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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Voyage au bout de la nuit...

27 Janvier 2011, 16:29pm

Publié par Father Greg

  

Nuit obscure de l'âme en ce monde...

 

      « Certainement, ses livres resteront dans un futur qui dépassera l’imagination, les seules marques profondes, hagardes, de l’horreur moderne. Isolé, moins coupable que d’autres aujourd’hui couronnés ou en place, Céline n’a pas cessé de crier une vérité dont nous mourrons tous. Il n’a pas cédé aux commandes tièdes ; il a refusé d’être l’homme pseudo-moral dont la dégradation béate a fini de nous amuser. » 

Philippe Sollers 

 

 

 

searchfor nothingnessdali165  "Toi, n'est-ce pas, qui te laisses vivre ! Qu'est-ce que ça peut te faire ? Tu t'en fous au maximum des conséquences universelles que peuvent avoir nos moindres actes, nos pensées les plus imprévues !... Tu t'en balances !... Tu restes hermétique n'est-ce pas ? Calfaté !... Bien sanglé au fond de ta substance !... Tu ne communiques avec rien... Rien, n'est-ce pas ? Manger ! Boire ! Dormir...!"

 

"La terre poursuit... Comment ? Pourquoi ? Effrayant miracle ! Son périple... extraordinairement mystérieux... vers un but immensément imprévisible... dans un ciel tout éblouissant de comètes... toutes inconnues... d'une giration sur une autre... et dont chaque seconde est l'aboutissant et d'ailleurs encore le prélude d'une éternité d'autres miracles... d'impénétrables prodiges, par milliers !"

 

"Ah ! C'est bien terrible quand même... on a beau être jeune quand on s'en aperçoit pour le premier coup... comme on perd des gens sur la route... des potes qu'on reverra plus... plus jamais... qu'il ont disparu comme des songes... que c'est terminé... évanoui... qu'on s'en ira soi-même se perdre aussi... un jour très loin encore... mais forcément... dans tout l'atroce torrent des choses, des gens... des jours... des formes qui passent... qui s'arrêtent jamais..." 

L .- F Céline. Mort à crédit.


 

 

" Quand vous lisez Céline, le choc est plus que rare, inoubliable. C'est surtout dans ses tares, ses faiblesses, son incurable maladie de vivre qu'il nous est révélé. C’est l'homme malade d’une civilisation, chargé jusqu'à crever des iniquités sociales, le romancier de tous les pauvres types que la guerre a broyés et, après l'armistice, l'après-guerre avec ses vomissures, son chaos, sa famine, son désespoir. Il souffrait, il avait parcouru sous un ciel noir des kilomètres de douleur, il nous crache son mal en pleine figure. "

René Trintzius, 1932.


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Le bonheur, désespérément...

26 Janvier 2011, 14:58pm

Publié par Father Greg

 

        

 

Ah… qu'est-ce que je serais heureux si j'étais heureux… !  

Woody Allen

 

 auguste-renoir-le-moulin-de-la-galette.jpg «Le bonheur est le but de la philosophie. Ou, plus exactement, le but de la philosophie est la sagesse, donc le bonheur - puisque, la sagesse se reconnaît à un certain type de bonheur. Parce que si le sage est heureux, ce n'est pas n'importe comment ni à n'importe quel prix. Si la sagesse est un bonheur, ce n'est pas n'importe quel bonheur! Ce n'est pas, par exemple, un bonheur qui serait obtenu à coups de drogues, d'illusions ou de divertissements.

 

Imaginez que nos médecins nous inventent, une espèce d'anxiolytique et d'antidépresseur absolu, qui serait en même temps un tonique et un euphorisant: la pilule du bonheur. Une petite pilule qu'il suffirait de prendre chaque matin pour se trouver en permanence dans un état de complet bien-être, de complet bonheur. Nous refuserions de nous en satisfaire, presque tous, et qu'en tout cas nous refuserions d'appeler sagesse ce bonheur que nous devrions à un médicament. Et même chose, bien sûr, d'un bonheur qui ne viendrait que d'un système efficace d'illusions, de mensonges ou d'oublis.

 

Parce que le bonheur que nous voulons, le bonheur que les Grecs appelaient sagesse, celui qui est le but de la philosophie, c'est un bonheur qui n'est pas obtenu à coups de drogues, de mensonges, d'illusions, de divertissement, au sens pascalien du terme; c'est un bonheur qui s'obtiendrait dans un certain rapport à la vérité: un vrai bonheur, ou un bonheur vrai.

 

Qu'est-ce que la sagesse? C'est le bonheur dans la vérité, ou «la joie qui naît de la vérité». Cette expression de saint Augustin, définis la vie vraiment heureuse, par opposition à nos petits bonheurs, toujours plus ou moins factices ou illusoires. La béatitude, c'est le bonheur du sage, par opposition aux bonheurs que nous connaissons ordinairement, disons à nos semblants de bonheur, qui sont parfois nourris de drogues ou d'alcools, souvent d'illusions, de divertissement ou de mauvaise foi. Petits mensonges, petits dérivatifs, petites médications, petits remontants… Ne soyons pas trop sévères. On ne peut s'en passer toujours. Mais la sagesse, c'est autre chose. La sagesse, ce serait le bonheur dans la vérité.
 La sagesse? C'est un bonheur vrai, ou une vérité heureuse.»

 

 

André Comte-Sponville, Le bonheur, désespérément, 2002.


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Apprendre à voir...

25 Janvier 2011, 14:00pm

Publié par Father Greg

 

 

 

« Pour l'artiste digne de ce nom, tout est beau dans la nature, parce que ses yeux, acceptant intrépidement toute vérité extérieure, y lisent sans peine, comme à livre ouvert, toute vérité intérieure. Pour lui la vie est une infinie jouissance, un ravissement perpétuel, un enivrement éperdu. Il est même le confident de la nature insensible. Les arbres, les plantes lui parlent comme des amis... »

Auguste Rodin. L’art.

 

 

 

La Maison devant le Monde

 

  auguste-renoir-l-estaqueLa maison s’accrochait au sommet d’une colline d’où on voyait la baie. Dans le quartier on l’appelait la maison des trois étudiantes. On y montait par un chemin très dur qui commençait dans les oliviers.

 

Tout entière ouverte sur le paysage, elle était comme une nacelle suspendue dans le ciel éclatant au-dessus de la danse colorée du monde. Depuis la baie à la courbe parfaite tout en bas, une sorte d’élan brassait les herbes et le soleil, et portant les pins et les cyprès, les oliviers poussiéreux et les eucalyptus jusqu’au pied de la maison.

 

Au cœur de cette offrande fleurissaient suivant les saisons, des églantines blanches et des mimosas, ou ce chèvrefeuille qui des murs de la maison laissait monter ses parfums dans les soirs d’été. Linges blancs et toits rouges, sourires de la mer sous le ciel épinglé sans un pli d’un bout à l’autre de l’horizon, la Maison devant le Monde braquait ses larges baies sur cette foire des couleurs et des lumières.

