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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Utiliser ses fautes...

26 Janvier 2012, 04:34am

Publié par Father Greg

 

3341020993 a97869bf61Une faute, une faiblesse, un péché – graves ou non – peuvent parfois provoquer en nous d’obscurs sentiments : culpabilité, honte, tristesse, découragement… La bonne nouvelle est qu’aucune de ces attitudes n’est demandée par l’Évangile ! Nous nous laissons souvent entraîner dans bien des pièges, et des mensonges. L’art d’utiliser ses fautes est simple : comprendre que nos fautes et nos faiblesses, loin de nous éloigner de Dieu, peuvent nous en rapprocher. Bienheureuse et consolante vérité ! Laissons-nous convaincre, pour répandre à notre tour cette bonne nouvelle autour de nous.

 

Ne pas se décourager 

François de Sales commence par relever une question : pourquoi suis-je abattu et découragé après une faute ? Je peux ressentir de la lourdeur, de la culpabilité, de la honte, même me sentir comme paralysé, incapable de me relever. Rien à voir avec la Vie ! L’homme, suite à son péché, est-il tout de suite découragé ? Non, il y a une étape intermédiaire, souvent inaperçue à nos yeux : l’étonnement d’avoir pu commettre cette faute.

Il est provoqué par notre amour-propre. Même silencieux, il est toujours là, prêt à surgir au moment venu. St François le compare à un renard qui sait attendre et guetter sans se faire voir, et bondir tout à coup sur sa proie … la prenant par surprise. Il ouvre ensuite la porte à une stratégie du démon ; la fausse tristesse. S’inquiéter et se lamenter sont deux attitudes qui nous signalent la présence encore forte de l’amour-propre. « Si j’avais su … – Pourtant. – Comment ai-je pu … ?»; dans tout cela il n’y a rien d’intéressant pour Dieu. Non, il faut se relever, avec douceur, sans agitation, mais se relever. Après une faute, « dites à votre âme : Eh bien ! Nous avons fait un faux pas ; allons maintenant tout doucement, et prenons garde à nous. Et toutes les fois et aussi souvent que vous tomberez, faites-en de même. »

Apprenons à distinguer deux sortes de tristesse, selon ce qu’elles créent en nous comme dispositions. « La tristesse qui est selon Dieu produit la pénitence pour le salut ; la tristesse du monde produit la mort. » (2 Co 7, 10) Il y a deux bonnes conséquences à la tristesse : la miséricorde et la pénitence. Par contre, six sont mauvaises : angoisse, paresse, indignation, jalousie, envie et impatience. Peu importe que la faute soit grave ou légère, nous tombons souvent dans ces pièges. « Faut-il fuir le mal, il faut que ce soit paisiblement, sans nous troubler ; car autrement, en fuyant, nous pourrions tomber, et donner loisir à l’ennemi de nous tuer … Même la pénitence, il faut la faire paisiblement. »

Se connaître 

Combattre le mal n’est rien de moins qu’une guerre Commettre le péché, c’est comme perdre une bataille, c’est-à-dire un moment précis de cette guerre, mais il y a de multiples batailles dans une guerre … La victoire finale est déjà acquise ! St Jean Chrysostome affirmait « Ceux-là seuls ne sont jamais blessés qui ne combattent jamais. Ceux qui se lancent avec ardeur contre l’ennemi sont le plus souvent frappés. »

St François exhorte les croyants à relever sans cesse leur cœur en « s’humiliant beaucoup devant Dieu (…) sans vous étonner de votre chute, puisque ce n’est pas chose étonnante que l’infirmité soit infirme, et la faiblesse faible, et la misère chétive. » Cela nous permet peu à peu d’ancrer en nous le premier degré d’humilité : connaître notre faiblesse.

Après une faute qu’elle soit grande ou petite, le démon s’immisce en nous avec de nombreux arguments. Il veut déposer dans notre cœur deux dispositions : l’éloignement de Dieu par le péché, et la peur de Dieu par le découragement.

Le remède est simple : la confiance, toujours la confiance. « C’est par l’espérance que nous sommes sauvés. » (Rm 8, 24) Soyons-en convaincus : Dieu n’aime pas nos fautes, mais il nous aime malgré elles.

St François décompose pour nous ce processus bien humain. Le pécheur est tombé pour avoir méconnu sa faiblesse, et exagéré la miséricorde de Dieu. Après la chute, c’est l’inverse. On exagère alors sa faiblesse, ou on méconnaît la miséricorde de Dieu ; parfois les deux ! « Rien n’est jamais fait, il faut toujours recommencer et recommencer de bon cœur. » 

Joseph Rissot, Feu et Lumière, févr.2010