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Vatican II, l'Eglise et la dernière semaine (II)

19 Novembre 2012, 02:12am

Publié par Fr Greg.

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Si les événements passent devant, cela ne veut pas dire qu’il faille tomber dans le désespoir. La dernière semaine est la grande semaine où Jésus devient source de salut. L’Église, d’une façon communautaire, doit devenir cette source de salut dans le Christ, avec Marie. Il doit éclore en elle de petites communautés qui soient des oasis de lumière, d’amour, de charité, en union avec le mystère de la Compassion. C’est le mystère de la Compassion qui doit être vécu dans l’Église. Tout foyer chrétien doit être une oasis dans un monde qui se matérialise et qui ne sait plus où il va. Le monde d’aujourd’hui ne sait plus où il va, personne ne le conduit plus, il est livré à l’anonymat, à la rivalité. Les grands banquiers disent : « C’est nous qui gouvernons le monde », et c’est vrai. Les grands savants disent la même chose, et les hommes politiques aussi. C’est vrai des trois, et en même temps ce n’est vrai d’aucun d’entre eux. Il y a des alliances qui se font (on ne sait pas trop comment) : alliance avec l’argent, alliance avec la technique et l’efficacité, avec la science, avec le prestige. C’est très curieux, ce faux équilibre dans lequel nous vivons, cette fausse paix. Dans la guerre de 1939-45, il y a eu un moment qu’on a appelé « la guerre des nerfs ». Nous vivons aujourd’hui une sorte d’équilibre des nerfs. L’épée de Damoclès est là, et à chaque instant elle peut dégringoler sur notre tête. Nous vivons très profondément cela, et nous sentons que cela peut durer même si, en même temps, nous ne comprenons pas bien comment cela dure : cela dure sans que personne ne veuille que cela dure. Aujourd’hui, les requins sont fameux, et ils ont la dent dure, et ils mordront, parce qu’ils ne sont pas baptisés dans le sang du Christ. Ils veulent dominer et ils le font bien, à leur manière.

 

Si nous vivons la dernière semaine telle que saint Jean la montre, il est très important de revenir à saint Jean. N’est-il pas le seul qui nous permette d’avoir cette intelligence ultime des temps apocalyptiques que nous vivons ? L’Église a toujours vécu l’Apocalypse, mais dans la dernière semaine elle la vivra d’une manière très particulière. Il faut bien comprendre, dans l’Apocalypse, le sixième sceau et la sixième trompette (cf. Ap 6 et 9) ; car quand l’Église vivra la dernière semaine, ce sera sous le signe du sixième sceau et de la sixième trompette, et le mystère de Marie sera alors une source souterraine.

 

L’Esprit Saint est toujours caché, il fait (si j’ose dire) un travail de taupe, et Marie aussi est cachée. C’est un travail merveilleux que celui de l’Esprit Saint ; il est à l’œuvre aujourd’hui d’une manière étonnante, mais très cachée. C’est le grand mystère de la dernière semaine. Dans cette dernière semaine, la joie comme les luttes sont présentes. Ne disons pas que tout ce qui a été auparavant disparaît. Non, c’est l’œuvre de l’Esprit Saint, et donc tous les mystères de joie sont présents. C’est dans la dernière semaine que Jésus a connu dans son cœur les plus grandes joies, et c’est dans la dernière semaine qu’il a connu la plus grande lutte. Tous les mystères de joie et tous les mystères de lutte sont présents ; ils sont présents selon un mode nouveau, particulier, celui de l’Agneau qui accepte d’être conduit à l’abattoir (cf. Is 53, 7 ; Jr 11, 19), de mourir pour sauver les hommes.

 

M.-D. PhilippeSuivre l’Agneau, tome III, p. 10-12.

© Médiaspaul éditions