas dans la continuité de l’Ancienne Alliance !  C’est un vêtement nouveau qu’on l’on doit revêtir, un vin nouveau qu’on doit boire ! (Mc 2, 18-22)

C’est une initiative de Dieu telle que le chrétien ne vit pas d'abord une vie « religieuse », c’est à dire orienté vers Dieu, à le chercher ! Le chrétien n’appartient pas à une religion ! La vie chrétienne ce sont des noces, les épousailles de Dieu avec chacun. On est devenu comme une seule personne avec Jésus ! C’est cela que réalise l’incarnation : l’union de l’homme et de Dieu est telle que rien ne peut-être plus uni ! 

On comprend là, le scandale pour le sens religieux des pharisiens, pour qui l’obéissance à la loi et les traditions des anciens sont l’absolu ! Et on retrouve cela chez ceux qui sont religieux : les stoïciens, les Hindous, les musulmans … l’obéissance à une loi, des exercices religieux et un respect du Tout-Autre qui manifestent la quête de l’homme vers Dieu !

Mais Jésus a réalisé quelque chose de radicalement nouveau ! Et c’est pour cela qu’il faut garder vivant ce premier lien de l’Enfant-Dieu et de Marie : c’est comme cela que doit être notre lien avec Jésus ! Jésus et donc le Père et l’Esprit-Saint veulent, réclament, attendent avec nous la même relation, la même simplicité, la même proximité qu’entre l’Enfant-Jésus et Marie ! En deçà ce n’est plus chrétien, mais religieux, donc à taille humaine. Et cela blesse Jésus.

Aussi, la seule règle, la loi auquel nous sommes obligés c’est de chercher à recevoir l’amour que Jésus à pour nous; amour dont celui qui se rapproche le plus dans notre expérience est celui d’un époux pour son épouse (disons le soir des noces, parce qu’après, souvent, cet amour a un peu de mal à garder toute sa fraicheur.)

« Et un jour, l’Epoux leur sera enlevé et ce jour là, ils jeûneront. »

Le jeûne dont Jésus parle, c’est celui de l’Eucharistie. Par l’Eucharistie et l’oraison, Jésus m’est donné absolument, immédiatement, sans conditions, peu importe l’état dans lequel je suis. Mais on vit de cet amour sans aucune jouissance; on en vit dans l’obscurité de la foi; C’est cela le nouveau jeûne dont Jésus parle : on vit d’un amour sans en avoir la jouissance, on vit d’une victoire sans en voir les fruits et l’efficacité !

Mais on doit être lucide que c’est de trop pour nous, et naturellement on veut revenir à un lien religieux avec Dieu, avec une distance, une vénération de Celui qui est sacré, une loi, des interdits etc. Cela, c’est religieux, et c’est mettre le vin nouveau dans de vielles outres qui alors explosent. 

On comprend là, la colère de ceux qui attendent qu’on leur annonce l’oeuvre de Père, l’incarnation, et qui ne trouvent qu’un discours religieux ! Le monde est déjà marqué par la grâce, et il attend que les chrétiens vivent jusqu’au bout des exigences de cette union divine !

Grégoire +

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L'Agneau, douceur du Père

17 Janvier 2021, 19:20pm

Publié par Grégoire.

L'Agneau, douceur du Père

Aujourd’hui St Antoine du désert, surnommé parfois le « marteau des hérétiques ! » Hérétique ? αρεσις / haíresis, c’est celui qui a une préférence pour une pensée, une idée ! S’arrêter à une idée !

Coïncidence, l’évangile aujourd’hui, nous donne le point de départ de la vie chrétienne, sa naissance, ce qu’elle est en premier : vivre d’une personne. Non pas avoir des idées, un message, mais vivre avec quelqu’un ! 

Les disciples sont au désert, à l’écoute de Jean-Baptiste. Comme déjà le prophète Samuel, qui entre en contact avec Dieu par l’écoute. C'est Elie qui conseille a Samuel de répéter cette simple prière : « Parle Seigneur ton serviteur écoute ! » C’est magnifique, très simple, et bizarrement, pour nous, c’est plutôt : « Ecoute Seigneur, ton serviteur te parle ». Là commence le petit hérétique. On croit qu’on a des choses importantes à dire à Dieu. Comme si Dieu n’était pas déjà au courant. Curieux. Et Dieu qui est poli, se tait. Or, qui doit écouter qui ?

Et lorsque Jean Baptiste clame «Voici l'Agneau de Dieu», deux disciples entendent et suivent Jésus. 

Jésus est l’Agneau de Dieu. Qu’est-ce que ça signifie ? Avez-vous déjà vu un petit Agneau ? L'agneau qui vient de naitre est un animal d'une innocence incroyable, frêle et doux. Très doux ! Extrêmement doux !

Notre coeur, dans ce qu'il a de plus secret, notre vulnérabilité, ne se dit pas; pour l’exprimer on est poète, on prend des images. Mais dans la révélation, les métaphores ne sont pas que des métaphores. Elles disent cette vie cachée qui est précisément est venue se révéler. 

L’Agneau, nous dit la vie intime du coeur du Père; Jésus est l'Agneau du Père, tourné vers lui, offert pour lui, dans une douceur abyssale. Jésus ne vit que de l'attraction actuelle du Père sur Lui.  Et l’Agneau de Dieu nous est donné, pour être guéris par la douceur quasi substantielle du Père ! 

Jésus vit qu'ils le suivaient. Se retournant leur dit : « Que cherchez-vous ? »

Dans l’Ancien Testament, on ne pouvait voir le visage de Dieu sans mourir. On ne pouvait 'voir' Dieu que de dos. Le Nouveau Testament c’est Dieu qui se retourne et me montre son visage. 

Et cette première parole de Jésus pour nous : ce n'est pas un commandement, un ordre, ou un reproche; non, c’est une interrogation ! C’est vital de saisir que Jésus ne vient pas en premier nous faire le catéchisme ou la morale ! Il vient en premier réveiller notre intelligence, ce qui en nous est le plus proche de Lui ! 

Dieu ne veut pas qu’on soit des moutons ou des ânes ! Il veut des amis et pour aimer, il nous faut être intelligent ! Et être intelligent, ce n’est pas d’abord avoir des diplômes, ou accumuler des connaissances ! Être intelligent, c’est, pour nous, interroger notre expérience ! 

Socrate interrogeait ses concitoyens pour éveiller et faire accoucher les esprits ! Chaque fois que nous interrogeons nous naissons dans notre intelligence car alors, devenant mendiant du réel, on se laisse enseigner par la réalité telle qu’elle est; Face au réel, à un autre, si on est un peu sensible, un peu réceptif, on discerne vite que l’on ne connait pas tout et alors on interroge : Qu’est-ce c’est, qui es-tu vraiment ? Pourquoi ? 

De même que le désir est le moment premier, la naissance de l’amour en nous, l’appétit du bien, l’interrogation est l’appétit de ce qui est ! L’amour se renouvelle lorsque je laisse la bonté d’un autre s’imposer à moi et faire naitre un désir ! Aimer c’est laisser s’imposer la bonté d’un autre, comme connaitre c’est être pousser à interroger lorsqu’on laisse le réel s’imposer à nous ! 

Ainsi, plus nos interrogations sont vivantes, plus notre esprit rajeuni !

Jésus vient réveiller, faire naitre, ouvrir notre intelligence au réel. Ainsi, toute personne qui cherche, qui interroge est aimée de Dieu. Quelqu’un qui ne cherche plus est mort ! « On peut définir la personne humaine comme celle qui cherche la vérité » JP II. C’est précisément le propre de l’hérétique que d’être bloqué sur nos idées idolâtrées, encensées, canonisées, de croire qu'on possède la vérité ! Or le réel est toujours plus que toutes nos petites idées, aussi spirituelles soient-elles !

« Et les disciples lui répondirent : « où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là. »

Demeurer. Être auprès de Celui qui est la lumière, l’amour, la douceur. Celui qui se charge de tout nos problèmes ! Demeurer c’est trouver le repos ! Et cela s’achève dans un silence. On est silencieux quand on aime. On fuit, on surfe sur son portable, on cherche désespérément une solution politique quand on a pas trouvé -dans le réel existant- le repos de notre coeur !

La vocation chrétienne, c’est donc d’abord écouter, sans avoir de grandes idées ou de belles pensées. Juste écouter, et ce d’abord auprès d’un ami. C'est ainsi qu'on est conduit à l’Agneau, l’innocent, le très doux ! C’est toujours dans un lien fraternel qu’on découvre Jésus. 

Et puis, le suivre, pour cette rencontre personnelle ou je découvre qu’il est Agneau pour moi. Et là, l’entendre me dire : « Que cherches-tu ? Quel est ton premier désir ? » et faire sien cette interrogation. 

Quand on est dur, c'est que l'on a nos idées, un projets sur nous-même, sur les autres. Quand on est dur, c'est qu’il y a un petit tyran en nous, un petit dictateur. Il faut un très grand abandon, une très grande ouverture d'esprit pour être doux. La douceur manifeste une grande largesse d'esprit. C'est cela le travail premier de l'Agneau sur nous : nous débarrasser de toutes nos idées préconçues, enlever de notre esprit nos valeurs, nos idées du bien, nous appauvrir spirituellement pour faire de nous la douceur du Père. 

Il n'y a pas de plus grande souillure, de plus grande fornication, de plus grand esprit adultère qu'adorer ses idées, idolâtrer ses pensées ! C'est la pollution la plus grave de l'humanité que de faire de ses pensées la mesure du réel. L'Agneau vient pour nous en délivrer. 

Seul celui qui est radicalement pauvre de lui-même peut connaitre l'attraction de l'Agneau, entendre son cri :« Que cherches-tu ? »  On demeure auprès de l'Agneau, Celui qui est vers le Père, offert au Père parce que c'est le Père, pour devenir avec Lui Agneau du Père, douceur du Père sur la terre.

 

Grégoire +

 

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" Mon enfant ..." cri silencieux du Père

16 Janvier 2021, 17:14pm

Publié par Grégoire.

" Mon enfant ..." cri silencieux du Père

Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Pourquoi Jésus dit-il cela face à quelqu’un qui est incapable de se mouvoir physiquement ? Est-ce pour insister sur le péché et montrer ainsi que le péché est, pour lui, ce qu’il y a de plus grave ? 

Bien sûr que non ! Ce qu’il y a de plus important pour Jésus c’est nous libérer du poids de nos culpabilités. Nous libérer de ce cancer qu’est la culpabilisation lié aux poids de nos erreurs et aux jugements des autres ! 

