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QUE CHERCHEZ-VOUS ?

« Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ?»

11 Septembre 2011, 05:15am

Publié par Father Greg

 


National_Park_Service_9-11_Statue_of_Liberty_and_WTC_fire.jpg Pierre avait entendu ce désir de Jésus et avait sans doute à pardonner : les Apôtres ne devait pas toujours être facile à vivre : Ils étaient poltrons, gourmands, lâches, arrivistes, voleurs… Et Judas ? Un traître ! Jésus va jusqu’à leur dire : « Jusqu’à quand vais-je devoir vous supporter ?» On comprend alors la question de Pierre : « Jusqu’à sept fois, Seigneur ? » Mais Jésus répond : « Je ne te dis pas sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois». Pierre a dû alors changer de visage : « mais… c’est impossible Seigneur ! »

 

Pardonner ? Qu’est-ce que cela signifie ? Pardonner c’est l’appel de Jésus, qui veut que l’on continue la gratuité de son don. Pardonner, c’est aimer à la taille et à la mesure de Dieu qui donne au-delà de notre réponse ou de nos trahisons. Pardonner c’est se servir de la faute, de ce qui nous a blessé pour aimer plus celui qui nous a blessé.

 

Si nous ne regardons que cette vie sur terre, non seulement nous acceptons difficilement de pardonner, mais nous voulons rétablir nous-mêmes « l’équilibre » et nous cherchons, sinon à nous venger – œil pour œil, dent pour dent-  ou bien nous réclamons la justice à cors et à cris…

 

En terre chrétienne, la miséricorde a absorbé la justice : le don actuel de Jésus pour nous, qui dépasse l’œuvre de la création, nous oblige à pardonner sans condition et à aimer ceux qui nous ont blessé. La miséricorde est caractérisée par cette gratuité absolue de Dieu qui se donne excessivement et sans condition. Et elle est toujours première. La considérer comme seconde serait la réduire à une dérogation faite à la justice, une espèce de pitié, une exception.

                       

 images--3-.jpgEn ce 11 septembre 2011, 10e anniversaire des attentats de New York, n’y-a-t-il pas là comme un signe de l’Esprit St qui, en nous donnant cet évangile, nous appelle à avoir un tout autre regard sur le monde et ses évènements ?

 

Le pardon en effet, demande l’offrande de notre vie, puisque nous acceptons de nous servir du mal qui a été commis contre nous pour aimer plus. A vue humaine, c’est de la folie, puisque cela nous conduit à aller au-devant de ceux qui nous condamnent. Cela n’est possible que si nous sommes possédés par cette parole : «Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». L’amour de Dieu réclame de s’abaisser le plus qu’il le peut, de se faire victime pure, agneau silencieux, pour aller jusqu’au bout de la gratuité.

 

L’enjeu du pardon, c’est d’être quelque chose de la présence du Père qui veut tout attirer à lui. Suivre l’Agneau et accepter d’être crucifié avec lui, c’est accepter d’être mort pour nos frères, d’être anathème pour ses frères. C’est accepter d’être un avec Jésus, crucifié à la porte de la ville, condamné comme un blasphémateur que tous calomnient et bafouent : « Il séduit la foule, c’est un glouton et un ivrogne, un ami des pécheurs » !

 

Fr Grégoire.