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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

Sortir des idées préconçues !

24 Mai 2012, 02:05am

Publié par Father Greg

 

 

J'étais ici-même il y a quatre ans, et je me souviens qu'à l'époque les conférences n'étaient pas mises en ligne, Je pense qu'on les donnait aux participants dans une boîte, une boîte de DVD, qu'ils mettaient sur une étagère, où ils sont toujours.

(Rires)

Et en fait Chris m'a appelé une semaine après ma présentation et m'a dit, "On va commencer à les mettre sur le web. On peut poster la tienne?" Et j'ai dit, "Pas de problème."

Et quatre ans plus tard, comme je le disais, cela a été vu par quatre ... Bon, elle a été téléchargée quatre millions de fois. Je pense qu’on pourrait multiplier ce nombre par 20 environ pour avoir le nombre de gens qui l'ont vue. Et comme Chris le dit, il y a une soif de mes vidéos.

(Rires)

(Applaudissements)

... vous ne le sentez pas?

(Rires)

Donc, cette conférence a été un coup monté pour que je vous en fasse une autre, alors la voici.

(Rires)

Al Gore parlait à la conférence TED où je parlais il y a quatre ans et parlait de la crise du climat. Et j'en faisais référence à la fin de ma dernière présentation. Et je voudrais repartir de là parce que franchement je n'avais que 18 minutes. Donc, comme je le disais ...

(Rires)

Vous voyez, il a raison. Je veux dire, il y a une crise du climat, évidemment. Et si les gens ne le croient pas, ils devraient sortir davantage (Rires) Mais je crois qu'il y a une second crise climatique, qui est aussi sévère, qui a les mêmes origines et qu'il nous faut affronter avec la même urgence. Ce que je veux dire par là -- et vous pouvez dire, d'ailleurs, "Ecoutez, c'est bon, J'ai déjà une crise climatique; J'en n'ai vraiment pas besoin d'une deuxième." Mais c'est une crise, non pas de ressources naturelles, même si je pense qu'elle existe, mais une crise de ressources humaines.

Je crois, fondamentalement, comme beaucoup de conférenciers l'ont dit ces derniers jours, que nous sous-utilisons nos talents. Beaucoup de gens passent leur vie complète sans avoir un véritable sens de leurs talents ni même s'ils en ont. Je rencontre toutes sortes de gens qui ne pensent pas être vraiment bons quelque part.

En fait, je divise maintenant le monde en deux groupes. Jeremy Bentham, le grand philosophe utilitariste, a dit de manière humoristique "Il y a deux sortes de gens dans ce monde, ceux qui divisent le monde en deux classes et ceux qui ne le font pas". (Rires) Je suis dans la première. (Rires)

Je rencontre toutes sortes de gens qui n'apprécient pas ce qu'ils font. Ils passent simplement leur vie vaquant à leurs occupations. Ils ne tirent pas grand plaisir de ce qu'ils font. Ils la supportent, plutôt qu'ils ne l'apprécient et ils attendent le week-end. Mais je rencontre aussi des gens qui adorent ce qu'ils font et n'imaginent même pas faire autre chose. Si vous leur disiez, "Ne faites plus ça", ils se demanderaient de quoi vous leur parlez. Parce que ce n'est pas ce qu'ils font, mais ce qu'ils sont. Ils disent "Mais, vous voyez, c'est moi. Ce serait idiot de ma part de l'abandonner, parce que cela parle à mon moi le plus authentique." Et ce n'est pas vrai de suffisamment de gens. En fait, je pense qu'au contraire c'est certainement une minorité. Et je pense qu'il y a beaucoup d'explications possibles. Et l'une des premières concerne l'éducation, parce que l'éducation, en un sens, sépare bien des gens de leurs talents naturels. Et les ressources humaines, comme les ressources naturelles, sont souvent enterrées profond. Il faut prospecter. Elles ne sont pas étalées au grand jour. Vous devez créer les circonstances où elles se révèlent. Et vous pourriez imaginer que ce serait là, le résultat de l'éducation. Mais trop souvent, ce n'est pas le cas. Tous les systèmes éducatifs du monde sont en pleine réforme aujourd'hui Et ce n'est pas assez. Réformer ne sert plus à rien, parce que c'est simplement améliorer un modèle inopérant. Ce dont nous avons besoin -- et le mot a beaucoup été utilisé ces derniers jours -- ce n'est pas une évolution, mais une révolution de l'éducation. Elle doit être transformée en quelque chose d'autre.

