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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Travail, art, personne (IV)

19 Janvier 2012, 03:59am

Publié par Father Greg

Travail et art

 

atelier-paul-cezanne-01.jpgCe n'est donc pas le travail qui, par lui-même, est au service d'un autre ; c'est l’art (réclamant le travail) qui, lui, peut être au service d'un autre, et cet art transforme le travail : on est alors en présence d'un travail qualifié, ordonné vers une réalisation artistique autre que le travail lui-même. Le cas inverse est précisément celui d'un travail ordonné à détruire l'autre. Le travail, considéré en lui-même, est donc un être imparfait, dans l'un et l'autre cas. En effet, il est un être en devenir : il peut être finalisé, mais peut être aussi un obstacle à la finalité. En lui- même, il est neutre par rapport aux diverses finalités humaines. Naturellement, il est en vue d'une finalité nécessaire pour vivre, mais il peut être au service de la violence - il devient alors lui-même violent et quelquefois pervers. C'est par l’idea, fruit de notre intelligence pratique, que le travail peut concourir à des actions mauvaises et inventer des outils pervers pour réaliser cette idea (5), mais en lui-même, le travail n'est pas pervers (6).

 

Travail et personne humaine

 

Pourquoi le travail s'impose-t-il, et comment l'homme, dans son développement personnel, a-t-il besoin d'un travail qui demeure humain, digne de lui et conforme à sa dignité ?

 

Le travail s'impose à l'homme pour transformer l'univers, en faire un univers habitable et capable de nourrir tous les hommes. Tous les hommes ont naturellement le droit de se nourrir et de vivre une vie familiale, d'époux et d'épouse, en élevant une famille, selon les désirs les plus profonds de leur cœur humain. Selon ce qu'il est, selon sa réalité propre, le travail n'est pas ce qui constitue l'homme dans sa nature profonde, essentielle. Car l'âme humaine, créée par Dieu immédiatement dans le corps embryonnaire, comme source propre de la vie humaine, n'est pas le fruit du travail humain : elle échappe, d'une certaine manière, au travail humain. Celui-ci ne peut donc que modifier la manière de vivre de l'homme, sa manière d'épanouir toutes ses virtualités et sa propre personne. En effet, il peut aider l'homme à atteindre sa fin d'une manière plus ou moins rapide et plus ou moins parfaite. Mais cette source d'épanouissement peut aussi devenir pour lui un obstacle qui l'empêche d'être libre, en le liant à des réalités secondaires qui deviennent principales pour lui dans la mesure où elles l'absorbent complètement. 


Fr MARIE-DOMINIQUE PHILIPPE,  Aletheia, Ecole St Jean.