 

Mais, au loin, une ligne de hautes montagnes violettes rejoignait la baie par sa pente extrême et contenait cette ivresse dans son destin lointain. Alors, personne ne se plaignait du chemin raide et de la fatigue. On avait chaque jour à conquérir sa joie.

 

Albert Camus. La mort heureuse.


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Prophète de l’Amour

24 Janvier 2011, 15:28pm

Publié par Father Greg


Soyez patient avec tout le monde, mais surtout avec vous-même.

 

      enfants de Marthe4   Faites comme les petits enfants qui de l'une des mains se tiennent à leur père, et de l'autre cueillent des fraises ou des mûres le long des haies ; car, de même, amassant et maniant les biens de ce monde de l'une de vos mains, tenez toujours de l'autre la main du Père céleste, vous tournant de temps en temps vers lui, pour voir s'il a agréable vos activités ou vos occupations.

 

Gardez-vous bien surtout de quitter sa main et sa protection, car vous ne ferez point de pas sans donner du nez en terre.


Je veux dire que quand vous serez parmi les affaires et occupations  communes, qui ne requièrent pas une attention si forte et si pressante, vous regardiez plus Dieu que les affaires ; et quand les affaires sont de si grande importance qu'elles requièrent toute votre attention pour être bien faites, de temps en temps vous regarderez à Dieu, comme font ceux qui naviguent en mer, lesquels, pour aller à la terre qu'ils désirent, regardent plus en haut au ciel que non pas en bas où ils voguent.


Une demi-heure d’oraison est essentielle, sauf quand on est très occupé. Alors, une heure est nécessaire…

 

St François de Sales.


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Une lumière s'est levée...

23 Janvier 2011, 13:46pm

Publié par Father Greg

 

Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l'ombre et de la mort, une lumière s'est levée. 

 

 

Petworth-Park-by-Joseph-Mallord-Turner.jpg Jean Baptiste vient d’être arrêté. Mauvais temps pour les prédicateurs : ceux qui proclament la vérité dérangent ! On les fait taire. Ce serait donc le moment de ne pas faire de vagues, de rester tranquillement dans son village. C’est au contraire comme le signal pour Jésus de quitter Nazareth-les-collines pour Capharnaüm-sur-Mer.

 

Contrairement à Jean-Baptiste, il ne va pas au désert mais en pleine ville, il ne va pas comme Jean en Judée mais au cœur de la Galilée, il ne rejoint pas la terre sainte du Temple mais la terre des païens. C’est une vraie rupture : ce ne sont plus des prêtres que Jésus appelle mais des pêcheurs du lac, non plus des docteurs mais des pauvres. Et Jésus ne prêche pas d’abord la pénitence mais la « proximité immédiate du Royaume ».

 

Et il débarque pour éclairer « ce pays de l’ombre », ce pays qui sent la mort*… pour être source de vie, pour que tout ce que l'on a détruit ne soit pas en vain; Il vient assumer tout rejet, toutes nos morts et s'en servir, leur donner sa fécondité! Et pour que ceux en qui la promesse s’est un peu éteinte, ceux qui n’attendent plus parce qu’ils s’appuyaient sur eux-mêmes, entre dans la gratuité de son don; « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est proche. » Cela veut dire : 'mais pétard, ouvre les yeux et appuie-toi sur mon don pour toi ; C'est réel! Du réel divin, donc caché, mais du réel qui est éternel, substantiel, qui ne passe pas! Je suis là avec toi, pour  reprendre tout ce qui fait ta vie d’une manière nouvelle, donner à toutes choses une nouvelle signification, une nouvelle fécondité'.

 

 

Et nous, on ne le voit pas, parce qu’on est les yeux vissé sur nos pieds, sur nous-même. On vit tellement dans notre tête plutôt que dans le réel. On est tellement repliés, que nos milieux chrétiens deviennent vite des caves moisis ou on compte notre avoir, nos petits acquis. On vit si facilement en mode « chasse la neige ». Et Jésus nous dit : « vas-y, fais une conversion, lâche tes bâtons, suis-moi ».  

 

Et pour cela, pour y aller tout ‘schuss’, il faut lui demander qu’il nous dise « Venez… viens à moi » pour que sa parole nous fasse vivre de sa vie; pour toucher que non seulement il ne nous est plus extérieur, mais sa présence immédiate reprend tout ce qui est mort: Il est une source substantielle, en lui plus rien n'est vain, rien n'est perdu de notre vie.

 

 

Fr Grégoire.

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L'épreuve humaine...

22 Janvier 2011, 00:44am

Publié par Father Greg

 

 

Capable d'aimer...? 

 


edouard-manet-berthe-morisot.jpg « Nous savons peu de choses, mais qu'il faille nous tenir au difficile, c'est là une certitude qui ne doit pas nous quitter. Il est bon d'être seul parce que la solitude est difficile. Qu'une chose soit difficile doit nous être une raison de plus de nous y tenir.

 

Il est bon aussi d'aimer ; car l'amour est difficile. L'amour d'un être humain pour un autre, c'est peut-être l'épreuve la plus difficile pour chacun de nous, c'est le plus haut témoignage de nous-mêmes ; l'œuvre suprême dont toutes les autres ne sont que les préparations. C'est pour cela que les êtres jeunes, neufs en toutes choses, ne savent pas encore aimer ; ils doivent apprendre. De toutes les forces de leur être, concentrées dans leur cœur qui bat anxieux et solitaire, ils apprennent à aimer. Tout apprentissage est un temps de clôture. Ainsi pour celui qui aime, l'amour n'est longtemps, et jusqu'au large de la vie, que solitude, solitude toujours plus intense et plus profonde. L'amour, ce n'est pas dès l'abord se donner, s'unir à un autre. Que serait l'union de deux êtres encore imprécis, inachevés, dépendants ?

 

L'amour, c'est l'occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l'être aimé. C'est une haute exigence, une ambition sans limite, qui fait de celui qui aime un élu qu'appelle le large. Dans l'amour, quand il se présente, ce n'est que l'obligation de travailler à eux-mêmes que les êtres jeunes devraient voir. Se perdre dans un autre, se donner à un autre, toutes les façons de s'unir ne sont pas encore pour eux. Il leur faut d'abord thésauriser longtemps, accumuler beaucoup. Le don de soi-même est un achèvement : l'homme en est peut-être encore incapable. »

 

Rainer Maria Rilke. Lettres à un jeune poète.

 

 

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Rencontre avec Celui qui nous attend...

21 Janvier 2011, 00:41am

Publié par Father Greg

 

 

  Pourquoi Dieu paraît-il tellement loin, même quand on a vraiment le désir de le rencontrer ?