On a conscience naturellement de nos erreurs, mais une éducation religieuse, et celle d’Israël en particulier, a comme augmenté le poids des fautes et leur culpabilisations ! Et Jésus vient nous libérer de cela ! La culpabilité est un cancer spirituel du démon qui tue l’âme. La culpabilisation est un orgueil caché. C’est la déception inavouée de ne pas être parfait par soi-même ! C’est donc un orgueil !

Le pardon n’est pas un acte exceptionnel de Dieu face à nos fautes; c’est sa manière propre de nous libérer du poids de nos fautes, de notre culpabilisation et de ces jugements qui nous paralysent !

Pardonner, c’est en redonner sa confiance, son amour, par dessus tout ce qui a été fait, se donner soi-même. C'est pour cela que pardonner est, on le voit avec ce paralysé : une initiative gratuite qui vient d’en haut ! Jésus ne nous pardonne pas parce que l'on demande pardon ! Il nous pardonne -il nous donne lui-même par dessus tout ce qu'on a pu faire, avant même qu’on lui présente nos fautes ! Et on lui présente nos fautes, pour entendre jusqu’au bout combien il ne nous regarde jamais à travers nos pauvretés. Et que nos fautes sont comme une goutte d’eau dans un brasier ardent, le brasier de son amour pour nous ! 

« Comment cet homme peut-il pardonner les péchés ? » Les 'valides', les bien-portants, les satisfaits ont un mal énorme à entrer dans cette miséricorde excessive de Jésus; ça les étrangle ! Certains ont du faire un infarctus tellement leur volonté d’accomplir parfaitement la loi était devenu leur seul but ! 

Ils ont oublié le prophète Osée : « c’est la miséricorde que je désire ... la connaissance de Dieu .. » ! Dieu a permis nos pauvretés, nos erreurs, pour que l’on connaisse un amour plus grand de sa part; un amour qui va plus loin que celui connu en justice originelle !

« Heureuse ruine qui fut rebâtie plus solide Ma faute est devenue pour moi le prix de la rédemption … Plus profitable me fut la faute que l’innocence. » St Ambroise

 

Grégoire +

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Celui qui de toute éternité, m'attend

15 Janvier 2021, 16:50pm

Publié par Grégoire.

Celui qui de toute éternité, m'attend

« Un lépreux vient à Jésus… Jésus en fut émus aux entrailles, rempli de pitié » tel est le regard actuel de Jésus sur nous ! Sa compassion envers toutes nos misères, nos luttes ! La prière n'est pas autre chose que de mendier, de toucher, de sentir ce regard sur nous ! Dans la foi, il n'y a pas de distance entre Jésus et moi, il faut donc lui demander de sentir combien il porte dans ses entrailles nos souffrances, toutes ! Surtout les moins glorieuses !

Puis, Jésus étend la main et le touche ! Alors que la lèpre est contagieuse, et que les grands prêtres ordonnent de tenir éloignés les lépreux, Jésus, qui est Dieu, mais aussi pleinement homme, le touche ! C’est un geste complètement imprudent, plutôt désobéissant et absolument pas nécessaire, même pour le guérir !

Alors, pourquoi ce geste ? Parce que Jésus veut se servir de la lèpre et de sa guérison pour se donner, se livrer entièrement, donner à ce lépreux l’amour actuel du Père ! Et cet amour ne peut-être donné que dans un geste : c’est quand il est le plus chair que Jésus, le Verbe du Père peut se dire à nous !

Mais juste après, il est écrit, en grec, « Etant irrité contre lui, Jésus le renvoya aussitôt » ou encore « Jésus le jeta dehors avec sévérité » 

Comment comprendre ce changement soudain d’attitude de Jésus ?  Jésus s’irrite parce que l’amour qu’il donne, c’est à dire tout lui-même, n’atteint pas son terme; Jésus se livre entièrement, mais il ne trouve pas dans le lépreux de réponse personnelle; Or, Jésus est complètement vulnérable, sensible à notre réceptivité et à nos initiatives dans l’amour.

Et, pour nous, nous sommes éprouvés lorsque la lumière ou l’amour que l'on nous porte est de trop, et nous rend vulnérable, nous met à nu ! Alors on préfère se réfugier dans nos petites histoires, revenir à ce que l’on a fait de nous : un lépreux, un pécheur… 

Et c’est pour cela que Jésus le renvoi aux prêtres : ils ont ramenés cet homme à sa maladie, de manière telle que maintenant il s’identifie à elle et à sa guérison. C'est alors une miséricorde de leur demander qu'ils constatent que sa maladie, comme toutes misères ou fautes sont accidentelles; Sa guérison doit donc être un témoignage pour eux : personne n'est identifiable à sa maladie ou à ses misères ! Il doit se montrer aux prêtres pour qu'ils le libèrent de ce regard destructeur dans lequel ils l'ont enfermés !

C’est terrible, et c’est un mal qui profondément nous détruit, que ce regard positiviste, matérialiste sur nous-même -ou sur les autres, que de se regarder en fonction de nos failles, de nos erreurs et de nos échecs. Cela empêche de se livrer tel qu'on est, de manifester notre vulnérabilité, spécialement face à Celui qui nous aime sans condition;

S'identifier à ce que l'on a fait nous condamne définitivement à vivre dans une obéissance formelle à la loi, dans un rôle généreux ou un truc à guérir, pour éviter d’être seul face à Jésus. Comme si on devait mériter d'être aimé !

Alors que toute l'oeuvre de Jésus sur nous est pour cette attente de nos initiatives gratuites, personnelles dans l’amour. Moi face à lui; Et, il attend notre réponse, la nôtre, celle de notre coeur. 

C’est cela le désir premier du coeur de Jésus sur nous : c’est le désir de celui qui n’est qu’amour et qui donc toujours m’attend ; Jésus est Celui qui de toute éternité, m'attend ! Parce que Jésus est, comme un désir substantiel, une attraction secrète d’amour; Il nous attire dans le silence sans aucune autre raison que lui pour moi. Pourquoi ? Parce que c’est ce qu’il est !

Dieu est amour.

Grégoire +

 

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Comme le Père me dit, ainsi je fais

14 Janvier 2021, 18:52pm

Publié par Grégoire.

Comme le Père me dit, ainsi je fais

« Jésus s'approcha, la saisit par la main, et la fit lever.»  Tous les actes de la vie de Jésus sont des exemples, et surtout une porte d’entrée qui nous dévoile comment Jésus agit sur nous.

La croissance de cette amitié divine, de notre intimité avec Jésus réclame de chercher à entrer dans son intention, la sienne, pour  faire œuvre commune avec lui, comme un ami avec son ami ! Comment m'est-il présent ? En vue de quoi agit-il sur moi ? Vers quoi m'attire-t-il ?

C'est en St Jean que Jésus nous révèle le plus son intention profonde : « Il faut que le monde sache que j’aime le Père et que, comme le Père me dit, tel qu'il me le dit, ainsi je fais. »

C'est cela que le monde attend ! Être face à Jésus, comme un fils face à son père. Jésus est source de notre vie divine; Il est pour nous, visage du Père, présence du Père. 

Alors, face aux maux de notre monde, comment être une présence de Jésus ? Comment exercer une vraie miséricorde ? 

Or, la peur qui règne dans le monde vient de ce qu’on agit comme si on était seul, sans Dieu, sans Jésus. On raisonne alors vite selon les apparences visibles : « Je ne le vois pas, donc il n’est pas là ! » Comme si Jésus ne nous était pas présent, comme si il n'était vulnérable à ce qui nous arrive ! Et en effet, nous agissons pratiquement comme de petits athées, dès qu’on réfléchit et agit en fonction de nos forces et de nos capacités ! 

Là est une des signatures du démon, prince de ce monde. Voulant imiter Dieu, il veut être père. Il veut des fils qui lui ressemble. Et pour ça, il nous pousse à vivre comme lui, en ne nous appuyant que sur nos propres forces ! Et cela engendre alors nécessairement la peur !

La seule manière d'éviter toute peur, toute angoisse humaine, c'est de s'appuyer pratiquement sur la présence agissante de Jésus. C’est cela la miséricorde : c’est Jésus qui maintenant agit sur moi ! Et, on s’ouvre à cette action de Jésus, à ce qu’il fait maintenant sur moi, par un abandon plénier. 

L’abandon c’est ce choix de nous appuyer sur un autre, qui n’a ni notre mode, ni notre rythme, ni la même perspective. Et là, en l’occurence, Jésus ne cherche ni l’efficacité, ni notre épanouissement extérieur, ni à nous qualifier aux yeux du monde. 

Jésus nous conduit à vivre de Celui qui est La réalité, mais sur lequel je ne pourrais jamais mettre la main. Il est tellement tout-autre, présent à tout ce qui est, comme sa source actuelle et ce vers quoi il tend. 

Si ce sont l’efficacité, la prudence ou la justice humaine qui guident notre vie, alors nous resterons toujours dans un état de retour sur nous-mêmes; et il y aura toujours une place pour l'angoisse, pour la peur, qui paralyse et empêche d’être pris par ce qui n’est pas nous

Ce qui nous manque alors, c’est d’inscrire pratiquement cette présence de Jésus qui actuellement agit dans notre vie. Et pour s’y ouvrir, la seule porte c’est l'abandon. 

Grégoire +

 

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Le Verbe, secret silencieux du coeur du Père

13 Janvier 2021, 20:33pm

Publié par Grégoire.

Le Verbe, secret silencieux du coeur du Père

Pourquoi Jésus fait-il taire ces esprits qui, eux, savent qui il est ? « Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu! »

Jésus les fait taire: « Silence ! Tait-toi ! Sors de cet homme. » parce qu’on ne peut connaitre Jésus « objectivement ». Il n’y a pas de connaissance claire, rationnelle, logique ou objective de Jésus!

Jésus c'est le Père nous donnant son coeur, son secret le plus intime, la fécondité actuelle de son amour; il est « l’Amen » du Père, sa fleur, son amour secret, comme pour une mère son enfant, comme pour un amoureux celui qu’il aime secrètement … 

On ne peut donc connaitre et dire Jésus que dans un langage amoureux, et qu’en l’aimant actuellement ! Comment voulez-vous dire l’amour autrement ? Et c’est une connaissance qui doit s’achever dans le silence, dans une rencontre actuelle avec Jésus, en se reposant en Lui.

Sinon, il faut se taire car alors on ne dit que des âneries ! Pire, on éloigne de Jésus ! Si notre coeur n’est pas un peu pris par Jésus, attiré par lui, mais alors taisons nous ! D’autant que la plus petite erreur à propos de Dieu, est ce qu’il y a de pire, de plus monstrueux que l’on puisse infliger à l’esprit humain !

Ceux qui n’aiment pas Jésus ne le connaissent pas ! Comme pour toutes réalités qui nous dépassent, qu’il s’agissent de Dieu ou d’un être humain, il fait les aimer pour les connaître ! La connaissance logique, rationnelle, historique, ou dite 'objective' reste à l’extérieur de celui qu’on veut connaitre !

« Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande aux esprits mauvais et ils lui obéissent »

Voilà pourquoi Jésus enseigne avec autorité : il nous parle comme celui qui nous aime, en nous donnant tout; il est donc actuellement victorieux de tout ce qui, en nous, est en retard dans l’amour ! 

C’est une rupture face aux scribes et aux pharisiens qui discutaillent sans se donner; Ceux-là qui se prétendent ‘spécialistes’ parce qu’ils ont étudiés, sont en fait loin de Dieu; leur savoir les empêches d’être mendiant, d’interroger: « ils savent ! » C’est bien le grand reproche que leur faisait Jean Baptiste : « au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas ! » 

Il y a donc une certaine connaissance de Dieu, celle des démons, qui pollue et rend l’esprit impur; cette connaissance qui calcule et raisonne, qui recherche une logique claire et mathématique, un résultat efficace et propre… 

L’autorité même de Jésus nous est donnée lorsqu'en nous l’amour est premier et prend tout ! Lorsque notre premier soucis est d’aimer l’autre tel qu'il est, parce que c'est lui, et ce avant tout jugement ! Mais c’est alors irrationnel, illogique, sans calcul et à perte ! Cela ne peut-être que lorsque la soif, le cri de Jésus s’impose à nous, nous attire dans le silence, mord notre coeur et nous brûle ! 

Grégoire +

 

 

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Le Père, dans le Verbe, se fait lumière pour nous

12 Janvier 2021, 20:07pm

Publié par Grégoire.

Le Père, dans le Verbe, se fait lumière pour nous

Le temps ordinaire, n'est pas du tout un temps ordinaire ou banal, mais un temps ordonné selon la sagesse de  Dieu

Pour les anciens, le propre du Sage c’est d’ordonner. Ordonner ne signifie pas ranger en bon ordre sa cuisine ou son garage, mais toujours revenir à ce qui est absolument premier et tout regarder dans la lumière de ce premier. 

Quel est donc ce qui est donc absolument premier dans la révélation ? Pour quoi Dieu s’incarne-t-il et se donne-t-il à voir, à connaitre ? 

« Dieu, personne ne l’a jamais vu. Un Dieu, Fils unique, qui demeure dans le sein du Père, celui-là l’a fait connaitre ». 

Celui qu’on appelle Dieu, se révèle à nous comme un être qui dans tout ce qu'il est, est amour, fécondité intime, source d’une lumière d'amour qu'il sécrète en lui-même; et ce secret demeure en son sein.

Et il nous le révèle en nous engendrant comme son secret ! Le don du Fils bien aimé, de ce fils qui ne quitte pas le sein du Père, qui demeure dans sa source, ce Fils, le Père nous le « donne » en nous conjoignant à Lui ! 

Celui qui nous est donné, c’est cela que je suis devenu pour le Père ! Le Père me fait vivre tout de suite Celui qu’il me donne ! Il me donne son Fils en me faisant être fils !

L'incarnation, la révélation, c'est donc en premier, connaître le Père de l’intérieur, être aimé comme un Fils, vivre en Fils, être libéré de tout ce qui n'est pas lui.. entendre le Père qui, chaque jour, me dis : "Tu es mon Fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré ! » Ou bien encore : « Moi, je suis pour toi un père, et tu es pour moi un fils. » Et l’appel des disciples, l'Église est au service de cette filiation, de cette rencontre personnelle, cette vie d'enfant du Père. c’est là, la seule conversion. 

La conversion chrétienne n'est pas d’abord morale, ou celle d’efforts quand à notre caractère, mais bien d’entendre chaque jour que nous sommes fils, nous sommes actuellement engendrés, et cette recréation nous faits enfants du Père. 

Et cela c'est concret, c'est pratique ! Pratique veut dire que tout ce que je vis, le Père soit le permet, ou alors le veux, pour que je goûte sa présence, que je m'établisse dans son repos. Le Père à la fois nous dépouille de nos sécurités, de nos satisfactions de nous-mêmes, pour nous faire nous appuyer que sur lui; et puis aussi nous donne des joies très humaines -spirituelles et sensibles- pour que, dans notre corps, s’inscrive qu'il est là pour nous. Devenir vulnérable à quelqu'un, sensible à un autre, est souvent, derrière cette vulnérabilité, Jésus, qui vient nous faire toucher combien il nous est présent et vulnérable ! 

C'est vital de comprendre que Dieu utilise tout dans notre vie pour conquérir notre coeur; Me parlant, il crée en moi cette attente obscure et non-maitrisable.. ce désir, cette attente, c’est la foi. Ce désir, inchoatif en nous, donne à chacun un contact immédiat avec Jésus, avec le Père, Celui qui est comme dans un très fin et très sûr sourire tourné vers nous…

 

Grégoire +

 

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En toi, je trouve ma joie

10 Janvier 2021, 20:04pm

Publié par Grégoire.

En toi, je trouve ma joie

Dans l’Ancien testament, le baptême était un des rites religieux de purification; un passage nécéssaire pour pouvoir observer la loi et faire des offrandes envers Dieu.

Au désert, Jean-Batiste prêchait, lui, un baptême de conversion : en étant plongé dans l’eau du Jourdain, non seulement on reconnaissait son état de désordre intérieur, mais aussi et surtout son incapacité à s’en sortir par-soi-même. 

Baptiser ou « être lavé », « être plongé dans » manifestait le désir d’être régénéré, renouvelé par un autre.

Lorsque Jean le Baptiste voit Jésus venir vers lui pour être baptisé, il ne comprend pas ! Et on comprend ! Jésus : le Fils du Père, Dieu fait homme, le Messie ! Il est nécessairement pur de tout péché ! Alors pourquoi faire un geste de purification ? Pourquoi demande-t-il à être lavé, plongé, purifié ?

L’incarnation, qui dans son intention est toujours actuel, est l'initiative de Jésus de venir à nous. Et il vient à nous à travers des gestes qui réalisent quelque chose que l’on ne comprend pas immédiatement ! 

Dans l’évangile de Matthieu, Jean Baptiste dit ainsi à Jésus : « tu viens pour être baptisé, mais c’est moi qui ai besoin d’être lavé par toi, c’est toi qui doit me baptiser » Et Jésus lui répond « Laisse faire, c’est ainsi qu’il convient d’accomplir ce qui est juste ». Qu’est-ce à dire ?

Jésus descend dans les eaux du Jourdain, non pour être purifié, mais pour descendre là où sont toutes nos pauvretés ! Sa justice c’est de descendre dedans nos pauvretés pour s’en emparer. C’est cela le nouveau baptême : laisser Jésus venir, s’abaisser et descendre dedans nos misères. Il vient s’unir à nous d’une manière telle, qu’il se fait responsable de chacun de nos actes devant le Père.

Être baptisé, c’est choisir de laisser Jésus venir s’emparer de ce qui est mort en nous, de le laisser prendre possession de toutes nos misères. Jésus s’en fait responsable ! 

Et Jésus, c’est là qu’il veut descendre, parce que c’est là où l’on va pouvoir voir son visage ; notre misère devient le lieu de rencontre ! Parce que notre grande misère, c’est qu’on ne connait plus notre Père; on ne sait plus quel est notre source, d’où on vient et où on va ! Alors on dépense son temps et son argent pour des choses inutiles comme dit le prophète Isaïe.

 

C’est pour ça que le baptême chrétien, a commencé pour chacun d’entre nous dès la promesse du Père d’envoyer un sauveur, promesse manifestée ensuite à Noël, et que l’on a inscrite en nous le jour de notre baptême; et cette promesse réclame de se continuer chaque jour : chaque jour rechoisir d’être plongé en Jésus, Lui descend en moi et moi en lui !

Et, en laissant Dieu descendre dedans nos blessures insolubles, on permet au ciel de se déchirer, d’être immergé dans l’Esprit Saint et de connaitre le Père de l’intérieur, d’une connaissance intime, aimante, amoureuse. Dès que nous laissons Jésus prendre ce qui est mort en nous, nous entrons dans une nouvelle présence de Dieu.

Tout ces lieux blessés qui nous rendent extrêmement vulnérables, trop sensibles, désirs vains et désespoirs entretenus, tout ces lieux Jésus veut y descendre. Ils sont l’occasion de toucher la vulnérabilité du Père pour nous, sa douceur, ou comme les battements de son coeur. Connaitre le Père comme vulnérable à notre présence est le repos attendu, la joie d’une présence qui n’est qu’attraction aimante. Dans tout son être, il est ce silence aimant qui ne cesse de me regarder.

 

C’est pour cela le baptême. C’est d’abord choisir d’être le pauvre de Dieu, puisque être immergé dedans l’Esprit Saint, exige de n’avoir plus que Jésus comme seul appui, comme seul recours; mais c’est pour entendre Le Père nous dire : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie ». Et cela il nous le murmure en touchant tout nos lieux d’hypervulnérabilités.

La conversion dans l’Ancienne alliance, c’était de se purifier, obéir à la loi et être pardonné par les prêtres ! Ça c’est l’Ancien Testament ! Et certains préfèrent rester dans l’Ancien Testament, car là au moins il y a un ordre encore humain, rassurant : tu as fait ça ? tu payes tant ! 

La nouvelle Alliance, c’est un renouveau d’en haut ! C’est une recréation qui n’est pas dans la continuité de notre justice ! C’est la folie du Père, qui par son secret éternel, Jésus, descend en moi, dedans nos misères et fait toutes choses nouvelles ! 

La vie chrétienne est une naissance ! Nous sommes faits enfants du Père ! Et donc frères et soeurs ! Il s’agit donc d’ouvrir les yeux sur le débarquement permanent que Jésus fait en moi, là, tout de suite, et qu’il veut faire de plus en plus. 

Et Jésus nous fait être Fils et Fille bien-aimés; sans rien régler de tout nos problèmes ! Sans remettre les choses en ordre ! 

La conversion, c'est entendre le Père nous dire qu’il trouve sa joie en nous. Et donc tout vivre avec lui, sous son regard ! Tout lui remettre ! Le Père veut tout vivre avec nous ! On ne peut donc pas ne pas l’appeler constamment : « Père.. Abba.. Papa » faire silence et mendier d’être vulnérable à sa présence ! Lui ouvrir notre coeur, nos luttes, nos problèmes, pour entrer dans sa paix, son repos, la joie de sa présence ! 

Grégoire +

 

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Comme une mère

1 Janvier 2021, 15:16pm

Publié par Grégoire.

Comme une mère

Une femme, une créature, Mère de Dieu? L’année commence fort, très fort !

