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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Vatican II fut comme le nouvel avent de l'Eglise...

20 Décembre 2013, 10:52am

Publié par Fr Greg.

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Le « Concile Vatican II […] a été pour l’Église un grand tournant. Ce concile, qualifié superficiellement de "pastoral", me semble plutôt être celui de la charité fraternelle, au sens le plus grand de l’expression. Il a uni très profondément les évêques du monde entier dans l’expérience du peuple de Dieu, il a ouvert d’authentiques perspectives en vue de l’unité – par rapport à l’œcuménisme −, et n’a jeté d’anathème sur personne, n’a condamné personne. En fait, ce concile a été pour l’Église un appel à vivre dans une charité fraternelle plus effective, plus intense, dans laquelle nous devons découvrir ce qu’est pour nous – personnellement – le mystère de l’Église, c’est-à-dire le mystère de la communion dans le Christ, sous la conduite de l’Esprit Saint qui nous conduit vers le Père. Cela requiert de nous de vivre beaucoup plus immédiatement notre finalité (dans un dépassement de nous-mêmes) à la lumière de la sagesse de la Croix (cf. 1 Co 1, 17 sqq.), à la lumière du primat de l’amour et de la recherche de la vérité, et de vivre cela dans une espérance eschatologique, dans la foi la plus radicale, la plus contemplative, et dans la charité fraternelle la plus intense, la plus donnée. Si depuis Vatican II, l’Église ne condamne plus, c’est pour entrer dans la dernière semaine de Jésus, où il s’offre, où il ne condamne plus, où il dit qu’il n’est venu que pour rendre témoignage à la vérité (Jn 18, 37)… où il se met sur la Croix. […]

Nous savons dans la foi que, par la victoire du Christ, nous sommes victorieux de toutes ces situations-limites ; non pas de façon éclatante, ostentatoire, mais au plus intime de notre cœur, en ayant une compassion et une miséricorde toujours plus grandes à l’égard des hommes d’aujourd’hui, d’une humanité errante qui n’a pas la foi et l’espérance dans le Christ, et qui ne voit ni solution ni issue à son angoisse. Nous avons, face à ces situations-limites, un témoignage à donner, celui de l’espérance dans le Christ, dans la victoire de l’amour que nous manifeste le mystère de la Croix. Le mystère de la Croix est une grande victoire, cachée mais définitive, la victoire sur la mort. C’est ce que l’Église est appelée à vivre, au terme de l’ultime semaine à travers les grandes luttes qu’elle connaît présentement, parce que sa mission est la même que celle du Christ ; c’est une seule mission, le pape [Jean-Paul II] l’a écrit dans sa première encyclique [Redemptor hominis, 4 mars 1979, n° 7 : "L’Église ne cesse jamais de revivre [la] mort [du Christ] sur la croix et sa résurrection qui constituent le contenu de la vie quotidienne de l’Église. […] L’Église vit [le] mystère [du Christ], elle y puise sans jamais se lasser, et elle recherche continuellement tous les moyens pour rendre ce mystère de son Maître et Seigneur proche du genre humain, des peuples, des nations, des générations qui se succèdent, de chaque homme en particulier […]. L’Église demeure dans la sphère du mystère de la Rédemption, qui est justement devenu le principe fondamental de sa vie et de sa mission"; n° 14 : l’"homme est la première route que l’Église doit parcourir en accomplissant sa mission : il est la première route et la route fondamentale de l’Église, route tracée par le Christ lui-même, route qui, de façon immuable, passe par le mystère de l’Incarnation et la Rédemption"] et ne cesse, depuis, de le répéter. Cela signifie que l’Église doit vivre ce que le Christ a lui-même vécu, jusqu’au terme, le mystère de la Croix… Peut-être entre-t-elle à présent dans la Passion ? Les témoins que sont la petite Thérèse et Marthe, Maximilien-Marie Kolbe et mère Teresa semblent l’indiquer ».

 

Père Marie-Dominique Philippe, À l’aube du dernier jour, Paris, p. 21-23.