 

 images (17)Dans notre vie nous rencontrons Dieu comme quelqu’un qui nous aime. Nous savons qu’il nous a aimés le premier. Disons, même si ce n’est pas tout à fait juste, que Dieu nous attend, en ce sens que son amour pour nous, étant éternel, existe depuis toujours, et pour toujours. Dieu nous a aimés de toute éternité, et il a créé notre âme par pur amour ; il nous a fait ce don incroyable par pur amour. Alors, quand vous comprenez que vous avez une âme spirituelle, qu’il y a en vous un trésor silencieux qu’il faut de temps en temps réveiller, et que ce trésor, c’est votre âme, qui vous a été donnée par Dieu et qui est à son image, vous découvrez cette présence –cette marque actuelle- de Dieu qui vous « poursuit ». Dieu vous voit tout le temps, il vous regarde tout le temps, et il s’intéresse tout le temps à vous.

 

Quand on arrive à comprendre cela, et surtout à en vivre, notre vie est complètement changée ; on n’est plus seul, plus jamais seul. Quand on est seul, parfois, on s’ennuie ; mais quand on sait que quelqu’un de bien plus important que nous nous aime, et qu’il nous a aimés avant que nous ne l’aimions, et qu’il continue de nous aimer en attendant notre amour, on n’est plus jamais seul.

 

Quand je vous dis l’avoir rencontré, c’est parce que je touche, dans la foi, dans cette proximité immédiate, que Dieu m’aime, et que Dieu m’aime d’une manière inouïe. Il a créé mon âme, il m’aime, et il attend de moi que je l’aime. Il s’intéresse à moi comme si je lui apportais quelque chose ! Et c’est vrai, il m’aime bien plus qu’une personne humaine qui m’aimerait en attendant de moi un bienfait, quelque chose d’agréable. Dieu m’aime infiniment plus que cela : il m’aime gratuitement, d’un amour éternel.

 

C’est cette présence intime de Dieu qu’il nous faut découvrir progressivement. Nous ne la découvrons pas sensiblement, car Dieu ne se donne pas à nous sensiblement, il ne se rend pas visible. Il est présent bien plus profondément, bien au-delà de ce qui est sensible, et il nous apprend à l’aimer.

 


Voir entre autres Is 54, 8 : « Dans un amour éternel, j’ai eu pitié de toi, dit Yahvé, ton Rédempteur » et Jer 31, 3 : « D’un amour éternel je t’ai aimée ».

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Abandonnez-vous, dit Dieu...

19 Janvier 2011, 23:14pm

Publié par Father Greg

 

 

 

Heureux qui espère et qui dort.

 

 

 

« Je n’aime pas celui qui ne dort pas, dit Dieu. panneau-dormir

Le sommeil est l’ami de l’homme.

Le sommeil est l’ami de Dieu.

Le sommeil est peut-être ma plus belle création.

Et moi-même je me suis reposé le septième jour.

Celui qui a le cœur pur, dort,

Et celui qui dort a le cœur pur.

C’est le grand secret d’être infatigable comme un enfant.

D’avoir comme un enfant cette force dans les jarrets.

Ces jarrets neufs, ces âmes neuves.

Et de recommencer tous les matins, toujours neuf,

Comme la jeune, comme la neuve Espérance.

Or on me dit qu’ il y a des hommes

Qui travaillent bien et qui dorment mal.

Qui ne dorment pas.

Quel manque de confiance en moi.

C’est presque plus grave que s’ils travaillaient mal mais dormaient bien.

Que s’ils ne travaillaient pas mais dormaient, car la paresse

N’est pas un plus grand péché que l’inquiétude

Et même c’est un moins grand péché que l’inquiétude.

Et que le désespoir et le manque de confiance en moi.

Je ne parle pas, dit Dieu, de ces hommes

Qui ne travaillent pas et qui ne dorment pas.

Ceux-là sont des pécheurs, c’est entendu.

C’est bien fait pour eux.

Des grands pécheurs.

Ils n’ont qu’à travailler.

Je parle de ceux qui travaillent et qui ne dorment pas.

Je les plains.

Je parle de ceux qui travaillent, et qui ainsi

En ceci suivent les commandements, les pauvres enfants

Et d’autre part n’ont pas le courage, n’ont pas la confiance, ne dorment pas.

Je les plains.

Je leur en veux.

Un peu.

Ils ne me font pas confiance.

Comme l’enfant se couche innocent dans les bras de sa mère ainsi ils ne se couchent point.

Innocents dans les bras de ma Providence.

Ils ont le courage de travailler.

Ils n’ont pas le courage de ne rien faire.

Ils ont la vertu de travailler.

Ils n’ont pas la vertu de ne rien faire.

De se détendre.

De se reposer.

De dormir.

Les malheureux ils ne savent pas ce qui est bon.

Ils gouvernent très bien leurs affaires pendant le jour.

Mais ils ne veulent pas m’en confier le gouvernement pendant la nuit.

Comme si je n’étais pas capable d’en assurer le gouvernement pendant une nuit.

Celui qui ne dort pas est infidèle à l’Espérance.

 

Charles Péguy. Le porche du Mystère de la deuxième vertu.

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Dans quel état j’erre ?

18 Janvier 2011, 23:32pm

Publié par Father Greg

 


 De l’absurdité contemporaine…

 


    loversmagritte.jpg «La vie en occident est devenue longue et stupide. Elle n’a plus de sens, elle n’est souvent qu’une suite d’émotions mises bout à bout. Tout est source d’angoisse, plus rien n’a de sens. On est même face à un abîme de non-sens. La ‘liberté’ de penser comme on veut et le surdéveloppement des techniques ont fait de nous des errants ! On n’est plus occupé qu’à gérer son capital santé ou à entretenir son confort. La seule liberté que nous ayons gagnée est le choix de notre lieu de vacance! 

 

On est arrivé à une totale insignifiance de notre vie. Nos actes n’ont plus aucuns liens entre eux. On passe son temps à se fuir. Transportant avec soi ce rapport univoque à un monde plat et source d’ennui, on se réfugie dans ses petits plaisirs. Et tous les jours on a la même image insignifiante et monotone d’un même jour universel.

 

L’homme déchoit à sa vocation. Rester jeune’ devient le sens de sa vie : avoir tous les jours 15 ans. Bientôt, le bonheur sera de ne jamais être né ! Et on façonne sa conscience en évitant l’absurde, l’ennui et l’angoisse en remplissant ses heures creuses par l’industrie des loisirs, qui agissent sous forme de stimuli saturant les sens. […]

 

On a abolie le temps, le sujet et l’espace par un réseau sans centre : internet. Le langage n’est plus qu’une estimation numérique gratuite : 60%, 90%... car le chiffre est devenu le garant du réel. Ou encore un pure outil : depuis l’ONU, le SIDA, jusqu'à soi-même qui n’est plus qu’une ADN. On est entré dans une pensée on ne peut plus binaire du ‘j’aime, j’aime pas’.