(Applaudissements)

L'un des véritables défis est de renouveler dans ses fondements en éducation. Innover est dur parce que c'est faire quelque chose que les gens ne trouvent pas facile pour la plupart. C'est remettre en cause ce que nous tenons pour acquis, les choses que nous pensons évidentes. Le grand problème pour réformer ou transformer est la tyrannie du bon sens, ce dont les gens pensent, "On ne peut pas le faire autrement parce que ça se fait comme ça."

Je suis tombé récemment sur une superbe citation de Lincoln, que je suis certain que vous aimerez voir cité à ce point. (Rires) Il a dit cela en décembre 1862 à la seconde réunion annuelle du Congrès. Je me dois de dire que je n'ai aucune idée de ce qui se passait à l'époque. On n'enseigne pas l'histoire américaine en Grande-Bretagne. (Rires)On la supprime. Vous savez, c'est notre politique. (Rires) Sans aucun doute, quelque chose de fascinant se passait en décembre 1862, dont les Américains parmi nous seront au courant.

Mais il a dit ceci: "Les dogmes du passé serein sont inadéquats pour le présent tempétueux. Les circonstances voient les difficultés s'accumuler, et nous devons nous élever avec les circonstances." J'aime cela. Pas s'élever jusqu'à, s'élever avec. "Comme notre cas est nouveau, nous devons penser et agir de manière nouvelle Nous devons nous désengager de nos liens et alors nous sauverons notre pays."

J'aime ce mot "se désengager" Vous savez ce qu'il veut dire? Qu'il y a des idées qui nous captivent tous, que nous considérons comme acquises, comme étant l'ordre naturel des choses, la manière dont elles vont. Et bon nombre de nos idées ont été formées, non pour répondre aux circonstances de ce siècle, mais pour affronter celles des siècles passés. Mais nos esprits sont toujours hypnotisés par elles. Et nous devons nous désengager de certaines d'entre elles. Maintenant c'est plus facile à dire qu'à faire. C'est d'ailleurs très difficile de savoir ce que vous tenez pour acquis. La raison c'est que vous le tenez pour acquis.

Laissez-moi vous demander quelque chose que vous pouvez tenir pour acquis. Combien d'entre vous ont plus de 25 ans? Ce n'est pas ce que je pense que vous tenez pour acquis. Je suis certain que cela vous est déjà familier. Il y a des gens de moins de 25 ans? Bien. Maintenant, les plus de 25 ans, pouvez-vous levez la main si vous portez une montre? C'est beaucoup d'entre nous, non? Posez la même question dans une salle pleine d'adolescents. Les adolescents ne portent pas de montre. Je ne veux pas dire qu'ils ne peuvent pas ou n'ont pas le droit, c'est simplement souvent leur choix. Et la raison c'est que, vous voyez, nous avons été élevés dans une culture pré-numérique, nous les plus de 25 ans. Et donc pour nous, si nous voulons avoir l'heure, nous devons porter quelque chose pour nous la donner. Les gamins vivent aujourd'hui dans un monde numérique, et ils trouvent l'heure partout. Ils ne voient pas pourquoi faire ça. D'ailleurs vous n'en avez pas besoin non plus, c'est juste que vous l'avez toujours fait, et vous continuez. Ma fille ne porte jamais de montre, ma fille Kate, qui a 20 ans. Elle n'en voit pas la raison. Comme elle dit, "C'est un accessoire monofonctionnel." (Rires) "du genre, c'est plutôt ringard?" Et je dis "Non, non, ça donne aussi la date." (Rires) "ça a plusieurs fonctions."

Mais vous voyez, il y a des choses qui nous subjuguent en éducation. Laissez-moi vous donner deux exemples. L'une d'elles est l'idée de linéarité, qui commence là, et vous suivez un cursus, et si vous faites tout bien, vous finirez équipé pour le restant de vos jours. Tous ceux qui ont parlé à TED ont raconté implicitement, ou parfois explicitement, une histoire différente, que la vie n'est pas linéaire, mais organique. Nous créons nos vies en symbiose en découvrant nos talents en relation avec les circonstances Mais vous savez, nous sommes devenus obsédés par ce récit linéaire. Et vraisemblablement le summum de l'éducation c'est d'entrer à l'université. Je pense que nous sommes obsédés par l’entrée à l’université certaines sortes d'universités. Je ne veux pas dire qu'il ne faut pas y aller, mais tout le monde n'en a pas besoin, et tout le monde n'a pas besoin d'y aller maintenant. Peut-être qu'ils y iront plus tard, pas tout de suite.

Sir Ken Robinson. www.TED.com