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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Vatican II, l'Eglise et la dernière semaine

18 Novembre 2012, 02:11am

Publié par Fr Greg.

 

Moonlight A Study at Millbank 1797

 

 

Il est essentiel pour le chrétien, à qui le Christ demande: "Pourquoi ne savez-vous pas voir les temps où nous sommes?" de s'interroger sur la signification des événements et des enjeux contemporains.

 

 

L’Église est envoyée par le Christ, elle doit donc vivre le même mystère que lui. Elle le vivra d’une manière différente, puisque ce sera dans la communauté ; pour le Christ, c’est personnel, mais pour nous c’est en communauté : c’est le propre de l’Église, de vivre le mystère du Christ dans la charité fraternelle.

 

Si nous devons vivre le même mystère que Jésus, il est normal que le pèlerinage de l’Église (si nous voulons bien le comprendre) soit ponctué comme la vie apostolique de Jésus. L’Église, de fait, a vécu des mystères de joie : les prémices de la jeune Église. Elle a vécu de grands mystères de lutte, comme en témoignent les anathèmes prononcés par les conciles. Les grandes luttes entraînent nécessairement un jugement, un discernement qui va très loin, où certains sont déclarés exclus de l’Église. Enfin, nous pouvons nous demander si avec le concile Vatican II, nous n’entrons pas dans la dernière semaine. Cette dernière semaine (puisque c’est une semaine de Dieu) peut durer quelques siècles, mais elle peut aussi aller très vite. Nous n’en savons rien, et c’est très bien : nous n’avons qu’à nous en remettre au discernement du Saint-Esprit.

 

Ce qui est sûr, c’est que le concile Vatican II, en décidant de ne condamner personne, nous fait entrer d’une manière toute nouvelle dans le mystère de la charité fraternelle. C’est l’Église qui se met sur la Croix, qui accepte de vivre le mystère de l’Agonie, c’est l’Église qui accepte d’être le grain de blé qui tombe en terre et qui meurt pour sauver l’humanité d’aujourd’hui. Pour comprendre l’Église, il faut toujours la regarder à travers ceux qui vivent le plus intensément le mystère de Jésus. Il faut regarder les grands saints que Dieu met auprès de nous : ils vivent bien le mystère du grain de blé qui tombe en terre et qui meurt pour le mystère de la fécondité. Ils le vivent plus que jamais, et c’est pour nous comme un signe très net de ce que nous devons vivre. Les saints sont bien ce mystère de renouveau dans la dernière semaine, quand Jésus, pour devenir la source du salut, accepte que les événements passent devant. La dernière semaine, pour nous, c’est l’Église qui laisse les événements passer devant. C’est vrai : l’Église n’est plus à la tête de la culture, elle ne vit plus un triomphe. Les événements passent devant, la culture moderne n’est plus une culture chrétienne. L’Église aujourd’hui ne peut plus dire grand-chose en politique. Il suffit de voir, quand le Saint-Père dit quelque chose, comment c’est reçu…

 

M.-D. PhilippeSuivre l’Agneau, tome III, p. 10-12.

© Médiaspaul éditions

 

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