 

Avant on distinguait l’homme de l’animal par la raison. Maintenant on distingue l’homme de la machine par ses désirs individuels et ses comportements pulsionnels : on s’éclate, on craque pour…, on zappe… Tout est anticipé et manipulé : on se personnalise avec des produits vendus à des millions d’exemplaires. L’homme est devenu un souriant crétin. »

 


Olivier Rey. Itinéraire de l’égarement.

 

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Voici l’Agneau de Dieu

16 Janvier 2011, 23:06pm

Publié par Father Greg

 

« Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde »

 

agneaudeDieu.jpgDieu s’incarne à Noël pour se donner ultimement comme Agneau. L’Agneau, c’est le don le plus grand qui puisse se faire, pour nous faire connaitre le secret de Dieu. Dieu est pur don, et, en Jésus, il s’unit à notre nature humaine, il s’unie à nous pour que l’on devienne ce qu’il est de plus secret : pur don sans aucune efficience, excès de miséricorde offerte, Agneau donné gratuitement !  

 

Ce qui est déconcertant c’est que Jésus ne nous dit pas son don ; il se donne en silence, ne cesse de nous attirer et ‘refuse’ de s’imposer ! Et pour cela, on ne peut quelque part entrer dans cette présence silencieuse que par un autre qui va nous dévoiler cette présence! Pourquoi ? Parce que Jésus ne vient pas pour nous aider ou résoudre nos problèmes ! Nous aider serait encore un amour très humain, une espèce de pitié pour des pauvres types ! Or Jésus vient à nous comme un ami, faisant de nous son égal. Il  nous aime pour nous, tel qu’on est, sans condition. Il ne nous aime pas en fonction d’un résultat ou d’un idéal qu’il voudrait pour nous. Et ça, mais ça nous agace !! On aimerait tellement qu’il vienne régler nos problèmes. On aimerait tellement pouvoir se servir du salut qu’il apporte! On est parfois tellement énervés de ce qui empoisonne nos vies, de nos petites médiocrités, de nos petites rancœurs, nos petites critiques, de tous ces petits riens qui nous font nous regarder et nous replier sur nous-mêmes. Or le salut qu’apporte Jésus n’est pas efficace humainement : on ne peut pas s’en servir. Il vient pour demeurer avec nous, pour s’unir à nous, pour tout vivre avec nous ! Et, ça c’est insupportable pour ceux qui voudraient posséder leur vie, jouir de leur perfection !

 

Et c’est ça notre péché : de toujours tout ramener à nous-même, de tout voir en fonction de nous-même, de tout voir en fonction d'un projet bien régressif qu’on croit être notre bonheur. Le péché, c'est ce refus d’entrer dans un chemin qui n’est pas le nôtre ! C'est de vouloir être par soi, de vouloir tout discerner par soi, d’être à soi-même sa propre mesure. Or, l’Agneau c’est celui qui vient nous faire sortir de nous-même, qui vient nous faire nous quitter, en étant possédé par quelqu’un qui est complètement pour nous, qui veut être reçu comme un secret !

 

Aussi, quand Jean Baptiste nous met devant la réalité de nos péchés, de nos actes qui sont en vains, irrécupérables, sources de blessures, ceux qu’on ne peut pas reprendre, il ne dit pas : "Voici vos péchés. Il n'y a plus d'espoir". Il ne dit pas non plus: "Votre péché n'existe pas. Mais voici Jésus, un agneau tout doux, tout gentil. Vous pouvez lui faire un petit câlin, et on va tous vivre au pays des bisounours ! On va tous être gentils gentils, genre « spiritualité de ventres mous ». Non ! Il dit : « Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. C'est lui, le Fils de Dieu » pour nous dévoiler comment Dieu est tourné vers nous, comment il nous est présent : d'une manière telle qu'on ne peut en vivre qu'en choissant qu'Il nous fasse sortir de nous-mêmes !


   
Jésus l’Agneau, c’est celui qui vient nous épouser tel qu’on est ; Il vient pour moi maintenant, sans autre promesse à son don que lui-même : il m’est donné comme personne ne peut m’être donné. Et il vient pour nous faire vivre de lui, pour qu’on devienne pur don, pur amour !

Toute la vie chrétienne c’est d’être l’Agneau ! C’est l’offrande gratuite de tous nous-mêmes pour devenir la nourriture de nos frères. Jésus est l’Agneau, celui donné comme nourriture, relatif  nous, pour nous apprendre à aimer. On ne peut entrer dans son don qu’en lui mendiant de venir nous prendre !

L’Esprit Saint désire tellement pour nous qu’on soit possédé par cette parole, qu’on entende Jésus nous la dire, et qu’on se présente, chacun, tous les matins, seul face au Père, en disant: « voici l’Agneau de Dieu ! »

 Fr Grégoire.

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Le loin-près...

14 Janvier 2011, 16:46pm

Publié par Father Greg

 

 

Ce nom que toutes les femmes pourraient donner à leur mari : le loin-près.

Ni jamais là, ni jamais ailleurs, ni jamais absent, ni vraiment présent !

 

gustave-courbet-les-amants-a-la-campagne.jpg La douleur est dans la vie des femmes comme un chat qui se faufile entre leurs jambes quand elles repassent le linge, refont les lits, ouvrent les fenêtres, épluchent une pomme. Un chat qui parfois leur prend le cœur, l’envoie rouler à plusieurs mètres, le reprend dans ses griffes, en joue comme d’une souris mourante. Ce chat est dans la vie des femmes même quand il les laisse en paix. Elles savent qu’il est là, dans un coin. Elles ne l’oublient jamais. Jusque dans la joie elles l’entendent respirer, comme on perçoit le chant d’une source sous tous les bruits de la forêt.

Les hommes ne laissent pas la souffrance séjourner en eux. A peine l’ont-ils devinée qu’ils l’expulsent en violence, en colère, en travaux… »

 

Christian Bobin. Le Très-bas.


 

 

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Sagesse Bourgeoise...

13 Janvier 2011, 20:15pm

Publié par Father Greg

 

 

Invectives contre "l'auge à cochons de la sagesse bourgeoise"

  

 

« Le vrai Bourgeois, c'est à dire, dans un sens moderne et aussi général que possible, l'homme qui ne fait aucun usage de la faculté de penser et qui vit ou paraît vivre sans avoir été sollicité un seul jour, par le besoin de comprendre quoi que ce soit.  L'authentique Bourgeois est nécessairement borné... »                     

 Léon Bloy.

 

 

Gros-plan-sur-le-portrait-de-Louis-Francois-Bertin-1832-par  « Soyons raisonnables, n’est-ce pas ? Je suis forcé de penser à mes affaires, d’abord; ensuite aux affaires des autres, pour les fourrer dedans, s’il est possible ; enfin à mes plaisirs. Où diable voulez-vous que je prenne le temps de penser à autre chose ? Vous me parlez de Dieu, c’est bien gentil de votre part ; mais sérieusement, qu’est-ce que vous voulez que j’en fasse de votre bon Dieu ?

