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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Veillée à Cuatro Vientos.. (II)

2 Septembre 2011, 05:14am

Publié par Father Greg

 

 

c03d7025b359fd73d9c9a37aba2f6f22.jpgEn fait, il s’en passe des choses : le vent redouble, les pompiers grimpent sur les structures situées derrière l’autel. Les nuages semblent conforter la nuit dans son obscurité croissante. Le pape, invité à plusieurs reprises par son cérémoniaire à quitter la scène pour se réfugier dans la sacristie répond : « Non, je veux rester avec les jeunes ! ». Cette fois, il ne s’agit pas de littérature : le pape l’avait écrit dans son livre Lumière du monde alors que le journaliste lui demandait s’il avait songé à démissionner au plus fort de la crise médiatique liée aux affaires de pédophilie : « Quand le danger est grand, il ne faut pas s’enfuir. (...) C’est justement dans ce genre de moments qu’il faut tenir bon et dominer la situation difficile. C’est ma conception. » avait-il répondu. Ce soir là, c’en fut la preuve. Et voici que le thème des JMJ qu’il avait lui-même proposé, il dût le vivre à son tour de façon très personnelle : enraciné sur le siège de Pierre, affermi dans la foi, le pape prie. Je ne doute pas que, dans son colloque intérieur, Benoît XVI ait posé ce soir-là un acte de confiance : « Seigneur, si tu le veux, tu le peux ! ».

 

Action de Dieu ou pas, 20 minutes après, le vent tomba et un grand calme se fit. « Après la pluie, le beau temps » diront les rationalistes. Certes. La tempête apaisée laisse place à une nouvelle exultation collective : des jeunes défient le ciel avec leur parapluie, les drapeaux retrouvent leurs orgueilleux mouvements, les slogans se font entendre à nouveau avec plus de vigueur : « Esta es la juventud del Papa ! ».

Benoît XVI va parler. Reprendra-t-il son texte comme si de rien n’était ? Non. « Chers amis, je vous remercie de votre joie et de votre résistance. Votre force est plus forte que celle de la pluie. » A ce moment, on aurait envie de lui retourner le compliment. La veillée peut reprendre son cours.

Le 20 août 2011, quelque part en terre d’Espagne, une ferveur collective a imploré le Ciel, relayée par les milliers de téléspectateurs qui depuis leur domicile ont dû s’unir à cette prière. Ce soir-là, les quatre vents se sont tus. « Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi ? » interroge Jésus après que la tempête fut apaisée. Mystérieusement, le pape reprit alors la parole en français pour dire : « Soyez fiers d’avoir reçu le don de la foi, c’est elle qui illuminera votre vie à chaque instant. Appuyez-vous sur la foi de vos proches. Sur la foi de l’Eglise. » CQFD.

 

233871221Il ne serait pas juste de spiritualiser outre mesure les phénomènes naturels. Qu’il soit permis toutefois de souligner le caractère soudain, violent et menaçant de cette tempête. Qu’il soit permis de redire les objectifs qu’elle a atteint : faire taire le pape, faire tomber la croix, rendre inutilisable les hosties à consacrer. Insistons ici sur le fait que c’est la destruction d’une ou des deux tentes-chapelles qui aurait empêché la distribution de la communion le lendemain lors de la Messe conclusive des JMJ. Ce mystère reste d’ailleurs à élucider et constitue un point noir dans le bilan de ces 26e JMJ.

 

Ce soir-là, sur l’aérodrome de Cuatro Vientos, le pape choisit de reprendre une dernière fois la parole avant de quitter les jeunes : « Nous avons vécu une aventure ensemble. Forts dans la foi dans le Christ, vous avez résisté à la pluie. (…) Avec le Christ, vous pouvez affronter les épreuves de la vie. Ne l’oubliez jamais ! »

C’est en réponse à cette dernière demande que ce texte a été écrit. N’oublions jamais.

 

Pierre Durieux

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