Le Père nous aime tellement qu’il a voulu avoir une mère, Marie. Dieu a voulu connaitre cette proximité, cette intimité d’une mère avec son enfant !

Et, pour faire simple, il veut cela avec chacun de nous ! Entendre Dieu qui nous parle, nous fait l’engendrer en nous : « Qui est ma mère, ma soeur, mon frère ? Celui qui garde ma parole… » 

C’est cela Marie. Elle n’a pas reçue des "mots" ou « La parole de Dieu » mais Celui qui les prononçait. On peut s’arrêter à la signification des mots, ou bien ne regarder que Celui qui nous parle ! Parce qu’en nous parlant, le Père se livre : Il ne nous raconte pas des choses à faire ou sur lesquelles réfléchir; il nous aime, et quand on aime, il n’y a pas de bavardage ! Entendre Jésus comme celui qui nous dit son amour, c’est immédiatement le laisser prendre chair en nous !

Marie, mère de Dieu, nous dévoile le coeur de Dieu : Dieu est comme une mère ! Le Père est comme une mère !

Et la vie chrétienne, c'est pour être avec Dieu comme Marie avec Jésus à la crèche. Il faudrait garder nos crèches toute l’année, pour ne pas oublier que plus on avance avec Dieu, plus on rajeunie !

Au début de notre vie chrétienne, on est comme quelqu’un de quarante-cinquante ans, ayant encore sa mère, qu’on va visiter tout les dimanches pendant une heure.

Quand Dieu nous fait avancer, on rajeunie ! On est alors comme   quelqu’un de vingt ans qui vient chaque jour une demi-heure parler  avec sa mère, puis on la quitte jusqu’au lendemain. C’est déjà quelque chose, mais ce n’est qu’un début; et là on croit que ce qu’on dit est important.

Quand on laisse encore Dieu se rapprocher, alors on ressemble à un enfant de dix - douze ans. À cet âge on demeure encore chez sa mère. La maison est importante pour l’enfant. Cela c’est entrer dans l’intimité du Père. Le Père nous fait alors cette grâce «d’habiter sa maison chaque jour de notre vie» (Ps 26, 4). Cette maison, c’est l’oraison. Il ne s’agit pas de parler sans cesse de Dieu ou à Dieu, mais on ne le quitte pas du regard, on ne fait rien sans Lui ; on est enveloppée de Dieu !

En se laissant prendre davantage, on arrive à six-sept ans, âge où l’enfant n’a pas de conversations comme les grandes personnes ; mais ses initiatives plaisent à sa mère. 

Le réel progrès est quand on ne commence à ne plus pouvoir parler, comme au temps de notre toute petite enfance ! On est seulement présent à Dieu, sans aucune utilité, comme l’enfant qui n’a pas d’autonomie et qui attend tout de sa mère.

L’enfant émet des bégaiements, et la mère se mets au niveau de son enfant, pour babiller, pour bégayer avec lui.

Ça c’est Dieu avec ses saints ! Le saint est celui qui est dans une totale simplicité avec Dieu; il n’y a plus que des enfantillages, des bégaiements d’amour. Cette simplicité suffit pleinement à Dieu. Dieu n’a pas besoin d’autre chose. 

Et alors ? Alors Dieu oublie tout le reste, pour s’amuser à écouter nos bégaiements. Qu’importe à la mère ce qui l’entoure quand elle parle avec son enfant ? On se demande parfois pourquoi Dieu ne fait rien dans le monde… C’est que Dieu est avec ses petits et près d’eux. Alors Il oublie, il ne voit pas et n’entend pas autre chose. Dieu est comme une mère ! 

Et la grande « perfection » c’est d’être avec Dieu comme à l’âge où on ne parle pas, on ne marche pas, âge où l’enfant vit de sa mère et repose continuellement dans ses bras, sur son cœur. Plus besoin de parler : le silence d’amour va plus loin que le bégaiement. Endormis sur le sein de Dieu, on se nourrit de sa présence.

L’union la plus grande que puisse connaître l’enfant avec sa mère est celle du moment où il ne fait qu’un avec elle. On ne le voit même pas : il vit en elle.

C’est ça ce que Dieu veut pour nous : être perdus, fondus en Lui, n’ayant plus qu’une seule vie avec lui au point qu’on devient invisible au monde. C’est être comme un enfant avec sa mère, cachée en Lui. Car Dieu est comme une mère ! 

 

Grégoire +

 

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Seule la gratuité est efficace

31 Décembre 2020, 15:58pm

Publié par Grégoire.

Seule la gratuité est efficace

Rendre grâce ? Pourquoi ?

Rendre grâce c’est reconnaitre qu’on est d’abord des pauvres : parce qu’on sait que tout nous est donné gratuitement, au delà de notre conscience, et pour tout cela on remercie. C'est comme cela que Dieu agit envers nous : de manière cachée, chaque jour, et c'est petit, c'est dans notre nourriture, un toit, des frères, des soeurs !

Jésus n’a pas besoin de notre action de grâce; C’est nous qui en avons besoin, parce que nous ne sommes vrai que lorsque nous remercions. Nous reconnaissons alors que tout nous a été donné gratuitement : « qu’as-tu que tu n’ai reçu ? », et que nos qualités, notre vie, cela ne vient pas d’abord de nous.

L’action de grâces maintient en nous la joie, parce qu’on reconnait qu’on a aucun droit : rien ne nous est dû ! Rendre grâce supprime murmures, jugements et critiques.

Plus profondément, l’action de grâce c’est l’intention la plus profonde de Jésus; sa vie est « action de grâce », parce qu’il reçoit tout ce qu’il est du Père ! C’est cela l’Agneau de Dieu ! Il est offert au Père, vers lui, parce que c’est Le Père ! C’est cela l’eucharistie, c'est son don au Père et à chacun de nous : il est livré au Père et à nous dans le même don ! 

L’action de grâce c’est donc être possédé par ce don de Jésus, et la seule réponse adéquate c’est l’offrande gratuite de tout nous-même : être dans un don de soi purement gratuit, être un don « en pure perte », sans attente d’aucun résultat, pour Jésus, parce que c’est Lui. C’est cela la vie chrétienne !

C’est le geste de Marie Madeleine qui verse son parfum aux pieds de Jésus ! Un geste « en pure perte », qui ne peut pas se répéter, ni se reprendre. Se servant d’un parfum très précieux, elle dit ainsi à Jésus son amour. 

Et Jean souligne que « la maison fut remplie de l’odeur du parfum ». Le monde, l’église attendent notre action de grâce; être une pure offrande d’amour, cela seul « remplie » le monde. et cela va au-delà de toutes les œuvres de miséricorde, c’est plus que tout ce qu’on peut faire !

Sauf pour Judas ! Ce geste suscite toujours la colère de ceux qui croient en eux-mêmes, en leur efficacité ou en un salut politique : Judas explose devant tous face à de tels gestes : il se dévoile, furieux contre les Marie Madeleine. Le monde ne connait que l’efficacité, l’utile, le « combien ça coûte ? » 

Quand on ne comprend rien à l’action de grâce, c’est qu’on a oublié qu’on était d’abord des pauvres, que tout nous est donné, que rien ne nous est dû.

Jésus vient pour enlever ça de chacun de nous, ce qui en nous ne supporte pas la gratuité, l’amour dans ce qu’il a d’excessif, parce que c’est inutile, inutilisable, cela ne sert à rien, et que c’est répandu en pure perte ! Et il n’y a QUE Jésus qui puisse enlever cela : il est l’Agneau qui enlève ça en se donnant à nous !

Seul l’amour nous convertit, seul ce qui est donné en pure perte, gratuitement, est ‘efficace’ sur notre coeur.

C’est cela Jésus, Marie, le coeur de l’Eglise, être un pur don d’amour, être grand silence d’amour, un parfum répandu en pure perte.

 

Grégoire +

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« Mes yeux ont vu ton salut, lumière pour éclairer les nations... »

30 Décembre 2020, 13:23pm

Publié par Grégoire.

« Mes yeux ont vu ton salut, lumière pour éclairer les nations... »

Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, car mes yeux ont vu ton salut’

Le vieillard Siméon c’est l’homme religieux, l’homme qui tend vers Dieu. Notre vie religieuse, de prière, nous met ultimement « en attente ». Le premier commandement, ou pour dire les choses autrement que ce terme devenu synonyme d’obéissance idiote, la première oeuvre de Dieu en nous est ce que les latins traduisent par 'adoration' ad-orao « porter la parole vers » ou prier;  en grec : proskunéo : « se prosterner, tomber sur les genoux et porter le front au sol » ;

Or, cette oeuvre divine qu’est adorer, c’est, comme dit Thomas d’Aquin : « se recevoir » de Dieu, « ab alio » « par Lui, je suis », « de lui je reçois actuellement mon existence » et recevoir actuellement son être c’est ultimement être en attente : Pourquoi me veut-il ? Et pour quoi cette existence humaine ? 

Seule cette attente, l’attente de ce que Dieu veut faire, me permet d’être introduit dans la nouvelle alliance, la vie ‘chrétienne’, qui est la vie divine vécu sur la terre ! Ce n’est plus religieux ou spirituel,  ou même une vie de croyant, c’est Divin : Dieu s’est fait homme,  Dieu se fait chair, pour que jusque dans ma chair je vive, aujourd’hui, à la taille de Dieu !

L’attente -celle de l’avent qui achève toute l’histoire d’Israël, doit nous conduire devant la crèche à dire : 

« Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, car mes yeux ont vu ton salut » 

L’enfant-Jésus réalise ce que personne n’avait imaginé : cette alliance de Dieu et de l’homme qui assume toutes nos pauvretés, nos misères, pour être, avec Jésus, donné gratuitement au Père, chercher à la connaitre, lui, pour Lui-même.

La chute d’un grand nombre, c’est tout ceux qui croient en eux-mêmes, en leur force, en leur capacité, qui attendent un salut humain, un épanouissement humain ou même religieux !

Et ce glaive, qui traverse l’âme de Marie, c’est l’amour même du Père qui élargit son coeur, et lui fait porter tout les hommes. C’est cet amour qui va l’habiter toujours plus, et qui sera blessé devant l’attitude des grands prêtres qui refusent l’absolu de la miséricorde. 

L’amour du Père est de trop pour nous ! Il est excessif. Ce n’est qu’en demandant à Marie, à Jésus, de nous faire entrer dans l’intention du Père, et d’enlever de nous tout les obstacles à cette incarnation, que cette divinisation de notre personne, de notre humanité pourra se réaliser maintenant.

 

Grégoire +

 

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Une famille, c'est pas mal, mais sainte, est-ce possible ?

27 Décembre 2020, 19:18pm

Publié par Grégoire.

Une famille, c'est pas mal, mais sainte, est-ce possible ?