Jamais je n’y pense, jamais je n’y ai pensé et quand je serai sur le point de crever, je vous prie de croire que je n’y penserai pas davantage. Les prêtres le disent eux-mêmes, on est poussière et on retourne en poussière. Alors pourquoi s’embarrasser de toutes ces blagues ? Vous êtes vraiment bien rigolo de vous intéresser à mon âme, comme si je m’intéressais à la vôtre, moi ! Oh ! là ! là ! on voit bien que vous n’êtes pas dans le commerce. Si vous y étiez, vous sauriez que, loin de pouvoir penser à tout, on a bien assez et même trop, quelquefois, de penser à son livre de caisse. Tenez, mon cher monsieur, voulez-vous que je vous dise ? Je demande un bon Dieu qui soit dans les affaires. Alors on pourrait s’entendre. Il n’aurait pas le temps, lui non plus, de penser à tout. Il ouvrirait le dimanche, pour sûr, et il nous ficherait la paix, je vous en réponds… »

 

Léon Bloy. Exégèse des lieux communs.

 

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Temps ordinaire...

12 Janvier 2011, 17:54pm

Publié par Father Greg

 

 

 

 

 

« Vous voilà, mon Dieu.  eugene-delacroix-l-orpheline-au-cimetiere

Vous me cherchiez? Que me voulez-vous ? Je n'ai rien à Vous donner.

Depuis notre dernière rencontre, je n'ai rien mis de côté pour Vous. Rien...

Pas une bonne action. J'étais trop lasse. Rien...

Pas une bonne parole. J'étais trop triste.

Rien que le dégoût de vivre, l'ennui, la stérilité.
- Donne !

- La hâte, chaque jour, de voir la journée finie, sans servir à rien;

le désir de repos loin du devoir et des œuvres, le détachement du bien à faire,

le dégoût de Vous, ô mon Dieu !

- Donne !

- La torpeur de l'âme, le remords de ma mollesse et la mollesse plus forte que le remords...
- Donne !

- Des troubles, des épouvantes, des doutes ...

- Donne !

- Seigneur, voilà que, comme un chiffonnier, Vous allez ramasser des déchets, des immondices. Qu'en voulez-Vous faire, Seigneur ?

- Le Royaume des Cieux ! »


Marie-Noel. Notes Intimes.


 


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Et vous, ça va?

11 Janvier 2011, 17:14pm

Publié par Father Greg

 

 

Mener une vie simple est une chose souvent complexe, alors que se compliquer la vie est d’une simplicité déconcertante.  Eh ouais.


 

jean-cocteau.jpg « Abandonnons notre conscience mondaine, chassons de notre ville intérieure les passions qui volent la caisse de notre âme ! Il y a des moyens, il y a un fouet pour les chasser. C’est le rire ! Le rire, que craignent tant nos passions les plus basses ! Le rire qui est créé pour rire de tout ce qui flétrit la réelle beauté de l’être humain. Rendons au rire sa signification réelle ! Rions généreusement de notre propre vilénie. Vous avez la gueule de travers ? Oui nous avons la gueule de travers ! De qui riez-vous ? Nous rions de nous-mêmes, Oui, nous rions de nous-mêmes, parce que nous ressentons notre noble espèce russe, parce que nous ressentons la prescription suprême d’être meilleurs que les autres… »

 

Nicolas Vasilevitchi Gogol.

 


 

bis


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Baptème...

10 Janvier 2011, 11:52am

Publié par Father Greg

 

 

 

On demande des pécheurs!

 

georges-rouault-christ.jpgDans l’A.T, le baptême était un acte pénitentiel, de purification devant Dieu. En se plongeant dans l'eau, le pénitent reconnaissait son désordre, manifestant son désir de mourir à ses comportements erronés.

 

Ainsi, lorsque le Baptiste voit Jésus venir avec les pécheurs, il est stupéfait ; reconnaissant en Lui le Messie, Celui qui est sans péché, il ne comprend pas ! Or, Jésus l'exhorte à entrer dans ce nouveau chemin, à accepter de faire ce geste, pour « accomplir parfaitement ce qui est juste ».

 

Jésus manifeste là que le nouveau baptême c’est de laisser Dieu lui-même s’abaisser et prendre tout notre désordre. Il vient s’unir à nous d’une manière telle, qu’il se fait responsable de chacun de nous devant le Père. Et cela d’une manière cachée, pour que son geste ne soit pas une accusation ou source de repliement sur nous-même !

 

‘Accomplir ce qui est juste’, c’est choisir de laisser Dieu venir porter ce qui est mort en nous, de le laisser venir nous rencontrer là où on est moisi. C’est là qu’il veut descendre, parce que c’est là où l’on va pouvoir voir son visage ; Et notre misère en nous qui devient le lieu de la rencontre ?!

 

En laissant Dieu réaliser ce don excessif, cet amour qui est de trop, nous Lui ‘permettons’ de se manifester tel qu’il est pour nous, dans ce qui est le plus lui-même : dès que nous laissons Jésus porter ce qui est mort en nous, nous permettons comme une nouvelle présence de Dieu, une nouvelle connaissance de sa paternité pour nous.

 

La réalité cachée du baptême –ce don divin toujours actuel- est d'être insèré dans cet amour substantiel réciproque qui est Dieu; Dieu se déverse alors lui-même en nous, et se rend présent d’une nouvelle manière. Le bain de l'eau, nous lie et nous insère en Jésus avec qui nous devenons comme un, unis à lui dans sa personne...



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Dévotion...

9 Janvier 2011, 21:51pm

Publié par Father Greg

 

Ô Notre-Dame des Relous,  titien-cain-et-abel.jpg

Tendre mère des fâcheux de toute sorte

Qui par votre indulgence ineffable

Savez supporter avec miséricorde tous les boulets de la terre,

Prenez en pitié nos pauvres cœurs excédés.

Nul n’a jamais su vous faire sortir de vos gonds

Et jamais vous n’avez manifesté la moindre lassitude,

Malgré l’armée de casse-pieds qui a dû se bousculer à votre porte,

Sans oublier tous ces enquiquineurs qui,

Jour après jour,

Depuis votre bienheureuse montée au Ciel,

Refusent de vous accorder le moindre repos.

Enseignez à nos cœurs la même patience

Face à ces emmerdeurs qui nous cernent de toutes parts ;

Donnez-nous la force de les endurer en silence,

Voire même celle – surhumaine – de les bénir !

Tout spécialement ce chieur de…

[nom de la personne qui nous empoisonne],

Afin de ne pas nous laisser sombrer dans la critique à son égard.

Et si votre bienveillance maternelle se laissait toucher par notre misère,

De grâce, prenez-nous en pitié :

Notre-Dame des Relous,

Délivrez-nous de tous les relous.