La sainte famille. Une famille, « sainte » ? Ah ouais ?! Déjà, qu’une personne arrive à travers son itinéraire à une sainteté de vie, c’est assez rare; mais, que le truc le plus difficile à vivre, avec, en plus, des enfants, que ça devienne saint, tous ensemble, là … il y a un mystère !

Car, la sainte famille, c’est Dieu qui doit descendre tellement dedans l’amour de l’homme et de la femme et dedans leur fécondité, que la vie commune, la complexité de leur relation, entre eux, puis avec leur enfant, deviennent "empreinte de Dieu", à travers tous leurs gestes, leurs paroles, leur milieu de vie… au point que ce milieu effervescent devienne visage de Dieu ! Et ça, sans les moyens de technologie moderne dont nous usons habituellement pour fuir la vie commune ordinaire ! 

Mais précisons tout de suite que, La sainte famille, ce n’est pas en fait un modèle à imiter ! Parce que la sainte famille, de l’extérieur, ça ressemble plutôt à un mélange de cette politique chinoise de l’enfant-unique, dans une espèce de couple idéal comme on en voit chez Disney, auquel il arrive des trucs incroyables dont ils réchappent toujours… bref, la vie un peu comme dedans un film de Noël ! Bah oui, voyez :

Marie : Par un don gratuit de Dieu est immaculée ! Elle s’est ensuite consacrée à Lui, toute seule, sans communauté : elle choisit donc de rester Vierge. Ensuite, elle se retrouve enceinte par l’Esprit St, Et elle ne dit rien à Joseph, son fiancé !  Oui, elle est consacrée et fiancée ! Déjà là, comme modèle, c’est assez difficile. Les femmes immaculées, vierges et enceintes, et qui ne bavardent pas, ça ne court pas les rues !

Joseph : Il est fiancé à une femme consacrée à Dieu ! Il se retrouve père d’un enfant qui n’est pas le sien. Et il dit et fait comme si c’était le sien, acceptant de ne pas en avoir d’autre. Il est obligé de fuir en Egypte parce que son fils, tout juste né, provoque déjà des problèmes politiques ! Pas très facile !

Jésus : Outre qu’il est fils unique, il est surtout tombé du ciel. Des anges annoncent sa naissance, puis des mages venus d’Orient viennent au terme d’un long voyage lui rendre hommage. À 12 ans il fait une fugue pour aller faire la leçon aux grands prêtres ! Et la suite, vous la connaissez .. bref, comme modèle, si on avait voulu nous faire désespérer de les imiter, on ne s’y serait pas pris autrement !

Autrement dit, quand Dieu reprend tout, ce n’est pas imitable ! Notre coopération c’est surtout de saisir l’intention renouvelée de Dieu sur l’homme et la femme, que nous soyons mariés ou consacrés ! Car notre vocation ce n’est ni le mariage ou la vie religieuse; ça, ce sont des moyens ! Notre vocation c’est d’aimer. 

Le mariage prends des moyens plus proche de notre nature; La consécration, prend des moyens plus adaptés à Dieu; ou autrement dit, dans le mariage on va du plus facile au plus difficile, et dans la vie consacrée, on se tape les galères dès le début, et ensuite, bah, c’est un peu moins galère ! Mais dans les deux cas, LA volonté de Dieu c’est qu’on aime à en être fécond !

Et pour aimer on ne peut pas faire sans la complémentarité homme-femme ! Même Jésus en s’incarnant assume la condition masculine : c'est un homme. Il n’est pas moitié ange/moitié gender tendance non-identifié.. et il a cette amitié unique avec sa Marie, avec Marie Madeleine, avec les saintes femmes; Jean reçoit Marie de façon unique ! Et puis, il y a les grandes amitiés source des plus grandes vies mystiques : François et Claire d’Assise, Jean de la Croix et Thérèse d’Avila… (cf les grandes amitiés, de Christiane Singer)

Dans la Genèse, l’image que Dieu crée de lui-même, c’est : l’homme et la femme, ensemble ! Et quand ils chutent, c’est ensemble ! On est image de Dieu en acceptant qu’un autre, dans l'altérité la plus grande, vienne nous finir, achever en nous ce qu'on ne peut achever par soi-même. Et ,de cette complémentarité dans l’amour, jaillit une fécondité. C’est là l’image de Dieu qui est un Amour éternel fécond !

Avec la sainte famille, il y a un véritable amour et un choix réciproque entre Marie et Joseph ! Mais, dedans cet amour, Dieu descend et réalise avec chacun un lien unique et personnel, avant de les redonner, autrement, l’un à l’autre.

La Sainte Famille est donc fondée sur une amitié personnelle de Dieu avec Marie, avec Joseph. Joseph aime Celle que le Père aime. Marie aime Joseph comme celui que le Père lui donne. L’amour humain est alors à la fois appauvrit et augmenté.

Appauvrit, car l’autre appartient à Dieu avant de m’appartenir. Il y a là un renouveau : j’aime l’autre, mon frère, ma soeur, mon époux, mon épouse, comme celui qui est aimé d’une manière spéciale par Dieu. Et je cherche à découvrir comment le Père l’aime. Pour aimer l’autre comme Dieu l’aime. Car Dieu nous aime bien plus que nous, qui aimons avec nos petites passions, nos petits sentiments, nos petits désirs. Ils sont beaux nos sentiments, mais Dieu veut habiter et donner à la présence corporelle, sensible de l’autre une taille divine. Celui que j’aime, c’est lui, telle personne, et c’est le lieu de la présence personnelle de Dieu pour moi ! C’est les deux ensemble, sans distinctions ! Comme dans l’eucharistie : c’est du pain et c’est Dieu : du pain qui est Dieu ! 

Et ça passe bien par dedans le corps ! Aimer un autre réclame des regards, des gestes, des manifestations de tendresse. La tendresse et la présence à l’autre sont les plus grandes manifestations de l’amour. Et ça implique un don dedans notre corps; c’est le chemin que Dieu prend, lui qui descend dedans le corps de Marie. 

C’est avec leur corps que cette famille divinisée va à Bethlehem puis en Egypte ! Et pour bien montrer que, quand Dieu intervient ce n’est pas un truc hyper-spirituel très très loin au fond de notre coeur, Jésus termine sa vie en nous donnant son corps ! Et comme on a du mal à comprendre, il nous demande de boire son sang ! Pour faire avec nous une seule chair, donc une sainte famille !

La sainte Famille, c’est Dieu qui descend dedans nos amours, nos choix, notre corps, nos passions, notre sensibilité, et qui vient habiter ! Pour que le don, la présence de tout nous-même, avec notre corps, soit encore plus fort qu’une présence simplement naturelle. Quand Dieu intervient, ce n’est pas pour nous abstraire de notre corps, mais qu’on l’habite encore plus, mais avec lui : une coloc divine quoi !   

Marie a portée Jésus dans son corps, puis l’a mis au monde, aidée par Joseph, elle a commencé par avoir des gestes maternels envers lui. La sainte famille, c’est Dieu présent dans notre chair, qui nous demande cette attention constante à tout nos gestes, tous nos actes; c’est avoir une qualité unique dans l’amour : car plus rien ne peut plus être aveugle ou « grossier » : tous gestes, toutes paroles doit être un acte d’amour, à travers lequel je reçois ou me donne à un autre et à Dieu en même temps. Voilà le plan !

Pour dire les choses autrement : on est au volant de notre vie, mais on a eu un accident avec celui qui nous complète. On est inconscient de ce traumatisme premier, mais il nous colle à la peau; et alors, par réflexe vital, on sur-réagit en voulant à tout pris :

-nous séparer de celui ou celle qui a provoqué l’accident. Être super autonome, pensant que seul ça ira mieux, et avec une sainte méfiance de toute complémentarité ! La peur d’un nouveau traumatisme nous fait fuir l’altérité. C’est la fuite en avant de la modernité, préférant l’usage momentané d’un autre pour l’amour, ou celui de la technologie pour la fécondité; Cette gestion moderne du risque est, pour notre inconscient traumatisé, préférable au risque d'être achevé par un autre;  Qui est, non seulement pas fini, mais en plus avec des noeuds dans la tête qui ne ressemblent en rien aux nôtres qu'on a déjà du mal à gérer.

-et aussi, on est complètement d’accord que Dieu vienne nous aider, répare notre voiture, nous donne des conseils, ou éventuellement un GPS. Mais on veut garder le volant. Pas question que quiconque vienne, dedans nous, pour tout diriger, tout conduire, aller à un rythme qui ne soit pas le nôtre...  !

Or, sainte famille, c’est précisément Dieu qui veut s’incarner en descendant dedans notre vie; c’est Dieu qui veut prendre le volant de notre vie. Lui seul sait s'adapter à la conduite d'une voiture accidentée grave ! Lui sait comment conduire en mode rallye avec un véhicule endommagé, sans tyranniser le véhicule ! La sainte Famille, c’est accepter que Dieu conduise radicalement ma vie, à son rythme, pour aller là où Lui sait ! Et curieusement, quand on lui laisse le volant, on est encore plus nous-même, on va à un rythme qu'on aurait pas osé prendre, on fait du hors piste... bref, on fait des trucs de fou qui nous corresponde ! 

Et c'est aussi recevoir de Lui ces amitiés, ces amours -sans mettre la main sur ceux qu’Il nous donne- pour vivre d'amours à sa taille ! En comprenant que, sans ces amitiés, on ne comprend rait ni ce qu’on fait ici, ni que le salut c’est d'aimer en pure perte, sans autre raison que l'autre qui nous est donné à aimer. Et pour, in fine, engendrer des enfant du Père, fruit d’une amitié fraternelle à la taille de Dieu. 

C’est "cela" la sainte famille, vivre des amitiés, des amours qui viennent de Dieu en laissant absolument Jésus conduire tout ce qu'est notre vie !

Grégoire +

 

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" Lève-toi, juge de la terre, retourne aux orgueilleux leur salaire .. " Ps 93

26 Décembre 2020, 15:12pm

Publié par Grégoire.

" Lève-toi, juge de la terre, retourne aux orgueilleux leur salaire .. " Ps 93

26 décembre. Étienne, protomartyr. Un homme lapidé. Un jugement d'hommes religieux. Pieux. Dévots. Investis d'une mission. Obéissants à des lois divines. Droits dans leurs bottes. Sûrs d'eux-mêmes. Fidèles à leurs principes.

Pourquoi cette commémoration le deuxième jour de Noël  ?  La naissance de Jésus, Prince de la Paix, n'a donc rien résolu ? Aurait-il même suscité davantage de violences, de luttes et de guerres… ?

Au-delà de nous donner d’exister gratuitement, Dieu a ordonné la création selon la lumière et l’amour; et il a achevé sa création par des créatures, qui, du fait de leur corps, sont les plus fragiles, les moins intelligentes, mais pour qu’elles aillent le plus loin dans l’amour. Davantage en tout cas que les anges, purs esprits.

Et il y a eu alors cette jalousie de certains de nos frères ainés -les anges, affirmant que Dieu s’est trompé en unissant l’esprit et la matière ! La matière ?! Quelle erreur, quelle perte de temps pour ceux qui idolâtrent l'esprit par dessus tout ?! Le manichéisme, la haine de la matière se cache derrière toutes les tentations angélique ! Et de fait, dès que notre intelligence, nos raisonnements, nos calculs, passent avant l’amour, on affirme alors immédiatement, bien que souvent inconsciemment, que : « Dieu se trompe » ! 

L’histoire de la création, n’est pas la lutte du mal contre le bien. Mais celle de certains (anges et humains) qui luttent pour ce que, eux, considèrent comme le bien ! Car personne, absolument personne ne croit faire le mal ! Chacun lutte pour ce qu’il croit être « le bien » ! 

Le mal est toujours réalisé à cause d’un petit bien, d’un mauvais bien; parce que les démons et idéologues -qui sont toujours des êtres très spirituels, idéalistes, luttent contre tout ce qu’il estiment, eux, être mal. Hérode, les Grands Prêtres (mais ensuite, Néron, Robespierre, Danton, Hitler, Staline, Mao, Pol Pot, Talaat Pacha, Al-Zarqaoui…) ne versent pas le sang au nom du mal. Non ! Ils tuent pour leur bien à eux : ils veulent créer « un homme nouveau » « supprimer les injustices » « rendre les hommes libres ! » IL faudrait ici cité la légende du Grande inquisiteur de Dostoïevski, Les carnets de Ikonnikov de Vassily Grossman et d’autres encore !

 

Quand Jésus nait, c’est l’absolu de l’amour et l’amour absolu qui débarque en personne. Et ça, c’est la plus grande menace pour l’ordre établi, celui de la loi, de la hiérarchie, des administrations, de toutes ces vies régies par une prudence frileuse, fidèles à des normes et des résultats, et en définitive de grands handicapés de l’amour ! 

Jamais en effet l’humanité n’avait entendu ces paroles : «  Ne jugez pas et vous ne serez pas jugez. Aimez vos ennemis… » Qu’est-ce qu’on en a fait ? Une doctrine ! Un code ! Des normes ! Le résultat ? Les tortures de l’Inquisition, la lutte contre les hérésies, les guerres entre protestants et catholiques…

Des milliers de livres ont été écrits pour indiquer comment lutter contre le mal, pour définir le bien et le mal. Mais le triste, en tout cela, est le fait suivant, et il est incontestable : là où on a fait de Jésus, une doctrine à appliquer, quand on remplace sa personne par une théorie, par une idée du bien avec exigence de résultats, ou autre attente d’un salut politique, là, des enfants et des vieillards périssent, le sang coule. 

C’est l’idée du bien, la belle et grande idée qu’on se fait du bien qui a tué sans pitié, déporté, massacré, éliminé industriellement des vies. Avoir une idée du bien, c’est immédiatement devenir un tyran ! Il n’y a pas d’idée du bien. Il n’y a que la bonté existante, singulière, particulière, personnelle dans la vie de tout les jours. Cette bonté d’un individu à l’égard d’un autre individu.

Jésus n’est pas venu apporter des idées, un message, ou des normes, mais lui-même ! Jésus, c’est la bonté qui aime chacun sans faire de différence, qui pardonne sans limite. Sa bonté est aveugle, insensée, excessive ! Sa bonté est folle. Sa force réside dans le silence : il n’a pas de théorie, de jugement à priori ou de conclusions sur les personnes ! Sa bonté est forte parce qu’il est sans force : il n’est pas d’abord dans l’attente de résultat. Il aime chacun, tel que nous sommes, et n’a pas d’autres attente de nous que nous-même !

Notre histoire n’est pas le combat du bien cherchant à vaincre le mal. Notre histoire est le combat de ceux qui ont des idées déterminés sur ce qui est bien ou mal ! Ceux qui croient savoir et veulent des résultats ! 

Et LA réponse, c’est quelqu’un ! C’est Jésus ! Et son don personnel fait que notre vie à une dimension éternelle. Aussi, vivre 2 jours seulement ou cent-cinquante ans, ne fait plus aucune différence ! Le temps donné est toujours un surcroît, une surabondance ! C’est gratuit !

Alors, avez-vous touché de manière nouvelle, depuis hier, son amour pour vous ? Demandez lui ! C’est ça qui donne la Paix !

 

Grégoire +

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Le silence de Jésus, signe de la vulnérabilité du Père à notre égard

24 Décembre 2020, 18:53pm

Publié par Grégoire.

Le silence de Jésus, signe de la vulnérabilité du Père à notre égard

Cette nuit de Noël, c’est la nuit de la joie, de notre joie parce qu'elle touche ce qu'on a de plus intime, de la joie du Père qui nous donne son secret, le trésor de son coeur ! C’est la joie de Dieu qui se lie, qui s’unit à nous d’une manière définitive, absolue, inconditionnelle !

Pourtant, il n’y a rien de séduisant, rien d'extraordinaire, rien d’éclatant : un nouveau-né, un tout-petit, un bébé, qui ne parle pas, qui est complètement dépendant et qui a besoin d’une présence maternelle.

Et c’est cela notre joie, notre trésor ?! Pourquoi ? Parce que ce nouveau-né : c’est Dieu ! Dieu comme jamais il ne s' était donné à connaitre et à vivre ! Et cela, c’est la joie du Père : se donner à nous en s’abaissant le plus qu’il le peut.

Le Père veut qu’on soit avec lui comme avec un enfant, comme avec notre enfant : Dieu a besoin de notre présence !

Cette nuit, ce silence de l’enfant-Dieu, c’est l’évangile le plus parlant. C’est le Père qui veut faire craquer nos coeurs. C’est le Père qui -en nous attirant, nous murmure : « J’ai soif de ton amour, j’ai besoin de ta tendresse, je veux voir ton regard se pencher sur moi ! S’il te plait ! Prends moi comme un enfant ! Parle moi comme à un tout petit. … et souris moi, juste souris moi. Je suis ton Père et je t’aime. N’aie pas peur. Ta vie est entre mes mains ! Et moi, je me remets entre tes mains ».  C’est cela ce que le Père dit à chacun de nous, cette nuit.

On doit être boulversé par cette simplicité : Dieu ne vient pas avec puissance, avec éclats, ou en faisant du bruit ! Aucun spectacle ! Le Père ne veut pas s’imposer de l’extérieur !  Il ne fait rien pour séduire ou convaincre. Même pas d’explications ! 

D’ailleurs, son silence est tel qu’il n’y a pas de place pour Lui. Il s’agit là, non pas de culpabiliser, mais juste d’ouvrir les yeux sur ce qui, en nous, nous empêche d’être remplis par sa joie, pour que Jésus nous en libère ! Parce que, l’humanité -et chacun de nous- on est tellement préoccupés de nous-même, de nos petites affaires. On est tellement séduit par ce que l’on fait. On a décidé que l’absolu de nos vies était d’en être des propriétaires féroces, vie sur laquelle personne n’a aucun droit ; alors qu’on a d’abord reçu gratuitement tout ce que nous sommes ! 

Et, la seule vraie richesse que l’on devrait avoir a disparu : Cette capacité à accueillir un autre, cette capacité à être relatif à un autre, à se rendre dépendant.

On a aussi souvent la tentation d’être spectateur, d’admirer la beauté de la crèche. Tel un conte d’antan qui fait partie de l’ambiance mais sans que ce don personnel nous touche plus que ça. Et on met comme une distance entre lui et nous en disant : « c’est beau mais ce n’est pas pour moi ». Or, Noël, ce n’est pas une vitrine, celles de ces grands magasins qu’on admire de l’extérieur ! Toutes ces choses qu’on nous vends, mais qui ne sont à nous que si on paye ! 

Or, cette nuit de Noël, c’est, aujourd’hui, Dieu pour moi ! Dieu à moi ! C’est cadeau ! Sans aucun retard de livraison ! Aucune notice d’emploi ! Aucune limite d’âge ! Sans masques ni distance aucune ! Et je peux abuser de ce cadeau, dormir avec, manger avec : c’est même ultra recommandé !

Souvent aussi, il n’y a pas de place pour Dieu, parce que, concrètement, c’est vrai, Dieu qui s’incarne : à quoi ça sert ? Même pour la paix dans les couples : mieux vaut une tv, une play-station, ou autre gadget informatique dernier cri : cela au moins, ça occupe, ça évite les discussions qui fâchent, c’est nouveau et c’est utile !

Or, là est la salut : ce don de Jésus, c’est inutile ! Un nouveau-né : c’est fragile, c’est petit, ce n’est pas efficace, ni utilisable : cela ne sert pas à quelque chose ! Et, ce n’est pas fait pour servir à quelque chose ! Jésus, c’est Celui qui n’est là que pour moi, livré sans aucune autre raison que d’être là pour moi ! La raison de son don c’est Lui pour moi. C’est l’absolu du don d’une personne à une autre personne ! Dieu dans ce qu’il a de plus intime, de plus vulnérable se livre à moi. Et cela, sans pouvoir être utilisable ou utilisé ! 

Dieu nous « corrige » de tout nos défauts -spécialement celui de vouloir être utile, efficace et admiré pour nos qualités- en se donnant à nous à aimer, sans rien nous apporter d'autre que Lui. en se rendant dépendant de nous ! Dieu nous « punit » toujours en se donnant davantage ! C’est la seule correction qu’il connaisse ! 

 

Dieu, cette nuit, se donne à chacun de nous, en silence. Surtout si on n’est pas préparé ! C’est la magie des cadeaux : on ne s’y attend pas ! C’est ça Noël : C’est Dieu qui nous fait la surprise de débarquer chez nous, parce qu’il veut tout vivre avec nous ! Il vient nous demander si il peut faire partie de notre famille…! 

Est-ce que vous acceptez Jésus à la maison ? Dieu s’adapte à nous pour être avec lui dans la lus grande proximité : on a pas peur d’un enfant. Devant un bébé, on peut être soi-même, on ne se regarde plus. C’est un don qui ne nous écrase pas, on ne peut être qu’attiré par cette bonté fragile, cette tendresse délicate qui se communique à nous en silence. Dieu se donne en nous attirant silencieusement à lui, en nous dévoilant combien il nous est vulnérable. 