(Mais vite...)

 Auteur Inconnu

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Hymne à Dieu...

8 Janvier 2011, 17:03pm

Publié par Father Greg

 

 

 

O toi,  l'au-delà de tout turner46

N'est-ce pas là tout ce qu'on peut chanter de toi ? 
Quelle hymne te dira, quel langage ? 
Aucun mot ne t'exprime. 
A quoi s'attachera-t-il ? 
Tu dépasses toute intelligence. 

Seul, tu es indicible, car tout ce qui se dit est sorti de toi. 
Seul, tu es inconnaissable, car tout ce qui se pense est sorti de toi. 
Tous les êtres, ceux qui pensent et ceux qui n'ont point la pensée, 
te rendent hommage. 

Le désir universel, l'universel gémissement tend vers toi. 
Tout ce qui est te prie, et vers toi tout être qui pense ton univers 
fait monter une hymne de silence. 

Tout ce qui demeure, demeure par toi; 
par toi subsiste l'universel mouvement.

De tous les êtres tu es la fin; 
tu es tout être, et tu n'en es aucun.

Tu n'es pas un seul être; 
tu n'es pas leur ensemble ;

tu as tous les noms et comment te nommerais-je, 
toi qu'on ne peut nommer? 

Quel esprit céleste pourra pénétrer les nuées qui couvrent le ciel même? 
Prends pitié, 0 toi l'au-delà de tout

n'est-ce pas là tout ce qu'on peut chanter de toi ? 


Grégoire de Nazianze (IVe siècle) 

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Quel bonheur...?

7 Janvier 2011, 00:11am

Publié par Father Greg

 

 

« Beaucoup naissent aveugles paul-cezanne-vieil-homme

et ne s’en aperçoivent que le jour où la vérité leur crève les yeux…

A force de ne jamais réfléchir,

on a un bonheur stupide.

A force de plaisirs

notre bonheur s’abime.

Le bonheur exige du talent.

Le malheur pas.

On se laisse aller. On s’enfonce.

C’est pourquoi le malheur plaît

et le bonheur effraye la foule. » 

Jean Cocteau.

 

 

« Plus on est semblable à tout le monde, plus on est ‘comme il faut’ ! C'est le sacre de la multitude.... Ainsi, on dit d’un homme qu’il est 'raisonnable', comme les putains disent d’un client qu’il est sérieux…»                                                                    

Léon Bloy.

 

« Il est si facile de se haïr ! La grâce est de s'oublier... Mais si tout orgueil était mort en nous, la grâce des grâces serait de s'aimer humblement soi-même... » 

        Georges Bernanos.   


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Exaltation de la chair...

6 Janvier 2011, 10:56am

Publié par Father Greg

 

 

 

 

A030609 1 Dans ces jours saints nous avons vécu de manière mystérieuse mais réelle l'entrée du Fils de Dieu dans le monde. Toute célébration est une présence actuelle du Christ et en elle prolonge l'histoire du salut.

 

Célébrer l'incarnation du Fils de Dieu n'est pas un simple souvenir de faits du passé, mais c'est rendre présents ces mystères porteurs de salut. Ces mystères se font actuels et efficaces pour nous, aujourd'hui.

 

Le Concile Vatican II souligne que l'œuvre de salut réalisée par le Christ continue grâce à l'action de l'Esprit Saint. A partir de l'Incarnation quelque chose de bouleversant à lieu : le contact salvifique avec Dieu se transforme radicalement et la chair devient l'instrument du salut : « le Verbe s'est fait chair », ainsi « La chair est le fondement du salut» St Léon. 

 

La manifestation de Dieu dans la chair est l'événement qui a révélé la Vérité dans l'histoire : aujourd'hui, comme alors, Dieu se révèle dans la chair.

 

Noël est l'invitation à nous laisser transformer totalement par Celui qui est entré dans notre chair. « Le fils de Dieu... s'est uni à nous et nous a unis à lui … et devient une élévation de l'homme jusqu'à la hauteur de Dieu »

 

 La manifestation de Dieu a pour objectif la réalisation en nous du mystère de son incarnation. Ce mystère est l'accomplissement de la vocation de l'homme. « Les paroles de l'Evangile nous enseignent à comprendre la Nativité du Seigneur, comme un fait qui se déroule sous nos yeux...»

 

Benoit XVI, audience 5 janvier 2011.

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Il est plus présent à nous même que nous-même...

5 Janvier 2011, 15:11pm

Publié par Father Greg

 

 

« Toi, tu es plus intime à moi-même que moi-même »

 

Bien tard je t’ai aimée,   Light and Color by Joseph Mallord Turner
ô beauté si ancienne et si nouvelle,
bien tard je t’ai aimée !
Et voici que tu étais au-dedans, et moi au-dehors
et c’est là que je te cherchais,
et sur la grâce de ces choses que tu as faites,
pauvre disgracié, je me ruais !
Tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi ;
elles me retenaient loin de toi, ces choses qui pourtant,
si elles n’existaient pas en toi, n’existeraient pas !

Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ;
tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ;
tu as embaumé, j’ai respiré et haletant j’aspire à toi ;
j’ai goûté, et j’ai faim et j’ai soif ;
tu m’as touché et je me suis enflammé pour ta paix.

Quand j’aurai adhéré à toi de tout moi-même,
nulle part il n’y aura pour moi douleur et labeur,
et vivante sera ma vie toute pleine de toi.
Mais maintenant, puisque tu allèges celui que tu remplis,
n’étant pas rempli de toi je suis un poids pour moi.
Il y a lutte entre mes joies dignes de larmes
et les tristesses dignes de joie ;
et de quel côté se tient la victoire, je ne sais.
Il y a lutte entre mes tristesses mauvaises
et les bonnes joies ;
et de quel côté se tient la victoire, je ne sais.

Ah ! malheureux ! Seigneur, aie pitié de moi.
Ah ! malheureux ! voici mes blessures, je ne les cache pas :
tu es médecin, je suis malade ;
tu es miséricorde, je suis misère.
N’est-elle pas une épreuve, la vie humaine sur la terre ? […]
Et mon espérance est tout entière uniquement
dans la grandeur immense de ta miséricorde.
Donne ce que tu commandes et commande ce que tu veux. […]
Ô amour qui toujours brûles et jamais ne t’éteins,
ô charité, mon Dieu, embrase-moi !

St Augustin. Confessions, X, 27, 38-29, 4

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Prière...

4 Janvier 2011, 12:21pm

Publié par Father Greg

À une heure du matin

 

philosophe.jpg Enfin! Seul! On n'entend plus que le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés. Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. Enfin! La tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même.


Enfin! Il m'est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres! D'abord, un double tour à la serrure. Il me semble que ce tour de clef augmentera ma solitude et fortifiera les barricades qui me séparent actuellement du monde. 