C’est cela Noël: Dieu est devenu l’un de nous, pour tout assumer de notre vie, et que nous osions croire à la dignité, au poids éternel de chacune de nos vies, de chacun de nos actes, de chaque instants ; tout en nous acquiers une dimension divine ! C’est cela La Paix de Dieu ! En sortant de cette messe ce soir, il faut que vous ayez la certitude d’être de la famille de Dieu, vous avez sa dignité ! Dieu et moi sommes de la même famille !

  C’est la joie de Dieu : le Père regarde chacun cette nuit, et nous dit : « tout ce qui est à moi est à toi, et toute ta vie, je l’assume ! Mais promets moi une chose : de tout vivre avec moi. » Dieu ne nous demande pas d’être parfait ou sans péché ! Non. Dieu nous demande de tout vivre avec lui, comme une mère et son enfant ! 

C’est SA joie que de se donner à nous sans aucune attente de résultat ! C’est gratuit ! Et c’est d’autant plus gratuit que nous sommes des pauvres types ! Dieu vient nous dire combien il est vulnérable à notre présence, comme personne d’autre n’est vulnérable à notre regard. C’est cela l’Emmanuel, Dieu-avec-moi, parce que je compte incroyablement pour Lui.

Noël, le salut, c’est le Père qui mendie à chacun, de Le recevoir, d’accepter d’être définitivement marqué par sa vulnérabilité à notre égard. Que l’on soit comme blessé -de cette blessure que provoque l’amour, en se laissant envahir par cette bonté aimante de Celui qui me cherche, pour qui je suis précieux, qui crie notre nom en silence.. 

 

Grégoire +

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Le Père, dans le silence, se dévoile à nous

23 Décembre 2020, 23:17pm

Publié par Grégoire.

Le Père, dans le silence, se dévoile à nous

C’est un don personnel, total, intime que fait le Père en nous donnant son fruit secret. C’est un amour, un don intime, qui ne se dit pas, qui se vit de l'intérieur, et qui ne supporte rien d’extérieur. Aussi, l'Esprit Saint cache ce don. La naissance de Jésus, quand elle a eut lieu, n’a pas été un événement historique. Matériellement, selon l’histoire décrite par les Ecritures, cette naissance est comme relative à celle de Jean-Baptiste.

De même que l'Esprit-Saint va se servir du recensement, cet instrument politique au service de la domination de César, pour cacher encore plus cette oeuvre divine. Mais, la réalisation de l’incarnation est, selon nos critères de marketing ou de pastorale d’ensemble selon un parcours catéchétique rationnel, assez limitée. 

Il faut saisir que tous les événements extérieurs, politiques et ceux notre vie, cachent toujours un don plus grand. Dès qu’il y a un don de Dieu, celui-ci n’est que très personnel, et parce qu’il est ultra personnel, il affecte nécessairement tout l’univers. En réaction, des évènements extérieurs se  produisent, se manifestent, politiquement, à échelle familiale et jusque dans la nature ! Ils sont comme les effets matériels, extérieurs, très impersonnels, d’un don caché mais tellement présent que rien n’est laissé indemne !

On pourrait dire que Dieu en quelque sorte provoque, malgré lui, ce qui nous arrive, comme la vague d’un tsunami n’est que l’effet d’un tremblement sismique très souterrain. Or l’amour divin, qui est Dieu lui-même, est plus présent et plus réel que tout ce qu’on voit, qui se manifeste et qui nous affole ! L’amour est toujours caché, souterrain, mais bien plus réel que tout ce qu'on nous assène en boucle ! 

C’est pour cela que l’amour humain, mais encore plus celui qui emplit l'univers est insupportable aux rationalistes, aux gens prudents, aux gardiens de la Loi et au Dragon rouge feu -celui de l’Apocalypse- toujours en colère. Parce que cet amour se répand absolument librement et gratuitement. Si bien qu’en restant aux évènements extérieurs, à nos petits drames, à nos déceptions toujours plus tragiques les unes que les autres, on passe juste simplement à coté du réel.

L’amour, secret caché d'autant plus qu'il est profond, réclame comme que l’on se cache à nous même, faisant disparaître de notre vie nos soucis, nos commérages, nos bruits intérieurs, notre passé, notre avenir, pour vivre comme une femme sur le point d’accoucher. C’est cela la grande lumière du terme de l’avent ! Pour une femme qui devient mère, il n'y a que l'enfant qui est là et qui arrive, qui va débarquer ! Seul l’enfant qui va naitre est important ! Le reste : basta !

C'est comme ça qu'une femme attends son enfant dans les derniers instants; déjà son corps prend toute la place, la présence de l'enfant qui va naître s'impose, impose un rythme à la mère, qui fait que la mère devient comme complètement relative à son corps, dépendante de son environnement, et c'est comme cela que le Père nous demande de recevoir celui qui est son secret.

Jésus, cet amour du Père pour nous, est pour le Père, son coeur même, ce qu'il a de plus précieux : c'est ce qui fait qu'il est Père. On ne peux pas le recevoir autrement que comme le coeur paternel qui se dévoile dans sa vulnérabilité.

Si Dieu se fait nouveau-né, c'est pour nous donner à toucher son coeur : il est vulnérable à notre regard. Il nous attend. Il est vers nous, il n’est là que pour nous. 

Grégoire +

 

 

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Duduk

22 Décembre 2020, 23:49pm

Publié par Grégoire.

Duduk
Duduk

Le duduk, hautbois arménien, est un instrument à vent à anche double, au timbre chaud et doux, légèrement nasal. Il appartient à la famille des aérophones qui comprend également le balaban, joué en Azerbaïdjan et en Iran, le duduki, très répandu en Géorgie et le nay turc. Le bois tendre de l’abricotier offre le matériau idéal pour creuser le corps de l’instrument. L’anche, appelée ghamish ou yegheg, est faite d’une plante locale qui pousse sur les rives de l’Arax. 

 

 

L’origine de la musique pour duduk remonte à l’époque du roi arménien Tigran le Grand (95-55 av. J.-C.). Le duduk accompagne les chants et danses traditionnels des différentes régions de l’Arménie. Il est aussi l’instrument privilégié de diverses réunions telles que les mariages et les funérailles. Bien que certains instrumentistes soient célèbres comme solistes, notamment Gevorg Dabaghyan et Vache Sharafyan, le duduk est généralement joué par deux musiciens. L’un d’eux crée le fond musical en tenant un bourdon continu grâce à une technique de respiration circulaire, tandis que l’autre développe des mélodies et improvisations complexes.

 

Il y a quatre grands types de duduk qui varient en longueur de 28 à 40 cm. Cette variété permet de créer des atmosphères différentes selon le contenu du morceau et le contexte dans lequel il est joué. Le duduk de 40 cm de long, par exemple, est considéré comme idéal pour les chansons d’amour, alors que le plus petit accompagne généralement les danses. Aujourd’hui encore, des facteurs de duduk créent et expérimentent différents types de duduk. Pour beaucoup d’Arméniens, c’est l’instrument qui exprime avec le plus d’éloquence la chaleur, la joie et l’histoire de leur communauté.

 

Depuis quelques décennies, la musique pour duduk perd de sa popularité, notamment en milieu rural d’où il est originaire. De moins en moins présent dans les fêtes populaires, le duduk est davantage joué par des professionnels lors de concerts, mettant ainsi en péril la viabilité et le caractère traditionnel de cette musique.

 

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Le Roi viendra, chargé de présents, quêter ton sourire 

21 Décembre 2020, 01:30am

Publié par Grégoire.

Le Roi viendra, chargé de présents, quêter ton sourire 

 

L’Annonce faite à Marie, est une des perles de la révélation. Un secret intime que Marie nous livre, sachant bien qu'on peut, longtemps, passer à coté de ce trésor. Et on peut passer complètement à coté, tellement l'évangéliste Luc est avare en description, tellement ce secret est profond, et que l'amour, dans sa fine fleur, meurt d'être dit.

Cette initiative du Père, qui commence la nouvelle Alliance, révèle l’intention, le désir brûlant, inouïe du Père sur nous. Mieux, là se donne à toucher, la vulnérabilité actuelle du Père qui se livre, comme Père.

L’annonciation n’est pas un bel évènement lointain, mais bien la manière dont le Père s'approche de nous actuellement, et vient, avec une délicatesse incroyable, nous demander si il peut venir être encore plus Père pour nous.

Noël sera pleinement la joie du don du Père pour nous, d'autant que l'annonciation sera reçu comme le secret de Marie pour nous, nous donnant accès au coeur du Père, à sa vulnérabilité pour nous, inconnue jusque là.

 

Cette annonciation est d’abord la réponse du Père à Marie qui a « trouvé grâce auprès de Dieu ». Qu’est-ce à dire ? Marie est déjà « pleine de grâce » : dès sa conception elle est remplie de la gratuité du Père, immaculée, rachetée en prémisse pour tout ses frères.

Mais, elle a aussi « trouvé grâce ». Pourquoi ? Parce qu’elle réalise toute l’attente d’Israël. Ce plus petit de tout les peuples a été « choisi par Dieu », « mis à part », pour être en attente de la promesse faite à Abraham d’une descendance, d’une Terre Promise. 

Et Marie est gardienne de cette promesse, en la portant à son terme, en devenant comme ceux qui ont été les plus petits de ce peuple : 

-Elle est fille d'Abraham, "quittant son pays, sa parenté.." en se consacrant à Dieu, et "marchant en présence de Dieu".

-Elle se proclame descendante d’Agar : dans le Magnificat Marie reprend les mots mêmes d’Agar, la servante humiliée : « Il s’est penché sur l’humiliation de sa servante ».

-Ismaël, l’enfant d’Agar, qui crie sa soif dans le désert, Marie l’est également, en étant la femme au désert, comme dit l’Apocalypse. La femme au désert, c’est en fait l’accomplissement de la vocation première de la femme, qui est gardienne de l’amour, et qui donc demeure comme au désert, c’est à dire, qui se sépare de tout bavardage, de toutes choses vaines, qui établit une clôture dans son coeur pour être pure attente, désir pur.

-Et aussi, comme Isaac demandant « où est l’Agneau ? » Marie est vers le Père, pour tout son peuple : « ils n’ont plus de vin ». Elle a comprit que l’Agneau n’est pas celui qui vient payer pour nos péchés ou réparer des injustices; l’Agneau vient comme le nouveau Noé, celui qui sauve du déluge, mais pour être, avec lui, l’ivresse, la joie du Père.

C’est ainsi que Marie a « trouvée grâce auprès de Dieu » en réalisant l’intention du Père sur ceux qu’il avait mis a part pour être les plus petits, les plus fragiles : ceux qui devaient demeurer en attente. Ceux qui devaient être attente de la promesse.