Horrible vie! Horrible ville! Récapitulons la journée:

-avoir vu plusieurs hommes de lettres, dont l'un m'a demandé si l'on pouvait aller en Russie par voie de terre (il prenait sans doute la Russie pour une île);

-avoir disputé généreusement contre le directeur d'une revue, qui à chaque objection répondait: "- C'est ici le parti des honnêtes gens", ce qui implique que tous les autres journaux sont rédigés par des coquins;

-avoir salué une vingtaine de personnes, dont quinze me sont inconnues;

-avoir distribué des poignées de main dans la même proportion, et cela sans avoir pris la précaution d'acheter des gants;

-être monté pour tuer le temps, pendant une averse, chez une sauteuse qui m'a prié de lui dessiner un costume de Vénustre;

-avoir fait ma cour à un directeur de théâtre, qui m'a dit en me congédiant: "- Vous feriez peut-être bien de vous adresser à Z...; c'est le plus lourd, le plus sot et le plus célèbre de tous mes auteurs, avec lui vous pourriez peut-être aboutir à quelque chose. Voyez-le, et puis nous verrons";

-m'être vanté (pourquoi?) de plusieurs vilaines actions que je n'ai jamais commises, et avoir lâchement nié quelques autres méfaits que j'ai accomplis avec joie, délit de fanfaronnade, crime de respect humain; avoir refusé à un ami un service facile, et donné une recommandation écrite à un parfait drôle; ouf! Est-ce bien fini? 


   Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m'enorgueillir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. Âmes de ceux que j'ai aimés, âmes de ceux que j'ai chantés, fortifiez-moi, soutenez-moi, éloignez de moi le mensonge et les vapeurs corruptrices du monde, et vous, Seigneur mon Dieu! Accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise!

Charles Baudelaire.

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Pourquoi l'Incarnation?

3 Janvier 2011, 15:53pm

Publié par Father Greg

L’intention de Dieu dans l’Incarnation (I)

Chrétiens du début du troisième millénaire de l'Église, nous vivons des luttes extrêmes, des luttes intellectuelles profondes et multiples. L'union tout à fait première, dans la sagesse de Dieu, de l'homme et de la femme, est elle-même attaquée et, par le fait même, la finalité propre de la personne humaine est ébranlée et souvent rejetée. L'homme devient le maître absolu, non seulement de lui-même mais aussi des autres. Au milieu de ce bouleversement mondial et si total, où tout demande d'être repris, rectifié, purifié, l’Incarnation du Christ nous révèle l'amour du Père pour chacun d'entre nous, et nous montre que seul cet amour est éternel et victorieux de toutes les luttes. 


Conférence donnée à Orléans. 29. 11.2010.

 

 

https://www.opendrive.com/files?10160964_SjEzX




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Epiphanie..

2 Janvier 2011, 23:59pm

Publié par Father Greg

L’EPIPHANIE : manifestation du Seigneur…

 

Comme manifestation, on a fait mieux… une étoile, un enfant… Well, question marketing ce n’est pas tip top… c’est même plutôt assez nul… alors c’est quoi cette manifestation de Dieu ?? Il ne pourrait pas faire péter le ciel un bon coup et se manifester ???                                                  

 

Rembrandt Or, le chemin que Dieu prend pour se manifester c’est des païens ! Paradoxe étonnant que ces « chercheurs de Dieu », qui deviennent témoins pour ceux qui devaient attendre le messie !! Et, la réponse de Dieu à ceux qui cultivent cette quête de vérité, celle qui fait que l’homme est vraiment homme, c’est un signe dans le ciel assez ridicule : une étoile !  Et justement, les mages n'ont vu qu'une étoile, qu’un enfant... Mais parce qu’ils avaient cette quête intérieure, cette soif incroyable qui les ont fait tout quitter, ils ont pu déceler et recevoir ces pauvres signes comme révélation d’un passage de Dieu pour eux.


Qu’est-ce que cela nous enseigne ? Que Dieu est toujours au delà de ce que nous connaissons de Lui. Dieu est d’un déconcertant ! Et aussi qu’il ne supprimera jamais en nous ce qui fait notre grandeur ! Qu’il refuse de s’imposer par miracle ou par magie !

 

Et c’est un peu là notre tentation : les scribes et les pharisiens savaient beaucoup de choses sur Dieu, et ont réduits leur foi à un savoir informatif, à des explications sécurisantes ; refusant la pauvreté dans laquelle nous plonge la foi, ils se sont inquiétés jusqu’à chercher à tuer Jésus ! Comment ceux qui ont reçu la promesse de Dieu ont pu finalement aller jusqu’à le rejeter ?

 

Nous ne pouvons pas posséder la vérité. On ne possède pas la foi à la manière d'un compte en banque. La foi est un chemin d'amour –intelligent-, qui nous rend relatifs à un autre qui nous dépasse et qui reste toujours plus grand que ce que nous en connaissons.

 

Alors, demeurons-nous des chercheurs de Dieu ? Sans doute dirons-nous que nous avons rencontré Dieu puisque nous lui avons donné notre foi, notre confiance. Or, quand nous parlons de chercher Dieu, nous ne mettons pas en cause la confiance qui nous habite. Nous voulons dire que Dieu est toujours au-delà de nos prises. Nous n’en avons jamais fini de le découvrir. La confiance en Dieu ne nous dispense pas de chercher sans cesse sa présence silencieuse, de purifier sans cesse les représentations que nous nous faisons de lui.

 

Dieu est au bout d'une longue route et ne se découvre qu'à ceux qui persévèrent. Le 1er signe que les mages avaient découvert, l'étoile ...a disparu. Dans cette quête de Dieu, comme les mages, il y a des moments de doute, d’incertitude, nous ne savons plus très bien dans quelle direction aller. Les mages représentent tous ceux qui sont en recherche de Dieu. Tout homme est, comme les mages, un nomade de Dieu qui s'ignore.

 

Comment accueillir ces témoins qui vivent déjà d’une lumière qui les dépasse sans le savoir, ces questionneurs dérangeants, qui peuvent nous révéler des lumières enfouies sous nos certitudes étroites, des vérités cachées par la sclérose de nos habitudes ?

 

Comment donner la soif et le goût de Dieu aux hommes qui l'ont perdu ? Comment faire boire un âne qui n'a pas soif ? Une seule réponse : trouver un autre qui a soif et qui chercher à boire. Des hommes qui ont soif de Dieu sont plus efficaces que tout ce que l’on peut dire de Dieu.  Si nous étions ces assoiffés de divin, nous serions pour les autres le signe, l'étoile qui réveillera cette soif de Dieu !

 

Notre quête de lumière, notre itinéraire, c’est cela que Dieu aime et c’est là qu’Il vient se révéler à nous, travailler en nous de l’intérieur, à travers un autre que l’on accueille dans ce qu’il a de plus lui-même. Dieu a lié son don à des liens très humains, à ce qui fait notre quête comme personne humaine.