 

Et, cette réponse du Père, ce n’est pas d’abord, comme on le répète paresseusement, le don de son fils. Bien sûr que le Père se révèle comme Père en donnant son secret intérieur. Mais, l'Annonciation, c’est, comme le prophétisait le psaume 44 : « les rois, viendront chargés de présent, quêter ton sourire ». C’est le Père qui vient quêter, mendier, le sourire de Marie ! C’est le Père qui est attiré par Marie.

L’annonciation, c’est le Père qui veut aimer Marie comme un époux se choisit son épouse. C’est le Père qui se cache derrière un envoyé, pour dire à Marie son amour personnel pour elle. Le Père se cache pour ne pas obliger Marie à lui répondre. Si le Père se présentait en personne, elle serait totalement prise par lui.

 

Le Père ne vient pas en effet lui demander si elle veut ou non recevoir son fils; non ! Le fils du Père, lui est donné : « voici tu vas concevoir un Fils ». Il n’y a aucune demande là-dedans. C’est un don gratuit. C’est cadeau ! Le Père lui donne tout ce qu’il a, pour lui dire qu’il se livre à elle,  tel qu'il est, entièrement.

 

Pourquoi, en effet, le don du Fils, sinon pour lui dire son amour et, comme la conquérir. L’annonciation, c’est comme la plus grande déclaration qui soit, déclaration autant que l'amour puisse se dire avec des mots, d'un coeur qui vient dire son désir, son amour. La plus délicate. C’est, non plus l’amour de Dieu pour sa créature, mais le Père qui désire épouser Marie : « fille de Roi, elle est là, vêtue d’étoffes d’or, on la conduit, toute parée vers le roi » ps 44. 

L’annonciation ce sont les fiançailles du Père avec Marie. C’est le Père qui vient dire à Marie combien, elle, Marie, elle attire le Père. Son silence aimant, caché, gardé secret, séduit le Père et l’attire. Etant attente pure, elle est comme toute attraction, toute bonté. Et le Père mendie son sourire, son coeur. Le Père veut aimer Marie, se reposer auprès d’elle, trouver en elle sa joie, son ivresse. Il veut l’aimer parce que c’est elle.  Pour elle. C’est cela l’annonciation ! Ce n’est pas pour autre chose que l’amour seul. Le Père et Marie. Point. Parce que l’amour n’a pas d’autre justification que lui-même. La raison de l’amour c’est d’aimer l'autre sans autre raison que parce que c'est lui, c'est elle : " je t'aime, parce que c'est toi ". 

L’annonciation, c’est cette délicatesse du Père, qui veut toucher le coeur de Marie, sans s'imposer : « Réjouis toi, comblée de ma gratuité, je suis avec toi, auprès de toi … Me permets-tu de demeurer pour toujours auprès de toi ? Mon Fils, le secret de mon coeur, il est tien. » Le fils est comme le cadeau des noces, le secret partagé entre Marie et le Père. 

 

C'est pour cela que Marie est troublée. Son coeur est touchée dans sa capacité d'aimer la plus profonde, la plus secrète. Elle est troublée parce que le Père veut la rejoindre dans son intimité.

 

Et lorsque Marie répond « Fiat », ce n’est pas seulement un acte de foi, mais c’est surtout Marie qui donne son coeur au Père. Non plus comme une offrande de consécration, mais comme une épouse qui accepte d’être prise. Marie choisie le Père comme son époux. « ton époux c’est ton créateur » prophétisait Isaïe (54, 5). 

C’est cela son « Fiat ». C’est Marie qui sourie au Père, c’est Marie qui embrasse le Père, et qui accepte d’être épousé par Lui, de ne faire plus comme une seule chair avec Lui : « que tout se passe pour moi selon ta parole ». Selon ta parole, parce qu'une parole n'est parole humaine, personnelle, que lorsqu'elle dit le coeur de quelqu'un, que lorsqu'on y livre son coeur, ce qu'on a de plus soi-même, ce qui en nous est le plus vulnérable.

 

« Alors l’ange la quitta », pour laisser toute la place au Père. Pour cette oeuvre commune, dans l’amour, du Père et de Marie, dans cette conception de Jésus, fils bien aimé du Père, fils bien aimé de Marie.

C'est en mendiant à Marie de nous donner d’entrer dans ce secret, ce silence d’amour avec le Père qui, actuellement, mendie notre coeur, qu'on recevra en vérité ce secret que Marie a voulu nous livrer.

Car, si déjà le Père nous aime comme source de notre être, il veut nous aimer comme un époux. Il veut que la fine pointe de notre coeur en nous, soit pour lui comme une source scellée, un jardin secret, une perle précieuse. Qu’on devienne pour lui une présence unique, parce qu’il a soif de nous personnellement, comme de personne d’autre.

Le Père mendie notre sourire, notre coeur, là où on est le plus vulnérable. Il veut demeurer auprès de nous, se nourrir de nous : et depuis toujours il nous attire, dans le silence.

Le Père est, dans le silence, attente de nous. Parce que c’est nous.

 

Grégoire +

 

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Il fera revenir le coeur des pères vers leurs fils ...

19 Décembre 2020, 13:05pm

Publié par Grégoire.

Il fera revenir le coeur des pères vers leurs fils ...

Faire revenir le coeur des pères... tel est l'objet de l'annonce à Joseph et Zacharie.

L'annonce faite à Zacharie, devance celle de Joseph, et celle de Marie.

Ces Annonciations sont le début, la genèse de toute vie chrétienne. C'est Dieu lui-même qui vient nous donner à vivre sa fécondité, qui fait de nous des sources divines !

 Le gros problème, de Zacharie et nous, c'est qu'on se regarde trop, on regarde trop nos capacités, on se compare et on ne se croit pas digne d’être aimé d’une manière telle par Dieu, qu’il puisse avoir une initiative de dingue envers nous ! Du coup on raisonne, on veut discutailler, on soulève tout les problèmes d’un débarquement immédiat de Dieu … 

Résultat, Zacharie est réduit au silence ! Et cela, n’est, non pas une punition, mais une aide pour recevoir cette intervention divine. C’est ça la foi, c'est faire taire nos raisonnements, réduire aux silences tout nos jugements pour que l'amour soit premier !

Croire réclame que l'amour soit toujours premier ! C'est l'amour qui nous permet de croire jusqu'au bout, de recevoir une parole qui nous dépasse. Le point de départ et le but de la foi, de l'Espérance, c'est pour aimer plus ! Pas pour être parfait !

Et aimer c'est, en premier pour nous petites créatures, être aimé, c'est recevoir, donc se faire attente, accueil. C'est l'état du bébé, de l’embryon, du vieillard, du malade, de celui qui est fragile..  tout ceux là ils attendent, il sont mis dans un état de réceptivité totale. Et c'est cela aimer.

Quand on est dans un état d'attente on est alors livré, donné. Et là, la Parole de Dieu, le désir efficace et urgent de Dieu sur nous peut tout prendre.

 

Dans l’Annonciation à Joseph, l'épreuve est autre. Joseph est éprouvé par un don qui est de trop. Dieu en se donnant à nous, nous fait vivre ce qu'il nous donne, et donc, nécessairement, son don est éprouvant, c'est de trop.  

C’est analogue à l’épreuve d’Abraham : Dieu veut donner à Abraham sa propre paternité. Or ce don prend la forme d’une mort à sa paternité humaine ! L’offrande d’Isaac n’est pas un test, ou une « mise à l’épreuve », mais l’effet du don du Père,  qui le devance, et qui est tellement de trop que ça prend la forme d’une mort à sa paternité humaine ! 

On comprend ça quand on aime : l'amour blesse, lui seul éprouve vraiment, parce que le don d'un autre agrandit notre cœur. C'est toujours "de trop".

Là, Joseph, lorsqu'il découvre que Marie est enceinte, connaissant l'écriture, connaissant les prophéties d'Isaïe, il réalise qu’elle est la Vierge annoncée. Il comprends alors que Marie est choisie par le Très-Haut.

L'épreuve de Joseph c’est, à la fois ce don du Père en Marie qui le devance et qui lui fait dire : «  non, ce n'est pas pour moi, elle est choisie par Dieu, elle est une terre sacrée, donc ce n’est pas pour moi ». On est toujours un peu comme ça quand on découvre les dons de Dieu chez les autres : on admire, et puis on dit, "nan, ce n’est pas pour moi" ! Ce qui est très faux comme jugement. Ce que Dieu rend visible et donne à voir de ce qu’il réalise chez les autres, c’est immédiatement pour nous, mais autrement !

Et l’autre épreuve de Joseph, c’est le silence de Marie. Il n'a pas d'explications ! C'est la nuit ! Et ça, c'est l’offrande la plus difficile de son amour, de son coeur. Être seul sans pouvoir confier sa peine, sans pouvoir dire à celle qu'on aime qu'on l'offre, est extrêmement rude.

Et le fait de la répudier en secret, manifeste son abandon total, solitaire à Dieu. Parce que ce geste est, de fait, une désobéissance immédiate à la Loi. (qui réclamait de dénoncer les conceptions illégitimes) Là on comprend que rester relatif à la Loi est un obstacle à la conduite de Dieu sur nous. La loi est un tuteur, mais elle est là pour nous conduire à l’auteur de la loi, qui lui en est libre de la loi ! Et même, il faut aller jusqu’à dire que Dieu réclame un dépassement de la Loi, pour entrer dans cette alliance personnelle avec Lui.

Ce don nouveau que fait le Père à Joseph, qui l’éprouve à mort -puisqu’il passe par l’offrande de son amour humain- ce don qui est déjà là, qui le devance, se manifeste dans cette intervention d'en-haut, de nuit, dans un songe ! 

Le récit, dans son déroulement, donne l’impression que Joseph offre l'amour qu'il a pour Marie, et que c'est Dieu qui la lui redonne. Mais il faut affirmer que Dieu la lui donnait déjà, autrement, dans ce silence de Marie.

Et il faut un songe pour faire naitre Joseph à ce don qui l’attendait.  Parce que Dieu ne s'oppose jamais a l’amour : tout amour vient de Lui et est quelque chose de Lui dit St Jean dans sa première épître. Mais Dieu vient mettre cet amour à sa taille. Pour nous, cela nous donne l’impression que c’est mort. Alors que c’est un nouveau don, mais qu’on ne peut vivre seul, sans le recevoir actuellement du Père.

Cette Annonciation est vraiment une récréation, une résurrection, c'est mort et vie, à l'image de la Genèse, où Adam est comme mis dans un coma, il est comme mort à toute son efficacité, son pouvoir, pour que lui soit amené Eve. Et là c'est analogue.

Et se dessine là, le mystère de Jésus, Agneau du Père : Joseph est devenu agneau, offrande, abandonné et remis au Père présent d'une nouvelle manière, pour aimer celle que Dieu a choisi, comme Dieu l'aime, avec la même intensité, la même passion, une passion divine !

 

Grégoire + 

 

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