 

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Résolution...

31 Décembre 2010, 11:15am

Publié par Father Greg

  Résolution de nouvel an : ne plus perdre de temps ?!

 

 

le chat

 

 

 

 

 

 « Perdre du temps », quelle drôle d'expression ! Comme si on disait que dans le passé, il y avait plus de futur que maintenant..! Peut-on « perdre » du temps? On peut perdre un stylo, un portefeuille, un ami... mais le temps ? Non ! Il est toujours là, avec moi, pas de risque de le perdre...

 

Certes, Proust est bien parti à sa recherche, mais il visait là le temps passé, le temps révolu, celui dans lequel nous nous noyons comme dans un brouillard. Il est allé fouiller les arcanes de ses souvenirs jusqu'à retrouver ce temps perdu1

 

Notre société est malade: elle ne pense plus que dans l'instantané, dans l'immédiat, dans l'urgenceQuand on parle de temps perdu, on parle de temps présent mal utilisé, inefficace ! Mais est-ce encore recevoir le réel tel qu'il est ou bien tel que je pourrais m'en servir pour m'affirmer et me prouver a moi-même que je domine mon existence?  C'est comme si pour voir qu'il fait noir, on avait besoin d'être une lumière !


 

Hélas, à courir après le temps, le plus souvent, on ressemble a l'armée de l'air: que du vent! Les gens qui courent pensent qu'ils gagnent du temps. Mais pendant qu'ils courent, que font-ils d'autres que courir ? Et ce temps « gagné » que vont-ils en faire ? Alors, ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon, vous n'en sortirez pas vivant…


Et puis, l'âge ne compte pas, à moins d'être un fromage... chat

 


 

Cette phobie collective liée à la perte du temps, est une maladie: nous ne vivons plus que dans un présent qui doit être super-utilisé, alors que le présent échappe à tout pouvoir et vouloir le posséder nous donne le sentiment de le perdre constamment. De fait, l’avenir ne nous fait plus peur quand on comprend qu’il recule sans cesse avec le temps qui avance... jusqu'à l'éternité, et là, on aura le temps: car l'éternité c'est long, surtout vers la fin...

 

Bonne année !


 

NB : Ce n'est pas parce qu'il y a beaucoup de gens dont la facilité de parler ne vient que de l'impuissance à se taire, que de parler de tout signifie nécessairement parler pour rien! Bien que de tous ceux qui n'ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent. Enfin, Il vaut mieux se taire et passer pour un con que de parler et ne laisser aucun doute à ce sujet!

 

 

 

(1). Pourquoi est-ce que la psychanalyse de certains hommes est souvent plus rapide que celle des femmes?? - Parce qu'il s'agit de remonter dans l'enfance, et avec certains hommes, on y est déjà.

 


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Le chef d'oeuvre de Dieu...

30 Décembre 2010, 15:46pm

Publié par Father Greg

 

 

La femme,  créature la plus fragile,

est chef d’œuvre de DIEU dans sa fragilité !

 

 

 «Quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme». 

femme.JPGAinsi commence l'événement central, l'événement clé dans l'histoire du salut. La femme se trouve au cœur de cet événement salvifique. Ne trouve-t-on pas dans l'Annonciation de Nazareth le début de la réponse définitive par laquelle Dieu même va au-devant de l'inquiétude du cœur humain?

 

Marie atteint ainsi une telle union à Dieu qu'elle dépasse toutes les attentes de l'esprit humain. Elle dépasse même les attentes de tout Israël et, en particulier, des filles de ce peuple élu. Qui parmi elles, toutefois, pouvaient supposer que le Messie promis serait le «Fils du Très-Haut»? A partir de la foi monothéiste au temps de l'Ancien Testament, c'était difficilement envisageable. Ce n'est que par la force de l'Esprit Saint «venu sur elle» que Marie pouvait accepter ce qui est «impossible aux hommes mais possible à Dieu».

 

Ainsi la «plénitude du temps» manifeste la dignité extraordinaire de la «femme». Cette dignité consiste, d'une part, dans l'union surnaturelle à Dieu en Jésus Christ. De ce point de vue, la «femme» est la représentante et l'archétype de tout le genre humain: elle représente l'humanité qui appartient à tous les êtres humains, hommes et femmes.

 

Mais, d'autre part, l'événement de Nazareth met en relief une forme d'union à Dieu qui ne peut appartenir qu'à la «femme», à Mariel'union entre la mère et son fils. La Vierge de Nazareth devient en effet la Mère de Dieu.

 

Elle est donc vraiment la Mère de Dieu, car la maternité concerne toute la personne et pas seulement le corps, ni même seulement la «nature» humaine.

 

L'union particulière avec Dieu (fils dans le Fils), qui est accordée à tout homme  est grâce pure et, comme telle, un don de l'Esprit. Par une réponse de foi, Marie exprime sa libre volonté, et donc l'entière participation du «moi» personnel et féminin à l'événement de l'Incarnation.

 

Mais la grâce ne laisse jamais la nature de côté, elle ne l'annule pas non plus; au contraire, elle la perfectionne et l'ennoblit. La «plénitude de grâce» accordée à la Vierge de Nazareth en vue de sa qualité de «Théotokos» signifie donc en même temps la plénitude de la perfection de «ce qui est caractéristique de la femme», de «ce qui est féminin».

 

L'Eglise désire remercier la Très Sainte Trinité pour toute femme, pour les «merveilles de Dieu» qui, dans l'histoire des générations humaines, se sont accomplies en elle et par elle. En définitive, n'est-ce pas en elle et par elle que s'est accompli ce qu'il y a de plus grand dans l'histoire de l'homme sur terre, l'événement que Dieu lui-même se soit fait homme?

 

C'est pourquoi l'Eglise rend grâce pour toutes les femmes et pour chacune d'elles: pour les mères, pour les sœurs, pour les épouses; pour les femmes consacrées à Dieu dans la virginité; pour les femmes dévouées à tant d'êtres humains qui attendent l'amour gratuit d'une autre personne; pour les femmes qui veillent sur l'être humain dans la famille, ce signe fondamental de la communauté humaine; pour les femmes qui exercent une profession, celles sur qui pèse parfois une grande responsabilité sociale; pour les femmes «vaillantes» et pour les femmes «faibles»: pour toutes, telles qu'elles sont sorties du coeur de Dieu dans toute la beauté et la richesse de leur féminité, telles qu'elles ont été entourées de son amour éternel; telles qu'avec l'homme elles accomplissent le pèlerinage de cette terre, «patrie» temporelle des hommes, parfois transformée en «vallée de larmes»; telles qu'elles portent, avec l'homme, la responsabilité commune du destin de l'humanité, selon les nécessités quotidiennes et suivant la destinée finale que la famille humaine a en Dieu.

JPII. Mulieris Dignitatem. 1988.

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